Les Artisans du DO
Réalisé par Alia Conseil, ce balado met en lumière le développement organisationnel à travers des idées et initiatives d'ici et d'ailleurs. Chaque épisode explore avec énergie une facette du DO pour partager notre passion, susciter la réflexion, provoquer quelques rires et, surtout, soutenir le développement de vos organisations.
Les Artisans du DO
Le phénomène de l’imposteur
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Dans cet épisode des Artisans du DO, nous reçevons notre collègue Victoria Grenier afin d’explorer un phénomène qui touche près de 70 % de la population : le phénomène de l'imposteur. L'échange démystifie d'abord le concept et pourquoi on parle de “phénomène” et non de “syndrome”, avant d'en examiner les manifestations, les facteurs déclencheurs et les liens avec l'estime de soi. Les animatrices abordent ensuite les environnements de travail qui amplifient ces sentiments, notamment les cultures à faible reconnaissance et les milieux très compétitifs. Elles proposent des pistes concrètes tant pour les individus que pour les gestionnaires et les organisations, incluant une mise en situation illustrant comment intervenir auprès d'un employé qui vit des sentiments d'imposture, ainsi qu'un survol des trois étapes d'une rétroaction efficace.
- Phénomène ou syndrome : pourquoi la distinction compte [01:40]
- Définition et caractéristiques du phénomène de l'imposteur [02:25]
- Prévalence et universalité [04:40]
- Liens avec l'estime de soi et l'humilité [14:25]
- Environnements de travail à risque [17:50]
- Mise en situation : intervenir comme gestionnaire [21:50]
- Pistes d'action individuelles [25:30]
- Pistes d'action organisationnelles [29:30]
- Les trois étapes d'une rétroaction efficace [33:00]
Enregistré au mois de mai 2025
écouter Les Artisans du Déo, un podcast produit par Alia Conseil, animé par Sarah Lortie. Et aujourd'hui, nous avons Victoria Grenier, consultante et ma collègue chez Alia Conseil. Bonjour Victoria. Bonjour Sarah. Comment ça va? Ça va très bien, toi aussi? Ça va merveilleusement bien. Victoria, veux-tu te... Te présenter un peu? Certainement. Donc, mon nom est Victoria. Je suis consultante en développement organisationnel chez Alia Conseil depuis deux ans maintenant. Et puis, en fait, je fais mon internat. En ce moment, je suis en train de terminer mon deuxième internat chez Alia Conseil. Internat en? Internat en psychologie du travail et des organisations. Oui, merci. Donc, effectivement, je suis doctorante en psychologie du travail et des organisations. Et moi, mon sujet de recherche, donc mon sujet chouchou, comme j'aime tant l'appeler, c'est le phénomène de l'imposteur. Donc, j'ai décidé de faire mes études, donc ma thèse doctorale sur le sujet. Et puis, un petit peu plus spécifiquement, ce que je fais, c'est une traduction et une validation d'une échelle qui mesure le phénomène de l'imposteur, que que ce soit au travail ou vraiment dans la vie de tous les jours. Alors aujourd'hui, tu viens de m'expliquer plus en détail c'est quoi finalement le phénomène de l'imposteur. Exactement, exactement. C'est ce que je suis ici pour faire. Bon, fantastique. Tu sais, déjà, tu m'as repris à multiples fois par le passé parce que j'ai la fâcheuse tendance à dire le symptôme de l'imposteur. Le syndrome. Le syndrome, c'est ça, le syndrome. Là, tu me regardes avec des gros yeux. C'est pas ça. OK. Ben, Pourquoi ce n'est pas un syndrome? C'est une très bonne question. En fait, ça a été souvent utilisé, le syndrome de l'imposteur. On le voit sur multiples articles. Ben oui. Surtout des articles qui sont non scientifiques, entre guillemets. En fait, la raison pourquoi ce n'est pas un syndrome, c'est simple, c'est parce qu'on ne peut pas diagnostiquer le phénomène de l'imposteur. Donc, on ne peut pas dire « Toi, tu as le phénomène de l'imposteur et moi, je ne l'ai pas. » Un syndrome, en fait, je vous donne l'exemple de la dépression ou l'exemple de l'anxiété, c'est diagnostiqué. Donc, on est vraiment dans le domaine du médical quand on parle de syndrome. Exactement. J'ajouterais à ça aussi que le phénomène de l'imposteur fluctue à un niveau… hyper faux. Donc, ça peut fluctuer non seulement de personne en personne, donc moi, je peux le ressentir à un plus haut niveau que toi, par exemple, mais ça peut aussi fluctuer à l'intérieur d'une même personne. Donc, moi, je peux me ressentir comme une imposteur, aujourd'hui, à m'asseoir ici avec toi en faisant un podcast et être comme « Pourquoi je suis ici? Je ne sais rien! » Mais demain, dans un autre contexte, potentiellement, en donnant une formation, bien là, je peux me sentir vraiment, vraiment à l'aise. Donc, moi, moins ressentir