SPEAKER_03

les commandos marines, c'était impossible. J'ai réussi. Aller à l'étranger, faire du parachutisme, c'était impossible. J'ai réussi. Ça demande du travail, ça demande de l'engagement, mais aujourd'hui, c'est ce qui me permet de ne pas avoir peur et d'afficher clairement mes ambitions, qui est de changer l'image du secouriste parce que rien n'est impossible. Autant rêver gros et je suis certain qu'avec du travail, ça marchera. Tout ce que je ne sais pas, c'est quand.

SPEAKER_01

Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

Bienvenue Tony. Merci Loïc. Salut à toi, salut à tout le monde. Ravi de t'accueillir sur le podcast. Écoute, moi je suis impatient que tu nous partages un petit peu ce que tu fais aujourd'hui, d'où est-ce que tu viens puisque tu as un parcours quand même assez peu commun en tout cas. Mais écoute, je ne commence pas à en dire trop. Je te laisse te présenter, nous dire quel est ton parcours.

SPEAKER_03

Très bien. Déjà, merci Loïc. Merci pour ce super accueil. Moi, c'est Tony. J'ai 29 ans et je suis le fondateur de Emotion. Emotion, c'est une marque que j'ai créée en 2019 et qui a pour objectif tout simplement de révolutionner l'image du secourisme telle qu'on la connaît en France. Un sujet qui est au premier abord repoussant pour la plupart des gens, un petit peu anxiogène. C'est ce que je fais à présent. Avec cette marque, on s'est d'abord approché du grand public au sens large et aujourd'hui, on s'adresse plus particulièrement aux sportifs, aux gens qui pratiquent du sport de haut niveau que ce soit amateur ou professionnel aux gens qui pratiquent des activités outdoor et aux adeptes d'aventure avant ça j'ai passé effectivement tu le disais j'ai eu un parcours qui n'est pas commun j'ai passé 10 années dans l'institution militaire dans la marine nationale et en particulier chez les commandos marines donc aujourd'hui

SPEAKER_01

t'en as eu quelques-uns ouais ouais mais bon c'est toujours chouette d'avoir des retours d'expérience de gens qui sont passés par euh voilà je sais que vous n'allez pas trop vous considérer comme des personnes supérieures enfin il y a une grosse notion d'humilité que je retrouve à chaque fois que je discute avec des anciens d'efforts spécial mais ça reste quand même des parcours hors du commun donc voilà moi j'adore c'est toujours un grand plaisir d'échanger avec des gens qui ont réussi à passer par ce type de formation

SPEAKER_03

c'est gentil c'est vrai qu'on est peu mais au final c'est ce qui fait que comme tu dis on est assez humble et tout ce que moi je retire de cette magnifique expérience professionnelle du coup la première pour moi c'est qu'aujourd'hui ça participe à ce en quoi je crois dans le travail et ce qui me fait qu'aujourd'hui j'ai pas peur d'entreprendre des projets comme on a discuté un tout petit peu en off et qu'on va développer par la suite parce que ces notions de détermination d'humilité et de résilience elles m'habitent et c'est devenu des choses avec lesquelles je travaille tous les jours

SPEAKER_01

excellent j'ai hâte tu l'as dit il y a en tout cas deux casquettes principales on va dire deux gros univers sur lesquels on va échanger l'entrepreneuriat et ton parcours pro en tout cas les débuts dans l'armée ce que je te propose c'est peut-être que tout simplement on parte on fasse un espèce de balayage temporel et qu'on part du stageco le début de tout ça et puis peut-être que tu peux nous partager un petit peu comment ça s'est passé pour toi puisque tu le disais on a déjà reçu Louis et Teddy qui nous ont partagé la façon dont eux l'ont vécu mais j'imagine que ça doit être très personnel comme expérience donc je serais curieux de savoir à quoi est-ce que ça a ressemblé dans ton

SPEAKER_03

cas avec plaisir vu que c'est terminé maintenant c'est que des bons souvenirs comme tu dis tu as déjà reçu Teddy, Louis on le ressent tous différemment on le vit tous différemment moi par exemple c'était le 140ème stage commando que j'ai passé et réussi et il y en a deux par an il n'y a pas tellement le choix pour les gens qui aimeraient mettre toutes les chances à leur côté il faut passer par le froid à un moment donné même s'il y en a deux par an effectivement j'ai passé le stage commando assez jeune 20 ans pour le premier stage commando et j'ai échoué à celui-ci c'est à dire qu'il y a 4 semaines de sélection physique au bout de 3 semaines je me suis blessé ce qui a contraint à un abandon et comme a dit Louis Sayan et bien c'est l'un des seuls stages où on demande à un moment est-ce que tu veux abandonner et ce jour là au bout de la troisième semaine j'ai dit que oui je voulais abandonner donc quelque part j'ai échoué physiquement et je le serai par la suite je le serai par la suite un petit peu aussi psychologiquement et c'est ce qui a conditionné ma réussite pour celui qui a suivi c'était quoi comme blessure

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

j'ai fait une pré-rupture du tendon d'Achille et comme ça c'est notifié dans l'intitulé c'est une pré-rupture donc j'aurais pu certainement continuer ok perdu du temps j'aurais perdu du temps après coup j'ai pris la bonne décision mais ça c'était une pré rupture ok

SPEAKER_01

Donc, premier stage co, 20 ans. Le stage co, si j'ai bonne mémoire, c'est 9 semaines, c'est ça le programme complet

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, c'est à peu près 3 mois. Tout compris. Donc, au bout de 3 semaines, la blessure qui t'amène à abandonner. C'est intéressant que tu dises que tu as compris plus tard que c'était peut-être aussi un abandon psychologique. Qu'est-ce qui t'a fait prendre conscience de

SPEAKER_03

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Déjà, pas mal de recul, de la communication. J'ai eu la chance de rencontrer un instructeur en or. On en rencontre tous. On a tous des gens qui nous marquent, peu importe notre vie professionnelle. En l'occurrence, c'était chez les commandos marines. Et cet instructeur m'a dit« Tony, tu avais le niveau. Ça s'arrête là, mais je veux te revoir dans six mois.» Première réaction, c'est... Écoute, Mignon, là, de suite, je ne suis pas ouvert à ces éventualités-là. Mais il se trouve que, pour revenir à ta question, qui est comment est-ce que je me rends compte que c'est psychologiquement que j'ai aussi échoué sur la première fois, c'est qu'après, il y a un retour à la maison, une convalescence pour ma part, un retour au boulot. Et puis après, on se demande ce que l'on veut faire de sa vie. Moi, je suis rentré dans la marine pour devenir commando marine, sachant qu'on passe par une étape qui est fusilier marin. pour la plupart c'est aussi accessible à d'autres spécialités de la marine mais moi en l'occurrence c'était le cursus fusil marin puis commandant marine et et bien à l'analyse de ce stage commando, de ces épreuves. Tu sais, comme on dit, l'auto-analyse, tu te questionnes et tu te mets à poil. Qu'est-ce qui s'est passé

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Pourquoi ça n'a pas marché

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Et surtout, quoi faire pour que ça fonctionne

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Et à ce moment-là, j'ai identifié que j'avais été faible sur ce côté-là. Et c'est ce qui m'a permis de mettre toutes les chances de mon côté par la suite, de reprendre une préparation millimétrée. Je savais que physiquement, j'étais au niveau. On a tout aussi cette peur de ne pas être au niveau chez tous les jeunes que j'ai rencontrés par la suite c'est à dire que moi je suis pas prêt pour aller au stage commando je pense que c'est une mauvaise formulation moi j'y suis allé la première fois en me disant j'espère réussir j'y suis retourné en me disant je vais réussir

SPEAKER_01

mais

SPEAKER_03

c'est aussi naturel je le pense parce que j'ai idolâtré ce métier très jeune parce que c'est un domaine d'emploi que moi j'ai adoré suivre à travers des reportages à travers de la documentation perso et forcément ça paraît inaccessible puisqu'on voit ça dans les bouquins, dans des récits d'anciens commandos, sur des vidéos donc il y a une part de j'idolâtre et c'est peut-être inaccessible en l'occurrence là ça ne l'était pas et c'est ce que je me suis dit parce qu'en fait j'ai vu des amis réussir c'est à dire que je suis allé au premier stage commando avec des jeunes gens que je connaissais on vient tous de plusieurs unités en l'occurrence c'était du sud de la France et donc il y a certains de mes amis qui ont réussi qui ont passé ce filtre entièrement et finalement on comprend que ouais c'est faisable et clairement j'y suis allé avec un autre état d'esprit en me disant je vais réussir quoi qu'il arrive et cette fois si le tendon doit s'arracher et bien c'est c'est que c'est le

SPEAKER_02

destin.

