Incubateur Néonat

#035 – Innovation et Leadership – Une conversation avec Dr. Phyllis Dennery

Benjamin Courchia & Gabriel Altit Season 2 Episode 3

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🎙️ Dans cet épisode de L’Incubateur Néonat, Ben Courchia et Gabriel Altit accueillent une invitée exceptionnelle : le Dr Phyllis Dennery.

Figure incontournable de la néonatologie, Dr Dennery est titulaire de la chaire Sylvia K. Hassenfeld en pédiatrie à la Warren Alpert School of Medicine de l’Université Brown, chef du Département de Pédiatrie à l’Hôpital de Rhode Island et directrice médicale de l’Hôpital pour Enfants Hasbro.

Au fil de la discussion, elle partage son incroyable parcours, depuis ses débuts au Canada jusqu’à son rôle de leader en néonatologie aux États-Unis. Elle revient sur son engagement pour la recherche, notamment ses travaux pionniers sur le stress oxydatif et le développement pulmonaire, ainsi que son rôle de mentor pour les générations futures de cliniciens et chercheurs.

Elle aborde également les défis du leadership en médecine, l’importance de la collaboration et la nécessité d’une approche plus ciblée en néonatologie pour améliorer le suivi des prématurés jusqu’à l’âge adulte. Un échange riche en enseignements et en inspiration, qui met en lumière l’impact durable de la néonatologie sur la santé à long terme.

🔊 Écoutez dès maintenant cet épisode captivant !

Bio: Dr Phyllis A. Dennery est titulaire de la chaire Sylvia Kay Hassenfeld en pédiatrie à la Warren Alpert School of Medicine de l’Université Brown, cheffe du Département de Pédiatrie à l’Hôpital de Rhode Island et directrice médicale de l’Hôpital pour Enfants Hasbro. Elle est également professeure de biologie moléculaire, cellulaire et biochimie à Brown. Elle a obtenu un B.S. en biologie à l’Université McGill, avant de poursuivre ses études de médecine à Howard University à Washington, DC. Elle a complété sa résidence en pédiatrie au Children’s National Hospital et un fellowship en médecine néonatale-périnatale à Case Western Reserve University (Rainbow Babies and Children’s Hospital). Membre active de nombreuses sociétés scientifiques, elle a présidé la Society for Pediatric Research et l’International Pediatric Research Foundation. Élue à l’Académie Nationale de Médecine en 2014, elle a également intégré l’Association of American Physicians en 2015. Ses recherches portent sur les mécanismes de réparation pulmonaire néonatale. Elle s’intéresse aussi à la dysplasie bronchopulmonaire, l’ictère néonatal, les disparités périnatales et l’impact de la race en médecine. Elle dirige un réseau d’essais cliniques pédiatriques financé par le NIH.

Comme d'habitude, n'hésitez pas à nous envoyer vos questions, commentaires ou suggestions à notre courriel : nicupodcast@gmail.com. Vous pouvez également contacter l'émission via Instagram ou Twitter, @nicupodcast Ou contactez Ben et Gabriel directement via leurs profils Twitter : @drnicu et @CardioNeo. Les documents discutés dans l'épisode d'aujourd'hui sont listés et horodatés sur la page web liée ci-dessous.

Bonne lecture !
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Les notes de l'émission, les articles et le formulaire de FMC sont disponibles sur notre site Web :
www.lincubateur.org

Ben Courchia MD (00:00.859)

Bonjour, bienvenue dans l 'incubateur Néonat. est de retour avec Docteur Gabriel Altitte. Aujourd 'hui, j 'ai dit docteur. Avec Gabriel pour un entretien ce dimanche. Gabriel, comment ça va ?


Gab (00:05.952)

Wow ! Passez !


Gab (00:13.568)

Ça va super bien et toi, comment vas -tu ?


Ben Courchia MD (00:15.739)

Super, super et voilà, je me demande si peut -être que tu peux introduire notre invité assez exceptionnel aujourd 'hui.


Gab (00:23.508)

oui, tout à fait. 'est vraiment, comme on dit, les géants de la néonatologie. Donc aujourd 'hui, on a le plaisir d 'accueillir Docteur Phyllis Dennery. À vrai dire, Phyllis, elle est titulaire de la chaire Sylvia K. Hassenfield en pédiatrie à la Warren Alpert School of Medicine de l 'Université Brown. Elle est également chef de la pédiatrie à l 'hôpital de Rhode Island et directrice médicale pour l 'hôpital pour enfants Hasbro ou Hasbro Children Hospital. Et donc, si vous voyez...


un petit peu le pédigri de vous allez voir qu 'elle a touché un peu à tout parce qu 'elle est dans le leadership, elle fait de la recherche en biologie moléculaire, en biochimie, en pulmonaire, clinical scientist. Alors vraiment, 'est... Exactement. Ça fait plaisir de t 'avoir parmi nous, Phyllis. On est super contents.


Ben Courchia MD (01:06.491)

Oui, la question qui se pose, 'est qu 'est qu 'elle ne sait pas faire exactement ?


Phyllis Dennery (01:14.222)

Vous me flattez trop là !


Phyllis Dennery (01:21.582)

Merci et ça me fait très plaisir d 'être ici. Et je voudrais qu 'on 'excuse si je dis des trucs un peu anglais parce que parfois vivre aux États -Unis depuis, là là, ça fait longtemps, on va pas dire 44 ans, j 'oublie un tout petit peu mon français.


Ben Courchia MD (01:42.715)

C 'est un problème récurrent sur ce podcast, Phyllis. On souffre de ces mots, Gabriel et moi, de manière quotidienne, donc ne t 'inquiète pas.


Gab (01:45.088)

Phyllis Dennery (01:52.462)

D 'accord, je n pas honte d 'abord. Je ne pas avoir


Gab (01:55.552)

Mais non, pas du tout. Je pense que c ce qui fait le charme un peu des entrevues, c que ça permet d 'avoir l 'authenticité du moment, les gens qui sortent avec... Moi même, des fois, je sors plein de mots en anglais, alors vraiment, si l 'office de la langue française vient de réinvestiguer, ce serait problématique. Donc, peut -être qu peut se lancer tout de suite. À vrai dire, moi, j 'aimerais beaucoup entendre parler de ton parcours, Phyllis.


