Podcast Nouvelle Mission
Au podcast Nouvelle Mission, les militaires et vétérans sont à l'honneur.
Partez ainsi à la découvertes d’anciens militaires qui viennent nous parler de leur carrière. Les parcours présentés ici sont inspirants, remplis de défis, de résilience et de passion. Ils ont osé changer de cap pour bâtir une deuxième carrière inspirante, ou encore ils se permettent enfin de vivre selon leurs propres termes après tant d'années de sacrifice.
Parce qu’après l’uniforme, il y a encore beaucoup à accomplir.
Pour les militaires en transition, les curieux du monde civil-militaire ou ceux en quête d’inspiration : bienvenue dans Nouvelle Mission.
Podcast Nouvelle Mission
Épisode 6 - Gary Calvé
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Une belle discussion avec Gary au Podcast Nouvelle Mission. Vétéran de l'Afghanistan, il a eu amplement le nez dans le traffic avec son équipe de G12.
Il discute avec nous de sa belle carrière, durant laquelle il passe de l'Artillerie à Technicien en imagerie. De ses déploiement dans l'armée de terre aux tours de CF-18 dans l'aviation, Gary semble avoir savouré chaque moment de son service.
Il tourne ainsi la page en gardant avec lui la photographie qu'il continue de pratiquer. Impliqué dans le programme de football de ses fils, il donne au suivant, riche de son expérience militaire.
Merci d'être venu nous voir!
Générique
SPEAKER_03Bonjour tout le monde, bienvenue dans un autre épisode du podcast Deuxième Service. Salut mon fils! Ça va bien? Oui, super! On est très heureux cette semaine d'accueillir Gary Calvé, un autre chum, un ancien artillard qui a un parcours super intéressant et on a hâte de vous le présenter.
SPEAKER_00Yes, salut mon Gary, comment ça va? Salut, boy, je suis content
SPEAKER_03d'être avec toi aujourd'hui. Yes, merci de ta présence. Puis dans le fond, Gary, on t'a parlé rapidement hors-onde. Oui. Off the record. Non, mais la structure un peu qu'on essaie d'implanter. Donc, en gros, on commence toujours par la même chose, c'est que tu nous racontes un peu ta carrière militaire. Pourquoi t'as décidé de rentrer, t'avais quel âge, comment ça s'est passé. Puis on y va de même, puis nous autres, on rebondit sur la conversation, puis on essaie d'amener ça. On s'amuse. Puis on s'amuse. Parfait, on va s'amuser. Ce
SPEAKER_00n'est pas compliqué. Faites comme tout le monde. Je suis rentré en 2001, un peu avant le 9 septembre. Je suis rentré au mois d'avril. J'ai fait mes recrues à Saint-Jean comme un peu tout le monde. Au début, je suis rentré, j'étais ingénieur de combat. Tu dis, je vais rentrer dans
SPEAKER_03n'importe quoi. Avec le recruteur qui dit, tu changeras une métier, ça changera ça rendu
SPEAKER_02à Saint-Jean. À date, Tout
SPEAKER_00le monde est rentré dans quelque chose qu'ils n'ont pas suivi. Ils ont tout changé au fil du coin. Mon deux premières, c'était de m'en aller blindé. Moi, toute ma jeunesse, j'ai été dans les cadets. J'ai fait de 12 ans à 18 ans, j'étais dans les cadets. J'étais déjà...
SPEAKER_03Quel élément, les
SPEAKER_00cadets? L'élément de terre. J'étais avec les logistiques au manège militaire Saint-Malo, pas loin d'ici, d'ailleurs. J'ai fait mes cadets là. Après ça, c'était juste une suite logique que je m'en allais dans l'armée. Pas que je n'étais pas bon à l'école, mais mettons qu'on était il n'y a pas tant de conseillers dans le temps. Surtout que tu allais voir le conseiller d'orientation, tu te disais, j'aimerais peut-être ça, rentrer dans un parfait next. Il te donnait le petit papier et signe fort. Le
SPEAKER_03contexte de l'emploi, fin des années 90, début 2000, ce n'était pas le même non plus qu'on
SPEAKER_02a eu dans les dernières années. Vous avez-vous vécu les petites cassettes qu'on écoutait un film? Oui, moi, c'était un
SPEAKER_03VHS avec un caporal à moustache en avant d'un canon. Je me
SPEAKER_00disais, mais what is that? En combat vert. En combat vert. C'est ça. Quand je rentrais à Saint-Jean, comme ingénieur de combo tu commences à apprendre un peu c'est quoi le pattern de ce qu'ils vont faire après il s'en allait à Gage Town pis il y avait pas de cours fait qu'on savait pas quand est-ce que mon cours allait commencer pis j'ai dit ça me tente tu peux pas passer un an un an et demi à Gage Town c'est ça que les gars ils ont fait au final des chocs de Pat Platoon dans les chambres à 6 à te faire traîner comme une poubelle tout le temps ah non non non fait que là il fait la procédure à Saint-Jean mon adjudant de cours c'est un artilleur fait que là il dit pourquoi tu veux t'en aller blindé c'est de la merde blindé t'as vrai t'en as d'artillage. C'était qui ton agent de course? C'était Laplante, je me sens. T'as un petit pot de cheveux. Il parlait un petit peu du nom de moi. Fait que là, l'artillage, j'aime même pas que ça existait. J'apprends le mot aujourd'hui. Ah ouais, il dit toutes les causes de Novel Quartier. Oui! J'ai pas été sûr
SPEAKER_02avant. Parce que toi, t'as pas fait de Shiloh. Non, j'ai pas connu Shiloh. Ça s'est terminé dans les années 90. Moi non plus, j'ai pas fait. Je suis dans rien que Valcartier. Ok.
SPEAKER_03OK, vous êtes la nouvelle gang. Jeff Latulippe, c'est la dernière gang. OK, oui, c'est ça. Je
SPEAKER_00pense que je suis le deuxième cours à Valcartier, moi, qui s'est donné. Ah, OK. C'est ça. Valcartier, c'est chez nous. Je vais être capable de m'adapter avec ça. Finalement, ils m'ont envoyé artilleur. Je suis parti à la rive. Je n'avais aucune deux, c'était quoi. À un moment donné, il n'y avait pas de téléphone, pas d'Internet. Parle à un, parle à l'autre. C'est quoi ça fait dans la vie, un artilleur? Une personne qui sait trop, trop. Ça tire du canon. No shit. Merci du détail. Finalement, on a fini Saint-Jean, on arrive à Valcartier, ils tombent sur le pas de Platoon parce qu'il n'y avait pas assez de gosses pour faire un cours. Ils ont mis en même temps en place le cours de QS, qualification de soldat. On a fait le premier avec Geneviève, avec Rowe. Bref, c'était n'importe quoi. Le cours a duré quasiment 7 mois. C'était n'importe quoi, sauf qu'on est sortis de là super qualifiés. On était qualifiés chauffeur, on était qualifiés signaleur. Nous autres, On est arrivé au régiment et on était top
SPEAKER_02qualifiés. C'était bien ça, par exemple.
SPEAKER_03C'est ça, parce que vous aviez comme un ancien NQ-3, parce qu'il y avait une portion infantile dans NQ-3 quand moi je l'ai faite, puis il y avait la portion gonneule. Après ça, ils ont détaché ça, mais le temps qui arrive avec la version finale, il y a eu des essais, puis tout a probablement été d'une draft.
SPEAKER_00On a fait la première draft. Au
SPEAKER_03moins, t'arrivais qualifié à l'unité. L'idée était
SPEAKER_00bonne, en tout cas. Moi, t'arrives et t'es déjà qualifié 90 %. Sauf que ça fait un clash, parce qu'il y a l'unité de monde qui était là avant moi. Ils ne sont pas encore qualifiés chaud. et toi, tu tombes dans les cours de chauffeur grizzly ou ces affaires-là. C'est ce qui m'est arrivé. Excuse-moi, t'es pas qualifié. Je vais aller faire mes cours de chauffeur. Ça a eu du vent parce que ça nous a donné les opportunités d'avancer un peu plus dans la sphère de l'artillerie. C'est sûr. Fini mes cours, ça a quasiment pris un an. Je pense que je suis rentré au régiment en juin l'autre année d'après. En 2002. Je suis arrivé au régiment en juin 2002 avec le cours de Garner et tout le QA et toute cette affaire-là de finir, c'était interminable. Je me rappelle. Les gars, ils n'étaient pas fin-fin. Les instructeurs, les vieux, ils aimaient ça en Estie. Ils creusaient dans les tranchées, ils mouillaient assis au mois d'avril. Non, vous ne dormirez pas. Les gars tombaient dans le fond des tranchées. Ils manquaient de se noyer. La belle époque. Oui, c'est ça. Mais pour vrai, aujourd'hui, avec le recul, avec tout ce qu'on a fait, ça a formé le caractère. Ça nous a permis de toujours pousser les limites parce que c'était souvent ça à chaque fois tu fais quoi de pire ben ça peut pas être pire on a un poignet de botte non jusqu'à la prochaine fois ouais fait que c'est ça fait qu'en arrivant au régiment ben là tu sais le 9-11 est arrivé et puis et puis c'est ça fait que là il y a eu tout de suite la montée en puissance quasiment même pas 6 mois après je suis rentré on a monté en puissance pour partir en 2004 sur mon premier tour à Kaboul ouais qui était tu sais c'est sûr que l'eau avec ce que j'ai fait par après. Tu sais, Kaboul, genre, c'était un tour tranquille. Quand tu le sais... Mais on ne savait pas que ça
SPEAKER_03allait être tranquille, Kaboul. On est tous revenus de là, puis Kaboul, c'est tranquille. Mais quand on est partis, on est partis craquer comme canne d'or, quasiment, parce qu'on... Oui, il y a eu des morts. Ça l'a inconnu aussi. Oui, mais on ne savait pas que ça allait
SPEAKER_00être une retour smoke. Non, c'est sûr qu'on est bien tombés, dans le fond, si on veut. Mais il y en a qui ont trouvé ça dur quand même. La misère était là,
SPEAKER_03pareil. Il y a eu des défis, simplement, pour plein de monde. Mais mettons, d'un point de vue sécurité physique,
SPEAKER_02mettons... À Kaboul, ça a été sécuritaire. Disons qu'on a été aussi chanceux. Parce qu'il aurait pu arriver des événements pareils. Parce que tout déplacement était quand même dangereux.
SPEAKER_03Nous autres, au UAV, on sortait faire des récupérations en soft skin. C'était prévisible. Prévisible,
SPEAKER_02prévisible. Parce que, rappelez-vous, le tour, dans le fond, quelques mois avant notre auto, il y avait eu un autobus rempli d'Allemands qui avaient sauté. Il y avait eu plusieurs décès, des dizaines. Puis, ça Ça, c'est arrivé juste quelques semaines avant qu'on soit arrivés. Plus Murphy, qui était décédé la semaine avant qu'on arrive. Il est arrivé. Bref, notre auto était quand même chanceuse, malgré tout, dans ce qui
SPEAKER_03est
SPEAKER_00arrivé. Il y a eu une coïncidence. Peut-être qu'elle a aidé aussi, vu qu'on est plus arrivés en hiver. C'est sûr que l'Afghanistan, en hiver, c'est plus tranquille. C'est une sorte de tradition. En
SPEAKER_02babouche, ils font
SPEAKER_00rien. Non, c'est sûr qu'il fait
SPEAKER_02frais. Les fraises sont fermées dans les montagnes. Surtout au Kaboul, c'est plus froid qu'en dehors
SPEAKER_00encore. C'est ça. Quand il est arrivé et qu'il neigeait, je fais « well, well, well ». Tu t'es déployé avec la batterie à Cabo? Oui, c'est vrai. J'étais assez canon. C'est le seul temps que j'étais assez canon. Quand je rentre au régiment, j'ai fait le tour à Cabo en 2004. Tu étais sur le Camp Julien? Oui, sur le Grand Camp. C'est vrai, sur le Camp Julien. C'était un grand camp. Première expérience, je trouvais ça impressionnant. Partir six mois loin de ta famille. Je commençais à sortir avec ma femme que j'ai encore aujourd'hui. Et puis, on était comme, quand même l'Afghanistan, on a encore les attentats terroristes dans la tête. On s'en va défendre un peu nos principes et valeurs là-bas. Heureusement, rendu là-bas, ça a descendu un peu. On a pu couler l'âne un peu, si on veut. C'était chouette. J'ai vraiment aimé ça comme première expérience. Dans l'évolution de toute ma carrière, je pense que ça prenait ça pour commencer. Pour juste m'habituer à faire des tours. Votre gang, vous aviez fait la Bosnie. Moi, je n'avais pas connu à Bosnie. J'étais arrivé bien juste au dernier tour de la Bosnie. J'arrivais au parti. C'était fermé, c'est ça. Oui, c'est ça. J'étais pas connu ça. Les tours un peu plus admins, c'était moins violent un peu. Le gros stress de l'Afghanistan.
SPEAKER_03C'est sûr, quelqu'un qui déploie pour la première fois
SPEAKER_00et qui s'en va à Kandahar d'un coup d'opi, c'est un départ assez abrupt. Je me rappelle Mike Garnier. Mike Garnier de Kitcharet. Les gars, c'était les premiers tours. Chapeau, sérieusement. C'est welcome back. T'as besoin de t'adapter rapidement. Même nous autres, Kaboul, c'était pas zéro comme
SPEAKER_03Kandahar.
SPEAKER_00Ah ben non, absolument pas. Absolument pas. Kandahar, ça a donné une série de claques. Ah oui, c'était le bordel. Je pense qu'il y a personne qui était prêt à que ça
SPEAKER_03tourne.
SPEAKER_00C'est comme n'importe quel chaos. C'est dans l'étranger où tu fais du leapfrog, où on essaie de faire un peu de clearing house dans des containers avec du monde. C'est pas comme ça partout. C'est
SPEAKER_02Ça ne reflétait pas l'entraînement des recrues.
