SPEAKER_00

Moi, j'avais déjà fait 21 heures ma course la plus longue sur un vélo. Donc j'étais encore dans quelque chose que je connaissais. Après, on avait déjà 340 bornes. Donc là, je commençais à rentrer dans l'inconnu kilométrique. Parti dans la nuit et puis t'avances, coup que coup. Et puis là, les premières galères un petit peu. Portugal, région un peu désertique à traverser, donc manque d'eau.

SPEAKER_01

Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

Bienvenue sur le podcast, Benoît. Salut Loïc. Ravi de te recevoir. Merci beaucoup de prendre le temps dans ton agenda entre deux grosses sorties à vélo. Merci à toi. Je suis très content que tu sois parmi nous aujourd'hui pour nous parler de ton univers, le cyclisme, avec une petite spécificité, une grosse spécificité quand même, mais tu vas nous en dire plus. Je te laisse peut-être te présenter, nous expliquer qui est Benoît, d'où tu viens et ce que tu J'ai

SPEAKER_00

28 ans et j'habite à Carpentras, dans le Vaucluse, au pied du mont Ventoux. Belle région pour le vélo, on va dire. Après, ça fait 6 ans que je suis dans la région. J'ai débuté le sport par la natation. J'ai fait 15 ans de natation, donc j'ai eu un gros passé dans les bassins, on va dire. en 2012 j'ai eu un gros ras-le-bol de tourner en rond comme beaucoup de nageurs donc je me suis dirigé par hasard sur le triathlon j'ai exercé le triathlon pendant 7 ans Donc 5 années entre guillemets professionnelles où j'ai essayé d'en vivre. Bon quelque chose de très très compliqué aussi mais voilà on va dire que j'ai fait pas mal d'épreuves super sympa que ce soit en France ou à l'étranger. Et voilà au bout de 5 ans professionnels où c'était beaucoup de sacrifices et j'ai vu que bon c'était vraiment très compliqué d'en vivre. Bon voilà j'ai décidé de tourner la page malheureusement et Et voilà. Donc là, on est en 2018, au moment où j'arrête le triathlon. Et là, il y a eu une bonne année, on va dire quasiment sans sport, où je me suis refait un peu une santé, un peu aussi mentalement, je pense, parce que j'étais un peu détruit. Et voilà.

SPEAKER_01

Et donc t'as enchaîné avec le vélo et c'est tout de suite que tu t'es découvert une passion pour cette spécificité dont tu vas nous parler

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais en fait j'ai un de mes meilleurs amis qui roule en fixie en fait et il m'a dit essaye donc j'ai essayé donc il m'a prêté un de ses fixies et j'ai eu le malheur d'essayer et voilà depuis... Décembre 2018, j'ai pu rerouler sur un vélo normal et je ne reroulerai certainement jamais. Je suis vraiment tombé amoureux de cette discipline, qui normalement s'exerce dans les vélodromes. C'est vraiment un fixie. C'est un vélo où il n'y a pas de frein, il n'y a pas de roue libre. Tu n'arrêtes jamais de pédaler, donc c'est dangereux. C'est vrai que c'est un sport qui s'exerce normalement en intérieur, en vélodrome. J'en ai fait un peu ma spécialité de rouler ce vélo partout où je suis.

SPEAKER_01

Donc toi, tu

SPEAKER_00

roules sans frein

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, je roule la plupart du temps sans frein. J'ai fait beaucoup de courses ou de défis cette année sans frein. Après, par exemple, le Portugal, la dernière course que j'ai faite, j'ai mis un frein par sécurité. Je n'ai rien à prouver et j'ai bien fait de mettre un frein parce qu'on se retrouve vite de nuit dans du brouillard avec zéro visibilité, des routes trempées. le poids du vélo, parce que quand tu fais un 1000 km, tu as un peu de bagage dessus, donc ce n'est pas le même

SPEAKER_01

sport. Et du coup, qu'est-ce que tu as trouvé

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Qu'est-ce qui fait finalement que tu as accroché

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tu dis que tu as eu le malheur d'essayer un fixie et tu n'en es jamais redescendu. C'est quoi exactement qui fait que ça a pris comme

SPEAKER_00

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est un vélo où tu es libre. C'est très compliqué à expliquer. J'ai souvent du mal à le définir mais voilà tant que t'as pas essayé tu peux entre guillemets pas trop comprendre et voilà le fait que t'es pas de vitesse que t'es pas de frein faut être hyper attentif enfin voilà tu anticipes un peu tout aussi voilà c'est aussi un mode de vie plus ou moins voilà c'est un état d'esprit aussi enfin voilà je me prends plus la tête voilà je prends mon vélo je vais rouler et puis basta quoi il n'y a plus de prise de tête sur rien et surtout l'état d'esprit l'état d'esprit est totalement différent du coursier classique qu'on voit sur les cyclos sportives ou autre c'est surtout ça qui me fait kiffer

SPEAKER_01

plus une philosophie de vie j'ai l'impression que juste l'aspect technique du vélo

SPEAKER_00

exactement philosophie de vie t'as tout résumé merci au revoir c'est exactement ça c'est

SPEAKER_01

exactement ça ok super alors tu nous as tu disais que t'as fait quelques enfin t'es revenu récemment d'une épreuve d'une grosse épreuve entre le moment où t'as découvert la pratique du fixie et le moment où t'as décidé de prendre le départ tu vois d'épreuve de compétition chronométrique au coup qu'est-ce qui s'est passé et comment ça s'est fait

SPEAKER_00

il y a eu donc en 2018 je découvre le fixie alors je découvre je connaissais bien sûr mais j'avais jamais roulé en fixie euh En fait, rapidement, il y a eu... le fait que je sois compétiteur qui est vite revenu en fait dès que je suis monté sur le vélo et là j'ai dit tiens pourquoi pas moi j'ai toujours été un peu dans les efforts longue distance donc je tombe sur cette épreuve d'Arnaud justement d'Arnaud Manzanini donc la race la race au Cross France alors c'était pas du tout prévu que je la fasse en fixie mais vraiment pas du tout

SPEAKER_02

et

SPEAKER_00

en fait je me suis inscrit et du moment où je me suis inscrit J'ai mon ancien patron qui m'a lancé un défi. Il m'a dit, tu n'es pas capable de le faire en fixie. Et en fait, non, moi, dès qu'on me chauffe un peu, je vais vite montrer qu'il n'y a pas de souci, je le ferai en fixie. Et voilà, c'est venu de là, entre guillemets. Mes périples que j'ai faits depuis 2019, maintenant, ça vient de là. Et voilà, depuis que j'ai… Alors, avant de faire cette fameuse race au Croix-France, donc 335 kilomètres avec 6500 dénivelés, c'est un morceau, franchement, c'est… même en vélo normal, c'est un chantier.