SPEAKER_01

Tu dirais maintenant avec du recul que tu avais besoin de ce premier échec pour revenir et y arriver

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Non, parce que si mon corps avait suivi à ce moment-là que j'étais pas blessé avec une pré-rupture du tendon d'Achille, j'aurais certainement continué et saurais suivre son cours. Par contre, j'en ai pas eu besoin dans l'instant T pour réussir, mais j'en ai appris beaucoup sur moi, et c'est ce qui m'a servi par la suite, dans la gestion de plusieurs épreuves, comme en mission par exemple, et aujourd'hui dans l'entrepreneuriat. Donc ça m'a déclenché des choses qui me servent encore aujourd'hui, mais à l'instant T pour réussir, si mon corps avait fait le taf jusqu'au bout je serais allé au bout de ces filtres bel exemple de résilience en tout cas ouais écoute on a voilà c'est des objectifs qu'on se fixe on s'en fixe tous peu importe notre activité qu'elle soit sportive ou professionnelle et puis après ça appartient à chacun ce n'est pas simplement la force des commandos marines tout le monde a une force en soi et elle se déclenche plus ou moins tard

SPEAKER_01

et au final est-ce que l'instructeur tu lui as donné raison est-ce que tu es revenu pour le deuxième stage six mois plus tard. Je suis revenu six mois plus

SPEAKER_03

tard. Comme on dit dans la marine, ça m'a bien tiré dessus. Et cet instructeur, je lui ai témoigné toute ma gratitude à la fin de sa sélection. J'ai eu un entretien avec lui et je lui ai dit que certainement grâce à lui, j'ai réalisé un rêve de gamin et que si les mois qui suivaient, j'allais évoluer dans l'enceinte et les infrastructures des commandos marines, c'est parce que lui à un moment il a eu un mot pour moi alors qu'on est une centaine à chaque fois à se présenter et voilà il a pris la peine de me dire un mot alors qu'il aurait pu ne rien me dire et bon c'est l'histoire qui est faite comme

SPEAKER_01

ça waouh comme quoi parfois un mot un mot lâché tu vois plus ou moins innocemment pour quelqu'un enfin pour la personne qui le délivre ça peut pas être forcément pas être grand chose mais pour la personne qui le reçoit ça peut ça peut être absolument énorme

SPEAKER_03

c'est vrai on l'a déjà entendu on l'entend dans plusieurs reprises Reportage et récits. Des fois, on n'y prend pas... trop, enfin, on n'y prête pas trop

SPEAKER_01

attention, ça fait la diff. Clairement, donc prenez le temps, pour celles et ceux qui nous écoutent, prenez le temps de lâcher un petit mot autour de vous, pour avoir ce type d'impact. Excellent. Alors toi, sur ce deuxième stage, si tu devais retenir, ce serait quoi l'anecdote ou la leçon que tu retiendrais, tu vois, de ce deuxième stage

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Le numéro 141, du coup,

SPEAKER_03

c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

140. Ah, 140, ok, donc celui... C'est

SPEAKER_03

celui que j'ai réussi, et j'ai été faire un tour au 139 pour voir comment c'était, ici la température de la QVT à mon avis ok ça se voit que tu fais du podcast une activité régulière parce que la question elle est parfaite si j'ai une anecdote à retenir du deuxième certaines nuits on fait des topographies, des marches topographiques on marche de nuit avec notre équipement et on doit aller de point en point jusqu'à arriver à un point qui est généralement très très loin dans le but de fatiguer les corps et de les évaluer le lendemain sur une autre épreuve et sur l'une de ces topographies on y va donc en camion et dans ce camion il se trouve que je ressens une douleur au genou que je tiens depuis deux jours déjà que je me suis faite lors d'un parcours d'obstacles et c'est pas tellement une douleur tu sais vive comme si tu aurais pu t'arracher un ligament c'est comme, moi je le ressens à ce moment là comme un dépanchement de synovie, j'ai le genou qui gonfle enfin qui est gonflé qui est tout boursouflé et très chaud. Et là, je me dis, j'ai dû me taper la rotule quelque part et ça va se finir. Et là, à ce moment-là, je me suis dit, non, cette fois, ça ne va pas s'arrêter parce qu'on va au bout ensemble, mon genou et moi. Et donc, j'ai marché toute la nuit. J'ai réussi cette épreuve comme plusieurs de mes copains. Et le lendemain matin, j'ai tellement marché que ça a dû drainer cette blessure, cet EDM, je ne sais pas ce qu'il y avait dessous. Le lendemain matin, avec le froid et la marche, le genou était normal et j'ai pu continuer... les sélections alors qu'à ce moment là j'aurais très bien pu montrer mon genou à un infirmier ou une infirmière et ils m'auraient dit si tu veux abandonner nous on te fait un petit mot parce que ouais il est gros donc voilà ce que je pourrais retenir de mes erreurs on

SPEAKER_01

va dire

SPEAKER_02

passées

SPEAKER_01

ça me fait penser à une illustration que je vois souvent sur les réseaux comme LinkedIn un peu professionnel tu vois sur des postes liés à l'entrepreneuriat où t'as un bonhomme qui est en train de creuser une galerie et qui finit par abandonner et puis en fait quand le l'image prend du recul il est à 1 cm du diamant qu'il était en train de chercher depuis les plombes tu vois donc cette notion de aller pousser rajouter une couche d'effort euh Et dans ton cas, visiblement, ça a été carrément la bonne décision. Ça l'a été. Excellent. Et alors, tu sais, sur les deux épisodes avec Teddy et Louis, on a eu énormément de retours de gens pour qui c'est le rêve de faire ce que tu as réussi à faire, un stageco et d'en sortir avec le fameux béret vert. Quel conseil, toi, est-ce que tu donnerais pour finir sur la partie stageco à des gens, à des jeunes qui voudraient se lancer

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

on va essayer de chercher des conseils qui sont peu donnés même si la recette est assez simple déjà il faut bien s'entraîner et pour bien s'entraîner je dirais qu'il faut aussi bien s'entourer c'est à dire que moi j'avais la chance d'avoir des copains qui étaient aussi compétitifs que moi et c'est pas simplement de la compétition sur un footing c'est tout le temps dans la préparation du matériel dans l'exécution des munitions d'entraînement chez les fusils marins dans un footing il y a toujours un mec qui a une épaule devant toi et tu veux toi aussi être une épaule devant lui au final on se tire vers le haut donc pour bien s'entraîner il faut bien s'entourer ce serait le premier conseil le deuxième il n'y a pas de moment pour être prêt tu n'es pas prêt à aller au stage commando et je pense que dans la vie on n'est pas prêt à entreprendre quoi que ce soit des fois c'est parce que c'est l'effet de groupe qui fait qu'on y va et c'est le cas dans ces stages militaires parce qu'on y va jamais tout seul donc c'est Si tu es au niveau de tes potes, tu es prêt. Après, ça va être une décision psychologique. Et enfin... troisième conseil que moi on m'a donné et qui m'a servi, et là je rentre plus spécifiquement dans ces évaluations, donc si des gens par exemple sont déjà dans l'institution militaire, quelle qu'elle soit, et préparent un stage de sélection tel que les commandos marines ou alors pour rentrer dans les forces spéciales de l'armée de terre ou de l'armée de l'air, il faut repérer lors de ces sélections un mec que l'on pense au-dessus du lot, c'est-à-dire lui va réussir, et on se le dit tous, lui va réussir, à moins qu'il lui tombe un... que le camion il roule dessus il va réussir et au moment où je suis le plus mal c'est à dire que physiquement je suis à bout comme ça arrive psychologiquement je suis à bout il pleut j'ai froid j'ai une demi entorse ou une foulure à ce moment là quand j'ai lâché prise je prends exemple sur lui et tout ce qu'il fait je le fais et moi ça m'a permis de passer deux orages je peux les appeler comme ça deux phases où on se dit tous deux phases où tu te dis c'est bon c'en est trop et puis là l'instructeur nous fait aller se mouiller et puis après on sèche en plein vent il fait 2 dehors on a tous envie d'arrêter mais à ce moment là se raccrocher à quelqu'un qu'on a identifié comme étant le profil type qui allait réussir et bien ça peut faire la diff et laisser passer l'orage ce serait mon troisième conseil

SPEAKER_01

c'est un super bon conseil et tu vois je pense que c'est si je réfléchis à toutes les conversations que j'ai eu avec d'autres invités qui sont pas forcément issus du monde de l'armée enfin du monde militaire j'ai l'impression que c'est quand même aussi un conseil qui revient souvent dans la vie en général tu vois que ce soit dans l'aventure entrepreneuriale ou sportive d'avoir quelqu'un qui te tire vers le haut une sorte de mentor même si t'as pas forcément de contact avec lui direct mais que tu peux observer et qui vient qui te permet de te dépasser et de rester focus sur la direction que t'avais choisi initialement donc c'est un super conseil ok bon génial donc super retour sur le stage co avec tu vois on disait on allait essayer de faire des conversations différentes par rapport à Louis et Teddy et là c'est clairement des conseils que j'avais pas entendu avant donc génial donc une fois le béret vert sur la tête donc toi est-ce que t'as eu la chance d'ailleurs de l'avoir

SPEAKER_03

ah oui c'est le stage qui se termine en juin qui commence en mars très froid qui se termine en juin moi j'ai commencé au chaud en septembre j'ai fini très froid au mois de décembre ok ah bon mais j'y suis allé j'y suis allé j'ai réussi le stage commando l'année précédente de l'anniversaire des 70 ans et donc j'étais en tant que commando marine sur les plages de Wistram pour les 70 ans du débarquement en 2014 et alors