le phénomène de l'imposteur, ces sentiments d'imposture qu'on les appelle. Donc, cette fluctuation-là, naturellement, ça fait que c'est vraiment plus un phénomène et moins un syndrome qui est diagnosticable, qui est présent ou pas. OK. Donc, c'est lié à la tâche qu'on fait? C'est lié à plus que juste la tâche qu'on fait. C'est une bonne question. En fait, c'est un phénomène qui est encore peu connu, peu compris. c'est très complexe, très compliqué aussi. Donc, pas simple. Et il y a plusieurs variables. Donc, le phénomène est difficile à comprendre. Donc, oui, ça peut être lié au contexte où on est. Si on est souvent dans le même contexte, bien, naturellement, probablement qu'on va avoir moins de sentiments d'imposture. Mais ça peut être lié à plein d'autres choses aussi. Ça peut être lié à comment on se sent cette journée, à qu'est-ce qu'on a fait le jour d'avant. Ça peut vraiment varié à un niveau qui est flagrant. Donc, c'est pas seulement le contexte, mais oui, naturellement, le contexte a aussi un très gros effet. Donc, on pourrait avoir des gens qui, malgré que ça fait... Tu sais, je pense à des acteurs, par exemple. J'ai déjà entendu ça. Tu sais, des acteurs qui disent « Ah oui, moi, je suis montée sur les planches de la scène pendant 35 ans, puis aujourd'hui, encore, je comprends pas pourquoi les gens m'aiment. Je me sens que je suis pas extraordinaire, je suis un imposteur. » 100%! Honnêtement, Le nombre de personnes qui vivent des sentiments d'imposture, le chiffre est flagrant, en fait. Donc, on parle d'à peu près 70 % de la population au grand complet qui ont déjà dit avoir vécu des sentiments d'imposture dans leur vie. Et effectivement, comme tu l'as dit, moi, je pense souvent à Natalie Portman, qui est, mon Dieu, une grande actrice. Elle a fait Black Swan. Elle a été dans les premiers films de... Bien, pas les premiers films, mais du moins les films de Star Wars. Puis je me souviendrai toujours, elle avait fait un commentaire en gagnant un Oscar de « Qu'est-ce que je fais ici? Je suis personne. » En gagnant un Oscar, quand même. Donc, oui, le fait que c'est ressenti par autant de gens, je crois, nous fait réaliser qu'on n'est pas seuls. Parce que le 70 %, c'est beaucoup de monde. C'est beaucoup de gens. C'est beaucoup de monde. Mais il est quand même possible que ce qu'on ressente, on soit le seul à le ressentir comme ça. Certainement. Oui, je pense que chaque personne vit leur sentiment d'imposture de la même manière. Donc, moi, si je le vis plus à l'intérieur de moi, je peux potentiellement passer plus facilement par-dessus qu'une autre personne. Donc, ça aussi, ça dépend vraiment de la personne, ça, c'est sûr. Mais oui, Donc, le sentiment, comme tout autre sentiment, est très propre à la personne et à ses expériences et à sa personnalité et sa petite personne dans sa globalité. Mais y a-t-il une prévalence? Et là, question semi-scientifique de prévalence, clarifions le terme, est-ce qu'il y a des gens, des personnalités, des âges de la vie où on est peut-être plus propice à vivre ces sentiments d'imposture-là, comme t'appelles? C'est une grande question. Donc, il y a beaucoup, beaucoup de recherches qui ont été portées sur c'est qui qui vit ça? le phénomène de l'imposteur, qui vit ça. Parce qu'en fait, au début, donc vraiment au balbutiement de ce phénomène-là, les deux premiers chercheurs qui ont vraiment défini le terme, qui s'appellent Clance et Imaes, en 1978, ont reconnu en fait que c'était surtout chez les femmes que le phénomène de l'imposteur était plus présent, et surtout les femmes très hautement éduquées, Donc, eux, c'était leur hypothèse première. C'était les femmes le ressentent, les femmes surtout très éduquées vont ressentir le phénomène de l'imposteur parce qu'elles vont avoir plus tendance à attribuer leur succès à des chances externes. « Ah, je suis juste chanceuse. » Dans le fond, c'est pas à cause de mon mérite ou c'est pas parce que je... Je le mérite. Je le mérite, merci. Donc, c'est pas à cause que je le mérite, c'est vraiment à cause de la chance ou parce que, bien, il y a pas beaucoup de femmes dans mon équipe, fait qu'elles ont décidé de promouvoir une femme. Toutes les excuses, toutes les raisons venaient de l'externe, hein? Exactement. Ça fait partie vraiment primordiale du phénomène de l'imposteur, c'est qu'on a bien de la misère à s'attribuer nos propres mérites, puis en fait, c'est vraiment, c'est l'extérieur, c'est la chance. Je suis à la bonne place au bon moment. C'est ça, en fait, qui va faire qu'on va ressentir le phénomène de l'imposteur. Mais avec le temps, avec les recherches, on a vite réalisé que ce n'est pas seulement chez les femmes et ce n'est pas sur view chez