Face au Sport

Laurence Rochat

Media One Group Season 1 Episode 18

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0:00 | 26:03

Médaillée olympique de ski de fond et entrepreneuse, Laurence Rochat a transformé sa résilience de sportive d'élite en une philosophie de vie axée sur l'équilibre entre performance et sagesse.

SPEAKER_00

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue à notre émission Face au sport. Aujourd'hui, on a le privilège d'accueillir une personne qui a vécu l'excellence dans le sport, qui vit l'excellence au quotidien. qui vit l'excellence dans son activité professionnelle. Il y avait une publicité qui disait « Gilette, la perfection au masculin ». Et j'ai envie de dire qu'aujourd'hui, notre invité, c'est Laurence Rochat, la perfection

SPEAKER_01

au féminin. Laurence, salut

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

Salut

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

Salut Laurence, merci beaucoup de venir ici dans ces studios. C'est vrai que moi, je suis très touchée parce que je suis une grande fan, donc un peu intimidée. Mais peut-être que pas tout le monde te connaît, les téléspectateurs. Donc si tu peux, comme on commence tout le temps, te présenter… en quelques mots même si tu as quand même beaucoup de choses

SPEAKER_02

à raconter alors je viens de la vallée de Joux du Soya fille de paysan j'ai commencé le ski très vite en étant en même temps dans l'horlogerie donc un peu plusieurs vies de haut niveau de haute horlogerie donc voilà j'ai 46 ans aujourd'hui et j'habite plutôt sur Lausanne mais toujours passionnée de sport d'horlogerie et d'excellence

SPEAKER_00

Qu'est-ce qui t'a amené au ski de fond et au ski de fond de compétition

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Le ski de fond, quand tu es née à la Vallée de Joux dans les années fin 70, il n'y avait pas beaucoup de choses à faire que du ski de fond. Donc, en fait, fille de paysan, connectée à la nature depuis tout de suite. Mon papa était champion roman. Donc, en fait, je l'ai suivi depuis toute petite. Mes soeurs aussi faisaient, ma maman faisait des courses. Donc, en fait, le destin du ski de fond, il était tracé. Donc, j'ai des photos. Je suis déjà une année et demi sur les skis. Après, c'était avant de savoir marcher. Avant de marcher et avant de parler surtout, j'ai parlé à 5 ans et je faisais déjà des courses à 4-5 ans. Donc, en fait, ce goût de la compétition, je l'ai toujours eu. Alors, soit il venait parce que j'avais trop d'énergie, ma maman me disait toujours, t'es lolo, comme on m'appelle toujours dans la famille, tu as trop d'énergie. Je devais me dépenser tout le temps, tout le temps. Je pense que je suis tombée dans le ski de fond parce que surtout, mon papa faisait, mais j'aimais ça j'aimais cette sensation de glisse et d'effort en même temps depuis

SPEAKER_01

toute petite moi j'allais dire parce que t'as besoin de te dépenser le ski de fond c'est assez le sport qui s'y prête parce que c'est un sport qui est ultra physique ultra demandant déjà petit c'est vrai que c'est difficile de trouver l'amour pour ce sport tout petit

SPEAKER_02

oui puis ce soir on faisait un peu de ski alpin mais je m'ennuyais sur le téleski donc je pense que j'étais très interactive petite et j'aimais les montées quand je me suis dit t'as de la peine à croire mais j'aimais l'effort Or, elle est montée en ski de fond.

SPEAKER_00

Laurence, moi, j'ai une image de toi. Médaillée olympique bronze en relais en 2002. ce soleil radieux, une boule d'énergie. Comment tu expliques ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que ça fait plus de 20 ans que je te connais et je te vois toujours comme ça, radieuse, souriante, pleine d'énergie. Comment tu fais

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je crois que je ne fais rien. Je suis comme je suis. Je suis née comme ça. Tout le monde me dit « je suis très solaire ». Et je pense que c'est une chance et je pense que c'est un don avec ce côté solaire que je transmets partout je vais. C'est aussi… Quelqu'un, mon coach, m'a dit « Je ne brille pas, mais j'éclaire.

