Podcast Nouvelle Mission

Épisode 9 - Patrice Côté

Ian et Philippe Season 1 Episode 9

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Cette semaine, nous avons le plaisir d’accueillir comme invité Patrice Côté.

Nous avons eu droit à un entretien riche et inspirant avec Pat cette semaine. Reconnu pour son respect, son intégrité et sa motivation, Patrice a su prendre en main très tôt sa carrière. Laissez-le vous transporter à travers près de 25 ans de service, les défis rencontrés et ses sources de motivation. Il partage avec passion ce qui le fascinait tant dans la vie en uniforme.

 

Toujours fidèle à sa réputation, il nous explique ensuite comment il applique la même rigueur professionnelle dans sa deuxième carrière que celle qu’il a développée lors de son service militaire. Aujourd’hui, Patrice poursuit son parcours au sein d’une entreprise en pleine croissance où il est vite devenu un pilier incontournable. Il y transmet ses connaissances de gestionnaire et de leader ainsi que sa passion contagieuse pour le travail bien fait.

 

Merci pour ta visite, Pat. Ce fut un réel plaisir de t’accueillir.

 

Bonne écoute à tous !

SPEAKER_03

Musique

SPEAKER_01

Salut Yann! Salut Phil! Comment ça va? Ça va super bien. Très motivé cette semaine. Puis on n'a pas le choix d'être motivé cette semaine parce qu'on reçoit un invité. Un grand invité! Oui, je pense reconnu pour sa motivation puis son charisme positif. Patrice Côté. Salut

SPEAKER_02

Pat! Salut les gars! Salut Pat! Vraiment content de te voir. Merci de m'avoir invité,

SPEAKER_01

les gars. C'est un plaisir. Pat, comme on disait avant de partir le micro, t'as été dans les premiers noms qui ont sorti quand on parlait de la vibe qu'on voulait... instauré à ce podcast-là. Sacrée carrière, sacrée personnalité, puis j'ai hâte de t'entendre parce que d'emblée, moi j'ai travaillé, je t'ai croisé en carrière comme ça, je pense que je t'ai jamais entendu bicher une seule fois. Ça

SPEAKER_02

m'intrigue. C'est pas ma nature. Non, c'est vrai. Je suis quelqu'un qui voit le

SPEAKER_01

côté positif des choses. Exactement, t'es excessivement organisé, on le voit, t'arrives ici préparé, t'es une personne positive, fait que vraiment, t'es exactement dans la vibe qu'on cherche pour ce podcast-là, puis on a déjà hâte d'entendre ton histoire, fait que t'sais... sans plus tarder, Pat, raconte-nous ce qui t'a motivé à rentrer dans cette organisation-là, la réalité de l'époque t'es rentré aussi, début des années 90, c'était vraiment quelque chose de différent. Je pense que t'as réussi à sortir ton épingle du jeu côté promotion quand c'était difficile. Exactement, oui. Un peu de chance.

SPEAKER_02

Un peu de chance, un peu de moi. Un petit gars de Montréal, passionné par les sports, savait pas trop quoi faire dans sa jeunesse de sa carrière, avait l'intention d'être dentiste, mécanique du bâtiment, rencontre un ami qui est au sein des forces, un fantassin, qui me parle des membres du rang versus les officiers. Curieux, va faire les tests sur la rue Sainte-Catherine, les entrevues, puis finalement, on m'offre d'être officier, sous-officier. Ma décision, c'est rentrer au plus vite. Donc, c'était les sous-officiers, dans quel métier. Ils m'ont donné trois cassettes. J'ai dit, artillerie, ça m'intéresse. Je suis rentré. J'avais aucune idée dans quoi je rentrais. Tu avais quel âge à ce moment-là? 19 ans. Non. J'avais 18 ans quand je voulais rentrer, mais il a fallu que j'aie une chirurgie en mon bras gauche, malformation congénitale du... Je suis prématuré. OK. Donc, mon os n'était pas complètement formé. Donc, j'ai eu une greffe osseuse à l'humérus gauche pour pouvoir entrer dans les forces. C'est pour ça que

SPEAKER_01

je

SPEAKER_00

suis rentré un peu plus tard. Ça ne t'a pas empêché de servir quelques mois? Absolument pas. C'est

SPEAKER_02

qu'on voit que ça ne change rien. Non, ça ne m'a pas arrêté. Ça a été une grosse chirurgie, mais ça ne m'a pas jamais empêché de performer au

SPEAKER_01

sein des forces. À 19 ans, après la fameuse cassette VHS des forces

SPEAKER_02

canadiennes. Exactement. Je suis rentré. On m'a envoyé à Shiloh après mon cours de recrut en 89. Au Manitoba, on a fait notre TQ3 qu'on appelle dans le temps. Après ça, muté au régiment, début 90, crise d'Oka, feu sur la Côte-Nord. Déjà, on était dans le bain. Puis ça, ça m'a allumé. Déjà en partant, d'aider. D'aider dans des crises. Participer à quand même des crises qui arrivaient au Québec. Puis d'aider, pour moi, j'ai vu vite dans ma jeunesse que c'était important d'aider. Après ça, promotion caporal avancée Après ça, cours de chef. Pif! 93, première rotation à Bosnie-Herzégovine. Les Bosniennes depuis 90. Oui, comme peloton de mortier. Premier diplôme, j'ai adoré. Par contre, j'ai rencontré des défis là-bas. J'ai perdu trois niveaux d'acuité auditif lors de la première mission.

SPEAKER_00

Ça explique-moi, qu'est-ce qui est

SPEAKER_02

arrivé? C'est un obus qui est sauté à Srebrenica.

SPEAKER_00

C'est ça? Tu étais dans ce coin-là, je m'imagine. Oui.

SPEAKER_02

On a reçu un obus 105 mm. J'étais avec Angèle Giselin. J'étais le chauffeur. C'est ça. J'ai perdu deux niveaux d'équité

SPEAKER_01

auditive. Les Bosniens, début 1996, on a eu Danissé qui en parlait. Pat Savigny a connu. C'était des tours difficiles. Les règles d'engagement n'étaient pas en votre faveur. Les ressources et l'équipement.

SPEAKER_00

Ce n'était pas très propre encore.

SPEAKER_02

Non, non. C'était le far west que je dirais. Puis enterrer des civils parce qu'il n'y a pas de moyens. pas capable de laisser les corps aller, donc on les enterrait avec décence, du mieux qu'on pouvait, avec respect. Mais pour moi, ça faisait partie du travail, puis c'était de l'aide. On amenait quand même de l'aide au peuple sur le terrain, avec des dons de nourriture, de pain, et ainsi de suite. C'est ce que j'ai aimé des rotations. Après ça, 95, deuxième rotation en Bosnie, à Kisiliak comme peloton d'infanterie, dans un rôle d'infanterie.

SPEAKER_01

Tu étais là-dessus, Yann, aussi. Oui, à Kisiliak. Ça, c'est votre déploiement d'infanterie. Sur les montagnes.

SPEAKER_02

On a appris le travail d'infanterie, les avances à tir live. C'était un beau bataille de

SPEAKER_00

feu. C'était différent de notre carrière. L'entraînement était différent aussi pour y aller.

SPEAKER_02

Le mandat était différent, 93 à 95, complètement. Je ne pense pas encore. On est encore... sur l'ONU. Oui, l'ONU 95. Mais c'était encore des OP, on surveillait, on rapportait, on n'avait pas grand manœuvre, on pouvait riposter seulement quand on se faisait engager, sinon on regardait le spectacle puis on rapportait. Oui, les règles d'engagement étaient sévères. Puis on amenait peut-être de l'aide, mais c'était... C'était une belle mission, ça. Ah, moi, toutes mes missions, je les adorais. Toutes

SPEAKER_00

mes missions. On

SPEAKER_01

a ressorti quelque

SPEAKER_02

Même s'il y a eu des moments difficiles, manque de sommeil, nourriture, manque d'eau, pour moi, ça fait partie du boulot qu'on avait à faire. C'est ça. Puis après ça, en 96, troisième rotation qu'on a été en Haïti. Par contre, moi, j'ai été chanceux. J'ai été sélectionné pour faire partie du fameux peloton MIST, Military Information Support Team. On a été formé comme en garde psychologique par l'armée américaine qui sont venus nous

SPEAKER_00

donner une formation. C'est une petite gang obscure. On était détachés. On travaillait pour la force. On ne savait pas trop ce qu'ils faisaient. C'est toujours la

SPEAKER_01

meilleure

SPEAKER_00

place à être, être détaché, secret. C'était spécial. Il avait l'air d'avoir du fun. On a

SPEAKER_02

eu du plaisir sur ce tour-là. On avait une liberté qu'on n'aurait pas eue si on avait été avec le contingent canadien. C'était quoi vos tâches, mettons? Nos tâches, c'était souvent d'aller parler aux gens clés, aux maires de villes.

SPEAKER_01

Ça aurait-tu été du human avant que On appelle ça « human

SPEAKER_02

»

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Pas tout à fait, je pense. On partait avec des questions qui venaient de la chaîne de commandement, des colonels quatre bords qui voulaient de l'information des villes et des villages. Nous, des fois, on partait en hélicoptère. On avait un interprète haïtien qui était souvent un réserviste des Forces armées canadiennes. J'avais un chauffeur, plus moi, une petite équipe de trois qui atterrissait sur le top d'une montagne, puis Allait voir le petit village, le maire du village, puis il posait des questions. Il y a des gens qui nous voyaient, puis blanc, blanc. J'en avais jamais vu. J'étais caporal-chef velcro

SPEAKER_00

à ce temps-là. T'étais avec une belle gang. Je pense que Stephen Ward était avec toi. Stephen

SPEAKER_02

Ward était un gagné. C'était un mélange, beaucoup de mélisse et régulière. Je dirais pas mal 50-50. Oui. C'était beau. J'ai adoré la culture haïtienne, puis on avait le privilège d'avoir des traducteurs haïtiens qui venaient des forces canadiennes, qui vivaient au Canada, mais qui pouvaient nous faire ressentir et vivre la culture haïtienne.

