Voix Révolutionnaire
Aujourd'hui, c'est terminé de se taire.
Tu n'es pas ici pour plaire, mais pour partager un message, une vérité, une vision pour le monde.
Ta voix porte une médecine puissante, celle qui guérit, dérange et allume des révolutions.
Je suis Stéphanie Méthé, alchimiste de la voix. J'ai accompagné plus de 1 000 femmes à amplifier et monétiser leur voix pour faire rayonner leur expertise.
Ici, on explore la puissance de la voix féminine — ta voix révolutionnaire.
👉 instagram.com/stephanie_methe
Voix Révolutionnaire
Épisode 30-Est-ce que ça existe vraiment, une femme complètement libre?
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Et si on te disait que tous les hommes avaient un couvre-feu à 21h? Cette question bouleversante, posée par une activiste féministe, révèle une vérité crue : en tant que femme, peux-tu vraiment être libre à 100%? Dans cet épisode sensible et nécessaire, on explore cette insécurité viscérale que portent les femmes, celle qui nous suit au parc, à la plage, dans la nuit.
Des bonnes raisons d'écouter cet épisode
- Découvre la différence entre l'intuition réelle et la peur résiduelle causée par un trauma
- Comprends pourquoi ton instinct a le droit d'exister, sans te convaincre que tu exagères
- Ressens ce que signifie vraiment habiter le monde en tant que femme, sans devoir constamment te protéger
- Apprends à revenir en conscience dans un lieu après avoir vécu un sentiment de danger
- Reconnais la puissance de ta voix intérieure qui te dit « pars maintenant »
Mentionnés dans l'épisode
Le post instagram de Steph : https://www.instagram.com/p/DYF0gaWkXlH/?hl=fr&img_index=1
Steph xx
On parle souvent de la femme libre, la femme puissante, la femme indépendante, la femme courageuse, la femme qui prend sa place, qui choisit sa vie, puis qui n'attend plus la permission de personne. Mais récemment, je me suis posé la question, est-ce que ça existe vraiment une femme complètement libre? Et j'aborde la question aujourd'hui dans mon épisode de podcast. Aujourd'hui, c'est terminé de se traire. T'es pas ici pour plaire, mais pour partager un message, une vérité, une vision pour le monde. Ta voix porte quelque chose de plus grand que toi. C'est une médecine puissante. Dans ce podcast, on explore la puissance de la voix féminine, celle qui guérit, celle qui dérange, celle qui allume les révolutions. Parce que t'es ici pour créer quelque chose de grand avec ta voix, pour partager ce qui est en dedans de toi. Et c'est cette voix d'origine qui peut te permettre d'avoir une vie et une entreprise en alignement avec la leader visionnaire que tu es vraiment. Je suis Stéphanie Metté, alchimiste de la voix, et depuis 7 ans, j'ai accompagné plus de 1000 femmes en francophonie à amplifier et monétiser leur voix pour faire rayonner leur expertise. Mon approche mélange des outils concrets d'influence, des pratiques somatiques et psychoénergétiques pour libérer non seulement la voix, mais tout ce qu'elle porte. Ici, c'est ton espace pour t'autoriser à être prise au sérieux, ton espace pour laisser émerger ta voix révolutionnaire. Aujourd'hui, ça va être un sujet sensible. Un sujet qui n'est peut-être pas pour tout le monde. Un sujet qui peut venir éveiller des choses, qui peut venir éveiller des mémoires, éveiller des choses dans ton corps. Donc, tu seras la meilleure personne pour savoir si cet épisode-là est pour toi ou non. Aujourd'hui, je veux partager, je veux parler en fait de ce sentiment-là, cette peur-là viscérale. qu'une femme, on peut tout ressentir au moins une fois dans notre vie, et souvent beaucoup plus qu'une fois. Cette espèce de