Les Tas d'Amis
Les Tas d'Amis
Les Tas d'Amis et Isabelle - de Bruxelles a San Diego Sans Mode d'Emploi
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On reçoit Isabelle, installée à San Diego depuis 28 ans, pour parler d’une vie construite entre plusieurs pays, d’une rencontre amoureuse née en ligne et des choix intimes qui transforment une trajectoire. On explore aussi ses reconversions, son travail de coach spécialisée TDAH et la façon dont elle traverse la maladie de son mari en donnant une voix à l’émotion.
Decouvrez le podcast d'Isabelle: Au dela du Cancer
Note: "Shipyard" = "Chantier naval" - nous, on avait oublie! :)
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Accueil Et Intention Du Podcast
SPEAKER_01Bonjour, c'était Léonore et je vous reçois dans les tas d'amis, le podcast des Français aux Etats-Unis. En 2009, je suis partie m'installer aux Etats-Unis. Depuis 13 ans, je construis ma vie familiale et professionnelle sur la côte Est, loin de la France. Avec ce podcast, je vais à la rencontre d'autres immigrés français pour échanger sur nos parcours respectifs et mieux comprendre ce qui nous a poussés à prendre le grand large pour de bon. Que s'est-il passé après l'installation
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment nous intégrons-nous à la culture et la vie américaine
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment voyons-nous la France depuis l'autre côté de l'Atlantique
UNKNOWN?
SPEAKER_01J'essaie d'apporter des réponses à toutes ces questions, car je me demande souvent pourquoi on choisit de partir et qui on devient dans un autre pays. Avec les tas d'amis, j'espère souder la communauté française immigrée, mais aussi faire le lien avec les Français de France, comme on les appelle, qui nous manquent tant à tous.
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Isabelle Se Présente À San Diego
SPEAKER_01Bonjour Isabelle, merci et bienvenue. Je suis ravie de t'avoir dans le podcast. Donc on commence toujours le podcast par une intro. Est-ce que tu peux nous dire où tu habites Depuis combien de temps tu es là Et qu'est-ce que tu fais Quel est ton entourage Enfin, tu vois, est-ce que tu as de la famille avec toi ou pas Et d'où tu viens exactement De France et d'ailleurs, parce qu'apparemment… Ok, ok, ok. Voilà, donc
SPEAKER_00vas-y. D'accord. Alors, je suis à San Diego. Ça fait 28 ans que je suis ici. Oui. Je suis mariée et j'ai une fille de 23 ans. Ma situation professionnelle, j'ai fait beaucoup de choses depuis que je suis aux Etats-Unis. Mais maintenant, je suis coach et je suis spécialisée pour les personnes qui ont un TDAH. Et depuis, ça fait un an environ, j'ai commencé un podcast qui s'appelle, et ça, ça va vous dire beaucoup, ça s'appelle « Au-delà du cancer ». Donc, ça ne cache rien. Il y a quelqu'un autour de moi qui a un cancer et c'est mon mari. Donc voilà, j'ai décidé d'en parler. Et voilà. de faire partie, de partager tout ça,
SPEAKER_01quoi. Et est-ce que ton mari est américain
SPEAKER_00Oui, il est américain. Oui. Et alors, moi, qu'est-ce que je suis Officiellement, je suis franco-américaine. Mon père est espagnol. J'étais espagnole pendant très longtemps. On perd sa nationalité si on ne remplit pas les papiers assez souvent. Et je me suis dit que deux passeports, ça suffit. Donc, voilà. Mon père est espagnol. Ma mère est française. On a habité dans plusieurs pays. Je suis née en France. Voilà. Au moins, je n'ai pas quelques semaines en France. Sinon, mes parents habitaient en Belgique à l'époque. Donc, ma mère y était pendant les vacances chez ses parents. Donc, je suis née là. On a habité en Belgique pendant 6 ans. Ensuite, on a habité à Washington DC pendant 3 ans. Donc, de 6 ans à 9 ans pour moi. De 9 à 18, on est allé en Espagne. Au fait, c'est là que mes parents se sont rencontrés. Donc, en Espagne. Et puis, à partir de 18 ans, jusqu'à ce que je me marie. on est retournés en Belgique. Voilà. Mon père était journaliste pendant toutes ses premières années et après, il est venu employer à la CE.
SPEAKER_01La CE, qu'est-ce que c'est Ah, c'est Communauté Européenne. Vous voyagez parce que ton père était journaliste
SPEAKER_00Journaliste qui a une entreprise, une société qui avait des bureaux un peu partout. Donc, comme il aimait bien voyager, il se portait volontaire.
SPEAKER_01Donc, tu as connu pas mal de coins déjà, de la France à... Belgique. Donc, aux États-Unis, tu avais quand même une expérience
SPEAKER_00avec les États-Unis. Oui, tout à fait. Et j'avais de très bons souvenirs des États-Unis. J'avais entre 6 et 9 ans, donc c'est pas... Mais j'avais de merveilleux souvenirs. Quand on est petit comme ça, aux États-Unis, il y a beaucoup d'anniversaires. Voilà. Je ne sais pas. J'avais de superbes souvenirs. On avait une maison. J'aimais bien la verdure. À Washington, d'ici, c'est tellement vert. Je ne sais pas. J'avais vraiment de très bons souvenirs des États-Unis. Je pense que les gens sont assez doux de personnalité. C'était à l'époque l'école internationale française. Les matières étaient surtout en français, mais on avait aussi de l'anglais. J'ai un très bon souvenir de ces trois années. Pas comme d'autres pays où on a
SPEAKER_01été.
SPEAKER_00Ah bon Quel pays où c'était moins bien Après, on est allé en Espagne. J'ai habité là-bas de 9 ans à 18 ans. Et ça, moi, j'ai eu vraiment du
SPEAKER_01mal. C'était par rapport à la langue
SPEAKER_00Non, parce que la langue... Mes parents se parlaient en espagnol de temps en temps, quand on habitait aux États-Unis et même avant, j'imagine. donc
Grandir Entre Plusieurs Pays
SPEAKER_00vous comprenez Je m'amusais à les traduire. Je ne parlais jamais espagnol, moi. Je traduisais ce que l'autre disait à l'autre en français. Donc, mon père parlait en espagnol à ma mère et je m'amusais à le traduire en français, au cas où elle ne comprenait pas. Enfin, ça m'amusait de traduire. Donc, je comprenais l'espagnol. Mais quand on est arrivé en Espagne, à Madrid, je suis allée au lycée français. Et c'est un énorme lycée. Il y a quoi Dix classes par niveau. Et j'étais très timide. Et en plus, finalement, même si je comprenais l'espagnol, je ne le parlais pas vraiment. Et le lycée français, là-bas, c'est surtout des Espagnols. Donc, je me sentais un peu à part. Je pense qu'il y avait des moqueries aussi de la part des Français qui ne parlaient pas espagnol, etc. Alors que j'étais supposée être espagnole, puisque je suis espagnole de passeport.
SPEAKER_01Du coup, maintenant, tu parles combien de langues
SPEAKER_00Trois. Trois bien. J'ai appris allemand et italien à l'université. Non, l'allemand au lycée. J'ai fait A2, les langues, quoi. Donc, j'ai pris... Donc, tu avais
SPEAKER_01déjà un goût pour les
SPEAKER_00langues, alors Ah oui, j'adore les
SPEAKER_01langues. Oui, tout à fait. Donc, tu es déjà... Et en plus, vous étiez dans une... Enfin, aux États-Unis, c'était encore une langue différente de la... De la troisième langue. De la troisième langue, oui. Vous avez été bercée là-dedans. Ou bénie, on va dire. Et donc, Espagne et après Belgique, c'est ça, en Belgique, tu as fini tes études en Belgique Tu as fait tes études en Belgique Oui, universitaire, oui. Et comment tu as rencontré ton mari
SPEAKER_00américain
Rencontre En Ligne Et Coup De Foudre
SPEAKER_00Alors, j'ai postulé pour un poste pour une société de call center. Et le projet sur lequel on m'a mis, comme j'étais trilingue comme ça, on m'a mis sur un projet sur Microsoft. Donc Microsoft, Windows 95, je dis 95 parce que je suis une fausse belge aussi, Windows 95 allait sortir et il leur fallait... C'était le centre de customer service, service clientèle à Bruxelles. Et donc, au-dessus, c'était que des bêta-testeurs. Donc... Windows 95 a été distribué à plein de gens autour du monde, partout. Mon mari travaillait pour le gouvernement. Ils ont reçu une copie dans son département. Et il s'est connecté. Et j'ai rencontré plein de monde. Parce qu'au début, on nous forme avant la sortie de Windows 95. Et donc, on n'a pas grand-chose à faire pendant un petit temps. On nous explique comment ça fonctionne. Donc, on a été les premiers à être formés par rapport à tout ce qui est les chats, les... ce qui est Internet. Et on ne faisait rien. Donc, on se retrouvait dans des chats avec les bêta-testeurs de partout, vraiment, de l'Australie aux États-Unis, à l'Angleterre, partout. Et voilà, c'est comme ça que j'ai rencontré mon
SPEAKER_01mari. Donc, toi, tu étais dans un bureau en Belgique et tu étais avec ton ordinateur et la première fois qu'on se connectait un petit peu avec les gens d'autres pays en live. Et en fait, tes parents se sont installés en Belgique Ils sont restés en Belgique ou est-ce qu'ils sont rentrés
SPEAKER_00Ils sont restés en Belgique Oui, oui, tout à fait. Donc, au fait, ils se sont rencontrés. Au fait, c'est marrant aussi parce que mon mari et moi, on s'est rencontrés à distance, si tu veux. Et mes parents, c'est la même chose. Parce qu'à l'époque, ma mère apprenait l'espagnol. Elle était dans un petit village en France. Elle apprenait l'espagnol et elle s'est dit, je veux pratiquer. Donc, elle a envoyé une lettre à l'Alliance française de Madrid. Et mon père, ils ont affiché ça. Et mon père a vu sa lettre et il s'est dit, je vais la contacter, même si elle avait l'air un peu jeune. Elle avait juste deux ans de moins que lui, mais il trouvait qu'elle était un peu jeune. Mais voilà, donc ils se sont rencontrés comme ça.