Ben Courchia MD (02:08.859)

Ouais


Phyllis Dennery (02:12.238)

Oui, c ça.


Gab (02:21.088)

peut -être pour tous nous inspirer la carrière que tu as construite au fil des années, mais peut -être qu peut retourner au tout début quand tu étais étudiante en médecine. Je sais que tu as fait aussi un petit séjour à Montréal parce que tu as fait quand même un bac à l 'Université McGill qui t 'a peut donné la piqûre des sciences. Et donc j 'aimerais un peu savoir tout le contexte de ta découverte de la médecine, de la neonatologie.


Phyllis Dennery (02:47.406)

Bon, peut -être je vais commencer un peu avant ça, un peu trop avant ça parce que moi je suis née et j 'ai vécu dans un hôpital les premières deux années de ma vie parce que mes parents étaient médecins dans un système où on appelait ça la résidence, c 'était vraiment la résidence, on vivait dans l 'hôpital et ensuite on est venu au Canada, on est arrivé au Canada et mon père faisait sa résidence en neurochirurgie.


et il a été accueilli à Montréal. Donc on est parti à Montréal pour plusieurs années, puis ensuite on est retourné à Ottawa. Et de là, moi, j 'ai fait mes études secondaires à Ottawa, mais ensuite en français. Et la première exposition, la première, comment on dit, première fois que j 'ai dû aller à l 'école en anglais, c 'était à McGill. Donc là, j 'ai fait ma première, bon mon bac à McGill.


Gab (03:23.872)

...


Phyllis Dennery (03:43.598)

Mais c 'était la première fois que j 'étudiais en anglais. Donc là, après, je suis partie à l 'école de médecine. Au Canada, il 'y a pas tellement d 'écoles de médecine. Et j 'avais eu trop de, comment on dit, de cœur brisé à McGill. j 'ai eu...


D 'issue là, l 'étude n pas ma priorité, mais ensuite je me suis retrouvée à Bienfaire et partir aux États -Unis pour l 'école de médecine où j 'ai été à Howard University qui était une université minoritaire et ça 'a fait toute une différente expérience. Ben, je suis sûre que avec l 'expérience en Floride, tu comprends un peu le truc. Donc c 'était...


Gab (04:18.048)

à Washington.


Phyllis Dennery (04:33.39)

la société est très différente du Canada. Il y a beaucoup de racisme institutionnel et donc c 'est un peu différent comme climat. Mais quoi que ce soit, je suis restée aux États -Unis, j 'ai fait ma résidence... Donc l 'amour de la médecine vient de très loin parce que bon, c 'est que ça que j 'avais connu et je me...


Gab (04:54.88)

Mmh.


Tenez dans la médecine finalement.


Phyllis Dennery (05:02.446)

et on faisait la tournée avec mon père et tout ça. Donc c 'est quelque chose qui me reste et j 'ai essayé de faire autre chose mais vraiment la médecine c 'était ma passion. depuis que je suis rentrée à l 'école de médecine et puis depuis que j 'étais en troisième année d 'école de médecine, je me suis rencontrée que les prématurés c 'était ce que je voulais faire, la néonatologie. Pourquoi ?


parce que j 'ai eu une expérience où je suis allée dans la proponnière et puis j 'ai vu le médecin prendre la petite main du bébé. Le bébé prenait la main autour du doigt du médecin pour... et j 'ai dit mon Dieu, c 'est pas possible, un enfant si petit, si tout petit, qui réussit à grandir, à devenir un enfant qui étude, un adulte et tout ça.


ça 'a vraiment frappé et j 'ai décidé d 'aller en éonatologie. Donc il fallait d 'abord faire la pédiatrie et donc comme dirait Jean, j fait ça. Mais j 'ai aussi trouvé l 'amour de la recherche très tôt. Donc j 'avais décidé que je voulais rechercher le poumon. Le poumon quoi? Donc j 'ai décidé que c 'était important pour moi de faire la biochimie du poumon plutôt que...


l 'anatomie du poumon ou la physiologie du poumon. Donc j 'ai trouvé ma passion durant le fellowship.


Gab (06:39.008)

L 'atterna. Oui, l 'atterna, non? Ils disent moniteur clinique. Moniteur clinique. 'est comme ça. En tout cas, comme moi, on les appelle.


Phyllis Dennery (06:42.478)

Non. Non, là c 'est pas... Non ?


Ben Courchia MD (06:43.739)

Ouais c 'est même plus...


Ouais, parce que c 'est un peu plus que l 'internat parce que l 'internat c 'est la première partie.


Phyllis Dennery (06:50.19)

...


Gab (06:52.64)

Bye !


Phyllis Dennery (06:52.686)

Oui, c 'est après l 'internat, après la résidence, c fellowship. Bon, c 'est pas ça. Oui, 'est pas ça. Oui. Donc, j 'ai fait ça avec... Bon, il fallait faire des choses cliniques comme Dorison, mais j 'ai aussi fait ça dans un labo biochimique qui s 'intéressait au stress oxydatif des poumons. Et donc, ça 'a tout de suite intéressée et...


Gab (06:55.872)

Pose d 'hoc, comment pose d 'hoc...


Phyllis Dennery (07:18.542)

Dès que j 'ai pris ma première position de faculté à Stanford, un des profs à Case Western où j 'avais fait mon stage de fellowship, postdoc, donc il 'a dit, as -tu jamais pensé au fait que la bilirubine était protectrice contre les stress oxydatifs?


Gab (07:32.576)

Rainbow.


Phyllis Dennery (07:48.078)

Et j 'ai dit à Bon, parce qu 'il savait qu 'à Stanford, c 'était des gens qui faisaient des recherches au niveau de la bilirubine. Donc j 'ai dit à Bon, c 'est intéressant. Puis il y avait enfin un prof très, très bien qui, malheureusement, décédait, qui était un grand collègue à UCSF. Il a collaboré avec moi parce qu 'il avait des souris qui avaient un problème de jaunisse.