les femmes qu'on reçoit, qu'on peut vivre le phénomène de l'imposteur. En fait, on a vraiment retrouvé dans les dernières années, naturellement, c'est un phénomène qui est plutôt « je », entre guillemets, en science. Ça fait seulement depuis 1978 qu'on a mis les mots sur le terme, sur ce qu'on vit, sur ces sentiments-là. Donc, les recherches continuent, mais on a fait des recherches pour voir est-ce qu'il y a une différence entre des cultures individualistes, des cultures plus collectivistes? Il n'y en a pas. Non! Non! Je suis quand même surprise que la culture n'ait pas un impact Effectivement, en fait, c'est tellement intériorisé, c'est tellement un sentiment personnel qu'en fait, en gros, n'importe qui peut vivre ça. Et la raison pourquoi, on ne le sait pas vraiment, mais vraiment, il n'y a aucune différence au niveau du sexe biologique, il n'y a aucune différence au niveau de l'âge, aucune différence aussi au niveau du niveau. Donc, si moi, je suis VP exécutive, bien moi, je peux en ressentir quand même même comparé à un employé ou une employée qui travaille à temps partiel dans un autre niveau, disons. Donc, ça n'a aucun impact non plus. C'est vraiment, c'est comme tu dis, un petit peu universel comme phénomène. Malheureusement, je dirais, parce que... C'est sûr que c'est pas le fun de se sentir comme une fraude. C'est tellement un gros mot, se sentir comme une fraude. Ben oui, ça fait partie de la définition, c'est sentir comme... une fraude. C'est se sentir comme si je suis d'ici, pas à cause de quelque chose que j'ai fait. C'est vraiment... C'est de la chance. C'est de la chance que je ne le mérite pas. Exact. Et j'ai peur de me faire découvrir. La peur de se faire découvrir, ça fait aussi partie de la définition du phénomène de l'imposteur. Donc, souvent, ça va venir avec essayer fort, fort de compenser. Donc là, il faut que je travaille... plus fort que mon collègue parce que moi, sinon, ils vont découvrir que j'aurais pas dû être ici. Donc, il y a une définition qui existe présentement sur le phénomène de l'imposteur. Tu m'as donné des petits bouts de la définition. Est-ce que tu l'as sous les yeux pour nous la donner peut-être en plus clairement ou en concis? Plus clairement, écoute, je l'ai dit, c'est un phénomène qui est très complet qui est aussi un petit peu compliqué. On a la définition ici. Donc, c'est vraiment des différences individuelles dans la perception de la fraude intellectuelle. Fraude intellectuelle. Là, je n'ai pas fini. Mais ça, c'est indépendant des réalisations. Donc, je peux me sentir comme une fraude intellectuelle. Donc, eux, ils pensent que je suis plus intelligente que je le suis. Et ça, c'est indépendant des réalisations. Même si… Oui, c'est ça. Même si j'ai un Oscar, je me sens quand même comme si je ne devrais pas être ici en train de donner un speech de remerciement. À ceci s'ajoute aussi un grand manque d'intériorisation des réussites. Donc, si je réussis, je ne vais probablement pas tant m'en souvenir ou je ne vais pas nécessairement l'utiliser. C'est vraiment, les réussites sont très rapidement et facilement poussées de côté. pour se concentrer en fait sur les choses qui se sont au moins bien passées. Ainsi que, comme j'ai dit, la peur d'échouer dans des tâches futures et donc d'être démasquée, entre guillemets, comme un ou une imposteur. Donc, c'est effectivement... Toute une définition. Oui, effectivement. Bon, concrètement, donne-moi peut-être un exemple ou deux. Est-ce que peut-être, je ne sais pas si tu es à l'aise d'aller là, dans ta vie personnelle, est-ce que tu l'as vécu? Est-ce que tu as vu des gens le vivre aussi? Juste pour aider à ce qu'on comprenne bien cette définition-là. Eh bien, Sarah, je l'ai définitivement vécu. Et ça, plus d'une fois. Malgré mes connaissances sur le sujet, bien, ça m'est déjà arrivé et ça m'arrive encore parfois. Il n'y a pas de vaccin, c'est ça qu'on me dit. Non, il n'y a pas de vaccin, il n'y a pas de médoc. Non, c'est... Parfois, ça arrive, puis c'est cette petite voix dans ta tête que... Parfois, ça arrive, là, que... Ah, t'es-tu vraiment supposée d'être ici? Ou... Hé, t'as-tu pas peur que quelqu'un réalise que... Peut-être qu'il y avait quelqu'un d'autre qui serait plus content que toi d'avoir dans leur équipe. Donc, oui, je l'ai vécu, puis je pense que le moment le plus flagrant, en fait, pour moi, avec ces sentiments-là, c'était en étant acceptée au doctorat. Donc, le doctorat en psychologie, c'est un doctorat qui est extrêmement contingenté. J'entends parler des gens qui disent « Mon Dieu, j'ai travaillé tellement fort, j'ai fait une maîtrise, j'ai tout fait pour essayer de rentrer dans ce doctorat-là, puis je n'ai pas été capable.
