Podcast Nouvelle Mission

Épisode 8 - Danny Cyr

Ian et Philippe Season 1 Episode 8

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Pour de nombreux militaires dans la communauté de l'artillerie, Danny est un incontournable. Il a , entre autres choses, connu l'Allemagne, les premiers déploiements en Bosnie, il a servi en Afghanistan et a contribué à la formation des nouvelles recrues au début des années 2010.

Mais outre sa carrière impressionnante, Danny se démarque comme étant un être humain exceptionnel. Un mentor calme et attentif, il s'est mérité un énorme respect de la part de ceux qui ont eu la chance de le côtoyer et de le connaître.

Si on peut sortir Danny du Témiscamingue pour le service militaire, sa région natale, elle, ne l'a jamais quitté. Amoureux et passionné de la nature, il vie sa retraite entre Québec et les grands espaces qui l'ont vu naître. 

Merci Danny pour tous les moments où tu a été présent pour nous.

Bonne écoute.

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Musique

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Bonjour à tous, bienvenue au podcast Nouvelle Mission. Salut Yann. Salut mon ami, ça va bien? Ça va très bien toi-même? Yes, ça va super bien. Oui. Aujourd'hui, super invité qu'on a, un militaire bien sûr à la retraite, mais c'est un peu spécial. En tout cas, Yann, tu me le diras tantôt, mais pour moi, c'est quelqu'un que tout au long de ma carrière, il a été présent comme mentorat, comme oreille attentive. Un bon vieux chum, quelqu'un que je pense que tout le monde connaît. Dans notre cirque, Dans l'artillerie, tout le monde connaît Danny C. Salut, Danny. Salut, les boys. Comment ça va? Ça va bien, toi? Ça va bien. On est content de t'avoir, Dan. Puis comme je disais tantôt, t'es un militaire qui a un sacré bagage parce que t'es de la génération de l'Allemagne. Puis t'es sorti en quelle année? Je suis sorti en 2013. Donc en 2013, t'as connu l'Allemagne, t'as connu les Bosnies des années 90, t'as connu l'Afghanistan, puis t'as formé des nouvelles recrues dans la nouvelle génération. Exactement. Donc tout tout un sacré parcours, puis on est ici pour en parler, puis que tu nous expliques, bien, après tout ça, qu'est-ce qui te fait lever le matin, puis qu'est-ce qui t'allume. Ouais, gros bagage d'expérience qu'on a aujourd'hui avec nous autres. Yes. Fait que l'Allemagne, là. L'Allemagne, l'Allemagne. Puis des fois, on fait des petites parenthèses, parce qu'on prend pour acquis que c'est pas tous nos auditeurs qui sont militaires. Donc, pour ceux qui nous écoutent qui sont pas militaires, l'Allemagne, moi, je suis rentré en 97 dans l'armée, et il y avait encore beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de militaires actifs qui avait connu les années de service en Allemagne, qui est une époque de la guerre froide. Puis, corrige-moi en cours de route, Dan, si je ne suis pas pressé assez, mais c'était une force internationale dont le Canada participait à la fin de contre-mesures contre le pacte de Varsovie, l'URSS et tout. Jusqu'à temps que le mur de Berlin aille tomber, on était vraiment... on faisait un show of force. Oui, c'est ça. Mais d'un point de vue, expérience militaire, vie personnelle et tout, je pense qu'on est tous un peu, entre nous autres, jaloux de ne pas avoir eu l'opportunité de vivre ce que vous autres vécu en Europe, Dan, parle-nous de l'Allemagne. Parle-nous. Honnêtement, il n'y a pas que du positif envers l'Allemagne. Sûrement pas. Pas que du positif. Bon, commencez brièvement, vous allez comprendre. Moi, je viens du Témiscamingue. C'est-tu vrai qu'on pouvait dormir dans les cendriers du temps tellement qu'ils étaient gros? Non, c'est pas vrai. C'est vrai qu'on mettait de la bière dans nos jerichas. C'est-tu vrai qu'ils écrasaient des chars avec les 109? Oui, ça, c'est vrai. Ça, c'est vrai. Bon, OK, on te laisse parler. Il n'y avait pas d'eau dans les rivières, c'était du fnap au pêche. Juste pour vous expliquer vite fait qu'il n'y avait pas que du... Pour moi, il n'y avait pas que du positif de l'Allemagne, c'est que à 17 ans, quand je suis rentré dans les forces, je n'avais jamais quitté ma famille. Il y avait combien de feux de circulation d'où tu viens dans ton village? Zéro. Dans tout le Témiscamingue, 13 villages, aucun feu de circulation. On est en quoi, genre 86? Quand je suis rentré dans les forces, c'était en 87. Quand je suis rentré dans les forces, je sortais d'une ferme j'avais jamais rien vu à part que la nature parce que je suis vraiment un gars de bois ouais fait que je me ramasse à Saint-Jean Shiloh muté avec Cartier muté en Allemagne quatre positions que je connaissais même pas sur la planète en un an. À 18 ans. J'arrive à l'Allemagne, j'ai 18 ans. Tout fraîchement. Fait que ça a shaké le petit gars du Témiscamingue. Le petit gars du Témiscamingue, pis ça a shaké mon père pis ma mère. Eux autres, ça faisait un an qu'ils me voyaient courir partout sur la planète. Ils pensaient jamais qu'ils ont signé que je disparaîtrais de la map de même. C'est pas quand j'étais en Allemagne pour 4 ans ben moi j'ai juste fait 3 ans parce que j'ai demandé de revenir de l'Allemagne au Québec je m'ennuyais énormément pis je parlais pas assez anglais pour avoir les cours comme technicien, hôpitec, toi ici, parce que j'étais rendu dans ma carrière. C'est ça, c'était le 1-1, c'était l'unité qui était là. C'est ça, c'était l'anglais, c'est full anglo, c'est le first original. Dans ces années-là, rappelez-vous, il y avait beaucoup de séparations qui se parlaient. Il y a eu le vote après, pour longtemps après. Mais les Anglais nous regardaient pas tout le temps cool. C'était pas tout le temps... Il y avait une rivalité entre les Anglais et les Français. français, qui était quand même assez fort dans ces années-là. Beaucoup, oui. Je pense qu'il y avait moins de compréhension mutuelle, si on compare peut-être au contexte d'aujourd'hui. Mais la rivalité était vraiment francophone, anglophone, parce que le sport était omniprésent là-bas. On avait nos propres Olympiades, nos propres Jeux olympiques, on avait tout ça. Le hockey, les marches forcées.

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Puis...

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je dirais peut-être au moins 70 % de nos superviseurs étaient anglophones et ils ne comprenaient pas un mot du français. Fait que c'était pas si facile que ça. Je dis pas que j'ai eu de l'abus, loin de là. Ça a toujours été très professionnel. Ils m'ont aidé à ma capacité de comprendre. Je comprenais pas tout ce qui se passait. Mais j'ai fini le premier de mon cours de M109. J'étais en feu, mais j'étais pas capable de parler. Fait que ça allait pas bien. Fait que tu te débrouillais au travers... Je me débrouillais à travers de ça. J'ai eu deux cours de... L'armée m'a envoyé sur deux cours d'anglais, là-bas, qui m'ont aidé, mais... Il y a une limite à ce que tu peux faire d'un unilingue francophone qui sort d'Abitibi à Dibitan. Puis, tu regardes mes chums qui étaient avec moi en Allemagne, mais eux autres... Ils ont pris l'anglais beaucoup plus facilement que moi parce qu'ils sortaient pas avec une Québécoise. Moi, j'arrivais chez nous, je parlais en français. C'est dur, la deuxième langue. Moi, j'ai goussé à Gagestan. C'est très difficile. Je dirais que j'étais bilingue à 80% quand je suis parti. Mais ma première année, je savais même pas comment me mettre au garde-vous. Je comprenais pas pourquoi ils me criaient après. Je m'en rappelle, quand je suis arrivé Je me rendais pas compte à quel point j'arrivais chez nous fatigué. J'avais passé la journée à tout traduire ce qui rentrait, tout traduire ce qui sortait. T'es pas capable de compter de jokes. T'es pas capable. C'est drainant. Moi, j'aime ça. J'étais pas capable en anglais. Tu comptes une joke personnerie. Moi, en Allemagne, j'ai demandé à mon superviseur d'aller travailler avec les mécaniciens parce que dans ma batterie, c'était que les francophones qu'il y avait comme mécaniciens. Fait que là, je suis allé travailler avec eux autres, puis je suis heureux, puis J'avais mon propre coffre d'outils. J'avais mon gros coffre d'outils de mécanicien. J'étais à full équipe. Puis je faisais tout. Le changement différentiel, je faisais de tout, tout, tout, tout. C'est vrai qu'on m'a dit que dans l'Allemagne, par défaut, c'était fantastique tout, mais t'es dans le pouls d'un jeune de 18 ans, t'es en Europe, puis déjà que j'en parlais dans l'émission qu'on se présente, quand tu rentres dans l'armée à 18 ans, d'emblée, ça fesse. Je veux dire, c'est comme tout un nouvel environnement à s'acclimater. Il y en avait des lumières de circulation, là. Et quand t'as fini ton cours de recrut à Shiloh, c'est-tu toute la même gang qui est allée en Allemagne? Non, pas du tout. On était à peu près une trentaine d'artilleurs.

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Puis...

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À Saint-Jean, on a eu la première fille. Toulouse. Puis à Shiloh, il n'y avait aucune fille. Fait que là, les instructeurs se sont payés la traite en tabarouette. Il n'y avait pas de retenue. Parce qu'ils savaient que le prochain allait avoir des filles. Fait que là, nous autres, quand on est arrivés avec le quartier, moi, je me suis ramassé sur un M109 avec un sergent airborne. Ça allait super bien. Puis quelques jours après, ils m'ont nommé dans les rangs en me disant que j'étais muté en Allemagne. Je savais même pas été au Pitawawa dans ce temps-là. Bien, venez-vous vers le quartier. Je sais pas ce qui est encore, moi. Bien, moi, j'ai découvert, puis tu peux ne pas le savoir. Ah oui, c'est là, tu sais, on me shippe en Allemagne. Là, j'appelle ma mère en pleurant. Je broyais beaucoup dans ces années-là, parce que c'était traumatisant pour moi. On oublie qu'on est jeune. Ah oui, il y avait 17 ans. Il y a 13 ans, là, c'est dans 5 ans, c'est Danissé qui part en Allemagne, là, c'est mon fils. Oui, oui. Puis, je suis un gars qui travaille très fort, mais je Quand t'es perdu, tu te demandes en tabac est-ce que tu t'en vas. Mais ça m'a fait grandir parce que je regarde tout overall. C'est que du wow. C'est que tu as eu ton plus vieux aussi. Je pense que ton fils est là. J'ai eu mon premier garçon en Allemagne. Si je ne me trompe pas, ça a formé des liens. Parce que tu as quand même beaucoup les chums d'Allemagne. As-tu remarqué qu'ils sont encore chums d'Allemagne? Ils ont encore un lien d'attachement entre eux autres qui est fort. La première fois que j'ai rencontré Bernie, c'était au tir au poignet. Est-ce qu'il est plus vieux que toi dans l'armée, Bernie? Oui, il est plus vieux que moi. Il a un âne plus que moi. Quand je suis arrivé, lui était son cours de chef. Je ne l'ai pas connu. Durant les Olympianes, je suis allé m'inscrire au tournoi au poignet. J'étais quand même assez costaud. Je payais 135 livres, mais c'était que de la force. C'est un artillard. Je ne sais même pas. C'est la première fois que j'ai connu Bernie. Tu as connu Ronald? On s'est toujours suivi de Saint-Jean. Quand on est arrivé à Saint-Jean, On était des chiffres à peu près 70 artilleurs. Sur les 70, on avait à peu près 35-40 de 17 ans. On était tous des

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flots.

