Podcast Nouvelle Mission
Au podcast Nouvelle Mission, les militaires et vétérans sont à l'honneur.
Partez ainsi à la découvertes d’anciens militaires qui viennent nous parler de leur carrière. Les parcours présentés ici sont inspirants, remplis de défis, de résilience et de passion. Ils ont osé changer de cap pour bâtir une deuxième carrière inspirante, ou encore ils se permettent enfin de vivre selon leurs propres termes après tant d'années de sacrifice.
Parce qu’après l’uniforme, il y a encore beaucoup à accomplir.
Pour les militaires en transition, les curieux du monde civil-militaire ou ceux en quête d’inspiration : bienvenue dans Nouvelle Mission.
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Épisode 13 - Russell Eyestone
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Cette semaine, nous recevons Russell Eyestone. Originaire de l'Ouest canadien, il a passé la plus grande partie de sa carrière à Valcartier.
D'abord comme Officier d'artillerie, il gagne de l'expérience opérationnelle en se déployant en Bosnie en 2001 et à Kaboul en 2004. C'est durant cette dernière mission qu'un intérêt pour la médecine pique sa curiosité.
Il décide de se réorienter dans les Forces Canadiennes en allant faire ses études de médecine. Il se déploie de nouveau en Afghanistan dans ce rôle, y vivant une adrénaline difficile à égaler. Il se rend jusqu'à la position de Médecin-chef de la base de Valcartier et termine sa carrière comme Commandant du Centre des soins de santé des FAC à Borden.
Avec une fibre entrepreneuriale en tant que propriétaire du Bar chez Lionel sur l'Avenue Chauveau, Russell démontre une motivation hors du commun à relever des défis dans plusieurs facette de sa vie. Une rencontre plus qu'intéressante qui donne un bel exemple d'accomplissement personnel. Merci Russell de ta visite.
Salut! Bonjour Philippe! autre podcast cette semaine. Cette semaine, on a le plaisir d'accueillir Russell Eyestone. Salut Russell! Salut, ça va bien? Oui, ça va, merci. Russell, c'est un officier qui a commencé sa carrière dans l'artillerie, sorti du collège militaire, réorienté sa carrière dans la médecine au niveau de l'armée, pour ensuite prendre sa retraite et continuer de pratiquer la médecine dans le système de santé québécois. En plus d'avoir un volet entrepreneurial à ta vie personnelle, parce que le fait le plus marquant, parce que c'était pas assez d'être officier du collège, médecin dans l'armée, médecin dans le civil, il est propriétaire du bar Lionel, qui est en soi le plus gros exploit. C'est tout qu'un parcours. Merci de ta présence, c'est bien apprécié. C'est très apprécié, merci pour l'invitation. C'est très apprécié, vraiment. Écoute, nous autres, on commence ça toujours un peu de la même façon. Qu'est-ce qu'un jeune homme de ton patelin, d'où tu viens, que ça motive à rentrer au collège, comment ça s'est passé, puis on décolle là-dessus, ta carrière d'artiste, où moi, je t'ai connu, j'ai travaillé pour toi en Bosnie en 2001. Donc, on y va avec ça, puis on rebondit en cours de
SPEAKER_01route. Bon, bien, en fait, moi, j'étais né à Richmond, c'est une banlieue de Vancouver, puis j'ai fait mes années d'école secondaire à Seachelt, c'est comme un petit village pour loin de là. Puis, j'ai gradué l'école secondaire, j'avais des bonnes notes, j'étais à l'Université Columbia-Britannique pendant un an en hors général, puis honnêtement, j'avais genre zéro direction de dans ma vie à ce moment-là. Je faisais art général dans une université avec 50 000 autres étudiants. C'était une chiffre parmi tant d'autres. Mais à un moment donné, mes parents se sont divorcés autour de ce moment-là et j'avais besoin de l'argent. Je me suis dit, je vais aller voir les réserves. J'ai approché le Seaforth Highlanders qui est un centre à Vancouver. Fantastique. Le gars de l'entrevue m'a dit, écoutez, vous avez des bonnes notes. Pourquoi vous n'appliquez pas pour le collège mutaire? Je ne savais pas de quoi il parlait. J'ai fait mes recherches recherche. C'est pas sur Internet, à ce moment-là. Non, c'est ça. Le centre de recrutement. Puis, j'étais intéressé. Fait que j'ai appliqué. On est fin des années 90, à peu près. Oui. Moi, j'ai gradué de l'école secondaire en 95. J'ai rentré au collège Mitterrand, en fait, en 96. OK. Puis, c'est ça. Fait que j'ai appliqué fantassin, blindé, artillerie. Ils m'ont accepté en artillerie. Je sais pas pourquoi. Puis, j'ai fait mes 4 ans au collège Mitterrand. Un endroit qui a En regardant Valéria, j'adorais ça. Il y avait des moments difficiles comme tout dans l'armée. Parfois, on est dedans et on n'apprécie pas ce qui nous apporte. Mais en regardant Valéria, c'était une excellente expérience. D'ailleurs, j'arrive de là parce que mon aîné, il est accepté là. Il est fantassin. Il va devenir officier d'infanterie. Il fait son première année. Ça tombait bien que c'était mon 25e année de retrouvailles. Du collège. Et Abraham, il fait son piste d'obstacles. Toutes mes amies que je connaissais dans le temps, c'était vraiment une réunion
SPEAKER_00exceptionnelle. C'est une belle façon
SPEAKER_01de fermer une boucle. Vraiment, oui, vraiment. C'est ça, j'ai étudié au Collège Mitterrand. J'ai gradué avec un baccalauréat en sciences politiques et économiques. Et là, comme vous le savez, dans l'armée, on a le choix de trois bases. Il y a peut-être un roi, il y a Shiloh, c'était à Tillerie ou à Québec. Je me suis dit, pour la vie sociale, je vais apprendre le français. Ah, c'est des bons choix. Est-ce que tu parlais français à ce moment-là? Ben, il faut que tu gradues de collège avec un certain niveau de compétence. Ouais, quand même. Mais pas très fonctionnel. J'ai appris ça des artilleurs
SPEAKER_00en arrivant. Ouais. Tu t'en sortais bien. Ouais, ouais, mais tu t'en sortais bien. Il me semble pour un anglais de mémoire, c'était raisonnable. C'est tout le temps un
SPEAKER_01obstacle, la langue. Mais quand tu pitches dans le milieu du Québec, quand il n'y a pas de téléphone, tu sais, dans le temps, il n'y avait rien. Moi, j'ai regardé Radio-Canada, tu sais, il n'y a pas de chance de s'isoler comme peut-être tu peux aujourd'hui avec ton téléphone en lisant les choses que tu veux. C'est vrai. J'étais vraiment dans le français complètement et tu apprends rapidement.