UNKNOWN»
SPEAKER_00Et tout ça est définitivement venu jouer dans ma tête pour cette petite voix qui me disait qu'il y a eu une erreur quelque part. Il y a une virgule pas en bonne place. C'est moi qui ai rentré. Ils ont manu ton CV, ils ont... Ils ont mal lu tes expériences. Écoute, je sais pas, mais ça l'a pris... Ben, écoute, j'allais dire, ça l'a pris quelques années pour passer par-dessus. Là, ça vient à terme, donc c'est sûr que là, ces sentiments-là sont moins forts. Mais là... T'attends juste une autre occasion, finalement. En fait, là, ça va être quand je vais m'appeler psychologue. C'est sûr que je vais les revivre, ces sentiments-là. Voyons, comment toi, tu peux être professionnelle dans la santé? Tu sais rien. Tu sais, moi, c'est ça, ma petite voix qui me dit souvent. C'est, tu sais rien, il faut vraiment que tu travailles fort. Parce que sinon, les gens vont réaliser que tu sais rien. OK, mais la minute, il n'y a pas... Tu me dis que n'importe qui peut le vivre, à n'importe quel âge de la vie, dans n'importe quelle culture. Oui. Mais on a tous des enjeux... En tout cas, je pense que la majorité des gens peuvent avoir des enjeux d'estime de soi. Oui. Est-ce que c'est lié à l'estime de soi? Très fortement, effectivement. Donc, oui, l'estime de soi a été retrouvée comme étant... fortement liées négativement. Donc, avec une association négative dans le sens où plus on a des sentiments de phénomène d'imposteur, donc des sentiments d'imposture, moins on a une haute... estime de soi. Donc, notre estime de soi est effectivement liée. Donc, l'estime de soi qui est vraiment juste le sentiment qu'on aime notre personne, on pense, on est confiants, confiantes en nos capacités. Donc, effectivement, il y a une relation qui est négative entre le phénomène de l'imposteur et l'estime de soi, oui. Je veux qu'on y revienne à ça, mais j'ai une autre question qui me brûle les lèvres avant qu'on revienne à ça. Parce que j'entends des... Comme par exemple, Nathalie Portman qui a fait son... Quand elle a reçu son Oscar, je ne comprends pas pourquoi je suis là et tout. Ça pourrait être perçu comme de l'humilité. Effectivement. L'humilité, c'est un peu plus... C'est pas vrai. Personne n'est humble. Mais c'est plus récent dans les études au niveau de la personnalité maintenant. On... On fait des recherches avec l'hexaco, qui maintenant est une échelle de mesure de la personnalité. Donc, l'hexaco, c'est plutôt récent qu'on l'utilise vraiment plus d'une manière plus fréquente dans les études au niveau de la personnalité. Puis, ça prend en compte l'humilité. L'humilité va être mesurée avec l'honnêteté. Dans l'échelle de mesure de Nexaco. Donc, on parle de l'honnêteté et l'humilité ensemble. Et, en fait, au niveau du phénomène de l'imposteur, les études récentes ont démontré, en fait, une association négative avec l'honnêteté et l'humilité. Donc, pas une très grande association. On parle environ de moins 0.27. Donc, on arrive à une association qui est plutôt modérée. Mais du moins, la grande réalité, je crois, et moi, c'est mon hypothèse. Encore, je parle vraiment mon hypothèse. Je crois que c'est en grande raison à cause de l'honnêteté. Parce que quand on vit des sentiments d'imposture, on n'est pas nécessairement en train d'être honnête. Parce qu'on ne prend pas en compte nos vraies réussites, on ne prend pas en compte nos vraies compétences, nos vraies connaissances. Donc, c'est pour cette raison que l'honnêteté et l'humilité, comme... comme axe, a été en fait relié de manière négative avec le phénomène de l'imposteur. Mais moi, je serais très intéressée à savoir si on regarde juste l'humilité. Est-ce que ça a plus une association plus positive? Je dirais que oui. Alors, avis aux étudiants qui cherchent un sujet. Voici une porte ouverte. Certainement. Faites vos recherches sur le sujet du phénomène de l'imposteur. Mon Dieu, qu'on en a besoin. Encore une fois, c'est un sujet très intéressant et peu connu. Donc, c'est sûr que ça pourrait être intéressant, mais mon hypothèse est que oui. Je pense que l'humilité, oui, ça a un effet, mais en même temps, je pense que c'est quand même deux concepts très différents. Merci d'avoir démélangé mon amalgame. Donc, on a des individus qui peuvent vivre ça n'importe quand. Il doit certainement y avoir des choses dans l'environnement, parlons au travail, mais évidemment, des choses dans l'environnement de travail qui viennent aggraver le sens Le sentiment? Certainement. C'est des hypothèses qu'on émet encore parce qu'il n'y a pas de lien causal clair. Il n'y a jamais eu de lien... Il est dur à attraper, ton phénomène. C'est comme un petit nuage qui passe, qu'on essaie de l'attraper, mais que c'est difficile, donc... Du moins, j'essaie quand même de continuer la conversation. Mais oui, il y a eu des associations qui ont été trouvées avec des milieux de travail qui ont une plus faible culture de reconnaissance. Donc, moins de reconnaissance, plus on pourrait vivre le phénomène d'imposteur? Exactement. Donc, si on y pense plus concrètement, moi, je suis chez Alia, je travaille depuis deux ans, je suis interne, ça va très bien. Mais si je n'ai jamais personne qui me dit « Hey, merci beaucoup pour ton travail, tu as bien fait ça », peut-être qu'à un moment donné, après deux ans, je suis en train de