Face au Sport

Massimo Ceccaroni

Media One Group Season 1 Episode 15

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Découvrez le parcours fascinant de Massimo Ceccaroni, ancien footballeur pro devenu directeur technique au Lausanne-Sport après une aventure humaine marquante en Inde. Entre quête de performance et philosophie humaniste, il dévoile comment il accompagne les jeunes talents en plaçant l'individu et son entourage au cœur de la formation.

SPEAKER_03

Chères téléspectatrices, chers téléspectateurs, bonjour. Aujourd'hui, notre invité, c'est un homme aux mille vies. Il a été footballeur professionnel, entrepreneur, maintenant il s'occupe de la formation. Puis un élément important, il est aussi parti un petit peu à l'étranger en Inde. On se réjouit de pouvoir discuter avec lui, c'est un philosophe. Massimo, salut

UNKNOWN

!

SPEAKER_03

Bonjour Sergeï et bonjour

SPEAKER_01

Léa.

SPEAKER_03

Merci pour l'invitation. Avec grand plaisir. Toute première question Massimo, présente-toi en quelques mots parce que tu as fait plein de choses.

SPEAKER_01

Oui, alors à l'époque, j'étais une fois footballeur professionnel à Bâle. Après la carrière de footballeur, j'ai essayé de faire quelque chose parce que ça m'intéressait aussi de voir une autre chose à côté du foot. Parce que des fois, dans le foot, on est très protecté. Et voilà, c'était une expérience très intéressante. Mais quand même, la passion, c'est toujours le foot. Je suis retourné à Bâle comme directeur technique, ça veut dire que j'étais responsable pour l'académie du FC Bâle, du développement des jeunes joueurs. Et en 2019, non avant déjà 2017, j'ai eu cette occasion d'aller en Inde. de trouver un projet très intéressant, de construire une école de foot dehors de l'Europe. exactement en Inde? C'était à Chennai au sud de l'Inde et c'était une très belle expérience. Aujourd'hui je suis directeur technique de l'Académie du LS et très content d'être là.

SPEAKER_00

Et du coup, tu étais très impliqué dans la formation des jeunes. Ça a toujours été assez clair pour toi que c'était ce focus-là que tu voulais vraiment redonner à la jeunesse

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Au début, pas du tout. Au début, quand j'étais footballeur, alors quand j'étais footballeur professionnel, je disais non, entraîneur, je ne veux pas devenir entraîneur, ça ne m'intéresse pas. Je vais être avec une équipe, je vais être dans un groupe. Je pense que j'ai assez de compétences sociales. J'aime être dans un groupe et pas isolé. Mais après, quand j'ai fini de jouer au foot, je me suis intéressé aussi pour le poste d'entraîneur. J'ai fait tous mes diplômes, j'ai fait le Suisse olympique, j'ai la UEFA Pro licence et c'était très intéressant dans cette période d'apprendre beaucoup. Et je suis toujours intéressé d'apprendre des nouvelles choses. Et à la fin, je pense qu'on a aussi des tâches comme footballeur professionnel ou comme athlète professionnel de transmettre aussi des expériences qu'on a faites pour encore mieux suivre les jeunes joueurs. Parce qu'aujourd'hui, ce n'est pas facile d'être jeune et d'être athlète. Pas seulement footballeur, hockeyeur ou tennis ou natation. Il y a beaucoup de choses. Et donner une main à des jeunes qui sont motivés, qui ont des capacités, qui ont des connaissances et qui ont la motivation d'arriver quelque part, ça me motive de les suivre et

SPEAKER_03

d'aider. Tu dis que ce n'est pas toujours facile d'être athlète de haut niveau quand tu es jeune. Tu peux expliquer ça de manière un peu plus profonde

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors peut-être pas facile, c'est pas juste. C'est une autre génération. Aujourd'hui, c'est la génération, et c'est beaucoup plus que nous. Parce qu'on a les moyens, on a Internet, on a Google. Et après, si on pose une question, on peut aller chercher, on peut s'informer. Ça va tous très vite. Les jeunes sont entourés par beaucoup de personnes. Alors, normalement, c'est toujours la famille qui est derrière un jeune athlète. Mais après, il y a aussi peut-être une équipe nationale, une association, peut-être aussi un agent. Et ça influence quand même le développement d'une jeune personne, aussi dans les idées. Des fois, je pense même d'être bien entouré aujourd'hui pour un jeune athlète, soit au foot, soit dans un autre sport. Je pense que c'est beaucoup, ça veut dire beaucoup. pour arriver jusqu'à la fin. Pas seulement avoir du talent, pas seulement avoir des compétences, pas seulement avoir la motivation, mais d'être bien coaché et d'être bien suivi dans des moments clés dans la vie d'un jeune athlète, c'est très important.

