Voices4Philanthropy

Life Project 4 Youth - L'engagement au service de la jeunesse

Rothschild & Co - Anne-Sophie Eyméoud et Claire Kramme

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Dans cet épisode de Voices4Philanthropy, Laure Delaporte, co-fondatrice de l’association LP4Y – Life Project for Youth, revient sur la création de cette organisation dédiée à l’accompagnement des jeunes adultes les plus vulnérables vers l’intégration sociale et professionnelle, grâce à une pédagogie immersive et un fort ancrage terrain.

À ses côtés, Charles‑Henri Choël, Partner chez Astérion Ventures et bénévole engagé aux côtés de LP4, partage son expérience d’engagement comme coach aux Philippines. Il raconte ce choix de vie radical, partir plus d’un an avec sa famille, et l’impact durable de cette immersion.

Animé par Claire Kramme, Head of Philanthropy au sein du groupe Rothschild & Co, cet échange met en lumière une philanthropie incarnée, fondée sur l’engagement, la transmission et la collaboration avec les entreprises.

 

SPEAKER_02

On a rencontré une famille incroyable avec trois enfants qui étaient partis pour Fidesco, qui est un organisme d'envoi. Et on a trouvé cette famille très inspirante et les enfants en particulier très touchants. Il y avait un oreiller dans la maison et l'enfant est venu nous voir. Vous êtes les invités. L'oreiller pour vous. Je crois que l'enfant avait 8 ans ou 9 ans. Je me suis dit, les nôtres, ils disent pas ça. Quand il y a quelqu'un qui vient dormir à la maison. Et on s'est dit, un jour, ça serait chouette de faire un projet en famille comme ça avec nos enfants. C'était ça la source d'inspiration

SPEAKER_01

initiale. Alors on dit intégration sociale et professionnelle parce que quand vous êtes... sorti du système scolaire très tôt, quand vous avez été abusé, quand vous n'avez jamais même été à l'école, quand vous êtes analphabète, quand vous êtes sorti de prison, ou même en prison puisqu'on a deux programmes aujourd'hui en prison aux Philippines, c'est très difficile de s'intégrer professionnellement si vous n'êtes pas intégré socialement. En trois mois ou six mois, on peut espérer, pour un jeune qui vient de la grande exclusion, l'emmener vers l'intégration sociale et professionnelle. Ils ne se seraient peut-être jamais

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croisés, et pourtant. D'un côté, des entrepreneurs, des des familles décidées à donner plus de sens à leur réussite. De l'autre, des femmes et des hommes qui portent des projets d'intérêt général avec conviction et passion. C'est de leurs rencontres que naît Voices for Philanthropy, un podcast qui explore la philanthropie au-delà des chiffres et des apparences, l'on découvre des motivations profondes, des doutes parfois et des instants de bascule. Des rencontres transformatrices. Un podcast porté par Rothschild & Co. Bonjour et bienvenue dans Voices for Philanthropy, le podcast qui donne la parole à celles et ceux, entrepreneurs et porteurs de projets, qui transforment la société grâce à leur engagement au service d'une cause d'intérêt général. Je suis Claire Cram, responsable de la philanthropie chez Rothschild & Co, et j'ai la joie d'accueillir aujourd'hui deux entrepreneurs qui chacun à leur tour ont choisi de faire une pause pour l'un, de changer de vie pour l'autre. Charles-Henri Chohel, dit Charlie, partenaire depuis 2021 chez Asterion Vert, Un fonds d'investissement VC et l'or de la porte, fondatrice de l'association LP4Y, Life Project for Youth. Ensemble, nous allons parler voyage, immersion, spiritualité, prise de risque et entrepreneuriat. Charlie, Laure, bonjour et bienvenue. Alors je vais commencer par toi Charlie et te présenter rapidement. Tu démarres ta carrière professionnelle avec Paribas Asset Management en 1994. Rapidement, tu vas évoluer vers le monde de la FinTech. Tu entames un parcours à l'international. Tu passes 14 ans chez GL Trade, leader mondial des logiciels de trading électronique. J'ai bien évisé. Après plusieurs postes en Asie, tu poses tes valises en famille à Tel Aviv pour accompagner l'intellectualité. d'une start-up israélienne après une opération de rachat. Et en 2018, changement de cap, tu rentres à Paris et avec ton épouse, tu décides de partir aux Philippines avec vos quatre enfants pour une expérience singulière d'immersion aux côtés de LP4Y dans un bidonville à Manilla. Lors de Avant de cofonder LP4Y en 2009, tu diriges pendant 25 ans une entreprise familiale de communication et d'événementiel. En 2008, tu décides avec ton mari de partir faire le tour du monde en famille. 25 pays au compteur et au retour, l'un et l'autre vous ressentez comme un petit goût d'inachevé. Vous décidez de poursuivre le chemin entamé et vous repartez aux Philippines avec vos deux plus jeunes enfants avec l'idée d'y monter un projet au service de la jeunesse. Alors avant de parler de votre rencontre à tous les deux, j'aimerais revenir sur les moteurs respectifs de votre engagement pour cette cause qui vous lie, la formation et l'accès à l'emploi des jeunes adultes. Laure, peut-être est-ce que tu peux déjà nous raconter la genèse de LP4Y, les premiers pas, pourquoi ce pays plutôt qu'un autre après en avoir visité 25 et pourquoi la cause des jeunes adultes

