Hors Case

Le fonds Suzan Daniel

Tels Quels Season 2024 Episode 1

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0:00 | 37:02

Vous connaissez le fonds Suzan Daniel ? Il s'agit de la plus grande collection de ressources sur la vie des personnes LGBTQIA+ d'après-guerre dans notre pays. 

On va donc vous parler d'archives et documentations avec comme invité Bart Hellinck, co-fondateur du Fonds, qui nous explique l'importance de garder des traces de l'histoire de la communauté LGBTQIA+.

Envoie-nous un message

Hors Case, une émission LGBT de l'association telle quelle en collaboration avec Radio Campus.WEBVTT

00:00:10.387 --> 00:00:16.867
<v SPEAKER_2>Hors Case, une émission LGBT de l'association telle quelle en collaboration avec Radio Campus.

00:00:27.599 --> 00:00:31.079
<v SPEAKER_3>Bonsoir et bienvenue à l'émission Hors Case.

00:00:31.099 --> 00:00:33.119
<v SPEAKER_3>Avec pour animer l'émission Valérie.

00:00:33.139 --> 00:00:33.819
<v SPEAKER_4>Bonsoir.

00:00:33.839 --> 00:00:34.519
<v SPEAKER_3>Et moi, Marine.

00:00:34.539 --> 00:00:35.399
<v SPEAKER_3>Bonsoir.

00:00:35.419 --> 00:00:38.639
<v SPEAKER_3>Donc une émission Hgbtqia+, mais pas que seulement.

00:00:38.659 --> 00:00:41.239
<v SPEAKER_3>Avec ce soir un invité, Bart Hellinck.

00:00:41.259 --> 00:00:42.079
<v SPEAKER_3>Bonsoir.

00:00:42.759 --> 00:00:46.079
<v SPEAKER_3>Et donc aujourd'hui, on va parler du Fonds, Suzan Daniel.

00:00:46.099 --> 00:00:48.839
<v SPEAKER_3>Alors, peux-tu te présenter un peu, Bart?

00:00:51.339 --> 00:01:10.139
<v SPEAKER_1>Je suis Bart Hellinck, je suis gantois et c'est à la fin de 1990, au début de mes études universitaires, que je suis devenu actif dans le mouvement LGBT, encore le mouvement homo-lesbien de l'époque à Gans.

00:01:10.159 --> 00:01:14.319
<v SPEAKER_1>Je suis diplômé en histoire et en archi-physique.

00:01:14.339 --> 00:01:24.979
<v SPEAKER_1>J'ai écrit en mémoire sur l'histoire du mouvement homo-masculin en Flandre depuis le début jusqu'aux années 80.

00:01:24.999 --> 00:01:34.699
<v SPEAKER_1>Entre ces deux études, j'étais un des fondateurs du Fonds Suzan Daniel, archivier Centre de Documentation LGBT.

00:01:34.799 --> 00:01:46.999
<v SPEAKER_1>Depuis, je travaille toujours comme bénévole pour le Fonds, qui est la plus grande collection de ressources sur la vie des personnes LGBT qu'une d'après-guerre dans notre pays.

00:01:47.019 --> 00:01:52.059
<v SPEAKER_4>Justement, j'ai plein de questions par rapport au Fonds Suzan Daniel.

00:01:52.079 --> 00:01:53.299
<v SPEAKER_4>Comment il a été créé?

00:01:53.319 --> 00:01:55.699
<v SPEAKER_4>C'était quoi les objectifs à l'époque?

00:01:55.719 --> 00:01:58.379
<v SPEAKER_4>Est-ce que tu peux nous faire une espèce d'historique?

00:01:58.399 --> 00:02:00.319
<v SPEAKER_1>Je vais essayer de faire ça.

00:02:00.339 --> 00:02:04.799
<v SPEAKER_1>Le Fonds Suzan Daniel a été créé en 95-96.

00:02:04.819 --> 00:02:09.279
<v SPEAKER_1>Les premières réunions c'était en automne 95.

00:02:09.299 --> 00:02:11.979
<v SPEAKER_1>L'ASBI a été créé le 8 mai 96.

00:02:12.759 --> 00:02:16.159
<v SPEAKER_1>Une conférence de presse était vraiment le début de notre fonctionnement.

00:02:16.179 --> 00:02:18.599
<v SPEAKER_1>C'était le 3 décembre 96.

00:02:18.619 --> 00:02:27.979
<v SPEAKER_1>Donc quelques dates, mais pour illustrer qu'on a pris un an environ de préparation parce qu'on n'était pas naïf, pas impulsive.

00:02:27.999 --> 00:02:32.279
<v SPEAKER_1>On voulait faire quelque chose de sérieux.

00:02:32.299 --> 00:02:34.599
<v SPEAKER_1>Et quoi exactement?

00:02:34.619 --> 00:02:45.759
<v SPEAKER_1>Le Fonds Suzan Daniel est le résultat de plusieurs frustrations qu'y vivaient chez nous les six fondateurs et fondatrices du Fonds Suzan Daniel.

00:02:45.779 --> 00:02:56.499
<v SPEAKER_1>Par exemple, que le mouvement LGBT de l'époque connaissait très peu son histoire, son propre histoire.

00:02:56.519 --> 00:03:00.499
<v SPEAKER_1>En dessous de ce mouvement, c'était en cure pire, bien évidemment.

00:03:00.519 --> 00:03:05.379
<v SPEAKER_1>Il y avait très peu de groupes qui ont pris soin de leurs archives.

00:03:07.899 --> 00:03:20.139
<v SPEAKER_1>Les fondateurs du Fonds connaissaient ce qui se passait à l'étranger, où il y avait Homo Doca à Amsterdam, le Schulus Museum à Berlin, Lesbian Herstory Archives à New York.

00:03:20.159 --> 00:03:29.379
<v SPEAKER_1>Donc à l'étranger, il y avait plusieurs endroits qui essayaient de chérir notre patrimoine, notre histoire.

00:03:29.399 --> 00:03:33.059
<v SPEAKER_1>En Belgique, ce n'était pas encore le cas et on voulait changer ça.

00:03:34.119 --> 00:03:47.019
<v SPEAKER_1>Mais on se rendait compte que ce n'était pas le mouvement qui pouvait le faire, parce que ce mouvement n'avait pas de savoir faire comment traiter les archives, comment faire.

00:03:47.039 --> 00:03:49.599
<v SPEAKER_1>Le mouvement avait tant d'autres choses à faire.

00:03:49.619 --> 00:03:52.779
<v SPEAKER_1>Il n'y avait pas encore l'ouverture du mariage.

00:03:52.799 --> 00:03:54.999
<v SPEAKER_1>Il n'y avait pas encore le loi anti-discrimination.

00:03:55.019 --> 00:04:00.879
<v SPEAKER_1>Donc il y avait tant de luttes encore à réaliser, tant de...

00:04:00.899 --> 00:04:01.939
<v SPEAKER_1>à s'investir là-dedans.

00:04:02.859 --> 00:04:04.259
<v SPEAKER_1>Vous remarquez, je suis gantois.

00:04:04.719 --> 00:04:11.759
<v SPEAKER_1>Le français n'est pas ma langue maternelle, mais j'essaie de me débrouiller un peu.

00:04:11.779 --> 00:04:19.359
<v SPEAKER_1>Et donc, ces frustrations ont eu comme résultat, on voulait changer ça.

00:04:19.379 --> 00:04:36.919
<v SPEAKER_1>Et ça, c'est devenu le Fonds Suzan Daniel, une ASBL qui veut rassembler le plus possible de notre patrimoine Lgbtqia, de chérir nos témoignages, notre histoire.

00:04:36.939 --> 00:04:53.019
<v SPEAKER_1>Et donc, on ne s'intéresse pas seulement aux archives du mouvement Lgbtqia, mais aussi les archives du monde des loisirs, des bars, des saunas et les archives de chacun et chacune d'entre nous.

00:04:53.039 --> 00:05:02.199
<v SPEAKER_1>Et aussi toutes sortes d'informations, toutes sortes de documentation qui est liée au sujet Lgbtqia.

00:05:02.219 --> 00:05:08.219
<v SPEAKER_1>Et dès le début, on n'a pas d'employés, on n'a pas de locaux à nous.

00:05:08.239 --> 00:05:14.599
<v SPEAKER_1>Dès le début, on a choisi de collaborer avec des centres d'archives professionnels.

00:05:14.619 --> 00:05:17.179
<v SPEAKER_1>C'est là où notre collection est stockée.

00:05:18.679 --> 00:05:38.539
<v SPEAKER_1>Et maintenant, après 28 ans, 27, 28 ans, nous gérons déjà une collection de plus de 450 mètres linéaires et bien évidemment un nombre grandissant de documents et d'archives électroniques.

00:05:38.559 --> 00:05:41.639
<v SPEAKER_1>60 fonds d'archives sont déjà inventoriés.

00:05:42.159 --> 00:05:53.079
<v SPEAKER_1>Il y a environ 2000 revues et zines dans les catalogues, au moins 8000 livres et brochures, 2500 affiches, etc.

00:05:53.099 --> 00:06:17.439
<v SPEAKER_1>Et dans notre classement de pièces isolées, c'est notre terme pour des documents éphémères, nous avons des documents concernant au moins 650 groupes LGBT qui ont existé en Belgique depuis le début et des centaines et des centaines de bars, cafés, sonats, librairies, etc.

00:06:17.519 --> 00:06:23.379
<v SPEAKER_4>C'est impressionnant quand j'entends les chiffres, je suis vraiment impressionnée.

00:06:23.839 --> 00:06:28.699
<v SPEAKER_4>Pourtant, je travaille sur cette thématique, donc j'ai quand même une connaissance.

00:06:28.719 --> 00:06:31.239
<v SPEAKER_4>Mais alors là, je me dis effectivement, waouh quoi.

00:06:31.259 --> 00:06:32.039
<v SPEAKER_1>Et c'est notre ambition.

