Face au Sport

Maud Mathys

Media One Group Season 1 Episode 14

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0:00 | 24:30

Maud Mathys, athlète d'élite, a prouvé que la maternité peut devenir un tremplin de performance, ses plus grands succès en course de montagne étant survenus après ses deux grossesses. Prônant l'adaptabilité plutôt que la rigidité des plans d'entraînement, elle a su intégrer ses enfants à sa pratique sportive tout en soulignant l'évolution positive des structures d'accompagnement pour les sportives

SPEAKER_01

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans notre émission Face au sport. Aujourd'hui, on a la grande chance d'accueillir Maud Matisse pour parler d'une thématique qui nous tient vraiment à cœur, le sport et la maternité. Maud Matisse, c'est une grande athlète de course de montagne, mais passionnée de plein, plein de sports, de ski alpinisme, de course sur route. Donc voilà, on se réjouit de t'accueillir et bienvenue à toi Maud. Merci, bonjour. Salut Maud. Du coup, première question, c'est vrai que moi je t'ai connue déjà, enfin petite, c'est vrai qu'on foulait les tartans ensemble. Ta maman était coach à Vevey. Et pour moi, c'est vraiment la définition de la passionnée du sport, à faire l'athlétisme, j'ai dit en introduction, les courses de montagne, le ski alpinisme, etc. Donc, peut-être ta passion pour le sport, si tu peux nous en parler.

SPEAKER_02

Oui, c'est vrai que j'ai baigné durant mon enfance, sur ces stades, dans l'athlétisme. Mes parents étaient très sportifs. Mon papa faisait déjà du marathon. Ma maman a fait de l'athlétisme avant d'être... entraîneur. Et puis, pour moi, c'était normal de bouger, de m'entraîner. Alors au début, c'est clair que je crois que j'ai commencé vers les 8-9 ans. C'était une fois par semaine. Puis après, c'est deux, c'est trois, c'est quatre. Et puis, je me rappelle à partir de 14-15, peut-être même un peu avant 13 ans, j'ai vraiment crochet. Et puis là, c'était cinq fois par semaine. Et puis, mon enfance, c'était dédié à ça. les souvenirs que j'ai, c'est vraiment les entraînements, les copines. On était vraiment un bon groupe et puis on a évolué ensemble comme ça. Ouais, c'était des belles années.

SPEAKER_00

Il n'y avait pas que le sport dans ta vie. J'ai vu que tu as fait des études quand même. Comment tu as concilié ça? Parce que je crois que c'est quand même important d'avoir quelque chose à côté. Tu as fait ça comment?

SPEAKER_02

Bon, alors, quand j'étais en école obligatoire, voilà, j'allais comme tout le monde à l'école la journée, le soir, les entraînements. Et Et puis les week-ends, je travaillais parce que j'étais quelqu'un qui avait besoin de beaucoup travailler pour avoir des notes passables. Donc voilà, les journées étaient bien remplies. Et puis après, j'ai fait une école d'infirmière. Non, d'abord, j'ai fait le gymnase. Donc d'abord, la première année normale, standard. Et puis ensuite, j'ai eu la chance de pouvoir faire les deux dernières années en gymnase sport-études. Donc là, on avait le matin... et puis l'après-midi était libre pour s'entraîner. Tu as fait Auguste Piccard à Lausanne. Auguste Piccard à Lausanne, oui. Donc là, c'était... Donc j'avais déjà 15 à 18 ans. Et puis je commençais à avoir des bons résultats en athlétisme, notamment au saut à la perche. Tu te rappelles bien. Et c'est ce qui m'a permis d'intégrer ce gymnase sport-études. Donc là, c'était un peu plus facile à concilier. Mais j'ai jamais eu vraiment de difficultés à concilier. les deux choses. Oui, je travaillais comme pas mal pour l'école, mais les entraînements, ça ne durait pas non plus. Ce n'est pas cinq heures par jour. On faisait une heure et demie, deux heures le soir et puis

SPEAKER_00

voilà. Puis vient d'où ce besoin de faire toutes ces disciplines, d'essayer, de changer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est une bonne