SPEAKER_01C'est génial. Et tu as des frères et sœurs ou tu es fille unique J'ai deux frères. Deux frères. Et ils sont où tes frères
SPEAKER_00Ah oui, bonne question. Alors, le plus âgé est retourné en Espagne parce qu'il a bien aimé l'Espagne. Tu vois, on est tous différents. Vraiment, c'est vraiment marrant comme chaque pays a vraiment sa personnalité et elle va avec la réalité.
SPEAKER_01Et aussi, par rapport à là, où
SPEAKER_00tu découvres
SPEAKER_01peut-être
SPEAKER_00le pays. Tout à fait. Donc, mon frère plus âgé est retourné en Espagne, le plus jeune. Pour lui, on est partis de l'Espagne quand il avait 9 ans. Il est en Belgique. Donc, lui, il
SPEAKER_01est resté
SPEAKER_00en Belgique. On a tous choisi un pays différent.
SPEAKER_01Mais en même temps, c'est un peu la façon dont vous avez grandi. Vous avez fait un peu les trois pays. Du coup, après, vous avez choisi celui que vous préfériez. Et comment ça se passe de commencer à parler à un Américain dans un forum et comment c'est devenu ton mari
SPEAKER_00Comment ça se passe On parle tous en anglais déjà parce qu'on ne sait pas de quelle nationalité chacun est. Donc, déjà, on se retrouve dans des chat rooms de groupe et il y a des conversations, je ne sais pas si ça existe encore, mais
SPEAKER_01bon, il y a des conversations en parallèle. Je me souviens
SPEAKER_00aussi de ça. Oui, tout le monde s'envoie des messages. Il faut repérer la personne à qui tu parles parce que les autres, tu t'en fous. Donc, c'est assez compliqué. Et puis, à un moment donné, quand tu t'entends bien ou tu te retrouves plusieurs fois au bout de quelques semaines, on se propose d'aller dans un chat privé, un chat room privé. Et je me rappelle d'ailleurs la première fois que... Thierry m'a proposé d'aller dans la chat-room et on a commencé à se parler. Ça paraît bizarre, mais j'ai ressenti comme un coup de foudre. Alors que c'est un écran, je ne l'avais même pas vu.
SPEAKER_01Et toi, tu avais quel
SPEAKER_00âge
SPEAKER_0127. Et lui, il avait quel âge 37. Donc, il était un peu plus
SPEAKER_00âgé. Oui. Il y a une
SPEAKER_01année près, c'était notre âge. Et donc, il était où aux États-Unis Il part d'ici Ah pardon, Los Angeles. Oui. Il était à Los Angeles. Oui. Et donc, il parlait dans la chat-room et donc, vous avez développé une
SPEAKER_03connexion.
SPEAKER_01Et alors, raconte-moi comment vous en arrivez à l'étape de, bon, on voudrait se rencontrer en
SPEAKER_00vrai. Oui. Alors, ce qui est marrant, c'est que, bon, on était vraiment que amis. Moi, il y avait quelqu'un d'autre qui m'intéressait dans un autre pays et lui aussi, il y avait une autre personne qui m'intéressait. Donc, on était vraiment que Et puis un jour, il a dit, je vais rendre visite à ma personne qui habitait en Suède, si je ne me trompe pas. Donc il y va. Et puis il se retrouve à Londres en venant vers chez lui. Et il me dit, écoute, mon avion... ne repart pas jusqu'à demain, ou après-demain, j'imagine quand même après-demain, ça devait être, est-ce que tu veux que je passe à Bruxelles Et j'ai dit, ben oui, bien sûr. Donc voilà, c'est là qu'on s'est rendu compte qu'il y avait plus que de l'amitié, quoi. Je me rappelle... Il n'est pas resté longtemps. Il est resté 24 heures, peut-être, pas beaucoup plus. Mais je me rappelle. Après, elle est
SPEAKER_01cherchée à l'aéroport et vous avez passé
SPEAKER_00la journée
SPEAKER_01en France.
SPEAKER_00Oui. Alors, à l'aéroport, je me rappelle du moment. C'était vraiment bizarre. Bon, j'avais une photo de lui. À l'époque, les photos, ce n'était pas évident. On ne s'envoyait pas des photos. Il n'y avait pas vraiment de façon facile de scanner une photo. Donc, soit tu le faisais sur papier. Mais j'avais donc quand même une photo de lui. Je me rappelle qu'il a blagué tout de suite en me Si tu ne te sens pas à l'aise, tu peux me déposer au bas de chez toi. Je trouverai un endroit pour dormir
Visa Fiancée Mariage Et Installation
SPEAKER_00sur un banc. C'est très symbolique de qui il est finalement. Je le connais bien. Je ne veux pas encombrer. Si tu n'es pas à l'aise, je ne force rien. Très considéré.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_01Ça,
SPEAKER_00ça t'a plu Oui, bien sûr. Moi, je n'aime pas qu'on pousse. Oui, tout à fait. C'était gentil parce qu'il savait en même temps que je n'allais pas le laisser dehors.
SPEAKER_01Et du coup, le lendemain, il est reparti. Qu'est-ce que vous avez dit quand il
SPEAKER_00est reparti Je voulais te dire que quand il est reparti, je me rappelle de m'être retrouvée sur mon lit et de me mettre à pleurer en criant Maman.
SPEAKER_01Ah bon Oui.
SPEAKER_00Pardon, c'était pas drôle. Pourquoi Parce que je savais que j'allais devoir partir. Je savais que j'allais devoir quitter l'Europe. Que c'était lui,
SPEAKER_01quoi. Ouais. C'était devenu une certitude.
SPEAKER_00Oui. Et j'étais triste de devoir partir,
SPEAKER_01quoi. De t'éloigner de ta famille. Tu savais que fallait faire,
SPEAKER_00ouais. Ouais, tout à
SPEAKER_01fait. Ouais. Et donc, c'est ce que t'as fait. Comment est-ce que vous êtes, quand il est reparti, vous vous êtes dit quoi exactement
SPEAKER_00Alors, j'ai pas encore dit un point très important. C'est qu'il
SPEAKER_01été marié. Ah, ça, c'est un point qui a de l'importance quand
SPEAKER_00même. Alors, c'est pour ça que, bon, pour moi, jusqu'à... Ah oui, mais attends, il était
SPEAKER_01marié et il avait une nana en Suède?
SPEAKER_00Il s'intéressait à une personne en Suède, oui. D'accord. C'est clair qu'en gros, ça n'allait plus. Ils étaient officiellement mariés, ça n'allait plus. Ça fait... avait déjà quelqu'un d'autre. Mais quand même, ce n'était pas la situation traditionnelle. Mais c'est aussi pour ça que pour moi, il n'y avait rien d'autre que de l'amitié de toute façon. Parce que pour moi, déjà, il avait dix ans de plus que moi et il était marié. Voilà quoi. Et en plus, j'étais intéressée par quelqu'un d'autre. Mais bon, quand on s'est rencontrés, il s'est vraiment passé... Il est tellement sensible, il est tellement humain, il est tellement le contraire de l'image que j'ai d'un homme, de tout ce que je n'aime pas trop chez les hommes, dans un sens. Voilà, de leur indifférence. Voilà, moi, j'ai besoin de quelqu'un de sensible, qui comprenne les choses, qui aime parler. Et il était tout ça, quoi. Donc, voilà. Mais donc, je disais... Oui, alors, la suite, comment ça s'est passé Comme je disais, je savais que j'allais devoir partir, mais je savais que ce n'était pas maintenant du tout, parce qu'il était marié, ceci, cela. Donc, c'était clair que ça a pris... Je pense que ça a pris neuf mois avant de moi me décider d'aller le voir. Donc, ça a été lent. Tu vois Mais je savais que c'était la personne, quoi. Il y avait vraiment quelque chose de très spécial. Donc, oui, je pense que... Bon, je travaillais, en plus, comme tu sais.
UNKNOWNDonc...
SPEAKER_00J'en avais un peu... Je voulais partir, nous se travailler, parce que ça n'allait pas. Je n'étais pas alignée, point de vue valeur, avec ce qui se passait dans la boîte. Donc, j'ai demandé à ce qu'on me licencie, qu'on me laisse partir. Et je suis donc, à ce moment-là, venue presque trois mois. Alors, en même temps, Thierry, l'endroit où il était, il était au shipyard à Los Angeles. Comment on appelle ça en français Je ne sais même
SPEAKER_01pas.