peur-là, cette espèce d'insécurité-là, de menace qu'on peut ressentir face à un autre homme en face de nous. Et là, je parle d'un homme en particulier, celui où est-ce qu'on se sent en danger. celui où on se sent vulnérable, celui où on se sent une proie face à ses yeux. Ce sentiment-là et cette insécurité-là, elle est féminine. On a bien beau dire qu'on veut être égale, qu'on veut l'égalité des hommes et des femmes, Mais on ne pourra jamais vraiment se sentir à 100 % égale parce que nous, on va toujours ressentir de la peur de se promener seul dans le noir. d'arriver dans un autre pays, puis de justement être seule pour ses déplacements. On va se sentir souvent insécure dans plein de situations. Quand tu arrives dans un nouvel endroit et que tu es toute seule avec un homme, quand tu te retrouves dans un taxi avec un chauffeur de taxi, toutes ces situations-là peuvent éveiller un sentiment de danger à l'intérieur de nous. Et j'ai envie aujourd'hui de te poser une question ultra puissante qui va peut-être éveiller de la colère en toi et qui va peut-être aussi éveiller des grands désirs en toi. Cette question-là est une question ultra puissante qui ne vient pas de moi. qui vient d'une activiste américaine, une féministe, activiste des droits civiques, Danielle Muscato, qui a lancé une question qui est devenue virale en 2018 sur Twitter. Et cette question-là, pour moi, c'est une des questions qui m'a le plus marquée dans ma vie, pour vrai. C'est une question ultra-puissante et c'est une question qui nous amène à rêver, mais genre rêver, rêver, rêver. Et en même temps, qui vient, en tout cas moi, qui vient éveiller de la colère. Qu'est-ce que tu ferais si tous les hommes avaient un couvre-feu à 21 heures? C'est challengeant, cette question-là, parce que ça a deux effets, cette question-là. C'est une question, premièrement, hyper révélatrice qui, juste dans la question elle-même, on comprend que c'est quelque chose qu'on ne vivra jamais. Juste la question elle-même, c'est une question qui est bouleversante. Et en même temps, il y a comme quelque chose de vraiment beau. Parce que quand cette femme-là a lancé cette question-là, il y a eu des milliers de réponses de femmes qui disaient « Ah, moi, j'irais courir dehors après le coucher du soleil sans regarder derrière moi. Moi, je ferais juste marcher les yeux fermés sur la plage, puis j'écouterais le son des vagues. J'irais dans un bar toute seule, puis je commanderais des drinks toute la soirée, puis je danserais comme je n'ai jamais dansé de ma vie. Puis en plus, je rentrerai à pied, nu-pied. Je ne prendrais même pas un taxi. J'aimerais ça conduire dans la ville avec une décapotable, puis après aller me coucher dans le sol, regarder les étoiles. Juste m'asseoir dans un parc et regarder les étoiles toute la nuit. J'irais me promener dans la jungle ou dans la forêt, puis je me laisserais porter par le son des arbres, des animaux. J'irais me baigner tout nu. Dans les vagues, dans la mer, je me baignerais complètement nu. Penser à ces choses-là, ça crée une espèce d'ouverture, d'épanouissement, de liberté, de empowerment, de comme « I'm so free ». Et on peut vivre ça. Ces choses-là, de temps en temps, dans des moments précis, genre se baigner tout seul, tout nu, dans sa cour, dans sa piscine. Aller se promener dans la petite forêt qu'on a en arrière de chez soi, mais genre c'est limité. On est toujours un peu en prison. Même quand on essaie de se créer une forme de liberté, on n'a pas le choix d'avoir des paramètres, les femmes, pour se sentir en sécurité. Donc, est-ce que ça se peut être vraiment libre un jour
UNKNOWN?
