Voices4Philanthropy
La rencontre des entrepreneurs et des leaders de la philanthropie.
Ils ne se seraient peut-être jamais croisés. Et pourtant.
D’un côté, des entrepreneurs, des dirigeants, des familles qui souhaitent démultiplier leur impact.
De l’autre, des femmes et des hommes qui portent des projets d’intérêt général avec conviction et passion.
Voices 4 Philanthropy raconte la rencontre entre ces deux mondes.
Pas pour faire la promotion d’un mécénat de façade. Mais pour explorer la philanthropie et ce qui sous-tend ces relations qui dépassent le simple cadre financier. On y découvre des motivations profondes, des doutes parfois, des moments de bascule.
Des rencontres transformatrices...
Voices4Philanthropy
IM'PACTES - Révéler le potentiel des jeunes de l'ASE
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
Dans cet épisode de Voices4Philanthropy, Céline Greco, fondatrice de la fondation IM’pactes et cheffe de service en médecine de la douleur et soins palliatifs, revient sur les motivations qui l’ont menée, en 2022, à créer une initiative dédiée à l’accompagnement multidimensionnel des enfants victimes de maltraitance.
Elle présente l’ambition d’IM’pactes : améliorer durablement la prise en charge des nombreux jeunes concernés chaque année par des mesures de placement ou de suivi, en facilitant leur accès à la santé, à la scolarité et à la culture.
À ses côtés, Sébastien Bazin, PDG du groupe Accor, partage son engagement philanthropique et le soutien essentiel apporté par Accor. Ensemble, ils évoquent la naissance de leur collaboration et les premiers bénéfices concrets pour les enfants accompagnés par IM’pactes.
Un podcast animé par Claire Kramme, Group Head of Philanthropy chez Rothschild & Co.
La chose la plus importante, surtout quand on rencontre Céline, je le dis, je le répète, mais je veux que les auditeurs en prennent conscience. C'est très, très, très rare dans une vie de rencontrer une personne qui mélange des choses que j'adore, que je cherche d'ailleurs chez des collaborateurs d'accord ou des copains autour de moi. Une vision, un diagnostic, un vécu, un plan, une méthode, la séquence d'intelligence et qui, en plus, fait ça avec toujours un sourire. En
SPEAKER_02étant passée à l'aide sociale à l'enfance moi-même, finalement, j'ai vu les failles du système, à la fois sur la prise en charge de la santé, des jeunes de ma santé, mais aussi des jeunes qui étaient placés en même temps que moi, et puis les failles de la prise en charge de la scolarité des enfants confiés. Il se trouve que mon étoile du berger, c'était de faire des études de médecine, donc je me suis accrochée toute seule. La naissance d'Impact, c'est aussi de se dire, ok, toi, tu as eu de la chance, tu en es bien sortie. Maintenant que tu as finalement une position sociale stable, puisque quand j'ai écrit la démesure, j'ai interne et quand j'ai monté Impact, j'étais chef de service à Necker. C'était un petit peu difficile de se dire, voilà, tu as bien réussi et de vivre sa vie sans essayer de faire changer les choses quand on a vu de l'intérieur les failles du système.
SPEAKER_01Ils ne se seraient peut-être jamais croisés et pourtant. D'un côté, des entrepreneurs, des dirigeants, des familles, décidés à donner plus de sens à leur réussite. De l'autre, des femmes et des hommes qui portent des projets d'intérêt général avec conviction et passion. C'est de leur rencontre Un podcast qui explore la philanthropie au-delà des chiffres et des apparences. Où l'on découvre des motivations profondes, des doutes parfois et des instants de bascule. Des rencontres transformatrices. Un podcast porté par Rothschild& Co. Bonjour et bienvenue dans Voices for Philanthropy, le podcast qui donne la parole à celles et ceux, entrepreneurs et porteurs de projets qui transforment la société grâce à leur engagement au service de causes d'intérêt général. Je suis Claire Cram, responsable de la philanthropie chez Rothschild& Co et j'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui deux invités au parcours exceptionnel. Sébastien Bazin, président directeur général du groupe Accor et Céline Gréco, médecin-chercheur, chef du service de médecine de la douleur et de médecine palliative à l'hôpital Necker Enfants Malades et fondatrice de l'association Impact. Ensemble, nous allons parler d'aide sociale à l'enfance, du besoin d'améliorer la qualité de la prise en charge de centaines de milliers d'enfants concernés chaque année par une mesure de placement ou de suivi, mais aussi de coup de cœur, voire de coup de foudre, et surtout du pouvoir d'une collaboration comme la vôtre pour amplifier les messages, accélérer la prise de conscience et participer à faire bouger les lignes d'une politique sociale en crise. Sébastien, nous allons peut-être commencer par toi pour dire quelques mots sur ton parcours. Ça va être vite, ça va être vite fait. Ça
SPEAKER_00va être vite fait
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, parce qu'il n'est pas si grand que ça. Il n'est pas si long que
