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Garçon #6 : Je suis un homme donc je ne suis pas vulnérable, j’suis un bonhomme moi

January 11, 2021 Jeremy Kohlmann Season 1 Episode 6
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Garçon #6 : Je suis un homme donc je ne suis pas vulnérable, j’suis un bonhomme moi
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Garçon #6 : Je suis un homme donc je ne suis pas vulnérable, j’suis un bonhomme moi
Jan 11, 2021 Season 1 Episode 6
Jeremy Kohlmann

Dans cet épisode nous avons parlé de vulnérabilité et d'émotions ! 

Les livres que je te conseille sur ce sujet sont ceux de : 

Brene Brown 
Lewis Howes

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Show Notes Transcript

Dans cet épisode nous avons parlé de vulnérabilité et d'émotions ! 

Les livres que je te conseille sur ce sujet sont ceux de : 

Brene Brown 
Lewis Howes

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Garçon #6 : Je suis un homme donc je ne suis pas vulnérable, j’suis un bonhomme moi



Introduction : 


C’est pas vulnérable un homme. 

C’est un bonhomme. 

Ça pleure pas.

C’est pas triste. 

C’est fort. 

Ça ressent rien. 


A moins que ce soit tout l’inverse et que la société nous passe à être des putain de cromagnon.


Parce qu’un homme qui ne ressent rien ce n’est pas quelqu’un de fort. 


C’est quelqu’un qui a le quotient émotionnel d’un caillou. 


Encore que les cailloux ressentent plein de choses d’après les alchimistes. 


Alors imagine : tu es pire qu’un caillou. 


Tu n’es pas prêt de bâtir des relations sociales saines en partant de ce constat. 


Mais alors : comment être bon homme vulnérable ? 


Ça veut dire quoi .? 


Bien souvent et bien trop longtemps, on a confondu vulnérabilité et faiblesse. 


C’es quoi être faible pour toi ?


C’est quoi être courageux pour toi ? 


Quand es-tu vulnérable ? 


Nous allons parler de tout ça pendant cet épisode. 

Et j’espère que les hommes et les femmes qui m’écoutent se diront dans quelques minutes : 


C’est quand même un putain de super pouvoir de faire preuve de vulnérabilité. 


Même si ça fait peur. 


C’est terrifiant. 


C’est classe d’être capable de faire quelque chose de terrifiant.


Je suis fier de tous les gens terrifiés qui agissent malgré la peur. 


D’ailleurs….


Laisse moi te raconter une histoire. 



La vulnérabilité. 


Quand j’étais petit, j’étais TRES timide.

Il se trouve qu’en plus je suis assez introverti, tu imagines mes rapports aux autres. 


Le truc qui me terrifie LE PLUS AU MONDE : c’est de parler en public. 


Par extension parler devant une caméra. 

Parler devant un micro.

Exposer ce que je pense aux autres. 


Rigolo pour quelqu’un dont le métier est aujourd’hui d’apprendre des choses aux autres en s’exposant publiquement. 


L’enfant timide que j’étais à fait des conférences sur le Business à Paris, à Bangkok, et dans quelques autres endroits bien sexy. 


Comment c’est possible ? 


Je me souviens de la dernière fois que j’ai pris la parole devant des gens. 


C’était un groupe d’entrepreneurs à Bangkok. 


Je devais leur parler de vente : maitriser les subtilités de la vente sur internet, sans agresser les gens. 


J’avais accepté ce talk sur un coup de tête, parce que j’aimais bien la personne qui organisait et que j’étais justement en voyage dans le coin. 


La veille du Talk, j’étais assez serein. 


Ça faisait longtemps que je n’avais rien fait du genre, mais je commençais à avoir l’habitude. 


2h avant, je monte donc dans le taxi pour me rendre sur place. 


Je pars toujours avec beaucoup d’avance pour me familiariser avec le lieu, pour l’appréhender avant les autres, pour que ce soit déjà un peu chez moi quand tout commence.


Dans le taxi j’ai les mains moites. 

Je sens que j’ai le coeur qui s’emballe un peu. 

Je ressens de l’apprehension. 