SPEAKER_01

On

SPEAKER_02

a vraiment mangé la nourriture haïtienne. On a visité des tentes à certains de nos collègues. Donc, ça m'a fait voir un autre aspect de d'Haïti, qui m'a fait comprendre un peu plus que c'est des humains qui sont dans la misère, la classe moyenne rapetissait, mais j'ai adoré cette ratation-là.

SPEAKER_01

Pour vous autres qui avez connu l'Haïti, moi je suis arrivé au régiment juste après, ça vous fait quoi de voir ça en est rendu?

SPEAKER_00

Un peu de peine. Un peu de peine. On voit que ça ne change pas. Je pense

SPEAKER_01

que c'est des gens fantastiques, les Haïtiens, la résilience dans le piton depuis tant d'années, mais qui ne réussissent pas à se relever.

SPEAKER_00

Avec des catastrophes qu'ils ont vécues aussi, avec les tremblements de terre. Il y a de la malchance en plus. Il n'y avait pas besoin

SPEAKER_02

comme peuple, mais le pilier qu'on nous enseignait, le pilier sécurité dans une démocratie, il est trop fragile, il est trop mince. Il est mince comme une baillette de bois, alors que c'est un pilier en béton qu'on a besoin. Ce pilier-là de sécurité renforcit la démocratie. Comme il n'est pas assez solide en

SPEAKER_01

Haïti, bien... C'est-tu quelque chose à l'époque parce que j'avais lu quelque chose d'intéressant sur justement l'aide qu'on envoie en Haïti. Tu sais, nous autres, en Haïti, il y a quelque chose on envoie les avions de l'aide, puis on se dit comment ça, qu'ils sont pas capables, on a tout envoyé, mais ça aurait de l'air que, tu sais, de pas avoir la capacité d'absorber tout ça sur le terrain, puis de pas avoir la capacité de distribuer. C'est-tu quelque chose à l'époque qui était tangible, cette difficulté-là de recevoir l'aide, puis d'en faire quelque chose

SPEAKER_02

de concret? OK. Sans tomber dans le jugement, toujours en étant factuel, de voir des véhicules qui sont donnés par un pays asiatique, genre sans véhicule, doté de sirènes de police pour jouer le rôle de police. C'était peut-être pas le véhicule parfait pour le terrain, mais qu'au bout de quelques mois, plus de la moitié de ces véhicules-là n'étaient plus en fonction, avaient été stripés de leurs pièces. Donc, il y a une partie... qui appartient au peuple. Les défis sont énormes à plein de points de vue. À la fin, c'est triste de voir ça, mais quand on y a été, je pense qu'on a fait une différence. Je pense qu'on a fait une différence sur quelques années par après. Probablement, oui. Mais après ça, le peuple a sa destinée en main. Nous, on les regarde. On peut avoir un petit pincement au cœur en espérant

SPEAKER_01

que ça se réaligne. C'est tout. Après ça, retour au régiment

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ta

SPEAKER_02

carrière ne s'arrête pas là. Non. Retour au régiment. Prise en charge de pronto. Je gravis les échelons. Je fais pas mal toutes les positions.

SPEAKER_01

Moi, c'est que je t'ai connu. Pronto, bâtrière, chef sur le bord d'être promu ou quelque chose de même. Exactement. Fin 90.

SPEAKER_02

Exactement. Parce que là, je suis arrivé à ma quatrième rotation en 99. Un autre Bosnir Zygovine, platon de mortier, mais sur bison. Ah oui, dans le... dans

SPEAKER_01

le bison, être les hatches. Comment tu l'appelais dans ce véhicule-là?

SPEAKER_02

Ils ont donné un nom. Dragon. Oui, exactement. Merci Phil. Je m'en souvenais même pas. J'ai marqué bison. Je suis content de m'en souvenir. Je sais pas comment j'ai vu. Mais c'est ça. C'est les crashes du feu. Ça, ça a été une autre belle expérience. Par la suite, cet auto-là a été assez tranquille parce que là, c'était sur l'égide de l'OTAN. Le chapitre de règles d'engagement avait changé. On avait un peu plus de pouvoir. Donc, ça se battait plus C'était plus de l'aide puis du maintien de la paix par... la force quasiment. On avait des meilleures règles d'engagement. On revient de là, premier sergent au début des années 2000. 2001, cinquième

SPEAKER_01

rotation. Moi, j'étais le bureau à côté sur cette rotation-là. J'étais au PC avec Bruno Talbot. Oui, oui. Puis, je n'avais jamais réalisé que c'était la cinquième fois que tu allais dans ce pays-là. Moi, j'étais flambant pauvre, premier tour. Tu étais aux opérations.

SPEAKER_02

93, 95,

SPEAKER_00

99, 2 Sgt Côté nous faisait faire du flowcock sur les chiffres de nuit.

SPEAKER_02

Quand il y avait du temps à perdre, je maximisais. J'appelle ça de la productivité. On s'entend que peut-être qu'il y en a qui me perçoit comme Dieu. Il

SPEAKER_00

y en a plusieurs qui t'ont perçu Dieu. Moi, le premier, tu es un gars qui a toujours démontré beaucoup de rigueur, qui était droit. C'est vrai, rigueur, c'est un terme approprié, je pense.

SPEAKER_01

Tout à fait, ça laisse

SPEAKER_00

la place Mais très intègre. Oui. Mais ça apportait le respect aussi de l'autre côté.

SPEAKER_02

Oui. Mais souvent, j'essayais de donner l'exemple. Puis comme j'aime travailler fort, bien, j'aime que l'équipe avec moi travaille fort. Je sais que la nuit, il y avait des temps morts. Donc...

SPEAKER_00

C'est ça, sans te couper, c'est que en fait, Pat, tu étais capable de faire la différence entre le travail et aussi d'avoir du fun. Tu faisais vraiment cette différence-là. La différence du Patrice qui était dans les forces, lui qui sortait de son cadre, était complètement

SPEAKER_02

différent. Exactement. J'ai une personnalité, je dirais, un peu intense, que j'ai appris à gérer au fil du temps avec le leadership et l'expérience, avec les missions. Ça fait partie de l'apprentissage d'un humain normal, mais chacun a ses forces, ses faiblesses. Moi, l'intensité, j'évalue que c'est une force, mais ça peut devenir aussi une faiblesse si t'es trop intense. Donc, je dirais juste au fil du temps, j'ai appris à contrôler cette intensité-là. La perception qu'on a pu avoir de moi par rapport à mes demandes qui étaient parfois plus exigeantes que la moyenne, c'était pour le bien de l'organisation. Puis c'était aussi souvent pour le bien du membres, parce que chacun a des choses à apprendre d'une situation. Peu importe la situation de travail qu'on est, on peut apprendre que ça soit moins positif ou plus positif. À la fin, on peut se regarder dans le miroir puis apprendre

SPEAKER_00

de tout ça et grandir. Ça, tu vas en parler, mais tu parles de ta transition vers la vie civile, mais ça, c'est quelque chose aussi qui s'applique avec la vie civile. On le voit que chaque personne apporte ses forces et ses faiblesses, puis il faut s'adapter à ces personnes-là. Oui.

SPEAKER_01

d'un point de vue utilisateur, parce que je faisais le flowcard de nuit. C'était quasiment impossible de bitcher, parce qu'on voyait la cellule des offres, on voyait les briefings au major, c'était préparé, ça roulait. Si tu dis, Christophe Sergent, il est dans la pinne la longueur de journée, moi, je vais écouter trois heures de vidéo, je vais dire, il ne reste pas à la fin du monde. Je pense que c'était réussi, Pat, quand même, ton approche

SPEAKER_00

rigoureuse, je dirais, par rapport au travail. C'est difficile de bitcher quand ton sergent ne bitch pas, que lui donne exemple. Ça fait

SPEAKER_02

partie des valeurs lorsqu'on rentre, intégrité, duty, honor. Pour moi, c'était peut-être plus facile que certains. C'était peut-être plus inné dans ma personnalité. Puis de cadrer, c'était peut-être plus simple pour moi. Mais à la fin, c'était nos valeurs d'organisation. Puis C'est ce que je faisais la promotion de lorsque je travaillais, en donnant l'exemple aussi.

SPEAKER_00

Puis ta carrière a toujours été très importante. Ta progression, puis t'es quelqu'un qui voyait à long terme sa carrière, qui se projetait plus tard

SPEAKER_02

aussi.

SPEAKER_00

Oui, oui, oui. Très jeune.

SPEAKER_02

Je suis une personnalité qui aime être reconnue, qui aime la table dans le dos. Puis dans l'armée, tu en as des tapes dans le dos quand tu performes. Puis, comme tu disais, dans ces temps-là, les promotions étaient plus rares. Et malgré cette rareté, on m'a fait promettre avant des personnes plus anciennes au sein de ma batterie. Ce qui a parfois fait des froids, mais c'était rien de personnel, puis c'était pas moi qui décidais, c'est l'organisation. Mais j'ai été privilégié d'avoir été identifié assez jeune, et j'ai compris très jeune que tu performes, tu vas monter, tu finis premier de cours, tu vas monter. Donc, la seule différence... que je peux avoir versus un autre soldat chez JMI du temps. Se préparer est souvent la clé du succès. Mettre du temps. dans ta préparation, va te donner une longueur d'avance, puis après ça, tes aptitudes personnelles, physiques, intelligences, s'ils sont là, bien, tu vas performer, puis tu vas

SPEAKER_01

cheminer. Bien, c'est facile, hein, tomber dans la mentalité de cantine, là, « Ah, Gré, je t'ai pour ça, tu sais, puis j'ai goûté, moi, tu sais, je veux dire, j'ai pas été toujours une personne à 100 % positive, là, tu sais, j'avais mes défauts dans cette organisation-là, mais c'est facile, en maudit, tomber dans « Ah, j'aurais dû, il y a ci, puis il m'a pas Puis lui, à un moment donné, c'est que j'ai commencé à faire mes cours pour Switch Off. C'est avec, justement, quand je suis rentré aux opérations avec toi, puis quand j'ai côtoyé du monde positif, j'ai compris, Christ, la carrière, c'est toi qui la prends en

SPEAKER_02

main. Exactement.