me poser la question. Ou bien avant ça, je pense. Oui, c'est ça. Ou bien avant ça. Mais je me poserai la question. Qu'est-ce qui se passe? Est-ce qu'il y a quelqu'un qui n'aime pas ce que je fais en ce moment et c'est pour ça qu'ils ne me le disent pas? Donc, les cultures de reconnaissance, que ça soit juste un « Hey, merci beaucoup » ou « Je vois le temps, je vois l'effort que tu as fait sur ce travail-là, merci. » C'est aussi simple que ça. Moi, j'adore la reconnaissance. Il y a un autre de mes sujets que j'aime beaucoup. Mais du moins, si on n'a pas beaucoup de reconnaissance qui est offerte, ça peut avoir un impact. Et je dis reconnaissance, quand je dis reconnaissance, il y a une rétroaction aussi. Donc, lorsqu'on n'offre pas assez de rétroaction qu'elle soit constructive ou positive, bien, encore une fois, on peut se poser des questions sur est-ce qu'on est en train de bien faire les choses ou non? Donc, une rétroaction, qu'elle soit positive ou constructive, ça nous permet d'avoir un pouls. Tout à fait. Est-ce que je fais bien ce que je suis supposée d'être en train de faire? Est-ce que je devrais changer mon fusil d'épaule? Est-ce que je devrais retravailler mes pratiques? Mais si on n'a jamais cette rétroaction-là, on ne le sait pas. Et donc, notre petite voix intérieure commence à nous poser des questions parce qu'on on revient à la difficulté d'honnêteté aussi, puis de vraiment regarder les succès, puis... OK, qu'en est-il des environnements compétitifs? C'est la même chose! Les environnements compétitifs ont aussi été retrouvés comme ayant une forte propensité à avoir des personnes qui vont vivre le phénomène d'un imposteur, un peu pour la raison inverse. Donc, là, c'est, on donne quasiment trop de rétroaction constructive, on donne quasiment trop de « tu devrais faire ça comme ça, comme ça, comme ça », puis si Si tu ne le fais pas, il va potentiellement avoir une conséquence quelconque, donc vraiment des climats de très, très forte compétitivité. Ça peut faire que là, on compense trop. Donc là, on arrive à un fort niveau de perfectionnisme qui peut quasiment nous mener à l'autosabotage, par exemple. Donc, aussi, les climats de grande compétitivité peuvent aussi avoir cet effet-là sur le phénomène de l'imposteur chez les personnes qui y travaillent. Est-ce qu'il y a d'autres phénomènes ou d'autres environnements, des cultures d'entreprise qui peuvent nuire? Des cultures d'entreprise, je dirais qu'on les... a pas mal nommé. Encore une fois, on n'a pas de lien de causalité, mais on retrouve beaucoup de sentiments d'imposture lorsqu'on a un faible niveau de reconnaissance, lorsqu'il y a un manque de rétroaction et dans les climats extrêmement compétitifs, les personnes vont vraiment vouloir se démarquer et ou se penser moins bon que la personne à côté de eux. Donc, je dirais que c'est pas mal ça pour les climats de travail au niveau de l'imposture. OK. On fait une mini mise en situation. Je suis ton employé. Elle a un gros sourire en face. Je suis ton employé. Je viens te voir pour t'exprimer que... Écoute, je travaille sur un projet en ce moment, puis je... je ne pense pas que j'ai des compétences pour, je ne me sens pas en confiance de mener à terme ce projet-là, de réussir. Tu es ma gestionnaire, tu connais le phénomène de l'imposteur, mais tu gères aussi bien d'autres affaires. Comment est-ce que tu recommanderais d'agir dans une circonstance comme ça? Très bonne question. Je dirais que la première chose qu'il faut faire, c'est évaluer la demande, ou du moins, je me corrige. La première chose que je recommande de faire, ça serait de reconnaître, de remercier la personne de venir me voir, d'avoir la confiance en moi pour venir me voir et parler de ce type de sentiment-là. Puis ensuite, rapidement, j'irais directement dans l'évaluation, en fait, de c'est quoi qui se passe pour vrai? Est-ce qu'il manque vraiment des outils, des ressources, des compétences, des connaissances à mon employé? Ou est-ce que c'est vraiment simplement des sentiments d'imposteur qui sont en train d'être vécus? Puis là, bien, là, je pourrais offrir un certain... Un certain support. Donc, pour l'évaluation, je dirais que l'écoute active, c'est sûr que c'est important. À travers l'écoute active, on peut questionner, on peut reformuler, on peut valider. Donc, c'est tous des outils super importants qui vont pouvoir nous aider à évaluer c'est quoi qui se passe pour vrai. Alors, la cause, là. Exact. Hum-hum. Un piège qu'on peut tomber dedans, qui est très important à reconnaître, je crois, en tant que gestionnaire, c'est s'il y a un employé ou une employée qui vient de voir avec ces sentiments-là, avec ce genre de discours-là, bien, il ne faut pas non plus l'enlever de tous les projets. Il ne faut pas non plus ne pas lui assigner... Ah bien, ne fais pas confiance, je n'y en donnerai plus de bord. Exactement. Il ne faut pas non plus ne plus lui assigner des projets ambitieux parce qu'en fait, ça va faire l'inverse. La personne va réaliser que là, mon Dieu, mon ou ma gestionnaire ne m'assigne plus sur les projets les plus ambitieux. J'aurais pas dû parler, j'aurais pas dû les avoir. Exactement. Et ça, ce n'est pas un climat de confiance, c'est un climat de méfiance. Donc, ce qu'on veut ici, c'est s'assurer qu'on tombe pas dans ce