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Quand moi, je suis arrivé au régiment en 94, vous autres, vous arriviez d'Allemagne toute la gang. Moi, je suis arrivé en 91. La plupart des gens, c'était en 92. En 92, l'Allemagne a fermé. Ça fait environ un an ou deux que vous êtes arrivé. Comment ça s'est passé. Tu es un nouveau soldat, tu fais un nom, tu travailles en Europe. Là, tu reviens avec du monde qui ne te connaisse pas. Comment ça s'est passé? Moi, quand je suis revenu de l'Allemagne, quand l'Allemagne a fermé, ils ont offert à tout le monde des changements de métier. Tout le monde avait le droit de faire des changements de métier parce que l'artillerie, on était beaucoup trop nombreux. C'était plein au Canada. Ils ont ouvert sur carte blanche. Moi, j'avais le droit quasiment à tout. Mais... mentalement, j'étais à peu près à laisser ma femme et mon enfant une couple de mois parce qu'elle est sur un cours. J'ai dit, je ne changerais pas de métier. C'est tout le métier, je vais changer de métier. Je me retournais vers le quartier comme gonneur. J'aime ça, en fin de compte. Je pensais avoir mon coffre d'outils en arrivant vers le quartier. Il t'a donné des binos et une radio. C'est ça mon petit malheur et mon bonheur en même temps. Quand je suis arrivé à l'Allemagne, ils se sont tous imaginés que j'étais un parfait blinde. Avec un gars-là, ça va aller au pire. Il peut parler avec les Américains. Il peut parler avec les Américains. On va lui donner ses cours, puis il va se développer là-dedans. Mon Dieu, c'est un tour de parler en anglais toute ma carrière. T'as été étiqueté anglophone. C'est une réalité pour de vrai. Moi, j'ai découvert le... Il faut toujours être prudent dans ce qu'on dit, parce qu'il y a plein de gens qui nous écoutent, puis c'est des opinions qui peuvent diviser, mais... Il y a du racisme envers les francophones dans les forces. Puis c'est difficile de travailler en dehors du Québec quand t'es francophone dans les forces. Puis c'est quelque chose qui est peu discuté. Moi, je me suis fait dire à Gaichetante, j'ai fait un commentaire en anglais à un autre, il y avait une capitaine qui servait pas, elle disait on parle en anglais ici. Ça faisait une semaine que j'étais là. Je l'ai vécu à Saint-Jean quand j'étais rendu adjudant de Platon. Puis le monde de Saint-Jean dans ces années-là se rappelle de moi, je vous le confirme. Tantôt on en parlera, mais l'adjudancier, il verse sa main devant le colonel pis il disait je le veux ben parle de Zambondane je suis curieux t'sais Le briefing au complet, à tous les matins, le jeudi matin, le colonel s'adresse à tous ses instructeurs. En anglais. En anglais. Qu'en anglais, à part là-dessus. Puis c'est une base bilingue. Moi, je levais ma main. Mon colonel, je vous désolais, mais je vous le veux en français. Puis là, le monde était un peu choqué parce que là, ça durait, au lieu de durer une demi-heure le briefing, mais là, ça durait 45 minutes à une heure. Ça fait les bilingues qui vont durer une demi-heure. C'est ça. Puis à tout Toutes les fois, j'ai levé ma main. Toutes les fois, le colonel m'a challengé. Mon major, qui était un marin, ne me parlait qu'en anglais. Je ne lui parlais qu'en français. Bien des fois, je ne lui parlais même pas. Il me disait... Pourquoi tu ne me réponds pas? C'est parce que tu vas parler en anglais. Tu es mon superviseur. Tu es supposé me parler dans ma langue. J'essaie de comprendre, Danny. Pourquoi à Saint-Jean, c'est en anglais? Parce que c'est un gros bateau. Les Anglais font le recrutement à Saint-Jean. À Saint-Jean, c'est un gros navire. Puis tous les boss qui sont là-dedans, c'est tous des anglophones qui ne parlent pas francophone, mais qui ont passé l'examen de justesse. Standardisé. Standardisé. C'est standardisé. En anglais, Saint-Jean. C'est pas de la lâcheté. C'est un manque de rigueur. C'est par défaut que ça s'installe. Moi, j'ai vécu la même affaire sur EOSI, le Army Officer Court. Quand je suis arrivé à INTO, 30 secondes dans la branche de INTO, on m'a envoyé faire EOSI, qui est le cours de major. Les autres officiers INTO qui étaient là, ils étaient premiers majors en sortant du cours. Moi, j'étais dans la branche. EOSI, tous les invités, tous les briefings étaient en anglais avec 30% de l'auditoire francophone. Moi, un moment donné, j'ai levé ma main devant le dé, le doyen du Staff College à Kingston. J'ai demandé pourquoi tout est en anglais ici quand il y a 40% de l'éditoire qui est francophone. Ils ont tous besoin d'un profil linguistique. Là, je pointais les anglais pour être problématique. Ce serait peut-être une bonne idée qu'ils entendent la langue de temps en temps si vous voulez qu'ils la parlent. Puis là, ça s'est tout mis à paniquer. Puis pendant trois jours, on a eu des briefs bilingues. Puis après ça, c'est revenu comme c'était. C'est par laxisme organisationnel. C'est exactement ce qui arrive à Saint-Jean. C'est exactement ça. À Saint-Jean, les réunions... de plate... de compagnie, t'es huit adjudants, un capitaine. Sur les huit adjudants, y'en était sept francophones et un anglophone. Parlant anglais tout le temps. Tous les briefings se faisaient en anglais. Jusqu'à temps que moi j'arrive. Parce que quand je suis arrivé, pis le matelot qui était en avant de moi, je me rappelle pas de leur grade, excusez-moi, mais lui, il a donné son briefing en anglais. Fait que là, je l'ai regardé, il s'est dit, « Peux-tu l'avoir en français? » Là, il m'a regardé, on voulait en dit, t'es un imbécile, tu parles anglais, toi? J'ai dit oui, je parle anglais, mais je veux l'avoir en français. Ça a été ma première meeting à commencer de même à Saint-Jean. Il n'y a pas un anglophone qui peut comprendre ça, à moins qu'il ait servi à Valcartier. Puis Matthew Flynn et Nick Gunton, vous vous souvenez d'eux? Oui, je m'en rappelle très bien. Matthew Flynn, c'est un chief. Ils l'ont dit, eux autres. Ils ont dit, je comprends maintenant. Ils étaient jeunes au régiment. Ils ont dit, quand tu te fais... Tu sais, nous autres, c'est quoi un cours de cartes? Tu te fais garrocher un BGS? C'est ça. tu viendras me voir, quand ils se le font faire à Valcartier sur un cours de CIGS, ils comprennent. C'est ça. Puis en même temps, je vais juste parler à l'avocat du diable parce que j'ai travaillé avec les Anglais et j'ai été officier avec eux autres. Il y a quand même des frustrations valables pour eux autres du profil linguistique parce qu'ils ont des crises de bons officiers, des méchants studs, des gars que tu voudrais travailler pour eux autres parce que leur vie personnelle a fait en sorte qu'ils n'ont pas été exposés aux Français, ils n'ont pas un profil linguistique assez fort et ils se font bypasser par des petits têteux de bureau qui Il y a ça aussi qui est frustrant pour les anglophones. Je leur donne. Mais ça n'enlève pas le fait que c'est difficile pour les francophones ce que tu as vécu et plein d'autres. Si c'est malheureux, Mais anglais-français au Canada, c'est depuis toujours. Puis ça va toujours rester. À un moment donné, ça va disparaître parce qu'ils vont nous effacer. Ils vont nous effacer démographiquement dans les prochains 50 ans. Ils vont réussir. Je ne penserai pas. Je ne penserai pas. On est trop tête cochon pour ça. C'est vrai qu'on est dur. Parce que moi, je viens du Témiscamingue. C'est la ligne de l'Ontario. La moitié de ma famille travaille en Ontario. J'ai toujours été en Ontario. Mais mon oncle, mes matins, on reste en Ontario. On est dur à éteindre parce que quand on a s'installer aux États-Unis, 300 ans plus tard, ça parle encore français. Bien, c'est ça. Le nord de l'Ontario, j'ai une ma tante qui reste là-bas, elle n'a jamais parlé anglais de sa vie. Elle reste dans le nord de l'Ontario. On est dur à effacer. On est des bonnes têtes de cochon. Mais bref, c'est ça. Il y a quand même un petit défi pour les francophones en dehors du Québec. C'est vraiment, il y a deux armées. Puis moi, je l'ai vraiment vécu à Saint-Jean. Parce que avant, j'étais bombardier, bombardier-chef, je fermais ma gueule, puis je faisais ce que j'avais à faire. Mais quand j'ai tombé adjutant de peloton, oh là, c'était plus pareil. Parce que mes cinq premiers pelotons que j'ai eus en arrivant à Saint-Jean, c'était anglophone. C'est moi qui s'est tout de suite adapté à eux autres. Je me rappelle très bien la première fois que j'ai donné un gauche-gauche durant une révision. C'est left turn. Moi, j'ai dit gauche-gauche, j'ai dit left-left. Je traduisais dans ma tête en même temps. Les jeunes ne savaient plus quoi faire. Je m'en rappelle. C'était comique qu'en même temps, parce que les jeunes n'ont pas l'adjudant. L'adjudant se trompe. C'était bizarre. C'est toute une réalité. Tu ne devrais pas être un méchant adjudant. Non. Oui, de ce que je connais de Danny, puis t'es d'accord avec moi, Phil, c'est le bon père de famille. Ça l'en prend aussi. C'est quand même qu'on peut pas juste éclencher, mais on les écoute. J'ai déjà été capable d'être sévère. J'ai déjà été capable d'être sévère. Quand quelqu'un me désappointait, je lui disais. Oui, j'ai vu ça. Oui, mais Dan, pour de vrai, à qui j'ai parlé?

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Tu sais, il y a pas longtemps.

