Face au Sport

Carole Hertig

Media One Group Season 1 Episode 16

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0:00 | 26:36

Plongez au cœur de l'inclusivité avec Caroline Hertig, présidente de l'association Seven, qui transforme le sport en un puissant vecteur d'estime de soi et d'autonomie pour les personnes en situation de handicap mental. Entre émotions fortes et leçons de fair-play, découvrez comment ces athlètes passionnés nous rappellent que, sur le terrain comme dans la vie, nous sommes tous "spéciaux".

SPEAKER_01

Chères téléspectatrices, chers téléspectateurs, bonjour et bienvenue dans cette émission Face au Sport. Aujourd'hui, notre invitée, elle n'est ni sportive d'élite, ni entraîneur, n'a pas été dirigeante d'un club, mais elle défend corps et âme le rôle de l'inclusivité dans le sport et ça nous tient vraiment à cœur de pouvoir accueillir Carole

SPEAKER_02

Ertig. Bienvenue et bonjour. Bonjour

SPEAKER_00

Léa, bonjour Sergueï. Salut Carole, comme d'habitude avec tous nos invités, est-ce que tu peux te présenter en quelques

SPEAKER_02

mots

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

En quelques mots

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Plusieurs. Plusieurs. prends ton temps alors Carole Ertig je vis dans la région lyonnaise depuis bientôt 30 ans je suis maman de deux adultes maintenant ça ne nous rajeunit pas tout ça et je végète dans le monde du sport depuis plus

SPEAKER_00

de 30

SPEAKER_02

ans

SPEAKER_00

tu végètes tu es active

SPEAKER_02

ouais si on veut bah oui quand même non alors voilà je baigne dans le monde du sport depuis plus de 30 ans différents Mais c'est vrai que c'est plutôt le sport handicap qui me porte depuis plus de 10 ans

SPEAKER_01

maintenant. Ta passion pour le sport, elle est venue

SPEAKER_02

quand et comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Depuis toute petite, sur les pistes de ski. Moi, je suis plutôt une montagnarde et j'ai grandi dans le canton de Fribourg. Et donc, j'ai fait mes premières descentes au Paco. Je pense à peu près comme la majorité des vaudois et des vaudoises. Désolée, Sergei, je suis venue après à Villers.

SPEAKER_00

Je comprends.

SPEAKER_02

Mais... Oui, j'ai vraiment une passion pour le

SPEAKER_00

ski. Tu fais toujours du ski

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, je

SPEAKER_02

fais toujours du ski activement. Je rentre là, il n'y a pas très longtemps, d'une semaine à Zermatt, traditionnelle chaque année, pour m'éclater. Et oui, je pratique toujours

SPEAKER_00

le ski. Sport, inclusion, c'est une thématique qui tient à cœur depuis des années.

UNKNOWN

Pourquoi ?

SPEAKER_02

Pour moi, comme je vous ai dit, j'ai deux filles adultes maintenant qui ont pu pratiquer une activité sportive comme elles voulaient. Une a fait du handball depuis toute petite dans le village on habite. Si tu veux inscrire ton enfant, il n'y a pas de problème dès le moment il n'a pas de soucis particuliers. Et de se rendre compte que pour certains parents, ce n'est pas le cas, que la porte des clubs leur sont fermées pour la pratique sportive de leurs enfants. m'a semblé quelque chose qui n'était pas tolérable aujourd'hui. Et voilà, j'ai décidé de m'engager pour ça aussi, entre autres.

SPEAKER_01

Tu es une des fondatrices de l'association Seven, tu es la présidente aujourd'hui. Tu peux nous parler un peu de cette association

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, alors cette association, elle est née de cette volonté de pouvoir offrir à ces sportifs la possibilité de se mesurer autre que dans leur institutions donc c'est essentiellement des institutions qui participent à nos manifestations et donc on organise des manifestations sportives pour des personnes en situation de handicap mental ou à besoins spécifiques. Elle est née de cette volonté de pouvoir leur offrir une possibilité de s'exprimer hors dans leurs institutions.

