Les Tas d'Amis

Les Tas d'Amis et Celine - Vingt Ans Entre Deux Rives

Eleonore

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Présentation Du Podcast Et Du Thème

Speaker 1

Bonjour, c'est Eleonore et je vous reçois dans l'état d'ami, le podcast des français aux Etats-Unis En 2009,. je suis partie m'installer aux Etats-Unis. Depuis 13 ans, je construis ma vie familiale et professionnelle sur la côte est, loin de la France. Avec ce podcast, je vais à la rencontre d'autres immigrés français pour échanger sur nos parcours respectifs et mieux comprendre ce qui nous a poussé à prendre le grand large pour de bon. Que s'est-il passé après l'installation? Comment nous intégrons-nous à la culture et la vie américaine? Comment voyons-nous la France depuis l'autre côté de l'Atlantique? J'essaie d'apporter des réponses à toutes ces questions, car je me demande souvent pourquoi on choisit de partir et qui on devient dans un autre pays. Avec l'État d'amis, j'espère souder la communauté française immigrée, mais aussi faire le lien avec les Français de France, comme on les appelle, qui nous manquent tant à tous. Bonjour, céline, merci de bien vouloir participer au podcast L'État d'ami. Bienvenue dans le podcast.

Speaker 1

Merci de me recevoir. On commence par une introduction. Est-ce que tu pourrais nous dire où tu es située, où tu vis, depuis combien de temps tu habites aux États-Unis, quelle est ta situation professionnelle et personnelle Et de quel endroit es-tu en France? Où viens-tu en?

Speaker 2

France? Oui, pas de souci, je suis donc. Je vis actuellement à Atlanta, en Géorgie. Ça fait sept années, ça va faire vingt ans que je suis aux États-Unis. Ma situation professionnelle, je fais de la gestion de projet, donc Senior Project Manager, et je viens à l'origine d'un tout petit village du sud de la France, en Provence, qui s'appelle Talar et qui est à environ une heure et demie, un peu, de Marseille. Voilà donc une intro assez brève 20 ans aux États-Unis.

Speaker 2

Oui, c'est ça. Donc, cette année, je viens d'avoir 40. Donc, cette année, non seulement ça fait 20 ans que je suis ici, mais ça fait également c'est l'année où j'aurais vécu en fait autant de temps ici qu'en France. Donc une grosse année pour moi, beaucoup de questionnements. C'est assez fou d'y penser comme ça, en fait, de me dire que j'ai passé la moitié de ma vie dans ce pays, tout autant de temps que j'ai passé dans mon pays d'origine.

Speaker 1

Et qu'est-ce qui a fait que tu es partie à 20 ans?

Speaker 2

Alors, à l'origine, comme beaucoup de Français, je suis partie en tant qu'opère. Donc, voilà, je voulais voyager. Je viens d'une famille assez modeste, donc on n'avait pas les moyens de faire Les États-Unis, c'était vraiment hors budget pour nous, c'était même pas une option. Donc, j'ai commencé un peu à faire mes recherches. J'avais 18-19 ans à l'époque, j'étais un peu dans une phase où je me cherchais un peu, et donc, j'ai trouvé ce programme d'Au Pair et j'ai dit super, ça peut me permettre d'aller voyager, d'aller découvrir les États-Unis pendant un an, à presque aucun coût. Donc, je me suis inscrite, ne pensant jamais que ça marcherait, et en quelques mois, non seulement j'ai eu l'appel, on a fait les interviews, on m'a commencé à matcher avec une famille américaine et je faisais mes sacs et je partais. Donc, ça s'est passé très, très, très vite.

Speaker 2

Encore une fois, à l'origine, c'était juste une idée comme ça, une option, et avant même que je réalise la chose, j'étais dans l'avion. Donc, à l'origine, on a tous atterri sur New York pendant quelques jours Et après, on était tous dispatchés dans nos villes respectives. Mais ouais, c'est arrivé très, très vite. Et voilà, voilà comment je suis arrivée ici.

Speaker 1

En France, tu avais commencé l'université, ou pas du tout, Ou tu voulais vraiment partir.

Speaker 2

Oui, oui, oui.

Speaker 2

Donc voilà, j'avais commencé l'université, mais je n'y suis pas restée. en fait, je crois que je n'ai même pas fait six mois en université, si je me rappelle bien. Et la raison pour laquelle c'est passé comme ça, c'est que je viens, comme j'ai mentionné, d'un tout petit village et je suis très, très proche de ma famille. Je n'étais jamais partie, en fait, et l'université, c'était vraiment la première fois où je quittais mon nid, on va dire. Ça a été très difficile pour moi de me détacher de ma famille. Je n'ai vraiment pas supporté. Donc, en fait, j'ai arrêté l'université, je suis revenue, on va dire, dans ma région et j'ai fait des petits boulots. Quoi, en fait? Je me cherchais, en fait, j'essayais de savoir un peu ce que j'allais faire de retour, parce que, bon, bien sûr, comme tu peux l'imaginer, ma maman n'était pas très contente.

Speaker 2

Elle avait mis beaucoup, beaucoup en œuvre pour me faire installer dans ma chambre d'université et tout ça. Elle avait vraiment investi énormément. Et de savoir que j'abandonnais aussi rapidement, c'était un peu difficile. Et entre-temps, du coup, comme il était hors de question que je reste à la maison sans rien faire, j'ai trouvé un petit boulot, chez un pâtissier, en fait, et là, j'ai dit bon, je me suis lancée là-dedans et c'était vraiment top. Bon, c'était difficile, tu vois, pendant j'ai fait ça, je crois deux ans, mais j'ai appris énormément. Et de là, ouais, après deux ans, c'est là que je suis partie aux Etats-Unis. En fait, donc vraiment une phase un peu où j'ai fait un peu, ouais, c'était vraiment une parenthèse, on va dire, dans ma vie, où je me cherchais un peu, et les États-Unis, ça a vraiment été le tournant.

Speaker 1

T'es partie à l'université et t'as pas supporté être loin, mais après, t'es repartie encore plus loin.

Speaker 2

C'est ça, c'est ça vraiment, et c'est ça qui est fou. C'est parce que, comme je disais, je me suis lancée dans la recherche de comment voyager et tout ça, et je me suis donc inscrite à ce programme C Et je me suis donc inscrite à ce programme. Ce n'est pas arrivé du jour au lendemain. Donc, après, il y a eu l'interview, tout ça, mais je ne sais pas. Quand j'y repense, je me dis est-ce que j'étais un peu déconnectée ou sur un nuage, encore une fois, ne pensant jamais que je serais entre guillemets choisie comme au père, parce que nos dossiers sont présentés à des familles, on est à des familles, on est choisi Et avant même que je le réalise, encore une fois, j'étais dans l'avion et je pense que c'est une fois que je suis arrivée sur le sol américain que j'ai réalisé vraiment ce que je venais de faire. Et, pour être entièrement honnête, les quatre, cinq premiers mois ont été extrêmement difficiles pour moi. Et c'est marrant parce que quand je parle avec des amis qui ont fait au pair, toutes dont je parle avec des amis qui ont fait au pair, toutes elles ont eu vraiment une expérience différente. Elles étaient toutes super contentes de venir.

Speaker 2

C'était la liberté, c'était d'être loin de leurs parents, alors que moi, on en rigole maintenant avec ma famille, ma maman, ma sœur, tout ça. Je me dis les noms de lettres, parce qu'à l'époque j'écrivais des lettres, ou même de coups de téléphone où j'étais en pleurs à vouloir rentrer, mais j'étais sous contrat, si je me rappelle bien. Donc, c'est pas aussi. Enfin, tu peux pas juste prendre un billet et rentrer, quoi, tu vois? Donc, ça a été extrêmement difficile pour moi Quand j'y repensais. Ouais, c'était pas une bonne période, mais j'avais besoin de ça, je pense, tu vois, pour grandir un peu aussi et apprendre à être détachée de tout ça un peu, tu vois, même si on est resté très, très soudés. Donc, oui, ça a été très difficile au début.

Speaker 1

Tu quittais qui, en France Tout le monde, tout le monde.

