ALPHA - zesumme wuessen

#4 ALPHA dans les écoles pilotes

Season 1 Episode 4

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0:00 | 18:11

Dans ce 4e épisode, nous nous rendons dans une des quatre écoles pilotes qui a mis en place ALPHA – zesumme wuessen dès la rentrée 2022/2023, l’école Deich à Dudelange. Nous recueillons les témoignages de deux enseignantes du cycle 2 et observons les élèves en classe.

SPEAKER_01

Et le papa qui me fait, mais c'est énorme ce que vous faites avec mon fils. Il sait lire, il comprend ce qu'il est en train de lire. Moi, je comprends ce qu'il est en train de faire. Pour la première fois, je peux aider mes enfants parce qu'avant, je ne pouvais pas. Et donc, ce papa, il était vraiment fasciné.

SPEAKER_00

Dans

SPEAKER_02

cet épisode, nous rencontrons Manon et Marisa, deux enseignantes de l'école fondamentale Bonjour,

SPEAKER_04

je m'appelle Manon, je travaille dans les écoles de Dudelange depuis 13 années. J'ai déjà alphabétisé cinq classes et je suis maman d'une fille au précoce qui est élevée elle aussi avec deux langues.

SPEAKER_01

Bonjour, moi je m'appelle Marisa et comme maintenant moi aussi j'ai plus de dix ans d'expérience au cycle 2 donc j'ai déjà alphabétisé en allemand plusieurs classes et c'est la première classe que j'alphabétise en français. Moi aussi mes enfants j'en ai deux et ils sont élevés même en trois langues. Actuellement, vous êtes toutes les

SPEAKER_02

deux enseignantes au cycle 2, n'est-ce

SPEAKER_04

pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Oui. On a deux classes avec des enfants qui sont alphabétisés en allemand et en français. Et pendant les cours de langue et pendant les cours de mathématiques, les enfants qui sont alphabétisés en français vont chez Marisa et les enfants qui sont alphabétisés en allemand

SPEAKER_02

viennent chez moi. Qu'est-ce que c'est votre constat en tant qu'enseignant sur leurs résultats et sur leur attitude en classe

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Dans le groupe Alphabetisation en français, ce que j'ai remarqué dès le début, c'est le fait qu'ils comprennent plus ce que je dis, parce qu'en allemand, je disais toujours que souvent c'était un monologue et là, ils me répondent, ils s'impliquent, ils veulent parler, ils veulent tout le temps travailler et aussi pour la lecture. J'étais impressionnée par le fait qu'on va dire il y a un an, quand ils étaient en 2.1, j'avais déjà des élèves qui arrivaient à lire des petites histoires, avec des sons simples à ce moment-là, et il les lisait, il les comprenait. Finalement, ce que j'ai souvent vécu c'est qu'ils savaient lire mais souvent ils ne comprenaient pas ce qu'ils étaient en train de lire et j'ai eu une classe en ce moment j'ai une classe qui adore lire donc dès qu'ils ont rien, pas rien à faire mais dès qu'ils ont terminé leur travail ils me demandent est-ce que je peux lire vraiment ils sont fascinés par la lecture j'ai jamais eu cet impact de la lecture avant ça les motive à eux et même à moi Voilà, de donner cours en français, c'est vraiment... C'était justement

SPEAKER_02

la question suivante, c'est qu'est-ce que ça change pour vous en tant qu'enseignante

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je dois dire que j'étais un peu... Comment dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Avant, pour l'allemand, ici, surtout dans cette écosse-ci, c'était toujours, comme je disais, il y a un monologue. On a l'impression qu'il n'y a pas d'interaction entre les élèves et moi. Et là, c'est complètement différent. Là, ils sont motivés. Ils veulent apprendre. Ils posent mille questions. Ils parlent tout le temps, même s'ils disent encore des mots ou des phrases en luxembourgeois. Ce n'est pas grave, mais ils veulent parler. Ils Ils n'ont pas peur de parler et même ils viennent une heure par semaine chez