SPEAKER_00Je ne sais pas. Le shipyard Oui, c'est un port... Je pense que c'était un port militaire. Du fret Non, ce n'est pas ça On regardera plus tard. C'est ce qui se passe après 28 ans aux Etats-Unis. Lui aussi devait quitter son boulot et il avait trouvé un poste toujours pour le gouvernement à San Diego. Il venait d'arriver ici et je pense que deux ou trois mois plus tard, je suis venue le rendre visite. J'ai passé ici presque trois mois puisqu'on ne peut pas rester plus de trois mois, n'est-ce pas Je suis restée trois mois moins que quelques jours. Et là, il m'a proposé, il m'a demandé si je voulais me marier avec lui parce qu'il savait bien que je ne pouvais pas faire des allers-retours constamment et que moi, j'étais sans boulot à ce moment-là et qu'il fallait que je prenne une décision aussi par rapport à où je reprends ma vie. Parce qu'en
SPEAKER_01fait, lui, quand il a eu ce boulot à San Diego, c'est là qu'il est parti, il a quitté sa femme. C'était la rupture.
SPEAKER_00Oui, physiquement, ils ont vendu leur maison. Oui, tout à fait. Et donc, ça a encore pris quelques mois. Nous, on a pris l'option visa fiancée. Je ne sais plus du tout te dire combien de temps ça a pris, mais ça a pris des mois et des mois. Et je suis arrivée ici en octobre ou tout début novembre 1998. On s'est mariées en ayant les trois semaines. Et je crois qu'on nous donne deux mois pour se marier. Une fois qu'on a le visa, on nous donne deux mois. Et voilà. Et puis, on a tout de suite acheté une maison ensemble. Il était dans un logement temporaire qui était payé par le gouvernement pendant quelques mois, là, en arrivant, comme transition.
SPEAKER_01Donc, toi, tu as pu acheter
SPEAKER_00une maison Oui. On est arrivés juste avant, juste avant que les prix augmentent. Donc, c'était vraiment... On a bien fait, quoi.
SPEAKER_01On a eu la chance. Et j'ai une question parce que, avant que tu le rencontres, quand tu étais en Belgique, tu commençais ta vie professionnelle, est-ce que tu avais une perception de dire, bon, parce que tu as quand même grandi dans différents pays, Et tu pensais que tu allais rester en Belgique ou tu pensais aller éventuellement t'installer ailleurs Pas forcément aux États-Unis,
SPEAKER_00mais… Oui, je pensais à m'en aller. Je sais que ce n'était pas sérieux, dans le sens que je n'avais fait aucun projet. Mais deux fois, je me suis dit que j'irais bien habiter en Italie, parce que j'avais commencé à être italienne aussi. Et puis, à un autre moment, je me suis dit que j'aimerais bien habiter à Toulouse. Pourquoi Toulouse Pourquoi Toulouse Je ne sais pas exactement. Une de mes grands-mères est née là-bas. Une de mes grands-mères que je raconte. Une de mes grandes tantes est née là-bas et qu'elle a des très bons souvenirs. Et puis, c'est une ville dans le sud, donc il y fait beau. Voilà. Je suis venue à tomber avec San Diego.
UNKNOWNC'est le gros lot.
SPEAKER_00Tout à fait. C'est pas lui, là, en tout cas. Point de vue distance, je ne suis pas
SPEAKER_01sûre. Distance par rapport à
SPEAKER_00l'Europe Par rapport à l'Europe, quoi. Par rapport à tes pères Oui, ça, quand même, les voyages sont pénibles. Et puis, le fait que c'est si long, ça freine un peu. On n'y va pas aussi souvent que si j'étais sur la côte Est. je
SPEAKER_01pense que j'aurais plus facilement l'idée de partir. Tu sais, moi je suis sur la côte Est, c'est pas pour ça que j'y vais plus souvent non plus. D'accord. Mais bon, c'est vrai qu'au niveau communication par exemple, c'est un peu plus compliqué à cause du décalage. Donc tu t'installes à San Diego, mais c'est quand même sympa d'avoir 27 ans, de s'installer à San Diego. Et qu'est-ce qui se passe alors Comment tu commences ta vie d'adulte
SPEAKER_00Oui, surtout professeure tu me demandais un peu par rapport professionnellement. Mais
Carrière Entre Créativité Et Licenciements
SPEAKER_00je sais que quand je suis venue ici, j'avais la conviction, l'intuition que quel que soit ce que j'étais venue faire sur Terre, sens large, je pouvais le faire d'ici, de San Diego. Voilà. Que le lieu où j'habiterais n'avait pas d'importance par rapport à ma, comme je dis, mission sur Terre. Ce n'est pas que mon boulot. Pour moi, c'est plus. C'est ce que je devais faire. Donc, j'avais vraiment cette conviction. J'avais travaillé dans les services clientèle, donc, Microsoft. Quand je suis arrivée ici, j'ai cherché un peu dans le même domaine, service clientèle, customer service, en parlant français et espagnol, c'était quand même bien, parce qu'il y a souvent des sociétés qui l'utilisent pour le Canada, le français, et puis l'espagnol, c'est clair qu'aux Etats-Unis, c'est utile. Donc, j'ai trouvé facilement Thermoscan. Thermoscan, c'était à l'époque une branche de Brown, la société allemande. Donc, c'était pour les thermomètres. Thermoscan, c'est les thermomètres oreilles. Donc, j'ai trouvé un poste à temps partiel, je pense. Je ne voulais pas faire un temps plein. Oui, j'ai fait un temps partiel parce que je voulais retourner étudier. J'avais étudié les sciences commerciales, ce qui était dans un sens très bien parce que ça m'avait rendu un peu plus terre-à-terre parce que je ne suis pas du tout terre-à-terre. Moi, je suis très créative et voilà, dans ma tête. Donc, c'était bien parce que ça m'a équilibrée, mais ce n'était pas du tout ce que je voulais faire.
SPEAKER_01Qu'est-ce que tu voulais
SPEAKER_00faire Qu'est-ce que je voulais faire Plein de choses, plein de choses à des moments différents de ma vie. Ah, Avant d'avoir fait les sciences commerciales, j'avais fait une année de décoration en Belgique, à l'Académie des Beaux-Arts. Donc je savais que tout ce qui était artistique m'attirait beaucoup, mais j'avais arrêté. C'est évident de choisir ce qu'on veut quand on est jeune. J'avais arrêté parce que je trouvais que c'était trop... que c'était pas assez intellectuel. Il y avait trop de cours où il fallait que tu crées des choses, mais que je recevais pas assez de nourriture pour créer. Il y avait quelques cours de littérature, un truc par-ci, par-là, mais c'était pas assez. On me donnait pas assez. Donc j'ai arrêté ça. Tu allais en linguistique. J'adorais. Linguistique, j'aime les langues. Mais là, c'était le contraire. Ce n'était pas assez créatif. Parce que c'était apprendre, apprendre, apprendre, lire des bouquins. Super, ça m'intéressait beaucoup. Au fait, je ne sais pas très bien pourquoi j'ai arrêté. Je pense parce que ça ne m'aurait plus aussi. Mais comme je dis, je pense que quand on est jeune, c'est difficile de trouver le truc qui
SPEAKER_01va te... Il faut déjà
SPEAKER_00se trouver. Oui. Et puis, j'aimais aussi beaucoup écrire. Donc, j'avais aussi pensé au journalisme. Mon père était journaliste. donc ça runs in the family comme on dit mais j'ai pas fait ça parce que je me suis dit c'est pas un défi assez grand pour moi écrire j'aime déjà ça donc non et j'ai choisi l'essence commerciale voilà c'est un défi ça va être un défi super j'adore les défis
SPEAKER_01donc dans ça c'est ce que t'as fait en Belgique
SPEAKER_00l'essence commerciale et donc oui donc je suis arrivée ici avec ce background si tu veux mais j'ai trouvé dans les services clientèle et j'ai fait ça pendant je sais pas combien d'années 5-6 ans peut-être et puis Non, je vais te dire combien. Oui, environ 5-6 ans. Et après, je suis tombée enceinte. Donc, ce n'est pas donc que j'ai arrêté. Non, c'est que la boîte allait déménager. Ils allaient déménager sur la côte est. D'accord. Donc, on a tous été licenciés, mais ça tombait très bien. Et puis, pendant ces années-là, quand j'ai dit que je travaillais à temps partiel, je suis retournée étudier la décoration d'intérieur dans un junior college. Donc, j'ai fait un certificat. J'ai vraiment adoré. Et donc, j'ai trouvé après un poste pour... dans ce domaine-là. J'ai aidé une décoratrice d'intérieur qui avait son propre business. Et puis après ça, j'ai fait ça pendant un an. Après, j'ai changé de poste, de boîte. Je suis allée dans une boîte plus grande qui vendait des meubles, Christ. Et donc, j'étais dans le département de décoration d'intérieur où on recevait des clients hyper richissimes. Et on faisait toute leur maison. On décorait la maison entière avec ces meubles-là et d'autres. Et ça, c'est la première fois, je dois dire, que je me suis dit,
SPEAKER_01je peux enfin être moi-même au boulot. Donc, tu as atteint une certaine maturité. Tu as senti que tu avais atteint une certaine
SPEAKER_00maturité. Non, au fait, je pense que c'était le premier boulot qui faisait appel vraiment à ta créativité. Oui, tout à fait. Je pouvais être créative et c'était justement ce qu'on me demandait dans les autres boulots. Est-ce que tu répètes 36 000 fois la même chose Tout est scripté. C'est l'horreur, quoi. C'est la répétition. Oui, j'aimais bien le contact avec les gens, mais j'aimais juste justement bien de ce qui était en dehors du script, quand il y avait des trucs en plus. Donc là, c'était merveilleux. J'avais vraiment l'impression de pouvoir m'épanouir, d'être enfin acceptée entièrement pour qui j'étais. Pour la variété. En plus, il fallait que je sorte. Je n'étais pas assise à mon bureau toute la
SPEAKER_01journée.
