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L’IA et la réalité virtuelle réinventent la formation professionnelle

edutalk Season 2

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0:00 | 22:17

Cet épisode du podcast « EduTrends Skills 2030:d’Beruffsausbildung vu muer » explore les nouvelles perspectives que les technologies immersives et l’intelligence artificielle offrent pour la formation professionnelle. Pour en discuter, nous recevons Quentin Jordahn, directeur de recherche MIMBUS.

Speaker

EduTalk, les podcasts du ministère de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse. Bienvenue dans ce podcast enregistré dans le cadre de la conférence EduTrends 2025 consacrée aux compétences de 2030 et à la formation professionnelle de demain. Le sujet que nous allons aborder dans cet épisode, c'est quand l'intelligence artificielle et la réalité virtuelle réinventent la formation professionnelle. Je suis Isabelle, du Service presse et communication du ministère, et pour répondre à mes questions, j'ai la joie de recevoir Quentin Jordahn, intervenant à la conférence EduTrends, psychologue du travail et directeur de recherche chez Mimbus, une entreprise française spécialisée dans la conception de solutions de formation professionnelle en réalité virtuelle. Bonjour Quentin

Unknown

!

Speaker

Quentin, on va rentrer directement dans le vif du sujet. Si tu devais imaginer une salle de classe professionnelle en 2030, à quoi ressemblerait-elle selon

Speaker 2

toi

Unknown

?

Speaker 2

Pour moi, ce serait une salle il y a plein de différents types de modalités pédagogiques qui sont proposées à l'apprenant. Ça va être une salle il y a à la fois des technologies, il va y avoir aussi des salles qui sont plus pratiques, qui permettent à l'apprenant d'apprendre en fonction de son propre canal. en fait, quelque chose qui est individualisé à son propre besoin. Donc ça va être à la fois des technologies, que ce soit des écrans, des casques de réalité virtuelle, que ce soit leur smartphone, les tablettes ou ce genre de choses, mais ça va être aussi des choses beaucoup plus concrètes. Donc typiquement sur des formations de bois dans de la menuiserie, ça va être des ateliers qui seront mis à disposition des apprenants pour pouvoir, qu'ils apprennent leur futur métier sur des choses qui sont très concrètes, très tangibles en fait. L'objectif en fait dans ce type de parcours et de ce type d'environnement, c'est de favoriser l'apprentissage en fonction du canal le plus adapté à l'apprenant et de le transposer dans une situation qui est réelle. En fait, le but, c'est de l'accompagner dans l'acquisition d'un métier et dans l'acquisition d'une compétence.

Speaker

Et là, tu parlais, par exemple, de la formation de menuisier. Comment, par exemple, la réalité virtuelle pourrait être additionnée à cette salle de classe professionnelle de 2030

Unknown

?

Speaker 2

Menuisier, c'est un exemple, mais oui, si on veut rester là-dedans, typiquement, ce serait utiliser la réalité virtuelle pour pouvoir l'aider à développer ses premiers réflexes. Savoir comment se comporter dans un atelier, comment utiliser une machine, comment positionner ses mains pour découper une planche. En fait, ça va être lui développer, à travers ces outils-là, les premiers réflexes pour pouvoir bien utiliser les outils, à connaître bien les procédures métier. Et à partir de ce moment-là, de transposer ce qu'il a appris dans la simulation, dans une situation qui est très concrète. Donc généralement, ça va être plus en début d'apprentissage, ça va permettre en fait de dynamiser un peu, de rendre un peu plus rapide le process pour qu'ils comprennent plus facilement, plus rapidement, et ensuite qu'ils le transposent dans une situation qui est plus réelle, donc typiquement avec une machine à bois. Et ça, toujours avec la supervision d'un professionnel.

Speaker

Oui, et pour toi, la réalité virtuelle et l'intelligence artificielle ouvrent de nouvelles perspectives pour la formation professionnelle. Est-ce que tu pourrais nous expliquer d'abord comment la réalité virtuelle, cet outil ludique qui, a priori, est fait pour jouer et pour s'amuser, peut être utile dans la pédagogie

Unknown

?