SPEAKER_01ça, mais quand même. Plusieurs années passées dans le secteur de la finance, aux Etats-Unis, en Angleterre et en France, tu rejoins le conseil d'administration d'Accor en 2005, dans le cadre d'un mandat que tu exerces en tant que directeur général Europe de la société d'investissement Colonie Capital. Et depuis 2013, tu occupes les fonctions de président directeur général du groupe Accor, un groupe qui compte 5700 hôtels présents dans 110 pays qui emploie un peu plus de 360 000 salariés. Dirigeant engagé, c'est ce qui nous intéresse aujourd'hui. Tu exerces plusieurs mandats d'administrateur dans des fondations et dans des organisations à but non lucratif. Pendant le Covid, tu crées un fonds de solidarité pour les collaborateurs du groupe qui doivent faire face à des pertes sèches de revenus. Et à plusieurs reprises, tu vas t'engager personnellement et à travers le groupe en faveur de publics vulnérables, que l'on parle des sortants de prison, des personnes réfugiés ou encore des personnes porteuses de handicap. Aujourd'hui nous allons consacrer ce podcast à ton engagement au service des jeunes de l'aide sociale à l'enfance, en particulier de l'accompagnement de Céline que je vais présenter également. Donc Céline, victime de violences intrafamiliales, tu vas être placée dans un foyer d'accueil à l'âge de 14 ans et tu parviens malgré tout ou peut-être grâce à cela aller jusqu'au bout de ta vocation et de devenir médecin. À l'heure interne en 2013, tu décides de t'engager pour les enfants victimes de violences et tu publies un premier ouvrage, La démesure, afin de sensibiliser le grand public au fait que la maltraitance peut survenir dans tous les milieux sociaux sans exception. En 2022, tu fondes l'association Impact avec l'idée d'offrir un accompagnement multidimensionnel aux enfants victimes de maltraitance. Avant de parler de votre rencontre à tous les deux, j'aimerais qu'on revienne sur cette association, Impact. Tu l'as créée en 2022. Aujourd'hui, elle a beaucoup grandi avec de nouveaux projets chaque année qui se mettent en place. Est-ce que tu peux revenir sur le constat qui t'amène à créer Impact et tes motivations pour lancer cette association il y a tout juste
SPEAKER_023 ans
UNKNOWN?
SPEAKER_02Les motivations, c'est assez clair. C'est-à-dire que moi, j'ai été usagère, comme on dit je suis passée par l'aide sociale à l'enfance après beaucoup d'années à attendre qu'on jette un oeil sur moi et qu'on se rende compte des violences qui avaient lieu dans la famille. Et donc, en étant passée à l'aide sociale à l'enfance moi-même, finalement, j'y ai vu les failles du système, à la fois sur la prise en charge de la santé, des jeunes de ma santé, mais aussi des jeunes qui étaient placés en même temps que moi, et puis les failles de la prise en charge de la scolarité des enfants confiés. Alors moi, il se trouve que mon étoile du berger, c'était de faire des études de médecine, donc je me suis accrochée toute seule, et j'ai pas lâché, mais dans les différents lieux de placement que j'ai fait il y avait vraiment un taux de déscolarisation très très important, aucune aide pour faire les devoirs le soir et finalement aucune ambition scolaire pour les enfants qui étaient placés avec moi donc la naissance d'Impact c'est aussi de se dire ok toi t'as eu la chance, t'en es bien sorti maintenant que t'as finalement une position sociale stable puisque bon quand j'ai écrit la démesure j'étais interne et quand j'ai monté Impact j'étais chef de service à Necker, c'était un petit peu difficile de se dire, voilà, t'as bien réussi et de vivre sa vie sans essayer de faire changer les choses quand on a vu de l'intérieur les failles du système.
SPEAKER_01Et Sébastien, avant de parler de la rencontre avec Céline, est-ce que toi, tu peux revenir sur tes premiers pas en philanthropie
UNKNOWN?
SPEAKER_01Le moment où tu réalises que tu as envie de t'engager, tu as envie de faire bouger les lignes dans la société.
SPEAKER_00Je ne me souviens pas du tout de ce moment-là, très franchement. Je crois que c'est très lié à un mélange de plein de choses. C'est lié à À mon avis, la première chose de loin, l'éducation de mes propres parents qui sont partis beaucoup trop vite, il y a 25 ans, 27 ans, tous les deux. Dans cette éducation de prêter attention à l'autre. Dès lors qu'on prête attention à quelqu'un d'autre, ça veut dire qu'on peut sentir les failles, que tout d'un coup, on a envie d'en savoir davantage. Et puis, quand on progresse dans la vie, on s'aperçoit que pour répondre à ceux qu'on a le plus besoin, encore faut-il en avoir les moyens, le temps peut-être
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et que donc, à ce moment-là, vous avez accumulé beaucoup d'encontres, vous avez accumulé beaucoup d'expériences, vous avez accumulé un certain nombre de richesses et vous avez surtout accumulé une capacité d'agir, donc peut-être du pouvoir ou un positionnement. Et donc, je pense que ça marche terriblement bien si tout ça se fait dans le temps de manière naturelle. Si vous voulez devenir un acteur et que vous ne l'avez pas dans le bide ou pas dans le cœur, en fait, vous vous y prenez mal. Ce n'est pas quelque chose de circonstance, c'est quelque chose qui s'intègre inscrits, vous avez envie d'embarquer plein de moments, mais vous ne savez pas qui vous allez aider. C'est ce qui m'a probablement le plus souri dans la vie, c'est que c'est vrai qu'on a parlé de handicap, on a parlé de plein de différentes pistes, mais ça a fait l'objet tout d'un coup d'une rencontre à un dîner, comme avec Céline, puisque je pensais un jour qu'à corps ou moins, on allait être confronté à l'aide sociale à l'enfance, et ainsi de suite. La réponse est évidemment non, ou en tout cas malheureusement non, mais cette rencontre, moi je souriais depuis cinq minutes, parce que ça Peut-être la deuxième question, il suffit d'écouter Céline, juste 8 minutes.