SPEAKER_02

question. Ça a commencé quand

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

En fait, ça a commencé... Il n'y a pas vraiment de début. C'est que ma maman faisait partie d'abord de la F.E. qui était une société de gym. Mon papa était aussi au comité. Il a même fait président, je crois, quelques années. Donc, voilà. Pour moi, c'était normal. Il n'y a pas eu un début. Il me semble que dès que j'ai... Dès que j'ai eu mes 5-6 ans, j'ai commencé à intégrer les cours de la gym, ensuite l'athlétisme. Et puis, ça s'est fait naturellement, en fait, parce qu'on était un bon groupe de copines qui avaient évolué et qui se boostaient, se tiraient les unes des autres. Et puis, je pense que j'ai ça quand même en moi, ce désir de performer, de me comparer, de faire de la compétition. Par contre, la course à pied est venue. Après, c'est-à-dire qu'à partir de la fin du gymnase, 18 ans, je commençais à en avoir un peu marre de ces stades. Ça faisait des années que j'étais dessus, que je côtoyais les mêmes personnes, même si je me suis divertie. J'ai vraiment fait plusieurs disciplines. J'avais un besoin de changement.

SPEAKER_01

Parce que la perche, c'est loin du sport d'endurance. Tout à fait. C'est vrai

SPEAKER_00

que c'est un peu... C'est pas le

SPEAKER_02

même effort. Je sentais que j'avais ce besoin de... Ouais, d'efforts un peu plus longs, de transpirer, de pas toujours cet aspect technique on court, voilà, c'est 20 mètres de course, puis après, repos. Et puis moi, je commençais à avoir besoin de vraiment sentir mon cœur battre, de m'évader, de voyer ces montagnes aux alentours du stade. J'avais envie de... Ouais, de te faire un

SPEAKER_00

peu plus... Bon, t'as dit dans un article, t'as dit, je sais que je vais souffrir, que je vais avoir mal, que je vais transpirer. Puis tu dis, j'adore ça. T'arrives à expliquer un peu

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ouais, je me sens vivante. Je sens que je travaille mon corps. Je sens que... Ouais, que je fais du bien. Bien sûr que le sport à extrême n'est plus vraiment du sport santé, mais j'ai l'impression de faire du bien à mon

SPEAKER_01

corps et puis après, je suis bien. Le fait d'être en pleine nature aussi, tu penses que c'est un impact plus que vraiment la performance sportive, endurance

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, oui, la

SPEAKER_02

nature, le fait d'être dehors, j'ai besoin d'être dehors quotidiennement, mais après, pas forcément pour faire du sport parce que si je le fais à l'intérieur au fitness ou autre, après, rien que le chemin du retour à vélo ou d'aller marcher une heure après le soir avec mise en fond ou autre, ça me suffit. Je n'ai pas besoin de faire vraiment du sport en plein air.

SPEAKER_00

Moi, je dois quand même couper une petite proportion gardée parce que là, au monde habite, c'est je travaille. On a une petite montée entre Long et Villars, c'est 10 km. C'est une pente comme ça. Pour elle, le petit sport, pour aller s'entraîner,

SPEAKER_01

c'est de monter de long à Villars. Je l'ai vue d'ailleurs une fois, elle venait faire son décrassage, elle allait au sauna.

SPEAKER_00

C'est juste pour poser le

SPEAKER_01

câble. Moi,

SPEAKER_00

je monte ma voiture, mais c'est pour poser le câble.

SPEAKER_02

C'est vrai que pour moi, c'est naturel. C'est naturel, maintenant. Ouais, puis j'ai besoin de plus en plus. Avant, monter au Longue-Villard, ça me prenait une heure et quart. Puis maintenant, ça me prend 40 minutes. Alors, je fais 40 minutes, puis je me dis, bon, voilà, j'ai fait mon décrassage. Donc, ouais, c'est vrai qu'avec les années, on progresse. Et puis, une petite balade... Enfin, non, une grande balade d'avant, ça vient un petit décrassage.

SPEAKER_00

Une grande balade, c'est quoi, maintenant, pour toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Trois heures de

SPEAKER_02

temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est pas si long parce que je ne suis pas quelqu'un qui aime passer des heures au sport et des heures en montagne. Je ne suis pas comme un Kilian Jornet ou d'autres icônes du trail qui peuvent passer leur journée en montagne. Moi, j'aime faire mon sport, j'aime transpirer, j'aime souffrir, j'aime faire quelque chose. Et puis après, c'est fait. Puis me poser, puis passer à autre chose, puis voilà, faire autre

