Kaolo Bar

Entretien avec les Dr. Richard Tsogang Fossi: Intro et Apéro

Paul Junior

Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.

0:00 | 10:27

N'hésite pas à nous envoyer un message :)

Le podcast est disponible sur les plateformes audios  Apple Podcast, Google Podcast, Spotify, Deezer, Podcast Addict...

Retrouvez le podcast sur Instagram (kaolo_bar_lepodcast)

Entretiens menés et podcast réalisé par Paul junior Samangassou

Générique: Stressed by artbybigvee https://pixabay.com/music/search/afro/

Jingle: Cocktail sounds (pixabay)/ Michèle Kuemo


Trésors Coloniaux Et Patrimoine Culturel

Speaker 1

Salut à toi, chère auditrice. Salut à toi, cher auditeur. Avant de te lancer dans ce premier épisode de la nouvelle saison, laisse-moi, s'il te plaît, te parler rapidement d'un autre projet qui me tient à cœur. Il y a maintenant 10 semaines, j'ai lancé un deuxième podcast intitulé Diaspora Update, que j'anime avec un ami qui s'appelle Donald O'Brien Nankap. Notre objectif, avec Diaspora Update, est bien simple En moins de 10 minutes, de résumer les actualités marquantes en Allemagne, celles qui comptent pour nous, membres de la diaspora africaine. Par exemple, dans le dernier épisode, publié il y a tout juste quelques heures, on revient sur l'attaque tragique au couteau d'Achafenburg, où un enfant de 2 ans et un homme de 41 ans ont perdu la vie.

Speaker 1

Mais on ne se limite pas à te rapporter les faits Téléférent, on décrypte aussi le contexte, notamment en lien avec les élections à venir pour choisir le prochain chancelier. Et, bien sûr, on ne se prive pas et on partage également nos avis et réflexions sur ces sujets. Alors, si tu veux rester informé des news essentielles en Allemagne sans perdre de temps, rentre sur ta plateforme de podcast préférée et abonne-toi à Diaspora Update Fais le poucaouloba en passant, si pas, il y a le cas. Tu recevras chaque lundi à 18h, ton concentré d'actualité sans rien manquer. Maintenant place à cet épisode passionnant de Kaolo Bar.

Speaker 2

Je te souhaite une bonne écoute. Et au-delà de ces biens, je vous ai cité ici des cas de biens qui ont été pris après que plusieurs personnes ont été tuées. J'ai cité le cas de Langonce, mais je peux citer le cas aussi des biens qui ont été pris, par exemple, au Lamido de Tibati, des centaines qui sont aujourd'hui à Bremen, qui sont en partie sur Astutgarde, ainsi de suite. En 1889, le palais, n'est-ce pas? Lamideau, avait été incendié. Plus de 300 personnes avaient été tuées avant que des biens culturels ne soient pillés, avec au moins 38 grosses défenses d'éléphants. Ils sont littéralement couverts de sang. tous ces objets, vous comprenez Aujourd'hui ne parler même que de simples objets dans leur matérialité. personnellement, ça me révolte.

Speaker 1

Quel terme de voix t'on utilisait?

Speaker 2

On n'a même plus la mémoire, n'est-ce pas, de toutes ces personnes qui ont été littéralement effacées de la surface de la Terre parce qu'elles essayaient de sauvegarder leur autonomie et leurens culturels? Comme je dis, je suis un peu gêné qu'on focalise aujourd'hui l'attention seulement sur les biens matériels, en oubliant toute cette partie du travail de ménage qui doit être faite en amont et qui doit être posée sur la table au même titre que ses biens.

Speaker 1

Salut et bienvenue dans Kaolo Bar, le podcast qui met en valeur la communauté camerounaise en donnant la parole à celles et à ceux qui connaissent une vraie réussite dans leur pays d'adoption, l'allemagne. Mon nom est Paul-Junior Samangasoui, jujien en Bavière. Chaque mois, je discute avec une ou un caméra, au profil et au parcours remarquable. Les sujets évoqués couvrent aussi bien les études, la création d'entre que le sport ou la musique. En un peu plus de 50 minutes avec mon invité, nous passons à revue son parcours, ses réussites, sa perspective, le tout agrémenté d'anecdotes. Si, comme moi, tu souhaites trouver des réponses aux questions que tu te poses sur la vie en Allemagne, je te propose de démarr préféré Kaoloba. Comme vous le savez, l'une de nos missions ici est d'essayer de comprendre le mieux possible notre pays d'accueil, l'allemagne, et cela passe forcément par la compréhension de son passé colonial avec notre pays d'origine. C'est pourquoi, aujourd'hui, nous nous plongeons dans un chapitre fascinant mais aussi profondément troublant de l'histoire du Cameroun, celui de la spoliation de son patrimoine culturel durant la colonisation allemande.