piège-là, qu'on réalise que potentiellement que ces sentiments d'imposture-là que la personne est en train de présenter sont réels, mais est-ce qu'ils sont valides? Et donc, on peut offrir de la reconnaissance. Non, Sarah, je le sais que t'as les compétences pour le faire parce que je t'ai déjà signé sur un mandat similaire, puis regarde la rétroaction de la cliente. Elle a-tu pas aimé ça? Donc... pouvoir offrir ce support-là, ça fait partie du rôle gestionnaire aussi lorsqu'on a quelqu'un qui présente des sentiments d'imposture devant nous. Donc, effectivement, c'est d'aller s'assurer dans le diagnostic que, OK, j'ai entendu parler du phénomène de l'imposteur, est-ce que cette personne-là, ce qu'elle me dit, elle me parle d'un sentiment d'imposture ou, bien non, effectivement, il manque de moyens, il manque de connaissances, il manque de compétences, mais on va devoir, effectivement, agir en conséquence, d'où l'aspect du diagnostic pour commencer. Exactement. Fantastique. Donc, qu'est-ce qu'on... qu'est-ce qu'on fait maintenant? Sachant qu'on peut tous être à même de le vivre. En t'écoutant, je me... Je me reconnais dans certaines phrases, dans certaines situations. Qu'est-ce qu'on fait pour mieux vivre avec ça, peut-être? Autant au niveau individuel qu'au niveau organisationnel. C'est des choses qu'on peut faire. C'est une très bonne question. C'est la question qui tue. Qu'est-ce qu'on peut faire maintenant? Parce que, en fait, c'est impossible de guérir le phénomène de l'imposteur, les sentiments d'imposteur. On en a parlé. Il n'y a pas de vaccin il n'y a pas de médicaments qui existent pour passer par-dessus. En fait, il y a des choses qu'on peut faire en tant qu'individu, notamment réaliser qu'on est en train d'avoir un discours interne qui est négatif. Il y a plein d'autres choses qu'on peut faire, mais encore, c'est important de réaliser que ça ne va jamais partir. C'est important d'en parler. De vraiment pouvoir en parler, que ça soit en parler à l'intérieur de toi-même, donc de réaliser, là, je pense que je suis en train d'avoir un discours interne qui est négatif ou en parler avec autrui. Oui, qui vont nous permettre de refléter un peu que t'exagères peut-être un peu. 100%. Ou... ils vont dire quelque chose comme « Moi aussi, je me sens comme ça. » Puis moi, ça a été mon cas au doctorat quand j'ai dit, quand j'ai enfin eu le courage de dire à des collègues de classe, on était sept dans ma co-op de doctorat, puis je pense après ma première année, j'ai eu enfin le courage de dire « Je ne sais pas pourquoi je suis ici. » Puis là, on a eu une discussion ensemble, puis on a vite réalisé en fait qu'on les sentait pas mal toutes ces sentiments-là de... C'est drôle, moi aussi, je me suis posé la question. Puis là, plein de questionnements qui sont sortis, puis une vraie discussion, en fait. ça m'a vraiment fait réaliser que, dans le fond, je suis vraiment pas la seule. Puis les personnes... Puis les personnes avec qui, moi, je me comparais. Donc, moi, je me disais « Ah, cette personne-là, elle est tellement meilleure que moi. Elle a ces compétences-là. Elle a ces connaissances-là de plus que moi. » Elle aussi, elle se sentait comme ça. Elle aussi, elle avait ces sentiments de « Mon Dieu, que je devrais pas être ici. » Donc, le normaliser, ça a vraiment un effet important, que ça soit avec des gens de confiance ou à l'intérieur de toi. Normaliser comme étant « En ce moment, je pense que j'ai vraiment un discours interne qui est négatif. Ma petite voix n'est pas en train de me faire sentir bien. » Je pense que c'est là où la différence va commencer. Est-ce qu'on travaille sur son estime de soi aussi? On pourrait définitivement. Ce n'est pas facile de travailler sur son estime de soi. Mais une manière aussi qui a été... qui est recommandé, puis que moi, j'ai déjà utilisé aussi, c'est d'avoir un petit carnet de réussite. Moi, c'est comme ça que je l'appelle, un carnet de réussite. Puis c'est, en fait, un petit carnet, une feuille, quoi que ce soit que t'aimerais écrire dessus, mais vraiment extérioriser les réussites. Donc, j'ai reçu une bonne rétroaction ou j'ai fini ce mandat-là une semaine à l'avance. Oui, parce qu'une réussite, c'est pas nécessairement un score. Exactement. Une réussite, c'est n'est pas nécessairement un Oscar, ça peut être aussi simple que recevoir une rétroaction positive, une rétroaction, une reconnaissance. Bien, l'écrire dans ton petit carnet, bien, ça te permet de le voir pour de vrai. Oui, puis éventuellement, on a une liste. Exact. Puis quand on sent comme si on a ses discours internes un peu plus négatifs, bien, on peut y retourner à cette petite liste-là. Puis, en toute franchise, moi, je l'ai utilisée pendant mes grands moments de questionnement au doctorat de « mon Dieu, je ne suis pas supposée d'être ici », je l'ai utilisé, cette petite liste-là, puis ça m'a beaucoup, beaucoup, beaucoup aidée. Une fois que j'en ai parlé avec mes collègues, j'ai réalisé qu'il y avait d'autres gens qui se sentaient comme moi, mais j'en avais plus besoin. Puis au niveau organisationnel, donc on a beaucoup, les individus, bien évidemment, ils ont des choses qu'ils peuvent faire pour prendre en charge ce phénomène-là. Les organisations, est-ce qu'il y a des choses qu'on peut faire avec les gestionnaires, par