SPEAKER_009h-5h sur l'ordinateur. Voilà. Donc, c'était merveilleux. Jusqu'à ce que la crise économique arrive de 2008.
UNKNOWND'accord.
SPEAKER_00Et là, le département a fermé. Donc, à nouveau, en même temps, J'ai envie de dire, et à chaque fois que je suis licenciée, j'ai quand même l'impression de sortir d'une prison. À chaque fois que dans un boulot, on me licencie, je suis contente. Alors que je sais qu'il y a plein de gens, c'est traumatisant. Mais pour moi, déjà, j'ai la chance que mon mari travaillait pour le gouvernement, donc on avait une base stable. Donc, ce n'était pas grave si je ne travaillais pas pendant quelque temps. Mais à chaque fois, c'était chouette. Qu'est-ce que je vais faire de nouveau Qu'est-ce que je vais faire peut-être après Et donc là, ma fille avait... elle avait 6 ans donc elle allait à l'école et l'école où elle était c'était une école américaine mais qui enseigne en français les premières années entièrement en français et puis après au fur et à mesure ils introduisent plus d'anglais jusqu'à middle school où là c'est le contraire c'est presque tout en anglais sauf 2 heures
Enseigner En Immersion Puis S’arrêter
SPEAKER_00de français par jour un truc comme ça donc là ils m'ont demandé ils nous ont dit on va créer une classe de kindergarten Est-ce que tu es intéressé Je me suis dit pourquoi pas. Donc je suis retournée suivre des cours de base pour tout ce qui est maîtresse de kindergarten. Et à la rentrée, je suis
SPEAKER_01devenue maîtresse. Donc, ça t'a pris combien de temps pour... C'est quoi, c'est une licence
SPEAKER_00Ah ouais, d'accord. Oui, voilà, c'est quelques cours. C'était pas énorme. Et puis, je pouvais les suivre. Je pouvais continuer à en suivre certains si j'avais vu ceux de base déjà, tout en étant maîtresse. Donc, c'était hyper intéressant. Moi, j'adore tout ce qui est éducation. Donc, c'était... Et psychologie. Ah oui, j'ai pas dit. J'ai pas dit, mais ma première idée... Quand j'avais 18 ans, c'est de faire psychologie. Mais un de mes oncles a dit « Ah, mais ça, c'est pour les fous. » Et comme personne d'autre ne m'a donné aucun autre avis, je me suis dit « Ok, je ne vais pas faire ça. » Mais voilà, j'ai raté. Tu avais pensé quand même. Mais c'était moi. C'était évident que c'était moi. Donc c'est marrant comme la vie te...
SPEAKER_01te ramène
SPEAKER_00ou t'a ramené à... Tu ne peux pas échapper à qui tu es. C'est merveilleux. On ne veut pas échapper
SPEAKER_01à
SPEAKER_00qui on est. C'est un aimant. Donc, je suis devenue... C'est
SPEAKER_01chasser le naturel et le
SPEAKER_00revient au galop. C'est ça Oui. Donc... J'ai adoré pour tellement de raisons. Parce que j'avais l'impression d'être dans la vie. Quand t'es maîtresse avec des petits-enfants comme ça de 4-5 ans, c'est la vie, quoi. C'est pas un boulot. Tu les fais jouer, tu leur apprends les lettres, les numéros, tu sors avec eux à la récréation. C'est vraiment... Cool, quoi. Sauf que la plupart des enfants ne connaissaient pas un mot de français. Donc, tu te retrouves, tu es supposé parler en français tout le temps. C'est une immersion. en français, avec des enfants qui ne comprennent pas. Il y en avait heureusement quelques-uns qui comprenaient parce qu'ils avaient des parents français, c'est pour ça qu'ils venaient. Pareil que ma fille, c'est pour ça que j'avais mis ma fille dans cette école. Et donc, c'était très difficile, point de vue discipline, quoi. Dur d'avoir un groupe cohérent. Il faisait tout un peu... C'était un fouillis pas possible. Donc, je pense que ça, ça a été le truc qui ne m'a vraiment pas convenu. La première année, j'ai attrapé... une pneumonie au bout de 3-4 mois. Déjà, c'est connu quand on est... en contact avec les petits-enfants, on attrape plein de choses. Donc, je n'étais pas là pendant deux ou trois mois. Et puis, je suis revenue. On a fini l'année. Et puis, l'année suivante, j'ai attrapé le zona.
SPEAKER_01C'est embêtant
SPEAKER_00quand même. Oui. Donc là, je me suis dit, OK, je comprends mon corps. Et vraiment, en rentrant à l'école, en revenant, j'ai perdu ma voix. Je me suis dit, j'arrête, je ne vais quand même pas mourir ici. Donc, j'ai arrêté en pleine année. Désolée, j'étais très triste pour les parents et les enfants, mais je n'allais pas continuer. Donc voilà, l'expérience s'est arrêtée là. C'était quand même merveilleux, mais ce n'était pas encore entièrement moi. Donc ça, c'était merveilleux. J'ai des souvenirs vraiment merveilleux. Et donc après, je me dis, qu'est-ce que je fais maintenant What's next N'est-ce pas J'avais l'impression d'avoir tout fait, tout ce que je voulais faire. Quand j'étais jeune, j'étais la petite fille typique qui jouait à l'école, à la maison, tu vois Donc j'avais fait ça, décoration d'intérieur, j'avais aussi fait. Tu ne
SPEAKER_01voulais pas revenir à ça, par exemple
SPEAKER_00Non. Non,
SPEAKER_01non,
Coaching TDAH Et Injustice Invisible
SPEAKER_00parce que… Pour toi,
SPEAKER_01tu avais fermé
SPEAKER_00une porte là-dessus. Un chapitre. Oui, au fait, j'avais accompli mon fantasme, quoi. Tu vois, à chaque fois, c'est un besoin d'être ça. Et puis, au bout d'un moment, je le dépasse. Enough, ça suffit, quoi. Qu'est-ce qu'il y a d'autre Et donc, j'avais une amie qui avait fait une formation en coaching. Je lui avais demandé « Est-ce que tu penses que j'aimerais » Et ça me fait sourire parce qu'elle m'avait dit « Je ne sais pas ». Et maintenant que je sais ce que c'est… mais tu aurais dû me dire que oui, bien sûr Il y a la psychologie, il y a le côté relationnel, il y a le côté très créatif parce que tu ne sais jamais ce qui va se passer. Voilà, intuition. Donc, j'ai fait ça. Ah oui, mais alors, je n'ai pas fait ça tout de suite. Au fait, une amie m'a dit « J'ai une voisine dont le fils vient de laisser tomber l'université parce que ça ne va pas, mais il veut y retourner. Ses parents veulent bien seulement s'il a de l'aide. Et j'ai pensé à toi, que tu pourrais l'aider parce que tu as tellement étudié à plein d'endroits différents. » sonnait vraiment vrai. Je disais « Ah oui, ça c'est vraiment... Je peux aider. » Je suis quand même sentie que j'ai dû prendre mon courage à deux mains pour appeler ce garçon et me présenter en tant que coach, quoi. En tant que « Ok, je peux t'aider. » Et donc, on a fait du coaching pendant quelques mois. Et tout de suite, je me suis dit « Mais il y a un problème. Il est différent, quoi.
