Face au Sport

Théo Gmur

Media One Group Season 1 Episode 12

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0:00 | 25:41

Théo Gmür, triple champion paralympique de ski alpin, a surmonté une hémiplégie et de graves accidents de jeunesse pour transformer ses épreuves en une force athlétique et solaire. Désormais tourné vers les Jeux de Milan-Cortina, il s'investit parallèlement dans la gestion de projets liés à la santé mentale et à la prévention au sein du mouvement olympique.

SPEAKER_03

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue à Face au Sport. Aujourd'hui, on est privilégié, on va accueillir une vedette du ski alpin, Théo Gmur, trip champion olympique. Mais ce qui est encore plus impressionnant, c'est son parcours de vie, les aléas qu'il a vécu et on se réjouit de pouvoir échanger avec lui.

SPEAKER_00

Théo, salut

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Hello, vous allez bien

UNKNOWN

? Très bien, merci !

SPEAKER_00

Merci d'être aujourd'hui. Triple champion paralympique, c'est assez incroyable. Mais peut-être avant de partir vraiment dans le deep, deep de ta carrière sportive, on aime bien commencer avec une question assez simple. Qui est Théo

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment tu te décris

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment tu te vois à travers tes yeux, à travers ton

SPEAKER_02

cœur

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Le premier mot qui me vient à la bouche, je dirais que c'est passionné de sport dans son ensemble. Bien sûr que le ski alpin fait partie intégrale de ma vie, encore au jour d'aujourd'hui. C'est vrai que j'ai une passion pour le sport en général et je vis avec le sport et grâce au

SPEAKER_03

sport. Théo, raconte-nous un petit peu ta vie, ton handicap, à quel âge il est arrivé. Je crois que c'est lié à un AVC. Tu peux nous dire un petit peu ça, parce que les sportifs te connaissent, mais il y en a peut-être certains qui sont un peu moins fans de sport, ne connaissent pas forcément ton histoire, mais te connaissent en tant que

SPEAKER_02

médaille olympique. Oui, c'est vrai que j'ai une longue histoire avec le sport, mais avant le sport, il y a une une vie d'enfant, une vie d'adolescent. C'est vrai que j'ai eu très jeune, à l'âge de deux ans, durant mon sommeil, cette fameuse nuit l'AVC m'est tombé dessus. Et puis depuis ce jour, on m'a diagnostiqué avec une hémiplégie de tout mon côté droit. Donc ça veut dire que dans mon quotidien, j'ai bien sûr des lacunes au niveau de la force de mon côté droit, de la mobilité de mon côté droit. C'est toutes les choses qui m'handicapent dans mon quotidien, mais je crois que Avec aussi du recul, j'ai eu la chance d'avoir eu ça à l'âge de deux ans justement et finalement d'avoir trouvé des tricks durant toute mon enfance, mon adolescence pour surmonter son handicap et finalement en faire une force.

SPEAKER_03

Tu n'as pas eu que ça quand même. Moi, j'ai lu à 11 ans, il y a un bus qui t'a roulé dessus. Oui,

SPEAKER_02

ça aussi, histoire qui sort de l'ordinaire, je dirais. Première semaine d'apprentissage le vendredi, je me réjouis d'aller fêter ma première semaine d'apprentissage dans donc je vais en direction des cars postaux à la gare de Sion. Et puis là, balaboom, un bus me hape les deux jambes et puis je me retrouve à faire six mois en étant le plus jeune patient de la souva à cette époque-là. Et puis ça, ça a été aussi très compliqué parce qu'au même moment, je perds mon oncle avec qui j'étais proche aussi. Et puis un mois plus tard, au mois de novembre, je perds mon papa. Donc ça a été l'année 2011, ça a été une année, je dirais, charnière dans ma tête aussi.