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À un moment donné, t'avais parlé à quelqu'un, puis t'avais déboîté cette personne-là plus que si tu l'avais blessée, parce que je pense que tu l'avais juste tu me déçois. Tu avais dit ça bien calmement. Tu me déçois. J'avais senti la personne physique s'effondrer. Un effondrement facial. Je pense que quand tu as confiance en quelqu'un, puis tu lui donnes carte blanche, il fait ses erreurs, il apprend de ses erreurs. J'étais un gars qui était assez ouvert. J'en ai fait des erreurs dans ma vie. J'avais aucun trouble. Je me rappelle que tu étais chef. Tu étais un de ceux qui nous écoutaient quand on avait... C'était vraiment chouette pour ça. T'as vraiment été une personne signifiante pour beaucoup de monde quand on rentre. Parce que justement, t'étais père, t'étais un peu plus vieux, pis t'avais cette espèce de capacité-là de juste dire « Dis-moi ça, ce que je te dis, pis t'écoutes. » Honnêtement, en tant que personne, je ne crois pas être la meilleure. Donc, j'ai besoin... de me sentir entouré de personnes qui respectent les autres. Si tu veux être le meilleur, il faut quand même que tu respectes ce qui est à l'entour de toi. Parce qu'à la guerre, tu ne peux pas gagner tout seul. Quand tu passes une fausse marche, tu es toujours hyper en santé et en forme, mais si tu veux finir premier sur la marche forcée, les 45 autres en arrière qui ont rushé ne sont pas heureux. Il y a beaucoup de choses là-dedans que je crois qu'on a à apprendre de tous et chacun, mais le respect doit toujours rester. Parce qu'à la base, en dehors des tâches, c'est des relations humaines. C'est une organisation de relations humaines. On enlève des vies, on fait des méchantes affaires, mais entre nous autres... On crée des soldats, mais on crée surtout des personnes humaines. Parce qu'on arrive de toutes sortes de milieux. De toutes sortes de milieux, puis malheureusement, il y en a qui arrivent déjà amochés dans l'armée. Que là, ils s'accrochent à tout comme si c'était un sauveur, mais non, il faut que tu voles tes propres ailes, puis grandis dans ça, puis ça va bien aller. On diverge de sujet, mais l'armée est une organisation exceptionnelle, je pense, pour une âme perdue qui cherche surtout un jeune homme. Il peut se développer dans dans un gros bassin. Tu rentres dans un milieu qui est encadré. Il y a un paquet... je vais dire d'hommes fantastiques, mais il y a un paquet de femmes fantastiques aussi. C'est rendu une organisation, c'est plus comme c'était. Il y a des gens toxiques dans les forces, il y a des pas bons, il y a plein de sortes, mais il y a un paquet de monde exceptionnel. Puis quand tu es un jeune homme qui ne sait pas trop ce qu'il veut dans la vie, je pense t'identifier puis joindre une organisation comme ça qui peut t'ouvrir les portes de la vie sur tout. Moi, mes études, je les ai faites avec l'armée, mais mon éthique professionnelle, qui n'a pas toujours un tube, on a tous des hauts et des bas, mais On est quand même des gens qui ont une éthique professionnelle sérieuse. Tout ça, c'est cette organisation-là qui m'a offert les opportunités de le développer. C'est vraiment quelque chose... Si on regarde ça d'un oeil froid, qu'on enlève nos expériences personnelles, nos frustrations personnelles avec l'organisation, c'est quand même assez dur à battre comme réconfort pour une personne qui peut-être ne sait pas trop s'enligner. À tous les jours que je parle, j'ai tout aimé de l'armée. Je crois personnellement que j'étais plus gonzo que vous autres. T'as le fait de se parler jeune? Qu'est-ce que tu veux dire? Je veux dire que moi, ça ne me dérangeait pas de coucher en dessous d'un sapin. Il y a déjà un jugement envers nous autres. On va se faire juger beaucoup parce qu'on est des gars de PC, Yann. Parce qu'à l'OP, on couchait en dessous d'un sapin. Tu aimais l'armée. J'ai toujours aimé l'armée. Mais Au revoir. L'armée a enlevé beaucoup de mon côté familial avec mes enfants, ma femme, mon père, ma mère. Mais j'ai vraiment aimé l'armée. Vraiment. Tu t'es touché à tout dans l'armée. Oui, j'ai tout fait. Du gunner à aller jusqu'au PC avec nous autres. Oui. La seule chose que je n'ai pas faite dans l'armée, c'est la batterie CS. La troupe de support. Je n'ai jamais, jamais été dans une troupe de support. Mais tu étais au quartier maître. Tu as quand même touché. C'est vrai. On va dire, tu sais, dans un côté plus sport. Oui, oui, oui. On essaie de remettre ça sur les rails, mais quand tu nous racontais que tu es revenu au pays, Londres te prenne pour un Québécois parfaitement bilingue. Là, il t'a streamé dans l'OP, parce que t'as pas un stream à cette époque-là, mais il t'a streamé dans l'OP, puis tu deviens un gars d'OP. C'est-tu que ton expérience opérationnelle de déploiement commence? Je te dirais que c'est vraiment que ça a commencé. T'as goûté au premier Les Bosnies-Paul-Fun? J'ai goûté aux Bosnies-Paul-Fun. En 93, la première fois que j'ai été déployé à Sabrinitsa. C'était pas le fun. Le spot, là, tu sais. Ouais, le spot, je suis allé pendant six mois, là. T'étais-tu à Sarato de... J'étais à Sarato à... À Bob Danny. À Bob Danny. Bob Danny, il était fac. Puis moi, j'étais un pauvre gars de mortier sur le... Dans l'enclos de Sabrinitsa, la pire fac, c'est pas... Ouais, mais tu vois, Sabrinitsa, le génocide est arrivé en 95. Ouais, c'est arrivé juste après nous autres. Pendant que nous autres, on était là. Les autres, on était un petit peu plus Moi, j'ai connu... Tu sais, j'ai fait 5 rotations. 3 Bosnie, 2 Afghanistan. Puis ma première rotation en 93, j'étais jeune papa, un enfant de 3 ans et un enfant de 1 mois quand je suis parti. Puis quand je suis arrivé là-bas, c'était tout qu'un choc. À sa fesse. De voir les enfants fouiller dans les poubelles pour manger. Dis-moi si je me trompe, Dan, puis je veux pas t'interrompre, quand je dis ça, je veux juste comme le relancer, mais la dernière fois, on avait parlé de la Bosnie, puis moi, j'avais dit, puis j'ai pas connu cette Bosnie-là, j'ai connu après, j'ai dit, je pense que ce que les gars ont trouvé le plus dur, c'est pas ce qu'ils ont fait, c'est ce qu'ils ont été témoins de. Oui, c'est ça. Surtout comme ton cœur de père. Mon cœur de père, il était traumatisé. Puis on pouvait pas rien faire, on avait rien. On avait une bouteille d'eau Des règles d'engagement complètement absurdes. On n'avait rien à nous offrir. On avait une bouteille d'eau par section dans le top de la montagne. On était livrés par des ânes. C'est des ânes qui venaient nous livrer en chéquant parce qu'il fallait tirer en montagne. Ça n'avait pas de bon sens. Ce qu'on a vécu à Sabriniča, ça n'avait pas de bon sens. Il faut se remettre dans le contexte pour les très jeunes soldats. C'était une époque... Ce n'était pas les années les plus glorieuses des forces canadiennes, côté budget et équipement. Moi, je suis rentré que l'élan est arrivé avec Cabot. Moi, j'ai connu, je suis arrivé, j'ai connu vous autres à la fin des années 90. Tu as connu le Gore-Tex qui venait de rentrer. Nous autres, on avait encore des bottes, l'eau rentrait là-dedans. On avait l'équipement quasiment de la Deuxième Guerre. Des flaques vestes pas adaptées. C'était vraiment une époque, c'était très peu reluisant, déployer. Quand on était déployé la première fois, j'étais déployé, on a atterri à Sarier-Rouge. On n'avait toujours pas nos armes. Mais c'est-tu toi qui me contait qu'en atterrissant, seriez-vous, vous vous fassiez tirer dessus? Oui. Vous n'aviez pas encore vos vestes. Les culasses et les armes n'étaient pas à la même place. On n'avait pas d'armes. On n'avait rien. On était protégés par des feuilles de tôle dans les deux tonnes et demie. Quand moi, j'ai débarqué de l'avion, il y avait des Français qui avaient été descendus à terre. Celui qui est passé à côté, il va toujours m'en rappeler, il avait eu une balle dans une fesse. Il se lamentait en tabarouette, le Français. Comment veux-tu me protéger? Tu n'as même pas ton arme. On avait un casque d'acier sur la tête bleue. Tu aurais pu y mettre ses fesses. Oui, heureusement, oui. Fait que t'as une capacité d'opi, tu disais. Oui, oui. Toute ma carrière, j'ai été à l'opi. Puis les retours au Québec et au régiment de ces retours-là, ça se passait quand même parce que définitivement qu'il n'y avait pas les mécanismes en place de l'Afghanistan. Il n'y avait rien. Il n'y avait absolument rien. Tu avais deux suites de vacances, bonne chance chez vous avec la conjointe, les enfants, puis by the way, chanteuse. Ça fait pas longtemps qu'il y a quelque chose. C'est l'Afghanistan. Mais si on regarde du point A au point Z, malheureusement, il y a des soldats qui ont payé au début, mais grâce à eux autres... les psychologues sont arrivés, les journalistes sont arrivés, les instructeurs, nos superviseurs ont été plus formés. Fait que, oui, il y a un pourcentage qui a payé, mais ça n'en prenait. Bien, ils ont comme été les pionniers nécessaires à ce qu'on se modernise, qu'on arrive en ville. C'est comme n'importe quel médecin, ses premiers patients, ils vont être moins bons quand ils arrivent à son millième patient. Tu l'as connu bien plus que nous autres, mais moi, quand je suis arrivé au régiment... aller parler à quelqu'un au deuxième étage. C'était hors de question. C'est pas ça. C'est les escaliers de la honte. C'est pas juste l'armée. Le côté psychologique, que ce soit dans le sport, que ce soit les joueurs professionnels dans le hockey, qu'il n'y ait aucun sport psychologique dans le milieu. Tous les milieux, aller jusqu'à l'armée, ça s'est amélioré. Pense à ça, qu'il faut être complètement juste pas le savoir ou être déconnecté pour... soldats, t'es envoyé dans des zones de guerre, séparé de leur famille longtemps. C'est quand même une approche spéciale de penser que l'humain va juste être correct là-dedans. C'est naturel. Le retour est jamais naturel. Moi, là, je pense non-violent et tout ça. Quand je suis revenu en 93, j'étais vraiment différent. Quand tu pars en tour, t'en reviens pareil, c'est pas normal. pas que t'es pas supposé mais moi je connais pas personne il est supposé d'avoir une différence t'as maturé perspective du monde puis moi en 94 quand je suis revenu parce qu'en passant j'ai passé 5 Noël là-bas sur mes tours ça a tout le temps été dans le temps des fêtes c'est vrai qu'on est tout le temps partis à Noël tout le temps à Noël moi j'en ai 5 5 sur 5 t'avais des enfants oui j'avais des jeunes enfants pis quand je revenais ben on dit tout le temps le cliché faut que tu sais la femme a pris l'over toi t'en reviens tu prends ta place tout ça ben quand tu reviens pis t'es un petit peu plus violet pis tu passes sous le criard prends un petit billet de plus prends un petit billet de plus tu passes sous le criard parce que quelqu'un a osé passer devant toi pis tu sais mais ça au moins les psychologues nous aident dans ces années-là on avait rien c'est ça Vous aviez l'alcool. C'est terrible. On faisait vivre l'entre-nous. On continue, Dan. Les Bosnies 93, tu reviens chez vous. Là, aucun mécanisme en place pour absorber ça, quoi que ce soit. Chantier lundi matin au régiment, c'est quoi la réalité d'un soldat de ton âge en 91 qui revient d'un tour? La réalité, c'est que tu passes d'un champion avec une carabine, puis tu reviens, puis les chefs qui n'ont pas été déployés crient après et qu'ils passent le balai. Parce que dans ces années-là, il fallait que tout soit propre. Tu sais, c'était fou. C'est vraiment qu'ils ont connu ça. C'est vrai. Moi, je l'ai connu aussi. Les pinces tracées au crayon s'étaient placées là-haut. Nettoyer toutes nos armes, les coffres d'outils, les véhicules. C'est-tu pas mal que t'as commencé? J'ai pas sauté à la coque à l'onde tout de suite. Que t'as commencé à coacher au soccer? J'ai commencé à coacher. Mon garçon avait 5 ans parce qu'il attachait les mains derrière le dos. C'est quelques années plus tard. C'est en 95. Si il s'en charge et il tombe? C'est ça. J'ai rencontré les coachs. Je leur ai dit, c'est quoi que vous faites? Ils n'ont pas le droit de toucher aux mains, le bel homme. Oui, mais c'est parce qu'on a besoin de nos bras pour la coordination. L'équilibre. Même si tu tombes. Si tu veux te protéger. Juste parce qu'il y a un sprint, les bras dans le dos, je me sens moins efficace qu'avec mes bras. Tu es à 5 ans.

