Sous les jupons de la couronne

Sous les Jupons de la Couronne - Mary Stuart

Author Season 1 Episode 5

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« En ma fin est mon commencement ». Cette phrase prononcée par Mary Stuart avant son exécution résonne encore aujourd’hui. Tout comme sa vie qui aura été marquée par la perte, l’exile et par une fin des plus tragique et injuste. Comment cette femme, élevée pour être Reine, finit sur l’échafaud ? Pourquoi sa propre cousine, la Reine Vierge, Elizabeth I, a-t-elle décidé de faire exécuter un membre de sa propre famille ? Découvrez avec moi le destin de cette Reine dont la mort aura de bien funestes conséquences.

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Bienvenue dans ce nouvel épisode de Sous les jupons la couronne

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Les relations familiales chez les Tudors étaient souvent tendues et certains membres de la famille finissaient même sur l'échafaud. Henri VIII a fait décapiter deux de ses six femmes, des membres de la famille de sa mère, et sa fille, Élisabeth Ière, prenait parfois exemple sur papa, même si elle n'était plus mesurée. Sa victime la plus connue, sa propre cousine, la reine d'Ecosse, Marie Stuart. Pendant des décennies, ce fut un véritable bras de fer entre les deux reines. Élisabeth, la protestante, contre Marie, la catholique. Marie Stuart est née en 1542. Elle était la fille du roi d'Ecosse, James V, et de Marie de Guise, une noble française. Son père mourut une semaine seulement après sa naissance, après avoir prononcé les célèbres mots « Tout a commencé par une fille, et tout finira par une fille ». Rapidement, la petite Marie est perçue comme un atout sur l'échec politique écossais, et son mariage est très vite arrangé. On la destine au fils d'Henri VIII et de sa troisième femme, Jane Seymour. Cependant, les fiançailles tombent vite à l'eau quand les écossais refusèrent l'union. Bien entendu, cet affront mit Henri dans une rage folle, surtout que la mère de Marie avait refusé de l'épouser, ayant été refroidie par l'habitude du roi Tudor de décapiter ses femmes pour tout et rien. Marie fut ensuite promise aux dauphins de France, François, le fils du roi Henri II de France et de la célèbre Catherine de Médicis. Le but de ce mariage était simple, créer une alliance entre la France et l'Écosse, deux pays catholiques, pour contrer la puissante Angleterre protestante. Marie arriva en France en 1548 à l'âge de 6 ans. Elle fut élevée à la cour de France et mise sous la protection de la famille du côté de sa mère, la famille de Guise. Elle y reçut une éducation digne des plus grandes princesses. On lui enseigna le latin, l'italien, l'espagnol ainsi que le grec. Elle parla plus de français que l'écossais et était élevée comme une véritable française. Marie est décrite par ses contemporains comme étant un canon de beauté pour l'époque. Elle était rousse, grande et belle. Le mariage entre Marie et François eut lieu en avril 1558. Les deux avaient grandi ensemble et s'appréciaient beaucoup, mais leur relation était plus fraternelle qu'amoureuse et selon les historiens, le mariage n'aurait même pas été consommé. Au même moment, de l'autre côté de la Manche, Marie Ière mourut et Élisabeth prit sa place sur le trône d'Angleterre en novembre 1558. Marie Stuart devint donc l'héritière d'une trône d'Angleterre. En tout cas, tant qu'Élisabeth n'aurait pas d'enfant. En effet, Marie Stuart descend de la sœur d'Henri VIII, Margaret Tudor. Or, en Angleterre, les catholiques refusent de reconnaître Élisabeth comme la reine légitime. Pour eux, elle est non seulement une hérétique, car elle est protestante, mais le mariage