Face au Sport
Face au Sport va au-delà des résultats et des performances. Chaque semaine, l’émission s’attaque à un sujet fort du monde sportif, avec un(e) invité(e) qui connaît le terrain : expert, athlète, témoin ou acteur direct. Un rendez-vous pour comprendre, décrypter et débattre, là où le sport croise les grands enjeux de société.
Face au Sport
Frédérique Roll
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Découvrez le parcours inspirant de Frédérique Roll, rameuse olympique aux Jeux de Tokyo, qui a su transformer quinze ans de discipline et de dépassement de soi en une expertise unique en préparation mentale. À travers son expérience du haut niveau et sa nouvelle vie d'entrepreneuse, elle dévoile comment elle accompagne désormais athlètes et professionnels pour définir leurs rêves les plus fous et optimiser chaque pièce du puzzle de la performance.
Chères téléspectatrices, chers téléspectateurs, bonjour
UNKNOWN!
SPEAKER_00Elle a pour habitude d'être assise 7 minutes. Cette fois-ci, ce sera 26 minutes. Diplômée aux Jeux olympiques, entrepreneuse, aujourd'hui retraitée. On a le plaisir d'accueillir
SPEAKER_02Frédérique. Salut. Bonsoir, merci de m'accueillir. Grand plaisir. Pour commencer les interviews, on a toujours la même tradition, c'est qu'on laisse simplement l'invité se décrire. Donc, parlons un peu de toi, tes débuts dans l'aviron et puis aussi rapidement ta reconversion, même si on y viendra un peu plus en détail après.
SPEAKER_01Alors, je m'appelle Frédérique. J'ai grandi à Puy, au bord du lac Léman. J'ai d'abord fait du plongeon avant de découvrir l'aviron un peu par hasard à une initiation du gymnase de la Cité. Et puis, à la suite de ça, j'ai fait 15 ans dans l'équipe nationale suisse, avec notamment les Jeux olympiques de Tokyo. Et puis, j'ai arrêté de ramer l'année passée et j'ai décidé de me lancer dans la préparation
SPEAKER_02mentale. Et du coup, comment tu... Moi, c'était ma question. Comment tu décides de faire... Parce que tu étais en duo léger, si je me suis bien renseignée. Mais il y a aussi d'autres bateaux
UNKNOWN?
SPEAKER_02Du
SPEAKER_01coup, comment tu es arrivée sur le duo
UNKNOWN?
SPEAKER_01J'ai ramé 15 ans avec Patricia, la catégorie poids légère. C'est moins de 57 kilos et le double, c'est la seule catégorie olympique pour la catégorie poids légère. Donc, je n'ai pas vraiment eu le choix de faire du double. Après, j'aurais pu faire une prise de masse et changer de catégorie, mais finalement, ça me convenait assez bien. Et puis, Patricia et moi, on s'est chaque année qualifiés pour le meilleur double. C'est pour ça qu'on a ramé aussi longtemps. ensemble après maintenant la catégorie poids légers ça fait plus partie du programme olympique paris c'était les derniers jeux olympiques avec cette catégorie donc tous les poids légers poids légers ont arrêté ou changé de catégorie pourquoi ils ont arrêté la catégorie ouais c'était pas assez fun pour le ceo c'était un peu compliqué de comprendre voilà pourquoi il y avait des double poids légers des double poids lourds et puis ils ont enlevé le double poids légers garçons et filles et puis ils ont mis à la place le beach sprint qui est la nouvelle discipline de l'aviron où tu pars de la plage, tu cours sur la plage, tu sautes dans le bateau, tu fais un petit slalom et tu reviens jusqu'à la plage. Donc voilà, une discipline un peu plus fun et courte et probablement plus médiatique.
SPEAKER_00Frédéric, l'aviron, c'est un sport qui est quand même dur. Si je résume, c'est deux kilomètres. En gros, départ, il faut partir plein pot, serrer les dents, nier, accepter la souffrance.