SPEAKER_01

Parce que c'est l'ascension du Ventoux,

SPEAKER_00

en fait, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais, sur la fin, tu pars de Mandeleu, en fait, donc bord de mer, et puis tu traces direction le Ventoux, donc tu finis par le Ventoux. Donc, ça fait peur, entre guillemets, quand t'as jamais fait d'ultracyclisme, on va dire. Alors, maintenant, ça me fait rire, 335 bornes, ultracyclisme, en fait, maintenant, quand je fais 300 bornes, je commence à être juste chaud, quoi. Non, en fait, c'est car il a fait cette épreuve parce que ça permet de mettre aussi un pied à l'étrier et même moi qui était un sportif averti c'est bien qu'il y ait eu un 300 parce que mine de rien 330 bornes c'est pas rien donc ça m'a permis de découvrir le monde de l'ultra et voilà je l'ai fait en 2019 donc je gagne en 2020 je gagne de nouveau en améliorant mon temps de quasiment deux heures donc juste génial et c'est ça que je kiffe moi c'est rivaliser avec les vélos classiques entre guillemets ça c'est juste c'est énorme parce que je me revois encore arriver en 2019 poser mon vélo comme ça le bord de la barrière à la race et on était au checking et en fait je me suis retourné le vélo il y avait 25 000 personnes autour et regardez il disait il va où il est fou il est fou et moi je savais que j'étais capable de le faire même si j'avais jamais fait 300 kilomètres dans ma vie je savais que j'en étais capable alors que ce soit dur C'est sûr, ça allait être compliqué, mais capable, je savais que j'allais le faire. Et ce que j'adore, c'est les gens qui te regardent, ils disent« Arrêtez, 8,50 km, il met le clignotant, ce n'est pas possible.» Et je m'en souviendrai toujours, il m'a un peu chambré, mais méchant en plus. Et je lui ai dit« Écoute Coco, on se revoit là-haut, je t'attendrai.

UNKNOWN

»

SPEAKER_00

et il l'a mal pris ce mec là l'a mal pris et je m'en souviendrai toujours kilomètre 25 il était parti un quart d'heure devant moi en fait je le double et ce mec il m'a rien dit je lui ai dit salut et il m'a vu passer comme ça et en fait moi j'avais depuis la veille un peu voilà les paroles qu'il avait eu avec moi et je l'avais eu mauvaise donc j'avais pris son numéro de dossard et en fait le lendemain de la course j'étais allé voir ce qu'il avait fait et en fait je me suis permis de lui envoyer un message sur Facebook en lui disant, excuse-moi, je ne t'ai pas attendu, tu es arrivé vraiment trop loin après moi. Je suis parti me coucher. Et voilà, c'est marrant. C'est marrant.

SPEAKER_01

excellent j'imagine que dans un univers aussi en plus il y a quand même vachement de codes dans le cyclisme tu

SPEAKER_00

vois ouais alors là on est ça reste du cyclisme mais on touche d'autres personnes tu vois l'ultra distance c'est encore un autre vélo tu vois c'est le vélo t'as plein de vélos t'as le vélo route t'as le gravel t'as le VTT il y a plein plein plein de choses tu vois il y a le fixie et voilà t'as ce fameux maintenant les ultra distance voilà avec des 300 des 2000 bornes 3000 bornes des 5000 bornes 5000 bornes, c'est un autre sport. Tu ne peux pas comparer les professionnels qui font leur étape et les mecs qui font un 2500 bornes. Dans les deux sports, tu as des machines.

SPEAKER_01

malgré tout tu vois pour y avoir un petit peu pour avoir un petit peu touché du doigt parce que j'ai fait un peu de triathlon tu vois enfin moi je sentais quand même tu vois qu'il y avait il y avait des codes quoi à l'époque j'étais je vais à paris donc j'allais tourner à longchamp tu vois le haut spot tu sens vraiment que tu arrives tu vois les gens qui regardent ton vélo

SPEAKER_00

tu vois alors après c'est c'est bien pas de souci moi j'adore le matos donc tu vois j'aime bien regarder machin mais en fait je j'ai aussi quitté le triathlon, les cyclos sportives, pour cette ambiance de merde. Parce qu'il faut le dire, c'est une ambiance de merde. J'en parlais encore avant-hier avec un collègue, et je lui disais, tu vois, les pros, quand on était en triathlon, les pros, on est les personnes qui se prenaient le moins à la tête, tu vois. Mais tu voyais tous les amateurs, tout ça, c'est à celui qui a la plus heureuse, quoi. C'est... Pour finir, 15 heures derrière toi. Ça fait partie du jeu, ça fait marcher le commerce, ça fait marcher les grosses courses. Il en faut. Mais en fait, je n'ai plus envie. Je n'ai plus envie de tout ça. L'ultracyclisme, bien qu'on va y venir, ça va en plein essor, ça décolle. Je pense que d'ici 3-4 ans... on aura quand même un peu cet état d'esprit bien qu'il y aura quelques courses encore très très compliquées où il n'y aura pas grand monde donc là on aura vraiment l'esprit d'entraide voilà et vraiment ultra distance mais ouais là c'est en train d'exploser c'est en train d'exploser

SPEAKER_01

mais du coup je trouve ça super que tu vois tu viennes un peu casser les codes justement

SPEAKER_00

enfin moi c'est pareil quand tu me dis que ouais alors c'est vrai que ben là tu prends la race c'est ouais c'est justement ce que et tu Je me revois encore au départ, l'année dernière, où je regarde un peu la« start list», et je vois mon pote Kevin Morel. Kevin Morel, c'est un pote que je côtoyais quand on faisait du triathlon. Une belle machine, qui avait un gros niveau, encore un gros cran au-dessus de moi. Et en fait, l'année Covid, beaucoup de triathlons annulés, donc il s'est rabattu là-dessus, et j'ai vu ça la veille. J'étais avec mon meilleur ami, je ne vais pas gagner malheureusement, parce que voilà il y a Kevin qui est là bon je l'explique c'est un mec qui roule solide voilà et au fur et à mesure qu'on s'approche de la ligne de départ je me dis putain en fait la seule chance que j'ai de gagner c'est qu'il ait jamais dépassé 200 bornes en fait dans sa vie et ouais ça a pas loupé ouais 30 bornes avant le Ventoux je l'ai repris et ouais il était pas dans sa meilleure forme ouais il avait déjà quasiment 300 bornes et voilà je l'ai repris malgré qu'il soit en vélo classique et voilà donc c'est là que tu te dis tu vois même si je me tire une balle dans le pied avec le fixie c'est un autre sport le long distance l'ultra c'est il n'y a pas que les jambes