SPEAKER_00

Mais

SPEAKER_02

l'idée elle est venue comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors l'idée est venue à cause ou grâce à mon mari qui... Les deux

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

on va dire grâce cette fois-ci on va dire grâce qui était au conseil de fondation de Special Olympics Switzerland et c'est vrai que quand on lui a demandé de remplir cette fonction il était un petit peu frileux parce qu'il m'a dit ben voilà moi le monde de l'handicap c'est un petit peu moins mon monde donc je sais pas ce que je vais pouvoir y faire ce à quoi je lui ai répondu que moi j'aurais rêvé qu'on me fasse cette proposition donc s'il n'acceptait pas. Je demandais le divorce. Carrément. Carrément. Je ne fais pas dans la demi-mesure. Et donc, il m'a dit très bien, mais par contre, tu t'occuperas de faire vivre ça ou en tout cas de développer ça par chez nous. Donc, voilà pourquoi et voilà comment je suis arrivée là-dedans concrètement avec l'association. Et c'est vrai que la première compétition qu'on est allé voir à Coire, qui était le les Jeux nationaux d'hiver en 2012. Il faisait un temps... Même moi, je ne suis pas sûre que je serais allée skier. Il neigeait

SPEAKER_00

des pattes d'ours. Je me souviens, j'y

SPEAKER_02

étais. Voilà. Et j'ai vu ces sportifs sous la neige faire du ski de fond, sans lunettes, et y aller. Et moi, je me suis dit, mais waouh

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Ça m'a fait un truc incroyable, ça m'a vraiment pris les tripes et je me suis dit, voilà, ça c'est du sport, ça c'est vraiment quelque chose qui me parle.

SPEAKER_00

Peut-être petite précision, parce que tu as parlé de Special Olympics, nous on sait ce que c'est, est-ce que tu pourrais quand même l'expliquer un petit peu

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que nos téléspectateurs, ils ne sont peut-être pas forcément faits exactement de ce que

SPEAKER_02

c'est. Voilà, Special Olympics Switzerland est un mouvement, donc c'est l'organe fêtier du sport handicap mental, mais qui est sous l'égide de spéciales olympiques internationales aux États-Unis et qui existe en Suisse depuis 1995. Ce n'est pas sous l'égide du paralympique et autres, c'est vraiment à part. C'est une fondation qui doit se débrouiller toute seule pour trouver des fonds, qui organise différentes manifestations nationales et internationales. En 2020, d'ailleurs, on avait eu la chance de pouvoir venir à Villars pour justement les Jeux nationaux d'hiver. Et donc c'est vraiment l'organe fêtier du sport handicap mental.

SPEAKER_01

C'est juste. Comment tu vois le rôle du sport sur l'handicap de ces personnes

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Qu'est-ce qu'il leur apporte

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment il aide

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors vraiment, maintenant que ça fait dix ans que j'ai la chance de pouvoir côtoyer ces sportifs, on se rend compte vraiment d'une évolution chez eux au niveau de leur valorisation, de leur indépendance, de leur estime d'eux-mêmes, une progression vraiment aussi dans leur autonomie. Et leurs coachs aussi nous le disent, que le fait non seulement d'une activité sportive régulière, on le sait que ça fait du bien, mais pour eux aussi d'avoir la possibilité de se mesurer dans des compétitions, de se challenger, de partager ça avec d'autres, y compris au niveau, quand c'est des compétitions nationales, c'est des athlètes de toute la Suisse. C'est incroyable, mais au niveau mondial, moi j'ai eu la chance d'accompagner la délégation suisse en 2019 pour les Jeux mondiaux d'été à Abu Dhabi. Pour certains, c'était le Graal, autant pour vous deux qui êtes des Olympiens. Pour eux, c'était exactement le même ressenti. Ils avaient l'impression de participer aux Jeux olympiques. Donc, il y a vraiment une... C'est une valorisation pour eux qui est assez