SPEAKER_00Ton premier choix, ça va le garder ton premier choix à ce moment-là. Oui, absolument. Il fallait quand même que tu oses quand même devenir dans un milieu francophone. Pareil. Oui, ça prenait un certain niveau de courage.
SPEAKER_01Oui. La motivation était plus les filles sur le grand allé que le courage de faire français. Ce qui est une très bonne motivation. Je
SPEAKER_00pense que nationwide, Valcartier, c'est assez dur à battre en frais de base. Avoir une belle ville comme ça à proximité d'une base militaire, ce n'est pas la norme. C'est un choix compréhensible. Tu es arrivé direct dans Batterie X et on a dû partir en Bosnie pas longtemps après. Tu n'étais pas Batterie R? Oui, c'est vrai. Moi, j'étais Batterie X et je l'ai envoyé dans R pour partir. C'est moi qui ai migré avec vous autres pour le tour.
SPEAKER_01Oui, c'est ça. Pas longtemps après arriver, on a déployé en Bosnie. J'étais commandant de troupes là-bas. Oui. Puis, vous vous le rappelez, on était dans l'usine de... Oui, Glamotch. L'usine de quoi? L'usine de quoi? De chips? Je ne sais pas c'était quoi. C'est une usine de chips, je pense. De chips? Oui. Bien, c'est ce que moi, j'ai toujours entendu dire. Ça se peut, j'ai aucune idée. Puis, oui, c'est ça. Fait que, tu sais, j'ai fait les choses que tu fais comme officier d'artillerie. Je suis revenu, on a fait le cours de fou, le cours de fac. Oui. Puis, après ça, l'Afghanistan est arrivé. Fait que, 2004, j'ai dépourvé là-bas.
SPEAKER_00Tu as dépourvé dans un... Dans un foudette, hein? Oui. Oui, exact. C'était qui ton crew de NCM avec toi? Eno. Ah! Ouais. Steve-O. Steve-O? Ouais. OK. Pis le roux, voyons, notre
SPEAKER_01chauffeur. Ben Leblanc. Leblanc, merci. OK, ben c'est un bon crew en tabarouette.
SPEAKER_00Ah oui. Pis on
SPEAKER_01avait Adjutant Jean. Qui? Adjutant Jean. Adjutant Jean, ouais. Ouais, il était sergent à cette époque-là. Le pinch grisâtre, là. Ouais, ouais. Ouais, ouais, il était... Dominique. Dominique.
SPEAKER_02On
SPEAKER_01te salue, Dom, si tu nous écoutes. Ah non, on avait une croix excellente. L'émission était bonne. C'est là que l'instinct est arrivé qui a réorienté ma carrière. On faisait une chanteuse avec les VBL. On tirait et il y avait une explosion pas loin, quelques centaines de mètres à notre droite. On ne sait pas ce qui se passe. On était sur notre garde, mais pas plus. Il y avait un jingle truck qui est arrivé de là. Ils sont assez pressionnants. Il va falloir que ça prenne pour créer une chose de même. Il y avait trois gars en arrière. En fait, ils étaient en train de creuser. Je ne sais pas. Ils ont creusé des roches. Ils ont sauté sur l'ancienne mine rousse. Il y a un gars qui a manqué son pied en bas de son cheville. Il y avait deux autres. Un qui n'était pas si pire, mais un gars qui était pas mal atteint avec le shrapnel. Il y avait un peu partout. Il voyait les trous dans le thorax, dans le bras. Ils sont arrivés et demandaient de l'aide. J'ai mis une paire de gants. Je n'étais pas plus que secouru. C'est sûr. J'ai embarqué dans le camion. J'ai fait tout ce que je pouvais. C'était au début. On n'était pas radé comme on était après. Je me rappelle qu'il y avait des médics, peut-être l'équivalent des TCCC. Je ne sais pas si on l'appelait ça de même à ce moment-là. Il y avait des auto-injecteurs de Morphine. Mais il y avait un gars qui... Il se fire. Oui, il était en mauvaise état. Oui, il était... ils hurlaient parce que ça faisait mal. Mais on avait l'auto-injecteur. L'aiguille, il sort quand tu pèses. Le peuple, comme vous le savez, parfois, ils sont très mal nourris. Il n'y a pas beaucoup de chair autour des os. Quand on a pris l'auto-injecteur et qu'il est mis dans le cuisse, je pense que l'aiguille est rentrée directement dans le femeur et ça rebondit dans l'air. C'est morphine dans l'air. Imaginez un gars qui est déjà plein de petites roues et ce que tu fais avec l'aiguille, il fait...