SPEAKER_04

Manon. J'ai un ajout à faire. Donc moi, je fais l'allemand avec les deux classes. On s'est décidé que c'est Marisa qui s'occupe du français et moi de l'allemand. Et ces élèves français viennent une fois par semaine pour une heure chez moi pour l'allemand. Ils rentrent dans ma classe, ils me disent « Guten Morgen » en allemand dès le début et… Ils sont très, très motivés. Ils n'ont pas peur du tout de l'allemand. Ils veulent apprendre l'allemand. Ils font vraiment tous des

SPEAKER_01

efforts. Je pense aussi au fait que le programme de deuxième langue qu'on a en français est vraiment bien structuré, avec beaucoup de chansons, avec beaucoup d'oral. La même chose pour maintenant, le support en allemand. Comme la deuxième langue est apprise par l'oral, par les chansons, par les jeux, ça les motive encore plus d'apprendre cette deuxième langue. Et je pense aussi une grande différence c'est que les bases de la première langue elles sont mieux construites déjà qu'avant. Et donc, ça leur donne envie d'apprendre une deuxième langue parce qu'ils peuvent plus facilement faire le transfert de cette langue d'alphabétisation à la deuxième langue qu'ils sont en train d'apprendre. Pour mon groupe et aussi pour le groupe de Manon,

SPEAKER_04

c'est... Et ça leur donne de la sécurité à l'école. Ils se sentent à l'aise pour apprendre. Donc, ils se sentent aussi plus à l'aise pour apprendre une deuxième langue. Oui, peut-être que tu peux raconter ce que Zinap t'a dit le vendredi. OK. Vendredi après-midi, on a fait du bricolage et j'ai fait du bricolage avec une élève. À un moment donné, elle me regarde, elle me dit « C'est la meilleure école du monde parce qu'on ne fait que des activités. Il ne faut pas travailler, on ne fait que des activités. » Donc là, on remarque bien qu'elle était très à l'aise et qu'elle est à l'aise parce qu'elle peut faire l'alphabétisation en français et elle aime apprendre.

SPEAKER_01

Et elle t'a même dit que ce n'est pas que dans les bricolages qu'on fait des activités, mais c'est partout. Oui. Elle dit que pour lire, pour les mathématiques, on ne fait que des activités. C'est très chouette d'apprendre. Ça nous marque aussi en tant qu'enseignante.

SPEAKER_02

Nous retrouvons la classe au début de la journée dans le groupe d'alphabétisation en français. Le cours commence par le calendrier.

SPEAKER_03

Aujourd'hui,

SPEAKER_01

nous sommes lundi le 17 novembre 2025. Si aujourd'hui, nous sommes lundi, alors demain, ce sera mardi. Aujourd'hui, nous sommes Au

SPEAKER_02

même moment le groupe d'alphabétisation en allemand commence les mêmes activités.

SPEAKER_04

Nous

SPEAKER_03

disons que nous sommes tous

SPEAKER_04

ensemble. Aujourd'hui est lundi 17

SPEAKER_03

novembre 2025.

SPEAKER_04

Qu'est-ce que c'est

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Nous avons 200,

SPEAKER_03

200 et 70. Non, 70.

SPEAKER_04

C'est

SPEAKER_03

la suite, c'est la suite.

SPEAKER_04

Nous

SPEAKER_02

retrouvons Manon et Marisa pour qu'elles nous partagent leur expérience en tant qu'enseignantes des écoles pilotes. Et donc, il y a trois ans, vous faisiez partie des pionniers de l'alphabétisation en français dans le pays. Quel était votre sentiment général avant

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'était l'espoir, la curiosité, le

SPEAKER_01

doute. Quand Madame Vanol s'est venue ici à l'école pour nous présenter le projet... Moi, j'étais tout de suite partante parce que moi-même, je viens d'une famille portugaise. Je suis arrivée ici avec presque sept ans et donc j'ai apprendre toutes les langues. Et ça m'a toujours intéressée de savoir comment moi, j'ai arrivé à les apprendre. prendre. Et donc, moi, je trouve que le fait de pouvoir apprendre en français comme première langue, ça va faciliter l'entrée dans l'écrit, dans la lecture pour certains enfants. Et aussi, j'avais de l'espoir à ce moment-là de, si on arrive à faire sortir un ou deux enfants qui ont un échec que à cause de l'allemand, c'est déjà un ou deux enfants par an de plus qu'on arrive à changer de voie à l'école parce que souvent il y a des enfants qui ne réussissent pas l'école au Luxembourg qu'à cause de l'allemand. Et donc je pense qu'on arrive quand même à changer la vie de certains enfants. Pour