SPEAKER_01

chose. Cuisiner, manger. Si on vient sur la thématique de la maternité... Je ne sais pas si c'est faux de dire que tes gros résultats internationaux avec des médailles en course de montagne sont arrivés une fois que tu étais maman, si je ne me trompe pas. Oui, c'est juste. Moi, je trouve ça très intéressant parce qu'on entend beaucoup ces athlètes qui ont été très performants, qui font une pause bébé, qui reviennent ou certaines ne reviennent pas mettre fin à leur carrière. En fait, c'est intéressant parce que c'est C'est arrivé après. Et du coup, c'est quoi le rôle de la maternité sur ta motivation, tes entraînements, ta vision du sport

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Enfin, toutes ces

SPEAKER_02

choses-là. Alors, il y a eu deux... J'ai deux enfants, donc il y a eu deux grossesses. Les deux ont été très différentes parce que la première grossesse, je n'étais pas encore athlète élite. Je commençais à avoir des bons résultats. Donc, c'était au début... enfin non, c'était à la fin de ma formation d'infirmière, parce que oui, j'ai fait une formation d'infirmière après le gymnase. C'est venu, j'avais 22, 23 ans, quand je suis tombée enceinte. C'était pas prévu. C'était prévu quelques années après, mais pas tout de suite. Et puis, je commence à avoir des bons résultats, mais je faisais pas partie des cadres nationaux, j'étais pas encore pro. J'étais vraiment au début de ma carrière. Et puis, quand je suis tombée enceinte, c'était génial surprise et puis j'ai adapté un petit peu ma pratique mais sans pression je me suis dit bah voilà je vais je vais faire cette grossesse accouché et après je reprendrai le sport on verra bien j'avais

SPEAKER_01

voilà c'était sans ambition de

SPEAKER_00

chercher des médailles et ça s'est passé un peu comme ça il ya des éléments qui ont été un peu perturbateur parce que je pense c'est compliqué quand on a fait du sport de haut niveau comment ça en fait faire, on a une maîtrise totale de son corps. C'est clair. Tout d'un coup, il commence à se modifier,

SPEAKER_02

non

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Mais je l'ai vraiment bien pris parce que je me suis dit, voilà, ça fait juste une année de pause, compétition, je m'entraînerai comme je peux. Alors, en ce temps-là, c'était encore mal vu de continuer à faire le sport en étant enceinte. Donc, j'ai beaucoup posé des questions à gauche, à droite. On me disait à partir du cinquième mois, non, mais il ne faut plus courir et tout. Alors, j'ai arrêté de courir, mais je sentais que ça me faisait du bien de continuer à faire du sport. Alors, je me suis plutôt écoutée, moi, sans aller dans les extrêmes. C'était un peu plus ça, le challenge, c'est de continuer à faire du sport malgré ma grossesse. Aujourd'hui, on est complètement autre,

SPEAKER_00

mais voilà. Tu

SPEAKER_02

étais un peu extraterrestre à cette époque

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, je dirais pas extraterrestre, mais je me faisais confiance. Il y a moins d'informations aussi que maintenant. Il y a nettement moins d'informations, oui. Et puis, en même temps, je n'avais pas de plan d'entraînement à suivre. Je n'avais pas de compétition. Enfin, voilà, je n'avais aucune pression. Je n'avais pas de sponsor. Oui, des petits partenariats locaux, voilà, tacites, quoi, avec des amis. Mais... Donc, ça s'est fait comme ça. Et puis, quand... Voilà, quand j'ai accouché... En fait, j'ai pu continuer à faire, donc, mon sport. Et je pense que j'ai acquéri une masse musculaire durant ces 9 mois, parce que... Ben voilà, on devient de plus en plus lourde. Mon corps se modifiait, mais ça me dérangeait pas. J'acceptais totalement. Et puis j'ai pas pris non plus beaucoup de poids. J'ai pris 9 kilos, je crois, en tout. C'est pas beaucoup. Ça va. Par rapport à d'autres. Et puis, quand j'ai accouché, au début, c'est très difficile de retrouver les sensations parce qu'on se sent vraiment faible. J'avais plus de souffle. Le premier mois était très, très dur. En plus, j'ai eu une césarienne, donc j'étais... J'étais vraiment pliée en deux, j'avais mal à la cicatrice. Par contre, ça a vite donné le tour. Et puis, quatre mois après, j'ai pu commencer à refaire des compétitions. Et là,

SPEAKER_01

ma surprise... T'as eu un avant-après, vraiment

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Physiquement

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ou tu t'es sentie plus forte après

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je me suis sentie beaucoup plus forte. Plus d'endurance, plus de muscles, plus puissante.

