Les Tas d'Amis
Les Tas d'Amis
De la Touraine au Connecticut: Dix Ans d'une Métamorphose Identitaire
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Léa nous raconte son parcours depuis son déménagement de la Touraine au Connecticut à l'âge de 13 ans jusqu'à sa vie actuelle d'étudiante en psychologie, dix ans plus tard. Elle partage comment cette expérience a complètement transformé son identité et ses perspectives d'avenir.
• Arrivée aux États-Unis à 13 ans sans parler anglais, initialement pour une période de trois ans qui s'est prolongée indéfiniment
• Adaptation au système scolaire américain plus bienveillant et soutenant que le système français
• Développement d'une passion pour le théâtre qui a aidé à renforcer sa confiance et son intégration
• Difficulté de maintenir des liens avec les amis d'enfance en France tout en créant de nouvelles relations aux États-Unis
• Choix crucial après le lycée entre retourner étudier en France à la Sorbonne ou rester aux États-Unis
• Période de questionnement avant de trouver sa voie dans les études de psychologie
• Séparation des parents pendant le Covid, la mère retournant vivre en France
• Défis émotionnels de ne pas pouvoir être présente lors d'événements familiaux importants en France
• Réflexions sur les différences culturelles entre la France et les États-Unis
• Projet de demander la citoyenneté américaine dans trois ans tout en conservant la nationalité française
##I don't own the rights to this music
Introduction au podcast "L'État d'Ami"
Speaker 1Bonjour, c'est Eleonore et je vous reçois dans l'état d'ami, le podcast des français aux Etats-Unis En 2009,. Je suis partie m'installer aux Etats-Unis. Depuis 13 ans, je construis ma vie familiale et professionnelle sur la côte est, loin de la France. Avec ce podcast, je vais à la rencontre d'autres immigrés français pour échanger sur nos parcours respectifs et mieux comprendre ce qui nous a poussé à prendre le grand large pour de bon. Que s'est-il passé après l'installation? Comment nous intégrons-nous à la culture et la vie américaine? Comment voyons-nous la France depuis l'autre côté de l'Atlantique? J'essaie d'apporter des réponses à toutes ces questions, car je me demande souvent pourquoi on choisit de partir et qui on devient dans un autre pays. Avec les tas d'amis, j'espère souder la communauté française immigrée, mais aussi faire le lien avec les Français de France. No-transcript.
Speaker 2Merci de venir participer au podcast L'État d'ami. Oui merci, je suis ravie. Ça fait peut-être un an ou moins d'un an ou presque un an, on va dire que je n'ai pas enregistré d'épisode. Donc, je suis vraiment contente de reprendre Et donc, tu es la première personne qui fait partie de la reprise. Donc, on commence en général.
Speaker 2Donc, on s'est déjà dit ça mais tu vois, je te tutoie Et, en général, on commence par une intro. Donc, est-ce que tu pourrais te présenter et, en fait, nous dire où est-ce que tu habites aux États-Unis, d'où tu viens en France et depuis combien de temps tu es ici, qu'est-ce que tu fais et avec qui tu es aux États-Unis?
Speaker 3Oui, ça marche, donc, je, ça marche. Donc, je suis née en Touraine, je suis de la région centre, je suis une tourangelle, je ne vivais pas en Touraine, en France, mais je vivais dans un petit village pas loin de la tour Et donc, j'ai passé à peu près 13 ans là-bas. Et à partir de mes 13 ans, on a déménagé aux États-Unis avec mes parents, mon père et ma mère. On a déménagé dans Connecticut. Donc, on a déménagé à Guilford au début. On a vécu là-bas pendant 7 ans.
Speaker 3Donc, quand on est arrivé, j'étais en cinquième ou quatrième, je ne sais plus exactement. Donc, j'étais en cinquième ou quatrième. Quand on est arrivés, je ne parlais pas du tout l'anglais, mais pas du tout, je savais juste comment dire comment je m'appelle et des petites phrases comme ça, parce qu'en France, l'anglais devenait juste vraiment important au collège et au lycée. On a vécu à Guilford pendant sept ans. J'ai fait toute mon année de collège, de lycée. Une fois qu'on a fini le lycée, on a déménagé dans une ville un peu plus grande et plus près du boulot de mon père.
Speaker 3Donc, on est maintenant à Waddingford, dans Connecticut, et ma mère est repartie en France, déménager, repartir en France, vivre en France pendant le Covid en 2020. Mais nous, on est restés et ça fait maintenant 10 ans. On vient juste de fêter nos 10 ans il y a une semaine ou deux ici. Donc c'est super. Et donc j'ai fait beaucoup de scolarité ici et maintenant je suis à l'université et je travaille plein temps aussi ici. Donc, je fais des études de psychologie pour continuer notre vie ici. Donc voilà, c'est un peu mon introduction Génial Et donc, en fait, c'est par rapport au travail de ton père que vous avez fait la relocalisation.
Speaker 3Oui, donc, quand j'avais à peu près 12 ans, ça s'est passé très vite notre déménagement, peut-être neuf mois, même pas, je pense. Ah, ouais, c'est rapide.
Speaker 2Et mon père en peut-être 9 mois même pas. Ah, ouais c'est rapide.
Speaker 3Et mon père, en fait, a fait une visite aux Etats-Unis pour le boulot parce qu'il travaillait dans cette compagnie en France aussi et ils lui ont proposé de déménager ici pendant 3 ans. Quand il a fait cette visite là, donc, il est revenu, il nous a tenu au courant. Bien sûr, on a pris'est dit trois ans, ça va être super. C'est une très bonne expérience pour moi, c'est une expérience pour lui, c'est une expérience pour ma mère, c'est pour tout le monde. Et ça s'est passé très, très vite. On a dû mettre notre maison en vente. C'était très, très, très vite. Et après, on s'est dit'on était sur un visa Et au bout de cinq ans, ils ont demandé à mon père de rester deux ans de plus, parce que, sur le visa, on avait le droit de rester jusqu'à sept ans max.
Speaker 3Et après les sept ans, on voulait la carte verte. Et donc, on a demandé une fois, ils ont dit non, et au final, il y a un nouveau patron que mon père a eu Et, du coup, à ce moment-là, ils ont dit oui, et du coup, depuis 2023, fin 2023, on a une carte verte, d'accord. Donc voilà, on est des résidents permanents, tout simplement, aux États-Unis pour l'instant.
Speaker 2D'accord, et donc ouais, donc, en fait, vous êtes venue en tant qu'expat. En fait, c'est ça.
Speaker 3Au début, c'était une expérience avec une fin, une date de fin qui, bien sûr, on savait toujours qu'il pouvait y avoir une possibilité que ce soit plus long, mais jamais on avait pensé qu'on serait là 10 ans plus tard, tout simplement ouais et ton père travaille encore ici travaille encore dans la même compagnie.
Speaker 3Bien sûr, il a monté beaucoup d'échelons et il en monte encore. Justement et on en parle souvent qu'en France il serait déjà à la retraite. Ici, c'est ici. C'est vachement différent. Aux Etats-Unis, les personnes travaillent très tard, à un âge très tard, et du coup, ils continuent à monter des échelons. Ils adorent ce qu'ils font. Donc, ils ne voudraient même pas retourner en France, pas pour travailler, au moins il n'y aurait pas d'avantage pour.
Speaker 3Il travaille dans la technologie, en fait dans l'informatique, d'accord, et nucléaire aussi. Donc, il fait ça depuis des années et des années Et, si je ne me trompe pas, peut-être 40 ans maintenant, ou 35 ans au moins, et il est dans la même compagnie depuis très, très longtemps. Enfin, depuis que je suis née, je crois qu'il est dans la même compagnie D'accord.
Speaker 3Donc, en fait, c'est à la fois la relocalisation pour ton père. En tantences à être bilingue, j'ai été mise directement dans une école américaine, sans support français, vraiment, et ce qui fait que t'as pas le choix de t'intégrer et de parler anglais, et du coup, c'est vrai que même si on était resté 3 ans, j'étais largement bilingue au bout d'un an.
Speaker 2C'était une expérience pour moi de vivre qui était énorme et qui a que fait de me rendre mieux au plus tard, en fait, tout simplement ouais, et pendant les 9 mois de préparation, quand t'étais encore au collège en France, comment tu te, qu'est-ce que tu t'imaginais par rapport au déménagement et comment la vie serait?
Speaker 3c'était pas facile, parce que on vivait dans un petit village de 400 personnes, en fait, et j'avais rarement été à Paris. Enfin, on avait été visiter l'Italie et tout, mais je n'étais jamais entrée dans de grandes villes, en fait, et c'est vrai que moi, j'avais peur de partir de mon petit monde et je voulais pas du tout partir. J'ai parlé de tous mes amis, mais je me souviens que c'était dur quand je l'ai annoncé au collège. Je me souviens très bien qu'il y a beaucoup de personnes qui m'ont pas cru. Ils m'ont dit Oui, non, qu'ils ne me croyaient pas. Donc, ça n'a pas été facile de ce côté-là, mais je ne voulais pas partir. donc, ça n'a pas été facile au niveau famille non plus, parce que j'ai beaucoup de famille, toutes nos familles en enfance, et c'est vrai que se dire qu'on allait partir et pas les voir presque tous les week-ends, pour moi, c'était difficile à mon âge. Donc, c'est vus très bien.
Speaker 3Enfin, au début, on s'est dit oui, c'est pendant trois ans. Voilà, on va dire pendant trois ans, c'est une expérience de fou. Ma tante, elle l'a fait plusieurs fois, elle est passée pas mal de temps au Maroc, en Espagne. C'est ça qui nous a vraiment, enfin, qui n'est pas facile, c'est changer tout d'un seul coup, en fait. Donc, on a eu le droit, au début juillet, je crois, qu'on a eu un voyage pour reconnaître un peu où on pouvait vivre et visiter des maisons, et un mois plus tard, on était partis, en fait, tout simplement, ouais, donc, ouais c'était Et quand tu y repenses, comment tu compares ta vie à côté de Tours par rapport à la vie du Connecticut, qui est un état à côté de New York, c'est aussi un banlieue, comment tu compares les deux en tant que style de vie.
Speaker 3Le style de vie, c'est complètement différent, parce que le style de vie, en en fait, on avait une belle maison, on était dans un petit village, on avait une vie tranquille, mais on n'était pas, on n'était pas riche.
Speaker 3Donc, c'est vrai que c'était complètement différent. Et on est arrivé ici, en fait, et on s'est retrouvé dans un condominium de plus de 200 mètres carrés. On s'est retrouvé dans une ville qui, en plus, on s'est retrouvés à Guilford, qui est sur le bord de la mer, une ville très cotée dans Connecticut, et du coup, je me suis retrouvée, en fait, dans du luxe d'un solco, et je n'étais pas du tout habituée à ça, parce que on avait notre petite vie, et c'est vrai que ça faisait peur, au début, de se retrouver dans ça. Et voilà de se dire c'est pas du tout de comparaison à faire, parce que c'est deux vies complètement différentes. Je sais que moi, j'ai adoré ma petite vie dans notre petit village. Si j'avais pu rester, on allait se rester.
Speaker 3Mais quoi qu'il se passe, en fait, quand on est parti aux Etats-Unis même pas un an après en fait on avait décidé de déménager dans Tours. Donc, on allait déménager près de Tours et j'allais être dans une ville plus grande. Donc, en fait, quand il se passe, on allait partir de cette villa et aller plus près de la grande ville. Donc, c'est vrai que c'est juste que on s'est retrouvés à des milliers de kilomètres plus loin à la place, et beaucoup plus loin de la famille, au lieu de se rapprocher de la famille. Au final, donc, c'est vrai que ça a été, c'est pas comparable, il n'y a jamais de comparaison, mais c'est vrai que la vie est complètement différente. Ça, c'est sûr, il y a des trucs qui me manquent en France, mais il y a des trucs que j'adore aussi comme quoi, par exemple, qu'est-ce qui te manque le plus des choses en?
Speaker 3France, on en parle souvent ce qui me manque le plus, c'est la famille et la nourriture, la vie plus saine, on va dire, niveau nourriture, niveau juste, tout en général. Plus saines parce qu'ici les gens peuvent travailler 60 heures par semaine et ce n'est pas assez pour vivre, tout simplement, malheureusement, alors qu'en France, c'est un peu différemment comment c'est fait le système Et c'est vrai que c'est des trucs comme ça que tu remarques pas mal. Mais ce que j'adore ici, c'est gens. Ils sont très polis, ils sont très gentils, même trop gentils. Ils sont toujours en train de te féliciter.
Speaker 3En fait, jamais tu vas Ils vont être méchants envers toi. C'est toujours de la bonne, ils sont toujours positifs. En fait, tout simplement, et c'est super d'être autour des gens comme ça. Et ce qui est bien, c'est que c'est C'est une nouvelle culture. Tout simplement, tu t'y mets très vite dans la culture et tu t'intègres très vite. En tant que personne française-américaine, maintenant, beaucoup de gens me disent que je suis plus américaine que française. C'est juste que tu t'habitues à une culture. Moi, j'ai adoré aller à l'école ici, alors qu'en France j'avais du mal. J'avais du mal avec l'école et tout comme ça. Et là, quand je suis arrivée ici, j'ai aimé en fait l'école. Enfin, je ne sais pas pourquoi, mais c'est un système différent de ce côté-là aussi, beaucoup plus. Ils sont moins durs sur toi qu'en France au niveau scolaire.