SPEAKER_01

ça

SPEAKER_03

comme émotion qu'est-ce

SPEAKER_01

que

SPEAKER_03

ça

SPEAKER_01

a

SPEAKER_03

donné

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

c'est fou parce que en plus c'est le premier Wistram que j'ai fait et nous on connait pas et puis il y a des anciens de toutes parts qui viennent de toutes pays il a en plus 70 ans il y avait toute la délégation présidentielle il y avait aussi pas mal d'anciens combattants d'Angleterre qui sont venus et donc les nuits sont festives pleines d'enrichissement pleines d'échanges et festives c'est très très enrichissant et je suis content de l'avoir vécu génial

SPEAKER_01

super ok donc une fois le béret vert vissé sur la tête j'imagine que ça a été le temps de partir en mission donc peut-être que tu pourrais nous en dire un petit peu plus sur quel commando est-ce que tu as rejoint au début et puis à quoi est-ce que la suite de ton parcours a ressemblé une fois vraiment sur le terrain

SPEAKER_03

carrément alors moi j'ai atterri au commando Jaubert ok et j'en suis très heureux quand je suis rentré dans les condos marines il y avait des spécificités encore, comme par exemple l'assaut, on appelait l'assaut pour le commando de Trépel et Jaubert, maintenant ça s'est un petit peu uniformisé parce qu'il y a beaucoup de missions, donc on fait un petit peu tous la même chose, bien qu'il y ait une histoire et qu'on la respecte tous, mais je suis arrivé au commando Jaubert avec l'objectif de me frotter Cette spécificité de l'assaut et donc de l'investigation, tu sais. Rentrer dans un bâtiment en sécurité et aller chercher quelqu'un ou rentrer dans une pièce ou sur un bateau aller chercher la passerelle. Cette spécificité de rentrer en sécurité avec un groupe et faire l'investigation des couloirs et de toutes les pièces. C'est vraiment la chose qui, moi, me plaisait sans l'avoir vécu encore. Je l'avais vu et Je t'ai dit ça, ça, ça me plaît. Et au final, je peux dire aujourd'hui que c'est le meilleur sport au monde, l'investigation, ce domaine-là. C'est-à-dire que pour moi, c'est clairement un sport d'équipe parce qu'on est 10. On a un but final qui ne nous vaut pas du bien. donc on compte les uns sur les autres et dans certains reportages dans certains récits les gens parlent de rouleau compresseur je sais pas si t'as déjà entendu cette expression mais le rouleau compresseur il ne peut que exister que si chacun gomme les erreurs des autres c'est à dire que le premier quand il y a une situation devant qui est tendue Typiquement une personne qui nous veut du mal. le premier n'est pas dans son état normal. On ne le vit pas tous les jours, donc il est stressé. Et si le second gomme son erreur, puis le troisième, puis le quatrième... J'ai adoré ça parce que quand tu arrives dans une unité commando, bien que tu aies 21 ans, que tu n'aies pas d'expérience, le mec devant et le mec derrière comptent sur toi et tu as la possibilité à ce moment-là de prendre des initiatives. Et ça, additionné au fait que c'est un sport d'équipe et que c'est... c'est s'adapter dans un milieu confiné tout ça fait que moi ça m'a passionné ça me passionne encore et c'est la meilleure chose qui me soit arrivée que d'être arrivé au commando Jobert pour toucher concrètement à ça

SPEAKER_01

waouh alors j'ai l'impression qu'il y a souvent des mouvements vous êtes souvent transférés alors je sais pas si c'est imposé ou pas mais j'avais cru comprendre avec Louis et Teddy que généralement on reste pas dans un commando tout le temps je crois que Teddy en a fait 2 ou 3 de Pinfantegno puis après je crois Jobert il me semble que Louis c'était pareil, il a eu des changements. Est-ce que toi ça a été le cas

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ou est-ce que c'est possible de vraiment rester, t'intègres Jobert, tu restes à Jobert

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

C'est possible de faire un seul commando, mais il y a une part de chance, dans le sens où tous les 3 ans, dans le cursus sous-officier, ton bénévaire est remis sur la table, parce que la marine a une politique d'évolution, et donc tu fais opérateur, au bout de 3 ans maximum, ça peut être avant, ça a été mon cas, mais au bout de 3 ans maximum, il faut que tu passes le chef d'équipe et donc là ensuite tu es redistribué dans des unités

SPEAKER_00

ok

SPEAKER_03

en fonction des besoins parce que voilà il y a un roulement puis ensuite c'est un peu plus tard c'est 5, 6, 7 ans il y a un chef de groupe à passer donc tu es encore redistribué dans un autre groupe ou si tu as de la chance tu retournes là où tu étais et le dernier niveau qui existe c'est chef de mission ok et comme il y a cette politique d'évolution il faut de la chance pour rester au même endroit donc Pour revenir très spécifiquement sur mon cas, j'ai fait Jobert, chef d'équipe, je suis retourné à Jobert. J'ai eu de la chance, c'était un souhait aussi. J'ai effectué des missions avec le commando Jobert, et ensuite, j'aime dire que les unités des forces spéciales, c'est comme des startups, elles ont des besoins RH, elles font des demandes, et moi j'ai saisi une opportunité qui m'a permis de rejoindre le commando Uber, par la petite porte, j'aime dire, par la petite porte et la grande porte c'est les nageurs de combat et la petite porte moi ils avaient besoin d'une personne qui était brevetée commando marine avec la certification chef d'équipe pour remplir un emploi bien spécifique sur place et c'est ce qui m'a mené vers cette unité prestigieuse en 2016

SPEAKER_01

wow sachant que les commandos Uber si je ne me trompe pas il y a une petite spécificité c'est que justement c'est le seul commando qui n'est pas accessible qui déjà n'est pas basé à Lorient à l'inverse des 6 autres commandos si je ne me trompe pas et qui n'est pas accessible directement une fois le stage validé le commando Uber est accessible à l'issue du stage chef d'équipe et pas avant ok donc globalement t'as des profils qui sont plus expérimentés

SPEAKER_03

chez Uber oui au commando Uber il y a plusieurs profils il y a des techniciens

SPEAKER_02

Et

SPEAKER_03

il y a des combattants, des commandos marines, qui, eux, ont tous eu une première expérience à Lorient.

UNKNOWN

Ok.

SPEAKER_01

super intéressant et donc tout ce parcours une fois le béret vert obtenu jusqu'à ce que tu reviennes dans la vie civile ça a duré combien de temps pour toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

ça a duré 10

SPEAKER_01

ans le béret vert 8 ans et demi 8 ans et demi et sur ces 8 ans et demi comment est-ce que tu simplifierais tout le parcours en bloc ça a été quoi ton cheminement

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

il y a eu une première partie de formation initiale je peux l'appeler comme ça comme ça. Ensuite, il y a eu une partie opérationnelle entre le commando Jobber et le commando Uber, parce que j'ai fait des missions avec ces deux unités. Puis, une partie formation, parce qu'au commando Uber, j'ai formulé une demande qui était de m'engouffrer dans le cursus de formation lié au secourisme, parce que j'avais déjà une double casquette, c'est-à-dire qu'on est des petits groupes, et donc chacun a une double casquette, c'est-à-dire qu'on part entre 10 et 20, et donc c'est beaucoup moins qu'un régiment qui se déplace entièrement c'est aussi des opérations qui sont plus spécifiques et l'une de mes casquettes en plus d'avoir un fusil et de l'équipement comme tout le monde c'était d'avoir des notions de premier secours on va dire un peu plus élevé que la moyenne dans le cas où l'infirmier qui nous accompagne tout le temps lui aurait un problème ou s'il y avait plusieurs blessés pour filer un gros coup de main à l'infirmier ok et ça c'était un souhait

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

ça a été un souhait quand tu rentres chez les commandos marines d'abord tu réponds ont besoin du groupe et tu es envoyé à des stages que des fois tu ne souhaites pas. Et à un moment, selon... ce que demande le groupe et ce que propose le chef de groupe, tu peux accéder à des stages comme ça. Et j'ai une petite anecdote là-dessus assez rigolote. Le jour où j'ai pu accéder à ce cursus de formation lié au secourisme, déjà, il faut savoir que personne ne fait ça. Le secourisme, même dans l'armée, ce n'est pas quelque chose qui intéresse les gens au plus haut point, c'est-à-dire jusqu'à s'investir personnellement. Et il y a un de mes chefs de groupe qui nous a tous dit un soir si vous avez des demandes particulières pour suivre des stages vous pouvez me les formuler on en parlera à la fin de la semaine et puis on verra oui ou non donc moi je me dis c'est bon c'est ma chance j'y vais et j'ai la grande chance que j'ai eu c'est que mon pote juste avant il dit au chef de groupe que lui il aimerait aller au BSM le brevet de ski militaire ok et donc le chef de groupe lui a répondu tu te fous de ma gueule c'est pas un club fram ici tu vas pas aller te taper 3 semaines de ski alors que et puis ça sert à rien au groupe mais ça répondait à la demande de formuler un stage exotiques et du coup moi je me suis engouffré juste derrière lui en lui disant moi j'aimerais bien rentrer dans le cursus de formation lié au secourisme du plus bas niveau jusqu'au plus haut si possible et ça pourrait servir le groupe parce que je pourrais remettre à jour tous les mecs tous les ans et lui il s'est dit après quelques secondes de réflexion est-ce qu'il me la met à l'envers ou pas c'est bon Tony tu peux

SPEAKER_01

y aller génial ok c'est super intéressant et donc cette formation Au final, tu nous présentais Emotion en début de podcast, le projet sur lequel tu travailles actuellement. C'est plus qu'un projet, c'est une entreprise. En réalité, cette relation avec le secourisme, c'est déjà quelque chose que tu as entamé avant même de revenir dans la vie civile.