SPEAKER_00Non, c'est ça. C'est pas que ça ne reflète pas. On dirait que ça n'avait pas évolué. Je ne pourrais pas dire aujourd'hui. Mais quand je t'avais donné des cours à des flots, c'était encore basé sur des vieilles doctrines, des vieilles stratégies. Tu n'as pas adapté. Mais en même temps, je comprends qu'il faut que les jeunes soient capables de faire ces vieilles doctrines-là parce que ce qui fait qu'ils vont devenir disciplinés. Parce que quand tu leur donnes du lousse... Tu lui
SPEAKER_03donnes du lousse, puis après ça... La ligne est toujours bien mince. Garder un pied dans la doctrine, puis le traditionnel, puis pas perdre ça. Puis après ça, se planter deux pieds dans la symétrique, puis ce qu'on a fait. Nous autres, nos carrières qu'on a eues, parce qu'on n'a pas fait face à du conventionnel. Mais regarde, après qu'on a fait une carrière complète avec l'Afghanistan, puis la symétrique, puis du terrorisme, puis des choses vraiment complexes. Il y a l'Ukraine avec la Russie, puis c'est dans le full conventionnel. Avec l'armement moderne de UAV, mais la manœuvre sous le terrain, puis tout, c'est fou. full conventionnel. Mais pour
SPEAKER_02l'entraînement, quand t'es jeune soldat, pour former le caractère, d'être à l'épreuve physiquement, de tout ce que tu
SPEAKER_00veux, ça le fait. C'est ça. Pas que les instructeurs se l'avouent, mais il faudrait que ça soit vu comme ça. On vous enseignera pas à être les soldats du siècle, parce que souvent, quand des jeunes arrivent au régiment, on s'attend à ce qu'ils soient des top G, des top numéro 1, des gens partants. Puis là, ils sont donc bien maillots. C'est normal. Les gars ne se sont pas fait montrer
SPEAKER_03ça. C'est en revenant de Kaboul que tu es embarqué sur tes formations
SPEAKER_00au PIB. J'ai commencé dans le bas de l'échelle comme tout le monde. L'école régimentaire qui a toujours lieu dans les mois de septembre. Nous autres, on est revenus en juin, je pense, de
SPEAKER_03Kaboul. Un peu trop tard. De Kaboul? Ça a décollé après les fêtes. Dans l'été.
SPEAKER_00On est revenus dans l'été. L'école régimentaire que je suis, je suis embarqué à ces cours de vie le chauffeur VBL pour commencer. Là, tu montes le canonnier, le chef d'équipage.
SPEAKER_02Là, tu as lâché les guns pour...
SPEAKER_00C'est un moment-là où je n'ai plus jamais retourné sur les canons. Ça a arrivé en même temps que l'entrée des 155. Je vais
SPEAKER_02vous laisser deux secondes, les amis. J'ai quelqu'un qui m'attendait. On
SPEAKER_03se revoit tantôt. En plus, c'était déjà les streams. Ils commençaient à streamer le monde dans l'artillerie. Ils t'ont aligné sur le haut-pied. C'était probablement ton gros bagage pour le restant de ta carrière à l'artillerie. Oui,
SPEAKER_00vraiment, c'est ça. Le restant de ma carrière de l'artillerie, c'est fait vraiment au poste d'observation, parce que j'ai eu mes plus gros accomplissements, on va dire ça comme ça. C'est comme ça que je le vois. Puis oui, c'est ça. Après ça, ça n'a pas été long. On est tombé sur un montant de puissance en 2006. Puis ça, ce montant de puissance-là est tombé à l'eau, fouette-fouette. Puis après ça, on a recréé un autre poucelle de 2007 qui était, après recul, mon plus gros tour, dans le fond, sur le terrain. Pour bien
SPEAKER_03du monde, ça
SPEAKER_00a été l'expérience d'une vie. Oui, oui. effectivement, c'est de l'expérience qui a traumatisé, je pense, qui a traumatisé l'imaginaire militaire pour le Canada, en fait. Les francophones. Pour les francophones, c'était la grosse mission. Tu sais, c'est ça. On a vécu des affaires, puis c'était pas toujours facile, mais...
SPEAKER_03Fait que toi, quand t'es parti avec Golf 1-2 à Canada, t'étais d'une position, t'étais d'une position de signaleur,
SPEAKER_00chauffeur, signaleur. Oui, chauffeur, signaleur, canonnier, en fait, tout ça, j'étais caporal. Oui, t'opérais n'importe quelle position sur le lab. Oui, exact, c'est ça. d'artillerie. Oui, c'est ça, exactement. C'est le principe du Canada, c'est qu'on est capable de tout faire. C'est un soldat complice, un soldat qui sait tout faire. Nous autres, le Canada, manquant de ressources. On est habitué de tout faire. Moi, je trouve ça cool. Chauffeur, signaleur, j'aimais mieux être à pied qu'être en troc.
SPEAKER_03C'était un sentiment peut-être de sécurité. C'est le fun d'avoir
SPEAKER_00de l'air autour des oreilles. Je n'avais pas aimé non plus l'ambiance turbine, vissée. Ah non, Non, c'est... Des fois, tu ne contrôles rien. Tu regardes partout. Tu ne vois rien. Tu ne vois rien. Tu vois tout. Il y a de la poussière. Non, à pied, c'était plus... C'était plus... C'était plus long. C'était plus dur. C'était plus... Demandant sur le cadre, mais... Oui. Mais un petit peu plus curateur tant qu'à moi. C'est... Quoi qu'il nous est arrivé plein de choses aussi à pied, mais je trouvais que, mettons, j'étais peut-être plus en contrôle de mes moyens quand j'étais à pied. Ça fait que c'est ça. Alors, c'était un gros tour 2007. Ça a été... 2007,
SPEAKER_03ça t'a-tu donné la piqûre de l'artillerie? Genre, j'aime mon métier, je vois l'efficacité sur le terrain. Parce que, tu sais, pour Ben Degonneux, 2007, ça a été, en tout cas, pour les francophones, toujours, parce que les Anglais, ils ont fait Up Medusa avant ça, puis ils ont eu leur grosse roto à eux autres. Mais tu sais, ça a remis l'artillerie, ça a redonné les fleurons d'or à l'artillerie. Ça t'a-tu donné un boost après ça, toi, de
SPEAKER_00ton métier? Oui, vraiment. Parce que tu pratiques la vraie chose Tu pratiques ce que tout le monde veut faire. Un jour d'arriver à cette étape-là, c'est-à-dire d'aller sur le terrain et d'appliquer ce que tu connais, tes connaissances, puis d'adapter à ta situation que tu as live. Ça donne un sentiment de faire des vraies choses. Ça, c'est super hot, mais ça a aussi un désavantage quand tu reviens. Ça a un prix. Oui, c'est ça. Le prix est cher payé. Souvent, tu te rends compte. Deux,
SPEAKER_03trois ans après, quand ce n'est pas comme
SPEAKER_00c'est supposé. Non, c'est ça, exact. Tu ne le sais pas, souvent, toutes les vidéos qu'on regarde, c'est tous des gars post-traumatiques qui sont assis dans un coin avec un gun dans les mains et qui crient à présent. C'est tellement plus complexe que ça. C'est tellement
SPEAKER_03pas ça. Il y a autant de... Le spectrum est tellement large que chaque personne a son propre...
SPEAKER_00Exact, c'est un spectrum. C'est un rayon. Exactement. Puis nous autres, en étant des gars dans l'armée, moi, je ne suis pas comme ça, je ne suis pas d'un coin. Qu'est-ce que tu fais? Tu retournes sur un troisième tour,
SPEAKER_03pourquoi pas? Ça a été beaucoup la solution pour
SPEAKER_00plusieurs. Moi, c'était carrément ça. J'ai toujours été volontaire pour tout faire. Tu
SPEAKER_03es
SPEAKER_00en décollant en 2009? 2010, 2011. On a fait huit mois en 2010, 2011. On a fermé le tour, dans le fond. Oui. On a fermé le camp d'art, si on veut. Et puis, je devais repartir en 2009. Sauf que là, c'est sûr que je n'ai pas parlé de ma partie personnelle. Moi, en 2007, quand je suis parti, ma femme est tombée enceinte trois semaines avant que je parte. Elle l'a su quand j'étais là-bas. Tu appelles au téléphone satellite avec
SPEAKER_03les
SPEAKER_00délires et tout. C'est clair. J'en revenais d'une opération. Il y avait eu des morts. Je ne disais pas à ma femme qu'il y avait eu des morts ou qu'il y avait eu de quoi, mais juste l'appeler pour qu'elle comprenne que j'étais en vie parce qu'elle me parlait au moment qu'ils ont dit qu'il y avait des blessés puis des morts. Donc, tu sais, sans y dire, elle savait que j'étais correct. Fait que là, quand elle m'annonce ça, tu sais, là, je fais... J'ai comme eu un blanc, là, tu sais, parce que moi, dans ma tête, j'ai une toute mort défilée, mon deux mois de niaisage que je faisais parce que, tu sais, pas une insouciance,
SPEAKER_03là, mais... Ah, quand t'as pas de kit
SPEAKER_00dans l'opération, c'est pas la même histoire. Tu sais, après ça, avec les gars, tu sais, on se niaisait. Celui qui était le plus cave, tu sais, je filmais, on se faisait tirer au mortier puis je filmais ça. Tu sais, le mortier tombait tellement proche que ça a fait un flat sur notre truck, tu sais, puis là, je filmais ça avec ma caméra, j'ai encore ça chez nous. À un moment donné, tu viens avec une insouciance du danger. Tu viens immuniser à ça. Quand ta femme te revient,
SPEAKER_03elle te dit « Je suis enceinte. » Je ne parlais pas. Elle
SPEAKER_00me dit «
SPEAKER_03Es-tu content? »
SPEAKER_00Je capote ma vie. Oui, mais là, c'est spécial. Je capote ma vie. Je trouve que je suis loin un peu pour sauter. L'émotion que je suis supposé ressentir, je ne la comprends pas. Ça remet le danger en perspective. C'est ça. Sur le tour, je n'ai pas slacké pour autant. Je J'ai toujours pris des jobs pareils. J'ai toujours voulu être là quand même. Fait que c'est ça. Fait que moi, je suis parti ma femme d'apprentissage. Puis quand... Moi, je suis revenu un peu avant tout le monde de mon tour parce qu'en décembre, j'ai fait des pierres au rein dans le milieu du désert. J'ai jamais souffert de moindre de tout. J'étais re-bat. En fait, j'étais arrivé à la maison le 25 décembre. L'hôpital en Allemagne. J'ai été opéré pour mes pierres au rein en Allemagne parce que finalement, ça ne s'opérait pas à Candor. Et puis, ils ont réussi l'opération, mais il y a deux morceaux de la pierre qui ont monté plus haut. Au lieu d'avoir une pierre, il y en avait deux. Ce n'est pas la grosseur qui compte dans ce temps-là. La première initiale, elle avait un centimètre. La meilleure qui s'est faite, c'est une pierre ou un. C'est comme des coquillages qui coupent. Les lames de rasoir, c'est vraiment...
SPEAKER_03Sérieusement.
SPEAKER_00Ça, c'est terrible. Tu peux perdre connaissance. Moi, c'est ça. Un matin, je me lève. Un matin où on était en pseudo-conjure. J'ai l'air bien mal dans le dos. Je trouvais ça tannant. Nous autres, à la Fab Wilson, on n'a pas de médecin. Je vais voir l'adjudant. Puis là, je fais mon tough. Je fais le pas. Il y a mal dans le dos. Il vient t'inciter à manger sa toast. Assieds-toi sur le bord. Je te vomis ça dans
SPEAKER_01les
SPEAKER_00vidanges. Je suis en train de chuter dans le nœud. Je fais le pas. Il dit, t'as mal où? Je montre à peu près où. Il dit, attends un peu. Il fait un punch. Ça a l'air que c'est un moyen de vérifier si c'est ça. Puis à un moment, j'y ai tombé dans les mains. Plus de son, plus de match. Je me suis réveillé en terre. Deux fois plus en crise.
SPEAKER_03Tu t'en as opération en
SPEAKER_00plus en dos. Ah non, c'est dans le sable, si t'es loin de ton... Tu sais pas ce qui se passe pis tu sais pas ce qui va arriver. Fait que là, finalement, pas capable de m'injecter de la morphine dans les veines. Je te le dis, j'avais les bras ouverts, je ressemblais à Jésus. Le médic était pas capable, j'étais rendu en état de choc, fait que j'avais plus de veines. Fait que le médic, pas capable de me faire des... de me shooter direct dans les veines de la morphine. Fait que là, finalement, ils m'ont shooté un trou musculaire. Après ça, ils ont réussi. C'était une boucherie où j'étais, dans la petite salle du médic, tu sais. Là, Mike Garnier, il va aller voir Gary ce qu'il fait. Il me semble que c'est long. Il s'en vient. Il dit, Gary, qu'est-ce que tu fais? Le doc avait tiré le rideau. Il y avait du sang partout. J'avais des garroses pour me sortir les veines. Il n'y a rien qui marchait. À un moment donné, la morphine a fait effet. J'étais gelé comme une balle. Je trouvais ça drôle. Quand Mike est rentré, il m'a dit, voyons donc, qu'est-ce qui s'est passé? Tu avais mal dans le dos. Tu saignes des bras comme Jésus. Ça n'a pas de bon sens. Je me dis, « Allez, je vais aller à une pierre au rein. On va aller voir ça à la CAF. Je vais revenir une journée ou deux. » Finalement, c'est ça. Évacuation d'hélicoptère. Finalement, je ne suis jamais revenu. Ça, c'est un bout que j'ai trouvé tough de ne pas finir avec les boys. Assez pour dire que quand je suis revenu le 25 décembre, j'étais blackout. Je n'étais pas là. Je suis allé sur la morphine comme une bine. Ma femme était enceinte. Il y a un badon d'enfant de 6-7 mois. Tu
SPEAKER_03n'as pas vécu l'entre-deux.
SPEAKER_00Je suis parti de ma femme, mais jeune. À 24 ans, wow! Elle était belle. Elle était très belle, mais c'est comme... C'est sûr que tu te rends compte que t'as manqué une portion du temps.
SPEAKER_03La vie continue pour les autres quand
SPEAKER_00t'es pas là. Exactement, la vie continue. Ça va y aller vite, même si t'es pas là. Quand je suis arrivé à Québec le 25 décembre, je suis rentré au régiment le 6 janvier pour travailler comme si de rien n'était. J'avais pas de combo parce que tout était resté encore dehors. Je venais rentrer en civil. Le Jean-Chef du temps n'a pas plus fin, au lieu de dire « Édekar, va-t'en en vacances. » Tu sais, ou tu sais, du moins, tu prends de la médication, tu sais, pour te ralentir parce que ça fait mal. Non, non, ils m'ont donné le QM de la CS,
SPEAKER_01tu sais, ils ont
SPEAKER_00dit... Bon vieux classique, tu sais, puis là, à ce moment-là, Jean-Chef, il dit « Dans cette semaine-là où je commençais à ramasser le QM, puis je faisais du ménage, puis cette affaire-là, je monte dans son bureau, il dit « Bon, bien, vu que t'as pas fini ton tour en 2007, il dit « T'es sur la retour pour partir avec un Niner Tac en 2009. » –
SPEAKER_03Et Grim, t'aurais été occupé aussi en
SPEAKER_002009, ça a soigné. – Fait que Fait que là, je fais... Ah, OK. Well, pas de trouble. Fait que là, je te dis, j'ai pris mes vacances de retour de tour en même temps que les gars sont revenus à fin février. Début mars? Non, c'est pas vrai. Début février. Puis à la fin février, je commençais mon cours de chef. Ma femme a accouché pendant que je suis dans mon cours de chef. Puis là, on commençait les parties à la maison. Il y avait un volet maison. T'as des infos au programme. Fait qu'elle a accouché dans ce volet-là. Puis deux semaines, le jeune avait deux semaines que je suis parti faire un petit trou, partir deux semaines dans le clos, pas de congé, pas rien.