SPEAKER_03

Si on revient un tout petit peu en arrière, tu as été footballeur professionnel, comme tu l'as dit, quand tu as arrêté, tu es allé un peu dans l'entrepreneuriat, tu as hésité à être entraîneur. Oui. À quel moment ça a basculé tu te dis, moi je veux être dans la formation, je veux accompagner les jeunes

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Qu'est-ce qui a été le déclic

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est très intéressant. Je pense, le moment j'ai quitté la Suisse pour aller en Inde. Je sais que normalement, avec 50 ans, 52 ans, on doit savoir ce qu'on veut dans la vie. Je ne dis pas que moi, je ne le savais pas, mais c'était encore une aventure aussi si j'avais un fils et tout ça. Mais pour moi, c'est une aventure de connaître vraiment une autre culture dans un autre pays toi, tu es l'étranger, toi, tu dois t'adapter, toi, tu es obligé de t'intégrer. À part de la langue que je n'ai pas appris parce que le hindou ou le tamoul, c'est impossible à apprendre. Dans une période de quatre ans, on doit maîtriser l'anglais. Là, je pense que j'ai compris après les quatre ans en Inde que je vais être pour les jeunes. Parce qu'être peut-être jeune ou un petit enfant en Inde, Et être peut-être un jeune ou un adolescent ici en Suisse, ce n'est pas le même père

SPEAKER_02

chaussure.

SPEAKER_01

Bien sûr. Et là, j'ai bien remarqué que j'ai beaucoup d'efforts. Je pense aussi des capacités. J'ai beaucoup de choses que je ne maîtrise pas, mais comprendre les jeunes, s'occuper des jeunes, s'occuper d'êtres humains, c'est très important. Et en Inde, on le fait encore plus On le soigne encore plus parce que c'est un pays très religieux. On croit beaucoup. Il y a beaucoup d'idées. Il y a beaucoup de traditions. Et là, à la fin, j'ai compris que ça doit être mon destin un petit peu.

SPEAKER_00

Mais du coup, concrètement, tu t'accompagnes comment le jeune

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que tu parles du côté humain, tu te focalises plus sur l'aspect humain du sportif et puis tu laisses faire la compétence sportive à des entraîneurs. Non, non, pas du tout. Concrètement, quand un jeune arrive dans l'académie, il se passe quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment il est

SPEAKER_01

soutenu

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

La première chose, on joue au foot. C'est une académie pour des footballeurs. Alors il faut comprendre, est-ce qu'il a du talent

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce qu'il est bien dans la technique

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors il y a de la coordination, ils comprennent le jeu. Est-ce qu'il apprend un petit peu le jeu sur le sens tactique

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce qu'il est bien physique

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et après, il faut continuer. Une fois vu ses qualités footballistiques ou ses compétences techniques, tactiques, coordination, mentalité, Il faut s'occuper du personnage parce que chaque personnage est différent. Et comprendre ça t'aide à développer aussi ses compétences footballistiques. Si tu ne t'intéresses pas, et ça je suis convaincu, pour une jeune personne aussi, qu'est-ce qu'il fait à côté

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce qu'il a un frère

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce qu'il a un mère, un père et un deuxième père

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce qu'aujourd'hui les familles patchwork ça existe aussi en Inde. Je pense que c'est fondamental pour lui donner des des renseignements avec de la crédibilité. Je pense que c'est très

SPEAKER_03

important. Tu es quand même dans un monde, respectivement un sport, très médiatisé, haute pression. Ça commence très vraisemblablement chez les jeunes parce qu'il y a de grandes attentes aussi. Comment tu manages tout ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Parce que tout le monde voit dans son enfant le futur Mbappé, Vinicius ou Massimo. Oui. On ne sait jamais. Donc comment tu gères ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Parce que c'est compliqué cet entourage-là.