SPEAKER_02Et tu es toujours
SPEAKER_00dos à l'arrivée. Bon, alors ça, c'est encore autre chose. Et jusqu'à l'arrivée, qu'est-ce qui te passionne dans ce sport qui est tellement dur
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ça, ça m'intéresse. C'est vrai que déjà, tu passes des heures sur l'eau à l'extérieur dans des environnements qui sont magiques. Donc ça, c'est incroyable. Tu as bien le temps de profiter de ces moments, ces moments de souffrance aussi, mais ces moments où tu es dehors Surtout maintenant que je passe moins de temps dehors, je me dis que c'était incroyable de pouvoir passer six heures par jour sur le lac. Après, pour moi, ce qui m'a plu au début, c'était vraiment l'ambiance qu'il y avait au club et puis rencontrer des gens qui avaient un peu ces ambitions de s'améliorer, de faire champion suisse et puis vraiment l'esprit d'équipe. Et puis après, au fil des années, c'était d'abord de gagner, de gagner des médailles, de progresser. Et puis finalement, après vraiment d'avoir un projet de tout optimiser pour le jour J et puis de trouver chaque élément du puzzle qui fait qu'on va pouvoir accélérer. Donc c'est vraiment une motivation qui a un peu évolué tout au fil de ma
SPEAKER_00carrière. C'est à quel moment c'est devenu concret que tu voulais aller aux Jeux, que tu voulais sortir le meilleur de toi-même, mais des championnes
SPEAKER_01olympiques si on veut
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je ne dirais pas qu'il y a eu un jour où je me suis dit maintenant c'est ça. Je viens d'une famille de sportives, j'ai une autre sœur qui est allée aux Jeux, une deuxième sœur qui était dans l'équipe suisse de basket, donc voilà le sport ça fait partie de ma famille et je ne me suis jamais trop, ça ne va pas sembler anormal comme objectif d'avoir les les Jeux olympiques. Après, ça s'est assez fait progressivement, où tout d'un coup, j'ai été invité à l'équipe suisse élite. Et puis voilà, on ne m'a jamais dit est ce que tu veux venir ou pas
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'était un peu naturellement ou petit à petit à l'objectif des moins de 23 ans, puis des championnats du monde élite, puis des Jeux olympiques. Et puis le jour du podium
SPEAKER_00olympique. Le centre national d'entraînement si je ne m'abuse est plutôt en Suisse centrale. C'est toujours toute une discussion. On ne va pas revenir dans certains détails, mais c'est quand même un lieu un petit peu à part isolé où on doit se concentrer à 100% sur le sport, ça a été difficile pour toi de faire ce pas et d'aller là-bas et en guillemets s'enfermer un
SPEAKER_01peu
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors oui, Hopwald c'est pas le content que je choisirais forcément à la
SPEAKER_00base. Attention
SPEAKER_01je suis urané, je suis juste à côté. De nouveau ça s'est fait assez progressivement donc je suis partie à Zurich faire mes études et puis après j'ai fait mon master à Lusterne donc j'étais un peu plus proche déjà et puis j'ai jamais habité à Sarnon donc ça permet aussi de sortir un peu du centre d'entraînement pour voir autre chose pour les romans ça fait loin ça fait loin de voir la famille des amis donc c'est vraiment une décision d'aller là bas pour un certain nombre d'années où tu sais que tu vas rentrer les lundis mardi donc c'est un peu différent pour les rameurs qui habitent à 20 km qui peut faire des allers-retours c'est vraiment un choix de vie
SPEAKER_00de partir mais c'était une belle expérience maintenant avec du recul un petit
SPEAKER_01peu c'est une belle expérience pas ça permet aussi vraiment de focaliser sur quelque chose tu sais que tout l'environnement que moi j'ai construit là bas il me coûte convenait, il était fait pour que je puisse performer, récupérer, me concentrer sur mon sport. Peut-être que si tu restes à la maison, tu as plus de choses à gérer en même temps, puis moins cette possibilité-là. Ça permet aussi de connaître une autre partie de la Suisse, de comprendre un peu tout ce qui se passe en Suisse quand on parle de Rush T. Graben. Donc voilà, c'est aussi des avantages.
