Voix de Flic

S2E8 Survivre mentalement à une mauvaise hiérarchie

F A

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Que faire quand on aime profondément son métier…
 mais que la hiérarchie devient un problème au quotidien ?

Dans cet épisode de Voix de Flic, je parle d’un sujet rarement abordé frontalement :
comment survivre à une mauvaise hiérarchie quand on est policier, sans se perdre soi-même en route.

Quand le manque de soutien pousse à lever le pied.
 Quand on commence à faire “le minimum” pour se protéger.
 Quand cette stratégie, censée préserver, finit par user, démotiver et faire perdre le sens du métier.

À partir de situations vécues et observées sur le terrain, cet épisode explore une idée centrale :
 👉 se diminuer volontairement dans son travail n’est pas une solution,
 👉 c’est une forme de démission silencieuse, une usure intérieure.

On ne fait pas ce métier pour être aimé, récompensé ou reconnu.
 On le fait pour la population, pour une certaine idée de la justice, pour être utile socialement.
 Et c’est précisément pour ça qu’il faut apprendre à se préserver sans se renier.

Un épisode honnête, direct et profondément humain,
 pour les policiers, leurs proches, et tous ceux qui veulent comprendre
 ce qui abîme parfois ce métier de l’intérieur.

🎧 À écouter avec attention… et sans tabou.