UNKNOWN

Tu sais?

SPEAKER_00

tes mains attachées. Je ne comprenais pas. Puis moi, j'ai joué au soccer beaucoup en Europe. Pendant mes trois ans que j'étais là-bas. Puis... Jamais vu de mains attachées. Non, jamais. Mais je pense que ça... Parce que c'est vrai, en passant, j'ai écouté le film à ton garçon. Oui, Phoenix. Phoenix. Je l'ai écouté il y a peut-être un mois environ. Puis je reconnaissais beaucoup de passages que c'est toi. D'ailleurs, quand il dit « Salut les bandits », c'est ça que j'avais remarqué dans le film. Puis il Il me semble que dans le film, il semblait dire que c'est un peu ça qui t'a donné un coup de main aussi en sortant de l'émission, d'aller t'impliquer avec le monde civique. J'ai fait énormément de bénévolat et j'en fais encore. Le soccer a fait une grosse partie de ma libération militaire. Je ne vais pas dire ça, mais je sortais d'un autre contexte qui était hors armée Il y avait quand même une certaine structure. Je me retrouvais là-dedans. J'essayais de développer les jeunes qui, d'ailleurs, il y en a beaucoup qui sont encore amis avec moi sur Facebook. Je vois le mariage et tout ça. Ça te dit aussi une façon de rattraper du temps avec tes garçons, d'être impliqué avec eux autres comme ça. Mon garçon plus vieux, lui, j'ai toujours été son entraîneur. Ça, c'est le cinéaste. Ça, c'est Jonathan. C'est lui qui a produit Phoenix. Mon garçon plus jeune, qui a probablement 32, l'autre a 35. Ils ont quasiment la même âge. Lui, j'ai toujours été l'assistant. Sauf que là, je ne sais pas si vous vous rappelez, mais des années 90 et 2000, on n'était pas souvent les étés au Québec. On n'était jamais au Québec. On n'était jamais au Québec. Ça jouait l'été dans ces années-là parce qu'il n'y avait pas d'amphithéâtre. Je n'étais pas souvent là, malheureusement. Mais quand j'étais là, j'étais à 100 %. Il fallait aller tirer du canon pour les officiers à Gage Town. Oui, voilà. Puis aller au pied, on était tout le temps à Gage Town. J'ai toujours, toujours, toujours été sur la première ligne. Tous les combat teams que les blindés ont fait, je les ai faits. J'étais tout le temps là. Puis en plus, je parle l'anglais avec eux. Il y a eu une période dans les années 90 tu étais impliqué beaucoup dans le soccer. J'ai été impliqué dans le soccer jusqu'en 2007. Jusqu'en 2007. J'ai été au bon 15 ans. J'étais haut placé. J'étais directeur technique de la Haute-Saint-Charles. Quand je disais qu'on tourne à gauche, personne du CA s'estinait. Parce que dans le CA, il y avait des merveilleux administrateurs, mais personne ne jouait au soccer. J'étais le seul. On était tous des parents bénévoles. J'étais le seul qui avait un peu un ballon de soccer. Puis, Puis tu apportais ton expérience aussi. Les forces ne veulent pas. Oui, c'est ça mon leadership que je développais dans les forces. Je continue à le développer dans ce cœur. Parce qu'un leadership, oui, c'est en toi, mais ça peut se modeler un peu. Ça se développe aussi. Puis travailler avec des enfants, ça doit développer le leadership épouvantable parce qu'il faut que tu prennes une approche. Les enfants, c'est toujours merveilleux. Oui, mais il y avait aussi les parents. C'est ça. Les enfants, c'est toujours merveilleux. C'est vrai que si tu enlèves les parents des lignes Des enfants, c'est à peu près toujours exceptionnel. Moi, des fois, on m'appelait le monsieur du général parce que quand je faisais une pratique à 8 heures du soir et que l'enfant arrivait à 8 heures et demie, Ben là, je n'allais pas voir l'enfant pour le chicaner. J'allais voir le parent, c'est quoi qui s'est passé. Non, ce n'est pas de la faute de l'enfant. Ce n'est jamais de la faute de l'enfant. Ce n'est pas lui qui chauffe. Non, c'est ça. Des fois, je lui disais, votre enfant ne peut pas faire du football professionnel 2A, puis faire du soccer 2A, puis jouer au hockey l'hiver 2A. Il ne peut pas tout faire, votre enfant, parce qu'à un moment donné, il va couper à quelque part. Ton enfant ne pourra pas faire tout ce que toi, tu n'as pas réussi à faire, là, C'est ça. C'est un peu ça qu'il faut dire à son père des fois. C'est pas parce que t'as manqué 2-3 affaires qu'il faut que ton gars se les tape toutes. Puis ton enfant qui compte 4 buts par match, mais qui refuse de faire une pause, ça marche pas. Ton enfant, mais qui tombe au soccer à 11, il vaudra plus rien. Personne va vouloir l'avoir parce qu'il a jamais fait de pause de sa vie. Le terrain est bien trop grand et ça marche pas. Oui, c'est ça. Mais ça, les parents, ils comprennent pas ça. Mais j'ai vraiment adoré... plus, les enfants ou les parents? Ben, vous riez, mais j'ai fait les deux. J'ai fait de pratique de parents à la Haute-Saint-Charles. Pas vrai. Quand il y a la transition du soccer à 7 au soccer à 11, c'est qui qui hurle sur le bord des terrains? « Hors-jeu! » « Botte le ballon! » C'est les maudits parents. C'est pas le même sport, quasiment. C'est pas pareil. Fait que là, je faisais des entraînements de parents sur un tableau, puis je les expliquais c'était quoi un hors-jeu. Fait que là, je vais pas vous entendre crier. Et j'expliquais tout ça aux parents. C'est pour ça que j'étais très appliqué. Moi, j'ai coaché un peu au soccer à Sainte-Catherine à l'époque, peut-être à 3-4 ans. Pour Jessie? Pour ma fille. Ce que moi, je remarquais tout le temps, c'est que les parents criaient toujours « bot ». Comme si le soccer, c'est juste « bot ». C'est parce qu'on essaie de développer un jeu, de faire des pauses, d'essayer de se placer. S'il botte, c'est parce qu'il a peur de boire le ballon. Oui, tu es capable de garder un peu le ballon et de boire le jeu. Mais les parents qui sont toujours « botte ». C'est comme si on écoutait une game de hockey. « Slapshot, the birdie! » « Tire, tire, tire! » C'est ça. C'est un des gros problèmes qu'on a. J'ai donné des leçons à beaucoup d'entraîneurs pour le soccer. Les... le contraste, quand t'avais un parent français qui arrivait de la France, pis un parent québécois, c'était complètement l'inverse. Un parent de la France, il montrait déjà les enfants de 5 ans à tomber par terre pis à crier « Oh, j'ai mal, j'ai mal! » C'est pas mieux, là. Pis là, t'as l'autre francophone, le Québécois Purlin, qui dit « Hey, lève-toi et arrête de broyer! » Fait que là, il y avait un contraste entre les deux. C'est vrai qu'Arnaud s'est qu'ils ont de la douleur à distance. Ben oui, mais en Europe, ils apprennent vraiment ça en Europe. Faut ramener ça au Québec. Faut ramener ça intéressant. Là, on aime le hockey. Ça frappe. C'est pas plus dur. J'essayais d'expliquer aux parents qui venaient de la France. Même si tu montres ça aux enfants, l'arbitre, tu n'auras pas quoi faire. L'arbitre a 13 ans. L'arbitre a beaucoup connu ça. Fait qu'il faut pas que tu en veuilles à l'enfance si il a fait ce que tu lui as demandé, mais que l'arbitre a pas réagi, t'sais. Parce que l'arbitre a 13-14 ans, elle oublie ça, là. Ah, le sport amateur, c'est quelque chose. Avec soccer, Bosnie, t'es allé en Bosnie? T'es-tu allé en Haïti? Non, t'es pas allé en Haïti. Non, je suis pas allé en Haïti, j'étais en Bosnie pendant ce temps-là. Ouais. OK, oui, t'étais sur un autre plateau. Ça avait été déployé avec les Britanniques en Bosnie. T'as pas déployé avec le régiment en Bosnie? Euh, en Haïti? T'as pas fait Haïti? Non, j'ai pas fait Haïti. Non, il y avait... Il y avait une roto de la Bosnie. On est partis, je pense, deux ou trois mois avant vous autres. Oui, je me rappelle. Moi, j'avais dans la tête qu'il y avait, je pense, c'est le cours à McDoiron. Si je ne me trompe pas, c'est à la bâche à McDoiron que vous êtes arrivés au régiment pendant que vous autres, vous étiez tous partis en Haïti. Je pensais qu'il y avait comme juste eux autres au régiment qui n'avaient pas été là. Les jeunes, comme la petite arrière-garde. Moi, pendant que vous étiez en Haïti, moi, j'étais en Bosnie. Quand on est revenus de la Bosnie, vous autres, vous étiez encore en Haïti. Moi, je n'étais pas là, je n'étais pas encore arrivé. C'est ça. C'est ça. C'est ça. C'est ça. C'est ça. C'est ça. souvent des bonnes gouttes. Dans une perspective militaire, en arrière, il y a tout le temps les seuls qui vont gouffer pendant six mois à Pachito parce qu'il manque de monde. Rappelle-toi, est-ce que Serge y parlait quand il est venu? C'est ça. C'est celui qui est arrivé, Serge Lévesque, qui est arrivé au régiment. On était tous partis à Kaboul, je pense. Il était comme un peu une batch de pauvres qui commençaient à se sentir à l'aise jusqu'à ce que la vague de Matamor arrive. En retour. Fait que t'étais en Bosnie trois fois? Oui, trois fois. Fait que t'es allé dans les années début 2000, j'imagine. Je suis allé en 2001-2002. Je pars toujours en 2001 et je reviens en 2002. T'étais-tu neutre, toi, avec la moche? J'étais-tu avec toi avec la moche? Moi, j'étais à TSJ, puis j'ai fini avec la moche. On était sur le même tour. Oui, on était sur le même tour. Moi, j'étais à Glacier, ça. Moi, j'ai commencé à TSJ, puis il y a eu de la coqueluche. Major Barbier, c'est ça? Oui, c'est ça. J'étais à Bac-Douaron, c'était mon chauffeur. Ça, c'est lui, ça, qui avait eu une poche de sable au travers de la ville de son bloc. J'aurais entendu ça. Moi, je ne suis pas au courant. J'étais à l'intelligence, donc je n'ai rien vu. Ça brossait. Ça brossait à Glamotch. Nous autres, on est allés vous remplacer, vous autres. Oui, c'est ça. C'est parce que Glamotch qui arrive, puis je peux m'incriminer parce que j'ai été incriminé puis j'ai payé ma dette à la société, mais c'est parce que Glamotch, on avait trouvé comment rentrer de l'alcool sur le camp sans se faire polluer. Ça a dégénéré total. On partait en patrouille, on remet Moi, je ne sais pas pourquoi ils m'ont ramené de TSJ. Vous étiez bien à TSJ, vous aviez votre petite routine aussi. On était à TSJ, puis... Capitaine Sévigny avait été remplacé un capitaine à de la moche. Fait que j'ai tombé tout seul à l'OPI, en charge. Ça a fait mal. C'était dur. Je me levais le matin, on travaillait, on partait en patrouille. Il y avait beaucoup, beaucoup de choses à faire. Parce que c'est occupé, puis il y a la paperasse, les rapports de patrouille, puis la planif, puis les meetings. Puis d'autres, il fallait faire toutes les observations sur les camps de munitions. Fait qu'on avait nos OPI à observer, puis tout ça. Puis quand j'en revenais sur soir, c'était correct. Là, ils m'ont rappelé pour aller à Clamont, je pense qu'il restait un mois ou deux mois peut-être. J'ai fini à Clamont. comme camp. Moi, je suis allé quelques fois. Il me semble que ça va l'air être plus... Glamot, c'est un mot, il y a un trou. Oui, mais c'est parce que Glamot, c'était que des artilleurs. À TIG, il y avait de tout. Il y avait un peu de tout. Il y avait de tout. Il y avait des signalards. Il y avait de tout, tout, tout. Les ingénieurs étaient là. On était quand même bien à Glamot. Oui, c'est juste que ça venait long un peu. C'était un petit village. On ne faisait pas grand-chose. On faisait nos patrouilles. Puis ce soir, tu as 95 gars dont la moitié ont en bas de 25 ans, pas d'enfants, qui s'ennuient. Ce ne sont pas des projets intelligents. une fois qu'ils ont été au jeu. Sauf que vous autres, vous aviez le temps de jouer au deck hockey. Vous autres, on n'avait rien de ça à TSG. Moi, c'était mon premier tour. J'étais mieux qu'au Québec. Tu sais, je veux dire, on mangeait bien nos cuisinières. On mangeait bien. Tu t'occupes de rien. Tu fais ta job. L'année avec le deck hockey, le gym. Moi, je me rappelle, j'ai plein de souvenirs. J'étais avec Claude Jouvet et d'autres dans le cafétéria. Le soir, on placotait une collation. Oui, c'est ça. Surtout, il n'y avait aucun danger. Il n'y avait aucun les risques des mines hors-route. Il y avait toujours des hazards devant, mais on ne se faisait pas tirer dessus. Mais ce n'était plus la Bosnie des années 90. Ce n'était pas vos premiers ans à Bosnie. Humainement, tellement difficile. Il y avait des choses surprenantes de post-conflit. Moi, en tout cas, Bosnie, ça a été... Une chose, je ne suis pas resté longtemps. Je ne sais pas. Je me serais mis dans le trouble, j'imagine. Honnêtement, en dernier, je connaissais plus la Bosnie que Québec. J'avais On se promenait énormément. Je connaissais tout le secteur de Zagreb. Je connaissais tout le secteur du nord de la Bosnie. Je connaissais tout Sayerevo. Je connaissais tout. Quand j'ai été déployé en 1995, le Canada était en charge des Britanniques côté artillerie. On avait le commandement de l'artillerie. C'était Major Tremblay. C'était hot, sérieux. On se déplaçait d'une place à l'autre. Le CCFA, vous avez connu le CCFA. C'était ma première expérience de CCFA. C'était tout en anglais, britannique. On s'est promenés en Bosnie. On s'est promenés. On en a fait des shows avec les canons britanniques. C'était quoi qu'il y avait, nous autres, là-bas? Tu t'en souviens-tu? Non, c'était des gens de M109. Ça semblait des M109. Ça semblait des M109, mais je ne me rappelle plus OS90. C'est ça. Ça m'est revenu. Il y avait du Power Paris, il était sur le 655. Oui, c'était des OS90, c'est ça. Après ça, il y a eu l'Afghanistan 2004. Oui, l'Afghanistan 2004. On était ensemble sur OERAS. Moi, j'étais au radar dans ce temps-là. Tout était Dead Commander, c'est radar. Dead Commander, c'est radar, oui. C'était... C'est ces radars-là, ça? Oui. Monté CBV. C'est ça. Oui, c'était eux autres. Ils investissaient sur rien. Absolument rien. Non. Malheureusement, C'était bizarre un peu comme Procurement. Les capacités n'étaient pas là. Je ne connaissais pas. Honnêtement, les radars étaient très bons, mais notre adversaire, les talibans, n'étaient pas équipés de ce style d'ogive-là pour nous envoyer sur la tête. On ne les détectait pas vraiment. Dans le fond, ça aurait été un super outil dans un contexte conventionnel. Oui. Tu as fait Kaboul. Après ça, tu tournes qu'on a connus. Notre fameux tour de CCFA. Après ça, on a fait notre tour à nous autres. Les trois ensemble, on était ensemble. On a travaillé les