Les Tas d'Amis
Les Tas d'Amis
Les Tas d'Amis et Alain - Partir Change Tout, Meme le Retour
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On peut partir “pour trois ans” et revenir transformé, puis repartir en prenant encore plus de risques. Avec Alain, on déroule un parcours rare et très concret: un premier départ aux États-Unis, une installation près de Philadelphie, puis un retour en France qui fait l’effet d’un mur quand l’expérience internationale n’est pas reconnue à sa juste valeur.
La conversation bascule ensuite vers une deuxième aventure beaucoup plus radicale: devenir travailleur indépendant, investir, créer sa structure, et débarquer en Californie comme un vrai immigrant, sans filet. Alain raconte comment le réseautage local, la prise de parole, et la spécialisation tech peuvent créer un effet boule de neige.
On parle aussi de la vraie vie: scolariser des enfants, construire le bilinguisme, protéger la famille, et arbitrer entre opportunités et stabilité. Enfin, Alain explique pourquoi il quitte la Californie après onze ans.
Si tu réfléchis à l’expatriation aux États-Unis, au retour en France, ou à l’entrepreneuriat à l’international, cet échange te donnera des repères très concrets et une bonne dose de lucidité. Abonne-toi, partage l’épisode autour de toi, et laisse une note ou un avis: qu’est-ce qui te retient de partir, ou de revenir?
Introduction Et Pourquoi Partir
SPEAKER_01Bonjour, c'était Léonore et je vous reçois dans les tas d'amis, le podcast des Français aux Etats-Unis. En 2009, je suis partie m'installer aux Etats-Unis. Depuis 13 ans, je construis ma vie familiale et professionnelle sur la côte Est, loin de la France. Avec ce podcast, je vais à la rencontre d'autres immigrés français pour échanger sur nos parcours respectifs et mieux comprendre ce qui nous a poussés à prendre le grand large pour de bon. Que s'est-il passé après l'installation
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SPEAKER_01Comment nous intégrons-nous à la culture et la vie américaine
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SPEAKER_01Comment voyons-nous la France depuis l'autre côté de l'Atlantique
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SPEAKER_01J'essaie d'apporter des réponses à toutes ces questions, car je me demande souvent pourquoi on choisit de partir et qui on devient dans un autre pays. Avec les tas d'amis, j'espère souder la communauté française immigrée, mais aussi faire le lien avec les Français de France, comme on les appelle, qui nous manquent tant à tous. Bonjour Alain,
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Du Local À L’Opportunité Américaine
SPEAKER_01bienvenue dans les tas d'amis, le podcast. On commence par une intro. Est-ce que tu pourrais te présenter nous dire depuis combien de temps... Non, j'ai compris que tu es en France en ce moment. Donc, depuis combien de temps Combien de temps t'as passé aux États-Unis Et puis maintenant, où est-ce que tu vis Qu'est-ce que tu fais
SPEAKER_00Bonjour tout le monde. Je m'appelle Alain. J'ai 43 ans, marié avec deux enfants qui ont 10 et 13 ans. Donc, j'ai commencé ma carrière pro il y a 20 ans. Et en fait, sur mes 20 années de carrière professionnelle, j'en ai... 14, 15 aux Etats-Unis. Donc, la grande, grande majorité, quasiment les trois quarts de ma carrière a été faite aux Etats-Unis. Alors, en plusieurs étapes, plusieurs épisodes, seulement on pourra parler, il y a eu deux phases différentes de passage aux Etats-Unis. Mais typiquement, je travaille dans l'informatique. J'ai été diplômé en 2006. Et puis, oui, donc ça fait 20 ans. Et notre histoire avec les Etats-Unis, elle a démarré quasiment dès le tout début de ma carrière pro, parce que quand j'ai fini mon master en informatique, j'ai fait un stage dans une entreprise qui m'a ensuite proposé un CDI. Moins d'un an plus tard, cette entreprise, elle cherchait à envoyer quelqu'un aux États-Unis pour démarrer une branche R&D. Alors, l'entreprise, elle était en France. J'étais dans l'Est de la France, à Besançon. Et puis, cette entreprise, elle cherchait à envoyer quelqu'un aux États-Unis parce qu'ils avaient déjà une branche là-bas, mais il n'y avait pas... Alors, s'il n'y avait un français, mais qui était là-bas depuis tellement longtemps qu'il était quasiment considéré comme américain pour tout le monde. Et il cherchait quelqu'un de plus frais, plus nouveau, français, qui aille là-bas pour démarrer une équipe R&D. Et donc, quand ils ont commencé à sonder un peu tout le monde dans l'entreprise, il s'est avéré que tout le monde est marié, tout le monde a des enfants, tout le monde a acheté une maison. Et donc, partir comme ça à l'aventure, c'était compliqué. Et donc, tout le monde est non. Ce qui veut dire que les ressources humaines étaient un peu désespérées pour trouver le bon candidat. Et donc, ils allaient jusqu'à finalement demander à tout le monde, tout le monde, tout le monde, y compris ceux comme moi qui avaient un mois d'un an dans la boîte. Et puis, quand la question a été posée, j'avoue que je n'y attendais pas. Et j'avoue que ça n'avait jamais été un plan pour moi de partir aux États-Unis. Mais quand la question comme ça se présente, je me dis peut-être que c'est l'opportunité d'une fois dans ma vie. Et que si je dis non, elle ne se représentera jamais. Et donc, c'est Et je l'ai vu un peu comme c'est le maintenant ou jamais.
SPEAKER_01Toi, tu es de Besançon ou c'est le boulot qui
SPEAKER_00t'arrive J'ai grandi dans l'est de la France. J'ai fait tout en Franche-Comté. J'ai fait toutes mes études là-bas. Et puis, voilà, mon premier job, je l'ai trouvé dans la ville où j'avais fini mes études, à Besançon. Donc, j'étais vraiment parti sur une trajectoire très, très locale. Et oui, je n'avais jamais vécu dans une autre région que celle-là.
SPEAKER_01L'entreprise était américaine ou c'était une
SPEAKER_00boîte globale Non, l'entreprise est française. L'entreprise est française, mais c'est une entreprise qui fait des... systèmes de stationnement. Et donc, forcément, le marché, il est mondial parce que le stationnement payant, c'est partout dans le monde. Les mêmes systèmes partout. Et du coup, ils cherchaient à développer ça aux États-Unis et avoir des ingénieurs locaux qui puissent s'aider à développer le marché
SPEAKER_01local. Donc, c'est drôle parce que du coup, toi, tu étais plutôt dans une perspective. Tu commençais ta vie professionnelle à Besançon et en fait, ça t'est tombé dans les mains. Du coup, ça a ouvert la perspective de dire pourquoi
SPEAKER_00pas. Exactement. Parce que Donc, c'était à côté de Philadelphie, justement, à Moore's Town, côté New Jersey, mais vraiment juste à l'autre côté de la rivière. Ouais, l'autre côté du pont. Voilà, exactement. Juste à l'autre côté du pont. Et ouais, moi, tu vois, j'étais très franco-français à l'époque, c'est-à-dire que, tu sais, en France, tu fais tes études, t'es supposé avoir ton CDI, puis quand t'as ton CDI, en gros, t'as gagné, quoi. Et après, l'objectif, c'est d'y rester le plus longtemps possible. Mais quelque part, je m'étais aussi dit que, dans ma tête, j'avais quand même une qu'avoir fait des études longues et tout ça. J'avais vu des collègues qui, en stage, étaient partis à l'étranger, justement. Elle fait six mois au Canada, au Québec. Il y en a qui étaient partis en Malaisie. Et ils avaient fait un petit blog sur le sujet. On pouvait les suivre en ligne et voir les photos, tout ça, le dépaysement complet, l'endroit dans lequel ils vivaient et tout. J'avoue que ça m'avait un petit peu titillé en me disant, c'est quand même quelque chose de faire des études qui peuvent ouvrir ce genre d'opportunités, ne pas la à saisir, ça me semblait dommage. Donc là, quand cette porte a été entreouverte pour moi, je me suis dit c'est le moment ou jamais. Je pense qu'il faut l'essayer parce que tous les autres, ils ne le font pas parce qu'ils ont les excuses classiques qui sont bonnes. C'est difficile de déménager internationalement avec des enfants, une famille, une maison quand il faut que l'époux ou l'épouse abandonne son job, que les enfants changent d'école, partir dans un un nouveau pays avec une nouvelle langue. Tout ça, c'est très difficile. Donc, c'était très compréhensible que personne ne veuille le faire. Moi, je n'avais pas toutes ces excuses-là. Adeline était ma petite amie à l'époque. On habitait ensemble, mais elle était en CDD, elle n'avait pas de CDI. On louait, donc on n'avait pas encore d'enfant, on n'était même pas mariés. C'est difficile de trouver des excuses pour ne pas le
SPEAKER_01faire. Tu étais quand même en couple avec... ta compagne qui aussi, ça voulait dire qu'elle partait
SPEAKER_00avec toi, c'est ça Ouais, alors on était en couple depuis quelques années, mais on n'était pas encore mariés. Et du coup, quand cette proposition m'est faite, on en a discuté le jour même, en fait, parce qu'on partait en vacances dans l'ouest de la France. Donc, on traversait toute la France en voiture le jour même. Du coup, on a eu l'occasion d'en discuter sur la route. Je lui explique que tu ne devineras jamais ce qu'on m'a proposé cet après-midi au boulot. Et donc, je lui explique que l'idée est tout. Et en fait, elle a été assez rapidement emballée par l'idée. Parce que voilà, on se dit, en plus, on partait en vacances, alors t'es déjà dans un état d'esprit un peu différent, mais on se dit, ah ouais, on pourrait aller à New York, on pourrait aller voir le Grand Canyon, on pourrait visiter plein de trucs. Enfin, on s'est un peu automotivés en disant, ça pourrait être exceptionnel et tout. On allait à Soulac-sur-Mer, de l'autre côté de la France, et quand on arrive là-bas, on va à la plage, et à la plage à Soulac, il y a une statue de la liberté. Et là, on s'est dit, c'est pas pour c'est un signe qu'ils aient mis une statue de la liberté juste là, à l'endroit où on venait en vacances pour une
SPEAKER_01dizaine de jours.
SPEAKER_00C'était clairement un signe. Et du coup, dès le lundi, donc là, on partait le vendredi et le lundi, en fait, j'ai appelé mon manager et je lui ai dit, écoute, on est OK pour explorer l'idée. Dès qu'on rentre de vacances, on peut discuter avec les ressources humaines et puis voir ce que ça veut dire, voir comment le faire. Et du
SPEAKER_02coup,
SPEAKER_00on a enclenché le processus. Et le processus,
Se Marier Vite Pour Partir
SPEAKER_00ça voulait dire que si on voulait partir tirer les deux, déjà, il fallait se marier
SPEAKER_01très
SPEAKER_00rapidement. Et puis, l'entreprise, elle était vraiment motivée pour que ça se fasse super vite. Là, on était en juillet ou août 2007, du coup, et ils voulaient que ça se fasse idéalement avant la fin de l'année. Donc, on dit, d'accord, on commence à tout planifier. Et donc, on s'est mariés en novembre et en janvier, on prenait l'avion et on s'est installés à côté de Philadelphie. Donc, ça s'est vraiment fait super rapidement à partir de là, en En moins de six mois, tout avait changé. On déménageait et puis c'était parti.