SPEAKER_00Vraiment libre à 100%
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je ne veux pas être défaitiste. Je ne veux pas être alarmiste. Mais ma vraie réponse, c'est non. Et on dit souvent que la sécurité, c'est quelque chose d'intérieur et qu'on a juste à travailler sa sécurité intérieure et que comme ça, on va se sentir tellement libre à 100%. Mais c'est faux. C'est faux, en fait. C'est pas suffisant la sécurité intérieure et la confiance en soi quand un gars qui arrive, puis que tu te sens vraiment petite parce que lui a des gros bras, puis que toi, t'es toute seule au parc. Sorry, là, mais t'as bien beau avoir la plus grande confiance en toi, la plus grande puissance que tu possèdes, puis d'être connectée à ton âme, d'être connectée à ton cœur, d'être connectée à ta force... Bien non, tu ne te sentiras pas en sécurité à l'extérieur de toi parce qu'on est dans une société où est-ce qu'on va constamment se sentir comme ça. Et quand Daniel Muscato avait publié cette question-là, je sais que ça fait des années, mais quand même, ça m'a marquée. Bien, ça a aussi enflammé le web et il y a des hommes... qui n'étaient pas contents non plus de ça. Puis souvent, ceux qui ne sont pas contents, c'est vraiment ceux qui ne sont pas les plus sécuritaires, on va se dire les vraies affaires. Parce que là, il y a des femmes qui ont dit, mais pourquoi est-ce qu'on ne fait pas ça tout simplement? Mettre des couvre-feux aux hommes. Pourquoi est-ce que c'est nous qui devons se priver? Pourquoi est-ce que c'est nous qui devons se priver d'aller au bar le soir, puis de tout le temps regarder son verre parce qu'on a peur qu'il arrive quelque chose? Pourquoi est-ce que c'est nous qui devons toujours s'empêcher de faire certaines choses? Et oui, ça vient éveiller, ça vient en ça vient sortir une colère. Pourquoi est-ce que c'est à nous de piler sur nos rêves, piler sur nos désirs? Parce qu'on ne se sent pas en sécurité et on se sent en danger. Et j'ai vécu une situation comme ça récemment, Et ce qui est toujours particulier quand on ne se sent pas en sécurité, puis tu sais, ça m'est arrivé à plusieurs fois dans ma vie, puis pour avoir vécu aussi de la violence conjugale, j'ai eu des moments dans ma vie où c'était très, très, très, très dangereux. J'ai fait un post, d'ailleurs récemment, où j'ai parlé... Wow! OK. Où est-ce que j'ai parlé que j'aurais pu être une victime d'un féminicide? il y a de ça plusieurs années, où est-ce que mon ex a essayé de me noyer. J'ai hésité à en parler longtemps. J'ai partagé ce post-là sur Instagram. Je pourrais te mettre le lien dans les notes de l'épisode parce que je ne veux pas approfondir cette histoire-là aujourd'hui parce que j'ai d'autres choses à livrer. Mais... J'ai survécu. Puis je m'en suis très bien sortie. Mais pas mon amie. Pas mon amie. Qui, elle, a été assassinée. Il y a de ça plusieurs années. Et des fois, on est vraiment, vraiment, vraiment, vraiment en danger. Mais des fois, on le sait pas. Et c'est très difficile d'aller chercher la vraie réponse à l'intérieur de soi. C'est cette partie-là, moi, que je veux parler aujourd'hui. Et c'est pour ça que je n'irai pas approfondir toute, moi, l'histoire que j'ai vécue. Si tu as envie de lire le post, je vais le mettre dans les notes, mais ce que j'ai le goût de te partager, c'est une histoire où est-ce que récemment, je suis allée à la plage et j'ai vécu une situation où je ne sais pas si c'était un vrai danger ou pas. Et c'est cette espèce d'insécurité-là qui n'est pas claire qui est dérangeante aussi en même temps. Je suis à la plage, puis je suis bien relaxe, comme à tous les matins à la plage. Je vais souvent à la plage très, très tôt, le matin à 6 heures. Et la vérité, c'est qu'il n'y a personne, mis à part moi. Il n'y a pas grand monde à la plage. Des fois, il y a des gens qui courent, il y a des gens qui promènent leur chien. Mais ça a donné que ce matin-là, j'étais vraiment seule au monde, sur la plage. J'avais l'impression que la plage m'appartenait, puis je me sentais tellement libre, tellement bien. Puis là, j'allais me baigner, puis j'étais comme « Oh my God! » J'étais tellement bien. Puis en plus, cette journée-là, j'avais décidé de ne pas amener mon cellulaire, parce que j'avais vraiment envie d'être en connexion avec le sable, la mer. Je me suis emmenée un cahier de notes, je me suis emmenée mon café sur la plage. Fait que là, j'étais en train d'écrire, puis j'avais tellement d'inspiration, puis j'étais tellement dans le flot créatif. Puis là, j'étais en train de prendre mon café, puis j'allais me baigner, puis j'étais tellement bien. Et là, il y a un gars qui arrive à la plage. Puis sur le coup, il vient me voir puis il me dit « Hey, as-tu vu un chien brun? » Fait que là, moi, je dis « Oui, je pense que j'avais vu un chien brun en m'en venant à la plage. » Fait que j'ai dit « Oui, oui, j'ai vu un chien brun. » Puis il me dit « Il est où?