« Et si je suis mauvais »

« Et si ce que je dis est con »

« Et si je m’évanouis sur scène, je vais passer pour quoi »


C’est terrible l’angoisse quand tu es l’un des leader de ton sujet en francophonie.


Tu te rends compte ?

Je fais partie des 10 meilleurs francophones sur mon sujet, et je suis à deux doigts de me pisser dessus pour parler devant 15 jeunes entrepreneurs qui débutent. 


A ce stade, j’ai vraiment pensé à faire demie tour et prétexter une intoxication alimentaire. 

En Thailande c’est l’excuse facile. 


Il m’était déjà arrivé de faire demie tour alors que j’étais devant la porte d’une conférence. 


La peur ne se maitrise pas, elle s’empare de toi. 


Mais là, je me dis non. 

Je n’ai plus envie qu’elle s’empare de moi.


J’arrive sur place et c’est mon tour de parler. 


Mes mains tremblent.

Ma voix aussi. 


Heureusement personne ne voit rien, je suis passé maitre dans la dissimulation de mes angoisses en public.


Et je commence par leur dire : je déteste parler en public, donc peut être que je vais faire une syncope, on verra bien. 

Au pire ramassez moi par terre et filez moi une vodka, ça ira vite mieux.


En disant ça je fais deux choses : 


Je m’excuse moi même. Je me pardonne. 

Je les fais rire et je me détends tout en les détendant. 

Je pratique un peu d’auto-dérision. 


J’ai des frissons quand je repense à ce moment, au moment où j’écris ce podcast.

C’était très fort pour moi. 


5 min après, je les faisais sautiller sur place dans la salle pour augmenter le niveau d’énergie globale. 


En vrai ? C’était surtout pour aligner mon rythme cardiaque avec mon système nerveux et pour que mon corps fasse redescendre l’état de panique. 


Petite technique physiologique dont je parlerai dans le groupe Facebook pour ceux que ça intéresse. 


Cette conférence s’est merveilleusement bien passée. 


Elle a duré 1h, je me suis éclaté. 


Mais en vrai : qu’est-ce qui s’est passé ? 



Au moment où j’ai accepté de dire au public : J’ai peur d’être là. 


J’ai fait preuve de vulnérabilité. 


J’ai montré qui j’étais, ma peur, ma vulnérabilité. J’ai montré le vrai moi sans savoir comment ils allaient réagir. 


Et ils m’ont accepté. 


Alors j’ai pu faire preuve d’un peu de courage et je me suis dépassé.


Voici une histoire de vulnérabilité. 


Accepter ses émotions, faire part aux autres de ce qu’on ressent et accepter l’incertitude de leur réaction.


C’est pour moi la plus grande preuve de maturité émotionnelle. 


Mais parfois… 


Ça ne se passe pas aussi bien. 


Et quand tu es un homme, il y a ce truc terrible, c’est que certaines femmes (pas toutes heureusement) sont incapable de gérer ta vulnérabilité. 


Et tu es alors accueilli avec honte, colère, culpabilité. 


Tout ce qu’on aime. 


Je vais te raconter cette histoire.


Mais d’abord je vais te demander quelque chose : 


J’aimerais vraiment que ce podcast soit mis entre toutes les mains. 

Je suis certain, je suis persuadé qu’il peut faire du bien à beaucoup de gens. 


Mais pour ça j’ai besoin de toi. 


Je vais te mettre le lien iTunes dans la description.

Il te suffit de mettre 5 étoiles et un commentaire pour nous aider à grandir. 

Pour que plus d’hommes soient à l’aise avec eux-même. 


Ce n’est pas drôle pour moi de te demander ça. 

Mais je me sens assez à l’aise pour le faire. 


Revenons à notre histoire. 


Comme tous les hommes à l’adolescence (ceux qui te disent le contraire sont des menteurs) : j’étais terrifié par cette pression de la performance sexuelle. 


Déjà que c’était galère de devoir être le plus drôle, le plus fort, le plus beau, le plus sportif, le plus machin.


Maintenant en plus, dans le moment le plus structurant de ta vie, il fallait bander. 