SPEAKER_01

C'est toi qui décides. Ton mémo, si tu le perds dans la chaîne de commandement, c'est parce que tu ne l'as pas traqué, ton mémo. Il y a toute cette mentalité-là que c'est facile perdre de vue. En tout cas, moi, ça a été mon expérience. Il faut quasiment faire des actions délibérées fréquentes pour garder ça sous la main. Prendre soin de sa carrière. Exactement.

SPEAKER_02

Mais j'ai compris rapidement que j'avais une certaine maturité, même si j'avais 19 ans, plus que les autres. Puis je comprends d'où que ça venait. Ça venait de mes parents, comment ils m'ont élevé, mais aussi que la plupart de mes amis avaient toujours 2-3 ans de plus que moi. Quand je suis rentré au sein des forces, j'ai vu ma maturité. Mais tu sais, quand le premier soir, tu arrives à Saint-Jean, Tout le monde pleure quasiment. Tout le monde a peur. Mais je me suis aperçu de ma maturité. C'est cette maturité-là qui m'a fait prendre charge de ma carrière dès le début.

SPEAKER_01

Faut continuer parce que ça peut arrêter. J'ai

SPEAKER_02

pas besoin de rentrer en affaires. 2003, on est revenu de la roto. Non, correction. 2002, on est revenu de la roto. Ma cinquième rota j'ai pris en charge le QN de la bâtrière.

SPEAKER_01

Là, il faut que tu me parles, parce que là, c'était quoi cette catastrophe avec des signes de pièces-là? Non, pas catastrophe, mais il y avait

SPEAKER_02

des disparités, je pense. Sans nommer de nom, il y avait comme un laissé-aller par les personnes antécédentes qui étaient responsables, puis qui avaient peut-être été trop longtemps dans la même position. Puis on parle de peut-être cinq, six ans dans la même position en tant qu'adjudant,

SPEAKER_01

sergent. C'était la vieille garde qui se Exactement. Ce

SPEAKER_02

qu'on a entendu sur le podcast de Carburo, la vieille garde qui restait longtemps, bien, ça l'a amené comme une baisse de la garde. Donc, peut-être... Une manque de rigueur. Un laxisme à certains endroits. Oui, appelons ça comme ça. Lorsque je suis arrivé, puis j'ai fait l'inventaire pour prendre en charge, mon biquet, c'était le capitaine Sividi, puis au bout d'une semaine, deux semaines, « Capitaine, ça n'arrivera pas, là. » on parlait d'un quart de million d'équipements manquants. Des toiles, des outils, tout ce qu'on servait. Exactement. Donc, ferme le QOM, fais un inventaire de A à Z. Ça a brassé, ça a fait une grosse

SPEAKER_00

histoire. Je m'en rappelle, oui, oui, oui. C'est

SPEAKER_02

comme si tu avais redressé une entreprise.

SPEAKER_00

Tu t'es mis un mandat, je redresse la machine. Exactement, mais

SPEAKER_02

j'avais fait un peu le même pattern aussi en tant que Pronto, mais c'était pas aussi... C'est ça, c'était pas aussi flagrant, mais je suis que le cas que quand j'entre à quelque part, j'analyse, j'évalue, je regarde les faits puis après ça, si j'ai l'autorité, je mets en place des processus pour améliorer la façon de fonctionner. C'est ça mon but, c'est atteindre la mission qui est, dépendamment de la mission, mon but, c'est là, la mentalité de make it happen d'un NCO.

SPEAKER_00

L'avais-tu redressé

SPEAKER_02

finalement? Oui, oui, il avait brûlé, on avait eu, je ne sais pas comment qu'on nomme ça. J'ai oublié le terme.

SPEAKER_01

Comme de le dire, c'est perdu. Oui, radier. Le terme radier. C'est le CEO, il faut qu'il signe ça. Exactement.

SPEAKER_02

Ça a été fait. Moi, je n'ai pas signé le QM tant que ça n'avait pas été fait. Sinon, je n'aurais pas pris en charge le QM. Si on me disait, tu signes cet équipement-là. Oui, mais il n'est pas là. Je ne peux pas le signer. Au final, ça s'est bien résorbé. Ça fait partie de l'apprentissage d'une organisation.

SPEAKER_01

C'est tellement gros, la Défense nationale. Je veux dire des affaires comme ça. C'est une goutte

SPEAKER_02

d'eau. C'est juste que quand c'est toi la goutte d'eau, il y a des mesures à prendre. Par contre, le commandant a eu à s'expliquer. Puis, ça l'a peut-être fait allumer d'autres organisations au sein de la base. Parce que je suis sûr que ce qui se passe au 5e RAC, c'est passé dans d'autres unités aussi. Tôt ou tard, la vérité va se savoir. À la fin, c'est ça. Après le QM de la bâtrière, on commence l'entraînement pour un Afghanistan possible. SIB en 2003. Mais en même temps, je suis premier adjudant. Mais soudainement, on me dit « Ah, tu n'iras pas en Afghanistan. Toi, on t'identifie comme un futur NCO à haut niveau au sein de l'organisation. » Puis, ces éléments-là ont besoin d'instructions pour mieux argumenter, mieux écrire, être meilleur leader. On parle de calotte, là. Non, ça, c'est L'année d'université pluridisciplinaire. T'es un pionnier là-dedans. Oui, oui, oui. J'étais le projet pilote.

SPEAKER_00

Pour bien comprendre, Pat, dans le fond, là, il y a quelqu'un, je sais pas qui, qui est venu te voir, qui a dit, t'ont identifié que toi, dans ta carrière, un jour, tu serais probablement dans le chef

SPEAKER_02

des forces. Au niveau caporal-chef, on m'avait déjà identifié, soit pour faire un transfert officier, ou soit...

SPEAKER_00

Puis comment t'as approché? Comment ça s'est

SPEAKER_02

fait? Au début, c'est souvent des... BK ou Major, qui me font monter dans leur bureau suite aux signatures des PR, puis il me dit, OK, ton potentiel est haut compte tenu de tes résultats académiques, parce que, sans prétention, je finissais souvent premier de cours. Fait qu'on m'avait identifié dès qu'après le chef. Tu sais, juste pour te donner une idée, en 91, j'étais sur mon cours de chef. J'avais pas de bar. Alors que les promotions, dans ce temps-là, il n'y en avait pas. Je suis revenu d'Oka, puis ça a été un add-on qu'il y avait une place, bien, ils ont dit, OK, lui, il a fini premier de cause sur son TQ-3, on l'envoie.

SPEAKER_00

Mais en 91, il y a-tu quelqu'un que tu te rappelles que c'est lui qui t'a peut-être poussé? Bien, c'était

SPEAKER_02

un officier, un lieutenant,

SPEAKER_00

qui s'appelait

SPEAKER_02

un anglophone. Ah non, je ne me rappelle pas le nom. Un anglophone, puis lui, c'est lui qui m'a poussé pour être sur le cours de chef. Je vais sur le cours de chef, j'en reviens, j'ai topé le cours. Puis il y a des caporales de 14 ans sur le cours, puis... Déjà là, j'avais comme fait un peu ma marque, puis je dirais que j'ai été chanceux, combiné à... J'essayais de performer au meilleur de ma capacité, puis j'ai été identifié à plusieurs reprises dans ma carrière, cabrage chef, sergent, de ne pas lâcher, puis je suis un individu qui marche à ça. Je l'ai dit tantôt, j'aime la reconnaissance, c'est ma personnalité, puis quand tu m'en donnes,

SPEAKER_01

bien, j'en redonnais encore plus. C'est un super programme, ça, cette année-là. Ah, cette année-là était C'est merveilleux.

SPEAKER_02

C'est l'Université Laval, la TELUC, des cours à distance, des cours en classe, des cours d'histoire français, des cours en gestion. Ça a fait de moi un meilleur soldat. Sans contredire.

SPEAKER_01

C'est vraiment avec une approche, je pense, de professionnalisation du corps de Seigneur NCO. Parce que l'armée a voulu s'éloigner du sergent à moustache à coup de pied. On voulait des Seigneur NCO instruits. Je

SPEAKER_02

pense qu'il il faut que tu laisses ton côté sablage, là, mais avec tact.

SPEAKER_01

C'est toute la magie des seigneurs NCO, tu sais, c'est être capable de botter des derrière,

SPEAKER_00

puis en même temps... Oui,

SPEAKER_01

mais de la bonne manière. C'est ça. Pas

SPEAKER_00

physiquement, là. Non, non, c'est ça. Pas

SPEAKER_02

physiquement,

SPEAKER_01

puis

SPEAKER_02

t'as

SPEAKER_01

pas

SPEAKER_02

besoin de sacrer.

SPEAKER_00

Des sergents à

SPEAKER_01

moustache. Explique donc, Phil.

UNKNOWN

Non, t'as pas besoin de moustache.

SPEAKER_01

On a tous des noms à tête. C'est ça. On nomme pas de noms. Non. Une génération qui ne serait pas sergent si elle était rentrée dans les années qu'on

SPEAKER_02

a évoluées. Même si j'enlève rien à les êtres humains. Je peux continuer. En 2005, on m'a identifié pour me poster en 2006 à Gagetown avec l'intention de faire mon merveilleux cours d'Akaiji, la calotte blanche. 2006, je me retrouve au Nouveau-Brunswick avec ma petite famille. Un cours de 10 mois, presque un an. intense exigeant très stressant je me suis rendu compte dernièrement que quand je tombe en mode concentré mission j'ai un caractère pas facile ma femme me rentre puis je suis un peu bourreux Je m'aperçois en vieillissant que ce... Puis vu que je ne suis plus dans les forces depuis 12 ans déjà, ce caractère, j'essaie de le délaisser. C'est correct de vouloir performer de... Quand tu disais tantôt, l'armée pour toi, c'était gros. Pour toi, Patrice, oui, c'était gros pour moi. Mais je m'aperçois en vieillissant qu'il n'y a pas juste ça qui me définit. Moi, je dirais… C'est important aussi. Oui, je dirais que oui, ta personnalité intense qui veut performer, tu n'es pas obligé… d'être bourru avec ceux qui t'aiment en entour de toi. Ils sont pour t'aider. Je

SPEAKER_00

pense que tu atteins un meilleur équilibre comme ça. Oui, oui.