SPEAKER_01Donc, en fait, quand vous partez, vous partez en tant qu'expat ou c'est en
SPEAKER_00contrat local C'est les deux, en fait. C'est-à-dire qu'on a un contrat local avec l'entreprise américaine, mais l'entreprise française nous fait un contrat d'expatriation. Vous avez le statut d'expat. C'est un peu, comment dire, entre les deux. C'est-à-dire que ce n'était pas une super grosse boîte, c'était une PME, donc ils n'avaient pas les moyens financiers de nous garder sous contrat français et de faire un vrai contrat d'expatriation. où, en gros, tu gardes tous les bénéfices de la France, mais tu es à l'étranger. Là, on était vraiment sous contrat américain, avec un salaire américain, à se débrouiller localement de façon complète, mais avec un contrat quand même qui dit qu'on vous paye le déménagement. Si ça ne se passe pas bien et que vous voulez rentrer, on vous paye le déménagement de retour. Il y avait quelques conditions minimales à remplir quand même. On n'allait pas rentrer 15 jours plus tard. Mais grosso modo, Grosso modo, à partir du moment où on faisait un minimum de, je ne sais plus s'il était un an ou quelque chose comme ça, et que ça se passait bien et que je ne me faisais pas renvoyer et que le travail était fait, voilà, l'entreprise, elle nous rapatriait après, elle payait le déménagement en retour. Donc, il y avait un coussin de sécurité qui était suffisamment intéressant et suffisamment important pour qu'on se dise, bon, il n'y a pas tant de risques que ça. Si ça se passe mal, on peut revenir. C'était un visa de trois ans, du coup. De trois ans.
SPEAKER_01Vous partez quand même avec l'idée de la limite de trois ans quand même.
SPEAKER_00Voilà, quand on part, on part avec l'idée en tête de rester trois
SPEAKER_01ans.
SPEAKER_00Et du coup, on s'installe à côté de Philadelphie. On n'a jamais vécu aux États-Unis à l'époque. C'est la première fois qu'on prenait l'avion, en fait. La première fois qu'on a pris l'avion, c'était la semaine après notre mariage pour aller chercher une maison dans le New Jersey. Et donc, quand tu prends l'avion pour la première fois pour aller déménager dans un autre pays et qu'on arrive là-bas et qu'on rencontre des agents immobiliers qui nous font visiter des logements. Donc, toi, tu découvres les maisons américaines, mais en même temps, tu cherches ta future maison. Donc, c'était assez... Enfin, c'est le dépénisement, mais vraiment à 100%, quoi. Parce que tu ne vas pas en mode touriste visiter, c'est clairement pour vivre là-bas. Et donc, prendre toutes les variables en compte d'entrée, avec le décalage d'horaire et tout. Donc, c'était vraiment l'aventure complète. Puis, conduire là-bas sans avoir jamais conduit aux US. Tu débarques, tu descends de l'avion avec le décalage d'horaire horaires et tout, être adapté à la voiture à boîte automatique. Pareil, on n'avait jamais fait. De nuit, se retrouver sur ces grandes routes. On s'est perdu, je ne sais pas combien de fois. On a dû mettre une heure pour faire un itinéraire qui devait prendre 20 ou 30 minutes. C'était catastrophique.
SPEAKER_01C'était début 2008. Début 2008, il n'y avait pas encore vraiment des GPS
SPEAKER_00et tout ça. Oui, voilà. Tu n'avais pas Google Maps sur ton téléphone ou GPS intégré. Il n'y avait pas dans la boîte Je pense que je n'avais même pas pensé à ça. Toi, tu te dis bêtement, je viens d'un endroit, j'ai regardé les panneaux et tout. On était complètement à la ramasse. Et du coup, ça a été compliqué. Mais bon, c'est comme ça que tu apprends. C'est l'idée d'une expatriation aussi, c'est de vraiment prendre une claque complètement et de se dire en gros, tu comprends très vite que tu repars de zéro au final. Même si on venait de démarrer notre carrière pro, en fait, on repartait encore à zéro et tu dois toujours réapprendre comment comment conduire, les normes sociales, la communication, etc. Donc, c'était assez extraordinaire.
SPEAKER_01Ton visa en expat, c'était un visa L1
SPEAKER_00Oui, c'est
SPEAKER_01ça. C'était un visa L1. Et donc, ta compagne Adeline, elle avait le visa avec toi, mais elle ne pouvait pas travailler, c'est
SPEAKER_00ça Oui, elle avait un visa. Ah non, vous
SPEAKER_01étiez mariés déjà. On
SPEAKER_00était mariés, du coup, de fraîchement, mais on était mariés. Donc, elle avait un visa L2. Le L2, pas automatiquement, il fallait aller faire une demande d'autorisation de travail qu'elle a fait. Elle a pu avoir des petits boulots, pas au tout début. Je crois que ça a dû prendre pas mal de temps quand même, mais elle a pu trouver des petits boulots et faire un peu d'intérim, commencer à travailler dans des boîtes, faire du secrétariat d'administratif de base aux US. Et du coup, elle a fait quelques remplacements à droités à Grouches,
SPEAKER_01comme ça, ouais. Et alors, comment ça se passe la vie dans les trois premières années
Découvrir Les États-Unis En Suburb
SPEAKER_01Dans le Niger, c'est là, tu vois, le suburb, la banlieue. C'est pas Philadelphia qui est une grosse ville, mais c'est pas loin. Mais donc, est-ce que tu travaillais pas Enfin, tu travaillais... Ta boîte était à côté, je suppose,
SPEAKER_00de là où vous étiez. Ouais, voilà. Du coup, vu que tout est... par rapport aux Américains en général, je dirais, nous on venait vraiment pour un job particulier, un endroit particulier, donc on avait le « luxe » de trouver un logement juste à côté, parce que Moorstown, dans le New Jersey, c'est une petite ville, c'était même pas 10 000 habitants, c'est très au vert, donc c'est pas comme des suburbs américains qui s'étendent à l'infini, style New York ou Dallas ou autre, c'était beaucoup plus cool cool, je dirais, on a vraiment l'impression d'être à la campagne, Et le logement qu'on avait, pareil, on était au milieu de petits bois, il y avait des lacs. C'était quasiment paradisiaque. J'étais à 10 minutes, 10 minutes en voiture du boulot. Et sur les 10 minutes, j'avais peut-être deux intersections. Il n'y avait jamais un embouteillage ou quoi que ce soit. J'étais tout seul. J'avais plus de chances de croiser des biches le long de la route que de voir d'autres choses. Donc, ce n'était pas l'expérience typique, je pense, de l'expatrié américain. dans une grande ville. Mais du coup, pour nous, c'était quasi idyllique, je dirais. C'était vraiment super sympa, à la campagne, au vert. Et puis, une petite structure, donc tu connais rapidement tout le monde, tu sais que tu as le petit expatrié français qui vient de débarquer, donc tout le monde est là pour t'aider et discuter avec toi. L'intégration, du coup, elle se fait super facilement et rapidement. Tu es tout de suite indispensable, en fait, parce que ce que tu te rends compte, c'est que dans une boîte à l'international, la communication, elle est marquée je ne suis pas forcément super bien. Et toi, tu es la personne qui justement connaît ce qui se passe de l'autre côté de l'océan et sait quelles sont les bonnes personnes à contacter si besoin. Donc, tu commences à servir de pont entre les deux entreprises, ce qui fait que tu es super indispensable parce que typiquement, même quand des Français, disons le patron de la boîte en France, s'il venait à Moore's Town aux États-Unis pour une visite, il allait venir me dire bonjour, il allait venir discuter avec moi. Alors lui, c'était sa pause et un peu son occasion de parler français. français, d'être en mode plus relax et d'avoir un petit guide francophone là-bas. Alors que quand il venait, s'il allait à Besançon, le paradoxe des boîtes françaises, c'est que même si la boîte était à Besançon, le siège était à Paris parce qu'il fallait avoir un siège à Paris pour la crédibilité internationale, entre guillemets. Donc, il n'était jamais vraiment à Besançon avec le reste des troupes, mais il était toujours à Paris. Et donc, quand il venait à Besançon, il allait voir les premiers niveaux de management, mais il n'allait pas voir tous les employés et je dirais, où ils ne les connaissaient pas tous. Quand je rentrais en France après, les gens étaient surpris que le patron de la boîte me connaisse et vienne me
SPEAKER_02serrer
SPEAKER_00la main. Alors que les autres, ils sont là, comment ça se fait que tu les connais Parce que là-bas, on n'est qu'une vingtaine de personnes, donc ils connaissent tout le monde quand ils viennent aux Etats-Unis et je fais partie du tout le monde
SPEAKER_01là-bas. Et parce que les autres, donc en fait, ils ont ouvert cette branche et les autres employés étaient américains avec
SPEAKER_00toi Oui, c'est ça. Et l'idée, c'était que j'aide à recruter là-bas et qu'on démarre une petite équipe R&D. Donc, dès mon arrivée, en fait, on a recruté un autre développeur informatique comme moi, que je devais former. Ce qui était super, parce que du coup, dès mon premier jour de travail, je suis à 100% à devoir interagir en anglais avec quelqu'un à plein temps. Parce que je dois le former. Et donc, t'es pas dans un mode où toi, t'es sur ton ordinateur, tu travailles toute la journée en solo, t'as pas trop d'interaction avec les gens. Ce qui, dans l'informatique, est assez fréquent. donc j'aurais pu être tranquille sur mon ordi à ne pas communiquer, à me dire, ouais, l'anglais, ça viendra doucement. Là, non, ça a été exactement l'inverse. D'emblée, j'ai quelqu'un qui s'assoit à côté de moi, qui ne sait rien du tout sur la boîte et sur les technologies qu'il utilise et je dois tout lui apprendre. Donc, 8 heures par jour à parler anglais, d'emblée, dès mon arrivée, dès le début du job. Donc, du coup, la partie bilingue, elle est venue super rapidement grâce à ça et je pense que ça m'a bien aidé parce que, voilà, je n'avais pas le choix. Il fallait absolument que cette personne, elle monte en compétence et il ne parler qu'anglais, donc ça s'est fait comme ça,
SPEAKER_01ouais. Comment tu comparais ton installation, l'intégration, à celle de ta femme qui n'avait pas la même... qui n'a pas dû avoir la même expérience