Speaker 2

En fait, elle va être utile pour pouvoir expliquer différemment et rendre plus concret certains types d'apprentissage. Typiquement, dans des métiers qui vont être très procéduraux ou qui vont être sur des chantiers ou qui vont être sur des procédures genre typiquement, je ne sais pas moi, électricien, ça va leur permettre justement de développer ces compétences dans un environnement qui est complètement sécurisé et de pouvoir les analyser. En fait, ce type d'environnement, ça leur permet de les mettre dans des lieux qui sont paramétrables, qui sont utilisables pour les apprenants et autant de fois qu'ils le souhaitent. Donc certes c'est ludique, certes ça a l'apanage d'un jeu et ça peut avoir l'apanage d'un divertissement mais en fait quand il est utilisé à des fins qui sont pédagogiques, ça va permettre en fait à l'apprenant et au formateur d'observer le développement de la compétence chez l'apprenant pour ensuite le transposer. Donc l'objectif c'est un peu ça et l'intelligence artificielle peut venir s'égreffer en fait dans la réalité virtuelle je veux

Speaker

dire.

Speaker 2

C'est-à-dire

Unknown

?

Speaker 2

l'intelligence artificielle est une manière de traiter les données et de les analyser. Et en fait, dans la réalité virtuelle, on va te proposer des environnements on va pouvoir observer tes comportements. On va te mettre dans des situations, par exemple, en tant qu'électricien, tu vas pouvoir réaliser des procédures d'intervention électrique sur une armoire. Et à partir de ce moment-là, on va pouvoir voir quel type de comportement il va avoir vis-à-vis de l'armoire électrique, s'il le fait de manière sécuritaire, donc s'il utilise ses équipements de sécurité, s'il le fait dans l'ordre, dans le bon process, et toutes ces données que que ça génère, la réalité virtuelle, elles vont pouvoir ensuite être utilisées par l'intelligence artificielle pour analyser son comportement, de savoir il s'est trompé, il a réussi, et pouvoir du coup capitaliser sur ses forces et ses faiblesses pour pouvoir lui proposer un parcours individualisé. En fait, le mélange des deux, c'est ça, c'est de proposer en fait un environnement qui est observé par une sorte d'intelligence artificielle ou par un algorithme, on peut appeler ça comme on veut, pour pouvoir en fait vraiment suivre l'évolution de l'apprenant et de s'adapter en conséquence. C'est ce que va permettre principalement la réalité virtuelle quand elle est combiner avec l'intelligence artificielle. C'est de dresser des sortes de profils de compétences qui sont évolutifs vis-à-vis de l'apprenant pour ensuite adapter sa pédagogie. Parce qu'il faut

Speaker

vraiment garder en fait... Oui, on a un parcours individualisé alors.

Speaker 2

On peut, en fait, on peut et ça c'est au rôle du formateur de pouvoir le faire parce que ça, ça ne va pas changer. Et quand je disais justement tout à l'heure c'était juste un outil, la réalité virtuelle est un outil comme un autre en fait, comme un PowerPoint, comme un atelier et en fait, l'idée principale c'est d'utiliser tous ces outils avec pertinence de la part du formateur pour pouvoir ensuite proposer proposer un parcours individualisé à l'apprenant. Donc de savoir comment il fonctionne, c'est quoi son canal il est le plus réceptif en fait, pour ensuite l'accompagner dans l'acquisition d'une compétence. Parce qu'un parcours de formation, un parcours professionnel de formation, il est vraiment toujours centré sur l'acquisition de compétences métier pour pouvoir ensuite le transposer sur son métier. C'est le but. Et plus tu as d'outils, plus tu as de manières en fait d'évaluer les choses, que ce soit avec des technologies ou avec des méthodologies plus classiques, plus tu en auras en fait à disposition, plus tu auras une facilité justement à t'adapter au profit de ton apprenant.