exemple, dans la culture organisationnelle, Bon, on a parlé de la performance, mais plus concrètement, il y a des choses qu'on peut faire. Oui. Au niveau organisationnel, je pense que le nerf de la guerre, c'est de normaliser ces sentiments-là. Donc, que ce soit au niveau des gestionnaires, parlez à vos équipes. Dites-leur si vous vous sentez comme un imposteur ou une imposteur, puis vous allez peut-être voir qu'il va y avoir des gens dans l'équipe qui se sentent aussi comme ça. Ça va ouvrir la porte à des discussions. puis potentiellement aussi à des moments de reconnaissance, des moments de rétroaction qui, comme on a vu, ça aide beaucoup avec les sentiments d'imposture. Donc ça, c'est sûr que la normalisation, je crois, c'est vraiment, vraiment important. J'ajouterais à ça donner le droit à l'erreur. Donc, surtout dans les climats de grande compétitivité, Souvent, on ne le sait pas si on a le droit à l'erreur en tant qu'employé. Donc, en tant que gestionnaire, s'assurer que le droit à l'erreur est permis, Naturellement, il y a un certain niveau, mais avoir cette ouverture-là aux petites erreurs pour pouvoir offrir des rétroactions qui sont constructives, ça va aider vraiment l'équipe au complet et le climat organisationnel dans sa globalité, en fait, parce que ça va augmenter ce climat de rétroaction. Puis une fois que la rétroaction constructive est mise en place, bien là, on arrive à un climat de reconnaissance. Puis dans les climats de reconnaissance, c'est là où les gens fleurissent. Et donc, au niveau des gestionnaires, parce qu'on a bien compris quand… Moi, j'ai bien compris les phénomènes, comment ils peuvent se vivre, comment ils peuvent, à la limite, déclencher… des aspects culturels aussi au sein de l'organisation. Maintenant, on a des acteurs clés dans les organisations, nos gestionnaires, nos ressources humaines, il y a des gens en leadership. Qu'est-ce qu'ils peuvent faire, ces personnes-là, spécifiquement? Écoute, c'est une très bonne question. On l'a mentionné, la reconnaissance, le fait d'offrir de la rétroaction, c'est très important. Puis, je pense que pouvoir bien… former les gestionnaires sur des bonnes pratiques de reconnaissance ainsi que la manière de faire. Parce que pour l'avoir discuté, souvent, ces deux sujets-là qui vont vraiment main dans la main, c'est pas facile. Pour l'avoir essayé aussi, donner de la rétroaction constructive, c'est pas facile. Alors, avoir vraiment un temps dédié pour savoir comment le faire, avoir des outils concrets, c'est quoi les étapes d'une rétroaction, qu'elles soient constructives ou positives, ça peut vraiment, vraiment outiller les gestionnaires de la bonne manière pour pouvoir instaurer ce climat-là qui fait qu'en fait, les employés vont plus être capables de normaliser leur sentiment d'imposture. Donc moi, c'est vraiment avec ça que j'irais. Puis je vais aussi plus haut que les gestionnaires. Tu l'as mentionné, le personnel en ressources humaines, eux aussi, ils doivent être capables d'offrir de la rétroaction, offrir de la reconnaissance. Ça va de tous les niveaux, je crois, qu'avoir une bonne... connaissance de comment offrir de la rétroaction et comment offrir de la reconnaissance parce que c'est plus que juste « Hey, merci! » Ben, c'est là que je voulais t'amener. C'est vraiment plus que ça. Utilisons l'opportunité qu'on a présentement pour expliquer un peu davantage Bon, je sais que c'est un petit peu un peu du phénomène de l'imposteur, mais ça reste un outil quand même important. Comment on fait la bonne rétroaction, Victoria? Mon Dieu que j'aime ça, parler de la rétroaction! Puis, je me retrouve à beaucoup aimer les sujets qui sont compliqués. Donc, le phénomène d'imposteur, c'est un sujet compliqué. La rétroaction, c'est pas nécessairement compliqué, mais c'est difficile à faire. C'est pour ça que j'aime beaucoup ça. Dans le fond, il y a trois étapes. Moi, j'aime toujours trouver des étapes. Des étapes par étapes, parce que ça a simplifie la show. On aime ça. Puis quand on en parle, c'est facile. Il y a juste trois étapes. Oui, bon, c'est de le faire après, mais mettons qu'on y va avec ça. Exactement. Mais quand on arrive à le faire, c'est là où on voit la complexité de la chose. Donc, la rétroaction, en fait, moi, j'aime bien le découler en trois étapes. La première, c'est de nommer les faits. Donc, là, on parle surtout de la rétroaction qui est constructive, mais de nommer les faits. Donc, Sarah, t'es arrivée en retard aujourd'hui. Et non pas j'ai entendu dire que. Exactement. Pas un fait. C'est un fait. Tu es arrivée en retard aujourd'hui ou t'as du retard. Comment tu veux le formuler? La deuxième étape, c'est les impacts. C'est souvent l'étape qu'on oublie. Les impacts sur moi, sur les autres autour de moi, c'est souvent ce qu'on oublie de mentionner. Mais c'est important dans la rétroaction de mentionner les impacts. « Sarah, tu as été en retard aujourd'hui.
UNKNOWNFais. »
SPEAKER_00L'impact que ça a eu, c'est qu'on a dû repousser notre rencontre. Puis là, j'ai dû appeler mon client pour lui dire « je ne vais pas pouvoir être là à l'heure, je vais avoir 15 minutes de retard ». Ça, c'est les impacts. Et la dernière étape, et non la moindre, c'est les actions. Donc, qu'est-ce qu'on aimerait qu'il se passe la prochaine fois
UNKNOWN?