SPEAKER_03

»

SPEAKER_02

C'est complètement différent. Parce que quand on brille, on prend trop de place. Je ne veux pas briller. J'éclaire. Et on me l'a dit ça. C'est un peu des notes philosophiques, mais je trouve que ça me correspond assez

SPEAKER_00

bien. Si on revient un peu en arrière, tu as eu ta médaille au jeu. Tu parles du goût de l'effort. Comment tu travailles ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment tu as découvert ça pour cette recherche d'excellence dans le sport en premier

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que là, on parle du sport d'élite, de la compétition des médailles.

SPEAKER_02

Pour moi, le goût de l'effort, c'était une façon de s'exprimer, je pense. Je ne parlais pas à 5-6 ans. Je ne sais pas pourquoi. Ce qui me surprend. Personne ne le croit, mais mes parents veulent le confirmer. Et je pense que je devais m'exprimer d'une autre façon. Et donc, le goût de l'effort, le goût de se dépasser, le goût de faire bien, le goût de... Au début, c'était quand même bien battre les autres, les garçons. J'avais vraiment ce goût de compétition qui est venu très vite, que mes sœurs avaient beaucoup moins. Donc ça, c'est quand même assez inné. Je pense qu'on dit comment t'as fait. On ne se pose jamais la question comment on fait. C'est plutôt qu'est-ce qu'on fait qui définit le comment et tout ça. Mais ce n'est pas le comment, on ne le sait jamais. Et ce goût de l'effort, je pense cette endurance à la base que je suis née avec... avec un bon moteur, qu'il fallait bien le dépenser, en fait.

SPEAKER_00

Mais très tôt, tu as fait un apprentissage, déjà à Audemars Piguet à l'époque, je me suis bien renseigné. Donc là, tu devais quand même travailler. Comment tu as concilié au mieux l'apprentissage et le sport d'élite

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je veux dire, sport-études et tout ça, à cette époque-là, ce n'était pas beaucoup établi. Donc déjà là, tu avais une discipline de fer.

SPEAKER_02

C'est vrai que je suis sortie de la prégymnasiale, j'étais la seule dans l'école de faire, de la classe, de faire un apprentissage de commerce parce que le sport-études, comme tu disais, à l'époque, il y avait peut-être pour 2-3 sports mais plutôt d'été, mais il n'y avait encore rien pour le ski. Et le ski de fond, encore moins. Et donc, je dis, ok, à cet âge-là, à 16 ans, 15-16 ans, je voulais vraiment aller aux Jeux Olympiques. J'ai eu le déclic quand j'ai regardé les Jeux Olympiques à Lille-et-Rameur en 94. Là, j'ai dit à mes parents, je serai aux Jeux au plus tard 2002. Donc, en fait, quand tu as une machine qui s'enclenche, le comment, tu t'en fous, tu ne sais pas justement ce que tu vas faire en 8 ans, mais tu vas choisir, tu vas faire des choix qui vont t'amener à ça. Donc en fait, je connaissais le patron justement de Marpiguet de l'époque, je cherchais une place d'apprentissage.

SPEAKER_00

C'est le fameux

SPEAKER_02

CEO, le premier qui t'a inspiré

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, Georges-Henri

SPEAKER_02

Mellon. Aussi que je respecte, parce que sans lui aussi, je ne serais pas là, ça c'est clair, il y a toujours eu une confiance à la base. Il m'a fait confiance depuis le départ. Et puis donc, justement, cette discipline, même si l'apprentissage était assez facile dans les cours, il fallait quand même une discipline d'entraînement. J'avais une routine d'entraînement de 7 à 9, 9 heures. Non, le contraire. Ça, ça fait longtemps. De 7 à 9, je travaillais. De 10 à midi, je m'entraînais. De 1 heure à 3, je retravaillais. Et de 4 à 6, je m'entraînais. J'ai fait ça 15

SPEAKER_01

ans. Tu mettais la même énergie dans l'entraînement et dans le travail, ce recherche de l'excellent de ça, tu le mettais dans les deux

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

À cette époque,

SPEAKER_02

non, parce que j'avais un focus sur le ski. Alors, ça me faisait du bien d'aller travailler. Il y avait cet équilibre. Je dis toujours, quand je faisais beaucoup de sport, j'avais besoin de l'équilibre du travail. Et aujourd'hui, je travaille beaucoup, j'ai l'équilibre du sport. Donc, il y a toujours un équilibre. On ne peut pas donner partout au même niveau. Par contre, mon but, c'était surtout d'atteindre ce que je voulais en sport. Et Audemars Piguet m'a m'a donné ce cadre-là. Forcément, oui, j'étais contente d'aller travailler. Oui, je faisais du bon boulot. Mais ce n'était pas mon but premier. Je le voyais comme une sorte d'équilibre.

