Cog Sci, Phil & Chill
Un podcast où on papote de sciences cog, de SHS, de philosophies, de nos passions et de sujets existentiels entre potes issus du monde de la recherche
Cog Sci, Phil & Chill
Intelligence, psychopathologie et génétique avec Dr Camille Williams
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
Un épisode animé par les ultra-mega docteurs Joffrey Fuhrer et Aurélien Allard, et en compagnie de la giga docteure Camille Williams.
On parle de beaucoup de choses dans cet épisode : de sciences cognitives, de QI, de santé mentale, de génétique, de problèmes sociétaux, et on a même un happening en plein live !
Ses réseaux :
https://www.linkedin.com/in/camille-williams-12ba26101/
Joffrey Fuhrer :
https://www.linkedin.com/in/joffrey-fuhrer-088a313a8/
Aurélien Allard :
https://bsky.app/profile/aurelienallard.bsky.social
https://www.linkedin.com/in/aur%C3%A9lien-allard-334430163/
Vous écoutez Coxaille Feel and Chill, une émission présentée par Geoffrey Führer et Aurélien Allard. Et ici, on fait
SPEAKER_01de la science quick and dirty
UNKNOWN!
SPEAKER_01Parce que c'est comme ça qu'on fait en temps de guerre, bande de débiles
UNKNOWN!
SPEAKER_02Bonjour à toutes et à tous et c'est parti pour le sixième épisode de Cox's Eye Feel and Chill. Avec Geoffrey, nous avons le plaisir d'accueillir Camille Williams, spécialiste en neurosciences et en génétique comportementale. Elle est actuellement chercheuse postdoctorale au laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistiques à l'ENS Paris. D'origine à la fois française et américaine, sa trajectoire traverse les deux côtés de l'Atlantique. Après une enfance américaine, elle fait des études de licence au Québec, puis vient en Europe pour faire un master puis une thèse à l'ENS Paris sur les aspects neuroanatomiques associés aux troubles mentaux ou à l'intelligence. Elle retourne ensuite aux États-Unis, à l'Université du Texas, à Austin, pour développer une deuxième spécialisation sur la génétique comportementale. Ses articles incluent à la fois des études sur les traits biologiques associés à l'impulsivité, à l'usage de drogue, à la dépression ou à la personnalité. C'est un parcours très riche, à la fois géographiquement et intellectuellement, et nous sommes ravis de l'accueillir pour cette nouvelle émission. Bienvenue Camille
UNKNOWN!
SPEAKER_02Bienvenue Camille
UNKNOWN!
SPEAKER_02On est content de t'avoir avec nous
UNKNOWN!
SPEAKER_00Merci
SPEAKER_02beaucoup pour l'invitation, je suis ravie d'être ici avec vous. C'est super. Comme à l'accoutumée, on va commencer avec un petit jeu de mon cru, et voici les règles. Je vais vous donner des titres d'articles, et vous allez devoir deviner si cet article existe vraiment, ça a été l'objet d'une publication scientifique, ou si c'est juste mon cerveau un peu farfelu qui l'a inventé. Mais il y a un tout petit twist, c'est que que j'ai retravaillé les titres à ma sauce. Donc, bon courage à vous, on va commencer avec le premier titre. Il y a des petits twists, donc si des fois, Camille, tu sens qu'il y a un petit twist, tu dis rien, tu laisses Aurel... patiner. Alors, qu'est-ce que ça veut dire
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ça veut dire qu'il y a un artil de caville dedans
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ah, j'ai rien dit
UNKNOWN!
SPEAKER_00Qu'est-ce que ça veut dire
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est juste Aurélien qui devine
UNKNOWN?
SPEAKER_02Non, non, c'est vous deux.
SPEAKER_00C'est juste
SPEAKER_02que des fois, vu que c'est ton champ disciplinaire, il se peut que tu aies plus de facilité à deviner et juste laisse Aurèle patiner si jamais c'est obvious pour toi. Ça va. Allez, c'est parti. L'ADN ne fait pas le moine, même avec de la chance à la loterie génétique pour votre intelligence, si vous naissez dans la pauvreté, vous êtes quand même dans la merde. Alors ça, c'est supposé être le titre d'un article scientifique, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02Alors, j'ai dit que j'ai retravaillé les titres à ma
SPEAKER_00sauce. Ouais, ouais, ouais, mais là c'est trop long, attends. Justement. Attends, tu peux le redire,
SPEAKER_02c'est possible
UNKNOWN?
SPEAKER_02Bien sûr. L'ADN ne fait pas le moine, même avec de la chance à la loterie génétique. Pour votre intelligence, si vous naissez dans la pauvreté, vous êtes quand même dans la merde. Mais le truc, c'est qu'il y a forcément des articles qui disent plus ou moins ça. Mais... Bon,
SPEAKER_00Camille, qu'est-ce que tu dis
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi, je dirais oui. Si tu l'as retravaillé à ta sauce, c'est complètement
SPEAKER_02possible que ça en soit un. Est-ce que tu penserais à quelqu'un en particulier qui aurait pu écrire ça
UNKNOWN? Dorkheimer ? Non ? Eh ben non, c'est le tien. C'est ce que j'ai dit ?
SPEAKER_02c'est un de tes papiers donc tu vas peut-être pouvoir nous en dire je sais pas si t'avais prévu d'en parler un peu dans l'émission plus tard ou pas donc au pire si t'avais prévu d'en parler tu peux juste en dire quelques mots mais c'est un
SPEAKER_00pas c'est la traduction française qui m'a vraiment parce qu'on ne fait pas le moine c'est une expression que je connais pas vraiment
SPEAKER_02non plus mais donc alors j'ai mixé l'habit ne fait pas le moine et j'ai transformé ça en l'ADN ne fait pas le moine donc parce que dans ce papier Donc, si j'ai bien compris ce que tu faisais, tu as un score polygénétique qui est une sorte de score calculé sur la base de certains gènes qui viennent, on va dire... à prédire certains traits. Et notamment, dans ce papier-là, tu as ce score polygénétique, l'EAPGI, pour les gènes liés à l'intelligence fluide et cristallisée. Et si je ne dis pas de bêtises, vous vous intéressez aussi à l'influence... de l'environnement sur l'intelligence et vous trouvez si j'ai bien compris parce que c'est quand même un papier en dehors de mon champ avec beaucoup de termes techniques que je ne maîtrise pas absolument qu'il ne suffit pas d'avoir les bons gènes entre guillemets pour pour prédire une bonne intelligence, l'environnement va jouer un grand rôle si ce n'est plus. C'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est ça, c'est ça. Dans ce papier, on montre qu'on essaie de voir si l'environnement et certaines mesures génétiques, comme un score de prédisposition génétique, vont prédire ou vont être associés à l'intelligence fluide et l'intelligence cristallisée chez les adolescents aux États-Unis. Et on voit qu'en effet, tous les deux le sont. Et en fait, une des grosses conclusions de ce papier qui est vraiment intéressante, je trouve, c'est qu'il y a, en fait, dans la littérature, il y a cette idée que plus quelque chose est génétique ou plus quelque chose a une forte association avec un facteur génétique, moins ce trait-là sera alors associé aux facteurs environnementaux.
SPEAKER_02C'est ça. c'est juste déterminé par les gènes et l'environnement
SPEAKER_00n'aura aucun rôle. Oui, et donc, en fait, il y a vraiment cette idée dans la littérature que plus l'association entre notre score génétique et l'intelligence, par exemple, est forte, alors moins il sera prédit par l'environnement. Mais ce qu'on trouve, c'est qu'il n'y a pas vraiment d'association et que des fois, cette association est même positive. Donc, ça nous montre vraiment que même les traits qui sont influencés par la génétique peuvent aussi être influencés par l'environnement et c'est hyper important quand on essaie de de penser à tout ce qui est créer des interventions environnementales pour aider le développement cognitif. C'est de savoir que même s'il y a une partie qui est expliquée par la génétique, il y a une partie qui est expliquée aussi par l'environnement.
SPEAKER_02On ne peut pas tomber dans un fatalisme ou un déterminisme total. C'était pour ça le petit... Si vous avez eu de la chance à la loterie génétique, si vous êtes né dans la pauvreté, vous êtes quand même dans la merde. C'est parce que c'est ça qui m'a inspiré l'article. Et vous ne faites pas que ça pour l'intelligence, si je ne dis pas de bêtises. Vous parlez aussi de troubles internalisés et
SPEAKER_00externalisés. C'est ça, oui. Et on regarde aussi avec le développement cérébral et plusieurs régions du cerveau chez ces adolescents. Et on voit que, en fait, dans la majorité des cas, on voit une association des gènes et des facteurs environnementaux. Donc, à ce moment-là, dans le papier, on était vraiment en train de regarder les facteurs économiques. Donc, plus le revenu des parents. Et puis, aussi, on avait regardé si ces associations allaient varier aussi selon le contexte économique de l'État. Et dans tous les cas, en fait, on voit que Il y a des facteurs économiques qui sont associés au développement cérébral, au développement cognitif et aussi au développement psychopathologique, on va dire, de ces
SPEAKER_02enfants. En tout cas, excellente publie. Merci. Alors, on passe à la suite. Main gauche, mais cervelet différent. une interaction inattendue entre gènes, matière blanche et latéralité. On aurait trouvé un score polygénique associé avec moins de volume de matière blanche chez les individus étant gauchers. Ok. Pour ceux qui écoutent, vous n'avez pas le visuel, mais j'ai des visages devant moi, c'est exceptionnel. Je vous fais la transcription vu qu'on est en full audio. Moi, comme ça, ça ne me choque pas, mais effectivement, je ne connais rien au domaine, donc Camille,
SPEAKER_00tu es la responsable. C'est un score polygénique de latéralité ou de matière blanche
UNKNOWN?
SPEAKER_02Alors là, je ne saurais plus te dire. J'essaie de deviner sur la base de mon tri.
SPEAKER_00C'est en gros le score polygénique génique des gens avec...
SPEAKER_02La matière
SPEAKER_00blanche, je crois.
UNKNOWNOuais.
SPEAKER_00ça pourrait l'être mais je dirais plutôt
SPEAKER_02non on passe sur ça quand même la spécialiste dit non non c'est moi ça vient de mon
SPEAKER_00cerveau farfelu franchement c'est carrément quelque chose qui aurait pu être publié parce que c'est vrai qu'on voit des différences cérébrales en tout cas au niveau des régions et de la structure entre les
SPEAKER_02gens qui sont droitiers et gauchers je vais pas vous mentir que j'étais assez fier de ma trouvaille parce que ça m'a demandé alors pas des heures de lecture non plus mais j'ai quand même dû lire un peu quelques papiers en fait ce que j'ai fait quand même c'est que j'ai pris un de tes papiers j'ai regardé qui te citait et j'ai regardé certains voilà j'ai regardé un peu les abstracts un peu les résultats donc en plus comme ça j'apprenais des choses c'était très chouette et en même temps j'essayais de me dire ok qu'est-ce qui pourrait sonner un peu
SPEAKER_00crédible donc voilà ça
SPEAKER_02sonnait un peu crédible ok prochain titre « Le tourbillon de la rotation des épis de nos cheveux est influencé par notre génétique, mais aussi par l'hémisphère sur laquelle on vit.
UNKNOWN»
SPEAKER_02Ok, si ça existe, c'est n'importe quoi, non
UNKNOWN?
SPEAKER_02Mais après, le truc, c'est que... Mais c'est... Par chaque fois avec tes quiz, pour n'importe quel titre absolument absurde, on peut forcément trouver un article qui corresponde. Mais moi, ça me semble un
SPEAKER_00peu gros.
UNKNOWNIl y a des gens qui font de la génétique... De la...
SPEAKER_00j'ai envie de dire que la première partie elle peut être vraie mais après que ça varie selon l'hémisphère ça commence à pousser un peu mais après ça me fait penser au fait que les toilettes elles tournent aussi dans le sens opposé
SPEAKER_02je sais plus je veux dire
SPEAKER_00j'ai envie de dire non t'as envie de dire non
UNKNOWN?
SPEAKER_00t'aimerais qu'il existe quand même un peu
SPEAKER_02ce papier
UNKNOWN?