SPEAKER_00encore plus la bonne nouvelle c'est que ça fait
SPEAKER_01oublier ses shrapnels c'est pas mal c'est pas mal quelque part ça c'est le mot noir en tout cas on a mis l'aiguille à l'arme on a fait notre possible on a injecté finalement on a mis un tourniquet on a documenté on a fait des choses qu'on savait quoi faire on savait comment faire puis on l'a évacué il y avait un hôpital allemand je me rappelle c'est un hôpital chirurgical puis ils demandaient qu'est-ce que vous avez vu vous avez des pansements Bon, ça a bien été. On finissait une autre journée. C'est comme une journée comme une autre. C'était un couple de semaines après, en fait, que j'avais des seins dans le nez souvent. C'est tellement sec que je suis allé à la clinique. J'ai vu le médecin. J'ai vu les seins du nez tout le temps. Il m'a dit, tiens, c'est comme du genre de vaseline pour mettre ça dedans. C'est pas cool. Oui, c'est pas cool. Je me rappelle, tu sais, il y a des moments dans ta vie, que tu dis, crime, ça aurait pu virer autrement. T'es juste en sortant du bureau, t'es juste curieux, puis j'ai arrêté, puis j'ai dit, Doc, en passant, Doc, t'es super cool. Américo Rodrigue, il est devenu mon mentor pour devenir médecin dans l'armée. Un gars de Toronto, il n'a aucune expérience médicale de tout. Militaire, je veux dire, de tout. Médecin de famille. Une journée, il dit, je veux une aventure. 5 kilos de force, début quarantaine, puis devenu médecin, il déploie en Afghanistan. Le gars est vraiment intéressant, s'il est Je le salue, Américo. Merci pour le chemin que vous m'avez montré. Mais j'ai posé des questions. J'ai une question pour toi, Vincent. Le gars, il manquait son pied, mais il n'avait comme pas de sang. Et moi, dans ma tête, ça aurait dû pisser. Oui. Ah, il dit non, non, mais si l'artère est transsacrée complètement, ça fait une spasme, ça recule, puis tu sais, juste un peu de pression, tu vois. En tout cas, il voyait que j'étais intéressé avec le pathophysiologie, tout ça, puis je l'ai vu plus tard dans le messe, puncher une autre carte, une bière. Il m'a dit, pourquoi tu n'appliques pas en médecine? J'ai un bac en sciences politiques. Qu'est-ce qu'il va vouloir de moi? C'est pas ça que tu prédestines en médecine. Non, non, il y a des écoles qui vont te consoler, pareil. Effectivement, à McMaster, où je suis allé finalement, eux, ils n'avaient pas de prérequis vraiment. Ils voulaient du bon monde, peu importe le... de formation, peu importe d'où ils venaient. Ils disaient, nous, on va te former comme médecin. On veut que tu sois bon dans ton domaine.
SPEAKER_00Ça veut dire que, si je compare au système du Québec, si pas de sciences de la nature, de cégep, collégial, de maths a pu finir, éventuellement, oui, à la formation, mais ces prérequis-là, t'es pas exigé.
SPEAKER_01Non. Je pense, je vais pas dire si c'est encore exactement pareil, je pense qu'il y a peut-être quelques exigences différentes que dans mon temps, mais non, à ce moment-là, on avait des filles qui ont fait des bacs en musique à Julliard. Les gars avaient des bacs en mathématiques, en sciences politiques quand même, beaucoup de soins de santé quand même, mais très variés comme
SPEAKER_00classe. Ah ouais? Puis ça, c'était-tu un programme de... C'est-tu quelque chose qui t'est arrivé puis t'as remasté ou c'est un programme un peu comme l'équivalent du UT ou du CFR? C'est-tu un programme spécial pour la médecine, pour les officiers dans l'armée? C'est-tu quelque chose... Oui, en
SPEAKER_01fait, il n'y a pas... L'armée doit dire que oui, vous êtes apte. Il y a comme une compétition interne dans l'armée. Oui. Mais ça, c'est le parti facile. Parce qu'eux, ils disent, si vous êtes accepté à une école de médecine canadienne, on n'a rien à dire. T'es bon, on a dit. Nous, on ne va pas mettre d'autres bâtons dans la rue. Mais il faut que ton contrat doit avoir ses années. Il faut remettre ton temps de service. Mais si t'es accepté après ça, je pense que j'ai resté... Je ne suis pas certain, mais je pense que j'ai resté officier d'artillerie pendant mes études jusqu'à temps que j'étais qualifié et que je suis tombé médecin par après. Mais McMaster était trois ans de l'école de médecine. Pas quatre, parce qu'on roulait l'année longue. Il n'y avait pas des étés. Puis après ça, j'ai eu J'ai fait ma résidence en médecine familiale là-bas. Je suis revenu
SPEAKER_00médecin en 2010 à Valcartier. C'est direct en revenant de Kaboul que tu es embarqué. Presque. Ça s'est chaud. Trois
SPEAKER_01ans et quatre ans, c'est
SPEAKER_00ça? Trois ans et quatre
SPEAKER_01ans? Trois ans plus deux ans de résidence, cinq ans. Moi, j'étais dans les études pendant les grosses années en Afghanistan. Quand ça a brassé solide,
SPEAKER_00j'ai étudié. À l'école, oui. En 2010, Tu gradues officiellement médecin avec le droit de pratique. Puis là, tu commences une pratique militaire, une pratique médicale au sein de l'armée. – Exact. – Puis t'es
SPEAKER_01envoyé
SPEAKER_00où? – À Valcartier. – Tu reviens
SPEAKER_01à Valcartier. – Oui. – Fait que t'as repassé ta carrière à Valcartier, toi, en service? – C'était toujours ma maison mère. J'ai revenu toujours ici. Je suis parti ailleurs, comme tout le monde, faire des cours, des autres choses. Mais non, ça, c'était pas mal ma... – C'est là que tu te sens à la maison. – Oui, exact. – C'est cool. – Oui, fait que... Je me rappelle, en arrivant, le colonel, le plaud, il m'a dit « Qu'est-ce que vous voulez faire, Russ
UNKNOWN?
SPEAKER_01» J'ai dit « J'aimerais retourner à l'Afghanistan. » Il m'a dit « All right, let's go
UNKNOWN!