trois ensemble pour ceux qui nous écoutent. Danny était sergent. Il était le grand-père, le papa. Tout était le chef. J'étais son toit ici. Moi, j'étais le bombardier avec Frank. Je pense qu'on a vraiment fait une belle job. Honnêtement. Je pense qu'on était une solide équipe. On a vraiment eu du fun ensemble. Autant sous l'entraînement que pendant le tour. T'es vraiment une belle gang. Pense à l'équipe qu'on avait. Michel, c'est une fille brillante. Très brillante. Très brillante à connaître. C'était un officier d'artillerie compétente. Une femme intelligente. NG, c'est NG. Il n'y a personne qui a travaillé avec NG qui n'est pas unanime. Toi, ton expérience, Yann, moi, Frank Gingras, c'est un gars brillant, travaillant, fiable, goût. On le salue en passant. On le salue, Frank. Puis Pascal Talbot, qui est avec nous autres, qui est un chic type, travaillant, qui a jamais... Puis Goose? Oui, Goose, c'est ça. J'ai mentionné Goose. Je prêche pour ma paroisse, mais ça a été la belle équipe. Moi, ça a été ma plus belle équipe avec qui j'ai déployé. Tu vas toujours me rappeler quand t'es embarqué dans une Jeep et t'es parti. Oui. Ah, c'est bon. Avec cœur. On voulait se protéger entre nous autres. On ne peut pas dire non. Je suis d'accord avec ça. Mais quand tu es parti, et boy, boy. C'était dur. Ça se fait à l'été. On l'a quand même géré, 9 ans de fois. Vraiment. On a fait, je veux dire, les gars sur le terrain, il y avait notre support. Oui. Il y avait du monde en arrière d'eux autres qui en passait des heures. pour que ça marche. Je sais qu'il y avait les cas à feu, les pas cas à feu. On comprend tout de suite le recul. Il fallait quand même qu'il y ait une équipe qui le fasse. Il faut que ça se fasse. Il faut que ça se fasse. Je pense qu'il y avait des bonnes personnes. Tant qu'il y avait une équipe-là, elle était un peu compétente. Il y a une opération, je me souviens, je ne sais plus, moi, j'étais avec NG et Michel parce que c'était comme le noyau du jour. Je ne sais plus qui d'autre qui avait gravité, mais en fin de journée, Naran, le seigneur, il s'était levé et il s'est mis à nous applaudir. Parce que toute la journée, le CCFA avec JTAC en arrière et le médical, ça n'arrêtait pas. J'avais rempli un livret complet de SIGS, de messages de radio sur mon chiffre. C'était quelque chose. Moi, ça a été l'apogée de ma carrière de LCM. Un coup t'as touché à la guerre. Bien, les forces armées canadiennes t'ont fait le tour. Puis tu sais, ça va sonner bien bizarre pour bien du monde, mais on est chanceux d'avoir eu une carrière militaire qui nous a permis de vivre une expérience militaire dans laquelle toutes les armes sont employées. Oui. Parce que c'est très rare, parce que l'armée est une des seules carrières que tu peux faire ta vie dans une organisation sans faire ta job, parce que tu dépends du contexte international. Oui. Puis nous autres, on a eu l'opportunité de déployer en Afghanistan. Les chars font des avances, l'eau pitié, les jets décollent, tout le monde est en Les UAV, oui, tout était là. C'était tout qu'une gestion. C'était quelque chose en tabarouette. Il fallait avoir les nerfs solides pour cette gestion-là. On a tous payé la facture au niveau personnel dans un spectrum qui varie beaucoup, mais je suis excessivement content, puis satisfait, puis surtout fier d'avoir mis les pieds dans un contexte opérationnel comme celui-là. Avec vous autres, les boys, sans plus. Je voulais te dire, quand tu parlais tantôt, j'ai dit, je vais attendre parce qu'on va revenir là-dessus, mais moi, ça a été une des choses que j'ai trouvées le plus difficile d'un retour d'émission, c'est le retour de Canada. Pas nécessairement à cause de ce que j'avais vécu. Ce que j'avais vécu, ça a pris des années, puis ça a décanté. On fait tous nos cheminements comme on veut. Le mien, le tien, voilà. Mais moi, ce qui m'a cogné, c'est qu'on avait une super équipe, du super monde, puis on revient, puis tout le monde part. Moi, là, ça m'a cassé. T'es parti à Saint-Jean, il y en a ailleurs. C'est vrai, on s'est tous... Moi, je trouve que c'est tellement difficile de revenir dans un régiment après un tour, c'est 7 mois, mais c'est un an de ta vie. Intensément, avec du monde, tu manges, tu soupes, tu reviens au régiment. Si j'ai un problème, j'ai quelque chose, c'est plus toi que je connais ça fait un an, c'est lui que je le connais, mais pas comme toi. Puis l'officier, c'est plus Michel. C'est un officier qui m'a pas vu aller pendant un an. Tu sais, je veux dire, c'est tellement fâchant puis dur à revenir sur tes pieds puis à dire, on continue Puis elle n'a pas le choix d'être comme ça. L'armée, elle ne peut pas se permettre de... Ça ferait tellement des clics. La machine est faite comme ça. Mais d'un point de vue membre, humain, tu développes des relations avec des types incroyables. Peut-être qu'il y aurait pu y avoir de l'ajustement quand même. Pas nécessairement de... En arrivant, d'avoir peut-être une stabilité au départ. Je pense que si ils nous avaient tous laissés ensemble six mois en revenant... Oui, mais ils nous ont vraiment dissous. Ils nous ont dissous carrément. Tout le monde. On a tous pris des chemins différents. Ils ont tous muté partout à des endroits différents. Pour que cette organisation-là garde le rythme, on est tellement peu nombreux que c'est toujours les mêmes qui font... Le noyau est toujours le même, donc ils n'ont pas le choix. C'est dur à comprendre pour quelqu'un qui n'est pas dans cette organisation-là que le monde qui a fait l'Afghanistan, qui forme les recrues, c'est le même noyau. C'est que le gars qui vient en Afghanistan deux fois aussi, qui va prendre son break, il va à Saint-Jean former des recrues pendant quatre ans. Ce n'est pas un break, c'est rien. N'importe qui qui est allé mais là, tu prends un break, Saint-Jean, t'es dans la pine, tu travailles les fins de semaine, t'inspectes le soir, pis après ça, quand t'es revenu du régiment, quand t'es fini du Saint-Jean, t'es revenu au régiment, t'as eu un break, toi, en taupe. Fait que c'est la nature de l'organisation, à son format, qui fait que c'est difficile. Moi, c'était un peu mon élément déclencheur, quand je suis revenu du Saint-Jean. Il t'a décollé sur d'autres choses. Il m'a décollé en Afghanistan. J'ai dit non. Ben non, c'est ça. Pis là, c'est la première fois de ma vie je disais non. Fait que là, je me suis remis en question. C'est que tu te rends compte que Ce n'est pas une si grosse famille. Ton point de questionnement a commencé là. C'est le retour de ces gens quand on te dit de se redéployer. Mon point de rupture, je pourrais dire, j'ai perdu mon père. J'ai perdu mon père en 2011. Pendant que j'étais à Saint... Non. Mon père était extrêmement malade pendant que j'étais à Saint-Jean. Fait que là, les hôpitaux de Montréal... Fait que là, je me froufilais souvent pour aller voir mon père aux hôpitaux de Montréal. Puis quand mon père... est décédé, je venais de revenir à Valcartier, puis quand j'avais dit à l'adjudant-chef, je ne repars pas en Afghanistan si tu me ramènes, je t'ai dit, je ne repars pas en Afghanistan. C'est pas de trouble, on te ramène, on a besoin de toi. Puis là, il m'a ressorti mon nom, Parce qu'il a fou que je retourne en Afghanistan. Parce qu'il avait demandé aussi à plein d'autres qui ne voulaient pas y retourner. C'est toujours la même histoire. J'ai dit non pour la première fois de ma vie. Mon père était malade. Je viens de dire non pour la première fois de ma vie. Je suis mêlé dans ma tête. Je jouais plus mes enfants autant que je voulais les voir. Je me mets vraiment en question. J'ai pris beaucoup de maturité. Je suis rendu à 40 ans. C'est aussi fatigue mentale, physique. Beaucoup, oui. Il commence à être magané physiquement. Il commence à avoir moins... Mentalement, c'est dur tout le temps. Le contexte est dur à réaliser, mais on est comme... C'est complexe de pogner nos positions. C'est complexe d'être adjudant de peloton à Saint-Jean. C'est complexe après ça arriver et être adjudant de troupe. C'est des choses... C'est pas... boom, puis t'es en fonction, tu sors de l'école. C'est des choses, c'est difficile sur le monde. Puis, ma famille, elle boitait. Pas la relation avec moi et mon épouse, mais tout le monde boitait. C'est assez. Là, je me suis remis beaucoup en question. Je perds mon père. Ma mère tombe seule sur une ferme. Ça n'a pas de bon sens. Il faut que je l'aide. La vie a envoyé un coup de signaux. Mais si l'armée m'avait supporté dans ça, j'aurais fait facilement un autre 10 ans. Parce que j'aimais ça. On a parlé l'autre fois de ça. Je pense qu'au Metz, l'autre fois pour la médaille à Clément, c'est que s'il y avait eu peut-être un peu plus de patience, on va dire, envers les gens qui étaient comme, justement, comme tu dis, qui avaient besoin d'un petit break, probablement qu'ils auraient gardé des ressources à l'interne. Ils ne seraient pas partis. On le dit, un petit break. J'ai toujours été déployé. Toujours. Il y a toujours Un petit break, c'est après 25 ans d'unité tactique première ligne le nez de la dampine. Ce n'est pas déraisonnable. Je sais qu'il y a des fonctionnaires d'un gouvernement qui demandent des breaks aux six mois. Mais nous autres, c'est aux 25 ans qu'on dit qu'on va attendre. Je suis arrivé à 25 ans dans les forces. Quand ils m'ont dit que j'étais déployé en Afghanistan, j'ai dit non. Puis là, ton boss te regarde et te dit que tu sais ce que tu as à faire. Je suis parti de là. J'ai rempli les paperasses. Je suis parti. Fait que ton choix, c'est fait là. Quand tu te fais dire... S'il m'aurait dit, OK, je te comprends, je t'envoie, je sais pas, à la cantine, n'importe où. Prendre un break pendant une couple de mois pour te remettre du décès de ton père. Moi, j'ai eu de nombreuses conversations, surtout avec les Anglais, beaucoup. Quand tu croises des francophones, c'est bas anglais, tu parles un peu plus avec les autres. Fait que j'ai croisé à Kingston des adjudants francophones, puis c'est tellement pas rare Merci. Il y en a un, entre autres, son prénom méchant, c'est un maudit bon, comme ça, c'est un blindé, le gars. Puis il dit, tu sais, mes enfants, ça fait 5 ans qu'ils sont ici, ils sont à 2 ans de finir le secondaire. Moi, j'ai 26 ans d'armée. Ma blonde, tu sais, tout était pour qu'on dise, ben, pas de trouble, on va te donner... Puis le problème, c'est que c'est pas toujours que tout le monde va être méchant, c'est que c'est juste... Il y a rien qui existe pour accommoder ça d'un point de vue officiel qu'une chaîne de commandement peut faire. Puis c'est que ça devient fâchant pour tout le monde, Parce que le manque, tellement légitime de vouloir un break, puis de l'autre bord, tu as une job à faire, tu as des positions à remplir, tu as des positions à tourner. C'est l'organisation qui compte avant tout. Il n'y a comme pas de réponse parfaite à une situation excessivement complexe. Moi, je pense, Phil, que c'est qu'on voit les bons gestionnaires à haut niveau. Oui, je suis d'accord. Ils sont capables de faire la part des choses. Il y a vraiment un manque. Il y a une gestion au niveau du corps d'artillerie, pour parler de l'artillerie, ou au niveau de l'organisation, mais il y a aussi peut-être du cas par cas. Moi, je ne sais pas ce que ça en est rendu, puis on n'est plus à jour personne, mais moi, dans mes dernières années, ils parlaient de pouvoir streamer tes carrières. Tu veux-tu une carrière type A, que promotion, posting, tu dis oui à tout, tu es en feu. Tu veux-tu une carrière type B, mais qu'il faut que tu t'attendes peut-être que s'il y a une CEO adjudant. Il y avait un peu comme de journey. Ça, je n'ai jamais entendu parler de ça. Moi, c'est quelque chose que j'avais dans les briefings. C'était plus au niveau des officiels. L'idée est là, ça se discute, mais la réalité quotidienne, jour au jour, pour les membres, c'est que ça n'existe pas. C'est dommage, mais c'est fréquent que tu te fais dire que tu sais ce que tu as à faire. Merci. On se l'est fait dire. Je me le suis fait dire. On a parlé avec Clément l'autre fois, il se l'est fait dire. On en connaît d'autres aussi. Ma plus longue note de service dans l'armée, elle a une ligne et demie. C'est ma release sur le bureau de mon CEO. Je suis entitled, j'ai les droits dedans. Donc, à partir de là, boum! Sans rentrer trop au niveau politique là-dedans, c'est que aujourd'hui, ils font tout pour garder leur monde. La roue tourne. Ils ont réalisé que quand tu mets tant de temps sur un individu, après tant d'années, puis qu'après ça, tu lui dis, tu sais quoi faire. Là, tu parles... Tu ne penses pas à quelqu'un qui pense à l'organisation? Oui, là, d'Anissi, je vous dis, je dois avoir droppé 200 000 bombes. Ben oui. Minimum. C'est de l'argent, là. J'en ai fait voler des avions. Toi, d'un point de vue organisationnel, tu vaux des millions. Dans l'argent qu'ils ont investi pour te rendre tu es là, tu as coûté des millions à former. Je suis l'un des derniers qui a tiré division à Wainwright et Clem. C'est quelque chose. J'ai tiré division. Faut que tu sois vite sur la scène pour gagner l'ajustement. Oui, quand t'ajustes pis c'est un régiment, ça en a fait de la bombe. J'en connais un coup qui se serait mêlé ses radios au niveau divisionnaire. C'est incroyable. On avait 4 bureaux ici. Ça en a un, ses radios qui étaient allumées. Ouais, fait que là, tu sais, Dan, là, tu te fais mettre pas un ultimatum, mais tu te fais envoyer des messages subliminaux. Fait que là, tu sort. C'est ça? Je sors en 2013. 2013, j'ai sorti médical. Je parlais beaucoup avec l'adjudant Angèle dans ces années-là. J'avais dit, je pense que je vais sortir. Il me parle de ça. Tant qu'à sortir, il sort médical. T'as toute la catégorie médicale devant toi. J'ai sorti médical. C'était spécial pour moi parce que j'avais jamais été médical de ma vie. J'ai été diagnostiqué PTSD, puis j'ai sorti médical à 100% côté physique. J'étais blessé de partout. C'est pas dur à croire non plus, Dan. T'es physiquement... Ton corps t'a pas donné des pauses