Speaker 2Et ça, c'est un truc que j'a fait changer cette perception de l'école ici. Est-ce que c'est l'attention des professeurs.
Speaker 3L'attention oui, ils sont là pour t'aider, ils ne vont jamais te pousser du mauvais côté, en fait, parce que s'il n'arrive pas à quelque chose, ils ne vont pas t'aider, ils vont toujours être là si t'as besoin de Moi. Je dis très bien que les premières années, j'avais du mal à faire des présentations devant tout le monde, parce que j'étais vastement stressée et me laisser les faire après l'école. En fait, après les cours, j'étais avec le prof et voilà, vraiment, toujours être là pour toi et même si t'arrives pas à quelque chose, ils sont là pour te soutenir et ils vont jamais te rabaisser. En fait, t'arrives des fois à quelque chose, tu vas apparaître dans ma vie, et ça, je l'ai entendu souvent. T'arrives pas à faire ça? bah oui, qu'est-ce que tu vas faire plus tard? beaucoup de trucs comme ça, alors que ici, c'était complètement différent et qu'ils le savent.
Speaker 3Moi, je sais, quand j'étais en CP, j'avais une personne qui est arrivée de Londres et je peux comparer exactement comment ils l'ont traité. Comme moi j'ai été traitée quand je suis arrivée ici. Elle, des années plus tard, elle ne parlait toujours pas 100% français, alors que moi même pas un an plus tard. Il m'avait vachement aidée, en fait. Et c'est des comparaisons comme ça qui sont énormes, parce que le niveau scolaire ici est peut-être plus bas qu'en France, mais au moins, ils sont là pour les gens, ils sont positifs et si t'arrives pas à quelque chose, ils vont t'aider et ils vont essayer de faire tout pour que tu réussisses, tout simplement.
Speaker 2Et comment est-ce que t'as fait pour t'intégrer à l'école? quand t'es arrivée à 13 ans, c'était quoi? tes premiers contacts?
Speaker 3C'était pas facile. Je me souviens que le premier jour, j'ai pleuré beaucoup, je voulais pas partir de la voiture, mais, encore une fois, la gentillesse des gens, c'est ma première classe, c'était une classe de sport, ma chance, le premier jour d'école américaine. C'était une classe de sport Et tout le monde savait que j'arrivais. Ils avaient créé des posters, des petits trucs, avec mon nom dessus, avec des mots en français Super amical et super ouvert à connaître de nouvelles personnes, et ils ont fait un cadre tellement bien pour moi. Et ils ont fait un cadre tellement bien pour moi. J'avais une personne ils appellent ça un ISL, quelqu'un qui t'aide avec l'anglais et qui vient quelques fois par semaine et qui est là exprès juste pour t'aider toi et qui peut être en classe avec toi ou en classe.
L'adaptation scolaire et l'apprentissage de l'anglais
Speaker 3Il y avait une des personnes qui n'était pas la principale, mais un peu comme la Je ne sais plus comment c'est en France, mais c'était quelqu'un qui faisait partie de l'administration, le conseiller ouais, un peu comme ça. Et en fait, elle, elle a vu que le midi, c'était un peu beaucoup pour moi on trouvait tellement de gens au lunch, en fait et du coup, elle a organisé des petits groupes, un petit groupe de personnes qu'elle mettait dans son office avec moi et on mangeait ensemble et on essayait de communiquer. Et ces petits trucs comme ça, ça t'aide vachement parce que, du coup, tu as ton petit groupe et tu es plus à l'aise, parce que te mettre d'un seul coup dans un grand truc comme ça, ce n'est pas facile.
Speaker 3En classe, par exemple, on n'avait pas le droit au téléphone au collège et il fallait qu'il reste dans le casier. J'avais droit à mon téléphone, moi, avec un truc de traduction dessus. Et dans les classes, par exemple, je n'avais pas les mêmes devoirs que d'autres personnes, j'avais pas du tout de devoir. Au début, en fait, j'étais là vraiment pour écouter, pour vraiment me mettre dans la place, et après du deuxième semestre, ça a commencé à être un peu plus sérieux. Mais le premier semestre, ils ne m'ont pas poussé à faire tout ce que tout le monde faisait, et ça, c'était vraiment bien.
Speaker 2Donc, ils ont pris le temps. Tu as l'impression que tu as eu le temps de t'adapter. C'est ça Que tu as eu l'opportunité.
Speaker 3C'est ça exactement Ils t'ont donné la chance de prendre le temps de t'adapter Et ils étaient là pour moi toujours pour me mettre à l' et que j'avais un moment où je n'allais pas bien, j'avais le droit de partir classe et aller voir la conseillère et passer le temps au calme. Donc, ça a vraiment été un support. Un support. Je pense que si je n'avais pas eu ça, ça aurait été beaucoup plus difficile.
Speaker 3Et à partir de combien de temps tu t'es sentie comme les autres. Je pense que je dis souvent qu'au bout, on est arrivé au mois d'août. Je dis souvent qu'à Noël, je me sentais beaucoup plus à l'aise. Je pouvais avoir des discussions en anglais et j'étais beaucoup plus à l'aise. Mais je pense que ça a pris peut-être un an ou deux ans max. Je pense que j'ai dû faire une année de lycée aussi pour vraiment me ressentir vraiment à l'aise, parce que l'année de lycée, donc, en fait, oui, je suis arrivée en quatrième et en troisième. Du coup, je me suis rendue au lycée ici. Donc, je suis rentrée dans un très, très grand lycée. Enfin, c'était pas un petit lycée, il y avait plus de mille élèves Et c'est vrai que là, à ce moment-là, j'ai toujours besoin d'être cette année-là, mais c'est vrai. Et du coup, je pense que j'ai dû avoir cette année-là pour me sentir mieux et vraiment commencer à faire plus de trucs niveau dans ma vie. Et puis, après, quand tu arrives au lycée, ici, il y a beaucoup de sport, il y a beaucoup de sport après l'école, il y a beaucoup de trucs comme ça. Et c'est vrai que la première année, le premier semestre au lycée, j'ai fait du volleyball Et ce qui fait que c'est bien, ça t'intègre un petit peu plus.
Speaker 3Et le deuxième semestre, j'avais commencé du tennis et du coup, ça t'intègre beaucoup plus. T'es toujours avec des élèves et du coup, tu rencontres des gens et ils te mettent à l'aise et c'est vraiment, tu te sens jamais comme si t'étais à l'étranger. En fait. Et ça, je trouve que, des fois, sentir un peu étranger dans certaines situations, alors qu'ici ils vont toujours faire tout pour que tu sois confortable.
Speaker 2Donc, est-ce que c'est par plutôt les activités extrascolaires que tu penses que ça ait renforcé l'insertion sociale?
Speaker 3C'est ça? Oui, je pense un petit peu. Et je pense le fait qu'une fois que je suis arrivée au lycée aussi, c'est que quand je suis arrivée en quatrième, il y avait En fait le truc que j'ai fait qui était important aussi, c'est que j'ai continué à prendre des classes de français à l'école, ce qui fait que je me retrouvais avec quelqu'un qui était français Et, en fait, j'étais plus confortable, sauf que quand je suis arrivée au collège, en quatrième, le premier semestre, il y avait un prof français, français, mais il était remplaçant parce que la prof française, en fait, était en arrêt maladie, ce qui n'était pas du tout française. Elle était américaine, qui connaissait le français.
Speaker 3Donc, une fois qu'elle était revenue, en fait, j'ai eu du mal, parce que j'avais plus ce côté confortable, en fait, et la personne où je pouvais y aller. Et, en fait, quand je suis arrivée au lycée, il y avait deux profs et c'est vrai que, du coup, dès que j'avais des présentations, des trucs comme ça à faire en dehors de la classe, le prof de français ou la prof de français, un des deux était toujours là, en fait, pour me soutenir, et du coup, je pense que ça m'a vachement aussi beaucoup aidée à ce moment-là.
Speaker 2C'est de trouver quelqu'un comme toi. C'est ça, oui exactement.
Speaker 3Malgré que je me sentais à l'aise, j'avais besoin toujours de ce confort.
Speaker 2Et comment tu as géré tes relations avec tes potes en France.
Speaker 3Je pense qu'une fois que je suis partie, beaucoup ne m'ont pas cru Et à ce moment-là, franchement, moi, je suis une génération où les téléphones venaient juste de commencer, en fait, et du coup, c'est vrai que moi, je n'avais pas de téléphone jusqu'à temps qu'on parte de France, et la seule raison que j'en ai eu un, c'est parce que j'ai un truc de traduction, tout simplement, et du coup, c'est vrai que, du coup, je n'ai jamais vraiment gardé de connexion du lycée. Enfin, il y a des gens voilà, de temps en temps, on se prend des nouvelles et tout, mais jamais où je suis retournée en France, j'avais deux meilleurs amis Quand je suis retournée en France pour les trois, quatre, cinq premières années, on se voyait à chaque fois que je. Mais au bout d'un moment, ça a un peu changé et on a grandi. Je pense qu'on est devenus des adultes presque. Donc, ça change un peu.
Speaker 3La seule relation que je veux garder, c'est une de mes amies d'enfance qui, elle, j'ai pas été à l'école avec elle. En fait, je la connais parce qu'elle vit à côté de chez ma grand-mère, tout simplement, et dès que j'allais chez ma grand-mère, je passais toujours beaucoup de temps avec elle. On est toujours amies. Elle est venue pendant deux mois ici l'année dernière, vivre chez nous, tout simplement pour revoir la vie américaine. Donc, elle, on se connait depuis maintenant plus de 18 ans et ça, j'ai vraiment gardé cette connexion, mais c'est drôle parce que c'est pas une connexion que j'avais à l'école, c'est une connexion en dehors, et je de cette connexion, mais aussi parce que on se voyait grâce à ma grand-mère Et du coup, chaque fois que j'entendais en France et que je voyais ma grand-mère, j'avais la chance de la voir, et c'est comme ça qu'on a gardé cette connexion. Puis, une fois que les réseaux étaient plus populaires, on s'appelait tous les quelques mois, donc on regardait cette connexion. C'était En vrai.
Speaker 3En France, c'est très différent que d'ici. Quand t'arrives au collège, en fait, c'est pas Ici, par exemple, t'arrives au collège, c'est des gens qui ont été dans la même école depuis qu'ils sont bébés. En France, moi, je me souviens que c'est plein d'écoles qui se réunissent ensemble et tu connais pas la moitié de ces gens Et tous les gens 100%. Parce que la différence en France et ici, c'est qu'en classe, en France, t'es toujours avec la même personne.
Speaker 3Ici, chaque classe est différente, du coup tu rencontres ta personne, alors qu'en France, Il y a une rotation, c'est ça, et en France, c'est la même personne Et du coup, souvent, en France, tu te retrouves Moi, j'étaislà pendant deux ans tu es toujours avec les mêmes personnes Et, au final, c'est vrai que tu n'apprends pas à connaître forcément autant de personnes Et c'est vrai que ces amitiés-là, oui, vont être plus importantes, mais ça ne veut pas dire qu'elles vont rester longtemps après. Ce n'est qu'on n' des amis qui se connaissent depuis qu'ils sont bébés, parce que les gens vivent dans la même ville depuis qu'ils sont bébés et ils font toute leur scolarité ensemble, tout simplement. Donc, c'est vachement différent.
Speaker 2Donc tu penses que ici, t'es plus poussée à rencontrer plus de gens.
Speaker 3Ouais, je pense oui, parce que chaque classe, t'as peut-être 5-6 classes par jour, par jour, Et, par exemple, la classe de maths. Tous les jours, tu vas avoir les mêmes personnes dans la classe de maths, mais dans ta classe de sciences, ça va être une classe complètement différente. Et là, je pense que c'est important, c'est important de pouvoir connaître chaque personne, parce que ce ne sont pas des petites classes. Les classes ici, elles sont de 150 à 200 personnes Chaque niveau de classe la troisième, il va y avoir 200 personnes dedans, et classe la troisième, il va y avoir 200 personnes dedans. Et c'est vrai que comment est-ce que tu apprends à connaître chaque personne si tu es toujours dans la même classe? ce n'est pas facile. Il y a la rotation, ça c'était important.
Speaker 2La rotation. Et quand tu penses à Léa à 13 ans, tu penses à toi maintenant. Qu'est-ce qui est différent vraiment entre Léa en France et toi À part? les 10 ans en plus.
Speaker 3Léa, en France déjà, je pense que j'étais dans une phase où je n'étais pas forcément la meilleure facette de moi. Je n'étais pas forcément bonne à l'école, j'aimais bien l'école, mais je n'avais pas une bonne moyenne. On savait très bien qu'une fois que j'allais passer au lycée, j'allais aller au lycée technique. Je n'allais pas m'entendre dans un lycée normal, ce qui est différent d'autres personnes, bien sûr, et souvent en France, le lycée technique est un peu mal vu, à pas que c'était un truc mauvais, mais voilà, c'était pas où je voulais m'en trouver. Et Léa, 10 ans plus tard, enfin, voilà, elle a complètement, ça a complètement changé. C'est des fois, je me reconnais même pas, même quand on m'a parlé avec mon père ou avec ma mère, et même quand je vois des personnes en France, c'est deux mondes.
