NCRI Women's Committee

De Téhéran à Berlin : femmes et résistance au tournant de l’histoire (français)

NCRI Women's Committee Season 5 Episode 6

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Bienvenue à un nouvel épisode des podcasts de la commission des femmes du conseil national de la résistance iranienne. Aujourd'hui, on se penche sur la situation en Iran. Et ce qui frappe tout de suite, c'est que c'est une histoire à double visage. Vraiment une dynamique à 2 facettes. C'est exactement ça.

D'un côté, on a une répression d'une brutalité inouïe qui continue après le soulèvement de janvier, et de l'autre, on voit une mobilisation internationale qui elle grandit et qui semble marquer un vrai tournant. C'est cette tension qu'on va explorer. Alors commençons par ce qui se passe sur le terrain. Les grandes manifestations sont peut-être moins visibles, mais la répression elle n'a pas cessé. Non loin de là.

En fait la stratégie du régime a changé. Il ne s'agit plus seulement de disperser des foules, maintenant c'est une sorte de chasse à l'homme méthodique et a posteriori. C'est-à-dire Comment ils procèdent Ils utilisent toutes les technologies à leur disposition, la vidéosurveillance, la reconnaissance faciale, Ils identifient les gens qui ont participé aux manifestations et ensuite ils vont les chercher un par un chez eux au travail. Et ces arrestations sont violentes, les sources donnent des exemples qui sont vraiment glaçants. Je pense notamment au cas de Saghar Seifollahi.

Oui Saghar Seifollahi, une écrivaine diplômée en génie mécanique. D'après les rapports, elle a été pourchassée en rentrant chez elle par des agents en civil, ils l'ont accusée d'avoir manifesté et la poursuite s'est terminée de la pire des manières, ils l'ont battu à mort. Frapper à la tête avec des matraques, c'est bien ça C'est terrible. C'est ça et ce qui rend l'affaire encore plus sinistre, c'est ce qui s'est passé après, c'est une tactique bien rodé du régime. Ils ont tenté de maquiller sans suicide Exactement.

Ils ont fait pression sur la famille pour qu'elle signe une déclaration en ce sens. Sauf que là, ils ont fait une erreur. Ah oui. Oui, le certificat de décès officiel que les sources ont pu obtenir mentionne noir sur blanc, impact avec un objet dur à la tête. C'est la preuve qui contredit totalement leur version.

Ça montre qu'ils ne veulent pas seulement tuer, mais aussi contrôler la vérité. Et ce n'est pas un cas isolé, on parle aussi de disparition forcée. Il y cette histoire des 4 soeurs à Téhéran. Oui, le cas des soeurs Nakhai et Davoudi, Niusha et Mona arrêtés il y vingt-six jours et Kimya et Tara arrêtés quelques jours plus tard. Le mode opératoire est le même.

Arrestation sans mandat, avec violence et puis le silence total. Leurs familles sont sans aucune nouvelle. Aucune. Elles ne savent pas où elles sont ni même si elles sont encore en vie. C'est une forme de torture psychologique pour les proches.

Amnesty International a d'ailleurs lancé une alerte sur l'ampleur du phénomène non Absolument. Il parle de dizaines de milliers de personnes détenues arbitrairement. Les chiffres sont énormes. Et le risque pour ces personnes est maximal. Torture, disparition et même la peine de mort.

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De Téhéran à Berlin : femmes et résistance au tournant de l’histoire

 

Bienvenue à un nouvel épisode des podcasts de la commission des femmes du conseil national de la résistance iranienne. Aujourd'hui, on se penche sur la situation en Iran. Et ce qui frappe tout de suite, c'est que c'est une histoire à double visage. Vraiment une dynamique à 2 facettes. C'est exactement ça.

D'un côté, on a une répression d'une brutalité inouïe qui continue après le soulèvement de janvier, et de l'autre, on voit une mobilisation internationale qui elle grandit et qui semble marquer un vrai tournant. C'est cette tension qu'on va explorer. Alors commençons par ce qui se passe sur le terrain. Les grandes manifestations sont peut-être moins visibles, mais la répression elle n'a pas cessé. Non loin de là.