SPEAKER_04

moi, c'était vraiment l'espoir de pouvoir donner du sens aux apprentissages des enfants. Parce que je voyais avec les enfants d'origine portugaise, par exemple, qui devaient apprendre à lire en allemand, d'abord, ils devaient apprendre les mots en allemand pour pouvoir apprendre les lettres. Et dans ma tête, à un moment donné, ça n'a pas fait beaucoup de sens pour eux, comme ils doivent apprendre que ce soit « o », mais ils ne connaissent même pas le mot « orden », ça ne fait pas de sens pour eux. Et donc j'avais vraiment l'espoir qu'ils voient du sens dans leurs apprentissages et qu'ils auront des aides adaptées.

SPEAKER_02

Opter pour l'alphabétisation en allemand ou en français, c'est le choix des parents. Comment les premiers parents ont-ils réagi à la proposition de cette alternative

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce qu'ils ont suivi les recommandations des enseignants

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors pour la première année, donc Donc, on a eu beaucoup de parents qui ne voulaient pas que leur enfant soit alphabétisé en français. Ce que je trouve que c'est normal parce que c'est nouveau. C'est la peur de ce qui vient après. Pour la deuxième année, donc la classe que nous, on a maintenant, on a eu déjà un changement dans l'esprit des parents parce qu'on a eu beaucoup de parents de la première année qui ont discuté avec les parents de la deuxième année. Et donc, ils ont vu, ah oui, mais ça fonctionne. Ils apprennent bien. On a un suivi. Donc, pourquoi pas, nous aussi, on va essayer. Et cette année, on a eu l'inverse. Donc, on a beaucoup plus d'enfants alphabétisés en français qu'en allemand. Je ne sais pas si ça vous intéresse un peu des chiffres, mais la première année, on avait une vingtaine d'élèves en allemand et que dix en français. L'année passée, donc, notre classe, on avait 13 en français et 14 en allemand. Et cette année, on a une vingtaine d'élèves en français et que 10 en allemand. Donc c'est complètement l'inverse d'il y a 3 ans quand les premiers sont entrés au cycle 2-1. Et pour rester

SPEAKER_02

sur la relation avec les parents, est-ce que vous, vous voyez un changement dans votre relation avec les parents des élèves

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et est-ce que vous voyez aussi peut-être un suivi plus fort des parents dans la scolarisation de leur enfant, quand avant ils ne le pouvaient pas forcément

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, moi, ce que j'ai remarqué depuis le début, c'est des parents dont j'ai eu des frères ou sœurs avant, qui, surtout un élève qui m'a beaucoup marquée, j'avais sa sœur il y a 4 ans maintenant. Et elle avait beaucoup de difficultés en allemand. Et c'était vraiment... La maman, elle travaillait avec l'enfant à la maison. Ils avaient de l'aide. Ils travaillaient vraiment beaucoup. Mais l'allemand, c'était vraiment une langue très, très difficile pour cet élève. Maintenant, j'ai le petit frère. Et le français, c'est un de mes meilleurs lecteurs. Il comprend tout. Il parle. Il discute avec moi. Et donc, le papa, il est venu la première fois l'année passée au bilan parce qu'avant c'était que la maman et le papa qui me fait mais c'est énorme ce que vous faites avec mon fils il sait lire il comprend ce qu'il est en train de lire moi je comprends ce qu'il est en train de faire pour la première fois je peux aider mes enfants parce qu'avant je ne pouvais pas parce qu'il ne parle pas l'allemand il ne parle pas le luxembourgeois et donc ce papa il était vraiment fasciné par le fait qu'il voit une évolution de semaine en semaine de son enfant quelque chose qu'il a un peu raté pour le premier et donc c'est vraiment ce suivi ces parents qui sont fiers de pouvoir aider qui sont fiers de voir que leurs enfants y réussissent donc ça c'est vraiment un grand changement à ce niveau-là

SPEAKER_02

Alors

SPEAKER_01

un point

SPEAKER_02

pour ce que vous nous avez expliqué tout à l'heure donc vous avez chacune une classe dans laquelle il y a deux groupes d'alphabétisation qu'est-ce que vous constatez sur l'unité de la classe

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On peut constater

SPEAKER_04

que les deux groupes ne se voient pas comme deux groupes. Ils ne se voient pas comme deux classes, mais comme un seul groupe. Comme les enfants sont une fois dans le groupe alphabétisation, une fois dans le groupe classe, et on fait encore d'autres groupes pour certaines activités, ils se connaissent tous et... Il n'y a pas de séparation entre les classes ou les groupes d'alphabétisation.