SPEAKER_01Elle est très forte. Mais
SPEAKER_00ce n'est pas qu'elle est très forte, c'est qu'elle dit vrai, elle parle d'elle. Et ces 8 minutes font que ça y est, on est déjà tombé, c'est parti. Donc voilà, c'est inné, c'est naturel, ce n'est pas inventé. Et merci à tous ceux qui m'ont donné la chance d'être qui je suis aujourd'hui, avec les moyens qui sont à ma disposition. Juste parce que vous avez dit ça dans l'introduction, Il ne faut pas non plus être... Il ne faut pas se tromper. Les moyens et ce que je peux faire aujourd'hui, merci mon Dieu, c'est grâce à Accor. Accor a multiplié par 100 ce que je peux faire aujourd'hui. Je faisais d'autres choses quand j'étais chez Colony, mais la puissance n'était pas la même. Donc la bienveillance a changé de taille.
SPEAKER_01Alors du coup, Céline, comment tu l'as pitchée
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment tu l'as embarquée dans l'aventure
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que tu ne l'as pas embarquée un peu. Et Sébastien et le groupe Accor sont parmi les soutiens de la première heure du projet, donc qu'est-ce qui a amené à cette collaboration
UNKNOWN?
SPEAKER_02Deux choses en fait et finalement à peu près au même moment, c'est-à-dire que quand j'ai voulu lancer un pack, quand j'ai eu lancé un pack, je me suis dit qu'il fallait que je sois accompagnée et donc j'ai envoyé des mails à tous les grands patrons et puis à ceux qui m'ont répondu et ceux qui m'ont pas répondu et Sébastien m'a répondu et je me rappelle de notre conversation téléphonique et alors que ça faisait à peu près trois minutes qu'on se connaissait. Je lui ai un peu expliqué la problématique de ses enfants. Tu m'as dit, je te laisserai jamais tomber. Ça faisait trois minutes qu'on se connaissait. Et après, effectivement, on s'est retrouvés à un dîner commun grâce à Stéphane Tirolois. Et d'ailleurs... Et Aurélie, une belle femme. Tout à fait. Mais Stéphane nous a mis en lien parce qu'il savait probablement que tu ferais quelque chose. Et donc... donc je dois beaucoup à Stéphane et Aurélie et donc effectivement à ce dîner on a pu un peu plus parler plus profondément en tout cas de ce pourquoi je me battais pour l'étudiant à l'enfance et voilà tu es toujours là
SPEAKER_01et surtout tu as éveillé les consciences parce que c'est un sujet qui est quand même sorti du bois à peu près au même temps dans les années au moment où tu fondes un pacte c'est un sujet qui arrive sur la table des discussions dans les débats et qu'on va retrouver dans la presse de faire façon plus visible qu'avant. Il y a un peu un avant et un après, non
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non,
SPEAKER_02je ne pense pas. Je pense que moi, je dirais qu'il y a quand même un avant et un après à faire Marina. Donc, ça date de quelques années en amont. Donc, il y avait déjà quand même un début de changement de prise de conscience dans la société. Après, il y a eu la loi du 14 mars 2016 qui a aussi permis qu'on en parle. Laurence Rossignol était extrêmement impliquée. D'ailleurs, ça a été notre dernière ministre de l'Enfance. Depuis Laurence Rossignol, il n'y a plus de ministre avec un portefeuille dédié à la protection de l'enfance. Donc voilà, les choses changent petit à petit, et c'est vrai que ces derniers temps, avec toutes les difficultés que rencontrent les socials à l'enfance, c'est sûr qu'on en parle plus, et donc forcément, à la fois on parle plus des défaillances, mais on parle aussi plus de ce qu'on peut faire pour faire changer les choses, donc c'est vrai que c'est un sujet aujourd'hui qui est
SPEAKER_01plus repris. Moins invisibilisé, on va dire. Alors, est-ce que tu peux nous dire en quelques mots ce qu'est un pacte
UNKNOWN?