UNKNOWN»
SPEAKER_00Bien, j'ai dit, écoute, je ne sais pas, je pense qu'il est parti à droite ou à gauche, je ne suis pas sûre. Je n'ai pas emmené mon cellulaire aujourd'hui, ça fait que je ne l'ai pas. Il dit, ah oui, tu n'as pas emmené ton cell? J'ai dit, non, je n'ai pas emmené mon cell. Il me dit, pourquoi? Bien, j'ai dit, parce que je prends ça relax, puis j'ai vraiment envie d'être en connexion, puis je suis en train d'écrire, puis je suis bien. Il est comme, OK. Puis tu sais, il est super gentil, il est super sympathique, il me dit son prénom. Puis honnêtement, mettons de l'extérieur, tout a l'air OK, mais à l'intérieur, je ne me sens pas bien. Je ne me sens pas bien, j'ai un sentiment de quelque chose de « wrong », j'ai un sentiment de quelque chose de « weird », une espèce de sentiment d'alerte dans mon corps. Puis là, il y a une odeur qui monte, une espèce d'odeur de parfum. Puis là, je ne me sens pas bien. Je me dis « Pourquoi le gars a du parfum à 7 heures le matin? » Bizarre. Il sent aussi fort. Et je regarde son poignet. Il a comme un bracelet. Puis tu vois clairement que le gars, il sort du bar. Et c'est là que je sens que mon corps se met en état vraiment d'alerte. Et là, je me sens de moins en moins bien. Et là, je vois qu'il y a le gars qui s'appelle Daniel. C'est ça, son nom. Mais j'ai demandé son prénom, puis j'ai l'impression qu'il hésite. Fait que je trouve ça bizarre. Fait que là, tous les petits signes, ça devient un danger. Là, c'est long avant qu'il me... Ça prend une fraction de seconde avant qu'il me dise son nom. Je trouve ça bizarre. Après... Il est comme autour de ma chaise. Puis là, moi, j'essaie de continuer d'écrire. Mais là, il reste là. Puis je suis comme, tu vas pas chercher le chien? Il dit, ah, je suis fatiguée un peu. Il dit, ça fait 10 minutes que je cherche, là. Mais il est comme autour de moi. Puis on dirait qu'il décolle pas. Puis je me sens pas bien. Fait que là, je me disais, je vais aller me baigner. Comme ça, il va peut-être s'éloigner. Là, je reviens. Là, il est encore là. Puis il me dit, hey, bonne journée. De l'extérieur, il y a rien de wrong, tu comprends. Mais là, après, j'observe qu'il s'en va s'asseoir avec un de ses amis. Puis là, il a de la grosse musique, puis je ne suis pas sûre, mais je pense qu'ils prennent un verre d'alcool, il est 7 heures le matin. Fait que là, c'est genre alerte rouge, alerte rouge, alerte rouge. Là, on n'est plus en mode petite alerte interne. Là, je suis en alerte rouge et là, je ne me sens vraiment pas bien, je ne me sens vraiment pas en sécurité et je suis toute seule sur la plage avec ces deux gars-là. Heureusement, il y a un hôtel pas loin. Fait que, tu sais, c'est aussi pour ça que je me sens souvent bien d'être à la plage le matin, même quand il n'y a pas grand monde, parce qu'il y a un hôtel le matin. Puis le staff est là tout Je m'en vais là. Je leur explique la situation. Je leur dis que je ne suis pas bien. Je ne veux pas passer par le petit chemin pour aller chez moi. Je ne suis pas bien. Ils me disent qu'ils n'ont pas de problème. Asse-toi. Si tu veux, on peut même t'accompagner. Ils sont super gentils. Je me dis que c'est bon. Je vais m'asseoir sur le bord de la plage, mais près de l'hôtel. C'est ça. Je vais attendre quand je vais me sentir bien. Je reste là, assise. Mon corps est vraiment crispé. Je ne me sens pas bien. À un moment donné... Je me sens genre comme... Tu sais, là, je me sens vraiment comme une colombo. Je suis en train de regarder. Est-ce que les gars me voient? Là, j'essaie