SPEAKER_01» Je pense que quand il me disait ça, il ne savait pas que j'avais comme « ogre ». Je n'ai pas daté avec mes niaques, par doute. Il m'a dit « Je vais aller faire ça du chantier RC7, quasiment pour moi seul. » Mais il était bon. C'est ça, 5 ans sorti du métier. J'ai été déployé comme médecin à Fola de Zangabad, comme remplacement, mais j'ai fait
SPEAKER_00quasiment 4 mois. C'est... C'était comment, cette expérience-là? Comment tu décrirais
SPEAKER_01ça? Être sur un rôle, un, en Afghanistan. C'est unique au monde, ça. Oui, mais pas beaucoup d'expérience non plus. Tu commençais, là. Oui, c'est ça. C'est confronté avec des cas. On avait amené un auto de police afghane. En fait, c'est la première fois que je rentrais dans le poste d'observation qu'on avait. Je pense que c'était une coyote dans le temps, qu'il y avait les caméras qui regardaient autour du camp. J'étais là, managé. « Hey, salut les gars, comment ça va? » Ils regardaient la télévision. Il y avait un véhicule qui faisait « papam » flipper sur le camp. « Hey, c'est où ça? » « Ah, 5 kilomètres d'ici. » « Il s'en vient où avec cette évacuation? » « Il s'en vient ici. » « Oh, mon Dieu! » « Je vais le laver! » « Oh, mon Dieu! » « Oh, mon Dieu! » en arrière d'une pickup truck. Tout le temps, tout le temps, oui. Ce n'est pas des évacuations avec le colon cervical sucré et autres, comme on est habitué. Ça se met dans une brouette. Ça, c'était une expérience parce qu'on avait deux réas majeurs qu'il fallait que j'intube. Pendant que j'intubais un, c'est comme la première fois que j'intubais seul avec un équipement assez rustique. Le deuxième, je me rappelle, il commençait à perdre de saturation. On n'avait pas de déco à ce moment-là. Il n'y avait pas de rayon X. Juste cliniquement, je regardais. Il se tenait à côté gauche et je voyais sa respiration. Il n'allait pas bien. Sa saturation diminuait progressivement. C'est une spirale envers la mort. J'ai tiré la gâchette. J'ai dit, OK, on va mettre un drain thoracique. Ça, c'est quand tu coupes au travers de la paroi thoracique et tu insères une soupe pour enlever l'air. Je peux te dire, quand je vais finalement percuter le... la pleuve, puis j'entendais l'air qui sortait, puis il améliorait. Ça, c'était une des meilleures expériences que tu peux avoir. C'est satisfaisant. Quand t'es full craigné, que t'es confronté par une situation où il fallait qu'il t'intervienne. Forced to act, comme on dit en médecine. Si tu fais pas quelque chose, le résultat, c'est sûrement mauvais. To get it right dans une situation comme ça, c'était vraiment... Satisfaisant. C'est valorisant, effectivement.
SPEAKER_00Ça va être l'une des plus belles adrénalines que tu as vécues dans ta vie,
SPEAKER_01j'imagine, en fait, de satisfaction. Tout à fait, en fait. J'ai jamais été comme adrenaline junkie de sauter des avions. J'ai fait le parachute, mais je n'ai pas aimé ça. Ça me donne des peurs plus que d'autres choses. Ça a l'air de faire mal à tes rues. Moi, je l'ai fait civil, tu sais, pour juste une fois, pour voir c'est quoi, pour dire que je l'ai fait, mais ce n'est pas quelque chose que j'ai aimé. Oui, non, je te comprends. Mais l'autre genre de, tu sais, de cette stimulation intellectuelle.
SPEAKER_00Tu m'étends à connaissance que tu n'as d'apprendre directement, puis c'est un move direct que t'as fait pour sauver une vie.
SPEAKER_01Et honnêtement, c'est là que t'apprends, quand t'es forcé. Actuellement, où je suis, à Saint-François, j'ai des équipes excellentes, j'ai médecine étienne, j'ai chirurgie vasculaire, j'ai soins intensifs. Ça, ça rend ma vie plus facile, mais quand t'es seul au monde, dans l'armée, dans un roller, avec une... T'es dans une vieille école, avec les murs, les fenêtres toutes sandbaguées, t'as vu
SPEAKER_00C'est une autre chose. C'est clair. On en reparlera plus tard avec ta vie de médecin dans un autre cadre, mais est-ce que c'est accepté dans le monde de la médecine que c'est vraiment un environnement unique de médecine, de pratique? La médecine militaire, en soi, ça doit être, d'un point de vue médical, très niché. Ça doit être respecté beaucoup par les autres médecins, j'imagine, qui n'ont pas connu c'était
SPEAKER_01quoi. Écoutez, parfois c'est dur à expliquer. On essaie d'avoir... les mêmes standards qui sont applicables ici au Canada pour tous les traitements qu'on donne, mais parfois, simplement, les ressources ne le permettent pas. C'est la même chose au Canada aussi. C'est quoi le plus grand déterminant de santé? Qu'est-ce qui détermine si tu vas avoir une bonne qualité de soins ou non? Ce n'est pas votre âge, ce n'est pas votre sexe, ce n'est pas votre race, c'est géographie. Si vous êtes dans le Grand Nord et que vous avez une dissection de l'autre, vous allez mourir. Probablement, parce qu'il y a une évacuation qui prend 24 heures, c'est ça va pas bien. Tu sais, c'est la centre-ville de Montréal, les chances de survie sont vraiment élevées. Fait qu'on vit un peu la même chose dans les fosses qu'on déploie où, parfois, les évacuations, même, sont dangereuses. Fait que, tu fais ce que tu peux avec ce que tu as. Mais... Comme je dis, c'est là que tu apprennes rapidement à zigonner les affaires. J'imagine. C'est incroyable ce que nos ancêtres dans le premier regard mondial étaient capables de faire.
SPEAKER_00La guerre civile américaine,
SPEAKER_01les médecins, c'est
SPEAKER_00terrible.