SPEAKER_01

ouais clairement mais du coup moi c'est vraiment la question que je me pose depuis que j'ai découvert ton profil pour être honnête j'ai vraiment découvert ce que tu faisais avec le biking man on en parlera sans doute après mais moi la question que je me suis posée tout de suite c'est est-ce qu'en fait c'est tellement un désavantage de rouler en fixie que t'arrives préparé peut-être 10 fois plus que les autres tu vois parce que t'anticipes vachement plus physiquement il faut que tu sois t'as pas le choix faut être au niveau

SPEAKER_00

quoi ouais ouais ouais alors c'est vrai c'est très juste ce que tu dis on en reviendra après si on parle un peu du bikeman aussi alors après quand je croise des gens ou des gens que je connais pas qui me disent putain mais c'est pas trop dur en fait non tu vois maintenant je fais mes sorties comme si c'était un vélo normal alors après j'habite au pied du Ventoux les gens ils ont l'impression que je fais le ventoux tous les jours mais non tu vois le ventoux cette année j'y suis allé une quinzaine de fois tu vois c'est sûr que faire un ventoux en fixie c'est pas alors par bédouin j'y monte jamais parce que c'est comme ça par saut ça reste agréable parce que la pente elle est quand même plus accessible mais voilà après je tourne autour de la maison et c'est de la bosse à 3, 4, 5% donc en fait j'ai appris malgré des fois que ce soit un profil montant dans du 3, 4% à récupérer et alors ça se fait pas comme ça parce quand j'ai commencé le fixie bien que j'étais triathlète et que je manquais des semaines à 500 bornes de vélo je débute le fixie ouais mais je débute le fixie je fais des sorties de 100 bornes je rentre mais en croix je suis mais qu'est ce qui se passe en fait je pense que musculairement j'ai tout changé tout a changé dans ma façon de travailler tout ça et le fixie m'a apporté énormément ça tu te renforces de partout en fait avec le fixie t'es gainé sans arrêt c'est un sport qui te gagne de partout alors quand tu roules sans frein surtout parce que quand tu roules sans frein t'es sur la retenue dans les descentes tu fais des dérapages donc tu blogues ta fille musculaire elle en prend un gros coup quand tu roules avec un frein c'est le jour et la nuit en fait j'ai fait des épreuves avec frein en fait tu rigoles c'est rigolade mais voilà quoi

SPEAKER_01

ouais pour ceux à qui ça parle peut-être pas donc le fixie tu le disais il n'y a pas de roue libre c'est le principe t'as pas de vitesse et donc quand t'as pas de frein le seul moyen que t'as de freiner en fait c'est pour avancer il faut que tu pédales si tu t'arrêtes de pédaler avec l'inertie les pédales elles avancent encore en fait pour freiner tu viens bloquer les pédales donc c'est quand même un truc fou parce que selon les pentes

SPEAKER_00

ouais ouais alors soit tu voilà soit comme tu dis tu fais tu bloques donc tu fais un skid c'est appelé le skid le dérapage voilà le dérapage donc ce qui consiste à mettre voilà tes jambes entre guillemets parallèles au sol et à bloquer donc c'est une technique c'est compliqué à gérer cette manœuvre franchement j'ai mis plus d'un an à vraiment maîtriser il y a encore quelques fois maintenant où j'arrive à me faire peur aussi alors pas chez moi parce que les routes je les connais par cœur donc voilà t'anticipes tout mais voilà quand tu fais un Ventoux breakless dans des pentes à 12-13% ouais t'as tu n'as pas le droit à l'erreur. Et puis, musculairement, tu as intérêt d'être solide parce que si au bout d'un moment, tu n'arrives plus à retenir le vélo, tu t'emballes et c'est très compliqué. D'ailleurs, je repense à un truc que j'ai fait cette année, l'étape des assassins dans les Pyrénées. Donc, 310 bornes avec 7500 de dénivelé, Péret-Sourde, le Tourmalet, Obisque, Soulor, que des descentes de 20 à 10-12%, c'est le truc le plus fou que j'ai fait cette année. Et de très loin, le plus dur musculairement. Vraiment, vraiment de très loin. Pourtant, il n'y avait que 300 bornes.

SPEAKER_01

Parce que pas de frein, et du

SPEAKER_00

coup, même en descente, obligé de... Ouais, en descente, pas le choix, parce que juste diminuer la cadence, ça suffisait pas, parce qu'il y a des fois, t'es tellement dans du pourcentage à 13, 14, 15%, que tu t'emballes, tu retiens plus, et un col, deux cols, trois cols, et au final, au bout de deux cols, t'as les jambes déjà bien mâchées, là, je te parle que de descente, mais avant de descendre, il faut monter, donc monter un tourmal avec un braquet de 48-17 voilà où tu arrives à la mongie et pendant quatre bornes tu tournes à 40 tours minutes tout ça tu laisses des plumes donc c'est une chose tu es content d'arriver au sommet et les gens ils te disent c'est bon maintenant ça descend mais coco la descente en fait elle est plus dure que la montée et ça en fait il y a beaucoup de gens qui ont du mal à me croire quand je dis mais la montée c'est trop bien moi j'adore monter en vrai voilà alors c'est sûr quand tu es à 40 tours minutes c'est Ce n'est pas marrant, c'est compliqué, mais quand ça roule bien, c'est propre et tout, c'est cool. La descente, c'est très compliqué.

SPEAKER_01

Justement, par rapport aux spécificités de tes courses, là encore, le fait d'être en fixie, j'imagine que tu es vachement plus obligé d'étudier le parcours à l'avance et de te préparer.

SPEAKER_00

Oui, alors... Ça me fait rire parce que dans ce moment, je suis en train d'écouter tous les podcasts que j'ai fait cette année. J'en ai fait avec plusieurs personnes. Je ne sais pas si tu écoutes Richard Delhomme un peu ou si tu connais. Lui qui est pas mal dans le bikepacking et gravel. Hier, j'ai écouté justement le podcast qu'on avait fait et j'ai fait les 7 majeurs cette année aussi. Je ne sais pas si tu as suivi un peu. Les 7 majeurs, c'est 7 cols à plus de 2000 mètres. C'est 360 bornes avec 12 500 de dénive. donc c'est un truc de fou et en fait Richard il me disait est-ce que t'es capable et tout et en fait je lui ai dit On était à quatre mois de la date où je voulais faire. J'ai dit mais je vais aller repérer dans tous les cas parce que je suis obligé, je n'ai pas le choix. Et en fait, avec les restrictions qu'il y a eu à cause du Covid, je n'ai pas eu la chance d'aller repérer. Donc, je n'ai pas repéré avant d'y aller. Alors, cette épreuve, j'avais un frein. Heureusement, parce que déjà, ça soulage. Mais techniquement parlant, les descentes hyper dangereuses. Donc, c'est vrai que le fait de ne pas avoir repéré, tu ne peux pas te lâcher à fond parce que il ne faut pas oublier que tu es sur un fixie, j'avais qu'un frein, tu pédales sans arrêt, c'est des épreuves. Ça serait cool de pouvoir les repérer à chaque fois, mais toutes les épreuves que j'ai faites cette année, il n'y en a pas une que j'ai repérée. Donc c'est... Des fois, tu es dans un bon rythme et tu te dis, je peux y aller. Mais tu restes un peu aussi sur la réserve parce que derrière, tu ne sais pas ce qui t'attend. Autant, à un moment donné, tu auras un gros pétard. On n'en sait rien. C'est vrai que tu restes quand même un peu sur la