SPEAKER_02

Puis je vous dirais que je n'avais pas l'équilibre de vie dans ce temps-là. Mon équilibre n'était pas centré. Il était trop sur le travail. Maintenant, ça m'a pris plusieurs années de m'en faire savoir. Aujourd'hui, c'est ce que je vise. Mais peut-être qu'à cet âge-là, c'est le temps de ne pas être à la bonne place et de faire des expériences. Mais au fil du temps, se recentrer, ça fait du bien au moment Après le cours d'instructeur, je passe trois ans à l'école, puis arrive une grosse nouvelle dans ma vie. Je change de vie familiale. C'est-à-dire que je me sépare de la conjointe que j'ai eue pendant une vingtaine d'années. J'ai mes deux enfants pour m'aider. L'école de la Thierry me mute à l'école de recrues à Saint-Jean en 2009.

SPEAKER_01

Tu t'occupais dans ces années-là? Oui. L'Afghanistan. le tempo je pense que

SPEAKER_02

j'arrive en janvier ou en décembre 2008-2009 puis on me dit bienvenue commandant de peloton pour les recrues peloton anglais j'ai adoré ça me fait découvrir quelque chose en moi de transmettre tes connaissances de transmettre ta passion puis de préparer la prochaine génération de soldats ça me ça m'a inspiré, là, grandement.

SPEAKER_01

Qu'est-ce que t'as aimé mieux instruire de l'artillerie à Gagestan avec du staff senior ou des recrues malléables qui t'écoutent avec des cœurs dans

SPEAKER_02

les yeux? C'est pas une histoire de malléables ou... Non, non, mais tu sais... C'était vraiment les recrues. C'était vraiment les recrues. Eh bien, j'ai adoré mon métier d'artillard, j'ai adoré enseigner, mais la coche en haut, c'était aux recrues.

SPEAKER_01

C'est-tu parce que tu sentais que, jour 1, dans leur vie, tu pouvais avoir un impact positif ou c'est-tu parce que l'école était structurée d'une Il

SPEAKER_02

y avait plusieurs facteurs. Le fait que l'école est structurée pour bien performer et bien enseigner, ça, c'est inspirant. Mais de savoir que tu es le premier à insuffler une passion, je ressentais que mes recrues attrapaient la maladie Patrice Côté. d'un peu intense, positif. Oui, parce qu'à la fin, j'ai reçu beaucoup de parents qui sont venus me voir. « You transformed my son. » C'était touchant. C'était touchant.

SPEAKER_01

C'était gratifiant. C'est quelque chose, j'ai pas vécu Saint-Jean, puis je pense que c'est un des regrets que j'ai, parce que tout le monde, je pense, a aimé Saint-Jean. Tu sais, puis il s'est occupé. C'est pas un break. C'est un faux break. Mais, Crime, tu sors de là, justement, en ayant eu le sentiment d'avoir vraiment eu de l'impact dans des carrières. Ça, ça doit On m'aurait

SPEAKER_02

demandé de rester jusqu'à la fin de mes jours. J'aurais resté et j'aurais fait 35 ans au sein des forces. Mais il y a un total, le régiment a besoin de toi parce que c'est un investissement qu'ils font en toi. Puis je comprends que ça prend un retour du balancier. Donc, au sein de l'école, j'ai été commandant de Platon. Commandant de Platon fait figurant et fait

SPEAKER_01

démonstration. Oui, c'est pour les forces ennemies et les choses comme ça. Exactement.

SPEAKER_02

C'est augmenter le réalisme du maquillage On avait des scénarios.

SPEAKER_01

Ça, c'est des gars des régiments qui sont postés pour faire des jobs

SPEAKER_02

de la main? Il y avait une vingtaine de militaires, quelques réservistes, mais surtout un contrat civil. J'avais une quarantaine de civils plus une vingtaine de militaires. Chaque semaine, on avait des scénarios à jouer de jour, de nuit. Quand on parlait, c'était bien rodé, les recrues, c'est ça. La semaine à Farnham,

SPEAKER_01

c'est... de

SPEAKER_02

taux. C'est au quart de taux, les

SPEAKER_00

timings. Un petit astérix là-dessus, la série Les Hommes à TVA aurait aller faire un petit tour pour voir comment ça marche avant de diffuser ça. Je l'ai écouté 10 minutes. Oui, exact. J'ai pas pu... Tu sais, faire un petit tour, voir comment ça se passe avec les figurines. Dans la

SPEAKER_02

vraie vie, oui. Oui, oui. Après ça, qu'est-ce que j'ai fait? Ah, on me promet comme adjudant-maître parce qu'on a l'intention de me ramener au régiment. Comme BSM. Comme BSM Entre-temps, j'ai une chirurgie aux dents. Je prends soin de moi pendant que je suis là, tout en faisant mon travail. Et ma promotion, sergent-major de compagnie, sergent-major de division. Trois mois après, sergent-major de division. On parle de 220 militaires avec moi, major. Plus de 1000 recrues. Il y a de la discipline. Il y a la vérification. Oui. la vérification aussi du standard, bien qu'il y ait une section standard au sein des recrues. Comme sergent-major, ça fait partie aussi de tes tâches d'aller voir tes instructeurs performer, voir s'ils rencontrent les normes. J'ai adoré

SPEAKER_01

ça. Comment t'as trouvé gérer un mix de civils et de militaires? Est-ce que tu t'en es sorti bien ou t'as trouvé... Aucun

SPEAKER_02

problème. Aucun problème parce que j'avais l'aide d'un ancien fantassin adjudant qui était aux commandes de l'équipe C'était simple. C'est dur de contre-argumenter négativement. Tout à fait. Je reviens à l'histoire de séparation. Ça, ça a shaké ma vie.

SPEAKER_00

C'est un élément clé dans ta

SPEAKER_02

vie, j'imagine. Bien que c'était moi qui l'avais décidé, c'est comme un mini tremblement de terre dans une vie. Par contre, c'est que j'ai choisi de prendre la route avec ma conjointe Jocelyne, que je suis toujours avec aujourd'hui. Ça fait 17 ans, puis ce n'est que pour le mieux. Donc, mes décisions étaient bien réfléchies, bien faites, bien que c'était difficile, c'est faisable. C'est faisable. Par la suite, je suis remuté à 5e RLC comme sergent-major de batterie. Je suis aérien. La batterie, ma batterie, ma batterie meurt. Je n'ai jamais fait aucune autre batterie au 5e RLC.

SPEAKER_01

Parce que même si t'es un gars d'OP, mais t'étais pas comme streamé OP, là, Trévictoire, toutes ces affaires-là.

SPEAKER_02

Je te dirais que j'ai été Opie, Gunn, TSM Rocky... La seule place que je n'ai pas vraiment été, c'est dans un PC. Puis j'y ai touché sur mon cours d'acalgie. C'est que j'y ai touché. Mais quand tu as fait les trois autres aspects à haut niveau, tu n'as pas de misère quand tu t'en vas sur ton cours d'acalgie. Fait que je suis... Dans l'ASM de la bâtrière. L'ASM de la bâtrière, le régiment

SPEAKER_01

est fatigué. Là, on est en quelle année? On est en 2007? Non, on est en 2013. OK, c'est vrai que t'es resté longtemps à Saint-Jean. T'es parti à Saint-Jean... De 2009 à 2013. OK, c'est ça. Fait que là, tu reviens, on est post-Afghanistan au régiment, c'est vrai que...

SPEAKER_02

Les gars sont malades. Les gars sont malades, mais malades pas déclarés. Les gars prennent des béquilles pour être capables de continuer à vivre. Je le comprends, j'identifie la problématique. On n'est pas très bien outillé pour prendre soin de ces gars-là, bien que tu veux jouer le rôle de père, tu veux faire du mieux que tu peux. Je parle même d'un gars avec le commandant de batterie, Major Simard, qui était avec moi. Un gars s'est suicidé pendant le mandat. Je voulais faire quelque chose pour régler la situation. Quelque chose impliquait de vérifier, parce que l'alcool, la drogue...

SPEAKER_01

Ils étaient assez présents. Le monde, ils se médicamentent.

SPEAKER_02

Ils prennent des béquilles pour passer à travers le vie. Parce qu'ils ont vu des choses extraordinaires, hors normes. Puis, ils ne savent pas comment s'auto-guérir. Puis, ils ont peur qu'ils ne veulent pas être jugés dans leur carrière. Exact. Ils ne veulent pas être jugés. Ils ne veulent pas scraper leur carrière. Je comprends. Mais tout ce qu'il fallait, c'était des identifiés formellement, leur faire un plan, puis les guérir. Mais la chaîne de commandement a opté pour autre chose. Donc, là, j'ai eu une déception. Puis, soudainement, s'offre à moi une opportunité d'un confrère civil, d'un ami, connaissance de voyage, qui me dit, par hasard, à un moment donné, lors d'un souper amical, arrosé, « Patrice, c'est quoi que ça prend pour que tu ne sois plus dans les forces et que tu travailles pour moi dans mon organisation? » C'est bon. J'ai dit un chiffre, puis deux, trois mois après, je quittais les forces. J'avais 24 ans et un peu plus qu'une mi-decembre. Presque 25.

SPEAKER_00

Félicitations pour de vrai. J'imagine que l'idée devait mûrir

SPEAKER_01

un

SPEAKER_00

petit peu avant aussi.

SPEAKER_02

Absolument pas. C'est parce que c'est arrivé en même temps. Donc, il y a trois choses qui ont fait le changement. Airy, loin de ma femme, loin de mes enfants, parce que je suis à Québec. Là, je dis loin, c'est deux ans et demi, mais je comprends que

SPEAKER_01

c'est pas la vie. Ah, parce que quand t'es parti de Saint-Jean, t'es revenu en restriction imposée à Québec.