SPEAKER_02ouais un tout petit peu je trouve que c'est un peu trop tiré par les cheveux quand même c'est le cas de le dire écoutez ce papier a bien été publié forcément il existe le titre c'est Genetic Determinism and Hemisphere Influence in Hair Wolf Formation et ce qu'ils ont fait c'est qu'ils ont regardé des jumeaux différents jumeaux avec un ADN identique et en regardant le sens des épis etc et ils ont comparé la France et le Chili et effectivement comme tu l'as dit Kams ils se sont inspirés un peu de la légende populaire qui qui est que dans un autre hémisphère, l'eau tendrait à couler dans le sens inverse en faisant une spirale en sens inverse. Et ce qu'ils ont trouvé, c'est qu'effectivement, au Chili, chez les jumeaux, ils tendent à avoir l'épi un peu plus que ceux de la France, a poussé dans l'autre sens. Voilà. Il y avait déjà des études sur les gènes de la pousse en tourbillon, mais c'est la première fois qu'on compare ça avec cette idée un peu, qui peut sembler surprenante, de l'influence de l'hémisphère sur le sens. Et il a reçu un prix InnoBell pour ça, ce prix pour les recherches qui d'abord vous font rire, puis ensuite vous font réfléchir. C'était bien,
SPEAKER_00Ouais, franchement, bien trouvé.
SPEAKER_02Ça fait plaisir, moi j'aime bien quand ces papiers existent, je sais pas, j'aime bien. Ouais, mais là, ça ne répliquerait pas, non. Camille, tu veux nous faire une réplication pour qu'on voit ce que
SPEAKER_00ça donne
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, là franchement, ça me surprend aussi. Il y a des twins aussi au Texas dans le labo OGT. Je me dis que ça serait peut-être une étude à voir au moins si on réplique les résultats français là-bas.
SPEAKER_02Et
SPEAKER_00peut-être
SPEAKER_02un prix innommé. C'est vrai. Très drôle. Ce serait incroyable. Alors, ce qu'ils disent, bien sûr, dans le papier, je ne l'ai pas lu dans son intégralité, mais c'est que ça leur paraît quand même peu probable que l'hémisphère influence vraiment ça. C'était plus à la base... J'ai l'impression que c'est souvent des papiers qui naissent avec des gens qui travaillent sur des gros projets, et puis des fois, ils ont un peu de temps et d'énergie à consacrer à un truc, ça n'a jamais été fait, et si on trouve quelque chose, ça peut quand même être intéressant. Donc ils disent bien qu'on ne sait pas, en comparaison entre la France et le Chili, et au Chili, ça ne tourne pas tous dans la même direction, mais il y a une variabilité intergroupe qui existe.
SPEAKER_00Ouais. Parce que j'allais dire, il y a aussi, on sait que des groupes de populations ancestrales sont plus génétiquement proches que d'autres. Et je me demande si ce n'est pas juste une propriété des Chiliens, on va dire, de la région, qui, eux, ont un cuir chevelu qui tourne de cette manière. Et donc là, en fait...
SPEAKER_02Donc voilà, écoute, à voir, on surveillera de près s'il y a un jour une étude qui compare la France et le
SPEAKER_00Texas. Même hémisphère, donc on espère que ça réplique, mais sinon on en trouvera d'autres, des twins. J'en suis sûre qu'en Australie, ils en ont aussi des cohortes
SPEAKER_02là-bas de twins, donc à voir. Pour les auditeurs et auditrices, sachez que Camille est très très douée pour trouver des banques de données exceptionnelles, avec énormément de données et de choses à tester. Donc voilà, moi je crois en toi pour un jour nous trouver une banque de données où il y a aussi une mesure de sens de poussaison des épis. Tu pourras peut-être nous faire une analyse comme ça, un jour où tu as un peu de
SPEAKER_00temps de côté. Je sais qu'il y a des variables comme ça dans la UK by Bank, qui est une grosse base de données du Royaume-Uni avec 500 000 participants. Je ne pense pas qu'ils ont le sens des épis. Ils ont des mesures capillaires, mais celle-là, je pense qu'ils ne l'ont pas.
SPEAKER_02Il leur manque le plus important.
SPEAKER_00Ouais, c'est ça, c'est
SPEAKER_02dommage. C'est quand même spécifique. Ok, on en fait encore deux et puis on pourra passer à la suite. Plus ton score génétique d'autisme est élevé, moins tu as de neurites dans ton cortex et ta matière blanche. En tout cas, chez les adultes, les enfants, les hommes, les femmes. Et du coup, probablement ton chien aussi, puisque je viens de citer quasiment toute la population. Ok, la référence au chien est bizarre. Camille, qu'est-ce que t'en dis
UNKNOWN?
SPEAKER_02La partie sur le chien, vous pouvez la squeezer sur le chien, parce que j'ai dit qu'en gros, on avait trouvé ce résultat chez les adultes, les enfants, les personnes âgées, les hommes et les femmes. Et du coup, je disais, bon, voilà, on a toute la population.
SPEAKER_00Ok, mais donc l'idée, ça serait que les personnes avec des troubles du spectre autistique, sur le trouble du spectre autistique, ils aient moins de...
SPEAKER_02Dans le cortex et la matière
SPEAKER_00blanche. C'est complètement possible. Je dirais oui. Ça me paraît quelque chose qui pourrait être... Ça pourrait être quelque chose aussi... Après, en même temps, ça me paraît très général. Donc, peut-être... Parce que le cortex, c'est presque tout le cerveau. Et la matière blanche, ça fait partie aussi, mais donc pas la matière grise du cortex. Je ne sais pas. Ça me paraît peut-être un peu trop vague, pour que ça soit spécifique, mais un problème de connexion, des connexions moins fortes entre les neurones, c'est quelque chose qui me paraît absolument plausible.
SPEAKER_02Ok, je dirais non aussi, mais qu'il y ait un article qui a été publié sur ce sujet ça restera envisageable mais bon Tout à fait, il existe ce papier. Il s'appelle Polygenic Scores for Autism are Associated with Reduced Neurid Density in Adults and Children from the General Population, publié chez Molecular Psychiatry. Et je l'ai trouvé parce que je fouillais un peu les papiers. Il citait un de tes articles, Camille, où justement, avec Franck Ranu, je crois qu'il est dedans, et Nicolas Gauvry aussi. Oh, d'ailleurs, c'est rigolo, parce que maintenant, on a un co-auteur en commun. J'ai co-écrit un jour un papier avec Nicolas Gauvray. Super. Donc voilà, vous avez fait un papier sur l'autisme.
SPEAKER_00Oui. Ah là là, mon premier vrai papier, en fait.
SPEAKER_02Ton premier gros papier,
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était mon premier papier tout
SPEAKER_02court.
SPEAKER_00Ah oui, ok. En tant que premier auteur, c'était... C'était celui où on regardait pour voir s'il y avait des différences entre les personnes neurotypiques et donc des différences au niveau sous-cortical, donc de l'hypothalamus, l'amidale. Dans le cerveau, s'il y avait des différences entre les personnes neurotypiques et des personnes avec un trouble du spectre de l'autisme, mais plutôt, on dit, au fonctionnement. Et on n'a pas vraiment vu de différence. Et c'était dans une cohorte avec des enfants qui était assez grande quand même je pense qu'on devait avoir 600 800 participants et donc ouais c'était mon premier papier et mon papier de
SPEAKER_02M2 ok et tu devais résumer la grosse contribution du papier, le truc que tu penses que ça a apporté au champ pour mieux comprendre l'autisme
SPEAKER_00ou autre ça montre que voilà souvent quand on étudie des des populations avec des troubles psychopathologiques, on cherche à trouver des marqueurs cérébraux pour pouvoir identifier ces populations plus tôt. Et ce qu'on voit pour la majorité des psychopathologies, comme les troubles de neurodéveloppement, comme l'autisme, c'est que c'est très dur de trouver ces différences et que si ces différences existent, elles sont très très petites et qu'elles sont assez réparties dans le cerveau aussi. Donc c'est très difficile de trouver un seul marqueur et un marqueur avec un grand effet
SPEAKER_02il n'y a pas de signature neurale et du coup ça ne va pas le vrai papier que j'ai trouvé donc c'est aussi pour ça que je l'ai pris de prime abord ça pourrait sembler une sorte de contre-argument on disait bah si regardez on a bien trouvé une différence chez les individus mais j'ai l'impression comme vous l'avez mentionné du coup j'étais content que vous le mentionniez ça m'a l'air très général pour caractériser
SPEAKER_00un truc alors faudrait voir quand ils disent le cortex est-ce que c'est que ce score polygénique est associé. Mais je pense que ça ne va pas vraiment à l'encontre. Dans mon papier, en fait, on voulait savoir s'il y avait vraiment des différences au niveau sous-cortical entre les neurotypiques et des enfants avec un trouble du spectre autistique. Et on voyait qu'il n'y en avait pas vraiment une fois qu'on prenait en compte la différence globale de la taille du cerveau. Ce n'est pas pour dire que les facteurs génétiques n'ont pas d'influence sur ces régions cérébrales et ne peuvent pas être à associés différemment avec ces régions selon les personnes mais je pense qu'il faudrait voir s'ils ont ajusté ou non pour le volume total du cerveau parce que souvent quand ils ajustent il n'y a plus rien qui
SPEAKER_02reste et vous voyez ça les auditeurs et les auditrices c'est
SPEAKER_00du
SPEAKER_02gros move
SPEAKER_00d'experts mais c'est vrai pour beaucoup de pathologies quand on regarde les associations et qu'on contrôle pour le volume total du cerveau en fait on voit qu'il y a très peu d'associations très spécifiques et donc c'est pour ça j'imagine qu'ils ont dit que c'était associé avec le cortex et qu'ils ne sont pas dit avec telle ou telle région parce qu'en effet ça doit être associé avec le cortex et puis l'idée en fait ce qu'on trouve quand on dit qu'il y a une association avec le cortex c'est qu'on est en train de dire que ces associations elles sont distribuées dans tout le cerveau plutôt qu'être localisées dans une seule région
SPEAKER_02Au revoir. Et donc, du coup, ça demanderait si j'ai... Il y a vraisemblablement, potentiellement, si je te suis bien, une sorte de signature neurale, mais qui serait répartie partout. Et donc, ça rendrait la... En fait, là, on a affaire à une sorte de mécanisme, en tout cas de signature tellement complexe qu'on n'aurait même pas la technologie pour la détecter à l'heure actuelle.
SPEAKER_00Je dirais oui et non, parce qu'en fait, là, on est en train de regarder des variations de structures. Par exemple, de volume. Est-ce que c'est... Est-ce que ce score de prédisposition génétique va être associé avec une région étant plus grande chez les personnes avec un trouble du spectre autistique que les neurotypiques
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ce qu'on peut faire, c'est qu'on peut imaginer des sortes de cartes cérébrales où chaque région est plus ou moins associée à ce score et on peut regarder comment ces cartes cérébrales vont varier selon les mesures qu'on étude, que ce soit le volume, les épaisseurs, du cerveau la surface et ça c'est juste la partie structure macro mais en fait on peut aussi regarder là comment est ce que ces régions s'activent quand on est au repos aussi comment ces régions elles s'activent quand on est en train de faire des tâches spécifiques et là je parle au niveau macro mais où il ya plein d'études aussi qui regardent ces associations plus au niveau micro pour savoir où est ce que c'est les gènes associés à certains traits psychopathologiques serait exprimés dans différentes régions donc je pense que voilà en fait on peut étudier le cerveau de plein de manières différentes et donc il y a beaucoup à voir et à faire pour mieux comprendre toutes ces associations
SPEAKER_02passionnant Est-ce que vous êtes prêts pour le petit dernier
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui. C'est parti. Allez. L'ennui narcissique. Dire à des gens qu'ils ont un QI positif ou un QI négatif augmente leur tendance à se sentir spécial et à être narcissique. Ça veut dire quoi, QI négatif
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que t'es pas censé avoir un QI négatif. Oui, non. C'est vrai que, techniquement, on ne peut pas. Un QI inférieur à la moyenne.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_00c'est
SPEAKER_02que dans tous les
SPEAKER_00cas dans tous les cas si on dit qu'ils sont différents
SPEAKER_02de la moyenne ils se sentent spéciaux c'est ça attends tu veux dire ok redis le titre j'étais pas sûr d'avoir compris du coup dans la première lecture les bénis narcissiques dire à des gens qu'ils ont un QI positif ou un QI négatif là vous avez compris que ce que je voulais dire simplement au-dessus de la moyenne ou en dessous de la moyenne augmente parce que c'est une insulte souvent sur internet de dire à quelqu'un qu'il a un QI négatif et augmente leur tendance à se sentir spécial et à être narcissique – Sous-titrage FR 2021 Ça semblerait bizarre si c'était aussi généralisable au fait de dire à quelqu'un qu'il avait un QI inférieur à la
SPEAKER_00moyenne.
SPEAKER_02Ouais, moi, je pense qu'ils n'aimeraient pas ça, les personnes. Oui
UNKNOWN!
SPEAKER_02Alors, personne n'aime ça. Ok, la phrase est mal formulée. Du coup, ceux qui ont dit c'est positif, ça augmente leur train de narcissisme. Si c'est inférieur à la moyenne, ils ont plus tendance à se sentir un peu naze, un
SPEAKER_00peu...
SPEAKER_02Ah, ok.
UNKNOWNVoilà. Ah bah oui, alors.