00:06:33.519 --> 00:06:47.519
<v SPEAKER_1>J'ai dit, nous ne sommes que des bénévoles, mais ça a toujours été notre ambition de travailler de la manière la plus professionnelle possible.

00:06:47.539 --> 00:06:53.919
<v SPEAKER_1>Voilà aussi pourquoi on a pris un an de préparation avant de démarrer vraiment avec le Fonds Suzan Daniel.

00:06:53.939 --> 00:06:58.939
<v SPEAKER_1>Parce qu'on avait toujours le long terme devant nos yeux.

00:06:59.139 --> 00:07:02.979
<v SPEAKER_1>Nous voulons que notre collection sera là pour l'éternité.

00:07:02.999 --> 00:07:12.359
<v SPEAKER_1>Et on ne fait pas ça en déménageant des archives d'un graignet à un sous-sol qui n'est pas adapté.

00:07:12.379 --> 00:07:13.159
<v SPEAKER_1>Des trucs comme ça.

00:07:13.179 --> 00:07:16.059
<v SPEAKER_1>Donc, on veut travailler professionnellement.

00:07:16.399 --> 00:07:17.279
<v SPEAKER_4>D'accord.

00:07:17.699 --> 00:07:21.119
<v SPEAKER_4>C'est mon côté un peu administratif, associatif.

00:07:21.139 --> 00:07:32.279
<v SPEAKER_4>C'était donc une volonté de rester un statut de bénévole, de ne pas demander des subventions, de ne pas être reconnus.

00:07:32.299 --> 00:07:37.039
<v SPEAKER_1>C'est partiellement une volonté.

00:07:37.059 --> 00:07:51.359
<v SPEAKER_1>D'abord, la formule qu'on a choisie avec la collaboration avec des centres d'archives professionnels, ça nous permet de réaliser nos buts avec très peu de moyens.

00:07:51.379 --> 00:07:53.239
<v SPEAKER_1>Notre collection est stockée dans leur locaux.

00:07:54.559 --> 00:08:00.839
<v SPEAKER_1>Notre collection est à consulter dans leur salle de lecture qui sont ouvertes tous les jours ouvrables.

00:08:00.859 --> 00:08:03.319
<v SPEAKER_1>Nous ne devons pas payer pour ça.

00:08:03.339 --> 00:08:24.199
<v SPEAKER_1>Donc nous pouvons vraiment investir notre énergie, notre temps, nos petits moyens, nos petits budgets à chercher les archives ou de la documentation, d'inventorier ça, de mettre ça à la disposition, de réaliser, de publier notre revue avec des articles sur notre histoire lgbtqia.

00:08:24.219 --> 00:08:31.479
<v SPEAKER_1>Donc c'est un choix ou c'est le luxe de ce formula qu'on a choisi dès le début.

00:08:31.499 --> 00:08:40.259
<v SPEAKER_1>En même temps, c'est aussi un choix parce qu'on n'aime pas trop l'administration.

00:08:41.839 --> 00:09:19.399
<v SPEAKER_1>Et quand je regarde pas seulement le monde lgbtqia mais aussi le monde des archives, l'administration que nos partenaires, nos centres d'archives professionnels, le temps et l'énergie qu'ils doivent investir à écrire des plans et des rapports et des trucs comme ça, si on reçoit des subsides, il y a tant d'administration que la moitié du temps, on est en train de chercher de l'argent ou de défendre les budgets et on n'a pas envie de ça.

00:09:19.419 --> 00:09:25.579
<v SPEAKER_1>On veut vraiment investir notre énergie dans les buts de notre association.

00:09:25.599 --> 00:09:30.799
<v SPEAKER_1>Et nous avons le luxe avec cette formule-là de pouvoir le faire.

00:09:30.819 --> 00:09:37.359
<v SPEAKER_4>Et tu disais qu'à la au moment de fonder, de créer le Fonds Suzan Daniel, vous étiez, si j'ai bien retenu, si bénévole.

00:09:38.239 --> 00:09:39.619
<v SPEAKER_4>Maintenant, est-ce que ça a évolué?

00:09:39.639 --> 00:09:40.319
<v SPEAKER_4>C'est toujours les six mâmes.

00:09:40.339 --> 00:09:42.039
<v SPEAKER_4>Est-ce qu'il y a une relève?

00:09:42.059 --> 00:09:43.359
<v SPEAKER_1>Il y a une relève.

00:09:43.379 --> 00:09:52.599
<v SPEAKER_1>Donc, au début, on était six, trois hommes, trois femmes, mélange d'âge.

00:09:53.239 --> 00:09:58.699
<v SPEAKER_1>Les deux plus jeunes, moi et Lys, on était dans notre vingtaine.

00:09:58.719 --> 00:10:04.479
<v SPEAKER_1>Et Denise, qui était la plus âgée, était déjà dans la soixantaine.

00:10:04.499 --> 00:10:06.319
<v SPEAKER_1>Donc tous les âges étaient là.

00:10:07.439 --> 00:10:11.739
<v SPEAKER_1>Mais deux des six sont déjà décédés depuis.

00:10:11.759 --> 00:10:16.379
<v SPEAKER_1>Il y a toujours un relève.

00:10:16.399 --> 00:10:19.059
<v SPEAKER_1>Ça dépend de ce que vous comptez comme bénévole.

00:10:19.539 --> 00:10:24.099
<v SPEAKER_1>Moi, je suis bénévole presque à 100% de mon temps.

00:10:24.119 --> 00:10:28.819
<v SPEAKER_1>Il y a d'autres qui viennent un jour par mois nous aider.

00:10:28.839 --> 00:10:33.179
<v SPEAKER_1>Donc, oui, il y a toutes sortes de personnes qui nous aident.

00:10:34.579 --> 00:10:35.619
<v SPEAKER_4>C'est important, elle aussi.

00:10:35.639 --> 00:10:41.739
<v SPEAKER_1>Je trouve la relève aussi au sein de la communauté.

00:10:41.759 --> 00:10:47.519
<v SPEAKER_1>C'est pas un groupe de 100 personnes, c'est pas ça, mais voilà.

00:10:47.539 --> 00:10:59.519
<v SPEAKER_4>Et si on s'intéressait un peu à qui était Suzan Daniel, parce que le fond porte son nom et voilà, je pense que tout le monde n'est pas au courant de la grandeur de cette personne, quand même de tout ce qu'elle a accompli.

00:10:59.539 --> 00:11:00.719
<v SPEAKER_4>Et ça serait bien qu'on en parle.

00:11:02.119 --> 00:11:10.639
<v SPEAKER_1>Suzan Daniel, c'est le pseudonyme de la femme qui était tombée dans l'oubli pendant des décennies.

00:11:10.659 --> 00:11:27.139
<v SPEAKER_1>Son prénom, c'est Suzan de Puesse, né à Bruxelles en 1918 de parents malinois, qui s'est rendu compte graduellement, très jeune déjà, de ses sentiments pour les femmes.

00:11:27.819 --> 00:11:42.419
<v SPEAKER_1>C'est la littérature qui l'a aidé à découvrir tout ça, qui a, grâce à une amie, a découvert le monde des bars lesbiens à Bruxelles aux années 30.

00:11:42.419 --> 00:11:54.959
<v SPEAKER_1>Elle était toujours très jeune et qui était d'ailleurs la première femme et la plus jeune critique cinématographique en Belgique.

00:11:54.979 --> 00:12:06.939
<v SPEAKER_1>Elle n'avait pas encore 14 ans quand elle a écrit dans une revue cinématographique sa critique de jeunes filles en uniforme, le grand classique lesbien.

00:12:07.399 --> 00:12:09.779
<v SPEAKER_4>Schneider, c'est ça?

00:12:09.839 --> 00:12:13.939
<v SPEAKER_1>Non, l'originale en 1932.

00:12:13.959 --> 00:12:25.219
<v SPEAKER_1>Et dans les archives de Suzan, il y a cette critique, il y a aussi une photo dédicacée de l'actrice principale du film.

00:12:26.079 --> 00:12:49.799
<v SPEAKER_1>Suzan a vécu sa vie, mais elle était une femme très progressiste qui voulait s'engager et, au début des années 50, elle a fait la connaissance du COC néerlandais, le plus important groupe LGBT de l'époque, et le Comité international pour l'égalité sexuelle.

00:12:49.819 --> 00:13:10.479
<v SPEAKER_1>C'était quelque chose comme ILGA maintenant, donc un prédécesseur de l'ILGA, le couple mondial du mouvement LGBT, donc le Comité international pour l'égalité sexuelle qui, aux années 50, a organisé chaque année presque un grand congrès international scientifique.

00:13:10.499 --> 00:13:17.439
<v SPEAKER_1>Et c'est en 1953, en automne 1953, que Suzan a participé au congrès d'Amsterdam.

00:13:18.439 --> 00:13:35.959
<v SPEAKER_1>Et elle a été tellement touchée par ce congrès-là, d'entendre ses professeurs, ses personnes, ses hommes, c'était des hommes seulement scientifiques, parler avec de la compréhension sur ces questions d'homosexualité.

00:13:37.999 --> 00:13:48.399
<v SPEAKER_1>Suzan était tellement touchée qu'elle a décidé de vouloir faire quelque chose en Belgique et de changer la société.

00:13:48.419 --> 00:14:00.799
<v SPEAKER_1>Et donc, c'est elle qui a pris l'initiative de créer en 1953-54 le premier groupe LGBT belge avec un but d'émancipation.

00:14:02.159 --> 00:14:30.739
<v SPEAKER_1>Oui, très clair, le centre culturel belge, qui n'a pas existé très longtemps parce qu'après quelques réunions, quelques hommes qui voulaient créer d'abord un club privé pour s'amuser, pour être confortables et n'avaient pas de but d'émancipation, c'est un de ces hommes qui s'est levé et qui a dit je n'ai pas envie d'être commandé par une femme.

00:14:31.699 --> 00:14:38.979
<v SPEAKER_1>Il ne faut pas oublier non plus que c'est seulement en 48 que les femmes belges ont obtenu le droit de vote.

