Escargot - News & Culture in Simple French
Apprenez le français en écoutant des nouvelles et des histoires courtes à propos de la France. — Learn French through news and short stories about France.
🇫🇷Bonjour !
Je m'appelle Nicolas. Je suis professeur de français depuis plus de 20 ans au Japon. Chaque semaine, je vous parle pendant quelques minutes de l'actualité et de la culture françaises. Pourquoi "Escargot" ? Parce que je parle lentement et de façon simple pour que vous compreniez tout. Et parce que c'est un plat français délicieux. Bon appétit !
🇬🇧Hello !
My name is Nicolas. I've been a French teacher for more than 20 years in Japan. Every week, I talk about French culture and news for a few minutes. Why "Escargot" ("Snail" in English) ? Because I slowly speak in a simple way so that you can understand everything. Also because it's a delicious French dish. Bon appétit !
🇯🇵こんにちは!
ニコラと申します。私は日本で20年以上フランス語の教師をしています。毎週、フランスのニュースや文化について短く話します。
なぜ「エスカルゴ」なのか?それは、皆さんがきちんと理解できるように、かたつむりのようにゆっくりとそして簡潔に話すからです。そして、エスカルゴは美味しいフランス料理だからです。ボナペティ!
Escargot - News & Culture in Simple French
Mona Lisa au Japon + Prononciation : les sons [y] ("Russe") et [u] ("rousse", "Pompidou") - DELF A2 / B1
This episode is only available to subscribers.
Escargot Premium - Simple French
Exclusive access to premium content!Aujourd’hui, je vous parle une dernière fois des voyages de Mona Lisa à l’étranger. Je sais : j’en ai beaucoup parlé ces deux dernières semaines, peut-être un peu trop, mais il y avait tellement de choses à dire ! Je vais d’abord vous raconter plus en détail l’histoire du séjour de la Joconde au Japon. Ensuite, je vous proposerai un petit test de compréhension orale, comme d’habitude. Enfin, je reviendrai sur la prononciation du son [u], qu’on entend dans « Pompidou » (le président français) et qu’il ne faut pas confondre avec le son [y] qu’on entend dans le mot « russe » (= Russian).
Transcription gratuite :
https://buymeacoffee.com/EscargotFrenchPodcast/e/516200
Contact : escargotpodcast@icloud.com
Aujourd’hui, je vous parle une dernière fois des voyages de Mona Lisa à l’étranger. Je sais : j’en ai beaucoup parlé ces deux dernières semaines, peut-être un peu trop, mais il y avait tellement de choses à dire ! Je vais d’abord vous raconter plus en détail l’histoire du séjour de la Joconde au Japon. Ensuite, je vous proposerai un petit test de compréhension orale, comme d’habitude. Enfin, je reviendrai sur la prononciation du son [u], qu’on entend dans « Pompidou » (le président français) et qu’il ne faut pas confondre avec le son [y] qu’on entend dans le mot « russe » (= Russian). Allez, je commence.
Au début des années 1970, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les relations entre le Pays du Soleil levant et l’Hexagone ne sont pas très bonnes, pas spécialement mauvaises mais pas vraiment cordiales non plus, apparemment. Aucun président français n’a effectué de visite officielle au Japon. Il faudra attendre pour cela que le président Mitterrand fasse (N-B : verbe au subjonctif) le voyage en 1982, environ un an après son élection. Au fait, le Pays du Soleil levant, c’est le Japon ; et l’Hexagone, c’est l’autre nom qu’on donne à la France, en raison de sa forme. La France a en effet six côtés, ce qui en fait un hexagone, une figure géométrique qui a six côtés.
À une époque où on parle beaucoup du miracle économique nippon, la France n’est pas très présente au Japon, aussi bien d’un point de vue économique que politique et diplomatique. Cependant, beaucoup de Japonais admirent les artistes français. L’acteur Alain Delon, l’actrice Catherine Deneuve, le réalisateur de films François Truffaut, le chanteur Michel Polnareff et la chanteuse Sylvie Vartan y sont alors de véritables stars, peut-être au même niveau que celles des Etats-Unis, d’après ce que m’ont raconté quelques-uns de mes élèves japonais. Les écrivains et les intellectuels y sont aussi très respectés. En 1966 par exemple, le célèbre couple de philosophes Sartre-Beauvoir fait une tournée triomphale au Pays du Soleil levant. Bref, d’un point de vue culturel, on peut dire que l’Hexagone (la France) jouit d’une bonne image au Japon, mais malheureusement, les entreprises françaises n’y font pas assez d’affaires, elle n’y gagnent pas assez d’argent. Il faut donc trouver une solution à ce problème.