Speaker

Et je Justement, tu réponds en partie à ma question suivante sur le rôle du formateur. Dans ce contexte-là, comment son rôle évolue

Unknown

?

Speaker

Qu'est-ce qui change pour lui dans le contexte on ajoute un nouvel outil qui est la réalité virtuelle

Unknown

?

Speaker 2

Je pense que l'une des premières pensées qu'on peut avoir dans la pensée collective, dans l'imaginaire qu'on a vis-à-vis de ces technologies, c'est que ça vient remplacer le formateur. Oui, il y a des craintes. Il y a des grosses craintes là-dessus, ce qui sont légitimes parce que ça peut être une mauvaise utilisation de la réalité virtuelle. virtuelle. Mauvaise parce qu'en fait, quand on forme quelqu'un, quand on apprend quelque chose, on le fait rarement en autonomie. En tout cas, c'est mon principe. Même si on suit, par exemple, une plateforme en e-learning, il y a des modules qui sont proposés, on peut suivre un parcours ou ce genre de choses. Ce module e-learning, il a été conçu. Il a été conçu par des formateurs, il a été conçu par des experts métiers pour pouvoir transmettre une compétence. Donc, tu n'apprends pas réellement en autonomie. Tu apprends sous la supervision. Quand tu lis un livre, c'est une personne qui l'a écrit, ce livre, qui t'a dit tu vas commencer par cette partie-là, tu tu vas continuer par cette partie et tu vas terminer par celle-là. Dans la réalité virtuelle, c'est exactement le même principe. En fait, l'idée, c'est pas de mettre les apprenants sous casque en leur disant, bah, démerde-toi. Non, l'objectif, c'est de se dire, bah, toi, en tant que formateur, comme n'importe quel type d'outil, tu dois le comprendre, tu dois en comprendre ses forces, tu dois en comprendre ses faiblesses, savoir à quel moment tu dois l'utiliser, à quel moment de ton parcours il est plus pertinent pour développer, en fait, un moment tu... Avec ta pratique, tu t'es aperçu que, bah, t'as une compétence qui passe pas. Typiquement, je sais pas, moi, ça peut être un prof de biologie qui va essayer d'expliquer les cellules avec un powerpoint à ses apprenants et ils ne vont pas comprendre parce que ce n'est pas assez visuel. Avec la réalité virtuelle, typiquement, on peut proposer à des apprenants de voir le corps humain et aller jusqu'à la cellule et comprendre son fonctionnement en interne. C'est de proposer une autre manière d'apprendre. Et ça, c'est au formateur de choisir à quel moment il doit utiliser une modalité pédagogique plutôt qu'une autre. Est-ce qu'à ce moment-là, le powerpoint est plus pertinent

Unknown

?

Speaker 2

Ce qui peut être le cas. Est-ce qu'à ce moment-là, la réalité virtuelle est plus pertinente

Unknown

?

Speaker 2

Ce qui peut ne pas être le cas. En fait, c'est à lui de comprendre la réalité virtuelle et de comprendre cette technologie avec ses forces et avec ses faiblesses pour l'intégrer avec pertinence dans son activité. Donc ça ne vient pas le remplacer. Ça vient juste renforcer les différents outils qu'il avait déjà à disposition.

Speaker

D'accord, merci. Et pour les compétences qui sont développées chez l'apprenant, est-ce qu'il y en a des spécifiques qui peuvent être développés par rapport à la réalité virtuelle

Unknown

?

Speaker 2

Oui. En fait, moi, j'utilise généralement cette triptyque. Bon, elle a discuté, parce qu'au niveau de la recherche, ça change au fur et à mesure. Mais j'utilise savoir, savoir-faire, savoir-être. Savoir-connaissance, savoir-être, relation interpersonnelle, attitude, comportement qu'on a vis-à-vis des autres, et savoir-faire plus procédural. Gestuelle, des compétences techniques. Art skills, soft skills and knowledge. En gros. Et la réalité virtuelle, elle permet ces différentes choses. Typiquement, en termes de connaissances et... Oui, typiquement en termes de connaissances, on va parler par exemple d'histoire. Sur l'histoire, on peut reconstruire des environnements historiques qui ont été perdus au fur et à mesure du temps et donc du coup leur présenter comment c'était il y a 500 ans.