Et on pouvait d 'abord étudier l 'effet de l 'oxygène sur ces souris qui avaient la jaunisse et voir s 'ils étaient plus protégés que les souris qui n 'avaient pas la jaunisse. Et c 'était drôlement intéressant qu 'on a trouvé que oui, ces souris -là, au niveau de Billy Rubin qu 'ils avaient, qui étaient assez bas, c 'était pas toxique au niveau de...


de faire des problèmes, mais ça les protégeait contre les stress oxydatifs. Donc ça a démarré la recherche que j 'ai faite et après ça on a pensé, on nous dit, ben oui, mais la bilirubine est produite par l 'oxygénase, comme on dit, l 'hymne oxygéné. Et donc c 'est plus important de comprendre


Gab (08:42.912)

J 'y serre vous.


Gab (09:04.256)

Oui, la sécu...


Ben Courchia MD (09:05.147)

Où l 'oxygénase.


Phyllis Dennery (09:11.15)

ce qui se passe au niveau de HEMOXYGENASE parce que c ça qui contrôle le niveau de la bilirubine. 'est là que... Et puis il y avait des recherches qui commençaient au niveau du fait que HEMOXYGENASE -1, le premier HEMOXYGENASE était... c 'était une...


Gab (09:22.368)

...


Gab (09:39.968)

Une réponse stress.


Phyllis Dennery (09:41.198)

C 'était une enzyme gène qui répondait au stress. donc ça a démarré l 'histoire de regarder des animaux néonataux comparés aux adultes, de voir qu 'est qui se passait avec le taux de hymoxygénase et donc comprendre si c 'était nécessaire ou utile pour protéger contre les stress oxydatifs.


Donc j 'ai passé plusieurs années à travailler là -dessus, à Stanford. Et dès que je suis partie à CHOP, Children's Hospital of Philadelphia, j 'ai passé 14 ans à Stanford, ensuite 12 ans à CHOP. Et à CHOP, j 'ai pris le rôle de chef de neonatologie. Et ça, 'était beaucoup de travail, quoi.


Ben Courchia MD (10:09.211)

Mmh.


Ben Courchia MD (10:34.267)

...


Phyllis Dennery (10:37.102)

Et la recherche, bon je comprends, j 'ai continué à la faire mais c 'était, prenait une certaine force de faire les deux travaux. Parce que à ce moment -là on avait changé la nursery de 40, la poignard de 40 lits à 100 lits. C 'est immense.


Gab (10:54.752)

La pouponnière.


Gab (11:00.784)

ça c 'est l 'unité néonatale. ouais ouais sans lui c 'est immense, c immense.


Phyllis Dennery (11:05.198)

Et en plus, on avait 10 hôpitaux, parce qu 'au début, on en avait que deux, mais on a développé un réseau de 10 hôpitaux. Et tous ces enfants qui revenaient, ceux qui avaient besoin des soins tertiaires et catheteriaires, ils venaient à CHOP. Et en plus, on avait 300 nouveau -nés normaux dans les pouponnières.


Ben Courchia MD (11:22.107)

...


Phyllis Dennery (11:31.758)

de ces dix hôpitaux. Donc, 'était toute une histoire, et de faire sûr que ces dix hôpitaux travaillaient bien ensemble, avaient des projets à faire ensemble. Mais ça s 'est bien passé, mais j 'ai continué à la recherche, j 'ai continué à faire le travail sur ces stress oxydatifs sur les poumons, surtout avec le modèle d 'oxygène. Et puis ensuite, j 'ai…


Je ne pas pourquoi, mais j 'ai décidé que je voulais être chef de département et de faire... et Broad Island s 'est présenté à Brown, une université qu 'on appelle Ivy League, veut dire plutôt côté. Et donc j 'ai dit, ouais, ça serait bien, je vais y aller. Et là, je suis là depuis 9 ans. Donc, ouais, ça va très, très bien.


Gab (12:06.144)

Wow.


Gab (12:25.792)

C 'est tout un parcours et honnêtement je vous invite tous à aller rechercher tous les sujets que tu as touché dans la recherche au fil de ce parcours là.


incalculable d 'étudiants et de gens que tu as formés, que tu as mentorés. Plus d 'une centaine d 'articles qui touchent entre autres à la biologie moléculaire. Donc ça, 'est vraiment... C 'est incroyable. Je posais une petite question à l 'égoïste parce que moi, je veux des trucs. Je veux savoir comment c 'est possible de gérer des services d 'une dizaine d 'hôpitaux, d 'être chef de département d 'unité, de rouler des labos, d 'avoir... Comment tiens


tu fais? C 'est incroyable.


Phyllis Dennery (13:10.702)

Bon, je vais dire que ma mère qui était psychiatre, ma mère, dès qu 'elle était plus jeune, elle n 'avait que deux enfants à ce moment -là, elle était d 'abord pathologiste. Ensuite, elle a décidé qu 'elle devait retourner à l 'école et refaire des études pour être psychiatre une fois au Canada. Et là, elle a eu quatre autres enfants. Donc, six enfants travaillant...


plein temps avec... elle nous faisait... elle cousait toutes nos petites robes, les costumes d 'Halloween, enfin ça finissait plus et elle travaillait tout le temps. Donc moi je pensais bon, j 'ai rien fait en comparaison, je fais rien moi. C 'est supermaisseuse parce que je n 'ai que deux enfants et bon ça va mais... Et que... profession, voilà. Mais...


Gab (14:01.888)

plus.


Phyllis Dennery (14:07.022)

Mais ça a toujours été l 'inspiration de voir qu 'on pouvait faire beaucoup, on a la capacité de faire beaucoup. Mais il faut faire attention aussi parce que des fois on en prend trop. Et à un moment donné, mon chef de département à Stanford, était très, très, très poussé à 'aider comme menteur, comme mentor, pas menteur, mentor et tout.


Ben Courchia MD (14:19.003)

Hmm.


Gab (14:29.344)

Oui, pas mortel, on l 'avait compris.