SPEAKER_01vous offrez à ces enfants les différents programmes qui sont
SPEAKER_02proposés. Impact est une association qui accompagne les enfants, donc confie à l'aide sociale à l'enfance de 0 à 25 ans. C'est important parce que aujourd'hui l'aide sociale à l'enfance s'arrête à 18 ans. Et ça, ça a tout un tas de conséquences. Ça a des conséquences sur le fait que quand on doit être autonome à 18 ans, on ne peut pas se projeter dans des études supérieures. Et la conséquence de ça, c'est qu'en fait ça tue des rêves. Et quand vous avez l'impression que vous n'avez pas d'avenir. Du coup, l'école, c'est ce que vous lâchez en premier, puisque à quoi bon
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et donc, ça fait que 13% seulement des jeunes de l'ASE ont le brevet des collèges, 5% seulement se présentent à un baccalauréat général et 1% seulement peut faire des études supérieures. Normal, puisque il faut un tout petit peu d'accompagnement humain et financier pour pouvoir faire des études supérieures et que quand l'ASE s'arrête à 18 ans, ce n'est pas quelque chose qui te paraît accessible. Et donc, 1% d'études supérieures avec 45% des jeunes sans-abri de l'ASE. de 18 à 25 ans, qui sont issus de l'aide sociale à l'enfance, et des chiffres qui ne font que grossir. Donc, Impact, la première chose qu'on a mis en place, c'est le pôle éducation, avec l'accompagnement des enfants de 0 à 25 ans, dans leur scolarité, ils ont du tutorat scolaire une fois par semaine, dans, finalement, leur accès à l'art et à la culture, puisque je crois qu'on se nourrit du beau, et ces enfants n'ont pas accès au beau. Et donc, on a mis en place l'expression artistique de la danse, le théâtre, le chant, grâce aux mécènes, on a beaucoup de sorties culturelles. D'aller à l'opéra, d'aller à la comédie française, d'aller au théâtre du Châtelet, de découvrir les instruments de musique. L'accès au beau est quelque chose qui manque à ces enfants. Et puis, on accompagne les jeunes majeurs avec des bourses d'études, des bourses d'aide à l'installation, le passage du permis de conduire. Finalement, pour que génétiquement, les choses changent aujourd'hui, les jeunes qui sont confiés à l'étudiant de l'enfance, il y a une modification génétique qui fait qu'ils se disent de toute façon que c'est pas pour moi. Les études, c'est pas pour moi. Peut-être qu'à force qu'Impact soutienne ces jeunes à faire des études supérieures, ceux qui auront réussi à faire des études supérieures diront aux plus jeunes mais si, si, toi aussi tu peux être médecin, toi aussi tu peux être avocat, toi aussi tu peux être comptable. Regarde, Impact sera là pour t'aider à réaliser ce rêve. Donc il y a vraiment un accompagnement. Le programme qu'on a appelé soutien à l'éducation par l'art et la culture. On a un pôle santé aussi parce que l'autre conséquence de tout ça et des violences subies dans l'enfance, c'est que ces enfants risquent de perdre 20 ans d'espérance de vie en l'absence de prise en charge précoce. Or, 30% seulement des enfants de l'ASE ont un bilan de santé quand ils arrivent à l'aide sociale à l'enfance, et seulement 10% des enfants de l'ASE ont un suivi de santé. C'est-à-dire qu'en France, il y a une population d'enfants qui représente quand même 400 000 enfants, donc 90% n'ont aucun suivi de santé. Et donc, c'est des enfants qui ne sont vus que lors de passages aux urgences, puisqu'il n'y a pas de médecins traitants pour ça. Et donc, l'idée, c'est d'avoir monté des centres d'appui à l'enfance, donc des centres de santé dédié à ces enfants pour qu'enfin ils aient une prise en charge à la fois somatique et à la fois psychique et puis on monte un pôle de formation et de recherche parce qu'en fait on a peu de données sur l'état de santé de ces enfants et surtout on n'est pas très bon encore dans la prise en charge du trauma complexe pédiatrique en France et donc on monte aussi un pôle de formation et de recherche.
SPEAKER_01D'accord et puis il y a le volet formation et accès à l'emploi aussi sur lequel tu travailles grâce notamment aux partenaires.
SPEAKER_02Grâce à la coalition des entreprises mobilisées pour l'enfance protégée les entreprises qui ont aussi signer la charte d'engagement, à la fois nous aide sur le plan financier pour financer le tutorat scolaire, les bourses d'études, tout ça. Mais on ouvre leur porte à ces jeunes, les prennent en stage de troisième, en stage de seconde, en alternance, en CDD, en CDI. On a un événement chaque année qui s'appelle Trouve ta voie, qui permet la rencontre des jeunes et des entreprises pour accompagner ces jeunes vers l'insertion professionnelle.
SPEAKER_01Merci. Et du coup, Sébastien, dans ce
SPEAKER_00cadre-là... Comment voulez-vous que je passe derrière ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est fini. C'est compliqué. Elle en a... Elle a dit beaucoup, elle a dit beaucoup de choses.