SPEAKER_01C'est pour ça qu'il y a beaucoup d'apprentissages qui sont appliqués dans le monde civil. Surtout en trauma, ça vient des expériences militaires. Parce que tu étais forcé à agir. Ça cause des traumas, le champ de bataille.
SPEAKER_00Tu
SPEAKER_01l'essaies, tu fais le mieux que
SPEAKER_00Quand on se déploie comme médecin et qu'on vit ça et qu'on a une satisfaction professionnelle, une adrénaline et que tout est là, c'est comme un peu comme nous autres quand l'application de la force létale est inatteignable en dehors de ce théâtre-là. D'un point de vue médical, est-ce qu'il y a un peu un débuzz, un cold shower quand on revient en garnison et que c'est la parade des malades et qu'on voit le monde s'enligner avec... La Garrison Life, ça peut être un petit peu à la limite monotone. Il doit y avoir un clash important entre les deux.
SPEAKER_01Je ne pense pas qu'il n'y ait aucun job qui est toujours palpitant et toujours satisfaisant. Mais en guérison, c'est pas que la médecine est moins importante. En fait, on a découvert des cancers, on traite des maladies cardiaques, mais c'est plus une médecine familiale rendue ici. Puis oui, il y a une tension aussi avec l'administration qu'il faut que soit faite. C'est ça qui est problématique un peu dans les forces. Tous les médecins le sent rapidement, surtout que quand tu commences comme médecin de famille, qu'est-ce qui te rend bon comme médecin de famille
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu es bon à ce que tu fais. Tu vois des patients. Tu apprends à envoyer des patients. Tu discutes avec tes collègues. Qu'est-ce que tu aurais fait? Tu parles avec un spécialiste, mais il faut que tu sois dans le domaine de la médecine. Il faut que tu vois des patients. Rapidement, dans les forces, il faut que tu mordes en grade. Il faut que tu fasses l'administration. On veut que tu déploies. Il faut que tu fasses tel entraînement. Il faut que tu fais des NIAC. Tu es éparpillé un peu partout. Le risque, c'est que tu n'as pas le temps, comme jeune médecin, de consolider tes compétences comme médecin. Moi, honnêtement, quand j'ai eu... J'ai fait tous les jobs que tu peux faire avec la brigade médecin-chef de base. En 2015, j'ai retourné pour faire ma spécialisation d'urgence ici à Laval. J'ai fait un an de médecine d'urgence. Et après ça, la même tension qui est arrivée m'est encore pire. C'est comme, je dois pratiquer dans une urgence pour être bon en faisant de la médecine d'urgence. Mais encore là, dans l'armée, ce n'est pas toujours le temps consacré d'aller travailler dans une urgence qui est le problème du jour. Le problème du jour, c'est, elle a besoin de quelqu'un qui fait les médicaments. Elle a besoin de quelqu'un qui va couvrir
SPEAKER_00tel exercice. La lourdeur bureaucratique, puis d'entraînement, puis de réalité des forces armées canadiennes à force. C'est
SPEAKER_01ça. Mais je crois, j'ai lu à un moment donné, justement, de Première Guerre mondiale, exactement le même problème, la même tension, qui est les médecins de ligne, dans les tranchées, ils ne voulaient pas développer notre colonel parce qu'ils allaient perdre leurs compétences cliniques. Si ça fait un siècle qu'on On a le
SPEAKER_00problème, c'est pas quelque chose... Si c'était simple, on aurait déjà réglé le problème. OK, tout à fait. Mais à l'interne, entre vous, les médecins, il y a-t-il une espèce de consensus sur quelque chose qui pourrait faciliter ça ou vous garder davantage? Est-ce que je veux dire par là, est-ce qu'il y a des gens, je lance des idées comme ça, mais qui prôneraient de peut-être vous sortir un peu du côté opérationnel pour que vous puissiez vous concentrer justement sur... votre expérience
SPEAKER_01clinique? Il y a beaucoup d'efforts qui sont faits. Il y a de l'argent qui est accordé pour que tu fasses tes maintiennes compétences. Il y a des MOU, les Memorandums, qui sont signés avec des urgences pour que tu ailles et que tu pratiques. Le problème, c'est que tu organises un Memorandum, tu vas à l'Enfant-Jésus et rapidement, passe-toi à More Borden. Après ça, tu t'en vas à wherever. On est mouvementé. Une fois que tu as une chose qui est établie, souvent, ça va être la prochaine qui va profiter. Et lui, après ça, il est déployé. C'est dur de maintenir. C'est vraiment dur de maintenir parce que les exigences, la force de jour, il faut qu'on fournisse. On doit être opérationnel en première lieu. On doit être capable de fournir les tropes au Nathalie. On doit avoir un battle group qui est en entraînement. Les opérations, on prime. Oui, essayer de garder les médecins formés, mais ce n'est pas facile. Ça, ça crée une certaine émertume chez les cliniciens. Ce sont des jeunes qui ne sont pas nécessairement à l'auteur de la tâche parce qu'ils disent « Kim, vous de les déployer pour peut-être les polytraumatiser. Je suis jeune. Tu ne te demanderais jamais de ça. Un médecin de famille qui travaille ici à Québec. Ça donne une certaine fierté aussi de dire, oui, OK, moi, je vais prendre ça sur mes épaules et je vais y aller. Mais une certaine peur aussi de fucker
SPEAKER_00up et causer des problèmes. C'est important, oui. C'est ça, c'est la vie des gens et des blessures réelles. Oui. Comme là, tu dis que tu as fait beaucoup de positions à Valcartier. C'est laquelle la position que tu as trouvée qui te comblait le mieux d'un point de vue personnel et d'un point de vue professionnel à Valcartier en garnison? C'est à quel palier? Parce qu'il y a un sweet spot sûrement quelque part qui le chercherait.