SPEAKER_00

comment tu rebondis de ça parce que on en parlait encore avant t'es quelqu'un de tellement solaire et tellement positif et c'est vrai que quand on entend ce parcours de vie on se dit mais waouh chapeau comment t'as fait t'as trouvé ta force

SPEAKER_02

je dirais que je l'ai trouvé de deux façons différentes d'un côté j'avais ma maman qui a énormément aussi souffert de mon accident parce que elle savait aussi que c'était compliqué au niveau de la scolarité pour le petit Théo de l'époque Donc elle s'est fait du souci aussi pour savoir si j'arrivais à finir mon apprentissage avec l'accident de cœur. Et puis ensuite, dans un deuxième temps, il y a eu le décès de mon papa. Donc c'est clair qu'à ce moment-là, on se pose des questions. Soit on se laisse tomber et puis c'est la désescalade. Ou alors soit on remondit, on prend les choses en main et puis on y va. Après, c'est clair qu'à l'âge de 15 ans, c'est assez compliqué de se dire ça. Mais pour moi, je n'avais pas le choix. Il fallait que je le fasse. il fallait que je le fasse pour mon papa qui n'était plus là, mais aussi pour maman et mon frère qui m'ont vraiment porté durant ces mois à la Souva et puis aussi par la suite. Tu as fait combien de temps à la Souva

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

J'ai fait six mois. Donc six mois en étant le plus jeune patient. Donc en fait, j'allais aux cours professionnels deux fois par semaine. Ils venaient me chercher à la Souva, ils me ramenaient à la Souva le soir. Et puis ensuite, toute la partie travail, pendant six mois, elle a été mis de côté parce

SPEAKER_03

que quoi tu as eu plein de fractures

SPEAKER_02

alors en fait j'ai eu de la chance enfin la chance de la malchance j'ai eu en fait tous les nerfs qui étaient écrasés au niveau des jambes donc les trois premières semaines les trois premières semaines je les ai passés à l'hôpital de sion et puis j'avais plus aucune sensation dans mes jambes donc ça aussi à 15 ans ça peut vraiment faire peur on se dit est-ce qu'on va pouvoir remarcher un jour et puis en plus de ça j'avais déjà le handicap du côté de donc bien entendu les béquilles on oublie et puis début, c'était le déplacement chez Hollande. Puis ça a vraiment pris du temps après pour retrouver les habitudes de la vie comme marcher, se déplacer puis ensuite faire du sport à nouveau. Et c'est vrai que ça a été à chaque fois dans ma tête, je me suis dit mais finalement fais-le pour ton papa aussi. Je vais y revenir aussi plus tard mais c'est vrai qu'il y avait cette histoire, on a toujours eu cette histoire dans la famille de rêve olympique et puis je voulais pas que mon rêve s'arrête à cause d'un accident. Et puis ce rêve, il est venu de... Il

SPEAKER_03

a émergé comment dans ta famille

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est vrai que c'est une longue histoire. Avec mon frère aussi, qui a fait beaucoup de ski quand il était plus jeune. Après, il s'est tourné vers l'athlétisme. Avec lui, on a fait des courses olympiques dans le pré, devant la maison. On chantait l'hymne national pour absolument tout le voisinage. Sur les tables de jardin qui restaient dehors l'hiver. Puis c'est vrai que ce rêve, il a vraiment commencé là. On faisait des listes, je Je me rappelle, on construisait un tremplin avec mes cousins pour faire du ski. Puis ensuite, on faisait les listes de résultats avec Yanné Ahonen, Simon Hamann, etc. On s'y croyait vraiment. Et puis aussi, il y a une belle coïncidence. Quelques années plus tard, je me retrouve sur ce vrai podium paralympique du côté Pyeongchang. Donc l'histoire, elle est juste

SPEAKER_03

magnifique. Et puis c'est de qu'est née la motivation de t'entraîner pour essayer d'aller aux Jeux

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

ou comment à un moment ou à un autre tu as eu la bascule entre le rêve dans le jardin avec ton frère ou au moment ça devient sérieux