Speaker

Tu veux dire créer un environnement on peut par exemple visiter des lieux qui n'existent plus ou des lieux qui seraient difficiles à

Speaker 2

atteindre

Unknown

?

Speaker 2

C'est ça que tu veux dire par rapport au savoir

Unknown

?

Speaker 2

historiques sur des personnes qui étaient isolées. Moi, il y a quelques années, à l'Institut du monde arabe à Paris, ils avaient fait une reconstruction de différents bâtiments qui étaient détruits suite à la guerre en Irak. Donc, c'est des choses qui sont possibles d'être visitées à travers la réalité virtuelle.

Speaker

Ça,

Speaker 2

c'est pour les connaissances. Du coup, ça vient enrichir tes connaissances.

Speaker

Et le savoir-faire

Unknown

?

Speaker 2

Pour le savoir-faire, on va être plus sur des compétences qui sont pratiques, procédurales, techniques, même gestuelles.

Speaker

C'est les exemples que tu donnais au début de notre entretien, en fait.

Speaker 2

Oui, Oui, par exemple, comme un électricien avec des procédures de sécurité qu'il doit appliquer ou comment il doit intervenir sur site, ça va être une personne qui travaille dans la taille de pierre pour pouvoir savoir avec quel type de vitesse, quel type d'angle, quel type de rapidité il doit tailler sa pierre. Ça va être un peintre industriel.

Speaker

Et ça fonctionne vraiment

Unknown

?

Speaker

On a vraiment la sensation de la force

Unknown

?

Speaker 2

Sur le retour d'effort, il y a des... Des réglages

Unknown

?

Speaker 2

Pas spécialement des réglages, mais en fait, ça va être des substitutions sensorielles qu'on va faire. Donc en fait, on va donner l'impression de ressentir des choses, mais en utilisant d'autres sens. Typiquement, l'ouïe, ça peut être utilisé pour de la substitution sensorielle. Donc ça, ça peut marcher. Bon, après, il y a toujours des choses à peaufiner. Ou il y a des choses qu'on ne pourra pas modéliser en réalité virtuelle. Typiquement, on va prendre le métier de maçon. Quand il va devoir faire un mur, il va devoir regarder la planalité de l'enduit qu'il va poser. Il va être sûr que c'est bien posé, que c'est bien conforme. Et ça, dans les évaluations, il n'y a qu'une seule manière de le faire. c'est de toucher avec sa main. D'accord

Unknown

?

Speaker 2

En réalité virtuelle, ça va être très compliqué. Parce que si on n'a pas de mur, on ne va pas pouvoir toucher si l'enduit est bien posé. Et si je ne décorche pas l'histoire. J'espère. Mais en tout cas, il y a des choses qu'on peut reproduire et il y a des choses qu'on ne peut pas reproduire pour l'instant avec la réalité virtuelle. Le tout, c'est de choisir. Et de savoir à quel moment d'un métier, parce que typiquement je parlais de maçon, mais ça ne veut pas dire pour autant que sur ce métier de maçon, la réalité virtuelle ne peut pas être utilisée. Il y a d'autres moments dans son parcours de formation il peut l'utiliser. Donc sur les savoir-faire et les techniques, sur les hard skills, il y a des choses. Au niveau procédural, au niveau même technique ou gestuelle, c'est possible. Je parlais du peintre industriel, avec un simulateur justement qu'on distribue au Sinspray, il y a une possibilité en fait d'observer la gestuelle du peintre en simulation, d'être sûr qu'il a la bonne distance de la pièce qu'il a envie de peindre, d'être sûr qu'il a la bonne vitesse, d'avoir le bon angle, ou tout ça pour pouvoir poser la bonne couche de peinture sur sa pièce. Et ça, c'est des choses qu'on peut reproduire

Speaker 1

aujourd'hui.