Ben Courchia MD (14:30.459)

Phyllis Dennery (14:34.094)

et donc ils 'aidaient à prendre des postes supérieurs au NIH ou des postes dans les journaux et des trucs comme ça. Et c 'est beaucoup, donc c 'est un peu le burn out après. On fait trop en même temps, donc on ne plus faire des choses aussi bien qu 'on les faisait avant. Donc ça c 'est une leçon très importante de vraiment réfléchir à ce que l prend comme position,


Gab (15:02.24)

responsabilité.


Phyllis Dennery (15:04.302)

que l 'on fait et voir si ça nous sert ou si c 'est quelque chose qui ne sert pas vraiment à notre carrière. oui.


Ben Courchia MD (15:09.947)

Mmh.


Oui, 'est un truc en anglais où on connaît comme la law of diminishing return, la loi de décroissement exactement, de dire qu 'à un moment donné, on n 'a pas vraiment le même retour sur les investissements qu 'on fait, au plus on les accumule. Moi, ce qui 'intéresserait un petit peu plus au -delà de la question de Gabriel, 'est en prenant en compte ton parcours où tu as beaucoup voyagé, où tu es passé à travers beaucoup d 'institutions, beaucoup de villes.


Phyllis Dennery (15:17.934)

Oui.


Ben Courchia MD (15:39.067)

En faisant un peu de recherche pour cet épisode, ce qui me frappe, 'est que, en tout cas, l 'impression que j 'ai, c 'est que tu as réussi à avoir un impact assez profond à chaque étape de ta carrière. Et je pense que c 'est quelque chose qui, pour ceux d 'entre nous qui essayent de suivre un parcours un peu similaire de mouvement constant, c 'est quelque chose qui peut faire peur de dire, mais est -ce que je vais vraiment avoir un impact dans les endroits que je visite si à chaque fois je suis là -bas que pour une durée qui est assez courte


Et j 'aimerais savoir un peu quel est ton secret pour avoir cette influence à la fois sur les gens, sur les institutions et un peu sur la culture des endroits où tu travailles.


Phyllis Dennery (16:20.846)

C 'est une question assez difficile parce que je ne pas, on me recherchait, on venait me chercher pour me dire, bon, toi, tu as l 'air que tu peux faire ci ou ça et ça a commencé à Stanford. Et moi aussi, 'avais le, comme on dit en anglais, on dit fire in the belly. Ça veut dire qu 'on a vraiment le désir, la passion et donc ça se voit. Les gens peuvent voir qui a la passion parce que si on propose à quelqu 'un, par exemple,


Ben Courchia MD (16:38.722)

Vous aviez la passion, l 'étincelle.


Gab (16:39.296)

La passion.


Phyllis Dennery (16:48.174)

« Viens 'aider à faire ci ou ça » et que la personne dit « Je sais pas, je n 'ai pas le temps, je pas si, je pas ça ». Bon, on ne leur demande plus, c 'est fini, on ne leur demande plus. Mais si on s 'enthousiasme pour beaucoup de choses, qu 'on présente des bonnes idées, que l 'on parle dès qu 'on est dans les réunions plutôt que de rester très tranquille et ne rien dire, c 'est comme ça qu 'on commence à se faire...


reconnaître parce qu disent bon celle -là elle a l 'air de connaître quelque chose. et donc c 'est toujours été moi je sais pas je dis parfois je dis je sais pas pourquoi ils 'ont pas viré déjà parce que je parle très honnêtement donc au début on penserait que ça serait très brusquant pour les gens qui ont un gros égo que l 'on leur dise mais c 'est pas trop bien ce que vous faites là mais je pense que parfois ils ont besoin ça.


Gab (17:30.208)

!


Phyllis Dennery (17:46.03)

Et ce n pas pour dire aux gens de faire la révolte, mais de penser parfois que ce n pas toujours qu 'on doit accepter le statut quo et de dire oui, mais écoutez, peut -être qu a une autre façon de faire. Et moi, j 'ai dû apprendre beaucoup au courant des années de modérer un peu le ton et de faire avec les coachings que j 'ai eus, de faire attention de ne pas dire des choses inflammatoires, mais de dire quand même, de donner du...


de donner de la vie qui est quand même constructif. oui, moi, je ne pas ce qu 'il y a nécessairement, mais dès qu 'on commence à bien faire et qu 'on a l 'enthousiasme et la passion, les gens reconnaissent.


Ben Courchia MD (18:33.618)

Et de ce que tu es en train de décrire, j 'ai l que le conseil qui est niché dans cette réponse -là, c d 'être en phase avec soi -même et de ne pas trahir notre voix interne en quelque sorte.


Phyllis Dennery (18:47.15)

Voilà. Et aussi de, par exemple, d 'aussi faire attention à ce que l 'on veut plutôt que faire n 'importe quoi. Et donc c 'est un peu ça. Parce qu 'il en a qui disent oui à tout et puis ça sert à rien, on ne pas ce qu font. Tandis que si on se dédie à faire quelque chose de particulier, on nous reconnaît dans cet endroit. Et c 'est beaucoup de travail.


Ben Courchia MD (18:59.003)

Mmh.


Ben Courchia MD (19:12.795)

Mmh mmh.


Phyllis Dennery (19:15.982)

de passer des soirées à travailler dur, à lire, à comprendre et tout ça. puis, il a toujours quelque chose qui est un peu abandonné dès qu 'on fait trop de choses. moi, je ne voulais pas que ce soit ma famille, mes enfants et tout ça, mais des fois, fait des sacrifices, quoi.


Ben Courchia MD (19:37.01)

Et à ce sujet -là, comment est -ce que ta famille a abordé petit peu ce choix de carrière de suivre un petit peu les opportunités, ta passion, etc ?


Phyllis Dennery (19:48.334)

Bon, moi je suis mariée depuis 37 ans. À la même personne, oui. Et donc, nous on avait toujours un peu une entente. Lui il n pas médecin, donc sa carrière est plus fluide au niveau de ce qu fait, il peut faire ça n 'importe où. Et on faisait les décisions ensemble de où on allait, mais il 'y avait pas vraiment...


Gab (19:51.616)

Wow.