SPEAKER_00

Tu n'as jamais eu un coup de mou à cet âge-ci

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que c'est habituel. À l'adolescence, à un moment ou à un autre, les copains, ils sortent, ils vivent d'autres choses qu'une sportive ou qu'un sportif d'élite.

SPEAKER_02

Oui, mais à la Vallée de Joux, tu es moins

SPEAKER_00

tentée. Il n'y a pas d'autre chose à faire.

SPEAKER_02

Non, mais franchement, ça, je pense, ça m'a aidée. Mon paysan dort tôt, on se lève tôt. J'ai été... élevé avec les animaux avec la nature tu ne te poses pas la question d'aller au bois donc ça je n'ai pas eu de coup de mou comme ça j'ai plutôt eu un gros coup de mou 19 ans quand j'ai eu ma première mononucléose pendant 2 ans et tu dis waouh qu'est-ce que tu fais et tu as envie d'arrêter donc c'est tout ton système immunitaire il est bas n'est pas crête tu ne sais pas de quoi ça vient

SPEAKER_00

tu ne pensais pas que tu avais poussé trop fort la

SPEAKER_02

machine on me dit c'est la maladie du baiser alors je ne sais

SPEAKER_00

pas

SPEAKER_02

oui ça on m'a dit aussi

SPEAKER_00

mais il y a beaucoup de gens qui s'embrassent et qui ne l'ont pas

SPEAKER_02

mais les sportifs il y en a beaucoup je pense que je sais peut-être j'en sais rien mais voilà mais bref voilà j'ai survécu à ça et puis oui il y a toujours des coups de mou mais les coups de mou en fait on ne s'en souvient pas

SPEAKER_01

mais comment tu t'arrives à te souvenir comment tu t'es relevé de ces coups de mou avant on parlait du fait que tu es quelqu'un de solaire qui brille etc est-ce que du coup ce tempérament cette caractéristique tu penses qu'elle t'a justement aidé dans ces coups de mou tu as aussi des problèmes d'asthme etc Tu penses que c'est une des

SPEAKER_02

aides

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je pense que le meilleur remède pour tout simplement se relever de ses coups de mou, c'est de savoir tu vas. La vie est un chemin. Si tu ne sais pas tu vas, à chaque coup de mou, tu vas partir à droite, à gauche, tu ne sais pas. Quand tu sais tu vas aller, mine de rien, le coup de mou, oui, tu l'assumes, mais tu as toujours ce but en vue. Je trouve que dans la vie professionnelle, c'est plus difficile d'avoir avoir des buts parce que ça dépend de plein d'autres personnes. Ça dépend des fois d'autres organisations, d'une structure de la société. C'est-à-dire qu'en sport, et ça, je trouve une fantastique aventure, c'est que « I want to be there and I will do everything for that ». Et puis tu vas et tu ne sais toujours pas comment, avec qui, mais tu t'en fous en fait. Et c'est assez intéressant. Encore plus en sport individuel. Oui, voilà. On est en sport individuel, on a un chrono, on n'a pas… Vous avez deux, c'est aussi un sport individuel, toi aussi, mais chaque sport on doit faire quand même avec l'environnement et l'écosystème du sport donné ce qui te font c'est beaucoup d'heures toute seule j'ai fait 10 heures dans

SPEAKER_00

mon réseau c'est ça la question tu trouves ça tout le temps toute seule à cet âge-ci avec cet objectif clair et cette rigueur on bascule on peut appeler rigueur excellence mais pour atteindre l'excellence il faut de la rigueur et du travail

SPEAKER_02

un automatisme je dirais aussi alimenté avec une passion si t'es passionné dans ce que tu fais l'automatisme il vient de vie, c'est même quand des jours que tu n'as pas envie, dès que tu commences, c'est bon. Et ça, je pense que l'humain, c'est ce que j'ai appris, je pense, au premier dans le sport, l'humain est une machine extraordinaire qu'il faut juste conditionner. Par contre, il faut avoir un désir. S'il n'est pas là, puis qu'on attend que ça arrive, ça, ça part. Mais c'est des beaux moteurs que pendant, tu ne te poses jamais toutes ces questions. C'est maintenant que tu te dis, merde, comment je l'ai