SPEAKER_03

Effectivement. Le fait d'entreprendre dans ce domaine-là est né et décidé lorsque j'étais encore au sein de l'armée. Super.

SPEAKER_01

super tu vois comme quoi on en parle souvent aussi avec les invités que je reçois sur le podcast cette notion d'effet cumulé tu vois c'est à dire tu peux vraiment te rendre compte de ton parcours des bénéfices de ce que tu as mis en place il y a 5, 10, 15 ans une fois dans le moment présent en fait mais au moment où tu te lances j'imagine enfin je ne sais pas d'ailleurs peut-être tu nous dis nous mais est-ce qu'à ce moment-là quand tu as parlé à ton chef tu t'es dit je vais faire ça comme ça quand je reviens dans la vie civile je crée émotion

SPEAKER_03

ouais Pas du tout. On peut aborder comment c'est venu l'émotion parce que c'est directement lié à ça. Quand je formule cette demande, c'est ce qui me plaît le plus au moment T. Parce que dans ce domaine-là, je découvre qu'en opération, quand la situation devient tendue, encore une fois, comme en investigation, tu peux avoir des prises d'initiatives et ton travail compte. C'est ce qui m'a beaucoup plu dans cette première expérience professionnelle. C'est aussi pour ça que j'ai quitté par la suite, c'est qu'il faut une implication personnelle extrême, parce que chacun compte les uns sur les autres, et lorsqu'il y a un blessé, il y a une notion de stress encore plus importante, il y a une dimension affective et émotionnelle qui rentre en jeu, et à ce moment-là, moi je me sentais vraiment capable de pouvoir réagir correctement, et surtout de solutionner un problème sur un de mes potes. C'est ça qui me tenait à cœur, de pouvoir ne pas être impuissant face à un truc tu ne maîtrises pas et c'est ce qui m'anime encore aujourd'hui et pourquoi j'en parle à un public hors armée et donc à ce moment là quand je formule cette demande en aucun cas je me dis c'est ce que je ferai de ma vie après par contre je sais une chose c'est que à la fin des 10 années de contrat qui m'ont été donnés et que j'ai signé en rentrant dans l'armée donc c'est un beau CDD de 10 années en rentrant chez les sous-officiers je savais que je n'allais pas aller enfin à ce moment là je savais que je n'allais pas aller plus loin que ces 10 années Et donc, à l'aube de ces dix années, je crois aux alentours de huit ans et demi, de... dans la marine. Je pars en vacances avec ma femme. Et ma femme choisit un hôtel en Grèce, au calme. Et tous ces détails sont importants, oui. Je contextualise très bien. Il se trouve que dans cet hôtel, il n'y a pas une salle de sport. Il n'y a pas une salle de sport, il y a une piscine, il y a des transats, beaucoup de soleil. Et rien autour. On est à côté du mont Olympe. C'est la seule chose qu'on pouvait visiter et qu'on est allé visiter très vite. On est resté deux semaines. À ce moment-là, moi, qu'est-ce qui m'anime pendant ces vacances

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

C'est me reposer, faire du sport. Il n'y a pas de salle de sport. Et ensuite, ce qui vient après dans mon subconscient, c'est puisque j'ai du temps, qu'est-ce que je vais faire après

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

J'ai passé les deux semaines les plus intenses psychologiquement de ma vie. Mon cerveau s'est mis à fonctionner tout seul parce que nerveusement, la nuit, je n'étais pas fatigué parce que j'avais une routine d'entraînement même en étant en unité, sans préparer de sélection, j'avais une routine d'entraînement qui m'imposait de me dépenser, et là c'était pas le cas, et je pouvais pas dire à ma femme je vais courir une heure, parce que voilà c'était notre moment, ce métier est très prenant, on se voit pas, et je lui avais dit bien entendu voilà c'est des vacances pour nous deux, et là mon cerveau s'est mis à travailler jour et nuit, et bon voilà il y a un gros processus de... documentation la nuit de questionnements personnels et un jour sur un transat deuxième semaine j'aime bien le raconter comme ça, c'est comme si il y a un truc qui m'était tombé dessus, bam et là je regarde ma femme et je lui dis chérie je sais ce que je vais faire alors elle, elle est typiquement sur son transat écouteur, lunettes de soleil le verre de jus d'orange à côté elle me dit mais de quoi tu parles

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Et donc, en fait, pendant toutes ces nuits, elle, elle dormait aussi dans l'hôtel. Moi, j'étais sur l'iPad, j'écrivais des choses, machin. Et ce jour-là, je me suis pris ça en pleine tête sur ce transat. Et je me suis dit, je vais mettre mes qualifications au service du grand public. C'est-à-dire que j'ai toutes les certifications possibles, tant militaires que civiles. Je suis diplômé du plus haut niveau de certification. Eh bien, pourquoi ne pas l'utiliser

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Et ça fait directement écho à une souffrance que j'ai développée en mission. En 2015 et en 2016, j'étais à l'étranger lorsque les attentats du Bataclan et de Nice se sont passés. Et ce jour-là, je me suis senti inutile. Vraiment, c'est le mot inutile dans cette mission parce qu'on avait pour mission indirectement de protéger la France par nos actions et deux fois je me retrouve à l'étranger, une fois en Afrique, une fois au Moyen-Orient et j'apprends ce qui se passe par téléphone satellite pour le premier par ma femme qui m'appelle à 22h le soir des attentats de Paris et qui me dit il se passe des choses, j'ai peur mais moi je me dis ma femme elle a peur un petit peu de tout donc il n'y a pas de problème ça ne doit pas être si grave et nous on a deux heures de décalage vers vers le haut donc on va se coucher et quand je me lève j'apprends par satellite qu'on a plus d'une centaine de morts à Paris et ensuite 2016 on pose avec mon groupe avec l'avion à Paris le 14 juillet on est dans le bus et donc on rentre direction nos familles on vient de passer 4 mois à l'étranger au Moyen-Orient donc 4 mois au centre de la tension terroriste mondiale au mieux de ce qu'on peut faire et on remet tous nos cartes cibles dans les téléphones certains à la mettre plus vite que les autres et ça bibe dans tous les sens et ça bibe pas comme d'habitude quand on rentre de mission et on reçoit des messages et là moi je reçois on a posé à 21h et de 21h à minuit j'ai reçu toutes les notifications toutes les dizaines de morts jusqu'à 80 ou 85 je crois qui disaient x morts en plus à Nice x morts et encore une fois je me suis dit mais à quoi sert mon engagement mon investissement personnel je reviens de 4 mois et je pense que ce jour là pour revenir sur le Transat de tout ce truc-là m'est tombé dessus. C'est emboîté, tu sais, comme un engrenage. Ça s'est emboîté. Et depuis ce jour-là, émotion est née. L'entreprise n'avait pas encore de nom, mais émotion est née ce jour-là avec cette volonté et cette volonté qui me permet aujourd'hui de me lever tous les

SPEAKER_01

matins. Wow. Sacré témoignage. Sacré témoignage. Écoute, si on revient, parce que tu as parlé de... de ces deux événements qui ont été vraiment marquants pour toi alors encore une fois je pense que c'est difficile de généraliser mais on n'a pas eu l'occasion d'échanger avec Teddy et Louis sur ça comment est-ce que ce type d'événement vous le vivez en tant que groupe puisque tu le disais vous êtes des individualités mais en réalité chacun gomme les erreurs des autres et donc j'imagine que vous êtes aussi tous là pour vous soutenir quand il y a des coups durs donc comment est-ce que vous avez géré ces deux événements dans ton unité

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Déjà, on le gère personnellement. C'est-à-dire qu'on le prend, on essaie de le digérer tout seul. Ensuite, on va... je me rappelle très bien pour moi, on va vers les individualités auxquelles on est le plus proche, donc on a tous des potes, on est 10 ou 12, on n'est pas proche avec tout le monde, avec la moitié du groupe en général, selon les générations, les âges, donc on échange, et puis à un moment on se dit, ce qui nous fait en fait ne pas nous apitoyer, ne pas déprimer, c'est que notre boulot c'est de réagir à ça, donc on se dit on va être envoyé, on est prêt, lorsqu'on était en 2015 en Afrique, on était prêt, on a même préparé le matos pour partir ça s'est fait un peu plus tard que ce qu'on aurait souhaité mais on a pu partir après et en 2016 on avait encore le matos dans l'avion et ce qui nous fait vivre la chose avec le groupe c'est d'espérer réagir mais À ce moment-là, on n'est pas maître de ce qui va se passer parce que le maître, c'est le président. Et nous, on est simplement persuadés qu'on est surentraînés, sureéquipés, prêts. Et donc, on attend le feu vert pour retourner ou aller directement... faire ce pour quoi on s'est

