Parler comme les Français

Le métier d’enseignant

Christine Poquet

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Christine 

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Bonjour à tous, c'est mon dernier épisode. J'ai envie de changer de sujet parce que le sujet qui nous revient en permanence dans la tête, le sujet de la guerre, le sujet des problèmes qu'il y a ici aux États-Unis, des tensions avec les autres pays, tout ceci est très pesant. Donc aujourd'hui, j'ai envie de changer de sujet et j'ai J'enseigne encore même si je suis retraitée et je pensais à l'instant, rétrospectivement, à mon déroulé de carrière, comment j'étais, comment je me comportais par rapport à mes étudiants du début jusqu'à aujourd'hui. Alors aujourd'hui, c'est toute une affaire complètement différente parce que j'enseigne à des adultes. Mais au début de ma carrière, j'avais deux ans de plus que mes premiers élèves ou trois ans, on va dire. J'avais des élèves qui étaient en terminale. J'étais au Maroc dans un lycée français et mes élèves de terminale, ils avaient pour certains 18, 19 et moi j'avais 22, 23. Donc évidemment, j'étais à peine plus vieille que, et j'avais passé donc une licence, j'étais diplômée pour enseigner, j'avais une maîtrise d'anglais, une licence de linguistique, j'avais des diplômes. sur des choses qui m'intéressaient, dans des domaines qui m'intéressaient et qui m'intéressent toujours d'ailleurs. Et quand je suis arrivée dans mes premières classes, avec mes premiers élèves, j'ai été un peu surprise parce que c'était des gens qui étaient très sympathiques, mais qui n'étaient pas beaucoup plus jeunes que moi. Et donc, je me posais des questions et pour avoir l'air d'être quand même sûre de moi, parce que quelquefois, j'avais l'impression que je ne savais pas beaucoup plus que, eh bien, j'essayais d'être sévère, très disciplinée. J'avais aussi une attitude très distante. par rapport à mes étudiants. Je n'étais pas amie avec eux. Je voulais qu'ils me respectent. Et je voulais aussi qu'ils écoutent ce que j'avais à dire. Parce que j'avais l'impression que je n'étais pas beaucoup plus avancée qu'eux. Or, je l'étais. J'avais 7 ans d'université par rapport à eux. Et donc, j'avais étudié dans des domaines qu'ils n'avaient pas étudiés. C'est évident. Mais moi, je ne le savais pas. Donc, j'avais besoin d'asseoir mon autorité. Et pour asseoir mon autorité, eh bien, J'étais désagréable. Enfin, pas tout le temps, évidemment. Je m'entendais bien avec mes élèves. Mais j'essayais d'être un peu trop autoritaire pour qu'ils me respectent en tant que prof. Parce que j'ai commencé par remplacer des collègues qui étaient beaucoup plus âgés que moi. Et donc, évidemment, après, moi, quand j'arrivais dans les classes, on disait, les élèves disaient, tiens, elle est jeune, donc pas d'expérience, etc. En tout cas, c'est moi ce que je ressentais. Donc, j'ai commencé à enseigner de cette manière-là. Bon, ça n'a pas duré longtemps parce que j'ai vite compris que ça n'était pas la bonne méthode. Mais au départ, je me rends compte de ça aujourd'hui. J'avais besoin de montrer que je savais des choses et qu'eux ne savaient rien. Et donc, c'était un peu ça le défi. Il y avait des gens qui, évidemment, étaient tout à fait intéressés par mes cours. Et puis, il y avait des gens qui étaient peut-être un peu moins intéressés par les cours d'anglais et donc qui, eux, peut-être n'avaient pas trop envie de répondre à mes demandes. Mais dans l'ensemble, ça s'est plutôt bien passé. Et donc, après toutes mes années au Maroc, où j'ai eu des élèves après encore beaucoup plus jeunes, en collège, Bon, là, je n'avais plus ce problème. Une fois que j'ai passé les deux, trois premières années, j'avais déjà en tête comment faire mes cours, comment établir mes objectifs, ce que j'attendais de mes élèves, ce qu'ils attendaient de moi. Je savais un peu mieux comment analyser le public que j'avais en face de moi. Et du coup, j'étais un petit peu plus détendue, j'étais plus amicale. je cherchais à comprendre davantage ce qu'il y avait dans leur tête et donc j'ai commencé à devenir un meilleur professeur parce qu'on apprend comme ça en fait c'est une