Speaker 3Ils me le disent. Ils me disent je te connais quand t'avais 10 ans et maintenant, t'es 13 ans plus tard et t'es une autre personne. Et je pense que c'est si tu restes la même personne, c'est que t'as pas fait l'expérience à fond, je pense. Et du coup, moi, je pense que j'ai fait l'expérience à fond. Je la vis toujours, l'expérience malgré tout, et que Léa maintenant, je pense qu'elle est beaucoup plus heureuse. Peut-être, je sais pas, je peux pas savoir comment je me serais sentie plus tard en France, bien sûr, mais je pense que je suis plus heureuse maintenant ici, peut-être que peut-être que des fois. Souvent, ce que je disais, c'est que j'ai l'impression que, peut-être, des fois, t'as besoin de recommencer à zéro et, pour moi, déménager ici, en fait, c Et je pense que c'est ce que j'ai fait et que j'ai réussi ma deuxième chance, tout simplement Pourquoi tu penses que tu avais besoin d'une deuxième chance.
Speaker 3Je pense, au niveau, en fait, que je n'allais pas au bon endroit en fait, dans ma vie. D'accord, je suis quelqu'un qui adore réussir, qui travaille dur et tout qui adore réussir. Mais en France, en fait, j'allais complètement à l'opposé. Je pense que j toujours cette expression que mes frères ont beaucoup réussi dans leur vie, mais ils ont toujours galéré au niveau école aussi. Mes frères, mon cousin, ils ont tous dû passer le bac deux fois. Et moi, j'avais comme dans ma tête toute ma jeunesse j'avais envie de passer le bac la première fois, juste pour prouver qu'on pouvait le faire en fait. Et du coup, j'ai jamais passé le bac au final, mais ce n'est pas très grave, j'étais en contrôle continu. En fait, c'est comme ça que ça marche. J'ai un contrôle continu, donc voilà, c'est tout. Et puis il n'y a pas le bac?
Speaker 2Il n'y a pas le bac.
Speaker 3Non, Tu as un contrôle continu de ta troisième jusqu'en terminale et ce tout changer, et ce n'est pas juste un test qui va déterminer ton futur, ce que je trouvais un peu stressant. Mais moi, je pense que je ne pars que dans la bonne direction en France Et je pense que Après, peut-être que si on avait déménagé à Tours, ça aurait pu tout changer. Peut-être que dans ma petite ville, ce n'était pas pour moi, je ne peux pas savoir, je ne peux pas prédire ce qui aurait, mais je sais que j'ai réussi. Je pense que j'ai réussi à ce que quand on a donné à l'AG ici je pense que c'est une deuxième chance, mais pour n'importe qui, ça peut être une deuxième chance ça a complètement changé, en fait, le tournant de notre vie, parce que on a une chance totalement différente. Je sais très bien que quand j'ai fini ma terminale, j'avais le choix. Quand j'ai fait ma terminale ici, j'avais le choix de rentrer en France ou de rester ici.
Speaker 3J'avais été acceptée à la Sorbonne à Paris, qui est une des meilleures écoles françaises, ouais, et j'avais accepté dans une université, ici, avec une très grosse bourse, et j'avais le choix. Et à ce moment-là, franchement, ce n'était pas facile parce que, du coup, quand mes parents se sont séparés, et du coup, c'est vrai que j'en ai parlé avec ma mère, j'en ai parlé avec mes frères, j'ai voulu avoir l'avis de tout le monde parce que je ne savais pas quoi faire. J'avais la chance de retourner en France, mais en même temps, j'avais peur, en fait, de vraiment retourner en France, parce que comment est-ce que j'aurais pu? En plus, pendant le Covid, il fallait retourner en France, il fallait se réintégrer, il fallait que je reprenne le français un peu, parce que j'ai beaucoup perdu de l'écriture et du parler. Et du coup, je ne savais pas Et j'avais la chance d'allerais pas quoi faire.
Speaker 3Et c'est vrai qu'en parlant avec tout le monde, tout le monde savait très bien que maintenant, j'étais moitié américaine et que je m'étais intégrée. Et malheureusement, quand tu arrives à cet âge-là aux États-Unis, il n'y a pas grand-chance, malheureusement, tu vas, te qu'à ce moment-là, moi, je suis arrivée à cette phase-là, malheureusement. On connaît d'autres personnes à qui c'est arrivé aussi. Leur fils est le bourget ici. Il avait un an de plus que moi Et c'est à ce moment-là, en France, j'avais la vie en France et tout.
Speaker 3Mais je n'ai pas vécu le même moment en France que j'ai vécu ici Et à ce moment-là, j'ai joué à la joie, j'avais la chance de pouvoir avoir cette décision. Mais après, je ne reviens jamais dans le passé en me disant oui, j'ai fait la mauvaise décision parce que, pour moi, ce qui est fait ce qui est, et j'ai choisi de rester ici à ce moment-là. Malheureusement, je n'ai pas continué l'université parce que, pendant le Covid, mes parents se séparent. Ce n'était pas le bon moment dans ma vie.
Speaker 3Donc, j'ai pris une année sympathique après, tout simplement Parce que beaucoup de personnes de mon âge ont fait, justement, pendant le Covid ici, beaucoup de personnes. Je connais des personnes qui ont été acceptées à Ravard derrière parce que le Covid, pour nous, moi, en étant personne en terminale en Covid, moi, ma vie a changé complètement au mois d'avril, quand on a eu le confinement, ça a complètement changé, ça a changé tout. Et voilà, c'était un gros truc qui s'est passé dans notre vie Dans cette année-là, je trouve, en 2020, pour nous, qui venait juste d'avoir 18 ans, c'était un moment énorme et qu'on n'a pas pu profiter à fond. Et, du coup, c'est vrai qu'à ce moment là, je trouvais que ma vie, à ce moment là, était ici, tout simplement et donc combien de temps t'as fait une pause?
Speaker 3alors du coup, j'ai été à l'université, quand même, du mois de septembre au mois de novembre, donc, en fait, j'étais aussi à l'universétait pour le tennis, en fait, tout simplement parce que j'avais continué le tennis pendant 4 ans et j'avais vu, mais c'est vraiment amélioré. Donc, je ne sais pas si vous connaissez, mais aux Etats-Unis, il y a D3, d2, d1 quand tu vas à l'université. Donc, d1, c'est les gens qui ont des scholarships pour aller des, donc tout est payé pour eux. D2, c'est un peu plus, c'est aussi bien, mais c'est pas. Tout est payé. Une partie de la bourse en fait partie et tu fais beaucoup de sport, c'est vraiment beaucoup de ta vie. Et D3, c'est un peu plus cool, mais t'es quand même dans des compétitions internationales, c'est un peu D'accord.
Speaker 3Donc, j'avaisais le faire, mais avec le confinement, il n'y avait pas beaucoup de classes en personne, il n'y avait pas autant d'événements, et au bout de quelques mois, j'ai essayé c'est pas comme si, d'un seul coup, j'ai décidé d'arrêter des cours ensemble et tout, mais ça ne passait pas. Je n'y arrivais pas jusqu'au moment où ça m'a rendu malade. J'étais malade à l'université, je me suis à vomir quand pas possible, parce que ça m'a tellement stressée. Et du coup, un jour, je me suis assise avec mon père et j'ai dit que je voudrais tout simplement un job par autre. Je voudrais arrêter.
Speaker 3Et je lui ai bien dit à ce moment-là tu ne me réponds pas tout de suite, Prends quelques jours. Je te le dis, c'est ma décision. Mais je veux que tu prennes quelques jours Parce que souvent, sur le moment, tu peux avoir des mots pas sympathiques et tu peux ne pas réfléchir 100%. Donc, il a pris quelques jours et sa réponse était tout simplement qu'il était d'accord, mais il ne veut pas que j'arrête 100% de rien faire. Donc, à jusqu'à mon anniversaire, qui est juste après Noël, les vacances de Noël et mon anniversaire, pour trouver un petit boulot, du babysitting, du nanny, un truc comme ça, et que le septembre d'après, il fallait que je fasse un truc niveau école. Donc, je me suis donné à peu près du mois de décembre au mois de septembre, l'année d'après, d Non mais en fait, tu as réussi à verbaliser le fait que tu avais besoin de faire une pause.
Speaker 2Je pense que ça arrive beaucoup, surtout après ou pendant le Covid, Pour les jeunes. ce n'était pas facile, les jeunes à l'école.
Speaker 3Et du coup, qu'est-ce que tu as repris après? Alors, en fait, tout ça, ce que j'ai repris quand je suis retournée à l'université, en fait, je n'ai pas été dans une grosse université. J, quand tu retournes à l'université, en fait, je n'ai pas été dans une université, une grosse université, j'ai été. Un peu comme en France, quand tu fais deux ans, je ne sais plus comment ça s'appelle Je suis retrouvée dans un community college.
Speaker 2Community college, ouais, c'est quand, par exemple, tu veux rattraper pour avoir un certain niveau, c'est ça, quand tu n'es pas.
Speaker 3Ouais, vas-y, tout simplement, mais une université qui est vraiment pas chère. En fait, ce qu'il fait, c'est que tu fais toutes tes classes que tu as besoin de prendre. Par exemple, quand tu vas à l'université aux Etats-Unis, c'est 4 ans Et les deux premières années, tu vas prendre tes classes, qui sont, par exemple, tes classes d'anglais, de maths, de sciences, d'histoire, les bases, la fondation, les bases, ta fondation, et en où tu payes, par exemple, 1500$ par semestre, comparé à 20 000$ par semestre dans une université de 4 ans. Et, en fait, une fois que tu as fait ces 2 ans au community collège, tu peux transférer dans une université de 4 ans. Mais tu arrives en 3ème année, t'as un seul cours et ce qui fait que tu n'as que 2 ans à payer. Donc, ça fait économiser à beaucoup de personnes. Et pendant ces 2 ans au community fait, tu as le temps de choisir vraiment ce que tu veux faire.
Les différences entre systèmes éducatifs français et américain
Speaker 3Parce qu'à 18 ans, tout le monde dit qu'est-ce qu'on? Personne ne sait ce qu'ils veulent faire, à part des gens qui ont des passions à être docteur ou des trucs comme ça, mais sinon, personne ne sait vraiment ce qu'ils veulent faire. Moi, je ne savais pas Et c'est pour ça que à payer pour quelque chose de très cher. En fait, sans savoir ce que je voulais faire, je voulais vraiment être sûre avant de prendre une décision. Et du coup, quand je suis arrivée au Comité de collège, je ne savais toujours pas, mais je savais qu'il fallait que je fasse quelque chose.
Speaker 3Donc, j'ai été dans la filière, j'avais fait beaucoup de théâtre au lycée, au Stade de Nice, qui m'avait fait vraiment grandir et qui m'a vachement aidée. Donc, j'ai dit je vais faire théâtre, pourquoi pas? On a déménagé près de l'université. Maintenant, je peux aller dans cette université et qu'on fait au théâtre. Je pense que je vais m'amuser. Je peux quand même prendre mes classes, mais je ne veux aussi pas vraiment avoir autant de boulot que d'autres classes. Je ne voulais pas avoir beaucoup de travail au début Et j'ai adoré le théâtre.
Speaker 3J'ai beaucoup participé à beaucoup de pièces de théâtre et tout. J'en faisais partie. Super, j'ai adoré. Et après, au bout de deux semaines dans le théâtre, ça s'est très bien passé. Je me suis dit je ne vais pas aller loin dans communication, tout simplement parce que c'est très facile de transférer les deux.
Speaker 3Et au bout d'un semestre de communication, c'était pas ce que je voulais faire. Je me sentais que j'avais bien fait, mais je m'ennuyais. En fait, c'était pas quelque chose. Depuis que je suis toujours petite, tout le monde avec qui je parlais, j'avais toujours le collègue un jour je serais psychologue. Je serais psy parce que j'adorais aider les gens, j'adore parler avec les gens, j'adore écouter les gens et leur donner des avis, ou tu sais, enfin des voilà un peu d'aide.
Speaker 3Et du coup, le semaine d'après, en fait, simplement, j'ai changé ma ma filière ici, ça s'appelle Social Work aux États-Unis, en tant que psychologue tout simplement pour transférer plus tard dans une université ou dans le Connecticut. Donc, je fais ça depuis maintenant un an et demi presque. J'ai bientôt fini. Normalement, au mois de juin, j'aurai mon premier diplôme et après, je transférerai dans une université de 4 ans et c'est vraiment ce que j'adore faire. Dès le premier semestre, je me suis retrouvée dans des classes où j'avais une passion comme pas possible pour ça, en fait, dans les classes que je prenais. Donc, oui, ça a été important pour moi Et j'adore ça.