de me cacher en arrière d'un arbre parce que je me dis que je vais tourner à gauche parce qu'à gauche, il y a un chemin. Puis là, je peux repasser par un autre chemin pour m'en aller chez moi. Mais là, je n'ai pas mon sel. Fait que tu sais, on s'entend-tu qu'en temps normal, je vais rappeler mon chum et je vais lui dire « Chérie, viens-t'en ». Mais là, je n'ai pas mon sel. Fait que là, je suis là genre en train de regarder. Bon, les gars me regardent-tu? OK, là, ils me regardent-tu? Puis là... Là, à un moment donné, je suis comme, OK, let's go. Fait que là, je pars. À gauche, c'est la plage. Je pars avec mes affaires, mais là, genre, j'essaie d'être sur le bord de la plage pour pas que personne ne me voit, mais surtout pas eux, en fait. Et j'espère, d'une certaine façon, qu'il y ait quelqu'un, à un moment donné, qui arrive, quelqu'un qui court, une famille, je sais pas, parce que ça nous sécurise toujours de voir d'autres personnes arriver. Et finalement, je prends le chemin, je retourne chez moi, puis là, j'arrive chez nous, puis je me sens comme poignée, genre poignée en dedans, puis je me sens pas bien. Fait que je décide de prendre une douche dehors, parce puis j'ai une douche à l'extérieur de chez moi, puis je sens comme une espèce de purification, puis j'essaie de me libérer de quelque chose de lourd. Puis il y a plein d'affaires dans ma tête, puis en même temps, je n'ai pas envie que mon cerveau décide que la plage, c'est un danger pour toujours. Et en même temps, je remercie cette partie-là de moi parce que peut-être que je n'exagérais pas. Parce que des fois, les femmes, on ressent qu'on est en danger avec certaines personnes, avec certains hommes. Et j'ai le goût de te dire que ton instinct a le droit d'exister. Et tu n'as pas besoin de te convaincre que tu exagères. Tu ne te sens pas bien, tu es fucking, tu t'en vas genre. tu fucking quittes, c'est ça que j'allais dire. Tu pars, tu changes de spot, tu appelles quelqu'un, si tu as ton sel. J'ai compris cette journée-là qu'il fallait que j'amène mon sel avec moi parce que je suis une femme. Parce que je suis une femme, j'ai besoin d'amener mon sel avec moi. Parce que oui, ça a un sentiment de sécurité. Oui, ça me permet de me sentir plus en sécurité. Il ne faut pas se sentir coupable de ça. C'est juste une réalité. C'est important de respecter le signal interne qui est là. Tu sais, moi, j'ai voyagé toute seule. S'il y a bien une chose qui m'a aidée dans mes voyages toute seule, ça a été de justement écouter le signal. Je vais toujours me souvenir d'un moment où est-ce que j'habite chez un gars que je ne connais pas. J'étais beaucoup plus naïve à l'époque. J'avais moins conscience du danger. Par contre, c'est là que j'ai commencé à prendre conscience, on dirait, du danger. Je suis chez un gars. Il veut faire des activités. Ça ne me tente pas. Je sens qu'il va aller au spa. Il veut qu'on se fasse masser. Je trouve ça bizarre. Et là, je le sens à l'intérieur de moi que c'est le temps que je parte de chez eux. Je le sais. C'est comme viscéral. Je dois m'en aller. Je dois m'en aller. Et pourtant, il est gentil. Il est fin. Extérieurement, il n'y a pas de danger. Vraiment. Mais je dois quitter. Je pack mes bagages. Je prends mon gros pack-sac. Et je m'en vais. Il s'en allait travailler. Je suis partie. Je ne suis jamais revenue. Il y a une partie de moi qui se sentait comme un peu coupable parce que je me disais peut-être que c'était vraiment un bon gars et peut-être vraiment gentil et j'espère que je n'ai pas fait de