Speaker 1

On a déjà tous, ici, entendu parler de cet trésor culturel qui, aujourd'hui, réside loin de nos terres, dans des musées européens, notamment ici en Allemagne. Mais que sait-on vraiment de l'histoire de leur expropriation ou des efforts en cours pour les rapatrier? C'est pour répondre à ces questions-là que nous avons l'honneur aujourd'hui d'accueillir le professeur Dr Richard Tsoganfosi, historien de renom et membre d'un collectif de chercheurs allemands et camerounais qui, entre 2019 et 2023, a mené une enquête approfondie sur l'histoire des objets culturels camerounais expropriés durant la colonisation allemande. Les résultats de ces recherches ont été publiés dans le livre Atlas de l'absence, disponible en version PDF pour tous ceux qui le souhaitent. Bonsoir, professeur. comment allez-vous?

Speaker 1

Bonsoir, je vais bien, merci Vous avez eu la chance, vous avez eu la présence d'esprit de valider notre interview à la fin de votre journée de travail. Donc là, actuellement, il est 18h20, et je voudrais commencer par vous remercier de donner de votre temps à un média aussi jeune et petit par sa taille que Carlo Bar L'APL. Alors, professeur Tsogan, comment est né votre intérêt pour l'histoire des objets d'art volés durant la colonisation allemande?

Speaker 2

Bien, merci pour l'invitation. Je suis docteur Tsogan Fossey et, comme vous avez si bien dit, je suis membre de cette équipe de recherche sur la provenance inversée, basée en partie à l'Université technique de Berlin, sous la coordination de la professeure Bénédicte Savo, et à l'université de Chang, sous la coordination du professeur Albin Guafo, et notre objectif était d'explorer cette bande d'histoire coloniale qui est restée pendant longtemps presque inconnue. Je pense que l'intérêt pour cette histoire est parti. en fait, c'est une idée de cette équipe de recherche qui a donc élaboré un projet à l'effet de savoir ce que l'Allemagne avait pu faire au Cameroun sur le plan de l'extraction des biens culturels. Car il faut dire que l'Allemagne était la première puissance coloniale et il était de bon temps qu'on cherche à savoir si, pendant cette période, il n'y a pas eu de conséquences difficiles, de conséquences lourdes, sur le plan culturel également.

Speaker 1

Et comment se forme un groupe de travail de ce type-là, comment des chercheurs camerounais d'un côté, allemands de l'autre, se joignent pour faire des recherches de ce type.

Speaker 2

Oui, comment dire ça? Ces groupes se forment sur la base d'un intérêt commun. Donc, il y a, du côté allemand, pas mal de personnes qui sont également engagées dans un travail de mémoire sur le passé colonial, et aussi, du côté camerounais, il y a de plus en plus de chercheurs qui s'intéressent, n'est-ce pas, à ce travail de mémoire, et principalement la mémoire coloniale. et ce qui caractérise le monde de la recherche, ce sont des contacts, ce sont des échanges et lorsqu'il y a une sorte de communion d'idées, cela peut conduire à des groupes transnationaux comme le nôtre, c'est-à-dire des gens qui, bien qu'étant dans des pays différents, nourrissent le même intérêt pour un sujet d'actualité ou bien un sujet historique.

Speaker 1

Une fois que le groupe est constitué, qu'est-ce qui constitue la base de vos recherches? Vous avez des documents de l'époque sur lesquels vous travaillez. Comment on doit s'imaginer ça?

Speaker 2

Oui, ce qu'il faut dire, c'est qu'un projet de recherche ne naît pas ex nihilo Et je ne peux pas vous dire que nous soyons les premiers à explorer cette question. Il y a des gens, que ce soit du côté du Cameroun, comme le professeur Pouman Doumbé, qui explore cette question depuis une trentaine d'années et qui a déjà émis pas mal de vœux de voir certains biens pris à l'époque coloniale dans la violence être restitués à leurs légitimes propriétaires camerounais, être restituée à l'ère légitime propriétaire camerounais. En fait, ce n'est pas une question nouvelle, c'est juste. Peut-être la manière de l'aborder qui a changé la donne Et que ce soit même il y a beaucoup d'autres chercheurs, que ce soit Végérico Afonso avec, par exemple, langonso, qui a été prise dans les années 1902 à Kumbo, dans le nord-ouest, est-ce que c'est juste? peut-être la méthode que nous avons utilisée pour l'aborder maintenant qui fait la différence.

Speaker 2

Et, bien sûr, pour notre propre fondement, il y a l'histoire coloniale. Mais lorsqu'on parle d'histoire coloniale et connaissant n'est-ce pas tout le combat mené, par exemple, par le professeur Comandoumbé et tout, il était judicieux pour nous de nous intéresser non pas seulement à l'histoire politique mais à l'histoire de captation patrimoniale, ça et là. On a toujours parlé, par exemple, du trône du sultan Ndiaye, qui aurait été offert à cade, par exemple, à l'empereur. On va y revenir, oui, et donc, il était pour des personnes soucieuses de voir les choses d'un autre point de vue. Il était question qu'on sonde n'est-ce pas, cet autre point d'histoire avec un œil nouveau.