Escargot - News & Culture in Simple French
Apprenez le français en écoutant des nouvelles et des histoires courtes à propos de la France. — Learn French through news and short stories about France.
🇫🇷Bonjour !
Je m'appelle Nicolas. Je suis professeur de français depuis plus de 20 ans au Japon. Chaque semaine, je vous parle pendant quelques minutes de l'actualité et de la culture françaises. Pourquoi "Escargot" ? Parce que je parle lentement et de façon simple pour que vous compreniez tout. Et parce que c'est un plat français délicieux. Bon appétit !
🇬🇧Hello !
My name is Nicolas. I've been a French teacher for more than 20 years in Japan. Every week, I talk about French culture and news for a few minutes. Why "Escargot" ("Snail" in English) ? Because I slowly speak in a simple way so that you can understand everything. Also because it's a delicious French dish. Bon appétit !
🇯🇵こんにちは!
ニコラと申します。私は日本で20年以上フランス語の教師をしています。毎週、フランスのニュースや文化について短く話します。
なぜ「エスカルゴ」なのか?それは、皆さんがきちんと理解できるように、かたつむりのようにゆっくりとそして簡潔に話すからです。そして、エスカルゴは美味しいフランス料理だからです。ボナペティ!
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Polémique autour de l’interdiction de travailler le 1er mai - Version longue + Prononciation EN / AN / YN (amende, syndicat...)
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Samedi dernier, je vous ai parlé de la polémique autour du travail en France le 1er mai. Dans cet épisode bonus, je vous propose une version longue où je vous donne plus d'explications et où je vous donne mon avis (= opinion) sur la question.
Je vous parle aussi des homonymes "amende" et "amande". Quelle est la différence ? Et comment prononcer EN / AN ? Comment aussi prononcer correctement "syndicat" ? Je vous explique tout !
Lien (link) pour télécharger la transcription en PDF :
https://buymeacoffee.com/EscargotFrenchPodcast/e/537087
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J'enseigne à tous les niveaux (all levels) depuis maintenant 23 ans.
Comme je l'ai déjà dit dans mes épisodes précédents, je n'ai plus beaucoup d'horaires disponibles, donc si cela vous intéresse, n'attendez pas trop longtemps pour me contacter. 😉 Merci d'avance et à bientôt !
Comme je vous l’ai dit dans le dernier épisode, en France, la fête du Travail est un jour férié très important. Depuis 1947, ce jour est normalement chômé, c’est-à-dire que les salariés / employés ne doivent pas travailler. C’est même le seul jour de l’année où le repos est obligatoire (ça veut dire que le travail est interdit) pour presque tous les travailleurs. Mais aujourd’hui, il y a un débat en France : faut-il permettre à certains commerces d’ouvrir le 1er mai ? Faut-il faire quelques exceptions en autorisant certaines personnes à travailler ?
En fait, il existe déjà quelques exceptions. Pour des raisons de sécurité et de santé publique, les hôpitaux et la police ne peuvent bien sûr pas s’arrêter de travailler. Et l’armée aussi, bien sûr, hein ! Ces exceptions concernent aussi les secteurs des transports, de l’énergie, des hôtels, des restaurants et des bistrots, entre autres. Dans ces cas, les salariés peuvent travailler, mais ils doivent être payés double, c’est-à-dire que si quelqu’un gagne normalement 20 euros de l’heure, il doit en gagner 40 s’il travaille le 1er mai. Si un employeur / patron ne respecte pas la loi, en théorie, il doit payer une amende. Cette amende peut être de 750 euros par salarié (ou plus pour les jeunes travailleurs), donc pour un petit commerce, ça peut coûter très cher.
Au fait, attention à ne pas confondre / mélanger les mots « amende » avec un E (j’épèle) et « amande » avec un A (j’épèle). Ils se prononcent exactement de la même manière mais ne signifient pas du tout la même chose ! Une amende (avec un E — j’épèle), c’est une sanction, une somme d’argent qu’on doit payer parce qu’on n’a pas respecté une règle ou la loi (si on a mal garé sa voiture ou si on a conduit trop vite, par exemple). Et une amande (avec un A — j’épèle), c’est une sorte de noix (nut — « almond » en anglais). Bon, on peut imaginer un écureuil (= « squirrel » en anglais, si je prononce bien) qui n’a pas respecté la loi de la forêt, qui se fait arrêter par un policier écureuil et qui doit payer une amende avec sa réserve d’amandes, mais c’est un peu fou ! « Vous couriez un peu trop vite sur les branches, c’est dangereux ! Ça fera 10 amandes, pour vous ! Vous devez payer tout de suite ! Faites attention la prochaine fois ! ». Pardon, je dis n’importe quoi ! Je suis fou ! Un écureuil, c’est un petit animal qui a une jolie queue, qui vit dans les arbres. Pardon, je complique les choses avec cette blague ! Je répète : une amende (avec un E — j’épèle), c’est de l’argent qu’on doit payer ; mais une amande (avec un A — j’épèle), c’est une sorte de noix (« almond » en anglais). Et je le répète : ça se prononce de la même manière. Ce sont des homophones ou des homonymes (des mots qui ont une prononciation identique mais une signification différente). « en » et « an » se prononcent de la même manière, donc amende / amande, c’est pareil aussi. Vous pouvez l’entendre dans les mots « enfant » et « enchanté », par exemple. Ça s’écrit… (j’épèle). Bien ! J’espère que vous avez compris. Revenons à la polémique du travail le 1er mai.