peine. Mais en même temps, girls, il faut s'écouter. Ton instinct a le droit d'exister et tu n'as pas besoin de te convaincre que tu exagères. En même temps, je comprends que des fois, on peut avoir vécu des choses difficiles Comme moi, par exemple, après avoir vécu ma relation de violence conjugale, j'ai été en hypervigilance pendant longtemps, puis tous les gars étaient un danger. Puis là, c'est là qu'il faut faire attention aussi. En fait, ce qui arrive, c'est qu'il faut faire la différence entre une intuition et la peur résiduelle. L'intuition, c'est je le sens, je pars. En fait, je le file pas, je pars. La peur résiduelle, ça, c'est plus envahissant. Je pourrais plus jamais faire confiance à un homme. Je pourrais plus jamais retourner à la plage. Je pourrais plus jamais aller vivre chez un homme ou je pourrais plus jamais parce que les hommes sont dangereux. Ça, c'est une peur résiduelle et ça peut se transformer en prison mentale. Et moi, je me suis sentie comme ça quand, justement, je suis sortie de ma relation de violence conjugale. Inconsciemment, je suis pas Et ça, bien évidemment, c'est vraiment plus de la thérapie, aller voir un psychologue, aller travailler sur ces choses-là beaucoup plus en profondeur et ce n'est pas l'objectif aujourd'hui du sujet. Mais en même temps... Il y a vraiment une différence entre l'intuition et la peur résiduelle qui est causée par un trauma, qui est causée par une situation qu'on a vécue et qu'on n'est plus capable de revivre. En même temps, c'est super important de respecter son système nerveux. On sent danger, on ne se sent pas en sécurité. Bien, on n'y va pas. Et c'est important de respecter son signal interne, mais aussi d'être aidé en parallèle si on sent que ça devient quelque chose de répétitif et qu'on n'y arrive plus. Et moi, ce que je trouve important de mentionner, c'est que le but, c'est pas d'être en mode, je dois être courageuse. Parce que ça, c'est souvent, les femmes, on se dit, je vais être courageuse, je vais y aller, je vais y retourner. Comme là, je te parle, par exemple, de la plage, mais après, j'ai eu cette espèce de sentiment-là de, ah, je peux-tu retourner à la plage à 6h du matin? Parce que la vérité, c'est qu'à 8h, il y a du monde dans la plage. Il y en a des gens. Mais est-ce que je peux y retourner à 6h? Est-ce que c'est vraiment sécuritaire pour moi d'y retourner très tôt En même temps, ça m'a créé une espèce de frustration parce que je me sentais tellement libre, tellement seule, toute seule à 6 heures.
UNKNOWNMais je suis une femme.
SPEAKER_00Et là, je ne peux pas juste être en mode « je dois être courageuse, je dois être forte, je dois me prouver que je suis capable ». C'est important, et le système nerveux fonctionne comme ça, de montrer à ton corps que tu peux revenir à un endroit, mais le faire avec intelligence et conscience. Parce que quand tu te bats, « you fight », donc c'est un mécanisme de survie, le « fight ». Si j'y vais en conscience avec mon corps, premièrement, je reconnais mon corps. Je reconnais la sensation qui est là. Je reconnais la sensation de « Ah, je ne me suis pas sentie en sécurité. » Et là, je veux montrer à mon corps que je peux revenir à cet endroit-là, mais le faire avec intelligence. Donc, peut-être que la prochaine fois que je vais y aller, je vais emmener mon téléphone. Je vais marcher dans un chemin où il y a des gens. Je vais aller m'asseoir juste en avant de l'hôtel. Comme ça, je vais me sentir en sécurité au lieu d'aller toute seule dans mon coin. Peut-être juste ces éléments-là