SPEAKER_01

retenue. J'imagine qu'il y a certaines courses que tu ne fais pas forcément en France. Le Bikingman, par

SPEAKER_00

exemple. Bikingman Portugal. Ça s'est passé il y a un peu plus d'un mois maintenant. C'était le octobre à Faro exactement au sud du Portugal alors c'était pas du tout prévu cette année en fait à la base j'étais inscrit en Corse au mois de novembre il y a un an le truc c'est que l'épreuve a eu lieu sous couvre-feu et donc du coup le 1000 bornes s'est transformé en 3 jours entre guillemets à 300 bornes parce qu'avec les restrictions Covid, couvre-feu de 6h à 21h, en gros dans la journée tu fais 300 bornes moi je m'étais inscrit à la base sur le biking parce que je voulais faire un mille kilomètres, je voulais connaître en gros les galères que tu peux avoir sur un mille bornes, parce qu'au final là c'était trois fois 300 et entre guillemets le soir tu dors à l'hôtel, tu te refais une santé, le lendemain 6h tu es prêt, tu gazes pendant toute la journée, 300 bornes je sais ce que c'est, c'est pas ça que j'étais allé chercher, donc j'avais appelé Axel l'organisateur et je lui ai dit est-ce qu'il y a moyen de me basculer sur une autre édition l'année prochaine ou autre, et en fait il m'avait basculé sur le Portugal. donc voilà et en fait un mois avant de partir au Portugal j'appelle Axel moi je rentre des 7 majeurs franchement je suis en croix je me sens pas capable de venir faire en plus mon premier 1000 km j'avais jamais fait plus de 360 bornes donc je lui dis honnêtement je me sens pas et en fait il m'a dit non écoute je peux pas te la basculer on a déjà basculé une fois donc si tu viens pas tu perds l'inscription donc ce que je comprends voilà pas de soucis mais du coup billet d'avion et basta quoi j'ai dit bon écoute on va faire pour On va faire pour que j'y arrive. BikingMan Portugal, donc 1000 km, 12 500 mètres de dénivelé. Sur le papier, c'est le plus facile de la série BikingMan, mais je pense qu'ils rivalisent avec beaucoup de BikingMan beaucoup plus durs, parce que la particularité du Portugal, c'est que comme ça donc c'est que c'est hyper vallonné et il n'y a pas de récolte il n'y a pas de colle je crois que la montée la plus longue faisait six kilomètres elle est au début du parcours donc les gens c'est marrant parce que tu dis ah bah c'est bon on a fait la bosse la plus dure c'est fini en fait tu prends tout ton dénivelé que sur de la tonne ondulée et c'est usant usant usant et Axel l'avait dit dès la première édition il a dit les gens ils arrivent ici en croyant que c'est la mais non en fait c'est très très compliqué très très dur tu es toujours en prise beaucoup de vent les routes défoncées donc ouais c'est une édition qui est sur 1000 km ça commence à faire long ça commence à faire long

SPEAKER_01

voilà et la particularité du Bikingman c'est que à l'inverse de ce que tu disais avec la Corse couvre-feu où là c'était plus une course à étapes là le chrono est enclenché quand tu passes la ligne de départ ça s'arrête à l'arrivée et entre les deux t'es solo en fait

SPEAKER_00

tu le gères tout seul voilà t'as tout résumé t'as deux checkpoints qui s'appellent les CP donc CP1 et CP2 le CP1 se trouve au kilomètre 340 vis-à-vis Vona je crois un truc comme ça donc kilomètre 340 avec 5000 de dénivelé donc belle journée déjà de vélo on est parti à 5h le lundi matin et on est arrivé je dis on parce qu'on était un bon petit groupe la première journée enfin pas ensemble mais voilà 2-3 minutes près donc c'était super sympa on est arrivé là-bas vers 18h donc au bout de 12-13h de course donc ça avait roulé fort, très très fort, malgré un vent de face, parcours compliqué, ouais, t'as 340 bornes, 5000, ça fait des belles étapes, et du coup, ben voilà, CP numéro 1, et en fait, bon ben voilà, 18h, donc, ben, tu arrives tu te dis ouais j'ai fait 340 bornes et en fait faut pas s'arrêter parce qu'il y a long encore derrière donc là t'enclenches ton Garmin et voilà tu mets la trace numéro 2 et qui t'annonce 388 bornes jusqu'à la base de vie numéro 2 et c'est vrai que c'est hyper marrant parce que tu vois quand tu fais départ CP1 340 bornes tu te dis putain mais c'est long et tout et en fait inconsciemment t'arrives au CP1 tu prends ton Garmin tu lances la trace numéro 2 Et tu vois ce qu'elle t'indique. 388 bornes, 4000. C'est censé te faire peur, machin et tout. Mais en fait, inconsciemment, tu mets départ, tu prends ton vélo, puis... Puis basta, tu pars, c'était 18 heures, il commençait à faire nuit. Tu allumes tes loupiottes et tu pars dans la nuit. Là, je commençais à rentrer dans l'inconnu. Alors, pas tant au niveau de l'horaire parce qu'on avait 13 heures de course. Moi, j'avais déjà fait 21 heures ma course la plus longue sur un vélo. Donc, j'étais encore dans quelque chose que je connaissais. Après, on avait déjà 340 bornes. Donc là, je commençais à rentrer dans l'inconnu kilométrique. Et voilà. Euh... vois la partie dans la nuit et puis tu avances coûte que coûte et puis là les premières galères un petit peu portugal région un peu désertique à traverser donc manque d'eau les grandes villes tous les 150 bornes les villages que tu passes il ya deux maisons de paysans qui sont pas habitées donc ouais tu commences à rencontrer toutes ces petites galères que j'ai allé chercher au final parce que c'est ça que j'ai allé chercher voilà être entre guillemets en galère comment savoir mal aux mains aussi parce qu'avec les roues défoncées voilà commence à avoir la perte de sensibilité des mains voilà tous ces petits trucs j'ai entendu parler et moi à chaque fois je suis derrière mon écran j'écoute et je dis putain mais je connais pas tout ça et moi aussi j'ai envie de passer une nuit dehors et moi aussi je vais être en galère moi aussi je vais dormir dans le fossé enfin voilà toutes ces conneries quoi et puis au final ça se met très vite en place parce que au bout de 20 heures de course je me suis arrêté dans une grande ville à Evora je m'en souviendrai toute ma vie c'était 22h 21h50 je précise je m'arrête au McDo qui était hors de la trace en fait et là ça a été super marrant parce qu'en fait bon moi je regardais pas le live tracker où tu vois tous les concurrents ça reste une course mais rapidement en fait c'est une course contre toi en fait et c'est ça qui est bien tu vois c'est pas des concurrents que t'as avec toi c'est des potes de galère tu vois et en fait je suis arrivé au McDo et il y avait des concurrents qui étaient Et là déjà, ce qui a été terrible, c'est qu'à 22h, le McDo, il a fermé. Donc les portes, elles se sont fermées à clé. Et en fait, je voyais plein de concurrents arriver qui ont eu la même idée que nous. On était une dizaine dedans et qui n'ont pas pu rentrer, tu vois. Et toi, tu es là, tu manges ton Big Mac et tu les vois dehors. Et tu sais, c'est terrible et tout. Donc ouais, c'est… C'est des bons souvenirs, franchement, c'est des bons souvenirs. Et voilà, je me revois repartir. Il y avait l'orga qui était au McDo aussi, qui faisait une pause, qui dormait… qui dormaient sur les tables et tout. Et voilà, on est repartis quasiment un peu tous groupés. C'était hyper dense parce qu'on était sur une dizaine de kilomètres, on était une quinzaine. Et c'est un des premiers BikingMan où le niveau, il est bien compact devant. Et c'est ce que je te disais tout à l'heure, c'est en train d'exploser. Et c'est un des premiers BikingMan où il y a eu un tel niveau où tu as le premier qui arrive et un quart d'heure derrière, tu as le deuxième. C'est juste fou parce que tu te dis, on a passé 45 heures sur le vélo et il n'y a que 15 minutes tu vois et ça c'est dingue ça c'est complètement