Le débat a commencé avec un problème concernant les boulangers (« an » comme dans « amande » — même prononciation). Pendant longtemps, ils pouvaient faire travailler leurs salariés / employés le 1er mai. Cela venait d’une ancienne décision administrative de 1986, une année où la droite avait repris le pouvoir. C’était ce qu’on appelle en politique française une période de cohabitation : le président de la République François Mitterrand était socialiste (donc de gauche), mais le Premier ministre Jacques Chirac et son gouvernement étaient de droite, parce que son parti (le parti de M. Chirac) avait gagné les élections législatives. Jacques Chirac est ensuite devenu président en 1995. Bref, c’est une autre histoire !
Après 1986 donc, le travail des boulangers a été pendant quelque temps toléré le 1er mai. Mais en 2006, la justice a décidé que cette exception n’était plus valable / acceptable (qu’on ne pouvait plus l’accepter / la tolérer) et qu’elle ne pouvait plus s’appliquer au métier de boulanger. Pendant plusieurs années, personne ne contrôlait vraiment et les boulangers travaillaient malgré l’interdiction. Mais en 2024, l’inspection du travail a fait des contrôles. En Vendée, une région de l’ouest de la France, cinq boulangers ont été sanctionnés pour avoir fait travailler leurs salariés le 1er mai. Ces boulangers ont été jugés et d’abord condamnés à payer de grosses amendes de plusieurs dizaines de milliers d’euros, ce qui avait choqué beaucoup de Français ; mais finalement, ils ont été relaxés, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas été condamnés (on ne prononce pas le M) et qu’ils n’ont pas dû payer d’amende. Cette affaire a relancé le débat dans tout le pays, on a recommencé à parler du travail le 1er mai.
Aujourd’hui, la situation n’est pas claire. Apparemment, les boulangers ne savent pas toujours s’ils peuvent ouvrir ou non leur(s) magasin(s). Leur organisation professionnelle conseille souvent de rester fermés pour éviter des problèmes (= ne pas avoir de problèmes). Ils veulent une nouvelle loi plus claire. Ils expliquent plusieurs choses : d’abord, beaucoup de salariés sont d’accord pour travailler le 1er mai, car ils gagnent plus d’argent : leur salaire est double ce jour-là, comme je l’ai déjà dit. C’est donc bon pour le patron mais pour l’employé aussi. Pour un jeune qui n’est pas encore marié et qui n’a pas d’enfant, ce n’est pas un problème de travailler ce jour-là et c’est intéressant financièrement, car il peut gagner plus d’argent, encore une fois. Ensuite, fermer ce jour-là fait perdre beaucoup d’argent aux entreprises françaises. Le 1er mai est en effet un jour très important pour les ventes. Les boulangers français estiment perdre environ 70 millions d’euros s’ils restent fermés.