SPEAKER_01

Et le fait que nous aussi, on connaît tous les enfants parce que ça fait quatre ans maintenant qu'on travaille ensemble. Depuis toujours, on a fait beaucoup d'activités ensemble. Mais là, c'est encore différent parce qu'on doit évaluer. Moi, je dois évaluer ces élèves en langue 2. C'est aussi beaucoup plus facile quand on a des élèves en difficulté d'en discuter entre nous aussi. Et qu'est-ce que vous constatez sur la

SPEAKER_04

place du luxembourgeois

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Le luxembourgeois est en fait devenu beaucoup plus important parce que c'est maintenant officiellement la langue des matières secondaires et les enfants parlent aussi beaucoup plus le luxembourgeois entre eux. Quels que

SPEAKER_01

soient les groupes. Oui. Aussi parce que je pense qu'ils savent que les uns apprennent en allemand, les autres en français. Donc leur langue en commun, c'est le luxembourgeois. Donc on le remarque surtout en sciences. Quand on a le groupe mixte, parce que science c'est en groupe mixte, ils discutent en luxembourgeois entre eux pour trouver les réponses, aussi pour donner leurs avis, c'est plutôt en luxembourgeois.

SPEAKER_04

Et comme c'est maintenant la langue officielle, la langue véhiculaire des matières secondaires, je trouve que la langue est aussi beaucoup plus valorisée.

SPEAKER_02

Comme expliqué par les enseignantes, le cours de vie et société est donné en luxembourgeois. Nous retrouvons la classe de Manon. Les élèves à alphabétisés en français et ceux alphabétisés en allemand, se retrouvent pendant le

SPEAKER_04

cours.

UNKNOWN

...

SPEAKER_03

Je peux très bien m'entraîner et je

SPEAKER_04

peux très bien jouer à

SPEAKER_03

la brosse. Je peux très bien jouer aux petits et je peux très bien se coucher. Je peux très bien râmer. Je peux très bien râmer. Je peux très bien râmer. Je dois

SPEAKER_04

toujours être seule. Parce que tu

SPEAKER_03

peux faire ça si bien. Non, parce qu'il y a plein de choses.

UNKNOWN

Je ne rêve pas.

SPEAKER_01

Marisa, un petit mot de conclusion

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je pense que souvent, en dehors des écoles, on oublie que c'est pour les enfants qu'on le fait. Ce n'est pas seulement politique, est-ce qu'on peut alphabétiser ou pas en français. On va dire que le français, c'est aussi une langue officielle du pays. Donc, on n'oublie pas l'allemand. L'allemand est toujours là, mais... Il ne faut pas oublier qu'alphabétiser, comme M. Luc Weiss le dit souvent, ce n'est pas apprendre une langue, c'est apprendre des stratégies pour lire et pour écrire. Donc si l'enfant apprend des stratégies et qu'il sait les investir, il va aussi savoir les investir dans une autre langue. Ce que

SPEAKER_04

je peux encore constater, c'est que quand on parle avec les autres gens en dehors des écoles, beaucoup de monde a encore peur de l'alphabétisation en français parce qu'ils ont peur que les autres langues ne sont plus autant valorisées. Mais quand on parle avec les gens et quand on les informe, ils comprennent quand même mieux la situation et ils sont contents d'entendre les

SPEAKER_02

vécus.

SPEAKER_01

Merci beaucoup.

SPEAKER_02

Merci. Dans le prochain épisode, nous allons voir comment le ministère a développé le matériel pédagogique et accompagné les enseignants pour Alpha

SPEAKER_00

2.0. Edutalk, podcast pour ministères et Éducation, Canard et Jugend.