00:14:38.999 --> 00:14:51.659
<v SPEAKER_1>Donc, c'est seulement quelques années plus tard et il y avait encore beaucoup d'hommes patriarchales et aussi dans le monde homo.

00:14:51.679 --> 00:15:03.859
<v SPEAKER_1>Et donc, Suzan était tellement déçue qu'elle a dissu l'association et qu'elle a refusé après d'être engagée dans le mouvement LGBT ou dans n'importe quel mouvement.

00:15:03.879 --> 00:15:07.059
<v SPEAKER_1>Elle était tellement offusquée par ça.

00:15:07.079 --> 00:15:13.879
<v SPEAKER_1>Et ce n'est que en 95-96 qu'on a retrouvé Suzan qui était encore en vie.

00:15:13.899 --> 00:15:23.499
<v SPEAKER_1>Et c'était quelque chose, en quelque sorte un hommage à Suzan qu'on a appelé notre association, le Fonds Suzan Daniel.

00:15:24.719 --> 00:15:26.359
<v SPEAKER_4>Effectivement, c'est un fameux parcours.

00:15:26.379 --> 00:15:30.339
<v SPEAKER_1>Et maintenant, elle a un pont, une passerelle à Bruxelles.

00:15:30.359 --> 00:15:32.599
<v SPEAKER_4>Oui, c'est ce que j'allais dire.

00:15:32.619 --> 00:15:41.859
<v SPEAKER_3>Alors, on a vu un petit peu sur le site internet que vous parlez à un moment vraiment de conscience d'archives.

00:15:41.879 --> 00:15:44.099
<v SPEAKER_3>Qu'est-ce que vous vous appelez par conscience d'archives?

00:15:44.119 --> 00:15:45.899
<v SPEAKER_3>Vous pouvez nous en parler un peu plus?

00:15:45.919 --> 00:15:46.679
<v SPEAKER_1>Oui, certainement.

00:15:46.699 --> 00:15:51.939
<v SPEAKER_1>Mais si vous me permettez, j'aimerais commencer avec l'histoire du Tante Zim.

00:15:53.179 --> 00:15:58.859
<v SPEAKER_1>Elle s'appelait Constance, Tante Constance, mais dans la famille, on l'appelait Tante Zim.

00:15:58.879 --> 00:16:04.519
<v SPEAKER_1>Et c'est une histoire qu'on a publiée il y a quelques années déjà dans notre revue.

00:16:04.539 --> 00:16:10.459
<v SPEAKER_1>C'est sa nièce lesbienne qui nous a raconté cette histoire.

00:16:10.479 --> 00:16:17.459
<v SPEAKER_1>Ce ne sont que des témoignages, ce n'est qu'une témoignage d'enfance, des souvenirs d'enfance.

00:16:17.479 --> 00:16:20.599
<v SPEAKER_1>Car la tante a décédé quand la nièce n'avait que 11 ans.

00:16:21.399 --> 00:16:26.359
<v SPEAKER_1>Et cette tante était la secrétaire de maître Stella Wolf.

00:16:26.379 --> 00:16:29.739
<v SPEAKER_1>Une des premières advocates du pays.

00:16:29.759 --> 00:16:34.759
<v SPEAKER_1>Et pendant longtemps une advocate importante ici à Bruxelles.

00:16:34.779 --> 00:16:40.379
<v SPEAKER_1>Qui en plus était très active dans le mouvement féministe.

00:16:40.399 --> 00:16:46.819
<v SPEAKER_1>Stella et tante Zinn vivaient ensemble tout près du palais de justice ici à Bruxelles.

00:16:46.839 --> 00:16:49.539
<v SPEAKER_1>La secrétaire habitait officiellement le Grenier.

00:16:50.499 --> 00:16:51.759
<v SPEAKER_1>Tante Zinn.

00:16:51.779 --> 00:16:56.079
<v SPEAKER_1>Mais Stella avait un villa dans la province de Brabant-Ballon.

00:16:56.099 --> 00:16:58.739
<v SPEAKER_1>Où c'était clair que les deux femmes dormaient ensemble.

00:17:00.679 --> 00:17:03.159
<v SPEAKER_1>Et c'est là où elle recevait des amis.

00:17:03.159 --> 00:17:05.479
<v SPEAKER_1>On n'en parlait pas dans la famille de tante Zinn.

00:17:05.499 --> 00:17:07.639
<v SPEAKER_1>En tout cas pas devant les enfants.

00:17:07.659 --> 00:17:10.879
<v SPEAKER_1>Mais même toute jeune, la nièce comprenait la situation.

00:17:10.939 --> 00:17:18.119
<v SPEAKER_1>Et les femmes, pour cette nièce, ces femmes là, c'était un idéal de femmes libres.

00:17:18.139 --> 00:17:21.879
<v SPEAKER_1>Elles voyageaient ensemble partout en Europe.

00:17:23.979 --> 00:17:27.339
<v SPEAKER_1>Ça l'a marqué cette nièce.

00:17:27.359 --> 00:17:36.439
<v SPEAKER_1>Et ce n'est qu'un résumé d'une témoignage que je trouve fascinante qui explique un peu l'invisibilité de l'homosexualité.

00:17:36.459 --> 00:17:38.719
<v SPEAKER_1>Tant masculine que féminine.

00:17:38.739 --> 00:17:44.259
<v SPEAKER_1>Pendant très longtemps, ce n'était que des sources juridiques qui parlent de tout ça.

00:17:44.279 --> 00:17:54.099
<v SPEAKER_1>Et ces vies de toutes ces personnes-là, de ces personnes homo, lesbiennes, trans, bi, on ne les voyait pas.

00:17:54.119 --> 00:17:55.099
<v SPEAKER_1>Ils vivaient cachés.

00:17:56.619 --> 00:18:01.259
<v SPEAKER_1>Alors, l'homosexualité n'a pas été inventée après la Deuxième Guerre mondiale.

00:18:01.279 --> 00:18:07.459
<v SPEAKER_1>Et les personnes trans ne sont pas tombées du ciel il y a 20 ans, soudainement, etc.

00:18:08.179 --> 00:18:14.819
<v SPEAKER_1>Donc, la façon dont la société voyait tout ça n'est pas quelque chose d'invariable.

00:18:14.839 --> 00:18:32.039
<v SPEAKER_1>Comment les personnes elles-mêmes voyaient leur identité sexuelle, leur identité de genre, la façon dont elles essayaient d'exprimer cela, les mots qu'elles utilisaient pour se dénommer, tout cela a évolué également et continue à évoluer.

00:18:33.039 --> 00:18:46.159
<v SPEAKER_1>L'histoire nous aide à voir et à comprendre ces évolutions, mais il nous faut des sources, des archives, des témoignages pour pouvoir écrire cette histoire.

00:18:46.179 --> 00:19:10.659
<v SPEAKER_1>Et c'est pour ça qu'on met l'accent sur une conscience d'archives, parce que je veux d'abord peut-être souligner encore une fois que le fond ne s'intéresse pas seulement aux archives des associations, aux archives des groupes ou des bars, mais aussi aux archives de chacun et chacune d'entre nous.

00:19:10.679 --> 00:19:19.159
<v SPEAKER_1>Parce que l'histoire de Tante Zim et Stella Wolf, vous ne trouverez jamais dans un archive d'une association.

00:19:19.179 --> 00:19:31.479
<v SPEAKER_1>Ce sont leurs archives personnelles qui n'existent plus, qui pourraient nous montrer comment ces personnes ont essayé de vivre leur vie.

00:19:31.499 --> 00:19:37.919
<v SPEAKER_1>Et nous tous, chacun et chacune, nous sommes des producteurs et productrices d'archives.

00:19:38.499 --> 00:19:50.919
<v SPEAKER_1>Donc souvent, on est confronté par un rejet ou la réaction, mais ma vie personnelle ce n'est pas de l'histoire et ce n'est pas important.

00:19:52.339 --> 00:19:54.619
<v SPEAKER_1>Ah non, on n'est pas d'accord.

00:19:54.639 --> 00:20:01.779
<v SPEAKER_1>Nos vies sont importantes et donc nos archives sont importantes aussi.

00:20:01.799 --> 00:20:07.519
<v SPEAKER_1>Nous voulons les garder, nous voulons les chérir.

00:20:07.539 --> 00:20:14.579
<v SPEAKER_1>C'est notre rêve que notre collection reflète la diversité énorme de la communauté LGBT.

00:20:16.219 --> 00:20:29.579
<v SPEAKER_1>Et donc, on ne peut pas le faire avec uniquement des archives d'association, mais aussi les archives de nous tous et nous toutes.

00:20:29.599 --> 00:20:32.399
<v SPEAKER_1>Et voilà, c'est ce qu'on essaie de faire.

00:20:32.419 --> 00:20:43.739
<v SPEAKER_1>C'est un défi éternel de sensibiliser, d'essayer de sensibiliser, de conscientiser notre communauté quant à l'importance de notre patrimoine matrimoine.

00:20:44.239 --> 00:20:50.059
<v SPEAKER_1>Pour pouvoir écrire notre histoire.

00:20:50.079 --> 00:20:53.999
<v SPEAKER_1>Diverses, très diverses.

00:20:54.019 --> 00:21:00.659
<v SPEAKER_3>Alors petite question, parler de dire, est-ce que n'importe qui pourrait venir en disant pour témoigner?

00:21:03.079 --> 00:21:05.099
<v SPEAKER_3>Ok, c'est bon, ça va.

00:21:05.119 --> 00:21:13.339
<v SPEAKER_1>Et c'est ce que nous essayons de faire aussi dans notre revue qui est publiée chaque année.

00:21:13.359 --> 00:21:20.359
<v SPEAKER_1>D'abord, ce n'est pas une obligation, c'est important aussi de récolter des témoignages.

00:21:20.379 --> 00:21:28.639
<v SPEAKER_1>Et si quelqu'un nous dit, je n'aimerais pas que ce témoignage soit publié déjà, pour n'importe quelle raison, c'est possible aussi.