SPEAKER_01Le chef de brigade était bon, je dois dire. Le chef de brigade, oui. Le général Fortin, Daniel Fortin. Être membre de son cabinet, j'étais là avec lui, on donnait les conseils sur le brigade et autres. Ça, ça me permettait aussi de travailler aux urgences. Je faisais des fins semaine à la Malbaie. J'ai roulé là-bas, je faisais des gardes de 14 heures de nuit, une couple de gardes, puis je revenais. À un moment donné, aussi, l'UCPQ, il y avait besoin d'un urgentologue, vous croyez-le ou non, il manquait d'urgence, un urgentologue à l'UCPQ, fait que j'ai dépanné là-bas pendant quelques mois. Fait que d'ici là, où est-ce que je pouvais trouver les gardes, je le faisais. Puis...
SPEAKER_00En étant, mettons, exemple, le médecin-chef de brigade, tu deviens un aviseur du point de vue médical pour le commandant dans son processus de prise de décision. C'était quoi les genres d'interactions ou les genres d'avis qu'il aurait eu besoin? C'est quoi, mettons, les sujets de conversation d'un commandant de brigade avec son médecin-chef? En général, ça peut toucher à quoi? Parce que je pense que moi et ceux qui nous écoutent n'ont aucune idée à ce niveau de
SPEAKER_01commandement-là. Je me rappelle, un des topics qu'on avait, c'est il y avait une poste d'échographeur. Comme quelqu'un qui fait des éco-cafés, les ultra-sambles. Puis, cette poste a été coupée parce qu'à un moment donné, elle était partie des savings. On voulait sauver de l'argent. Bon, fait que ça, moi, oui, OK, on a sauvé, mettons, le salaire de Néco Ramon. OK, bon. Mais qu'est-ce qu'on doit faire quand toi, t'as besoin de Néco? T'arrives
SPEAKER_00à la ville. Ça coûte cher.
SPEAKER_01Puis là, tu sais, ta journée, tu fais tes réclamations par après, tu fais le kilométrage, puis le repas. Le cours organisationnel. Il fallait qu'on paie pour l'éco-café. Fait que tu sais, tu reviens. 5-10 fois plus cher. Ça, c'est le genre de discussion que j'ai. Je ne suis pas certain que ça, c'est... Écoutez, ça, c'est le genre de choses qu'ils voulaient savoir. Je me rappelle que c'était un topic en garnison que j'essayais de communiquer. L'approvisionnement des ressources. Souvent, ce qui revenait, c'est la disponibilité des médecins. Parce que les commandes en unité disaient que, « Hey, Phil, je vais le déployer à l'Afghanistan. Il n'y a pas eu ce médical. Le prochain rendez-vous va à telle date. » mais le nombre de médecins en garnison pour fournir à la demande. Souvent, le topic est venu. Regarde, 25 ans, il est en santé. Est-ce qu'il a besoin d'être vu vraiment chaque année ou chaque 12
SPEAKER_00ans? Ah oui, il y a eu des discussions. Oui, il
SPEAKER_01aurait juste questionné. High five, check ton cholestérol. C'est sûr que c'est beau le 25 ans, t'as jamais eu un mauvais problème de cholestérol. On essaie d'arriver nos investigations et nos besoins médicaux pour plus refléter C'est la réalité de notre population parce qu'on a une population qui, généralement,
SPEAKER_00est en santé. Oui, tout à fait.
SPEAKER_01Les unités avaient des besoins de déployer du monde. Il y a besoin de monde qui est en santé. Dans mon expérience, l'unité était très réceptive à nos initiatives. Ils voulaient savoir qu'est-ce que je peux faire pour que lui revienne. C'était souvent une approche positive. Qu'est-ce qu'il y a besoin? On veut le donner, mais nous, on n'a pas de loi de savoir. On essaie d'aller rencontrer ou Ça, c'est plus que mettre sur un chef de base, mais rencontrer les unités sur place. Puis on disait, OK, qui sont tous vos membres qui sont en T4, P4? Pourquoi? Qu'est-ce que vous pouvez attendre? Bien, il va revenir, lui. Il est motivé. C'est sa jambe, je ne dirais pas ça. C'est le diagnostic. Pas des diagnostics, mais le pronostic. Ça fait qu'on essaie de citer un lien entre les besoins médicaux du patient, les besoins médicaux du régiment. Comment on peut combler les deux le mieux possible
UNKNOWN?
SPEAKER_00La relation en général, est-ce qu'elle est bonne? Très positive. C'est rare.
SPEAKER_01C'est pas jamais, on s'entend. On est des êtres humains quand même. Mais c'est rare que j'ai vraiment... Tu sentais une
SPEAKER_00fermeture
SPEAKER_01au niveau
SPEAKER_00de l'arrangement. Ah, le médecin! C'est ça. Les mentalités ont changé, j'imagine, aussi, à l'époque où... On parle des années 2010-2015, ces années-là, à peu près. C'est sûr que les mentalités étaient déjà beaucoup améliorées pour ce qui est de supporter les membres
SPEAKER_01blessés. Une chose qu'on trouvait comme médecin, en fait, qui était difficile un peu, c'est que nous, on est devenus parfois le... le gagneur pour le monde qui était coincé autrement, qui n'était pas médical, mais je me rappelle deux parents militaires. Un, policier militaire, l'autre qui est artillère, whatever. On y va à Gage Town, lui, il déploie. Un moment donné, on avait du monde dans le bureau qui disait « Écoutez, je ne sais pas, ma famille va imploser.
UNKNOWN»
SPEAKER_01Oui, c'est une crise d'anxiété, mais nous, on
SPEAKER_00est... Ils n'ont personne d'autre
SPEAKER_01à aller voir. Ça, ça aide qui? On met en congé. Le régiment est fâché parce que la médecine a donné une porte de sortie. Mais on était dans une position difficile de voir avec l'individu avant nous qui était vraiment en trouble, détresse.