SPEAKER_02Oui, d'accord. Mais ce n'est pas ce que disait le titre, non
UNKNOWN?
SPEAKER_02J'ai l'impression.
SPEAKER_00Est-ce que Geoffrey, tu as créé ce titre
UNKNOWN?
SPEAKER_00Rien que Geoffrey, là. Non, mais
SPEAKER_02moi, je vote aussi pour ça. Mais bon, vas-y. Mais je pense que là, c'est parce que j'ai vraiment retravaillé le titre. Cet article existe
SPEAKER_00pour de vrai. Oui, j'allais dire,
SPEAKER_02ça me paraît plausible. Non, cet article existe. Ils ont fait quelque chose de simple. Simplement, en prenant des gens, en leur faisant passer un faux test de QI, et en leur disant après qu'ils avaient soit un résultat supérieur à la moyenne, soit un résultat inférieur. Ils avaient des mesures de narcissisme assez variées, qui peut être à quel point on se sent un peu imbu de soi, à quel point on se sent un peu supérieur aux autres, etc. Donc, leur mesure, elle n'est que quelques instants après l'expérience. vraisemblablement, comme il le mentionne, ça ne durera pas dans le temps, peut-être, ils ne peuvent pas le savoir, ils ne peuvent pas en être sûrs. Et quand on vous dit que c'est inférieur à la moyenne, en général, du coup, vous venez consolider des croyances négatives à votre rencontre. « Ah, je comprends mieux pourquoi j'ai échoué » ou ce genre de choses.
SPEAKER_01Et
SPEAKER_02si j'ai pris ce papier-là, c'est parce qu'on a un peu le mythe dans notre société, il y a tout un tas de mythes autour de l'intelligence, et on a aussi notamment le mythe du génie un peu fou, un peu zinzin, et il y a quelqu'un parmi nous ni Aurèle ni moi qui avons travaillé sur ce sujet donc voilà Cam si tu veux nous en dire deux mots un petit peu de ce
SPEAKER_00mythe ouais alors c'est vrai qu'il y a et puis c'est aussi un mythe qu'on retrouve beaucoup dans l'éducation parce
SPEAKER_02que
SPEAKER_00On entend beaucoup dire que des enfants qui ont un OQI sont des enfants qui vont avoir des difficultés ou des problèmes d'ajustement à l'école. Et donc, il y a de nombreuses personnes qui se sont penchées sur la question pour savoir si, en effet, les gens qui avaient des OQI étaient à plus de risques d'avoir des troubles mentaux et... Ce qui s'est passé, c'est que quand on s'est penché sur la littérature pendant mon doctorat, on a vu qu'il y avait de nombreuses études qui avaient été faites sur des échantillons qui étaient eux-mêmes un peu biaisés. C'était des échantillons qui avaient été sélectionnés, qui n'étaient pas représentatifs de la population générale et qui, en fait, souvent étaient des associations qui étaient composées déjà de personnes qui avaient à un moment dans leur vie déjà passé un test de QI, et qui avaient décidé de rejoindre une association. Donc on se retrouve sur des gens qui sont déjà assez particuliers. Et ce qui est important à dire ici, c'est qu'il y a énormément de personnes, il y a quand même 2% de la population qui va avoir un OQI, et la majorité des gens dans ces 2% ne savent pas forcément qu'ils ont un OQI. Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce qu'ils n'ont jamais dû faire un test de QI. Souvent, on administère un test de QI, soit parce que c'est quelqu'un qui a vraiment envie de faire cette batterie de tests qui prend très longtemps, et c'est quelqu'un, on va dire, qui est... Peut-être qu'il est très intéressé par le sujet, mais voilà, c'est une personne
SPEAKER_02très... Juste pour clarifier, au QI, dans ce que tu dis, c'est supérieur à deux écartés par la média, donc 130, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui. Qui va jusqu'à 160 aussi, pour ceux qui nous écoutent, si encore une fois, je dis pas de bêtises. Voilà, c'est juste pour clarifier pour ceux qui
SPEAKER_00écoutent. Oui, et donc ça fait vraiment ces... C'est 2% en fait qui sont... Oui, parce qu'en fait, le QI, c'est une mesure qui est relative à la population. Donc, elle est toujours calculée par rapport à la personne, aux personnes du même âge. La moyenne est toujours à 100. Et donc, une personne avec un haut QI, ça sera une personne qui sera dans le top 2% de sa distribution. Et donc, en fait, ces études avaient été... Oui, ce que j'étais en train de dire avant, c'est que souvent, en fait, les personnes qui prennent des tests de QI, c'est soit des gens qui sont adultes et sont très intéressés par ça et donc vont vouloir prendre un test de QI, ou soit si c'est administré plus tôt dans la vie, c'est souvent quand c'est des enfants qui ont des problèmes de comportement. Donc en fait, on a déjà une sélection de ce sont des personnes qui ont des problèmes qui font qu'ils vont aller voir un psychologue ou aller voir quelqu'un qui va leur administrer une batterie de tests. Dans cette batterie de tests, il y aura un score de QI et donc c'est possible qu'ils soient identifiés comme ayant un haut QI à ce moment-là. Donc en fait, il y a déjà une sélection. Donc les gens qui prennent une qui font des tests de QI, ça ne représente pas la majorité des gens dans le monde qui ont
SPEAKER_01un
SPEAKER_00haut QI. Et donc ce qu'on a décidé de faire, c'est au lieu de trouver une association où déjà il y avait des gens qui avaient des hauts QI, on s'est dit on va essayer de voir s'il y a des différences entre les normaux QI, on va dire, donc ceux qui sont entre 70 et 130, et ceux qui sont au-dessus de 130, pour voir s'il y a des différences en termes de prévalence de troubles psychiatriques, et ce qu'on a vu avec nos données assez représentatives du Royaume-Uni, c'est que les personnes à OQI n'avaient pas plus de problèmes de santé mentale que les personnes à QI normale. Et même dans certains cas, c'était même protecteur pour l'anxiété et le trouble du stress post-traumatique.
SPEAKER_02Oui, j'allais d'ailleurs le mentionner quand j'ai regardé, je l'avais vu passer déjà il y a quelques temps, partagé par Franck Rameu sur je ne sais plus quel réseau, et c'était un des résultats que j'avais trouvé surprenant, c'est ça que j'aime bien avec la science, c'est que ça peut même être protecteur dans certains cas, pour certains soucis de santé mentale. Donc tu as dit, pour les syndromes de stress post-traumatique et quoi d'autre
UNKNOWN?
SPEAKER_02Anxiété
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et l'anxiété. Oui, l'anxiété, oui. Voilà, mais du
SPEAKER_02congénérant... aussi plus d'allergies quand même chez les personnes
SPEAKER_00avec un OQI. C'est ça. C'est ça. Il y avait plus
SPEAKER_02d'allergies. C'est surprenant
SPEAKER_00aussi ça. Et plus de myopies. Il y a une hypothèse pour les allergies, c'est qu'il y a plus d'allergies chez les personnes qui vivent dans des endroits ruraux et il y a souvent plus de personnes qui ont des... qui ont... Les personnes qui ont un plus haut QI, souvent, ils habitent plutôt dans des villes. Et donc là, il y aurait des taux d'allergie plus élevés en général. Donc peut-être que ça pourrait être lié à ça. Mais bon, il n'y a aucune preuve qui dit que ça, c'est l'hypothèse
SPEAKER_02qui
SPEAKER_00serait correcte.
SPEAKER_02et la myopie c'est un peu plus d'être une explication
SPEAKER_00ouais après je sais pas on peut se dire
SPEAKER_02que les gens avec ce genre de cul ont tendance à faire peut-être des activités où il y a plus d'écran ou plus de lecture
SPEAKER_00ou de lecture aussi ouais la lecture très proche moi aussi qui est myope je me souviens je lisais de manière très très proche aussi proche qu'on essaie de me séparer de ma feuille donc je pense qu'il y
SPEAKER_01a un peu voilà
SPEAKER_00bon après j'ai une toute petite test et donc il y a une autre association avec le QI il y a une corrélation positive entre la taille du cerveau qui est aussi alors corrélée à la taille de la tête et le haut QI en revanche moi j'ai une tête vraiment toute petite donc j'espère que je suis juste un outlier
SPEAKER_02et
SPEAKER_00que
SPEAKER_02voilà
SPEAKER_00c'est pas une corrélation très forte non
SPEAKER_02c'est .3 ouais c'est ça
SPEAKER_00non ça va voilà comme quoi corrélation PACO
SPEAKER_02Exactement. C'est bon de le rappeler, ça. C'est très bon de le rappeler. Et j'ai beaucoup aimé que tu rappelles un point très important et qui fait qu'aussi... Moi, j'aimerais bien faire un jour une étude de psychomorale sur le QI. Il y en a déjà quelques-unes qui existent. Parce que c'est vraiment un truc très moralisé. De toute façon, on aura l'occasion d'en reparler un moment. Mais avec souvent l'idée qu'aussi, quand les scientifiques en parlent, que c'est une sorte de propriété intrinsèque et pas, comme tu l'as dit, une mesure de où tu te situes dans la population. Puisque j'imagine que si tu prends deux populations très différentes, quelqu'un qui score à 115 dans cette population, s'il va dans une autre population, avec un autre test calibré différemment, il ne sera peut-être pas à 115.
SPEAKER_00Oui, ça dépend de ça. C'est pour ça qu'il y a un effet qui est assez connu qui s'appelle l'effet Flynn. C'est le fait que depuis quelques décennies, le QI absolu ne cesse d'augmenter dans les populations, et on voit qu'avec le temps, le QI moyen, le QI brut, ne cesse d'augmenter, parce qu'il dépend aussi du contexte. En revanche, le QI standardisé, c'est toujours le même, parce que c'est dans une population, à un âge donné, à quel point ou se situe une personne en termes de QI par rapport aux autres personnes
SPEAKER_02de son âge. Fascinant. Eh bien, mon cher Aurèle, si on passe à la suite, qu'en penses-tu
UNKNOWN?
SPEAKER_02Tout à fait. Donc, on est déjà grâce au quiz, on peut rentrer dans les sujets de recherche de Camille, mais on va continuer. Donc, première question. Quelles sont les questions scientifiques qui te fascinent en ce moment
UNKNOWN? Alors...
SPEAKER_00Ah, plein. Non. Oui, c'est une bonne réponse. Non, mais peut-être je peux vous en parler d'une qui m'intéresse depuis longtemps, mais quelque chose qui m'intéresse beaucoup, c'est de comprendre, en fait, pourquoi on observe des différences entre les sexes, donc entre les hommes et les femmes, dans tout ce qui est prévalence psychopathologique ou même dans certains traits cognitifs. Et ces différences entre les sexes... Donc ici, quand je parle de Je ne parle pas de genre qui est un construit social. Je suis vraiment en train d'essayer de définir le sexe comme le sexe chromosomique. les personnes ayant XX sont des femmes ou des femelles, et XY des hommes. Voilà, je voulais définir ce que je voulais dire spécifiquement par sexe avant de continuer de parler de ça. Mais voilà, donc c'est un sujet de comprendre un peu s'il y a des différences, où est-ce qu'elles sont, et c'est vrai que c'est une question que j'ai commencé à travailler sur cette question quand j'étais en doctorat, parce qu'on voulait savoir en fait s'il y avait vraiment des différences entre les sexes au niveau cérébral, autre que le fait qu'en moi les hommes sont plus grands, donc ils ont un volume total du cerveau aussi plus grand. Et donc, avec Franck, pendant ma thèse, on a fait une étude sur la UK Biobank sur 40 000 personnes du Royaume-Uni et on a vu qu'en effet, on observait des différences entre les sexes dans plein de régions cérébrales au niveau structurel. Et donc, à ce moment-là, on s'est dit OK, donc on a pu montrer qu'il existe quand même des petites différences entre les hommes Et c'est vrai que peut-être pour certaines personnes, ce n'est pas si surprenant que ça, mais il y a quand même énormément de débats dans la littérature sur si oui ou non, ces différences existent vraiment. Parce que jusqu'à maintenant, il y avait beaucoup d'études en neuro-imagerie qui avaient été faites sur des échantillons qui n'étaient pas très grands. Et vu qu'on est en train de regarder des très petites différences, on a besoin de beaucoup de personnes pour pouvoir correctement quantifier ces différences. Et quand je parle de différences, je ne parle pas de différences Donc ça veut dire que ce n'est pas complètement différent. En fait, on observe souvent que si on devrait faire deux distributions d'une structure du cerveau, il y aurait un énorme... overlap entre les deux donc un chevauchement très important donc c'est vraiment des petites différences mais on les observe et on se pose la question alors mais que veulent dire ces différences et à quel point est-ce que ces différences pourraient expliquer aussi des différences qu'on retrouve au niveau du comportement et ça c'est une question que les chercheurs y compris moi-même sont activement en train d'essayer de répondre et que pour le moment c'est pas très clair en fait ce que ces différences veulent vraiment dire Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce qu'on vient d'arriver au moment où on peut commencer à les quantifier correctement. Maintenant qu'on peut les quantifier un peu correctement, on peut commencer à se poser ces questions. Dans mes projets futurs, c'est une question que j'aimerais répondre de manière un peu plus précise et expliquer pourquoi est-ce qu'on observe des prévalences de TDAH plus élevées chez les garçons que les filles, un trouble de bipolarité plus élevé chez les femmes que chez les hommes
UNKNOWN?