vont me redonner du pouvoir, puis faire que je vais me sentir en sécurité. Puis tu sais, ça, ça peut arriver n'importe où. Parce que moi, ça m'est arrivé au parc Mont-Royal, à Montréal, où est-ce qu'il y a un gars bizarre qui est venu m'aborder, puis je ne me sentais pas bien. Puis j'aurais pu y retourner après. Mais ce n'était pas ce que je voulais. Mais en même temps, je ne voulais pas être en mode, je suis courageuse, j'y retourne, let's go. Non! C'est que je veux montrer à mon corps que c'est OK, que je peux y retourner, mais en conscience. Et je pense que ça, c'est important en tant que femme de comprendre qu'on ne pourra jamais être libre à 100%, même si ça fait mal, même si ça fait de la peine, même si j'aimerais tellement ça des fois me dire que oui, les hommes dangereux ont un couvre-feu à 9 heures. Parce que je serais super à l'aise de me retrouver dans un parc étoilé si je savais que tous les hommes qui étaient là étaient bienveillants. Puis étaient extraordinaires. Mais c'est qu'on ne le sait jamais. Et je ne le saurais jamais non plus si les deux hommes que je t'ai parlé, que ce soit le gars à la plage ou que ce soit le gars avec qui j'avais habité quand j'étais partie en France avec mon sac à dos, je ne le saurais jamais si ces gars-là, c'était des bons gars pour vrai. Même si ma petite voix en dedans de moi me dit des calices. Tu comprends? Et c'est important de s'écouter parce que c'est ça aussi qui fait qu'on continue de vivre. De vivre. Parce que des fois, il y a des femmes qui me disent « Est-ce que, Steph, tu voyagerais encore toute seule aujourd'hui? » La réponse est définitivement non. Oui. Moi, j'ai voyagé plusieurs fois toute seule dans ma vie. En France, à Hawaï, avec mon sac à dos. J'étais jeune, j'étais naïve, puis j'étais pas mal plus cute. Non, je suis plus cute aujourd'hui. Mes façons de parler. J'avais pas la même conscience que j'ai aujourd'hui. C'est comme si aujourd'hui, je réalise à quel point les femmes, on est en danger. Puis quand j'étais jeune, je le réalisais pas. Je faisais du pouce en Puis moi, je ne suis pas mère aujourd'hui. Puis des fois, j'ai des mères, des amis à moi qui me parlent de leur fille, puis de leur comportement, puis je me retrouve en tant qu'ado, puis je suis comme « Ouais, moi aussi, je faisais ça. » Puis je comprends pourquoi elles font ça. Et j'ai une de mes amies, l'autre fois, qui m'a dit… C'est intéressant de parler avec une femme qui n'a pas d'enfant parce qu'elle me dit, j'ai remarqué une chose. Elle dit, quand je parle avec des mères, avec des amis à moi qui ont des enfants, puis que je leur dis, mettons, ma fille est allée faire telle affaire, ils sont toujours, oh my God, oh my God, je ne peux pas croire que ta fille est partie toute seule, puis elle a fait ça, puis tatatata. Puis elle dit, quand je parle avec toi, vu que tu n'as pas d'enfant, tu me dis toujours comment toi tu te sentais adolescente, puis ça, ça aide en ta parouette. Parce que c'est comme si je suis capable de me mettre dans la peau de ma fille Alors que... Sinon, je suis dans mon insécurité de mère. Fait que, n'hésitez pas les filles à venir me jaser. N'hésitez pas à venir me jaser. Mais... Ouais, je trouve ça important. Je trouve ça important que on ne s'empêche pas de vivre. Puis moi, je ne m'empêcherai pas de vivre. Je ne m'empêcherai pas d'aller à la plage. Je ne m'empêcherai pas de voyager seule. Je ne m'empêcherai jamais de tout ça. Parce que si je m'empêche de tout ça, c'est comme si je m'empêche de vivre et que je je donne mon accord.