SPEAKER_00

Mais c'est, tu penses, mental

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, est-ce que

SPEAKER_02

c'est la pause

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

d'une année qui m'a permis

SPEAKER_02

de récupérer. Ça fait un bol d'air frais. Mais je pense qu'il y a quand même physiologiquement... Je pense qu'il y a eu les entraînements d'avant-grossesse qui ont commencé à porter leurs fruits, plus l'année de grossesse j'ai peut-être fait plus de musculation, avec plus de poids. Ça a peut-être fait la différence. Je n'ai pas non plus explosé mes chronos, mais mais il y a eu un…

SPEAKER_00

Ah, c'était en course

SPEAKER_02

à pied

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ça, c'était en course à pied. OK. Et puis ce calpinisme, donc juste après ma grossesse, là, je me dis, OK, j'ai envie de faire le kilomètre vertical de Fuy. Je

SPEAKER_00

ne sais pas si vous connaissez. Oui, oui, bien sûr. Ça, c'est une compétition… Non, je suis bien devant la télé à le regarder, mais je regarde Maud le faire et toi

SPEAKER_01

bientôt aussi. Je dirais le faire sur les caméras une fois. Attention, t'es filmé. Ça, c'est une compétition

SPEAKER_02

qui réunit des coureurs à pieds et des skieurs alpinistes, parce que c'est très raide, et c'est un peu le test de début de saison des skieurs alpinistes. Puis moi j'y vais, voilà, en me disant peut-être que je vais faire un bon chrono, parce que je me sens bien. Je voyais sur les parcours d'entraînement que j'étais bien en montée. Et puis à ce jour-là, je crois que je gagne, ou est-ce qu'il y avait la championne du monde des skis alpinistes, et puis je finis deuxième, mais je finis pas loin des meilleurs chronos. Et là, je suis repérée par l'équipe suisse de ski-alpinisme, qui me disent, ah, mais tu serais pas intéressée. Et puis, j'avais commencé un petit peu à en faire avec mon mari, Jean-Marc. Donc, je connaissais un peu ce milieu-là. Et puis, c'est que ça a commencé comme ça, au fait, le ski-alpinisme. C'est que j'ai été repérée, j'ai pu faire la saison avec, j'ai allé à quelques Coupes du monde, juste pour voir ce que ça donne. Et puis, ça a plutôt bien marché dès le début. Je vous ai dit, c'est mon résultat.

SPEAKER_00

Bonne première grossesse, si on peut s'exprimer ainsi. Bien récupéré, augmentation de la perf. Tu as dit que les deux grossesses étaient totalement différentes. La deuxième

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors la deuxième, c'était en 2015. Donc ça fait déjà trois ans que j'étais dans l'équipe nationale de ski alpinisme. Je commençais aussi à avoir des bons résultats en trail, en course à pied. Et puis là, en 2015, je me dis, ça serait quand même bien. Ça fait déjà trois ans que... On a le premier enfant. J'avais ce besoin d'avoir le deuxième à ce moment-là. Et puis, alors, il faut savoir que j'avais déjà des problèmes hormonaux quand j'étais adolescente. Et là, ça ne s'est pas fait comme ça. J'ai prendre un traitement. J'ai galéré un petit peu pour avoir ce deuxième enfant. Finalement, je suis tombée enceinte, avec pas mal de galères, mais je suis tombée enceinte. Et j'ai fait vraiment un... Là, c'était vraiment une parenthèse dans ma carrière. Mais comme la première grossesse, c'était super bien passé, pour moi, j'étais confiante. Je me suis dit, OK, c'est une parenthèse. C'est un reset. J'ai besoin de souffler pendant une année. Ça me fait une bonne pause psychologiquement et physiquement. Et puis en 2016, j'accouche. Puis en 2017, je reprends les compétitions. Pour moi, c'était logique, facile. Ça, c'était ton plan. C'était le plan. Mais au fait, ça s'est passé comme ça. Ah

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Oui, ça s'est passé comme ça, c'est juste que... Je m'attendais à une autre fin. Non, non, ça s'est passé comme ça. Les deux grossesses se sont passées merveilleusement bien. Par contre, elles étaient différentes dans mon mindset. Parce que la première fois, je n'avais pas de pression. Je me disais, même si je ne reprends pas les compétitions, si je ne reprends pas le sport comme je le veux, ce n'est pas grave. J'ai mon diplôme d'infirmière, je fais infirmière, enfin voilà. Par contre, le deuxième... Tu avais des attentes. J'avais des attentes. Tu voulais vraiment revenir. de l'équipe nationale, je voyais que je pourrais peut-être faire une carrière dans le sport, donc j'avais envie de revenir le plus vite possible pour