Speaker 2

Après, pour le dernier truc, sur les savoir-être, ça c'est plus complexe. C'est plus complexe, parce que déjà, les savoir-être ou les soft skills, ou cette grande catégorie qui parle des compétences que tu peux développer vis-à-vis des interactions et que tu peux avoir avec d'autres personnes, les compétences sociales en

Speaker 3

fait,

Speaker 2

donc la collaboration, la communication, la créativité, l'esprit critique, ce genre de choses. Un peu la catégorie supplémentaire, on va dire, des compétences. Ça va être plus complexe de le développer, mais c'est aussi possible. Typiquement, il y a des simulateurs qui ont été développés pour... entraîner les personnes à faire des

Speaker

entretiens. Ah,

Speaker 2

ok. Des entretiens sur du poste de

Speaker

travail. Des entretiens

Speaker 2

d'embauche

Unknown

?

Speaker 2

Oui, d'accord, ok. T'en as d'autres où... Et ça, c'est un simulateur qui a été développé par Bodyswap, c'est une entreprise anglaise, sur comment développer l'empathie des personnes qui utilisent le casque. Ça paraît surprenant. Ah oui, c'est surprenant. Mais c'est une très belle histoire. En fait, ils avaient développé ce simulateur pour développer les compétences d'empathie chez... le staff des personnes membres d'ONG. En fait, il y a quelques années, il y a eu un grand scandale avec des ONG il y a eu un abus de la part des équipes sur les personnels qu'ils recueillaient, en fait. Et donc, du coup, pour faire face à ce scandale, il y a eu différents types de formations ou d'actions qui ont été prises, et parmi elles, c'était le fait de financer ce type de simulateur et rentrer dans ce programme-là. Et ce qu'ils ont fait, c'est que, c'était un signe d'incroyable, c'est qu'ils ont développé un simulateur dans lequel le staff incarnait un personnel de l'ONG, et il devait parler avec une victime d'harcèlement sexuel ou moral, ou d'autres types de violences, pour l'aider à verbaliser et à expliquer sa situation, et aussi, accessoirement, quel type de l'équipe avait fait ses abus sur cette personne-là. Ce qu'il faut aussi se mettre en parallèle dans une situation ou dans une formation classique. Quand on va former des personnels, par exemple à l'Empathie, ce qui va se passer, c'est qu'on va avoir un formateur qui va jouer le rôle d'une enfant de 17 ans, ou de 16 ans, qui a subi un harcèlement moral. Ça va être difficile, même s'il y a énormément des gros talents d'acteurs, de faire le rôle d'une victime, et la réalité virtuelle permet ça, en fait, de t'immerger, toi, dans une situation tu vois vraiment une victime qui est en train de s'expliquer avec les mêmes types de comportements qu'on peut avoir dans la réalité, et toi, en fait, en tant que personnel qui se forme avec cet outil, d'avoir le bon discours pour pouvoir parler avec. Et une fois que t'as terminé, en fait, ce type de communication, pour pouvoir essayer, en fait, de savoir si tes propos l'ont aidé à verbaliser et à se sentir en sécurité, à la fin de l'expérience, et c'était un un truc qui était incroyable chez eux, c'est que t'inverses de rôle. Donc autrement dit, toi, en tant qu'apprenant, t'es plus seulement le staff, mais tu t'écoutes, dans la position de victime, ton propre speech. Et tu peux retravailler là-dessus. Vous voyez, tous ces exemples-là, en fait, certes, même si la simulation, elle est bien conçue, elle est bien développée, elle peut l'être, elle aura toujours besoin d'avoir des professionnels à côté qui sont spécialisés sur ce type de compétences pour dire s'ils ont bien utilisé l'outil correctement, s'ils ont bien répondu à la situation qui leur est proposée, et surtout ils ont bien acquis les compétences professionnelles qui étaient nécessaires et qui étaient suite à cette simulation-là.