SPEAKER_00Elle a raison, qu'elle prenne tout
SPEAKER_01surtout. Comment toi tu as justement permis à accélérer le mouvement, à convaincre d'autres entreprises, d'autres mécènes par exemple, de rejoindre cette charte et de s'engager
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je pense que la chose la plus importante, surtout quand on rencontre Céline, je le dis, je le répète, mais je veux que les auditeurs en prennent conscience, c'est très très très rare dans une vie de rencontrer une personne qui mélange des choses que j'adore, que je cherche d'ailleurs chez des collaborateurs d'accord ou des copains autour de moi. Une vision, un diagnostic, un vécu, un plan, une méthode, la séquence. d'intelligence et qui en plus fait ça avec toujours un sourire pour les visages et donc ça veut dire que Céline sait où elle va elle sait comment y aller, elle sait avec qui elle est elle sait pour qui elle y va après ça, nous on rêve de ça en tant que seule entreprise après ça ce qui lui manquait c'est la première pierre, c'est à dire c'est très bien de faire tout ça mais si c'est juste un rêve un plan ça sert à rien elle est terriblement impatiente et qu'elle veut tout tout de suite et bah accord a été là tant qu'on s'est dit que c'était 7 millions d'euros pour le centre d'appui à l'enfance ça aurait été 5 ou 14 c'était pareil on lui a dit tu sais quoi allez on va le lancer quand bien même on n'a pas encore l'argent donc accord comme d'autres on a été là au début en prenant un risque complètement fou qui est de dire oui à la mairie de Paris oui à la PHP oui à l'ACTAM en disant allez c'est parti et tout ça a été réalisé en 8 mois ça aurait pu prendre 2 ans et demi et là vous avez un effet boule de neige parce que les gens se disent tiens lui a cru et puis une fois que les gens ont touché du doigt et vous étiez là touché du doigt ce centre d'appui à l'enfance tout d'un coup c'est pas qu'on a envie d'y être c'est que tout d'un coup on sait que c'est possible et puis en plus maintenant c'est pas très compliqué puisqu'elle veut le démultiplier dans les 13 régions de France si on n'oublie pas les ultramarins elle va me faire le coup après de tous les départements français je sais bien que ça va pas s'arrêter là et puis il faut être vraiment totalement insensible totalement con quand vous arrivez dans ce site Ça m'a fait le coup. Dieu sait si j'ai été le voir pas mal de fois pendant les travaux. L'ouverture, avant que ce soit ouvert, peu importe, c'était une semaine ou quatre jours avant. Je l'ai déjà dit, j'ai pleuré. C'était juste ce dont elle rêvait. Et on s'est dit, allez, on a fait un petit cadeau. Et puis maintenant qu'il y a déjà 150 enfants et qu'il y en aura 2000 à la fin de l'année. Et on n'a pas fait tout ça pour rien. Le problème de Céline, c'est pas un problème, c'est que ça y est, c'est pas partie, ça ne s'arrêtera jamais. Et donc c'est pour ça que je ne me souviens même plus que je lui ai dit au bout de cinq minutes, comme en plus ça laisse un nombre de l'abandon, qui est de me dire tu ne vas jamais me laisser tomber. Et qu'effectivement j'ai répondu oui. Je pense au moins 50 fois de suite, mais 50 fois en trois ans. Donc voilà. Mais c'est un cadeau du
SPEAKER_01ciel. Elle est un cadeau du ciel. Ça laisse de la place pour les auditeurs qui nous écoutent et qui voudraient s'engager. Ce projet de se dire on l'a fait dans une région, on va couvrir les douze autres et puis pourquoi
SPEAKER_00pas les trois autres. c'est peut-être plus facile pour moi de le dire je ne sais pas qui vous écoute mais ce qui m'a le plus frappé dans le livre de Céline c'est ces 10 années de 4 ans à 14 ans elle l'a dit de manière assez pudique en commençant jusqu'au moment où on a bien voulu se rendre compte si un certain nombre d'auditeurs et si tous ceux qui n'ont pas encore eu la chance de rencontrer une infirmière je ne sais pas, pousser un cri il faut qu'on aille vous rencontrer il y a trop de gens qui souffrent tout
SPEAKER_01seul. Mais grâce à Céline, il y a aussi de belles histoires qui vont naître et je suis sûre que toi Céline, tu es déjà témoin de jeunes qui se sont révélés en venant chez Impact, qui ont retrouvé confiance même si le projet est tout récent. En
SPEAKER_02fait, la dernière fois, on a parlé à un événement organisé par le MEDEF sur l'inclusion et les entreprises inclusives et on avait une jeune majeure qu'on a accompagnée avec Impact, Estelle, qui est venue témoigner. Et en fait, c'est ça, l'aide sociale à l'enfance, c'est des pépites, mais qu'on ne laisse pas éclore. Et Estelle, elle a passé son enfance en maison d'enfant. Et quand elle a eu 18 ans, les jeunes passent un entretien, comme un concours, entre guillemets. Ils doivent présenter un projet pour pouvoir ou non avoir un contrat jeune majeur, qui peut les accompagner tous les 6 mois jusqu'à max 21 ans. Et Estelle, quand elle a présenté son projet pour aide Pour avoir un contrat jeune majeur, elle voulait être ingénieure en biotechnologie. Et on lui a dit, ah non, non, c'est beaucoup trop ambitieux. Il faut que tu sois plutôt agent de laverie en laboratoire. Alors, Estelle, elle a dit, bah non, moi, je veux être ingénieure. Et donc, elle n'a pas eu de contrat jeune majeur. Elle a dû trouver trois boulots, travailler au McDo le soir, travailler dans un restaurant le samedi et le dimanche. Elle s'est mise en auto-entrepreneur pour, après ses cours à l'école d'ingénieur, rédiger des dossiers pour avoir un peu d'argent. Et quand je l'ai rencontrée, elle n'avait pas pris de vacances une seule journée depuis deux ans, elle était au bout du rouleau et donc grâce à ce qu'on a mis en place avec Impact et grâce à Accor, elle a eu un mentor de chez Accor, une mentor qui l'a aidé à passer son TOEIC parce qu'elle avait des grosses difficultés en anglais et elle ne pouvait pas valider son diplôme sans avoir le TOEIC. Donc cette mentor chez Accor l'a aidé à avoir le TOEIC. Ensuite on lui a trouvé une alternance grâce à Engie qui fait partie de la coalition des entreprises mobilisées pour l'enfance. Et puis Estelle aujourd'hui, elle est ingénieure en biotechnologie, en CDI chez RDF. Voilà, et c'est une jeune majeure qui est formidable. Même chose pour un autre jeune, Ramatoula, qui a été pris en charge grâce à Boucherer, qui fait partie aussi de la coalition des entreprises mobilisées pour l'enfance, et qui est arrivé d'abord en stage, puis en alternance, à qui Boucherer a payé une formation, qui est maintenant en CDI, et Ramatoula représentera la France au prochain JO de Los Angeles en criquet, et donc Boucherer lui laisse même un peu de temps pour pouvoir s'entraîner pour les Jeux Olympiques. Voilà, c'est ça les sociale à l'enfance aussi. C'est des jeunes qui sont des pépites qu'on ignore. Et les entreprises comme Accor, elles permettent à ces jeunes de se dévoiler au niveau de tout leur potentiel. Mais encore une fois, faut-il qu'on leur tende la main.