SPEAKER_01

Pour moi, compliqué, ce n'est peut-être pas le bon mot. C'est un challenge. C'est un challenge pour affronter le groupe qui est derrière un jeune joueur. Aussi maintenant au Lausanne Sport, quand je travaille avec notre staff qui a aussi de grandes compétences, je dis écoutez, il faut connaître, il faut maîtriser l'entourage. Si on arrive à faire ça, on va avoir aussi du succès avec la jeune personne. Et si on n'arrive pas à tout manager, c'est compliqué. Mais il faut se prendre du temps. Il faut être... On doit être convaincu que c'est aussi le bon chemin. On peut aussi dire, OK, ça ne m'intéresse pas. Il y a aussi des clubs qui disent, ça ne nous intéresse pas. Tu n'as pas un agent. Les parents, ils peuvent dire ce qu'ils veulent. Moi, je fais ce que... Moi, je dis, le club a cette stratégie et tu la dois suivre. C'est aussi une possibilité de développer des jeunes joueurs. Moi, je crois que quand même aujourd'hui, être un petit peu plus cohérente, être un petit peu plus ouvert à l'écoute. Je pense qu'on va former... des Mpapé, pas des Massimo Ceccaroni parce que ça c'est une autre époque voilà, il faut s'adapter un petit peu

SPEAKER_03

je partage qu'à moitié ton avis si je peux me permettre parce que quand je t'entends t'as une approche humaine Je vois quand tu parles, tu mets l'humain au centre. Indépendamment, c'est un faux de valeur, qu'il y a des pressions, il y a des contrats, il y a des agents, comme tu l'as dit. Et des fois, je me dis, c'est ce qui manque un peu dans ce milieu du football. On est très robot, business, performance. Et je vois que toi, côté humain, est très important pour moi. Et c'est ça que j'aimerais qu'on creuse un peu maintenant, parce que je crois que c'est une part extrêmement importante que tu amènes. D'où des massimos

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, pourquoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Aujourd'hui... on oublie un petit peu des choses. On parle beaucoup des valeurs, on parle des principes. Est-ce qu'on est vraiment derrière nos valeurs

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Avoir des slides on montre quelque chose, oui. Mais à la fin, tu dis quelque chose, c'est bien. Mais c'est quoi la conséquence

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que tu es vraiment derrière

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que tu le fais vraiment

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que tu prends le temps de t'occuper d'un jeune joueur quand il a un problème

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

S'il dit, par exemple, mon père n'est pas bien ou ma grand-mère est morte. Peut-être, ça arrive. On peut dire, ça ne fait rien, tu joues le week-end. Ou est-ce que tu prends cinq minutes, tu parles avec lui parce que tu vois que l'athlète ou le jeune homme, la jeune personne, elle est vraiment perturbée, il n'est pas prêt. Et nous, on demande de la compétition. Non, tu dois être prêt, tu dois être là. Là, je pense qu'il faut vraiment être un petit peu plus relaxé. Dans le même temps, au aussi plus proche de la personne pour la faire comprendre que toi, tu es important. Alors reste à la maison ce week-end, prends le temps, aussi 603 ou quatre jours, tu perds rien. Et si le jeune il apprécie cette approche, je pense qu'il va approfiter de cette situation, de donner encore plus. Mais il faut le temps, il faut la conviction et je pense qu'il faut aussi avoir des compétences sociales parce que si tu n'as pas ça, tu ne rentres pas dans le bon discours.

SPEAKER_00

Mais il faut aussi que tout le staff, tout l'entourage soit aligné aussi avec cette philosophie-là, que je rejoins totalement. Mais si tu es le seul un peu avec cette idée, cette philosophie, puis que derrière ça suit pas, c'est difficile à mettre en

SPEAKER_01

place, non

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Définitivement, mais je pense des clubs comme Lausanne Sport on essaie de développer des jeunes joueurs avec des valeurs en commun, avec une approche de suivre les jeunes joueurs aussi dans des moments clés comme j'ai expliqué maintenant, ça vaut la peine. Il faut montrer des exemples. Après, s'il y a des autres clubs qui essayent de faire quelque chose d'autre, c'est à l'heure de décider. Mais nous, on doit être convaincu et je pense c'est important que pas seulement nous mais aussi le club montre cette approche et un club comme Lausanne Sport a montré dans les derniers temps qu'ils ont une philosophie très claire et nous on essaie de montrer ça avec notre travail à