Phyllis Dennery (20:14.606)

chez certains il y a ce genre de compétition entre les deux, les gens du couple et donc c 'est toujours des décisions assez difficiles. dans ce cas -ci, il faut comprendre là, ça fait combien d 'années? Ça fait depuis 1990 que je pratique la néontologie, donc ça fait quoi? Ça fait beaucoup d 'années là, j 'oublie, 35 ans, voilà. Donc c 'est 35 ans que je suis néontologue.


Gab (20:37.824)

34 ans, 35 ans.


Phyllis Dennery (20:44.046)

pas résidente, pas interne, pas tout ça, vraiment néonatologues et je suis allée dans trois endroits. Il y en a qui restent dans un endroit toute leur vie, mais la plupart des gens s 'y a une grande opportunité parce que l 'opportunité à CHOP, CHOP c 'est le meilleur hôpital, 'est fou, tout le monde se recule. Donc moi, est -ce que j 'aurais vraiment refusé de...


Ben Courchia MD (21:03.291)

Oui c 'est la référence hein.


Gab (21:05.152)

Bye bye.


Phyllis Dennery (21:11.502)

d 'aller voir ce que ça donnait de shop et de voir si c 'était pour moi. Non, comme de raison de non. Donc moi j 'ai dit ok d 'accord mais j 'avais un peu peur parce que c 'était un endroit tellement coté et moi je venais là comme j 'avais jamais été chef de nénatologie. Mais je me suis mise au travail, j 'ai eu des idées, j fait des trucs, j 'ai parlé aux gens, 'ai collaboré. Aussi ça c 'est un truc très important, collaboration avec d 'autres.


Gab (21:17.728)

...


Ben Courchia MD (21:24.411)

Oui c 'est intimidant.


Gab (21:32.704)

...


Phyllis Dennery (21:41.23)

Et là, ça a démarré parce que comme je disais au début, on n 'était que deux hôpitaux et avec collaboration, relation, on a construit un truc immense. Donc c 'est ça. Et aussi, franchement au labo, si on pense faire tout soi -même, ça ne pas. Donc il faut avoir des adjoints qui nous aident à faire le travail et les reconnaître.


Ben Courchia MD (21:52.731)

Mmh, ouais.


Gab (21:54.944)

...


Gab (22:01.888)

l 'équipe.


Phyllis Dennery (22:09.71)

et leur donner des opportunités à eux aussi. 'est comme en anglais on dit « pay it forward ». Moi j 'ai eu tellement de chance avec mon mentor et tout ça, donc j 'ai donné ça aux autres. J 'ai continué parce que pour moi c 'est la chose la plus importante, c 'est d 'aider les autres à atteindre leur but de carrière.


Gab (22:13.856)

...


Ben Courchia MD (22:16.379)

Mmh.


Gab (22:36.608)

Alors les gens ne me voient pas, mais moi je suis en train de des notes depuis tout à l là parce que ça c 'est comme un cours 101 de comment... genre c 'est plein de petites perles incroyables qui vraiment... des perles, des grosses perles même je dirais. Non mais c vrai parce que je pense pour tous ceux qui nous écoutent c 'est vraiment des perles de sagesse qui nous démontrent vraiment que Phyllis, bon à travers tout ton parcours...


Ben Courchia MD (22:39.739)

Ben Courchia MD (22:46.043)

des petites perles. Voilà, beaucoup.


Gab (23:01.184)

Tu as su développer des relations incroyables avec des équipes. Tu as pu te fonder dans des équipes aussi que tu ne connaissais probablement même pas. Donc ça, c le challenge, c d 'arriver dans un endroit comme tu dis à CHOP ou à Brown où probablement tu avais certains contacts, mais là tu veux vraiment se fonder dans des nouvelles équipes. Et ça, c ce que je trouve incroyable, c d 'être capable d 'arriver comme leader et de gagner la confiance des troupes et de pouvoir comprendre un peu les besoins locales pour pouvoir vraiment faire grandir l 'endroit.


positivement.


Phyllis Dennery (23:31.918)

Bon, je veux ajouter quelques trucs là -dedans parce que à CHOP, 'était deux choses. Bon, la première chose, c que chaque fois que je suis partie d 'un institut à l 'autre, jamais amené qui que ce soit sauf les gens de mon labo. Donc, je n 'ai pas amené des nouveaux chefs de départements parce que ça, ça donne des problèmes parce qu 'on amène d 'autres gens.


peuvent et on vire peut -être les gens qui sont là donc ça crée un chaos. Et la même chose à Brown, j 'ai pas amené un tas de gens qui ont pris la place des autres mais j 'ai vu qu 'il y avait des limitations parce que ça faisait longtemps qu 'il n 'y avait pas eu quelqu 'un qui était académique. Donc on a dû travailler là -dessus parce que moi j 'avais une vision que c 'était important de faire ci, de faire ça et ces gens -là n 'étaient pas...


Ben Courchia MD (24:03.835)

Mmh.


Phyllis Dennery (24:27.026)

intéressés ceux qui étaient là. Et donc ils n pas trop contents. Ils 'étaient pas trop contents de me voir les premières années, mais j 'ai compris, j dit, on ne pas leur demander de faire des très de choses si on ne leur donne pas la ressource pour faire ces choses. Donc j 'ai dû commencer à faire des… bon, à voir où on pouvait changer le système pour qu 'il se soit plus facile pour eux de faire la recherche, de faire les choses qu devaient faire.


Gab (24:28.096)

...


Ben Courchia MD (24:43.451)

Mmh.


Phyllis Dennery (24:55.918)

Juste en ayant quelques personnes qui les aidaient, par exemple, à appliquer pour les bourses, faire le... Je ne pas comment on dit IRB, mais en tout cas, faire ce genre de Voilà. Et leur aider à faire ce genre de truc parce que c très difficile de faire ce truc. Chaque fois, on doit réinventer tout ça, Donc, y a des gens qui connaissent ça de...


Gab (25:07.776)

Le comité d 'éthique à la recherche.


Ben Courchia MD (25:11.163)

Bravo !


Phyllis Dennery (25:22.158)

Et donc pourquoi pas utiliser ces gens -là pour les aider. Donc une fois que ça a fait ça, les gens étaient très contents.


Ben Courchia MD (25:26.555)

C 'est que...