UNKNOWN»
SPEAKER_00Quand il me dit qu'il va faire tel truc pour la semaine prochaine et qu'il est hyper enthousiaste, il est convaincu qu'il va le faire, il revient et il dit « je ne l'ai pas fait ». Donc, j'ai parlé deux mots à mon amie. Je lui ai dit « il y a quand même un truc un peu bizarre ». Et elle m'a dit « écoute, j'ai entendu les parents parler du TDAH, qu'il a peut-être un TDAH ». Alors franchement, là, ça m'a… Ah Je vais regarder ce que c'est, je ne savais même pas ce
SPEAKER_01que c'était. Ce n'était pas aussi à la mode, on va
SPEAKER_00dire. Voilà, ce n'était pas encore. C'était les tout débuts. Alors, c'est le trouble et le déficit de l'attention et hyperactivité c'est un grand long truc mais j'ai regardé en ligne et ça m'a vraiment parlé je me suis dit waouh c'est incroyable c'est un handicap que personne ne voit les handicaps physiques on les voit tu ne vas pas demander à quelqu'un qui est en chaise roulante de se mettre à courir, n'est-ce pas Mais quelqu'un qui a un TDAH, tu ne vas pas lui demander de faire ta liste de tout douze pour dans deux jours, parce qu'il n'est pas capable. Mais ça, si on ne se connaît pas, si on ne s'y intéresse pas, si on n'apprend pas, on ne sait pas et on se bute. L'image typique pour les TDAH, c'est « Oh, ils sont paresseux ». Ben non, ils ne sont pas paresseux. Mais ce qu'ils n'arrivent pas à faire, l'interprétation, c'est de extérieurs, ça a l'air qu'ils sont paresseux. Mais voilà, j'ai vraiment trouvé qu'il y avait une telle injustice par rapport à cette population. Très contente d'être tombée dessus et j'ai cherché une formation, une école qui forme des coachs pour justement avoir des clients qui sont TDAH. Quelle formation de coaching t'as fait Ça s'appelle ADK, ADD Coaching Academy. C'est en ligne, c'est sur la côte Est, ils sont basés sur la côte Est, mais c'est en ligne et donc c'était merveilleux. J'ai vraiment adoré cette formation. Et d'ailleurs, j'ai commencé à avoir des clients. Lui, déjà, je l'avais. Mais j'ai commencé à avoir d'autres clients avant de finir parce que ça me passionnait tellement. Et voilà, ça, ça fait 14-15
SPEAKER_01ans. Là, en fait, tu as eu l'impression de vraiment te trouver quoi Enfin, de savoir pourquoi je suis faite. Et comment ça s'est passé de lancer quand même ton propre business. Parce que c'est aussi partir de la vie en entreprise et l'école. Comment tu as réussi à faire
SPEAKER_00ça Ça se fait très lentement. Il faut être très patient, petit à petit. Je sais que pendant les débuts, j'ai pris un boulot en ligne aussi pour Google. Le genre de boulot que tu fais toi-même, un truc vraiment chiant. Sélectionner des trucs à longueur d'un écran après l'autre, tu sélectionnes des trucs. Mais c'était... pour être occupée et avoir un peu d'argent. Donc, j'ai fait ça au début. Et puis après, chaque année, je doublais mon revenu. Voilà, c'était lent. Donc, tu as réussi à
SPEAKER_01avoir des clients à temps plein.
SPEAKER_00Alors, temps plein, jamais. Moi, je ne veux pas de temps plein. Pour moi, le mot temps plein, ça me... je n'en veux pas. Quel que soit le contenu, je ne veux rien à temps plein parce que si je dois faire ça tout le temps, je n'ai plus envie de le faire. Je n'ai plus besoin de faire différentes choses. Je dis à mes clients que je ne suis pas TDAH, mais que j'en ai l'air. Parce qu'ils sont aussi très intéressés à plein de choses et passer du coq à l'âne et voilà, multitâches. Mais moi, c'est plutôt que j'ai tellement de créativité que j'ai envie de faire des choses différentes. Donc, Mon temps plein, si tu veux, c'est environ 20 heures.
SPEAKER_01Je voulais dire, combien de temps tu passes avec un client C'est des mois, c'est des années, c'est quelques semaines
SPEAKER_00Alors, il y a de tout, mais la plupart, c'est des années. D'accord. J'ai même un client encore maintenant, depuis le début.
SPEAKER_01Que tu vois une fois par mois
SPEAKER_00Une fois par semaine.
SPEAKER_01Et comment tu accompagnes ces clients alors, en fait Quel est l'objectif
SPEAKER_00Alors, c'est différent pour chacun. Ça dépend vraiment de leurs besoins. Mais l'objectif, c'est de les aider avec cet handicap, de leur donner des moyens de... surmonter leurs difficultés parce que leurs difficultés sont très réelles leur apprendre déjà de se connaître eux-mêmes mieux de se déculpabiliser par rapport à qui ils sont parce que souvent ils ont une estime de soi horrible ils pensent qu'ils sont vraiment nuls parce que c'est souvent ce qu'ils ont entendu depuis qu'ils sont jeunes parce qu'ils n'ont pas été compris donc déjà leur donner confiance en eux et leur dire mais vous êtes merveilleux et je vais te dire pourquoi t'es merveilleux eux. C'est pas juste quelque chose, je vais dénicher un truc, non, c'est que je le vois. Mais souvent, c'est qu'ils, un peu comme moi dans mon parcours, c'est qu'ils ne sont pas en train d'utiliser leur force. Ils sont dans le chemin habituel de tout le monde. On t'a dit qu'il faut un boulot de 9 à 5, vas-y. Tu vois, donc souvent, ça aboutit à un changement de profession ou un changement de vie. Pas toujours du tout, mais il y a quelque chose qui va mal. Il y a quelque chose qui n'est absolument pas adapté à qui ils sont naturellement. C'est pareil pour tout le monde, mais je pense que pour les gens qui ont un TDAH, c'est vital. Ils ne peuvent pas se forcer toute leur vie à faire quelque chose qui les désintéresse, par rapport auquel ils sont vraiment neutres, si pas pire. Ils ont vraiment besoin de trouver ce qui leur va. Et finalement, c'est ce parcours que moi j'ai fait
SPEAKER_01aussi, finalement. Donc j'ai une question, en fait, pour revenir au fait d'être franco-américaine, de ne pas être élève Donc, ce parcours que tu nous décris à te chercher, en même temps, tu t'es installée ici, dans ce pays, cette culture. Est-ce que tu as eu des stades différents en fonction de ce parcours identitaire par rapport aussi au... l'immigration. J'imagine que tu es arrivée avec le visa, tu t'es mariée assez rapidement, la green card et j'imagine la citoyenneté. Est-ce que tu vois la citoyenneté maintenant
Identité Nationalités Et Choc Culturel
SPEAKER_01Est-ce que tu pourrais nous décrire un peu les différentes étapes et toi, ce qui a changé à chaque fois
SPEAKER_00Alors, je ne sais pas si quelque chose a changé par rapport à ces étapes administratives finalement. La green card, j'ai reçu très vite. Dès que je me suis mariée, un mois plus tard, j'ai eu. C'était
SPEAKER_01immédiat
SPEAKER_00J'ai pu travailler très vite. Donc, voilà. Et puis, je pense que quand on m'a dit que ma green card allait expirer, je ne sais même pas si c'est 10 ans C'est 10 ans la green card Oui, je pense que c'est 10
SPEAKER_01ans. C'est 10 ans et au bout de 5 ans, tu peux demander la citoyenneté. D'accord,
SPEAKER_00oui, c'est ça. Donc, je n'ai pas demandé au bout de 5 ans, mais au bout de 10 ans, quand j'ai vu que ça allait expirer, je me suis dit que ça coûte le même prix de devenir américaine que de redemander une green card ou en tout cas, si j'en demande indéfiniment, ça va devenir encore plus cher. Je me suis dit, pourquoi pas De toute façon, ça ne change absolument rien tant qu'on habite aux États-Unis parce que, point de vue taxe, il faut quand même… tu dois te soumettre aux taxes. C'est plutôt, si tu veux en partir, si tu n'es pas américain, c'est fini pour les taxes. Si tu continues à être américain, tu dois continuer à envoyer ton petit papier tous les ans. Mais voilà. Donc, c'est une chose à son temps. Par contre, maintenant, je sais que si tu veux renoncer à ta nationalité, tu dois payer. Et pas payer, ce n'est pas 500 dollars, c'est quelques milliers. Donc, je trouve ça... Mais bon. Voilà. Donc, dans ma tête, c'était ça. Pourquoi pas Ma fille est américaine, mon mari aussi, autant que je le devienne aussi. Ça, il n'y aura aucun problème. point de vue droit, de pouvoir rester à n'importe quel moment. Donc voilà, c'est vraiment ça que je me suis dit. Et puis je me suis aussi dit, une nationalité de plus, pourquoi pas Tant que je ne peux pas perdre la française, je veux bien prendre l'américaine.
SPEAKER_01Et donc pourquoi c'était aussi important de garder la nationalité française pour toi qui as déjà autant voyagé
SPEAKER_00Parce que légalement, tu ne peux pas habiter en Europe si tu n'as pas une nationalité européenne. Tu ne peux pas y habiter, tu peux y passer trois mois. Donc c'est quelque chose
SPEAKER_01que tu avais en tête quand même. C'est
SPEAKER_00un droit ou c'est une porte que je ne voulais absolument pas fermer. En même temps, je pense que si tu y renonces, tu peux la recréer. récupérer à nouveau dans le futur si tu laisses tomber l'américaine quoi enfin je pense on devient local j'ai envie de dire psychologiquement au fur et à mesure qu'on passe plus de temps quelque part
SPEAKER_01ça j'aime bien cette description on devient psychologiquement local oui mais est-ce que ouais on s'en rend pas compte en fait non c'est petit
SPEAKER_00à petit c'est un jour où on se dit ah tiens oui la culture américaine n'était pas entièrement étrangère puisqu'on y avait habité
SPEAKER_01pendant trois ans c'est ce que tu avais connu un petit peu ouais mais oui donc c'était quand même une pièce de des différents blocs qui t'ont formé avec lesquels tu as grandi donc c'était peut-être un truc qui te te rappelait à ça quoi
SPEAKER_00Et comme tu l'as dit, j'avais un très bon souvenir de ces trois années-là. Donc pour moi, je me disais, il ne va pas y avoir de problème avec les Américains. Je pense que je m'entendrai très bien avec
SPEAKER_01eux. Voilà. Et justement, ta relation avec l'Europe depuis Est-ce que vous y allez Tu disais que c'était un peu plus compliqué avec la côtoise, etc. Vous y allez
SPEAKER_00souvent J'avais ma fille, donc une fois qu'elle est née. De toute façon, j'y vais tous les ans. Une fois par an. Mais je n'y vais pas très longtemps. J'y vais deux, trois semaines maximum.