SPEAKER_03C'est pas toujours les déploiements. C'est ça, le monde qui connaisse pas les forces, il pense que les tours, c'est le plus dur, mais des fois, c'est l'entretour, les cours. Ça dépend des patrons que t'as aussi. Ah oui,
SPEAKER_00tellement d'affaires. Les autres, ils ont pas vécu ce que t'as vécu, puis après ça, ils te soignent tout de suite sur
SPEAKER_03un autre tour. La machine continue
SPEAKER_00de rouler. Exact. C'est ça. Fait que là, elle finit mon cours de chef. Elle est promue avec ça. Va-t'en faire ton cours après ça de commandant de détachement ou pas d'observation. Puis là, c'est à Gage Town, c'est un autre groupe de moi. Mes enfants, en général, les premières années, je ne les ai pas vus pratiquement
SPEAKER_03pas. Il y a des années, tu mets Kaboul, Kandahar, puis tous les cours de carrière, puis tous les cours de lave, puis tous les cours de ci, que ça, il faut que tu fasses. Ça fait quatre ans que tu as été chez vous un
SPEAKER_00an là-dessus. Oui, c'est ça. Gros max. Il a fallu que je le calcule ça quand j'ai changé de métier. En 15 ans, si je n'ai passé 3 ans à la maison, répartis dans ces 15 ans-là, c'est beau. Avec tous les run-right, tous les entraînements niaiseux qu'on a faits, ça représentait 3 ans, 3
SPEAKER_03ans
SPEAKER_00et demi. En 15, ça n'a pas rapport. C'est sûr que j'ai toujours dit oui à tout. J'ai fait, OK, si t'as besoin de moi, je vais y aller. Je ne bâche pas là-dessus. C'est comme ça. C'est ça, ma job. On est tous là parce qu'on a décidé d'être là aussi. C'est ça, exactement. Je ne suis pas un conscrit. C'est ça. C'est comme tu le Après, quand tu vois que tu as un « purpose » dans tout le « big picture » du Canada, tu te dis que c'est le fun d'être apprécié à ce
SPEAKER_03niveau-là. Là, on arrive dans la... On saute du coq à l'âne. Non, non, c'est correct. Ma job, c'est de nous ramener tout le temps. C'est parfait. C'est tout le temps comme ça que ça se passe. Là, on est dans la période... Moi, c'est là que j'ai perdu du bien du monde ces années-là. C'est là que j'écoute ce qui se passe et j'apprends en l'écoutant. parce que moi, ça a été où est-ce que
SPEAKER_00j'ai switché, puis je suis parti à l'université, je suis sorti au cinquième. Ça, je me suis ramassé à Gagestown. Oui, c'est ça. En fait, c'est ça. Fait que là, mon troisième tour en 2010-2011, là, j'étais rendu commandant de détachement, j'avais mon crew, puis on était avec la compagnie C du deuxième bataillon. C'était un super tour, sérieusement, travailler en fou là-dessus. Mais on a eu moins de contacts. La meilleure que je vois ça, c'est que j'ai vu vraiment l'évolution de l'Afghanistan dans toute la décennie. En 2007,
SPEAKER_032010, mettons,
SPEAKER_00sur 3 ans, 4 ans, ce que ça a fait. On a construit des écoles qui ont été ouvertes. C'est pas juste le fait qu'on a... Après ça, on a... Les puits d'eau qu'on a faits, les pseudo-hôpitaux ou les centres de patching, on va les appeler de même. On était vraiment plus axés sur la population. Sauf que ça a pris du temps qu'on bâtisse ça. Les deux premiers mois, on avait trouvé 60 ID et il y en avait 4 qui avaient pété. Au début, quand on est arrivé à remplacer les Anglais, c'était un peu Beyrouth. C'était comme Il n'était pas tant organisé, il n'était pas tant avec la population civile. Puis, quand on est partis à la fin en 2011, j'aurais pas eu de misère à me promener, Beras, dans Salavatgar, puis
SPEAKER_03dans Penjewi. C'est
SPEAKER_00fâchant de penser que ça a tout été scrappé pour des décisions politiques. Comment? Ça, ça a pris 25 minutes quand ça s'est tout scrappé. Quand les Américains sont venus nous relever à Salavat, à Follade, qui était au pied de Salavat, puis quand eux autres nous ont relevé, tu sais, On était contents. Ils viennent nous relever trois semaines avant que le tour finisse. On capotait notre vie. Mais l'armée avait d'autres plats pour nous autres. On a fait des opérations. On les portait pendant trois semaines dans la mouchane et dans tous les trous de marde de la terre. Mais quand les Américains nous ont remplacés, les trois semaines, on était encore au courant de ce qui se passait. Ils ont tout perdu. Une semaine, les gars se sont bombardés sur le quai. On n'a jamais mangé de roquettes. On a eu quelques contacts. Les Américains
SPEAKER_03C'est le fait qu'ils attiraient
SPEAKER_00l'attention aussi plus que nous autres, peut-être. C'est le fait qu'ils arrivent et que c'est chumail tricite. Les gars arrivaient avec la baïonnette entre les dents. Nous autres, on était rendus plus relax. On commençait à connaître tout le monde. La population autour de notre camp. Ils sortaient juste pour aller chercher du Red Bull et de la liqueur
SPEAKER_03et ils rentraient. Les Américains, c'est pas naturellement, ils n'ont pas une approche humaniste
SPEAKER_00envers la population comme nous autres. Ils sont très arrivés très peureux et pas organisés. C'est la défensive beaucoup plus souvent. J'étais surpris de voir comment ils n'étaient pas organisés quand ils sont arrivés. Il n'y avait pas de lave pour tout le monde. Il n'y avait pas de lit de camp. Aussi niaiseux que les lits de camp, il n'y en avait pas. On disait aux gars, vous allez faire quoi? On va dormir à terre? On va vous donner nos litres. Cordonne avec l'IQM, donnez les litres. Les américains, ils seraient prêts. Pas de ronde
SPEAKER_02d'artillerie. J'ai
SPEAKER_00manqué un bout, je
SPEAKER_03suis revenu. Dans le fond, l'export du camp... C'est sur son dernier tour en 2010. ok c'est vrai t'es retourné en 2010 on la connait pas ce roteau là nous autres c'est comme très peu connu
SPEAKER_02de la clique de Valcartier oui effectivement Clément lui c'est 2009 qu'il avait fait c'est ça parce qu'il
SPEAKER_03y a comme eu deux grosses rotos de la gang qu'on connait de Valcartier 2007 qu'on était tous dessus puis ceux qui sont retournés 2009 qui a été une très grosse roto aussi pour ceux qui étaient là dessus puis il y a celle là que t'as fait aussi que moi je suis beaucoup moins familier avec le mandat ça c'est dessus juste
SPEAKER_00c'est celle qui a closé comme l'épisode du Canada en Afghanistan. J'étais quand même à Salavat d'Apenjawi. J'étais quand même dans un hot spot où on était. On a réussi à travailler fort avec les locaux. À la fin, je me disais à Phil, j'aurais eu aucun problème de me promener Beras dans Salavat ou Apenjawi. Je n'aurais pas été inquiet tant que ça. C'est sûr que tu as toujours la petite crainte, mais pour vrai, il y avait un travail immense qui a été fait avec la population. Étonnamment, c'est sûr qu'on a arrêté les bandits au bon moment. Les la population s'est dit « Hey, c'est le fun, finalement, de ne pas se faire menacer. » Oui, c'est le fun. Ils ont commencé à aimer ça. Ils faisaient plus de délations. Ils donnaient plus de Q pour trouver nos jeux de cartes. Ça a été différent, vraiment. Comme je dis, c'est une évolution. J'ai connu 2004, 2007, 2008, puis 2010, 2011. C'était une belle évolution. T'as
SPEAKER_03passé
SPEAKER_00beaucoup de temps en Afghanistan dans
SPEAKER_03ta vie. Oui, j'ai un petit condo. T'es quoi de sympathique? J'ai investi en tourisme. J'ai retourné de temps en temps. C'est ça, tu sais. Le retour, c'était quand, ça? Fait que t'es revenu à Valcartier après ce retour-là.
SPEAKER_00Juillet 2011. Juillet 2011. Juillet 2011, là, tombe en congé. Là, moi, j'avais plus rien. T'as-tu eu droit à Gage Town pis une calotte, toi? Non, je suis pas allé. Non, non, non. C'était ça, le plan. J'ai arrêté les plans. T'es resté à Valcartier. Je suis resté
SPEAKER_03à Valcartier. C'est souvent les deux options, c'est d'y aller avec le plan, la calotte ou arrêter le plan. Ah, c'est ça. C'était un mur, ça, pour tout le monde. Le moment de ta carrière, tu te fais dire
SPEAKER_02c'est peut-être... C'est ça, tu continues ta carrière, tu vas aller chercher ta calotte, puis tu t'embagages ton, ben, tu restes avec le quartier,
SPEAKER_03puis... Je sais pas, c'est quoi, les 22, le T-Junction, les ingénieurs, les blindés, ben, on doit tout l'avoir dans les
SPEAKER_00métiers, c'est le moment-là que tu te fais dire... C'est ça que t'as besoin si tu veux continuer dans l'agriculture. C'est
SPEAKER_03ça, ça va bien, c'est smooth, tout le monde t'aime, ben, là, tu commences à être quelqu'un qu'il faut commencer à gérer
SPEAKER_00différemment. C'est exactement ça, puis moi, dans mon cas, c'est là que ma condition de santé s'est dégradée un peu. Ça a commencé avec mes oreilles, parce que j'entends plus rien dans les oreilles, puis je fais de la couffaine en un côté. Puis quand je suis revenu en 2011, le DAG, le fameux DAG où on voit le médecin qui nous évalue, j'ai demandé « Là, as-tu une drille, as-tu de quoi que tu peux m'enlever? » Ça me scelle toujours dans les oreilles, parce qu'en 2007, je m'étais fait tirer par un RPG à côté, puis ça avait pété pas mal, puis j'ai perdu le loup de l'oreille droite, puis je fais de la couffaine. Un orchestre symphonique, j'ai comme trois sons d'entente en permanence j'ai jamais de break fait que là je demande ça au doc quoi tu peux faire je sais pas un coup de scalpel ou je sais pas un siphon de quoi veux-tu s'il te plaît être créatif pis finalement mais t'es revenu avec un papier ben c'est à cause des radios pis tout pis qu'en 2011 t'étais toujours sans t'sais loupi c'est ça t'es tout le temps radio sans tête pis t'sais on arrêtait jamais fait que j'étais toujours sorti avec des écouteurs sans tête bref ça a pas aidé ma condition médicale fait que là la doc elle dit ça ça veut dire qu'il y a une des conditions universelles de service que tu remplis pas la le septième ou le huitième, qui aient la capacité de communiquer au système radio. Ben oui, je
SPEAKER_03suis capable de parler à la radio. Tu sais, c'est facile quand tu l'entends. Fait que tu es capable de dormir après que tu l'aies fait. Fait
SPEAKER_00qu'ils t'ont déclassé. Ouais, fait que là, à ce moment-là, ils m'ont déclassé médical. Fait que là, je suis tombé dans ce processus infernal-là en 2012. Tu sais, du déclassement. Puis là, tu as toujours l'adjoint-chef Saint-Pierre, Paul Nommé, qui est après, qui dit, regarde, tes premiers adjudants, ta promotion est arrivée. Tu as un qui va te remettre fit. Il dit, tu vas aller à Gage Town, puis tu vas à ta calotte, puis après ça, tu skyrockets, tu sais. Je me remets des écouteurs sur la tête encore un autre huit mois parce qu'on ne savait pas ce qui se passait pour le Canada. Je dis, je ne suis pas sûr que je vais revenir. C'est déjà là que ça ne fait pas. Les oreilles, sérieusement, ce n'est pas drôle. En tout cas, tout ça, c'est là. Tout ça, c'est là. J'ai comme tenu mon bout un peu. J'ai résisté à l'appât du gain, si on veut. C'est quand
SPEAKER_03même un bon step.
UNKNOWNIls jouent le game de la carotte.
SPEAKER_00Ceux qui mordent, ils mordent. Ça te trotte dans la tête. Oui, c'est ça. C'est ça. finalement, à ce même moment-là, on a bâti la batterie Victor. Victor, mon Dieu, j'avais Z dans la tête. C'est une bonne affaire. Ça, ça arrive aussi que j'oublie. Je commence à oublier des affaires. C'est drôle, ça. Fait que la batterie Victor s'est bâtie en même temps. Fait que je suis comme un des membres fondateurs là-dedans. Fait que je suis allé l'adjoindre aux Ops. Tu sais, jusqu'en... J'ai fait ça longtemps, mettons, de 2012-ish. Oui, jusqu'en 2015, jusqu'à l'heure que je sorte, dans le fond. Fait que, tu sais, je travaillais aux opérations, je donnais des grosses au travers de tout ça, comme... C'est juste disant que t'es sorti. C'est malade. Je suis sorti, non, c'est pas disant... Là, après ça, moi, en 2015, j'ai eu... T'as remasté, là? C'est ça. J'ai fait un changement de métier.
SPEAKER_03Parce que là, je m'en ai rendu des questions. Je t'ai dit, t'es pas sorti gonneux, là? Non, je suis pas sorti... J'ai des questions par rapport à ça. Qu'est-ce qui
SPEAKER_02se
SPEAKER_03passe? C'est pas mon plan. Oui. J'aurais dû faire mieux mes recherches. Fait que là, t'étais déclassé
SPEAKER_00par...