Speaker 2

J'ai ma mère, j'ai ma sœur, bien sûr. Après, j'ai trois autres frères et sœurs, mais c'est des demi, donc on n'est pas autant proches, et je suis vraiment dans un tout petit village. Je crois qu'il y a 2500 habitants À Talaar. Donc, il y a encore ma grand-mère, il y a mes oncles et tantes, il y a mes cousins. Enfin, j'avais mes amis, j'avais un groupe d'amis. On était assez soudés. Donc, vraiment, c'est tout ce que d'y repenser, ça me fait un peu sourire. Je me suis lancée là-dedans, vraiment, je pensais C'est un peu bébête de dire ça, mais je ne pensais pas que ça marcherait. Et puis, ça a marché. C'est une fois que, ouais, une fois que je suis arrivée là, que je me suis dit ah, ouais, en fait, je suis'étais jamais partie, ce qui me paraît encore une fois fou maintenant, avec tous les voyages que j'ai faits, tout ça. Puis, je pense que les générations, de nos jours même, peut-être, voyagent plus maintenant, je ne sais pas. Ou, peut-être j'étais super protégée, protéger.

Speaker 2

C'est bizarre un peu d'y repenser, mais c'est vrai que maintenant, ça me paraît fou De me détacher de tout ça. Ça a été très, très dur pour moi Et, comme tu dis, en fait, l'université je n'avais pas supporté. Mais si j'avais su, c'est comme ça que la vie, tu ne sais pas ce que la vie te réserve. Tu vois, si j'avais supporté, l'université, je serais maintenant.

Speaker 2

Mais non la vie en a voulu que ça devait se passer comme ça que j'abandonne l'université, que je fasse un petit boulot à côté, que je me cherche, et puis que je parte aux États-Unis.

Speaker 1

Le contrat de fille au père. C'est un an.

Speaker 2

Je pensais que c'était deux ans, c'est un an, du moins moi, la compagnie avec laquelle j'étais, c'était un an de plus, donc max deux ans. Mais mon contrat d'origine, c'était un an, c'est-à-dire qu'une fois qu'on est arrivé à la fin de mes un an, j'avais l'option de renouveler trois, six, neuf mois ou douze mois max, ou l'option de ne pas renouveler du tout.

Atlanta, Conduite Et Adaptation

Speaker 1

Qui t'ont envoyé à Atlanta directement ou c'était dans une autre ville.

Speaker 2

C'est ça à Atlanta, donc, on est tous dans toutes les opères, toutes les opères de, parce que c'est par saison, je ne sais plus combien de semaines ou de mois, ils faisaient des vagues d'inscriptions Donc, on s'est toutes rejointes, toutes les opères de la France rejointes à New York. Je crois qu'on a passé quatre jours sur New York, où ils te font, en gros, ils te parlent de la culture, des choses à faire, à ne pas faire, c'est parce que la culture est assez différente. Et après, à la fin du quatrième jour, on était toutes dispatchées sur les États-Unis. Donc moi, atlanta, entre autres, là où j'avais ma famille d'accueil, donc voilà, et après, je suis allée sur Atlanta, et c'est là où je suis restée depuis, et donc, ils étaient dans Atlanta, en ville, non dans le suburbs, à Alpharetta pour être exacte, alpharetta, tu as 30-40 minutes de Atlanta.

Speaker 2

Oui, j'allais dire, je ne sais pas si tu connais Atlanta, c'est un peu pas vrai. J'ai vécu à Atlanta. Ah super, j'allais dire Donc, après, tu vas comprendre exactement de quoi je parle. Donc, après être arrivée de New York, la première chose que j'ai fait, bien sûr, c'est chercher le centre-ville, downtown, et si tu te rappelles bien, enfin, downtown Atlanta, c'est pas du tout downtown New York.

Speaker 2

Non, pas du tout, et j'ai mis des jours et des jours à chercher vraiment le centre-villeville. Et Atlanta, c'est pas du tout comme Chicago ou New York ou certaines de ces villes où, justement, tu as un centre-ville où tu peux marcher et tout ça. Atlanta, c'est tellement étendu et c'est plus des neighborhoods. Voilà, donc, c'est vrai que moi, j'étais à Alpharetta et j'ai mis un petit moment à apprendre à connaître la ville et prendre mes marques, tout ça.

Speaker 1

Et donc tu avais ton permis de conduire déjà.

Speaker 2

Oui, techniquement, je l'avais en France. Et oui, quand je suis arrivée ici, vraiment, je suis tombée dans une famille extraordinaire et le papa était un peu, comment on dit, un peu free spirit, tu vois. Donc, je crois que si ce n'est pas mon premier week-end ou mon deuxième, il m'a dit allez, on prend la voiture et tu conduis. Et j'étais, mais terrorisée, bien sûr, parce que, oui, parce que les grandes routes, la highway, tout ça, et il ne m'a pas laissé le choix, quoi. Mais pareil, en recul, je me dis que c'est vrai que ça m'a aidée à surmonter cette peur très rapidement. Et puis, c'est vrai qu'en tant qu'opère, j'allais être responsable quand même de leur enfant, et il fallait que je sache conduire, parce qu'elle avait 19 mois à l'époque.

Speaker 2

Ah, ouais, un bébé Toute petite, ouais, toute petite. Mais bon, elle était déjà inscrite à des classes de musique, des différentes activités, il y avait une bibliothèque, tout ça. Donc, en gros, il s'attendait vraiment à ce que je la conduise la semaine. Donc, je n'ai pas eu le temps de me poser la question si j'étais prête à conduire ou pas. Ça s'est passé très vite, mais bon, c'était pour le meilleur, je pense.

Amitiés, Anglais Et Seconde Année

Speaker 1

Tu disais à 4-, mais bon, c'était pour le meilleur, je pense. Tu disais à 4, 5 mois. C'était difficile. Donc, les 4 premiers mois ou 5 mois, ça a été très difficile, mais à partir de quand et comment, ça s'est apaisé.

Speaker 2

Je pense que, petit à petit, moi déjà, j'ai commencé un peu à me faire des amis ici. Tu vois, entre autres, dans le même lotissement, il y avait une autre au pair, du même programme, pas du même pays, mais elle était de J'essaie de me rappeler si c'était de Pologne, non de Bulgarie, de Bulgarie, et on s'est rapprochés en fait. Donc, rien que ça, tu vois, c'est tout bête, mais rien que d'avoir une amie, ça a aidé. Et après, il me semble bien que, quelques mois après, pareil, j'ai rencontré un copain. Donc, tu vois, petit à petit, tu commences à lier des, nouer des liens, tu vois.

Speaker 1

Un copain américain ou français.

Speaker 2

Américain, ouais, américain, et ça, bon après, ça n'a pas duré, mais cet Bon après, ça n'a pas duré. Mais cette amie, on s'est beaucoup, beaucoup rapprochés, on a pu partager, bien sûr, même si elle ne venait pas de France, tu vois, mais nos peurs, nos inquiétudes, nos tristesses, nos joies, et puis, chaque jour, on avait presque le même emploi du temps. Donc, elle était au père également Et chaque jour, une fois qu'on finissait, on finissait toutes les deux aux alentours de 17h, et donc on prenait la voiture, et puis tout bête. Tu vois, mais même on allait boire un café, ou après, je crois qu'on s'était mis, si je me rappelle bien, au YMCA, tu sais, à la salle de sport. Donc, rien que ces moments qu'on a pu passer ensemble, ou même le week-end.

Speaker 2

Tu, au début, j'étais très, comment dire? Je dépendais vraiment de ma famille d'accueil. Puis, mon anglais était horrible, donc, je n'arrivais même pas à communiquer avec eux. Donc, ça y a joué aussi. Tu vois, après les cinq, six mois, j'étais un peu plus à l'aise, Même si mon anglais était toujours très, très, très mauvais, mais plus passé jusque, avec eux et l'enfant, j'avais une amie. C'était un peu comme un échappatoire, tu vois, même s'ils s'occupaient très, très bien de moi, mais ça me permettait, le week-end, de faire autre chose que juste de rester avec eux et le bébé, tu vois.

Speaker 1

Et du coup, ton manque par rapport à ta famille, c'était encore présent.