question de relation humaine et donc il faut comprendre les gens il faut analyser ce qu'ils ont dans la tête quand ils sont en face de nous et il faut aussi savoir observer à leur réaction si ce que vous leur dites les intéresse ou pas. On le voit bien, on le voit tout de suite. Donc j'ai passé, je dirais, je suis très heureuse de la carrière que j'ai faite. Et j'ai rencontré des gens complètement différents et au fur et à mesure, au fil des ans, j'ai découvert d'autres publics, c'est évident. J'ai eu des publics donc jeunes après au Maroc et un petit peu plus âgés. Et puis je suis rentrée en France et là j'ai eu des élèves qui étaient... étudiants aussi, c'est-à-dire qui avaient déjà passé le baccalauréat et qui étudiaient pour passer un diplôme après le baccalauréat. Donc des diplômes de 2 ans, de 3 ans, d'IUT, de BTS, etc. Donc ça, c'était très intéressant aussi. Mais c'était encore une nouvelle expérience. C'était une nouvelle expérience dans le sens que j'avais des étudiants qui étaient ce qu'on appelle en alternance. C'est-à-dire qu'ils Ils étaient à la fois à l'école pour passer un diplôme et puis ils avaient un contrat avec une entreprise. Donc ils découvraient le monde de l'entreprise et ils gagnaient un peu leur vie déjà. Donc ils avaient déjà une idée de ce qu'ils voulaient faire et ils savaient, pour certains en tout cas, qu'ils ne voulaient pas être enseignants. Et donc certains avaient un peu les rôles étaient un peu renversés parce que eux nous considéraient, nous enseignants, comme des gens qui ne gagnaient pas beaucoup leur vie, qui avaient un métier qui n'était pas très intéressant, alors que eux, dans l'entreprise, ils pouvaient créer des choses, gagner beaucoup d'argent, etc. Donc, évidemment, j'ai eu certains élèves comme ça, mais pas tout le monde. Certains avaient vraiment envie de découvrir l'entreprise mais aussi d'obtenir un diplôme donc cela était évidemment doublement intéressé et avait de bons résultats en classe et puis après j'ai fait presque 20 ans dans dans un lycée avec aussi des élèves de terminale de première, donc de lycée, et des élèves qui avaient passé le bac et qui étaient étudiants après le bac, dans des domaines techniques, scientifiques, et aussi... Comme le génie civil, j'ai enseigné à des sections qui étaient civil engineering, qui étaient intéressantes parce que j'aimais beaucoup. Beaucoup de profs de cette série-là venaient de l'architecture. Il y avait des architectes qui enseignaient. Et moi, j'aimais beaucoup ce que faisaient mes étudiants. Dessiner, faire des plans, concevoir des espaces, concevoir des bâtiments. Tout ça m'intéressait. Donc c'était un peu le pari en tout cas que je faisais, c'était de partager nos savoirs. Et ça marchait très bien. Moi, je leur donnais des contenus en langue, en culture en général, sur les pays anglo-saxons. Et eux m'expliquaient ce qu'ils faisaient dans leur domaine professionnel. Donc, j'aimais beaucoup cela. Et donc, après cela, j'avais déjà une bonne expérience, bien entendu. Et j'avais enseigné dans des séries technologiques, scientifiques. et littéraire également, et économique. Donc j'avais eu un peu tous les publics, avec des gens plus ou moins intéressés par les langues, mais en général assez motivés quand même. Et donc je suis partie aux États-Unis ensuite. Et je suis partie aux États-Unis pour enseigner dans une école internationale. Mais cette école internationale de convention avec la France avait des gens qui venaient de tous les pays, pas seulement la France. Je pense qu'à l'époque où je suis arrivée, il y avait 40% de Français et le reste c'était des étrangers. Et donc ils venaient pour simplement continuer l'enseignement du français qu'ils avaient. Ils avaient commencé ailleurs et également, bon, passé le diplôme parce qu'ils voulaient enseigner en France, étudier, pardon, en France. Donc, j'ai eu beaucoup de gens aussi là qui étaient très intéressés et très intéressants. J'ai eu aussi des Américains dans cette école internationale qui voulaient étudier en France, ou certains qui sont restés aux États-Unis, mais qui avaient la chance, par les Français, d'être bilingues parce qu'ils avaient commencé dès l'école