SPEAKER_01

fou alors tu disais que tu t'es inscrit aussi pour aller chercher les galères engranger de l'expérience et puis surtout faire cette course contre toi même du coup est-ce qu'à un moment donné tu as eu ce sentiment est-ce que tu te l'es dit pendant l'épreuve là ça y est je suis dans le dur c'est au mental c'est la tête qui prend

SPEAKER_00

le relais ouais alors je vais te dire relativement

SPEAKER_01

tôt dans l'épreuve

SPEAKER_00

En repartant du McDo, vers 22h30, j'ai fait une pause de 45 minutes. Il faisait nuit, forcément. Il faisait froid, il faisait très très froid. On a tous été surpris. Moi, je suis arrivé trois ou quatre jours avant l'épreuve. Le premier truc que j'ai fait, c'est que j'ai mis un réveil à 3h du matin, le premier soir où je suis arrivé au Portugal, et je suis allé dehors pour prendre la température, boire un peu. Je pense que c'était intelligent de le faire, pour savoir ce que j'allais emmener sur le vélo. et je me suis fait piéger en fait parce que moi j'étais au sud du Portugal donc à Faro et la nuit faisait 15 degrés donc ce qui était prévu quoi et donc je suis parti relativement léger sur le vélo ça c'est un des trucs que je tenais à faire voilà partir vraiment léger parce que déjà que je me tire une balle dans le pied en roulant en fixie si je commence à emporter du poids c'est compliqué donc j'ai un vélo qui faisait 6 kg vraiment fixie et j'avais en tout 3 kg d'affaires, de batteries externes, d'alimentation. J'avais un vélo à 9 kilos. contre la plupart, je crois que le deuxième vélo plus léger était à 11 kilos 5, un truc comme ça. Donc voilà, j'avais quand même un vélo vraiment léger. Mais voilà, j'ai fait le choix de partir léger et encore le matin avant de partir, 10 minutes avant, j'ai dit, tu sais quoi, je prends par sécurité un petit maillot manche longue, première peau, histoire de, mais on ne sait jamais, oh je l'ai quoi. Et au final, en repartant de ce McDo à 22h30, je me retrouve dans le noir complet, dans l'humidité dans le brouillard et alors ça allait parce que ça roulait fort c'était relativement roulant j'avais j'étais dans un bon mood on va dire ça roulait ça roulait solide et où il y avait leurs gars qui étaient qui me suivait un peu qui faisait des allers retours et tout donc c'était cool aussi de partager ça avec eux et en fait rapidement faire rapidement dans ma tête ça m'a paru hyper rapide en sortant du mcdo et en fait j'ai l'impression que c'est passé une heure après mais j'ai eu un coup derrière la tête et j'ai les yeux yeux qui fermaient en fait. Alors que musculairement et physiquement, j'étais dans une forme de fou. J'étais sur le vélo, ça roulait à 36, 37 sur le plat, donc c'était vraiment impressionnant. Et en fait, quand je revois maintenant un peu les stories que j'avais fait sur Instagram et tout, du moment que j'ai quitté le McDo et ce coup de mou, il s'est passé quand même 4h30. Donc j'ai roulé quand même un moment solide. Et en fait, à 2h30 du matin, j'ai commencé à avoir les yeux qui se fermaient. Et en fait, là, c'est les premières galères que j'étais mis chercher, le sommeil c'est toujours le point noir on va dire moi je n'ai jamais travaillé, je n'ai jamais bossé entre guillemets, je ne me suis jamais entraîné je n'ai jamais pris mon vélo à minuit et me dire je vais travailler un peu la nuit, voir comment ça se passe j'ai jamais fait, j'ai voulu le tester en course et rapidement au bout de 25 heures de course j'ai mis clignotant à 2h30 du matin, j'ai mis clignotant au beau milieu de nulle part, c'était C'était un truc de fou. J'étais dans un petit village. J'essayais de trouver une maison. J'espérais qu'il y avait deux ou trois Portugais qui faisaient une soirée ou une connerie, qui se couchaient un peu tard en me disant« Est-ce que je peux venir dormir deux ou trois heures au moins au sec