SPEAKER_00Certaines votations fédérales, pourquoi ils votent d'un côté et de l'autre, je comprends. On en revient peut-être un petit peu aux Jeux Olympiques. C'est quoi ton expérience avec les Jeux
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pour toi, des souvenirs, qu'est-ce que ça te rappelle les Jeux, comment
SPEAKER_01tu les as vécus
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est vrai que les Jeux, du coup, c'était pendant le Covid. Il y a beaucoup d'athlètes qui étaient déçus, frustrés. Nous, à l'Aveyron, on n'a pas l'habitude d'avoir un énorme public. Donc, finalement, c'était plutôt décevant de ne pas pouvoir avoir la famille, les amis proches sur place. Mais après, le public, les gradins à l'arrivée, oui, on peut entendre l'ambiance, on peut sentir ça, mais ce n'est pas ça qui nous fait aller plus vite, je dirais, comparé à un stade d'athlétisme qui est tout d'un coup
SPEAKER_02vide. C'est vrai, ça. Et c'était très vide à Tokyo, il n'y avait pas grand-chose.
SPEAKER_01Et nous, on a eu la chance de partir deux semaines et demie au sud du Japon avant les Jeux pour faire un camp d'acclimatation. Et puis ça, c'était vraiment une expérience magique parce qu'on ne savait pas trop en arrivant si les Japonais voulaient les Jeux, s'ils voulaient qu'on soit là. Puis on est arrivés après des heures de trajet. Il y avait tout le village qui était dans la rue pour nous saluer. Ils avaient fait des petites affiches avec nos photos dessus. Il y en a qui avaient pris deux semaines de congé pour venir nous voir ramer matin et soir sur le lac. Donc ça, c'était hyper impressionnant et on a été super bien reçus. Donc, on a vraiment eu une expérience unique, vraiment avant d'arriver aux Jeux. Ensuite, quand on est arrivé à Tokyo après un an et demi de Covid en voyant personne, on arrive dans cette énorme ville. Finalement, ça faisait déjà beaucoup de gens dans le village olympique. Et puis, je trouvais que tous les athlètes qui étaient là, ils étaient tellement contents que les Jeux aient
SPEAKER_03lieu,
SPEAKER_01que finalement, il y avait une ambiance particulière où tout le monde avait cette énergie que ça n'avait pas été annulé, on pouvait enfin être au jeu, être ensemble, etc. Donc, il y avait aussi beaucoup de positifs. Et puis, nous, on avait vraiment deux objectifs, celui de performer. Évidemment, on visait une médaille, on visait les meilleures courses qu'on pouvait faire, etc. Mais on voulait aussi profiter à fond de l'ambiance des Jeux, parce qu'on ne sait jamais s'il y en aura des autres, on ne sait jamais ce qui peut se passer. Et puis, je pense que ça, on a vraiment réussi à faire les deux, à se concentrer à fond sur les courses, mais aussi à prendre tout ce qu'il y avait à prendre de l'expérience
SPEAKER_02olympique. Ce qui est assez rare, il n'y a Ce ne sont pas tous les athlètes qui sont capables de pouvoir profiter de l'ambiance. En plus, là, c'était très particulier à Tokyo, mais d'être quand même capable de performer. En gardant un peu ce côté sportif d'élite, Jeux olympiques, et puis transition sur ce que tu fais maintenant où tu es dans le coaching, les plus gros apprentissages que tu as pu avoir avec ton sport de haut niveau, la participation aux Jeux olympiques que tu utilises maintenant dans ta nouvelle vie, ce serait quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je pense effectivement que pendant ma carrière, il y avait tout le temps le côté discipline, motivation, entraînement. Et puis justement, l'aviron, c'est un sport dur, donc il y a deux heures d'entraînement, deux heures de lactate, de discipline qu'il faut pour pouvoir enchaîner trois entraînements par jour, etc. Mais après, il y a tout le côté apprendre à se connaître, apprendre à comprendre comment on fonctionne, apprendre à comprendre à quoi on a du plaisir, etc. Et puis c'est aussi ces deux axes-là qu'on a bien réussi à faire marcher à Tokyo, que j'ai gardé comme base pour la prépa mentale, puis pour mon travail avec les athlètes.