00:21:28.659 --> 00:21:49.359
<v SPEAKER_1>Mais dans notre revue, nous publions chaque année des articles sur notre histoire LGBT, des histoires de Charles Roy et de Lacôte, des histoires trans, des histoires homo-lesbiens.

00:21:49.379 --> 00:21:57.259
<v SPEAKER_1>Nous essayons de présenter chaque année une variété d'histoires.

00:21:57.279 --> 00:22:03.139
<v SPEAKER_3>Comment vous faites pour récolter justement les documents, les histoires, etc.?

00:22:09.519 --> 00:22:12.099
<v SPEAKER_1>Comment le faire?

00:22:12.119 --> 00:22:19.479
<v SPEAKER_1>Disons que notre but principal est de rassembler et de chérir le plus possible de notre patrimoine matrimoine LGBT.

00:22:19.499 --> 00:22:26.439
<v SPEAKER_1>Mais je veux souligner que le Fonds Suzan Daniel n'est pas un projet d'un petit groupe de bénévoles.

00:22:26.459 --> 00:22:29.999
<v SPEAKER_1>Car le fonds doit être un projet de chacun et chacune d'entre nous.

00:22:30.519 --> 00:22:40.959
<v SPEAKER_1>Dans le sens qu'on ne peut trouver dans notre collection, ce que nous tous et toutes mettons là dedans.

00:22:40.979 --> 00:22:58.099
<v SPEAKER_1>Un exemple, il y a quelques années, on a été contacté par un ancien militant d'un groupe qui n'existe plus et qui nous a demandé j'aimerais savoir ce qu'on peut trouver dans la collection du fonds Suzan Daniel concernant ce groupe-là.

00:22:59.359 --> 00:23:08.839
<v SPEAKER_1>Apparemment, il y avait très peu de documents, car ce groupe et donc sa génération de militants n'ont jamais transmis des documents au fonds Suzan Daniel.

00:23:08.939 --> 00:23:30.499
<v SPEAKER_1>C'est une évidence, mais c'est notre responsabilité, c'est la responsabilité de la communauté entière de nourrir notre collection, pour que ça peut refléter la diversité de notre communauté.

00:23:30.519 --> 00:23:32.899
<v SPEAKER_1>Et comment est-ce qu'on récolte des documents?

00:23:32.919 --> 00:23:34.959
<v SPEAKER_1>Il y a tant de méthodes.

00:23:34.979 --> 00:23:43.619
<v SPEAKER_1>Il y a des membres et sympathisants qui prennent des revues, des flyers quand ils voient ça et ils nous transmettent ça.

00:23:43.639 --> 00:23:53.099
<v SPEAKER_1>Il y a des fonds d'archives qui nous sont donnés ou donnés en dépôt après le décès de quelqu'un ou après la dissolution d'une association.

00:23:53.119 --> 00:24:14.399
<v SPEAKER_1>Chaque année, le fonds a un stand à la Pride, aussi à la Pride en Vers, et l'année dernière aussi à la Journée trans à Maligne et l'événement Amour à Charles-Roi, pour la première fois, pour nous montrer, pour dire on est là, on s'intéresse à vos histoires, à vos archives.

00:24:14.419 --> 00:24:19.019
<v SPEAKER_1>Donc, on essaie d'être visibles.

00:24:19.039 --> 00:24:24.559
<v SPEAKER_1>La publication de notre revue est aussi un instrument pour montrer à la communauté.

00:24:24.579 --> 00:24:27.499
<v SPEAKER_1>Chaque année, on est toujours là.

00:24:27.519 --> 00:24:32.439
<v SPEAKER_1>On est toujours prêts à récolter vos témoignages.

00:24:32.459 --> 00:24:47.179
<v SPEAKER_1>Donc, nous essayons de contacter aussi activement des initiatives pour souligner l'importance de leurs archives et en demandant d'envisager leur transfert à un certain moment.

00:24:47.199 --> 00:24:49.279
<v SPEAKER_1>Donc, voilà, c'est ce qu'on essaie de faire.

00:24:49.999 --> 00:24:54.059
<v SPEAKER_4>Bart, quel type de documents on peut trouver sur le fond, Suzan Daniel?

00:24:54.079 --> 00:24:56.459
<v SPEAKER_4>Effectivement, j'ai été voir, je me suis renseignée.

00:24:56.479 --> 00:24:58.719
<v SPEAKER_4>Donc, je sais qu'il y a des archives et de la documentation.

00:24:58.739 --> 00:25:02.519
<v SPEAKER_4>Mais c'est quoi la différence entre les deux?

00:25:02.539 --> 00:25:11.179
<v SPEAKER_1>Je crois que c'est pas tellement important pour le monde extérieur, pour les archivistes, c'est une différence très, très, très importante.

00:25:11.199 --> 00:25:12.499
<v SPEAKER_1>Comment traiter les documents?

00:25:12.519 --> 00:25:16.259
<v SPEAKER_1>Mais je crois pas que c'est tellement important.

00:25:16.279 --> 00:25:17.879
<v SPEAKER_1>Mais où commencer?

00:25:17.899 --> 00:25:23.319
<v SPEAKER_1>Ça peut être vraiment tout ce qui est dans notre collection.

00:25:23.339 --> 00:25:35.279
<v SPEAKER_1>J'estime qu'on a pour l'instant environ 85, 90% des revues LGBT belges qui ont été publiées depuis le tout début.

00:25:35.299 --> 00:25:41.419
<v SPEAKER_1>Et je crois qu'une grande partie de ce qu'on n'a pas encore, ou pas encore des séries complètes, sont des revues pornographiques.

00:25:41.439 --> 00:25:45.499
<v SPEAKER_1>Donc on collecte ça aussi, on rassemble ça aussi.

00:25:45.519 --> 00:25:53.079
<v SPEAKER_1>Donc on a des séries complètes, par exemple d'Air Info tel qu'est le magazine, de Regards, de Sondre Pardon, etc.

00:25:53.099 --> 00:26:02.479
<v SPEAKER_1>Mais aussi des revues complètes de revues étrangères comme Arcady, Gépi et Hebdo, etc.

00:26:02.499 --> 00:26:07.419
<v SPEAKER_1>Nous avons des centaines d'emballages de préservatifs, très visuels.

00:26:07.439 --> 00:26:08.619
<v SPEAKER_4>Oui, ça c'est important.

00:26:08.639 --> 00:26:13.919
<v SPEAKER_4>Ça, j'imaginais pas que ça pouvait être une trace.

00:26:13.939 --> 00:26:14.899
<v SPEAKER_3>Oui, oui.

00:26:14.919 --> 00:26:26.519
<v SPEAKER_1>Ça montre comment on a utilisé des trucs pour propager l'idée de safer sex, des trucs comme ça.

00:26:26.539 --> 00:26:33.519
<v SPEAKER_1>Les moyens qu'on a utilisés, les images qu'on a utilisées, tout ça.

00:26:33.539 --> 00:26:43.699
<v SPEAKER_1>Nous avons une lettre touchante écrite par l'artiste Tom Offenland, par exemple, mais aussi un dessin fait par l'acteur français Jean Maret.

00:26:43.719 --> 00:26:51.779
<v SPEAKER_1>Nous avons, je l'ai déjà mentionné, la critique cinématographique que Suzan Daniel a écrit en 32 de Jeune fille en uniforme.

00:26:51.799 --> 00:26:56.779
<v SPEAKER_1>Nous avons des journaux intimes, parfois encodés, et des lettres d'amour.

00:26:56.799 --> 00:27:11.119
<v SPEAKER_1>Nous avons des cartes postales très très rares de Willie De Bruyne, un athlète probablement intersexuel qui, sous le nom d'Elvire, a été championne du monde en cyclisme aux années 30.

00:27:11.139 --> 00:28:08.499
<v SPEAKER_1>Nous avons un film super 8 de La Journée homo-lesbienne à Bruxelles en 1980, des sites internet qu'on archive, l'uniforme de la délégation belge aux Outgames de Montréal 2006, des enregistrements d'anciennes émissions de radio aux années 80-90, des enseignes lumineuses de quelques anciens bars homo, des pins, l'affichette du premier festival de films homo en 79, mais également, par exemple, les archives de Walter von Bochselaar, un des premiers pionniers du mouvement avec beaucoup d'informations sur la vie associative, mais pas uniquement ça, aux années 60, tant à envers qu'à Bruxelles, et des maîtres courants de documents qui n'ont pas de valeurs esthétiques comme des PV de réunion, de la correspondance, etc.

00:28:08.519 --> 00:28:10.839
<v SPEAKER_1>mais qui ont une grande valeur historique.

00:28:11.519 --> 00:28:15.059
<v SPEAKER_1>Donc, ça peut être n'importe quoi.

00:28:16.679 --> 00:28:24.859
<v SPEAKER_4>Et concrètement, si je veux transmettre des documents ou je veux en consulter, comment je fais?

00:28:24.879 --> 00:28:26.019
<v SPEAKER_4>Comment vous êtes joignable?

00:28:26.039 --> 00:28:28.699
<v SPEAKER_4>Comment on s'organise dans ce cas-là?

00:28:28.719 --> 00:28:41.419
<v SPEAKER_1>Dans les deux cas, le premier pas est de prendre contact avec le fonds, par téléphone, par courriel, par n'importe quel moyen, ou de venir nous parler quand on a un stunt à la prête, par exemple.

00:28:41.439 --> 00:28:43.859
<v SPEAKER_1>Et on discute comment faire tout ça.

00:28:45.679 --> 00:28:47.339
<v SPEAKER_4>Tu peux donner les...

00:28:47.359 --> 00:28:55.919
<v SPEAKER_1>Fondssuzandanielle.be, Susan S-U-Z-A-N, à l'anglaise et Daniel, voilà.

00:28:55.939 --> 00:28:59.159
<v SPEAKER_1>Un mot, Fondssuzandanielle.