C 'est intéressant parce que ce que tu décris en fait c 'est le principe chimique du catalyste en fait, d 'un élément qui accélère une réaction tout en ne modifiant pas l 'équation et c 'est assez intéressant et ce que je pense c 'est que ça décrit quand même un aspect de ta personnalité qui est même quelque chose de très altruiste et d 'humble aussi parce que ça aussi implique que tu ne cherches pas à avoir, comme on dit en français, le


le crédit, de ne pas dire c 'est grâce à moi, c de se mettre un peu en retrait et de laisser et d 'aider tes collaborateurs, tes collègues à réussir.


Phyllis Dennery (26:06.638)

Oui parce que écoutez, moi je trouve que si on a besoin toujours de dire ce que l 'on fait, c 'est qu 'on est très insécur, n 'est pas sûr des fois, n 'est pas? Donc ça se démontre ce que l 'on fait parce que les gens savent que si les gens ont du succès, c 'était des gens qui ont pris les conseils, qu 'on leur a donné, qui ont pris l 'aide, qu 'on leur a donné.


Donc les gens comprennent, ils comprennent que c un travail quand même. c 'était pas... Bon, moi je continue à faire ma recherche. Il y a des choses que j 'ai fait que j 'ai dit, bon ben moi je veux vraiment avoir ce titre, cette position ou ça. Donc j 'ai travaillé avec mes mentors pour me positionner là -dedans. Mais toujours en pensant aux autres et en pensant à ce que l 'on peut faire pour...


Ben Courchia MD (26:40.059)

Mmh.


Phyllis Dennery (27:05.23)

les gens autour de soi. Parce que pour moi, la passion que j en ce moment, à part la recherche, 'est être mentor, d 'aider les autres à développer leur carrière et ça me fait tellement plaisir de voir des gens avoir du succès parce que je sais que j 'ai pu leur aider à démarrer un peu et ça me fait plaisir à moi. C 'est tout ce que j 'ai besoin.


Ben Courchia MD (27:31.707)

Mmh -hmm.


Phyllis Dennery (27:33.486)

C 'est comme nos enfants finalement. On est tellement contents de voir ce qu font. On ne pas être en composition contre eux. On est contents de les voir faire quelque chose de très bien. Donc ça, j 'aime beaucoup ce genre de trucs. C 'est pour ça que la position que j en ce moment, ça me donne ce plaisir parce que je peux augmenter le leadership aussi parce que avant c 'était une personne qui faisait tout. Non, non, non, on n pas le temps pour ça. Donc on peut aider aux autres à être sous -chefs.


Ben Courchia MD (27:35.643)

Exactement.


Phyllis Dennery (28:03.118)

adjoints, enfin tout ce que l peut trouver pour les aider eux aussi à avoir le succès dans la carrière.


Ben Courchia MD (28:12.155)

Non, je... Ouais. C 'est... C 'est presque pas envie de poser d 'autres questions, mais bon, il nous reste 10 minutes. Il nous reste 10 minutes et je trouve que c 'est des messages qui sont très importants et des messages qui nous rappellent des fois des choses qu 'on peut perdre de vue au fur et mesure que la course nous pousse à faire... avancer, on oublie des fois un petit peu le baromètre et on perd un peu nos repères, mais...


Phyllis Dennery (28:17.166)

...


Gab (28:17.568)

Non, c super inspirant.


Gab (28:25.92)

...


Ben Courchia MD (28:38.939)

Vu qu 'il nous reste encore quelques minutes, moi, je voulais quand même parler un petit peu de ta recherche et on discutait ça un petit peu avant l 'interview et on parlait de cette recherche en sciences basiques. Et moi, ce qui 'intéressait, c 'est avec ta perspective de chef de service et de chef de division, comment est -ce que tu regardes un petit peu


Phyllis Dennery (28:44.718)

Ok ?


Gab (29:02.272)

Chef de département. ouais, exact. Je pense qu 'on a un petit lag avec Ben. C 'est bon, on t 'a retrouvé.


Phyllis Dennery (29:04.238)

mais aussi chef de division, j 'ai été à CHOP.


Ben Courchia MD (29:06.523)

ces aspects là de la recherche et leur corrélation. pardon, pardon. Et la corrélation avec la corrélation avec la corrélation avec les aspects cliniques. On parlait de d 'espèces réactives en oxygène et et on regarde aujourd 'hui dans le clinique. On n 'a toujours pas vraiment de de compréhension ferme sur les saturations en oxygène, par exemple. Et donc,


Phyllis Dennery (29:35.694)

Oui.


Ben Courchia MD (29:35.995)

On a ces décalages là et moi je suis curieux un petit peu de voir comment quelle est ta vision à toi quand tu regardes un petit peu les deux aspects des choses.


Phyllis Dennery (29:44.334)

Oui, moi pourquoi j 'ai choisi de faire la recherche sur les poumons, c 'est parce qu 'on sait très bien que la dysplasie bronchopulmonaire, c 'est le plus grand problème pour les enfants prématurés au niveau des poumons et les conséquences que ça donne dans les années adultes, même au niveau d 'adultes et tout ça, on voit maintenant que ces gens -là ont moins d 'alveole.


Ben Courchia MD (29:53.563)

pas si bon.


Phyllis Dennery (30:14.254)

enfin bon, ils ont moins de... voilà.


Ben Courchia MD (30:15.931)

d 'alvéoles, cette vision de la simplification alvéolaire de la nouvelle displaisie boncompe -louénaire comme l décrit Dr Job et Banca Larra.


Gab (30:16.704)

Des adhéoles.


Phyllis Dennery (30:29.55)

Oui, voilà. donc, comme ils ont moins d 'alvéoles, ils ne peuvent pas respirer aussi bien. Et puis, on sait qu 'avec l 'âge, on perd les alvéoles. Donc, ça veut dire qu 'ils sont prédisposés à avoir un poumon vieux plutôt que les gens qui n 'ont pas eu ce problème. Donc, pour moi, c 'est un problème à long terme, que je vois ça de façon à long terme. Donc, si on pouvait prévenir le problème au départ...


on pourrait ne pas avoir ce mauvais... comment dire...