SPEAKER_00des abus de substances aussi qui sont plus élevés chez les hommes que chez les femmes, mais pourtant quand on regarde en termes d'abus de substances, de troubles d'abus de substances, on voit qu'il y a la même prévalence chez les hommes et les femmes, donc il y a plein de différences entre les sexes qui vont dans les deux sens, et aussi pour certains, on voit qu'il y a des manifestations phénotypiques qui sont similaires, donc essayer de comprendre en fait comment ces différences cérébrales et puis aussi génétiques pour après expliquer ou non ces différences qu'on observe au niveau du comportement.
SPEAKER_02Il y a plein de trucs sur lesquels il y aurait à remonter. Moi aussi, je les envoie en ébullition. Une des choses, c'est-à-dire qu'il y a plus d'abus de substance chez les hommes que chez les femmes, mais chez les personnes qui ont été diagnostiquées pour un trouble d'abus de substance, c'est la même chose dans les deux
SPEAKER_00sexes
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui. C'est trop bizarre. Il y a des explications pour
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00On peut faire l'hypothèse déjà que les hommes, ils prennent plus de risques en général que les femmes, donc ils Ils auraient plus tendance à essayer de nouvelles substances et à en abuser. Après, on observe en termes de sensibilité aux substances que les femmes ont un taux de rechute plus important que les hommes. et aussi des sentiments de, je n'ai pas le mot en français, mais de craving, de désir,
SPEAKER_02d'abus, de manque, de besoin, de manque
SPEAKER_00viscéral. Donc il y a vraiment, on observe que peut-être les hommes prennent plus de risques, donc peut-être qu'ils sont plus à utiliser des substances illicites. En revanche, il me semble qu'il n'y a pas énormément de différences en termes de diagnostic, et après on observe que tout ce qui est en rémission, c'est plus difficile chez les femmes que chez les hommes. Il pourrait qu'il y ait des différences de sensibilité entre les hommes et les femmes, de réponse à l'environnement, de prédisposition génétique. Il pourrait peut-être expliquer un peu ça. Mais il faut se dire aussi que c'est très compliqué d'étudier ces phénomènes aussi parce que l'abus de substance va aussi beaucoup varier avec le contexte. Et là, récemment, aux États-Unis, il y a eu un rapport publié qui a montré que chez les femmes de plus de 25-30 ans on observait pour la première fois un peu plus de femmes qui participaient dans le binge drinking qui est en fait de boire plus que 5 verres d'alcool en une soirée que les femmes en fait elles le faisaient un peu plus maintenant que les hommes alors qu'avant c'était toujours les hommes qui étaient au-dessus en termes de binge
SPEAKER_02drinking
SPEAKER_00donc
SPEAKER_02il y a potentiellement une grosse
SPEAKER_00influence sociale ouais exactement et culturelle ouais
SPEAKER_02Parce que... Ok, moi aussi, j'avais un milliard de trucs en tête. Ok, je vais en donner deux en même temps. Comme ça, après, je me tais et j'écoute. La première chose, c'était plus un peu ouvert. Est-ce que parmi toutes ces myriades de différences qui doivent exister, petites ou moyennes ou rondes, il y en a Il y a un set, un ensemble qui t'intéresse plus qu'un autre intellectuellement, que tu aimerais vraiment explorer. Et le deuxième, c'était justement ce côté... Tu parlais par exemple de certaines prévalences, de certains troubles chez les femmes versus chez les hommes. Par exemple, on sait que... En moyenne, il y a plus d'hommes qui sont sur le spectre autistique. Mais on sait aussi depuis quelques années que c'est un trouble qui est très sous-diagnostiqué chez les femmes, notamment par une capacité plus grande à faire du masking et potentiellement à mieux s'adapter pour mieux le cacher. Est-ce que tu penses que pour certaines de ces différences, ça peut être dû à ce genre de choses
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ça se rapproche un peu de ce que tu disais sur le binge-dinking.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_00alors je vais répondre aux deux questions la première c'est ce qui m'a toujours intéressé moi c'était de comprendre la comorbidité entre les troubles ou de comprendre on va dire les donc le fait que les gens ils peuvent être diagnostiqués avec plusieurs troubles c'est ça que je veux dire par comorbidité mais aussi le fait qu'il y ait des symptômes partagés entre plusieurs troubles si on pense aux troubles du stress post traumatique c'est des gens aussi qui vont avoir de l'anxiété comme une personne diagnostiquée avec un trouble d'anxiété qui vont aussi avoir des symptômes un pomme dépressif. Donc là, j'ai pris des exemples pour des troubles qu'on appelle plus des troubles internes, parce que c'est plus une psychopathologie interne chez ces troubles-là, mais il y a aussi d'autres troubles qui sont liés à des problèmes avec la désinhibition, donc c'est l'incapacité de s'autoréguler, comme la TDAH les abus de substances les troubles de personnalité borderline c'est très prévalent et donc en fait là on parle plus de troubles externalisés parce que c'est des troubles où justement on voit une manifestation externe donc c'est tous des troubles qui sont liés avec des problèmes avec la désinhibition donc des problèmes à s'autoréguler et c'est sur ces troubles dernièrement que j'ai le plus travaillé Donc, c'est aussi des troubles qui montrent des grandes différences au niveau comportemental entre les hommes et les femmes. Surtout, en fait, plus des troubles qui sembleraient avoir des effets néfastes chez les hommes, à part pour les troubles de personnalité borderline. Et puis, là, j'ai dit aussi pour le diagnostic d'abus de substance qui semble être à peu près le même chez les hommes et les femmes. Ce qui m'intéresse, c'est ce qui est partagé entre plusieurs troubles. On arrive à les catégoriser en psychopathologie selon certains symptômes. En ce moment, j'ai beaucoup travaillé sur les troubles externalisés. Pour répondre à la deuxième question sur les troubles du neurodéveloppement, qui semblent être en général, on peut penser à la TDAH ou les troubles du spectre d'autisme, c'est vrai qu'ils sont plus prévalents chez les garçons que chez les filles. Ce sont des troubles qui sont diagnostiqués assez tôt. Il semblerait que les symptômes sont plus faciles à identifier chez les garçons que chez les filles. en partie peut-être parce qu'il y aurait une partie sociale qui pourrait influencer la manière dont on perçoit comment devraient se comporter les garçons et les filles et il y a aussi une partie qui est que peut-être que les troubles en fait les critères ils seraient plus adaptés à diagnostiquer des garçons parce qu'on pourrait avoir un même trouble mais des manifestations de symptômes un peu différentes un peu différents entre les filles et les garçons et donc on dit souvent que les filles elles sont diagnostiquées un peu plus tard pour tout ce qui est l'autisme parce qu'elles ont pas exactement elles présentent pas le même type de comportement maladaptif que les garçons donc en termes de ils sont il y a moins de de comportements à répétition mais surtout de de de problèmes d'adaptation et surtout au niveau social. On en observe moins chez les filles que chez les garçons. Mais il y a une hypothèse qui pourrait peut-être expliquer pourquoi on observe plus ces troubles du neurodéveloppement chez les garçons que les filles. Cette hypothèse serait que les garçons seraient plus sensibles dans l'environnement prénatal. Pendant la grossesse, ils prendraient plus de temps à se développer et donc ils seraient plus sensibles à un nombre stresseur qui pourrait engendrer pendant cette période prénatale et aussi plus tôt dans la vie. Donc il y aurait un taux d'infection aussi plus élevé chez les garçons, il y aurait une susceptibilité, une plus grande susceptibilité aux facteurs on va dire qui auraient une influence négative sur le développement chez les garçons comparé aux filles. Et ça c'est une hypothèse qui pourrait peut-être expliquer pourquoi en fait on observe plus de problèmes de neurodéveloppement chez chez les garçons
SPEAKER_02que chez les filles. Ce que tu viens de dire, c'est que l'environnement prénatal, ou en tout cas, a plus d'impact, a priori, chez les garçons que chez les filles.
SPEAKER_00En
SPEAKER_02tout cas, pour les aspects extrêmement négatifs, il y a un facteur un peu plus protecteur chez les filles, qu'elles sont un peu moins affectées que les garçons. C'est ça. Il
SPEAKER_00y a des études qui montrent que le développement se fait plus rapidement chez les filles que chez les garçons, dans l'environnement prénatal aussi, et que ça, ça pourrait expliquer pourquoi ils seraient alors plus susceptibles à avoir certains effets néfastes un peu plus tard.
UNKNOWND'accord.
SPEAKER_02Mais après, tout ce que tu disais sur les troubles un peu des troubles psychiatriques ou psychologiques en général, il y en a certains où, a priori, les filles sont aussi quand même plus touchées que les garçons. Ça
SPEAKER_00reste assez partagé. Oui, parce que là, je parlais plus pour les troubles du neurodéveloppement qui, eux, semblent être quand même un peu plus... On en retrouve plus. Donc, la TDAH et l'autisme, c'est plus chez les garçons. Donc, TDAH, c'est aussi un trouble externalisé. Mais sinon, quand on parle de troubles internalisés comme l'anxiété la dépression ça c'est quand même beaucoup plus commun chez les filles que chez les garçons enfin chez les femmes que chez les hommes
SPEAKER_02D'accord, ok. Par anxiété, tu veux dire tout ce qui est trouble de l'anxiété généralisée.
SPEAKER_00C'est ça, oui. Excuse-moi, je suis un peu dans le
SPEAKER_02langage. Non, non, mais parce qu'en fait, ça m'intéresse aussi. Est-ce que c'est... Parce que ça pourrait être aussi la tendance à l'anxiété générale, ce qui n'est pas la même chose, parce qu'il y en a un où c'est juste qu'on a une tendance à être anxieux dans la vie de tous les jours, mais ça ne tombe pas jusqu'au pathologique. Et du coup, je me demandais si c'était pour les deux. Pour les
SPEAKER_00deux. Ah, pour les deux, ok. Ouais, ouais, ouais, c'est pour les deux. Quand c'est diagnostiqué, c'est vraiment que ça devient en fait maladie Ça engendre le fonctionnement de la personne au quotidien. C'est souvent diagnostiqué parce que cette personne a du mal à s'adapter. Elle va voir quelqu'un pour se faire diagnostiquer aussi parce qu'elle a vraiment besoin d'aide. Mais c'est vrai qu'en général, les femmes sont plus anxieuses que les hommes, même si ce n'est pas au niveau du diagnostic. On observe quand même ces différences entre les sexes sur tout le spectre. tout le spectre de
SPEAKER_02symptômes c'est une grosse différence tu dirais ou c'est quelque chose d'assez infime ou minime et on a besoin vraiment d'outils poussés pour détecter cette différence
SPEAKER_00non on n'a pas besoin d'outils poussés pour regarder cette différence la taille de l'effet je ne l'ai pas exactement en tête donc par exemple il y a des tests qui sont assez utilisés dans des grandes cohortes, donc des grandes bases de données, où avec 1000 participants, tu peux très bien voir, même 500 participants, tu peux voir une différence entre les filles et les garçons sur des tests qui mesurent les traits internalisés, Et donc là, on voit qu'ils sont plus élevés chez les filles que chez les garçons, et que les traits externalisés sont souvent plus élevés chez les garçons que chez les filles. Donc un questionnaire que je pense maintenant, ça s'appelle le Strength and Difficulties Questionnaire, qui est un questionnaire qui est donné aux enfants.
SPEAKER_02J'aurais une question un peu plus méta, mais j'avais l'impression souvent que prédire les troubles psychopathologiques à partir de données cérébrales, c'était quand même assez compliqué. Il y avait eu énormément de controverses par rapport à ça ou que les biomarqueurs cérébraux n'étaient pas forcément toujours gigantesques. Qu'est-ce que c'est ton opinion
UNKNOWN?
SPEAKER_02Comment est-ce que tu penses
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que ça interagit du coup avec le programme de recherche que tu viens de décrire, du coup je serais intéressé d'avoir ton avis là-dessus.