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors il y a souvent dans le jardin avec mon frère et puis il y a aussi toujours vouloir suivre mon frère finalement. J'ai aussi fait de l'athlétisme plus jeune aussi à Sion. Et puis après, j'ai essayé plusieurs autres sports. En fait, je voulais toujours suivre mon frère pour essayer de le battre. Et ça, c'était toujours un objectif dans ma tête. Je n'ai jamais réussi à le faire jusqu'au jour du jour, en tout cas pour mon athlétisme. Et ouais, c'est vrai que ça, ça m'a suivi pendant bien cinq, six, sept ans vraiment j'essayais de donner le meilleur de moi. Et puis finalement, ça aussi inconsciemment, avec du Sur Kyl aussi, je réalise maintenant que finalement d'avoir fait du sport avec les Valides, d'avoir pu intégrer des équipes de Valides ou même des sports individuels entourés de Valides, ça m'a finalement permis de transformer cette faiblesse du handicap en force, parce que chaque fois que j'arrivais, par exemple, je finissais une course de ski, puis j'arrivais au fond, puis je voyais que je me prenais 6-7 secondes sur des athlètes valides, je me disais, mais il y a un truc qui ne va pas, il faut que tu t'entraînes, il faut que tu deviennes plus fort, il faut que tu sois plus vite.

SPEAKER_00

Tu disais dans un interview, j'ai lu, c'était très joli, je trouvais que tu disais que tu utilisais ton handicap comme une marge de progression, en fait. C'est comme ça que tu le voyais un peu.

SPEAKER_02

Exactement. D'un côté, il y avait le côté sportif et puis aussi l'autre côté à l'école dans ma vie de tous les jours en fait je voulais je me rappelle de moments j'étais chez moi à la maison avant de partir à l'école le matin je me disais met la main dans ta poche comme Jamel Debouze par exemple parce que je voulais que mon handicap se voie le moins possible et ça dans le sport après aussi j'ai au final j'ai m'habituer à ce handicap et puis je l'ai aussi finalement apprivoisé pour, par exemple, le transformer d'une faiblesse, par exemple, la faiblesse physique au niveau de la force de ma jambe droite, en travaillant, en faisant des séances de physio et d'ergotherapie, ça m'a justement permis de créer une force de

SPEAKER_03

ce côté-là. Tu as souffert pendant ton adolescence

SPEAKER_02

avec ton handicap

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Énormément. Du regard des autres, mais aussi de mon propre regard sur mon handicap. Parce que, par exemple, dans le sport, je me rappelle au hockey, ou des fois pendant... 5-10 minutes, j'arrivais à suivre les autres. Puis au bout d'un moment, il y avait la fatigue qui prenait le dessus et ça, ça a été ultra compliqué dans la tête. Puis après, bien entendu, il y a eu tout le côté moqueries à l'école, etc. Donc je dirais que ma santé mentale à ce moment-là a aussi été très, très touchée. Il faut entendir quand on entend des moqueries, par exemple à l'école, on vous dit le boiteux à longueur de journée, ça marque, ça marque un enfant. Et c'est vrai qu'il a aussi fallu rebondir par rapport à ça et je crois que ça ça a aussi été un déclic dans ma tête au moment de l'accident de carles en 2011 justement je me suis aussi remémoré tous ces moments de mon adolescence en me disant mais t'as pas le droit de défendre et tu dois te battre

SPEAKER_03

mais tu trouves cette force théo parce que la france finir tu te prends des délits si on parle un peu sportivement des lattes et des lattes après tu es tu es debout on reviendra un peu sur tes succès à pyongchang et le trou derrière, mais tu vas chercher cette force à la fin

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

C'est compliqué.