SPEAKER_00

fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Mais en fait, tu le fais. D'où ma question. Quand arrêté. comment t'as fait pour transposer toute cette discipline, cette rigueur dans la vie professionnelle et dans la vie de tous les jours, on y reviendra peut-être après t'as aussi des moments difficiles dans ta vie donc comment t'as pu garder tout ça

SPEAKER_02

il y a un mot qui me revient toujours c'est l'humilité quand tu recommences un monde un autre domaine, une autre vie une nouvelle relation, un nouveau boulot si t'arrives avec les gros souliers en disant je suis ménéo-olympique je suis tel et tel, j'en sais rien, j'ai fait ça, j'ai fait ça. Déjà, un, le système ne va pas t'accepter. Et je pense que la première chose que j'ai faite quand j'ai passé d'un bureau qui était la nature de tout, en tant que skieuse de fond, tu es tout le temps dehors, à part de trois séances de muscules, tu es tout le temps dehors. Dans un bureau avec quatre murs sous un toit, au bras dessus, dans une période l'horlogerie n'était pas celle qui était aujourd'hui, si tu n'as pas d'humilité et de curiosité, dans le bon sens du terme, de vouloir réapprendre tes gammes, être un peu coincée dans un sens, dire maintenant, je dois tout rapprendre, là, c'est plus dur. Moi, je pense que cette valeur-là m'a accompagnée dans chaque nouveau départ

SPEAKER_00

ou fin. Et tu n'as jamais eu de difficulté avec

SPEAKER_02

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, c'est difficulté, oui, mais de nouveau, c'est un état d'esprit. Et je ne me forçais pas d'être comme ça. En fait, il ne faut pas vouloir être comme ça. Il faut être. Il ne faut plus faire. Il faut dans le être. On est de plus en plus dans dans l'être. Et puis, le faire, c'est facile. Mais dans l'être, c'est plus compliqué. Alors, si tu es, tu l'es. Mais si tu le veux, c'est compliqué de l'être, tu vois. Et c'est un peu du chinois, peut-être ce que je dis, mais c'est vraiment le sentiment, je suis humble et je recommence à zéro.

SPEAKER_01

Mais il y a des valeurs ou des choses que tu avais en tant que sportive individuelle que tu as un peu te déformater en arrivant dans le monde professionnel tu fais vraiment partie d'une équipe et Et puis, tu as des éléments extérieurs que tu dois composer avec. On disait avant, quand tu es sportive individuelle, je veux aller là. En fait, c'est moi qui décide comment j'y arrive et avec qui je m'entoure. Mais dans le monde professionnel, c'est complètement différemment.

SPEAKER_02

Il y a deux choses, je pense, qui sont importantes. Ce que tu dis, c'est quand tu arrives dans une entreprise, tu as un but de l'entreprise. Ce n'est plus que ton but à toi. En tant que sportif, tu as un but à toi. Même dans une équipe, c'est une équipe. Mais dans une entreprise, tu as... but personnel, il doit être en accord avec la vision de l'entreprise et puis de savoir on va. Nous, avec Omar Piguet, c'est vrai que début 2010-2012, il y a eu François Benhamias qui est arrivé et là, c'était l'autoroute, on savait on allait. Donc, ça a aidé aussi. Puis moi, c'est aussi dans ma philosophie, ces valeurs-là. Je pense que les valeurs d'une société on peut se développer, elles sont aussi similaires aux nôtres. Et ça, moi, je suis tombée, je pense, dans la plus belle période d'AP qui montre aujourd'hui on on est et il y a un autre aspect c'est l'esprit d'équipe l'esprit d'équipe en tant qu'athlète même si on a des courses en relais même si on a des entraîneurs et tout ça on est quand même vachement égoïste on pense quand même beaucoup à nous et ça dans le monde du travail tu vois tout de suite si tu penses qu'à toi c'est compliqué compliqué donc ça ça t'a pas été très compliqué c'était plus de travailler en équipe que tu dis waouh tu peux tu peux avoir du soutien aussi pas forcément que c'est que négatif Tu peux poser des questions. Tu es moins seul, je trouve, qu'en sport. C'est ce que j'ai retrouvé, je pense, en plus dans la carrière professionnelle.