SPEAKER_00Oui, c'est vrai. C'est rigolo parce que c'est vrai que ce ne sont pas des modèles de prédiction. Je m'en suis un peu éloignée parce que, justement, je trouvais que c'était très... En fait, c'est très difficile parce qu'on n'a pas juste un marqueur. Il y en a beaucoup à prendre en compte. Il y a des modèles de prédiction qui semblent... être pas mal, mais là je pense à un papier qui est sorti quand même il y a quelques années, et c'était pour prédire des différences cérébrales chez des personnes avec un trouble du spectre d'autisme, et il me semblait qu'ils avaient utilisé des données structurelles et aussi fonctionnelles, donc comment est-ce que le cerveau s'active au repos, et ils montraient que quand on utilisait des données fonctionnelles, on arrivait quand même mieux à prédire si le cerveau était ce celui d'une personne avec un trouble du spectre autiste ou non, qu'avec les données structurelles. Que les données structurelles, c'était assez limité. Et après, en termes de différences entre les sexes, il y a aussi certaines études qui étudient ça. Mais à chaque fois, en fait, on se retrouve à utiliser une multitude de données pour vraiment faire ses prédictions. Parce que si on n'étudie qu'une facette, on n'arrive pas à faire des modèles prédictifs très corrects. Et l'aspect fonctionnel semble quand même peser plus que l'aspect structurel.
SPEAKER_02Ok, intéressant. Mais ça, le fait qu'il faille s'utiliser plein de facettes différentes, ça semble raisonnable. C'est comme pour la génétique. Pour la génétique, on arrive à faire des prédictions, mais il faut faire appel à plein de gènes ou de snips différents. J'imagine que comme à chaque fois qu'il y a un début de naissance d'une science ou d'une discipline, je pense qu'au tout début, il devait y avoir un peu l'euphorie du « ce sera plus simple que ça ». Comme en génétique où je pense qu'au tout début de la génétique, on se disait « ah, cool, on va pouvoir trouver un petit lot de gènes qui va venir coder pour merci pour ça, et on aura toute l'architecture.
SPEAKER_00J'imagine que c'est un peu ce qui a dû se passer dans ce domaine. C'est exactement ça, en fait. On s'est dit, c'est super, on va trouver la région. Et en fait, on a réalisé qu'il n'y avait pas du tout la région, et que souvent, en fait, plus on a eu de données, plus on a voulu répliquer des associations, plus on s'est dit, en fait, ça ne respire pas du tout, et ce n'est pas du tout spécifique à cette pathologie auquel on avait associé ça au début. Donc, ouais. Et c'est vrai, en fait, c'est vrai que ça fait du sens que ça prenne autant de facettes et qu'il fallait prendre en compte plein de variables pour vraiment faire des modèles prédictifs qui sont puissants mais quand on essaie de penser à à quoi serviraient ces modèles prédictifs
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, l'idée, c'est que si on pense santé publique, l'idée, ça serait de créer un modèle qui te permet d'identifier peut-être en amont si une personne va développer telle ou telle pathologie. Mais ça veut dire que si dans ce modèle prédictif, il faut avoir autant de facettes, ça veut dire qu'il faut avoir aussi énormément de données sur ces personnes. Et donc, ça nous demande aussi d'avoir une base de données très élaborée. Et c'est vrai que c'est un peu plus compliqué pour les gens qui veulent faire des diagnostics parce que ça demande énormément de données sur cette même personne c'est beaucoup moins pratique on va dire que juste prendre en compte le risque familial
SPEAKER_02et ce sera mille
SPEAKER_00fois plus cher c'est ça c'est que ça coûte cher en fait c'est pas on aimerait avoir des prédicteurs assez spécifiques et tout et c'est pas pour dire que c'est pas possible c'est plus pour dire parce que c'est un des objectifs aussi de mon travail c'est de pouvoir trouver des prédicteurs génétiques mais aussi aussi des prédicteurs environnementaux sur lesquels on pourrait peut-être agir pour après réduire telle ou telle pathologie. Mais c'est vrai que c'est très compliqué de faire des modèles de prédiction très complets et d'utiliser aussi cette information cérébrale pour les faire parce que ça demande aussi énormément de
SPEAKER_02ressources. En tout cas, je m'imagine que ce sera au niveau intellectuel un bon début de savoir qu'on est capable de le faire même si on n'aura pas d'application directe. Ça voudra dire au moins qu'on est sur la bonne voie de la... au moins de la compréhension, de la
SPEAKER_00connaissance du fonctionnement. C'est ça. Et puis de se dire, en fait, de pouvoir après aussi, de pouvoir identifier les facteurs qui sont les plus importants. C'est vraiment ça. Parce qu'en fait, plein de choses vont un peu contribuer. Mais nous, ce qui nous intéresse, c'est de savoir mais qu'est-ce qui contribue le plus
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce qui a le plus d'importance
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce qu'on peut vraiment modifier
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et qu'est-ce qui pourrait alors après avoir un effet positif sur le développement de telle ou telle personne
UNKNOWN?
SPEAKER_02Trop bien, oui. On passe à la deuxième question
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, forcément, toujours, toujours. Aurélien a eu accès sûrement à la base de données de l'ensemble de mon cerveau et son modèle prédictif extrêmement perfectionné a pu prédire que nous allions passer à la suite. Alors, Camille, dis-moi, est-ce que récemment tu as appris quelque chose, mais ça peut être même en dehors de ta discipline, même en dehors de la science, qui t'a un peu marqué, qui t'a un peu bousculé ou
SPEAKER_00impacté
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, oui, j'ai appris quelque chose récemment qui n'a rien à voir avec ce sur quoi je travaille, mais qu'on peut quand même lier à la génétique. Parce que j'ai appris récemment que la... Comment ça s'appelle
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, j'ai appris récemment que le délai pour avorter était plus court, enfin, jusqu'à Maintenant, ça a changé depuis quelques années avec le procès de Dobbs versus Jackson. Mais j'ai appris que le délai pour avorter était plus court en France qu'aux États-Unis, que dans l'État de New York. Et ça m'a surpris, en fait, parce que la France est quand même un pays très progressiste. Et je m'étais dit que quand on parle de l'avortement, on parle énormément des restrictions aux États-Unis. Et donc, le droit à l'avortement aux États-Unis c'est à 24 semaines alors qu'en France c'est à 16 semaines d'aménorrhée donc c'est à peu près 14 semaines de gestation et ça m'a fait réfléchir à pourquoi déjà, pourquoi ces chiffres et j'ai avec un peu de recherche j'ai vu qu'en fait les 24 semaines ça avait été choisi après Roe v. Wade parce que c'est à un moment où si le fœtus devait naître il avait un taux de survie de 50% en soins intensifs donc c'est pour ça qu'ils avaient mis ça à 24 semaines par contre en France les 16, enfin à la base c'était pas 16, à la base c'était 10 et en fait ça fait des années qu'ils augmentent progressivement le nombre de semaines et c'est quelque chose qui m'avait pas mal surpris et donc j'ai commencé alors après à me plonger dans les différents gros procès aux États-Unis qu'il y avait eu récemment. D'où celui de... Jobs versus Jackson et donc ça c'est le dernier donc j'ai oublié le vas-y
SPEAKER_02vas-y tu peux dire ce que c'est que ce procès parce que personnellement je connais pas du tout
SPEAKER_00c'est ce que j'allais dire donc en fait c'est le j'oublie le mot overturn mais c'est le procès en fait qui a enlevé de la loi fédérale la possibilité aux femmes d'avorter dans tous les états et qui a fait en fait que ça soit les états qui soient C'est eux qui peuvent décider des lois sur l'avortement. Alors qu'avant, c'était marqué au niveau fédéral. Et ça a été
SPEAKER_02marqué au niveau... Ah, donc ça, c'est l'événement
SPEAKER_00très récent, ça. Oui, ça, c'est de 2022. Donc, c'est le procès de Dobbs versus Jackson.
SPEAKER_02C'est un énorme scandale mondial.
SPEAKER_00Exactement. Et c'est ça aussi, je pense, qui a poussé la France à l'inscrire dans sa constitution. Donc, en partie, il me semble que c'était un peu aussi une réponse. Ça a été
SPEAKER_02fait
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que je sais que ça avait été proposé, mais je ne sais pas si ça avait
SPEAKER_00été fait. Il me
SPEAKER_02semble que oui. Je ne sais pas, je vais vous poser
SPEAKER_00la question. Oui, oui. Non, mais maintenant, j'ai envie de vous aussi. Et donc, en fait, ce procès, il a commencé en 2018. C'était l'État du Mississippi qui a mis en place un... ça s'appelait des Justitional Age Act, et dans cet acte, ils essayaient de, enfin, cette loi-ci, ils essayaient de passer, en fait, ils voulaient réduire le délai d'avortement de 24 à 15 semaines. Et ça a été amené devant la Cour suprême parce que, justement, c'était pas constitutionnel suite au procès de Roe vs. Wade qui avait eu lieu dans les années 70. Et finalement, ils ont, finalement, la Cour suprême a décidé qu'en fait, c'était pas une question de de de privacy donc c'était pas une question de choix qui devait être libre qui devait être fait en fait au niveau fédéral et que ça avait pas à voir avec la vie privée des femmes et que donc en fait c'était aux états de décider ce qu'ils voulaient et donc depuis en fait que cette loi est passée enfin depuis qu'ils ont perdu le procès il y a de nombreux états qui ont maintenant rendu l'avortement complètement idéal illégales aux
SPEAKER_02États-Unis. Ça a été du pain béni pour les États
SPEAKER_00conservateurs. Exactement, exactement. Et il y a de nombreux États aussi qui ont changé leur loi et qui sont descendus à six semaines, qui est quand même aussi très tôt, parce que c'est peut-être à ce moment-là que les femmes commencent peut-être à identifier le fait qu'elles sont enceintes. Et donc, voilà, ça rend tout ça très compliqué. Et par contre, il y a d'autres États, comme l'État de New York, où ils sont encore à 24 semaines. Et puis après, on aura forcément de la variation selon les États, selon selon les conditions dans lesquelles la procréation a été faite. Donc, pour des histoires de viols, d'inceste, ou si on voit qu'il y a certaines complications qui peuvent avoir un effet mortel sur la mère, là, il y a des possibilités d'avortement, mais ça, ça va varier aussi selon les états. Mais oui, et donc, j'ai commencé à regarder tous ces différents procès, et je suis tombée sur... un article d'opinion écrit par un des membres de la Cour suprême, Clarence Thomas, qui est aussi un républicain, vraiment très contre l'avortement, et qui comparer, en fait, l'avortement à une sorte d'eugénisme. Et qu'il le comparait à l'eugénisme dans le sens que, surtout pour l'avortement sélectif. Donc, en France, comme aux Etats-Unis, on peut savoir si, oui ou non, notre fœtus a une prédisposition à avoir une trisomie 21 et on a le choix d'avorter ou non à ce moment-là. Et, enfin, on a bien sûr... le choix d'avorter jusqu'à 16 semaines d'aménorée. Mais on peut aussi faire ce choix informé par ça. Et c'était la première fois que j'avais vraiment réfléchi au fait que... en fait, l'avortement sélectif pourrait être similaire à... Enfin, était en soi un peu une forme d'eugénisme, parce que ça a limité la reproduction d'un certain type de personnes qui ont un trait héréditaire. Donc, il y a des personnes qui disent que c'est un peu de l'eugénisme, et il y en a d'autres qui disent que c'est pas, parce qu'en fait, c'est pas au niveau de l'État, et c'est pas au niveau d'une population, et que c'est vraiment plus au niveau personnel. Mais c'est la première fois que je me suis vraiment posée la question, et je me suis dit, ah, bah... Je peux voir en quoi c'est un peu une forme d'eugénisme. Et dans ce cas-là, moi, je pense que c'est quelque chose que peut-être j'aurais fait. Donc, ça m'a fait réaliser quelque chose sur moi-même en même
SPEAKER_02temps. Non mais c'est vrai que c'est assez intriguant et passionnant parce qu'on pourrait même s'imaginer, imaginons qu'un jour on développe des technologies encore plus poussées qui permettent de faire encore plus de prédictions que ce qu'on est capable de faire maintenant sur à quoi le futur enfant ressemblerait. On peut s'arrêter juste en tout cas aux pathologies et psychopathologies et imaginons qu'on soit capable de déterminer si oui ou non il y aura un trouble neurodéveloppemental. Je ne sais pas, je ne pense pas qu'on soit capable de faire ça à l'heure actuelle. Il
SPEAKER_00y a des gens qui payent beaucoup pour déjà faire ça. C'est quelque chose qui se... C'est possible. Alors, la science... Ou c'est bullshit. Alors voilà, c'est ça le problème. Est-ce que c'est un service qui est proposé aux Etats-Unis, aux parents qui font de la... In vitro fertilization, donc fertilisation in vitro. Oui, c'est quelque chose qui existe. Il y a des compagnies comme Heresite, Orchid, qui proposent ces services pour sélectionner des embryons. On va voir si
SPEAKER_01ça marche.