SPEAKER_02

entraîné

SPEAKER_03

je dirais pas qu'il y a vraiment de sessions de communication en groupe non ça se digère un petit peu seul pudique on réagit pas tous pareil et ceux qui veulent se confier se confient à ses potes dans le groupe mais je suis certain que l'obsession commune est de réagir à ce qui se passe et donc on attend la bonne parole des décideurs

SPEAKER_01

et de toutes ces années de mission là tu viens de nous parler de deux événements malheureusement enfin sur lesquelles vous n'avez pas pu être impliqué directement. Mais si toi, il y a une mission que tu devrais retenir, à contrario de ce que tu viens d'expliquer sur le Bataclan et Nice, dans laquelle tu t'es senti particulièrement utile, que ce soit avec le secourisme ou pas, ce serait

SPEAKER_03

laquelle

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Ce serait une mission qui s'est déroulée en 2015, dans l'hémisphère sud, on va dire. J'étais avec le commando Jobert. Et lors de cette mission, c'est une mission de 4 mois, et on part plusieurs fois en 4 mois sur des points stratégiques pour réaliser des actions significatives. Et il se trouve que l'une de ces missions, pendant ces 4 mois, j'ai pu mettre tout ce que j'ai appris au service de mon groupe, et c'est celle que je retiens le plus. Tu vois pas dans la chambre, mais le groupe a reçu une distinction pour ça, je t'ai montré tout à l'heure. Et donc en fait, très concrètement, On s'est fait mettre en place de nuit, donc 3h du matin, on se met en place par véhicule en conduisant avec les lunettes vertes de vision nocturne. Là, c'est typiquement ce que tu vois dans les reportages et ce que j'ai regardé des centaines de fois avant de postuler au stage commando marine. infiltration comme ça donc de nuit avec les 4x4 et ces jumelles là on se met en place et on doit durer la mission est de durer jusqu'au petit matin pour récupérer du renseignement et ensuite le transmettre à quelqu'un d'autre il se trouve que dans ce groupe on est une partie groupe d'assaut je dirais et une partie une cellule tireur d'élite les tireurs d'élite ne sont pas avec nous ils sont dans une ancienne maison quelques centaines de mètres sur notre gauche et au petit matin ils se font déceler par l'ennemi qui n'est pas très loin parce qu'on s'était approché de nuit pour être au plus proche donc là on se fait déceler et des tirs sont appliqués vers nous et nous on cherche leur enseignement, donc on ne sait pas du tout de ce qui se passe, où ça vient, combien de personnes et autres, et moi, à ce moment-là, je suis le relais du chef de groupe, parce que lui, il gère les communications vers le haut, avec les autorités qui ne sont pas avec nous sur le terrain, et il gère les communications avec le chef d'équipe des tireurs d'élite, et à ce moment-là, moi, je suis à côté de lui, donc je prends l'initiative de lui prendre la radio, et je lui dis je gère les communications avec les tireurs d'élite, en gros, je fais le pont entre eux et toi, si j'ai pas la réponse, je te demande, et toi, gère ça, plus le groupe qu'on était tous déjà sur place. Et j'ai un pote, donc oui, c'est un pote qui était à la radio de l'autre côté, qui était de sur l'élite, et à un moment, enfin, je prends des communications, elle s'intensifie, c'est-à-dire, donc il comprend que c'est moi qui suis au bout de la radio, il me dit, Tony, il y a X personnes, ils sont dans telle direction, machin, transmets ça à la personne qui discute avec les avions, et à un moment, il y a une communication qui m'est restée en tête, et là, on n'est pas sur du, comme on dit dans l'armée, du TTA, on n'est pas sur quelque chose qui est écrit dans les dicos de l'armée, si je peux dire. Il me dit, Tony, là, on se fait tiquer épais. Et c'est ce mot-là alors la voix certainement, mais le mot épais, ça ne lui ressemble pas, sauf quand on allait boire un coup dans la vie privée, et qu'il me parlait de quelque chose qui était, tu sais, gros, et là je me dis, ok, là, il se passe quelque chose, et il faut réagir, je regarde mon patron, le chef de groupe, lui, il est occupé, et à ce moment-là, prise d'initiative, c'est ce à quoi on est formé pendant tous ces entraînements que l'on fait avant de partir en mission, je prends un mec avec moi, parce qu'on bouge jamais autrement qu'en binôme, je prends un mec avec moi, et je lui dis, on prend cette arme-là, donc une arme collective, une arme qui tire des cartouches sur bande, comme on voit dans les films, de façon à manœuvrer, effectuer des tirs dans une direction qui me sera donnée par les tireurs d'élite, parce que moi je ne vois rien encore, et le permettre qu'ils reviennent sur nous pour être tous au même endroit au moins, et pouvoir gérer correctement la situation. Et cette prise d'initiative fait qu'on fait un bond de 30 mètres à couvert, à deux, appuyé par des copains qui étaient sur sur place, sur le même endroit, et à la radio, je coordonne, moi, le repli de ce trinôme-là, en leur disant, ok, je suis prêt, avec... tel nombre de cartouches, donne-moi une direction, une distance, j'aligne ça sur l'arme, et puis on va effectuer des tirs pour que vous reveniez vers nous. Les infos, elles arrivent très vite. Après, il n'y a pas de 3, 2, 1, top. C'est dès que l'ouverture du feu est effectuée, eux, ils me font confiance. Et c'est là où ces unités sont superbes, c'est qu'on se fait confiance. Les yeux fermés, ils ont couru dans l'autre sens, ils ont effectué ces 300 mètres par petit bond à couvert, pendant que nous, on économisait les munitions de façon à entretenir ce bruit. ce feu et ses coups pendant qu'ils reviennent à nous au final ils sont revenus vers nous ils ont pu transmettre des coordonnées GPS aux avions qui sont passés au dessus de nous pour nous appuyer et tout s'est bien terminé

SPEAKER_01

ça tu dirais que c'est la mission parfaite du coup après

SPEAKER_03

coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

non pas parfaite parce qu'on s'est fait déceler à un moment mais c'est une mission où sur le plan personnel j'ai aligné tout ce que j'avais appris depuis le premier jour du stage commando dans la cuve c'est à dire qu'il y a des moments où pour rentrer dans le technique et je sais pas si tu garderas ça au montage mais quand j'étais positionné à un endroit pour appliquer les tirs je me disais est-ce que là je suis bien positionné est-ce que mon coude il dépasse pas du mur est-ce que mon canon si je tire vu qu'il y a une lunette est-ce que le canon va pas tirer dans le mur alors que dans la lunette je vois pas le mur est-ce que je peux pas être mieux autre part est-ce que je peux demander du renfort est-ce que je prends l'initiative de faire ça est-ce que le mec qui avec moi et dans le bon secteur. Et tout ça te rentre dans la tête, c'est tout ce que tu as appris, c'est tout ce que tu te demandes en entraînement. C'est que des détails, tu sais. C'est-à-dire que l'expertise... est dans le détail, mais l'expertise n'est pas dans le détail. Donc là, ça va vraiment... Tu penses à tout ce que tu as appris, parce que au final, c'est plus un entraînement, et derrière, c'est pas des cartouches de peinture qui t'envoient.

SPEAKER_01

Ouais. C'est super intéressant ce que tu viens de partager.

UNKNOWN

Hum...

SPEAKER_01

j'avais une espèce de perception de l'objectif des commandos quand vous êtes en mission qui était plutôt à contrario que des automatismes tu vois on se pose pas de questions c'est automatisme, automatisme, automatisme mais là c'est super intéressant parce que c'est pas forcément ce que tu partages c'était beaucoup plus t'avais une espèce de checklist et tu balayais cette checklist point par point et c'était parfaitement

SPEAKER_03

maîtrisé il existe des automatismes pour répondre à une situation violente à laquelle tu ne t'attends pas parce que tu es surpris et là il faut réagir oui il y a des automatismes qu'on travaille en groupe mais toutes les missions ne se ressemblent pas donc on est formé à tout et on essaye d'exceller partout et c'est pour ça qu'il y a autant de sélections qu'on est trié sur le volet pour pouvoir quand on est à un moment seul ou en binôme ne pas avoir besoin que le chef de groupe dise Tony est-ce que tu es bien placé fais attention à ton coude s'il dépasse du mur etc etc donc les deux existent automatisme et réflexion perso et c'est indissociable de ce

SPEAKER_01

boulot j'imagine que c'est comme beaucoup de choses c'est plus une question d'équilibre où est-ce que tu mets le curseur que forcément aller j'adore

SPEAKER_03

cette expression qui dit c'est de l'intelligence de situation je sais pas si ça te parle moi ça me parle extrêmement bien c'est à dire que par exemple même aujourd'hui quand je parle de secourisme ce que je dis à mes stages aux sportifs de haut niveau que je rencontre. Je leur dis, la doctrine, elle dit ça. Dans le livre de référence, il y a marqué ça. Cependant, la vérité, c'est pas ce qui est marqué sur le livre, c'est ce qui est réalisé sur le terrain. Donc quand je vais les voir, je suis pas... je ne suis pas le sachant à 100% je les vois, je les rencontre sur leur terrain d'entraînement et ce qui est facile à faire en salle de classe n'est pas bien à faire sur une piste de ski avec des moniteurs de ski par exemple c'est de l'adaptation et de l'intelligence de situation