Il fallait être performant. 


Et si tu ne l’étais pas, on se moquerait de toi et on remettrait en question ta virilité. 


J’aimerais te dire que les adolescents sont des petits cons destructeurs…


Mais les adultes ne sont pas mieux. 


J’ai la chance extraordinaire d’être revenu aujourd’hui de tout ce stress, mais j’ai encore beaucoup d’amis qui vivent avec cette angoisse. 


La faute à qui ? Vaste débat. 


On avait 16-17 ans, et on était tous entrain de construire qui on était. 


On ? Ma bande de potes à l’époque. 


Je sais que certains qui écoutent me connaissent de ce moment là de ma vie et je vais te dire : je ne parle pas des personnes que tu crois.


A moins que si… 


On avait tous vécu coup sur coup des expériences un peu compliquées vis à vis de notre sexualité. 


Un qui bande pas. 

Un qui part trop vite. 

L’autre pas assez. 

Un qui finit avant que ça commence. 


Franchement, à 32 ans c’est marrant d’en parler.


Mais à cette époque ça l’était pas autant. 


Alors bien sur comme de ados, on a fait des blagues. 


Mais la vérité c’est qu’au fond de nous, ça nous faisait pas trop rire. 


Même ceux qui disaient le contraire. 


Alors on cherchait à qui en parler. 


Quand t’essayais d’en parler à tes potes, ils prenaient ça a la légère ou bien à la dérision : 


« Oh c’est rien, fais pas chier, pense à autre chose la prochaine fois »


« Hahaha bien fait pour toi, t’avais qu’à pas voler mon gouter la fois d’avant »


« Hihi elle voudra plus jamais te voir et elle va le dire à tout le monde »


C’est cruel les gosses. 


Les adultes aussi.



En parler à la famille ? Oublie. 

Ils ont le tact d’une moule à ce moment de ta vie.


En parler à des filles ? Impossible. 

Elles sont en cause. 


Où que tu essaies de faire preuve de vulnérabilité, tu seras mal reçu. 


Tu peux avoir le courage que tu veux ici, tu vas prendre une claque dans les dents. 


Alors tu n’exprimes rien, tu te renfermes, tu rumines, tu ronges. 


Et finalement : cette émotion va te suivre pendant 10 ans parce que tu l’as cristallisé au lieu de la libérer. 


2 personnes sur 4 de cette bande ont eu peur de leur propre sexualité pendant les années qui ont suivi.


Tout le monde va bien aujourd’hui.


Mais ça aurait pu finir plus mal.


Pourquoi ? 


Parce que parfois la vulnérabilité se heurte à une porte, et on se retrouve seul avec ses émotions. 



C’est difficile, ça fait mal, elle nous reste dans le bide, comme une enclume. 


Ce n’est pas une façon de vivre, c’est trop lourd à porter. 


J’aurais aimé qu’on m’explique à l’époque ce que c’est une émotion.



Mais c’est quoi une émotion d’abord ? 



Je le répète sans cesse à mes clients en coaching. 


Une émotion c’est un signal.


Ça veut dire que quelque chose s’est passé autour de toi : un fait. 


Que ce fait t’as fait avoir une analyse subjective (chacun à la sienne) 


Et que cette analyse t’a fait ressentir quelque chose d’agréable ou de désagréable. 


Plus tu refuses une émotion, plus ton corps et ton esprit veulent que tu comprennes le message que tu refuses d’entendre, plus le signal va être fort. 


Après un signal émotionnel, ça peut arriver jusque’à des symptômes physiques. 


Certaines émotions vont même jusque’à tuer dans des cas extrêmes. 


La peur peut faire soulever des voitures ou courir avec une jambe cassée. 


Un choc peut provoquer une crise cardiaque. 


Dans tous les cas, une émotion ne doit surtout pas rester enfermée à l’intérieur. 


Elle doit être ressentie, vécue, et surtout sortir le plus vite possible pour aller voir ailleurs. 


Il y a plein de façons de faire ça, chacun devrait avoir la sienne.


Moi par exemple j’écris 


Parfois je fais aussi du sport pour que mon corps évacue le trop plein d’énergie 


Le trop plein de souffre. 