SPEAKER_00Alors, elle, elle n'a pas eu la même expérience. Ceci dit, ce que l'entreprise avait fait, qui était très très bien, c'est qu'elle nous avait proposé des services d'aide à l'installation. Et donc, on avait... Alors, ce qui faisait partie de ces services d'aide à l'installation, c'était des cours d'anglais. Alors, des cours d'anglais, mais pas... Pour moi, on l'avait fait... J'avais dit, pour moi, autant le faire avant le départ, parce que comme ça, quand j'arrive, je suis prêt. En revanche, vu que je savais qu'Adeline, elle serait à la maison toute seule au début, et puis que ça prendrait quelques mois avant qu'elle ait l'autorisation de travailler et tout ça, on s'est dit, elle, elle le fera plutôt là-bas, sur place, comme ça, ça lui permet d'être occupée dès le début, et puis au moins d'être avec une enseignante locale, donc pour l'accent, pour la culture, c'est quand même mieux. Donc moi, j'ai fait des cours d'anglais avant, elle, elle les a fait là-bas, et c'était super, parce que la La prof, en fait, elle lui a dit, écoute, on va aller faire des courses ensemble. Et comme ça, elle pouvait tout lui expliquer, comment ça marchait les supermarchés, les normes, les rayons, traduire le nombre de produits, les marques, les trucs à éviter. Du coup, c'était vraiment un accompagnement main dans la main. C'était beaucoup plus que des cours d'anglais. Elle
SPEAKER_01partait
SPEAKER_00en voiture, elle visitait, elle lui montrait les trucs. C'était
SPEAKER_01extra, quoi. Il peut arriver que le
SPEAKER_00conjoint ou la conjointe
SPEAKER_01soit un peu perdu alors qu'une personne est complètement... Donc, du coup, ça s'est plutôt bien
SPEAKER_00passé. Ça s'est plutôt bien passé. Et puis après, on avait aussi la chance qu'il y ait un autre couple français dans la boîte qui est arrivé peu de temps avant nous. Six, sept mois, je crois, mais pour un truc complètement différent, pas pour le R&D et tout ça. Et du coup, les deux épouses ont très vite sympathisé. Elles faisaient des sorties ensemble et tout. Alors, l'inconvénient, c'est que ça reste entre francophones. Donc, pour l'intégration, c'est un peu moins... Mais bon... Elles se faisaient des sorties, elles se faisaient des trucs toutes les deux et ça aide aussi à ne pas être à 100% toute seule. La combinaison de ces deux choses-là, le fait que la boîte nous ait donné quelqu'un pour aider avec l'anglais, mais qui était vraiment plus que ça, puisque voilà, elles allaient faire les courses ensemble, elles faisaient tout plein de trucs au moins une à deux fois par semaine et puis après, l'intégration avec l'autre famille française à côté, c'était bien parce que, par exemple, pour Halloween, eux, ils avaient des enfants, donc on allait faire Halloween avec eux. On pouvait voir à quoi ressemblait un vrai Halloween quand tu as des enfants. Ça nous mettait bien plus dans
SPEAKER_01le bain aussi. Et donc, quand vous arrivez au bout des trois ans, qu'est-ce qui se passe Comment vous vous sentez par rapport à cette vie américaine
Voyager Sans Relâche Puis Rentrer
SPEAKER_00Quand on arrive au bout des trois ans, on est arrivé en 2008. Au bout des trois ans, on est en 2010-2011. En 2010, c'était le début de la crise de l'immobilier aux US. Du coup, les choses allaient moins bien et la boîte elle est commencée à virer pas mal de monde. À un moment donné, tu te dis, est-ce qu'on va être les prochains Comment ça va se passer Parce que, voilà, quand tu es dans un mode visa comme ça, si tu perds le travail, tu perds aussi le visa. Et du coup, il faut rentrer. Nous, pendant les trois ans, on en a profité à 300%. Mais vraiment, c'est-à-dire que dès qu'il y avait un jour de congé, on le mettait à profit pour voyager et aller faire quelque chose. Donc, en trois ans, on est allé... On a fait l'Arizona, Californie, Utah. Je ne sais plus combien d'états on avait fait en trois ans, mais probablement au moins une trentaine, sinon plus. On allait vraiment tout partout où on pouvait, jusqu'à faire un road trip où on avait pris l'avion jusqu'à Miami et on était remonté en voiture jusqu'à Philadelphia. Donc, on a fait toute la côte est, grosso modo, de la Floride jusqu'à Philadelphia pour passer dans Caroline du Sud, Caroline du Nord, Géorgie, tout ça, tout ça. Donc, oui, on a vraiment pourtant on a peu de congés aux Etats-Unis surtout quand on arrive avec un nouveau contrat j'avais 10 jours 10 jours par an donc 2 fois 5 donc on les mettait en bout à bout avec les jours de congés et ainsi de suite c'est pas énorme les 10 jours on se créait des ponts des viaducs et on arrivait à étendre un peu mais ouais dès qu'il y avait une opportunité on la prenait pour voyager voyager voyager donc on a profité énormément et du coup au bout de 3 ans on avait enfin on a fait 3 ans là-bas mais dans notre tête c'est comme si on avait fait 10 ou 15, parce qu'on avait vu tellement, tellement de choses qu'on se disait même, en fait, on ne sait plus quoi faire tellement qu'on a visité, qu'on a profité du truc. Et puis, à un moment donné, tu te dis, voilà, on voudrait bien démarrer une famille, avoir des enfants. Si on renouvelait le visa, c'était trois ans supplémentaires. Et là, on commence à se dire, trois ans de plus, ça fait compliqué. Avec le système de santé et tout, on se disait, avoir le premier enfant aux Etats-Unis, c'est compliqué. Ce n'est pas forcément... on est pile loin de la famille, quoi, surtout. Donc, quand on a commencé à mettre un peu tout ça dans la balance, on s'est dit, ben voilà, l'économie n'est pas au top, la boîte, c'est pas extra, on arrive à la fin du visa, si on renouvelle, c'est pour 3 ans, ça semble risqué, ça repousse à avoir un enfant 3 ans. Donc, on a dit, ben non, tant pis, on rentre. On a refait le déménagement en France inverse, on s'est réinstallé à Besançon, retour dans la boîte, et donc, on partait pour, ben, en gros, on dans notre tête à ce moment-là, c'est on a fait notre aventure à l'étranger, on a fait notre expatriation, maintenant on va reprendre une vie « normale » en France, et puis re-rentrer dans les clous, chercher un CDI, etc. Sauf que ça ne s'est pas passé comme ça. Le problème, c'est que quand on s'expatrie, on change. On change énormément, on apprend une nouvelle culture, on devient forcément plus ouvert d'esprit, forcément on a appris beaucoup de choses, forcément on a évolué en tant que personne, on a évolué professionnellement aussi, parce qu'aux États-Unis, ça a reste le pays de l'opportunité, ça reste le pays où, si on travaille bien, en général, on est récompensé. Et les récompenses, c'est pas 1% en plus sur ton salaire, c'est 5-6% en plus. Et c'est facile de prendre l'habitude de ces choses-là et de se dire c'est bien, je bosse bien, on aime bien, le salaire augmente, c'est nickel, je suis super reconnu et tout. Et donc, quand on rentre en France, on prend une claque parce que tout ça, ça disparaît du jour au lendemain.
SPEAKER_01Quand tu tout ça Qu'est-ce qui
SPEAKER_00disparaît du jour au lendemain L'enthousiasme et le positivisme américain autour de tout ce qui est professionnel. C'est-à-dire que les États-Unis, c'est un pays où on encourage l'innovation, la prise de risque. Ce n'est pas pour rien que des boîtes comme Tesla ou SpaceX ou Amazon, elles sont nées là-bas parce que c'est des idées différentes qui fonctionnent et à qui on a laissé l'opportunité de se développer sans les en empêcher et tout ça. alors qu'en France, on est beaucoup plus prudent ou comment dire Prudent, c'est politiquement correct, ça. On est beaucoup plus frileux par rapport à toutes ces choses-là et beaucoup plus méfiant, je dirais, vis-à-vis de la prise de risque et plus en mode si tu as un job en CDI, garde-le ou ne cherche pas à trop évoluer ou à trop faire de trucs. C'est un peu deux philosophies quasi opposées, en fait, d'un point de vue professionnel entre la France et les USA. C'est des choses dont on entend parler, mais tant que tu ne l'as pas vécu, tu ne te rends pas compte. Et quand tu rentres en France, après, là, c'était juste trois ans aux États-Unis, mais je rentre en France et en gros, je me rends compte que toute l'expérience que j'avais acquise et le fait d'être le lien entre les deux boîtes, grosso modo, du jour au lendemain, ça disparaît. Et pour le management en France, en gros, j'avais passé trois ans de vacances aux États-Unis. Alors que moi, j'étais à les réunions et je voyais tous les problèmes que j'ai pu dépatouiller parce que justement j'avais la compréhension des deux cultures et quand il y avait une incompréhension d'un côté ou de l'autre j'étais capable de lisser les choses et de leur expliquer oui mais non vous comprenez aux Etats-Unis ils voient les choses comme ça en France ils voient les choses comme ça donc c'est normal que là il y ait une incompréhension j'arrivais à lisser les choses faire en sorte que ça se passe bien et éviter que ça se complique ou que ça dégénère dans certains cas donc des situations qui qui implique des gros clients et qui auraient pu partir en vrille, tu te rends compte que tu arrives à garder le truc sur les rails et faire en sorte que tout se passe bien, alors que ce n'était pas forcément mon job. À la base, je n'étais pas parti avec un job de manager, j'étais un simple développeur en informatique. Je me retrouve à avoir ce niveau de responsabilité-là, où en gros, tu es là entre les deux directeurs marketing, France et US, à arbitrer, à gérer un peu le truc pour que ça se passe bien, alors que ce n'est pas ton rôle. Et quand tu rentres en France, tu te rends compte que tout ça n'est pas forcément reconnu à Après, il y a une partie, ils ne veulent pas me payer trop cher non plus. Donc, ils essaient de minimiser le truc. Ils ne veulent pas donner une augmentation, une promo directement. Donc, voilà, on essaie de faire en sorte. Ouais, bon, t'es parti là-bas. T'as voyagé, c'est bien. Mais grosso modo, je récupère le même poste que celui que j'avais avant de partir. Donc, c'est quasi comme si il ne s'était rien passé. Ce qui fait mal, forcément, parce que je savais qu'il s'était passé beaucoup de choses là-bas et que j'avais eu beaucoup d'augmentation et beaucoup de reconnaissance et que tout Tout le monde m'adorait côté américain. Du coup, j'ai tenu qu'un an dans la boîte au retour en
La France Ne Reconnaît Pas L’Expat
SPEAKER_00France. Au bout d'un an, j'ai démissionné. Le contrat disait que je devais rester au moins un an dans la boîte en rentrant. Sinon, je devais rembourser le déménagement de retour. Donc, j'ai fait un an en France au retour. J'ai démissionné de la boîte. J'ai trouvé un autre job dans une grosse boîte française en me disant, écoute, peut-être que dans une grosse boîte française, eux au moins reconnaîtront mon expérience et sauront la mettre en valeur. Et là encore, c'était un peu trop optimiste.