SPEAKER_01

alors justement cette intelligence de situation que très clairement tu as appris et développé grâce à la formation des commandos comment est-ce que tu as réussi à l'exploiter, à la mettre en pratique au moment où tu as commencé à construire parce que tu me disais que ça t'est arrivé d'un coup sur la tête dans ce fameux hôtel en Grèce mais il y a quand même eu un an et demi si j'ai bien compris entre le moment où le projet est né et où t'es retourné dans la vie civile donc comment est-ce que t'as mis à profit tous ces apprentissages notamment autour de l'intelligence de situation des commandos dans l'aventure émotion

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Je peux utiliser certaines choses que j'ai apprises dans les commandos dans le développement de l'émotion mais malheureusement, pas tout. C'est-à-dire que ce jour-là, quand j'ai su que je voulais mettre mes capacités et mon expérience au service du grand public, j'ai aussi compris pendant ces semaines de vacances que je voulais à un moment être au centre de ce qui se décidait, pouvoir prendre des décisions à mon niveau, donc ne plus être salarié, tenter quelque chose de nouveau. Et donc... Cette intelligence de situation m'a permis aussi de rester à ma place, parce que j'avais beau être commando marine, être chef d'équipe, avoir travaillé dans des unités que certains admirent, des unités vraiment inaccessibles, à partir du moment où tu passes la porte de l'armée, t'es personne. Et donc cette intelligence de situation m'a permis d'aller vers des personnes avec une humilité, qui était la mienne à ce moment là et qui m'a permis d'obtenir des réponses et la première partie de ma reconversion a été un nombre incalculable de sollicitations pour comprendre le monde qui allait être le mien par la suite

SPEAKER_01

ok et ça c'est quelque chose que t'avais anticipé, préparé c'est à dire cette notion de une fois que je sors de l'armée le cadre, tu vois la reconnaissance ou la façon dont mes compétences sont reconnues connu, le fait que ce soit forcément un niveau de filtre différent dans le monde civil, c'est quelque chose que tu avais anticipé ou que tu as découvert un peu par la force des choses

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Non, très clairement, je l'avais anticipé parce que, et là c'est une force que m'a donné ce travail chez les commandos marines, c'est qu'on anticipe tout. C'est-à-dire que quand on part en mission, il y a un briefing qui est fait, et à la fin de ce briefing, dernière étape, il y a quelque chose qui s'appelle les canons Et donc ça veut dire, qu'est-ce qu'on fait s'il y a un mec qui se tord la cheville

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Qu'est-ce qu'on fait si... on se fait déceler à cet endroit là qu'est-ce qu'on fait si les avions ne viennent pas qu'est-ce qu'on fait si sur le retour on n'a plus de bouffe qu'est-ce qu'on fait si et on liste tout ce qui est envisageable qu'est-ce qu'on fait si ça peut aller à l'extrême si sur la route qu'on doit emprunter il y a un arbre en travers et en fait j'ai pris involontairement j'ai appliqué ce processus à ma vie perso je ne suis pas formaté Mais j'ai pris les choses qui me servent aujourd'hui. Et donc, j'ai anticipé tout ça, oui. Et je savais que j'avais des qualités. Je ne les avais pas encore... traduite en langage civil et pour ce faire je me suis entouré j'ai réussi à trouver des personnes qui m'ont entouré qui m'ont dit tes compétences aujourd'hui ne se résument pas à tenir un fusil mais tu peux faire ce genre de choses comme la prise d'initiative la gestion du stress la communication parce que tu fais des briefings devant 10 personnes tu t'en rends pas compte mais tu peux faire ça dans une entreprise des gens qui n'y arrivent pas et tout ça en fait voilà m'ont fait ressortir des qualités que je n'avais pas identifiées qui sont valables dans le civil et qui ont permis de me vendre au début du développement des motions parce qu'il faut démarcher des fournisseurs il faut sourcer il faut aussi se vendre c'est des choses qu'on n'est pas ou on n'est pas bon là-dedans du moins pas tous on ne peut pas faire de généralité mais vu qu'on est très humble dans le métier des commandos marines on n'a pas l'habitude de se vendre l'unité parle pour nous et puis nous on fait notre boulot et point donc voilà c'est comme ça que je m'y suis pris et c'est enrichissant et c'est ce qui m'a permis encore une fois de ne pas stagner dans la marine il y a un processus d'évolution qui est obligatoire et là clairement j'évolue tous les jours j'apprends des nouvelles choses tous les jours et c'est l'un des bons côtés d'entreprendre

SPEAKER_01

c'est vrai que là pour le coup t'as fait un 180°en termes de visibilité passer d'un environnement qui est quand même hyper hyper fermé cloisonné qu'on connait très très peu à moins d'y être passé à l'aventure entrepreneuriale où là pour le coup comme tu l'as dit c'est l'inverse il faut arriver à convaincre séduire que ton produit a de l'intérêt que ton projet vaut le coup d'être soutenu donc super intéressant de voir que tu as réussi au final assez vite à faire ressortir ces compétences dont tu parlais je ne suis pas arrivé tout seul

SPEAKER_03

important à souligner parce que c'est des gens qui m'ont entouré écoutent ça, c'est un des conseils aussi que je te disais tout à l'heure dans l'entraînement des commandos marines, bien s'entourer c'est un conseil que j'ai aussi entendu sur d'autres podcasts bien s'entourer aussi dans l'entrepreneuriat c'est très important parce que ça permet de gagner du temps ils peuvent répondre à des questions de base et en une journée d'appels et de mails on peut gagner trois mois de trois mois de procédure administrative un peu lourde

SPEAKER_01

Excellent. Et du coup, grâce à, enfin, pas seulement j'imagine, mais grâce notamment à cet accompagnement, où est-ce que tu en es aujourd'hui avec Emotion

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Eh bien écoute, aujourd'hui avec Emotion, j'en suis au niveau où on a développé, puisque je suis seul à l'avoir créé en 2019, maintenant on est deux à plein temps dessus, et ça rassemble environ une dizaine d'intervenants. On a développé une marque qui a pour ambition, comme on l'a dit au tout début, de révolutionner l'image du secourisme en France. Et aujourd'hui, on accompagne des sportifs de haut niveau, qu'ils soient professionnels ou amateurs, des férus d'aventure, des adeptes des sorties outdoor... et c'est un virage qu'on a pris parce que je me suis rapproché de ce qui m'anime dans ma vie je suis fan de secourisme et je pourrais en parler des heures ça me passionne c'est vraiment quelque chose qui me passionne et c'est ce qui manque aujourd'hui je pense aux institutions qui régissent le secourisme en France on va pouvoir le développer peut-être et le sport moi je suis un énervé du sport c'est à dire que je suis pas simplement quelqu'un qui s'entraîne ou quelqu'un qui fait un seul sport j'ai loupé aucun stade 2 depuis que j'ai l'âge de le regarder quand j'étais petit j'étais sur tout le sport je ne loupais jamais ce truc là et c'est ce qui me permet aujourd'hui d'avoir un intérêt pour tous ces sportifs et peu importe qui je rencontre j'ai beaucoup de choses à apprendre on a rencontré récemment le vice champion du monde d'apnée Stéphane Toureau avec lequel on a pu partager beaucoup de choses et quand je rencontre ces gens par exemple c'est ma partie de plaisir on sait tous que l'entrepreneuriat ce n'est pas toujours drôle et de pouvoir rencontrer des gens comme ça, c'est fabuleux. J'ai rencontré aussi Michael Mahouem qui est allé au JO cette année. J'ai pu échanger avec Martin Thomas, quelqu'un qui a été au JO, qui a fait du canoë. Et mon plus là-dedans, et c'est vraiment ce qui me fait me lever tous les matins, c'est qu'avec émotion, j'ai en plus d'avoir l'ambition de révolutionner l'image du secourisme, c'est apporter un plus aux sportifs. C'est-à-dire que ces gens-là réalisent des choses que moi, je ne peux pas faire actuellement, que je respecte énormément, que j'admire. Quand je suis avec eux, c'est à peu près pareil que quand j'étais jeune et que je parlais à un condo marine quand j'étais en sélection. Et avoir la possibilité de leur apporter un plus pour que dans leur sport, ils réalisent des choses spectaculaires, l'esprit libre, l'esprit tranquille... c'est ce qui m'anime tous les jours, et je fais ça grâce à des formations sur mesure, directement liées à la typologie de blessures que peuvent rencontrer les sportifs, que je vais rencontrer dans leur club d'appartenance, ou alors qui sont aussi disponibles en ligne, cause Covid oblige, on s'adapte, comme chez les commandos, et aussi par des produits, Et c'est tout ça, tout cet écosystème qui fait qu'aujourd'hui, le secourisme, avec émotion, c'est différent parce qu'il y a un intérêt. Aujourd'hui, quand tu parles avec une personne lambda, que tu lui parles calmement 5 minutes, elle comprend très vite que le secourisme a un intérêt dans sa vie. Parce que ça peut arriver à la maison, 12 millions d'accidents domestiques par an, hors Covid, ça peut arriver sur la route, ça peut arriver au cours d'une sortie outdoor, camping, sportive, et on ne peut plus dire que ça n'existe pas, ça peut arriver sur une situation d'attentat. Un dégénéré qui choisit de faire un acte malveillant à un endroit, ça peut arriver. Et pour moi... Être impuissant face à une situation que tu ne maîtrises pas, c'est le pire sentiment qu'il puisse être, puisque cette chose-là, je l'ai vécue. Dans ce que je t'ai raconté tout à l'heure, les attentats ont résonné, tu vois, chez moi, comme de l'impuissance. Et aujourd'hui, des mecs qui font des sports extrêmes, ils sont toujours accompagnés d'un caméraman, d'un mec qui fait des photos, ou ils sont toujours en binôme. Et donc, il y a toujours quelqu'un qui est témoin. Et que ce mec ne puisse pas réagir, ça me rend dingue. Et il ne peut pas réagir, pourquoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Parce que ça ne l'intéresse pas le secourisme au premier abord. Il n'y a pas de produits qui sont faits pour eux et qui se destinent directement à ces sports. Et les formations qu'ils peuvent entrevoir ou qu'ils peuvent assister, c'est des formations généralistes. Demain, je ne sais pas si tu fais du sport outdoor, peut-être de l'aspinisme ou autre, et bien si demain avec un de tes meilleurs amis, enfin un de tes collègues, tu décides d'aller faire une formation de premier secours parce que tu te dis, ben voilà, ma conscience fait qu'on prend des risques. On n'est pas professionnel, mais on s'expose. Et dans une zone isolée, ça peut vite être compliqué. Eh bien, face à une formation de base, et je les connais très bien puisque j'en délivre constamment, eh bien, tu vas devoir passer par des modules qui vont pas t'intéresser et qui vont perdre ton attention. Et tu vas avoir l'impression de gâcher du temps. Le nourrisson qui s'étouffe, le mec qui fait du best jump, à l'instant T, c'est pas ce qu'il est venu chercher. La femme enceinte qui fait un malaise, c'est pareil. La personne âgée qui fait un malaise, pas Pareil. Et donc, c'est pour ça qu'avec émotion, on a à cœur de révolutionner cette image du secourisme parce qu'on propose quelque chose qui est sur mesure. Sur mesure et adressé aux sportifs parce que c'est ce qui nous passionne et ce qui fait qu'on peut travailler toute la journée et toute la nuit.