SPEAKER_00

incroyable. Le sport handicap dans notre société ou en Suisse, comment tu... Les values, il est bien accepté

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Quels sont les manquements

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Qu'est-ce

SPEAKER_02

qu'il faut améliorer

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Comment tu vois ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, moi, je trouve qu'il y a déjà eu une belle amélioration ces dix dernières années, une belle visibilité, justement, avec certains événements. Alors, bien sûr, dans le cadre des Jeux olympiques, les paralympiques prennent aussi de plus en plus de place. Mais dans le cadre du handicap mental, je trouve que de plus en plus, on les met en avant. Il y a des reportages qui sont faits sur... sur les différentes compétitions. Et puis, moi, je reste persuadée que même si c'est une petite association, mais un plus un plus un, au final, ça fait toujours plus. Donc, la place de l'inclusion pour répondre à ta question, bien sûr, il faudrait qu'on puisse en faire toujours plus. Mais aussi, je trouve que c'est un petit peu difficile. Toujours, c'est quoi vraiment l'inclusion

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Tous ne peuvent pas participer Mais ça ne veut pas dire qu'ils sont exclus. C'est toujours un terme qui est très difficile à expliquer, à défendre et peut-être aussi à...

SPEAKER_00

C'est quoi les plus grandes difficultés pour une association comme Seven

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ou peut-être même aussi pour Special Olympics, pour toi et l'expérience que tu as depuis tant

SPEAKER_02

d'années

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Maintenant, alors peut-être qu'il y a une dizaine d'années pas, mais aujourd'hui, c'est finalement... alors ça se voit peut-être pas mais il y a énormément d'offres qui sont proposées malgré tout parce qu'il n'y a pas que spéciales olympiques il y a plus sport, il y a pro cap et finalement il faudrait que tout soit regroupé sous une même entité plutôt que chacun essaye de faire un petit peu sa cuisine de son côté donc aujourd'hui c'est peut-être un petit peu ça la difficulté, c'est que c'est des sportifs qui peuvent s'entraîner une fois par semaine c'est déjà génial donc si chaque semaine il y a plusieurs compétitions qui leur proposées, il n'y a pas forcément autant de participants que ça. On l'a vu dans différentes manifestations qu'au final des fois on a de la peine à avoir vraiment des participants. Donc je pense pour moi la difficulté aujourd'hui ou en tout cas peut-être l'idée, ce serait d'essayer de regrouper toutes ces associations ou ces fondations qui font un travail formidable mais sous une seule entité.

SPEAKER_00

Bon, tu nous tends quand même un peu la perche, là. Il faut faire

SPEAKER_02

quoi, alors, pour qu'ils se mettent ensemble

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Il faut qu'ils discutent. Non, mais c'est toujours la même chose. Chacun pense qu'il fait mieux ou qu'il… Un peu différemment. Ou différemment. Mais au final, c'est le résultat qui compte. On fait tous bien. En tout cas, on fait tous de notre mieux. Après, les petites associations locales, c'est peut-être différent. Parce que c'est vraiment local. Donc, c'est une petite compétition. Le week-end dernier, on a organisé un meeting de natation. à Nyon. Ça, c'est OK. On a des participants. Mais dès qu'on veut partir sur une manifestation un peu plus importante, soit comme des Jeux nationaux d'hiver ou d'été, là, les prochains sont à Zug au mois de mai, on se rend compte qu'ils n'ont pas la même énergie non plus et puis le même entraînement. Si tous les week-ends, il y a des offres proposées, des compétitions proposées, plus après encore une compétition nationale pour lesquelles ils ont plus d'intérêt à en tout cas plus envie de participer, ça fait un peu beaucoup.