Speaker 2

Oui, c'était encore… Oui, c'était encore… Oui, oui, bien sûr. Enfin, j'y repense, mais ça s'est amélioré, parce que j'ai quand même, après l'année, ma première année… Je sais que ça… Je me rappelle que c'était très difficile, encore une fois, pour moi de décider si… Parce que je crois que c'est à ce moment-là, ouais, que je commençais à avoir un copain et plus d'amis Et donc, je me disais est-ce que je veux rentrer? Parce que j'étais encore, bien sûr, j'avais encore tous mes amis en France, tout ça, ma famille, évidemment. Donc, je voulais rentrer, mais je commençais à être à l'aise ici, tu vois. Mais je me rappelle avoir eu du mal à décider si je voulais renouveler, je crois, neuf mois ou un an. Donc, c'est que ça se passait bien au final, tu vois. Donc, je suis restée, j'ai prolongé mon visa.

Speaker 1

Donc, tu as prolongé encore un an, c'est ça. Tu t'es dit bon, je reste Voilà voilà, oui, oui. Donc tu as passé un cap, c'est ça j'avais passé un cap.

Speaker 2

Tu pensais encore Voilà, j'allais dire, je pense que je voulais aussi me, comment on dit en français, me donner un peu plus de temps de réfléchir ce que je voulais faire après ça. Je m'étais dit bon, si je repasse une autre année, ça me donne assez de temps. Moi je pensais que je rentrais vraiment en France après ça.

Speaker 2

tu vois, Je me suis dit bon, je passe une autre année, en gros, c'est marrant d'y repenser comme ça mais de me dire je finis ce que j'ai à finir ici. Tu vois, avec mes amis, avec mon petit copain à l'époque, avec ma famille d'accueil, je vois ce que j'ai à voir, je vis ce que j'ai à vivre. Et puis ça me donne un an de décider. Voilà, est-ce que je repars en France, qu'est-ce que je vais faire? Parce qu'encore une fois, il était hors de question que je reménage avec ma maman et que je fasse rien, tu vois. Mais bon, comme ça, ça me donne du temps de réfléchir à qu'est-ce que je fais une fois que je rentre, est-ce que je reprends l'université?

Speaker 1

Est-ce que s'est passé au bout de la deuxième année?

Études, Visa Étudiant Et Petits Boulots

Speaker 2

Au bout de la deuxième année, encore plus à l'aise, et à ce moment-là, je n'étais toujours pas prête de rentrer Et je commençais vraiment à me faire encore une fois plus des amis tout ça. Et à ce moment-là, mon contrat était terminé. Donc, techniquement, en tant qu'au pair, il faut rentrer, le visa était terminé Et à ce moment-là, j'ai tenté de devenir étudiante. Pareil donc, un peu comme la situation d'au pair où j'ai dit je vais m'inscrire, il y a énormément de Tu dois savoir, de papiers à faire en tant que Si tu es étranger, que tu veux aller à une université américaine, sans parler du coût, tout ça. Donc, j'ai dû mettre énormément en place. Mais je me rappelle le jour où j'ai eu la lettre d'acceptance, ouais, c'était énorme. C'était énorme quoi? Et c'était un peu, encore une fois, surréel. Jamais j'aurais pensé que ça marcherait.

Speaker 2

Bon, maintenant, encore une fois, avec le recul, je comprends tout à fait comment les études américaines marchent, les recherches, d'école, tout ça, alors que là, moi, j'avais, comment dire? je m'étais inscrite à un collège, on dit community college, une petite école, tu vois. Bon, pas pour dire que c'était très facile d'y rentrer ou quoi que ce soit, mais je n'ai pas du tout fait les recherches. Cherche où? j'ai pris un peu la première école qui était dans le quartier ou dans la région, on va dire et je me suis inscrite là, voilà, sans trop faire, un peu comme on aurait fait, pas en France, mais bon, en France, surtout moi d'où je viens, il y avait deux ou trois universités, puis voilà quoi, tu vois donc, mais bon, voilà, du coup, je'ai dû rentrer. Si je me rappelle bien, j'ai dû rentrer en France quand même, pour refaire une demande de visa. J'ai dû aller sur Paris, tout ça, mais pareil, c'était un moyen pour moi de donner du temps, en fait.

Speaker 2

Je ne comptais pas faire mes études ici. Je ne savais même pas ce que je voulais étudier ou ce que je voulais faire vraiment de ma vie. Mais c'était comment puis-je rester ici? Bon, l'au Père, ça y est. J'ai fait ça, ça y est. J'ai utilisé tout mon temps en tant qu'Au Père. What's next? Tu vois, ah, étudiante. Ok, bon, maintenant je vais devenir étudiante. J'ai fait ça, en fait. Ouais.

Speaker 1

Donc c'était pour rester avant tout. Mais du coup, comment tu pouvais soutenir ta vie étudiante financièrement? Parce que tu ne travaillais plus à ce moment-là.

Speaker 2

Non, donc, du coup, j'étais plus au pair Et, en fait, ce qui s'est passé, c'est que, juste au moment de transition donc, moi où je devenais étudiante, où je faisais tous les papiers, tout ça, c'était donc en fin de mon contrat d'opère ma maman d'accueil et son mari se sont divorcés, se sont séparés, et donc, c'était une période très difficile. Oui, une période très difficile. Bon, je ne connais pas les détails ou quoi que ce soit, mais c'était une période très difficile pour elle, vu qu'on s'était beaucoup rapprochés parce que, bon, j'étais quand même, donc, je vivais avec eux, j'étais avec leur bébé 40 heures par semaine sur contrat, mais plus 50-60 après en heure sup, mais donc, on s'était beaucoup rapprochés, on avait une très bonne relation. Et en fait, tout ça pour dire que quand son mari, donc ils se sont séparés, elle m'a proposé en fait de rester avec elle, donc de louer entre guillemets ma chambre, ce qui avait été ma chambre pendant deux ans en tant qu'opère, et de rester là. Et elle m'a dit écoute, elle a été très directe, tu vois. Elle m'a dit écoute, moi je vais avoir besoin de l'aide avec la petite parce que, bon, elle a travaillé pour Cox Enterprise, donc, elle était très haut placée Et donc, elle emplo.

Speaker 2

Mais pour faire bref, en gros, elle m'a dit écoute, si tu veux bien, toi, tu vas avoir besoin d'un endroit où rester. Si tu veux bien, tu restes avec nous Et comme ça, tu m'aides à côté quoi? Enfin, c'était parfait parce que je n'avais pas du coup à chercher d'appartement, tout ça, elle m'avait fait, continuais, elle, de l'aider avec la petite, avec des choses dans la maison. Tu vois, donc, ça a été un super bon compromis.

Speaker 2

Et moi, à côté de ça, je me suis mise à faire du babysitting et du house-sitting, ce qui est très courant ici, parce que j'ai appris, en fait, et ça me permettait de compléter, de me supporter financièrement, que je n'arrêtais pas, en fait, quand, de me supporter financièrement, que je n'arrêtais pas, en fait. Quand je y repense, je me dis comment? Parce que j'étais à l'école, ce qu'on dit plein temps, c'était obligatoire. En tant qu'étudiante internationale, il fallait être plein temps. Et après, en fait, je bossais vraiment du lundi au dimanche. Je n'avais pas de temps libre. En fait, si je n'étais pas en cours, j'étais soit avec la petite, soit faire du babysitting, soit faire du gardiennage de chiens, soit faire du gardiennage de maison. C'était fun, parce que j'ai pu rester dans des maisons de millionnaires.

Speaker 2

Tu vois vraiment, regarder leur maison leurs chiens, mais c'était non-stop, et en plus des devoirs, et tout parce qu'il fallait quand même que je maintienne un certain niveau pour pouvoir rester à l'école. Mais bon, quand tu as la vingtaine, tout est possible. Pour moi, ça se faisait Alors que maintenant, je me dis je ne pourrais pas faire ça maintenant, mais ça m'a permis, comme tu dis, financièrement, de subvenir à mes besoins. Après, je ne vivais pas une vie extravagante, c'était vraiment au centime près, mais ça me permettait de vivre Une vie d'étudiante. Quoi? Une vie d'étudiante exactement.

Speaker 2

Je, ne, voulais pas du tout sur l'or. Attention, c'était très limité à ce que je pouvais m'acheter. Tout mon argent, honnêtement, je le mettais dans mon billet d'avion pour rentrer.