Bon, si vous voulez mon avis / opinion, du pain, on peut peut-être s’en passer un jour par an, ce n’est pas si grave pour les consommateurs. On peut s’en passer, ça veut dire qu’on peut vivre sans ça, que ce n’est pas absolument nécessaire. Mais concernant les fleuristes, je dois dire que la loi française est vraiment bizarre, à mon avis : comme je vous l’ai dit dans mes deux derniers épisodes, le jour de la fête du Travail, c’est la tradition d’offrir du muguet, une plante dont les fleurs blanches sont en forme de clochettes (de petites cloches). Et où est-ce qu’on achète du muguet ? Chez un fleuriste, vous allez me dire, car c’est évident ! Mais non, en fait, le 1er mai, les fleuristes doivent en théorie fermer leurs magasins, alors que c’est justement un jour où ils peuvent gagner plus d’argent que d’habitude ! Franchement, je suis fier des avantages sociaux qu’on a en France, et je comprends les syndicats qui veulent protéger les travailleurs et ce symbole de lutte sociale qu’est le jour férié et chômé du 1er mai, mais en ce qui concerne les fleuristes, certainement comme beaucoup d’autres Français, je trouve ça vraiment ridicule. Il faut être un peu plus flexible, à mon avis. C’est comme si on interdisait aux producteurs de foie gras et de saumon de vendre leurs produits à Noël et au Nouvel An, ou aux chocolatiers de vendre du chocolat à Pâques ou à la Saint-Valentin ! Mais le pire dans cette situation, c’est que pendant que les fleuristes, c’est-à-dire des professionnels des fleurs, doivent fermer leurs magasins, il est permis de vendre du muguet dans les rues sur des stands, par exemple. N’importe qui peut vendre du muguet dans les rues le 1er mai car la police ferme les yeux (= elle ne dit rien et n’arrête personne). Quand elle a répondu aux questions d’un journaliste, une fleuriste a dit, non sans ironie (ironiquement) : « l’année prochaine, je vais fermer mon magasin le 1er mai et je vais vendre du muguet devant, dans la rue, sur un stand ». C’est n’importe quoi (= c’est ridicule), n’est-ce pas ? C’est vraiment bizarre, je trouve. Concernant les magasins de vêtements, les usines, les entreprises, je comprends très bien que les syndicats ne veuillent pas qu’on travaille le 1er mai, mais encore une fois, je trouve que ce n’est pas juste pour les fleuristes qui ont besoin de gagner leur vie comme tout le monde, surtout depuis quelques années où tout coûte plus cher (l’électricité, etc.). Et puis, les employés d’hôtels, de restaurants et de bistrots, eux, ont le droit de travailler le 1er mai ; alors pourquoi pas les fleuristes ? Je comprends vraiment leur colère et leur incompréhension. Et je n’ai pas de fleuriste dans ma famille, hein ! si c’est ce que vous pensez. 😂 Non, non, non !
Ces derniers temps, le gouvernement s’est montré plutôt favorable à un changement de loi, en permettant aux gens qui exercent (= qui font) ces deux professions (de fleuriste et de boulanger) de travailler le 1er mai. L’idée est simple : garder ce jour férié, tout en autorisant certaines activités spécifiques. Certains politiciens veulent même aller plus loin et permettre à d’autres petits commerces d’ouvrir ce jour-là.
Et c’est justement ce qui inquiète les syndicats (ces organisations dont le rôle est de protéger les droits des employés) : ils disent que si on commence à autoriser quelques personnes à travailler ce jour-là, ils ont peur que finalement, dans quelques années, tout le monde subisse de la pression de la part de leur employeur / patron pour travailler le 1er mai. Ça, je peux le comprendre car c’est un peu ce qui s’est passé pour le travail le dimanche. Comme vous le savez peut-être déjà, le dimanche en France, les magasins sont traditionnellement fermés. En fait, autrefois, sauf quelques exceptions, les commerçants devaient obligatoirement fermer leurs magasins le jour du Seigneur (le dimanche). Mais petit à petit, la loi a changé et certains employés se sentent maintenant obligés de travailler le dimanche, alors qu’ils préféreraient passer du temps avec leur famille, par exemple. Ils ont peur de perdre leur travail s’ils refusent de travailler le dimanche. Voilà, donc je le répète, les syndicats ont peur que la même chose se passe avec le jour férié du 1er mai. Ils pensent que ça doit rester un jour de repos pour tous, que ce droit est très important dans l’histoire des travailleurs et que c’est un symbole de progrès social. Ils ont peur que travailler ce jour pourrait devenir obligatoire plus tard. Ils disent qu’il y a déjà 364 jours pour travailler dans l’année et qu’on peut donc bien respecter cette tradition (du 1er mai).
Au contraire, les organisations patronales (de patrons) ne sont pas d’accord. Les entrepreneurs pensent que les entreprises doivent être libres, que les salariés volontaires doivent pouvoir travailler s’ils le veulent, car c’est leur droit. Selon eux, cela aide aussi l’économie, et en temps de crise, face à la concurrence d’autres pays comme les États-Unis, la Chine ou l’Inde, la France (et les autres pays européens) doivent faire plus d’efforts.
Quant aux partis politiques, comme vous pouvez l’imaginer, la gauche est contre un changement de loi, surtout un parti qui s’appelle La France Insoumise (dont le leader est Jean-Luc Mélenchon) et les autres partis d’extrême gauche (les communistes, notamment) ; mais la droite y est plutôt favorable / d’accord. Cette année tout particulièrement, les très nombreux manifestants du 1er mai étaient en colère contre le gouvernement qui a parlé de la possibilité d’un changement de loi.