SPEAKER_00Est-ce que ça marche
UNKNOWN?
SPEAKER_00Là, la communauté scientifique précise qu'il n'y a aucune preuve que ça marche vraiment et que les données sur lesquelles ce type de sélection est faite, ce ne sont pas des données qui prédisent très bien au niveau de l'individu. Ce sont des données que j'ai envie de dire qu'on crée parce que j'imagine qu'ils vont bientôt ressusciter certains des résultats que nous aussi on a produits en génétique et et qu'ils vont les mettre dans leur système pour essayer de prédire la prédisposition d'une personne génétique à avoir des troubles externalisés, donc des problèmes de régulation de soi, abus de substances, TDAH, etc. Je pense qu'ils vont sûrement utiliser nos résultats, parce que nos résultats, en fait, c'est public, on le partage avec plein d'autres chercheurs. Mais est-ce que ça arrive vraiment
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que leurs prédictions sont vraies
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non. Au niveau de l'individu, pour le moment, ce qui est clair, en tout cas, dans le monde de la recherche, c'est que ces types de scores de prédictions polygéniques prédisent au niveau de la population, mais pas vraiment au niveau de l'individu. Et on voit énormément de variations. Donc, ce n'est pas parce que quelqu'un a un score de prédisposition génétique très élevé à être intelligent ou avoir un haut QI qu'il n'en aura forcément. Et il faut se dire qu'il y a aussi plein d'autres facteurs comme les facteurs environnementaux qui viennent en jeu donc si tu es mal nourri et tu vis dans un endroit dans pauvreté extrême t'as beau avoir une prédisposition génétique à avoir un haut QI tu vas sûrement pas arriver à ton
SPEAKER_02maximum cognitif du coup imaginons que ça marche en tout cas mieux C'est là où je trouve ça un peu mind-blowing. Du coup, j'ai un peu envie de dire que c'est une forme d'eugénisme, même si ce n'est pas au niveau d'un état, même si c'est au niveau du choix personnel. Et jusqu'où on pourrait pousser le curseur de qu'est-ce qu'on sélectionne ou pas
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que si on dit, OK... on laisse le choix pour la trisomie 21, parce qu'effectivement, c'est un poids pour les parents énorme de soins. En même temps, on sait que quelqu'un... Et pour autant, on ne juge pas quelqu'un qui est atteint de ce problème comme inférieur. Au contraire, ce sont des êtres humains, tout comme nous, capables d'émotions et de vivre une existence riche et pleine. Et... du coup jusqu'où on serait le curseur de quel choix on fait dans ce qu'on désire ou pas dans l'enfant ce qui Aurélien nous amène peut-être tout naturellement au prochain segment c'est parti allez c'est parti parce que là on arrive du coup à la question un peu deep du coup ce qu'on avait pensé pour toi c'était l'idée que la génétique est un champ qui peut parfois bousculer certaines de nos croyances et est-ce que tu sens bousculer toi-même par ce que tu apprends et ce que tu découvres dans ton Est-ce
SPEAKER_00que ça te perturbe
UNKNOWN?
SPEAKER_00Au plan moral, éthique
UNKNOWN? Oui.
SPEAKER_00Je vais dire oui et non. D'une manière quotidienne, un peu moins. Mais après, en termes de réflexion sur comment est-ce que les gens vont utiliser mes résultats et comment est-ce qu'ils vont après les utiliser pour pousser un agenda qui va à l'encontre de mes croyances, c'est vrai que c'est assez difficile. Et c'est difficile, en fait, de savoir aussi quel positionnement je devrais avoir en tant que chercheuse quand il y a ces choses qui arrivent. Et donc, c'est vrai que... Oui, je me pose des questions sur comment les gens vont utiliser mes recherches, sur les effets, sur en fait, où est-ce que... voilà donc plutôt
SPEAKER_02j'essaie de réfléchir je
SPEAKER_00parle en même
SPEAKER_02temps donc il n'y a rien qui sort mais si elle se met à parler en anglais vous inquiétez pas c'est pas comme les managers bullshit elle est franco-américaine elle est bilingue d'enfance des deux langues c'est normal c'est un fonctionnement normal d'une Camille Williams docteur non mais t'as fait étonnamment peu d'anglicisme au cours de l'interview je remarque que tu as fait un gros effort pour tout traduire en français c'était pas mal merci
SPEAKER_00C'est gentil. J'essaie, j'essaie. Franchement, j'essaie. Mais, ouais, donc, j'allais dire qu'il y a deux choses. Il y a, voilà, quel est le rôle que les chercheurs devraient avoir dans ces changements. Et après, il y a la question personnelle de qu'est-ce que, moi, je pense qui serait acceptable. Et c'est vrai que je pense que c'est pas... C'est très difficile parce que, voilà, pour la trisomie 21, je serais prête à utiliser cette information D'ailleurs, j'ai utilisé cette information pour faire un choix de garder notre enfant avec Sacha.
SPEAKER_02On a une information live
UNKNOWN!
SPEAKER_02Vous entendez ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, on ne se moque pas de vous dans ce podcast. On envoie des infos en live. C'est vrai. On en reparlera en off. On en reparlera en off. Félicitations. Je kiffe, j'adore. Le truc, c'est qu'en fait, j'y pensais à te poser la question après le podcast vu que tu nous as
SPEAKER_00parlé de l'avortement et tout ça mais bref il n'y a rien qui coupe au montage c'est sûr on garde tout et donc c'est vrai que c'est une information qu'on a utilisée que j'aurais utilisée de toute manière pour faire un choix informé et après de se dire où est-ce qu'on met la ligne qu'est-ce qui est acceptable ça c'est vraiment quelque chose qui est un peu difficile on sait que d'un point de vue Tout à l'heure, je disais d'un point de vue scientifique, pour tout ce qui est psychopathologie, intelligence, nos scores de prédiction génétique ne sont pas très forts. Mais par exemple, il y a des tests monogéniques. Monogéniques, ils testent un gène pour savoir si une personne est prédisposée à avoir tel ou tel trait en utilisant un gène qui semble avoir une association forte. On peut penser au ApoE4 qui est associé à l'Alzheimer ou le BRCA1 et 2 genes qui sont associés à un cancer des ovaires et aussi du sein et donc c'est compréhensible que les gens s'ils ont cette information veulent s'en servir et en fait il y a une étude aussi qui a été montrée qui a été publiée dans Science en 2023 qui posait des questions justement à des qui posait des questions sur si les gens trouvaient que c'était moralement acceptable et s'ils utiliseraient certains outils génétiques pour sélectionner leur enfant pour augmenter la chance qu'ils auraient à rentrer dans les top universités américaines.
SPEAKER_02C'est un sondage ou c'est une étude
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est un sondage,
SPEAKER_02pardon. Ça me donne envie de faire une vraie étude, un peu comme ça,
SPEAKER_00de philomoral, psychomoral. Ils ont envoyé un questionnaire, et puis des gens, ils ont dû répondre à quelques questions, et c'était randomisé, c'était aussi sur une population qui était représentative des Etats-Unis. Et ils leur ont demandé, imaginez que c'est gratuit, imaginez que vous allez faire une fertilisation in vitro, et là, on vous dit, est-ce que vous serez prêts à utiliser
UNKNOWN?
SPEAKER_00Donc, ils ont pris un qui étaient des cours privés de SAT. Donc, SAT, c'est un test standardisé qui est donné à tous les lycéens aux États-Unis. Et c'est un test standardisé qui a une influence aussi sur si cette personne ou non va rentrer dans une certaine université. Donc, ils disaient si c'était des cours privés de SAT ou s'il y avait un score polygénique. Donc, si on pouvait vous... vous permettre de sélectionner sur ce score polygénique. Ou si vous pouvez aussi... Mince, qu'est-ce que c'était l'autre
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ah bah mince, j'ai oublié. Si vous pouvez sélectionner le... Et en fait, les gens étaient quand même prêts à utiliser des outils génétiques pour augmenter la probabilité que leur enfant aille dans une meilleure école. Et c'est vrai que c'est difficile en fait, en tant que futur. Bah oui, même en tant que futur parent, de se dire mais en fait, si ces outils sont disponibles, est-ce que je ne suis pas en fait un mauvais parent si je n'utilise pas ces outils qui sont disponibles pour améliorer la vie de mon enfant et donc tu te poses aussi toutes ces questions sur à quel point est-ce qu'on se dit non mais en fait ça c'est bon je ne peux pas sélectionner là-dessus ou à quel point on se dit mais en fait je devrais le faire parce que ça améliorerait vraiment la vie de l'enfant que j'amène dans ce monde donc il y a des questions comme ça éthiques qui viennent en jeu et puis après donc ça c'est d'un point de vue plus personnel et après en tant que chercheur de se dire mais alors qu'est-ce que je peux faire en fait pour que les gens ils comprennent aussi mieux ses implications et qu'ils ne se jettent pas tous à se dire ah mais en fait il faudrait tous qu'on fasse de la fertilisation in vitro et qu'on s'inscrive tous sur Heresite et Orchid parce que voilà sinon on est des mauvais parents ça serait aussi de leur expliquer que voilà même s'ils proposent ces services qu'en tout cas la science pour le moment elle est vraiment pas claire sur ces sujets là et qu'il faut pas non plus se lancer dans ces gros projets qui sont aussi très coûteux pour l'individu.
SPEAKER_02Et ça, c'est quelque chose que tu aimerais faire, la vulgarisation, pour avoir un truc un peu plus propre sur les informations sur la génétique ou tout
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, alors c'est vrai que c'est... Je ne sais pas si je m'engagerais à écrire des posts de blog réguliers là-dessus, par exemple. Il y a un nombre de chercheurs aussi qui le font déjà. Mais je fais partie du... du Public Science Committee du Behavioral Genetics Association qui traite ces sujets-là et qui organise souvent... J'organise aussi des séminaires où on a des chercheurs qui viennent parler de ces différents sujets. L'idée, c'est de parler en tant que chercheur et de personnes en génétique et de parler aussi de différentes techniques ou de moyens ou d'outils qui pourraient être utilisés pour mieux communiquer cette information à une population générale. Donc je fais partie d'un réseau qui travaille un peu sur... qui fait ses efforts sans être moi-même personnellement impliquée sur un projet en particulier. Mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de personnes qui sont très intéressées par ça et en fait on peut le faire au niveau du chercheur mais on peut aussi... et puis on peut le faire pour le public général mais aussi on peut le faire... au
SPEAKER_02niveau des institutions, des journaux, etc. Oui, c'est sûr. Des enseignants aussi, je pense que les enseignants ont un grand rôle à jouer là-dedans. Et aussi, il y a peut-être des fois d'immoraliser tout ce qui va avoir attrait aux études ou sur la génétique, dès que ça vient en plus toucher des choses très intimes de nous-mêmes, que ce soit... notre intelligence, que ce soit notre personnalité. Je ne sais pas si toi, tu as déjà dû avoir affaire à ça dans ta vie, que ce soit sur les réseaux ou autre, de gens qui trouvent que ce que tu fais, c'est un peu border ou
SPEAKER_00politique. Si, j'ai déjà eu un peu de ça. Jamais directement, toujours très indirectement.
UNKNOWNSur Twitter ?
SPEAKER_00Ouais, ou sinon, on m'a dit... Là, j'ai parlé à un labo à Paris. On m'avait invitée pour parler un peu de mes recherches. Et à la fin, j'étais en train de parler avec la personne qui m'avait invitée. Et il me disait, là, juste avant de... Au déjeuner, il y avait des gens qui sont venus me voir en me disant, mais pourquoi c'est bizarre d'avoir invité cette personne
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, il y a... Et puis, c'était là. Il y a eu un peu une réaction similaire quand Paige Arden avait... Qui est aussi... une psychologue américaine qui travaille aussi en génétique comportementale, avec qui j'ai fait mon postdoc, qui était, elle avait fait une présentation en France, donc à l'ENS, donc au département d'études cognitives, et j'avais une amie à l'époque qui était en train de faire son doctorat dans le département de biologie, et elle m'a forwardé plein d'emails qui avaient été envoyés à propos de ce doc qui avait été diffusé en fait à l'ENS dans tous les départements, montrant que les biologistes étaient complètement complètement répugnés par l'idée d'étudier des gènes qui seraient liés à la désinhibition. C'est fou. D'un point de vue, je me suis toujours dit que les biologistes trouvent déjà que c'est tellement compliqué au niveau moléculaire, cellulaire ou avec leur nématode. C'est vrai que de penser à... Regarder les gènes au niveau chez les humains, mais en plus à ce niveau-là, à un niveau où on est en train de regarder un trouble psychologique, peut-être que ça paraît presque impossible. Après, c'était moi qui essayais un peu de rationaliser pourquoi ils avaient telle ou telle réaction. Ce n'est pas pour dire qu'en psychiatrie, il n'y a pas de nombreux cliniciens et chercheurs qui pensent que la génétique a vraiment des apports. à notre compréhension des troubles psychologiques mais c'est vrai qu'il y a eu des moments comme ça où il y avait des... Il y avait un retour un peu difficile, on va dire. Ça a peut-être à voir aussi avec l'histoire de la France. Le fait qu'il n'y a pas beaucoup d'études génétiques ici. On n'a pas vraiment de cohorte. On commence juste maintenant. Mais il y a un énorme progrès qui se fait. Parce que là, il y a plusieurs cohortes françaises qui commencent à collecter des données génétiques. Il y a une énorme cohorte qui va commencer bientôt qui va collecter des données de... de développement prénatal pendant la grossesse et aussi des données génétiques de la mère et de l'enfant donc on voit un changement dans la manière dont les chercheurs français et les institutions françaises acceptent l'utilité de l'information génétique pour comprendre le développement cognitif et psychopathologique.