SPEAKER_03Ben non,
SPEAKER_00écoute, c'est Recherchiste. Ouais, exact. Recherchiste. Ouais,
SPEAKER_03c'est
SPEAKER_00ça. Fais ta job. Mais... C'est qui notre recherchiste? On a-tu une? Faut qu'on en trouve quelqu'un, d'ailleurs. Faut qu'on trouve quelqu'un. Ouais, c'est ça. Une grosse recherche détaillée que tu guériras
SPEAKER_03pas, là. Fait que t'es déclassé pour l'artillerie, tu fais une couple d'années aux
SPEAKER_00opérations de la batterie verte, pis là, tu remasses... Tant que le résultat, dans le fond, sort, pis que DACM rende son jugement, pis... Fait que là, j'ai 15 ans dans les forces, eux autres, ils nous disent « Bon, ben c'est bon, merci, mais on n'a plus besoin de toi, big. » Fait que... T'sais, moi, dans ma tête, c'était pas Je m'en ai juste fait autre chose dans la vie. Je savais même pas encore quoi. J'avais passé des tests avec le conseiller en orientation et ces affaires-là, puis j'avais rien. J'étais vraiment dans le néant de nulle part. Fait que c'est ça. Mais voyons donc. Pour revenir un peu par en arrière, je suis pas parti en 2009 parce que ma femme est tombée enceinte quand je suis revenu du Texas avec Nine Attack. Ça a collé du premier coup. On s'est dit, vu que ça prend du temps un peu, Tom, il avait pris deux ans avant d'arriver. Fait que là, je me suis dit, je vais essayer là. Mais que je revienne du Texas fin janvier, début janvier, février, on commencera là. Au pire, je partirai en trop et tu tomberas enceinte avant de partir comme d'habitude. Oui, ça a l'air de même. Finalement, ça a collé tout de suite. Là, elle tombe enceinte. Après ça, je calcule. Non, ça ne marche pas. Je ne peux pas rester sur la retour. Ça ne fait pas de sens. Déjà là, je n'ai pas été là pour le premier. On va essayer d'être un peu là durant la grossesse pour le deuxième. Pour ceux qui m'ont dit qu'on va te faire partir en 2011 à la place. Je suis parti en 2011. William venait d'avoir un an le 14 octobre. Je suis parti le 5 novembre. Ça fait Moi, je n'ai pas vu mon garçon le plus jeune. Je ne l'ai pas vu marcher pour la première fois. Je ne l'ai pas entendu parler. Ça, c'était un gros sacrifice à ce niveau-là. Très ingrat. C'est une arme. Ils ont besoin de toi. J'ai dit oui. Ils ne m'ont pas eu. Ils ne m'ont pas joué un tour. Je savais dans quoi tu t'embarquais. Exact. J'avais envie d'y retourner parce que c'était la seule place où je pouvais être ce que j'étais pour de vrai. C'est vrai parce que j'étais une personne pas désagréable, mais très agressive. Puis ici, au Québec, c'est pas bien d'être agressif. Tandis qu'en Afghanistan, c'est excellent pour
SPEAKER_03sauver. C'est recherché. En fait, c'est ça, c'est même demandé. Agressivité recherchée.
SPEAKER_00Oui, oui, ça prend ça. Ça prend ça, puis c'était rendu une partie de moi. Ça
SPEAKER_03prend 10 ans à peu près à décrinquer ton agressivité.
SPEAKER_00Je te dirais que c'est même pas encore passé. Environ. Environ,
SPEAKER_02on
SPEAKER_00va dire ça. Une
SPEAKER_03dizaine d'années. Une
SPEAKER_00dizaine
SPEAKER_02d'années avec une vie psychologique à 2 semaines. Quand Quand t'arrives à 50, je te confirme,
SPEAKER_00c'est slow down. C'est le premier des deux. La dizaine d'années ou la cinquantaine? Quand t'as les deux, c'est la totale. T'es moins gros, c'est ça. C'est correct. Je pense que ça prend ça. En 2011, quand je suis parti, c'était un gros coup. Tu pars avec deux jeunes enfants. Le plus vieux avait deux ans et demi, le plus jeune avait un an. La game était différente. T'as aussi de
SPEAKER_03la... du bagage accumulé. Tu pars pas avec ton baluchon en sifflotant
SPEAKER_00« Je vais changer le monde dans l'armée. » Moi, j'étais parti avec une baignade entre les dents pas mal aussi. On retourne ce que je viens de laisser.
SPEAKER_03C'est parce que tu repartais où tu avais laissé en 2007. C'est ça, exactement. T'avais ces souvenirs-là aussi.
SPEAKER_02Tu savais
SPEAKER_00à quoi t'attendre. C'est ça que je voulais. C'est rien que ça que je cours après. On n'a pas eu tant que ça en 2010-2011. Des affaires qui... Je suis retourné dans mes bottines de 2007. Ça a vraiment
SPEAKER_03changé. Tant mieux dans le sens. C'est
SPEAKER_00pas ça qu'ils cherchent au moment. Aujourd'hui, oui. À quelque part, tout le long du tour, j'étais toujours un pied sur le break et un pied sur le gaz.
SPEAKER_03Qui était en
SPEAKER_00officier ce tour-là? C'était Thierry Bekrich.
SPEAKER_03C'était
SPEAKER_00un jeune officier. Oui, il est raisonnable, ce gars-là. Oui, vraiment, il était bon. Il a pris la place qu'il a perdu sa job, le petit. Je ne me rappelle plus son
SPEAKER_03père. Bro, ça
SPEAKER_00se peut-tu? Oui. Ça se pourrait qu'il ait perdu sa job. Oui, c'est ça. Ça fêterait avec le... Le major Boucher, le Jacky, le live devant tout le monde d'un haut groupe avec les boss. Le lendemain, j'apprenais que mon opération, je la
SPEAKER_02faisais
SPEAKER_00tout seul. C'est très possible. Je sais pas, j'ai pas aucun bout. Je
SPEAKER_03connais pas l'histoire. On dirait qu'il y a de quoi. C'est un petit garçon. Le fils au majeur, Préau. Préau, pas bro, c'est Préau. Préau, Préau, Préau. Le petit-fils. Le père, j'ai l'expérience que c'était
SPEAKER_00bien correct. C'est une autre génération de soldats. Ah, les vieux bocs avec le combat. C'est
SPEAKER_03les Les majors seniors, quand je suis rentré fin 90, son fils, je pense que c'est quelqu'un qui avait de la pression familiale et qui était dans le mauvais endroit. Je ne suis pas sûr qu'il était
SPEAKER_02utilisé
SPEAKER_00à son
SPEAKER_01bon potentiel. Je ne sais pas.
SPEAKER_03Je pense que je n'ai pas manqué grand-chose. Vu qu'on est en frais d'auditeur juste en arrière de Joe Rogan, on ne veut pas répandre des mauvaises choses sur les gens. Mais mettons que peut-être qu'il aurait fité ailleurs mieux qu'à l'artillerie. Côté compétences techniques.
SPEAKER_00Mettons que le major avait attitré à la cantine après ça pour optimiser son talent. Fait que... On comprend. Fait que là, il m'envoie, il y a un officier, il flambant dans le crate, il est vert, vert, vert. Fait que là, on se dit, Gary, c'est toi qui as un peu d'expectation. C'est un direct entry. Il n'a pas passé par le collège, il n'a pas des idées de fait clochette. Il m'a vraiment écouté beaucoup. J'ai pas le choix, Gary. T'as quasiment un ennemi passé là-bas, on va en passer un autre huit. Ils n'ont pas le choix de m'appuyer sur ce que tu dis et ce qu'on va faire. Puis lui, c'était vraiment ma femme. Mon côté plus rationnel. Il a du gros porc de nuit. Je grimpe la montagne, puis on les pogne toutes. Puis là, lui, il mettait ça plus en perspective. Fait que c'était vraiment un bon équilibre, je pense, pour le crew. Fait que t'es pas mal plus
SPEAKER_02guerrier que je
SPEAKER_00pensais, mon Gary. Ah, bien, peut-être. Oui, t'avais le couteau dans tes dents un peu plus que je pensais. Tout le temps, tout le temps. Malheureusement, aujourd'hui, j'en paye le prix, mais je suis devenu addict à ça. Après 2007, 2008, excuse-moi, en En 2007, je suis revenu avant à cause de mes pierres au rein. On parlait tantôt. J'ai fait une pierre au rein. L'opération n'a pas marché. Je suis revenu à Québec le 25 décembre. J'avais besoin de ça, de cette adrénaline-là, de ce besoin-là de se mettre en danger tout le temps ou d'accepter le risque. À un moment donné, le corps, c'est une belle bébête. À un moment donné, tu ne t'en rends plus compte nécessairement que tu es suppressé au domaine. Puis là, ça vient tondé
SPEAKER_02tout de suite. On va en parler tantôt de ta deuxième carrière. Mais disons que là, présentement, ta deuxième carrière, ce n'est pas là que c'est plus... que c'est
SPEAKER_00complètement le
SPEAKER_02pauvre. C'est pas là que c'est
SPEAKER_00plus rock'n'roll. En 2015, quand on m'a dit, finalement, on va te garder. On backtrack un peu. En 2015, on va te garder. Finalement, effectivement, c'est un peu un couillon de te sortir. Parce que tu t'es fait blesser en Afghanistan. J'avais encore mes jambes et tout. Après ça, il m'a dit, là, faut que tu trouves un métier. J'avais pas vu loin, ben, ben, je suis seul là. Vu que j'avais eu des enfants et tout. Quand j'avais eu des enfants, je les avais pris en photo et tout. Puis là, j'avais aimé ça, gosser ça un peu. J'avais aucune connaissance. Je faisais ça pour le plaisir de le faire. Puis j'allais toujours triper un peu informatique, gosses, puis c'était des affaires là. Photographe, c'était un peu là-dedans. Puis là, je passais les tests en conseiller d'orientation, puis lui m'envoyait toujours des affaires d'ingénie, construction, génétique, je ne dis pas ça, parce que tu sais, c'est ma maison, j'ai quand même des habiletés manuelles. Fait que là, je dis non, je n'ai pas envie. Ça fait bien quand je le fais pour moi. Ça fait bien parce que j'aime ça. Oui, c'est ça. Si tu penses que je m'envoie m'en aller à l'ingénieur, comment à taper du marteau, c'est un camp quelconque, la plus battante. Il y a des limites. J'ai quand même de l'expérience. J'ai de l'expérience de ce que je veux. Finalement, au final, je me mets à lire sur le métier de photographe. C'est quand même cool. Il y a de quoi faire de vraiment nice là-dedans. J'ai appliqué. Mon père n'était pas assez intelligent. Il a voulu que je repasse le test. Il y avait un test de rentrée des forces. C'est ça, l'IFPAP. que je refasse les tests de maths et tout ça. Tu étais juste bon sur l'infanterie et l'artillerie. Je me rappelle quand j'avais fait ces tests-là quand j'avais 20 ans. J'étais sur la brosse. Je revenais d'une brosse de la rue Saint-Jean. Ah oui, tu sais. Juste ça, c'est pour dire
SPEAKER_02que j'étais... Les photographes,
SPEAKER_00ça prend une intelligence supérieure. Parce que ça s'appelle technicien en imagerie. OK. Là, c'est un grand titre.
SPEAKER_03Ils veulent s'assurer que tu es capable d'ouvrir un fichier dans
SPEAKER_00Windows. Exact. C'est sûr que tu vas être capable de cliquer sur un bouton. Mais juste parce que c'est un mot technicien. – Mais ils ont
SPEAKER_03les aptitudes du staff de CFPAT plus élevées que les métiers de combat, l'entrée générale.
SPEAKER_00– Oui, et puis bien des métiers que je ne pensais pas. Même médic, même... Genre là, on va
SPEAKER_03peut-être réviser. – D'ailleurs, excuse, par en temps, il y en a qui se font pogner à ça. Ils changent de métier parce qu'il y a l'artillerie. Tout le temps, il n'y a pas... Tout est de la marde. Tout est meilleur que l'artillerie. Ça a été une mode pendant un bout. Mais j'en reconnais, moi, qu'ils ont rentré sur la mode métier et ils ont refait le test, comme Gary parle, mais il se faisait juste offrir un fort ou genre cuisinier.
SPEAKER_00Il se faisait même pas réoffrir le métier qu'il était. C'est ça. Pas assez bright parce que pour rentrer dans l'artillerie, il faut quand même que tu aies des aptitudes plus qu'un fantassin. Quand tu passes ton test, il faut que tu sois pas bon, mais plus. C'est ça. Un peu. Pas
SPEAKER_03bon, mais
SPEAKER_00qui compte sur les roches. Ouais, c'est ça. T'as le réflexe de compter sur tes doigts. C'est ça. Quand j'ai repassé ce test-là, j'avais étudié toute la netteté. Il a fallu que t'apprennes à compter avec un crayon. Des mathématiques, des produits croisés et tout ça. je me sens que je n'étais pas prêt à faire ça. Finalement, j'ai réussi à passer où la main, c'était correct. J'avais le choix. Là, tu étais rendu intelligent. Oui. Finalement, j'ai eu du potentiel. Après 15 ans d'effort, j'ai eu du potentiel. Finalement, je suis retourné sur mon cours de photographe à Borden. J'étais en OG. Là, tu as dit que
SPEAKER_03c'était un métier médical. Tu gardais
SPEAKER_00ton salaire de sergent 4. Non, je n'étais pas adjudiqué. J'ai gardé ma paie de sergent 4 tout le long de ma carrière. Quand je y repense par après, j'aurais... C'est cool pour toi. J'aurais pu juste tirer sur la plogue quand j'étais sergent. J'ai jamais eu... Je suis remonté caproche-chef dans mon métier, dans le métier photographe, mais j'ai jamais eu de gain de salaire. J'ai fait ça pour le cash. Le best shot était de sortir quand ils me l'ont offert la première fois. J'aurais sorti médical et j'aurais gardé la même paye que j'ai aujourd'hui, juste que
SPEAKER_03j'aurais
SPEAKER_02été... De point de vue personnel, quand on a retiré en tabarouette de la photothèque et de ce que tu apprends... J'imagine que tu
SPEAKER_00as eu aussi du plaisir à faire ta deuxième carrière. Ça a été tough, je te dirais. Oui, ça a été le vieux sergent d'artillerie qui s'en va retomber caporal, qui marche gauche-droite-gauche à Borden, dans un métier de bleu, dans un environnement de bleu, pis dans... Pis là, tu te fais challenger, là, quand les instructeurs qui sont là-bas, les caporale-chefs qui sont là-bas,
SPEAKER_03qu'eux autres... Y'a-t-il des petits moments
SPEAKER_00où je vais te clencher, moi, à mes nuits? Ouais, c'est arrivé, t'es arrivé, là, un caporale-chef, là, qui... C'est sûr, c'est sûr, j'étais senior, t'sais, la première semaine, t'sais, fait que là, j'étais connu un peu, t'sais, mais j'ai fait un maïol, là, t'sais, on est pas arrivé en CF, là, moi, j'étais arrivé en civil, t'sais tous les grammes sur le chest, comme caporal. Ça aurait trop attiré l'attention. Fait que je suis rentré en suite. Fait que c'est ça. Fait que là, cette semaine-là, c'est moi qui étais en charge du groupe. Là, on avait un matelot. Lui, pour moi, il avait une pisse longue. Il était tout le temps aux toilettes et ça prenait un éternité. Fait que là, il arrive en temps. Dans une première journée, il arrive en temps de trois secondes et quart. Fait que là, eux autres, ils essaient de se la jouer
SPEAKER_03rough. On est tous des remasters. C'est quand même un technicien en imagerie. Je veux dire, les timings, il faut que ce soit... C'est important. Il n'est pas arrivé demi-heure
SPEAKER_00après. Il essaie de jouer la grosse game des grands garçons. Le cabra chef me fait sortir de la salle de cours et il commence à me donner un blast de marde en anglais en me disant que c'est inacceptable, que je n'avais pas le contrôle sur mes hommes de moi. Ça a fini que j'ai poké les deux doigts dans le chest et que j'avais l'intention de se passer. Je connaissais l'adjudant de cours et c'est l'adjudant de cours finalement qui est sorti. C'est quoi qui se passe ici? Parce que je parle fort. J'ai une bonne voix, je porte tant. Là où il bravoise il était quasiment en panique. Fait que là, j'ai comme, c'est-tu revenu? Ah, bien oui, il y a
SPEAKER_03plein
SPEAKER_00de jeunes enfants ici. Le tunnel disparaît puis la réalité revient. Woups. Fait que c'est ça. Fait que là, j'ai rencontré l'adjutant, j'ai dit, mène, avertis ton staff. Qu'ils ne viennent pas ici de me casser, ça ne marchera pas.