SPEAKER_02

Exactement. Il y avait cet aspect-là aussi. C'est difficile, ça. Le régiment bouette selon mon œil. Je veux faire quelque chose qu'on ne veut pas parce qu'on ne veut pas shaker la structure des forces. Ça ferait comme un petit tremblement de terre, puis ce métier-là. Donc, je comprends que je ne peux pas rien faire. Donc, une opportunité. Je prends le flasher et c'est que j'ai commencé à mieux équilibrer ma vie. C'est que le centre est revenu dans ma vie. C'est ce que j'ai dit, je suis aussi, moi aussi, fatigué. Parce que j'ai des épisodes un peu, des fois, une petite panique ici et là. Parce qu'on a vécu des choses

SPEAKER_01

extraordinaires. Tu parles de cet équilibre-là, sûrement qu'on va y revenir, mais c'est-tu quelque chose que tu as commencé à réaliser dans ton emploi civil, que tu avais une intensité qui n'était pas nécessairement nécessaire? Ça fait drôle comme phrase, mais... Non, mais je l'ai

SPEAKER_02

confirmé. Parce

SPEAKER_01

qu'on sait qu'on est dans le jus. Parce que c'est ça, les civils nous regardent avec des gros yeux. Des fois, je me réalise... Je suis en train de traumatiser un peu le monde. J'exagère, mais tu comprends ce que je veux dire? Cette intensité-là, des fois, on la réalise quand on se fait sortir de notre cadre, qu'on est tous un peu intenses entre nous autres.

SPEAKER_00

Fais-tu faire une vague quand même quand tu es arrivé dans ton organisation

SPEAKER_02

civile? Au début, comme je vous ai dit, mon approche est assez... J'arrive peaceful. J'arrive un peu... Souvent, je dirais même que je fais le nonchalant parce que je ne veux pas plier ses pieds de personne. Je prends en note le fonctionnement, j'analyse les faits, puis à la fin, quand je suis responsable, puis on me donne l'autorité, je prends action. Puis... Je dis les choses entre quatre yeux, avec les bons mots, puis c'est toujours dans le but de grandir l'organisation, puis d'améliorer l'organisation.

SPEAKER_00

Ça fait déjà 10 ans que tu es... Ça

SPEAKER_02

fait

SPEAKER_00

déjà 12

SPEAKER_02

ans que je gère M-Tech Autosolutions. On a changé de nom. Au début, on s'appelait teamxmtech.com, mais dans le milieu, il y a 6 ans, ça a été revendu à trois propriétaires en Ontario. Donc, la personne que je connaissais n'est plus Je suis le fil conducteur des 12

SPEAKER_00

ans. Oui, mais explique-nous tes tâches que tu fais maintenant. L'organisation un peu, comment ça

SPEAKER_02

fonctionne? OK. En gros, au début, j'ai été appelé comme mon poste. On avait donné un nom, coordonnateur, administrateur. On ne savait pas ce que j'allais faire. Mais on savait, le propriétaire savait qu'il avait besoin d'organiser son entreprise, surtout qu'elle allait grandir. en nombre. Donc, plus tu grandis, plus tu as besoin de processus, de définition de tâches. Explique-nous un petit peu c'est quoi l'entreprise, Pat,

SPEAKER_00

que les gens comprennent

SPEAKER_02

bien. C'est dans le domaine de la mécanique. Nous, on vend du service mécanique live, instantané, de 8 à midi, de 1h à 5h, du lundi au vendredi, en français et en anglais, de la Colombie-Britannique jusqu'à Terre-Neuve, Canada.

SPEAKER_01

C'est quoi ça du service mécanique C'est

SPEAKER_02

de l'aide au diagnostic et aussi de l'aide pour les outils électroniques des mécaniciens. La mécanique d'aujourd'hui.

SPEAKER_00

C'est-tu la petite machine qui vient de plugger dans l'ordinateur?

SPEAKER_02

On appelle ça un scanner avec un connecteur OBD2. Mais les scanners, aujourd'hui, tu en as différents niveaux avec différentes capacités. Nous, on vend un certain type, un certain modèle. Je ne commencerais pas à faire la nommage là-dessus. Par contre, c'est comme un iPad, mais deux pots d'épais plus robuste qui analyse les véhicules, puis qui dit, lui, il y a tel code d'erreur, telle maladie, répare-moi. Tu prends ces codes d'erreur-là, tu t'en vas dans un shop manuel, un livre électronique, qui a tous les véhicules, toutes les années, toutes les procédures de réparation. Donc, pour un code P0203, pour un tel véhicule, telle année, tu as une procédure. Mets la clé en, défais l'aile, voici les photos, regarde le filage électrique, change la pièce à telle place. Et

SPEAKER_01

ainsi de suite. Est-ce que vous manufacturez ce produit-là ou vous le

SPEAKER_02

vendez, vous le distribuez? Non. Nous, on vend les scanners. Mais surtout, on vend notre service avec le scanner. Donc, c'est un scanner clé en main. C'est-à-dire que le scanner arrive, puis on fait la configuration en distance, courriel, on active la tablette, on met à jour la tablette, on met à jour les manufacturiers de la tablette, parce qu'il y a Ford, Honda, Toyota, et ainsi de suite, tous les manufacturiers.

SPEAKER_00

Ça ressemble à quoi une journée de tous les jours, pour toi?

SPEAKER_02

C'est la supervision des employés. Je fais facturation, recevable, vendable, achat. Un peu de job de QM dans le temps. Je fais l'un. L'inventaire de ce que mes mécanos ont. Parce que j'ai des mécaniciens qui travaillent de leur maison, tout comme moi. On travaille tous. J'ai un directeur technique. On est tous en télétravail.

SPEAKER_01

Vous n'avez aucun frais d'infrastructure?

SPEAKER_02

Infrastructure, non, mais on a beaucoup d'équipements. Parce que chacun de mes mécaniciens a une TV 52 pouces, deux autres écrans 27 pouces, un laptop de reprogrammation, un laptop de travail, un téléphone fourni par l'entreprise. Et tu es le superviseur. Je suis superviseur de tous les employés puisqu'on n'est pas gros. On est 10 à 15 dépendamment. Là, on cherche à employer un autre technicien, mécanicien, mais aussi un vendeur. Je fais aussi le rôle de vendeur au sein de l'entreprise. Je fais le service à la clientèle, mais je sais comment déléguer. Mon expérience de gestion combinée qui je suis chez quand délégué, quoi délégué. Ça fait que je suis capable d'arriver...

SPEAKER_00

Clairement, ton expérience des forces s'est transposée dans ton nouveau

SPEAKER_02

rôle. Tout à fait. L'expérience des forces plus mon année de cours à l'université ont fait de moi un gestionnaire. Puis... Tu sais, d'être commandant dans un PC d'artillerie, puis on se fait attaquer, c'est du command and control. Tu prends l'info, tu réagis, puis t'envoies ce qu'il faut. Exactement. Au sein d'une entreprise, c'est la même affaire. Sauf qu'à la fin, il y a des factures, il y a des rendements comptables. J'ai toujours été bon avec les chiffres. Dans l'artillerie,

SPEAKER_01

les chiffres, on en a. Est-ce que vous êtes en train de voir venir une vague de l'intelligence artificielle dans votre domaine que vous allez devoir absorber? Elle

SPEAKER_02

nous assiste. Elle nous assiste, mais elle ne pourra pas remplacer. Ce n'est pas vrai.

SPEAKER_01

Mais c'est un outil de travail qui va être absorbé. Elle va faire

SPEAKER_02

le niveau 1 des interventions dans le futur. Présentement, on est à l'élaboration d'un nouveau CRM, marketing, facturation, opération. Mais dans les opérations de mes techniciens, avant que ce soit un de mes techniciens qui prenne en charge, l'intelligence artificielle va déjà avoir pris en charge le client avant qu'un humain entre. Comme pour screener. Pour screener. Puis si c'est des choses de base, ça va avoir été réglé. Fait que moi, les clients qui sont avec moi, ils ont comme acheté une banque de temps en jetons. Via une application ou ma page web, pèse sur un bouton, fais une demande. Deux minutes après, il y a un des techniciens. Bonjour, on a reçu votre demande, juste une minute. On ouvre le shop manuel, on envoie la procédure de réparation. Et même, on manipule leur outil parce que la connaissance va trop vite. Les mécaniciens, parfois, ont besoin d'aide parce qu'ils n'ont pas été formés sur telle sorte de véhicule. Donc, mon équipe vient. assistée. Il y a même des entreprises que c'est leurs filles qui font la mécanique. Elle n'est pas mécanicienne, mais assistée de mon mécano, elle devient mécanicienne.

SPEAKER_00

L'entreprise existait avant que tu arrives? Un an et demi avant que j'arrive. Quand toi, tu es arrivé, j'imagine que ils t'ont donné un ordre de tes tâches. Il n'y avait rien. J'imagine que toi, tu as apporter à l'entreprise ton bagage. Moi, j'ai créé ça. J'ai créé

SPEAKER_02

ma définition de tâche des particuliers.

SPEAKER_01

au fin t'es arrivé à donner des partitions à tous les mécanos

SPEAKER_02

non mais définition de tâche des

SPEAKER_00

mécaniciens t'as amené la culture un peu des forces dans cette entreprise je l'ai transposé elle était toute

SPEAKER_02

nouvelle oui oui je l'ai transposé et j'ai imposé des processus j'ai dit toi t'es mécano tu vas me dire de A à Z voici pis j'avais un format template que j'avais fait pour mon travail donc prends ça mais adapte-les à toi écris-les je le revise je les reformate c'est le processus d'un technicien informatique, un technicien mécanicien. Standardiser les processus. Il y a ça, mais aussi, lors de l'arrivée d'un nouveau, d'un premier jour, ça, c'est à 42 pages, lis ça, comprends-les. Après ça, le reste de ta formation, tu vas être coaché, tu vas regarder un autre mécanicien intervenir, faire son travail, jusqu'au jour, une semaine ou deux après, qu'on ait fini de te peaufiner, on va faire... tu vas faire ta première intervention supervisée par un mécanicien qui va te regarder répondre aux clients.

SPEAKER_00

C'est un bel exemple que Patrice, ce qui a pris des forces carrément, sans pouvoir transposer, même a changé l'entreprise civile. Oui, a instauré des normes parce qu'il n'y en avait pas au début.