Speaker

Là, on vient de parler d'un exemple vraiment différent. Est-ce qu'il y a des domaines de la formation professionnelle là, c'est vraiment beaucoup plus utile

Unknown

?

Speaker 2

Tu en as, oui, toujours. Tu vas en avoir c'est vraiment très utile, comme par exemple l'électricité, c'est très facile de reproduire des environnements ou même des systèmes qui fonctionnent. Ça va être des métiers qui sont aussi parfois très fins, typiquement les métiers du bois. Dans les métiers du bois, pareil, dans mon discours, ce sera toujours complémentaire, mais les métiers du bois, du moins en France, est l'un des secteurs qui subit le plus d'accidents au travail. Parce qu'ils sont sur des machines qui sont extrêmement dangereuses, que ce soit en apprentissage ou pour les professionnels. Il y avait des personnes qui sont dans le cercle un peu, qui commencent généralement leur discours quand ils travaillent, quand ils présentent leur technologie face à des professionnels du bois, ils disent dans l'assemblée, sur les menuisiers ou sur les professionnels du bois, combien de doigts il vous reste. D'accord

Unknown

?

Speaker 2

Parce qu'un doigt, il est vite parti avec une machine. Et là, la simulation, en fait, elle s'y prête parce qu'en fait, ça permet aux apprenants de savoir comment une machine fonctionne, comment l'utiliser en sécurité dans un environnement qui est sécurisé. Et une fois qu'ils ont appris ces bons réflexes, qu'ils ont été validés par un formateur, ce sera le moment de le transposer dans une situation avec une machine qui est bien réelle. Toujours l'idée, ça va être ça. Ça va être de développer ses premières compétences, son premier socle et ensuite de le transposer pour vérifier si ces réflexes qui ont été développés en simulation dans un environnement sécurisé et bien transposés dans la réalité. Donc on a certains métiers qui sont vraiment basés sur des métiers qui sont dangereux, typiquement électricité, le BTP, l'industrie du bois, la peinture aussi, qui peut être dangereuse mais qui va avoir beaucoup de matières premières qui vont être consommées. Ça va dépendre du métier en tant que tel et à partir de ce métier-là, s'il s'y prête, on peut le transposer en réalité virtuelle.

Speaker

Alors on va à rester dans le thème de la sécurité. Donc, quels sont, selon toi, les points de vigilance à avoir dans l'utilisation de la réalité virtuelle

Unknown

?

Speaker

Alors, tu peux nous rappeler comment on l'utilise, donc, avec un casque

Unknown

?

Speaker 2

Oui, alors, la réalité virtuelle, comment elle va être utilisée

Unknown

?

Speaker 2

Ça va être avec un casque qu'on va avoir sur la tête et on va avoir deux contrôleurs, majoritairement. Donc, c'est comme ça qu'on va l'utiliser. Donc, déjà, le premier principe qu'il faut avoir, c'est de préparer l'environnement dans lequel on l'utilise. D'accord

Unknown

?