SPEAKER_00

Quel est, si je peux m'exprimer ainsi, le défaut ou la faiblesse de la perfection

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que je l'ai dit sur le ton de la plaisanterie au début, mais tu représentes quand même pour moi la perfection féminin.

SPEAKER_02

Merci, par contre, je ne me rase pas avec ton

SPEAKER_00

gag, Gilette. Tu peux m'envoyer une vanne. Il était peut-être nul, mon gag, mais je voulais faire le parallèle en

SPEAKER_03

faisant un clin d'œil.

SPEAKER_00

Moi, je m'attendais à plus nul. Bon, ça va. Je t'ai laissé en bien.

SPEAKER_03

C'était quoi la question,

SPEAKER_02

déjà

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Le point

SPEAKER_00

faible pour toi ou le défaut dans la

SPEAKER_02

perfection

UNKNOWN

? Le trop.

SPEAKER_00

Je t'ai volontairement posé ces questions, je suis content que tu les

SPEAKER_02

apprennes. Le trop, et puis moi, je suis allée dans

SPEAKER_00

le trop justement c'est pour ça je suis

SPEAKER_02

allée dans le trop dans tout en fait en tant qu'athlète il y a une vingtaine quinzaine vingtaine d'années on pensait on mesurait la performance et l'excellence qu'avec les heures les heures les heures on croyait que si on faisait plus on devenait meilleur mais en fait t'avais aucun biomarqueur qui était testé c'était juste le bilan à la fin de la semaine à la fin du mois t'as pas assez fait de ça ou t'as trop fait de ça puis en fait après c'était ton corps qui lâchait que tu te chopais un rhume ou pas au bon moment on s'entraînait trop par rapport à pas assez. Donc, au fait, là, par rapport à ta question, c'est vraiment le trop et l'ennemi du bien. C'est une phrase débile, mais qui est tellement vraie. Et ça, quand tu pris deux, trois gros râteaux à cause du trop, tu te dis, ouais, on va revoir un peu notre système de fonctionnement, en fait, mon système de fonctionnement. Et c'est que depuis, je dirais, trois, quatre ans, j'ai réussi à voir qu'on pouvait y arriver en faisant moins... Mais pour moi, c'était... impossible à comprendre ça quand tu as un système de performance de toujours c'est le plus qui paye tu dois

SPEAKER_01

souffrir dans le monde professionnel tu te dis j'ai trop fait

SPEAKER_02

j'aurais pu y arriver avec moi tout ce qui est la période hôtel des horlogers musée justement c'était une période Marc Piguet fait comme ça personnellement c'était trop pour moi beaucoup trop pour moi et puis en fait après tu fais des choix par rapport aussi à qu'est-ce que tu veux en fait dans la vie le trop il fatigue il t'amène haut le trop c'est pour ça que c'est difficile de le changer parce que ton système qui t'amène tout en haut c'est ton système qui te bousille aussi donc après tu dois choisir et c'est toute la psychologie qui est intéressante de dire comment on change un mindset et c'est passant par en remarquant qu'en fait que ton système qui t'apportait tout en haut maintenant il détruit

SPEAKER_00

le déclic principal

SPEAKER_02

c'était quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

le déclic de ça, en fait, je suis fatiguée, j'en ai marre. J'en ai marre de... Parce que le corps, au moment donné, à 20 ans, 30 ans, il marche bien, mais je pense, dès 40 ans, t'as quand même un switch t'as moins l'énergie qu'avant. Et en fait, si là, tu fais pas avec toi, et tu continues à être contre toi, là, tu craches. Donc, pour moi, le déclic... Bon, j'ai eu un burn-out, moins clair, après le décès justement de Philippe et tout ça... J'étais dans la méthode warrior, guerrière.

SPEAKER_00

Dans une forme de déni ou

SPEAKER_02

bien

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Pas de déni, pas du tout. Je pense que c'est plus de se suroccuper. Je suis une femme forte, n'oubliez pas. J'arrive et puis j'y arrive.