SPEAKER_01Donc, à part le cadre professionnel, quand vous êtes rentré pendant un an, c'est un peu comme si le rêve se termine, c'est ça
SPEAKER_00Ah oui, c'est exactement ça. C'est-à-dire que tu as l'impression de retour à la réalité, mais alors
SPEAKER_01brutal, clairement. À ce moment-là, tu te rends compte que la vie d'expat en trois ans, de pouvoir voyager, etc., c'est quand même aussi privilégié. C'est aussi un cadre particulier et privilégié d'avoir cette opportunité de pouvoir bouger
SPEAKER_00Dans notre cas, en fait, le seul privilège et ce qui fait qu'on a vite, qu'on a beaucoup bougé et tout, c'est de savoir qu'on partait pour trois ans. Et quand tu sais qu'il y a une date limite, tu te dis qu'il faut absolument tout faire pendant ce temps-là. Et tu es dans un état d'esprit qui est différent parce que tu te dis qu'on a fait tout ce travail, pris tous ces risques de se marier rapidement, de partir comme ça, tout mettre dans un container et des ménager en tout début de notre carrière, partir, et on a trois ans et donc on en profite à fond. Après, on avait un contrat local, donc on avait les mêmes vacances que les Américains, on avait ni plus ni moins, on avait pareil, le salaire, c'est celui du marché, donc je veux dire, on était vraiment comme quelqu'un qui avait le même âge et le même niveau de responsabilité ou le même niveau d'expérience aux États-Unis, donc il n'y avait pas d'avantages particuliers de ce point de vue-là. Encore une fois, le seul truc qui nous fait changer l'état d'esprit, c'est la limite des trois ans. Où là, tu te dis, on n'a que trois ans, donc on en profite à fond. Alors que le local, il est là pour toujours, il a toujours été là. Et c'est ça qui change le truc, je pense.
SPEAKER_01Qu'est-ce qui s'est passé Donc, tu as trouvé une autre boîte, mais toi, est-ce que tu te disais, je veux repartir
SPEAKER_00Pas encore, pas encore. Je me dis, bon, c'est la boîte qui ne reconnaît pas l'expérience à l'international. Là, je trouve un job dans une grosse boîte, on va dire un des top 5 français en termes de taille d'entreprise qui travaillent à l'international. Donc, je me dis, ça y est, eux, au moins, ils vont comprendre qu'avoir un profil bilingue comme ça, c'est intéressant. D'ailleurs, j'avais envoyé mon CV en anglais et ils avaient apprécié ça directement. Et puis, je commençais à avoir plein d'espoir. Et en fait, ça s'est resté quasiment dans la continuité de ce que je faisais. Le seul truc, on a utilisé mon anglais pour traduire des documents de français en anglais pour les envoyer en Chine. C'était à peu près le l'étendue de l'utilisation de ma capacité à vivre à l'international, de traduire des documents techniques en anglais. Donc, ce n'était pas forcément ultra intéressant. Pareil, je sentais que si je voulais être promu, en gros, on m'a fait comprendre que si j'avais de l'ambition professionnelle, tous les autres étaient là avant moi. Donc, mes cinq premières années, je n'avais rien à espérer. Et là, je me dis, attends, cinq ans, ça va faire beaucoup. Cinq ans sans... sans qu'il ne se passe rien du tout. Mais je dis, aux États-Unis, en cinq ans, les gens, ils auront déjà changé de job deux ou trois fois. Ils auront passé des échelons, augmenté le salaire de je ne sais pas combien. Donc, j'ai eu du mal à accepter. En parallèle, le projet d'avoir un enfant, il s'est concrétisé. Adeline est tombée enceinte en 2013. Donc, ça nous mène quand même trois ans après notre retour. En 2013, Thomas, notre premier enfant, est né. Et là, ça fait un peu le déclic parce que les deux, notre vue en France, elle ne nous convenait pas vraiment. Elle passait de CDD en CDD. Difficile d'obtenir un CDI. On voit toute la difficulté. Elle travaille beaucoup dans le domaine public, où en gros, ils te donnent des contrats de CDD de trois mois, mais après, s'ils les renouvellent trop, ils doivent les transformer en CDI. Donc, ils mettent une interruption volontaire qui soit suffisamment longue pour pouvoir te reprendre après, mais comme ça, ils n'ont jamais à te prendre en CDI. Ils tournent autour des règles pour tricher et jamais avoir à te proposer un contrat à durer un indéterminée, ce qui était très frustrant. Et du coup, elle comme moi, en fait, on commençait à se dire, mais on est rentrés, on va avoir un enfant, est-ce qu'on veut vraiment que notre enfant, il soit dans un environnement aussi morose et moribond d'un point de vue professionnel Ou est-ce qu'on retourne aux US et puis ma foi, on tente quelque chose de différent parce que ça se passait bien là-bas et on pense qu'on peut le faire encore une fois. Et du Du
Visa E2, Indépendant Et Prise De Risque
SPEAKER_00coup, on a commencé à chercher comment est-ce qu'on pourrait repartir. Dès 2013, dès que Thomas est né, j'ai pris un congé parental d'éducation dès qu'il est né, qui durait un an, avec l'idée que pendant cette année-là, ce serait trouver comment on repart. Et à la fin de l'année, au maximum, repartir aux États-Unis. Et donc, en regardant l'éventail des possibilités pour repartir, il n'y en a pas tant que ça soit tu trouves un job tu t'es sensorisé par un visa et tu repars qui est probablement la solution à laquelle les 95% des gens penseraient t'as l'autre qui est de faire la loterie de la carte verte mais t'as c'est du 2-3-4% de chance je crois chaque année donc ça peut prendre beaucoup de temps avant que ça fonctionne et puis la solution qui était peut-être la plus folle mais qui au moins avait le mérite d'être claire et net et qui était complètement entre nos mains pour le coup c'était de faire un visa entrepreneur où là quand tu fais un visa entrepreneur tu es supposé investir dans ton entreprise aux Etats-Unis et si tu prouves à l'ambassade avec ton dossier que tu as vraiment investi de façon substantielle dans l'économie américaine pour démarrer une activité aux Etats-Unis alors on te donne un visa de 5 ans qui est donc le visa E2 qui est un visa entrepreneur qui te permet d'aller développer ton activité aux Etats-Unis et donc pendant cette année d'exploration je commençais à démarrer un business en freelance en France il s'avère que dès le début mes clients ont été en Amérique du Nord donc c'était 80-90% des gens qui étaient aux Etats-Unis et au Canada et du coup voyant que l'activité commençait à décoller un petit peu que tous les clients étaient en Amérique du Nord et que le visa entrepreneur entrepreneur était le plus le plus sûr alors sûr ça peut pas être bizarre de le présenter comme ça mais c'est le plus déterministique dans la mesure où c'est complètement sous mon contrôle c'est-à-dire que c'est moi qui fais le dossier c'est moi qui vais le présenter c'est pas un tirage au sort ça dépend pas sur une entreprise tierce qui va prendre la décision qui va faire le dossier pour moi j'avais vraiment l'impression que tout était sous mon contrôle et donc à partir de là ça passe ou ça passe pas mais dans tous les cas c'est entre mes mains pas entre les mains de quelqu'un d'autre Et du coup, c'est ce qu'on a
SPEAKER_01fait. Parce que du coup, ton business en freelance, c'était dans quel
SPEAKER_00domaine Pareil, j'étais dans l'informatique, mais simplement, au lieu d'être salarié, je faisais des missions pour des clients, des missions courses pour des clients, des petites boîtes qui avaient des besoins spécifiques. Je répondais à ces besoins assez rapidement, efficacement, ce qui veut dire que j'obtenais du feedback que je pouvais ensuite utiliser pour... Je commençais à me créer un portfolio avec plein d'exemples de projets qui avaient bien réussi, qui me servaient à qui faisait un peu effet boule de neige, puisque plus tu as de bons feedbacks, de bons retours et un portfolio qui présente bien, plus les autres clients disent « lui, il fait le job, ça se voit, on voit qu'il a déjà réussi avec plusieurs clients, donc ils te font confiance ». Surtout aux États-Unis, on a tendance à faire confiance plus facilement pour ce genre de choses à un inconnu que... que sur le vieux continent, je dirais. Du coup, ça a commencé à bien décoller comme ça. Et puis, on s'est dit, on le fait sur la base de ce visa entrepreneur.
SPEAKER_01C'est génial parce que du coup, comment tu as fait pour trouver des premiers clients US et
SPEAKER_00Canada J'ai utilisé des plateformes en ligne, donc les plateformes de freelancing en ligne. C'était quasiment le début à l'époque, il n'y en avait pas encore énormément, énormément. À l'époque, c'était des Fiverr, des Elance, des Upwork aussi. Enfin, je crois que c'est avant Upwork, ça va à un autre nom. Mais voilà, trois plateformes de freelancing comme ça que j'utilisais et qui m'ont fait travailler assez rapidement avec
SPEAKER_01des gens là-bas. Ah ouais. Donc ça, c'est des conditions complètement différentes de la première fois
SPEAKER_00alors. C'est complètement différent parce que cette fois, on est à 100% seul. Et toutes les dépenses sortent de ma poche et au moment où on part en 2014, on a on a un enfant d'un an tu pars sans garantie c'est-à-dire que c'est ta propre boîte on n'a jamais enfin j'avais jamais géré de boîte auparavant j'étais pas du tout entrepreneur donc et puis alors en plus on s'est dit cette fois on va on va all in et au lieu d'aller sur la côte est on va aller sur la côte ouest et donc l'idée c'était de partir en
SPEAKER_01Californie
SPEAKER_00ah ouais donc là c'était vraiment donc là c'est voilà la totale c'est-à-dire que tu peux pas faire plus en termes d'idées et de projets c'est-à-dire ouais bah là on va complètement à l'ouest Silicon Valley je démarre ma start-up là-bas je suis tout seul. » C'est-à-dire qu'on pouvait payer le déménagement soi-même, payer les avocats soi-même, tout l'administratif soi-même, trouver la maison, etc. Et toutes les aides qu'on aurait pu avoir pendant la première expat, elles disparaissaient forcément. Et si on les voulait, c'était à nous de les financer. Donc, ouais, une belle grosse aventure. Eh bien, ça s'est passé très bien puisque cette aventure, elle a duré 11 ans. Ce qui veut dire que le contrat, le... Comment dire Le visa initial de 5 ans, en fait, on ne l'a même jamais renouvé parce qu'on est devenu résident permanent. Avant la fin, on a eu la carte verte. Et en 2022, on est même devenu citoyen américain. De toute la famille américaine
SPEAKER_01maintenant. Mais du coup, quand vous arrivez là, est-ce que c'est vraiment différent de venir en tant qu'expat de 3 ans, etc. avec les étapes du visa jusqu'à
SPEAKER_00la citoyenneté. Là, on est le vrai immigrant dans la mesure où tu arrives avec tes valises dans un état où on ne connaît personne, où on avait juste mis les pieds une dizaine de jours en vacances par le passé, dans une ville où on ne connaît personne, où personne ne nous connaît. Donc, on parle vraiment d'une page 100% blanche. Et donc, il faut tout se débrouiller par nous-mêmes. Ce qui était ultra motivant. Alors là, pour quelqu'un qui aime... Si vous aimez les challenges, c'est quelque chose que je conseille parce que là, c'est vraiment... Tu remets tout à plat et c'est vraiment à toi de te débrouiller sans filet de secours possible. Parce qu'en plus, si la boîte échoue, on perd le visa. Tu n'as plus de revenus, tu n'as plus de visa, tu n'as plus rien. Tu es sous un pont ou tu es de retour en France, mais tu as tout perdu.