C’est pourquoi le gouvernement français décide à nouveau (= encore une fois) d’utiliser la Joconde comme diplomate, comme elle l’a déjà fait aux États-Unis une dizaine d’années plus tôt. C’est le président Pompidou qui a pris cette décision en 1973, un an avant de mourir d’un cancer rare à l’âge de 62 ans. Georges Pompidou, c’est le président français qui avait de gros sourcils. Mais la médaille d’or des gros sourcils est attribuée au Russe Leonid Brejnev. Médaille d’argent pour Pompidou. Et médaille de bronze pour Richard Nixon ? 😂 Pardon, j’arrête avec cette blague sur les sourcils car je commence à être « lourd ».
Pompidou, même si vous ne connaissez pas bien la politique française, ça vous dit peut-être quelque chose, vous avez sûrement déjà entendu ce nom. C’est celui d’un célèbre musée d’art moderne et contemporain situé à Paris, qu’on appelle aussi Centre Beaubourg. C’est le successeur de Pompidou, le président Giscard d’Estaing qui, trois ans après son décès (= sa mort), a voulu lui rendre hommage en lui donnant son nom. Il faut d’ailleurs savoir que Georges Pompidou et sa femme étaient des passionnés d’art (ils adoraient l’art) ; ce choix était donc bien justifié, je pense. Le Centre Pompidou est un musée très intéressant mais malheureusement, il est fermé depuis septembre 2025 parce qu’on y réalise des travaux de rénovation. Sa réouverture est prévue pour 2030 donc si vous voulez le visiter, il va falloir être patient ! Bref ! Revenons au voyage de Mona Lisa au Japon.
Comme je l’ai dit vendredi dernier, elle embarque à bord d’un avion de la compagnie Air France quelques jours après le décès du président Pompidou. Comme vous pouvez l’imaginer, cet événement tragique a perturbé le projet. Cependant, ce n’est pas à cause de cette triste nouvelle que le voyage de la Joconde au Japon a failli (= presque / almost) être annulé. C’est à cause d’une grève du personnel de l’aéroport. Faire la grève, ça signifie « refuser de travailler pour protester contre quelque chose », et comme vous le savez sûrement, c’est une spécialité de la France ! 😂 Attention aux grèves de la SNCF (la compagnie de chemins de fer). Bref, en mars 1974, un mois avant le départ de Mona Lisa pour le Japon, le nouvel aéroport Paris-Charles de Gaulle a été inauguré et certaines décisions prises par les dirigeants (la direction) ont apparemment provoqué le mécontentement du personnel (= des employés) de l’autre grand aéroport de Paris : Orly. Les employés d’Orly n’étaient pas contents, ils étaient même très en colère. C’est pourquoi ils se sont mis en grève. Le problème, c’est que l’avion transportant la Joconde doit partir de là. Mais finalement, elle arrive comme prévu dans la capitale du Japon en avril 1974, pour le plus grand bonheur des amateurs d’art japonais.
Au début, l’exposition qui a lieu au musée national de l’Art occidental de Tokyo ne rencontre pas le succès espéré : il n’y a que 20 000 visiteurs sur les 30 000 attendus. Mais peu à peu (= petit à petit), la célébrité de Mona Lisa commence à attirer de plus en plus de curieux. Et au bout de (= après) trois mois, on comptera au total près d’1,5 million d’entrées. À un moment, il a même fallu faire la queue sur plus d’un kilomètre pour avoir le privilège d’admirer le chef-d’œuvre seulement quelques secondes. Tout s’est bien passé, à part un petit acte de vandalisme qui n’a heureusement pas eu de conséquences car le tableau était protégé par une vitre (par du verre). Une femme en colère a vaporisé (vaporiser = to spray) de la peinture rouge sur l’œuvre pour protester contre l’accès difficile des personnes handicapées à la salle d’exposition.