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

» En fait, tous les villages vraiment reculés. On était dans une région reculée. Tous les villages qui se traversaient, il y avait trois maisons, des fermes abandonnées, donc pas grand-chose. Tout le monde dormait. Je me suis retrouvé sous un petit toit d'une avancée d'église en fait mais dehors et le vent soufflait soufflait donc en fait j'ai sorti la couverture de survie j'avais que ça j'avais pas de duvet j'ai rien donc c'était la couverture de survie ou rien et je me suis mis à même le sol c'était un carrelage là donc gelé évidemment il faisait 5-6 degrés là ouais ouais ouais et puis toi t'as transpiré avant tu vois donc j'avais toutes mes fringues sur moi tout j'avais tout donc voilà je me suis posé et en fait la grosse erreur mais voilà c'est ce que j'étais allé à aller chercher. Et en fait, la grosse erreur, c'est que je me suis enmitouflé dans la couverture de survie. Donc, j'étais super bien. J'étais super bien. Il faisait chaud et tout. En fait, je me suis endormi direct et je me suis réveillé deux heures après. En fait, je me suis réveillé complètement gelé en fait je me suis réveillé à cause du froid et en fait ma respiration en fait ça a condensé sur la couverture de survie et en fait tout me retombait dessus donc en fait je me suis réveillé trempé mais vraiment trempé comme si je sortais de la douche quoi ouais et là dans ma tête ouais j'ai dit je peux pas je peux pas repartir parce que j'ai froid t'as la fatigue quand même de la première journée t'as fait 500 bornes déjà j'ai dit je peux pas repartir et tu vois tant bien que mal j'ai fait le tour du village en essayant de trouver quelqu'un machin mais non et puis tu sais moi je veux pas déranger j'aime pas déranger les gens donc j'ai toqué nulle part et en fait tu vois le fait qu'il n'y ait pas d'assistance sur ces courses que t'es pas à l'orga non plus bah entre guillemets à tes côtés sans arrêt et tout bah tu fermes ta gueule tu montes sur le vélo et puis tu repars tu vois et je crois que c'est le pire moment que j'ai passé de ma vie sur un vélo tu vois là j'en rigole mais sur le moment je pleurais je pleurais parce que c'était un moment déjà compliqué aussi bien physiquement que mentalement et puis le froid d'être complètement mouillé roulé par 5-6 degrés l'humidité un brouillard on voyait rien et là en fait tu te dis la galère que je suis venu chercher là j'y suis et là il n'y a pas de je vais prendre un autre non il n'y a rien c'était au milieu de nulle part donc le seul moyen entre guillemets confort que j'ai c'est de monter sur le vélo et d'avancer voilà et voilà je me souviendrai toujours je suis parti à 4 heures du matin je suis remonté sur le vélo à 4 heures et voilà je suis reparti et jusqu'à ce que le jour se lève ça a été long 3-4 heures parce qu'il y a un décalage horaire avec la France il y a une heure de plus ou de moins je sais plus mais du coup ça se lève un peu plus tard et ouais c'est compliqué jusqu'à ce que tu vois le soleil donc voilà gros moment compliqué là gros moment moment

SPEAKER_01

compliqué est-ce que là t'aurais pu abandonner

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, je ne l'ai pas fait. Mais le premier truc que j'ai dit, j'ai eu mes potes au téléphone à 6h le matin, quand eux se levaient et suivaient la course, mes meilleurs amis m'ont appelé. C'est ma petite équipe qui m'a appelé. Et eux, d'habitude, quand je fais mes courses, comme les 7 majeurs, où ils me suivent pendant toutes les preuves avec l'assistance, tu sais que s'il fait froid, tu as la voiture, tu as du rechange, tu as tout ce qu'il faut, il ne manque rien. Et là, c'est le premier truc que j'aurais dit. Je lui ai dit, qu'est-ce que tu veux faire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je reste comme ça en me gelant. Non, le mieux que j'avais à faire, c'était de remonter sur le vélo. Donc, je l'ai fait. Et tu ne peux pas, à un moment donné. Tu ne peux pas. Alors que si j'avais eu l'assistance, si j'avais eu même juste la voiture hors gamme à mes côtés, je bâchais, c'est sûr et certain. C'est sûr. C'est sûr. C'était un moment... Un des pires moments. Pourtant, j'en ai vécu des moments un peu dangereux. froid et tout ça mais tu vois quand t'es à 30 bornes de la maison tu sais que dans une heure c'est bon t'es chez toi t'es au chaud tu manges là c'était galère je me revois repartir heureusement que j'avais fait les stocks à 22h au McDo j'avais pris des nuggets des trucs que j'avais mis dans les sacoches parce que je me suis retrouvé le fait d'avoir passé la nuit dehors au froid ton corps il puise et au final au bout d'une demi-heure de vélo j'étais sec sur le vélo j'avançais plus donc là j'ai remangé Tout ça, c'est Je n'ai pas beaucoup d'expérience sur l'ultra. Quand je parle d'ultra, c'est des grosses épreuves comme un bikeman. Franchement, un 300 bornes, ça met un pied à l'étrier sur l'ultra. Mais ça reste un truc hyper accessible. C'est un truc qui se fait entre 15 et 20 heures. Même si tu es un moyen cycliste, en 20 heures, c'est fait. Là, quand tu commences à passer des nuits dehors, tu es dans un vrai ultra, une vraie galère. C'est compliqué. C'est compliqué.

SPEAKER_01

j'ai l'impression que c'est vraiment comme en trial j'ai pas mal d'invités qui sont de l'univers de l'ultra trial et le constat c'est un peu le même en fait dans toutes les disciplines j'ai l'impression c'est le facteur sommeil en fait c'est vraiment le truc qui est le plus compliqué à gérer enfin moi si je devais synthétiser ce que me disent tous mes invités et toi y compris spontanément on pense à l'alimentation en fait comme étant un truc vraiment difficile mais en fait non pour beaucoup beaucoup beaucoup c'est le sommeil en fait

SPEAKER_00

parce que si t'as

SPEAKER_01

pas le sommeil tu peux plus rien faire

SPEAKER_00

c'est ça et tu vois maintenant je le revois là pendant ouais j'ai refait quelques sorties déjà depuis ce Bikingman et en fait ma vision elle est encore mais plus changée j'avais tu vois des fois t'es en galère pendant 60 bornes t'es en hippo t'as plus rien à manger t'es cuit et tout bon bah c'est dur t'avances et tout et en fait depuis cette course ça m'est arrivé il y a 4-5 jours d'être un peu mal j'étais dans un endroit où il n'y avait pas grand chose donc rien mais c'est pas grave t'avances et tu vois mon état d'esprit il a encore évolué et dans le bon sens parce que ouais maintenant les gens ils se prennent trop la tête des fois je suis là et les mecs ils sont là ouais tu prends quel gel combien tu vois quoi les gars pour faire des sorties de 2h le dimanche c'est compliqué alors Coco t'embarque pas là-dedans et voilà ça c'est un des moments de galère que j'ai eu sur le BikingMan le sommeil mais que la première nuit alors à savoir que j'ai passé 2 nuits entre guillemets je mets entre guillemets on en parlera peut-être après mais j'ai passé 2 nuits sur le BikingMan j'ai mis exactement 54h donc j'ai passé 2 jours et 7 heures sur le vélo ouais c'était la première nuit elle a été très très compliqué et pour tout le monde parce qu'en fait on a tous été surpris par le froid la journée on a eu 35 degrés quand même donc ça a tapé on a pris des coups de soleil comme jamais enfin ça a vraiment chauffé donc quand tu prends des coups de soleil même en plein été des fois il t'arrive le soir d'avoir froid là quand t'as 6 degrés ouais non tu passes un moment galère tu passes un vrai moment galère mais je regrette rien sur le coup c'est des moments galères compliqués mais là maintenant j'attends qu'un truc c'est de repartir rapidement