SPEAKER_04

Mais

SPEAKER_02

la facture, elle est… Mais après, on change. Puis je n'ai pas changé tout de suite après. Parce que quand tu as une crise, tu crois toujours que ça revient comme avant. Puis c'est le déclic, l'acceptation en fait. Et tu as eu un signal. Mais si tu ne changes pas, tu vas avoir pire. Et en fait, c'est dès que tu vois que tu as une chance quand même d'avoir un signal, c'est qu'il faut changer. Mais tu continues quand même avant, mais tu vois que ça ne marche plus en fait. C'est pour ça que

SPEAKER_01

tu t'es lancée, parce que tu fais du coaching aussi à côté.

SPEAKER_02

Oui, depuis trois ans, je suis devenue coach, je fais de la PNL, coach pro et puis…

SPEAKER_00

Comment s'appelle ta

SPEAKER_02

boîte, tu peux le dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Gear Up, donc Gear Up for Life. C'est vraiment comment tu peux t'équiper pour la vie en fait, en prenant conscience de qui on est, parce qu'on fait quand même des fois beaucoup d'erreurs. Après, c'est que les erreurs qu'on sait aussi qui on est. Mais je pense qu'il y a des choses qu'on peut éviter si on est un peu accompagné. Dans l'alignement de soi, vraiment aussi, de dire, en fait, je fais ça depuis des années, mais ça ne me plaît pas ou ce n'est pas moi. Et puis d'oser, d'avoir le courage. Je dis, s'il y a quelque chose que j'ai pris de ma vie sportive pour amener aujourd'hui, c'est le courage maintenant de dire non, de choisir, de décider.

SPEAKER_00

Tu as fait référence au décès de ton compagnon de l'époque, Philippe Rochat, cuisinier étoilé peut-être. Il n'y a pas tout le monde qui sait qui sait, même si je suppose que c'est le cas. Tu as fait référence à cette période difficile. Le sport d'élite, ton approche t'a aidé à surmonter cette phase, indépendamment du burn-out. Mais comment tu as abordé toute cette période pour te reconstruire et être toujours aussi éclairé et radieux que tu l'es aujourd'hui

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Complètement. Le sport m'a aidée surtout dans, je pense, la résilience, beaucoup, quand tu as des choses qu'on ne peut pas tout maîtriser, d'accepter, de se relever peut-être plus vite, d'avoir une endurance. Je pense qu'en ascète, quand on fait du sport, on a quand même ce corps physique qui est quand même fort et cette endurance, mais qui peut être aussi, quand il est mal utilisé, là, tu as l'impression que tu n'as pas de limite. Mais je pense que on doit tous vivre des choses qu'on ne à vivre pour évoluer et puis je devais vivre ça dans mon destin et c'est après c'est comment tu avances tu apprends ça pour pas refaire les mêmes erreurs de réagir différemment d'anticiper de mieux mais c'est sûr que mon mental de sportif m'a dans un sens énormément aidé et la famille et la nature je pense que des choses toutes simples on croit que des fois c'est des choses compliquées que tu avances mais c'est surtout des choses très simples qui nous relient à cette terre

SPEAKER_00

malgré ces états A la prochaine

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Malgré peut-être le fait d'avoir appris que des fois, il faut être capable de faire moins, tu restes quand même une compétitrice dans l'âme.

SPEAKER_02

Je te crois. ça se perd, ça. Bonne question.

SPEAKER_00

Je me pose la question parce que moi-même, je reste un warrior et que je n'arrive pas à lâcher. Tu es en train de basculer, j'ai senti, sur une forme de sagesse. J'aimerais comprendre

SPEAKER_02

comment tu arrives à faire ce processus. Parce que tu es plus jeune que moi, en plus. Un peu, non, il semble. Non, mais... la compétition, je pense, elle fait partie de ce côté guerrier qu'on a. Et si on connaît un peu les archétypes, c'est que t'as le guerrier, t'as le guérisseur, t'as le visionnaire et t'as le sage. Et en fait, pour une vie équilibrée, t'as besoin des quatre.

SPEAKER_00

Le guerrier, le guérisseur, le

SPEAKER_02

visionnaire et le sage. Et en fait, il faut avoir ces quatre pour être quand même d'une forme d'équilibre. Et moi, je suis dans une période aujourd'hui de ma vie, je me dis, je suis au milieu de ma vie, bientôt 47 ans, j'ai arrive à cet équilibre-là qui va t'amener, qui va m'amener à une performance différente qui est plus durable, en fait. Et le côté guerrier, je l'ai, il est inné. Par contre, il faut un peu balancer les autres. Comme moi, j'ai tellement trop été dans le guerrier, mon côté guérisseur, il était loin, et puis j'étais dépendante à l'intensité. C'est ce que j'ai remarqué. Et quand t'es dépendante à l'intensité, t'as pas une seconde, t'es pas sur ton portable. Et tout le temps. Et ça, c'est un système aussi qui me fatigue Est-ce que la compétition, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ou c'est d'être sage

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est peut-être d'être sage, justement.