Speaker 1

Au point de vue langue et anglais, comment ça s'est passé.

Speaker 2

Je me rappelle que mon premier semestre, ça a été très difficile parce que, bon, à ce moment-là, ça faisait déjà deux ans que j'étais ici. Donc, mon anglais je comprenais beaucoup mieux, mais je le parlais vraiment mal toujours. Donc, mon premier semestre d'école, ça a été assez difficile. Puis, après, ça a évolué, bien évidemment, et puis ça n'a plus été un problème. Je le pense, moi, je le dis honnêtement, parce que j'ai énormément d'amis de tout pays ici et on me dit souvent, moi, quand je parle anglais, que les gens ne savent pas que je suis de France. On me dit souvent que je n'ai pas un accent, très, très, très peu.

Green Card, Mariage Et Premier Job

Speaker 2

Et je pense, moi, ce qui a énormément aidé à ça, c'est que je n'étais pas du tout connectée à des Français ici. Tous mes amis étaient Oui, j'avais beaucoup d'amis étrangers, mais aucun de France, en fait, Et du coup, je parlais anglais tout le temps. En fait, j'étais forcée à parler anglais tout le temps Et le seul moment où je parlais français, c'est quand je communiquais avec ma famille. Donc, je pense que ça a beaucoup aidé à ce que j'apprenne, ou, disons, que j'apprenne ou j'améliore mon anglais assez rapidement.

Speaker 1

Parce que oui, en fait, de passer à être fille au père et de suivre des cours en anglais, d'avoir à faire des devoirs, des essais en anglais, c'est là, vraiment, où tu passes un autre cap, au niveau Tout à fait.

Speaker 2

Voilà, et surtout, ce que je n'ai pas mentionné, c'est qu'en tant qu'opère donc, deux ans d'être de fille opère aussitôt où je suis arrivée la raison pour laquelle, en fait, ma famille m'a choisie, c'est parce que j'étais française et qu'ils voulaient apprendre à leur fille le français. La maman avait vraiment, Son frère avait déménagé à Paris il y a des années, des années auparavant. Donc elle avait cette connexion. Elle ne parlait pas un brin de français, mais elle avait cette connexion avec la France Et elle voulait vraiment que sa fille grandisse en apprenant le français. Quoi? Et peut-être même en étudiant un jour en France, dans le français, et peut-être même en étudiant un jour en France. Donc, moi, elle me l'avait dit aussi, j'y avais écrit à l'époque, je me rappelle, j'avais fait une traduction à l'ordinateur en lui disant je ne parle pas du tout l'anglais Et elle m'avait dit mais ce n'est pas un problème, moi je veux que tu lui parles français.

Speaker 2

Donc, pour en revenir, deux ans d'opère où je parlais français à à la petite, et c'était trop beau, parce qu'elle l'a appris très, très vite. Donc, je communiquais strictement qu'en français avec elle. Bon, elle répondait pas trop, elle était toute petite, quoi. Donc, c'est vrai que de passer de ça d'un coup, me retrouver dans une école entourée d'étudiants américains, des cours en américain, puis à devoir non seulement communiquer, comprendre et faire, comme tu dis, des essais, des devoirs, des rédactions, ça a été un gros cap. C'est pour ça que, mon premier semestre, mes notes étaient horribles.

Speaker 2

Et après, une fois que j'ai pris le coup, il fallait que je m'y mette de toute façon. Et où est-ce que ça t'a amené, ces années d'études? T'as fait combien d'années? J'ai fait mes quatre ans. Bon, après les deux ans dans cette petite université, je suis passée à une plus grande université, georgia State, et donc, j'ai fait mes quatre ans et j'ai fait des études.

Speaker 2

En fait, comment dire business management? Donc très. Enfin, comment dire business management? Donc très. Comment dire très large comme sujet? on va dire, parce qu'encore une fois, je n'étais pas exactement sûre de ce que je voulais faire. Donc, ça m'a permis, c'est un sujet, on va dire, ou une matière qui m'a permis de. Je me suis dit ça me permettra d'aller un peu de partout, n'importe où. Business, je peux me retourner sur n'importe quoi en faisant ça. Et de là, après, si je me souviens bien, j'ai eu mon premier boulot officiel, on va dire où je suis devenue? Donc, j'ai ma première entreprise ici, où j'étais en mi-temps en tant qu'assistante RH, d'accord. Donc là, j'étais vraiment dans un bureau avec une équipe américaine, Mais bon, à ce moment-là, mon anglais était déjà beaucoup mieux, tout ça. Puis, je ne parlais pas, enfin, comment dire? je n'étais pas au téléphone ou quoi que ce soit. Je travaillais avec l'équipe. Donc, ça s'est déroulé du fil en aiguille Et après, une fois que j'étais plus étudiante, j'ai tout mis en œuvre faire ma demande de green card, donc de carte verte.

Speaker 1

Quand tu as eu le job, tu étais encore en visa étudiant.

Speaker 2

Oui, si je me rappelle bien, c'était vers la fin de mes études Et comment ça s'est passé. Il me semble que j'avais le droit à être à mi-temps. Je ne me rappelle plus des détails, mais oui, je me rappelle que c'était vers la fin, parce qu'après j'ai terminé mes études. Je suis vers la fin Parce qu'après j'ai terminé mes études, je suis restée à mi-temps avec cette compagnie et je me rappelle qu'après on a eu la conversation de qui me sponsorise pour faire un work visa et ce n'était pas possible pour eux, en fait.

Speaker 2

Donc, on a dû terminer mon contrat avec eux et, à ce moment-là, je suis repart partie à faire des petits boulots Et j'ai trouvé un boulot en tant que tuteur en fait. D'accord, J'ai fait ça et je suis restée. Donc, c'était deux enfants et je les voyais tous les jours. J'étais avec eux, je me rappelle bien, je crois, 5 ou 6 heures par jour, Parce qu'en plus d'être tuteur, après, j'aidais aussi la maman à faire si elle avait besoin des courses, ou je ne faisais pas de ménage, ou quoi que ce soit, mais tout ce qui était relié aux enfarets. Ils avaient beaucoup d'activités de sport, tout ça. Donc, je les aidais avec ça aussi. Donc, un peu nanny tuteur, un peu de tout Tout ce qui tournait sur les enfants.

Speaker 1

Mais tu cherchais quand même un boulot, quoi?

Identité, Communauté Et Lien Avec La France

Speaker 2

Oui, oui, oui, voilà, oui, ça, c'était une petite annonce qu'ils avaient passée, ça me permettait de gagner de l'argent. mais bon, de fil en aiguille, en fait, au final, je suis restée quand même avec eux, si je me rappelle bien, presque 7 ans. c'était un moment avec eux. donc, on s'est énormément rapprochés. ça a été pareil, j'ai eu énormément de chance. une famille extraordinaire qui est loin de ma famille, en gros, d'ailleurs, on est encore en contact Et c'est de là où je prends mon appel aujourd'hui. d'ailleurs, oui, de leur maison, je suis passée les voir, comme j'ai mentionné tout à l'heure, ils ont proposé de garder ma petite. donc, j'ai dit c'est super, afin que je puisse faire ce podcast. Donc, on est restés très proches. Pendant que j'étais avec eux, je continuais, donc, j'étais avec eux, tuteurs. Je continue à faire un peu des jobs à gauche, à droite, de babysitting, de gardiennage de chiens, tout ça en travaillant sur ma carte verte afin de pouvoir avoir un emploi un peu plus stable.

Speaker 1

Mais à ce moment-là, en fait, qu'est-ce qui te motive à rester ici vraiment? parce que quand tu te vois à ce moment-là, par rapport à quand t'es arrivée, que t'es arrivée ici un peu par hasard, qu'est-ce qui te motive vraiment de rester ici.