Ben Courchia MD (31:08.475)

C 'est ?


Phyllis Dennery (31:10.062)

C 'est aussi avec le développement cérébral et tout ça. ça c 'est un grand problème pour moi. Et si on pouvait trouver une solution qui aidait à changer le problème très tôt, ce serait bien. Mais maintenant toutes les solutions sont très très vastes, n 'est -ce pas? On peut donner des...


Gab (31:10.944)

Cette complication de la prématurité.


Phyllis Dennery (31:36.75)

des stéroïdes ou la caféine ou je ne pas trop quoi, mais ça c 'est quelque chose qui affecte toutes les cellules. Comment on peut choisir les cellules qui ont le problème et prévenir le problème? Donc nous en ce moment ce que l 'on regarde c 'est la sénéscence des cellules pulmonaires parce que ce que 'on a vu c 'est que il y a des parties du poumon, des cellules du poumon qui vieillissent plus vite que d 'autres.


Et si ça vieillit plus vite, ça peut arrêter la prolifération des cellules et changer le poumon, le simplifier quoi. Donc on essaie de trouver une solution à ce problème, comprendre le problème mieux, de meilleure façon, parce que ces cellules, c 'est très peu de cellules, mais ça disperse des tas de cytokines et d 'inflammations, de tout ça.


Et comment on peut prévenir ça mais ne pas détruire le reste du poumon? Donc c 'est beaucoup de questions qui se posent. Comment prévenir de façon très ciblée le problème dans certaines cellules mais pas dans d 'autres? C 'est un peu comme le problème du cancer, n 'est pas? On a un cancer quelque part, on nous donne quelque chose qui détruit un peu tout.


Gab (32:46.432)

Ciblez


Ben Courchia MD (32:51.195)

Mmh.


Gab (32:59.04)

Mmh.


Phyllis Dennery (32:59.822)

plutôt que quelque chose qui est très très ciblé sur la cellule qui a le cancer. Donc maintenant les stratégies sont très différentes. On cible la cellule particulière plutôt que tout. Et c comme ça que les gens survivent plus longtemps. C 'est comme ça que l 'on peut détruire et changer le problème avec ces stratégies car T -cells et tout ça qui permettent aux gens de ne pas...


détruire tout. 'est comme, on n 'a pas besoin d 'une bombe, on n que besoin de quelque chose de très ciblé, n 'est -ce pas? Oui, voilà, c 'est le but. Mais on n pas là, on 'est pas là. Mais on cherche et on recherche et on travaille avec les collaborateurs, avec le professeur Kurt Albertine qui est en Utah. Il a des agneaux, on travaille avec les agneaux.


Gab (33:31.104)

...


Ben Courchia MD (33:36.251)

Mmh, oui.


Gab (33:36.896)

C 'est vraiment precision medicine.


Phyllis Dennery (33:58.638)

On travaille avec les souris, on travaille avec... on a un collaborateur qui est pathologue, qui nous donne des... comment on dit, slides. slides où il y a... où on peut voir le poumon d 'un enfant qui a eu un problème de dysplasie bronchopulmonaire et tout ça. Donc...


Gab (34:10.656)

échantillons.


Gab (34:14.816)

des coupes,


Phyllis Dennery (34:27.342)

On essaie de voir d 'un peu partout. On travaille aussi avec des gens qui font des techniques très particulières où on peut avoir la précision de quelles cellules ont le problème. Et c 'est toujours la collaboration. On collabore avec des gens d 'un peu partout pour trouver des solutions parce qu 'on ne peut pas nous -mêmes, certainement pas avec les travaux que l 'on a, faire un peu tout. On doit demander aux gens de nous aider.


et on les aide aussi dès qu veulent de l 'aide. Voilà.


Gab (34:59.424)

Je sais que le temps file, mais moi j 'ai encore au moins deux questions, mais je vais essayer d 'en poser une vite. les travaux que tu as fait, Phyllis, parce qu 'il y a beaucoup justement le stress oxydatif sur le paranchine et les cellules pulmonaires, est -ce qu 'il a aussi une partie qui regarde la combinaison avec le stress sur comme les vaisseaux des poumons ou la maladie vasculaire du poumon ? 'est en combinaison ?


Phyllis Dennery (35:18.798)

Oui, c 'est ça qu 'on fait en ce moment. On regarde ce qui se passe aux cellules vasculaires et comprendre comment ces cellules interagissent avec les cellules épithéliales. donc, il n 'y a jamais rien qui se passe sans que ça affecte d 'autres cellules. Et ça, c 'est un travail qu 'on commence à faire maintenant.


et j 'ai un collègue qui se porte là -dessus particulièrement de comprendre comment l 'hypertension pulmonaire commence chez les enfants.


Gab (35:54.356)

C 'est super intéressant. D 'ailleurs, on en parlé un petit peu avant l 'émission, encore une fois, on voit qu 'à travers ce genre de sciences fondamentales, où est qu va chercher un peu les mécanismes d 'action et de mieux comprendre ça, éventuellement, ça nous mène à, comme tu dis, cette precision medicine.


Ben Courchia MD (36:09.531)

Ben oui, est -ce que c 'est peut pas un peu la néonatologie du XXIe siècle, un petit peu de revenir en fait à la pathophysiologie et revenir un peu à la compréhension des mécanismes de base qu 'on avait peut -être un peu laissé de côté pour le dogma de l 'essai randomisé contrôlé où les associations étaient la règle d 'or et qu 'on a dit même s y a une raison théorique, si ça n pas été trouvé dans un essai randomisé, ça n 'existe pas.


Peut -être que c 'est... Non, je sais pas, qu 'est que vous en pensez


Phyllis Dennery (36:42.638)

Moi, ce que je pense, c 'est que vraiment, il faut comprendre que dans ces grands essais cliniques où on a des centaines et des milliers, des tas d 'enfants, ils sont tous différents, n 'est pas? Et ce n pas toujours la même chose qui a causé le problème. on sait très bien qu 'il en a qui ont plus de problèmes avec la trachée, il en a d 'autres qui ont plus de problèmes avec la...


l 'hypertension pulmonaire, il y en a d 'autres que c 'est un bloc d 'un côté ou d 'un autre. Donc comment on peut donner quelque chose qui va traiter tout? Donc il faut un peu que ce soit individualisé et comprendre la pathologie avant d 'essayer de donner quelque chose qui peut être peut nuire. Et donc c ça que d 'autres ont bien compris, c 'est que c 'est pas une chose, une chose ou une autre chose, c 'est un genre de cocktail de toutes sortes de choses.


qui permettent à vraiment trouver ce que l 'on peut faire pour une personne dépendante du cas.