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors merci Claire, déjà très bon résumé, c'est très sympa d'avoir toujours un un résumé un peu de sa vie. Alors, la jeunesse, c'est effectivement 25 ans de vie professionnelle passionnante. Moi, je travaille beaucoup dans le monde des cosmétiques, des laboratoires pharmaceutiques. Je le dis parce que ça fait un bon grand écart avec la vie que l'on a aujourd'hui. Et donc, effectivement, on part faire le tour du monde, sac au dos, et puis, avec trois de nos cinq enfants, et puis, effectivement, dans ce tour du monde, on rencontre des jeunes. Donc, pas des enfants, pas en des adultes alors ce qu'ont des jeunes adultes on va dire qui luttent qui survivent dans des pays dans les pays en développement qu'on a traversé et ça a fait comme un déclic on n'avait pas forcément l'idée avant de partir faire ce tour du monde de se dédier de se consacrer à ces jeunes mais voilà ça a été le ça a été le déclencheur et on est on est rentré en se disant ok on rassemble des amis nos familles on a des grandes familles nous nos anciens partenaires, et on leur propose de se mobiliser pour la cause de ces jeunes vulnérables, de ces jeunes adultes, 17-24 ans, les plus vulnérables dans le monde. Donc on est partis, on a choisi les Philippines, qui était un pays qui nous a paru peut-être le plus abordable. On parle pas mal anglais aux Philippines, donc plus facile peut-être que l'Inde pour démarrer, puisqu'on avait aussi traversé l'Inde et fait des rencontres magnifiques. Et du coup, voilà, on est arrivés avec nos valises, 20 kilos de valises chacun, et puis on s'est installé à proximité du lycée français à Manille, pour que les enfants puissent être scolarisés. Et puis voilà, on a démarré un premier programme avec des jeunes sortis de prison.

SPEAKER_00

Bravo, magnifique. Et toi Charlie, du coup, même chose. Alors, avant même de parler d'Help Before Wild, pourquoi cette cause des jeunes adultes

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Il y en a beaucoup d'autres, et plein d'autres occasions de s'engager, j'imagine, dans ton parcours de vie. Est-ce que tu peux nous en dire un peu

SPEAKER_02

plus

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Bonjour Claire, merci beaucoup de l'invitation, ravi d'être là. Pourquoi les jeunes et pourquoi l'épiphore

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est un petit peu long, mais ça a pris du temps. J'ai eu un éveil tardif, probablement un éveil progressif, une conscience de plus en plus forte de la chance d'être dans la famille dans laquelle je suis né. Par mon mariage avec Raphaël, qui est à l'initiative du projet, donc ce n'est pas moi, c'est ma femme, que je salue au passage. Et en voyage de noces à Madagascar, on a rencontré une famille incroyable avec trois enfants qui étaient partis pour Fidesco, qui est un organisme d'envoi. Et on a trouvé cette famille très inspirante et les enfants en particulier très touchants. Il y avait un oreiller dans la maison et l'enfant est venu nous voir. Il a dit, vous êtes les invités, l'oreiller est pour vous. Je crois que l'enfant avait 8 ans ou 9 ans. Je me suis dit, les nôtres ne disent pas ça quand il y a quelqu'un qui vient dormir à la maison. En l'occurrence, à l'époque, on n'avait pas encore d'enfants. Et on s'est dit, un jour, ça serait chouette de faire un projet en famille comme ça avec nos enfants. C'était ça la source d'inspiration initiale. Ensuite, tu as parlé de ma carrière, etc. Merci beaucoup. C'est un peu passé dans l'arrière de ma tête pendant quelques années. Et puis, c'est revenu progressivement. Au fur et à mesure de ma carrière, je me suis intéressé au mentoring des jeunes, au coaching des jeunes dans les entreprises. Et à Singapour, on a rencontré deux associations formidables aux Philippines, ANAC, TNK et LP4WAY, les plus jeunes et les jeunes adultes. Et quand on a voulu s'engager, j'étais plus à l'aise, moi, avec des gens jeunes adultes qu'avec des très petits. Et je pensais aussi que mon réseau professionnel pouvait plus aider LP4Way qu'Anak TNK. C'est comme ça qu'on a postulé un 25 décembre de Tel Aviv, après la messe de Noël, pour chez LP4Way.

SPEAKER_00

D'accord. Mais du coup, c'est quand même un grand saut. C'est-à-dire que tu pars pas pour passer une semaine avec tes enfants, tu décides de prendre tes valises, tu quittes un confort de vie réel, et tu te lances dans une aventure, c'est l'inconnu ce saut, comment est-ce que vous le préparez avec ta femme et qu'est-ce qui vous amène à passer

SPEAKER_02

ce cap

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Déjà ça m'a pris pas mal d'années avant de franchir le cap il y a beaucoup de jeunes qui partent à 26 ans, moi je suis parti à 48 ans donc déjà j'admire la maturité des jeunes qui ont en moyenne 26 ans chez LP4Y j'étais stressé j'avais beaucoup de projections que je me faisais de qu'est-ce que je vais faire après

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que les enfants vont tomber malades là-bas

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que je vais supporter la chaleur

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On en a parlé tout à l'heure. Il n'y a pas de climat on était. Est-ce que... Voilà, plein d'angoisse. Et en fait, ils ne se sont pas du tout... Ils se sont révélés complètement ridicules, à postériori, parce que quand on arrive là-bas et qu'on est au contact des jeunes, on oublie tout. Et donc, effectivement, on est passé d'un très grand appartement à Tel Aviv, avec la vue sur la mer, avec une grande terrasse, dans un, je ne sais pas, 35-40 mètres carrés... sans fenêtres, sans clim, avec des cafards à côté des bidonvilles, mais c'était pas du tout problématique. Ni pour nous, ni pour les enfants, qui n'avaient pas choisi de partir. Ils avaient 11 ans à l'époque, enfin 11, 6 et 18 mois. Mais par rapport à leurs amis, qui avaient encore des conditions plus dures que nous, nous on avait un frigidaire. Donc à l'école, finalement,

SPEAKER_00

ils se

SPEAKER_02

sentaient privilégiés. Alors qu'on était quand même un grand écart par rapport à l'expatriation. Finalement, ça s'est c'est beaucoup mieux passé. Toutes les peurs que j'avais étaient

SPEAKER_00

un peu bêbêtes. Lors de ton point de vue, voir débarquer des bénévoles comme Charlie et sa famille, sa cadeau, l'envie de changer le monde, est-ce que c'est une sollicitation classique chez LP4Y ou est-ce que c'est un cas un peu particulier