SPEAKER_03

l'académie. Mais ça cette approche que tu as humaniste tu l'avais déjà quand tu étais footballeur ou tu as appris ça de par tes expériences après ta

SPEAKER_01

carrière ou le déclencheur final, c'est l'Inde

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ou c'est un peu tous

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est un peu tous, mais je veux seulement vite dire, non, j'avais ça déjà depuis quand j'étais footballeur. Quand j'étais très jeune à Bâle, c'était toujours moi qui accueillait les joueurs étrangers. Ils ne parlaient pas un mot suisse-allemand, pas français, pas anglais, des gens de l'ex-Yougoslavie. « Massimo, il va avec toi dans le camp d'entraînement, dans la chambre d'hôtel. » C'était toujours moi. J'ai dit, mais maintenant, Vous arrêtez, s'il vous plaît. C'est pas possible. Non, non, c'est toi, tu te débrouilles, j'ai dit. Alors, ça veut dire que j'ai reçu assez tôt des responsabilités des personnes qui pensaient que j'avais des compétences sociales. Et ça, c'est quelque chose qu'on peut dire, c'est un petit talent qu'on a. Et après, travailler sur ça, pas être content. Après, j'ai essayé d'apprendre beaucoup de choses avec toutes les expériences que j'ai faites. Aujourd'hui, je peux dire que j'ai un bon niveau, mais qu'encore le niveau top pour... pour arrêter d'apprendre

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Dans un centre de formation, quel rôle joue la rentabilité

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

La

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

La rentabilité, parce qu'on sait très bien qu'un jeune, quand il a été formé dans un club, plus il change de club, plus on le vend cher, plus le club reçoit de l'argent en retour. Quel rôle ça joue là-dedans et comment tu gères ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Là, il faut être aussi pragmatique dans un deuxième temps, je pense. C'est bien d'être humain, c'est bien d'avoir une approche, c'est bien d'être à l'écoute. Mais à la fin, on est quand même dans le monde du sport. Et à la fin, aussi, les chiffres sont très décisifs. Je suis très conscient de cette situation. Les joueurs, ils sont aussi conscients. Et nous, il faut bien travailler. Aujourd'hui, on parle de l'argent. Il y a des sommes qui sont... exorbitante, pas bien à comprendre pour des gens qui font un travail quotidien. Ça, c'est la réalité du football. Mais je pense aussi là, il faut avoir un œil. Et c'est clair, nous, on essaie de développer des jeunes joueurs pour les faire rentrer dans une première équipe comme Lausanne Sport, en Super Ligue, d'ouvrir la porte pour des nouveaux joueurs. Voilà, on a par exemple un nouveau custodio qui a fait aussi carrière au Lausanne Sport qui était dans d'autres clubs mais ça c'est un bon exemple. On veut ouvrir la porte et peut-être le former encore plus fort pour le vendre après deux ou trois ans avec une somme importante de 5 ou 6 millions. Ça fait partie de notre

SPEAKER_00

job. Et comment tu gères l'après en fait parce qu'il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus dans le foot mais dans le sport de manière générale donc il y a aussi beaucoup de jeunes qui qui vont rentrer dans les académies et qui ne vont pas réussir à atteindre le tout haut niveau. C'est dur pour un athlète. Du coup, les jeunes, vous les préparez, vous les accompagnez ou bien il y a aussi un suivi pour après quand ils sont tout d'un coup plus aptes à être dans une académie. C'est