SPEAKER_01

Très beau pitch. Écoute, on en avait déjà parlé en off, moi je suis convaincu. Convaincu dans le fait, tu vois, comme tu dis, c'est vrai que alors je sais pas il y a peut-être des gens qui nous écoutent qui auront un avis différent mais jusqu'à ce qu'on échange c'est vrai que j'avais jamais forcément considéré le secourisme comme un truc super sexy où je me disais allez tiens j'ai du temps génial je vais aller me faire une formation en secourisme tu vois et puis très souvent le secourisme alors toi ça a été différent avec ton parcours pour tous ceux qui sont en armée ce sera différent mais dans la vie civile le secourisme on le découvre généralement au travail à travers des formations tu vois qui sont comme tu dis extrêmement généralistes ou des fois tu te demandes même si ça ne dure pas deux jours simplement pour que la deuxième journée elle puisse être facturée en termes d'intensité et d'intérêt des formations. En toute honnêteté en tout cas ça a été ce que moi j'ai pu vivre donc je trouve ça super intéressant de dire émotion à l'inverse va aller proposer du contenu sur mesure vraiment adapté et qui capte ton attention et qui fait qu'en fait moi j'ai l'impression d'entendre ça c'est que ça peut paraître complètement fou, mais de dire que les gens, à travers les formations d'émotion, voient un intérêt au secourisme. C'est-à-dire que le secourisme redevient utile. Ça paraît dingue de dire ça, mais c'est un peu le sentiment que j'ai. Moi, je pense

SPEAKER_03

que les gens ont, comme tu dis, un premier appareil du secourisme. Il peut être soit à l'école, et là, moi, je l'ai vécu, donc je sais très bien comment ça se passe, un binôme d'associations qui vient avec son gilet orange, un peu typé uniforme, qui déballe son matos, et voilà. Ou alors, comme tu l'as dit, dans le cadre d'entreprise. Mais je ne suis pas là pour critiquer les personnes, tu vois. Moi, j'aime bien critiquer la structure pour pouvoir l'embellir. Moi, je n'ai rien contre ces associations qui font du secourisme. Bien au contraire, c'est des collègues à moi puisque je détiens tous les diplômes qu'eux détiennent. Mais aujourd'hui, quand tu parles de secourisme, je pense que des personnes retiennent plus Adrien Carambeux que quoi faire si mon pote s'étouffe. Et je pense qu'on peut faire mieux. Et on peut faire mieux comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

En changeant cette image. Et ça passe par un discours différent, plus jeune, plus à la portée de tout le monde. J'aime bien dire en formation, ça ne sert à rien d'être trop sérieux pour parler de secourisme, puisque lorsque ça arrive, que l'incident est arrivé, c'est déjà sérieux. Et tu n'auras pas envie de te marrer. Donc, mets-toi en place des systèmes de jeu pour apprendre. Mets-toi en place de l'humour, des visuels différents. Ça passe par des produits. Parce qu'aujourd'hui, le jeu et le divertissement, pour moi, c'est la meilleure façon d'apprendre. Tu vois des pilotes d'avion, ils apprennent sur le simulateur. Les chirurgiens qui ont déjà joué aux jeux vidéo, ils ont des aptitudes supérieures à pouvoir diriger un robot qui a des manettes. Tout ça, je l'ai lu dans un livre de Idris Averkane, un mec que j'aimerais un jour rencontrer, que j'aime beaucoup. qui m'a beaucoup inspiré, et son livre c'est Libérez votre cerveau, il parle de neuroergonomie, et clairement je me suis servi de quelques tips qu'il délivre là-dedans pour changer cette image, parce qu'aujourd'hui je révolutionne que l'image. Je ne suis pas médecin, je ne vais pas changer les procédures, moi ce que je veux c'est créer cet intérêt pour que le jour où dans une zone isolée, ton pote il a une fracture de la jambe, tu ne sois pas hébété, en plus d'être paniqué parce que c'est ton pote, et que tu sois tributaire de... Mince, j'ai pas de

SPEAKER_02

réseau.

SPEAKER_03

Donc voilà, je change l'image, et ça passe, comme je te l'ai montré, par déjà des produits type trousse de secours, totalement différents, tu l'as vu, avec un premier produit qu'on a sorti qui est là pour répondre à tout ce qui saigne, avec du matos vraiment... spécifique à l'hémorragie, par exemple. Parce que sur une hémorragie, je sais pas si tu sais, en 3 à 5 minutes, tu peux perdre assez de sang pour que ton cœur se désamorce. Un petit peu comme une pompe de piscine, tu sais. Tu prends un cabanon de piscine, il y a une pompe qui filtre haut. S'il y a plus d'eau dans la piscine, la pompe, elle se met en sécu. Là, c'est pareil. Sauf que le mec qui fait du VTT de descente, qui s'en branche sur un tronc, parce qu'il s'est un peu trop envoyé, et là, ça pisse le sang, ça peut arriver. Et si tu n'as rien, ça va vite être compliqué. Et je te dis, ça peut arriver. Cédric Gracia, qui est un vététiste qui a passé beaucoup de temps en équipe de France, avec qui j'ai pu échanger. Sur YouTube, il y a un accident qui circule où il est à La Réunion.

SPEAKER_01

Je l'ai vu. Il fait un soleil par-dessus son vélo, son

SPEAKER_03

frein transperce sa cuisse et donc l'interfémoral. Les mecs, ils ont quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Leur main pour boucher. C'est tout.

SPEAKER_01

Et c'est ce qu'il fait d'ailleurs. Il met son doigt dans le... Bien sûr. Lui,

SPEAKER_03

il identifie très vite ce que c'est parce que son pote lui dit qu'est-ce que c'est ça. Lui, il lui dit c'est une artère. Il met les mains dedans. Et voilà, ça peut arriver, je dis pas qu'il faut être anxiogène et faire peur aux gens, mais c'est quelque chose qui arrive, et comme ça arrive tout le temps à ton pote, c'est impossible pour moi de considérer que tu puisses être impuissant. Mais pour savoir réagir, il y a des formations, du matos, et on peut faire tout ça en souplesse et avec humour.