SPEAKER_01

de bénévolat

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

On est plutôt à 27-28 ans de moyenne d'âge, mais effectivement, les familles, on en a déjà eu, on en avait déjà eu avant Charlie et et leurs enfants mais mais c'est toujours hyper intéressant parce qu'on dit on dit souvent dans l'engagement que au delà d'un certain âge on a plus de mal à ceux à s'adapter et effectivement à avoir cette flexibilité bon ils ont été incroyables donc je le dis pas parce que je suis devant charlie mais ils ont été vraiment incroyable ils ont tous les deux fait une mission formidable ce qu'on n'a pas dit c'est que charlie il était coach et donc coach accompagné vingt enfin pas 24 24 mais presque 8 heures c'est c'est des heures professionnelles, 8 heures de travail avec des jeunes femmes, des bidonvilles de ton dos. Donc c'est vraiment un engagement incroyable. Et puis Raphaël, elle a managé en fait les Little Angel Academy. Donc ils ont tous les deux été vraiment au cœur du sujet et pas que avec des partenaires, etc. Vraiment, vraiment aux côtés des jeunes femmes. Très

SPEAKER_00

actif. Finalement, tu faisais des journées aussi longues que dans ta vie

SPEAKER_02

d'avant. Oui, et c'était peut-être un peu plus, et c'était pas du tout dur de se lever le matin. Parce que ça a commencé tôt, ça a commencé quand même à 7h ou à 8h. 8h, ça dépend. Il fallait être présent, il fallait se préparer avant, préparer les cours, préparer les trainings. Et donc ouais, c'était intense. Mais aucun problème pour se lever le

SPEAKER_00

matin. Ça c'est super. Et alors du coup, pour les auditeurs qui ne connaissent pas LP4Way, est-ce qu'on peut revenir un peu en arrière, avant de rentrer dans le détail de ce que Charlie et Raphaël ont pu mener sur le terrain, et que tu nous racontes finalement, qu'est-ce que fait l'association auprès de ces jeunes

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Quelle est son approche pédagogique originale

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment est-ce qu'elle les accompagne jusqu'à l'emploi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est un vaste sujet. Je vais essayer d'être concise. L'objectif, c'est vraiment d'accompagner ces jeunes adultes. 80% sont des jeunes femmes aujourd'hui, qui sont les plus vulnérables, avec des enfants très jeunes. On a privilégié toutes ces dernières années les jeunes femmes. Accompagner ces jeunes adultes, 17-24 ans, vers le monde professionnel. vers le monde décent. Alors on dit intégration sociale et professionnelle parce que quand vous êtes sorti du système scolaire très tôt, quand vous avez été abusé, quand vous avez jamais même été à l'école, quand vous êtes analphabète, quand vous êtes sorti de prison ou même en prison puisqu'on a deux programmes aujourd'hui en prison aux Philippines, c'est très difficile de s'intégrer professionnellement si vous n'êtes pas intégré socialement. Donc il y a quand même l'ambition du projet qui est de dire en six mois de suivi, d'accompagnement, alors c'est huit heures par jour, donc c'est très intense. Ou trois mois, puisqu'on a des formules de la pédagogie on accompagne des jeunes qui sont en milieu rural, ce qu'on appelle des green villages. À ce moment-là, ils sont en résidentiel, donc c'est un peu plus court, mais c'est encore plus intense. En trois mois ou six mois, on peut espérer, pour un jeune qui vient de la grande exclusion, l'emmener vers le monde de l'intégration sociale et professionnelle. Donc c'est quand même un enjeu important puisqu'en fait, on a dit, on va s'adresser aux plus exclus et aux plus pauvres. Donc, on va aller s'installer au cœur des bidonvilles. C'est ce qu'on a fait il y a 16 ans. Nous-mêmes, on a été coach au début. Voilà. Et donc, une pédagogie qui est vraiment ce qu'on appelle le learning by doing. Je vais employer parce que tout est en anglais. Learning by doing, c'est-à-dire plonger le jeune dans la réalité de ce que c'est la vie d'une entreprise. Et donc, il développe des petites entreprises, des micro-compagnies qui, au fil du temps ont évolué, mais aujourd'hui sont au service de leur communauté. Donc vraiment, plonger et beaucoup en développant les soft skills, beaucoup plus qu'apprendre un métier, parce qu'en fait les entreprises nous ont dit qu'elles, ce qu'elles voulaient, c'était pas un problème pour elles de former les jeunes à leur métier, en revanche ce qu'elles voulaient c'était des jeunes qui soient prêts à comprendre ce que c'était que le monde professionnel. Donc l'anglais, l'informatique, dans tous les centres, et puis effectivement toute cette learning by doing, il Ils vont expérimenter ce que c'est que le marketing, ce que c'est que la vente, ce que c'est que la comptabilité toute simple, ce que c'est que d'aller proposer un projet, d'aller mener un projet. Donc on dit qu'on est la business school des bidonvilles, je résume. Mais on aime bien cette expression parce que d'abord c'est valorisant pour des jeunes qui n'ont jamais été très peu dans l'éducation classique. Et surtout, on est vraiment plongé dans le monde professionnel. Et ensuite, il y a tout le rôle de l'écosystème autour, qui soutient cette pédagogie, les jeunes ont des contacts en permanence avec des entreprises, avec l'entourage, avec les institutions autour d'eux, avec ce qu'on appelle les barangays, les autorités des bidonvilles, pour créer ce lien social. Parce qu'autrement, ils sont complètement isolés. Aujourd'hui, cette pédagogie n'est pas déployée uniquement aux Philippines

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

13 pays au global mais effectivement avec 8 pays en Asie et au Moyen-Orient donc on a démarré, on parlait aux Philippines ensuite l'Indonésie, on a eu quelques 7 années au Vietnam on a quitté le Vietnam pour aller en Inde il y avait effectivement des besoins importants et le Vietnam c'était un tout petit peu compliqué à gérer avec le gouvernement mais donc il y a eu effectivement Philippines, Indonésie et ensuite Inde, Népal, Myanmar, Bangladesh donc ça c'est toute la partie Asie du Sud, Asie du Sud-Est et puis depuis 2020 le Liban et tout récemment l'Egypte. Donc ça ce sont des pays dans lesquels vraiment on est au cœur des zones de grande pauvreté à accompagner effectivement ces jeunes et puis on a des pays à la fois qui soutiennent et qui soutiennent l'activité du plaidoyer puisque depuis 2020 on est membre consultatif du Conseil économique et social des Nations Unies et qu'on pense qu'il y a un énorme travail à faire sur le plaidoyer pour expliquer que les jeunes les plus vulnérables sont une formidable chance pour le monde mais qu'il faut qu'on s'en occupe, il faut qu'on les accompagne. Et alors aujourd'hui on parle de combien de jeunes qui sont passés par LP4Y