de ses parents, Henri VIII et Anne Boleyn, est considéré comme illégitime. Marie est donc considérée comme la véritable reine d'Angleterre, et des complots commencent à émerger pour assassiner Élisabeth et la remplacer par Marie. Sur le continent, Marie vit de son côté un véritable drame. Elle devint veuve à 18 ans, après deux ans de mariage, lorsque François, devenu le roi François II, décède en 1559. Probablement d'une otite, car il était de santé fragile. Florien ne la retenant en France, et après que l'éventualité d'une grossesse fut écartée, Marie retourna en Écosse, le cœur lourd, car elle quittait le pays qu'il avait vu grandir. Ce départ marqua également la fin de l'enfance de Marie. Naïve, elle pensait que sa cousine Élisabeth n'y verrait pas de mal à ce qu'elle clame haut et fort ses prétentions au trône d'Angleterre. Or, Élisabeth vit cela comme un affront et ce fut le début des hostilités entre les deux cousines. Marie s'attendait à un accueil chaleureux lors de son retour en Écosse. Elle a être bien déçue. L'Écosse était devenue protestante, au même titre que l'Angleterre. Par conséquent, pour une bonne partie des Écossais, Marie était une reine étrangère et pratiquait une religion qui l'était tout autant. Le choc est d'autant plus violent, car la cour d'Édimbourg n'étant rien comparable avec la cour de France, bien plus raffinée. Marie a donc s'adapter et s'imposer à cette cour écossaise, peuplée de nobles sans cesse en conflit les uns avec les autres, et peu accueillant. Heureusement, elle put compter sur le soutien de James, le duc de Moray, son demi-frère. Étant une catholique dans un pays à présent plus protestant que catholique, Marie prenait la tolérance religieuse. Et en juillet 1565, sa vie bascula. Elle rencontra et tomba sous le charme de Henry Stewart, le comte de Darnley, et l'épousa. C'était un mariage d'amour, mais ce fut avant tout le début de la fin pour la jeune femme. Cette union était loin de faire l'unanimité, en particulier auprès de la reine d'Angleterre, Elisabeth, qui avait essayé de marier Marie à Robert Dudley, un de ses favoris. José et Elisabeth voyaient d'un très mauvais œil le mariage de Marie avec un descendant, Tudor. Cette alliance était une menace car beaucoup tentaient de la détrôner. Malheureusement pour Marie, ce mariage n'était pas seulement mal vu, il s'avéra également être catastrophique. Son époux était tout sauf un prince charmant. Il était vicieux, faible, ambitieux, infidèle et avait même un problème avec la boisson. Pour la jeune reine, ce fut une véritable déconvenue. Le mariage atteint un point de non-retour en mars 1566, quand Marie assista à une véritable scène d'horreur. Elle employait David Rizzio, un homme d'origine italienne, comme son secrétaire. Lord Darnley organisa un complot visant Rizzio, qu'il soupçonnait d'être l'amant de sa femme. La nuit du 9 mars 1566, alors que Marie, enceinte, dînait avec son secrétaire et des amis au palais de Holy Road, son mari fit irruption dans la pièce, accompagnée par d'autres lords. Elle fut menacée et forcée d'assister au massacre de Rizio, qui fut poignardé une cinquantaine de fois. La naissance de leur fils, James, en juin 1566, ne suffit pas à réconcilier le couple, et Marie décida de se séparer de ce mari encombrant et dangereux. Selon certaines rumeurs, elle ne choisit pas de lancer une procédure de divorce, mais plutôt une solution un peu plus radicale. En effet, le 9 février 1167, alors que Darnley se remettait d'une maladie, sa demeure explosa et alors qu'il tentait de fuir le brasier, il fut étranglé. Cependant, est-ce possible d'affirmer qu'avec certitude que Marie Stuart est à l'origine du meurtre de son mari