SPEAKER_01Est-ce que tu pensais que tout reposait sur tes épaules
SPEAKER_00C'était le cas, mais le truc, c'est que j'étais tellement... En fait, le carburant de cette deuxième expatriation, ça a vraiment été la frustration, je dirais presque la colère que... J'étais vraiment en colère contre la France et le fait que ma première expatriation et toutes les qualités qu'on m'avait reconnues aux Etats-Unis n'étaient pas reconnues en France. Tu vois Le fait d'avoir été rapidement promu aux US et d'avoir des augmentations et que tout reposait sur moi et que les gens adoraient bosser avec moi, elle me faisait confiance. C'était un rêve américain, il n'y a pas d'autre mot possible. Et tu rentres en France et tu passes à l'opposé. Le noir et le blanc, c'est tellement des contrastes énormes que quand on repart, je suis à nouveau dans un mode où je suis optimiste. Et dans ma tête, je savais que j'étais câblé pour réussir aux États-Unis parce qu'on l'avait déjà fait. Et je savais que les Américains me feraient confiance et qu'ils aimaient mon profil. Et donc, c'est ce qui rend le truc faisable dans nos têtes, si tu veux. C'est ce qui fait que je n'ai jamais eu le ressenti d'avoir la pression de me dire « Ah, ça repousse tout sur moi, si on échoue, on est à la rue, tout ça. » Ça ne m'est pas passé à l'esprit plus que ça. Alors, si tu y penses peut-être à un moment donné, parce que ça reste une possibilité, mais... 99% du temps, c'était non, non, ça va se passer de façon complètement opposée et tout. La suite a donné raison. Typiquement,
Meetup, Angular Et Effet Boule De Neige
SPEAKER_00pour expliquer comment on a démarré là-bas, on s'est installé à Sacramento, en Californie. À la base, on voulait s'installer dans la Silicon Valley, mais quand on a vu les prix de l'immobilier et l'enfer que c'était au niveau au trafic, au niveau au style de vie, on s'est dit non, c'est pas possible, on va pas aller dans la Silicon Valley, on va aller à peine plus loin, tout en restant assez proche. On était à une heure et demie, deux heures de route, on va dire, de San Francisco et de la baie, de tout ce qui est Sunnyvale, Palo Alto et les villes principales de la Silicon Valley. Donc on n'était pas trop loin, mais suffisamment loin pour que les prix de l'immobilier soient à les 50% moins chers, on va dire. Donc ça rendait les choses plus faciles. Et du coup, on s'installe à Sacramento. Et quand j'arrive là-bas, j'arrivais à générer des revenus en freelance, mais ça n'aurait jamais suffi pour couvrir la vie, même à Sacramento, parce que la Californie, ça reste super cher. Déjà, à l'époque, en 2014, c'était beaucoup, beaucoup plus cher que ce qu'on pouvait avoir comme train de vie en France. Du coup, je me dis, il faut que je trouve des clients locaux, et rapidement. Et on rencontre des familles françaises sur Sacramento, et ils nous Ils disent, si vous voulez faire connaissance avec des gens, il y a ce site Meetup là, qui est pas mal. Il faisait partie de plusieurs Meetup de français ou de groupes où tu peux trouver des gens qui ont des intérêts communs et les rencontrer et faire des activités. Ça peut être de la rando, ça peut être du dessin, ça peut être de la photographie, tout ça. Et du coup, je vais sur ce site Meetup et je vois qu'il y a plein de groupes dans la tech, dans mon domaine, dans l'informatique, à Saxo Mento. Et du coup, je me dis, écoute, je vais m'inscrire et puis je vais aller... je vais aller aux réunions de ces groupes et voir ce qui se passe. Et du coup, dès qu'on arrive, c'est ce que j'ai fait, juillet-août, je suis allé à 3-4 groupes différents. Et là, il s'avère que chaque fois que j'allais dans ces groupes, il y avait des recruteurs qui venaient. Et les recruteurs, ils étaient tous à dire « Oh, on recrute 5 personnes, 10 personnes qui ont eu de l'expérience avec cette technologie particulière. » Et il s'avère que moi, cette technologie-là, j'avais travaillé de en France quand j'avais changé de job et du coup mon profil était assez unique parce que j'étais l'une des personnes qui avait commencé à travailler avec cette technologie dès le tout tout tout début, dès qu'elle a commencé à exister et là elle était en plein
SPEAKER_02boom
SPEAKER_00et du coup je cherchais des gens qui avaient 6 mois d'expérience et moi j'en avais déjà 2 ou 3 et du coup je me dis voilà une opportunité incroyable où j'ai un profil qui a un niveau d'expérience sur ce truc qui est en plein boom que personne d'autre n'a sur le marché Et donc, je suis, ouais, je vais à un, deux, trois meet-up. Et à chaque fois, c'était la même histoire. On cherche des gens qui ont de l'expérience avec ça. On en a besoin de cinq, on en a besoin de dix. C'est les États-Unis. À chaque fois, des grands nombres, c'est pas une personne. Non, on en veut cinq, on en veut dix, on en veut quinze. Du coup, je me dis, l'opportunité, elle est là. Et donc, j'ai créé le groupe meet-up sur cette techno à Sacramento, organisateur. Et puis, je me dis, c'est ce que je vais faire. J'organise ce groupe. Je vais mettre ma mon expertise là-dessus en avant, et puis, ma foi, c'est ce qui va nous porter, quoi. Et puis, à partir de là, ouais, ça a vraiment fait effet boule de neige, enfin, digne d'un film hollywoodien qui montre, ouais, le raid américain en action, c'est exactement ça, quoi. J'ai créé le groupe dans les 48 heures, j'avais déjà 200 personnes inscrites dedans, alors que j'avais encore rien fait, j'avais pas organisé un seul événement ou quoi que ce soit, mais tout de suite, il y a eu 200 personnes inscrites, Tout de suite, j'ai une boîte qui me contacte et qui me dit « Oh, on a un contrat pour le gouvernement de Californie, on voit que ton profil fonctionne parfaitement, est-ce que t'es OK » Et j'y signe un contrat. Et donc, mon premier client en Californie, une semaine après avoir créé le groupe, sans même avoir fait le moindre événement, quoi que ce soit, juste avoir créé le groupe, a mis mon profil suffisamment en avant pour que quelqu'un me contacte, je fais un entretien avec eux, on signe un contrat. Et donc, je travaille pour le gouvernement de Californie en premier client.
SPEAKER_01C'est inimaginable. C'est génial. Avec ton visa, il n'y avait pas de problème
SPEAKER_00du
SPEAKER_01fait
SPEAKER_00que tu sois... Non, parce que j'avais une société. Au contraire, le visa m'a presque aidé parce que le visa, il fallait que la structure juridique soit créée bien avant de partir aux Etats-Unis. J'avais déjà ma LLC américaine depuis 9 à 10 mois. J'avais déjà eu des salariés, j'avais eu un salarié pendant la période de démarrage de l'entreprise en local. Donc, j'avais déjà tout plein de démarches de fait au niveau administratif pour être enregistré au niveau des États, du fédéral. Donc, j'avais tous les numéros qui allaient bien. De ce point de vue-là, puis le fait d'avoir déjà une expatriation fait qu'on avait un numéro de sécurité sociale, on avait une historique de crédit. Donc, tous ces trucs-là font qu'on était déjà suffisamment bien dans le système pour que faire un contrat avec un client local rapidement ça s'est super bien passé. Mais bon, tu vois, c'est comme je dis, imagine quelqu'un qui en France dit je démarre un truc en auto-entrepreneur et la semaine qui suit, leur premier contrat, c'est l'Elysée à Paris. C'est impossible. Il n'y a aucun monde dans lequel ça existe. Et là, c'est ce qui nous est arrivé à Sacramento. On est dans la capitale, on arrive et le premier client, c'est le gouvernement. Et oui, à partir de là, j'ai créé ce groupe, j'ai Ils commençaient à faire des réunions tous les mois. Et donc, je faisais des présentations sur le sujet. Donc, je préparais mes présentations. Je faisais des talks. Il y avait une vingtaine de personnes en moyenne chaque mois qui venaient et tout. Mais ça a créé des opportunités immenses. La plupart des gens qui venaient ont fini par être clients d'une façon ou d'une autre ou à me recommander à d'autres personnes. Donc, j'ai commencé à avoir plein de contrats à droite et à gauche. Dès la première année, je devais refuser des contrats parce que je ne pouvais pas, en fait. Il y avait trop d'opportunités. Et puis, de fil en aiguille... tu commences à avoir un profil de quelqu'un qui fait du public speaking. Vu que je le faisais tous les mois, au bout d'un an, on a fait 12. Et donc, j'ai une boîte de... Comment dire Un publisher, je ne sais même pas comment dire en français, mais un éditeur qui me contacte, qui dit « Est-ce que tu veux faire des cours avec nous Est-ce que tu veux publier un cours vidéo avec nous » Donc, je signe un contrat, je deviens auteur et je publie mon cours. Et ça me mène à faire des opportunités pour faire des formations avec des boîtes à droite et à gauche, à publier davantage de contenu. Et puis, petit à petit, mon profil devient connu comme ça. Ce qui fait qu'au bout d'un an, on me présentait comme le gourou de la technologie sur laquelle j'étais expert à Angular, à Sacramento. La technologie s'appelle Angular. Et on était sur Sacramento. Et puis, en fait, au bout de... Dès 2016-2017, j'étais assez connu partout dans les US, ce qui a valu en 2017 que Google, en fait, qui est la boîte qui avait créé cette technologie, de me reconnaître officiellement en tant qu'expert dans cette tech-là. Et donc, j'ai un titre d'expert reconnu par Google. Il n'y avait que 100 personnes dans le monde qui avaient ce titre à l'époque. Je faisais partie d'eux. Donc, tout ça, ça a aidé énormément pour qu'après, l'aspect business était beaucoup plus simple parce que le flux de clients, il était très régulier. J'ai eu plus souvent à dire non que oui. Après, évidemment, il y a fallu faire le travail. Il a fallu aller faire toutes ces présentations et tous ces entretiens avec les gens et tout. Mais c'était passionnant parce que je rencontrais tout plein d'entrepreneurs, je rencontrais tout plein
SPEAKER_01d'entreprises.