SPEAKER_01C'est magnifiques témoignages qui sont évidemment très émouvants. Ma question suivante, c'était plutôt par rapport aux collaborateurs. Comment aujourd'hui tu as réussi à passer ce message à les sensibiliser j'imagine que comme tu disais tout à l'heure c'est difficile de résister au message mais quoi de plus parce que là Céline parlait de mentorat
SPEAKER_00est-ce que c'est quelque chose qui se diffuse plein il y a Anne-Sophie Béraud qui est à côté de moi qui est accompagnée elle a tout fait pour sensibiliser tout le monde chez Accor sur une échelle de 10 parce que j'aime bien chaque fois je pense qu'on est entre 2 et 3 ça veut dire que ceux qui avaient une ouverture d'esprit ceux qui avaient un certain nombre de valeurs ceux qui étaient à l'écoute ou qui étaient prêts Ceux-là, on les a embarqués, mais il m'en reste encore 7 ou 8 à embarquer, donc je pense qu'on est au début d'une aventure. Vraiment le tronc commun pour moi, et je ne sais pas si Céline veut en parler, parce qu'on en a parlé tous les deux avec la ministre de la Santé il y a à peine 15 jours, c'est l'extraordinaire faiblesse de tous ces jeunes... dans ces dix années de leur vie qui sont les années de croissance et de développement humain, psychique et ainsi de suite. Quand on voit que ces gens-là n'ont pas de suivi, ce que je ne supporte pas dans cette aventure, et c'est pour ça que je suis là, c'est que ce n'est pas une double peine, c'est une triple peine. Non seulement on subit un certain nombre de sévices, mais en plus on a son corps qui s'effondre, on a son intellect qui n'arrive pas à se développer, on a une crainte de tout le monde, on n'est pas capable d'être accompagné, donc on ne peut pas faire des études parce qu'on est trop fragile, parce qu'on n'a pas eu la main tendue. et puis les contrats ne sont pas là, et puis on finit dans la rue, et puis avec ça vont un certain nombre de choses qui sont dramatiques, à quel moment ça s'arrête
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et encore, on en a parlé avec Céline plein de fois, on parle de 400 000 personnes, mais vous pouvez multiplier ça probablement par 2, 3, 4, 10, tous ceux qui sont par pied. Donc, on ne peut pas faire subir quelque chose à un enfant et que ça ne s'arrête pas. Donc, à un moment donné, quelqu'un va faire en sorte que ça s'arrête. Alors, ce quelqu'un, c'est moi, c'est toutes les entreprises parce qu'ils sont là. Voilà, c'est une obligation pour eux. Et puis, après ça, effectivement, la fleur, elle s'ouvre. Mais avant que la fleur s'ouvre, il faut lui redonner un petit peu d'eau.
SPEAKER_01Là, on parle du point de vue des jeunes, mais il y a aussi toute la dimension de plaidoyer qui est portée par Impact. Et justement, tu parlais à l'instant des échanges avec la ministre de la Santé. Et au niveau de l'aide sociale à l'enfant, c'est ce que tu as le sentiment, toi, Céline, qu'il y a des choses qui commencent à bouger, qu'il y a des référencements qui sont faits de façon plus systématique. Comment est-ce qu'Aster est perçu par exemple par les professionnels puisque c'est
SPEAKER_02ouvert à tous ça c'est sûr non non alors il ya juste quelque chose que je voudrais dire parce que ça on l'a pas dit mais on a aussi grâce à accord des jeunes qu'on sort de la rue c'est à dire que dès lors qu'on a un jeune à la rue j'envoie un petit mail à anne sophie et les hôtels se mobilisent pour prendre les jeunes pendant un temps de répit le temps qu'on trouve quelque chose enfin je veux dire cet été vous avez sorti cinq jeunes de la rue et ces jeunes là ont pu retrouver un logement parce que c'est ça aussi l'aide sociale à l'enfance c'est la rue et donc Accor mobilise aussi les hôtels et avec plaisir en plus à chaque fois on a des retours des propriétaires d'hôtels qui nous disent elle était vraiment très agréable cette jeune ou ce jeune il était vraiment super il y a ça que je voulais dire et après au niveau du plaidoyer moi je trouve que ça y est je trouve qu'Asteria est maintenant dans le paysage puisque dans le parcours coordonné renforcé qui est mis en place il est fait mention de des centres Asteria, puisque Catherine Vautrin puis Stéphanie Rist ont envoyé une lettre aux directeurs généraux de toutes les ARS pour demander à ce que ces directeurs généraux facilitent l'implantation des centres Asteria partout en France, puisque Asteria est apparue dans le rapport sur la commission d'enquête sur les manquements de l'ASE qui a été rapporté par Isabelle Santiago, Périne Goulet qui est présidente de la délégation aux droits de l'enfant à l'Assemblée nationale a parlé des centres d'appui à l'enfance Jean-Pierre Farandou récemment répondant à une question a parlé des centres d'appui donc j'ai l'impression que ça y est on est à un point de bascule où enfin la nécessaire prise en charge de la santé des enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance est dans le scope de nos politiques publiques de nos politiques et ça c'est pour moi extrêmement important extrêmement