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Eh bien non, aucune preuve n'existe en ce qui concerne la culpabilité de Marie. Qui plus est, Darnley s'était fait de nombreux ennemis. Par conséquent, la liste des suspects est plutôt longue. Enfin libérée de ce fardeau, Marie prit une nouvelle mauvaise décision. Trois mois après la mort de son époux, elle se remaria avec James Hepburn, le comte de Bothwell. Selon certaines sources et rumeurs, Elle aurait également été la maîtresse de ce dernier avant la mort de son premier mari. Qui plus est, Bothwell fut accusé du meurtre du premier époux de Marie, et bien qu'il ne fût jamais reconnu coupable pour ce crime, cela entachait la réputation de Marie Stuart. Cette union entre la reine et Bothwell était vue d'un très très très mauvais œil par les membres de la cour écossaise. Elle fut emprisonnée au château de Leven, elle aurait donné naissance à des jumeaux mormis. Le couple fut forcé de se séparer et Bothwell mourut en 1578, sans jamais recevoir sa femme, qui parvint en mai 1568 à s'échapper de sa prison et à rassembler des troupes pour contrer les lords protestants qui remportèrent la bataille. Marie n'eut qu'une solution, abdiquer en faveur de son fils, qui devint Jacques VI, et fuir. En Angleterre, elle espérait être accueillie à bras ouverts par sa cousine Elisabeth Ière. Marie déchanta rapidement à son arrivée en Angleterre, elle fut emprisonnée dans plusieurs châteaux, tels que le château de Bolton, de Tadbury ou de Chartelet. Et ce, pendant 19 ans, par Elisabeth, Il la voyait comme une menace et préfère la séquestrer pour mieux la contrôler. Marie souffrit tellement de cette captivité que rapidement elle ne ressemblait plus à la belle jeune femme qu'elle était auparavant. Elle prit par exemple beaucoup de poids au manque d'activité physique. Malgré les nombreuses plaintes et demandes de Marie adressées à sa cousine, Elle refusa de libérer sa prisonnière, qu'elle, et surtout ses conseillers, considéraient comme une véritable menace pour la vie de la reine d'Angleterre. En effet, Marie représentait un véritable espoir pour les catholiques anglais, ainsi que pour les pays toujours fidèles au pape et à la religion catholique, comme par exemple l'Espagne. Le roi d'Espagne, Philippe, haïssait profondément Élisabeth et la religion protestante. En effet, à cette époque, les deux pays étaient en quelque sorte en guerre froide. Il n'y avait pas de bataille à proprement parler, mais l'Espagne et l'Angleterre étaient en compétition pour la colonisation du Nouveau Monde, et si un navire anglais pouvait couler un navire espagnol et lui voulait ses richesses rapportées du Nouveau Monde, c'était avec plaisir. Élisabeth, sans pour autant les encourager publiquement, ne condamnait pas ces actes de piraterie. Pour Philippe, il n'y avait qu'une seule solution, détrôner Élisabeth et installer Marie Stuart sur le trône afin de rétablir enfin la vraie foi en Angleterre. Au moins quatre complots furent organisés autour de Marie Stuart. Tout d'abord, en 1571, le complot Ridolfi, organisé entre autres par Philippe, le pape Pie V, Thomas Howard, le duc de Norfolk, qui avait l'ambition dévorante des Howard, ainsi que Marie Stuart, qui cherchait par tous les moyens à obtenir sa libération. Le but était d'envahir l'Angleterre de deux côtés et d'assassiner la reine. Grâce à plusieurs avertissements, et surtout à la ténacité sans nom et à la perspicacité de Francis Walsingham, le secrétaire d'État et maître espion d'Élisabeth, le complot fut découvert. Le duc de Norfolk fut emprisonné et, après avoir été reconnu coupable de haute trahison, fut décapité à la Tour de Londres en juin 1572. Un autre complot vit le jour en 1583. le complot Troc-Morton, qui fut également déjoué et qui est à l'origine de l'acte d'association de 1585 qui stipulait que Marie Stuart serait responsable de chaque complot futur, qu'elle en soit informée ou non. Un an plus tard, Marie prit activement part à un énième complot contre sa cousine, formanté par Anthony Babington, un noble anglais. La reine d'Ecosse lui écrivit et confia souhaiter que la France et l'Espagne s'unissent pour envahir l'Angleterre et lui ouvrir la voie pour devenir la nouvelle reine. Ce que Marie ignorait, c'est que Walsingham, le maître espion d'Elisabeth, avait lui-même orchestré ce complot et intercepta les lettres codées et écrites par Marie, qui venait de faire la plus grosse erreur de sa vie. Élisabeth fut face à un véritable dilemme. Laisser Marie vivre et prendre le risque d'être un jour assassinée au profit de sa cousine, ou bien la faire exécuter pour haute trahison