00:28:59.179 --> 00:29:13.859
<v SPEAKER_1>Pour consulter des documents, je signale qu'on a ajouté tout récemment à notre site un guide pour la recherche qui explique plus en détails ce qu'on peut trouver dans notre collection et comment accéder au catalogue.

00:29:13.879 --> 00:29:24.479
<v SPEAKER_1>Donc, un page avec des liens directs vers les catalogues, vers des inventaires de fonds d'archives.

00:29:24.499 --> 00:29:31.379
<v SPEAKER_1>Et je l'ai déjà mentionné, je crois, mais la protection de la vie privée est une préoccupation importante dans nos activités.

00:29:32.599 --> 00:29:41.439
<v SPEAKER_1>Cela signifie que les fonds d'archives pour lesquels il n'existe pas d'inventaire ne peuvent pas encore être consultés par des tiers.

00:29:41.459 --> 00:29:53.139
<v SPEAKER_1>Si quelqu'un nous donne ses lettres d'amour ou son journal intime, il ne veut pas forcément que le lendemain tout le monde peut voir ça, peut lire ça.

00:29:53.159 --> 00:29:56.099
<v SPEAKER_1>Donc, il y a des délais.

00:29:56.119 --> 00:30:03.639
<v SPEAKER_1>S'il existe un inventaire, l'introduction archivistique précise les conditions dans lesquelles les documents peuvent être consultés.

00:30:03.659 --> 00:30:13.639
<v SPEAKER_1>Quoi qu'il arrive, il faut toujours obtenir l'autorisation du Fonds Suzan Daniel pour pouvoir accéder aux archives.

00:30:13.659 --> 00:30:19.539
<v SPEAKER_1>La confiance est un élément très important dans le fonctionnement du Fonds Suzan Daniel.

00:30:19.559 --> 00:30:21.219
<v SPEAKER_1>Donc, on est très prudent.

00:30:21.239 --> 00:30:22.739
<v SPEAKER_1>Tout est réglé par des contrats.

00:30:23.659 --> 00:30:42.259
<v SPEAKER_1>Si une personne, un groupe, nous transmet ses archives, on fait un contrat avec des closures quant à la consultabilité des archives.

00:30:42.279 --> 00:30:45.859
<v SPEAKER_1>Donc, on fait attention à ça.

00:30:45.879 --> 00:30:48.999
<v SPEAKER_1>Ce n'est pas nécessaire dans le cas des livres, de revues, etc.

00:30:50.059 --> 00:31:12.619
<v SPEAKER_1>Pour avoir l'autorisation du fonds, ce sont des documents publics si vous voulez, mais pour une meilleure assistance, nous recommandons quand même de nous faire savoir d'avance ce qu'on cherche parce que nous avons une belle vue, nous savons très bien ce qui est dans notre collection et nous pouvons guider tout le monde vers ce qu'il ou elle cherche vraiment.

00:31:15.419 --> 00:31:28.639
<v SPEAKER_1>Quant à la transmission de documents, donc je l'ai déjà dit, chaque transfert est réglé par un contrat et en tout cas, nous essayons toujours d'être très flexible.

00:31:28.659 --> 00:31:36.299
<v SPEAKER_1>Il n'y a pas d'exigences spécifiques, donc les archives ne doivent pas être en ordre, elles ne doivent pas être rangées.

00:31:36.319 --> 00:31:39.839
<v SPEAKER_1>C'est à nous, nous sommes les professionnels, entre guillemets.

00:31:40.399 --> 00:31:51.499
<v SPEAKER_1>Nous savons comment traiter les archives, comment faire l'inventaire et nous faisons ça toujours en accord avec la personne ou l'organisation qui nous a transmis les archives.

00:31:54.179 --> 00:31:58.539
<v SPEAKER_3>C'est super impressionnant en tout cas comme travail.

00:31:58.559 --> 00:32:15.879
<v SPEAKER_3>Je sais que le fonds Suzan Daniel, en plus de garder cette conscience, cette histoire et tout ça, a travaillé entre autres sur l'exposition qui a eu justement l'année passée, Homosexuelle et Lesbienne dans l'Europe nazie à la caserne de Saint.

00:32:16.239 --> 00:32:22.319
<v SPEAKER_1>Encore quelques semaines, ça a été prolongé jusqu'au début mars si je ne me trompe pas.

00:32:22.339 --> 00:32:22.879
<v SPEAKER_3>Exactement.

00:32:22.899 --> 00:32:28.559
<v SPEAKER_3>Et puis il y a eu aussi l'exposition ici à Bruxelles, Queer Graphics également.

00:32:28.579 --> 00:32:32.619
<v SPEAKER_3>Il y a d'autres partenariats à proposer ou encore en cours ou qui varient?

00:32:33.259 --> 00:32:39.479
<v SPEAKER_1>Je veux préciser tout de suite que ces deux expos n'étaient pas des projets du Fonds Suzan Daniel.

00:32:39.499 --> 00:32:42.719
<v SPEAKER_1>C'était des projets de ces musées là.

00:32:42.719 --> 00:32:51.659
<v SPEAKER_1>Et c'est, nous n'avons pas réalisé ces expos, nous n'avons pas choisi ce qui était à voir à Malin ou à Bruxelles.

00:32:51.679 --> 00:32:58.899
<v SPEAKER_1>On a seulement à nouveau entre guillemets mis à la disposition notre expertise et notre collection.

00:32:58.919 --> 00:33:08.119
<v SPEAKER_1>Et dans le cas de Bruxelles Queer Graphics, au moins trois quarts de l'expo venaient de chez nous.

00:33:08.139 --> 00:33:15.539
<v SPEAKER_1>Donc, on a fait ça très volontiers parce que, en fin de compte, le fonds est là pour ça aussi.

00:33:15.559 --> 00:33:24.359
<v SPEAKER_1>Pas pour enfermer notre collection, mais pour qu'elle peut témoigner, bien évidemment avec des précautions quant à la vie privée.

00:33:24.379 --> 00:33:38.799
<v SPEAKER_1>Mais ces expositions nous apportent également des choses, une plus grande visibilité, ce qui est très important, mais pas seulement pour le fonds, mais aussi une visibilité de notre histoire LGBT vers la société.

00:33:38.819 --> 00:33:44.839
<v SPEAKER_1>Ça nous a apporté plusieurs nouvelles acquisitions et aussi des nouveaux membres et bénévoles.

00:33:44.859 --> 00:33:48.039
<v SPEAKER_1>Donc, on a été très contents.

00:33:48.179 --> 00:33:51.799
<v SPEAKER_1>Mais des projets à nous, on le fait très, très, très irrégulièrement.

00:33:52.539 --> 00:33:55.199
<v SPEAKER_1>Parce que ça prend vraiment trop de temps.

00:33:55.219 --> 00:34:07.979
<v SPEAKER_1>Et notre but principal, je le répète encore une fois, reste quand même de rassembler, d'inventorier, de classifier, de chérir notre patrimoine LGBT.

00:34:07.999 --> 00:34:10.579
<v SPEAKER_1>Et c'est là où est notre focus tous les jours.

00:34:10.599 --> 00:34:17.919
<v SPEAKER_1>Donc, les projets, quand on a un peu envie, quand on a oublié combien de temps ça prend, on essaie de faire ça.

00:34:18.079 --> 00:34:25.299
<v SPEAKER_1>Mais ça arrive tous les cinq ans, peut-être, c'est seulement ça.

00:34:25.319 --> 00:34:35.539
<v SPEAKER_1>Pour 2024, je peux quand même déjà signaler qu'au printemps, il y aura la publication d'un livre sur l'histoire de la Pride en Belgique.

00:34:35.559 --> 00:34:45.339
<v SPEAKER_1>À nouveau, ce n'est pas un projet du fond, Suzan Daniel, mais on a participé en mettant à la disposition très beaucoup d'images, des photos, des affiches, des flyers.

00:34:46.299 --> 00:34:49.619
<v SPEAKER_1>Donc, c'est pour très bientôt.

00:34:49.639 --> 00:34:52.219
<v SPEAKER_3>Il y a aussi le colloque Archives Lesbiennes.

00:34:53.639 --> 00:35:03.139
<v SPEAKER_1>À nouveau, pas un projet à nous, mais c'est la semaine prochaine ici à l'ULB, un collègue sur les archives et l'histoire lesbienne.

00:35:03.139 --> 00:35:06.939
<v SPEAKER_1>Et on sera là aussi pour le débat.

00:35:06.959 --> 00:35:13.539
<v SPEAKER_1>Et on a soutenu, on a expliqué ce qu'il y a dans notre collection déjà.

00:35:13.559 --> 00:35:14.819
<v SPEAKER_1>Et donc, on sera là.

00:35:16.979 --> 00:35:19.799
<v SPEAKER_4>Oui, c'est un beau programme.

00:35:20.799 --> 00:35:22.979
<v SPEAKER_4>C'est impressionnant.

00:35:22.999 --> 00:35:23.599
<v SPEAKER_4>Merci Bart.

00:35:23.619 --> 00:35:25.439
<v SPEAKER_1>Mais il y a encore tant de choses qu'on n'a pas encore.

00:35:25.459 --> 00:35:27.779
<v SPEAKER_1>Donc, on continue pour l'éternité.

00:35:27.859 --> 00:35:29.559
<v SPEAKER_4>Oui, pour toutes les personnes qui nous écoutent.

00:35:29.579 --> 00:35:32.179
<v SPEAKER_4>Voilà, si vous avez des archives, des objets.

00:35:32.199 --> 00:35:34.239
<v SPEAKER_4>Parce que moi, je pensais vraiment que ça allait être format papier.

00:35:34.259 --> 00:35:35.559
<v SPEAKER_4>Non, ce n'est pas que format papier.

00:35:36.719 --> 00:35:41.199
<v SPEAKER_1>Non, de plus en plus de documents électroniques aussi.

00:35:41.219 --> 00:35:46.899
<v SPEAKER_1>Voilà, on ne peut pas nier cette évolution des mails, n'importe quoi.