SPEAKER_01

Mais ça, ce n'est pas aussi le rôle des encadrants, des encadrants qui suivent ces athlètes, de leur dire, en fait, non, on ne va pas pouvoir faire tous les week-ends parce qu'on essaie d'accompagner.

SPEAKER_02

Oui, et puis, tous ces gens-là, c'est aussi des bénévoles. Aujourd'hui, on sait que le monde du bénévolat, ça devient de plus en plus difficile. La semaine, c'est leurs accompagnants, c'est leurs référents. Plus le week-end, encore, ils doivent les accompagner pour participer à des... donc c'est vrai que ça devient difficile et puis le financier aussi parce que les institutions reçoivent de moins en moins de subventions ou alors elles sont dispatchées peut-être d'une manière on se dit tiens le sport peut-être demain et donc ouais ça devient ça devient difficile.

SPEAKER_00

Tu penses que le sport n'est pas forcément une priorité pour ces institutions ou respectivement quelle est leur priorité alors parce que comme tu l'as expliqué avant ça leur fait grandement du bien l'activité sportive donc Donc,

SPEAKER_02

comment tu juges ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, moi, c'est un peu ce qui m'a frustrée parce qu'on se disait « Ah, chouette, on leur propose des trucs. » Et puis, en fait, ils nous disent « Oui, mais on a déjà ça, on a déjà ça. » Donc, oui, je pense qu'ils ont déjà beaucoup de choses, en fait. On ne se rend pas compte. Mais dans ces institutions, ces sportifs, mes protégés, ils ne sont pas posés sur une chaise à attendre que la journée passe. Il y a quand même plein de choses qui leur sont proposées pour les stimuler. Parce qu'une chose est claire, c'est que tous ceux qui ont la chance de pratiquer une activité sportive ou de participer à des manifestations, ils sont bien. Donc, ils ne sont pas dans un état à ne pas avoir d'autres activités. Donc, je ne dis pas que le sport va passer en dernier, mais en tout cas, il y a beaucoup de

SPEAKER_00

choses. J'ai une question un peu provoquante. On parle beaucoup d'inclusion aujourd'hui, d'égalité, d'éthique, qui sont à mon avis des éléments, des termes importants. Je vois qu'en lien avec le sport handicap, mais tu me corrigeras, tout ce qui est lié au Un handicap physique, donc paralympique, est pour moi intégré, j'ai le sentiment. L'handicap mental me donne toujours un peu le sentiment que ça reste tabou, différent, mis un peu de côté. Un, est-ce que je me trompe ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Deux, si oui, pourquoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, alors tu ne te trompes pas du tout, c'est vrai que c'est un petit peu... Mais je crois que c'est surtout par manque de connaissances et crainte, des craintes complètement infondées. D'ailleurs, c'est vraiment aussi une des raisons pour laquelle là, ça C'est pour que les gens viennent voir ces compétitions, viennent se rendre compte que finalement ces sportifs, ils sont cool, ils sont bien, ils ne sont pas agressifs, ils ne sont pas fous, ils ne sont pas mal éduqués, bien au contraire, ils sont des fois bien mieux éduqués que nos propres enfants. C'est vraiment dans cette idée-là aussi que j'ai eu envie d'organiser ces manifestations pour que les gens se rendent compte que finalement, souvent, c'est nous qui sommes en situation de handicap quand on les côtoie et qui devons nous adapter. Parce que eux, tout fonctionne, tout va. Il n'y a pas de problème. Oui, il n'y a pas de problème. Les règles qu'on met, ils les acceptent, ils s'en accommodent et c'est souvent nous qui devons nous adapter.

SPEAKER_01

Donc c'est assez sympa. Mais est-ce que ton association Seven, elle a aussi une ambition d'aller des fois dans des clubs sportifs existants, disons aller au Stade Lyonnais

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

et puis essayer de sensibiliser à intégrer un enfant sous handicap mental. Ça peut aussi être des fois intéressant d'avoir un enfant qui a envie de faire ce sport, mais qui n'a pas d'autres dispositions.