SPEAKER_01

Qui a amélioré la machine. Oui, oui. Ça a être apprécié, cette structure-là, parce que autant... Moi, autant que la structure de l'armée à la fin de ma carrière m'a dérangé parce que quand tu as les bonnes personnes aux bons endroits, c'est une organisation exceptionnelle, puis tu peux faire ce que tu veux. Quand tu as les bonnes personnes, puis que les gens disent « on y va ». Mais quand tu tombes dans un endroit c'est le contraire, que là, les gens, ça ne fit pas avec toi tu es rendu, ça vient une frustration. En tout cas, ça a été pour moi la rigidité de l'organisation. Mais je veux en venir, c'est que s'organiser comme ça, puis structurer, c'est réconfortant parce que ça donne des cadres bien

SPEAKER_02

Ça sécurise

SPEAKER_01

les employés. Enfin, j'ai une clôture à gauche, j'ai une clôture à droite, puis je sais ce que moi, il faut que je m'enligne. Ça, c'est le

SPEAKER_00

fun pour du monde du staff. Le staff veut être structuré. Il veut que l'organisation soit

SPEAKER_02

là. Le staff, c'est comme quand on élève un enfant. C'est l'analogie que je fais. Ils ont besoin de barème pour savoir jusqu'à je peux aller, jusqu'à je ne peux pas aller. Mais il y a toujours des cas extraordinaires ou est-ce qu'un client n'est pas satisfait, fait un appel au service à la clientèle. C'est moi qui le gère. Comme j'ai toujours été imbriqué dans les processus, quand le client me parle... je sais comment défendre mon équipe par rapport au précipice que j'ai mis en place. Puis les clients sont respectés aussi parce que j'explique pourquoi telle situation est revenue, telle situation n'a pas été répondue, puis le pourquoi. Parce qu'au fil du temps, même si je ne suis pas mécano, je commence à reconnaître un bout parce que j'ai un directeur technique qui m'instruit. Ah, telle affaire, ça ne se fait pas. Telle affaire, ça se fait pour telle raison technique. Je ne rentrerai pas dans les détails ici aujourd'hui, mais c'est ça mon travail. J'ai plusieurs chapeaux. Quand le téléphone sonne, la surprise, c'est quand je commence à parler, là, je sais, ah, là, ça, c'est de la vente. Ah, non, ça, c'est du repeat. Ah, non, ça, c'est service à la clientèle. Ah, non, ça, c'est les achats.

SPEAKER_01

Et ainsi de suite. Vos principaux clients, est-ce que c'est des concessionnaires ou c'est des mom and pop shops, des

SPEAKER_02

garages? C'est tout. Moi, j'appelle ça atelier de coin de rue. Oui. Les garages indépendants. Canadian Tire Beaucoup de carrossiers. beaucoup de vitriers Vitexpert. Procolor. Procolor, Carstar, Fixato. C'est un gros terrain de jeu. C'est énorme. Et même les dealers.

SPEAKER_01

Il n'y a plus un char aujourd'hui que tu ne branches pas là-dessus. Ça n'existe

SPEAKER_02

plus. À moins que le char soit... Tu veux le reculer. À moins que le char soit dans les années 2000. 2010, en mon temps, oubliez ça. Ça te prend un

SPEAKER_01

scanner. Il y a-tu Est-ce qu'il y a quelque chose, parce que là, on va embarquer dans le volet, tu sais, Yann, il a touché un point, tu sais, que tu as transposé à 100 % ta méthode... Militaire.

UNKNOWN

Militaire, puis tout.

SPEAKER_01

Est-ce qu'il y a quelque chose que tu t'es senti à un moment donné, tu disais, ah, ça, tu vois, l'armée m'avait pas... Tu sais, on parlait d'intensité, peut-être, on parlait... Est-ce qu'il y a quelque chose qu'à un moment donné, tu t'es dit, ça, je vais le laisser dans mon

SPEAKER_02

kit-bag à la maison parce que ça n'a pas sa place? OK. Le niveau d'exigence, l'intensité... Il a fallu que je l'adapte.

SPEAKER_01

Ton langage? Non, je suis quelqu'un, même dans

SPEAKER_02

l'armée, pour que chaque, après quelqu'un, il fallait vraiment que ça soit échappé. Parce que c'est vraiment, on est très carrés. Je suis plus articulé. Malgré que cette partie-là de l'armée, papier sablé, que j'appelle, m'a aidé pour certains clients, parce que dans le domaine de la mécanique, c'est pas tout des dos. C'est des personnes qui travaillent fort, physiquement, puis que des fois, ils sont raides. Moi, j'ai quand même assez de courage pour dire, écoutez, monsieur, vous m'appelez, il y a une problématique, mais on n'a pas besoin de tomber dans ça, dans le non-respect. On va rester respectueux. Ça désamorce. Souvent, les civils ne sont pas habitués de se faire dire ça. Ils ne s'aperçoivent même pas parce qu'ils sont dans l'émotion. Ils ne s'aperçoivent pas. Le côté militaire m'a aidé. Mais ta question, pour y répondre par rapport... Oui, j'ai enlevé une bûche, je dirais. Enlevé une bûche. Par contre, je suis toujours aussi... Tu parlerais à certains de mes employés, puis ils diraient « Ah, il est piqué, il est piqué, mais je vais rester comme ça

SPEAKER_00

pour le bien de l'organisation. » As-tu trouvé l'adaptation difficile avec la vie civile au début, avec les gens?

SPEAKER_02

Absolument pas. Pour moi, c'était pas difficile. Ce que je me suis rendu compte, c'est que maudit dans l'armée, t'es sous pression. T'es tout le temps évalué, t'es tout le temps assaissé. Tu sais, quand vous êtes assaissé, t'es tout le temps évalué dans

SPEAKER_01

Puis on se met une pression personnelle aussi.

SPEAKER_02

Exactement. Puis si t'es quelqu'un qui veut performer puis qui veut faire du rendement, Tu ne t'aperçois pas à quel point ça use. Puis je m'en suis rendu compte quand je suis rendu dans le civil. C'est différent et ça fait du bien. C'est l'équilibre de vie fait du bien quand

SPEAKER_01

tu reviens au civil. Il y a eu un apprentissage justement à vivre sans cette bûche-là, j'imagine. Parce que quand ça fait 24 ans que tu es tout le temps sur le bord de vouloir en rajouter une parce que ce n'est pas assez.

SPEAKER_02

Oui, oui. Mais... Ma logique personnelle, je savais que je devais m'adapter quand j'ai commencé à travailler au sein de Remtech Autosolutions. Puis c'est ce que j'ai fait. Il y a eu des années croches, des fois, mon petit caractère saupolais, raccroché. Mais après ça, hey! t'es comme un frère d'âme, là, quand je te parle. C'est encore drôle, parce que quand je parle à mes employés, souvent, « Hey, un petit ordre d'avertissement aujourd'hui. J'utilise encore les termes, puis je l'use dans la scène. Pourquoi je fais ça? Pour pas que tu sois dans le jus dans 15 minutes, mais que je te donne la tâche. » Donc, t'as le temps de te préparer. Puis mes employés disent, « Ah, je connaissais pas ça, mais j'aime ça. » Parce que ça m'empêche de stresser, je vois le coup venir. C'est ça que ça donne un ordre d'avertissement.

SPEAKER_03

Moi,

SPEAKER_00

une affaire, puis même encore aujourd'hui, après 10 ans que j'ai mon entreprise, c'est qu'au début, j'avais comme l'impression que tout ce qu'il fallait que ce soit fait, ce soit fait tout de suite. Puis ce que je demandais, que ce soit fait tout de suite. Il y a eu une grosse adaptation comme, on dirait que c'est toujours comme c'était pour hier. Dans les forces, comme tu dis, on était sur pression tout le temps, tout le temps, tout le temps. Aujourd'hui, dans la vie civile, je m'attends, quelqu'un, exemple, pour moi, il veut une soumission, il est capable de me faire ça pour vendredi, on est mercredi. Dans ma tête, c'est dur, mais je vais dire oui. Tu sais, c'est comme si, OK, non, si j'ai une pression, je le fais quand même. Tandis que dans la vie civile, il y a comme un step, un petit peu, il y a une bûche comme tu dis qu'il faut enlever. C'est pas comme ça que ça fonctionne, parce que les gens, eux autres, ils fonctionnent pas comme ça.

SPEAKER_02

Ils ont des vies.

SPEAKER_00

Ils ont des vies.

SPEAKER_02

C'est

SPEAKER_00

est-ce

SPEAKER_02

que dans l'armée, on a une vie, mais la vie 1, c'est l'armée. Puis, dépendamment de nos personnalités, il y en Il y en a qui c'est vraiment un, puis il y en a qui c'est un petit un, mais à la fin, l'armée reste le leader de nos vies parce que c'est une façon de vivre d'être dans l'armée.

SPEAKER_01

Moi, j'ai jamais eu l'impression de rentrer travailler dans l'armée. Je ne rentrais pas travailler. Il fallait que je sois au régiment, ça fait un an et demi. Il fallait que je sois là. Le mindset est vraiment différent.

SPEAKER_00

Il faut vraiment s'adapter parce qu'on peut être exigeant vers nos subalterne. Quand nous autres, on est exigeants envers soi-même de la pression, on a tendance à en mettre aussi avec les gens avec qui on travaille et

SPEAKER_02

qu'on

SPEAKER_00

collabore.