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Au début de ma carrière, j'ai eu la chance de bosser sous un excellent leadership des chefs présents clairs qui prenaient leurs responsabilités. Et dans ce contexte, là, bien évidemment, je donnais tout. Je prenais des risques. Je m'engageais, je faisais vraiment ce métier à fond. Puis à un moment, j'ai changeais d'environnement et je suis tombé sur des chefs. On va dire, pour rester poli, beaucoup moins bon leader. Et là, j'ai fait une erreur, une grosse erreur. Je me suis dit si c'est pour obtenir ce genre de résultat, si c'est pour être lâché derrière, alors moi aussi, je vais lever le pied concrètement. Ça donnait quoi? Sur les bagarres. On y arrivait mollo. On ne cherchait plus trop l'infraction, moins de contrôle de la nuit. On y allait calme, tranquille sur le moment. Ça donnait l'impression de se protéger, de reprendre la main. Mais au bout de six mois, j'étais en des primees totales. Pourquoi tout simplement parce que c'était pas moi parce que j'agissais à l'encontre de toutes mes valeurs parce que je n'étais plus fier de moi. Et ça, c'est un truc dont on ne parle pas assez. Ce n'est pas la hiérarchie qui m'a détruite à ce moment. Là, c'est le fait que je me sois moi même diminué. Je pense qu'on s'est tous déjà dit un jour dans le métier, si c'est pour ça, tu sais quoi je vais plus rien faire. Alors si ça dure deux jours. C'est pas grave si ça dure une semaine, ça peut arriver, mais quand ça devrait, mais quand ça devient un mode de fonctionnement là, c'est vraiment pas bon, parce que tu ne fais pas mal ton travail. Tu te fais du mal à toi. Bonjour à tous et à toutes. Bienvenue dans voix flic. Dans l'épisode précédent, on a parlé de la hiérarchie policière, du parapluie, du manque de soutien, de la peur, des dossiers, de ce sentiment d'être parfois plus en danger après une intervention que pendant cet épisode a pas mal fonctionné et surtout, il a fait écho chez beaucoup de collègues, mais très vite, une question est revenue. Ok, merci d'avoir pointé le problème. Mais on fait quoi, une fois qu'on connaît le problème, alors une fois qu'on connaît le problème, c'est déjà pas mal parce qu'il y a plein de trucs sur lesquels on peut prendre du recul. On peut dé dramatiser la situation. Mais voilà, je vais essayer ici de donner quelques pistes en plus parce qu'évidemment tout le monde n'a pas la possibilité de changer de service. Tout le monde ne peut pas démissionner et tout le monde n'a pas pas envie de quitter un métier qu'il aime profondément à cause d'un mauvais chef. Aujourd'hui, on va donc parler de ça. Comment survivre à une mauvaise hiérarchie quand on est flic pas comment la combattre, pas comment la faire changer. Soyons honnêtes. C'est souvent hors de notre contrôle, mais comment ne pas se détruire soi, même dans ce contexte et comment continuer à fonctionner malgré un mauvais leadership. On va commencer avec la pire réaction possible. C'est quand un policier vit une injustice hiérarchique quand il se sent méprisé lâché infantiliser il y a une réaction très fréquente, une réaction humaine compréhensible, extrêmement dangereuse. Cette réaction, c'est de se dire puisque c'est comme ça, je ne vais plus me donner à fond. Je vais faire le strict minimum minimum. Ils n'auront plus le meilleur de moi exactement comme l'exemple que je vous donnais en début de ce podcast. Sur le moment, ça donne évidemment l'impression de reprendre le contrôle, de se protéger, de ne plus se faire avoir, mais en réalité, et ça, c'est un avis très personnel. Je pense que c'est exactement l'inverse. C'est une forme de suicide psychologique lent. Pourquoi? Parce qu'en fait ton cerveau et ton corps, mais ils comprennent pas que tu te retiens volontairement eux. Ils savent une chose, tu peux faire mieux. Mais il constate que tu ne le fais pas et ça crée quoi? Mais sacré crée de de la frustration, de la colère, rentrée une perte d'estime de soi un malaise diffus tu ne vas pas mieux moi, je pense que tu vas moins bien quand tu tu te lance dans le genre de mécanique. Alors ce que le cerveau ne pardonne pas, il y a quelque chose de fondamental à comprendre. C'est que le cerveau humain est câblé pour agir, résoudre, se sentir utile, être fier de lui. Ce n'est pas moi qui le dis. C'est l'ensemble des ouvrages de psychologie moderne. Quand tu fais un travail difficile au maximum de tes capacités, même s'il est mal reconnu, ton cerveau trouve du sens quand tu fais volontairement moins bien que ce que tu pourrais ton cerveau, il interprète ça comme une trahison interne, pas une trahison institutionnelle, une trahison de toi envers toi. Et c'est là connaissent un cynisme profond, le dégoût du métier, le sentiment d'être vide, l'envie de tout envoyer balader. Et ce n'est pas la hiérarchie qui détruit à ce moment. Là, c'est toi qui te rétrécit pour survivre. Et ça, le cerveau le vit très mal. Évidemment, il y a un autre phénomène très problématique au niveau de la police, c'est que. Les problèmes psychologiques que je viens de vous citer. Cynisme profond dégoûts du métier, sentiment d'être vide. Ils ont plusieurs causes et toutes les causes tirent dans le même sens. Malheureusement. Et donc, évidemment, ce n'est pas la cause. Une. Unique de ces mots là, le phénomène que je suis en train de vous expliquer, mais par contre, c'en est une des grosses causes, mais il y a beaucoup d'autres variables. L'idée, c'est dès qu'on arrive à trouver une variable et qu'on peut agir dessus, autant agir dessus, ça nous simplifier à la vie. Il y a une question qui est à se poser. C'est pour qui est ce que tu travailles vraiment. Et c'est ici que le changement de perspective est vital. Oui, ton chef profite indirectement de ton travail. Oui, il peut s'approprier des résultats. Oui, parfois il ne mérite pas ton engagement, mais la question n'est pas là. La vraie question est pour qui tu fais ce métier. Tu ne l'as pas fait pour un chef pour une carrière pour des échelons. Tu l'as commencé pour la population, la justice, l'utilité sociale, une certaine idée du bien du mal. Je vous projette clairement le pourquoi je l'ai fait. Pourquoi moi, j'ai commencé ce métier, mais. 80 non des flics que je connaisse. On a tous commencé parce qu'on était des idéalistes et qu'on voulait aider la population. On voulait un mot plus juste. On pensait qu'on allait être utile socialement et qu'on avait une certaine idée du bien et du mal. Et et ces idéaux, aucune hiérarchie ne peut te les enlever sauf si tu laisses faire se donner à fond malgré un mauvais chef, c'est pas lui faire un cadeau, c'est rester anier avec tes valeurs et rester digne. Il ne faut jamais perdre le pourquoi. Le métier de policier est beaucoup trop dur, mentalement, physiquement émotionnelle, beaucoup, beaucoup trop dur pour être exercé sans sens. Ce qui nous fait nous lever le matin, c'est le sens le jour où tu oublies pourquoi tu fais ce métier, tu es en danger, pas opérationnellement parlant. Psychologiquement le pourquoi c'est ce qui te permet d'encaisser de relativiser, de ne pas te transformer en coquille vide même quand tu te fais engouler alors que tu as bien bossé que tu n'es pas soutenu, tu es incompris. Si vous travaillez dans le métier, vous vous connaissez la liste. Si vous êtes un citoyen qui écoutez, la liste est malheureusement trop longue que pour être fait, mais de manière générale, c'est un métier assez grand et perdre le pourquoi c'est commencer à mourir lentement dans ce métier. La fausse démission. Il y a une phrase que j'entends souvent c'est, je ne je ne démissionne pas, mais je ne m'investit plus. C'est la pire position possible parce que tu continues à subir les contraintes, prendre les risques, voir la misère humaine, mais sans la fierté du travail bien fait la satisfaction de l'engagement et le sentiment d'utilité. C'est une démission sans la libération, parce qu'en fait, tu gardes le pire et tu as lâché le meilleur. Si tu démissionne vraiment, au moins tu reconstruit autre chose. Mais rester en poste en étant à moitié mort intérieurement, c'est destructeur. Bien évidemment, je sais qu'il y a des réalités économiques, mais voilà ça. C'est tout un chacun qui doit un peu trouver sa ligne de ce qui est possible pour lui par rapport à sa réalité économique et à la pénibilité du travail. La vraie stratégie pour survivre, mais elle est un peu contre intuitif. Alors il faut faire ton travail à fond pour toi, pas pour être aimé pas pour être récompensé, pas pour être reconnu parce que malheureusement, pas leur alerte. Si c'était pour ça, c'était pas le bon choix de carrière, mais pour rester droit fier, cohérent, vivant et digne. Oui, parfois tu te feras engueuler parce que tu as bien fait. Oui, parfois tu paiera le prix de ton engagement, mais je pense que tu peux me croire sur une chose. C'est infiniment moins destructeur. Quand tu te regardes dans le miroir en sachant que tu fait ce qui était juste et pas ce qui était forcément attendu de toi en conclusion, une mauvaise hiérarchie, ça arrive. Parfois on peut la fuir. Parfois, malheureusement, on doit la traverser. Mais une chose est sûre, ne te diminue jamais toi même pour survivre, ton métier est dur, ton engagement est précieux et ta santé mentale dépend beaucoup plus de ta cohérence interne que du regard de ton chef. Ne fais pas ce métier pour eux. Fais le pour ce qu'il représente et surtout, ne te suicide jamais psychologiquement par vengeance silencieuse. Merci de m'avoir écouté. Prenez soin de vous et à très bientôt.