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beaucoup

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pendant plusieurs années. Depuis que je suis sorti médical, j'ai profité un peu... de ma passion que j'avais en dedans de moi, qui était encore la nature. Fait que là, j'ai dit, qu'est-ce que je pourrais faire comme cours pour me garrocher dans la nature que j'ai toujours voulu retrouver? C'est pas des jokes, là. Quand je parle de la nature, c'est de la nature. C'est un trappeur, mon gars. Chasseur. Fait que là, je me suis dit, je vais aller suivre un cours de boucherie dans le but d'arranger mon ornial que je faisais déjà, mais là, je savais pas les noms de pièces. Je m'en parle des morceaux. C'est dans mon cours de boucherie. Je me suis garroché là-dedans. J'ai adoré ça. J'ai vraiment adoré ça. Mais l'expérience... d'un adjudant qui sort des forces, puis quelques mois plus tard, il se ramasse avec des civils qui ont un bagage complètement différent du mien, qui arrivent en retard, qui envoient chez le professeur, qui sont sur le chômage, qui sont obligés d'être là, ils veulent pas apprendre. C'était tout qu'un contraste, je dois vous l'avouer. Qu'est-ce que c'est que de se prendre de l'alcool à la main de rentrée, là? Non, non, c'est... Ah oui, sérieux, ça fait ça, ça fait ça. Puis... J'ai tellement aimé ça. J'en ferais pas un métier. J'en ferais pas un métier. Mon but, c'est d'arranger mon ornial. Je me suis mis à faire pas mal de viande sauvage. J'ai suivi mon cours de... Comment on appelle ça? Le stage dans un IGA. Puis là, j'ai réalisé que je pourrais peut-être les aider eux autres aussi un peu. Juste de même, ça ressemble à quoi, mettons, un taux horaire d'un boucher dans un IGA? Ça dépend. Le boucher rentre un heure avant, puis il finit un heure après. Parce que c'est un professionnel. Oui, c'est le seul. C'est un des seuls. C'est un des seuls dans un marché qui a vraiment un vrai cours. C'est un des seuls. Fait que... C'est qu'ils feront l'argent. C'est payant pour l'épicerie. Le boucher, dans un IGA... Il n'y a pas carte blanche, mais il a le droit de chialer. Autrement dit, le syndicat, il peut... Il est plus pesant que la caissière, mettons.