SPEAKER_00

La famille, elle t'aide

SPEAKER_03

beaucoup. C'est inné, la famille, c'est

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

C'est comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je pense que ça vient aussi de la famille et de tout ce qu'on m'a apporté, que ce soit sportif, que ce soit professionnel aussi. À l'époque, mes parents ont énormément fait pour que je me sente intégré finalement dans cette société. Et je me suis dit aussi à plusieurs moments... Toujours gros moment de ma vie, je me suis dit mais avec tout ce qu'on t'a donné, tu n'as pas le droit d'abandonner. C'est impossible. Tu ne peux pas. Le seul moyen, c'est de rebondir et puis de montrer que la vie La vie vaut le coup d'être vécue à pleines dents et puis vraiment de la vivre, cette vie. Et puis aussi, par exemple, le décès de mon papa je me suis dit que la vie peut s'arrêter du jour au lendemain comme ça et ça va trop vite. Du coup, profite du moment présent, profite d'être et avance dans la vie.

SPEAKER_03

Pyeongchang, comment t'arrives à Pyeongchang

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

On va parler de Pyeongchang, mais comment t'arrives

SPEAKER_02

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Nous, c'est un beau chemin, il faut se battre, il y a beaucoup de résilience, il y a beaucoup de choses qui se mettent en place aussi, mais comme on le sait dans certains sports plus médiatisés, comme le ski para en l'occurrence, ça a été très compliqué aussi de créer justement une « structure professionnelle ». Et puis ça, justement, jusqu'en 2011, mon papa était pour le faire. Puis ensuite, on arrive après 2011. Parce que

SPEAKER_00

tu l'as créé toute seule, ta structure professionnelle. Parce que si on compare Swiss Ski, c'est une fois que le skieur a intégré la structure, tout est pris en charge, tout est pris en main. Mais Paraski, du coup, c'est différent.

SPEAKER_02

Paraski, c'est clairement différent. Il y a deux fédérations qui s'occupent des athlètes paras. Donc il y a SPFAO pour les personnes en chaise roulante et puis Plusport pour les personnes en chaise roulante. personne debout, comme c'est mon cas. Et c'est vrai que aussi, c'est compliqué parce que finalement, déjà on est romans, donc on est désavantagé, ça on le sait. Et puis après, il y a vraiment ce côté de finalement, quand je suis arrivé au premier championnat suisse en 2010, ils m'ont dit c'est super, tu as fait un podium, viens dans l'équipe nationale, j'étais là, mais super, il y aura toute une structure, ça serait incroyable. Puis finalement, je me suis retrouvé jusqu'en 2016, par exemple, de refaire mes skis, tout avant les courses. Physio, on n'avait pas de physio. Le premier physio qu'on a eu fixe sur une saison, c'était en 2017. Donc nouveau, toutes ces années de 2011 à 2016-2017, il a fallu tout mettre en place de mon côté. Donc au bout d'un moment, c'est soit on suit la fédération et puis on a une progression qui est faite des hauts, des bas, ou alors soit on prend les choses en main et puis si ça marche, ça fait

SPEAKER_03

comme ça. Tu penses que c'est cet état d'esprit que tu as ou cette approche qui a fait que tu aies été aussi performant

SPEAKER_02

à Pyeongchang

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, clairement. Et puis je dirais aussi ce côté battant. Vraiment, à chaque fois, à chaque moment je me disais « ça ne va pas, je me rappelle, les premières courses FISE auxquelles j'ai pu participer, 2012-2013, je me prenais au début 13-14 secondes sur deux manches. Et puis, six ans plus tard, c'est moi qui leur mettais la misère. Voilà, c'est aussi ça qui est beau, je trouve, dans ce parcours. C'est vraiment ce côté battant. Il n'y a pas tout qui a été beau. Il n'y a pas tout qui a été bien fait. Mais je crois que dans mon parcours, j'ai aussi eu beaucoup de chance que ça marche finalement.