Gab (37:49.26)

ça 'amène à me poser un peu la question, bon on a parlé d 'un peu de ces patients qui ont des maladies pulmonaires, une dysplasie bronchopulmonaire, et il ne veut pas qu ait un peu le biais d 'être une néonatégiste qui est en position leadership et qui voit ces patients gradués de leur unité néonatale et d 'arriver en pédiatrie et voire même grandir jusqu 'à l 'âge adulte. Donc là on en a des enfants, je pense qu 'on est en situation où effectivement il faut qu 'on soit


mieux à prévenir leur maladie, mais tous ces enfants -là qui ont survécu et qui auront eu une maladie, 'est quoi un peu... Est -ce qu 'il a de la recherche aussi qui se fait sur comment ils évoluent au point de vue de leur maladie pulmonaire, comment les aider et l 'aspect de... Est -ce qu 'il a des...


Phyllis Dennery (38:24.526)

Oui.


Gab (38:30.56)

des grandes lacunes dans nos systèmes de santé. vu que maintenant tu en position de leadership, est -ce qu 'il a quelque chose au niveau de ces patients -là au long terme ? Ou est qu 'on est moins bons finalement ? Ou est qu 'on devrait adresser, comme par exemple, leur transition de l 'âge néonatal à l 'âge pédiatrique ou de l 'âge pédiatrique à l 'âge adulte ? C 'est quoi ta perspective là -dessus ?


Phyllis Dennery (38:49.294)

Moi, crois, comme on en parlait un petit peu, si on parle d 'un médecin adulte, un médecin qui traite les adultes, il ne jamais demander, elle ou il ne va jamais demander la question, est que vous étiez prématuré? Pourtant, c 'est très important parce qu 'ils n 'ont plus de problèmes avec l 'hypertension. On peut nommer des tas de trucs qui les affectent et il 'y a personne qui demande la question.


Donc c 'est quand même un problème, voilà. Et il faut comprendre que tout ce que l fait au début peut avoir un impact jusqu 'à la fin de la vie et ça nous aiderait à comprendre ce que l doit faire et aussi remarquer l 'importance de la néonatologie et de la pédiatrie dans le problème de la santé lifelong, vous comprenez, de toute la vie.


Parce qu 'on oublie ça. On pense, bon, ils sont partis de la poignée ou des toits sincères, sincères, sincères, siffl, ils sont bien, bon, c fini. Non, c 'est pas vrai. Il y a des temps...


Ben Courchia MD (39:53.979)

C 'est le bouton reset, sont remis à zéro, tout va bien.


Phyllis Dennery (39:57.486)

Oui, oui, tout va bien, tout va bien. On a un enfant de semaines, tout va bien. Non, ce n pas vrai. Il faut comprendre, il faut voir, il faut utiliser cette base de compréhension pour évaluer ce même patient au niveau des âges. Pour moi, 'est ça l 'important, c 'est de relier et de faire la transition.


Dans toutes ces conditions, il y a tellement de conditions où on oublie que ça ne finit pas à l 'enfance, ça continue.


Ben Courchia MD (40:33.307)

Moi je pense que ceux qui vont vraiment nous amener à ce stade là c les néfrologues. Je pense qu 'aujourd 'hui c 'est vraiment l 'organe ou la spécialité où il y a vraiment cette compréhension de dire que genre il a vraiment un suivi à avoir, que le taux d 'insuffisance rénale chez les adultes qui sont idiopathiques ou inexpliqués peuvent être en relation avec la prématurité et le manque de néfron etc. Et je pense que ce sera la petite porte qui va nous permettre de rentrer dans cette approche multidisciplinaire de l 'enfant néprématuré.


de l 'adulte n 'est prématuré.


Phyllis Dennery (41:05.422)

Oui, bon, ça pourrait être ça. Je me demande aussi si les pulmonologues qui voient maintenant des gens de 40 ans qui ont le, comment on COPD ou... Voilà, et qui... ces gens -là qui n 'ont jamais été prévus que de ne pas fumer et qui peut -être ne devraient pas vraiment vivre dans les villes très polluées. Et donc, on voit le côté social qui impacte aussi le résultat.


Ben Courchia MD (41:16.827)

Oui, la bronchette chronique.


Phyllis Dennery (41:35.054)

la fin. Et les ressources sociales aux États -Unis, c 'est ça le plus gros problème, c 'est qu 'il 'y a pas un tellement grand réseau social qui permet à tout le monde d 'avoir l 'accès aux soins qui sont nécessaires pour continuer le suivi.


Ben Courchia MD (41:35.707)

Mmh.


Ben Courchia MD (41:50.427)

Et ça c 'est le sujet du deuxième volet de cet épisode qu 'il faudra enregistrer.


Gab (41:50.592)

...


Phyllis Dennery (41:55.214)

Voilà, suis philosophe.


Ben Courchia MD (42:02.322)

Non mais c 'est très vrai. Phyllis, merci beaucoup. On va se quitter sur cette note d 'avoir passé un petit peu de temps avec nous et de avoir partagé ta carrière, tes perspectives. On est très reconnaissants. Moi aussi, j 'ai pris beaucoup de notes et j 'ai pas mal de choses à discuter. J 'ai envie de discuter avec toi de pas mal d 'autres choses après l 'enregistrement. Merci beaucoup. mettra en ligne certains des articles que tu as mentionnés.


et plus d 'informations à ton sujet sur la page de l 'épisode. Merci beaucoup et bonne fin de journée.


Gab (42:35.52)

Merci Phyllis.


Phyllis Dennery (42:35.534)

Merci beaucoup, Ben. Merci.