Mais finalement, le Premier ministre, sûrement parce qu’il avait peur d’être renversé, a fait plus ou moins marche arrière en décidant de repousser ce projet à l’année prochaine, c’est-à-dire juste avant l’élection présidentielle (donc je pense qu’ils ne feront rien du tout !). Il ne faut pas oublier que depuis deux ans, la France a eu 4 Premiers ministres différents (4, c’est énorme pour la France !). À cause de la situation politique actuelle (dont j’ai déjà parlé dans d’autres épisodes, avant), les partis d’opposition peuvent assez facilement faire tomber / renverser le Premier ministre.
Sébastien Lecornu, le Premier ministre actuel a donc peut-être bien fait de reporter cette réforme, même si comme je vous l’ai dit, je pense que les fleuristes devraient avoir le droit de travailler le 1er mai, et peut-être aussi les boulangers, mais plutôt les fleuristes, selon moi. Bref, à mon avis, cette polémique autour du travail le 1er mai est loin d’être terminée, donc je vous en reparlerai peut-être l’année prochaine, quand on aura un nouveau président.
Et vous, qu’est-ce que vous pensez de cette loi et de l’interdiction de travailler le 1er mai ? Est-ce que c’est la même chose dans votre pays ? Est-ce que ça fait polémique ? Si vous voulez discuter de ça avec moi (ou de n’importe quel autre sujet qui vous intéresse), contactez-moi pour des cours de français en ligne, sur Zoom. Mon adresse e-mail (escargotpodcast@icloud.com) et les tarifs sont dans la description de l’épisode, en bas. Merci d’avance ! Je vous propose maintenant un petit test de compréhension orale. Vous êtes prêt(e)s ? Je commence.
Compréhension orale
1) Pourquoi dit-on que le 1er mai est un jour chômé ? Réponse : Parce que normalement, on ne doit pas travailler. (P-S : c’est un mot de la même famille que « chômage » et « chômeur »).
2) Citez / Dites quelques exemples de professions autorisées à travailler ce jour-là. Qui peut travailler, par exemple ? Réponse : Les policiers, les militaires, les docteurs et les infirmiers, etc. mais aussi les gens qui travaillent dans l’hôtellerie et la restauration.
3) Pourquoi est-ce que c’est intéressant pour les salariés / employés de travailler le 1er mai ? Réponse : Parce qu’on peut gagner deux fois plus d’argent que d’habitude.
4) Si on ne respecte pas la loi, qu’est-ce qu’on risque de devoir payer ? Et c’est tout à fait différent, mais quelle noix est-ce que les écureuils adorent manger ? Les deux mots ont la même prononciation. Allez, je vous donne la réponse : C’est une amende / amande. Si on ne respecte pas la loi, on doit payer une amende. Et les écureuils adorent manger des amandes. Mais ça ne s’écrit pas de la même manière.
5) Jusqu’aux années 2000, est-ce que les boulangers étaient autorisés à travailler ? Ça faisait longtemps ? Et maintenant, en théorie, est-ce qu’ils ont le droit de travailler ? Réponse : Oui, depuis 1986. Maintenant, ce n’est pas très clair mais en théorie, ils n’ont pas le droit de faire travailler leurs employés.
6) Quelle autre profession, notamment, aimerait bien travailler ce jour-là ? Pourquoi ? Réponse : Les fleuristes, parce qu’ils peuvent gagner beaucoup d’argent ce jour-là, en vendant du muguet, la fleur symbolique du 1er mai.
7) Comment appelle-t-on une organisation qui protège les droits des travailleurs ? Allez, je vous donne maintenant la réponse : c’est un syndicat. Attention à la prononciation : « syndicat » avec une voyelle nasale (/ɛ̃/), comme dans « Saint-Valentin », « pain » ou « vin » (ce n’est pas [sindika]). YN se prononce comme IN = /ɛ̃/
8) De quoi ont peur les syndicats, si on autorise les boulangers et les fleuristes à travailler le 1er mai ? Réponse : Ils ont peur qu’à terme (= finalement), dans quelques années, les employés ne puissent plus refuser de travailler le 1er mai (de peur de perdre leur travail), même si les organisations patronales affirment que seuls les salariés volontaires travailleraient.
Voilà, c’est terminé. Vous trouverez toutes les réponses dans la transcription, que vous pouvez télécharger gratuitement (download for free) en cliquant sur le lien BuyMeACoffee, en bas, dans la description. C’est gratuit, donc n’hésitez pas ! Et ça peut vraiment vous aider à mieux comprendre ce que je dis. Merci de m’avoir écouté et encore merci de vous être abonné(e)s (thanks for suscribing). J’espère que ça vous plaît. Je vous donne rendez-vous samedi pour un nouvel épisode gratuit, et la semaine prochaine pour un ou deux épisodes bonus. En attendant, je vous souhaite une excellente semaine. Et bon courage pour le travail !