SPEAKER_00

pouvoir... Mais c'était une pression, ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

T'as quand même pu apprécier toute ta grossesse

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ou tu sentais une pression

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment tu ressentais ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était

SPEAKER_02

plutôt une pression personnelle, mais comme la première grossesse, c'était super bien passé, puis que j'avais eu vraiment un... que ça m'avait fait un tremplin pour performer, ben là, je me suis dit super, ça va me refaire un tremplin pour encore encore plus performée. Donc, c'était une pression plutôt que je me mette à moi-même, mais je l'ai vraiment bien vécu. Et puis, en fait, pour moi, il n'y avait pas de... que ça se passe mal. J'étais sûre que ça allait bien se passer et puis que j'allais continuer, enfin, continuer et... on va dire...

SPEAKER_00

Puis ça a été le cas

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, ça a été le cas.

SPEAKER_00

Même après, il n'y a pas eu une petite dépression, un coup

SPEAKER_02

de mou

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non. Après la deuxième naissance

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, j'ai pas eu de... Non. Alors, il y a toujours des coups de moins bien. Ce n'est pas facile. J'ai aussi allaité. Donc, ce n'est pas facile de gérer les entraînements avec l'allaitement, les nuits qui sont super courtes. Comment tu fais

SPEAKER_01

cette gestion? Comment tu fais? Je ne suis pas la seule. Non, tu n'es pas la seule, mais je pense qu'il y a quand même beaucoup... C'est de plus en plus fréquent que les mamans veulent revenir. Et puis, c'est vrai que... Moi, je ne suis pas maman, mais je vois ma soeur, mes soeurs qui sont mamans, puis plein de gens autour de moi, puis... Logistiquement, c'est difficile. Tu veux aussi être pour les enfants. C'est quoi une semaine

SPEAKER_02

type

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

J'ai eu pas mal de chance aussi parce que quand j'ai eu le deuxième, la première, elle a commencé l'école. Ça fait déjà plus qu'un à la maison à gérer. Ça, c'est déjà assez cool. Et puis, je n'avais pas de... d'horaire d'entraînement, puisque la course à pied, ça se fait, ou même le ski alpinisme, ça se fait seule, enfin, voilà, 90% du temps. Donc, si tout d'un coup, je me réveillais à 8h, et puis tout d'un coup, à 10h, j'avais un coup de mou parce que j'ai très peu dormi, je me disais, ok, je fais d'abord ma sieste, puis j'irai courir à 11h ou à 11h30. Alors, il fallait quand même être pour le repas, parce qu'il y a la famille, enfin, il y a le mari et la fille qui arrivent pour manger, mais mais je n'ai pas beaucoup de contraintes. Et après, j'ai aussi un mari qui m'a beaucoup aidée. Ah, quand même! Oui, quand même! On est deux dans l'histoire, donc le soir, il rentrait après le boulot, et puis moi, là, je pouvais partir courir une heure, on pouvait s'occuper des enfants. Donc c'est quand même... Tu as aussi beaucoup couru avec les enfants dans les poussettes, non? Je suis beaucoup courue. Le 90 % de mes entraînements, je le faisais avec les enfants, avec un dans la poussette, parce que l'autre était à l'école. Et puis, tout ce qui est renforcement musculaire, tout ça, je faisais à la maison. J'ai aussi beaucoup fait avec eux. Ils venaient sur mes épaules, je faisais des squats et tout. Donc, ça faisait du poids. Est-ce

SPEAKER_00

qu'on peut te dire, parce que pour moi, t'es un peu... Je me pose la question, c'est quand est-ce que t'es en off

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je me dis de manière générale, au vu de ton passé et ton enfance. Et puis, est-ce que c'est grâce à ça un peu que t'as réussi à tenir le coup, j'ai envie de dire, durant ta grossesse et Et après, parce qu'il y a la fatigue aussi. Tu parlais de l'allaitement et autres. Comment tu arrives quand même à continuer à t'entraîner, à être à ce niveau-là pendant et puis après ta grossesse

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est ça que je trouve remarquable. Puis j'aimerais bien savoir comment tu as géré ça, parce que tu sembles extrêmement organisée. Il y a un surplus d'énergie, j'ai le sentiment.