Le trop plein de chaleur. 


Je peux aussi écouter une musique joyeuse et sauter partout. 

Ecouter quelque chose de triste et me morfondre.


Ou bien aller boire des verres avec des copains et en parler une fois enivré pour laisser sortir.


Il n’y a pas UNE bonne façon de faire.


Par contre une chose est sûre, le signal doit circuler. 


Imagine…


C’est comme une petite boule de lumière qui vit sa vie. 

La colère par exemple. 


Il se passe quelque chose et la boule qui se promenait pénètre dans ta poitrine.


Tu sens la colère monter. 

Les mains qui tremblent. 

Tu as chaud. 

Tu sens un excès d’énergie avec cette petite boule rouge qui s’énerve à l’intérieur de toi. 


Alors il faut la faire sortir. 


Et tu as plusieurs façons de le faire. 


La petite boule rouge peut soit rester en toi et tout casser à l’intérieur, ou bien reprendre sa route et aller emmerder quelqu’un d’autre. 


Pour beaucoup de personnes, il faudra cracher cette boule rouge sur quelqu’un d’autre. 


C’est ce qu’il se passe quand on n’a pas les outils émotionnels qu’il faut pour comprendre et vivre ses émotions.


Alors elles explosent sur quelqu’un d’autre pour sortir. 


Ce n’est pas idéal c’est sûr, mais au moins ça évite de se rendre malade. 


Tu te rends compte que souvent on se rend malade juste pour un signal dont on essaie de couper le son juste parce qu’il ne nous plait pas ? 


Et ce signal fera des dégâts pendant 20 ans parce qu’on a refusé de laisser vivre cette petite boule rouge pendant 10 secondes puis la laisser s’en aller… 




Conclusion : 


Pour finir cet épisode, je voudrais avant tout revenir sur la définition, parce que c’est selon moi la partie la plus importante de ce sujet pour que l’on se comprenne tous. 


« La vulnérabilité, c’est la capacité d’être pleinement soi, dans l’incertitude de la réaction de l’autre » 


Ce que ça veut dire : Faire, être, dire ce que tu veux, même si ça ne va pas être facile en terme de conséquences, de réactions. 


C’est dire j’ai peur quand c’est difficile à assumer. 

C’est dire j’ai mal en reconnaissant que tu as peur de paraître faible. 

C’est de dire que c’est difficile au lieu de jouer la personne forte.


Et bien d’autres choses. 


Être vulnérable c’est reconnaître ce qui est, que ce soit beau ou pas, facile difficile, c’est reconnaître ce qui est en toi. 


Et c’est là la GRANDE différence avec la faiblesse. 


Dans l’inconscient commun, être faible on sait tous ce que c’est.


Mais c’est quoi le courage ? 

C’est quoi être fort ? 


Un soldat qui rentre sur le champs de bataille, qui va probablement mourrir,  qui reconnaît qu’il est terrifié, puis qui prend son arme et se lance, c’est vulnérable. 

Est-ce que c’est faible ? 

Je pense qu’on peut tous dire que non. 


Alors par extension, dire que tu as peur, que tu as mal, que tu es triste, que c’est difficile, mais agir quand même dans le bon sens, c’est faire preuve de courage. 


Le courage n’existe simplement pas sans vulnérabilité. 


Le courage, c’est reconnaître que ce que tu t’apprêtes à faire est terrifiant. 


Chaque fois que j’exprime une émotion avec laquelle je ne suis pas à l’aise, je fais preuve de courage, je fais preuve de vulnérabilité, je montre qui je suis sans savoir comment qui je suis va être accueilli. 


J’ai toute ma vie eu peur de ça. 


Et je pense que les fois où ça a été le plus difficile c’est quand quelque chose s’arrête. 


D’ailleurs, si on était capable d’appliquer tout ça en tant qu’homme et de montrer plus de vulnérabilité et d’émotions… peut être qu’on ne serait pas aussi mauvais en rupture amoureuses et en deuil… 


Mais ça, c’est le sujet du prochain épisode !


A bientôt,