SPEAKER_02

Tout à

SPEAKER_01

fait, Yann. Comme là, ça fait 12 ans que t'es sorti, ça donne un très bon pas de recul et ça te permet de voir ta carrière d'un point de vue macro. C'est plate qu'on ne puisse pas avoir un regard objectif comme ça sur ce qu'on a fait quand on est dedans. Mais avec le recul et l'objectivité sur ta carrière, est-ce que tu réaccepterais cette offre-là de ton ami tu dirais « et je resterai deux, trois ans

SPEAKER_02

de plus ». Non, non, non. C'est ça que tu... Son ami l'écoute. Il n'est plus là, comme je vous ai dit. L'ami qui m'a embauché n'est plus là. J'ai un nouveau patron, mais je sens un respect et un support de sa part. Il apprécie ce que je fais pour l'entreprise, donc je le sens. Donc, je suis passionné par ce que je fais. Je ne sais plus l'armer, c'est dans le domaine de la mécanique, mais je suis à allumé encore parce que ça me passionne quand je fais de la vente. Puis ce que j'aime de ce travail-là, c'est que j'ai pas un rôle, j'ai plusieurs rôles. Puis je touche à tout que ça soit au niveau technicien comptable, je fais des factures. Il y en a qui pourraient dire, ce n'est pas de ton niveau. Il n'y a pas de saut niveau. Pour moi, il faut que ça fonctionne. Exactement, mais ça me permet d'apprendre tous les aspects d'une entreprise. L'entreprise, ce n'est pas juste la vente, ce n'est pas juste l'opération, c'est aussi son administration, c'est le marketing, c'est la façon de vendre, c'est le respect, le parler. C'est un ensemble

SPEAKER_01

C'est super d'actualité parce que l'entrepreneuriat est très trendy dans les dernières années, puis le monde a tendance à penser que l'entrepreneuriat, c'est juste t'envoies tes employés, puis tu cashes, mais 90%, c'est pas du stock sexy. T'appresses les factures, c'est du travail de détail et de minutie pour en arriver à avoir le sexy que le monde pense que c'est juste ça. Moi, j'ai réalisé beaucoup de choses parce que j'étais avec Yann depuis à temps partiel, mais je le vois aller, puis je le connaissais dans l'armée, puis je les vois aller dessous de toutes ça. À première vue, tu disais, l'entrepreneuriat, c'est hot, c'est sexy.

SPEAKER_00

Moi, c'est un peu comme toi, Pat. J'ai transposé l'armée vers mon entreprise. Je l'ai bâtie de la même façon. T'es soumission, c'est un sens. Carrément. Ben oui. Puis aussi, au niveau d'une organisation des forces, t'as toujours le côté planification. Les ops. La gestion courante. T'as les gars sur le terrain. D'autres ont vu le même principe dans la construction. On a les gars de PC qui ont un peu le bureau, qui vont chercher les soumissions, tout ça. Puis on a les gars sur le terrain qui sont un peu nos gunners, comme l'infanterie ou n'importe quoi. Qui font les opérations parce qu'ils bâtissent de quoi. Et même aujourd'hui, des fois, on donne des tâches, tout ça, puis on voit des gens qu'on pense que la tâche, il me semble que c'est long, il me semble que ça devrait être plus vite, tout ça. Mais là, on se rappelle dans le temps quand nous autres, on était dans le poste de commande ou bien aux ops, puis qu'on voyait les gars du terrain. Il y a une raison pourquoi. C'est-à-dire, ils ont la température, il y a les conditions, il y a un état humain au bout qui fait une action que lui, ça peut paraître pour nous autres. Ah, mais il n'y a rien là. Mais non, pas du tout. Il y a un paquet d'affaires que les forces nous apportent

SPEAKER_02

dans ce sens-là. On est choyés, les gars, d'avoir fait

SPEAKER_01

partie de cette carrière-là. On est choyés. Écoute, j'arrive à une question, mais je fais comme une introduction, puis je n'avais parlé de Gino Dupuis. Tu n'as pas connu Gino Dupuis, je pense. C'est vraiment un chic type. Mais lui, il est rentré, écoute, il a fait, comme officier, il est rentré à 45 ans dans les forces, second lieutenant à père de quatre enfants. Il a été un ancien homme fort du cercle du soleil. C'est un gars brillant. En tout cas, bref, c'est vraiment un chic. Je l'aime beaucoup. Puis à un moment donné, moi, je commençais à sentir que la motivation était rendue peut-être ailleurs. Puis c'est lui qui avait comme le premier à dire, vous réalisez pas tout ce que vous développez. Oui, monsieur. Puis il dit, regarde, t'es jeune, tu parles devant un groupe, t'es organisé, vous donnez des cours, vous êtes formé. Lui, il capotait. Ça nous

SPEAKER_02

Ça nous permet d'être confiants. L'armée nous amène à notre meilleur. L'armée nous donne les outils pour être notre meilleure version. Maintenant, il n'en tient qu'à nous d'y investir ce qu'il faut pour devenir la meilleure

SPEAKER_01

version de nous. Pour rebondir là-dessus, je te pose la question parce que je me suis ramassé dans cette situation-là. Il y a plein de monde au grade d'adjudant-maître, d'adjudant-capitaine-major qui sont sur le bord de sortir et ils hésitent parce qu'ils se disent « Je ne connais pas ce monde-là. Les civils, c'est tout croche. Comment je vais faire transférer? Qu'est-ce que tu dis à quelqu'un de même, Pat? Comment tu peux dire, mettons, il y a un adjudant-maître qui t'écoute, il a 25 ans d'armée, il a fait le tour, puis il hésite parce qu'il pense que peu importe. Tu lui dis quoi à ce gars-là?

SPEAKER_02

Si t'as réussi à performer au sein des forces à un certain niveau, puis même si t'es sergent, t'as pas besoin d'être adjudant-maître. Même si t'es sergent, t'es capable d'être en charge d'une situation. T'es capable d'être en charge dans le civil. Tu es capable de travailler pour une petite PME. Tu es capable de te faire un salaire assez bon combiné à ta pension pour vivre aisément.

SPEAKER_03

on

SPEAKER_02

est choyé parce que quand t'arrives l'expérience de leadership de gestion que t'as eu au fil, la seule affaire c'est si tu travailles pas à l'extérieur tu te gèleras plus t'auras plus les contraintes de dodo ça doit être rare les entreprises ça a lieu pour moi 90% des gars et des femmes qui sortent des forces canadiennes seraient compétents à gérer une équipe au sein d'une PME. J'ai aucun

SPEAKER_00

doute. Ça ne prend pas nécessairement un diplôme. Non, non, non. Avec la pénurie de main-d'oeuvre que toutes les entreprises vivent, pas nécessairement de pénurie, mais aussi de la bonne main-d'oeuvre, quelqu'un qui a un bagage des forces, qui vient appliquer, qui vient montrer ce qu'il fait, il va trouver. Ça vient aussi souvent avec

SPEAKER_02

l'attitude de la personne. Au début de l'entrevue, vous avez dit « Ah, positif. » Bien, ça... comme mes amis connaissances m'ont vu, ils l'ont vu. Puis c'est pour ça qu'ils m'ont demandé. Ça fait que ça transparaît. Puis la confiance, le fait de comment je parle devant les autres, ils l'ont vu. Je n'ai pas eu de CV à remplir, pas d'entrevue. Moi, c'est « Es-tu prête? » « Oui, parfait.

UNKNOWN

»

SPEAKER_02

Puis j'ai pris le courage de dire « OK, j'ai un petit filet de sécurité. J'ai une petite pension.

UNKNOWN

Je suis rendu là.

SPEAKER_02

Je me permets de sauter.

SPEAKER_01

» Puis est-ce que tu sens que, comme ancien militaire, t'es bien reçu, puis que ton expertise... Est-ce que tu sens que les gens ont soif de ton expertise d'une certaine mesure, puis que c'est bien reçu?

SPEAKER_02

Je dirais pas tous les employés. Je dirais que la plupart des employés, oui.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_02

Du côté hiérarchique, mes patrons, c'est un immense respect. Puis, il me le dit. Écoute, Pat, on ne s'attendait pas à ce que tu fasses autant. Donc, nous, on est satisfaits,

SPEAKER_01

continu. J'espère. J'ai une question à deux volets par rapport, parce que tu parles de tes employés, de tes patrons. C'est quoi la grosse différence d'être dans ta position de gestionnaire d'un certain niveau? Parce que tu l'as été dans l'armée, tu l'as été dans le civil. La grosse différence avec tes employés civils et la grosse différence avec l'interaction de ta chaîne de commandement civile, y a-tu quelque chose que tu es capable d'identifier? La plus grosse

SPEAKER_02

chose, c'est quand je travaille chez RMT, j'ai une solution. Zéro stress. Le seul stress que je peux avoir, c'est comme une fébrilité. Parce que là, je veux vendre. Je veux faire rentrer plus d'argent. Je viens comme un gars qui est au casino. C'est le même. C'est comme si je joue au casino et je veux faire rentrer plus de sous. C'est le même. Je veux faire cette vente-là. Pas juste pour faire rentrer plus de sous, aussi pour amener l'atelier à être meilleur.

SPEAKER_00

Tu ne veux pas venir travailler à Québec?

SPEAKER_02

Tu ne cherches pas quelque chose? La vente, j'aimerais bien ça. Ça, c'est le gros changement. Pour les employés... Le fait qu'une bûche soit enlevée, après ça, il n'y a pas eu d'adaptation. J'ai toujours parlé aux membres du rang, aux membres dans l'armée, avec respect. Si tu le fais dans le civil, c'est la même affaire. C'est juste mon intensité. Exactement. C'est juste un peu mon intensité que j'ai adaptée. Autre que ça, j'ai rien eu à faire. Pour côté patron, là, je vous dirais, je mets les points saisis, je mets les basses étés. Ça, j'ai le même niveau. Si tu t'en vas dans le champ, tu vas le savoir. Puis... C'est apprécié aussi, je pense, avoir leur... À la fin, oui. Sur le coup, des fois, on se tire les cheveux. Mais à la fin, on le sait que c'est pour le bien de l'organisation, puis OK, puis moi aussi, OK, puis moi aussi, je mets de l'eau dans mon vin, puis à la fin, on trouve un terrain d'entente pour le bien de l'organisation. Parce qu'à la fin, moi, je veux que cette organisation grandisse puis vienne mondiale. C'est ça l'aspiration que j'aurais pour

SPEAKER_01

MTEC. Est-ce que ça bouge dans cette direction-là? Est-ce que tu es confiant? Oui, tu sais, quand je

SPEAKER_02

te parlais du CRM tantôt, l'embauche d'un nouveau technicien sous peu d'un prochain jour, l'embauche d'un vendeur peut-être les semaines suivantes. Donc, puis d'attaquer le marché américain. Ça peut être beaucoup et ça peut aller vite.