UNKNOWN

Oui, pas mal.

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Pas mal, oui. Mais l'ambiance dans un GA était très spéciale pour moi parce que moi, j'étais comme remplaçant. Je ne voulais pas travailler le temps plein. Tu l'as juste donné un petit coup de main positif. Oui, au début, je lui ai dit, prenez-vous le temps partiel. 10 heures par semaine, c'est bien correct. Mais ce n'est pas ça qui est arrivé pendant tout. J'ai réalisé le manque le personnel qu'il y avait. Tu t'es ramassé à 36 heures par semaine. Je faisais mon 40 heures semaine, puis après ça, il me payait un couteau. Parce que moi, je lui demandais des couteaux. Il dit là, « Hey, tu sais, tous les couteaux que tu vas acheter, moi, je vais les prendre pour m'amener dans ma bousserie de viande sauvage. » Oui, c'est parfait. Quand je me suis garroché dans mon IGA, bang, bang, je réalisais que travailler 12 mois par année, c'était vraiment plus pour moi. Fait que là, je travaillais l'hiver pour aller à la pêche l'été. C'était vraiment ça ma vie de rêve. Puis là, à ce temps-là, je suis allé à la pêche. C'est ça que je fais. Il y a un petit peu de chasse l'automne? Oui. C'est ta passion. Oui. Je suis un chasseur, pêcheur, trappeur. Ça, c'est moi. Je te connais depuis 1998. Tu as commencé ta vie comme ça avant d'aller dans les forces. Avant de rentrer dans les forces. Je suis avec une chaîne de ça dans les mains. Moi, j'adore faire du bois de chauffage. Je suis sur une ferme. J'adore les animaux. Tu travailles de tes mains. Je travaille de mes mains. Je fais de la plomberie, de l'électricité, de la soudure. Je fais de tout. Puis, j'ai vraiment, vraiment une passion pour la pêche. Vraiment.

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Plus que la chasse?

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Plus que la chasse. Mettons que j'aurais eu une conversation avec Yann, il m'aurait dit, « Danny, chasses-tu ou pêches-tu? » J'aurais dit, « Danny, chasses, il pêche pas. » Puis je te connais quand même. Non, je sais que c'est beau. La chasse, c'est... C'est parce que c'est tellement restreint en période de temps. C'est restreint, puis j'ai de la misère à donner mon savoir au revoir Parce que moi, quand je vais à la chasse, j'amène tout le temps des petits jeunes avec moi. Moi, je tire pas. C'est un autre qui tire. J'aime donner mon savoir. Comme mes deux garçons qui viennent à la chasse une fois aux 5-6 ans, ils savent comment ranger un orial de A à Z. Quand je suis sur un orial, je ramasse les jeunes. T'appelles tes gars à Montréal. Tu ris, mais je l'ai fait avec Simon, mon plus jeune. Je lui dis, Simon, tu fais « Quoi, fin de semaine? » Il me dit « Non, je ne fais rien. » Il se descend, j'arrange un ornial et c'est tout qu'il va faire au complet. Il est descendu de Montréal, il va faire l'ornial au complet sous ma supervision. C'est des moments père-fils qui vendent un million. C'était vraiment ça. Mon cours de boucherie, je l'ai redonné à beaucoup de

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gens.

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Parce qu'au Témiscamingue, il n'y en a pas de boucher. Ce que je n'aime pas, c'est de voir un ornial pas être arrangé, puis là, tu perds ta viande. Pour optimiser la chasse. Fait que là, je donnais des cours aux chasseurs comment arranger les urnions au Témiscamingue. T'es sérieux? Ça devait être le fun, ça devait être bien reçu en tabarouette. Oui, puis c'est impressionnant comment que les gars, ils apprennent vite, parce qu'ils aiment pour perdre leur viande. Parce que ça coûte cher aussi, la chasse. Ils investissent de l'argent. Puis ces gars-là, ils ont tout mon numéro de téléphone. Puis souvent, quatre ans plus tard, ils m'appellent « Hey, te rappelles-tu de moi? » « Euh, peut-être un peu, là. » « Ouais, tu m'as donné un coup, puis là, je suis pogné, je ne sais plus quoi faire. » Tu sais, c'est le fun. Quand est-ce, Dan, que tu as commencé à avoir ton déclin dans le pool de hockey

UNKNOWN

?

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Parce que, tu sais, le pool de hockey, il faut en parler. Dans un pool de hockey, nous autres, ça fait quand même... Moi, ça fait 25 ans. On a fêté notre 25e. Moi, ça fait 3 ans, je suis un nouveau. Oui, c'est ça. On a quand même une quinzaine de gars qui s'appellent Chum Pool et tout ça. C'est un peu plus difficile pour toi depuis le temps. Je dois vous avouer que mes activités professionnelles l'été, qui est la pêche, m'empêchent de suivre les nouvelles. Les excuses. OK, on coupe. Qu'est-ce que t'aimes dans Pays-Bas? Parce que je te pose la question, puis tu me diras si c'est un peu ça. C'est comme une question loadée.

UNKNOWN

Tu sais, les...

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l'armée, on se retrouve, on passe beaucoup de temps, moi, j'appelle ça sur nos talents. Nouvelle job, nouveau monde, ton boss n'est pas là. On se sent souvent pas bon ou incompétent parce qu'on n'est pas d'une job longtemps pour se sentir confortable. Bref, moi, je spinnais beaucoup. La pêche, est-ce que ça apaise ton stade? Est-ce que ça t'apaise, ça te met en paix, puis t'arrêtes de réfléchir, puis spiner? C'est-tu ça que tu vas chercher, ou toi, c'est juste le poisson? Puis la raison pourquoi je te demande la question, c'est que je suis en train d'apprendre à devenir luthier, je suis en milieu de formation, puis c'est ça que j'aime. J'arrête de spiner, j'ai la tête d'un instrument, je me concentre sur ça. Est-ce que c'est ce genre de paix intérieure-là que la pêche t'allume tant que ça, ou toi, c'est vraiment le thrill? C'est quoi, toi, qui fait que Chris, à tous les étés... Ça dépendrait des occasions. Quand je suis tout seul avec mon épouse, en bateau, ce qui arrive à peu près à 70% du temps. Là, il n'y a pas de mots qui se parlent, je suis relax. Puis je suis un amateur, un grand amateur d'oiseaux. Fait que j'ai toujours ma caméra, on se promène en bateau, puis on court auprès des oiseaux, en pêchant, tout ça. Mais quand que je suis à genre style pauvrerie, avec des jeunes enfants, là, là, là, ça spin. Là, c'est, faut que j'aide à telle place, faut que je passe à telle angle, parce Parce que pour pêcher, il faut que tu connaisses ton secteur, puis il faut que tu connaisses la vitesse, quelle sorte de troll. Là, je ne suis pas en mode relaxation. Je suis en mode, il n'y a pas personne qui vient avec moi qui ne part pas sans sa prise. Puis quand je parle de sa prise, c'est sa limite. Il n'y a pas personne. Là, t'es-tu équipé le genre, comme les militaires, quand ils commencent à aimer quelque chose, intensément? Je dois avoir à peu près 40 lignes à pêche, oui. Comme un bon militaire qui s'occupe de toutes les sortes. Moi, ça fait... C'est quoi, depuis 98 que je te connaissais? Depuis 2001, probablement que tu me dis n'importe quand, quand tu veux, tu viens en éviter. J'imagine qu'il y a de la moche. Non, non. Je suis équipé pour être anti-bibitte. Mais honnêtement, si tu viens à la pêche au Témiscamingue, début juin jusqu'au 20 juin, là, Yvonne Nawa est la mouche noire. Yvonne Nawa est... C'est comme aller passer une fin de semaine au Camp Dubé sur Valcartier. Si tu viens à pêche entre le 10 juin et le 24 juin, tu vas virer fou tellement qu'il y a du poisson. Parce qu'il y a tellement de mystique. C'est ça, oui. Mais il n'y a jamais de bibitte sur les lacs. La bibitte, c'est quand tu débarques du bateau et que tu embarques dans le bateau. Fait que moi, pour prendre soin de mon épouse, elle, elle reste dans le camion. Moi, je fais tout dehors.

UNKNOWN

Pour la courir sur le bateau.

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Elle embarque, on pousse le bateau. Je peux être comme ton épouse. Non, mais je demande Je ne demanderais pas à un enfant de 5 ans de venir changer le stock quand il va se faire manger. Si tu veux qu'elle t'accompagne, il ne faut pas que tu aies le choix. Ça, c'est quelque chose que j'ai appris au fil des temps. Moi, je dirais à ma blonde, tu viens de te faire piquer par 80 moustiques, le temps d'enlever une photo. On parle de moustiques, mais les frappes à bord, les mouches qui viennent te piquer sur les chevilles, c'est pas mal plus piqué que les maringouins tant qu'à moi. C'est quelque chose de robuste. C'est robuste. C'est tous les étés, c'est les pêches à côté. Je vois le jeu qu'en 2000, on est en quoi? 2026, j'ai encore des lacs vierges que je n'ai pas été pêcher. Que l'être humain n'a pas allé encore. Tu viens de là. J'en ai un qu'il faut que j'y aille cette année. Un lac vierge. Tu vas aller dévierger un lac cette année. Oui, c'est mon but. Tu vas aller voir quelles sont les poissons qu'il y a dedans. Oui, c'est mon but. C'est-tu un projet que tu as déjà eu, que tu as déjà rêvé, mettons, parce que ça fait très avec toi, mais propriétaire d'une pourvoirie, puis ce pays-là t'intéresse-tu? Bien, je te dirais que oui, sauf que Mon état... En fait, c'est quasiment sûr que j'ai une pauvrerie. Elle n'a pas le titre. Ça t'évite d'avoir à subir les clients. C'est ça. Ça me protège à choisir mes amis qui viennent. En même temps, ça... Je n'ai pas tout le côté administratif à faire. C'est un peu comme si tu as... Tu l'as très bien dit. C'est comme si tu en avais une, mais c'est juste en niveau... Parce que tu sais, des fois, tourner un loisir en business, tu perds le bonheur de ton loisir. Au début, moi et mon épouse, on a regardé beaucoup pour soit une povoirie ou une cabane à sucre. On regardait les deux. Sauf que la... L'idée de voyager est constante en moi aussi. J'adore voyager. J'adore aller voir les oiseaux. des autres provinces. Si j'ai une pauvrerie, je ne peux plus. Si j'ai une cabane à sucre, ça me brime pendant quelques mois. J'aime mieux être libre. Tu sais, quand on est dans l'armée, on dit tout le temps oui, oui, oui. À ce temps-là, je veux dire je suis un homme libre. Moi, ma phrase, je m'étais trouvé, c'est quand je suis sorti de l'armée, je me suis dit je veux vivre le reste de ma vie selon mes propres termes. C'est ça. C'est non négociable. C'est non négociable, c'est ça. C'est beau, ça s'écrit bien. C'est un quote de Pinterest, là. Je vais l'apprendre ta phrase parce que c'est ce que je ressens. J'ai beaucoup d'Indiens en moi. Je suis métisse en passant. J'en ai énormément. Quatre fois plus que beaucoup. d'Autochtone. Quatre fois plus que d'autres. Je suis dans le bois. Je connais tous les petits fruits. Je connais tous les arbres. Je suis capable de survivre dans le désert, dans le pôle nord, dans la forêt. La seule place que je ne suis pas capable de survivre sur la planète Terre, c'est dans une ville. Dans une ville... On ne voulait pas le dire, mais Danny est survivaliste. Oui. Mais pas à Montréal. Je fais juste une parenthèse de même, parce que tu parlais de toutes les essences d'arbres, OK?