SPEAKER_00Puis ça, c'est vraiment important de finir avec ça. Donc, la prochaine fois, Sarah, j'aimerais ça que tu m'écrives un texto ou que tu m'appelles pour me dire « Victoria, je vais être en retard. » Aussi simple que ça. Et là, naturellement, on doit laisser l'opportunité à la personne de réagir. Ça, c'est une un petit peu... Je peux arriver si t'es en retard que ça. Ça arrive. N'exagère pas. Ça arrive. Et si ça arrive comme ça, parce que c'est une discussion, les rétroactions. Faut se souvenir que c'est une discussion. Ce n'est pas seulement fait impact action, fin de la discussion. C'est vraiment, cette discussion-là, il faut avoir cette ouverture avec les personnes à qui on est en train de parler. Donc, je te dis les faits, je te dis les impacts, je te dis les actions et je te permets de me dire ce que t'en penses. Donc, tu l'as nommé, souvent, la première réaction, ça va être, ben là, j'ai pas fait exprès, moi, j'ai manqué mon bus, je m'excuse. Ben, on peut repartir avec la même rétroaction constructive. Merci de t'excuser. Fait. Je comprends que tu t'excuses puis que t'as manqué ton bus, mais ça a quand même repoussé notre journée. Impact. Et on reste encore dans la rétroaction, donc, dans la rétroaction constructive. Donc, faut pas oublier ces trois étapes-là, parce qu'ils sont vraiment primordial à toute rétroaction. Et pour quelqu'un qui vit un phénomène de l'imposteur à ce moment-là, ou qui a des sentiments d'imposture, de recevoir une rétroaction comme ça, ça peut probablement être un petit peu, bien, quand elle est bien faite, mais ça peut quand même probablement être un peu percutant la première fois, mais dans l'optique où on garde quand même un dialogue, dans l'optique où on amène quand même une candeur, une franchise des faits, Quand c'est bien fait, ça ne peut qu'aider au final. Et je suis 100 % d'accord. C'est la raison pourquoi ces trois étapes-là, c'est important de ne pas en oublier. Surtout celui des faits. Parce que c'est difficile de défendre des faits. C'est vrai que tu arrives en retard. Ou tu faisais que c'est difficile de contredire des faits. Oui, exactement. Donc, c'est difficile de les contredire, ces faits-là. Alors, honnêtement, je suis 100 % d'accord avec toi dans le sens où si tu le fais de la bonne manière, même si c'est difficile, et même si la personne devant toi ressent des sentiments, des postures, bien, c'est difficile de contredire des fait. Et puis, au final, ça va quand même leur donner une piste d'action. Donc, à la fin de la journée, bien, eux, ils reviennent, puis ils se disent, bien, tu sais quoi? Prochaine fois, je devrais faire ça. Au moins, je le sais. Au moins, je le sais. Exactement. Puis c'est ça, en fait, le phénomène de l'imposteur, c'est que c'est encore plus flagrant quand on le sait pas. C'est là où la petite voix prend de l'ampleur et de l'ampleur et de l'ampleur. Donc, même si la rétroaction est constructive, si elle est bien faite, de la bonne manière, avec les étapes qui sont respectées, puis que c'est une discussion qui est ouverte, au moins, on le sait. Au moins, on le sait. Alors, Victoria, est-ce que t'es prête pour... Pour... La question de la fin. Oui. La question de la fin. J'essayais quelque chose, ça ne restera pas dans les prochains podcasts. La question de la fin. Avec ce qu'on a comme information maintenant, avec tout ce que tu sais sur le phénomène de l'imposteur, comment est-ce qu'on peut utiliser cette information-là pour faire une différence? C'est toute une question. Qu'est-ce qu'on peut faire pour faire une différence avec cette information-là? Je pense que ce qui est important, c'est de normaliser ces sentiments-là parce que, bien, on en a parlé au début, il y a 70 % de la population mondiale. Et je suis sûre que cette donnée-là, en fait, date quand même dans les années 2010. Je suis pas mal sûre que si on était pour le réévaluer, ça serait potentiellement pas mal plus haut. Je pense que pour faire une différence au niveau de ce phénomène-là, c'est d'en parler, de normaliser le tout, de réaliser que je ne suis pas seule à vivre ces émotions-là. Et donc, le plus on normalise, le plus on en parle... Puis si on n'est pas assez confortable d'en parler encore à l'extérieur de nous, donc à nos proches, aux personnes en qui on fait confiance, bien, changer ce discours interne, ça aussi, ça fait partie de la normalisation. Puis un petit outil que moi, j'aime beaucoup utiliser quand je réalise que j'ai un discours interne qui est un petit peu... qui tend vers le négatif, bien, j'essaie de me poser la question, est-ce que je parlerais comme ça à mon ou ma meilleure amie? Puis en toute franchise, la réponse, c'est souvent non. Donc, si je me retrouve à dire J'aurais jamais dû avoir ce poste. J'aurais jamais dû faire ça. J'ai pas les connaissances, j'ai pas les compétences pour faire ça. Bien là, je me pose la question, si ma ou mon meilleur ami me disait ça, qu'est-ce que je dirais? La réponse, c'est souvent, bien voyons, souviens-toi, tu as fait ça, ça, ça, que tes compétences, tes connaissances sont là, tu es la meilleure personne pour faire ça. Mais à nous, c'est plus difficile de se faire ces messages-là. Donc, je me retrouve souvent à utiliser ce petit outil-là, à me poser la question, est-ce que je parlerais comme ça à mon ou ma meilleure amie? Puis si la réponse est non, bien, j'essaie de changer un petit peu mon discours. Bien, c'est fantastique. C'est un truc aussi très facile à utiliser et qu'on peut même utiliser comme reflet en tant que gestionnaire quand on entend des gens parler d'eux-mêmes comme ça aussi. Dirais-tu ça à ton meilleur ami? Dirais-tu ça à quelqu'un que t'aimes pour réaliser aussi l'impact que ce genre de parole-là peut avoir? Certainement. Eh bien, c'était Victoria. Victoria Grenier, merci énormément pour ta présence. Ça a été vraiment très agréable, très bienveillant aussi pour un phénomène qui, somme toute, on continue de le découvrir, de ce que je comprends. On n'a pas encore tout compris de ce phénomène. Je peux-tu dire syndrome une dernière fois? Non! De ce phénomène-là! Alors, nous voici à la fin de notre épisode sur le thème du phénomène de l'imposteur. Merci beaucoup. Donc, c'était bien évidemment le podcast Les artisans du déo. Et je vous dis à la prochaine.