Speaker 3J'adore savoir que c'est ce que je vais faire plus tard, en fait, et pour moi, c'est vachement important, c'est vraiment le meilleur truc. J'ai hâte de vraiment le faire. Je sais exactement par quel chemin je veux passer Et pour moi, ça, c'est important. Je sais exactement où je vais me trouver Et c'est ce que j'ai envie de faire. Je sais exactement quel boulot je veux avoir. Aussi, ce qui est important, des trucs que je ne savais pas du tout avant.
Speaker 3Donc, tu as trouvé ta voie.
Speaker 2Tu as trouvé ta voie, Oui, ma voie, tout simplement mais alors de quelqu'un qui est arrivé à 13 ans en parlant pas trop anglais jusqu'à faire du théâtre en anglais avec des pièces en anglais. C'est vraiment fantastique quoi et franchement, le théâtre.
Speaker 3Je sais même plus pourquoi j'ai commencé le théâtre au lycée, je sais même plus pourquoi, mais franchement, c'était les meilleurs moments dans le lycée et en plus, on avait une prof de théâtre super. Mais j'ai eu des moments c'était trop de fou rien qu'à prendre des pièces et j'étais bonne en plus au théâtre. Un truc qu'elle me disait souvent et des fois, elle me disait peut-être, utilise un peu la façon dont tu le diras en français. Et du coup, ça changeait complètement comment je réagissais pendant la pièce et complètement, en fait, ça a changé tout. Et elle m'a dit t'as statut, en fait, à ça? et c'est vrai que, et moi, j'ai jamais été confidente, même mes dernières années au lycée, j'ai jamais été confidente à faire des présentations devant la classe.
Speaker 3J'avais toujours un peu dans la tête, dans le coin de la tête ouais, t'as cet accent français. Et je sais que les américains, ils jugent pas autant que les français. Dans le coin de ma tête, je me dis je vais faire une présentation avec mon accent, ils vont se foutre de moi, tout simplement. Et au final, le théâtre, ça ne m'a appris pas du tout Et ça m'a donné cette confidence que je n'avais pas avant de parler publiquement. Et une fois que je suis arrivée à l'université, je n'avais aucun problème, peut-être aussi que l' C'était un nouveau monde et que les gens du coup, ils ne vont pas me juger pour qui je suis parce qu'ils ne me connaissent pas. Mais en fait, le théâtre, ça m'a vachement aidée. Je me suis retrouvée même en université. Je faisais du théâtre, j'avais une classe de théâtre peut-être deux fois par semaine pendant une heure.
Speaker 2C'était complètement ça a a des gens qui t'ont À part, sûrement tes parents, mais est-ce qu'il y a des gens qui t'ont aidé, qui ont été à l'apport?
Speaker 3On a trouvé cette communauté française qui s'appelle l'Alliance française de New Haven. On a été à côté de New Haven Et, du coup, c'est vrai qu'on a joué cette alliance très vite quand on avait déménagé, pour trouver en fait ce monde français. Pour des fois, quand on est perdu, on savait où aller. En fait, on avait cette communauté française, tout simplement parce qu'en fait, il y a beaucoup, beaucoup de français dans Connecticut et aux Etats-Unis en général. Il y a des français partout des fois j'en reviens du resto, j'en reviens du français, je rêve. On a été dans un resto qui est en bas de chez nous, il y a quelques semaines, avec mon père. Le serveur parlait français. C'est des trucs, c'est toujours un truc de fou pour nous quand ça arrive, alors qu'on sait très bien qu'ils sont partout.
Speaker 3Mais ouais, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui sont allés en France, qui, simone, qui, depuis le début qu'on a déménagé ici, ils ont peut-être, ils sont 70 ans, maintenant presque 80, ils sont plus âgés, mais ils ont toujours été des personnes là, toujours pour nous, très, très, très gentilles. C'est eux qui m'ont trouvé quelqu'un pour m'aider à écrire quand tu vas à l'université ici, il faut que t'envoies Et en fait, ils ont embauché quelqu'un pour moi pour m'aider à écrire cette série. Vraiment des gens, enfin pour un cœur en or, vraiment des gens super gentils Et toujours tout ce jour-là. On est toujours très, très gentils, toujours là pour nous, et ça, je pense qu'ils m'ont vraiment aidée. Bien sûr, mes parents, ça a toujours été, mes parents m'ont beaucoup aidée, mais après, oui, c'est aussi l'école. Je veux dire, ces profs de français au lycée m'ont vraiment toujours été là pour moi quand ça commençait à aller pas bien Les français aux profs de français.
Speaker 2Voilà, c'est ça, ouais.
Speaker 3Mais tu crées une relation en fait avec eux et quand ça commençait à pas bien être avec mes parents, enfin voilà, ils étaient là pour moi à ce moment-là, parce que c'est des gens comme ça qui m'ont franchement aidée. Et je ne vais pas le dire, mais la vice principale de mon lycée était toujours là pour moi aussi, toujours derrière moi, et ça, ça a été très important, parce que c'est la vice principale quand même, qui est devenue la principale l'année d'après que j'ai fini le lycée, justement, et elle a toujours été là pour moi, derrière moi. Dès que j'avais des problèmes en ang pour écrire des essais, c'est elle qui me prenait dans son office parce qu'elle était ancienne prof d'anglais et elle m'a aidée Vraiment. Ma prise de son aile aussi, ça, franchement, je ne la remercierai jamais autant parce qu'elle a été très, très gentille comme personne Et ça montre justement comment elles sont positives et tellement gentilles. Ils sont les Américains. Donc, prendre son temps après les heures en tant que vice-principale et que je gère dans son bureau et qu'on travaille sur des trucs ensemble, c'est énorme pour moi.
Speaker 2C'était une grosse aide aussi. Et si tu penses à dans cinq ans, si tu imagines dans cinq ans comment tu te vois dans cinq ans après avoir eu ton diplôme dès quatre ans.
Speaker 3Et quelle est la?
Speaker 2place de la France dans ta campagne.
Speaker 3Dans 3 ans, on va demander la citoyenneté américaine. Ça, c'est vraiment un truc qu'on a décidé, c'est sûr. On va demander la citoyenneté américaine et, du coup, on aura une double nationalité, ce qui est pour moi très important parce que je suis jeune, et pour moi, quand j'ai des enfants qui ont la double nationalité, très important parce que je suis jeune, et pour moi, quand j'ai des enfants qui ont la double nationalité, c'est une chance à eux aussi de choisir leur vie, quelle vie ils peuvent avoir, tout simplement. Donc, dans 5 ans, je me vois avoir fini l'université avec mon diplôme, mon master, qui est mon goal à la fin, d'avoir mon master en social work et de faire exactement ce que j'ai envie comme boulot. Et puis, plus tard, j'aimerais bien avoir ma propre agence de psy, tout simplement, même que ce soit moi, travailler à mon compte, tout simplement. Ce serait mon futur, parce que moi, je suis personne qui est vraiment famille. J'ai vraiment envie d'avoir une famille.
Speaker 3Je suis plus tard, bientôt même, quand je peux, quand j'aurai les moyens d'avoir une famille, Et j'aimerais pouvoir être là pour mes enfants, avoir ce temps pour eux et, en fait, d'être à mon compte en tant. Qu'opsi. Voilà, je peux dire que mes heures, c'est de 9h à 17h et c'est tout, tout simplement. Et tes clients n'ont pas le choix de s'ajuster à ces heures là après, oui, s'il y a une urgence, oui, tu peux être là, mais au moins je peux être avec mes enfants, je peux être avec mes enfants, mon conjoint, tous ces trucs-là, pour moi, c'est important. Moi, je me vois toujours, je pense, dans Connecticut. Je pense que c'est une state que j'aime et que mon copain aussi aime. Je pense qu'on va rester ici.
Speaker 2Moi, je me vois simplement, et ton copain, alors, est-ce qu'il est américain ou Oui? oui, il est américain. Tu dois installer avec une culture mixe franco-américaine.
Speaker 3Oui, Je sais que Je veux un jour vouloir avoir un appart ou une maison en France pour avoir un point d'inter quand je veux y retourner à n'importe quel moment, tourner à n'importe quel moment, parce qu'en fait, c'est le seul truc.
Speaker 3Quand t'as la carte verte, par exemple, en tant que psy, je peux travailler n'importe où, je peux travailler en visio n'importe où, et ça, c'est super important pour moi, parce que, du coup, je peux aller visiter ma famille peut-être plus souvent, et avoir un point de la terre serait super sympa et en plus, tu fais pas mal d'argent en tant que psy aux Et même si on est à ton compte Et oui, on se voit avoir un pied-à-terre en France pour y retourner plus souvent et pour pouvoir passer plus longtemps avec ma famille, et je trouve ça important. Mais avec la carte verte, le problème, c'est qu'on ne peut pas faire ça, justement parce que tu ne peux pas sortir du territoire pendant plus de six mois. Donc, par exemple, si on se disait que pendant deux ans, on va vivre en France Je suis à distance C'est très possible, mais il faut que j'ai la citoyenneté pour faire ça, tout simplement.
Speaker 2Et est-ce que ton copain connaît ton côté français et ta famille en France?
Speaker 3Oui, on est ensemble depuis presque six ans maintenant. J'y suis allée plusieurs fois sans lui, mais on y a été deux fois ensemble. La première fois, on y a été pendant deux mois. Donc, on a passé le premier Noël avec ma famille aussi. Donc, ouais, c'était très, très sympa. Il connaît, il adore la France, il est tombé amoureux de la culture, de la nourriture, donc, il est le premier à vouloir avoir un château. Il peut acheter un petit château en France. Il a des rêves de français, bien, un truc qui est connu. Il n'y en a pas en Etats-Unis, tellement que c'est un pays toujours nouveau. Et c'est vrai qu'en France, c'est un truc, il adore les châteaux, il adore l'histoire et il doit avoir acheté un petit château, si on peut le faire. Enfin, pourquoi?
Speaker 2pas.
Speaker 3Pourquoi pas?
Speaker 2C'est des châteaux qu'on peut rénover, de caractère le plus français en toi.
Speaker 3Le caractère le plus français Oula, en parlant du côté de mon copain c'est que des fois, quand on parle, les gens ont l'impression qu'on se crie dessus, alors que pas du tout. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire, mais qu'on hausse la voix alors que pas du tout.
Speaker 2Oui, tout à fait.
Relations sociales et amitiés entre France et États-Unis
Speaker 3C'est vraiment un truc que mon copain, il dit Vous, je dis si, si ça. Et je pense que le fait aussi que c'est facile pour moi de comparer certains trucs. D'un côté, j'ai l'expérience des deux. Des fois, je peux dire ce qui est meilleur ou pas meilleur, sauf que des fois, certaines personnes vont pas m'écouter parce qu'ils ont pas vu l'autre version. Mais moi, je l'ai vu et je sais ce qui est mieux en fait. Et après, je sais, c'est mon opinion aussi, mais je trouve que j'ai une meilleure opinion que d'autres personnes sur certains trucs grâce à ça, et je vais pas dire que c'est bien d'avoir, mais je trouve que c'est un atout. Mais après, mon côté français, c'est que apparemment, j'ai même plus d'accent quand je parle américain en français. Donc, certaines personnes ne savent même pas que je suis française, jusqu'à la fois qu'on ait de longues conversations.
Speaker 3C'est même plus un truc que j'ai pour montrer que je suis française. C'est simplement Il faut que je le dise à certaines personnes que je suis française. Je pense que, vraiment, il y a plusieurs trucs que je vois où, vraiment, toujours avoir un anecdote en fait français peut-être des fois, c'est toujours ah oui, mais en France, on fait comme ça Une anecdote, ah oui, mais en France on fait comme ça une anecdote ah, ouais, d'accord, t'as toujours un truc à raconter de comment c'est en France.
Speaker 3Je cherche toujours des trucs français, de la nourriture française, partout, partout, je cherche un truc français. Il faut que je trouve un truc français, une boulangerie française ou un truc qui me rappelle la France, simplement parce que quand on visite les Nouvelles c'est important de voir si la culture arrive jusqu'alors, tout simplement. Et c'est toujours drôle, mon copain a dans le fer aussi. Donc, on se trouve des fois des trucs. On a été dans un magasin il y a peut-être un mois, un mois et demi, et on trouvait du boudin. Jamais j'ai trouvé du boudin aux Etats-Unis.
Speaker 3Un truc, j'étais trop contente d'avoir trouvé du boudin, j C'est ça. Mais franchement, c'est des trucs comme ça que Voilà, c'est des petits trucs comme ça que t'adores trouver et qui te rappellent vraiment la France et qui te rendent heureuse, justement, et quand je me suis trouvée dans ce magasin, justement, il y avait une personne qui travaillait là-bas, qui parlait français. Du coup, c'est vrai que tu te trouves à l'oie de la discussion. Il y a qu et qu'est-ce que tu penses? c'est ton trait de caractère le plus américain. Oh là, quel est mon trait de caractère le plus américain? ça, c'est une bonne question.
Speaker 2Je me suis jamais vraiment posé la question est-ce qu'il y a des trucs que ta famille française te dit, par exemple?