SPEAKER_02Bien, il n'y a pas de but à atteindre. Je veux dire, c'est quoi l'objectif de
SPEAKER_00te faire ça? De s'imposer, parce que lui savait que j'avais été un boss avant. T'as
SPEAKER_02fait trois tours en Afghanistan. Tu changes de métier à cause de tes oreilles.
SPEAKER_00À un moment donné, c'est pas le but de te casser. Je marche dans ma boîte, je le fais. J'étais vraiment... Des gars... Il y a
SPEAKER_03quand même eu quelque chose, je sais pas si vous autres avez croisé ça dans l'après-Afghanistan, dans vos carrières. Moi, je l'ai croisé. Un complexe d'infériorité par rapport à ceux qui sont pas allés.
SPEAKER_00À
SPEAKER_03100%. Moi, j'ai eu des moments... En Afrique, j'ai eu un exemple avec un adjudant-maître anglophone qui me ramasse c'est pour du kit. J'ai dit, bien, monsieur, c'est un kit qui a été échoué. J'ai senti une hargne de ceux qui sont... Jalousie. Jalousie de ceux qui ne sont pas allés. Probablement. Quand il faisait face à des gars comme ça et qu'il y avait une situation qui pouvait avoir du levier, on dirait qu'il essayait. Je ne dis pas que c'était généralisé.
SPEAKER_00Mais oui, effectivement, c'est ce qu'on pouvait ressentir. Je suis d'accord avec ça. Parce que ce cabral-chef-là, il était allé en Afghanistan, mais eux autres, les photographes, c'est des petits tours. Il se claquait le 30 jours. 30
SPEAKER_03jours à photographier les dignitaires qui sortent. Ce n'est pas tout le monde qui est comme run
SPEAKER_00à Combat Camera. Non, c'était qu'il était sur le run qu'il a fait ça. Il était à deux
SPEAKER_02types. Ronald, ça devait être une légende pour
SPEAKER_03les
SPEAKER_00techniciens. On va l'amener, Ronald, ici. On pourrait bien. Parce que Combat Camera, il en a fait des affaires le fun. Il était en arrière de nous autres, en fait. C'est notre guerre en 2007. C'est lui qui est en arrière de nous autres. C'est des belles images. Parce
SPEAKER_03que les photothèques, pour vrai, tu as ceux qui sont sur le tarmac qui prennent le gouvernement. en général en photo. Tu as les runs en arrière
SPEAKER_02en combat. Ils ne vont pas nous parler de sa deuxième carrière avec Dan Sear. Pouleur. Pouleur. Non, il travaille avec Dennis. Ah, mais c'est
SPEAKER_03confidentiel. Les poules, c'est un insight pour notre poule de hockey. Dan va trop bien cette année, il faut le lâcher
SPEAKER_00aller. Il va souvent bien
SPEAKER_02dans les poules. En tout cas, celui-là, cette année, il va bien. Hey, fais pas ça en ondes, toi. Il va s'enfler la tête. Non, non, non. Il est très mauvais. Il a vraiment beaucoup de misère, à part cette année. Sinon, les autres années, il est très
SPEAKER_00mauvais. Voilà. Ça mérite
SPEAKER_03d'être dit. Gary, la question, je veux pas l'oublier, c'est celle que je veux te poser le plus depuis que je sais qu'on t'a booké ici. T'as changé de métier, t'as été photothèque, on revient à ta formation, t'as fait une ride F-18.
UNKNOWNOui, plusieurs.
SPEAKER_03Bon, ok, parfait, on garde celle-là. Si t'as le choix, une journée, tu prends une douche après ta journée, tu dors chez vous, une journée, du matin au soir, t'en passerais à quoi? Faire du F-18 ou neutraliser
SPEAKER_00l'ennemi avec l'explosif brisant? C'est chien comme question. Je sais. C'est vraiment chien. Je ne saurais pas quoi répondre.
SPEAKER_03Sérieusement, neutraliser l'ennemi avec l'explosif
SPEAKER_00brisant, ce n'est pas dégueulasse. En tout cas, il a vécu les deux. Il est
SPEAKER_03capable d'y répondre.
SPEAKER_00Je ne sais pas si je suis capable de répondre à ça. Il faut que tu te commettes. Mon Dieu. Mettons, le F-18, c'est sûr que dans le contexte, si on met du contexte autour de l'activité, le F-18, c'est cool parce que c'est un joyride un peu. J'ai fait du dogfight aussi, mais c'est vraiment... T'es pas dans le même contexte de survie, mettons, tandis qu'elle est tirée de l'Aïtchi sur une vraie cible, mettons, en contexte de guerre en Afghanistan. Puis après ça, t'en vas te recoucher chez vous? Oui, il faut mettre ça, sinon tu vas prendre l'F-18. Oui, c'est sûr. Ça va plus vite. Mais c'est sérieux, je le sais pas. Pourquoi t'as fait des rides, l'F-18? Les photographes, ça, c'est l'avantage. Il faut que tu sois willing dans la vie. Puis moi, j'ai toujours été willing de n'importe quoi et je suis un peu cabochon. Ça a été l'image de ma carrière. J'ai eu l'opportunité, j'ai fait les tests médicaux, j'ai passé les tests en ligne. Quand ça arrive, ça se passe vite et il ne faut pas que tu te chopes. Tout le monde me dit « Tu es chanceux, toi, tu vas dans la F-18. Pas de trouble, c'est toi qui y vas le prochain, fais tes tests. » C'est extrêmement demandant, sérieusement. C'est une ère. Ce n'est pas un tour de Ferrari. Ce n'est pas
SPEAKER_03un tour de train.
SPEAKER_00Ça décolle pas mal. On a de la misère à s'imaginer, même si c'est des vieux avions, c'est des vieilles guenilles.
SPEAKER_03Des
SPEAKER_00gars font des miracles. Les techs qui travaillent là-dessus, ils gagnent cher, mais ils font des miracles pour que ça tienne en vol. Il y a toujours de quoi qui marche pas. Il y a de la maintenance là-dessus plus que ça
SPEAKER_02vole.
SPEAKER_00Ils datent les avions. Ils ont 30 ans. 30 ans, 50 ans. Nous autres, ils ont plus de 30 ans, les nôtres. Éventuellement, ils vont migrer vers les F-35, heureusement. Mais tu sais, on n'a pas encore gagné ça. Il n'y en a pas encore dans les hangars. Je ne sais même pas si les hangars sont finis de construire. Mais c'est ça. À un moment donné, il y avait des... Ma première fois, j'étais en Nouvelle-Orléans. J'ai fait des beaux trips aussi comme photographe. Je me suis promené pas mal. Combien de temps as-tu été photographe avant de sortir? Six ans. J'ai fait six ans. Tu as eu du fun en masse. Oui, oui, oui. J'étais allé en Islande. Les autres calculent ça comme un tour. En Islande, je suis parti à rire. Ils me disent... La même médaille qu'à Alert. Après ça, j'étais allé en Barbade. Ça, tout le monde pense que j'étais à Criana, mais c'était entre les deux ouragans, entre Maria et Irma. Ça, c'était une expérience d'une vie. Ça a duré trois semaines. J'ai l'impression que ça a duré six ans. J'ai fait des affaires durant ces trois semaines-là. Je ne dormais pas. J'étais toujours parti en avion. En fait, les deux gros ouragans qu'il y a eu, ça a «wipé» tout l'archipel des Caraïbes, si on veut. Toutes les belles places. Puis ça a «wipé». C'est fini, là. Il n'y a plus de... Les arbres, c'est tous des cotons gris. Les feuilles, ils ont toutes parti. Dans le fond, mon travail, c'est un travail d'affaires publiques. Il fallait que je demande le Canada, c'est quoi qu'il effectuait là-bas. C'était juste ça. C'était vraiment ça. Tu étais avec qui, mettons, des lacs dits? Non, j'étais avec le DART, une bonne partie. Quand on est arrivé, après ça, la deuxième escadron, il y avait un escadron qui était... La troisième escadron, ils ont la deuxième escadron. cartes de bagottes. Ça, c'est un escadron expéditionnaire, si on veut. J'imagine que c'était du vidéo, beaucoup. Oui, vidéo, photo, j'ai tout fait. Dans ce job-là, on a toujours un officier des affaires publiques qui suit. Mais ça, c'est encore une fois un gars qui est trop welling. Un vendredi soir, j'ai les pieds sur le bureau à job, je fermais la shop, j'étais tout seul. Puis mon officier m'appelle, il me dit « Hey, est-ce que tu fais encore là? » « Bien, je fais encore là. Je finis à 3h30, toute la job est finie, mais on finit à 3h30, je vais fermer la shop. » Il me dit « Ça te tente-tu d'aller en barbade? » « Pas là, vite, dis-moi. » « Maria venait de passer. » mais l'autre n'était pas, moi, il n'était pas encore passé. Fait que, ben oui, je pars à rire. Non, non, il dit, si tu me dis oui pour de vrai, tu tombes à 24 heures de vie, puis mec, les hommes s'appellent, tu pars à 24 heures après. OK,
SPEAKER_03pas
SPEAKER_00de trouble. Ma femme n'est pas au courant de ça. Je prends pas ça au sérieux. Je préfère pas de bagages. Ben non, mais non, j'avais quand même l'expérience un peu au travers de ça. Fait que, là, sauf que là, je sais que j'y vais, mais là, j'ai pas de détails. Moi, là, dans ma tête, c'est « wipe it ». Là, faut-tu que je dors jamais de mon rucksack? Faut-tu jamais de mon « ouchi »? Moi, là, J'étais en mode soldat vert. Pas d'information. Je trouve pas c'est qui qui est sur ce tasking-là. Moi, je restais dans les PMQ. Moi, je restais dans la rue des officiers. J'avais tous les commandants à Bagoteville. Je restais dans les PMQ à Bagote, puis c'était à la rue des officiers. Je sais pas pourquoi il y a un caporal. T'as
SPEAKER_03été muté, toi, ta famille,
SPEAKER_00vous avez été muté à Bagote. Tout le monde a bougé là. C'est ça. Dans la rue des commandants, il y a le boss de la base. Bon, je vais aller chercher de l'information. C'était avantage-là. Fait que, mais avant ça, c'est ça. Fait que, avant ça, je prépare mes bagages, je l'annonce à ma femme que je pars, je pars rush en barbate dans 24 heures, au moins. Fait que là, il est 7 heures le soir, je dis, ben, ils vont pas encore appeler. Mettons qu'ils m'appellent dans 20 minutes, tu sais, je vais partir le lendemain matin à 6-7 heures, tu vois. T'as
SPEAKER_02rien de préparé,
SPEAKER_00ton kit est pas fait. Fait que là, je mets mes bagages, je mets des bobettes, des bonins sacs, tu sais. Mais là, mon gros concern, c'était, je vais-tu coucher un outil à quelque part dans le jungle? Il y a pas de camp. Mais là, on sait rien, tu sais. Puis là, l'information qu'on a, c'est que tout est «wipé» il n'y a pas d'hôtel. Fait que là, c'est ça. Fait que là, moi, il n'y a pas d'hôtel. J'ai besoin d'un ouchi pis tout. Fait que là, au final, je trouve l'information pis là, la journée, elle dit « Hey, calme-toi, man. T'as un hôtel vu sur la mer. Casse pas ta tête. T'es avec les reforces. Tu finis ton temps de marde. » Fait que là, moi, tu me dis que tout est « wipe-up ». « Fuck, man. Je vais partir avec la baignade entre les dents encore. » Fait que finalement, c'était pas tant ça. Mais ça, quand même, j'ai pas arrêté une journée. C'est rare que je couche à l'hôtel. Je couche à Nercule, à gauche pis à droite, parce qu'on se prom aider la population locale à sortir du trouble. Puis l'humain étant l'humain, il y a bien des places qu'il n'y avait pas de sécurité. Quand les ouragans sont passés, les bandits sont allés rentrer dans les postes de police,
SPEAKER_02voler les armes. Ah, ça, c'est ça. Tu n'as pas
SPEAKER_00juste fait un job de relations humaines. Non. Je veux dire avec les... J'étais vraiment plus impliqué que la moyenne, je pense, des photographes, peut-être, de par ma nature, de ce que je faisais avant. Mais tu sais, j'étais vraiment, j'étais deep. À un moment donné, je suis parti à à Saint-Lucie avec la clerk pour aller faire check-in des ressortissants canadiens qui étaient, tu sais, qui se faisaient évacuer par bateau. Écoute, ils arrivaient en bateau de pirate, tu sais, des 601 tours de bateau de pirate, tu sais, que ça roule 20 km heure, là, ils ont passé quatre jours en mer, ça se fait brosser, c'était n'importe quoi, tu sais, fait que là, j'arrive à Port-Saint-Lucie, là, on arrive dans le milieu de la nuit, tu sais, c'est toujours un gars du Global Affair Canada qui est là, il y a personne, il y a juste moi puis la clerk, tu sais, puis là, la clerk, elle est fine, là, mais tu sais, elle n'est pas sûre de sa vie, fait Finalement, tu trouves le gars du gouvernement qui a tous les passeports et toutes ces affaires-là. Je vous le dis, ça a été trois jours que j'étais là. Je pense que j'ai dormi 50 minutes pendant ces trois jours-là.
SPEAKER_02Il y avait-tu d'autres contingents d'autres pays? Oui,
SPEAKER_00il y a les Bretts qui sont arrivés. Après ça, les Américains. Ils sont arrivés les délégations. Quand on était pour accueillir les ressortissants, on avait moi, la clerk et le gars du gouvernement. Je gérais les bagages des Canadiens qui arrivaient. On s'entend qu'il n'y avait pas de John Smith et de Jean Tremblay là-dedans. C'était tous des gens qui venaient de communautés différentes, qui étudiaient tout en médecine. Fait que c'était pas nécessairement des grands gaviers non plus. Fait que ramasse les valises, coordonne avec les familles et tout. Je faisais un peu de photos, mais c'était... OK, j'ai mes shots, c'est correct, je vais pouvoir écrire l'article. Fait que c'est sûr. Fait que j'étais parti plus dans l'humainitaire. C'est quelle année à peu près? En 2018, j'ai fait ça. 2017? 2017. Moi, 2017. Fait que septembre... La saison des ouragans, c'est peut-être en octobre 2017. Encore une fois, tu pars. Aucune idée quand tu reviens. Ma femme, je tiens à le dire, t'es formidable. Ça ne complète pas. Têteux, têteux. Têteux, mais pour vrai. Tout ce que j'ai fait de subir, ça fait 23-24 ans qu'on est ensemble. Ça n'a
SPEAKER_02pas
SPEAKER_00rapport. Non, j'avoue que... C'est pour que la femme soit faite pourtant. C'est flexible. C'est incroyable. Je m'en vais en barbade. Je pars... tu sais, à 7h. Fait que finalement, pour revenir à l'histoire, je vais au souper à 7h du soir, ils m'appellent, « Hey, ton avion part à 9h30. » « Ah, 9h30 demain matin, c'est pas super. » « Non, non, 9h30 dans 12h30. » « Je dis que c'est
SPEAKER_0324h, là. » « Non, ça fait pas. » « Ça fait 24h qu'on m'a annoncé que je suis à 24h. » « Ça fait même
SPEAKER_00pas 24h qu'on m'a annoncé. » « Ça fait 3h qu'on me dit que je suis à 24h. » « Mais là, tu me dis que finalement, c'est 12h30. » « Présente-toi, t'as le place. » Fait que là, j'avais fait mes bagages avant. Tu sais, ma femme, encore une fois, elle m'a supporté là-dedans. Les
SPEAKER_02enfants
SPEAKER_00ne sont pas très vieux. Il y a les enfants là-dedans aussi. Moi, le clown, sans penser à rien, je vais t'organiser. C'est vraiment un trip d'égoïste. Je ne dis pas que ma carrière a été égoïste, mais j'ai toujours fait en fonction de moi, ma carrière. Ma femme m'a toujours appuyé là-dedans.