UNKNOWN»
SPEAKER_00à cette espèce de pression-là, de sensation-là qu'on peut ressentir. Puis c'est comme si je donnais raison à ces hommes-là qui veulent nous faire sentir comme ça. Donc, jamais, jamais, je vais arrêter de vivre. Par contre, je vais toujours vivre en conscience. Je vais toujours vivre en écoutant cette voix-là qui me dit « Descalisse, va-t'en de là. You need to leave right now. » Peu importe la voix, en quelle langue, que ce soit la voix de la femme sauvage, de la sage, peu importe. Quand c'est votant, c'est votant. Puis après, même si c'est comme « Ah, c'est-tu à cause que j'ai eu un trauma? » Just get the fuck out, OK? Genre, tu te sens pas bien, tu t'en vas, tu te poseras des questions quand tu seras dans ta chambre d'hôtel, tu te poseras des questions quand tu seras dans le bureau de ton psy, tu te poseras des questions quand tu seras dans un cercle de femmes, comme, c'est bien correct. Mais c'est pas le temps de se poser des questions quand on est en sensation et en sentiment de danger. Quand on sent l'alerte, on s'en va. Donc, J'avais le goût de partager ça, puis je sais que c'est vraiment un sujet qui est délicat, mais en même temps, c'est que je suis un peu tannée d'entendre des phrases que je vais te dire comment faire pour être libre à 100 %. Quand j'entends des coachs dire « Ah, je vais te montrer comment te sentir libre et en sécurité à l'intérieur de toi, et tu vas voir, tu vas être tellement en sécurité que tu vas être libre à 100 %. » Écoute, la seule façon que je pourrais me sentir libre à 100 %, c'est avec ce couvre-feu-là. C'est si on vivait en ensemble, les femmes, sur une île déserte, puis qu'on savait que il y a juste nous qui est là, tu sais. Et encore là... Ça se pourrait que je ne me sente pas en sécurité avec d'autres femmes qui sont là. Et là, ça, ce serait un autre sujet. Et aujourd'hui, l'épisode, c'était vraiment pas pour parler contre les hommes. C'était vraiment pas ça. Puis je parlais d'un type d'homme en particulier. Je parlais de ceux qui utilisent leur force contre les femmes. Je parlais vraiment de ces hommes-là qui sont mal intentionnés et non de ceux qui nous élèvent et non de ceux qui nous protègent et non de ceux qui font qu'on se sent en sécurité et je veux les remercier aussi. Parce qu'avoir cet homme-là, comme mon chum par exemple, où est-ce que quand je suis avec lui, je le sais que je peux me sentir en sécurité et qu'il ne m'arrivera rien, ça vaut de l'or. Ça vaut de l'or. Et ce n'est pas parce qu'on a besoin d'être sauvé, mais parce qu'on a besoin d'arrêter de survivre. On a besoin d'hommes qui comprennent que notre liberté ne commence pas quand on est courageuse. Elle commence quand notre corps se sent assez en sécurité pour respirer. Parce que dans le fond, c'est ça qu'on veut, c'est ça qu'on demande. On ne demande pas la lune, on demande la nuit, on demande la plage. On demande le droit de marcher, de courir, de danser, de rentrer chez nous, sans avoir à calculer chaque bruit, chaque pas derrière nous. Et peut-être que c'est là que ça commence, la vraie révolution des femmes. Quand une femme peut habiter le monde sans devoir constamment se protéger de lui. Et peut-être que ce sera ça mon rêve toute ma vie. Qu'une femme puisse habiter le monde sans devoir constamment se protéger de lui. Et j'ai envie de croire que c'est possible. Parce que l'espoir, c'est un sentiment qui... peut déplacer des montagnes, qui peut faire en sorte qu'on bâtit un monde meilleur ensemble. Et peut-être que la vraie révolution féminine, bien, ça commence là. J'aime croire, j'aime croire qu'un jour, la femme va pouvoir habiter le monde sans devoir constamment se protéger de lui. J'aime nourrir cet espoir-là, ce rêve-là, ce désir-là. parce que je trouve ça beau et que ça m'inspire. Merci. d'avoir écouté cet épisode-là. Je comprends que c'était très chargé comme épisode. Puis en même temps, je ne regrette pas du tout de l'avoir fait. Parce que je pense sincèrement que ce message-là était nécessaire. Et n'hésite vraiment pas de venir me déposer ce qui est monté pour toi, parce que je suis convaincue qu'il y a des choses qui sont montées, que ce soit sur Instagram, que ce soit sur Messenger. N'hésite pas à venir me partager ce que cet épisode-là est venue éveiller en toi parce que tu ne veux pas rester toute seule avec ça. Et ça va me faire plaisir de t'écouter. On se retrouve la semaine prochaine pour un autre épisode. Cet épisode-là a éveillé quelque chose en toi, t'a fait vibrer, viens me le dire. La meilleure façon de le faire, laisse un 5 étoiles sur Apple Podcast et écris ton témoignage. Mais surtout, partage-le. Envoie cet épisode-là à une femme que t'aimes. Une femme qui, elle aussi, aurait besoin d'entendre ce message-là. Parce qu'en l'écoutant, elle pourrait, elle aussi, commencer à libérer sa voix ou à retrouver sa puissance. Et c'est ça, élever nos voix ensemble. Je te dis à bientôt.