Speaker 3peut-être des fois être c'est j'arrive pas à savoir des trucs qu'ils ont dit dernièrement qui pourraient être Je pense qu'un des traits américains, bien sûr, c'est qu'apparemment, quand je parle français, j'ai l'impression d'être américain maintenant. Donc, oui, c'est bizarre comment ça change, mais j'en vois pas beaucoup, franchement, un truc qui me fait penser c un truc qui me font penser, c'est que des fois, quand je parle français, j'ai un mot anglais qui va sortir à la place d'un mot français, parce que c'est vraiment la langue à laquelle je suis habituée maintenant. Mais un trait américain, je ne vois pas. Les gens m'appellent vraiment quand je suis américaine, parce que je vis comme une américaine et je pense comme une américaine.
Speaker 2Qu'est-ce que ça veut dire penser comme une américaine?
Speaker 3c'est, par exemple, comment est-ce que? comment est-ce qu'il décrit? je sais pas. Il m'en parle. C'est vrai qu'on parle jamais de de comment est-ce que ça se ressent. Mais mais déjà, la gentillesse des gens où je suis peut-être plus positive qu'avant ou que je pense plus positivement qu'avant, et des fois ça peut déranger certaines personnes parce qu si ça arrive, je dis oui, mais pour l'instant ça n'arrive pas. Donc c'est positif. Mais c'est vrai que c'est un truc que je n'ai jamais demandé. C'est vrai que la copine de mon père m'a dit tout le temps que j'étais vraiment américaine. Maintenant, je n'ai jamais posé la question. Pourquoi, en fait, il pense ça?
Speaker 2Est-ce que tu as remarqué?
Speaker 3Oui, je n'ai pas pu l'action français et du coup, je passe partout comme une Américaine, tout simplement.
Speaker 2Je pense que ça Tu as remarqué des trucs chez ton père où tu dis ah oui, c'est vraiment français, c'est vraiment américain.
Speaker 3Maintenant, Mon père. Je lui dis souvent quand même sur certains trucs, quand même, qu'est-ce qu'il a fait l'an dernier? C'est vraiment trop américain. Mon père a toujours un très, très gros accent français. Il est arrivé ici plus tard, donc tu l'entends, tu ne peux pas te tromper, il a un accent.
Speaker 2Pour un adulte, c'est difficile.
Speaker 3Dans un restaurant. Il dit oui, mais il est où votre accent, monsieur? Mais moi je peux me cacher en arrière et personne ne le sait. Mais un truc, vraiment. Qui fait qu'il est américain, il est. Qui fait qu'il est américain? il adore New York. Mon père s'est devenu un fan de New York. Sa copine habite à New York. Ça, c'est un truc. Il est tombé amoureux de New York. Pour moi, c'est plus simple de New Yorker qu'une personne du Connecticut, à ce point-là.
Speaker 2Il adore New York.
Speaker 3C'est vraiment un truc, qu'il kiffe. Mon père, c'était une personne qui était rouge. J'irais jamais à New York, jamais de ma vie j'irais à New York. Maintenant, il est tous les week-ends, tout simplement. c'est vraiment un truc. Il a eu un coup de coeur pour New York. Ouais, il a vraiment eu un coup de coeur pour New York. Ouais, même moi, j'adore New York. C'est une ville, y'a rien à pas aimer, tout simplement. C'est gigantesque.
Speaker 3La première fois qu'on est sortis du métro dans New York, je me souviens tenir la main de mon père et ma mère parce que j'avais peur. C'était énorme. C'est beaucoup pour moi, des gratte-ciels à perte de vue, mais des gratte-ciels beaucoup plus haut qu'à Paris. Tout simplement, c'est vrai que ça m'a fait un peu peur. Franchement, je pense que du côté de mon père, c'est drôle, parce que quand on y pense, on n'arrive pas vraiment à savoir qu'est-ce qui fait qu'on nous reconnaît grand-français ou qu'on nous reconnaît un peu en tant qu'Américains. Et pour moi, tout simplement, c'est que je vis une vie 100% américaine. Les gens, quand je leur dis en France que je travaille 42 heures par semaine chez l'université, en plus Le style de vie, le style de vie, ils sont Comment tu fais ça? Ce n'est pas possible. Si, aux États-Unis, c'est fait exprès pour être possible. Malheureusement, c'est fait exprès pour être possible, c'est juste un style de vie qui est comme ça.
Speaker 2Mais est-ce que tu as remarqué des choses quand tu rent, reconnais plus, ouais bah, je pense que il y a quand même pas mal de trucs.
Speaker 3Quand tu rentres en France qui, moi, je sais à chaque fois que je me trouve plus 100% à ma place, en fait où, oui, je suis née là-bas, j'ai vécu là-bas, mais je me sens un peu étrangère, en fait, quand j'y vais d'un côté où, bah, il y a tellement de trucs qui changent entre un an et un an, tout simplement en France. Du coup, tu y vas un moment, tu te remets à l'aise et tu y retournes un an plus tard et c'est complètement différent et je trouve qu'il y a quand même pas mal de trucs qu'on peut faire en France. Depuis que je suis partie, bien sûr, la vie a beaucoup évolué depuis 10 ans, mais je trouve que les gens sont quand même un peu plus polis. Mais moi, ce qui me choque toujours en jouant en France, c'est comment les gens peuvent te regarder. Enfin, le jugement, tout simplement, il y a beaucoup de jugement et que que ça soit n'importe qui et que ouais, ça c'est un truc qui m'a toujours dérangée, mais que quand j'y vais, maintenant que je suis habituée aux Etats-Unis, c'est beaucoup plus difficile pour moi. Enfin, quand on rentre dans un grand Leclerc, j'ai besoin de quelques minutes pour me remettre à l'endroit où je suis, parce que c'est complètement différent qu'ici.
Speaker 3Simplement, les gens trouvent que les magasins ici sont grandioses, mais pour moi, quand je vais en France, c'est l'inverse Ils sont énormes en France. C'est vachement différent, les gens. Tu ne vas pas forcément te plaindre en France parce que les gens ne vont pas essayer de trouver une solution pour toi. Je sais que j'ai eu plein de moments où, quand on loue des voitures, des trucs comme ça, on a des problèmes et jamais ils ne vont essayer de trouver une solution. Ils vont être plus un peu à se mettre contre toi justement. Malheureusement, il y a plein de trucs comme ça et je pense que c'est une culture. Je pense que l'affection aussi en France est vachement différente. Ici. Je ne sais pas si tu sais, mais quand les gens voient c'est un câlin En France, tu fais la bise. Ici, c'est un câlin Et c'est vrai que quand tu vas en France, tu as la bise. Mais je trouve que les Français sont peut-être moins affectueux que les Américains niveau parler ou niveau physique.
Speaker 2Moins affectueux ou moins chaleureux.
Speaker 3Les deux, les deux, et de parler forcément de ma famille, parce que ta famille, c'est ta famille. Ils vont toujours être chaleureux envers toi. Mais juste, les gens en général sont moins affectueux au niveau Même parler sur les mots qu'ils vont dire. Jamais Après ça, ça dépend des familles. Ça va être en parler avec ma mère. Ça peut dépendre beaucoup des familles, mais je trouve que beaucoup de gens autour de qui j'ai été, il n'y a pas toujours beaucoup d'affection, mais après, c'est une culture peut-être aussi. Mais ici, c'est vraiment un truc. Ils sont toujours là pour toi, ils sont toujours là pour te faire un câlin si il y a besoin.
Speaker 2C'est un petit peu différent et toi, tu te retrouves dans ça, dans la chaleur j'apprends toujours.
Speaker 3J'apprends toujours l'affection, parce que c'est un peu, les gens sont très vite à le faire, mais aussi très vite à ne pas le faire. Aussi, d'un côté, tu peux te croire mes amis avec quelqu'un deux mois plus tard. Tu lui as jamais parlé de ta vie, c'est comme si vous ne le connaissiez pas, et ça, c'est un truc qui est vraiment américain, où tu peux être voisin pendant 10 ans et tu te vois pratiquement le week-end et tu déménages et tu ne te vois plus jamais.
Speaker 2Ouais, Alors que tu te parlais, tous les jours, voilà.
Speaker 3Mais alors qu'en France, je trouve que les amitiés sont certainement différentes. En Amérique, je depuis que t'es bébé, et qu'en France, les amitiés sont vachement importantes. Si t'es amie, si tu connais depuis plus de 10 ans, tu vas toujours prendre le temps de te voir et prendre des nouvelles, alors qu'en Amérique, tu peux déménager et plus jamais te parler. Et c'est comment, pour moi, dans ma tête, comment est-ce que tu peux faire ça? on a créé une relation, rien comme ça. Ce que je déménage, ça a toujours été très choquant et ça, beaucoup de personnes le remarquent, français, donc ça, c'est un peu bizarre. Mais bon, tu t'y habitues. Après, tu commences à t'y habituer. Donc voilà, et tu essaies de faire attention un peu sur qui tombe pour et qu'au final, en deux minutes, une dispute et tout ça peut être tout fini. En France, c'est pas ça. Tu peux avoir une dispute, t'en parles et c'est fini. Ils sont devenus les meilleurs amis. Mais aussi, ouais, ils ont pas.
Speaker 2C'est pas forcément comme ça, c'est différent et quand tu vois comment tu vois la France maintenant en général de l'extérieur, quand tu penses à la France maintenant, ta position extérieure, tu penses à quoi?
Speaker 3position extérieure le premier truc que j'ai toujours pensé, c'est que les Français, en fait, ont beaucoup plus de chance qu'est-ce qu'ils pensent d'un côté, où ils vont souvent se plaindre à propos de beaucoup de trucs, mais quand tu vois comment ça se passe en Amérique, tu te dis ouais, mais regarde eux. Regarde les gens qui travaillent 70 heures par semaine et ils se tuent comme pas possible et qu'ils n'ont toujours pas assez d'argent pour avoir une maison pour vivre et qu'ils sont toujours dans les rues. Regarde les gens qui n'ont pas d'assurance maladie ici, parce que c'est tellement cher et que quand ilsen France, tu as une assurance de santé qui est super. Tu es souvent payé le SMIC pour pouvoir vivre, justement. Et je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui, quand ils viennent ici, ils s'en rendent compte et ils disent que tu as plus de chance, pas plus de chance, parce que tu ne peux pas apprécier avoir ça.
Speaker 3Mais il y a beaucoup plus de personnes qui se rendent compte qu'ils ont de la chance en fait, qu qu'ils se rendent compte que, oui, ils ont de la chance en fait, qu'ils ont tout simplement de la chance. Et moi, je me le dis souvent quand je suis ici, j'ai de la chance d'avoir mon père et qu'on soit pas pauvres, parce que sinon, on aurait une vie pourrie en fait, et peut-être que j'apprécierais pas ma vie autant ici. C'est différent pour moi qu'au final les gens en France, en fait, ils ont, je pense, plus de chance que ce qu'ils voient Et peut-être que, des fois, il faut sortir un peu de ton tous les jours et de ton quotidien pour t'en rendre compte Ouais.
Speaker 3Ouais, parce que je trouve que les Français aiment bien se plaindre, et ça ils sont connus. Je pense pour ça, ouais.
Speaker 2Mais tu ne trouves pas que c'est, tu ne trouves pas que nous, on a les deux, on connaît les deux points de vue. Donc, on peut expliquer. On peut être en France et comprendre les points positifs et les aspects négatifs, et on peut aussi être ici et comprendre ce que c'est d'avoir la couverture médicale ou pas. J'ai l'impression que quand on parle en français, c'est ce qui ressort, mais en même temps, si J'ai l'impression que quand on parle au français, c'est ce qui ressort, mais en même temps, si nous, on n'avait que une facette, on ne pourrait pas le faire.
Speaker 3Mais c'est pour ça que je dis toujours que je trouve que, des fois, il faut être un peu plus ouvert d'esprit Et c'est peut-être une différence qu'il y a avec l'Amérique et la France. Je trouve que, en Amérique, il y a aussi beaucoup de personnes qui ne sont jamais parties de leur state, tout simplement parce que, state à state, ce n'est pas facile, ce n'est pas que 100 kilomètres, ça peut être beaucoup plus loin, malheureusement, les États-Unis sont très, très grands, mais qu'en France, c'est pareil. Il y a aussi des gens qui ne sont jamais parties de leur petite ville. Il y a toujours, malheureusement, ils ne vont peut-être jamais pouvoir avoir cette chance de comprendre chaque point de vue, mais je pense qu'il faut se rendre compte que, oui, malheureusement, il y a certains pays qui n'ont pas autant de chance que d'autres Et que la France. Je pense qu'ils ont quand même un bon système en place niveau santé qui, ici, malheureusement, n'est pas facile, même pour nous, en tant que Français. Il faut comprendre l'assurance santé.