SPEAKER_00Ça te faisait voyager, c'est ça Ah ouais, ouais. Dès que j'ai commencé à faire des formations au niveau voyage, c'était extra. Je suis allé sur des bases militaires au Nouveau-Mexique. Je suis allé à Washington D.C. Tous les trucs gouvernement manteau. Donc, quand tu commences à aller travailler pour le gouvernement fédéral, à DCI, la capitale fédérale, c'est juste énorme. En plus, t'es étranger. Pour moi, le simple fait d'être un civil étranger sur une base américaine, je me dis, mais c'est même pas possible. Comment est-ce qu'ils me laissent entrer là-dedans Ben ouais, c'est plein de trucs comme ça, assez incroyables. Et puis, après, j'ai commencé à faire des conférences aussi. Donc, dès que j'étais plus connu pour... Merci. Pour continuer l'effet boule de neige, j'ai commencé à faire des conférences. Alors les conférences, tu fais des interventions, mais c'est plus devant une dizaine ou une vingtaine de personnes, mais 100, 150, 1000 dans certains cas. Et donc les conférences, ça m'a fait voyager pareil pas mal du tout. J'ai fait des confs à Vegas, à New York, Miami, Atlanta. Il y en a eu tellement dans tout le pays que c'était... Aujourd'hui, j'ai visité 48 États sur 50 aux États-Unis. Une bonne partie, c'était des voyages business. justement.
SPEAKER_01C'est marrant parce que tu vois, quand tu repenses à le parcours entre commencer dans les trois premières années d'expat à essayer de bouger le plus possible et puis après, ça devient ta vie.
SPEAKER_00Tu vois, c'est quand même... Après, ça devenait clairement naturel et puis d'autant plus, alors j'essayais, on essayait quand on le pouvait de mêler les deux, c'est-à-dire que le voyage business se transformait en voyage de famille. Par exemple, si j'avais une fois formation à San Diego. La toute première que j'ai faite, c'était à San Diego. J'avais trois jours de formation là-bas. Et puis, en fait, on a pris la semaine complète et on a visité San Diego en famille le reste du temps. On essayait de combiner ce genre de choses autant que possible. J'ai fait une conférence à Orlando. C'était l'occasion de faire Disney avec les enfants dans la foulée. On essayait vraiment de faire en sorte que l'aspect business ne prenne jamais le dessus sur la famille, mais qu'au contraire, ce soit le complément parfait pour nous permettre de faire des choses en ensemble, dans la mesure du possible, que ce ne soit pas moi qui soit tout le temps parti à l'autre bout du pays, mais qu'on fasse les quatre dans la mesure du possible. Alors, je dis les quatre parce que un an après notre arrivée en Californie, on a eu notre deuxième
SPEAKER_02enfant.
SPEAKER_00Sarah, qui est née là-bas et qui est donc la petite Californienne.
SPEAKER_01Et comment ça se passe la vie américaine, la vie de famille en Californie
Élever Des Enfants Dans Deux Cultures
SPEAKER_01Parce que là aussi, c'est une expérience différente. d'élever
SPEAKER_00des enfants. Là, c'est complètement différent parce que du coup, on est en mode où on parle français à la maison. Ils ont deux parents français, les enfants. Pour autant, il faut qu'ils soient bilingues et on n'a pas du tout envie de les mettre dans une école française. Ce qui, en plus, à Sacramento, était quasi impossible. Il aurait fallu viser San Francisco ou autre pour que ça se fasse. Donc, on se dit qu'il faut qu'ils soient baignés dans l'anglais le plus tôt possible. Donc, on les inscrit dans des preschool dès qu'ils avaient l'âge vraiment le plus tôt possible. Thomas, on l'a mis en preschool... vraiment dès qu'on pouvait je ne sais pas quel âge il avait mais c'était vraiment on voulait qu'il soit confronté à l'anglais et d'ailleurs le premier jour on l'a lâché là-bas j'ai presque envie de dire le pauvre parce qu'on lui parlait en français et du jour au lendemain on l'a posé dans un environnement 100% anglophone laissé tout seul à lui-même et puis ma foi ça s'est bien passé et il a appris l'anglais
SPEAKER_01comme ça sur le tas les enfants ça date vite et alors donc en fait on si j'ai bien compris. Donc ça, c'était 11 ans. Donc maintenant, vous êtes rentré, c'est
SPEAKER_00ça Oui, maintenant, on est revenu en France.
SPEAKER_01Alors, qu'est-ce qui s'est passé pour vous faire rentrer
SPEAKER_00Alors, qu'est-ce qui s'est passé
Incendies, Coût De Vie Et Covid
SPEAKER_00Alors, j'ai tendance à dire qu'il y a une centaine de petites raisons qui font qu'on a considéré le retour en France. Bon, la vie en Californie a beaucoup changé pendant ces 11 années. Il y a plein de trucs qui... Il y a le réchauffement climatique, déjà, qui fait que les incendies, ça devenait de plus en plus fréquent et de plus en plus insupportable. Quand on est arrivé, il y en avait, mais pas autant. Les deux dernières années avant notre départ, on a eu des feux à moins d'un kilomètre, deux kilomètres de la maison, où on se
SPEAKER_01demandait si on allait devoir
SPEAKER_00révacuer. Donc le risque du feu se rapprochait de plus en plus, ce qui veut dire que les assurances pour le logement commençaient à doubler d'année en année. On se demandait même si... En fait, quand on avait déjà décidé de partir l'an dernier, en avril, on est parti en juin, en avril, notre assurance a dit on ne vous renouvelle pas à cause du risque d'incendie. Donc, trois mois avant de partir, on n'avait plus d'assurance pour la maison. Qu'est-ce que
SPEAKER_01tu fais dans ces cas-là Il faut trouver une autre assurance
SPEAKER_00La Californie a créé un programme où ils travaillent avec certaines compagnies qui sont obligées, ils ne peuvent pas te refuser, grosso modo. Il y a le gouvernement qui force certaines compagnies à te proposer un contrat, quoi qu'il en soit. Et donc, c'est comme ça qu'on a pu avoir un contrat d'assurance juste pour ces deux, trois mois et faire en sorte d'avoir quelque chose pour la fin de l'expatriation. Mais ouais, toutes ces choses-là faisaient que le feu, le réchauffement climatique, le coût de la vie a augmenté d'une façon incroyable. Notre maison qu'on avait achetée en 2016, quand on est parti en 2025, elle avait quasiment doublé de valeur. Ce qui... Alors, si tu cherches à déménager aux Etats-Unis c'est un problème parce que tout est beaucoup plus cher mais on commence à le voir comme une opportunité parce qu'on se dit si on vend notre maison en Californie en gros la plus-value de la maison nous permettait d'acheter la maison en France en cash quoi sans avoir à faire de prêt ou quoi que ce soit donc quand on a commencé à réaliser ça on se dit oh waouh il y a une sacrée opportunité là et puis il y a eu Covid aussi parmi les 100 raisons qui font que tout a changé Covid quand ça arrivait en 2020, moi, j'en étais arrivé à un point dans ma carrière où je faisais principalement des formations. Ces formations, elles étaient en présentiel. Et donc, quand Covid arrive, il n'y a plus de formation en présentiel. Et pendant six mois, je n'ai quasiment plus aucun client, plus aucune activité. Ce qui veut dire que j'ai lancé d'autres produits que je me suis développé autrement et donc j'ai trouvé d'autres façons de faire des revenus. Mais cette façon de faire des revenus, c'était de la vente de produits logiciels qui, du coup, ta localisation géographique n'a aucune importance. C'est-à-dire que je pourrais les vendre depuis la Chine ou l'Australie ou le Pôle Nord, ça n'a aucune importance, puisque le truc, il est connu, les gens font confiance à ma réputation et ça se vend quoi qu'il en soit. On se dit, on est dans un État où tout coûte très cher, on est embêté par le feu, le réchauffement climatique, on voit que toutes les choses empirent. Après, tu peux ajouter la situation politique Trump, tout ça. Quand tu mets tout bout à bout, tu te dis, là, si on repartait maintenant, on aurait une maison gratis en France, typiquement, avec la plus-value de la maison californienne. Et puis, ce serait aussi l'occasion pour les enfants de vraiment avoir la double nationalité, la double culture, parce que il y a ça aussi. Une fois que tu deviens citoyen américain, au final, ça te libère de pas mal de choses, parce que tant qu'on était sous visa ou sous carte verte, t'as le fait que si Si tu pars, tu vas perdre ce statut. Et si un jour tu veux revenir, tu repars de zéro. Alors qu'en étant citoyen, tu peux partir et si tu veux revenir, tu reviens, il n'y a aucun problème. Et donc, toutes ces choses-là ont alimenté la réflexion. Et du coup, fin 2024, je crois, on revenait en France tous les deux ans pour voir la famille, que les enfants voient les grands-parents et tout ça. Et fin 2024, on s'est dit, tiens, notre voyage en France, là, on va en profiter pour aller voir, tâter un peu le terrain, qu'est-ce qui se passait si on rentrerait. Donc, aller voir dans les clubs sportifs des sports que faisaient nos enfants, commencer... On n'était pas allé voir les écoles encore, mais si on commençait à regarder un petit peu où est-ce qu'on vivrait, comment est-ce que ça fonctionnerait et tout, et là, on se rend compte que, par rapport à notre vie californienne, on commençait presque à se dire, ouais, mais ce serait assez exceptionnel de vivre en France, parce que au final, la France, c'est un pays qui a été fait par des êtres humains pour des êtres humains. Alors qu'aux États-Unis, tout a été fait plutôt à l'échelle pour la bagnole et pour se déplacer sur des grandes distances en véhicule.
SPEAKER_01Mais est-ce que la
SPEAKER_00France vous manquait en fait La vie en France en tant que telle, pas forcément. Je veux dire, on était super heureux de vivre en Californie. On avait... Bah si, t'as des trucs qui te manquent toujours. Forcément, tu vois pas ta famille souvent. Forcément, t'as pas accès aux mêmes ingrédients, aux mêmes types de de repas, à la même gastronomie, à la même culture. Donc oui, il y a des choses comme ça où forcément t'en es détaché et à chaque fois qu'on revient en France, on se faisait des festins à chaque fois et t'es content de revoir les gens et tout ça. Donc oui, ces choses-là, forcément, elles te manquent. Après, d'un point de vue vie de tous les jours en dehors de ça, d'un point de vue professionnel, typiquement, je savais que moi, dans ma tête, c'était fini, je ne travaillerais plus jamais en France. Mais là, ma Pareil, parmi la centaine de raisons, il y a le fait que maintenant, j'en étais au point où de toute façon, mes clients sont partout dans le monde. Quelle que soit ma localisation, ça continuera comme ça. Et donc, je savais que j'étais libre de ne plus avoir à travailler en France du tout.