SPEAKER_01

rude. Dans une académie et maintenant dans l'académie du LS, je ne pense pas. Nous, on essaie de les préparer pour un futur pour le futur, soit comme professionnel ou soit comme employé, comme employeur quelque part. Alors, il faut les bien préparer pour le futur. Naturellement, on essaie de les développer sur le plan footballistique pour devenir footballeur. Aujourd'hui, on sait exactement que 80% des joueurs ne vont jamais gagner de l'argent avec le foot. Mais ça peut être une bonne expérience, une bonne base pour une vie après. De faire peut-être des études et après quand même garder le foot comme passion et retour dans le foot comme directeur technique ou comme directeur sportif, excusez-moi, ou de faire quelque chose d'autre. Mais on sait exactement que c'est dur pour les jeunes joueurs de ne pas devenir footballeur professionnel parce que c'est vrai et c'est juste. Nous, on dit à chacun qui rentre dans l'académie, tu peux arriver. Tu arrives et ça, il le faut faire. T'es obligé d'avoir ce discours. Je suis obligé de quand même garder ce rêve jusqu'à la fin. Tu dois Il faut avoir aussi cette pression un petit peu. Et à la fin, on sait exactement qu'il y a un résultat. Mais le résultat, ce n'est pas seulement dire si tu arrives à être footballeur professionnel, tu es une bonne personne. Et les autres, ils ne le sont pas. Non, ils ont un futur. Mais malheureusement, pas le futur de footballeur professionnel. C'est à quel

SPEAKER_03

moment que tu décides ou vous prenez le choix en disant « Ok, maintenant, non, tu ne vas pas y arriver ». C'est comment que ça se

SPEAKER_01

décide

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Sur quels paramètres

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est tellement dur. C'est important ce que tu dis. Il y a des paramètres aujourd'hui qui sont très clairs. Sur le plan de... de la condition physique, par exemple. Si tu ne cours pas, si tu n'es pas fort, si tu n'es pas coordinatif, si tu n'as pas la vitesse, si tu n'as pas le changement de rythme sur ce niveau-là, on sait que tu n'y arrives pas. Après, il y a aussi des paramètres sur les gestes techniques on sait s'il a une maîtrise du ballon, s'il s'est fait à premier contrôle comme il faut avec des passes de qualité. Ça, on le peut contrôler. Mais ça, on n'arrive jamais à le contrôler. Et ces 30%, je pense, ou peut-être 50%, avec un autre 120%, on ne les peut même pas maîtriser. Et ça, c'est aussi intéressant dans notre travail, de ne pas tout maîtriser. Beaucoup de choses, on les peut faire. On a des benchmarks, on sait exactement ce que ça veut dire jouer en Super League. Et nous, il faut transmettre beaucoup de choses aux jeunes joueurs. Mais à la fin, ça reste toujours pas une Pandora Box, Mais ça reste quand même des choses on ne sent pas toujours

SPEAKER_03

prévisible. Là, des fois, parce que ça arrive, on a qui sont peut-être en dessous sur les paramètres physiques, techniques, mais qui mentalement, c'est un solide. Comment tu fais ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Parce qu'ils ont peut-être besoin d'un peu de temps encore, physiquement sous-développé. Et puis on sait que peut-être ça va venir parce qu'il doit encore grandir. Mais tu sais que là, comment tu

SPEAKER_01

gères ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Aujourd'hui, on a quand même... La possibilité d'avoir aussi des coachs mentaux dans un centre de performance, ce n'est pas une garantie qu'après il arrive à faire aussi le prochain pas sur le plan mental, mais ça nous aide à raccourcir un petit peu les distances. Et je pense avoir cette possibilité, c'est aussi une question financière. Est-ce qu'on veut investir encore une fois 50 000 francs par saison pour donner le soutien sur le plan mental

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je pense qu'on a beaucoup de possibilités de faire le prochain pas ça veut dire de peut-être augmenter le pourcentage des jeunes joueurs qui rentrent dans le foot d'élite parce que mentalement ils sont mieux préparés à cause d'un suivi beaucoup plus professionnel que c'était avant

SPEAKER_03

ok on a beaucoup parlé des jeunes garçons comment ça se passe centre de formation et les filles il y a on est au début oui parce qu'on parle du football féminin de plus en plus mais Est-ce qu'il vous a aussi les filles dans votre centre de formation