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors j'ai regardé les chiffres avant de venir parce que ça change évidemment tous les jours on est à 10 775 jeunes à fin décembre. D'accord. Donc 10 000, alors c'est à la fois beaucoup et c'est à la fois rien c'est une goutte d'eau parce que dans les chiffres que je Je veux citer parce que c'est vraiment le sujet, c'est 1 milliard 200 millions de jeunes dans le monde qui ont entre 15 et 24 ans, 89% qui vivent dans les pays en développement et plus de 70% qui n'ont pas de travail décent. Donc je pense qu'on situe vraiment les choses quand on dit ça. C'est-à-dire que ça ne veut pas dire qu'ils ne travaillent pas, mais ça veut dire qu'ils ne peuvent pas subvenir à leurs besoins essentiels. Ils peuvent juste survivre ces jeunes-là. Et puis une jeune femme sur quatre n'est ni en emploi, ni en éducation, ni en training. Donc voilà, pour nous c'était un vrai sujet et on a intérêt à s'y mettre tous pour trouver des solutions.

SPEAKER_00

Et alors ces jeunes qui passent par la pédagogie LP4Y, dans quelle mesure ils accèdent à l'emploi puisque ça c'est ce que vous visez, donc vous les formez, vous développez les compétences transversales et derrière l'accès à l'emploi, est-ce qu'il est aussi facile que ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Quels sont les obstacles que vous rencontrez aujourd'hui

SPEAKER_01

chez ces jeunes

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

J'allais dire l'emploi est quand même, je ne vais pas dire que c'est des pays de plein emploi, mais les Philippines, l'Inde, le Népal sont des pays extrêmement dynamiques d'abord en termes de jeunesse et en termes de développement économique. Donc c'est vrai qu'on a souhaité développer ce modèle en se disant qu'on a plus de 70% aujourd'hui de jeunes qui sont intégrés avec succès et durablement dans le monde des 100. Donc c'est des super chiffres quand on voit d'où ces jeunes viennent. c'est vrai que c'est génial, et puis il y a des trajectoires incroyables. Donc, ils peuvent rentrer en entry-level job, enfin vraiment sur ce qu'on appelle des petits jobs, mais ils progressent extrêmement rapidement. Et moi, ce qui me fait le plus plaisir, c'est d'avoir des entreprises qui nous disent, les jeunes LP4A, ils sont top chez nous, et on en a embauché, on embauche, on embauche. Ça, c'est vraiment la meilleure preuve que ça marche. Et aujourd'hui, on a envie, évidemment, de

SPEAKER_00

multiplier cet impact. Et donc, toi, Charlie, tu as apporté ta pierre à l'édifice en jouant le rôle de coach pendant presque 15 mois. Ce qui nous intéresse, c'est de savoir comment ça se passait. C'était quoi ton quotidien

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que c'est quand même assez intriguant. Est-ce que tu peux nous raconter un peu ce que c'était qu'une journée type de Charlie à Manille, à cette période

SPEAKER_02

de défi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Avec plaisir, et ça me donne du frisson d'en parler. Donc, ça a commencé assez tôt. Il fallait accueillir les jeunes tous les matins. Moi, j'avais 17 jeunes femmes. Elles ne sont pas vraiment compte à la radio de l'exclusion. Elles sont vraiment très éloignées de l'emploi, très démunies. Il y en a qui ne sont pas allées à l'école. Il y en a qui partent vraiment de très loin. Et donc, mon job principal, c'était de leur donner confiance petit à petit. Tous les jours, de les mettre en confiance. Et on partait vraiment de très loin. Ils ne faisaient pas me regarder dans les yeux, me serrer la main. Enfin, les basiques, on va

SPEAKER_03

dire.

SPEAKER_02

Et donc... Tous les jours, c'était personnalisé pour les 17 personnes parce qu'en fait, ce n'est pas des badges. C'est-à-dire que tous les mois, il y en avait une ou deux qui arrivaient. Tous les mois, il y en avait une ou deux qui trouvaient un job. Donc, tous les mois, j'avais des nouvelles, entre guillemets. Et donc, il fallait accueillir les nouvelles grâce aux plus anciennes, aux managers. Et ce que disait Laure tout à l'heure, peut-être que c'était une journée marketing, peut-être que c'était une journée finance, peut-être que c'était une journée avec un peu d'informatique et d'anglais. On avait plein de ressources à notre disposition. On faisait un peu de sport aussi. Je créais le programme de la semaine en prenant les ressources disponibles par LP4A qui sont très pros. Et je disais, cette semaine, on va essayer de, avec la micro-entreprise qu'on gérait, on va essayer de faire une action de marketing ou une action de vente. On les mettait en situation. On avait des visites d'entreprise assez régulièrement. Donc, tiens, on va préparer la visite d'entreprise la semaine prochaine. Ou alors, on va préparer un entretien d'embauche. On va répéter un entretien d'embauche avec moi ou avec une manageuse. Tu vas t'entraîner. Quand tu te sentiras après tu viendras me voir chaque journée était très différente en fait il fallait personnaliser step by step un peu donc le live project plan et tous les jours j'essayais de trouver un petit truc un petit truc en plus pour les faire progresser donc tous les soirs quand je me couchais je me disais qu'est-ce que je peux faire demain pour chacune des 17 personnes pour la faire progresser un petit peu et c'est phénoménal en 6 ou 9 mois c'est absolument hallucinant et 100% ont trouvé un job à la sortie certains ont eu des trajectoires de incroyable. J'ai couper un peu les réseaux sociaux parce que d'abord, un, on est censé couper les liens avec eux. Au début. Au début, et laisser la place au coach qui arrive après, ce qui est super dur. Quand je suis parti, déjà, moi, je voulais renouveler. Je ne sais pas si je te l'ai dit, Laure, mais on est rentré plutôt pour les enfants. Et puis, Raphaël aussi avait l'impression d'avoir fait le tour de son job. Mais moi, je voulais... C'est

SPEAKER_01

impossible de partir. Je voulais

SPEAKER_02

rester. On t'attend quand tu veux. Tu peux revenir. Et de temps en temps, quand je suis un petit peu déprimé, je regarde la vidéo d'Au revoir qu'elles m'ont fait. Elles m'ont dit au revoir en me remerciant que J'ai pleuré toute la journée pour leur dire au revoir.