SPEAKER_02Mais du coup, toi, le coaching quand tu étais athlète, parce que maintenant c'est ce que tu fais, on en reviendra avec les athlètes, maintenant tu les suis. Mais du coup, toi, pendant ta carrière, comment cet aspect coaching, il t'a accompagnée et il a évolué
UNKNOWN?
SPEAKER_01Bon, plus de 15 ans, j'ai eu plus de 10 entraîneurs responsables différents. Donc ça, c'est peut-être un peu un point... Je ne sais pas si c'est bon. Non, mais je dois dire que je ne les ai pas... et ils m'ont pas choisi c'est un peu le système de la fédération suisse où c'est la fédération qui va décider toi tu vas entraîner le double poids légère etc donc c'est clair que ça c'est un peu un regret d'avoir quelqu'un qui a pu me suivre pendant plus longtemps la seule personne qui m'a suivi vraiment pendant pendant cinq ans c'est notre préparatrice mentale et puis c'est ça qui était cool c'est que finalement c'est elle qui avait plus de recul sur notre équipe et qui savait ah mais ça on avait fait comme ça pour Tokyo qu'est ce qu'on pourrait mettre en place maintenant
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment on pourrait utiliser ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce qu'au niveau technique, dans le bateau, chaque année presque, on a eu un autre entraîneur avec d'autres inputs. Il y a aussi des avantages, mais ça manque souvent un peu de cette constance au fil des années.
SPEAKER_00Tu as toujours fait des études en parallèle de ta carrière. Tu as décidé d'arrêter il y a une année. Pourquoi tu as décidé de te lancer dans le coaching
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce qui a été le déclencheur pour te dire, OK, j'ouvre
SPEAKER_01ma boîte, je veux faire ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ça faisait un moment que j'avais ça en tête. Après les Jeux Olympiques de Tokyo, j'ai fait une formation en préparation mentale. Et puis, pendant longtemps, je me suis dit, je vais faire de l'aviron. Un jour, je vais arrêter, puis je vais passer à autre chose. Et puis, finalement, plus les années passaient, plus je me disais, tout ce que j'apprends dans mon sport, en fait, je pourrais en faire quelque chose c'est pas juste j'apprends à mettre ma rame dans l'eau et puis après voilà quoi ça servira plus à personne mais je me disais en fait tout ce que j'apprends déjà comprendre comment je fonctionne comment une équipe fonctionne comment on peut transmettre quelque chose à quelqu'un et puisque l'environ ou ce que le sport peut apporter à un athlète ou un sportif ou même un jeune c'est peut-être plus intéressant que finalement juste le mouvement le côté technique et puis c'est ça vraiment qui m'a donné envie de continuer là dedans et puis après les Jeux Olympiques de Tokyo, de me dire, je vais me former dans la prépa mentale parce que je trouve vraiment que c'est quelque chose en plus qu'on peut offrir aux athlètes que quand on est coach sportif, parce qu'on a un autre aspect, un autre regard, plus de temps, parce que je travaille plus en ligne individuelle. Donc les clubs, ils peuvent rarement offrir vraiment cette écoute à chacun de leurs athlètes. Et c'est ça vraiment qui m'a motivé à me lancer là-dedans.