SPEAKER_01

C'est super intéressant ce que tu disais sur le fait que si tu avais peut-être eu plus d'options de bâcher, tu l'aurais fait. Mais qu'au final, comme tu n'avais pas le choix, tu aurais toujours eu le choix. J'imagine que si tu voulais vraiment abandonner, tu

SPEAKER_00

n'aurais plus. Oui, il n'y a pas de souci. En repartant de cette fameuse nuit à 4h du matin, on va dire que 20 bornes après, j'ai passé une grosse ville. C'était 5h30 du matin, il y a tout qui était fermé. Mais je vais dire, si tu as envie d'abandonner, à 6h, tu as les premiers trucs qui ouvrent, les autres, tu peux tu peux bâcher tu vois après ça fait c'est pas la philosophie de la maison tu vois alors après il y a beaucoup de défis que j'ai fait où j'ai eu envie d'abandonner des fois tu te poses dans l'idée où t'arrêtes et ça m'arrivait de j'étais avec mon équipe, de reprendre le vélo puis de repartir sans leur... Tu vois, ils ne comprennent pas, tu vois. Je dis, non, je ne peux pas. Je ne peux pas. Alors, j'ai fait des trucs très durs cette année où je pensais vraiment abandonner et je ne l'ai pas fait. Donc, j'ai vraiment repoussé mes limites et je me dis, mais jusqu'à où

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que, putain, franchement, jusqu'à maintenant, 2021, j'ai fait vraiment un gros, gros truc. Les autres années, en général, je faisais la race, tu vois. C'est une rigolade, la race, c'est 12 heures d'effort pour moi. Ce n'est pas un ultra, c'est hyper rapide. Tu n'as pas le temps d'être en galère. Alors oui, tu vas être en galère 20 minutes parce que tu as soif, tu as pris un coup de chaud, tu es en hypo. Mais tu n'as pas le temps d'être en galère et de vraiment perdre du temps comme tu peux en perdre sur un ultra qui dure 45 heures pour les meilleurs et jusqu'à 120 heures pour les derniers. Parce que du temps, moi, j'en ai perdu. Alors, j'en ai perdu intelligemment. C'était mon premier 1000 kilomètres. Donc, j'ai voulu vraiment le gérer pour ne pas être mal, pour vraiment passer mes tout sans avoir trop d'hypo, manquer de bouffe et tout. Et franchement, je l'ai passé propre. Mais vraiment, je l'ai passé propre parce que, bon, voilà, mis à part cette première nuit où, ouais, en fait, peut-être, j'aurais pas dû m'arrêter. Mais moi, mes yeux, ils se fermaient 2-3 secondes. Donc, ça commence à être dangereux, tu vois. Donc, par lucidité je me suis arrêté et voilà c'est ça qui a fait que j'ai été en galère parce que le fait d'avoir froid et tout c'est le fait de ne pas avoir bougé donc voilà je ne sais pas si j'aurais dû continuer j'en sais rien quoi mais voilà

SPEAKER_01

Et là, tu disais justement que ça t'a permis de repousser un peu plus tes limites. C'est quoi, du coup, la prochaine étape

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je te pose la question, sachant qu'au moment où on enregistre, je crois que les inscriptions pour la Race Across France sont ouvertes, y compris pour le 2005. Donc, est-ce que ça va aller dans cette

SPEAKER_00

direction

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non. Non, non, non. La Race, tu vois, je l'ai faite deux fois, du coup, 2019-2020. Pourquoi je l'ai faite

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Déjà, parce que c'est terminé au Ventoux donc entre guillemets c'est à la maison et c'était histoire comme j'ai dit tout à l'heure de mettre un pied à l'étrier donc c'est cool Arnaud que je connais bien que j'ai croisé bon maintenant c'est plus un secret que j'avais croisé il y a un mois mais il m'avait déjà parlé qu'il avait changé le sens de la race donc c'est le cas ça part plus de Mandeleu ça part du Touquet et en fait tout est en sens inverse donc non je serais pas là dessus pourquoi alors À refaire, en fait, là, ça fait un an que je ne l'ai pas faite. J'attendais que mon temps soit battu déjà sur le 300 pour histoire d'avoir un petit challenge, me remettre sous la dent. À refaire la race, je ferais le 1000, le 1000 kilomètres où tu fais les Alpes. C'est vraiment intéressant. Et pour moi, c'est le parcours le plus compliqué, même si c'est que le 1000 kilomètres. Le 2006, pour moi, il est trop simple. Enfin, pour moi. Je n'en mets pas… voilà que ce soit comme 2600 bornes mais en fait tu prends le dénivelé sur les mille premiers puis après bon bah ça va même si c'est du vallonné ça reste et je trouve alors il y aura des décors cool hein je connais pas hein après après Annecy on traverse directement direction le Touquet je connais pas du tout en vélo mais ça doit être super sympa et tout mais pas intéressant comme comme l'est le début du parcours le début du parcours j'adore parce que c'est hyper montagneux et c'est pété de partout c'est les petites routes moi j'adore ça donc non pas cette année pas de race pas de race ok et du coup dans ta pratique pardon vas-y

SPEAKER_01

vas-y non j'allais te demander du coup dans ta pratique c'est vrai qu'on n'en a pas trop parlé mais c'est des épreuves qui prennent quand même vachement de temps en termes d'équipement même si tu as moins de matos sur ton vélo peut-être que d'autres tu vois tu n'as pas le groupe à gérer enfin bon j'imagine que quand même un pignon fixe ça doit douiller mais c'est une activité que tu as réussi à professionnaliser tu t'en vis ou t'as un job à

SPEAKER_00

côté

SPEAKER_01

classique

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comme on en parlait tout à l'heure, moi je viens du triathlon à la base où j'ai essayé de me professionnaliser où on peut dire que j'ai fait ça entre guillemets professionnellement en parlant mais sans en vivre en fait en galérant tous les mois mais j'ai voulu faire ça à 100% pour savoir jusqu'à où je pouvais aller et voilà je te dis j'ai arrêté ma petite carrière de triathlète en 2017 sur un triathlon Ironman, toi Barcelone que j'ai fait en 8h45 avec un temps juste voilà propre on va dire je dis pas que c'est c'était propre à l'époque j'avais 4-5 ans de moins donc j'étais jeune j'avais 23 ans donc c'était plutôt propre j'avais pas mal de partenaires matériels donc voilà des chaussures les vélos aussi gratuits donc c'est quand même très très bien c'est très très bien c'est cher tout ça c'est cher des baskets t'en passes une dizaine de paires à l'année un vélo c'est très cher donc Après, tu ne manges pas des chaussures et des vélos. Malheureusement, au bout d'un moment, j'ai fait le choix de quitter ce monde. Je me suis dirigé dans quelque chose qui me plaît. J'ai bossé dans un magasin de vélos en tant que mécano et vendeur. Ça fait 5 ans que je travaille là-dedans. Actuellement, je ne travaille plus Pour le moment, je suis dans un autre projet pro que je ne peux pas communiquer, mais toujours dans le monde du vélo.