SPEAKER_01

D'un contexte, peut-être que ma question est dans le champ, mais est-ce que le contexte des tarifs et tout des États-Unis, ça vous donne ça un coup de batte dans la face ou ça vous touche

SPEAKER_02

plus? Non. Notre taux d'argent est plus bas. Donc, un Américain qui voudrait des services de nous, pour lui, c'est moins cher. Il n'y a pas de tarifs appliqués à ça. C'est du virtuel. T'achètes une banque de temps en jetons. Tu payes sur un piton. Un jeton est enlevé. Ça équivaut à 10 minutes de service. Je t'ai servi pendant 30 minutes. Je t'enlève deux autres jetons de plus. C'est tout. Le diagnostic a été fait. T'as appris quelque chose à travers la tablette par mon technicien. Puis t'as réparé ton véhicule. Puis tu peux charger un peu plus à ton client. Ça, c'est toi qui gères

SPEAKER_01

ton entreprise. C'est vraiment une entreprise de service Je

SPEAKER_02

ne savais même pas que ça existait. Je ne suis pas rentré dans les détails, mais les calibrations d'as, les repromissions de véhicules, le scanner, c'est des aspects différents de la mécanique d'aujourd'hui à cause de la technologie dans les véhicules.

SPEAKER_01

C'est quoi, mettons, professionnellement, ton plus gros défi dans les deux prochaines années? C'est quoi, mettons,

SPEAKER_02

ton choix de bataille? Ça va être l'embauche de... Grossir? Oui, parce que ça va être des technologies techniciens

SPEAKER_01

compétents. Est-ce qu'ils sont disponibles ou sont durs à trouver?

SPEAKER_02

Ils sont durs à trouver par rapport au salaire puis les gars, mais l'affaire qui a l'avantage que j'ai, c'est que toi, t'es rendu à 50 ans, t'es écoeuré de lever des pièces puis d'arriver chez vous brûlé puis d'avoir le cul dans une chaise puis de faire tout à distance, ça peut faire toute une différence parce que t'es dans le confort physiquement,

SPEAKER_01

t'as plus à travailler. T'as plus de dépenses aussi, aller travailler a des dépenses. Tout à

SPEAKER_02

fait, t'as plus de coffre à outils. Moi, je t'offre tous les outils électroniques pour te maintenir à niveau ta connaissance. La

SPEAKER_01

formation des gens que tu embauches, c'est quoi que tu cherches comme formation? C'est à l'interne.

SPEAKER_02

C'est

SPEAKER_01

cours de mécanicien.

SPEAKER_02

Cours de mécanicien de base pour véhicules. C'est tout. C'est tout. Promenade. Puis nous, on l'amène à...

SPEAKER_01

Est-ce que, parce que ça, c'est des cours aux professionnels, est-ce que la branche est en santé? Est-ce que ça intéresse encore les jeunes? Parce que je pense que... C'est

SPEAKER_02

dur pour moi de juger un secteur que j'ai pas été dedans, puis que je suis pas vraiment du côté atelier. Par contre, je suis pas aveugle, il y a une demande, puis elle est pas remplie. Il y en a pas assez. Puis, la qualité des enseignements dans les écoles est pas égale partout. Puis Je ne rentrerai pas dans les détails du comité parital parce que je ne suis pas à ce niveau de bataille-là. Moi, ce que je comprends, c'est que peu importe que tu sois bon ou pas bon, on a toujours besoin d'un avis de quelqu'un d'autre lorsqu'on rencontre une problématique. Puis d'avoir un autre point de vue, une autre approche peut faire en sorte que tu vas réparer le véhicule.

SPEAKER_00

En tout cas, les forces ont peut-être perdu un excellent adjudant-chef, mais ils ont gagné tout qu'un civil

SPEAKER_01

présentement. Je peux te le confirmer. Écoute, je reviens sur ta carrière militaire pour une question à deux volets. Je serais intéressé, si quelque chose qui vient en tête. Est-ce qu'il y a une décision professionnelle que tu as prise, qu'avec le recul, tu te dis aujourd'hui, ça n'a peut-être pas été ce qu'il y a eu de mieux au long terme, et... sur l'autre penchant, ça a été quoi ton pic de carrière? Le six mois dans ta job qui t'a dit, si je pouvais faire ça le restant de mes jours, à part être adjudant maître de division à Saint-Jean, je t'enlève celle-là. Mais y'en a-tu, y'a quelque chose que tu t'es dit, je suis au summum de ce que je pensais

SPEAKER_02

vivre ici? Ben, décision que je changerais, non. T'es en paix avec ce que t'as décidé? De A à Z. De A à Z, parce que ça a été fait au meilleur de ce que je pouvais. Ça donne cette impression-là

SPEAKER_01

aussi. J'ai

SPEAKER_02

fait des erreurs. J'ai aucun doute. Lancez-moi la pierre. Oui, mais j'ai fait de mon mieux. Avec les bonnes intentions. Exactement.

SPEAKER_01

À la fin,

SPEAKER_02

je peux pas être reconnu coupable

SPEAKER_01

parce que j'ai essayé de bien faire. Je pense que personne peut te reprocher de pas avoir eu des clisses de bonnes intentions derrière tes décisions pis la façon que t'avais de faire pis

SPEAKER_02

j'y mettais l'effort moi aussi je me pognais pas le cul j'ai toujours été vu sans prétention comme quelqu'un de travaillant pis qui travaillait pis même qu'on me l'a reproché surtout quand j'étais jeune tu vois Slacky sur la maintenance de ton M109 tu sais mais je me laissais pas intimider moi je le faisais pareil ça m'a pas empêché de faire ce que je voulais faire pour la deuxième partie de ta question ton pays Mon pire. Honnêtement, si ce n'est pas les recrues, c'est mon cours d'acalgie. Quand je suis sur mon cours d'acalgie, je me vois encore sur un quick action en train de courir et parler aux personnes anglophones avec intensité. Je les drive. Vous savez c'est quoi quand tu es évalué. Ça fait partie de ton rôle à jouer. Je les drive. Puis, ça arrivait à des bons résultats dans la majorité du temps. Ça, c'est une adrénaline. C'est comme une injection de drogue. C'est ça que c'est.

SPEAKER_01

C'est le fun de rentrer une gunline en action comme un GPO. Oui, vraiment. Vous autres, vous avez écouté ça sur vos cours plus tard. Moi, je ne m'étais pas rendu comme un CEO. J'ai découvert ça sur mes forces officielles. À un moment donné, le GPO, tu piques des dégâts dans le champ. Tu essaies de ne pas te filer.

SPEAKER_02

C'est

SPEAKER_00

le coup d'accalgie. Tu joues le rôle de GPO. L'adrénaline est le fun. C'est que

SPEAKER_02

tu te scrapes les genoux. Tu te débattis. J'ai souvenir, tu me parles de ça, le pic, Soccer Brook, puis un quick action. Tu montes là-dedans, puis tu déploies tes guns, pour les artilleurs qui nous écoutent. Honnêtement, tu me parles, puis ça revient. Il y a un afflux

SPEAKER_01

sanguin dans

SPEAKER_02

mon corps. Soccer Brook, ça prend deux directeurs. C'est

SPEAKER_01

fou. Mais tu sais, Pat, sérieusement, ça survole une sacrée carrière. T'as fait un effort de venir nous voir. T'habites à l'extérieur et écoute, c'est apprécié. Merci

SPEAKER_00

beaucoup de t'être présent.

SPEAKER_02

Merci à vous de m'inviter. Puis les gars, je vous lève mon chapeau de faire ce podcast-là pour le bien de notre communauté militaire. Dedans, sortis, c'est juste positif d'entendre des gars, de voir des gars qui ont cheminé, qui ont appris. Puis c'est beau de vous voir aller. Puis c'est beau le positif que vous poussez dans la communauté.

SPEAKER_01

Merci, ça fait une grosse différence. Puis merci aux gens qui nous ont écrit. On a reçu des messages aussi.

SPEAKER_00

Un gros merci, on fait ça. Ça fait une petite boule de neige pour le moment. L'intention au début, c'était seulement que partir de quoi pour se faire du fun, moi et Phil. Puis on dirait que ça touche de plus en plus

SPEAKER_02

de gens. Ça touche des gens. Puis ça nous fait réfléchir.

SPEAKER_01

Oui. Juste de même, on arrive à 1000 downloads bientôt. Bravo. Ça

SPEAKER_02

nous fait réfléchir sur nos carrières. Ça nous fait réfléchir aussi à écouter les autres. Il n'y a pas une toi, Pat, qui a passé des

SPEAKER_00

temps difficiles, qui a eu des cheminements. Il y a beaucoup de

SPEAKER_01

ressemblances dans tous les cheminements. Oui. Il y a quelque chose, on en parlait, parce que j'ai des affaires plus fraîches en tête que Yann, parce que je revise le podcast avant de le mettre en ligne une dernière fois. On en a parlé avec Patrick Vachon et Carl aussi. Il y a un fil qu'on de tous les gens qu'on retrouve ici. C'est cette espèce de chaleur-là d'anciens militaires, de parler de ce qu'on a fait, puis aussi d'essayer peut-être de passer le message à d'autres qui hésitent, parce qu'on revient souvent là-dessus, mais le stéréotype du militaire dans son garage qui est tapé là, puis qui ne bouge plus, puis que tout est... C'est le carcan à casser, puis c'est la pire place à rester, d'un

SPEAKER_02

sens. Il ne faut pas s'isoler. Il y a une vie après l'effort, puis on a les compétences pour pouvoir performer

SPEAKER_00

aussi. réaliser aussi toutes les capacités qu'on a à transposer. C'est hyper important que les gens le

SPEAKER_02

sachent. C'est

SPEAKER_00

ça, c'est ce que ça sert. On ne se veut pas comme un réalisateur. Je ne pense pas qu'on sonne comme ça. Non, c'est ça. On veut juste qu'on fasse partager des belles histoires comme la tienne. Vous êtes fin, les gars. Non, Pat, pour de vrai, chapeau, félicitations. C'est un exemple, mon Pat.

SPEAKER_01

Respect.

SPEAKER_00

Vous êtes

SPEAKER_01

fin.

SPEAKER_00

Vous êtes fin. Nous autres, est-ce que c'est la conclusion de l'épisode d'aujourd'hui? Écoute, c'était un très bel épisode. Merci à Pat, sacrée carrière. Je te souhaite le

SPEAKER_01

meilleur pour la

SPEAKER_02

suite.

SPEAKER_01

Merci. Salut tout le monde. Bye-bye.