SPEAKER_01C'est pas mal déjà.
SPEAKER_00Oui, mais il y a beaucoup de familles qui, quand elles ont des enfants, ils essaient d'avoir leurs enfants tout l'été
SPEAKER_01là-bas. Mais bon, c'est quand même
SPEAKER_00pas mal. Oui, tout à fait. Ça fait une grande différence. Oui, donc voilà, j'y retourne tous les ans. Et encore maintenant, même si ma fille a 23 ans, donc elle n'y retourne pas. J'ai pas réussi, tu vois. Elle parle français, ta fille, ou pas Oui, elle est allée dans cette école où on enseigne en français. Et Oui, c'est
SPEAKER_01vrai. Donc, elle a appris le français. Mais elle n'a pas créé les attaches avec
SPEAKER_00l'Europe. Tout à fait. Non, les attaches émotionnelles, ça n'a pas
SPEAKER_01marché. C'est intéressant. Et du coup, parce que quand tu dis, c'est la France ou c'est la Belgique Parce que si tu as ton frère en Espagne et puis… En
SPEAKER_00Belgique Mes attaches, c'est plutôt en Belgique, je trouve. C'est marrant parce que je me sens assez... C'est dur de dire. Moi, je me sens de nulle part... Au fait, je n'ai jamais habité dans mon pays. Je n'ai jamais habité en France et je suis française. Je ne suis plus espagnole de papier. Je n'ai jamais été belge. Mais j'ai passé mes premières années en Belgique. Ce n'est pas normal. Je devrais être belge. Je me sens... Mon cœur est belge, si tu veux. Quand je survole la Belgique, ça me fait quelque chose, quoi. Je
SPEAKER_01survole la France. Est-ce que tu ne te sens pas plutôt peut-être européenne, en fait Oui. Tu es européenne, on dirait. Tout à fait.
SPEAKER_00Oui, tout à
SPEAKER_01fait. Donc, quand tu rentres, c'est en
SPEAKER_00Belgique Oui, puisque c'est là qu'habitent mes parents. Je vais rendre visite à ma famille en France, à mon frère en Espagne. C'est lui qui vit en Belgique. On s'arrange. Mais je
SPEAKER_01bouge. C'est vraiment une famille internationale. Oui. Est-ce qu'elles viennent
SPEAKER_00Oui. Mes parents ne viennent plus depuis quelques années. Mon frère est venu, par exemple, ça fait deux semaines. Mon autre frère est venu une fois quand ma fille est née, mais pas plus. Sinon, j'ai un cousin, par exemple, un cousin français à New York qui est venu. Enfin, tout le monde est venu une fois. Presque tout le monde est venu une fois. Sinon, c'est mes parents surtout qui viennent, qui venaient.
SPEAKER_01Et donc maintenant, avec presque 30 ans avec ton mari, est-ce que tu penses qu'il y a des trucs que tu as gardés de la culture française dans ta vie familiale De la culture européenne,
SPEAKER_00on va dire, j'ai l'impression. Oui, mais même française, puisque ma mère est française et nous a élevés à la française, principalement. Donc oui, je suis sûre. Ne me demande pas quoi exactement. C'est plutôt aux autres à dire, n'est-ce pas Il y a une chose, par exemple, je sais que tout le monde me dit souvent, et je pense que c'est... Je ne sais pas si c'est européen, mais peut-être un peu plus qu'américain, c'est le fait que je suis tout le temps en train de chercher le bon mot, que j'aime bien trouver le bon terme pour chaque occasion. Et les gens remarquent ça, et moi, je ne sais pas, c'est un côté un peu... Ça reflète un peu le fait qu'on pense plus, c'est horrible ce que je vais dire, qu'on pense plus en Europe, on est un peu plus compliqué, on est un peu plus à rechercher les choses, à les sentir. Ici, c'est plus superficiel et je déteste dire le mot superficiel parce que ça a l'air négatif, mais c'est plus léger, c'est peut-être un meilleur mot, plus légère. En général, on trouve de tout partout.
SPEAKER_01On s'arrête moins sur
SPEAKER_00les détails. Oui, tout à fait. La directrice de l'école, quand j'étais maîtresse, elle est allée en Suisse pendant les vacances. Elle est revenue, elle m'a dit « Isabelle, maintenant, je te comprends tellement mieux. » Je dis « Bon, pourquoi » Elle m'a dit « Parce que, par exemple, quand tu vas dans une pâtisserie en Suisse, on te prend ton petit gâteau dans une petite boîte en carton, on te lave on te met une étiquette, on te met un noeud, c'est tout mignon, mignon. Et ces détails, je les vois chez toi. Je ne me rends pas compte. Mais ça m'a vraiment fait sourire, son parallèle avec la pâtisserie et que tout est bien fait. Je suis perfectionniste, c'est vrai, si c'est ça ce qu'elle
SPEAKER_01voulait
SPEAKER_00dire. Après, l'art de vivre, non Oui, tout à fait. Oui, tout à fait. Tout a de l'importance,
SPEAKER_01quoi. Et est-ce que, je ne sais pas si tu imagines, d'ici à 10 ans, tu te vois encore à San Diego, où tu penses que tu auras une envie de rentrer Pas de rentrer, mais de se rapprocher.
SPEAKER_00Ça, c'est la grande question, parce que je t'ai dit que mon mari a un cancer, mais il est en phase terminale. Malheureusement, je pense qu'il ne sera pas là dans un an, par exemple. Donc, c'est vraiment une question que je me pose. Ça fait deux ans et demi qu'on a eu le diagnostic, stade 4, donc je savais déjà que... Il n'y avait pas de solution, pas de guérison possible. Mais donc, je me pose la question, bien sûr. Pour l'instant, la réponse que je me suis dit, tu n'as pas besoin de choisir maintenant, tu n'as pas besoin de décider. Mais c'est clair que je ne suis pas en train de me dire, ah oui, absolument, je recours vers l'Europe. Non, ma fille habite ici. Elle habite aussi à San Diego pour l'instant. Donc, je l'ai quand même, elle. Mais aussi que... j'ai quand même créé ma vie ici, pour l'instant en tout cas, et je m'y sens bien. Alors oui, j'y retournerai plus souvent et plus longtemps, En Europe, parce que je n'aurais pas de raison de rester ici tout le temps. Surtout, je peux faire mon coaching en ligne à distance aussi. Je pense que je retournerai plus souvent. Et en même temps que je dis ça, je ne sais pas si ça arrive à tout le monde, mais moi, en tout cas, à chaque fois que je vais en Europe et que je reviens, c'est très difficile de revenir
SPEAKER_01pour moi. De revenir ici De rentrer C'est trop difficile de rentrer à San
SPEAKER_00Diego De revenir, oui. Psychologiquement, ça me prend un petit temps pour me réhabituer. Je veux dire, le contrat, c'est tellement différent. En plus, entre la Belgique où il fait gris C'est un fort contraste, déjà. Oui, voilà. Et puis la taille et tout, c'est des énergies tellement différentes que ça me... Est-ce que ça a
SPEAKER_01toujours été comme
SPEAKER_00ça Oui. Ou c'est devenu plus difficile Ça a toujours été comme ça. Oui. Parce qu'au fait, je vois le bon côté... de chaque
SPEAKER_01endroit bah ouais mais parce que c'est ça aussi tu fais que visiter mais c'est parce qu'en fait moi j'ai le même problème mais c'était pas aussi de partir et quand je reviens ici maintenant c'est encore plus encore plus comme si je devais repasser une montagne quoi pendant quelques jours donc je dois repasser une montagne quand t'arrives là-bas c'est un autre monde en fait donc complètement donc tu te réhabitues mais bon ça devient naturellement parce que c'est là d'où tu viens et après quand tu pars tu reviens et ça prend un peu deux trois jours pour dire bon attends faut que je me remette dans le bain ouais tout à fait je me dis avec c'est parce que ouais je vieillis c'est encore c'est de plus en plus difficile donc c'est trop bizarre comme impression mais moi je pense que alors tu vas me dire moi c'est parce que je vois très bien maintenant très nettement le côté mon côté français quand je suis là-bas, très différent de mon côté américain. Est-ce que toi, quand tu vas en Europe, tu vois cette différence en toi ou cette différence
SPEAKER_00culturelle Ça me fait penser au fait que je n'ai jamais été entièrement européenne. C'est quoi
SPEAKER_01être entièrement européenne
SPEAKER_00Oui, c'est, par exemple, c'est justement l'histoire des détails. C'est bizarre, mais je vais penser, je fais un exemple, les vêtements. Je pense que je ne donne pas autant d'importance aux vêtements que la plupart des Européens donnent importance à leurs vêtements. Et donc, je suis bien ici. Bon, je suis bien ici, mais la Californie, c'est un peu l'extrême. Ici, ils ne s'habillent vraiment pas. Mais en Europe, on s'habille un peu plus que ce que je voudrais. Donc, moi, les gens en Europe, je m'habille, si tu veux, un peu moins. Plus léger, pas léger en... Tu vas devoir enlever tout ça parce que c'est pas mal.