SPEAKER_01En fait, c'est ça. Tu es parti fâché, mais en fait, tu t'es donné une liberté. Exactement. Tu as appris cette liberté, tu as fait la paix et tu te dis, je peux rentrer, c'est ça.
SPEAKER_00Exactement. C'est-à-dire que maintenant, je suis en France, mais je n'ai pas besoin de travailler en France. Donc, quelle que soit la situation économique, politique ou quoi que ce soit, ça ne me touche pas, entre guillemets. Et du coup, c'est un peu ça, l'indépendance financière, économique, qui fait que on ne peut voir la France que sous les bons côtés. Donc, l'accès à la culture, l'architecture, le fait de pouvoir vivre... à la campagne, tout en étant à 5 minutes de l'école des enfants et à 5 minutes de leur sport, alors qu'à Sacramento, on allait être à 30 minutes de la middle school pour Thomas, on était à 30 minutes du club de foot, Clara était à une heure de ses entraînements de sport, et donc on passait la journée dans la voiture à aller à droite, à gauche, alors qu'au final, ce n'était pas le style de vie qu'on voulait ou qu'on avait envisagé, mais par la force des choses, par l'augmentation du coût de la vie, par le fait que les distances sont grandes et que et que même les clubs sportifs, ils avaient ces mêmes problèmes financiers où il fallait toujours aller louer des stades ou des salles un peu plus loin parce que c'était moins cher et qu'il fallait qu'ils s'y retrouvent au niveau budget. Ça nous forçait à passer plus de temps à jongler avec ça. Alors que là, on regarde en France, tout était à 5 minutes de la maison. Là, tu dis, why Rien que ça, on va économiser 5 à 6 heures par semaine faciles qui ne sont pas passées dans la voiture. En termes de coût de la vie, j'en parle même pas. C'était des... des milliers de dollars qui sont économisés chaque mois parce que tu n'as plus à payer une assurance santé qui est hors de prix, tu n'as plus à payer les activités des enfants qui sont hors de prix. Donc, de notre point de vue, c'était
SPEAKER_01vraiment... Même avec les impôts, tu dois quand même payer les impôts
SPEAKER_00français, pas les impôts... Alors, les impôts, ça se fait des deux côtés, en fait, parce que le truc, c'est que quand tu es citoyen américain, tu dois payer des impôts sur tes revenus mondiaux. Quelle que soit l'origine des revenus, quelle que soit où tu te trouves, peu importe, eux, ils veulent que tu payes les impôts aux États-Unis. Mais il y a un accord entre la France et les États-Unis qui fait que les impôts que tu as payés en France, tu ne les payes plus aux États-Unis. Et vice-versa. Donc, du coup, fiscalement, ce n'est pas tant un problème que ça. Évidemment, on paye plus des impôts en France, mais vu que ces impôts-là, ils sont déduits, tes impôts américains, en fait, tu te retrouves soit à rien payer aux États-Unis, soit à avoir un crédit d'impôt côté américain parce que... parce que tu as trop été imposé côté français. Donc, voilà. Alors, c'est compliqué. Il faut trouver les bonnes personnes pour se faire aider au niveau juridique, au niveau administratif pour faire les tax returns. Là, des deux côtés, ça a été un peu complexe. Même les experts qui nous ont aidés se sont plantés, pour te dire. Quand ils ont fait le tax return côté US, ça a été refusé initialement parce qu'ils se sont plantés. Donc, si même les experts n'y arrivent pas, c'est que ce n'est pas simple. Mais oui, en dehors de ça, ça va.
SPEAKER_01C'est faisable. Donc, Donc, un retour à une certaine qualité de vie.
SPEAKER_00Oui, du coup, on... Retour vers un style de vie différent où le fait qu'on n'ait pas de... On n'a pas de travail en France, donc on n'a pas de contrainte horaire. C'est beaucoup plus facile. On a que les enfants à gérer avec l'école. Donc toi, tu
SPEAKER_01travailles de la maison
SPEAKER_00Je travaille de la maison, ouais. Et puis, si j'ai des formations en présentiel, je serais ravi de les faire et de renouer avec ça. J'en ai fait quelques-unes pour les États-Unis. Avec le décalage horaire, on s'arrangeait. J'en ai fait une pour Hawaï dès le premier mois d'affaires. arrivés en France. Et puis, du coup, on faisait... Parce que là, il y a quand même beaucoup de décalage horaire avec Hawaï. C'est 12h. Donc, je le faisais à 9h du matin pour eux. C'était 9h du soir pour moi. Et on faisait des demi-journées. Donc, on faisait des sessions de 3h. Comme ça, je finissais à minuit. Et eux, ils finissaient à midi. Donc, c'était pas trop, trop
SPEAKER_01extrême. Et donc, quand vous rentrez... Donc, vous êtes rentrés à Besançon, c'est ça Vous êtes
SPEAKER_00rentrer Alors non, du coup, on s'est installé en Bretagne. Donc on a fait un
Retour En Bretagne Et Liberté
SPEAKER_00peu comme avec les Etats-Unis. Notre première expérience aux Etats-Unis, c'était à l'Est. La deuxième, ça a été à l'Ouest. On a fait pareil avec la France, on y va à l'Est. Et là, deuxième retour en France, on va à l'Ouest, on est en Bretagne.
SPEAKER_01Et pourquoi la Bretagne Parce que du coup, c'est pas forcément proche de la famille Ou c'est aux allées de la famille
SPEAKER_00Alors, on a de la famille qui a déménagé en Bretagne ces dernières années. Donc les parents d'Adeline sont sont sur Pontivy. Donc, on a au moins la moitié des grands-parents qui sont en Bretagne. Pareil, il y a des enclétantes qui sont pas trop, trop loin dans les pays de la Loire. Donc, ça aide un petit peu. Après, on regardait, on a vraiment pris la carte de France. On a regardé où est-ce qu'on peut aller s'installer. On regardait un peu tout, le climat. C'est comme si t'étais au restaurant, t'as un menu, qu'est-ce qu'on choisit Et on pesait le pour et le contre dans un peu toutes les régions. On a regardé Toulouse, on a regardé Bordeaux. On est Pour le climat, c'est vrai que l'Ouest-Sud-Ouest est assez intéressant. Mais au final, on se dit que si on est à Toulouse, on reste à 8 heures de route de la famille des deux côtés. C'est peut-être pas forcément la bonne option. Du coup, la Bretagne nous paraissait assez idéale parce que c'est une belle région, on est près de l'océan, il y avait accès aux aéroports. D'un point de vue d'un point de vue économique c'est assez dynamique et puis pour le sport des enfants pareil il y avait des très très bons clubs dans leurs deux sports à proximité avec pas mal d'options différentes donc on s'est dit aux Etats-Unis on regarde en fonction des écoles parce que c'est toujours le truc mais en France les écoles t'en as partout et c'est moins de problèmes donc on regardait plus pour les aspects pour leur carrière sportive parce que c'est des bons petits sportifs et s'assurer qu'ils puissent continuer à évoluer à un bon niveau en France c'est vraiment Et donc, c'est un peu ça qui a joué aussi, qui a pesé dans la barrière, parce que la Bretagne était vraiment une super région de
SPEAKER_01ce point de vue-là. Et est-ce que... En fait, je suis curieuse de quand vous rentrez, vous vous installez en Bretagne, comment vous êtes perçus par les gens Est-ce que tu as des discussions avec les Français sur le... Ah, donc vous êtes rentrés, ou je ne sais pas, ça peut être des gens de ta famille, ou sur le fait de... Comment vous êtes vus, en fait, de... être perçus de la part des Français qui ne sont pas forcément
SPEAKER_00partis. Ça, c'est un truc... Est-ce que toi, tu es déjà rentré en France d'expatriation Ou tu n'es jamais rentré Le truc, le phénomène que beaucoup d'expats décrivent quand ils rentrent en France, c'est le reverse cultural shock. C'est-à-dire que en fait, tu t'attends à revenir et que tout soit facile et normal parce que tu es Français, tu retournes en France et tout. En fait, tu es choqué du fait que que les gens autour de toi, ils n'ont rien vécu de ce que toi, tu as vécu, qu'ils ont leur petit quotidien. Bien souvent, les gens en France, ils ont toujours vécu dans la même région, ils n'ont pas bougé de l'endroit où ils sont nés. Ce n'est pas cliché ou négatif, ce que je dis là, c'est juste un fait qui fait que les gens ne voyagent pas ou peu ou ne changent pas beaucoup de carrière ou de choses comme ça. Et Du coup, c'en est un point où en fait, ils ne peuvent même pas réaliser ce que nous, on a vécu. Et donc, quand tu es expat, ce qui est bizarre quand tu rentres, c'est qu'en fait, tu t'attends à ce que les gens aient plein de questions et soient super curieux. Comment est-ce que vous viez là-bas et tout ça Mais dans la plupart des cas, on a l'impression que les gens, ils ne réalisent même pas que notre vie était complètement différente et à l'opposé en termes de tout plein de choses, de style de vie, de carrière de façon de faire et tout ça. Ce que les gens voient, c'est vous parlez anglais, vous devez être bon en anglais. Typiquement, ça se limite à ça. Les enfants seront bons en anglais à l'école. Et c'est grosso modo l'étendue des conversations. Après, ce n'est pas toujours le cas. Il y a des gens qui veulent creuser un petit peu plus. Et après, c'est difficile aussi parce que la raison pour laquelle les gens parfois dépriment en retour d'expat, c'est qu'ils se disent les gens vont me poser des questions, seront curieux sur ce qu'on a fait et tout. Et en fait, fait, c'est très, très, très rarement le cas. On a très, très peu de questions de conversation à ce sujet-là. Donc, c'est quelque chose dont il faut faire le deuil très rapidement. Sinon, je sais qu'il y a des gens qui en dépriment quasiment parce qu'ils disent mais je ne comprends pas. C'est comme si l'expatriation, elle était morte et qu'il ne s'était rien passé et que personne n'en a rien à faire et que j'ai vécu ce truc, mais que est-ce que je l'ai rêvé ou quoi C'est difficile à décrire, mais la première fois, ça nous l'a fait, clairement, parce qu'on on ne comprenait pas. C'est un retour à une vie trop normale, quelque part. Et ça paraissait anormal que ce soit
SPEAKER_01aussi
SPEAKER_00normal. Et c'est ce qui fait un choc et un décalage. Mais la deuxième fois, on s'y attendait. Donc, moi, de mon point de vue, je me dis pas de problème, j'ai aucune attente de ce point de vue-là. Dans mon cas, c'est presque plus facile en plus parce que j'interagis toujours à des clients qui sont anglophones et donc, tous les jours, je travaille en anglais, j'écris des emails en anglais, j'ai des clients... Pour moi, profiter Personnellement, rien n'a changé. Donc, le fait de vivre en France, c'est quasi... Il y a toujours des interactions avec les gens au quotidien et faire les courses et ainsi de suite et renouer avec la famille, tout ça. Mais j'ai mon expatriation au quotidien qui reste quelque part de par la voie