SPEAKER_00Ça consiste en quoi la préparation mentale
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce qu'on parle souvent de préparation mentale, il faut un préparateur mental. Mais ça consiste en quoi concrètement Peut-être d'abord les études, puis après ton
SPEAKER_01travail. Alors les études, au jour d'aujourd'hui, moi j'ai fait la formation à l'Université de Lausanne, qui est un CAS, puis après tu peux être reconnu par la Fédération des psychologues du sport suisse. Après, il n'y a pas de titre protégé, c'est pour ça qu'il y a aussi beaucoup de gens qui peuvent prendre ce rôle-là. Je dois dire que mon expérience m'apporte autant que mes études, voire plus. Voilà, mais c'est cool aussi d'avoir un peu le background théorique pour pouvoir mieux accompagner et puis expliquer des fois pourquoi on fait les choses. Et puis en quoi ça consiste
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ce que je disais tout à l'heure, il y a vraiment l'idée de comment on va faire pour avoir un objectif qui nous motive tous les jours, qui nous inspire, qui fait qu'on va se lever. Comment on va réussir à mettre ça dans une routine, une organisation
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pour ceux qui doivent gérer des carrières duels, que ce soit l'école ou l'Uni ou un travail à côté de leur sport, qu'est-ce qu'on peut mettre en place pour un peu alléger le stress de base pour pouvoir après avoir l'énergie mentale et physique pour faire former Et puis à côté de ça, qu'est-ce qui fonctionne pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce que tu as comme valeur
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce que tu as besoin dans ton entourage pour te soutenir
UNKNOWN?
SPEAKER_01Donc vraiment un peu ces deux axes de qu'est-ce
SPEAKER_00qui nous motive. Ça veut dire que tu poses beaucoup de questions à l'athlète
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ou ça se passe comme en disant que tu dois faire la préparation mentale avec Léa
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu n'as jamais eu de préparateur mental
UNKNOWN?
SPEAKER_00Si, si, mais je pense, pourquoi je pose la question
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce qu'on parle souvent de ça, puis on a peut-être des téléspectateurs qui ne sont pas sportifs. Et à mon avis, ça peut peut-être leur intéresser de savoir comment tu approches quand tu as la personne en face
UNKNOWN?
SPEAKER_00Le terme en tant que tel est limpide et connu, mais comment concrètement, qu'est-ce que ça veut
SPEAKER_01dire
UNKNOWN?
SPEAKER_01Déjà, je dis souvent à l'athlète que c'est lui qui est expert de son sport parce que j'ai pas mal d'athlètes qui viennent de sports que je connais moins et qu'il est aussi l'expert de lui-même. Donc, tout ce que moi, je peux apporter, c'est des questions, des idées, des choses à tester. Après, c'est à lui de l'appliquer et puis qu'on décide ensuite est-ce que ça marche ou pas. Après, concrètement, souvent, on va déjà réfléchir à qu'est-ce que c'est le rêve le plus fou, où est-ce qu'on a envie d'aller si tout est possible, et puis qu'est-ce qui nous empêche aujourd'hui d'y être, qu'est-ce qu'on a sur le chemin comme croyance, comme obstacle. Et puis une fois qu'on a regardé ça, qu'est-ce qu'il faut comme compétences pour y arriver, que ce soit mental, physique, technique, parce que souvent les athlètes s'entraînent mais ils ne savent pas forcément aussi pourquoi, qu'est-ce qu'il faut. Une fois qu'on a un peu cette base de regarder qu'est-ce qu'il nous faut encore comme compétences, est-ce que ça va être la gestion du stress, la confiance en soit la concentration. Pour certains sujets, il y a peut-être des outils qu'on peut appliquer plus facilement. Pour d'autres, ça va plutôt être des réflexions à avoir, des questionnements, une attitude à réfléchir. Des fois, on va regarder d'autres vidéos de sportifs pour s'inspirer, des échanges. Souvent, on essaye de faire que ce soit des choses le plus concret possible qu'on puisse ensuite appliquer sur le terrain, sur l'entraînement au quotidien et puis pas que ce soit quelque chose qu'on fait juste une heure avec moi et puis après on l'oublie.