SPEAKER_02

Pour moi, c'est naturel. C'est normal d'être comme ça. Je ne sais pas si j'ai plus d'énergie que les autres, j'en sais rien. Par contre, peut-être, maintenant avec le je me dis, j'ai été assez... C'est-à-dire, enfin, de faire avec ce que j'ai et ce que je peux faire. Pas rester en me disant, ah, mais je peux pas faire ma séance de sport comme ça aujourd'hui, ça va pas, les plans, ils sont... Enfin, il y en a qui sont perturbés juste parce qu'ils peuvent pas faire exactement ce qu'ils ont prévu de faire. C'est

SPEAKER_00

un mindset

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Peut-être. Une approche

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Certainement. De vie, en

SPEAKER_02

général

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je pense que je suis un peu comme ça. Si ça, ça ne marche pas, je fais un plan B. Si ça ne marche pas, je fais un plan C. Je suis assez... Je n'ai plus le terme.

SPEAKER_00

Tu ne t'apitoies pas sur ton sort.

SPEAKER_02

Voilà. Oui. Et puis assez, pas compliante, mais assez...

SPEAKER_00

Souple.

SPEAKER_02

Oui, voilà. Je m'adapte. Aujourd'hui,

SPEAKER_00

c'est une thématique qui est régulière, dont on parle. ce que je salue à titre personnel, toi, tu donnerais quoi comme conseil ou tu penses qu'il faudrait faire quoi pour accompagner de manière idéale, on va dire, une sportive d'élite qui est dans la maternité

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est un sujet qui nous tenait extrêmement à cœur avec Réa. Et puis, on s'est dit, tu es un des exemples. Mais qu'est-ce que tu penses qu'il faudra amener aujourd'hui en

SPEAKER_02

plus

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ben, oui, comme on disait avant, l'adaptation. Et puis… Et puis rester positif en se disant, déjà, la grossesse n'est pas du tout une maladie. On peut faire beaucoup de choses avec la grossesse et les enfants. Être un peu imaginatif. Pourquoi se déplacer à la salle de sport

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Il y a le déplacement. Il faut trouver une salle de sport qui a une garderie pour garder l'enfant. Pourquoi pas faire à la maison

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On peut faire déjà tellement de choses. C'est un gain de temps. L'enfant, il est super content. parce que tu partages totalement un moment avec lui parce que t'es quand même concentré sur ton effort mais voilà il vient sur toi il passe de côté en plonge il passe dessous

SPEAKER_01

il fait du vélo mais après t'as aussi une discipline, un sport qui le permet t'es pas souvent parti en entraînement tu fais quand même une musculation beaucoup au poids du corps je pense que t'as aussi une discipline qui est qui permet cette plus grosse adaptabilité. Mais c'est vrai que je pense que le message est très fort. En fait, c'est clair que le plan A, il est comme ça, c'est le plan idéal. Mais en fait, il y a d'autres façons d'y arriver. Et puis, en fait, des fois, ça apporte quelque chose même en plus qu'on n'avait pas pensé. Oui, tout à fait. C'est

SPEAKER_00

clair. Mais tu donnes des conseils à d'autres mamans sportives ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que je crois que ça va au-delà du sport.

SPEAKER_02

Au début, surtout avec la maternité, parce que j'étais une des premières, première, je ne vais pas me vanter, mais une des premières, il me semble, qui a continué un sport de haut niveau après la grossesse. Maintenant, il y en a plein, mais j'ai eu pas mal de demandes. Qu'est-ce que je faisais? Combien de mois? Comment j'ai repris? Voilà, ça, des demandes via les réseaux sociaux. Mais au Autrement, non, mais là, de moins en moins quand

SPEAKER_00

même. Tu penses qu'il faudrait

SPEAKER_02

plus de structures d'accompagnement dans ce domaine

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, alors maintenant, il y a de plus en plus. Maintenant, on sait, en tout cas, la Fédération suisse d'athlétisme, il y a, voilà, si on a des questions, on peut demander, il y a des plateformes aussi, avec SmartHear aussi. Enfin, voilà, je pense qu'aujourd'hui,

SPEAKER_01

je serai beaucoup moins démunie. Eh bien, on ne pouvait pas rêver d'une meilleure conclusion

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Merci beaucoup, Maud, pour cet échange. Avec plaisir. Et nous, on vous donne rendez-vous dans deux semaines pour un prochain invité.