SPEAKER_03

Pyeongchang, comment ça fait que tu as tout éclaté

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

J'étais dans un tour, je crois que vous connaissez C'est ça aussi les deux dans le sport. D'ailleurs, j'étais à Berlin pour voir ta course avec mon frère. aussi, j'ai ressenti justement ce flot. Et puis je me suis dit, mais au final, c'est ça qu'un athlète recherche. Ce sentiment de flot, c'est vraiment quand rien ne peut nous arrêter. Je me rappelle, deuxième course à Pyeongchang, je venais faire ma première course aux Jeux, première médaille d'or. Le lendemain, je prends le départ du Super-G et puis je fais un atlas tout bête à six portes de l'arrivée, je me retrouve sur la fesse donc normalement on fait un intérieur,

SPEAKER_01

la

SPEAKER_02

course elle est terminée, tu rentres à l'hôtel et puis tu te mets dans ton lit et puis tu pleures et puis en l'occurrence j'arrive à six portes avant l'arrivée, je fais cet intérieur et puis je ne sais pas d'où je me relève et puis c'est vraiment pour moi c'est vraiment la plus belle définition de ces jeux pour aussi décrire ce sentiment de flot finalement. J'ai l'impression même les jours j'étais fatigué, je n'avais pas les jambes, tout marchait. Après, d'expliquer pourquoi,

SPEAKER_03

ça... Il y a une part de secret, il faut qu'elle reste. L'après Pyeongchang, c'est l'euphorie. Qu'est-ce qui se

SPEAKER_02

passe

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est la découverte d'un nouveau monde. Il y a l'avant et l'après Pyeongchang. Quand je rentre à Zurich après Pyeongchang, je ne me rends pas forcément compte de ce qui va se passer. C'est clair qu'en tant qu'athlète paralympique, sport très peu médiatisé à ce moment-là, ça a été un gros boom, pas que pour moi, pour la fédération aussi, pour Swiss Paralympic aussi, parce que c'était la découverte finalement de ce que c'est vraiment la médiatisation, et puis ce que c'est vraiment aussi la professionnalisation de nos sports finalement, parce que il y a le côté sportif, il y a le côté performance, mais le côté extra-sportif avec médiatique, sponsoring, business, etc., ça c'était des choses encore assez tard dans nos fédérations à ce moment donc heureusement ou malheureusement je sais pas ça dépend de quelle période on parle mais c'est vrai que ça a été ça a été très compliqué aussi à gérer ce côté

SPEAKER_00

il ya des choses quand tu as réussi à changer des choses ça a fait changer des choses que maintenant tu vois encore l'impact oui

SPEAKER_02

non je pense ça a changé aussi beaucoup de choses au niveau de nos sports ça nous a permis de nous professionnaliser puis finalement de regarder ce qui se fait chez les valides. Et puis, pas de faire un contrôle C, contrôle V, mais je dirais de vraiment permettre à notre sport d'évoluer dans tous les sens, au niveau de la préparation physique en été, des soins, de plein de choses aussi avec l'armée. Ça, c'est un exemple un peu plus concret aussi. Les athlètes paralympiques n'étaient pas acceptés du côté de ma colline jusqu'à début 2021, sauf erreur. Et aussi, j'étais à ma colline à ce moment-là, après les Jeux, puis on a eu des discussions pour justement essayer d'intégrer aussi les athlètes para. Donc finalement, il y a plein de petites choses qui sont arrivées grâce à mes succès. Puis j'en suis fier aussi et honoré d'avoir pu amener cette petite touche, je dirais, de ce côté-là aussi.

SPEAKER_03

Tu penses qu'il y a un peu un Théo avant Pyeongchang, puis un Théo après

SPEAKER_02

Pyeongchang.

SPEAKER_03

Comme un Théo avant 2011 peut-être et après 2011. Clairement, il y a...

SPEAKER_02

Pas que pour moi, mais aussi, je pense, les gens qui m'ont entouré aussi à ce moment-là, que ce soit ma maman, mon frère aussi, qui ont aussi vécu finalement ce moment, ces moments-là, de doute total, à se poser des questions, à savoir si demain, en me réveillant, j'allais pouvoir à nouveau skier comme je l'avais fait en 2018. Ça, c'est des choses qui me sont venues en tête plusieurs nuits d'affilée après Pyeongchang, je me disais, mais qu'est-ce qui se passe