SPEAKER_00

C'était hyper dur. Et donc toi, pendant que tu étais coach, Raphaël, elle était aussi très occupée. Et en parcourant le site de l'association, on voit bien que ces jeunes femmes, un des grands obstacles de l'accès à l'emploi, c'est parfois la maternité. Et donc, vous avez lancé la Little Angel Academy. Est-ce que vous pouvez nous en dire tous les deux en mots

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et comment Raphaël, justement, a-t-elle contribué au développement

SPEAKER_04

de

SPEAKER_00

ce projet

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

projet-là. Je vais peut-être démarrer

SPEAKER_01

et puis tu vas raconter le quotidien de Raphaël. Ce qui est intéressant dans les Little, alors déjà le nom est super, Little Angel Academy, je trouve que c'est vraiment bien parce que ça montre bien qu'on est au-delà de la nurserie classique. Bon alors il y a effectivement ça va des bébés vraiment de la toute petite, vraiment des bébés dès que les mamans peuvent venir recommencer à se former jusqu'à pré-school, enfin jusqu'au moment ils peuvent rentrer à l'école. Et puis même on en accueille même des un peu plus grands, quand ils ont personne pour les récupérer après l'école, de temps en temps, ils viennent aussi un peu dans les Little Angel Academy. Mais vraiment, l'idée, le slogan de la Little Angel Academy, c'est des mamans formées, des enfants sauvés. Parce que si il n'y avait pas de Little Angel Academy, les enfants sont dans l'état d'ordure, puisque à Tondo, c'est sur des tris d'ordure, une décharge, donc il y a des scavengers, des chiffonniers qui trient toute la journée. Donc les enfants, ils traînent dans la boue dans toutes les ordures, etc. Ils ont du charbon jusqu'en haut de la tête parce qu'ils font du charbon à certains endroits, etc. Donc, c'est vraiment un endroit safe, secure. Bon, là, je te laisse. Vas-y,

SPEAKER_02

Charlie. Oui, et puis, on en a fait un petit paradis de s'en mettre des bidonvilles. Ce que Raphaël voulait faire, c'est pas parce qu'on est dans un bidonville qu'il ne faut pas que ce soit 5 étoiles. Elle disait souvent cette expression. Elle dit, je vais en faire un comme la meilleure nurserie du monde et on va l'appeler Little Angel Academy. Il faut qu'il y ait de la pédagogie, il faut qu'il y ait de la musique, Il faut que ce soit doux, il faut que ce soit propre, il faut que ce soit beau. Il faut que les mamans aient envie de confier leurs enfants, ce qui n'est pas facile. Il faut convaincre leur mère à elle et leur mari, souvent, ce qui n'est pas simple non plus. Et donc, il fallait en faire un endroit safe et beau et bien. Et contrôler les écrans, parce qu'aux Philippines, je crois que c'est le pays au monde ils regardent le plus les écrans. Dès les bébés dans les bidonvilles, on leur met un écran pour les occuper toute la journée, c'est dramatique. Donc, de la pédagogie pour former les nurses, qui sont souvent des anciennes, d'ailleurs, bénéficiaires d'Alpi Foray, qui deviennent responsables de l'académie. Et moi, j'adorais, pendant le déjeuner, parce qu'elle était à 100 mètres de mon centre, du centre de Tondeau, la nursery. Faire un petit break, aller voir les enfants, les prendre dans les bras, voir les sourires et revenir l'après-midi, continuer le training. C'était ma petite respiration de la journée. C'était trop mignon. Et je les connais bien, du coup, les petits. C'est vrai, c'était... Évoluer et grandir, c'est trop

SPEAKER_00

sympa. Une vraie communauté. Et donc, ça veut dire que toutes les jeunes femmes qui étaient mamans et qui étaient accompagnées par le programme Plus Formation avaient la possibilité de

SPEAKER_01

déposer

SPEAKER_00

leurs enfants.

SPEAKER_01

Exactement. Et venait aider aussi, puisqu'en fait il y avait un roulement, il y a des anciennes jeunes femmes qui animent, en fait, parce qu'elles veulent en faire leur métier, donc on les a aidées à se former, etc. Et d'ailleurs Raphaël avait pas mal travaillé là-dessus aussi, en les envoyant dans d'autres nurseries pour être formées. Et puis, les jeunes femmes qui se forment et qui ont des enfants s'alternent pour venir aider aussi et contribuer à l'éducation des enfants. Et ça fait partie aussi aujourd'hui maintenant des très qu'elles font, les jeunes mamans de Tondo, qu'elles font à la communauté. C'est-à-dire, elles font des trainings de nutrition, d'hygiène, d'éducation des enfants. Donc, elles se forment pour former à leur tour la communauté. Donc là, la Little Angel Academy est vraiment au cœur de ce sujet des jeunes femmes, des jeunes mamans qui, en fait, veulent travailler et en même temps gérer leur famille et leurs enfants.

SPEAKER_00

Oui, dans une vraie logique d'impact systémique.