SPEAKER_02

Oui, alors j'aimerais bien, mais ce n'est pas forcément le rôle de l'association Seven, puisque justement, il y a des organes fêtiers qui s'occupent de ça. Maintenant, il y a Swiss Inclusive Sport qui a repris le relais aussi pour sensibiliser les clubs, pour former les coachs, pour vraiment donner cette approche d'inclusion dans les clubs sportifs. Mais à Nyon, par exemple, on a deux offres pour des personnes en situation de handicap depuis quelques années qui fonctionnent très bien, dont l'association Seven a probablement été le déclencheur grâce à nos manifestations au CNN, donc les nageurs, et puis au tennis aussi, il y a une offre maintenant depuis quelques années. Voilà, ce n'est pas vraiment notre rôle. Et si tu veux, il y a Swiss Inclusive Sport qui fait ce travail-là. Donc nous, on va dire qu'on se cantonne à offrir de la visibilité à ces sportifs à travers les manifestations.

SPEAKER_00

Est-ce que tu as le sentiment que peut-être les handicaps émentaux et le sport, on va dire, le sport et peut-être même le sport de compétition, ce n'est pas associable d'une certaine forme pour les gens

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Puisqu'on voit que l'acceptation, on doit quand même y travailler

SPEAKER_02

encore. Oui, je pense qu'ils s'imaginent qu'ils n'ont pas la capacité de comprendre ou ils n'ont pas la capacité de gérer certaines situations de stress et autres. Ils n'ont aucun stress. Il n'y a pas vraiment une pression. Vous deux qui êtes des sportifs d'élite, je pense que vous devez savoir ce que c'est. Mais eux, il n'y a rien. Ils y vont. Ils ne se posent pas de questions. Et ça, ça fait un bien fou. et non je pense que

SPEAKER_00

il faudrait faire quoi au niveau politique tu penses qu'il faut pour qu'on passe un peu ce palier je te pousse un peu là-dedans parce que ça m'intéresserait toi qui côtoie depuis tellement longtemps ce milieu oui

SPEAKER_02

mais il y a déjà des petites choses qui sont faites honnêtement la ville de Nyon a vraiment une écoute et puis offre un soutien ce qui est assez remarquable pour ces sportifs mais oui bien sûr qu'on pourrait bousculer les politiques moi je trouve que ça bouge déjà pas si mal que ça alors il ne faut pas baisser les bras mais oui bien sûr qu'il faudrait les bousculer

SPEAKER_01

ce que tu disais avant c'était très juste ça ne va pas finir sur une question mais c'est vrai que moi je suis venue quelques fois au tournoi que tu organises et puis c'est vrai de voir ces sportifs faire du foot mais c'est magique en fait. Et puis ils ont, comme tu dis, pas de stress, mais ils ont quand même l'esprit de compétition qui est là. Et puis ils écoutent l'arbitre quand il siffle, ils respectent,

SPEAKER_00

etc. Ça c'est important, de donner cet exemple dans le foot. Mais c'est vrai qu'en l'occurrence, j'avais été voir

SPEAKER_01

le foot, puis ça a évolué d'ailleurs, ce que tu leur proposes. Mais c'est vrai que je pense que c'est une des plus belles vitrines que tu peux proposer en

SPEAKER_02

fait. Oui, et nous vraiment, ça a... on a cette énergie et cette volonté de continuer à organiser ça parce qu'effectivement, ça nous porte, ça nous nourrit. Pour moi, je ne suis pas du tout dépressive, mais c'est le meilleur antidépresseur qu'on peut avoir. C'est de participer, enfin en tout cas, d'aller les voir, de participer à ces compétitions. Tout est fluide, en fait. Mais c'est vrai qu'il y a cet esprit de compétition et même... Fort, mais... Aussi, justement, avec ce respect des règles, ce fair play, à la remise des médailles, tout le monde reçoit quelque chose. Mais même dimanche dernier, on a fait ce meeting de natation. Il y a des rubans de disqualification parce qu'il y a des juges de style aussi. Et ceux qui ont reçu un ruban de disqualification, ils étaient contents. Mais c'est qu'on voit ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Donc voilà, pour moi, c'est magique.