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

J'avais l'impression d'être sur une autre planète. Et

SPEAKER_03

puis bon, il y a un moment ou un autre, il y a eu une rechute. Il y a eu une chute. D'après Pyeongchang, comment tu as géré cette période-là avec l'expérience du passé aussi

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Parce qu'aujourd'hui, quand on te parle et qu'on t'a ici, on a le sentiment que tu commences à être dans une forme d'équilibre intérieur et de balance avec les bonnes chutes. En fait, tout est une bonne expérience, mais avec les aléas de la vie en dehors du sport et dans le sport. Comment tu as travaillé tout ça aussi et tu as évolué

SPEAKER_02

là-dedans

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je dirais que c'est aussi C'est aussi la maturité qui a amené ça.

SPEAKER_00

Bon, t'as pas encore de cheveux gris.

UNKNOWN

Il les cache.

SPEAKER_02

Ça arrive, ça arrive. Non, mais je dirais, heureusement, il y a le cas de ski. Mais non, c'est vrai que c'est compliqué, ce parallèle entre j'ai rien du tout et je rentre de Pyeongchang et j'ai tout entre mes mains. Mais après, il y a ce côté accompagnement qui a été difficile parce que j'ai au début été beaucoup livré à moi-même. Et justement, tous les doutes que je n'avais pas avant, durant Pyeongchang, par exemple, durant toute la saison 2017-2018. C'est des choses qui me sont vraiment tombées dessus du jour au lendemain après Pyeongchang. Et puis, ça, il faut aussi gérer. Et puis, je dirais qu'il y a vraiment... Pour rebondir aussi sur ce côté accompagnement, pour moi, c'est primordial aussi parce que finalement, on ne se rend pas compte quand on est athlète para, tout d'un côté, ça compte énormément pour la santé mentale aussi.

SPEAKER_03

T'es suivi aujourd'hui par un... préparateur mental, psychologue du sport.

SPEAKER_02

J'ai eu la chance aussi d'avoir pu rencontrer Dominique Guisin quelques mois après le succès de Pyeongchang et puis à ce moment-là, elle m'a beaucoup aidé pour la partie sponsoring et puis elle m'a aussi dit justement qu'elle avait côtoyé un grand coach mental suisse, Chris Marcoli, suisse-allemand. Et puis du coup, je suis suivi par Chris depuis quelques années maintenant Et puis, c'est vrai que ça m'a beaucoup aidé. Après, comme on dit, quand on se retrouve au départ, on est seul face à nous-mêmes. Donc, c'est des petites choses qui peuvent aider au niveau de la visualisation, de la respiration, etc. Mais c'est vrai qu'après, il y a certains moments on est tout seul.

SPEAKER_03

Les Jeux de 2022 à Pékin, tu ramènes entre guillemets toutes proportions gardées qu'une médaille, médaille de bronze. Est-ce que pour toi, celle-là, elle a pratiquement la même valeur que tes trois médailles 4 ans avant, au vu de la période difficile que tu as passé aussi après les jeux de

SPEAKER_02

Pyeongchang. Je dirais que c'est un sentiment qui était un peu différent aussi. Contraste total avec Pyeongchang. J'arrive avec mon ménisque interne partiellement déchiré à Pyeongchang, je ne le savais pas. Et puis, pour moi, c'était différent parce que justement à Pékin, pas toutes les pièces du puzzle étaient alignées comme je le voulais. Je n'avais pas ce sentiment de de flow total avant d'arriver du côté de Pékin. Donc je dirais que la valeur de cette médaille, oui, elle est belle parce que c'est aussi devenu une descente mythique avec ce fameux canyon avant l'heure d'arriver. C'est vrai que c'était l'une des pistes les plus compliquées qu'on avait eues jusqu'à ce moment là. Et pour moi, c'était aussi la médaille que j'attendais le moins en descente. Pour moi, elle a une valeur certaine, mais c'est clair que je garderai toujours en tête la toute première course, la toute première

SPEAKER_03

médaille d'or. Milan, la suite, comment tu te projettes un petit peu

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

J'ai lu, tu me corriges si on est faux, tu vas faire toutes les disciplines

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Parce que la piste le terrain le permet, c'est un sacré challenge.