00:35:47.199 --> 00:35:50.779
<v SPEAKER_1>Oui, et on commence à, excusez-moi de vous interrompre.

00:35:50.799 --> 00:35:54.699
<v SPEAKER_1>On commence aussi à archiver des pages sur des réseaux sociaux.

00:35:56.779 --> 00:36:08.339
<v SPEAKER_3>Même des photos également de soirées, des choses qui on peut paraître complètement anodins, mais qui font partie en fait de la culture et du mouvement Lgbtqia+.

00:36:08.359 --> 00:36:10.579
<v SPEAKER_3>Donc voilà, des témoignages, je vous avais parlé.

00:36:10.599 --> 00:36:22.219
<v SPEAKER_3>Donc n'hésitez pas, si jamais vous êtes intéressé, que vous avez envie de partager ou de consulter, les deux sont possibles d'aller voir sur le site internet, je rappelle, FondsSuzanneDaniel, Suzan 100E, Daniel.be.

00:36:23.319 --> 00:36:24.379
<v SPEAKER_3>C'est bien ça?

00:36:25.099 --> 00:36:26.279
<v SPEAKER_3>Super.

00:36:26.299 --> 00:36:27.559
<v SPEAKER_3>Un grand merci en tout cas.

00:36:27.579 --> 00:36:28.559
<v SPEAKER_4>Oui, merci Bart.

00:36:28.579 --> 00:36:30.439
<v SPEAKER_1>Volontiers.

00:36:30.459 --> 00:36:31.839
<v SPEAKER_4>Et bonne soirée, à bientôt.

00:36:33.579 --> 00:36:34.239
<v SPEAKER_3>Exactement.

00:36:34.259 --> 00:36:34.699
<v SPEAKER_3>Bonne soirée.

00:36:42.190 --> 00:36:48.710
<v SPEAKER_2>Hors Case, une émission LGBT de l'association Tellequel en collaboration avec Radio Campus.

Bonsoir et bienvenue à l'émission Hors Case.

Avec pour animer l'émission Valérie.

Bonsoir.

Et moi, Marine.

Bonsoir.

Donc une émission Hgbtqia+, mais pas que seulement.

Avec ce soir un invité, Bart Hellinck.

Bonsoir.

Et donc aujourd'hui, on va parler du Fonds, Suzan Daniel.

Alors, peux-tu te présenter un peu, Bart?

Je suis Bart Hellinck, je suis gantois et c'est à la fin de 1990, au début de mes études universitaires, que je suis devenu actif dans le mouvement LGBT, encore le mouvement homo-lesbien de l'époque à Gans.

Je suis diplômé en histoire et en archi-physique.

J'ai écrit en mémoire sur l'histoire du mouvement homo-masculin en Flandre depuis le début jusqu'aux années 80.

Entre ces deux études, j'étais un des fondateurs du Fonds Suzan Daniel, archivier Centre de Documentation LGBT.

Depuis, je travaille toujours comme bénévole pour le Fonds, qui est la plus grande collection de ressources sur la vie des personnes LGBT qu'une d'après-guerre dans notre pays.

Justement, j'ai plein de questions par rapport au Fonds Suzan Daniel.

Comment il a été créé?

C'était quoi les objectifs à l'époque?

Est-ce que tu peux nous faire une espèce d'historique?

Je vais essayer de faire ça.

Le Fonds Suzan Daniel a été créé en 95-96.

Les premières réunions c'était en automne 95.

L'ASBI a été créé le 8 mai 96.

Une conférence de presse était vraiment le début de notre fonctionnement.

C'était le 3 décembre 96.

Donc quelques dates, mais pour illustrer qu'on a pris un an environ de préparation parce qu'on n'était pas naïf, pas impulsive.

On voulait faire quelque chose de sérieux.

Et quoi exactement?

Le Fonds Suzan Daniel est le résultat de plusieurs frustrations qu'y vivaient chez nous les six fondateurs et fondatrices du Fonds Suzan Daniel.

Par exemple, que le mouvement LGBT de l'époque connaissait très peu son histoire, son propre histoire.

En dessous de ce mouvement, c'était en cure pire, bien évidemment.

Il y avait très peu de groupes qui ont pris soin de leurs archives.

Les fondateurs du Fonds connaissaient ce qui se passait à l'étranger, où il y avait Homo Doca à Amsterdam, le Schulus Museum à Berlin, Lesbian Herstory Archives à New York.

Donc à l'étranger, il y avait plusieurs endroits qui essayaient de chérir notre patrimoine, notre histoire.

En Belgique, ce n'était pas encore le cas et on voulait changer ça.

Mais on se rendait compte que ce n'était pas le mouvement qui pouvait le faire, parce que ce mouvement n'avait pas de savoir faire comment traiter les archives, comment faire.

Le mouvement avait tant d'autres choses à faire.

Il n'y avait pas encore l'ouverture du mariage.

Il n'y avait pas encore le loi anti-discrimination.

Donc il y avait tant de luttes encore à réaliser, tant de...

à s'investir là-dedans.

Vous remarquez, je suis gantois.

Le français n'est pas ma langue maternelle, mais j'essaie de me débrouiller un peu.

Et donc, ces frustrations ont eu comme résultat, on voulait changer ça.

Et ça, c'est devenu le Fonds Suzan Daniel, une ASBL qui veut rassembler le plus possible de notre patrimoine Lgbtqia, de chérir nos témoignages, notre histoire.

Et donc, on ne s'intéresse pas seulement aux archives du mouvement Lgbtqia, mais aussi les archives du monde des loisirs, des bars, des saunas et les archives de chacun et chacune d'entre nous.

Et aussi toutes sortes d'informations, toutes sortes de documentation qui est liée au sujet Lgbtqia.

Et dès le début, on n'a pas d'employés, on n'a pas de locaux à nous.

Dès le début, on a choisi de collaborer avec des centres d'archives professionnels.

C'est là où notre collection est stockée.

Et maintenant, après 28 ans, 27, 28 ans, nous gérons déjà une collection de plus de 450 mètres linéaires et bien évidemment un nombre grandissant de documents et d'archives électroniques.

60 fonds d'archives sont déjà inventoriés.

Il y a environ 2000 revues et zines dans les catalogues, au moins 8000 livres et brochures, 2500 affiches, etc.

Et dans notre classement de pièces isolées, c'est notre terme pour des documents éphémères, nous avons des documents concernant au moins 650 groupes LGBT qui ont existé en Belgique depuis le début et des centaines et des centaines de bars, cafés, sonats, librairies, etc.

C'est impressionnant quand j'entends les chiffres, je suis vraiment impressionnée.

Pourtant, je travaille sur cette thématique, donc j'ai quand même une connaissance.

Mais alors là, je me dis effectivement, waouh quoi.

Et c'est notre ambition.

J'ai dit, nous ne sommes que des bénévoles, mais ça a toujours été notre ambition de travailler de la manière la plus professionnelle possible.

Voilà aussi pourquoi on a pris un an de préparation avant de démarrer vraiment avec le Fonds Suzan Daniel.

Parce qu'on avait toujours le long terme devant nos yeux.

Nous voulons que notre collection sera là pour l'éternité.

Et on ne fait pas ça en déménageant des archives d'un graignet à un sous-sol qui n'est pas adapté.

Des trucs comme ça.

Donc, on veut travailler professionnellement.

D'accord.

C'est mon côté un peu administratif, associatif.

C'était donc une volonté de rester un statut de bénévole, de ne pas demander des subventions, de ne pas être reconnus.

C'est partiellement une volonté.

D'abord, la formule qu'on a choisie avec la collaboration avec des centres d'archives professionnels, ça nous permet de réaliser nos buts avec très peu de moyens.

Notre collection est stockée dans leur locaux.

Notre collection est à consulter dans leur salle de lecture qui sont ouvertes tous les jours ouvrables.

Nous ne devons pas payer pour ça.

Donc nous pouvons vraiment investir notre énergie, notre temps, nos petits moyens, nos petits budgets à chercher les archives ou de la documentation, d'inventorier ça, de mettre ça à la disposition, de réaliser, de publier notre revue avec des articles sur notre histoire lgbtqia.

Donc c'est un choix ou c'est le luxe de ce formula qu'on a choisi dès le début.

En même temps, c'est aussi un choix parce qu'on n'aime pas trop l'administration.

Et quand je regarde pas seulement le monde lgbtqia mais aussi le monde des archives, l'administration que nos partenaires, nos centres d'archives professionnels, le temps et l'énergie qu'ils doivent investir à écrire des plans et des rapports et des trucs comme ça, si on reçoit des subsides, il y a tant d'administration que la moitié du temps, on est en train de chercher de l'argent ou de défendre les budgets et on n'a pas envie de ça.

On veut vraiment investir notre énergie dans les buts de notre association.

Et nous avons le luxe avec cette formule-là de pouvoir le faire.

Et tu disais qu'à la au moment de fonder, de créer le Fonds Suzan Daniel, vous étiez, si j'ai bien retenu, si bénévole.

Maintenant, est-ce que ça a évolué?

C'est toujours les six mâmes.

Est-ce qu'il y a une relève?

Il y a une relève.

Donc, au début, on était six, trois hommes, trois femmes, mélange d'âge.

Les deux plus jeunes, moi et Lys, on était dans notre vingtaine.

Et Denise, qui était la plus âgée, était déjà dans la soixantaine.

Donc tous les âges étaient là.

Mais deux des six sont déjà décédés depuis.

Il y a toujours un relève.

Ça dépend de ce que vous comptez comme bénévole.

Moi, je suis bénévole presque à 100% de mon temps.

Il y a d'autres qui viennent un jour par mois nous aider.

Donc, oui, il y a toutes sortes de personnes qui nous aident.

C'est important, elle aussi.

Je trouve la relève aussi au sein de la communauté.

C'est pas un groupe de 100 personnes, c'est pas ça, mais voilà.

Et si on s'intéressait un peu à qui était Suzan Daniel, parce que le fond porte son nom et voilà, je pense que tout le monde n'est pas au courant de la grandeur de cette personne, quand même de tout ce qu'elle a accompli.