Speaker 2

Oui, à ce moment-là, ça faisait déjà que donc, disons, deux ans d'opère'étais à l'aise, ça y est. La culture me plaisait, j'avais un cercle d'amis. Puis, comment dire, quand je repense à mes vingt ans ici, vraiment, je ne me suis jamais projetée. Mon but, c'était jamais de rester 20 ans ici, ou 10 ans, 5 ans, je vivais vraiment pas exactement au jour le jour, mais d'année en année, je me projetais vraiment 6 mois sur 6 mois. Puis, bon, je pense que si tu parles à n'importe qui qui est immigrant, qui a traversé le processus d'immigration ici, tu ne peux pas te projeter, c'est impossible. Donc, je ne vivais pas en me disant je vais être là cinq ans où mes visas, mes papiers, c'était tout le temps. On vous donne un an de plus Parce que, même en tant qu'étudiante, je n'étais jamais garantie. Donc, c'était tout le temps. Bon, je reste une autre année, puis une autre année, puis une autre année.

Speaker 1

Est-ce qu'on peut développer un peu là-dessus, sur le fait qu'on n'a vraiment pas de perspective à long terme? C'est ça, c'est exactement ça.

Speaker 2

Oui, ça dépend La ligne directrice et la situation avec l'immigration, exactement, il faut passer par là pour vraiment le comprendre, parce que c'est pour ça que, des fois, quand j'ai des amis américains qui font des petits commentaires Ah, les immigrants, il faut y passer pour comprendre ce que ça demande de ne pas pouvoir, justement, te projeter. Donc, c'est pour ça, quand je repense à mes 20 ans ici, moi, c'était jamais je vais passer ma vie aux États-Unis. Non, jamais je me suis projetée aussi loin. Ce n'était pas possible. Ce n'était pas possible parce qu'à tout moment, sans dramatiser la chose, mais chaque année, il était possible que je doive faire mes valises et rentrer.

Speaker 2

Donc, je me projetais vraiment d'année en année. Donc, pour moi, que ça ait été d'opère à étudiante, après mes papiers de green card et après, quand j'ai eu vraiment mon premier emploi plein temps, tout ça, c'était tout le temps. Bon ben, je passe un an de plus ici, un an de plus, et c'est vraiment quand j'ai eu ma carte verte que, enfin, je me rappelle de ce moment où je me suis dit ah, ouais, c'est ça y est, je peux respirer quoi? Pas que pas, c'est ça y est. Je peux respirer. Pas loin que j'avais peur de rentrer dans mon pays, mais ça y est, j'ai enfin le choix, vraiment, de si je veux rester ou rentrer Et je n'ai pas décidé dans les six mois. Ça a été vraiment une libération au niveau statut ici.

Speaker 1

De rester et de pouvoir se dire que tu peux construire quelque chose ici.

Speaker 2

Voilà de pouvoir me jeter plus loin que quelques mois.

Speaker 1

À la date d'expiration du visa.

Speaker 2

Voilà, c'est tout bête, mais, encore une fois, ça veut dire que, par exemple, je n'achetais jamais rien parce que je me disais si je dois rentrer demain, comment je le ramène. Tu vois, Même niveau appartement. J'avais mon premier appartement à ce moment-là, mais très petit, très modeste, J'avais rien aménagé, tu vois, Je n'avais pas de télé. J'avais trouvé un canapé, je crois, sur Craigslist, à l'époque même, à 100 dollars, vraiment en mauvais état. Tu vois, je ne pouvais pas me projeter parce que je me disais si demain je dois rentrer entre guillemets, demain, il va falloir que je balance tout, que je vende tout. Donc, c'est vrai que la green card, ça a vraiment été ce moment où je me suis dit ah, ça y est, je peux me projeter un peu plus loin que les six mois ou les douze mois à venir.

Maternité Solo Et Transmission Du Français

Speaker 1

Alors, qui t'a accordé le graal? Quelle compagnie? Enfin, je veux dire quel job? Il y a une compagnie qui t'a accordé le graal?

Speaker 2

de se sponsoriser, c' Je me suis mariée avec mon copain. À l'époque, c'est quelque chose qu'on avait discuté plusieurs fois. On était jeunes, bien sûr. Donc, marier, ce n'était pas vraiment dans nos projets immédiats. Mais quand la situation s'est passée, on commençait à avoir les conversations où je lui expliquais qu'il fallait que je rentre, je ne me rappelle plus, dans les mois qui arrivaient, et lui était dans tous ses états, moi aussi, bien sûr, parce qu'on était bien ensemble, on était jeunes. Voilà, on voulait pouvoir construire quelque chose. Et je ne me rappelle plus, en discutant, il m'a dit mais il doit y avoir une option. Tout ça, j'avais dit non, la seule option vraiment, actuellement, c'est qu'on se marie. Mais pour moi, c'était même plus une option.

Speaker 2

Je ne comptais pas me marier, Je n'avais même pas réfléchi si un jour je voulais me marier ou quoi. Et puis, voilà, pour faire rapide, on a fini par faire ça du coup. Donc, ça a été très vite, très rapide, très, encore une fois, modeste. C'était juste. Nous deux, on a fait les papiers. Donc, c' se passe après une fois que tu as ta carte verte.

Speaker 2

Est-ce que On habitait ensemble, une fois que j'ai eu ma carte verte, j'ai pu donc, à ce moment-là, postuler vraiment pour ce que j'utilise des guillemets, mais un vrai job, Et j'ai trouvé mon vrai job. Donc c'était sur une compagnie basée sur Atlanta qui C'était pour Ça, a commencé comme ça pour faire de la gestion de projets.

Speaker 2

Et par ailleurs il recherchait. C'est une compagnie ici qui, en fait, crée des produits, c'est dans le cosmétique, et ils avaient des comptes en France, entre autres Sephora, chanel Et ils cherchaient quelqu'un qui parle couramment le français pour faciliter les projets avec ces compagnies. Donc, j'ai été la personne idéale pour le rôle. Enfin, je me rappelle la recruteuse.

Speaker 1

À l'époque, on s'est mis au téléphone et elle m'a à peine posé de questions.

Speaker 2

La première question, c'était Est-ce que tu parles français? Je me rappelle elle rigolait en disant Oui, oui, je suis de France. J'ai un peu raconté mon histoire. Elle m'a dit Mais interview immédiatement et tu as le job. Quoi, c'est génial. Là, c'est vrai que je me rappelle. J'ai fait trois interviews C'était des interviews assez officielles, avec la présidente de la boîte, tout ça. Mais je me rappelle qu'elle également m'a demandé est-ce que tu parles le français? Bien sûr, tout le reste, j'ai été très honnête. Je n'avais pas d'expérience dans ce milieu-là. J'étais allée à l'école pour business, mais je n'avais pas d'expérience en tant que gestion de projet, tout ça. Elle m'a dit ça, c'est pas un problème, on peut te l'apprendre. Elle a dit le français on ne peut pas te l'apprendre.

Speaker 2

Elle a dit moi, je ne parle pas le français Et elle a traversé la compagnie. A traversé, il y avait quelques gros, gros projet qu'on essayait de clore avec ces compagnies Et elle était persuadée que d'avoir quelqu'un qui parle le français faciliterait la chose. Et elle avait raison, parce qu'aussitôt que j'ai joué à cette compagnie, j'ai été au téléphone, tout ça, communiquer avec Sephora, entre autres, avec Chanel, et ça, enfin, aucun problème. Quoi? Les équipes parlaient le français, moi, je parlais français et ça a énormément contribué à ce qu'on puisse travailler avec eux.

Speaker 1

Donc, là, t'es installée, t'as ta green card et t'es mariée, etc. Est-ce qu'à un moment donné, tu t'es rapprochée des Français ou de la communauté française à Atlanta ou aux Etats-Unis?

Speaker 2

Toujours pas. J'ai enfin une amie une amie qu'à ce jour on est encore proche, qui vient ou venait du côté ouest de la France, donc de Narbonne, et elle avait été au pair également. Pas du tout, on n'était pas au pair ensemble ou quoi que ce soit, mais on s'était croisés au début, début de mon séjour, par la connexion des opères, mais on n'avait pas du tout cliqué. Elle était tout l'opposé de moi. Moi, j'étais calme, introvertie. Elle était tout l'opposé, super outgoing d'état, d'ami, très, très sociable, à faire la fête tout le temps, tout ça. Donc, on n'avait pas connecté du tout.