SPEAKER_03C'est dur pour ceux qui restent
SPEAKER_00en arrière. En fait, il devrait y avoir autant de reconnaissance que ceux qui sont allés en avant. Ceux qui sont encore, on a encore des histoires d'horreur, on les connaît toutes, mais Dans mon cas, moi, j'ai vraiment été plus qu'appuyé.
SPEAKER_03Des fois, je pense... On parlait, Pat Vachon était ici la semaine passée avec Golf 1-3. On parlait de son crew. J'ai souvent une pensée pour François Danjou parce que c'est un père de famille. Il était père quand nous autres, on ne l'était pas. Il était à Cane d'or. Nous non plus, je n'avais pas d'enfant à Cane d'or. Je me disais, c'était quoi son état d'esprit quand il décollait dans son lave? C'est
SPEAKER_00un mindset. Lui, il était plus vieux que nous autres pas
SPEAKER_03mal. Il était 36 38-39 à Canada, probablement, même
SPEAKER_00s'il n'avait pas rendu à 40 ans.
SPEAKER_03C'est vraiment d'autres choses. Comme tu dis, ceux qui sont restés en arrière, c'est vraiment... En tout cas, c'est pas tout le monde qui est fait pour ça. C'est pas toutes les femmes ou les hommes, dépendamment de vos choix de vie. C'est pas fait pour tout le monde.
SPEAKER_00Non, exactement. Elle m'a toujours appuyé là-dedans. C'était inconditionnel. Il y a des fois que ça a été plus dur. Elle m'a dit qu'il faudrait que j'arrête. J'essayais de prendre ce moment-là, mettons, 2-3 mois collé.
SPEAKER_03C'était T'en es-tu venu, justement, que ta fin de carrière, c'est arrivé avec un moment que t'avais ton 20 ans, puis tu voulais sortir, t'étais rendu là, ou c'était une décision de famille? Non, c'était
SPEAKER_00une décision médicale, encore une fois. C'est juste que là, à un moment donné, c'est ça. Fait que là, je fitais dans l'environnement que j'étais. Quand j'étais photographe, quand j'étais en opération, pour aider les gens, mais en garnison, faire des caristes de photos de passeport, puis gérer les artistes. Je n'ai rien contre les artistes. Je me considère peut-être comme un artiste plus rationnel. Parce que moi, c'est une photo floue et floue. Ça n'est pas de me dire, je voulais mettre du mouvement. Non, tu n'es pas bon. Focus dessus la prochaine fois. Je suis assez rationnel. Mais ça vient avec des émotions. Durant cette période-là, de ces six ans-là que j'ai été photographe, mon intelligence émotionnelle était vraiment à zéro.
SPEAKER_03Je déroulais le monde. Tu es d'un métier avec du monde
SPEAKER_00qui en ont probablement une pas mal plus et qui l'écoutent. Ils sont plus à leurs besoins. Il faut que tu comprennes nous autres, l'expression prendre une balle pour l'équipe, c'était comme mon introduction à la vie civile. J'étais comme, vous êtes dans l'armée, vous comprenez pas, vous allez ouvrir comme moi, je veux que ça roule. J'avais des patrons, je veux pas le métier de photographe, pas un métier qui use vraiment. Il y a moyen que tu puisses surfer la vague assez facilement, pas trop déployé, puis tu peux monter dans l'organisation. J'ai toujours eu des boss que c'est ça, 35 ans, 36 ans de service, pas de médaille ou les jubilés à Coteuil. Pas de tour à rien. Après ça, eux autres, ils essayent d'assurer leur leadership alors que c'est moi qui roule à la shop au complet, qui trouvais les beaux taskings. Avant, on ne me l'avait pas quand j'étais arrivé la première année à Bagot. J'ai regardé ça, j'ai fait quoi à vos autres sites? Des photos de passeport et des cadres. J'étais capable de faire des cadres. C'est une autre réalité. C'est comme Bat Camera qui font ça, ce que Ron faisait, c'est Combat Camera qui va là je parle Combat Camera mais c'est Check My Ballet Just Watch Me, on a pas moins de talent qu'eux autres, pis ça j'avais réussi à trouver se faire des connexions, rester dans les officiers ça fait des bonnes connexions ton commandant ton commandant d'escadron est en face faut que tu
SPEAKER_03trouves celui qui a le code financier c'est lui que
SPEAKER_00tu veux te le donner c'est lui que tu veux le gars au code financier ouais c'est ça pis ça a fini que j'ai fini acheteur aussi de ma
SPEAKER_03section t'avais ton code financier
SPEAKER_00Tu sais, la mafia, j'ai toujours été un peu là-dedans. J'aurais aimé ça, la magouille,
SPEAKER_03d'organiser les
SPEAKER_00choses. Quelqu'un fout le chien avec un code financier. Oui, c'est ça. Quand le boss dit oui, c'est beau, tu peux le flobber ton 100 000 piastres. Sérieux? Oui, on a besoin de ça. La COVID, quand c'était arrivé, on faisait pitié, on n'était pas prêts à ça. Moi, j'avais des pierres au rein et ils ont décidé que j'étais un code spécial durant la COVID parce que j'avais eu des pierres au rein. Moi, j'étais obligé de rester chez nous, mais nous autres, mon équipe faisait des town halls et des affaires pour que le commandant parle au monde. Les premiers qui ont fait ça, ils ont fait ça avec un écran de laptop Windows. Tout le monde était à six pieds de distance. Le son est dégueulasse. Les gars n'étaient pas prêts. Moi, j'étais en avant de ça sur
SPEAKER_03Facebook et je bouille. Savez-vous qu'ils se vendent des maudites
SPEAKER_00belles bebelles qu'on peut s'acheter pour rendre l'expérience plus agréable? L'autre town hall d'après, le commandant, j'y explique qu'il y a nos besoins. J'étais juste seul avec. Je lui ai dit, laissez-moi faire les les restrictions des reins. Fait que là, j'ai expliqué toutes nos lacunes. Puis là, la COVID, ça a fait comme dans tout le budget, il est ouvert sur tout. Pas de trouble. Il dit, va voir le colonel un tel des finances puis donne-lui ta liste d'épicerie. C'est open. Hé, mon Dieu, c'est le fun ça. Fait que là, on avait du sens. On est devenu au Canada la référence un peu en live streaming puis en être capable de faire des town halls ou des parades, streamer parades sur Internet Nous autres, le métier ne faisait pas tant ça. Le monde se complaisait un peu dans le métier. C'est le fun d'être en congé et tout. Mais au lieu d'évoluer, les autres, ils aimaient mieux être tranquilles. Mais moi, j'attends un peu. On ne passera pas pour des libellules de même. Le monde, on n'entend pas rien. On ne comprend rien. Mais j'espère. C'est le son du laptop, le micro. Les gars sont assis pieds l'un de l'autre dans une salle, port à port. Ils ont l'espoir d'être des spécialistes. On peut-tu au moins avoir l'air un peu pro, changer les caméras
UNKNOWN?
SPEAKER_00On avait déjà du stock qu'on pouvait faire un peu avec, mais ça plantait tout le temps. C'était pas stable. Le commandant, il voyait qu'on travaillait fort. J'avais la goutte dans le front. C'était assez garré. Qu'est-ce qu'il pourrait faire? Je vais pas tout vous dire ça. Vous ne comprendrez rien, mais je peux tout vous dire ça. Ça
SPEAKER_03a passé. Ça a passé. À un moment donné, tu en es venu et tu sentais que ça fit
SPEAKER_00témoin un peu. En fait, c'est vraiment de l'agressivité. Quand tu es toujours en crise, après quelqu'un ou quelque chose, tu es toujours Tu es toujours en combat. Tu es toujours en train de «fighter» pour quelque chose. Il n'y en a plus de combat, c'est plat à dire. Puis là, tu te bats contre des civils un peu, des gens qui ont zéro ta réalité dans ta tête. Puis là, finalement, tu te dis, quand c'est le problème de tout le monde, c'est peut-être moi le problème. Quand tout le
SPEAKER_03monde a le problème, c'est peut-être moi le problème. Oui,
SPEAKER_00c'est ça. À un moment donné, il faut que tu… C'est là que j'ai commencé par voir un psychologue. Le psychologue, je suis encore avec aujourd'hui, il fait cinq ans. Il disait, la première fois que je suis arrivé dans son bureau… L'hôpital donnait 10 rencontres. Facture pas jusqu'à 10. Après 2-3, on va en
SPEAKER_03avoir en masse. On a tous eu la même affaire. On m'a raconté 2-3 petites histoires qui passent avec tout le monde.
SPEAKER_00Je vais te faire peur et tu vas me dire que Sébastien s'apprête. C'était vraiment ça. Finalement, il était plus tough que je pensais. Et toi, tu l'étais moins que tu pensais. Après, mettons, 5-6 rencontres, c'est vrai. Non, c'est vrai. Il a essayé de me dire que j'étais vulnérable, tu sais. Pardon? C'est quoi ce mot-là? C'est vulnérable. J'ai-tu l'air d'une jeune fille, celui dans une cour d'école? Vulnérable à quoi? Il partait. Des fois, je me chicanais quasiment avec.
SPEAKER_03Après trois ans de thérapie, tu t'assieds. Oui, cette semaine, j'ai ressenti un peu de
SPEAKER_00vulnérabilité. Non, je ne sais pas. Je me sens plus vulnérable aujourd'hui. Je suis
SPEAKER_03encore en crise. Je me permets de faire des blagues parce qu'on a
SPEAKER_00tout un peu... Oui, c'est ça. On ne veut pas se mettre des mots de même dans la bouche. Oui, mais tu es sensible à ça. Non, ça me fait
SPEAKER_02chier, point. Fait que là, dans le fond, ta carrière de militaire, photographe, t'as amené
SPEAKER_00maintenant à une vie civile où est-ce que... La
SPEAKER_02photographie
SPEAKER_00civile. Exactement, que j'ai... La photo, vraiment, c'est une histoire de passion pour moi. Ça a été plus qu'un métier. Ça devient une job, puis les gars sont pas photographes. T'as du
SPEAKER_02talent
SPEAKER_00en passant. Je vois tes choses passer. Je publie quasiment rien. Je suis vraiment mauvais parce que c'est un autre job à temps plein, s'occuper des médias sociaux. Puis... Tu sais, il y a un trouble de déficit d'attention. Je me pose une photo, ça me prend 45 minutes après avoir scrollé internellement dans les vidéos. Fait que là, tu es parti de ton entreprise? Oui, en fait. Oui, j'ai parti de mon entreprise. Dans le fond, c'est ça. Je fais de la photo-vidéo corporative, si on veut, un peu. Je fais beaucoup de mariage aussi. Ça, c'est plus sur le site. Ça a l'air niaiseux, mais tu sais... C'est de l'ouvrage ancien. Mariage, sûrement. Non, sérieusement, j'en
SPEAKER_03fais moins. J'allais dire, je te trouve bon pour quelqu'un qui cherche peut-être à s'apaiser parce que Je pense que c'est ultra stressant dans le monde
SPEAKER_00de la photo. Moi, c'est ça. Plus que c'est stressant, plus que ça donne un genre d'adrénaline, si tu veux. Tu cours encore. C'est comme la performance. J'aime ça. Mes journées sont longues. Toi, tu
SPEAKER_03devrais aller photographier Serge. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui.
SPEAKER_02Tais-toi,
SPEAKER_00Phil, parce que tu ne sais pas c'est quoi les marchés. Il s'entraîne pour un marathon présentement. Ah, rien que ça. Ouais, quand même. 56 ans, là. Pour de vrai, il dégage une vibe. Ah ouais, il est sur la
SPEAKER_02coche. Fait que là, tu fais des contrats de,
SPEAKER_00on va dire, corporatifs. Ouais, corporatifs. J'ai des clients qui sont récurrents. J'ai des clients Sushi, fiches privées pour les ploguer. Club privé de Sushi, c'est une belle histoire que j'ai avec eux autres, avec Christian qui est le propriétaire de ça avec sa fan, mais qui est aussi un club de box Empire en ville. Tu fais du drone, si j'imagine? Oui, pilote de drone. J'aime ça dire ça. C'est ça qui est marqué sur mon permis. J'ai un pilote de drone. Je ne suis pas un pilote. J'ai une manette dans les mains et je fais tourner mon drone en rond. Ce n'est pas rien, mais oui, c'est un monde spécial, le drone. C'est le fun. Surtout au Canada, c'est très restreint et c'est très... C'est fou, ça n'a juste pas d'allure. Mais c'est ça. Sauf que c'est le fun quand tu es capable d'en faire dans
SPEAKER_03des spots précis. Dans le contexte de l'environnement de la photo civile que tu es présentement, tu retrouves-tu des choses que tu pratiquais comme photothèque dans les forces? Est-ce que tu appliques encore des affaires que tu as apprises? Outre les techniques photo. Oui,
SPEAKER_00c'est sûr. La créativité dans l'armée, c'est plutôt restreint. C'est vraiment ma formation du documentaire. C'est plus illustrer une histoire. C'est pour ça que les mariages. Dans mon cas, moi, c'est plus facile peut-être de travailler dans ce domaine-là parce que je raconte une
SPEAKER_03histoire.
SPEAKER_02Tu lui fais un semestre. Un semestre d'amour imagé. Ah oui, c'est ça, exactement. Il faut vraiment que tu veuilles organiser le mariage. T'es quasiment pas l'organisateur, mais t'en fais partie totalement.