UNKNOWNNon, j'ai compris.
SPEAKER_01Donc, je suis entre les deux. Non, mais j'imagine. San Diego, il fait chaud de toute façon. Donc, c'est t-shirt et short.
SPEAKER_00Oui, voilà. C'est tout le temps t-shirt. Oui. Moi, j'aimerais être un peu plus que t-shirt. Par exemple, je m'achète parfois des robes et des trucs comme ça. Je me dis, mais ça fait un peu trop habillée. J'ai ce plaisir de pouvoir prendre ces vêtements avec
SPEAKER_01moi.
SPEAKER_00De les porter. Mais quand j'y étais, je n'avais pas trop envie de les porter. J'avais tendance à m'habiller plus un peu... Confortable, quoi. Voilà, c'est ça le truc. C'est que, ici, on s'habille avant tout confortable. Et ça, j'adore. En Europe, c'est le look d'abord. Si t'es confortable, tu le fais. Mais si t'es pas confortable, tu le fais quand même. Et en plus, en vieillissant, on s'en fout encore plus du look. On veut le confortable, quoi. Mais voilà, tu vois, là, j'ai toujours un petit décalage. Mes cousines françaises, elles s'habillent toujours beaucoup mieux que moi. Toujours avec des petits cols, etc. ceci, cela. Et voilà, moi, le col, ça va de temps en temps, mais pas tout le temps. Et puis, j'aime bien m'habiller avec des couleurs. Je pense qu'en France, c'est encore assez classique. En tout cas, dans un certain milieu, toujours des couleurs ternes, quoi. Bleu, blanc, crème, peut-être un peu de rouge, mais pas des trucs... Comme ça,
SPEAKER_01quoi. Ça, c'est joli. En rose, mais non. On n'a pas peur des couleurs pétantes. Oui, voilà. Il y a un peu moins de... C'est aussi parce que tu es dans un endroit où il y a beaucoup de soleil, beaucoup de couleurs déjà. Oui, tout à fait. Si tu étais à Seattle... Oui, tu as raison. Tu vois Peut-être
SPEAKER_00que ça serait plus... Oui, oui. Et puis bon, aussi en Espagne, ce serait un peu mieux aussi parce que les couleurs en Espagne, il y en a beaucoup plus aussi. Mais sinon, tu me demandais par rapport est-ce que je sens le décalage entre moi et les Européens Bon, je vais dire les Européens parce que peut-être que je me sens plus libre. C'est un truc qui est un peu bizarre à dire, mais... Je pense que les Américains sont moins encombrés de pensées qui ne leur conviennent pas. Je pense que les Européens sont encore très règles. Le candiraton est plus important en Europe qu'aux États-Unis. À nouveau, je dois comparer plutôt par rapport à la Californie, ce que je ne sais pas ailleurs.
SPEAKER_01En même temps, je me dis que les règles, parfois, c'est aussi important. Oui, oui, oui. Tu vois, en même temps, il y a des trucs, il y a certaines règles qui me manquent un peu aussi, parfois. Oui, tout
SPEAKER_00à fait. Oui, oui, Ça dépend dans quel domaine. Par exemple, on veut manger à n'importe quelle
SPEAKER_01heure. C'est très perturbant pour un
SPEAKER_00Européen. Oui, tout à fait. Moi, je ne m'y fais toujours pas. Oui, voilà. Donc, c'est vrai. Non, c'est vrai. Pas assez de règles. Il faut une structure dans la vie. Il te faut une structure, mais il te faut une structure qui t'est adaptée à toi. Et je pense qu'en Europe, on ne s'adapte pas assez à la personne. On fait la règle pour tout le monde. Et ici, on ne fait pas de règles. Gros caricature, quoi
SPEAKER_01Oui, c'est vrai. C'est un peu ça. Est-ce que tu veux
Au-delà Du Cancer Comme Boussole
SPEAKER_01parler un peu de ton podcast Tu as combien de saisons Quel est le sujet Je pense que c'est intéressant de le partager aussi dans
SPEAKER_00l'épisode. Alors, je vais commencer par te dire combien j'ai de saisons. J'ai quatre saisons, mais les saisons sont très aléatoires. Elles sont en fonction de ce qui se passe dans notre vie. Parce qu'au fait, j'ai un épisode toutes les semaines. Depuis juin de l'année dernière. Donc, ça va être mon anniversaire dans quelques semaines. Donc, j'ai presque, j'ai 52. Je sais que j'ai 52 épisodes parce que récemment, j'en ai fait deux par semaine. Donc, j'en suis à ça. Elles durent environ 20, 25 minutes max, ils, les épisodes. Et puis alors, j'ai envie de dire que c'est venu parce que tout le coaching que je fais, je suis quelqu'un qui est hyper intéressée par le développement personnel. Donc, je lis plein de choses, je réfléchis beaucoup. Bon, j'ai appris plein de choses et puis j'ai 57 ans. Donc, Donc, ça se cumule quand même. Et avec le coaching, je me suis dit, j'ai appris tellement de choses, j'ai envie de partager. Surtout que je fais un peu moins de coaching maintenant. Je ne sais pas si ça se passe partout pareil, mais avec la situation politique, depuis 10 ans, les gens ont moins d'argent. Ça se voit. Donc, il y a moins de... coaching, et donc je dis, je veux donner, je veux continuer à donner, et je voulais créer quelque chose de nouveau, de toute façon. Donc j'avais cette idée en tête, je veux partager tout ce que j'ai appris de la vie. Et j'avais cette... Ce cancer, il est là, c'est pas facile à vivre, surtout quand tu sais que la personne va partir, c'est pas genre... Il y a de l'espoir, il y a de l'espoir, il y a de l'espoir, ou il y a de l'espoir qu'il dure plus longtemps, mais pas... Je sais que ma vie va changer. Donc, il y avait ces deux choses. Qu'est-ce que je fais Finalement, je me suis dit, mais je peux les mettre ensemble Parce qu'au fait, je vais exprimer à travers ce que je vis en ce moment, tout ce que j'ai appris de la vie. Et je vais le mettre en pratique. Parce que c'est facile de dire, le message, avoir un message, vous devriez faire ceci, ceci est mieux que cela. Non, voilà ma vie, voilà ce que j'essaie de mettre en place. Je vis une vie difficile émotionnellement, mais je... peut en tirer, entre guillemets, le maximum, quoi. Tu vois, il faut... C'est pas tout ou rien. Je me suis rendu compte, au bout de quelques mois, que tu peux être... Tu peux avoir un fond de vie malheureux, mais avec de superbes moments de bonheur. Tu te mets entre les deux et tu dois vivre avec, parce que ça va pas changer, ça. Et pour moi, ça va pas changer pendant encore longtemps. Parce que, une fois qu'il sera parti, je serai encore avec ce fond de vie difficile. Mais donc, voilà, tu dois en tirer le meilleur, quoi. Je veux pas être pendant cinq ans... en dépression. C'est pas possible. On ne veut pas, c'est encore pire. Donc, j'ai aussi cette idée qu'on peut... Il y a une phrase, je ne sais plus laquelle c'est, qu'on peut avoir de la douleur, mais pas souffrir en plus. Voilà, il y a cette nuance que... Une partie, tu peux quand même la contrôler. Ce qui t'arrive, tu ne contrôles pas ce qui t'arrive, mais tu contrôles un peu ce que tu vas en faire. Si tu as des outils, plus tu peux contrôler. Autrement, quand tu n'as pas d'outils, tu crois que tu es vraiment victime, point final. Mais donc, je voulais exprimer tout ça dans mon podcast. Je voulais vraiment que ce ne soit pas quelque chose de déprimant. Non. Mais que ce soit réaliste. Donc oui, il y a des moments difficiles. Il y a des moments où j'ai ma voix très émue. Il y a des moments vraiment authentiques, quoi. Voilà ce qui se passe.
SPEAKER_01Et donc, il est en français ou il est en anglais, ton podcast Il est en français. Ça,
SPEAKER_00c'est
SPEAKER_01très intéressant. Comment il s'appelle C'est quoi le nom
SPEAKER_00Alors, il s'appelle Au-delà du cancer. Au-delà du cancer. Voilà. Je voulais que ce soit pas que le cancer, quoi. Voilà. Et au-delà, dans plein de dimensions différentes. Je suis aussi très... Comment dirais-je J'aime bien tout ce qui est métaphysique. Je vais dire le mot spirituel. Pas du tout religieux, mais voilà quoi, je suis très intéressée par l'invisible, par la vie après la vie, je me pose plein de questions sur pourquoi on est là, voilà, depuis toujours. Donc le au-delà reflète tout
SPEAKER_01ça. Tout à fait. Et pourquoi
SPEAKER_00tu penses que tu l'as choisi en français, de faire en français Ah oui, alors je trouvais que c'était déjà assez difficile d'exprimer ce que je voulais vraiment exprimer, ça me quand même plus facilement français que de devoir en plus chercher les mots en anglais alors je parle très bien anglais mais C'est comme ça que je me suis sentie, surtout par rapport aux émotions. Et puis, j'aime tellement chercher les mots que je préfère les chercher en français. Je ne sais pas. Alors, récemment, ça fait peut-être six mois, j'ai eu une explication de la part d'un psychiatre ami qui me dit « Mais tu sais qu'on se connecte à nos émotions à travers notre langue maternelle. Il y a une connexion directe entre nos émotions et notre langue maternelle. Donc, je comprends tout à fait que tu fasses ça. » va vraiment mal, il lui dit, écoute, moi, je ne comprends pas ta langue maternelle, mais vas-y, je te donne dix minutes, parle dans ta langue maternelle pour se défouler, quoi. Parce que quelque chose, il y a une connexion qui se fait plus profondément avec ta langue maternelle. Donc, voilà pourquoi je le fais. En même temps, une partie de moi le regrette, parce que je suis moins de monde, c'est clair, mais si je suis vraiment honnête, une autre partie de moi, je pense, ne voulait pas que les gens autour de moi comprennent trop.