Speaker 3Des fois, je galère, je ne peux pas aller voir ce docteur parce qu'il prend pas mon assurance. C'est le docteur qui va aller voir, c'est le spécialiste que j'ai. On m'a envoyé vers ce docteur. Non, tu ne peux pas aller le voir, c'est pas de temps en temps. Je sais qu'il y a quelques années, j'avais une opération prévue et je l'avais envoyée à l'assurance. Il faut l'envoyer à l'assurance pour qu'ils approuvent l'opération, qu'ils disent combien tu vas devoir payer. Voilà le truc de fou. Je l'avais envoyée longtemps avant, mais longtemps avant, et jusqu'au soir même avant l'opération, j'avais toujours pas de réponse, en fait, si je pouvais avoir l'opération ou non. Donc, en gros, j'allais me réveiller le matin à 6h du mat' pour aller au bloc, mais je savais même pas si je pouvais me faire opérer, en fait, ou peut-être que j'allais me retrouver à payer presque. C'est fou, c'est stressant. Je ne peux pas comprendre des personnes qui ont des très grosses maladies, des très gros problèmes de santé et qu'ils ne savent pas s'ils vont pouvoir s'en occuper, tout simplement.
Speaker 2Malheureusement, il y a beaucoup de gens qui sont hyper endettés à cause de ça. Oui, exactement, C'est ça.
Speaker 3Le problème, c'est que ça devient des dettes. Et pour moi, avoir des dettes parce que tu es malade, c'est pas ma faute que j'ai un cancer, par exemple, c'est un peu l'impression. C'est comme ça qu'ils le montrent. Je trouve c'est oui, t'as le cancer, mais tu peux pas payer pour tes soins, donc tu vas mourir. Non, ça parait pas logique.
Speaker 2C'est triste, c'est triste à voir, ouais je suis d'accord, et ouais, je crois qu'on a fait un peu le tour, mais qu'est-ce que je vais dire? Donc, en fait, si tu avais un conseil à donner à quelqu'un qui va aussi s'installer aux États-Unis, à ton avis, qu'est-ce qui est le plus important?
Speaker 3Je pense que déjà ça peut être très stressant. Il faut pas avoir peur, parce que c'est très stressant. Mais souvent, quand tu t'installes aux États-Unis, t'es pas tout seul. Tu le fais pas tout seul. Tu le fais pas juste parce que tu veux aller vivre aux États-Unis. T'as quelqu derrière toi pour t'aider. Il faut vraiment s'appuyer sur ces gens-là, parce que ils savent ce qu'ils font. Moi, je me souviens très bien qu'avant qu'on parle de France, pendant une journée entière, on a eu quelqu'un qui est venu chez nous pour nous expliquer comment ça marchait en France cette année, la vie américaine.
Speaker 2Et quand on est arrivé, ici on a aussi trois cette aide-là.
Speaker 3Il ne faut pas avoir peur de demander de l'aide. Tout le monde n'a pas cette aide, non voilà, tout le monde n'a pas cette aide, mais il ne faut pas avoir peur, en fait, à le demander. Il ne faut pas avoir peur, par exemple, d'aller sur Facebook et trouver ces groupes français, parce Tu vas trouver une communauté française, parce que c'est l'endroit où tu vas pouvoir trouver des gens qui te connaissent bien, aux Etats-Unis peut-être, et un endroit où tu vas être confortable et tu vas te sentir à l'aise parce que tu connais cette culture et tu parles la langue. Mais après, je pense qu'il faut vraiment profiter, parce que il y a tellement de trucs à faire aux Etats-Unis.
Speaker 3Il faut vraiment faire le plus que tu peux, un petit peu de temps, parce que t'as qu'une seule vie optimiser ton séjour, optimiser ton temps et vraiment profiter et si quelqu'un a cette opportunité, faites-le, parce que même si c'est qu'un an, deux ans, ça va vous changer la vie, même si vous avez 30 ans. Mais si vous avez 10 ans, c'est dans la même 50, vous allez avoir une vie complètement différente. Moi, maintenant, je suis bilingue et je sais très bien que ça va être un atout dans ma vie qui va être énorme toute ma vie, toute ma vie. Par contre, dès que les gens entendent que je suis française, enfin, ils sont vachement d'un seul coup, ils n'ont rien en plus faire. Ça peut faire peur et ça fait très peur.
Speaker 2Juste un truc, toi, en fait, parce que toi, en fait, au début, tu étais temporaire, mais en fait, ce qui a vraiment fait passer du temporaire au permanent, c'est le choix à l'université.
Speaker 3C'est ça, le choix de l'université, En fait quand ils nous ont proposé, en fait, une fois qu'on avait commencé les trois ans, on s'est très vite rendu compte que ça serait bien que je finisse le lycée ici. On s'est dit si on a l'opportunité. On aimerait vraiment que je finisse le lycée ici, parce que j'ai mon diplôme. Je ne me retrouve pas à retourner en France au milieu de la seconde, par exemple terminale.
Speaker 3Et là, je suis bloquée parce que je ne vais jamais passer mon bac. Jamais, je ne vais jamais passer mon bac. Ce n'est pas possible de tout rattraper comme ça. Donc voilà, on voulait vraiment que je finisse ça.
Speaker 3Et après, oui, mon choix a vraiment été une fois que j'ai choisi pour l'université, parce que je m'étais inscrite en ligne pour les universités en France. Mais franchement, on se disait oui, j'ai envoyées. Je crois que j'ai été acceptée, justement. Mais ce qui a vraiment sauté à nos yeux, c'est que, oui, la Sorbonne, c'est une des meilleures écoles de France, dans l'Université de France, et que j'avais la chance de peut-être pouvoir y aller. Et j'ai dû prendre une décision, tout simplement. Mais je pense qu'une décision qui'aurais fait quelque chose complètement différent, que je ne voulais pas faire, parce que c'était le seul choix que j'avais à ce moment-là. Mais je pense que je n'ai plus pris la. Je ne dirais jamais que j'ai pris la bonne ou la mauvaise décision, parce que je ne saurais jamais, Jamais de ma vie, je ne pourrais savoir. Je n'aime pas retour, mais c'est passé. Si j'ai pris cette décision, c'est pour une raison Et cette raison, elle était assez pour choisir ça, tout simplement.
Choix universitaires et orientation professionnelle
Speaker 2Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'à un moment donné, il y a eu une transition de je suis là ou vous êtes là temporairement, Et maintenant c'est pareil pour ton père aussi. Est-ce que ton père va rentrer en France ou pas? Il y a un moment où vous avez eu une transition entre on est ici pour sept ans ou trois ans, et maintenant vous allez prendre votre citoyenneté dans trois ans.
Speaker 3Oui, et je pense que je peux prendre l'exemple d'amis qu'on avait qui vivaient juste à côté, croyez-nous ou pas, mais on habitait à Guilford, la rue d'à côté. C'était des très bons amis à nous qui étaient français. Ouais, on a toujours beaucoup, on s'est toujours beaucoup entendu. J'étais leur babysitter pour leurs enfants, parce qu'ils ont deux enfants et eux, ils allaient avoir leur carton verte sans problème, et tout parce que leur fille était. Et, en fait, lui, il a eu une très, très grosse opportunité en France et ils sont tous plaqués pour repartir en France. Et c'est drôle, parce qu'ils étaient prêts, en fait, à continuer leur vie aux Etats-Unis. Mais il y a cette opportunité qui est arrivée et il s'est dit oui, on peut pas la louper, on peut pas la passer, tout simplement. Et ils sont retournés en France et vivre en France, dans ce lieu-là. Et peut-être que si cette opportunité était arrivée pour mon père, peut-être qu'on se serait aussi retournés en France.
Speaker 3Mais moi, je ne me voyais pas refaire la même chose, repartir, revivre, recommencer un peu ma vie à zéro, parce qu'en retournant en France après tant de temps, même cinq ans, c'est quand même énorme Et j'aurais dû recommencer tout à zéro Et ce n'est pas facile à faire, parce que je l'ai déjà fait une fois le déménagement d'un côté, donc, je pense que ça aurait pas été facile. De l'autre côté, je pense qu'une fois que t'es à l'aise et que t'es confortable quelque part, et une fois que j'avais 18 ans, je me suis dit je vais prendre cette décision pour moi, je pense, parce que je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui auraient, mais des fois, il faut penser à soi-même. Malheureusement, ça peut être un peu.
Speaker 2Mais les gens qui rentrent en France, ils n'ont peut-être pas forcément le même attachement que toi à ici.
Speaker 3Tu vois, c'est. Je pense, que ça peut être différent. Il y a des gens qui rentrent en France parce que c'est fini leur terme, tout simplement.
Speaker 2Je l'ai vu, on l'a vu. Mais s'ils sont, facile.
Speaker 3Le problème, c'est que de rester ici, c'est très difficile de rester aux États-Unis, en dehors d'avoir un boulot, D'avoir un boulot qui va te suivre dans ça. La chance que mon père a eue, c'était ça, mais je sais qu'il y avait beaucoup de personnes qui seraient restées si le boulétait terminé.
Speaker 2Après trois ans, il serait rentré.
Speaker 3Je pense que oui. Oui, je pense qu'on n'aurait pas eu le choix simplement Parce qu'il n'y avait pas de sorties. Oui, ils n'auraient pas. Ok C à attendre des années pour avoir une carte verte. Moi, on l'a eu en même temps, un an. On a envoyé l'application au mois de septembre pour la carte verte et au mois de janvier, j'avais ma carte pour pouvoir travailler, tout simplement, en cinq mois. Même pas, et c'est parce qu'on a été sponsorisés par le boulot de mon père. Si on il faut se marier avec un américain, c'est encore plus compliqué. Quand, au début, le boulot de mon père nous a dit non, à ce moment là, on était prêts à repartir en France. Mon père m'a dit il faut que tu sois prêt. Et moi, j'avais fait toutes les recherches pour avoir un visa étudiant à ce moment là, justement parce que moi, c'était la seule façon de rester après le visa étudiant.
Speaker 3On aurait fait comme on peut, mais je n'aurais plus trouvé un boulot qui me sponsorise plus tard, on ne sait jamais. J'avais fait toutes les recherches, je ne voulais pas rentrer Pour moi. J'avais pris cette décision de rester ici pour l'université, ce n'est pas pour rentrer. Deux ans plus tard, et au final, le bonhomme père, on a eu de la chance, qu'il redemande et qu'à ce moment-là ils ont dit oui, qu Et pour avoir une carte verte, ce n'est pas donné non plus, c'est très cher de payer pour une carte verte. Donc, comme la citoyenneté, la citoyenneté n'est pas graphique non plus, mais c'est très difficile au niveau loi et gouvernement de rester aux États-Unis. Donc, je ne sais pas. Je pense que beaucoup de personnes, justement, n'ont pas voulu, n'ont essayé pas de passer tous ces steps, en fait, pour avoir un visa ou des trucs comme ça.
Speaker 3Je sais qu'on avait des amis qui vivaient ici et il était, lui, prof dans une université qui est connue dans le Connecticut, et la loi, il leur posait beaucoup de problèmes pour renouveler leur visa Et, du coup, au dernier moment, ils ont dû déménager, vendre leur maison, déménager, partir au Mexique pendant quelques, je crois, et après qu'ils avaient tout réorganisé, ils sont repartis en France, mais ils seraient restés ici sinon, et je pense qu'ils seraient restés ici, ils seraient toujours ici. Ils le disaient, qu'ils pensaient qu'ils pouvaient rester ici Et, malheureusement, ça peut être très difficile des fois Et tu n'as pas le choix, tout simplement.
Speaker 2C'est un déracinement à chaque fois.
Speaker 3Oui c'est ça Et et après. Certaines personnes, c'est ce qu'ils adorent et c'est ce qu'ils veulent faire. Moi, c'est vrai qu'il y a un moment où je voulais vraiment rentrer en France, je voulais vraiment vivre en France. Mais c'était quand ça, je ne sais pas ce que c'était, quand est-ce que c'était? où tu as eu une crise de rentrée. Voilà où tu as eu une petite crise et tu as envie de rentrer. Je pense que c'est peut-être après avoir décidé de rester ici, après l'université, et une fois que j'ai pris l'université, j'avais fait le drop-out. À ce moment-là, j'ai beaucoup réfléchi de partir en France et je me souviens exactement de ce qui s'est passé. En fait, ma famille m'a dit tu ne peux pas travailler aux Etats-Unis. Donc, j'avais essayé tout. J'avais eu beaucoup d'interviews, j'avais beaucoup de trucs, j'avais envoyé plein d'applications, j'avais jamais eu de boulot de ma vie et j'avais 18 ans. Donc, aux Etats-Unis, j'ai commencé à travailler à 16 ans et j'avais jamais eu de boulot, parce que je pouvais pas travailler légalement ici.
Speaker 3Donc, j'avais fait du babysitting. Mais bon, jvent, on allait en France avec mon copain pendant deux mois. Du coup, on s'est retrouvés à faire ça. Mais c'est vrai qu'à ce moment-là, je me suis dit que si je vais en France pendant deux mois. Je pense qu'il y a quelque chose. Mais au final, quand on y a été pendant deux mois, j'étais très contente de rentrer chez moi Malgré que la France, c'est chez moi aussi Mais quand je suis revenue ici, j'étais….
Speaker 2Tu étais contente de rentrer ici, tu veux dire de revenir.
Speaker 3Oui, c'est ça, J'étais contente de revenir, malgré que j'adore retourner en France.