SPEAKER_02Mais du coup, ton approche, elle est différente si tu coaches sportif individuel ou une
SPEAKER_01équipe en équipe ça va beaucoup être ça va être plus difficile d'être individuel donc oui fin dans les équipes j'essaie surtout de d'expliquer peut-être les différences qui peut y avoir dans les individualités parce que souvent la règle de base ça va être de se dire ben moi je fonctionne comme ça donc mon coéquipier aussi alors que si on commence à comprendre qu'il peut y avoir des différences puis peut-être que son coéquipier si on lui dit je suis sûr que tu vas pas réussir à faire ça, ça peut le motiver, puis l'autre, ça va peut-être le faire tomber par terre parce que lui, il aime qu'on lui dise, allez, on va y arriver ensemble et puis qu'il y ait une autre énergie. Donc voilà, quand on commence à comprendre qu'il y a des différences individuelles, donc ça, ça va plutôt être l'axe quand on est dans les équipes et puis après d'avoir des réflexions, chacun pour soi, de se dire de quoi moi j'ai besoin au sein de l'équipe pour
SPEAKER_00performer. Est-ce que dans la continuité de ce que Léa a dit, est-ce qu'il y a une différence aussi homme-femme dans l'approche La préparation, c'est plutôt une question de caractère.
SPEAKER_01Ouais, moi, je ne le ressens pas comme ça. En tout cas, il y a certains hommes, certains garçons où je vois plutôt une sensibilité, un côté plus féminin, avec certaines femmes où ça va être plutôt l'énergie masculine qui ressort. Donc, en tout cas, je ne le séparerai pas. Mon accompagnement, je m'adapte vraiment à la personne. Il y a certains traits qui correspondent plus à d'autres
SPEAKER_02qu'à d'autres, mais pas plus que ça. Et tu disais, pardon, je te... mais tu disais que ton expérience sur le terrain était presque plus utile que les livres en fait. Du coup, comment tu l'utilises cette expérience
UNKNOWN?
SPEAKER_02Il y a genre une saison ou un fait marquant de ta carrière qui te dit en fait ça pour moi c'est la clé et puis c'est comme ça que j'ai envie d'accompagner parce que moi ça m'a beaucoup apporté.
SPEAKER_01Il y en a énormément, c'est justement ça. Il y a plein d'exemples à chaque fois que je peux me dire mais comment moi j'ai fonctionné
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et puis, j'ai aussi créé l'entreprise avec ma coéquipière qui ne fonctionne pas du tout comme moi. Donc, c'était aussi notre idée de se dire, quand on accompagne des gens, s'ils ne fonctionnent pas comme moi, peut-être que moi, je ne vais pas pouvoir les accompagner. Mais Patricia, elle va pouvoir me dire, ah ouais, mais tu sais, moi, je penserais plutôt comme ça ou moi, j'ai fonctionné comme ça, ça, ça m'a aidé. Et puis, d'avoir un deuxième avis de quelqu'un qui fonctionne différemment. Donc, une clé, j'ai plutôt plein d'exemples pour plein de situations différentes où je me dis, mais attends, qu'est-ce qui a bien fonctionné
UNKNOWN?
SPEAKER_01pour moi ou qu'est-ce qui pourrait aider et puis juste des fois de partager son expérience, ça permet de donner un exemple un peu plus concret aux
SPEAKER_00athlètes. Tu fais un suivi ou de la préparation mentale ou une collaboration uniquement avec des sportifs ou si les personnes non sportives qui souhaiteraient juste avoir de tes
SPEAKER_01services
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors j'ai beaucoup plus de sportifs parce que c'est le milieu dans lequel je viens. J'ai aussi travaillé avec des musiciens, une DJ
SPEAKER_00et puis une DJ elle a eu besoin de quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je trouve ça intéressant.