En fait la stratégie du régime a changé. Il ne s'agit plus seulement de disperser des foules, maintenant c'est une sorte de chasse à l'homme méthodique et a posteriori. C'est-à-dire Comment ils procèdent Ils utilisent toutes les technologies à leur disposition, la vidéosurveillance, la reconnaissance faciale, Ils identifient les gens qui ont participé aux manifestations et ensuite ils vont les chercher un par un chez eux au travail. Et ces arrestations sont violentes, les sources donnent des exemples qui sont vraiment glaçants. Je pense notamment au cas de Saghar Seifollahi.

Oui Saghar Seifollahi, une écrivaine diplômée en génie mécanique. D'après les rapports, elle a été pourchassée en rentrant chez elle par des agents en civil, ils l'ont accusée d'avoir manifesté et la poursuite s'est terminée de la pire des manières, ils l'ont battu à mort. Frapper à la tête avec des matraques, c'est bien ça C'est terrible. C'est ça et ce qui rend l'affaire encore plus sinistre, c'est ce qui s'est passé après, c'est une tactique bien rodé du régime. Ils ont tenté de maquiller sans suicide Exactement.

Ils ont fait pression sur la famille pour qu'elle signe une déclaration en ce sens. Sauf que là, ils ont fait une erreur. Ah oui. Oui, le certificat de décès officiel que les sources ont pu obtenir mentionne noir sur blanc, impact avec un objet dur à la tête. C'est la preuve qui contredit totalement leur version.

Ça montre qu'ils ne veulent pas seulement tuer, mais aussi contrôler la vérité. Et ce n'est pas un cas isolé, on parle aussi de disparition forcée. Il y cette histoire des 4 soeurs à Téhéran. Oui, le cas des soeurs Nakhai et Davoudi, Niusha et Mona arrêtés il y vingt-six jours et Kimya et Tara arrêtés quelques jours plus tard. Le mode opératoire est le même.

Arrestation sans mandat, avec violence et puis le silence total. Leurs familles sont sans aucune nouvelle. Aucune. Elles ne savent pas où elles sont ni même si elles sont encore en vie. C'est une forme de torture psychologique pour les proches.

Amnesty International a d'ailleurs lancé une alerte sur l'ampleur du phénomène non Absolument. Il parle de dizaines de milliers de personnes détenues arbitrairement. Les chiffres sont énormes. Et le risque pour ces personnes est maximal. Torture, disparition et même la peine de mort.

La répression ne s'arrête pas aux manifestants. On voit maintenant un ciblage systématique du corps médical. Pourquoi Pourquoi s'en prendre au médecin C'est une stratégie en fait. C'est très calculé. Si vous voulez briser un mouvement de protestation, vous devez éliminer son filet de sécurité.

Donc en s'attaquant au médecin, on rend la manifestation beaucoup plus risquée. Voilà, un manifestant blessé sait que s'il va à l'hôpital, non seulement il risque de ne pas être soigné, mais en plus il risque d'être arrêté sur son lit. Les hôpitaux sont devenus des instruments de répression, des pièges. C'est-à-dire concrètement. Les rapports décrivent des scènes surréalistes.

Des agents qui débranchent des respirateurs, qui enlèvent des patients. Et puis il y a la vidéosurveillance, ils l'utilisent pour identifier les médecins et les infirmières qui ont osé faire leur travail et soigner un blessé. Ce qui a amené à des arrestations ciblées surtout des femmes médecins si je comprends bien. Oui plusieurs cas emblématiques sont cités, la docteure Parisa Porkar, une ophtalmologue, la docteure Golnar Naraghi, une urgentiste qui serait à la prison de Qarchak. Il y en a d'autres.

Oui la docteure Fariba Hosseni, dentiste à Chiraz ou la docteure Ameneh Soleimani à Ardabil. Pour la plupart, on ne sait pas ce qu'elles sont devenues. L'objectif est de les punir, elles et de terroriser toute la profession. On pourrait s'attendre à ce qu'une telle terreur paralyse tout le monde, mais les sources montrent que ça a eu le l'effet inverse, notamment chez les étudiants. C'est là que le régime a mal calculé.

Cette attaque contre les médecins a provoqué un un effet boomerang, une immense vague de solidarité dans les universités. Surtout dans les facs de médecine j'imagine comme à Chiraz. Exactement à l'université des sciences médicales de Chiraz, les étudiants ont organisé des sit-in pendant plusieurs jours. Leur demande était simple, la libération immédiate du personnel médical. Ils scandaient des slogans très forts.