Après trois mois passés au Japon, la Joconde rentre comme prévu en France. Mais comme je l’ai dit la dernière fois, elle doit faire une escale forcée à Moscou. Faire une escale, ça veut dire s’arrêter à un endroit lors d’un voyage, avant de repartir. Par exemple, mes parents habitent dans le sud de la France et il n’y a malheureusement pas de vol direct Tokyo-Marseille. Je dois donc faire une petite escale à Paris, à Amsterdam ou dans une autre ville avant de reprendre un autre avion en direction de Marseille ou de Nice.
Dans les années 2000, quelques pays étrangers ont demandé à la France de leur prêter Mona Lisa, notamment l’Italie en 2011 qui voulait fêter les 150 ans de l’unité nationale. Malgré l’insistance des Italiens, les autorités françaises ont refusé car le tableau, qui a maintenant plus de 500 ans, est devenu beaucoup trop fragile. Ce n’était déjà pas bien raisonnable de le transporter aux États-Unis et au Japon il y a 60 et 50 ans environ ; mais aujourd’hui, ce serait carrément une folie ! Et puis même si on pouvait garantir un transport en toute sécurité sans risquer d’abîmer le tableau, cela coûterait beaucoup trop cher en frais d’assurance (pas « insurance ») : rien que (= seulement) pour le déplacer dans un musée de province de France (= le contraire de la capitale), en Normandie par exemple, cela coûterait probablement entre 30 et 35 millions d’euros, selon le magazine Le Point. Non seulement pour transporter l’œuvre mais aussi parce que par son absence, le musée du Louvre ferait moins d’entrées et gagnerait donc moins d’argent.
Bref, il est donc très peu probable que la Joconde soit à nouveau déplacée, surtout à l’étranger. Et si vous voulez la voir lors d’un séjour à Paris, sachez (= vous devez savoir) qu’il faudra bientôt acheter un billet séparé pour l’admirer, un billet que vous devrez payer en plus de celui du musée pour voir les autres œuvres. Cependant, si vous n’êtes intéressé(e) que par le chef-d’œuvre de Léonard de Vinci (N-B : « ne…que » = seulement), vous ne serez pas obligé(e) d’acheter un billet pour le Louvre : il sera aussi possible d’en acheter un seulement pour voir Mona Lisa, dans une nouvelle pièce qui lui sera entièrement dédiée (= réservée). Si cela vous intéresse, écoutez l’épisode que j’ai diffusé en février 2025. Dans l’épisode N°53, j’ai aussi parlé de l’augmentation du prix du billet d’entrée au musée du Louvre pour les étrangers, décidée par la ministre de la Culture et le gouvernement français. Voilà ! Il est maintenant temps de faire un petit test de compréhension orale, comme d’habitude. Faites des pauses entre chaque question et prenez bien votre temps pour y répondre, en français bien sûr, hein ! Vous êtes prêt(e)s ? Je commence.
Compréhension orale
1) Comment étaient les relations entre la France et le Japon, au début des années 1970 ? Réponse : Pas très bonnes.
2) Quels sont les autres noms qu’on donne à la France et au Japon ? Allez, je vous donne la réponse maintenant : l’Hexagone (= la France) et le Pays du Soleil levant (= le Japon).
3) Pourquoi la France a-t-elle décidé de prêter Mona Lisa au Japon ?
Réponse : Pour améliorer les relations entre les deux pays et pour que les entreprises fassent plus d’affaires au Japon.
4) Est-ce que les Japonais ne s’intéressaient pas du tout à la France à cette époque, en 1970 (P-S : dans les années 1970) ?
Réponse : Non. Beaucoup de Japonais s’intéressaient beaucoup à la culture française.
5) Pourquoi est-ce que Mona Lisa a failli (= presque / almost) ne pas pouvoir partir pour le Japon ?
Réponse : Parce qu’il y a eu une grève du personnel de l’aéroport d’Orly, d’où son avion devait décoller.
6) Est-ce que l’exposition de Mona Lisa à Tokyo a tout de suite été un grand succès ? Finalement, combien de visiteurs sont venus l’admirer ? Est-ce qu’on peut dire que ça a été un succès ? Attention à la prononciation : on ne prononce pas le S final.