SPEAKER_01c'est surtout gestion du stress avant les grands événements c'est quelqu'un qui était vraiment passionné par la musique à la base mais par contre en fait l'idée de se mettre en avant et puis d'être la personne au milieu de la scène et puis de mettre l'ambiance n'était pas forcément ce qu'est ce qu'elle aimait donc de travailler cette
SPEAKER_00partie tu
SPEAKER_01lui donnais quoi comme conseil par exemple avec elle on a vraiment travaillé déjà comment elle avait envie d'être et sur scène quelle image elle avait envie de montrer puis aussi qu'est ce qui était pour elle une soirée réussie donc pour elle à la fin de se dire ben c'était surtout si les gens s'ambiancent et puis danser où elle se disait ben j'ai atteint mon objectif mais déjà de reclarifier ça pour elle c'était un peu clé parce que sinon tu vas tu fais ton truc et puis tu sais plus trop donc de savoir comment elle pouvait mettre cette ambiance là c'était un des points de l'accompagnement dans les
SPEAKER_02entreprises tu fais aussi pardon je te recoupe dans les entreprises tu vas aussi parce que c'est aussi assez assez à la mode je sais pas si on peut utiliser ce mot mais tu un manager ou bien un chef d'équipe qui a besoin d'un coaching et puis on entend souvent ils partent une journée entière et puis il y a toute une réflexion, etc. Ça, tu fais
SPEAKER_01aussi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, et puis avec les entreprises, je pense que ce qu'on a comme sportif, comme différence principale, c'est que quand tu es athlète, tu as un championnat du monde à une date précise. Puis les entreprises, des fois, ils peuvent toujours reculer un petit peu leur objectif, etc. Donc, amener des exemples concrets, dire en fait, quand les Jeux Olympiques, c'est le 2 août, tu n'as pas le choix que c'est le 2 août. Et puis du coup, pouvoir amener ce côté deadline et super précis dans l'entreprise, c'est quelque chose qui parle assez quand tu amènes ça en tant que sportif dans les workshops ou dans les accompagnements.
SPEAKER_00Tu parlais avant que l'objectif premier quand tu voyais des sportifs et je suppose aussi justement en entreprise ou comme avec une DJ, c'est de définir le rêve. Donc moi j'ai une question en lien avec les sportifs suisses et la Suisse en tant que telle parce qu'on a souvent tendance à dire qu'on n'est pas assez ambitieux et tout. Est-ce que c'est quelque chose que tu ressens quand tu définis le rêve avec tes athlètes suisses
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ils sont un peu timides à dire je vais te championne olympique,
SPEAKER_01double championne olympique, championne du
SPEAKER_00monde ou c'est plutôt facile de nos
SPEAKER_01jours
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je dirais que ça dépend vraiment de leur âge et il y en a des tout jeunes qui vont rêver grand et puis tout leur semble possible. Il y en a tout d'un coup qui vont être un peu plus réalistes ou alors qui vont dire moi j'ai envie de sportif pro. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire parce qu'en Suisse il n'y en a pas beaucoup des sportifs pro mais ça c'est leur rêve. Donc ça dépend un peu à quel moment ils sont. Après je dois dire que personne n'est arrivé en me disant je veux
SPEAKER_00être
SPEAKER_02triple champion
SPEAKER_00olympique. C'est vrai
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non. Pas encore. Tu n'as pas eu Sergei, c'est pour ça.
SPEAKER_02Une médaille olympique, oui, mais trois. Non, ça, on ne peut pas dire. Tu disais, ça dépend de l'âge, du coup, ma question, mon interrogation, c'est c'est quoi l'âge idéal pour commencer avec du coaching mental
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce qu'on entend beaucoup, moi, j'ai aussi des parents qui viennent vers moi et me disent ma fille, elle a 15 ans, est-ce que déjà avec un coach mental, etc., que moi, j'ai commencé à 26 ans avec une coach mentale, ce qui est très tard. Mais du coup, toi qui es dans ce milieu, c'est quoi plutôt ce que tu conseillerais