SPEAKER_01

Exactement. Ce qui n'est pas forcément le cas de ces milieux pauvres, en fait, On n'a pas forcément ces réflexes-là. Et là, ça permet vraiment de combiner le travail et la vie professionnelle et leur vie de

SPEAKER_02

maman. Un vrai cercle

SPEAKER_00

vertueux. Et alors, si on vient sur les particularités d'LP4Y, peut-être avoir ton regard à toi, puisque tu disais, quand tu étais à Singapour, tu avais eu l'occasion de rencontrer d'autres associations. Qu'est-ce qui t'a le plus frappé, une fois sur place, dans la manière dont le modèle

SPEAKER_02

fonctionne

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Le modèle est original. Au début, ce qui m'avait surpris, c'est qu'il n'y avait que des bénévoles. Et je me suis dit, c'est bizarre qu'il n'y ait pas de salariés. Est-ce que ça marche, une asso sans salariés

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ça m'a pas mal trottiné dans la tête. Et je pense qu'il y a une des forces d'Alpi4Y, parce que justement, tout le monde étant bénévole, il n'y a pas d'enjeu de salaire, de carrière, de machin, de truc. Il n'y a pas de politique. Et en rentrant en France, j'ai travaillé dans une association il y avait beaucoup de politique, parce que c'était des salariés. Tu as fait les différences. J'ai bien vu les différences. Et l'autre, c'est le professionnalisme. Déjà, la formation. Je me suis dit, waouh, une formation comme ça, je me suis dit, je l'appelle la L'Oréal des ONG. Je ne sais pas si c'est une bonne expression, mais parce qu'ils sont bons en formation aussi chez L'Oréal. Et c'est très, très pro. Et tu disais, c'est le business school des bidonvilles. Moi, j'appelle ça le MBA des catalystes, des bénévoles, on l'appelle les catalystes, parce que c'est hyper formateur pour tous les bénévoles. On apprend la communication, la collaboration, la gestion du stress, des conflits, de plein de choses qui sont hyper utiles en entreprise et Dès que je vois quelqu'un qui est passé par LP4Y, je le recommande tout de suite à mon réseau professionnel. Je sais qu'ils ont toutes les soft skills pour travailler en entreprise. C'est le MBA de la vie. C'est moins cher que Harvard et on apprend peut-être plus de soft skills.

SPEAKER_01

On avait le projet de faire une académie. On aimerait bien un jour, je ne sais pas si on y arrivera, de pouvoir en tout cas former. Oui, c'est ça. On est organisation d'envoi du ministère des Affaires étrangères. On a la capacité d'envoyer, de former et d'envoyer, donc ça il faut le signaler parce que c'est le volontariat de solidarité internationale que promeut la France et c'est formidable parce que effectivement ça nous donne les moyens d'avoir des équipes et nous de pouvoir les former et l'idée étant de pouvoir former d'autres organisations, d'autres personnes qui partiraient avec d'autres organisations on a vraiment intérêt et avec cette notion de travail social mais surtout de connaissance du monde professionnel parce que c'est peut-être ça qui manque le plus aujourd'hui c'est d'avoir justement cette approche et ce discours avec les entreprises que les entreprises comprennent ça Charlie est encore mieux placé que moi pour le dire mais nous on vient aussi du monde corporate et du coup c'est ce qu'on a amené aussi je pense dans l'organisation et avec cette notion d'engagement et un peu de gratuité de dire on s'engage en mission parce que ça vaut le coup et parce qu'on va apprendre aussi beaucoup beaucoup coup de ces jeunes. C'est ça, je pense. Tu vas voir les livres que je t'ai apportés.

SPEAKER_00

J'ai les liens, mais ça fait de vous un modèle asiatique. Moi, je ne sais

SPEAKER_02

pas si j'étais dans un bidonville comme eux, si j'aurais eu la force de frapper chez LP4Y, d'avoir la motivation de bosser 8 heures par jour pendant 6 mois pour relever la tête. Je me suis posé la question, si j'étais au milieu du bidonville de Tando.

SPEAKER_01

Mais c'est toi qui vas les chercher

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Non, c'est nous, beaucoup, beaucoup les équipes LP4Y, parce qu'effectivement, ce que dit Charlie, c'est que faire confiance à une organisation qui arrive et qui dit, je vais, alors on nous soupçonne de prosélytisme, j'étais en Égypte l'autre jour et c'était trop drôle, on fait beaucoup de compagnies, de family visit, beaucoup de dès qu'un jeune en fait rejoint le centre, on va voir sa famille, on parle avec eux, etc. Et j'ai eu justement l'interrogation d'un des frères d'une des jeunes femmes, alors plus jeune qu'elle, mais qui dirigeait vraiment sa vie, et qui m'a dit, mais comment ça se fait que vous fassiez ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et même vous donner de l'argent aux jeunes, puisqu'en fait on donne du Life Project Money qui permet aux jeunes les plus pauvres de suivre le programme, autrement ils vont continuer à dealer, ils vont continuer à... or nous on donne on donne pour qu'ils apprennent à gérer leur budget et qu'ils apprennent aussi à pouvoir nourrir leurs enfants pendant qu'ils sont en formation etc et que la famille ne met pas la pression ça on le voit dans les livres que qui ont été écrits par les catalystes c'est à dire il ya des pressions aussi qu'ils sont mis sur les jeunes femmes quand il ya des factures à régler et c'est enfin ça

SPEAKER_02

donc la gestion de l'argent c'était quelque

SPEAKER_01

chose oui mais c'est un élément très très important parce que parce que quand on est dans la grande pauvreté, c'est juste comment je vais manger à midi, enfin comment je vais arriver à manger quelque chose à midi. Donc là, ça fait partie aussi complètement du projet de vie. C'est de s'entraîner à toutes ces composantes.

SPEAKER_00

Alors l'accès au projet, il est donc gratuit ou quasi gratuit pour les jeunes. C'est complètement gratuit. Idem pour la Angel Academy, j'imagine, qui est un service. Et donc, quel est votre modèle économique

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment est-ce que vous êtes financé aujourd'hui chez

SPEAKER_01

LP4W

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors c'est essentiellement des participations financières beaucoup d'entreprises je crois qu'on est à plus de 50% philanthropie et puis un petit peu institutionnel on n'a jamais été beaucoup avec l'institutionnel et j'allais dire

SPEAKER_00

heureusement tant mieux

SPEAKER_01

heureusement et surtout avec la volonté de diversifier absolument toutes nos sources de financement pour pouvoir être et surtout de construire avec les entreprises une vraie relation sur la durée parce qu'on pense que c'est Le sujet, il est d'intégration professionnelle. Si les entreprises ne se bougent pas, on ne réussira pas. Nous, on assure tout le travail de reprise de confiance, d'accompagnement, effectivement avec des skills basiques de l'anglais, de l'informatique, etc. Et puis des vraies attitudes professionnelles. Mais après, il faut que les entreprises prennent le