Et ça serait bien qu'on en parle.

Suzan Daniel, c'est le pseudonyme de la femme qui était tombée dans l'oubli pendant des décennies.

Son prénom, c'est Suzan de Puesse, né à Bruxelles en 1918 de parents malinois, qui s'est rendu compte graduellement, très jeune déjà, de ses sentiments pour les femmes.

C'est la littérature qui l'a aidé à découvrir tout ça, qui a, grâce à une amie, a découvert le monde des bars lesbiens à Bruxelles aux années 30.

Elle était toujours très jeune et qui était d'ailleurs la première femme et la plus jeune critique cinématographique en Belgique.

Elle n'avait pas encore 14 ans quand elle a écrit dans une revue cinématographique sa critique de jeunes filles en uniforme, le grand classique lesbien.

Schneider, c'est ça?

Non, l'originale en 1932.

Et dans les archives de Suzan, il y a cette critique, il y a aussi une photo dédicacée de l'actrice principale du film.

Suzan a vécu sa vie, mais elle était une femme très progressiste qui voulait s'engager et, au début des années 50, elle a fait la connaissance du COC néerlandais, le plus important groupe LGBT de l'époque, et le Comité international pour l'égalité sexuelle.

C'était quelque chose comme ILGA maintenant, donc un prédécesseur de l'ILGA, le couple mondial du mouvement LGBT, donc le Comité international pour l'égalité sexuelle qui, aux années 50, a organisé chaque année presque un grand congrès international scientifique.

Et c'est en 1953, en automne 1953, que Suzan a participé au congrès d'Amsterdam.

Et elle a été tellement touchée par ce congrès-là, d'entendre ses professeurs, ses personnes, ses hommes, c'était des hommes seulement scientifiques, parler avec de la compréhension sur ces questions d'homosexualité.

Suzan était tellement touchée qu'elle a décidé de vouloir faire quelque chose en Belgique et de changer la société.

Et donc, c'est elle qui a pris l'initiative de créer en 1953-54 le premier groupe LGBT belge avec un but d'émancipation.

Oui, très clair, le centre culturel belge, qui n'a pas existé très longtemps parce qu'après quelques réunions, quelques hommes qui voulaient créer d'abord un club privé pour s'amuser, pour être confortables et n'avaient pas de but d'émancipation, c'est un de ces hommes qui s'est levé et qui a dit je n'ai pas envie d'être commandé par une femme.

Il ne faut pas oublier non plus que c'est seulement en 48 que les femmes belges ont obtenu le droit de vote.

Donc, c'est seulement quelques années plus tard et il y avait encore beaucoup d'hommes patriarchales et aussi dans le monde homo.

Et donc, Suzan était tellement déçue qu'elle a dissu l'association et qu'elle a refusé après d'être engagée dans le mouvement LGBT ou dans n'importe quel mouvement.

Elle était tellement offusquée par ça.

Et ce n'est que en 95-96 qu'on a retrouvé Suzan qui était encore en vie.

Et c'était quelque chose, en quelque sorte un hommage à Suzan qu'on a appelé notre association, le Fonds Suzan Daniel.

Effectivement, c'est un fameux parcours.

Et maintenant, elle a un pont, une passerelle à Bruxelles.

Oui, c'est ce que j'allais dire.

Alors, on a vu un petit peu sur le site internet que vous parlez à un moment vraiment de conscience d'archives.

Qu'est-ce que vous vous appelez par conscience d'archives?

Vous pouvez nous en parler un peu plus?

Oui, certainement.

Mais si vous me permettez, j'aimerais commencer avec l'histoire du Tante Zim.

Elle s'appelait Constance, Tante Constance, mais dans la famille, on l'appelait Tante Zim.

Et c'est une histoire qu'on a publiée il y a quelques années déjà dans notre revue.

C'est sa nièce lesbienne qui nous a raconté cette histoire.

Ce ne sont que des témoignages, ce n'est qu'une témoignage d'enfance, des souvenirs d'enfance.

Car la tante a décédé quand la nièce n'avait que 11 ans.

Et cette tante était la secrétaire de maître Stella Wolf.

Une des premières advocates du pays.

Et pendant longtemps une advocate importante ici à Bruxelles.

Qui en plus était très active dans le mouvement féministe.

Stella et tante Zinn vivaient ensemble tout près du palais de justice ici à Bruxelles.

La secrétaire habitait officiellement le Grenier.

Tante Zinn.

Mais Stella avait un villa dans la province de Brabant-Ballon.

Où c'était clair que les deux femmes dormaient ensemble.

Et c'est là où elle recevait des amis.

On n'en parlait pas dans la famille de tante Zinn.

En tout cas pas devant les enfants.

Mais même toute jeune, la nièce comprenait la situation.

Et les femmes, pour cette nièce, ces femmes là, c'était un idéal de femmes libres.

Elles voyageaient ensemble partout en Europe.

Ça l'a marqué cette nièce.

Et ce n'est qu'un résumé d'une témoignage que je trouve fascinante qui explique un peu l'invisibilité de l'homosexualité.

Tant masculine que féminine.

Pendant très longtemps, ce n'était que des sources juridiques qui parlent de tout ça.

Et ces vies de toutes ces personnes-là, de ces personnes homo, lesbiennes, trans, bi, on ne les voyait pas.

Ils vivaient cachés.

Alors, l'homosexualité n'a pas été inventée après la Deuxième Guerre mondiale.

Et les personnes trans ne sont pas tombées du ciel il y a 20 ans, soudainement, etc.

Donc, la façon dont la société voyait tout ça n'est pas quelque chose d'invariable.

Comment les personnes elles-mêmes voyaient leur identité sexuelle, leur identité de genre, la façon dont elles essayaient d'exprimer cela, les mots qu'elles utilisaient pour se dénommer, tout cela a évolué également et continue à évoluer.

L'histoire nous aide à voir et à comprendre ces évolutions, mais il nous faut des sources, des archives, des témoignages pour pouvoir écrire cette histoire.

Et c'est pour ça qu'on met l'accent sur une conscience d'archives, parce que je veux d'abord peut-être souligner encore une fois que le fond ne s'intéresse pas seulement aux archives des associations, aux archives des groupes ou des bars, mais aussi aux archives de chacun et chacune d'entre nous.

Parce que l'histoire de Tante Zim et Stella Wolf, vous ne trouverez jamais dans un archive d'une association.

Ce sont leurs archives personnelles qui n'existent plus, qui pourraient nous montrer comment ces personnes ont essayé de vivre leur vie.

Et nous tous, chacun et chacune, nous sommes des producteurs et productrices d'archives.

Donc souvent, on est confronté par un rejet ou la réaction, mais ma vie personnelle ce n'est pas de l'histoire et ce n'est pas important.

Ah non, on n'est pas d'accord.

Nos vies sont importantes et donc nos archives sont importantes aussi.

Nous voulons les garder, nous voulons les chérir.

C'est notre rêve que notre collection reflète la diversité énorme de la communauté LGBT.

Et donc, on ne peut pas le faire avec uniquement des archives d'association, mais aussi les archives de nous tous et nous toutes.

Et voilà, c'est ce qu'on essaie de faire.

C'est un défi éternel de sensibiliser, d'essayer de sensibiliser, de conscientiser notre communauté quant à l'importance de notre patrimoine matrimoine.

Pour pouvoir écrire notre histoire.

Diverses, très diverses.

Alors petite question, parler de dire, est-ce que n'importe qui pourrait venir en disant pour témoigner?

Ok, c'est bon, ça va.

Et c'est ce que nous essayons de faire aussi dans notre revue qui est publiée chaque année.

D'abord, ce n'est pas une obligation, c'est important aussi de récolter des témoignages.

Et si quelqu'un nous dit, je n'aimerais pas que ce témoignage soit publié déjà, pour n'importe quelle raison, c'est possible aussi.

Mais dans notre revue, nous publions chaque année des articles sur notre histoire LGBT, des histoires de Charles Roy et de Lacôte, des histoires trans, des histoires homo-lesbiens.

Nous essayons de présenter chaque année une variété d'histoires.

Comment vous faites pour récolter justement les documents, les histoires, etc.?

Comment le faire?

Disons que notre but principal est de rassembler et de chérir le plus possible de notre patrimoine matrimoine LGBT.

Mais je veux souligner que le Fonds Suzan Daniel n'est pas un projet d'un petit groupe de bénévoles.

Car le fonds doit être un projet de chacun et chacune d'entre nous.

Dans le sens qu'on ne peut trouver dans notre collection, ce que nous tous et toutes mettons là dedans.

Un exemple, il y a quelques années, on a été contacté par un ancien militant d'un groupe qui n'existe plus et qui nous a demandé j'aimerais savoir ce qu'on peut trouver dans la collection du fonds Suzan Daniel concernant ce groupe-là.

Apparemment, il y avait très peu de documents, car ce groupe et donc sa génération de militants n'ont jamais transmis des documents au fonds Suzan Daniel.

C'est une évidence, mais c'est notre responsabilité, c'est la responsabilité de la communauté entière de nourrir notre collection, pour que ça peut refléter la diversité de notre communauté.

Et comment est-ce qu'on récolte des documents?

Il y a tant de méthodes.

Il y a des membres et sympathisants qui prennent des revues, des flyers quand ils voient ça et ils nous transmettent ça.

Il y a des fonds d'archives qui nous sont donnés ou donnés en dépôt après le décès de quelqu'un ou après la dissolution d'une association.

Chaque année, le fonds a un stand à la Pride, aussi à la Pride en Vers, et l'année dernière aussi à la Journée trans à Maligne et l'événement Amour à Charles-Roi, pour la première fois, pour nous montrer, pour dire on est là, on s'intéresse à vos histoires, à vos archives.

Donc, on essaie d'être visibles.

La publication de notre revue est aussi un instrument pour montrer à la communauté.

Chaque année, on est toujours là.

On est toujours prêts à récolter vos témoignages.