SPEAKER_00Ça arrive fréquemment. C'est des affaires du point de vue
SPEAKER_01familial. L'unité, moi, j'ai besoin de déployer du monde dans le champ. On a un exercice à accomplir. On a une qualification. On a des niaques. qu'on doit être impersonnel. Ça, parfois, on se trouvait difficilement positionné pour répondre. Mais voilà. Ça fait partie de la game. C'est ça. Ça fait partie du game. On n'est pas... On est payé pour, justement, fournir une réponse raisonnable à ce genre de
SPEAKER_00situation-là. Nous autres, on voit souvent, et on en parlera avec le travail que tu occupes présentement, mais tout le monde est au courant des défis budgétaires et de ressources du système de santé au Québec. Est-ce que, dans les forces canadiennes, il y a un gros parapluie fédéral au-dessus de vous autres et que vous n'avez pas ces problèmes-là? Est-ce que la médecine militaire est en meilleure shape que la médecine civile au niveau des ressources et d'avoir les gens aux bonnes places?
SPEAKER_01Je ne veux pas me prendre assez sur quelque chose. Ça fait quand
SPEAKER_02même 6 ou 7 ans. 6 ou 7? Mon garçon
SPEAKER_01va être
SPEAKER_02content.
SPEAKER_01Excuse-moi. Ça fait 6 ou 7 ans que je suis sorti. Ce que je dis, c'est daté. Dans mon expérience générale dans l'armée, on avait un excellent accès aux soins.
UNKNOWNVraiment. Comme...
SPEAKER_01On a été un peu traités aussi comme les athlètes d'une équipe des Canadiens. Suzuki, il se fait blesser au genou. Ce n'est pas six mois qu'il attend son IRM de savoir ce qui se passe. On va le savoir dans 24 heures. C'est quoi son pronostic. Dans l'armée, on avait le même accès. On pouvait payer pour avoir l'imagerie. On pouvait payer pour avoir le consultant. Mais on le voit en sortant aujourd'hui. C'est ça que je voulais dire. On voit à notre sortie qu'on était bien. On n'aperçoit pas peut-être
SPEAKER_00pendant qu'on est là. Vraiment. C'est ça, dans les forces, c'est comme trois semaines avant de voir un spécialiste.
SPEAKER_01Ça prend un petit long. Mais c'est approprié aussi dans les forces que vous avez ça parce que on est le dernier raccourci pour le gouvernement de défendre le pays. Il faut qu'il y ait du monde en santé. S'il y a besoin d'UNRM, il y a besoin d'UNRM. Mais ce que j'aperçois maintenant, c'est pas moins important pour le gars qui vient me voir qui est en construction, qui est scrapé sans nu sur le chantier. Et là, on a laissé assister Mais ce n'est pas le même accès. Parfois, on va du monde. Parfois, c'est difficile. L'accès pour les chirurgies, le remplacement d'âge, le remplacement de genoux, je n'exagère pas quand je dis que j'avais des patients à l'urgence qui pleuraient, qui me disaient... pense à l'aide médicale amoureuse parce que je ne veux plus marcher et j'ai besoin d'un ange. » Il me dit que c'est deux ans avant d'avoir l'orthopédiste. Mais ça, c'est peut-être des exemples, des extrêmes exemples. Oui, mais il existe ces exemples-là. Mais ils existent. Ça crée une souffrance au sein de la population parce qu'il n'y a pas accès. Je ne suis pas nécessairement bien positionné pour dire qu'est-ce qu'on fait bien ou mal en termes d'allocation de ressources ou autre, mais je le sens. Je pense que si je pouvais avoir accès comme j'avais dans l'armée,
SPEAKER_00ça aurait été bien. Ah oui. Écoute, on va en reparler tantôt de justement les comparatifs entre ta réalité de médecin civil et militaire parce que définitivement, il y a des leçons à retirer de ça ou en tout cas des choses à partager. C'est super intéressant. Mais est-ce que quand tu es parti de Valcartier où tu as terminé ton rôle de médecin-chef de brigade, tu as continué ta carrière et tu as monté en grade comme
SPEAKER_01médecin? Oui, oui. En fait, après Valcartier, je suis parti à Borden. Fait que j'étais officier médical à Borden. Borden, comme vous le savez, c'est le centre de soins et santé des Femmes Américaines. C'est là où tous les infirmiers, infirmières, les médecins, les medtechs, PMED, ils vont tous passer là pour leur cours médical. Fait que là, mettons que vous êtes infirmier, vous finissez votre formation infirmier, mais vous êtes dans l'armée, vous venez chez nous et vous faites BNOC, Basic Nursing Course. On présente les éléments de nursing qui s'appliquent aux forces. Fait J'étais directeur médical là-bas pendant un an. Après ça, Mike Thompson, Commander Thompson, lui, était déployé. Il avait besoin de quelqu'un de prendre la relève. J'ai été promu lieutenant-colonel. J'ai commandé l'école pendant 15 mois. Moi non plus, je n'ai pas fini mes deux ans parce qu'on avait besoin des médecins qualifiés urgentologues qui n'en ont pas beaucoup, sans des forces. Maintenant, il y en a plusieurs. Mais dans le temps, on a été très peu qui étaient déployables et qualifiés parce que la mission a mal est arrivé. Et là, il avait besoin de quelqu'un pour faire les évacuations au sein de la Chinook, qui était comme une salle d'urgence volante. Fait que, c'est ça. J'ai commandé pendant 14 ou 15 mois, puis après ça, j'étais diplômé au Mali.
SPEAKER_00Est-ce que c'est une école intéressante à commander? Est-ce que c'est le fun ou c'est complexe? Une
SPEAKER_01des expériences les plus valorisantes que j'ai jamais eu. Oui, parce qu'on introduisait la formation en ligne, on avait une cellule qui faisait des vidéos que vous pouvez faire à distance pour te qualifier sur certaines choses. On avait un roulement important. Parfois, on avait 400 ou 500 personnes sur tout l'été.