SPEAKER_02

relais. Il y a des entreprises formidables. Décathlon, par exemple, que j'ai envie de citer parce qu'il y en a et formidables je t'avais raconté l'anecdote quand j'étais rentré dans le Décathlon pour acheter des trucs et que avec mon polo LP4Y une jeune m'a reconnu en me disant ah tu es bénévole chez LP4Y alors que je ne la connaissais pas et qui m'a sauté dans les bras LP4Y m'a sauvé la vie je travaille maintenant chez Décathlon c'est des histoires

SPEAKER_00

incroyables ça c'est une des belles histoires et j'avais envie qu'on en partage peut-être quelques autres parce que vous l'avez dit à plusieurs reprises il y a des trajectoires exceptionnelles de ces jeunes sur 10 000 jeunes est-ce qu'il y a une ou deux histoires personnelles qui vous viennent à l'esprit et que vous voudriez partager alors c'est terrible parce que moi j'en ai une autre et c'est Décathlon aussi. C'est pas

SPEAKER_01

grave. J'en ai une de Sodexo sinon. Non, j'ai juste l'histoire de l'Irak qui m'a beaucoup touchée, parce qu'elle est très très récente. En fait, j'étais aux Philippines en novembre dernier, pile au moment des deux typhons qui ont touché les Philippines. Alors là, petit mot, parce qu'on est vraiment dans des choses terribles quand on y assiste et qu'on voit l'importance que ça a, l'impact que ça a sur des familles pauvres. Enfin, vraiment qui sont dans le plus grand dénuement. Et donc on y était et on va visiter effectivement des familles qui avaient été affectées par le typhon, qui avaient été en centre d'hébergement pendant la nuit et puis qu'on revoit dans l'endroit ils habitent, donc tout près de la mer, donc quelques planches qui ont été emportées par la mer, quelques tôles qui se sont cassées la figure et puis des mamans avec des enfants dans les bras et qui se disent comment je vais faire ce soir. Donc on a lancé quand même un fonds d'urgence juste après pour pouvoir vraiment être avoir les moyens de les aider et je fais cette visite avec Lyra une jeune femme de 23 ans et du coup je lui demande toujours un peu sa vie etc. et elle me raconte qu'elle est maman seule, célibataire que son mari violent elle l'a quittée il y a 6 ans donc au moment de la naissance de son fils et puis elle avait une petite fille de 2 ans à l'époque donc aujourd'hui 8 ans et 6 ans elle a rejoint LP4Y parce qu'elle survivait avec des petits jobs et puis qu'on lui a parlé d'LP4Y et Lyra elle terminait, elle était en job search et elle me dit et j'avais remarqué qu'elle refusait les sodas ou les boissons quand les autres buvaient leurs sodas elle disait non non l'eau est bien meilleure et puis j'ai découvert qu'elle adorait le sport et qu'elle était passionnée de sport et elle avait fait un premier entretien chez Decathlon et puis elle avait pas de réponse et elle était prête à prendre un job pas décent dans un petit club de sport du quartier et je lui dis mais attends si c'est ton rêve vas-y tu rappelles, tu... vas-y quoi tu fonces j'en parle avec sa coach qui me dit oui oui tout à fait machin et puis quand je suis rentrée des Philippines enfin je sais plus on était au Bangladesh à cette époque j'ai eu un petit message de la coach qui m'a dit ça y est Lyra elle s'occupe de elle est sales manager des cardio equipment je sais pas quoi à Passailles et je me suis dit bah ça y est elle est sortie d'affaire parce que c'est vraiment d'abord sa passion et puis voilà bon mais il y a d'autres histoires mais c'est vrai que j'avais l'histoire de Lyra et j'ai encore son regard de jeune femme archi courageuse et je me dis mais c'est formidable que des entreprises enfin voilà et cette cette force aussi de pouvoir accueillir former des jeunes qui n'ont pas forcément le même profil mais qui à mon avis c'est pas de la charité c'est à mon avis c'est juste formidable pour l'entreprise parce que parce que ça va donner une diversité justement dans l' approche des clients et je pense que c'est tout c'est du vrai win-win

SPEAKER_02

quoi maintenant en fait comme le critère de recrutement pour rentrer chez le pva c'est la motivation des jeunes uniquement c'est le seul critère Des gens qui sont motivés pour bosser 8 heures par jour pendant 6 mois, ils sont motivés en entreprise après.

SPEAKER_00

C'est un cadeau pour l'entreprise. C'est un cadeau pour l'entreprise. Oui, ça c'est sûr. Et alors si on se projette à 10 ans, LP4Wave dans 10 ans, c'est comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ça ressemble à quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, ton rêve

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Le rêve c'est d'aider évidemment le plus de jeunes. Aujourd'hui, la situation étant telle qu'elle est, on sait très bien qu'il faut qu'on soit hyper prudent et qu'on continue à proposer Promouvoir notre modèle économique, c'est-à-dire un modèle frugal, un modèle, j'aime bien la notion de robustesse aussi, c'est qui est très, dont on parle pas mal aujourd'hui, mais être effectivement ancré dans nos valeurs et pouvoir les partager autour de nous. Donc moi, pour moi, les dix prochaines années, c'est de la co-construction avec d'autres organisations qui travaillent aussi pour les jeunes. Là, il faut vraiment qu'on décloisonne. On le voit beaucoup d'ailleurs avec pas mal de fondations d'entreprises aujourd'hui qui... qui cherchent, qui aident des organisations, mais qui les font parler entre elles, qui organisent des... Je pense que ça, c'est un vrai élément super important. Et puis, pour moi, dans les dix ans qui viennent, c'est... Donc, nous, déjà, on a un peu d'âge, on a pris un peu d'âge, là, depuis ces seize ans, on a toujours envie d'y aller, mais c'est surtout la voix aux jeunes, quoi. Donc, on dit que LP4Y, c'est Youth-led organization, made by the youth, with the youth for the youth. Mais en gros, c'est ça. C'est que ce mouvement continue, perdure avec ses valeurs et par contre, en s'ouvrant énormément pour multiplier l'impact. Mais on a besoin pour ça des entreprises et de l'engagement de tous. Je crois que le mot de clé, c'est l'engagement. Encore plus de catalystes. Encore plus d'entreprises engagées.