Speaker 2

Parce que pour les premiers utilisateurs... ils vont être dans le casque, ils vont être dans l'immersion, ils vont voir un environnement qui est énorme, mais quand ils vont l'utiliser, ils peuvent l'utiliser dans un espace qui est restreint. T'es dans une salle de formation, tu vas voir différents apprenants qui vont se déplacer, tu vas voir des tables, des chaises, des murs, ou quand tu vas voir un marché, tu peux t'en prendre un. Ça, c'est l'un des premiers réflexes à avoir, c'est de préparer son environnement dans lequel on l'utilise. Une fois que t'as compris, on va dire, l'usage du simulateur, la réalité virtuelle n'est pas faite pour tout le monde. Il y a des populations qui sont plus à risque dans utilisation de ce type de technologie. Pour les faire vite, on va avoir les personnes épileptiques pour les crises qu'ils peuvent générer, parce qu'elles sont photosensibles. Ça va être les personnes cardiaques avec des augmentations ou des diminutions du rythme cardiaque quand on utilise la réalité virtuelle. Ça peut arriver. Les personnes qui ont des phobies spécifiques, typiquement si tu es arachnophobe, que tu as une peur viscérale des araignées. Si on te met dans une situation tu vois une araignée géante en face de toi, tu vas commencer à avoir peur et tu vas commencer à avoir très peur. Et donc, Du coup, même si tu sais comment utiliser le casque, tu vas commencer à courir dans tous les sens, il y a de grandes chances que tu te blesses. Tu vas avoir aussi, sur les personnes à risque, tu vas avoir les femmes enceintes, parce qu'elles peuvent tomber, tout simplement, et donc du coup, se faire mal de cette manière-là. Et le dernier, c'est les enfants de moins de 12 ans. Alors ça, c'est des préconisations qui sont données par les constructeurs, et aussi parce qu'on n'a pas de vision à long terme sur les conséquences de ces outils-là sur le développement de la rétine et sur le développement de l'enfant. Sur les phobies spécifiques aussi, tu vas en avoir d'autres, comme par exemple le vertige. Le vertige, c'est assez pratique. Ça pratique dans une situation qui est professionnelle. Et le but, c'est pas de tester s'ils ont peur. Mais c'est une manière de s'en rendre compte si, oui ou non, ils ont le vertige. Typiquement, sur des métiers du BTP, tu peux avoir les premiers de la classe qui sont très bons dans toutes les matières et dans toutes les disciplines et sur leur premier stage T1 on leur demande de monter au cinquième étage, et là, on se rend compte qu'ils ont le vertige. Très difficile pour un formateur ou pour un professionnel de gérer une personne qui est en crise d'angoisse et qui est en crise de panique totale. Donc du coup, l'outil de la réalité virtuelle, des fois, permet de savoir ça. Même si c'est pas le but. Et permet de l'anticiper. Oui, ça permet de l'anticiper. Donc oui, le but, c'est pas de les faire peur, de pas les mettre dans une situation pour qu'ils aient peur, mais des fois, ça peut aider à identifier des choses que même les personnes ne savent pas à la base. Ça arrive d'avoir des jeunes de 15 ans qui n'ont jamais vérifié s'ils avaient les vertiges. Donc quand on leur pose la question, ils disent « Non, tout va bien. » Et au final, on les met au cinquième étage et là, ils commencent à

Speaker

avoir peur. Donc ça permet de se réorienter.

Speaker 2

Oui, par exemple. C'est un moyen de savoir si le parcours est fait pour eux. Parce que c'est sûr que si tu pars sur un métier de couvreur et que tu as le vertige, ça va être compliqué. Ok.

Speaker

On a vu que la réalité virtuelle permet de développer des compétences pour la formation professionnelle. Pour clôturer ce podcast et revenir à une perspective 2030 je voudrais savoir pour toi quelles sont les compétences clés que les jeunes devront développer au delà des

Speaker 2

savoir-faire des compétences interpersonnelles et sociales de l'adaptabilité des soft skills en fait ils vont avoir un monde qui est changeant bon après les jeunes ils ont cet avantage en fait ils sont nés dans un bassin enfin dans un milieu qui change beaucoup l'environnement change tout le temps les technologies apparaissent chaque jour donc ils ont l'habitude d'être baignés dans ce monde en fait qui est changeant et je pense que l'une des plus grosses compétences qu'ils peuvent développer en fait qui peuvent les aider dans pas mal de métiers dans pas mal de situations qu'ils soient personnels ou professionnels ça va être leur capacité non seulement d'avoir l'esprit critique sur ce qu'ils ont en face d'eux mais de pouvoir s'adapter à ce type de situation et de pouvoir en fournir des

Speaker

réponses Merci beaucoup ce sera notre mot de conclusion Quentin encore merci d'avoir partagé ton expérience Merci à vous.