UNKNOWN

Oui.

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Phase 3 d'officier. J'étais à Valcartier. Vous connaissez Gino Dupuis? Oui. Puis Marc Grenier. Peut-être moins toi un petit peu. Gino Dupuis, je le connais très bien. Marc Grenier, c'est le fils de Jean-Joseph Grenier qui est officier. Ah oui, je le connais. J'ai eu à Saint-Jean. Lui, Marc Grenier, c'est le meilleur que j'ai vu passer les 4-5 ans que j'étais à Guy. C'est une machine. Mais bref, on est sur les phases d'officier, on est stressé, on est sur la requise. Puis là, on est sur le test 16, je sais pas trop. Pis là, Gino, Gino, il connaît les essences d'arbres, OK? Fait que là, on se prend des points de repère. Pis là, Gino, il est là, OK, Marc, le mélèze, là-bas, il l'a su. À un moment donné, Marc, il se tend, il dit, Chris, Gino, personne connaît les essences

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d'arbres. Gros arbre, petit arbre, feu. Pis j'étais content qu'il le dise,

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parce que moi, j'étais là, un mélèze, Chris, il

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est

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fancy, gros sapin,

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bon,

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ça tente pas, tu sais, comme on dit. Fait que c'est l'année dernière, je trouvais les essences d'arbres, Gino. Pis by the way, Gino, si t'écoutes, tu vas venir t'assurer que t'as pas un choix. C'est une bonne idée, ça. Gino, son nouvelle mission, lui, est à l'envers. Il a fait sa nouvelle mission d'après carrière, avant l'armée, puis il a décidé de finir ça avec l'armée. C'est vrai qu'il est à l'envers, lui. Sacré chic. Salut, Gino. Tu vas être le bienvenu, Gino. Tug-of-war avec lui. Écoute, ça fait déjà un petit bout. On a passé, quoi, deux heures? Pas long? Quand même, on est rendu... 1h20. Moi, Dan, il y a une affaire depuis tantôt. J'attends qu'on soit rendus là, puis notre podcast s'achève tranquillement, pas vite. Dan, t'as connu l'Allemagne, t'as connu les premières Bosnie, t'as connu le STI, t'as fait l'Afghanistan. Je veux dire, c'est d'un point de vue, là, d'absorption, d'équipement, de nouvelles technologies, de contexte opérationnel. Tu sais, je veux dire, ta génération de soldats, vous n'avez vécu une trollée... dans un spectrum tellement large que ça va nous prendre le reste de l'après-midi faire le tour. Comment tu me résumerais ça, l'armée que tu as connue en rentrant et l'armée que tu as connue en sortant? Parce que, tu sais, on va toujours dire, tendance à dire, on était dans notre temps, on était plus ça, on était plus ça, mais tu sais, les jeunes sont hot aussi sur plein de choses et ont des méchantes belles aptitudes, le fun sur un paquet d'affaires. Puis toi, tu es naturellement très axé sur les jeunes et la relève. C'est quoi ta conclusion. C'est quoi? Tu comprends-tu? Est-ce que j'explique bien ma question? Non, c'est une très bonne question. Moi, ça m'intéresse. J'aime tellement ça entendre un gars qui est rentré dans les années 80 et qui est sorti passé 2010 parce qu'il a tellement eu d'affaires. Je veux dire, t'as connu quatre armées. Je te dirais que l'armée représente énormément la population locale. Puis, la population locale, qu'est-ce qu'ils ont vécu, eux autres aussi, dans les 20 dernières années? L'apparition du computer. Ils n'avaient pas d'ordinateur. Le cellulaire. On était tous sur Padgett au début. L'armée a évolué un petit peu plus en boitant, mais a quand même évolué en suivant l'évolution des civils à côté de nous autres. Puis, maintenant... Ce que je dis Astar, c'est qu'on n'a plus besoin de gros bras et des armes phares. On a besoin du monde intelligent et versatile. C'est vrai. Je ne sais pas si c'est un beau mot. Versatile, oui. C'est de ça qu'on a besoin Astar dans l'armée. Est-ce que je serais prêt à rentrer dans l'armée avec l'histoire des cheveux longs et tout ça? Non. Mais Astar, quand un soldat rentre, S'ils rentrent pour les bonnes choses, pour les bonnes raisons, que ce soit dans les années que ça voudra, il va faire son bout de chemin. Comme n'importe qui. Mais l'arrivée des femmes en 90 a changé énormément les forces armées canadiennes. Pour le mieux, sur bien des choses. En fait, à 100% pour le mieux. Sans hésitation. Mais est-ce que ça veut dire que les gros bras n'ont plus leur place? Non. J'en étais un gros bras. C'est un gros gars choqué fort. Ça a toujours sa place dans l'armée. Mais le gros gars choqué fort qui n'est pas capable de parler sa radio ou de réparer son problème de radio ou il n'est pas capable d'être en arrière d'un ordinateur. Placer une icône sur une map digitale dans l'armée, tu n'as pas le choix. Tu n'as plus le choix. Oui, il y a eu une grosse différence. Est-ce que c'est pour le mieux toujours. L'armée suit les civils à côté. C'est toujours ça que je me suis dit. Si tu compares le soldat que tu étais quand tu es sorti de Saint-Jean dans les années 80, si tu compares les jeunes que tu laissais sortir des recrues, qu'est-ce qui te frappe le plus entre les deux réalités? Parce que je pense que vous êtes des pas mal mieux instructeurs dans les années 2000 à Saint-Jean. Ce n'est pas parce que les gars n'étaient pas corrects. C'est l'éducation organisationnelle et la culture a changé. Mais ce serait quoi, toi, ta grosse remarque entre deux soldats Je te dirais que la grosse remarque, c'est l'adaptation aux personnes extérieures, comme les Haïtiens qui rentrent dans l'armée. C'est dans ce sens-là. C'est cette adaptation-là qu'on n'est peut-être pas encore... on n'a pas assez d'expérience pour les accueillir comme il faut dans l'armée. À Saint-Jean, surtout à Saint-Jean, parce que j'ai vécu des choses, des jeunes pakistanais qui arrivaient, qui étaient complètement perdus. J'ai même eu, durant une marche forcée, un petit jeune qui arrivait de l'équateur, puis il me dit, « Ah, Judas, c'est la première fois que je vois de la neige. » Tu sais, c'était à ce point-là. Est-ce que moi, je l'ai accueilli en riant, puis là, j'ai jasé avec, puis d'un coup, ce qui se Il y a d'autres instructeurs qui l'auraient peut-être mal pris. C'est l'adaptation. Ça va vite dans les forces d'armée canadienne. Ça va très vite. Il va falloir qu'eux autres, dans le futur, acceptent d'avoir de plus en plus de personnes qui viennent avec de différentes origines. Ce qu'on n'avait pas en 86. On n'avait même pas de femmes. On était tous blés. Quand je suis allé voir la vidéo de recrutement en 97, à Sherbrooke, le vidéo qu'on m'a montré, c'était tout pour pas que je rentre. C'est un caporal blanc qui a un pinch, un combat vert, un canon. Ça donne toute l'envie, sauf de rentrer. C'est ça. Mais les jeunes sont préparés à ça. C'est les instructeurs, les vieilles mot-de-cloc comme moi, qui sont encore dans le système, qui doivent s'ajuster. Parce que mes deux garçons, ils vivent très bien là-dedans. Ils ont évolué avec la population. Puis l'armée va évoluer aussi. Je sais pas si ça a bien répondu, mais... Absolument. Écoute, l'autre question que je te poserais, qui, je pense, pourrait rapper puis conclure... Si on te donnait l'opportunité de recommencer de façon « notional », juste théorique, ta carrière, est-ce qu'il y a quelque chose, est-ce qu'il y a une décision que tu prendrais foncièrement différente que ce que tu as pris? Puis si ça t'intéresse, je serais intéressé de savoir pourquoi. Bien, je te dirais oui. Honnêtement, j'ai trop sacrifié ma famille. Puis, pendant que tu es dans le système, tu ne le réalises pas, mais quand tu sors, tu le réalises. Donc, Est-ce que je ferais des choses différentes? Oui. Je dirais non. Mais quand tu es bombardier, bombardier-chef, tu as peur de dire non. Ça doit être un des dilemmes les plus difficiles pour un soldat, quelqu'un qui aime l'armée et qui aime sa famille, quand il faut que tu choisisses. Moi, la réponse, elle vient vite. Je pense que tout le monde prend sa famille, mais ça ne doit pas être facile. Ce n'est pas facile. Surtout quand... Moi, je suis tombé papa à 20 ans. À 20 ans, tu es encore dans l'engrenage de l'apprentissage dans l'armée. Même dans la vie, tu n'es pas encore... Tu es à peine un homme. C'est pour dire par principe que tu as l'âge d'en être un, mais tu n'en es pas un. C'est ça. À 23 ans, j'ai eu mon deuxième. J'étais un très fier papa, mais je n'étais pas présent. Une chance que j'avais une femme solide parce que sinon, tout aurait été fait en vrille. Malheureusement, dans l'armée, il y en a beaucoup qui ne partent pas en vrille à cause de tout ça aussi. C'est très difficile. Tu parlais de la solidité de celle qui partage ta vie depuis tant d'années. Je pense que c'est un incontournable pour qu'une relation de couple dur dans un contexte militaire, c'est d'avoir une personne qui partage ta vie solidement plantée. Avec un bon caractère qui peut te dire, hey, le gros. Hey, mon gros tata. Hey, mon gros tata, calme-toi. T'es rendu à cinq roulottes, t'en as pas besoin d'une sixième. Écoute, Dan. Ça a été le fun, mon Dan. Je pense qu'on a fait le tour. Est-ce qu'on est tous dans cette ambiance-là? Félicitations. C'est un sacré beau parcours. C'est un beau parcours puis je suis content de voir que tout se passe bien pour toi avec la suite des forces oui ça va très bien dans la vie ta nouvelle mission à se continuer puis venez à la pêche oui bien écoute avec le traitement que tu m'as offert oui je vais y aller oui il va aller à la pêche comme ta femme j'ai même un saut complet de A à Z qui va te couvrir avec un screen il vient de me convaincre non pour vrai c'est un réel plaisir de t'avoir merci ton temps c'était généreux de ta part puis on est très content de t'avoir oui merci beaucoup merci Merci à tous qui nous ont écoutés. À la prochaine chicane. À la prochaine, mon fils.

UNKNOWN

C'est ça? Oui. Merci. Bye-bye.