SPEAKER_01

alors tu parlais ça fait plusieurs fois que tu mentionnes l'aspect fun qui est important pour toi et du coup bon moi j'ai eu la chance de voir la trousse mais là il y a une nouveauté qui vient de sortir en tout cas au moment où le podcast sera diffusé comment elle se présente du coup

SPEAKER_03

exactement donc on a développé une trousse à la base pour répondre aux hémorragies et maintenant on vient de sortir donc en octobre un produit qui répond à quoi faire sur une petite blessure de sportif skatepark le mec qui fait de la planche à voile et qui a des ampoules sur les doigts, par exemple. Du VTT, tu tombes, c'est du fenégretinure. Et donc, un produit qui répond à ce que on appelle dans l'armée de la bobologie. Je l'ai conditionné dans une canette en plastique. Tu vois, l'aspect d'une canette en plastique. Parce qu'aujourd'hui, quelle marque pour toi traduit plus le sport extrême

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je pense que beaucoup de gens te diraient Red Bull, par

SPEAKER_03

exemple. Red Bull, aujourd'hui, c'est stylé. C'est une marque qui fait beaucoup de choses mais pas c'est pas encore intéressé au secourisme tu vois et donc Red Bull donne des ailes mais aujourd'hui c'est émotion qui protège tes ailes parce que ce que je veux faire ce que j'ai l'ambition de faire c'est d'associer cette marque au sport extrême parce que quand tu vas acheter un VTT à 10 000 euros de descente que tu as ton casque à plusieurs centaines d'euros tu as tout l'équipement il faut que tu te soucies aussi d'avoir un petit peu de matos Merci. pour pouvoir répondre à une blessure. Et le fait d'avoir ça aujourd'hui dans une trousse rouge avec une croix blanche, ça ne t'intéresse pas. Donc aujourd'hui, à travers cette canette qui est novatrice, qui est vraiment l'accès à l'univers émotion, ce sera plus parano d'avoir ça sur soi, dans sa voiture ou même à la maison, même si ma cible première, c'est les sportifs, parce que passer du temps avec eux, c'est tout ce que

SPEAKER_01

j'aime. Excellent. Génial. Je comprends je comprends tout à fait ce que tu dis sur le fait de passer du temps c'est un peu comme si émotion était une excuse pour entrer en contact avec des gens comme ça en tout cas moi c'est ce que je dis tout le temps avec mon podcast tu vois c'est juste un super moyen de dire on peut discuter mais voilà c'est juste c'est pour le podcast en fait mais bon c'est une

SPEAKER_03

excuse et moi ce que j'adore c'est encore une fois c'est être utile dire que le mec je l'admire pour ce qu'il fait mais en plus de ça je vais lui donner des clés qui vont lui permettre de s'envoyer encore plus dans sa pratique parce qu'il se dira ouais mais je sais comment réagir ou j'ai ce qu'il faut pour réagir

SPEAKER_01

super excellent bah écoute merci pour le balayage sur toute l'histoire d'émotion et les produits que tu fais aujourd'hui ce qu'on fera c'est que c'est vrai que le podcast c'est pas trop adapté pour la visualisation mais en tout cas dans la description je mettrai les liens vers le site puisque tout est sur émotion sur le site oui tu retrouves tout

SPEAKER_03

sur le site internet c'est à dire produits accessoires parce que comme je t'ai dit on veut que ça soit cool, on crée une petite communauté et les gens ont le moyen de nous soutenir aussi à travers des accessoires et également des formations qui sont en ligne et qui sont spécifiques à chaque pratique sportive

SPEAKER_01

super, excellent alors moi j'ai peut-être une dernière question par rapport à ton aventure entrepreneuriale, pas forcément spécifique à émotion mais je serais curieux de savoir en tant qu'ancien commando si je grossis le trait pour certaines personnes, un peu les surhommes, surentraînés préparés à tout, qui font des trucs absolument improbables. Qu'est-ce qui t'a surpris, toi, dans l'aventure entrepreneuriale et auquel tu n'étais pas préparé

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Déjà, l'aventure entrepreneuriale en elle-même, je pense que peu de gens y sont préparés. On s'y prépare au mieux. Mais qu'est-ce qui m'a surpris

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

J'ai pas été surpris désagréablement parce que je m'attendais à ce que ce soit dur. Parallèlement à ça, je me dis que j'ai déjà vécu des choses dures, donc rien ne sera plus aussi dur que ce que j'ai déjà vécu. C'est ce qui aussi me fait relativiser quand je rencontre des coquilles. Mais j'étais agréablement surpris par la faculté des gens à... à t'aider c'est à dire que si tu viens avec la bonne question la personne généralement prendra du temps pour te répondre c'est à dire qu'il ne faut pas aller là-bas envoyer un mail à quelqu'un qui est par exemple entrepreneur d'une grosse boîte avec une question générale ces mecs là ils n'ont pas de temps à perdre donc envoyer une question ciblée j'ai eu des réponses de mecs inaccessibles au premier abord par exemple Anthony Bourbon que tu as interviewé, personnalité que j'aime beaucoup aussi et que j'aimerais un jour rencontrer, je lui ai envoyé un message, puisqu'il le répète dans ses podcasts, dans ses interviews, je suis accessible via LinkedIn, via Instagram ou autre et sur une question bien précise il m'a

SPEAKER_01

répondu

SPEAKER_03

waouh, ok comme quoi donc ouais, surpris de ça parce que je m'attendais à enfin je m'attendais on m'a dit c'est un monde de requins et c'est vrai et donc surpris que des gens prennent du temps et de l'attention pour un petit projet qui est en développement mais certainement qu'ils comprennent que ça va devenir beaucoup plus prochainement

SPEAKER_01

ça me fait penser à ce qu'on disait un peu plus tôt sur ces quelques mots que l'instructeur t'a fait cadeau au moment du stage pour moi ça va un peu dans cette direction c'est à dire ne sous-estimez pas l'impact que vous pouvez avoir en simplement répondant à un mail en en m'acceptant d'avoir une conversation de 5-10 minutes et donc c'est juste génial de voir que toi tu as eu la chance de rencontrer ce type de personnes qui prennent le temps et qui restent accessibles super c'est plutôt hyper positif comme message du coup que les seules surprises que tu as eues ça a été des bonnes surprises dans l'entrepreneuriat

SPEAKER_03

oui oui ta question était comment est-ce que tu as été surpris négativement je m'attends à tout et je me suis attendu à tout et c'est pour ça que je n'ai pas été surpris de rencontrer rencontrer des moments compliqués et je sais qu'il y en aura beaucoup d'autres et c'est ce qui rythme la vie d'un mec qui veut faire quelque chose de nouveau t'as le président Wilson celui des Etats-Unis pas celui des ballons de basket il a dit si tu veux te faire un maximum d'ennemis t'as juste à faire quelque chose de nouveau donc si aujourd'hui tu mets des éléments de premier secours dans une canette en plastique y'a certainement des foudres qui vont tomber à un moment si tu veux mettre un peu d'humour dans du secourisme ça va tomber et j'ai des gens qui n'aiment pas ce que je fais donc voilà négativement je ne suis pas surpris, je sais que tout peut arriver, mais en revanche, ça a été positif, et c'est ce que je retiens chaque semaine, parce que c'est ce qui te fait avancer, parce que comme tu l'as dit, et comme on l'a dit, c'est compliqué, et c'est important d'avoir des choses positives pour s'y accrocher et perdurer dans cette activité

SPEAKER_01

compliquée. Pour terminer notre échange absolument passionnant, si tu fais un mix, si tu prends tes 10 ans de préparation et de mission au sein de l'armée et ton aventure entrepreneuriale jusqu'à présent si tu mets ces deux blocs ensemble que tu secoues tout ça que ça fait un seul gros bloc quel conseil ou quelle serait toi la chose que tu retiens de ton aventure jusqu'à présent et que tu pourrais partager aux auditeurs aux auditrices

SPEAKER_03

qu'il faut être ambitieux qu'il faut être ambitieux et je vais le tourner avec d'autres mots parce que beaucoup de gens disent, mais quand je regardais ces reportages et... et toutes ces choses qui étaient vers les commandos marines c'était impossible j'ai réussi aller à l'étranger, faire du parachutisme c'était impossible, j'ai réussi ça demande du travail, ça demande de l'engagement mais aujourd'hui c'est ce qui me permet de ne pas avoir peur et d'afficher clairement mes ambitions qui est de changer l'image du secourisme et de devenir leader sur ce marché parce que rien n'est impossible donc autant rêver gros et je suis certain qu'avec du travail parce que je suis persuadé aujourd'hui que dans ce domaine, personne ne travaille autant que moi, ça marchera. Tout ce que je ne sais pas, c'est

SPEAKER_01

quand. Génial. Écoute, ce sera le message qu'on retient. Merci beaucoup, Tony, pour ton temps, pour ces superbes partages, que ce soit sur émotion ou sur ton temps en tant que commando. Pour l'humilité avec laquelle tu l'as fait, je dis en introduction, c'est toujours un plaisir de recevoir des anciens efforts spécials, principalement par rapport évidemment aux histoires que vous racontez, mais aussi la façon dont vous incarnez des valeurs très fortes que personnellement je trouve fascinante. Donc oui, un grand merci pour ton temps. Je mettrai tout ce qu'il faut en termes de liens pour que les gens qui veulent se renseigner sur l'émotion puissent le faire facilement. Et puis écoute, je te souhaite tout le meilleur pour la suite de l'aventure et je te dis très certainement à très bientôt pour une formation sur mesure pour un de mes projets. Ça marche, sans problème. Merci Tony.

UNKNOWN

De rien, merci à toi. Oh oh oh