SPEAKER_01important Tout ça en un temps record quand même parce que tu dis ça y est enfin effectivement le problème très net depuis longtemps mais n'oublions pas que l'association est en action finalement ça a démarré il ya très peu de
SPEAKER_02temps alors c'est pas que moi parce qu'il ya en parallèle de ça eu deux expérimentations arctique 51 qui ont été menées l'expérimentation santé protégée l'expérimentation pegaz qui elles aussi ont montré que c'était possible d'améliorer la santé de ses enfants donc maintenant donc voilà on sait que d'un côté les enfants risquent de perdre 20 ans d'espérance de vie l'expérimentation par exemple prenons l'expérimentation pegaz Elle a montré qu'en 24 à 36 mois d'une prise en charge intensive, 80% des enfants confiés retrouvent des courbes de développement normales. Bon, allons-y. Parce que c'est comme si dans le cancer du poumon, on avait découvert une nouvelle immunothérapie qui fonctionne dans 80% des cas et qu'on ne la mettait pas sur le marché. Donc, ce qu'on ne peut pas tolérer pour le cancer, ne le tolérons pas pour la protection de l'enfance. Et maintenant, mettons le paquet pour que ces enfants aient un suivi. Très clair.
SPEAKER_00Sinon, tranquille, mais pour ceux qui nous écoutent, elle n'a aucune note, elle ne cherche pas ses noms, ni ses programmes. Tu
SPEAKER_01me fascines. Après, on pourrait croire que je suis un peu monomaniaque par contre. Ah bon
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu maîtrises à la perfection ton sujet et c'est extrêmement agréable.
SPEAKER_00Alors, il y a plein de phases quand même parce qu'on en parle là de manière très rapide. Il y a une phase enfance, adolescence, santé, prise en charge, diagnostic et pour... Mais il y a cette phase après qui est d'apprendre d'accès à l'emploi de découverte de soi même du monde des rêves et ainsi de suite et puis ça continue toute leur vie ça ne s'arrête pas à 18 ans ni à 21 ans donc c'est pour ça que cet engagement avec Céline elle se marre mais on va accompagner ces gens là à 35 ans 40 ans ce qui m'intéresse le plus c'est pour ça que c'est un modèle aujourd'hui c'est ceux qui vont s'en sortir j'espère le plus nombreux possible seront nos premiers ambassadeurs demain il y en a trop d'ambassadeurs. Et puis, il y a, vous allez le voir de plus en plus, on l'a vu avec certains politiques, vous avez beaucoup de gens qui ont subi beaucoup trop de choses difficiles dans leur vie, qui ne l'ont jamais dit, qui pourtant ont un statut, qui pourtant aussi ont du pouvoir et ont aussi envie d'aider. La parole va se libérer. Et plus elle va se libérer, plus effectivement on sera nombreux à vouloir y
SPEAKER_02répondre. À vouloir agir. La parole des gens qui sont sortis et qui ont un statut social, elle est très importante. Parce que ça permet aussi aux enfants de s'identifier et de se dire, ok, ça veut dire que moi, je peux réussir et ça c'est super important tous les gens qui ont des hauts postes qui ont une position sociale qui sont très installés même si c'est pas facile je pense que c'est important d'en parler et je pense là en disant ça emmanuel grégoire qui très récemment à lui aussi dit qu'il avait été victime de violences sexuelles quand il était petit eh ben je trouve que ça je trouve que c'est un message d'espoir de dire ok donc on peut s'en sortir donc donc on on peut mettre des choses en place aussi, et quand un politique s'empare d'un sujet qui le concerne, on peut être à peu près sûr que ce sujet... Il y a un bout. Exactement. Et donc, c'est important aussi que les gens qui ont vécu des violences dans l'enfance, par exemple, en parlent, parce que... Et moi, si vous saviez le nombre de gens qui m'arrêtent dans la rue, les gens me reconnaissent à mes pulls roses et mes lunettes, le nombre de gens qui m'arrêtent dans la rue pour me témoigner de merci pour ce que vous faites, parce que vous nous donner l'espoir qu'on peut aussi s'en sortir. Et ça, c'est important. C'est pour ça qu'il faudrait plus de paroles sur ce sujet.