SPEAKER_01professionnelle. Mais est-ce que c'est pas le fait de quand tu reviens, tu te sens différent Mais les autres, les gens, les Français te voient comme tout le monde, quoi. Donc, en fait, ils ne voient pas
SPEAKER_02tes
SPEAKER_01enfants. Oui, c'est ça. Mais toi, tu sens qu'il y a un truc différent et tu sais qu'il y
SPEAKER_00a un truc différent. Puis, il y a un peu le fait aussi que quand tu étais expatrié, tu étais considéré comme spécial d'une certaine façon. C'est-à-dire que ta famille est fière de dire « Oh, mon fils est aux États-Unis » ou « Mon frère, ma sœur est parti là-bas ». Alors que quand tu rentres, quelque part, tu n'es plus ça, quoi. Donc, tu n'as plus cette étiquette-là. Et puis, les gens, ils ne veulent pas forcément en parler parce que, tu sais, des fois en France, c'est un peu ça aussi. Est-ce qu'ils sont rentrés parce qu'ils ont échoué Est-ce qu'ils sont rentrés parce que ça ne se passait pas bien Et puis, du coup, il y a peut-être un peu ce truc-là où ils n'osent pas en parler parce qu'ils ne savent pas trop comment tu vas le prendre. Je ne sais pas. Il y a probablement un peu tout ça qui joue d'une façon ou d'une autre et qui fait que ce ne sont pas des discussions qui viennent
SPEAKER_01naturellement. Et donc, maintenant quand tu penses à tout ça est-ce que pour l'instant t'es content ou est-ce que tu penses que peut-être que tu repartiras un jour
SPEAKER_00Pour le moment, notre philosophie, on pense que c'était la bonne décision de rentrer comme on l'a fait. On se dit aussi, il ne faut jamais dire jamais, parce que quand on était parti en Californie, on se disait on ne reviendra jamais en France, et là on est revenu en France. Donc on ne va pas dire on ne repartira jamais aux Etats-Unis, parce que du fait qu'on a la nationalité, et puis je pense que les enfants, pareil, s'ils ont mes gènes professionnellement, ça va probablement les démanger à un moment donné de voir autre chose. Quant à la nationalité, c'est d'autant plus facile de partir là-bas. Je pense que dans l'idée, ils vont faire leurs études ici et puis ensuite, ils auront peut-être envie d'essayer de partir. Peut-être qu'on partira aussi à ce moment-là. On ne sait pas. On pense que c'était bien de rentrer parce que culturellement, c'est super pour les enfants. Ils sont super contents d'être plus proches de la famille, d'avoir vraiment l'impression d'être français cette fois-ci parce qu'ils parlent français tous les jours. Ils ont énormément progressé en français, ne serait-ce qu'à l'écrit, parce qu'ils sont les deux rentrés à l'école en septembre sans jamais vraiment avoir écrit ou lu le français. Ce qui était pareil, un gros risque. Tu te dis pareil, on met nos gamins à l'école, Thomas est rentré en cinquième, tu rentres en cinquième et tu dois écrire et lire en français alors que tu n'as jamais fait ça avant. Quand je dis jamais, forcément, on a fait un petit peu de préparation les trois, quatre mois avant, en famille, à faire du coaching et tout, mais le français, c'est ce n'est pas une langue qui s'apprend sur le tas comme ça. Ça ne s'improvise pas, c'est quand même compliqué. Donc, le premier trimestre, ça a été un peu dur pour les deux, en français principalement, mais pour le reste, ça allait bien. Et puis là, depuis, ils sont super bien faits au truc. Thomas, deuxième trimestre, il était deuxième ou troisième de sa classe, je crois. Il me dit, ce n'est pas possible. Si tu te rends compte, tu as plus que la moyenne de la classe en français. Eux, ils font ça depuis qu'ils sont tout petits. Je dis, t'as bien bossé, c'est bien, quoi. T'as rattrapé le retard en quelques mois, c'est extra. Donc, ils sont super bien adaptés. Pour le coup, pour eux, ça a été plus facile. Enfin, plus facile. Le fait qu'ils soient américains dans un contexte où personne ne venait des États-Unis fait que tout le monde voulait être copain avec eux. Tout le monde était là. Tu vivais là-bas. Parce que toi, les enfants, c'est pas comme les adultes. les adultes, tu peux avoir un aspect jalousie, carrière, je ne sais quoi, qui rentre en jeu. Les enfants, ils s'en foutent. Ils disent, il est américain, c'est super, je vais te copier avec toi, je vais discuter avec toi, je vais te poser des questions. Ils n'ont pas la même vision des choses, c'est beaucoup plus brut, beaucoup plus naturel. Et du coup, ils se sont tout de suite fait plein de copains, ils ont tout de suite été bien intégrés, tout le monde voulait les aider à l'école, pour naviguer les choses et s'adapter à ça a été super pour eux et puis des fois quand quelque chose se passe un peu moins bien parce que forcément quand on a grandi ils ont passé toute leur vie aux Etats-Unis et aux Etats-Unis c'est good job c'est super ce que tu fais t'es le meilleur et tout et là quand on rentre en France à l'école c'est pas des good jobs c'est super
SPEAKER_01t'es
SPEAKER_00le meilleur ça veut dire que
SPEAKER_01c'est bien s'adapter
SPEAKER_02à ça aussi ouais
SPEAKER_00Et pareil au niveau du sport. On a eu des retours à la maison en pleurs. On m'a dit que j'étais nul. On m'a dit que j'avais rien à faire ici. La culture française, c'est ça. Si ça ne va pas, même quand ça va, on va déjà te dire que tu peux mieux faire. Alors si un jour ça ne se passe pas bien, tu es nul, tu n'as pas le niveau. Et ça, les deux l'ont entendu. Ça leur fait mal, mais Mais ils rebondissent et je dis, si vous voulez, on retourne en Californie, on s'en fout, on a la double nationalité, on
SPEAKER_01repart. Oh non, non, non, on reste, on reste.
UNKNOWNBon, OK.
SPEAKER_01Est-ce qu'il y a quelque chose que tu penses n'avoir pas évoqué, que tu penses
SPEAKER_00important à dire sur tout ça Ce qui est important, je pense, et dont on n'a peut-être pas forcément parlé, c'est qu'à différentes périodes de la vie, on a différents besoins, différentes attentes, différentes motivations. Et du coup, ça peut expliquer aussi qu'à un moment donné, on se dise je veux partir ou je veux rentrer ou tu vois, parce que notre première expatriation, on est parti, on avait 24 ans. Aujourd'hui, on a 43. Tu ne vois pas les mêmes choses à 40 ans qu'à 20 ans, ça c'est sûr et certain. Et donc, tout n'est pas écrit, gravé dans le marbre et la façon de voir les choses, elle évolue en fonction d'avoir une famille, des enfants ou pas, en fonction de comment ça se passe professionnellement et tout. Et donc, je pense qu'il ne faut pas... Dans notre cas, on n'a pas eu peur de faire des grands changements et prendre des virages à 180 degrés et essayer des choses complètement différentes. Au final, si vous êtes dans une position comme ça où vous vous dites « Ah, qu'est-ce que je fais Est-ce que je pars Est-ce que je pars pas » On a vraiment pris ces décisions extrêmes et on ne l'a jamais regretté, quel que soit l'endroit où on soit allé, quel que soit ce qu'on ait fait. Même si ce n'est pas tous les jours facile, même s'il y a des difficultés et tout, je pense que ça a été super... Enfin, ça nous fait grandir en tant qu'être humain, ça nous fait progresser, ça nous fait avancer, et puis ça joue du piment dans la vie, c'est aussi simple que ça. Donc, s'il y a une chose que je pourrais dire en conclusion, c'est que si vous êtes un peu à vous dire « Ah ouais, mais j'ose pas rentrer parce que j'ai peur de ce que les gens vont dire, ou est-ce que ça sera pas vu comme un échec, ou je ne sais pas, ou à l'inverse, je veux pas partir parce que j'ai peur aussi de ça », il faut vous dire qu'en fait, de notre expérience, moi, de ce que j'en vois, c'est que les gens autour de nous, au final, on se pose bien plus de questions que ce qui se passe dans la réalité. C'est-à-dire qu'une citation de je ne sais plus quel auteur anglophone, mais qui dit qu'il ne faut pas se soucier de ce que les gens pensent de nous parce qu'en fait, ils ne pensent rien. Typiquement, on a tendance à trop se dire qu'est-ce qu'ils vont dire, qu'est-ce qu'ils vont dire. En fait, personne n'a rien à faire. Chacun vit sa vie comme il l'entend et on ne passe pas notre journée à se poser des questions sur qu'est-ce que fait Le voisin, qu'est-ce que fait l'oncle, la tante, le frère, la sœur Enfin, voilà quoi. Donc, si vous avez peur du regard des autres, je ne pense pas que ce soit le bon argument vis-à-vis d'une grande décision comme
SPEAKER_01celle-là. Donc, en fait, tu veux dire que ces départs et ces retours, ça correspond à des moments précis de... de la
SPEAKER_00vie. Si tu sens à l'intérieur de toi que c'est quelque chose que tu dois faire et que tu en as l'intime conviction, il ne faut pas se poser plus de questions que ça sur qu'est-ce que les autres vont dire, qu'est-ce que ceci, qu'est-ce que cela. Au final, les gens évoluent, nos envies évoluent au fur et à mesure du temps et on peut se retrouver dans des situations où on n'aurait jamais pensé rentrer en France, on est rentré en France, on ne pensait jamais repartir aux US quand on est rentré en France la première fois. C'est pour ça que je dis qu'il ne faut jamais dire jamais, on repartira Notre objectif, ça doit rester aussi longtemps que possible, mais on ne sait pas. Il y a plein de choses qui peuvent se passer. Je pense que Covid a joué un rôle énorme dans notre tour, typiquement, et c'est quelque chose que personne n'aurait pu prévoir. On ne sait pas de quoi l'avenir sera fait. Une guerre, un renversement politique, c'est très difficile de savoir. Merci beaucoup de m'avoir invité, de m'avoir donné l'opportunité de discuter de Tout ça, c'est toujours des sujets passionnants et c'est toujours sympa de se remettre dans le bain de ces années d'aventure. Merci beaucoup
SPEAKER_01de m'avoir donné ce temps-là. Merci beaucoup. C'était vraiment super intéressant comme parcours. Je trouve qu'il y a plein de bonnes choses à en retirer. Autant du point de vue de... De l'installation, l'intégration que du retour, tu vois. C'est vrai que, ouais. Donc, merci à toi. Si vous êtes encore là et si vous avez écouté cet épisode jusqu'à la fin, je vous souhaite une très belle journée ou soirée ou nuit et je vous retrouve très bientôt.
UNKNOWNÀ bientôt.