SPEAKER_00

Encore plus de... Et justement, pour attirer davantage de catalystes via ce podcast et tout ceux qui nous écoutent, tu nous dirais, toi, ce que ça a changé dans ta vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Le regard sur toi, déjà, et puis ta famille aussi, puisque forcément, ça vous a transformé. 15 mois, c'est long dans une

SPEAKER_02

vie. Et 15 mois dans les bidonvilles, c'est beaucoup plus long que 15 mois, je pense. C'est vrai que je témoigne de temps en temps avec les scouts ou de certains... Avec Raphaël, on adore témoigner de notre expérience, de la partager. Parfois, des parents qui ont des doutes, je les prends au téléphone pour les rassurer sur le fait que leurs enfants peuvent partir. Je le fais deux ou trois fois. Comme je le disais tout à l'heure, je pense que c'est vraiment un cadeau de partir un an ou plus chez Elpifroy. Alexia, qu'on a un peu mentorée tous les deux, qui a pas six ans, bénévole six ans, et qu'on est en train

SPEAKER_01

d'aider à trouver un job. C'est elle, elle a trouvé son job, et puis elle est vice-présidente de l'Alliance. Il y a des bénévoles qui

SPEAKER_02

partent six ans. Nous, on est partis 15 mois, mais il y en a qui partent six ans. Il y en a Je

SPEAKER_00

pars de 16

SPEAKER_02

ans. Là, c'est plus que transformateur. Déjà, nous, on a été marqués à vie. C'est d'ailleurs le titre d'un des trois bouquins sur Elpifroy. Moi, ça a renforcé mon cheminement vers le give-back, comme on dit un peu aujourd'hui. Je dédie, par exemple, mes vendredis après-midi aux jeunes à Paris qui sont en recherche d'emploi ou qui m'appellent. Tous les vendredis après-midi, c'est ma demi-journée give-back. Je mentor des jeunes d'Elpifroy qui rentrent pour essayer de les aider avec mon réseau à trouver un job comme Alexia. Et voilà, donc j'essaie d'aider à la manière des jeunes, tout en ayant un travail très prenant avec Asterion, qui est un fonds d'investissement à impact, qui aide les entrepreneurs à réparer le monde. Donc c'est un job qui a du sens, que j'ai trouvé probablement grâce à LP4Web, parce que c'est un bon mélange de mon expertise professionnelle et de ma volonté de donner du sens à ce que je fais maintenant. Et puis sinon pour les enfants, elle nous a dit pour son anniversaire des 17 ans. C'est génial. Je ne veux pas de cadeau, j'ai tout ce qu'il me faut. Je voudrais faire un

SPEAKER_01

don à elle pour l'envoyer. Formidable. Voilà. Donc, elle s'appelle comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est Pénélope. C'est Pénélope. Parce que pour le coup, elle était très jeune. Elle avait 11

SPEAKER_02

ans. Quand elle est partie, elle avait 13 ans. Mais elle adorait venir dans les centres. Elle adorait rencontrer les jeunes. Elle a bien adhéré à la Pénélope. Elle était très... Et même, elle n'avait pas peur d'aller dans les bidons vides avec moi. Certains de mes enfants étaient un peu effrayés. C'est effrayant quand même, il faut le dire. Quand on a Les amis qui sont venus, ils ont été effrayés. Moi, je n'avais aucun problème, évidemment. Et Pénélope, ça dépend des enfants. Et puis la petite dernière, je ne sais pas si c'est à cause des Philippines, elle chante, elle danse tout le temps. Parce qu'elle avait une nounou, elle avait 18 mois, donc qui lui chantait et dansait tout le temps. Elle danse avec des musiques philippines. Moi, je danse avec elle 10 minutes tous les soirs ou le week-end avec la musique philippine. C'est notre truc, on fait notre

SPEAKER_00

choré. Ça fait au moins deux futurs catalystes. Mais on en a, les enfants des catalystes. Je pense qu'il y en aura au moins des quatre qui reparlent. On leur a même fait

SPEAKER_01

des petits polos. Il y

SPEAKER_00

a une vraie stratégie de

SPEAKER_01

transmission. Transmission est un très beau mot parce que, effectivement, moi, je pense que c'est un des éléments vraiment importants. Et puis, je voulais juste signaler, quand on parlait de l'engagement et donc, effectivement, l'illustration de tout ce qu'on a dit, 2026, c'est l'année internationale, ça a été déclaré par les Nations Unies, l'année internationale du volontariat pour le développement durable et l'atteinte des objectifs du développement durable. des ODD, mais donc c'est très important parce que nous c'est une prise de position qu'on a prise il y a 16 ans en disant volontariat, engagement, etc. qui n'a pas été compris forcément par pas mal d'organisations en disant comment on peut faire du professionnel avec des volontaires et c'est vrai que ça commence, alors au début on a dit bah oui on va essayer puis on va voir mais au bout de 16 ans on peut quand même de reconnaître que ça marche et qu'il y a même des résultats exceptionnels et que les personnes qui terminent leur mission continuent à faire le bien commun et c'est formidable en termes de multiplication d'impact et je pense que c'est plus fort peut-être que d'avoir un job salarié dans ces missions-là. Complémentaire en

SPEAKER_02

tout cas. Complémentaire. Je ne sais pas si c'est 96 ou 97% des dons mais la vaste majorité des dons va vers les jeunes,

SPEAKER_00

je crois que c'est 97. 90. Il y a peu d'associations

SPEAKER_02

Il y a peu d'associations qui peuvent se targuer d'être à plus de 90. Parce qu'il y a beaucoup de pubs, de coms, de machins.

SPEAKER_00

Alors que là, ça va vraiment vers les jeunes. Charles-Henri Chohel, L'Or de la Porte, merci pour ce témoignage sur Help Before Why, un mouvement il y a 16 ans, qui embarque chaque année 140 catalystes, a touché depuis ses débuts plus de 10 700 jeunes qui, grâce à vous, ont pu accéder à l'emploi à hauteur de 70%. Et c'est un total de plus de 150 000 personnes qui ont été impactées par votre travail.

UNKNOWN

Merci à vous deux et à bientôt.