SPEAKER_00Il y a un autre sujet qui est tout aussi compliqué. Je ne sais pas si Céline veut en parler. Une fois qu'on en a parlé soi-même et qu'on l'a vécu, on a une assez bonne chance qu'on ne le fera pas vivre à ses propres enfants. Attention à cette spirale aussi assez dramatique sur tout ça se réplique de génération en génération. C'est pour ça que cette spirale-là, elle
SPEAKER_01est
SPEAKER_02dévastatrice. Il faut la rompre assez tôt. Alors oui, tous les enfants battus ne battront pas leurs enfants mais malheureusement on a quand même une grosse proportion d'enfants qui n'ont connu que ça et donc qui reproduisent et c'est typiquement l'histoire de ma famille. Mon grand-père qui était quelqu'un d'extrêmement méchant et violent qui a battu ses enfants et sa femme dont mon père qui du coup a reproduit parce que personne lui avait dit que c'était pas comme ça qu'on éduquait un enfant en fait. Et donc voilà, moi aujourd'hui j'ai pas d'enfants, si j'en avais je sais que je ne reproduirai pas. Donc en fait, ce n'est pas une fatalité, mais il y a besoin aussi d'être aidé pour ne pas reproduire. En avoir conscience déjà que ce n'est
SPEAKER_01pas normal. Avec cet accompagnement à la fois, comme tu disais tout à l'heure, somatique et psychique, qui est absolument essentiel et qui fait défaut dans le secteur cruellement. Alors, on arrive presque à la fin de notre temps d'échange, mais d'abord, Céline, comment tu vois la suite
UNKNOWN?
SPEAKER_01Impact, aujourd'hui, son action, elle est sur quel territoire
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment est-ce que tu envisages cette
SPEAKER_02croissance
UNKNOWN?
SPEAKER_02Alors, j'envisage qu'Impact soit présent sur tout le territoire national et dans les territoires ultramarins. Actuellement, on est donc en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France, sur le pôle éducation. Et on est en train de développer le pôle santé en Nouvelle-Aquitaine, dans les Hauts-de-France, avec des discussions en cours avec la Meurthe-et-Moselle, avec le Grand Est, donc Nancy, Strasbourg, Grenoble, Marseille, Toulouse, Avignon. Enfin, voilà. L'idée, c'est d'aller vite, parce que les enfants ne peuvent pas attendre. Sur l'évolution de l'association, on est en train justement de discuter avec Sébastien sur la transformation en FRUP, donc Fondation Reconnue Utilité Publique, pour assurer que l'association ne va pas disparaître. Je nous souhaite que dans 10 ans, on soit toujours là, que peut-être dans 40 ans, on n'ait plus besoin d'être là. Mais en tout cas, c'est pour moi une grande... source de stress, alors ça Sébastien est bien au courant, mais c'est une angoisse très très importante parce qu'encore une fois vous savez les associations elles doivent lever des fonds, donc est-ce que j'arriverai suffisamment à lever des fonds pour être là en 2027 et en 2027 est-ce que je serai encore là en 2028 donc il y a quand même une très grosse incertitude dans le milieu associatif, donc en fait on a besoin de la mobilisation de tous pour pouvoir à la fois des entreprises mais aussi du public pour pouvoir
SPEAKER_00et puis je rajoute un truc qu'elle m'a dit qui elle va faire un peu mal. Mais quand elle me le dit, je me dis, attends, tu n'as pas le droit de lui dire ça. En plus, je vais vivre moins longtemps que les autres.
SPEAKER_02Ok, j'ai toujours le sourire et tout, mais j'ai une santé vraiment très pourrie. Déjà, à 18 ans, j'avais de l'ostéopénie. Il n'y a pas une dent dans ma bouche qui est une vraie dent. Simplement, parce que c'est aussi un sujet que j'avais, c'est que les enfants de la ZEU, on est des sans-dents. C'est-à-dire qu'en fait, l'état dentaire, l'état buccodentaire, c'est aussi le reflet des violences subies, des négligences subies. Et alors moi, je suis médecin. Vous voyez, il y a deux jours, j'ai encore une dent qu'on m'a enlevée avec un implant. Et j'avais le sourire. Et quand je suis sortie de là, j'ai appelé mon mari en pleurs dans la rue. Tout le monde me regardait en mode, mais qu'est-ce qui se passe
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que je me dis, mais on va me les enlever toutes jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus, en fait. Donc en fait, on a quand même, malgré le fait qu'on s'en soit bien sorti, une santé qui est altérée. Donc j'ai une urgence de faire, parce qu'il y a une urgence à faire avant de mourir. En plus, je fais de la médecine de la douleur et de la médecine palliative. Je connais la fragilité de la vie et je ne veux jamais me retrouver sur mon lit de mort en me disant, tu aurais pu faire ça pour ces enfants et tu ne l'as pas fait. Je ne procrastine pas. Je vis dans
SPEAKER_01l'urgence. Je rappellerai que ce podcast est centré sur les rencontres transformatrices. Là, je pense que pour le coup, on a fait la démonstration que cette rencontre rencontrer Céline, ça nous transforme de l'intérieur et je pense que ça a un impact
SPEAKER_00sur le long terme. Si vous saviez le mal que je me donne, je veux que tout le monde rencontre Céline. Donc on y va tous les deux, la conquête des uns et des autres. Elle a pris 15% de mon corps. Elle peut prendre 15% de tous les corps humains. Donc il y a de la place pour tout le monde.
UNKNOWNJe crois que c'est un beau message de conclusion. Merci beaucoup. Merci à tous les deux pour votre présence....