Speaker 2

Et après quelques années, elle m'a retrouvée par Facebook Et elle m'a dit je vois que tu es sur Atlanta, je suis de retour parce qu'elle était rentrée en France entre-temps. Je veux te voir. Et j'étais encore un peu hésitante parce que je me rappelais d'elle Être plus ce que je dis en rigolant. Je lui dis en rigolant un boucan comparé à moi, et ça me faisait peur à l'époque, et rentrer en contact avec elle. Mais j'ai dit pourquoi pas, on peut boire un coup. Et puis on est devenus comme les deux doigts de la main, quoi?

Speaker 2

Elle est devenue ma meilleure amie Et enfin peut-être que j'avais grandi aussi où j'étais prête à l'accepter, à la recevoir à ce moment-là, ou peut-être c'était un moment dans ma vie où j'étais plus à l'aise avec l'Alain, j'avais des amis, j'avais ma situation, j'étais prête, voilà, j'étais prête à l'accueillir et on est devenus meilleurs amis vraiment. Mais c'était vraiment ma seule connexion en tant que française ici. Mais bon, on pass travail, ou avec mon copain. J'étais avec elle, c'est devenu ma sœur presque. Donc, c'était le seul contact que j'avais ici, vraiment, en tant que personne venant de France.

Speaker 1

Comment tu as adopté Là. Ça fait quoi? 10 ans?

Speaker 2

Oui là, on était plus déjà sur. Oui, on allait sur presque les 15 ans, je pense.

Speaker 1

Et qu'est-ce que t'as gardé de français? alors, au niveau culturel, qu'est-ce que tu fais encore de français après 15 ans, 20 ans?

Speaker 2

C'est une bonne question, ouais, parce que, bon, je suis encore donc très liée, comme j'ai mentionné tout à l'heure, à ma famille. J'ai encore, voilà, je vais quand même en France une à deux fois par an, et c'est vrai qu'il y a, enfin, quand je rentre souvent dans mon village du moins, parce qu'encore une fois c'est tout petit, on dit Oh l'américaine.

Speaker 2

J'ai dit à ma maman il n'y a pas longtemps je dis Ah, ça m'énerve qu'on dit ça, parce que je» Pour moi, je suis sais pas si vraiment je ne peux pas dire que je cuisinais français, mais j'étais toujours toujours très fière de mon héritage. Je faisais rencontrer quelqu'un ici, je disais tout le temps je suis française Et bon, je peux parler de mon pays, bien sûr, de la façon dont j'ai grandi, tout ça, tout ça. Mais c'est vrai que dans ma vie, tous les jours, j C'est vrai que dans ma vie tous les jours j'étais très, très américaine Jusqu'à récemment.

Double Culture, France Vs États-Unis

Speaker 2

Donc, j'ai une petite fille qui a quatre mois et j'ai l'impression que ça a vraiment changé tout ça, parce que je lui parle entièrement. Qu'est-ce qui est ressorti? Oui, je sais, et pourtant c'est naturel, ce n'est pas que je me force, Bon, elle n'a que quatre mois, donc c' tout neuf, mais je lui parle strictement qu'en français, alors que je pensais dans ma tête, je me dis peut-être que je vais avoir du mal, alors que ça vient très naturellement. Je parle tous les jours, tout le temps, en français.

Speaker 1

Et le papa est américain. C'est ton mari, non.

Speaker 2

Non, alors Un autre compagnon, donc la personne avec qui je m'étais mariée, après quelques années on la personne avec qui je m'étais mariée, après quelques années on s'est séparées. On a grandi différemment. Vous étiez jeune, Oui, voilà, vous êtes mariée jeune Et puis, dans des conditions, on l'a fait pour les papiers. En fait, ce qui est top, d'un côté, c'est qu'on est restés très bons amis. Pareil, en fait, oui, oui, oui. Mais bon, ce qui est top, d'un côté, c'est qu'on est restés très bons amis. Pareil, il fait partie de ce qu'on appelle mon village ici. Donc on se parle ou se voit très, très rarement, mais en tant qu'amis on se contacte pour si on a besoin de ou des choses comme ça. Donc, je peux dire que c'est quelqu'un qui, si un jour je dois partir, qui aura changé ma vie. Si on est resté, c'est comme ma famille un peu, il est devenu, mais donc ma fille. Pour en revenir à la question, je l'ai eue seule J'ai fait une.

Speaker 2

Ah d'accord, Une five, oui.

Speaker 1

Oui, oui, oui.

Speaker 2

Donc, je l'ai eue seule. Donc, il n'y a pas de papa, d'accord. Voilà Donc, ce qui, d'un côté, contribue aussi au fait que je lui parle entièrement français. Ça a vraiment réanimé tout ça en moi. Encore une fois, elle est toute petite, donc je ne peux pas dire que je lui fasse des petits plats ou quoi que ce soit, mais oui, pour moi, c'est comme si j'étais à la maison, en fait.

Speaker 1

Déjà la langue, ça commence par la langue.

Speaker 2

Voilà, je pense que ça y fait énormément, parce que c'est vrai qu'avant qu'elle arrive, comme je l'ai mentionné tout à l'heure, je parle le français, ou je parle le français que quand je parle à ma famille.

Speaker 2

Bon, ma soeur m'appelle presque tous les jours ma maman, c'est toutes les semaines. Donc, on est encore très, très soudés. Mais à part ça, dès qu'on raccroche, c'est tout l'anglais. Moi, c'est vrai que, ouais, tout récemment, c'était que de l'anglais, de l'anglais. Alors que là, maintenant, je Ouais, ça m'a rapprochée un peu de tout ça, de ma culture, et je me projette, dans quelques mois, elle va commencer à manger de la nourriture ordulée. Donc, oui, c'est vrai que je me dis lui faire à manger en France, des plats français, tout ça, c'est vrai que ça me rapproche de tout ça.

Speaker 1

C'est marrant, parce qu'une anecdote quand mon fils est né, pareil aussi ici, moi je suis dans un environnement américain. Je me suis dit Ah chouette, j'ai quelqu'un maintenant qui va parler au français avec moi.

Speaker 2

Ah oui, mais tu vois, c'est fou.

Speaker 1

J'ai eu ça automatiquement.

Speaker 2

Oui, comme je n'y avais jamais trop pensé. Enfin, je me disais un jour, quand j'aurai des enfants, oui, je me disais, ils seront bilingues. Mais j'avais aucune idée de comment ça se passerait. Puis, dans ma tête, bien sûr, j'imaginais tout le temps qu'il y aurait un papa dans l'histoire. Donc, forcément, on parlerait peut-être anglais à la maison Et peut-être moi, je parlerais français un peu de temps en temps. Je ne savais pas trop. Et puis, bon, ma situation est ce qu'elle est maintenant Et ça me permet de lui parler français 24 heures sur 24. Et c'est cool, parce que ma famille, ma soeur, parle pas mal l'anglais. Elle le parle même très bien, mais le reste de ma famille ne le parle pas, et c'est super important pour moi qu'il puisse communiquer avec elle, même si, encore une fois, elle est trop petite pour maintenant, mais si je devais rester encore ici un moment, il est impressionnant pour moi qu'elle ne puisse pas communiquer avec ma famille.

Speaker 1

Est-ce que tu te projettes un peu déjà sur la façon dont la culture française sera présente dans sa vie, ou c'est encore trop tôt? C'est un peu tôt. C'est un peu tôt parce que j'ai.

Speaker 2

Je le dis souvent, j'en parlais encore avec ma maman récemment. J'ai grandi, ça m'émeut, tu vois, en grandissant, dans un village où j'ai eu une enfance fantastique, même si on n'avait pas grand-chose, mais c'était trop beau, tu vois, et j'aimerais tellement lui donner ça. Mais je ne veux pas dire que ce n'est pas possible. Mais les temps ont changé. Tu vois, enfant, et maintenant puis, c'est différent. Là, actuellement, on vit en ville, On ne sait pas comme moi, à l'époque où tu courais dans les rues et c'était les lampadaires qui te disaient quand c'était l'heure de rentrer. Tu vois, dès qu'ils s'alliaient, il fallait courir à la maison, mais il n'y avait aucune peur. Tu vois, dans un village en plus, ma maman, elle savait tout le temps où on était, il n'y avait aucune inquiétude. Alors que c'est autre chose.