SPEAKER_02J'essaie de voir en Finlande la perception un peu de là-dessus parce que j'ai des amis en département de biostatistique et de génétique avec qui je traîne assez souvent et je ne sais pas s'ils ont des données en tout cas biopsychologiques en tout cas pas biopsychologiques psychologie et pathologie mais en tout cas ils travaillent sur d'autres traits qui ne sont pas liés à la psyché mais la Finlande ils ont des énormes bases de données très complètes sur plein de choses apparemment ça fait partie je pense que c'est un peu moins bien que la UK Biobank mais apparemment c'est vraiment dans les tops de dataset exploitable et du coup il y a plein de de gens dans ces fields qui viennent dans les labos ici parce qu'ils ont accès à ces bases de données hyper chouettes. Je serais curieux de voir la perception en Finlande s'il y a un peu cette même crainte vis-à-vis de la génétique. En France, j'aurais l'impression, c'est vraiment au doigt mouillé, un institut de pifométrie made in Joffrey, il y a un peu la peur de qu'est-ce qu'on va faire avec ça. La peur de qu'est-ce qu'une mauvaise politique pourrait faire de ce genre de découvertes, de données et des usages un peu malveillants qu'il pourrait y avoir. Peut-être que ce n'est pas ça l'explication, mais c'est vraiment le sentiment que j'ai. Je serais curieux de voir en Finlande s'il y a aussi un peu ce côté...
SPEAKER_00moralisation j'allais dire complètement il y a un peu cette peur de ce qu'on va faire avec les données génétiques on sait par exemple la France c'est un des seuls pays européens où je pense qu'on n'a pas le droit d'envoyer notre ADN à 23andMe qui est une compagnie qui analyse notre génome pour nous dire à quel point on est en stress allemand similaire génétiquement à telle ou telle population qui peut aussi nous de nous faire des scores de prédiction génétique sur des résultats qui ont déjà été publiés en ligne, etc. Il y a quand même une réticence à utiliser cette information génétique. Je pense à un problème de sécurité de données aussi. Et il y a aussi une grosse peur de l'eugénisme qui fait que les gens ne souhaitent pas forcément utiliser ces données génétiques. C'est peut-être pour ça que c'est plus facile d'un point de vue clinique d'accepter l'utilisation de la génétique, surtout quand on se focalise sur un ou quelques gènes. parce qu'on n'a pas toute l'information génétique de la personne. Mais c'est vrai que j'ai des collaborateurs à Oslo, des personnes que j'ai pu rencontrer qui font des recherches, qui travaillent à Oslo, qui travaillent avec MOBA, qui est une cohorte de données norvégienne qui est très très prisée, parce que ça a une information génétique sur des enfants, sur... je suis en train de regarder là, 110 000 enfants, et il y a plein d'informations génétiques aussi sur les parents de ces enfants. Donc ça veut dire qu'on peut faire, et donc en plus cette information génétique, il y a des informations sur l'environnement de ces personnes, et aussi sur le comportement de ces personnes, ainsi que des troubles psychopathologiques, problèmes physiques, développement, etc. Et donc ça fait que c'est, on peut, on a une base de données très riche pour regarder vraiment qu'est-ce qui serait expliqué par la génétique, et qu'est-ce qui se plus influencées par l'environnement parce qu'on se retrouve avec des données où on peut faire des modèles qu'on appelle entre familles et donc ça nous permet de mieux différencier les effets des facteurs génétiques que des effets environnementaux
SPEAKER_02C'est super tout ça. J'ai beaucoup apprécié cette discussion éthique, scientifique, philosophique. Est-ce qu'on ne passerait pas à l'actu scientifique Aurel
UNKNOWN?
SPEAKER_02Complètement, tout à fait. En plus, c'est à mon tour, je crois, de parler. Écoutez, on va passer à l'actu scientifique. Je ne sais pas si toi, Kams ou Aurel, vous avez envie de commencer pour nous parler un peu. Qu'est-ce qui se passe en ce moment dans votre vie scientifique
UNKNOWN?
SPEAKER_02Si vous avez des publics qui n'ont pas tarder à sortir, ou est-ce qu'au contraire ça coupe bien comme il faut et en ce moment ça charbonne et il y a des trucs qui vont arriver, sinon les pipelines... Moi, pas grand-chose. Je continue d'avancer tout doucement dans la réécriture, enfin, la transformation de ma thèse en livre. J'arrive au dernier chapitre de ma thèse et c'est beaucoup moins bon que les premiers chapitres. Je pense que j'ai... La fin de ma thèse, c'était un peu trop à l'arrache. Du coup, les derniers chapitres demandent beaucoup plus de réécriture et ça va prendre du temps. Mais voilà. Donc, pas énormément d'actu scientifique, mais c'est ce sur quoi je vois ça en ce moment. Toi
SPEAKER_00Camille
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi je suis en train de travailler je vous ai dit à un moment que ce qui m'intéressait vraiment c'était de comprendre un peu d'où viennent ces différences entre les sexes en termes de psychopathologie et donc là je suis en train de travailler sur un projet où on essaie de voir s'il y a des différences entre les sexes dans les gènes qui sont partagés entre tous ces troubles dits externalisés et on a fait plein de modèles statistiques, on a collecté des données pour que tout soit stratifié par sexe, qui est quelque chose qui est assez monumental. Ça fait deux ans qu'on travaille là-dessus, parce qu'il faut beaucoup de bases de données, il faut collecter des données de plein de personnes différentes. Et en fait, là, les résultats préliminaires montrent qu'en termes de génétique, en tout cas chez les autosomes, donc pas les chromosomes sexuels, on voit très peu d'endroits dans le génome qui seraient disponibles différemment associés entre les hommes et les femmes pour tout ce qui est trop externalisé.
SPEAKER_02Ah, c'est
SPEAKER_00impressionnant. Ok, hyper intéressant. Oui, mais vraiment très peu. Je pense qu'on a regardé aussi des interactions sexe et SNIP. SNIP, c'est les variants génétiques qui nous intéressent. Et en fait, on voit qu'il n'y en a aucun qui est significatif. Et il y a juste quelques gènes en plus qui semblent être un peu différents entre les hommes et les femmes. Mais
SPEAKER_02pour le moment, bon, résultat très préliminaire. Oui, mais c'est intéressant. Ce n'est pas ce à quoi vous vous attendiez, j'imagine
UNKNOWN?
SPEAKER_00on s'était dit qu'il ne devrait pas forcément avoir beaucoup de différences mais on s'était dit peut-être qu'il y en aurait et finalement là on trouve globalement parce qu'en fait ce qu'on fait c'est des analyses factorielles sur des données génétiques et on voit que même la structure factorielle est vraiment pareille
SPEAKER_02qu'est-ce que tu veux dire par pareille
UNKNOWN?
SPEAKER_00elle est très similaire donc ça veut dire que la manière de modéliser la manière de modéliser en fait les
SPEAKER_02gènes qui sont partagés
SPEAKER_00pareil entre quoi et quoi oui pareil entre les hommes et les femmes donc la manière de modéliser les gènes
SPEAKER_02partagés est plus similaire voilà on
SPEAKER_00trouve que c'est
SPEAKER_02intéressant ça ok super intéressant ah c'est marrant c'est les moments où je me dis ah bah tiens finalement on travaille dans des domaines très différents et des fois tu vas mentionner un truc de méthode comme ça que moi je vais utiliser dans mes travaux je me dis ah bah tiens on a un mini point en commun on utilise ça aussi des fois dans nos travaux l'analyse factorielle
SPEAKER_00et voilà dans
SPEAKER_02la personnalité c'est sûr ouais tout le monde l'utilise non ouais dans tout dans les besoins psychologiques là la dernière fois que je l'ai utilisé c'était c'était pour c'est sur un truc en cours qui est en train de se faire sur le besoin de sécurité comme besoin psychologique fondamental et on a dû faire de l'exploratoire et de la confirmatory pour montrer que par exemple ça venait pas overlap avec d'autres besoins psychologiques parce qu'il faut répondre à tout un tas de critères pour déterminer que c'est un besoin psychologique ou pas bref Moi, je t'ai interrompu. Du coup, peut-être que tu as d'autres choses dans ton actu scientifique
SPEAKER_00à nous raconter. Non, non, non. Je pense que ça, c'est le projet sur lequel je travaille actuellement. Donc, prochain papier, ça. Voilà, le prochain gros papier qui, je pense, n'est qu'un quart fini. Donc, stay tuned. Je pense que dans deux ans, ça
SPEAKER_02va sortir. Très bien. Mais j'ai hâte de voir ça. Tu veux dire, en général, trois ou quatre ans en langage
SPEAKER_00scientifique
UNKNOWN?
SPEAKER_00Franchement, vu que la longueur... Voilà, mon dernier... gros papier qui est en train d'être under review il a pris 3 ans et demi avant
SPEAKER_02d'être soumis je pense que celui-là ça va faire la même chose bon courage mais il va être excellent donc ça va le coup
SPEAKER_00d'attendre voilà c'est
SPEAKER_02ça la qualité avant la quantité même si malheureusement on est dans des institutions qui nous poussent à faire l'inverse c'est bien de savoir que tu gardes un rythme de croisière sain pour faire de la
SPEAKER_00qualité merci
SPEAKER_02Et à toi Jojo, l'actu, qu'est-ce qui se passe
UNKNOWN?
SPEAKER_02Alors moi, je n'ai pas grand-chose à raconter, j'ai toujours ces trois projets sur lesquels je bosse, qui me passionnent à fond, mais là, on est loin de l'écriture encore, parce que j'en ai un, je parlais du besoin de sécurité, on va faire aussi du cross culturel, etc., et donc ça va nous prendre un moment de finir les études, donc là, on a déjà trois études de fait, deux études de fait, pardon, et une troisième qui va se lancer, mais on en aura au moins face pour le papier final 2 ou 3 de plus même si c'est des études qui vont beaucoup plus vite que le genre d'études que tu dois faire Camille par exemple bon bah ça va prendre du temps quand même et le projet européen sur lequel je suis par contre avance très bien je suis en train de finaliser le recrutement de participants dans une petite ville de taille moyenne en Finlande sachant que j'ai déjà un jeu de données sur un échantillon représentatif des USA et il s'avère que pour l'instant mon échantillon il me manque encore pas mal de participants mais ça tombe bien j'ai regardé la moyenne d'âge qui est très élevé donc du coup ça veut dire que je vais pouvoir l'augmenter très facilement parce que la ville où je collecte les données c'est une ville très étudiante donc en fait elle est très jeune en moyenne d'âge donc je vais là passer par les réseaux de l'université pour avoir aussi un apport en étudiants au dessus de 18 ans et Et puis, on verra ce que ça donne. Et j'ai eu l'occasion de présenter ce projet, les résultats préliminaires, devant des financeurs et devant mes financeurs, en fait, la Eufy Alliance et des gens du réseau scientifique européen qui donnent des financements. Et ils ont plutôt bien aimé, donc ça m'a fait plaisir. Je serai sûrement amené à refaire cette petite présentation bientôt et qui sera partagée sur leur réseau. Ah si, et une dernière petite actu quand même, c'est que j'ai mon livre sur le sens, la psychologie du sens je crois que je me suis fait ghoster par mon éditeur donc en gros j'ai visé un peu gros, peut-être que je suis trop ambitieux je me suis dit ouais je veux publier chez Odile Jacob je vais publier là-bas j'ai réussi à avoir le contact d'un conseiller scientifique, j'ai envoyé les trucs et il m'a dit ah bah c'est top, pour moi c'est un feu vert je fais remonter à l'éditeur et tu devrais avoir un message d'eux je vous dis ça, c'était en décembre Je me suis dit, bon, allez, elle est faite, peut-être que ça s'est perdu dans les machins. J'ai renvoyé un mail à Odile Jacob, pas de réponse. Donc, ben voilà, je pense que je vais chercher un autre éditeur, ou je vais renvoyer un message au conseiller scientifique qui m'avait donné le feu vert, pour savoir un peu, voilà, quoi, ce qu'il en est. Je pense qu'ils sont un peu en retard, non
UNKNOWN?