SPEAKER_00

On

SPEAKER_03

adore.

SPEAKER_02

Mais t'es au taquet ou ça se passe comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Au niveau du flot, on est comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Au niveau du flot, on est sur une phase ascendante. exactement non je crois que ouais j'ai aussi plus vraiment cette insouciance de mes premiers jeux mais je veux vraiment arriver frais à ces jeux pas fatigué puis vraiment de me dire que ça risque bien d'être mes derniers jeux aussi donc je veux vraiment vivre ce moment pleinement les deux dernières éditions j'ai pas eu la chance d'avoir ma famille mon entourage etc qui viennent voir les courses ils seront donc tous les jours j'aurai des copains différents des membres de la famille Ferrand qui viendront me voir. Donc ça sera aussi une expérience, pas que pour moi, mais pour eux aussi.

SPEAKER_03

Puis Théo, il fait quoi après 1000 ans

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Professionnellement, tu veux faire quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

C'est

SPEAKER_00

quoi la suite de ta vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu penses à la

SPEAKER_02

reconversion

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors, j'ai déjà réfléchi bien avant ça. Justement, quand je me suis blessé après les Jeux de 2022 aux genoux, au début, j'ai eu rupture partielle du ménisque. Ensuite, j'ai eu croisé aussi. Puis je me suis fait opérer. Puis à ce moment-là, je me suis dit, t'as fait ma colline, t'as fait des remplacements scolaires pendant de longues années. Je me suis dit, maintenant, c'est le moment de voir vraiment ce que c'est de travailler. La vraie vie, en quelque

SPEAKER_03

sorte. La vraie

SPEAKER_02

vie, c'est le sport. Et pour moi, en tout cas, travailler, c'est la vraie vie. Le sport, c'est la passion.

SPEAKER_03

D'accord.

SPEAKER_02

On ira parler à Thomas. Et puis c'est vrai que pour moi, il y a ce côté de justement... trouver quelque chose qui me convienne et puis je voulais bien entendu rester dans le sport. Puis j'ai eu la chance d'avoir des contacts avec le comité olympique à Lausanne, puis j'ai eu la chance d'avoir pu faire un peu moins de deux ans du côté de Lausanne dans le département justement médical et scientifique avec toute gestion de projets sur la santé mentale et puis aussi la prévention contre le harcèlement et les abus envers des athlètes. Ça pour moi ça a vraiment été une ouverture sur ce que je vois faire aussi par la suite. Alors là, bien entendu qu'il y a les Jeux de Milan-Cortina, donc pour l'instant je me focus là-dessus, mais c'est vrai que j'essaye déjà de voir un peu comment va se passer la suite. Peut-être que ce sera du côté du CIO, peut-être ailleurs, mais en tout cas j'espère vraiment rester dans le sport. Et puis, comme on le sait, il y a aussi les Jeux de 2038 normalement en Suisse.

SPEAKER_03

On espère, Théo, on espère.

SPEAKER_02

Pourquoi pas aussi, en quelque sorte, redonner ce qu'on m'a donné, ou plutôt ce que les Jeux m'ont donné via ce projet-là.

SPEAKER_00

C'est important, je pense effectivement que les athlètes, on est les deux encore très impliqués dans le sport, mais qu'on arrive à rester dans cet univers du sport. Et puis, comme tu le dis, moi, j'ai toujours dit aussi, redonner ce que le sport nous a apporté. C'est une magnifique école de vie. Et puis, c'est tout ce qu'on peut te souhaiter. Et surtout, je pense, le plus grand succès pour toi à Milan, on sera là. Moi, je ne serai pas sur place, mais derrière nos écrans, pour sûr. Et puis, on te souhaite Merci beaucoup pour cet échange. C'était toujours, comme d'habitude, très passionnant. Et nous, on vous dit à dans deux semaines.