SPEAKER_00

Non, mais je pense qu'on a beaucoup de choses à apprendre de leur côté, c'est-à-dire qu'ils vivent le moment présent, mais eux, ils le vivent vraiment à fond et à 100% chose. À mon avis, on a tendance à oublier, nous, dans le sport de performance, c'est les gens normaux, j'ai ce sentiment. Et comme tu l'as dit à un moment, à se demander qui est handicapé. C'est ça. D'ailleurs,

SPEAKER_02

Spécial Olympique avait trouvé un slogan, on l'utilise toujours, c'est « We are special, on est spéciaux, mais on est tous finalement spéciaux ». Je crois qu'il ne faut pas

SPEAKER_00

l'oublier. Tu remarques une différence entre les régions linguistiques, entre la Suisse romande, la Suisse allemande et la Suisse italienne par rapport à l'acceptation, au fonctionnement, aux structures du sport handicap mental

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Maintenant, pour avoir participé à différentes grosses manifestations dans toutes ces régions linguistiques, je trouve qu'au Tessin, il y a un traitement bel engouement et une très belle acceptation une très belle dynamique bon alors c'est vrai que le Tessin c'est quand même très particulier aussi comme canton puisque c'est un canton unique avec une langue pour un seul canton mais je trouve qu'il y a une très belle dynamique ils viennent volontiers régulièrement à toutes les manifestations ce dimanche j'avais des Tessinois qui sont venus nager après évidemment la Suisse allemande c'est la plus grande partie donc il y a plus de compétition il y a un peu moins de compétition en Suisse se remontent. Je suis ravie que les prochains jeux d'été vont se passer à Yverdon, un petit peu grâce à toi aussi, Sergueï. Et puis... Non, je pense qu'au niveau de l'acceptation, il y a un très grand chemin qui a été fait. Mais

SPEAKER_01

justement... Les soutiens aussi, c'est plus ou moins équitable

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Qu'est-ce que tu entends par soutien

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Les soutiens des entités politiques ou comme ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors, en Suisse allemande, Je ne sais pas trop, mais en tout cas, je trouve qu'en Suisse romande, oui. Je trouve qu'il y a un bon

SPEAKER_00

soutien. Moi, je constate, comme tu l'as évoqué, on avait organisé les Jeux nationaux d'hiver à Villars en 2020 et c'était très intéressant parce que souvent, dans les manifestations, on a l'appel à trouver des bénévoles. On était plein de bénévoles et ce qui était le plus impressionnant, c'était plein d'élèves d'écoles internationales qui étaient tout contents de débarrasser les tables et faire la vaisselle pour les attendre handicapés. je veux en venir, c'est que j'ai le sentiment dans la culture anglo-saxonne, ce lien est important, ça leur apporte une plus-value. Donc ma question était, toi qui es allé à l'étranger et participé à ces compétitions, est-ce que tu vois une différence de l'acceptation de l'handicap mental, différente par rapport à la Suisse ou pas quand tu es allé à l'étranger

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors c'est vrai que dans les pays du Nord aussi, il y a une acceptation qui est incroyable au niveau du handicap mental. Ils sont intégrés vraiment partout, on les voit partout. Je trouve que chez nous, c'est quand même encore un petit peu tabou. Et même certains parents nous disent, on va regarder mon enfant, s'il doit venir nager ou s'il doit venir jouer au foot, on va lui, on va poser des questions. Je trouve que c'est encore chez nous, peut-être, je ne sais pas si c'est culturel, mais c'est toujours un petit peu difficile. Et je pense que pour les parents aussi. Il y a peut-être un travail à faire aussi. Et on se rend compte aussi au niveau de l'organisation des manifestations qu'on organise, la population de sportifs qui participent est de plus en plus âgée. Donc, ils sont ces enfants