Speaker 3Il y a des moments où, oui, c'est émotionnel. Je me réveille le matin, j'entends des petits oiseaux, et c'est exactement le pourri que j'entendais quand je me réveillais chez ma grand-mère le matin, et ça me manque, et c'est des petits trucs comme ça. Mais voilà, des fois, il faut se dire qu'on a pris une décision et que c'est la meilleure décision pour nous Et que, malheureusement, il y a des moments où ça va être difficile. Même quand il y a des événements, tu ne peux pas y aller. C'est là que ça devient difficile, justement parce que tu te dis que tu n'es pas là et tu loupes quelque chose. Tu loupes quelque chose, tout simplement. Moi, je ne sais pas très bien, quand Manias est né, je n'avais pas le droit de partir cet année, parce que notre carte verte était en procès. Justement, tu étais bloquée ici.
Speaker 3J'étais bloquée de son visa, avec son boulot, et c'était un accord avec le boulot Et lui, il pouvait partir en Rue, il avait le droit d'aller voir Magnès, parce que Magnès, il n'est prématuré à 7 mois Et, du coup, c'est vrai qu'on ne s'y attendait pas, mais c'est vrai que j'allais pas aller voir la courte-départe, et ça a été là quand il est né.
Speaker 3Mais, nièce, j'ai toujours été à côté de son nez Et c'est vrai que ma dernière nièce de ne pas pouvoir être là, surtout quand elle est prémature, de ne pas pouvoir être là pour mon frère et ma belle-sœur, c'était difficile, c'était des périodes très, très difficiles à ce moment-là, et que, oui, c'est des moments comme ça où tu te dis mince merde même presque, parce que, justement, j'avais décidé, en plus, je ne pouvais pas y aller parce que j'étais immobile, il y avait une opération, je ne pouvais pas marcher.
Speaker 3En plus de ça, j'avais une opération, exprès ce Noël-là, parce qu'on ne rentrait pas en France. Et on ne rentrait pas en France, parce qu'on avait décidé de ne pas rentrer en France, parce que j'avais besoin de cette un mois de vacances, ça va être super. On ne s'attendait pas que ma nièce venait pendant ce mois de vacances non plus. Mon père, lui, il n'y a été qu'un mois plus tard, quand même, en France, quelques semaines plus tard. Mais ouais, c'est des moments comme ça où, sachant que mon père n'a pas pu y aller, que je n'ai pas pu, moi, je me retrouve à être la seule à ne pas pouvoir y être Et Je n'avais pas pu y aller, ça aurait été différent.
Speaker 3Mais le fait que je me retrouve toute seule, en plus, je suis mobile, je suis handicapée à ce moment-là, ça a été très dur. Tu as eu une crise, j'avais une crise. Je me souviens que j'avais ma psy, parce que j'étais voile, et ce n'était pas facile, très difficile. Mais il y a des moments où tu n'as pas le choix Et à ce moment, j'étais bloquée, j'avais pas le droit de partir. Donc, comme pendant le Covid, on n'avait pas le droit de partir de l'Est-Avenir, on était bloquée avec notre visa. Ouais, Quand on partait, on revenait pas, et ouais, il y a des moments comme ça où, une fois qu'on a pu partir, on est partis pendant un mois.
Speaker 2en France, on a quand même prof, j'ai un frère et j'ai un demi-frère, et donc ils sont restés tout le temps en France.
Speaker 3c'est ça, oui, parce que je suis la dernière. Mes parents m'ont eu très tard.
Speaker 2J'ai un frère qui a 15 ans de plus et l'autre qui a 20 ans de plus, Donc ils étaient plus vieux déjà.
Speaker 3Ils avaient déjà des familles, tout simplement. Un de mes frères avait une copine. J'étais une tante, j'avais 8 ans. Ma nièce va avoir 16 ans cette année. Mes frères avaient déjà des vies, tout simplement, et c'est vrai que ça a été difficile de partir. Mais une fois qu'il y a des naissances, des trucs comme ça, pour mon neveu, on a pu être là. Mais quand ma nièce est prémurée, sachant que mon neveu, il a eu 6 ans, 7 ans, quand ma nièce est née, enfin voilà, on attendait le bébé, on l'attendait la petite, et c'est vrai qu'on ne pouvait pas y aller. Ça a été très, très difficile. Il y a, on aurait voulu, mais des fois tu n'as pas le choix, des fois tu n'as juste pas le choix. Ce n'est pas facile, ce n'est pas facile.
Réflexions sur l'identité franco-américaine
Speaker 310 ans plus tard, tu as des moments où tu te dis j'aimerais bien qu'il soit là pour ci, pour ça. Moi, quand j'ai eu 21 ans, quand j'ai eu ma graduation, malgré que ce moment-là, que ma graduation n là, c'est un moment aux Etats-Unis, c'est énorme ce moment, mais c'est vrai que je me dis que, peut-être, quand j'aurai mon master, ma graduation, master, je pourrais demander Ça peut être un moment que ma famille soit là. Il y a encore pas mal d'années avant que ça arrive. C'est des moments où je trouve que c'est bien d'avoir ton père, c'est bien d. Comment tu gères ces moments où c'est plus difficile, comment je gère ces moments là, bah c'est vrai que je sais pas quand ma nièce est née.
Speaker 3C'est vrai que je me souviens qu'on était au restaurant avec mon père, parce que j'ai eu mon frère 4 heures plus tôt, 4 heures, même pas 4 heures. Elle a eu ma nièce alors qu'elle est née à 7 mois, et je me souviens qu'ils nous ont envoyé le message que ma nièce était née. Ils arrêtent d'un coup, comme si le monde s'arrête. En fait, tu sais pas quoi faire, tu sais pas quoi dire, tu sais pas. On était au resto. Enfin, oui, on a trinqué, on leur a dit félicitations, parce qu ouais, c'est vrai que je me souviens pas comment, c'est vrai qu'il y a des moments où je me souviens, où j'ai un peu pleuré parce que j'étais pas bien, où je me disais que, ouais, j'aimerais bien, enfin, malgré que, malgré tout, j'aimerais bien être là pour mon frère, j'aimerais bien être là pour eux, parce que je sais que c'est pas facile.
Speaker 3Elle a besoin d'eau de tube pour respirer, elle a besoin de tout pour moi. Enfin, voilà, ils pouvaient presque pas l'avoir. Elle était dans le NICU et tout. Donc, ouais, c'était pas facile pour eux non plus. Et savoir que c'est pas facile pour eux, que tu peux pas, comme ça, où mon frère s'est fait opérer, il y a quelques mois d'une grosse opération du dos et de ne pas pouvoir être là. J'ai pris beaucoup de nouvelles parce que tu te dis, malgré qu'il n'y a pas forcément ce que tu peux faire à ce moment-là, il n'y a pas grand-chose, il n'y a pas grand-chose pour le faire, il s'est immobilisé, je ça, ça. Mais c'est très dur d'envoyer des paquets que tu fais ici. C'est vrai que tu as envie d'aider quand tu peux, mais c'est super loin, c'est pas facile de ne pas pouvoir être là pour certains moments, comme ça dans la famille.
Speaker 2Donc tu es plus en contact, Plus oui, Je veux dire communication.
Speaker 3C'est ça que j'essaie de l'appeler souvent, j'essa communication, tu communiquais avec eux. C'est ça que c'est bien Souvent. C'est que si j'essayais de l'appeler souvent, j'essayais de lui envoyer des messages, de savoir comment ça allait, même si je sais que lui, il n'était pas bien. Il n'était pas bien en ce moment, il souffrait après une opération et qu'il était immobile qu envie de rester allongée au lit et ne pouvoir rien faire. Et donc, je n'imagine pas comment ça peut être. Je ne sais même pas. Mon mania, c'est mon neveu. Ça devait être dur pour eux aussi. Mon mania, ça ne comprend pas. Elle a deux ans. Pourquoi est-ce que mon père ne peut pas vivre avec moi, pourquoi elle ne peut pas me porter, pourquoi elle ne peut pas sauter dessus? Je sais que ça ne pouvait pas être facile pour eux, qu'elle devait gérer et expliquer ça à un petit enfant de deux ans. Donc, pas forcément comprendre, donc, ouais, mais bon, je sais qu'il avait ma mère, je sais qu'il avait beaucoup de soutien.
Speaker 3Donc, c'est ce qui te voilà des fois, quand il répondait pas, voilà, j'allais, j'allais envoyer un message à ma mère, j'ai dit comment est-ce qu'il va? voilà des nouvelles. Comme tu peux, tu prends des nouvelles, voilà, et j'en prends souvent. Enfin, ma mère, je l'ai eue cette semaine, j'ai parlé avec mon frère cette semaine aussi, mais voilà, c'est toujours avec ma mère. On essaie de s'appeler quelques fois par mois Dès qu'elle est chez ma grand-mère, parce que ma grand-mère n'a pas. La technologie est beaucoup mieux qu'avant, c'est plus facile. C'est beaucoup plus facile qu'avant, c'est sûr.
Speaker 2Oui c'est plus facile Et est-ce qu'il y a quelque chose par rapport à ton parcours, ta histoire, que tu n'as pas encore mentionné, dont tu n'as pas encore parlé, que tu voudrais raconter?
Speaker 3Pour moi, un des trucs qui a été difficile, bien sûr, c'était de venir ici en famille avec mes parents.
Speaker 3Mes parents, normalement, ça n'a pas été, surtout pendant le COVID c'est pas facile, parce qu'en fait, la raison, une des raisons, je pense que c'est que, d'un côté, je pense que nousest, que, d'un côté, je pense que nous, on s'est vraiment intégrés dans la culture américaine et que pas pour tout le monde c'est pareil. En fait, il y a certaines personnes qui ne peuvent pas s'intégrer aussi facilement que d'autres personnes. Du coup, ça va impacter ta relation avec eux et je pense que ça peut être un peu ce qui s'est passé avec facile à voir, de savoir qu'elle n'arrive pas à s'intégrer comme nous et que, du coup, ça détruit un peu la relation entre le monde. Parce que c'est différent quand tu t'intègres et tout et que tu ne t'intègres pas du tout, ça met en fait une barrière entre ces personnes-là où ils ne comprennent pas forcément.
Speaker 3Et moi, ça a été difficile. Je me souviens tout à l'heure quand ma mère est partie. Ce n'était pas du tout facile. Je venais juste d'avoir ma graduation. Il y a plein de choses qui sont venues dans ma vie aussi Et je sais que ça n'a pas été facile non plus pour elle ni pour mon père, malgré que, oui, ils se sont séparés. Mais je sais très bien que, avec mon père, en plus, pendant le COVID, t'es coincée ensemble tout le temps. Alors là, ça aide pas du tout.
Speaker 2C'est un passage hyper difficile Et qu'est-ce que tu penses qui a pas marché pour ta mère ici? Qu'est-ce que tu penses qu'il lui a pas plu?
Speaker 3Je pense qu'il y a rien qu'il lui a pas plu. On a fait plein de road trips, on a fait plein de trucs. elle aimait bien la vie, mais je pense que peut pris pas mal d'anglais. On avait eu des cours qui avaient été aussi donnés par le pronomper au début, et voilà, elle pouvait comprendre l'anglais. elle s'est emparlée un petit peu, mais pas assez pour pouvoir en fait créer des relations américaines. D'accord, moi, sans relations américaines, je ne sais pas si je me serais intégrée aussi bien que ça en fait Elle était isolée Un petit peu.
Speaker 3Oui, je pense, parce qu'il y avait nos amis français. Elle passait du temps avec eux, mais on ne les a pas tous rencontrés au début, en fait, et puis, eux aussi, ils avaient leur vie de leur côté. Enfin, voilà, tu ne peux pas être tout le temps avec ces gens-là, malheureusement. Moi, je pense que, oui, si j'avais été mise dans une école française, je n'aurait plus travaillé, mais du coup, il fallait trouver un truc, vraiment, qui allait être pensé, parce que, par exemple, la langue, ce n'est pas facile, d'accord. Et donc, c'est vrai qu'elle s'est beaucoup mis dans l'Alliance française. D'ailleurs, elle faisait partie des membres et moi, maintenant, j'ai pris sa place justement. Je sais qu'elle adorait faire ça. On faisait beaucoup d'événements, on avait des événements chez nous, le Beaujolais nouveau, on a eu un festival de Cannes plein de trucs, comme ça. Elle s'était bien mis dedans, c'était super sympa à voir, mais c'était avec un groupe français, bien sûr.
Speaker 3Donc, elle était à l'aise pour elle, c'était naturel. Mais le problème, c'est que quand il y avait des même en général, quand il y avait des matchs, quand j'avais des concours de natation, c'est plutôt quand mes parents venaient me voir, mais parce que j'ai fait beaucoup de natations en France, je faisais beaucoup de natations. J'ai fait de la natation pendant deux ans avant de partir et je nageais très bien. Et du coup, aux Etats-Unis, en fait, la première année, j l'équipe de natation. Ma deuxième année, donc, quand j'étais en seconde, mon lycée a créé une équipe de natation Et du coup, je me suis inscrite tout de suite parce que moi, la natation, c'était toujours une passion pour moi justement, et j'étais une très bonne nageuse.