Réponse : Au début, ce n’était pas un succès car il y avait moins de visiteurs que ce qu’on espérait. Mais ensuite, l’exposition est devenue très populaire. Et finalement,1,5 million de visiteurs sont venus. C’était donc un succès.
7) Est-ce que tout s’est bien passé pendant l’exposition ? Il n’y a eu aucun problème (pas du tout) ?
Réponse : Non, pas complètement, car une femme mis de la peinture rouge sur la vitre de l’oeuvre. Heureusement, il n’y a pas eu de dégâts.
8) Quel pays a beaucoup insisté pour que la France lui prête la Joconde en 2011 ? Pourquoi ? Est-ce que la France a accepté ? Pourquoi ?
Réponse : L’Italie qui voulait fêter les 150 ans de son unité nationale. Mais la France a refusé car le tableau est trop fragile. En tout cas, c’est l’explication officielle.
9) Pourquoi est-ce qu’il est très difficile de déplacer Mona Lisa même à l’intérieur de la France, en province ? Au fait, attention : ne confondez pas (= ne mélangez pas) les mots « province » et « Provence ». La Provence (j’épèle), c’est une région du sud de la France très touristique, celle où j’ai grandi. La province (avec un i - j’épèle, comme du vin - « wine »), ce sont les régions qui sont situées en dehors (= outside) de la capitale (Paris).
J’espère que vous entendez la différence de prononciation : la Provence (chez moi) / la province (tout ce qui est en dehors de Paris). Lyon, Marseille, Bordeaux sont des villes de province. Et ne confondez pas non plus ce mot (province) avec « campagne ». À la campagne, on trouve beaucoup de petits villages. Mais Lyon, Marseille et Bordeaux, ce sont de grandes villes. On ne peut donc pas dire que c’est à la campagne. Voilà ! Passons à la dixième et dernière question.
Réponse : Parce que ça coûterait beaucoup trop cher.
10) Qui devra payer bientôt plus cher pour voir Mona Lisa ?
Réponse : Les étrangers (du moins ceux qui n’habitent pas en France, les touristes venus de l’étranger plus exactement).
Voilà, c’est terminé. Vous trouverez toutes les réponses dans la transcription en PDF que vous pouvez télécharger gratuitement (you can download it for free) en cliquant sur le lien dans la description de l’épisode. Attendez, ce n’est pas fini !
Avant de vous quitter, je voudrais un peu revenir sur la prononciation des sons [y] (qu’on écrit généralement avec la lettre u mais il y a quelques exceptions) et [u] qu’on écrit toujours OU (sauf les mots étrangers comme « football » ou « sushi »). Écoutez bien la prononciation du nom de l’ancien président français aux gros sourcils : Pompidou (pas « Pompidu » ou « Pompideu »). J’avais promis d’arrêter les blagues sur les gros sourcils mais dans ce mot aussi, il y a le son [u] qui s’écrit OU : « sOUrcils ». Pour bien prononcer [u], votre langue doit être positionnée en arrière (at the back) et vos lèvres (your lips) doivent être arrondies (round), comme quand vous dites « BonjOUr ! Comment allez-vOUs ? ». Au contraire, pour faire le son [y] qu’on entend par exemple dans « Comment vas-tU ? », « voiture », « ultime » et « urbain », il faut que les lèvres soient aussi arrondies mais la langue est placée contre les dents du bas (you lower teeth), contrairement au son [u] où la langue est en arrière (at the back). J’espère que vous comprenez.
Pour finir, je vous propose un petit virelangue (= tongue twister) que j’ai imaginé. J’adore les virelangues ! Écoutez et essayez de répéter avec moi ensuite :
« Une Russe rousse attend le bus dans la brousse » Ah ! AH ! Pas facile, hein !
= « A red-haired Russian woman is waiting for the bus in the bush ». (j’espère que je prononce bien). « Russe » (qui s’écrit avec un U), ça veut dire « Russian », et « rousse » (qui s’écrit avec les lettres O et U), c’est « red-haired ». Encore une fois (je répète le virelangue). Allez, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui mais la semaine prochaine, dans le prochain épisode bonus, je vous proposerai encore quelques exemples de prononciation et peut-être un virelangue amusant, si je suis bien inspiré. Merci beaucoup de m’avoir écouté et à vendredi ou samedi pour un nouvel épisode gratuit.