SPEAKER_01

excellent

SPEAKER_00

super en tout cas ouais non à l'heure actuelle ça me fait rire parce que je regarde encore enfin j'écoutais un podcast avec Sofiane que tu dois connaître aussi un peu dans le monde de l'ultra vélo qui est juste une machine c'est une machine j'ai jamais eu l'occasion de le rencontrer ou de faire une course avec lui mais ça fait partie des mecs solides et que je respecte surtout sur le sommeil parce que voilà pour avoir fait mon premier ultra et galérer un peu à ce niveau là quand je vois que les mecs qui font des 2000 bornes en dormant une heure

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

en fait ces mecs là ils ne m'impressionnent pas sur le vélo mais comme on dit à chaque fois c'est pas sur le vélo que ça se fait pas la pédale en fait c'est pas forcément le plus fort sur le vélo c'est celui qui va rouler le plus longtemps sans s'arrêter et ça c'est impressionnant c'est impressionnant mais ouais tu vois c'est pareil on n'en vit pas on ne vit pas de ça pas pour le moment peut-être que d'ici quelques années quand ça sera un peu développé on va avoir des teams ou voilà comment on travaille et tout mais après c'est Je pense que ça restera quand même compliqué d'en vivre. Après, dans un premier temps, je fais mes petites courses, mais surtout mes défis personnels, pour moi, Pour faire tuer aussi les gens qui me suivent. Beaucoup trouvent ça, déjà en vélo classique, juste un truc de fou. Donc là, quand tu connais un peu le fixie, c'est juste... Moi, j'ai pris part à des défis en me disant, mais qu'est-ce que je fous là

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Mais c'est ça qui est bien. C'est ça qui est bien.

SPEAKER_01

Génial. Excellent. On arrive à la fin. Si tu devais faire une sorte de bilan intermédiaire de tout ce que tu as appris dans ta pratique du vélo avec la spécificité du fixie, ce serait quoi ou quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui voudrait se lancer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'ai beaucoup de personnes qui me demandent, qui veulent se mettre au fixie parce qu'ils me voient Bon, alors je leur réponds toujours, c'est pareil, je reçois énormément de messages, ouais, quel braquet tu mets, machin, et en fait, je leur explique, c'est hyper personnel, ça va dépendre de ton niveau, ça dépend de la région où tu habites, si tu habites une région plate, mets un peu de braquet, moi j'habite une région un peu montagneuse, il faut que je passe un peu partout, mais ça c'est des choses vraiment personnelles qu'il faut tester, donc ça je ne peux rien faire, après pour le côté, voilà, je reçois du coup pas mal de messages aussi vu que j'ai mis un pied à l'étrier en ultra sur la gestion sur le matériel que t'emportes sur les batteries externes qu'est-ce que tu prends pour combien de temps les lumières plein de petits trucs donc moi je suis comme tout le monde je débute donc ça me fait toujours rire mais en fait les gens me posent la question en pensant que je suis mieux placé ou que je sais plus mais non j'ai fait beaucoup d'erreurs même sur le BikingMan À un moment donné, je me suis retrouvé avec plus qu'une lampe frontale sur le casque. La dernière nuit, en plein milieu du brouillard, ce n'était pas suffisant. J'ai eu ma lampe principale qui a lâché. Je n'avais plus de batterie. Le câble que je prenais ne rechargeait plus. C'est plein de petites erreurs. C'est des conneries. Mais partir avec deux câbles, ça pèse quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

5 grammes

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

10 grammes

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui. Mais quand on a besoin de 10 grammes… Tu les prends avec toi. C'est plein de petites choses. Je ne suis pas mieux placé que les autres. Je me fais mon expérience moi-même en faisant mes défis. Ce n'est pas parce que je fais partie des meilleurs que ce n'est pas compliqué. C'est extrêmement dur. Que ce soit le premier du Bikeman ou le dernier, c'est très compliqué. Nous aussi, il nous arrive des galères. Nous aussi, on dort par terre dans le froid. tu repars tromper nous aussi on pense à abandonner en fait que tu sois le premier ou le dernier c'est dur pour tout le monde il n'y a pas de règle là dessus

SPEAKER_01

Ce que j'ai l'impression de retenir, c'est au final, faites-vous votre expérience parce que ça ne s'arrête jamais. Tu continues systématiquement d'apprendre au fur et à mesure des événements.

SPEAKER_00

Oui, c'est ça. Après, j'ai un gros passé sportif. Déjà, sportivement parlant, je me connais par cœur. Je sais que je me connais par cœur. Ça, c'est un gros plus et c'est le plus important, je pense, se connaître. Si tu ne te connais pas, partir dans des chantiers comme un BikingMan ou un autre ultra, ça va vite être compliqué, je pense. Après, tout se fait. Il y a des gens qui font un BikingMan en réservant des nuits d'hôtel. Donc, tu as cinq jours pour le faire. 1000 kilomètres, ça fait des journées à 200 bornes. Là, ça commence à être accessible. En fait, il y a différentes manières de mettre un pied à l'ultra. Parce que, mine de rien, faire cinq jours, cinq fois 200 kilomètres, c'est quand même un exploit. Et puis après, tu as les premiers où le premier du BikingMan a dormi un quart d'heure. C'est juste fou. C'est juste fou. Stratosphérique.

UNKNOWN

Très solide.

SPEAKER_01

ok bah écoute vraiment un grand grand merci Benoît c'était super intéressant de découvrir un peu ton univers de l'ultra mais aussi et surtout quand même de l'ultra en fixie ce qui est carrément une particularité et bah écoute si les gens veulent te suivre le plus simple c'est quoi c'est Instagram

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ouais sur Insta je suis actif que sur Insta quasiment donc Fixed Everywhere donc voilà fixie de partout en gros ou sinon vous tapez Benoît Bigot vous me trouverez voilà et puis si jamais l'envie te dit on peut se refaire un épisode avec les gros objectifs qui vont être prévus pour 2022 plus début d'année parce que pour le moment je dévoile rien mais ça va être lourd ça va être très très lourd

SPEAKER_01

excellent écoute hâte de voir ça un grand grand merci Benoît

SPEAKER_00

merci à toi Loïc tout le meilleur pour la suite ouais je te remercie de ton podcast et à très bientôt à bientôt salut