Speaker 3Mes parents venaient me voir souvent pour ça, mais pour le tennis, ils ne venaient pas me voir. Quand tu es à la natation, c'est bruyant. Quand tu es dans une piscine, tu ne peux pas forcément parler avec les parents. C'est vrai qu'ils ne venaient pas forcément me voir au tennis, parce que je pense qu'ils savaient très bien que c'est la meilleure natation de tennis, c'était plus sympa de voir de la natation bruyant à l'extérieur. Enfin, t'es les parents, tu peux parler doucement, mais c'est vrai qu'ils ne venaient pas souvent me voir au tennis, mais aussi parce que c'était des heures un peu différentes pour faire la natation.
Speaker 3Donc ça ne marchait pas toujours pour le boulot de mon père Et une fois que j'ai commencé à conduire, si j'ai pu avoir mon permis, j'ai eu mon permis Ici sans voiture, c'est difficile.
Speaker 3Voilà. Mais ici, le transport, c'est très difficile. Il n'y en a presque pas, mais presque pas, à part si tu es dans une grande ville. Quoi Exactement? Mais c'est pour ça que, dès que j'avais la voiture par la mer, on pouvait penser à la maison. Ça n'aidait pas forcément, mais malheure et d'avoir besoin d'un voiture, tout simplement, les gens, ils savaient qu'ils en avaient besoin. Ils m'emmenaient à l'école, ils venaient me chercher, ou quelqu'un m'emmenait, quelqu'un me revenait, on se débrouillait toujours. Mais il y a des moments où on a été coincés parce qu'on n'avait pas de troisième voiture. Déjà, avoir deux voitures, c'est un luxe, mais avoir, c'est très bien, de partager la voiture, donc ce n'est pas trop un problème. Mais c'est vrai qu'à certains moments, c'est des moments où tu peux avoir des relations avec tes parents. Donc là, attention pour des trucs comme ça.
Speaker 3Mais c'est vrai que c'est difficile au niveau parents aussi, parce que si tu ne connais pas depuis que tu es petit, les parents vont déposer ta copine chez toi et puis c'est tout, ils ne vont pas s'arrêter. Oui, il n'y a pas vraiment de relation. Voilà, exactement, même les gens avec qui j'ai été amie pendant des années, au lycée, pendant 4-5 ans, jamais on n'a mangé ensemble avec leurs parents? Jamais, oui. Oui, je trouve ça trop bizarre, parce qu'en France ça ne comme ça, mais c'est.
Speaker 2Donc c'est la difficulté de rencontrer, de tisser des liens sociaux.
Speaker 3oui, Je pense que c'est aussi un peu plus difficile de tisser des liens sociaux, et on en parle même maintenant. En vrai, maintenant, dans la vie de tous les jours, comment est-ce que tu tisses des liens sociaux? Tu vas au boulot, oui, mais C'est vraiment enfin, les gens ici, ils ne sortent pas, comme en France Surtout si tu n'es pas en ville.
Speaker 2Oui parce qu'il y a certains endroits où c'est un peu plus.
Speaker 3voilà Et tu ne sortes pas forcément et tu rencontres des gens communs. Ça va être du coup. C'est vrai que moi, mon copain, je l'ai rencontré sur Tinder Parce qu'à ce moment-là il y avait le Covid Où est Après, c'était plus loin que ça, mais c'est comme ça. C'est la seule façon maintenant en ligne de rencontrer des gens, malheureusement.
Speaker 2Mais tu vois, ce qui est intéressant, c'est qu'entre ton père, ta mère et toi, vous êtes arrivés tous en même temps, mais vous avez tous les trois eu des expériences vraiment différentes. Tu vois, exactement, c'est hyper intéressant.
Speaker 3Non, mais je pense que c'est un peu pareil pour tout le monde. Je pense surtout qu'on arrive à mon âge où tu commences vraiment à être une ado. Je pense que c'est vachement différent, Malheureusement, et d'un bon côté, c'est une expérience de fou mais ce n'est pas pour tout le monde.
Speaker 2C'est révélé pour ta mère.
Speaker 3Voilà, ce n'est pas un problème que que ça soit pas pour tout le monde, c'est juste que, voilà, ça arrive de temps en temps et c'est juste la vie, du moment que t'es heureux pour les autres personnes et que t'arrives à trouver ton truc à toi. Voilà, c'est Ouais.
Speaker 2C'est vraiment hyper intéressant.
Speaker 3Oui, je pense que surtout intéressant. Je pense que surtout pour toi moi, je ne connais pas forcément toutes les histoires de tout le monde expat, mais je pense que pour toi, d'entendre ces histoires de tout le monde, c'est vraiment super intéressant de se dire que chaque personne est une expatriation complètement différente et une histoire complètement différente. Et c'est vrai que quand tu as posté ça sur Facebook, j'ai regardé mon copain et mon père et j'ai dit je pense que ça serait super sympa pour les gens de voir, parce que je pense que t'as pas forcément beaucoup de jeunes comme moi non, ouais, pas du tout, en fait.
Speaker 3Je suis vraiment ravie, je pense que ça peut être bien pour elle et ça peut être bien pour moi d'en parler aussi, d'avoir cette histoire, parce que t'as toujours envie d'en parler, mais il n'y a pas tout le monde qui veut écouter toute l'histoire, ou qu'il y a plein de gens que ça intéresse, mais ça, ils vont l'écouter eux-mêmes, mais ça ne va pas être transmis à d'autres personnes.
Speaker 2Tu sais, en fait, tu vois, si tu écoutes les autres épisodes pas tous, mais en fait, à chaque fois que quelqu'un me raconte son histoire, on a tous des points en commun dans notre parcours, mais on est tous très, très différents. Tu vois des gens qui sont enfin vraiment des parcours vraiment différents, des professions, des âges, etc. Et c'est justement ça qui m'intéresse, parce que je retrouve toujours des points communs, par exemple, comment ça se passe par rapport à tu vois ton point de vue avec ta famille en France, mais bon, tu vois ton point de vue avec ta famille en France, mais bon, déjà, toi, toi déjà avec ta famille, c'est trois, c'est une famille, une famille, mais trois histoires différentes de leur déménagement aux Etats-Unis. Tu vois et en fait, je suis contente que, parce que j'avais une jeune fille, mais elle avait, c'était un peu différent, mais quelqu'un que ce qui est intéressant avec ton histoire, c'est que t'es arrivée en ado et que maintenant t'es une jeune adulte. Tu vois donc, t'as grandi c'est ça, en fait.
Speaker 3Je trouve que c'est le moment le plus important de ta vie, en fait en adolescence c'était que t'as tellement de périodes.
Speaker 3Je trouve que, peut-être, quand t'arrives, quand t'as 30 ans, jusqu'à 40 ans, ça va être à peu près le même cycle de vie. Mais quand t'arrives à 13 ans, t'es jusqu'à 23 ans. T'as vécu plein de trucs différents, t'es passé par le collège, t'es fixé à l'université, le boulot, t'es passé par 30 ans. C'est à part peut-être, oui, si tu es un enfant ou un truc comme ça. Mais voilà, en tant qu'ado jusqu'à adulte, c'est une expérience complètement différente et c'est une vie Jamais. Je ne dirais que je n'ai pas adoré parce que j'ai trop kiffé ma vie ici. J'ai deux fois dans l'Ouest On m'est dit 8 ans, un mois avant le Covid, j'ai demandé à mes parents d'aller à Los Angeles. On est partis à Los Angeles pendant un week-end. C'est des trucs comme ça qu'en France, tu ne ferais jamais.
La vie familiale et les défis de l'éloignement
Speaker 3On a fait des road trips au Canada. J'ai été en Floride plusieurs fois. Je suis retournée en Floride au mois de février, toute seule, avec une des trucs que jamais j'aurais fait en étant en France et que j'apprécie beaucoup parce que je vois des trucs que jamais j'aurais vu faire tous les parcs nationaux sur la côte ouest. C'était magique, c'était magnifique, sachant qu'on l'a fait avec mon frère, ma belle-sœur à ce moment-là, elle était venue pour Noël. On avait fait ça à la place.
Speaker 3D''étais toujours assise derrière, mais on avait un grand van Et on était tous dans le van et tout, et c'était une expérience de fou. On a fait plein de trucs. Dès qu'on est arrivés aux Etats-Unis, ma grand-mère a réussi à venir aux Etats-Unis. Ma grand-mère avait 81 ans maintenant. Quand on est arrivés, elle avait 81, 82. Donc, c'est très bien. Canada. On était passés par Chicago, on est venus par Boston.
Speaker 3J'ai eu des expériences de fou, en fait, et je sais que ça ne s'arrête pas là. Cet été, j'ai visité la Caroline du Nord. J'ai été dans la Caroline. Jamais, C'était ma première fois. Il y a toujours des nouveaux trucs qui sont fous Et, ouais, j'adore ça. C'est une expérience de fou de jamais s'arrêter, d'avoir plein de trucs toujours à visiter. J'aimerais bien visiter toute l'estée. Bien sûr, c'est un des trucs que j'aime le faire et un jour, oui, ça arrivera, mais il y a toujours quelque chose à faire. Il y a toujours quelque chose à visiter.
Speaker 3Je suis à 1h30 de New York. Hier, je suis revenue, il était presque minuit, mais il y a une heure et demie de route en voiture. C'est un truc de fou. En France, c'est ce que les gens font des fois pour aller au boulot. C'est des trucs de fou. Je suis à deux heures de Boston.
Speaker 3On est très bien placé aussi, je vais pas mentir.
Speaker 3On est vraiment au milieu de tout, donc on a de la chance. Mais franchement, c'est une opportunité de fou. Et je le dis toujours à mon père que je ne voulais pas partir et que je ne le remercierai jamais pour l'avoir fait quand même, malgré que ce n'est pas moi à présent qui allais changer son avis ou l'avis de ma mère à ce moment-là, mais que j'ai réussi à profiter de ça au lieu d'être négative tout le temps, et j'ai réussi à en. Comme je dis, il y a toujours ces moments où t'es heureuse avec ta famille, toi, tu sois avec eux, mais chacun vit sa vie et chacun vit son moment à nous.
Speaker 3Et moi, je trouve que j'ai trouvé mon mode de vie et que c'est un mode de vie que j'aime bien, et mon père aussi. On a chacun notre vie Et voilà, c'est bizarre de se dire qu'on a refait notre vie, que chacun en a refait notre vie et tout. Mais voilà, c'est fait et on est heureux. Et je pense que quand on a la double nationalité, il n'y a pas grand-chose qui va changer, c'est juste qu'on a la double nationalité. Mais que voilà, c c'est un grand pas aussi.
Speaker 3c'est un grand pas de se dire si tu verras, il y a des choses qui changent dans ton identité mais c'est vrai que je disais que c'est des gens pareil qu'on perd le jour, que dans 3 ans, on peut demander la citoyenneté. Dans 3 ans, c'est pas exactement 13 ans en France, 13 ans en Etats-Unis, et ça, c'est énorme de me dire que j'aurais 26 ans à ce moment-là, j'ai pas envie de savoir, mais proche de la trentaine, mais c'était. J'ai fait moitié, moitié d'un choc pays, c'est énorme. À ce moment-là, ouais, ça devient vraiment enfin ton pays aussi et ta nationalité. En fait, tout simplement, je ne suis pas née ici, mais c'est drôle à dire, on a quand même hâte d'avoir la citoyenneté. Quand même, c'est un grand pas, c'est un grand pas, c'est un grand pas.
Speaker 2Oui, mais tu sais quoi? on devrait refaire une interview quand on aura la citoyenneté, dans 4 ans, 3, 4 ans.
Speaker 3Il y a certains trucs qui changent, mais pour moi, c'est d'avoir une double nationalité. C'est une opportunité de fou, sachant que pour moi qui suis jeune, dès que j'ai des enfants, ils vont avoir pareil. Ils vont exactement avoir pareil que moi La double nationalité. Qu'ils soient nés en France ou ici, ils auront automatiquement la double nationalité. C'est énorme parce qu'ils ont des possibilités de fou aussi à ce moment-là. Et je trouve que, malgré tout, les Etats-Unis ont leurs problèmes, comme la France a leurs problèmes, comme d'autres pays ont leurs problèmes, mais c'est quand même un pays qui est agréable à vivre aussi. Donc, après, on a de la chance d'être dans la state, j'ai de la chance d'être dans cette state aussi, qui peut être peut-être, qui est une des states aussi qui des États-Unis, comme la Californie, mais c'est quand même une très belle state aussi. Il y a quand même pas mal de trucs à faire, l'état. Donc, ouais, on est tombé bien aussi, on va dire, au niveau État ouais, cool.
Speaker 2Bah écoute, je crois que on a déjà parlé à presque 1h40. Ouais, ouais, merci, merci beaucoup, léa, c'est vraiment merci de m'avoir parlé je suis vraiment. Tu vois, j'arrive du mal à parler en français aussi, c'est dur des fois. Oui, je suis amazed. Je suis vraiment très ravie d'avoir écouté ton histoire. C'est vraiment merci d'avoir écouté et bah, je vais arrêter le podcast l'enregistrement, pardon.
Speaker 1Arrêter le podcast, l'enregistrement, pardon si vous êtes encore là et si vous avez écouté cet épisode jusqu'à la fin, je vous souhaite une très belle journée ou soirée ou nuit, et je vous retrouve très bientôt, à bientôt, a bientôt. Sous-titrage ST' 501.