maternelle. Donc j'ai toujours eu un grand intérêt, après cela, pour ces écoles qui accueillent les enfants de la maternelle à la terminale et donc qui permettent à des enfants qui arrivent d'autres pays d'être bilingues ou d'être trilingues quand il s'agit évidemment d'apprendre les deux langues de l'école, principalement l'anglais et le français, ici aux États-Unis, mais d'autres langues, et les autres langues qu'ils parlent chez eux. Donc ces enfants-là qui parlaient trois, quatre, cinq langues ont toujours eu une exposition à des cultures différentes et ont toujours eu évidemment un intérêt aussi pour les autres pays, les autres cultures, les expériences dans d'autres pays. Et moi, je pense que, en tout cas, c'est pas seulement une idée, je suis convaincue, j'ai cette conviction que les enfants qui sont exposés très jeunes à plusieurs langues et donc plusieurs cultures dans des écoles internationales ont une ouverture d'esprit dès le départ. On leur donne cette chance. Ils peuvent partager des discussions avec des enfants qui viennent d'autres milieux, d'autres cultures. Et c'est très enrichissant. Donc ça, c'est une expérience extraordinaire. J'ai fait la même expérience en Amérique du Sud, où j'ai eu des gens qui étaient très intéressés aussi par l'anglais. J'étais donc professeure d'anglais. Et également par la culture française en général, puisque c'était des écoles français et j'étais au Pérou, donc c'était un lycée franco-péruvien, donc il y avait les deux sections et c'était très bien. Les gens se mélangeaient et en même temps parlaient toutes les langues. Donc je pense que ça c'est une expérience très enrichissante pour l'enfant, pour l'étudiant, pour l'élève et pour les professeurs. Nous avons eu, moi j'ai eu en tout cas cette chance de faire la moitié de ma carrière dans des écoles internationales. Alors après, je suis rentrée ici, j'ai pris ma retraite et j'ai fait dix ans d'enseignement au collège. J'ai enseigné le français à des adultes. Et donc cette attitude que j'avais au départ de vouloir à tout prix assurer mon autorité, de montrer que je savais plein de choses, etc., tout ça, je l'ai perdu, bien entendu, au fil des années. Par contre, j'ai toujours beaucoup appris au contact de mes élèves et j'ai toujours cherché... à en savoir plus aussi. Donc c'est une carrière en fait où on apprend beaucoup si on a envie d'apprendre. C'est quelque chose qui permet de donner. Je suis reconnaissante à la vie. de m'avoir donné cette chance de pouvoir aider, donner un savoir à des enfants, à des étudiants, à des gens, même à des adultes, culturels, linguistiques, et pouvoir partager avec eux des expériences. Je pense que c'est ça, pour moi, qui compte le plus. Enseigner, c'est une vocation. Comme on dit en français, ça veut dire que c'est un appel. On se sent destiné à une carrière. Si on fait ce métier-là par défaut, alors ça ne marchera jamais. Parce qu'il faut aimer les gens qui sont en face de nous pour pouvoir faire un bon travail. Il faut vouloir les pousser pour qu'ils progressent. Il faut vouloir leur réussite. Et c'est ça le métier d'enseignant. C'est vouloir que les autres grandissent et grandir avec eux. Donc je pense que c'est un point important pour que les gens comprennent qu'on choisit ce métier, non pas bien entendu pour réussir financièrement dans la vie, mais... pour essayer d'élargir ses connaissances et de donner et de partager beaucoup de choses avec des gens de publics de milieux très, très différents. C'était mon point aujourd'hui, parce que c'est un point très positif, je pense. Aujourd'hui, pour des jeunes qui veulent enseigner, je pense qu'il faut avoir ces convictions de vouloir aider les autres, de vouloir partager un peu de sa culture, de vouloir aider à résoudre des problèmes, de vouloir aider à... développer la société, parce que finalement, nous aidons. L'éducation aide. C'est la raison majeure pour laquelle certains pays se développent et grandissent aussi. S'il n'y a pas d'éducation dans un pays en tant que tel, ou si l'éducation est médiocre, eh bien, la population et le pays ne risquent pas de progresser, d'évoluer. C'était mon point Aujourd'hui, donnez-moi votre avis.