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Parce que malheureusement, on sait qu'il y a

SPEAKER_00

encore... C'est vrai ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Les jeunes

SPEAKER_02

ne sont pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, les jeunes ne sont pas là. Donc, ils sont ces enfants

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Donc, on essaye de faire un... Et ils ne sont pas forcément tous... institution. Tous les enfants, par exemple, la crise de mi-21 est un handicap qui se vit très bien et qui ne nécessite pas forcément... Les enfants sont souvent intégrés dans les classes d'école normales. Mais ils sont où,

SPEAKER_00

ces enfants

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il y a des parents qui sont venus te voir pour te dire « Oui, j'aimerais bien, mais je me gêne parce que mon enfant est handicapé »

SPEAKER_02

ou qu'on parlait d'expérience difficile

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

En général, les parents, j'imagine qu'ils vont plutôt s'adresser à des associations comme INCME, comme d'autres associations qui répondent justement aux questions des parents par rapport au handicap de leur enfant sur différents niveaux, que ce soit sportif ou garde ou autre. Directement chez moi, non. Mais par contre, les parents viennent nous remercier de pouvoir offrir cette possibilité à leurs enfants ou à leurs jeunes adultes de pratiquer une activité sportive et d'avoir une compétition parce qu'eux, ils regarde ça à la télé. Quand les tournois de foot, on avait un arbitre qui était un arbitre de Super League à l'époque, qui était venu arbitrer. Ils étaient tout contents parce que dimanche, ils allaient le voir qu'il a arbitré tout à coup les âmes servettes. Donc, pour eux, c'est magique.

SPEAKER_00

Si j'en reviens à ce que tu disais avant, parce que ça m'a quand même frappé, tu dis que justement, ces jeunes qui sont handicapés, ils sont

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu avais une feuille blanche, Carole. Puis que tu pouvais construire structurer le sport handicap mental

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je précise quand même parce que je crois que ça sent l'importance.

SPEAKER_02

Comment tu construirais ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je pense que déjà, j'irais voir dans ces écoles puisque dans les écoles, les enfants sont là. Et puis, poser des questions. Qu'est-ce que vous faites

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et les prendre comme finalement les autres enfants. Les prendre tout de suite, les sensibiliser à ça. Les parents ne sont peut-être pas forcément sportifs. On s'est rendu compte que... Je suis également impliquée dans le triathlon de Lyon. On s'est rendu compte que là, il y a quelques parents qui se lancent parce que c'est un triathlon populaire. Il y a des types famille. Et tout à coup, ils incluent toute la famille. Mais je pense que pour répondre à ta question, j'irais dans les écoles. Parce que la plupart de ces enfants sont quand même scolarisés. Alors, ceux qui ne sont pas dans l'école normale, entre guillemets, il y a des écoles spécialisées. Et j'irais à vraiment toquer et puis je partirais de

SPEAKER_00

quoi. Alors j'espère que tu prendras ton bâton pèlerin puis que tu le feras

SPEAKER_02

parce

SPEAKER_00

qu'on a grandement besoin d'être sportif et je crois que c'est important que ces enfants handicapés fassent aussi du sport. En tout cas, moi, c'est quelque chose que j'estime hautement important et indispensable.

SPEAKER_01

Oui, malheureusement, on va devoir clôturer cette interview, mais c'est vrai que c'était de nouveau très, très intéressant. Merci d'avoir partagé avec toi ta passion et puis ton engouement pour le sport de l'handicap mental. C'est et que ce que tu fais en l'ayant vu de mes propres yeux, ça vaut vraiment la peine. Et j'encourage tous les téléspectateurs et téléspectatrices à aller voir une fois ces manifestations qui sont organisées par l'association. Et nous, on vous donne rendez-vous pour un prochain invité tout bientôt.