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

C'est peut-être une question bête, mais je me suis

SPEAKER_01

posé la question. Non, non, pas du tout. On a eu le championnat du monde et le championnat d'Europe ici chez nous en Suisse. Alors, on a vu quelle belle équipe on avait ici en Suisse. On a encore en Suisse. Nous, chez nous, on a les filles, les meilleures filles du Lausanne Sport. On les essaie d'intégrer avec les garçons. Par exemple, on a une jeune fille au moins 15. Elle s'appelle Amélie. Elle joue en 15. avec des garçons. Elle joue titulaire en numéro 10. Dernier week-end, on a joué contre Ibée, une très belle équipe, très forte, très physique. Lausanne Sport a gagné 2-1. Le 1-0 était marqué par Amélie. Alors, on essaye de la garder avec les garçons parce que là, profite d'un autre rythme, d'une autre intensité dans les entraînements. Aussi avec des autres entraîneurs qui sont à 100% dans le centre de formation et on essaie de faire le prochain pas mais c'est très intéressant on essaie toujours de garder les filles le plus long possible avec les garçons mais on sait aussi que l'expérience nous dit en 16 ça devient difficile de la suivre seulement avec les garçons elle va rentrer dans le foot féminin mais tu sens qu'il ya une demande de plus en plus forte oui oui oui on le sent aussi dans notre club on est en train de former une une section féminine Il y a beaucoup d'intérêts derrière. Il y a beaucoup de filles qui sont là, à la Tuilière, au centre sportif, plein de filles qui jouent au foot. Alors ça, c'est le futur. Et je pense qu'on va avoir beaucoup de talents dans notre région. Et il faut être prêt pour accueillir toutes les filles qui vont jouer au

SPEAKER_00

foot. Tu vois une différence entre un jeune de 13, 14, 15 ans, garçon qui vient faire du foot, qui rentre dans l'académie, versus une fille de 13, 14, 15 ans, sa vision sur le foot, son approche. Les garçons sont peut-être plus forts techniquement, mais les filles ont une meilleure vision du jeu ou comme ça. Il y a des différences

SPEAKER_01

claires. Oui, il y a des différences qui sont très claires, oui. Je pense que les filles, les garçons, c'est un petit peu... Attention à ce que je dis, dans la zone confort. Les filles sont beaucoup plus dures. Ils travaillent beaucoup plus que les garçons, je dois dire. Ils ne discutent pas. Si on dit on fait ça, là, ça va tout de suite. Les garçons, oui, pourquoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Non, c'est ça, ça me plaît, cette mentalité. J'espère qu'ils vont garder ça et encore développer cette capacité.

SPEAKER_03

Massimo, on a un peu de temps, mais j'ai une dernière question et j'aimerais que tu prennes le temps d'y penser, d'y répondre sur toutes ces années tu as côtoyé des jeunes. est-ce qu'il y en a un, deux ou une qui t'ont profondément marqué

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Ou qu'il y a quelque chose

SPEAKER_01

qui est resté

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, bien sûr, ce sont toujours, si je les vois aujourd'hui, ce sont comme des... Alors, c'est pas mon fils, mais à la fin, je vais dans un stade en France, il y a trois ans, deux ans en arrière, j'ai été voir Rennes, AIS Monaco, et Bré, Lembolo, que j'avais la chance d'être derrière lui un petit peu, mais c'était surtout lui avec ses capacités qui est arrivé mais moi je le suivi parce que lui il avait une situation avec cette famille africaine avec deux soeurs avec un frère c'était pas facile à tout gérer la maman qui cherchait du travail on a cherché le travaux on a cherché la maison pour la famille pour l'encadrer Et voilà, quand je vois lui après, il est là, il vient, on s'embrasse. Ça, c'est beaucoup plus que l'argent. Ça, c'est quelque chose qu'on ne peut pas remplacer.

SPEAKER_03

Massimo, merci beaucoup. Tu sais qu'on t'a invité ici sous conseil de ton patron, qui était à l'époque directeur des opérations et qui est maintenant directeur général, Vincent Steinman. En tout cas, je le remercie parce que tu nous as amené une belle philosophie de vie, un côté humaniste. Je crois que c'est assez remarquable et je pense que les jeunes dans le centre de formation, en tout cas aux loisirs de sport, ont beaucoup de chance de t'avoir parce que tu n'oublies pas l'être humain qu'il y a derrière, au-delà de l'athlète, des pressions et de tout ce qui va avec. Donc merci beaucoup pour ça. Merci. Chères téléspectatrices, chers téléspectateurs, merci beaucoup de nous avoir écoutés. On se retrouve tout bientôt pour une nouvelle émission Face au sport.