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La reine d'Angleterre était totalement déchirée, mais accepta que sa cousine fût jugée pour haute trahison. Bien entendu, Marie fut déclarée coupable. Cependant, Élisabeth refusa de signer l'acte d'exécution contre son héritière et cousine. Ses conseillers la poussèrent encore et encore pour qu'elle se résigne enfin à ordonner l'exécution de Marie. La reine d'Angleterre céda enfin la mort dans l'âme en février 1587 et signa l'acte autorisant l'exécution de cette rivale. Le 8 février 1587, dans le grand hall du château de Fort Wengey, Marie Stuart monte, digne sur l'échafaud, et quelques minutes plus tard, le bourreau lui trancha la tête, mettant ainsi fin au duel des deux reines. Cette décision d'Elisabeth ne fut pas sans conséquences. Philippe II d'Espagne fut outré en apprenant que la reine avait fait exécuter sa cousine, une catholique. Qui plus est, Élisabeth soutenait les révoltes aux Pays-Bas contre la domination espagnole et l'autorité du roi d'Espagne. Il décide d'agir une bonne fois pour toutes contre l'Angleterre et le protestantisme. Il prend la décision historique d'envoyer en 1588 une flotte d'environ 130 navires et 50 000 hommes pour envahir l'Angleterre et détrôner cette reine bâtarde, ce que nous appelons aujourd'hui l'invincible Armada. Or, cette armada porta très mal son nom, elle n'avait rien d'invincible et se solda par un terrible échec. En effet, les Espagnols n'avaient pas l'habitude des vents qui balayaient les côtes du sud de l'Angleterre. De nombreux navires sombrèrent avant même d'avoir pu livrer bataille contre les troupes d'Elisabeth. La défaite de l'armada marqua le début d'un véritable âge d'or pour l'Angleterre et fut un coup dur pour le royaume d'Espagne. Élisabeth suivit sa cousine dans la tombe en 1603, mais pas sans avoir secrètement préparé sa succession. N'ayant pas eu d'enfant, elle nomma Jacques VI le roi d'Écosse comme son héritier. Ce dernier n'est autre que le fils de Marie Stuart et il devint roi d'Écosse et d'Angleterre sous le nom de Jacques Ier, le premier roi de la dynastie Stuart. Jacques décida de rendre hommage à sa mère et lui fit construire un magnifique tombeau dans l'abbaye de Westminster que vous pouvez toujours admirer si vous visitez un jour l'abbaye. Marie Stuart continue aujourd'hui de faire parler d'elle, non seulement à cause de sa vie marquée par de nombreuses tragédies et par sa faim sur l'échafaud, mais également à cause de l'impact qu'elle aura eu. En effet, Lorsqu'Elisabeth Ière a ordonné l'exécution de sa cousine, une reine ouinte et couronnée, elle a créé un précédent en prouvant que même un monarque de droit divin pouvait être décapité. Ce précédent a donc mis à mal le principe même de la monarchie, mais a également permis l'exécution du roi Charles Ier, le petit-fils de Marie, en 1649. Nous pouvons même suggérer que l'assassinat de Marie pourrait être à l'origine de la Révolution française qui se solda par l'exécution de Louis XVI et de sa femme Marie-Antoinette. Et si nous allions encore plus loin, en disant que l'assassinat en septembre 1898 de l'impératrice d'Autriche Elisabeth de Wittelsbach, la célèbre Sissi, est aussi une conséquence de cette décision d'Elisabeth

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tout comme le serait également l'exécution de toute la famille impériale russe en 1918. Certains pourraient dire que cette théorie est tirée par les cheveux. Mais quand on constate que moins d'un siècle après la mort de Marie Stuart, le peuple commence à faire tomber la tête de roi et reine couronnée, il est dur de ne pas faire le rapprochement. Bref, Marie Stuart avait raison en disant « Ma fin est mon commencement ». Sa fin signa le début de la chute de la plupart des monarchies en Europe, sauf celle de la monarchie britannique, qui aura réussi à s'adapter pour survivre et continuer à fasciner, même en 2023, qui aura vu l'avènement du 63e roi d'Angleterre, Charles III, le 6 mai dernier. Pour finir, nous pouvons dire que Marie Stuart doit jubiler, car ce sont ses descendants à elle qui occupent le trône d'Angleterre, une victoire à titre posthume pour l'une des femmes les plus combatives de l'histoire anglaise. Merci à tous d'avoir écouté ce podcast, et à très bientôt pour un nouvel épisode de Sous les Jupons la Couronne

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