SPEAKER_00En fait, je suis un peu le guide. Je le dis à mes clients, je suis un peu votre guide parce que votre horaire, vous allez l'oublier. Tu veux
SPEAKER_03parler de quoi d'important que le
SPEAKER_02photographe n'est pas au courant. Moi, je me suis marié l'année passée. Ton photographe était sous l'air à côté de toi. J'étais au timing prêt. Je me suis rendu compte que c'est lui qui dirigeait un peu. On donnait un peu nos timings, mais en même temps, lui, il nous
SPEAKER_00conseillait de… Oui, parce que souvent, la planification est faite et il y a des choses qui ne sont pas prises en considération. Tout le monde les veut, les photos Instagram ou les vidéos sensationnelles. Il faut que tu me donnes du temps. Je ne peux pas… Ça prend plus que trois secondes, mettons. Ça me prend un temps
SPEAKER_03d'organisation. Es-tu encore un gars de Nikon, toi? Oui. Tu es Nikon Z dans la série Z. Il est fou, Nikon Z. Oui. Je m'excuse, mais Pat, lui, il était canon. R5. Le pire, c'est que j'y
SPEAKER_00ai dit. Parce que Pat, j'ai fait son mariage. J'ai fait son mariage en photo. C'est drôle, ça. Il me l'avait dit. J'aimerais ça m'en aller en photo avant qu'il fasse son cours de photo. Va t'en compte. Ça évolue. Je ne sais pas, peut-être
SPEAKER_02aller
SPEAKER_03en canon.
SPEAKER_02Je ne parle plus. C'est comme... Excusez-moi, les boys. Parce que Là, je vous explique. On est avant les vacances. Parce que ceux qui nous écoutent, on n'est pas en direct. Mais là, c'est des cadeaux de mes sous-traitants d'abord, puis de l'autre. Ça vient me voir avant que ça se finisse. C'est pour ça que j'arrête de temps en
SPEAKER_03temps. On est dans les bureaux d'Item Construction qui nous fournit généreusement le local. On remercie. Merci. Dans le fond, tu as parti de ta maison, tu prends des contrats de mariage, puis tu fais du corpo. Comment tu... Comment je dirais ça? Parce que, t'sais, je sais pas si toi, ça t'a fait ça. T'sais, t'es rentré jeune dans l'armée, parce que...
SPEAKER_00Ouais, j'ai rentré, j'avais
SPEAKER_0317 ans. C'est ça, t'es une petite affaire plus jeune que moi. T'sais, on se suit, c'est juste que moi, j'ai genre 3 ans de plus
SPEAKER_00d'armée. Ouais, t'es plus vieux que
SPEAKER_03moi, ouais. De recrut, je suis allé au recrut 3 ans avant toi, pis je suis né 3 ans avant toi, mais
SPEAKER_00sinon, ça se ressemble, t'sais. Ouais, le pat, là. Ouais, t'sais, nos âges,
SPEAKER_03nos étapes d'âge, t'sais, fait que je sais pas si toi, ça t'a fait ça, mais t'sais, quand tu rentres à 18 ans dans l'armée, tu ressors à 40 ans, tous les beaux termes. C'est ça. C'est comme avoir un outil dans sa boîte à outils. Je veux dire, c'est bien le fun quand quelqu'un t'explique ça, mais quoi faire avec ça? C'est un autre pas de demande. Est-ce que toi, faire la photo, tu retrouves ça un peu ou c'est vraiment juste un côté pratique que tu as trouvé que tu gardes? C'est
SPEAKER_00quoi ça t'amène? En fait, c'est deux volets. Le premier volet, oui, c'est très gratifiant parce que quand tu fais des photos pour quelqu'un, que ce soit un client corpo, la corpo, c'est un peu plus sec. Quand ils sont contents, ils sont contents, mais tu n'auras pas de personne qui va pleurer. C'est des photos de sushi. C'est business. C'est très business. Il y a une belle poignée de mains. Tu sais qu'ils sont contents quand ils te rappellent la fois d'après pour refaire d'autres photos. Ça, c'est le fun. Mais le côté mariage, mettons, c'est le côté plus humain. Quand tu délivres ton vidéo, tes photos, puis que la mariée, elle pleure, puis que la mariée aussi, puis que j'avais pas vu ça, j'avais pas vu ça. Ça, c'est comme le côté gratifiant de la patente qui est le fun quand même. C'est une des raisons pourquoi j'ai pas totalement arrêté les mariages. J'en prends beaucoup moins. Parce que l'heure de rien, c'est les fins de semaine durant l'été. Tu
SPEAKER_03C'est ça,
SPEAKER_00c'est tout l'été booké. Mes plus grosses années, j'en faisais 7-8 par été. Mais en vidéo, il faut que je le processe, cette vidéo-là. Je travaille la fin de semaine, je le fasse la semaine. Je travaille la fin de semaine, je le fais la semaine. J'arrive à la fin de mon
SPEAKER_03été. La réalité, dis-moi si je me trompe, la réalité d'un photographe, si ton année fiscale commence avec 0$, c'est que ta saison, c'est les mariages et c'est là que le cash rentre
SPEAKER_00aussi. Oui, c'est ça. Il faut que tu sois prêt à faire, pas se sacrifier mais c'est le name of the game. Tu as fait un service, puis généralement, quand tu fais le service, c'est quand les gens ne travaillent pas. En vrai, l'industrie du service, c'est ça. Les serveurs travaillent le soir, mais c'est parce que le monde ne travaille pas. Mais ça, ce n'est pas ce qui me dérange tant, mais c'est là avec la famille, les enfants. Je trouve ça quand même prenant pour gérer les vacances et tout ça. Là, je suis sorti médical des forces, donc j'ai eu la chance d'avoir les avantages de ça. Je ne l'ai pas fait quand je suis sorti des forces. Je suis vraiment reparti dans ma business. J'étais vraiment parti de la compagnie avec les numéros et investi de l'argent. À un moment donné, j'ai pris deux minutes. C'est des obligations. Quand tu es entrepreneur et que tu décides de partir de ta business, tu fais deux jobs. Tu es entrepreneur et tu as un job. C'est complètement deux jobs séparés. Faire la
SPEAKER_03job de ton entreprise
SPEAKER_00et la gérer. C'est deux jobs. Il faut que tu prévoies Le fait que tu as deux chiffres. Tu as ton chiffre de photo, mais après ça, tu as ton chiffre de business. C'est un peu... Je suis sorti avec mes défis parce que quand tu te rends compte que finalement, je suis fatigué. Je ne suis pas fatigué. Je vais dormir, je vais me reposer. Non, je suis exténué. Je n'ai plus envie de rien. Je l'ai eu, cette phase-là, longtemps. Les deux premières années, quand je suis sorti, les deux premières années, ça a été ça. Je suis dans ma quatrième. Je suis sorti en 2021. Je vais taper ma quatrième en mars. Puis les deux premières années, filer vraiment comme une poubelle, de ne pas me le permettre, de dire que j'ai eu 21 ans de service qui n'ont pas arrêté une minute. Puis dans ma tête, j'ai toujours dit, je n'ai pas fait ça pour ça. Mon résultat final, je ne l'aime pas. Ce n'est pas pour ça. Ça a été vraiment long avant que je l'accepte. Puis même encore aujourd'hui, il y a des fois que je ne me permets pas de prendre une journée de congé. C'est sur 7. C'est
SPEAKER_03pas dur de faire la paix avec de ne pas être où on s'était dit qu'on se ferait. Ça n'a pas fini de la façon qu'on aurait voulu que ça finisse.
SPEAKER_00Exact. Tu ne veux pas dire que c'est une pension d'invalidité. J'haïs ce mot-là parce que je suis encore capable de marcher. Je n'ai pas un énorme cercle d'amis. Quand le psychologue sort sa liste, finalement, tu n'es pas correct. Tu ne vois pas que sur les 10 symptômes de post-traumatique, tu en coches 9. Tu vois bien que tu n'es pas correct. Dans ma tête, ça ne fait pas encore de sens. C'est fait Ça n'arrivera pas tout de suite.
SPEAKER_03C'est d'apprendre. C'est pas moi qui ai inventé ce que je vais dire là. C'est quelqu'un d'autre qui me l'a dit, mais j'avais trouvé, en tout cas pour moi, à l'époque, quand je l'ai entendu, ça prenait tout son sens. C'est de faire le deuil de la personne que tu ne seras plus. Exact. Gary Calvin en 2007 dans Golf 1-2, c'est ça. C'est ça. C'est un cheminement personnel. C'est surtout ça qui est important. Ça n'a plus de besoin. Je ne sais pas si ça t'a fait ça, mais d'accepter ça, que ça n'a plus besoin d'être dans moi. Je pense que c'est pour ça qu'on est tous un peu hot-head et qu'on craint facilement. C'est qu'on le comprend, que ça n'a plus besoin, mais je ne pense pas qu'on l'applique automatiquement, facilement.
SPEAKER_00Non, puis à quelque part, moi, j'ai pris goût à ça. Moi, être pas violent, je n'aime pas ce terme-là, je ne suis pas violent, mais être dans l'intensité,
SPEAKER_03dans l'agressivité. Écoute, tantôt, quand tu parlais justement de cette affaire-là, de la violence en Afghanistan, je pense que c'est quand tu disais que tu étais reparti en 2010, tu étais comme prêt à ça. Quand j'ai fait mon certificat en journalisme à l'Université Laval, un des professeurs m'a demandé de parler de la relation militaire-journaliste. J'avais pas une grosse expérience, mais quand même, j'ai présenté ce que j'ai pu avec l'expérience. C'était un peu quoi le mot d'ordre de la chaîne de commandement avec les médias. J'ai essayé de familiariser les jeunes avec ça. Il y en a un à mon âme, la question classique. Quand t'es revenu, est-ce que t'as vu des troubles psychologiques? Ils veulent être gentils en te demandant. T'es-tu fou ou t'es correct? T'es-tu revenu fou ou pas? Puis moi, j'ai l'air avec ma grosse face de barbe grise. Puis quand j'ai répondu à la jeune, elle était super correcte, elle travaillait au soleil, cette petite fille-là. Elle était brillante. Cette petite fille-là, même quand j'ai dit ça, elle capote. Cette jeune femme-là, parce que Chris... C'est la vingtaine de moins que moi. C'est pas dénigrant quand j'ai dit ça dans ma tête. Mais bref, j'avais dit, ce qui est difficile, c'est de... de faire la paix, avoir eu plaisir
SPEAKER_00d'être si
SPEAKER_03violent. C'était pas 100% ces mots-là, parce que moi, je repensais des shots, c'est que, mettons, vous étiez sous contact, on droppait le drone, c'était comme... C'était le gros fun noir, mais ultimement, quand tu reviens, tu penses à ça, c'est pas
SPEAKER_00sain. C'était la mort. C'est pas sain. Aujourd'hui, j'ai décidé qui c'est qui vivait et qui c'est qui
SPEAKER_03vivait pas. C'est heavy quand tu penses
SPEAKER_00à ça. Quand j'ai pris ma décision, j'étais très heureux avec ça. Il m'a changé le commandement, il m'a tapé dans le dos pour me dire bravo, t'as fait un bon travail. Quand t'en remets ça en perspective civile,
SPEAKER_03c'est ça. Prendre plaisir à appliquer la violence dans une démesure aussi...
SPEAKER_00À long terme. C'était encouragé. On a eu des médailles pour ça, on a eu des recommandations pour ça. Dans le fond, c'était valorisé. T'en reviens ici, pis ce côté de valorisation-là... Dans le
SPEAKER_03fond, ils l'ont à l'envers. Y'a aucun problème avec la violence. C'est qu'après ça, on peut plus l'être que
SPEAKER_00ça. C'est de l'oeuf. C'est ça. On devrait avoir une petite carte. Ah, regarde, lui, il a sa carte. C'est
SPEAKER_03correct. Ce que tu fais présentement, la photo, tes enfants, ce qu'ils sont rendus, ça te permet-tu de... T'es-tu en paix? C'est la grosse question qu'on a toutes, parce qu'on est tous un peu, je pense, tiraillés. Moi, je regarde des affaires des fois en Ukraine, puis je me dis, ah, il me semble que j'y regoutterais, puis
SPEAKER_00en même temps, il me semble qu'il n'y a pas une squeeze de minute. Non, c'est comme ça, les guerres qu'on voit présentement, comme Israël, avec...
SPEAKER_03Moi, ça me manque pas
SPEAKER_00en tête. Non, ça non plus. Puis ça, c'est des conflits qui sont, on dirait qu'ils sont plus loin de mes valeurs, tu sais, parce que je les comprends pas tant au niveau valeurs, tu sais, je comprends le conflit en tant que tel, mais, tu sais, de dire, OK, qu'est-ce qui motive ça, puis c'est quoi la vraie raison derrière toutes ces affaires
SPEAKER_02de
SPEAKER_03fous-là qui se passent? Ah, excusez-moi, oui. C'est bien correct. T'as-tu un beau cadeau? Nous rappelons que les... C'est souvent de l'alcool puis de la bouffe. Nous rappelons que ce local est
SPEAKER_02commandité paritaine de construction, qu'il a fallu qu'il aille chercher les cadeaux de fournissage. Oui. Ben, tu sais, Il faut quand même
SPEAKER_00que je prenne du temps. Il me
SPEAKER_03donne un tellement bon service. Il faut que les billes se payent. Il n'y a pas des poignées de main, ça fait pas. En tout cas, on parlait, je demandais à Gary s'il était en paix aujourd'hui avec ce qu'il avait fait avec sa business de photos. On parlait de la dualité entre la violence qu'on a appliquée en opération et le fait d'atterrir. La dichotomie entre les deux, le décalage
SPEAKER_00entre les deux. C'est un volet qui est très dur à ne pas effacer, mais à dire, OK, ça, ce n'est plus ce que je suis aujourd'hui.