UNKNOWN

Après ça, ?

SPEAKER_02

C'est exceptionnel quand même l'évolution de l'humain et je me dis là, oui j'ai toujours l'esprit qu'on pète mais différemment et plus contre moi.

SPEAKER_01

Du coup c'est quoi ta relation avec le sport maintenant

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Comme j'étais avant une balance, un équilibre, un équilibre de je travaille beaucoup et j'ai besoin du sport pour me sentir bien, de rester fit, de me sentir Par contre, je ne devais plus du tout faire de compétition. Ça, c'est vraiment une chose.

SPEAKER_00

Parce que tu as refait d'autres compétitions après que tu aies arrêté ta carrière de sportive d'élite, des courses populaires ou autre

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Le vélo, parce que vous savez que j'aime bien le vélo et tout. J'étais encore très fit, donc j'en ai fait juste après ma carrière. Mais en fait, je n'ai plus envie de compétition. Mais j'ai de la compétition ailleurs. Mais de compétition saine. Justement de monter ma boîte, de faire mon propre show. de tout simplement de j'ai une phrase aussi que j'aime bien j'ai plus envie de me prouver mais en anglais c'est mieux I don't want to prove myself but improve myself Et c'est aussi une sorte de compétition, mais plus en tapant sur les autres. Pour moi, la compétition, c'est contre les autres. Et aujourd'hui, c'est une compétition avec les autres, en fait.

SPEAKER_00

Je pense que c'est

SPEAKER_02

le gros changement que j'ai eu.

SPEAKER_00

On peut dire que tu es devenue entrepreneuse, d'une certaine manière. Qu'est-ce qui t'a donné ce déclic in fine

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que tu as réduit ton taux de travail dans ton activité principale pour te lancer dans cette aventure. Vous pensez que c'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est une bonne question. C'est pour ça que je la pose. Je pense que c'est le défi de quelque chose de nouveau, de l'inconnu. Ça fait quand même plusieurs années que tu es chez Audemars et je pense qu'effectivement, c'est valorisant. Mais je pense que tu avais peut-être envie de quelque chose de nouveau à l'ajoutage. C'est mon interprétation.

SPEAKER_02

Oui, c'est sûr que ce sont des faits. Mais c'est surtout ce côté de nouveau créer quelque chose qui me correspond à moi, en fait. Et ce côté liberté. C'est vrai que moi, j'adore Marpiguet. Je suis Brénois chez AP et je le serai toujours chez AP. Je fais beaucoup de conférences pour eux, j'adore parce que je connais la boîte par cœur. Puis j'aurais dit aussi, mais à côté, j'ai besoin de quelque chose qui me nourrisse mon âme et ma mission de vie. Et en fait, c'est plus, je fais ça parce que j'ai envie de le faire et j'ai vraiment du plaisir. J'adore AP aussi, mais AP, c'est pas ma maison, c'est comme une famille et tout, mais je pense que d'avoir un truc à soi qui correspond à mon devenir, en fait, à que je suis en train de devenir ou que je suis. C'est ça, en fait, ma plus grosse motivation.

SPEAKER_00

Laurence, le temps file à la vitesse de l'éclair. On arrive déjà au bout. Moi, je retiens un truc pour moi. Le guerrier, le guérisseur, le visionnaire et le sage. Et le sage. Je dois

SPEAKER_03

travailler sur trois. Je peux te

SPEAKER_00

faire tourner un malaise. Oui, volontiers. En tout cas, merci beaucoup. Merci à

SPEAKER_03

vous.

SPEAKER_00

J'ai énormément apprécié cet échange. Côté philosophique, la tendance sur la sagesse, j'ai vraiment beaucoup apprécié.

UNKNOWN

Donc, merci à toi.

SPEAKER_00

Merci à toi. Merci à vous toutes et tous et on se voit tout prochainement pour la prochaine émission Face au sport. À bientôt.