SPEAKER_02Dans tous ces... Ça va faire un mois que j'ai renvoyé un deuxième email. D'accord, ouais, ouais, c'est sûr. Ça commence à faire long, j'aimerais bien le publier un jour. Je sais pas, j'ai pas encore d'autres idées de il y a plein d'autres maisons d'édition je vais investiguer mais voilà ce livre il est quasiment fini d'écrire j'ai juste laissé quelques chapitres en idées parce que l'éditeur a toujours un mot à dire aussi sur l'orientation et moi j'ai plusieurs idées d'orientation différentes pour ce livre donc ça me dirait bien d'en discuter avec quelqu'un qui ce que sera mon premier livre qui a déjà un bon pied dans la maison d'édition qui a une bonne idée de ce qu'il peut mon but c'est que ça plaise aussi un peu au public donc Donc ça me dirait bien. Et si le livre marche bien en français, je pourrais le faire après publier en anglais. Mais ça m'a fait du bien d'écrire en français. Je passe mon temps maintenant à devoir interagir en anglais, écrire en anglais. Je kiffe. J'adore faire de la science en anglais. Ça m'oblige à être très direct, très pragmatique. Et on ne peut pas se cacher derrière des rideaux de fumée en faisant des belles phrases. Donc ça, j'aime bien. Mais juste d'écrire en français pour le livre, qu'est-ce que j'ai aimé. Donc voilà, pareil, stay tuned. Quand il sortira, personne
SPEAKER_00ne le
SPEAKER_02sait. Il sortira un jour. Ça sortira. Oui. Maintenant, on peut passer au livre déjà sorti, à la période des recommandations culturelles. Est-ce que vous avez un livre, un jeu vidéo, une musique, un film
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, tout à fait. N'importe quoi qui vous a plu dernièrement.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_02Ouais,
SPEAKER_00vas-y. T'as un truc
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, alors c'est pas une recette de cuisine, mais c'est un livre, un des livres que je suis en train de lire en ce moment, qui est franchement, qui est vraiment bien, je trouve. Et c'est pas juste parce que j'ai travaillé avec elle, mais il y a Paige Harden qui a sorti son nouveau
SPEAKER_02bouquin. J'ai manqué l'actu.
SPEAKER_00Ouais, bah franchement, je trouve qu'il est vraiment bien. Donc il est pas encore disponible en français, je pense qu'ils vont le traduire à un moment. Il a déjà été traduit en allemand, mais donc ça s'appelle... original sin on the genetics of le titre est assez long c'est on the genetics of vice the problem of blame and the future of forgiveness et donc ça parle aussi un peu des thématiques qu'on a abordées aujourd'hui donc l'aspect un peu moral l'eugénisme qu'est-ce qu'on peut faire en fait de cette information une fois qu'on sait qu'il y a une part des différences entre les gens qui est expliquée par la génétique comment est-ce que ça peut influencer la manière dont on perçoit les gens mais aussi de la manière dont on pardonne les gens et donc elle en parle je suis que au début du livre mais elle en parle un peu par exemple dans les procès souvent quand il y a quelqu'un qui est devant la justice si on dit qu'il a un trouble mental ou qu'il vient d'un environnement particulièrement difficile que ce soit issu de la pauvreté ou qu'il a eu des traumatismes pendant l'enfance le jury, souvent, est un peu plus sympathique et empathique, en fait, envers cette personne-là. En revanche, il y a des études qui montrent que quand on dit qu'il y a une part qui serait expliquée par la génétique, les gens, ils ont tendance à carrément punir
SPEAKER_02plus.
SPEAKER_00C'est intéressant, ça. C'est assez intéressant d'essayer de comprendre pourquoi. La réponse, elle n'est pas exactement dans le livre, mais une idée, c'est que les gens, ils se disent que Donc... l'environnement, la santé mentale, ce sont des choses, en fait, des troubles mentaux, ce sont des choses qui nous arrivent à nous, donc c'est des choses qui ont lieu, mais ce ne sont pas des choses qui sont internes et qui sont complètement modifiables. Il y a un peu cette idée que, voilà, quand on a des prédispositions génétiques, il y a une certaine part de déterminisme, alors que ce n'est pas forcément vrai, ça va varier, parce que, voilà, ça va varier selon l'environnement, mais que, donc, peut-être les gens pourraient plus punir les gens qui... ont ces prédispositions génétiques parce qu'ils ont l'impression que c'est vraiment inné à cette personne et c'est dans leur nature. Donc voilà, ça aborde plein de sujets hyper intéressants donc je
SPEAKER_02recommande vivement. Trop cool. Moi j'avais déjà pris The Genetic Lottery, son premier bouquin. Donc si c'est aussi bien que
SPEAKER_00celui-là... Je dirais qu'il est
SPEAKER_02mieux. Ah ouais, ça donne envie. Moi je trouve qu'il est mieux. On fait monter la hype
SPEAKER_00là. Je trouve qu'il est mieux parce qu'en plus elle a plein d'anecdotes hyper personnelles et ça ajoute une autre dimension au livre que j'apprécie beaucoup
SPEAKER_02J'ai une question pour toi en follow-up. Déjà, ça a l'air d'être une personne tellement brillante. Ça doit même être
SPEAKER_00un peu effrayant, je pense, de bosser avec une personne comme elle. En fait, elle arrive à mettre plein d'idées ensemble que tu n'y penserais pas forcément. C'est quelqu'un qui a un cerveau exceptionnel, qui arrive à avoir des super idées qui sont vraiment originales et qui sont aussi hyper intéressantes. À chaque fois, qu'on se retrouve pour discuter un peu, parce que je travaille encore beaucoup avec elle, je me dis toujours, je vais amener des idées, mais mes idées, elles ne seront jamais aussi bonnes
SPEAKER_02que Paige. Ça, dans la recherche, dès qu'on bosse avec des gens haut dans le fil, qui pèsent, qui sont brillants, on doit avoir ce sentiment. Et sinon, au-delà de ce côté très intelligent, comment tu l'as trouvé en tant que personne à côtoyer, en tant qu'humaine
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je trouve qu'elle est très abordable. C'est quelqu'un aussi... Bon, il faut avoir un bon match. Tu ne vas pas avoir un super bon match avec tout le monde. Mais pour le coup, c'est avec quelqu'un avec qui je me suis très bien entendue. Ça a été une super mentor. Et ça l'est toujours. Et je pense qu'on est très similaires. Et ça a été vraiment... je me suis sentie très spéciale quand elle a dit qu'elle se voyait un peu en
SPEAKER_02moi trop classe c'est trop chouette à mes yeux tu es la
SPEAKER_00future Catherine Pageard je sais pas si je le montre à la suite mais bon on verra c'est super de travailler avec elle et je recommande vivement son livre pas seulement parce que c'est quelqu'un avec qui je travaille mais parce que vraiment je trouve que elle se pose plein de questions hyper intéressantes
SPEAKER_02qui te font vraiment réfléchir. Je confirme le premier par exemple était génial parce que moi j'ai appris déjà plein de choses sur la génétique que j'ai sans doute déjà oublié depuis malheureusement mais par contre j'ai vraiment c'est bien resté en tête le cadre général de ce qu'elle expliquait et surtout ce que j'aime beaucoup c'est que c'est pas juste une vulgarisation d'une thématique, c'est aussi toutes les réflexions qui entourent cette thématique et donc comme le titre l'indique de Genetic Lottery c'était vraiment dans l'idée des inégalités en fait il y a des inégalités de on ne choisit pas de naître moi je n'ai pas choisi de naître dans un environnement socialement plutôt défavorisé avec des gens avec des troubles ou des addictions et on ne choisit pas non plus sa génétique qu'est-ce qu'on fait de ça dans la société dans les réflexions sur l'égalité et sur la justice donc voilà ce premier livre était très bien aussi le deuxième il est encore mieux Oui. Très bien. Geoffrey, une recommandation culturelle
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je vais faire très court, moi. C'est un truc que j'ai revisionné il n'y a pas longtemps, et je me suis rendu compte à quel point beaucoup de gens ne connaissaient pas, et moi je trouve ça dommage de passer à côté. Comme vous en doutez, dans mes goûts souvent un peu alternatifs ou décalés, si je vous parle de mes peintres favoris, vous ne serez pas surpris d'apprendre que dedans, vous retrouvez Salvador Dali, que vous allez retrouver Magritte, que vous allez retrouver Benchiski, et que vous allez prouver Jérôme Bosch. Rien d'étonnant jusqu'à là. Ben Chisky. Attends, je suis bien sûr d'avoir compris. Ben Chisky, ouais. C'est peut-être le moins connu des quatre. C'est un peintre polonais, je vous reconnais. Juste tapez son nom sur Google et écrivez ça comme ça, se prononce Ben Chisky. C'est pas exactement l'orthographe polonaise que vous allez trouver. Et c'est quelqu'un qui a peint des environnements on va dire presque métaphysiques. Quand tu vois ça, tu choppes ce sentiment de... il a peint un autre univers, une autre dimension, un peu horrifique par moments, voire même très souvent, et qui te donne une impression, ce sentiment d'étrangeté ou de j'ai jamais vu ça de ma vie. Donc c'est très très fort en termes de sentiments et j'en ai jamais vu en vrai malheureusement, mais j'espère vraiment avoir l'occasion de voir ça un jour. Bref. Et je remarque souvent quand ça m'arrive de parler de ces sujets avec des postes, j'aime bien voir ces petites anecdotes. Vous saviez que Dali avait fait une collaboration avec Disney
UNKNOWN?
SPEAKER_02Donc en général les gens ils m'enseignent une collaboration avec Disney et en fait il s'avère qu'un jour il y avait une rétrospective à Pompidou et j'ai eu la chance de découvrir ça et en fait un jour Salvador Dali il a vu le film Dumbo et il y a une scène un peu surréaliste avec Dumbo il a bu du champagne et il voit des éléphants roses et cette scène elle est incroyable rien que pour ça ce film il est exceptionnel et Dali il a vu ça il a dit mais Disney c'est un surréaliste et il a contacté Disney il a dit on fait un truc ensemble et donc ils ont fait un court métrage mais il était pas en gros il manquait que la partie post prod mais malheureusement je pense les deux étaient sans doute un peu mégalo je sais pas ce qu'il s'est passé ça s'est perdu dans les archives dans les cartons et des années plus tard dans les archives de Dali on a retrouvé les rushs on a retrouvé le truc donc ils ont fait juste un chouïa de montage et de post prod et maintenant si vous regardez Destino vous pouvez le trouver sur Youtube et bah vous trouvez ça et c'est la fusion exacte du style de Dali et mais qui prend vie dans un style animation Disney ça dure 7-8 minutes peut-être 10 je crois donc c'est très court avec une belle musique et je recommande ça voilà mini court métrage à regarder que je trouve poétique beau dans le style de Dali et de Disney trop cool je pense que j'avais vu ça à l'exposition une d'expos de Dali sur Paris aussi il y a quelques années peut-être la même que toi la rétrospective à Pompidou non
UNKNOWN?
SPEAKER_02c'est possible je me souviens plus il y a longtemps il y a au moins j'aime pas quand on compte les années en Disney quand on était jeune en tout cas j'étais en licence je m'en rappelle ça doit être la même c'est marocco et moi je vais faire une recommandation musicale en ce moment j'écoute du bar de corps donc c'est des reprises médiévales de chansons pop contemporaines et une artiste que j'aime beaucoup c'est Hildegard von Blingen ah oui la mystique du coup parodie sur le nom de la mystique mais Et donc, c'est une chanteuse qui fait des reprises de vraiment les chansons les plus pop que vous puissiez imaginer. Donc, The Weeknd ou de n'importe quoi. Et du coup, mais avec une ambiance médiévale. Elle a une voix magnifique et je trouve ça très, très chouette en général. C'est drôle. C'est très drôle. Il vaut mieux déjà connaître les chansons pop avant d'écouter ça. Mais c'est très cool. Très bien. Ok. Un super enco. J'adore. Je vais... ah je vais écouter ça content d'avoir fait un adepte très bien et bon on arrive à la fin de notre épisode c'était vraiment trop cool de t'avoir Camille c'était super intéressant pour nous et je pense pour les auditeurs aussi donc vraiment merci
SPEAKER_00énormément d'avoir été là merci beaucoup pour l'invitation c'était super de vous voir aussi de pouvoir
SPEAKER_02parler un peu de mes travaux et
SPEAKER_00puis surtout de discuter avec vous et d'apprendre
SPEAKER_02en plein live que tu vas être maman oui c'est vrai on va se presser de dire au revoir aux auditeurs et on va parler de ça allez salut à la prochaine salut