SPEAKER_02Tu ne peux
SPEAKER_00pas l'effacer, je pense. Non, ce n'est pas possible. Tu vis avec. Non, non, c'est ça. Tu as une réputation gardée quand même. La réputation au jeu, c'est vraiment, donne ça dans les mains à Gary, ça va se régler. Il faut qu'il donne des lignes directrices, c'est pareil
SPEAKER_03à Gary. Dans ton travail, dans ta photo, dans tes contrats, tu finis-tu tes journées et tu dis, je suis fier de ma journée, je
SPEAKER_02suis content, les gens... Jamais, jamais. Ça ressemble à quoi une journée. Exemple, là. Est-ce que tous les jours, tu
SPEAKER_00travailles? Non, pas... Là, comme là, on n'a pas approché ça, mais je joue aussi le directeur des programmes de football de St-Patrick's High School. Oui, ça t'occupe. Oui, c'est sûr. Ça fait que ça, c'est une belle
SPEAKER_02job. Explique, là, pour qu'on comprenne bien
SPEAKER_00dans le fond. Oui, en fait, mes garçons vont à l'école anglophone à St-Patrick's, ici, en ville. Et puis, il n'y avait pas personne qui était comme responsable pour coordonner tout ce qui était football au niveau de l'école. Ça fait que ça a donné que... Tu sais, quand mes jeunes sont On est arrivés à l'école. Mon plus jeune, il rentre en secondaire 1. Mon plus jeune, secondaire 3. Puis la première année, j'étais un militaire. L'organisation, on connaissait un peu. J'ai regardé ça. Je me suis dit, il me semble qu'on est un peu à peu près. J'ai commencé à m'impliquer bénévolement vraiment beaucoup. J'étais encore très impliqué bénévolement parce que ça ne paye pas tant. Mais c'est ça. J'ai embarqué un peu plus coordonné avec les coachs. Qu'est-ce qu'on veut? Définir les besoins. Dans l'armée, comme une équipe, je gère ça comme une business aussi. dans le fond. L'avantage que j'ai, c'est que je peux le faire avec l'armée. Je peux mettre mon côté photo un peu sur le side, sur le côté, puis de ne pas en souffrir tant que ça, puis de me consacrer vraiment à passer du temps de qualité avec mes enfants que je n'ai pas eu tant quand j'étais petit. C'est ça qu'ils sont rendus des vieux ados, des jeunes adultes. Je ne sais plus comment ils s'appelaient. Ça m'a donné l'opportunité de passer du temps avec eux autres un peu plus sur le terrain. En t'appliquant dans quelque chose qu'eux autres viennent. C'est drôle, cette semaine, on parlait de ça avec ma femme, puis elle disait si t'es père poule ben plus que moi qui est mère poule ben oui je suis sur le bord du terrain pourquoi tu penses que je suis sur le bord du terrain s'il arrive de quoi de mes enfants je vais être là pour intervenir
SPEAKER_03t'es prêt en plus le directeur du programme de football peut donner de la job à l'entreprise de photos
SPEAKER_00ouais ouais aussi je fais les photos d'équipe non mais c'est vrai c'est moi qui fais les photos de joueurs individuels mais tu sais tout ça ça rentre dans la partie bénévolat ben oui tu sais j'éventre pas les photos c'est pour les jeunes oui c'est ça je fais ça vraiment pour les jeunes tu sais Il y a plein d'équipes qui m'ont approché. On aimerait ça que tu viennes filmer nos seniors, nos plus vieux, pour faire un clip de promotion qui se fasse recruter après ça. C'est ça la beauté du sport, du football. Il n'y a pas juste l'école secondaire. Après ça, si tu veux aller plus loin, il y a le volet recrutement, il y a le volet de les scouts, de gérer. C'est vraiment le fun. J'ai eu la chance de le vivre un peu avec mon plus vieux. Lui, finalement, il a décidé de s'en aller charpentier-menusier. Mais avant qu'il prenne sa décision, le mois de décembre, on était dans cette période-là. Il rencontrait les cégeps. Les gars, les cégeps, ils demandent ta salade là t'sais t'es comme ok ah ouais ah ben c'est une main que ça marche t'sais pis les gars ils t'sais hey venez nous visiter pis tout t'sais fait que c'était vraiment le côté cool de ça fait que t'sais ça j'aimais ça pis je trouvais que notre école était pas nécessairement équipée pour aider nos jeunes là-dedans t'sais c'est pas tout le monde qui a des pères aussi involved que moi mettons dans le processus fait que t'sais je me suis dit je peux donner ça à d'autres jeunes t'sais pis à les aider le plus que je peux t'sais pis qu'on qu'il y en a qui finissent par aller à l'école encore parce que le plus ultime c'est de ça t'sais c'est de garder les boys à l'école c'est plate les statues sont là, les gars, quand ils sont pas stimulés, ils s'en
SPEAKER_02vont. Fait que ça, c'est-tu pas mal de potes
SPEAKER_00en plein, j'imagine, là? Ben là, la grosse saison, là, tu sais, vraiment, là, c'est de à où, je te dirais, jusqu'à là, là, tu sais, là, on vient de terminer, là, la saison est terminée, et puis, ça, c'est intense, ça, c'est toute la semaine, tu sais, parce que là, en plus, je me suis mis à coacher aussi au travers de ça, fait que, c'est parce qu'on manquait de coach, fait que là, je vais y aller, je vais embarquer, fait que je coachais la ligne offensive aussi, pour les deux équipes, on a une équipe juvénile, puis une équipe cadet, fait que là, tu sais, ça fait que... Non, durant le septembre, octobre, novembre.
SPEAKER_02Ma femme, elle dit, ben, tu prépares le souper, mais que t'en reviennes, là. Fait que t'as des contrats
SPEAKER_00au travers de photos. Oui, puis au travers de ça, oui, c'est plus du corpo. Dans ces temps-là, j'essaie de garantir, j'essaie pas de prendre de mariage dans ces temps-là, parce que c'est beaucoup trop de travail après, tu sais, sur le coup. C'est tel que tel, un samedi, ben, quoi, j'ai des games de football, fait que, ben, souvent, j'essaie d'éviter ça. Mais, tu sais, mettons, un samedi, c'est pas super, mais c'est après, tu sais, ça finit plus de finir, parce que j'ai des engagements partout, tu sais. Je ne suis pas supposé d'être à la retraite. Tu es supposé de ralentir un peu. C'est ça. Des fois, tu te dis que tu as encore dépassé ta
SPEAKER_02limite. C'est pour ça que tu as des outils dans ta boîte à outils. Souvent, je laquais avec la
SPEAKER_00boîte à outils. Tu as le temps de faire beaucoup de choses encore. 42, tu dis? Oui, c'est ça. Ça ne fait pas si longtemps que je suis sorti. J'ai l'impression que je suis dans le processus de me chercher encore. Je n'ai jamais été civil. J'étais l'incadence toute ma jeunesse. J'ai toujours été dans une structure militaire. Je suis rentré dans l'armée. J'ai toujours été dans la structure de l'armée. Après ça, on me dit « Organise-toi avec ta structure. » Ce
SPEAKER_02qui est le fun, c'est que tu es allé chercher des formations dans les forces.
SPEAKER_00Tu l'as amené dans le civil. Dans le civil aussi. J'ai fait mon attestation d'études collégiales en démarrage d'entreprise. J'ai fait une couple d'affaires aussi. Je ne suis pas du genre à me laisser
SPEAKER_02mourir. C'est ce qu'on cherche dans notre podcast. Tu n'es pas là pour rien. En fait, tu
SPEAKER_00es là parce que, justement, tu as fait le deuxième service. Oui, c'est ça, exactement. Je pense que c'est important. C'est les gars qui s'en sortent comme nous autres. C'est les gars qui font autre chose après. C'est primordial. C'est ceux qui arrêtent. C'est là qu'on voit qu'ils partent. C'est plate. J'en ai beaucoup qui sont partis parce que les gars ont arrêté. Ils n'ont plus vu clair au travers de la lumière. Ils sont partis. C'est plate. Tu as
SPEAKER_02trouvé ce que tu es.
SPEAKER_00faire. Je ne suis pas fermé à ce que c'est ça que j'aime. Peut-être que dans un avenir, ça ne sera pas sûr. Je vais tout lâcher ça et je vais repartir sur un autre trip. Je suis souvent de même. Dans ma vie, ça a été ça. Là, c'est la photo. C'est ça, exactement. C'est vraiment une passion. Une passion secrète. J'aime bien les
SPEAKER_02oiseaux. Tu aimes les oiseaux? Tu prends des photos d'oiseaux? Ronald aime ça. Ça fait deux fois qu'on parle de Ronald. On n'aura pas le choix de l'inviter. Il prend beaucoup de photos
SPEAKER_00d'oiseaux aussi. C'est ça, les votes J'aime ça, les oiseaux
SPEAKER_02agressifs un peu. Ah, tu sais, il fait le conducteur avec le rime. Les chars. J'ai une connexion spéciale avec eux. Tu aimes les
SPEAKER_00rapaces. Oui, oui, oui. Tout ce qui est boue, chouette. Bald Eagle. Tu promènes dans le bois? Oui, tout le temps. Éventuellement, j'aimerais ça me partir, pas un podcast, mais une chaîne YouTube. Ça va s'appeler probablement Un gars dans le bois. J'aime ça. Je reste à Valcartier, dans le fin fond des montagnes. Je ne suis pas... Moi, aller dans le bois, chez nous, ce n'est pas compliqué. Je sors, j'ouvre la porte, je suis dans le bois. Tu es un peu en retraite de tout le monde. Je suis voisin du Mont-Saint-Sacrement, mais par le bois. C'est parce que la route est mal faite. Tu as un grand détour quand tu veux y aller en char,
SPEAKER_02mais dans le bois, tu es à trois minutes à pied.
SPEAKER_00Tu es dans le bois. Oui, vraiment. Tu sors tes raquettes.
UNKNOWNC'est sûr.
SPEAKER_03On entend des bouche-nous le soir. Je suis dans mon spot. Gary, les gens qui viennent ici, quand on arrive à la fin comme ça, j'essaie, quand on y pense, pas toujours, d'essayer de dire « Écoute, si tu avais une conversation avec un gars qui a passé un peu par ce que tu as passé et qu'il est un peu dans la réflexion de « Je m'accroche-tu dans mon garage avec une prescription de cannabis dans la pinne et je ne sors plus de là » ou « Je rouvre ma porte et je croque dans la vie. Qu'est-ce que tu dirais à cette personne-là? Qu'est-ce que tu l'encouragerais à faire?
SPEAKER_00En fait, ce n'est pas facile. En fait, c'est zéro le fun. C'est souffrant. C'est... sortir de son petit monde de poteux c'est pas le fun c'est pas facile c'est tough encore aujourd'hui quand je vais au Costco il y avait plus de monde que j'avais anticipé tenir le panier mais il faut que je le fasse l'adversité c'est bon dans la vie c'est pas juste dans le sport c'est pas juste dans la photo l'adversité c'est bon dans la vie oui ça va faire mal Oui, c'est plate. Oui, tu vas avoir des bottes. Tu vas te dire, je ne suis pas capable de le faire, mais ça va être comme le reste de la journée. Tu vas passer au travers. Tu vas te dire, ce n'était pas si tant pire que ça, finalement. Je l'ai vu toute ma carrière. À chaque fois qu'on faisait une opération de débile, je me disais, la prochaine, elle ne peut pas être pire. Puis, elle était dix fois pire. À tous les coups, tu fais ça. À un moment donné, tu apprends à vivre avec ça. C'est dans ton pain et ton beurre. C'est la même chose de sortir de chez vous. Quand tu es isolé et que tu décides de rester chez vous, tu sais, parce que tu as tous les défis du monde et toutes les raisons du monde de le faire. Mais, tu sais, botte-toi le cul et vas-y dehors. Vas-y voir... Tu n'es pas obligé d'aller voir tout le monde. Tu n'es pas obligé d'aller voir du monde. Va juste prendre une marche en ville à Québec. Va juste... Sors de ce que tu n'es pas d'habitude de faire. Invente des trucs que tu n'as jamais faits. C'est bien sûr, c'est des choses banales. Tu n'as pas besoin d'aller sauter en parachute. Non, tu as besoin de grandir. Tu n'as pas besoin. Pas juste d'accomplir... Non, tu n'as pas besoin d'aller sur le climat de Jarou de reculons. Oui. Tu sais, fais juste... qu'il y a quelque chose qui te met mal à l'aise, mais un petit peu. Tout le temps. Un moment donné, tu vas le monter. Tu
SPEAKER_02sors de ta coquille et un moment donné,
SPEAKER_00tu vois que ce n'est pas si pire. Oui, c'est ça. C'est vrai que ce n'est pas si pire. C'est essentiel que tu le fasses parce que sinon, tu n'arriveras pas. Il y a d'autres choses à faire. Ce n'est pas sain de rester chez vous et d'être méfiant. Un moment donné, ton cerveau tombe en morceaux et devient méfiant de tout. Tu es méfiant de tes amis, de ta famille.
SPEAKER_02Il y a du bruit, du noir. Oui, c'est un petit homme dans une spirale négative. négatif.
SPEAKER_00Oui, c'est ça, tu sais, tu tombes dans la roue, puis elle fait une spin-off de la roue, puis tu sais, t'es pas capable de casser le pattern, puis là, bien sûr, ça finit avec un crochet, là. Tu sais, c'est pas le fun, là, tu
SPEAKER_02sais. Fait que le conseil, c'est botte-toi le
SPEAKER_00cul. Oui, exactement, botte-toi le cul. Bon conseil, Gary. Ben, non, je vais... Là, c'est parce que botter le cul, c'est violent un peu, là. Ben non, là. C'est, tu sais, c'est prends-toi en main, puis... Sors de ta zone de contrôle. Ça fait négatif un peu, je trouve, de dire, ah, botte-toi le cul, parce que je me le dis à tous les jours, puis ça marche pas tant. Ça peut. Mais... C'est quelqu'un qui ne file pas vraiment. Bote-toi le cul et tu es capable de le faire. Des fois, c'est ta gueule. Tu ne sais pas par où je parle. Quand je me mets à parler du monde qui ne file pas, c'est comme mon side quest. J'en ai aidé une couple de gars qui n'allaient pas bien. Au final, on jase de tes expériences et je te rapporte aux miennes. Tu vois, on est pareil. C'est identique. Ce n'était pas tout seul. Pas de toi, pas le cul, mais tu sais, affronte tes défis, man, puis tu vois, c'est le fun.
SPEAKER_02– Ouais, mais on avait compris le message, ton concept,
SPEAKER_03là. – Karim,
SPEAKER_02Gary, c'était vraiment le fun de t'avoir. Tu vois, on passe tout le temps, regarde, Karim, d'une heure et demie, on se dit tout le temps... – Félicitations, Gary, pour ton deuxième service. Honnêtement, félicitations. Je trouve que, tu sais, tu... – C'est pas gagné, c'est un travail de tous les jours. – Très
SPEAKER_03bien. – C'est un beau parcours, puis tu sais, beau parcours avec un sacré bagage opérationnel en arrière, fait que, ouais, chapeau, man, sérieusement. – C'est Je suis vraiment
SPEAKER_00content que tu aies passé à nous voir. Je suis vraiment content d'être venu nous voir. Je trouvais ça cool qu'il y ait un film égrif.
SPEAKER_03Je me suis dit, pourquoi moi? Parce que c'est un parcours intéressant, puis c'est inspirant, puis on cherche du monde. Justement, ils ont fait
SPEAKER_00des affaires le fond. On ne se revoyait pas tout le temps. Tu fais ça, comment ça? C'est trippant au bout. Les gens
SPEAKER_03s'intéressent, ils écoutent jaser, ils posent des questions. Pour nous autres, Yann, ça conclut un autre épisode de Deuxième Service. Ça a été un plaisir. Ça va être transparent pour nos auditeurs, mais là, il y a une pause de temps des fêtes d'enregistrement. Je ne sais pas si je vais le garder à l'enregistrement.
SPEAKER_02Oui, mais tu sais, de toute façon, comme on l'a dit tantôt, on n'est pas en direct. Le temps des fêtes va être passé quand
SPEAKER_03toi, tu vas... On va être direct. Je te pose ça au mental.
UNKNOWNC'est pas obligé. Un peu de réalisme. Exact. Merci beaucoup tout le monde. Merci beaucoup Gary. À la semaine prochaine pour nos auditeurs tant appréciés.