Speaker 2

On est dans une grande ville, on est aux États-Unis. Je ne sais pas comment. C'est dur à me projeter, parce que j'aimerais lui donner tout ce que j'ai eu, moi, quand j'ai grandi. Mais on n'est pas dans le même milieu, dans le même monde, dans la même époque. Donc, je ne sais pas comment ça va se dérouler, mais je vais tout faire pour. Je vais tout faire pour, tout en embrassant enfin, pardon, mais tout en accueillant aussi le fait qu'elle est aussi américaine. Donc je ne veux pas repousser ça non plus. Elle est les deux, elle est franco-américaine Elle est franco-américaine.

Speaker 1

Et toi, tu as encore la Green Card ou tu as pris la Citoyenneté.

Speaker 2

J'ai pris la Citoyenneté. J'ai pris la Citoyenneté, j'ai fini par le faire.

Conseils Aux Candidats À L’exil

Speaker 2

Ça m'importait peu, pour être honnête, puisqu'une fois que j'avais ma Green Card, j'ai pu enfin travailler, acheter un appartement, tout ça. Mais la raison, à l'époque, moi, j'ai fait ma demande de citoyenneté, c'est parce que la compagnie pour laquelle je travaillais, je voyageais pas mal en Chine. Voilà, il y avait un problème de visa. Voilà, c'était très difficile. C'est devenu assez difficile en tant que française. Donc, c'est pour ça, on a dit bon, écoute, je vais faire ma demande comme ça, en tant qu'américaine, ça facilitait vraiment les choses au niveau du boulot, puis ça ne demandait pas grand-chose.

Speaker 2

J'étais arrivée à un point où j'avais vécu ici assez longtemps et j'avais eu ma green card pour assez longtemps pour faire ma demande de citoyenneté. Donc, j'ai fait ma demande, c'était juste pour le boulot. Donc, j'ai maintenant ma double citoyenneté et ma fille aussi. Par conséquent, donc, on est tous les deux un peu. Elle est bien sûr franco-américaine, mais moi, comme j'ai mentionné au début, maintenant que j'ai vécu aussi longtemps ici que là-bas, c'est ouais, je suis vraiment un peu des deux.

Speaker 1

C'est hyper intéressant de voir comment vous allez évoluer et grandir toutes les deux. C'est vraiment super cool de penser à ça.

Speaker 2

Pareil. Je me projette, si on présume que je reste encore ici pendant des années, je ne sais pas. Je me dis est-ce que je vais être décalée comparée à elle? Est-ce que je vais pousser ma culture française? Et puis elle, elle va. Je rigole des fois, je me dis est-ce qu'elle va rentrer de l'école en disant maman, arrête avec tout ça. Parce qu'elle va être, je pense, entourée de beaucoup, principalement d'amis, de copains américains, à moins que je la mette dans une école internationale. Je ne sais pas, mais je me dis est-ce qu'elle va dire arrête, c'est nul, tout ça. Ou est-ce qu'elle va l'accueillir à bras ouverts, parce que j'aimerais vraiment, vraiment qu'elle voyage en France, qu'elle tombe amoureuse de ce pays, qu'elle se sente attachée, vraiment, parce que c'est un peu d'elle aussi, quoi? Donc, je ne sais pas comment elle va l'accueillir, tout ça.

Speaker 1

Je suis intéressée par. Ouais, en fait, tu ne sais pas, de mon expérience, ce que j'ai remarqué, c'est que quand mon fils est né, en fait, ma partie française, elle s'est encore plus réaffirmée Et ça s'est réaffirmé dans la transmission des trucs que j'ai envie de lui transmettre. Tu vois, oui, mais donc, c'est des trucs tout bêtes, par exemple, faire la galette des rois, ou des trucs comme ça, parce que des trucs que j'ai vécus dans mon enfance, qui sont revenus, qui se sont réaffirmés et que j'ai eu envie de partager avec lui. Tu vois, donc, voilà des trucs comme ça qui remontent. En fait, c'est marrant, oui, non, mais c'est Ouais, et c'est.

Speaker 2

Je comprends tout à fait parce que, parce que, oui, comme tu dis, des petites traditions peut-être. Je sais que j'ai avec ma famille que j'adorerais lui passer ça, donc j'espère encore une fois qu'elle accueillera tout ça. Tu vois que ça ne sera pas, comment dire, je ne sais pas, nul ou ringard, mais bon, je me dis, si ça fait partie de notre quotidien, j'espère vraiment qu'elle sera fière de ce côté-là. Mais, comme tu dis, c'est super important pour moi de maintenir cette connexion et, comme tu dis, les petites traditions, des choses comme ça, qu'on fait partie de notre enfance ou de notre vie quand on était encore en France.

Speaker 1

Et ta famille? Est-ce que ta famille est venue te voir?

Speaker 2

Depuis que je suis aux États-Unis ou depuis que j'ai eu mon petit. Oui, oui, oui, Donc pas souvent Le coup, bien sûr. Donc, je crois que ma maman est venue trois fois.

Speaker 1

D'accord.

Conclusion Et Mot D’espoir

Speaker 2

Oui, je la charrie beaucoup là-dessus, et ma sœur est venue un peu plus souvent. Je crois qu'elle a dû venir peut-être quatre ou cinq fois en matin. Sinon, c'est moi, je suis tout le temps rentrée au moins une fois par an, si pas deux, parce qu'après, c'est vrai que j'adore quand elles viennent, ou j'aurais tellement aimé qu'elles viennent plus souvent, parce que pour leur montrer, tu vois la vie, tout ça. Mais c'est vrai que, niveau coût, moi, d'y aller, c'est un billet, versus si elles viennent, c'est peut-être deux billets, si pas trois. Si elles viennent, tu vois, avec ma soeur et un conjoint depuis très longtemps. Enfin, c'est autre chose financièrement, et c'est vrai que moi, d'y aller, c'est moins cher techniquement et au moins ça me permet de voir tout le monde aussi, tu vois le reste de ma famille c'est vrai que c'est un gros projet pour la famille.

Speaker 2

Voilà, exactement, exactement un gros projet.

Speaker 1

Il faut bien. Ma famille n'est pas. Et quand tu? donc, si tu penses à Céline, il y a 20 ans, qui est arrivée en tant que fille au père à New York, dans les premiers jours, mois, à Atlanta, et maintenant, alors comment es-tu différente de cette Céline-là? Wow, c'est fou. Culturellement, on va dire Culturellement, je sais pas.

Speaker 2

J'ai l'impression d'être toujours culturellement, attention d'être toujours la même, parce que, pour moi, quand je rentre et c'est aussi une raison pour laquelle j'adore rentrer, bien sûr, à part la famille, tout ça, tout ça Mais pour moi, c'est comme si ça n'avait jamais changé. Je rentre dans mon village et c'est comme si je n'étais jamais partie. Bien sûr, les choses évoluent, le village lui-même change, tout ça. Il y a énormément de choses qui se passent au cours du temps, mais c'est comme si je n'étais pas partie. Je reprends mes bases, mes marques, c'est la maison.

Speaker 1

Tu arrives à te retrouver, donc tu reprends tes repères même après 20 ans Après, je ne vais pas te mentir.

Speaker 2

Il y a des choses qui sont difficiles, que par exemple l'administration française, ça me rend dingue. Tu vois, par exemple, je suis maintenant bien sûr habituée au fait que tout est ouvert tout le temps ici. Tu vois le dimanche inclus.

Speaker 2

Donc, c'est vrai que des fois, de rentrée, je me dis, c'est ma maman souvent qui me dit mais Céline, c'est dimanche, mais Céline, c'est 7h du soir, on ne peut pas. Tu vois Des choses comme ça. Je me dis ah, mais oui, c'est vrai que, dis souvent, les Américains sont ce qu'ils sont, mais je trouve que tout est fait ici pour te faciliter la chose, les drive-thru, tout est fait pour. L'américain n'a pas le temps, l'américain n'a pas de patience. Tu vois, donc, je suis devenue beaucoup comme ça. Donc, c'est un peu plus.