SPEAKER_01Ça a été un
SPEAKER_00soutien, mais... Oui, oui, oui. Alors, par rapport au soutien... Ce n'est pas un soutien local, puisque les gens ne comprennent pas, mais c'est un soutien de ma famille, parce que ma famille l'écoute. Je raconte beaucoup de choses dans le podcast, justement, par rapport à comment il a été créé, tout ça, mais c'était merveilleux. J'ai eu l'impression d'être guidée entre l'idée de « je ferais peut-être un podcast » et puis hyper intimidée, comment on fait. Bon, j'adore écrire, moi, mais parler, je n'ai jamais parlé. Et finalement, j'adore parler aussi, même si en tant que coach, je ne suis pas habituée à parler, je suis habituée à écouter. Donc, c'était aussi très intéressant, ce passage. J'ai un peu l'impression que je suis ma propre cliente. Qu'est-ce que je disais
SPEAKER_01Je sais que je disais quelque chose. C'était par rapport au soutien,
SPEAKER_00on disait. Oui, le soutien. Oui, que j'ai reçu du soutien par rapport aux personnes qui m'ont aidée à le mettre en place, finalement. C'était des inconnus, au fait. Et je raconte ça dans un de mes épisodes récemment.
SPEAKER_02Pour
SPEAKER_00l'écouter. Oui, en deux épisodes. C'est la naissance du podcast. Et c'est merveilleux. Comme je te dis, je ne veux pas en dévoiler trop pour ceux qui l'écoutent. des synchronicités des gestes qui ont fait que c'était une évidence que je devais mettre en place et puis après les commentaires le feedback merveilleux quand j'entends quand je lis le feedback je me dis c'est exactement ce que je voulais que ce soit c'est un peu comme l'histoire du boulot j'ai trouvé ce que je suis faite pour exprimer les émotions les émotions dans la vie. Si il m'arrive quelque chose de difficile, oui, bien sûr, ça m'arrive à moi. Ça n'arrive pas qu'à moi. Mais je pense que je suis en train d'en sortir ce que je devais en sortir. Parce qu'il y a plein de gens qui me disent « Tu exprimes très bien. Tu exprimes tellement bien ce que moi, je ressens. Mais je ne sais pas l'exprimer. » Donc,
SPEAKER_01voilà.
SPEAKER_00Oui, je pense que ça réconforte les gens. Je ne suis pas le seul. Parce qu'elle est en train de dire exactement soit de ce que je pense que je ressentirais, parce que je ne suis pas dans la situation. Et je ne parle pas que du cancer, donc il y a plein d'autres situations dont je parle. Voilà, donc je suis contente, je suis hyper contente que ce soit accessible à tout le monde, de faire un podcast, de mettre ça en place, parce que ce n'était pas difficile.
SPEAKER_01Oui, tout à fait. Pour finir notre entretien, est-ce qu'il y a quelque chose de ton parcours que
Amitiés Francophones Et Clôture
SPEAKER_01tu n'as pas encore
SPEAKER_00abordé Je ne sais pas sur le moment. Que je voudrais vraiment dire Non, je n'avais pensé à rien de particulier.
SPEAKER_01Ça veut dire que tu as parlé de tout
SPEAKER_00Je pense, oui. Oui, oui, tout à fait. Je les ai regardés par rapport au thème plus général, le but de ton podcast. Oui, oui, mais je me disais... Tu vois, je t'ai posé la question avant qu'on fasse le podcast. Mais moi, je suis française, mais je ne suis pas vraiment française. Et voilà, je me dis que... Je serais curieuse de savoir quel pourcentage, combien de gens, un peu comme moi, quand on voyage, on voyage dans sa vie. C'est souvent pas notre premier voyage. Bon, il y en a beaucoup, c'est leur seul voyage. Mais voilà, je serais intéressée d'entendre des personnes qui sont un peu comme moi, qui ont voyagé pendant leur enfance, et qui continuent Et qui J'adorerais entendre quelqu'un qui est comme moi, qui n'est pas vraiment français, qui est français sans être français.
SPEAKER_01Il y a eu des gens aussi avec des profils un peu comme toi. Ce n'est pas la majorité. Quand je parle des Français que je rencontre ici, qui sont dans des états différents, et c'est vrai qu'à chaque fois, il y a eu quelques personnes qui sont passées dans mon podcast qui avaient voyagé, soit en étant plus jeunes, soit en étant mariés à un expat. Donc, ils ont fait plein de pays avant, mais ils se sont installés ici depuis longtemps. Enfin, il y a aussi différentes façons d'arriver ici, tu vois. Donc, c'est pour ça. Donc, initialement, je pense que c'est plutôt les gens francophones. En fait, ce n'est pas forcément français et français. Au début, c'était de mon parcours parce que moi, je suis française. Donc, j'étais curieuse de de comprendre un peu les parcours est-ce qu'on vit toujours on vit tous la même chose ici en tant que français tu vois j'essaie des fois je me dis mince est-ce qu'il y a que moi et en fait je me rends compte que non mais du coup c'est pas du tout fermé moi je trouve que c'est plutôt francophone comme d'ailleurs
SPEAKER_03j'aimerais
SPEAKER_01parfois rencontrer des gens d'Afrique francophone qui sont arrivés ici aussi c'est aussi un j'avais un temps il y avait quelqu'un de Belgique d'ailleurs qui était belge donc voilà Ce n'est pas
SPEAKER_00du tout fermé sur la France. Non, mais ce n'est pas dans ce sens-là. Je disais, c'est plutôt parce que je trouve que quand on a habité dans plusieurs pays avant, habiter dans un autre pays en plus, ce n'est pas la même chose. On sait que ça va être difficile. On sait à quoi s'attendre sans savoir exactement à quoi s'attendre de ce pays-là. Mais on a déjà fait dans notre tête, dans nos émotions, dans notre corps, l'adaptation à une autre culture.
SPEAKER_01Donc, ça, c'est bien de le dire parce que c'est vraiment très particulier à ton profil. Parce que moi, je n'ai pas du tout vécu ça comme ça. Tu vois Moi, j'ai fait... J'ai eu tout en même temps. Le fait de changer de pays avec l'adaptation. Alors que toi, en fait... Tu avais un peu formaté comme un template,
SPEAKER_00en fait. Oui, je connaissais déjà un peu. De toute façon, en plus, j'ai grandi avec différentes cultures. En plus,
SPEAKER_01tu connaissais. En plus, tu connaissais un tout petit peu. En plus, je connaissais, oui. Mais donc, tu étais un peu, comme on dit, agile sur le fait de savoir que tu changeais de pays. Oui, voilà. Encore une fois. Alors que quand tu viens de France et que tu as vécu en France, c'est quand même différent.
SPEAKER_03Merci.
SPEAKER_00Sinon, je voulais dire quand même une chose. Oui, on n'a pas beaucoup parlé de ça. C'est que je pense, quand tu me disais, je me demande si on est tous pareils, la question des amitiés. Moi, j'ai toujours eu besoin d'avoir des amis francophones ici. J'ai besoin de parler français. Bon, maintenant, on peut parler français sur Zoom à ses amis restés en Europe. Mais voilà, donc moi, j'ai cherché des amis francophones. Je n'ai pas que des amis francophones, mais pour moi, c'était important.
SPEAKER_01La
SPEAKER_00question de l'amitié, c'est important. Et même, j'ai envie de dire aussi, des amis étrangers. Oui, internationaux. Oui, voilà. Je reviens à cette idée de quand on voyage, on voyage. On a des expériences différentes, mais il y a quand même la même nouveauté.
SPEAKER_01ouais mais moi c'est pareil je pense par rapport aux amitiés j'ai toujours été mon cercle d'amis ils viennent de partout j'ai pas j'ai des les américains c'est pas la majorité et pourtant mon mari est américain aussi mais pourtant c'est pas la majorité de mon cercle j'ai besoin de ça de voilà et des français mais ouais et pas que oui pas que ouais voilà donc c'est bien donc c'est ouais une similité mais bah écoute Isabelle merci beaucoup en tout cas de partager ton histoire. Je suis ravie que tu sois venue et que tu aies parlé de ton parcours. Je te souhaite tout le courage qu'il te faudra pour la suite. Je te remercie encore. Merci, ça a été très sympathique. À bientôt. Si vous êtes encore là et si vous avez écouté cet épisode jusqu'à la fin, je vous souhaite une très belle journée ou soirée ou nuit et je vous retrouve très bientôt.
UNKNOWNÀ bientôt.