Donc, nous essayons de contacter aussi activement des initiatives pour souligner l'importance de leurs archives et en demandant d'envisager leur transfert à un certain moment.

Donc, voilà, c'est ce qu'on essaie de faire.

Bart, quel type de documents on peut trouver sur le fond, Suzan Daniel?

Effectivement, j'ai été voir, je me suis renseignée.

Donc, je sais qu'il y a des archives et de la documentation.

Mais c'est quoi la différence entre les deux?

Je crois que c'est pas tellement important pour le monde extérieur, pour les archivistes, c'est une différence très, très, très importante.

Comment traiter les documents?

Mais je crois pas que c'est tellement important.

Mais où commencer?

Ça peut être vraiment tout ce qui est dans notre collection.

J'estime qu'on a pour l'instant environ 85, 90% des revues LGBT belges qui ont été publiées depuis le tout début.

Et je crois qu'une grande partie de ce qu'on n'a pas encore, ou pas encore des séries complètes, sont des revues pornographiques.

Donc on collecte ça aussi, on rassemble ça aussi.

Donc on a des séries complètes, par exemple d'Air Info tel qu'est le magazine, de Regards, de Sondre Pardon, etc.

Mais aussi des revues complètes de revues étrangères comme Arcady, Gépi et Hebdo, etc.

Nous avons des centaines d'emballages de préservatifs, très visuels.

Oui, ça c'est important.

Ça, j'imaginais pas que ça pouvait être une trace.

Oui, oui.

Ça montre comment on a utilisé des trucs pour propager l'idée de safer sex, des trucs comme ça.

Les moyens qu'on a utilisés, les images qu'on a utilisées, tout ça.

Nous avons une lettre touchante écrite par l'artiste Tom Offenland, par exemple, mais aussi un dessin fait par l'acteur français Jean Maret.

Nous avons, je l'ai déjà mentionné, la critique cinématographique que Suzan Daniel a écrit en 32 de Jeune fille en uniforme.

Nous avons des journaux intimes, parfois encodés, et des lettres d'amour.

Nous avons des cartes postales très très rares de Willie De Bruyne, un athlète probablement intersexuel qui, sous le nom d'Elvire, a été championne du monde en cyclisme aux années 30.

Nous avons un film super 8 de La Journée homo-lesbienne à Bruxelles en 1980, des sites internet qu'on archive, l'uniforme de la délégation belge aux Outgames de Montréal 2006, des enregistrements d'anciennes émissions de radio aux années 80-90, des enseignes lumineuses de quelques anciens bars homo, des pins, l'affichette du premier festival de films homo en 79, mais également, par exemple, les archives de Walter von Bochselaar, un des premiers pionniers du mouvement avec beaucoup d'informations sur la vie associative, mais pas uniquement ça, aux années 60, tant à envers qu'à Bruxelles, et des maîtres courants de documents qui n'ont pas de valeurs esthétiques comme des PV de réunion, de la correspondance, etc.

mais qui ont une grande valeur historique.

Donc, ça peut être n'importe quoi.

Et concrètement, si je veux transmettre des documents ou je veux en consulter, comment je fais?

Comment vous êtes joignable?

Comment on s'organise dans ce cas-là?

Dans les deux cas, le premier pas est de prendre contact avec le fonds, par téléphone, par courriel, par n'importe quel moyen, ou de venir nous parler quand on a un stunt à la prête, par exemple.

Et on discute comment faire tout ça.

Tu peux donner les...

Fondssuzandanielle.be, Susan S-U-Z-A-N, à l'anglaise et Daniel, voilà.

Un mot, Fondssuzandanielle.

Pour consulter des documents, je signale qu'on a ajouté tout récemment à notre site un guide pour la recherche qui explique plus en détails ce qu'on peut trouver dans notre collection et comment accéder au catalogue.

Donc, un page avec des liens directs vers les catalogues, vers des inventaires de fonds d'archives.

Et je l'ai déjà mentionné, je crois, mais la protection de la vie privée est une préoccupation importante dans nos activités.

Cela signifie que les fonds d'archives pour lesquels il n'existe pas d'inventaire ne peuvent pas encore être consultés par des tiers.

Si quelqu'un nous donne ses lettres d'amour ou son journal intime, il ne veut pas forcément que le lendemain tout le monde peut voir ça, peut lire ça.

Donc, il y a des délais.

S'il existe un inventaire, l'introduction archivistique précise les conditions dans lesquelles les documents peuvent être consultés.

Quoi qu'il arrive, il faut toujours obtenir l'autorisation du Fonds Suzan Daniel pour pouvoir accéder aux archives.

La confiance est un élément très important dans le fonctionnement du Fonds Suzan Daniel.

Donc, on est très prudent.

Tout est réglé par des contrats.

Si une personne, un groupe, nous transmet ses archives, on fait un contrat avec des closures quant à la consultabilité des archives.

Donc, on fait attention à ça.

Ce n'est pas nécessaire dans le cas des livres, de revues, etc.

Pour avoir l'autorisation du fonds, ce sont des documents publics si vous voulez, mais pour une meilleure assistance, nous recommandons quand même de nous faire savoir d'avance ce qu'on cherche parce que nous avons une belle vue, nous savons très bien ce qui est dans notre collection et nous pouvons guider tout le monde vers ce qu'il ou elle cherche vraiment.

Quant à la transmission de documents, donc je l'ai déjà dit, chaque transfert est réglé par un contrat et en tout cas, nous essayons toujours d'être très flexible.

Il n'y a pas d'exigences spécifiques, donc les archives ne doivent pas être en ordre, elles ne doivent pas être rangées.

C'est à nous, nous sommes les professionnels, entre guillemets.

Nous savons comment traiter les archives, comment faire l'inventaire et nous faisons ça toujours en accord avec la personne ou l'organisation qui nous a transmis les archives.

C'est super impressionnant en tout cas comme travail.

Je sais que le fonds Suzan Daniel, en plus de garder cette conscience, cette histoire et tout ça, a travaillé entre autres sur l'exposition qui a eu justement l'année passée, Homosexuelle et Lesbienne dans l'Europe nazie à la caserne de Saint.

Encore quelques semaines, ça a été prolongé jusqu'au début mars si je ne me trompe pas.

Exactement.

Et puis il y a eu aussi l'exposition ici à Bruxelles, Queer Graphics également.

Il y a d'autres partenariats à proposer ou encore en cours ou qui varient?

Je veux préciser tout de suite que ces deux expos n'étaient pas des projets du Fonds Suzan Daniel.

C'était des projets de ces musées là.

Et c'est, nous n'avons pas réalisé ces expos, nous n'avons pas choisi ce qui était à voir à Malin ou à Bruxelles.

On a seulement à nouveau entre guillemets mis à la disposition notre expertise et notre collection.

Et dans le cas de Bruxelles Queer Graphics, au moins trois quarts de l'expo venaient de chez nous.

Donc, on a fait ça très volontiers parce que, en fin de compte, le fonds est là pour ça aussi.

Pas pour enfermer notre collection, mais pour qu'elle peut témoigner, bien évidemment avec des précautions quant à la vie privée.

Mais ces expositions nous apportent également des choses, une plus grande visibilité, ce qui est très important, mais pas seulement pour le fonds, mais aussi une visibilité de notre histoire LGBT vers la société.

Ça nous a apporté plusieurs nouvelles acquisitions et aussi des nouveaux membres et bénévoles.

Donc, on a été très contents.

Mais des projets à nous, on le fait très, très, très irrégulièrement.

Parce que ça prend vraiment trop de temps.

Et notre but principal, je le répète encore une fois, reste quand même de rassembler, d'inventorier, de classifier, de chérir notre patrimoine LGBT.

Et c'est là où est notre focus tous les jours.

Donc, les projets, quand on a un peu envie, quand on a oublié combien de temps ça prend, on essaie de faire ça.

Mais ça arrive tous les cinq ans, peut-être, c'est seulement ça.

Pour 2024, je peux quand même déjà signaler qu'au printemps, il y aura la publication d'un livre sur l'histoire de la Pride en Belgique.

À nouveau, ce n'est pas un projet du fond, Suzan Daniel, mais on a participé en mettant à la disposition très beaucoup d'images, des photos, des affiches, des flyers.

Donc, c'est pour très bientôt.

Il y a aussi le colloque Archives Lesbiennes.

À nouveau, pas un projet à nous, mais c'est la semaine prochaine ici à l'ULB, un collègue sur les archives et l'histoire lesbienne.

Et on sera là aussi pour le débat.

Et on a soutenu, on a expliqué ce qu'il y a dans notre collection déjà.

Et donc, on sera là.

Oui, c'est un beau programme.

C'est impressionnant.

Merci Bart.

Mais il y a encore tant de choses qu'on n'a pas encore.

Donc, on continue pour l'éternité.

Oui, pour toutes les personnes qui nous écoutent.

Voilà, si vous avez des archives, des objets.

Parce que moi, je pensais vraiment que ça allait être format papier.

Non, ce n'est pas que format papier.

Non, de plus en plus de documents électroniques aussi.

Voilà, on ne peut pas nier cette évolution des mails, n'importe quoi.

Oui, et on commence à, excusez-moi de vous interrompre.

On commence aussi à archiver des pages sur des réseaux sociaux.

Même des photos également de soirées, des choses qui on peut paraître complètement anodins, mais qui font partie en fait de la culture et du mouvement Lgbtqia+.

Donc voilà, des témoignages, je vous avais parlé.

Donc n'hésitez pas, si jamais vous êtes intéressé, que vous avez envie de partager ou de consulter, les deux sont possibles d'aller voir sur le site internet, je rappelle, FondsSuzanneDaniel, Suzan 100E, Daniel.be.

C'est bien ça?

Super.

Un grand merci en tout cas.

Oui, merci Bart.

Volontiers.

Et bonne soirée, à bientôt.

Exactement.

Bonne soirée.

Hors Case, une émission LGBT de l'association Tellequel en collaboration avec Radio Campus.