Speaker 2

Mais dans un village, et dans un village Et dans un village, tu penses bien que ça me demande de passer vraiment de. Enfin, ouais, il faut vraiment que je ralentisse. Donc, des fois, ouais, il y a deux ou trois jours de réadaptation, mais après, c'est bien. C'est bon aussi. C'est bon Parce que ça me force à. Tu vois, bien souvent, mon téléphone ne marche pas là-bas, à part en Wi-Fi, rien que des choses comme ça. Mais ça me met, C'est comme. Des fois, je me dis en fait, c'est comme si t'étais une voiture automatique. T'es en cinquième et d'un coup, tu passes à la première. Ça te force à te faire une très rapidement et brutalement. Mais il y a du bon aussi, parce qu'il y a toutes les choses qui me frustrent. Des fois, en France, c'est lent et c'est ça et ça. Mais des fois, je me dis mais c'est aussi la beauté de toute cette vie, c'est pour ça qu'on profite mieux, c'est pour ça que tu vois donc ça ouais, c'est ça souvent qui le choque un peu, ou, ou.

Speaker 2

des fois, quand je reviens ici, je me dis ah, ouais, c'est fou, c'est non-stop ici, comme tu viens le savoir.

Speaker 2

Tu vois, ce qui est bien, et des fois c'est fatigant, ou même le fait que, ouais, quand je rentre, je sais que ma sœur, par exemple, elle me disait récemment qu'elle a neuf semaines de congé. Tu vois, tu vois, un truc jamais entendu. Ici, enfin, c'est pas possible. Mais là-bas, c'est, on prend plus le temps. Tu vois, on fait la pause de nuit au moins une heure, si pas deux. On finit à l'heure bien souvent. Enfin, on pointe et l'heure, c'est l'heure quoi, tu vois, on le prend plus cool, alors que ici, c'est non-stop. Donc, il y a du. Je veux pas dire du bon et du mauvais, les deux sont bien, il faut juste savoir s'adapter quoi. Mais oui, c'est pour revenir à ta question, niveau culturel, je pense que je suis la même, avec des petites modifications. J'arrive à m'adapter, peu importe que je sois là ou là-bas. Tu vois, c C'est simple, c'est maintenant. J'appartiens aux deux.

Speaker 1

T'appartiens aux deux. Ça, c'est super de dire ça, t'appartiens aux deux.

Speaker 2

Oui, parce que je suis toujours très, très, très fière d'être française. Je le dis fort. quand on me demande, je dis jamais je suis franco-américaine, je suis française, je suis française.

Speaker 1

Ah, ça, c'est intéressant, parce que même avec la citoyenneté, tu dis encore je suis française.

Speaker 2

Oui, parce que je ne sais pas. Dans ma tête, c'est là où je suis née, c'est là où j'ai ma famille. Je pense que c'est ça, moi.

Speaker 1

C'est marrant parce qu'il y a des gens qui m'ont fait la remarque.

Speaker 2

Ils me disent maintenant, tu es américaine, Et donc jeêtre, parce que je ne sais pas si la famille, parce que tu dis tu as ton mari et ton enfant ici. Je me demande si de fonder une famille. Je viens juste d'avoir ma fille, parce que pour moi, dans ma tête, ce n'est même pas une question de ça fait 20 ans que je suis là. Je me dis mes racines, c'est là-bas, tu vois, c'est là d'où je viens, ça, je pense que je dis encore que je suis française, quand bien même je suis très fière aussi d'avoir ma citoyenneté américaine, de pouvoir voter tout ça, parce que j'ai travaillé énormément dur pour en arriver où je suis. En arrivée, oui, ensuite, mais dans ma tête, je suis française, mais voilà j'en beaucoup d'être fraîche.

Speaker 1

Je vais partir en deux pour arriver vers la fin. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu n'as pas évoqué pendant la conversation et que tu penses important de dire par rapport à ton expérience?

Speaker 2

je pense que enfin, moi, si je devais, ouais. Enfin, quand je repense, je me rappelle quand je parlais que je partais aux États-Unis, il y avait beaucoup de gens qui me charriaient Les Américains. Ils nous détestent, les Américains, ça, même ici, quand je dis que je suis française, j'adorerais aller en France, j'adorerais aller en France, mais les Français, nous. Mon premier conseil, ça serait à quelqu'un qui considère peut-être, voyager ou venir aux États-Unis, c'est de foncer, puis de laisser un peu tout ce qu'on nous dit, enfin, ne pas écouter tout ça, parce qu'il y a tellement du bon, peu importe où on est, les gens en général sont bons. Puis moi, quand je regarde mon parcours, jamais. Puis moi, quand je regarde mon parcours, jamais j'aurais imaginé que tout ça se passe. Pour moi, en tant que française aux Etats-Unis, c'est partir, mais d'avoir aucune attente, d'être super ouvert d'esprit et d'accueillir à bras ouverts toutes les opportunités, toutes les expériences et d'en profiter un maximum, parce qu'on ne sait jamais combien de temps ça va durer.

Speaker 1

Donc être ouvert d'esprit et partir sans a priori.

Speaker 2

Même si c'est dur, bien sûr, on a tous une culture, on a ce qui nous forme, on a nos expériences. Tout ça, c'est ce qui nous fait nous. Donc, c'est très dur de ne pas avoir des attentes. Encore une fois, tout ce que les gens nous disent, les amis, dans le comment dire, avec une bonne intention, de laisser tout ça derrière nous et d'effacer tout ça et d'accueillir toutes ces opportunités, toutes ces expériences, tous ces échanges. Jamais, moi, je n'aurais pensé être sur ton podcast un jour. Tu vois, et nous, voilà.

Speaker 2

Oui, nous voilà, c'est super. J'adore, comme, encore une fois, tout ce que j'ai vécu ici. Il n'y a pas eu que du bon, mais même le moins bon, je me dis mais j'y ai gagné. Tu vois, Que ce soit en expérience, en leçon, on n'a que du bon à gagner. Je trouve, c'est ça la vie. D'un côté, donc, c'est un peu cliché, mais pour moi, pour moi, ça a été un sacré parcours. Puis, je n'ai aucune idée de ce que les cinq prochaines années, les deux prochaines années me réservent, surtout avec un bébé maintenant, mais je me dis que ça ne peut être que du bon. Ça ne peut être que du bon.

Speaker 1

C'est encore le début d'une expérience, c'est encore un nouveau.

Speaker 2

Bien sûr, non seulement d'être un enfant et de faire ça seule. Je ne peux pas dire que je languis parce que je suis en pleine dent Tous les jours. C'est du bonheur, et puis c'est dur, bien sûr. N'importe qui qui écoute, qui est parent ici, on le sait. Maman seule, ouais Le coup, rien que ça.

Speaker 1

Il n'y a pas la crèche, c'est pas facile.

Speaker 2

Non, voilà, c'est pour ça que, des fois, gentiment, mais en France, quand j'entends que l'on se plaint, on aime bien se plaindre, en français, il faut l'avouer, on aime bien se plaindre Des fois, je me dis il faudrait qu'on réalise un peu les avantages et les aides qu'on a. Quand même, encore une fois, il faut partir pour le réaliser, tout ça, pour le voir, parce que quand on est en pleine dent, bien sûr, on ne réalise pas tout ça. Mais quand on se décale, que moi, je vois maintenant le coût de la crèche, rien que d'avoir un enfant ici, ou même ce que ça coûte d'aller chez un docteur, je me dis ouais, ce n'est pas facile quand même, mais bon, ce n'est pas grave, on a de la chance Écoute, comme ma maman m, que tu puisses le payer, tout ça, tu puisses les avoir. Ces problèmes, il y en a, et c'est même pas égale. Donc, ouais, c'est que je me sens vraiment chanceuse, vraiment chanceuse, de pouvoir vivre tout ça.

Speaker 1

Écoute. Merci, céline, pour ce message super positif. Merci à toi. Je te souhaite beaucoup, de beaucoup de joie pour cette, cette nouvelle vie avec ta fille, encore bébé, ouais, pas facile, 4 mois. J'espère que tu dors un peu très peu, très peu, mais c'est pas grave, ça passera, hein j'espère ouais le meilleur conseil qu'on m'ait donné, c'est qu'en anglais it gets better voilà, exactement c'est ce que je me dis chaque jour ça s'arrange en français.

Speaker 2

Voilà exactement, tout s'arrange exactement, donc c'est que du bon. Mais merci à toi vraiment pour ce super moment.

Speaker 1

Merci, beaucoup.