Lesquels par exemple Un étudiant peut mourir, mais il n'acceptera pas l'humiliation ou encore les médecins honorables doivent être libérés. C'est d'un courage incroyable. Et ce n'était pas un mouvement isolé. Non pas du tout. À Tabriz, les étudiants en dentaire se sont rassemblés.

À Machhad, ils ont organisé une cérémonie pour Faezeh Hosseininejad, c'était une étudiante en maïeutique tuée par les gardiens de la révolution, leur slogan était cette fleur tombée est un cadeau à la patrie, c'est c'est très puissant. On a donc cette situation en Iran, répression féroce, résistance tenace. Pendant ce temps, comment le monde réagit L'Europe par exemple. Et c'est là qu'on arrive à la deuxième facette de l'histoire. Et la réponse est non cette fois, l'Europe n'est pas restée silencieuse.

Il y a eu une séquence politique très importante. Ça a commencé avec le Parlement européen. Oui par une résolution, mais pas n'importe laquelle. Adoptée à une majorité écrasante, 500 soixante-deux voix et le texte qualifiait la répression de passage de la dissuasion à l'élimination stratégique de la dissidence. Les mots sont très forts.

Mais une résolution, ça reste symbolique. Est-ce que ça a eu des conséquences concrètes Justement, oui. Car cette résolution contenait un appel très clair. Inscrire le corps des gardiens de la révolution, le CGRI, sur la liste des organisations terroristes. Et cet appel a été entendu.

Il a été entendu. L'étape suivante, c'était le conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne. Et ils ont suivi. Oui, l'UE a officiellement placé le CGRI sur sa liste noire des organisations terroristes. C'est une décision historique réclamée depuis des années.

Qu'est-ce que ça change concrètement d'être sur cette liste Ça change beaucoup de choses. Ça permet de geler tous leurs avoirs en Europe. Ça rend illégal tout soutien financier ou matériel et surtout ça les délégitime complètement sur la scène internationale. Ce n'est plus une armée, c'est officiellement une organisation terroriste pour vingt-sept pays. En parallèle de ces décisions politiques, la diaspora iranienne s'est aussi mobilisée, il y a eu ce grand rassemblement à Berlin.

Oui, le 7 février à la porte de Brandebourg, un symbole, c'était une véritable démonstration de force. Près de 100000 personnes malgré un froid polaire. Et le message de cette manifestation Le message était très clair et très politique. Il ne s'agissait pas seulement de s'opposer au régime actuel. C'était plus large que ça.

Beaucoup plus large. Le slogan qui revenait partout, c'était mort à l'oppresseur qu'il soit chat ou guide suprême. C'est un rejet de toutes les formes de dictature, celle du passé et celle du présent. Un appel pour une troisième voie, une république démocratique. Il y avait aussi des demandes très concrètes adressées au gouvernement européen.

Oui, fermer les ambassades du régime qu'ils voient comme des nids d'espions et expulser les agents du CGRI et du renseignement. Une rupture totale quoi. Plusieurs personnalités internationales ont pris la parole, Maryam Radjavi, Charles Michel, Mike Pompéo. Oui et ce qui est frappant, c'est la convergence de leur message. Mariam Radjavi a résumé la ligne, ni apaisement ni guerre, changement de régime et des personnalités aussi différentes que Charles Michel ou Mike Pompéo ont toutes dit en substance que l'ère du dialogue avec ce régime était terminé.

C'est un changement de ton important. C'est un signal très fort. Un consensus semble se former en occident sur l'échec de la politique d'apaisement. Donc si on résume, à l'intérieur une violence extrême du régime qui se heurte à une résistance déterminée et à l'extérieur, une pression internationale qui s'accentue de manière spectaculaire. C'est une excellente synthèse.

La situation est un point d'inflexion. Chaque acte de répression semble renforcer la détermination des opposants et en même temps affaiblir le régime sur la scène internationale. C'est une dynamique complexe où le pire de la répression coexiste avec des signes des sports très forts. Exactement. Et ça pose la grande question pour la suite.

Est-ce que cette pression combinée interne et externe suffira à faire basculer le rapport de force C'est toute la question. Une question qui laisse à réfléchir en effet. Pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus, vous pouvez consulter le site web de la commission wncri.org/fr. Et toutes les contributions sont bienvenues pour soutenir le travail de la commission des femmes dans la promotion de la lutte des femmes pour la liberté et la démocratie en Iran. Merci beaucoup pour votre écoute.

Nous vous disons au revoir et à très bientôt pour notre prochain épisode.