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je pense que ça dépend un peu du sport, parce qu'il y a certains sports où ton pic de saison, il va être très jeune et d'autres où tu peux vraiment performer pendant longtemps. En groupe, dans les ateliers, ce qu'on fait aussi, par exemple, avec les sports études, c'est déjà une sensibilisation, se dire que ça existe et que si un jour, quelque chose se passe moins bien ou qu'il y a un besoin, on peut venir vers un une préparatrice mentale. Sinon, je trouve que si tout se passe bien et que l'athlète a du plaisir à faire son sport et ne se pose pas trop de questions, eh bien tant mieux. Mais il y a un moment où quand il y a vraiment de la pression, des objectifs, qu'il faut réfléchir à comment on structure l'entourage et qu'est-ce qu'on met, ça peut être vers 18 ans où c'est quand même un âge critique, où beaucoup peuvent arrêter le sport, etc. Ça peut avoir un intérêt. Ou alors plus tard, quand on a trouvé pendant longtemps les clés par soi-même et puis tout d'un coup on a eu un grand succès puis qu'il faut repartir derrière ou qu'alors justement on a eu un échec et puis qu'on sait plus trop comment repartir ce qui avait été par exemple mon cas ben c'est peut-être le moment de se dire qu'est ce que je peux faire après c'est toujours bien d'avoir je pense un premier contact comme ça tu sais que le jour où tu as besoin de quelqu'un et puis et puis tu as déjà un peu une alliance puis tu sais que ça va ça va fonctionner
SPEAKER_00plus rapidement moi j'ai deux
SPEAKER_01questions en une
SPEAKER_00frédéric la première c'est comment s'est passée ta reconversion est ce que c'est été compliqué ou pas pour toi et puis est ce que ta formation dans la préparation mentale et tout le reste a aidé dans ta reconversion
SPEAKER_01je pense que c'était c'est c'était je sais pas si je peux dire que ma reconversion est totalement fini je sais pas à quel moment je me dirais que c'est bon
SPEAKER_00c'est que tu peux encore aller aller la question
SPEAKER_01reste ouverte mais on garde toujours une petite porte Parfait. Mais c'était quoi
SPEAKER_00la question
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'ai réussi à la perturber. Ma question c'était de savoir, est-ce que ta formation t'a aidé dans la reconversion, pourtant qu'elle était difficile ou pas, cette transition depuis que tu as arrêté la compétition, puis maintenant tu es dans le milieu du travail
UNKNOWN?
SPEAKER_01En fait, le fait d'avoir fait des études, donc j'avais à la base un master en économie, puis après le CAS en préparation mentale, ça m'a vraiment donné un peu fil rouge de savoir où je voulais aller et ça je pense ça m'a énormément aidé parce que j'ai pas justement fermé la porte au sport et puis tout d'un coup dû me lancer dans quelque chose de complètement différent ça a permis vraiment de me dire tout ce que j'ai comme expérience je le prends et puis je peux continuer pour le prochain chapitre et ça ça a aidé après en faisant ce choix ça voulait aussi dire devenir entrepreneuse et puis pas avoir des structures imposées tout d'un coup tu te retrouves à devoir tout recréer tes routines, à passer pas mal de temps à te dire comment je vais faire ça, comment je vais faire ça. Il n'y a plus beaucoup de monde qui te donne des feedbacks. Quand tu t'entraînes, tu as quotidiennement un feedback sur l'ergomètre, le nombre de kilos que tu soulèves à la muscu, un retour de ton entraîneur ou juste des sensations du bateau. Tout d'un coup, tu réfléchis à ce que tu vas mettre en place et puis malheureusement, il y a peu de gens qui te disent quotidiennement c'est super ce que tu as mis en place, etc. Donc le feedback du coach, il n'est plus là. Et puis ça, c'était pas peut-être le truc le plus dur que tu te retrouves un peu seul avec
SPEAKER_00ton projet. Ok. Je constate que tu as encore plein d'énergie. J'en suis ravi.
SPEAKER_02Qui va peut-être finir dans le bateau.
SPEAKER_00Je constate que tu n'as pas dit non, que peut-être on te verra aux Jeux Olympiques de L.A. En tout cas, à titre personnel, parce que je pense que les carrières peuvent être longues maintenant, c'est ce que je te souhaite. Je tiens à te remercier sincèrement pour cette émission. C'était vraiment extrêmement intéressant, tous tes inputs. Garde ton énergie. Et puis chères téléspectatrices, chers téléspectateurs, je me réjouis de vous revoir dans deux semaines et je vous lance un défi. Si Frédéric participe au jeu, on l'accueillera à nouveau dans le studio en 2028.
SPEAKER_03Merci à vous.