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Vivre sans police , du long été au crépuscule d’Exarchia - Victor Collet

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Chapters
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Intro
0:43
Après « Nanterre, du bidonville » à la cité et « Du taudis au Airbnb. Petite histoire des luttes urbaines à Marseille », l'histoire éphémère d'Exarchia, le quartier anarchiste d'Athènes
2:47
Comment des drames (17 octobre 1961, assassinat d'Alexis Grigoropoulos par la police, effondrement des immeubles de la rue d'Aubagne) déclenchent des luttes mais aussi le réaménagement du territoire par le pouvoir
5:52
Comment la police a déserté le quartier d'Exarchia pendant une dizaine d'années
9:51
La solidarité avec les migrants contre les militants fascistes d'Aube Dorée
13:02
De l'incendie de la banque Marfin qui a causé la mort de trois employé à l'assassinat d'un dealer à Exarchia, la violence politique et ses dissensions
16:25
Comment organiser un quartier sans police ?
21:19
L'explosion émeutière de 2008
25:24
Pour une histoire orale des luttes
27:25
Les différents courants subversifs à Athènes
31:04
Les contradictions et manœuvres qui ont permis au pouvoir de reprendre le quartier
37:54
La mafia, l'État et le mouvement
42:22
Casques, motos et assassinats ciblés (l'organisation 17 novembre)
44:50
Les désaccords au sein du mouvement dans la lutte contre la mafia et le « canibalisme social »
49:50
Comment réguler les conflits dans le quartier ?
51:53
L'airbnbisation d'Exarchia
56:21
Heurs et malheurs de l'autonomie localisée ou l'impossibilité d'une bulle
1:00:30
Exarchia ouvre des questions plutôt qu'elle ne les referme
1:03:30
Une utopie assiégée
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Vivre sans police , du long été au crépuscule d’Exarchia - Victor Collet
Nov 18, 2025
lundimatin

A partir de 2008 le quartier athénien d’Exarchia, à dix minutes à pied du Parlement grec, a été le territoire d’une expérimentation sociale sans équivalent dans notre époque. Délivré de la présence policière suite aux émeutes consécutives à l’assassinat du jeune Alexandros Grigoropoulos par la police, il l’est resté pendant près de douze ans. Cette situation de territoire sans police, base arrière d’innombrables manifs et émeutes contre les politiques d’austérité imposées par l’ultralibéralisme de l’Union Européenne, lieu de vie collective à travers de très nombreux squats et lieux d’accueil de migrants, a aimanté toute une population de jeunes et moins jeunes d’Europe et d’ailleurs en quête d’une vie hors du modèle dominant.
Entre « anarcho-tourisme » plus ou moins folklorique et tensions opposant les différents courants politiques qui le structuraient, ce bout de tissu urbain très particulier a largement échappé aux caricatures pour constituer aux yeux de milliers de gens un laboratoire essentiel à la revivification d’une perspective révolutionnaire. Victor Collet, que nous connaissions déjà pour ses études critiques sur les luttes immigrées à Nanterre et contre Aibnb à Marseille, y a vécu certains des moments les plus chauds de son histoire tumultueuse. A travers de nombreux témoignages constamment reliés à une analyse socio-historique, il raconte comment cette utopie urbaine a pu exister, et comment elle a fini par être étouffée. Son récit nous interroge sur les échelles de nos combats, sur les dangers et les illusions d’une territorialisation pourtant indispensable, sur le rapport entre espaces (jamais totalement) libérés et luttes dans toute la société. On en cause.

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