SPEAKER_00C'est ça, c'est
SPEAKER_01gros. Oui, on avait un gros budget. Tout ce qui vient, commander une unité, c'était... Je pense qu'il y a beaucoup de monde dans les armes de combat, surtout qui montent général, qui, à la gare de lutte, on a commandé un bataillon, un régiment, et on dit que c'était le meilleur expert. Je
SPEAKER_00pense que oui, c'est vrai que ça ressort souvent. Dans un système
SPEAKER_01régimentaire, on accorde beaucoup de pouvoir, beaucoup de latitude. C'est ça que j'allais dire. Ça a beaucoup de pouvoir. C'est votre régiment. Être certain que ça fonctionne et que vous êtes déployable. Mais il y a une latitude de travailler en dedans de ça que le monde apprécie. Moi, je l'apprécie
SPEAKER_00beaucoup. La vibe était positive et les gens...
SPEAKER_01Elle avait du fun. Elle avait du fun, notre équipe. Ah
SPEAKER_00oui, on a eu des mess diners assez mémorables. C'était pas la grande allée, mais c'était mémorable. Oui, j'imagine. Puis là, écoute, t'es rendu... Quand que tu sors de ton commandement de 15 mois, là, t'as passé le 20 ans de service, puis c'est là que tu commences à envisager une transition vers la vie civile. On est-tu dans le bon time frame ou il y a eu d'autres
SPEAKER_01choses après? C'était après le Mali que j'ai décidé que c'était le temps. Plusieurs raisons En fait, j'ai senti que c'était comme un peu now or never. Si tu veux être... ont urgentologue, expérimenté avec ce que vous faites, confortable. J'ai approché fin 30e, début 40e, c'était le temps vraiment d'être à l'étranger, de faire des gardes l'un après l'autre, nuit, soir, jour, pour vraiment devenir...
SPEAKER_00Là, t'étais père de famille aussi à cette époque-là, avec des enfants en bas âge,
SPEAKER_01j'imagine, ça rajoute... Ah, t'as quatre enfants? Ça t'y a occupé, je veux dire, je veux pas... Oui, mais ça se faisait, honnêtement, j'ai appris ça le gens, c'est que parfois, je ne travaille pas un mardi de jour. C'est formidable. Tu fais toutes les choses mardi jour que le reste du monde, ils sont au travail et tu vas
SPEAKER_00faire une samedi après-midi. Comme venir à un podcast. Genre. Ça se passe comment, la transition? Tu as eu la réalisation que, comme tu dis, si tu veux avoir l'énergie et la volonté de tout assimiler, tu étais dans la bonne fourchette d'âge. Tu étais éligible à ta retraite parce que tu n'avais pas passé ton 20 ans. Comment ça se passe, cette transition-là? T'avais-tu tenté le terrain des hôpitaux avant, voir si tu pouvais te placer, ou t'as juste pris ton parachute, sorti de l'armée, puis dire, on verra où j'atterris?
SPEAKER_01Non, mais je faisais quand même des gardes de temps en autre, comme je veux dire, le Malbaie. Et je savais que Chauveau, l'hôpital à Québec, il cherchait du monde. Fait que j'ai parlé avec eux autres avant, puis c'était Bernard Couillard, ancien militaire, qui travaillait là, qui m'avait comme introduit. Puis il dit, je pense que ça serait un bon fit pour toi. J'ai sorti et j'ai pris à peu près 6 mois, 8 mois que je faisais juste des panages, travailler sur notre maison. Mais, tu sais, en médecine, c'est facile à dire oui et c'est dur à dire non. Une fois qu'il a dit oui, ça accumule rapidement le travail. Je travaille à Chauveau et ça, c'est un excellent hôpital. Le monde là-bas, c'est formidable. C'est axé sur le volume et wow,
SPEAKER_00ils sont efficaces. C'est plus accessible aussi, je pense. Chauveau est quand même plus accessible. Moi, je me rappelle d'avoir été quelques fois dans le temps avec mes enfants plus jeunes. J'avais toujours plus de facilité avec cet hôpital-là que les autres. C'est plus
SPEAKER_01rapide. C'est vraiment rapide pour les fractures, les plaintes un peu plus mineures. Oui, il y a des salariés, mais ce n'est pas leur spécialité. C'est vraiment de voir beaucoup de monde rapidement. Et ça, c'est important parce que ça décharge les urgences qui font les urgences plus majeures. Mais des choses quand même importantes qui transforment On le voyait quand même très malade. Mais... c'était un exemple d'efficience de roulement d'urgence, moi, je trouve. Vraiment. Et le personnel est excellent, les infirmiers et infirmières,
SPEAKER_00vraiment, on a du fun. Puis qu'est-ce qui, selon toi, pourrait faire en sorte que cet endroit-là était si efficace dans un domaine où c'est reconnu que c'est difficile d'être? C'est des urgences, le problème des hôpitaux au
SPEAKER_01Québec? En fait, par après, je vais revenir à la question, mais du genre la COVID, il y avait des opportunités d'aller travailler au CHU aussi. Ça fait que ça, c'est parce que Chauveau se fait partie du CIUSSS. Le CIUSSS, c'est l'Enfant-Jésus, Saint-François, Chul, Saint-Saint-Ramain, Youssef-Épicure. Excusez-moi, Youssef-Épicure. Mais là, dans le CIUSSS, j'ai eu une comparaison de comment les deux fonctionnaient. Et à l'urgence mineure, je dois dire que Chauveau était vraiment performant. Pourquoi? Une des choses, les bureaux étaient debout. C'est sympa, mais vous sortez du bureau, vous écrivez vos notes lors Visitez constamment debout en place de s'asseoir. C'est simple. Juste la façon de travailler. L'effort que ça prend pour se mettre debout et aller se déplacer pour voir le patient, ça empêche un peu la rapidité. On l'entraîne justement parce que sincèrement, il va y avoir une grande rénovation. Il va accueillir l'urgence psychiatrique qui s'en vient. Il y avait des rénovations à la mineure et je participais un peu à le comité pour ça. Comment on pourrait rendre ça plus efficace? En fait, J'ai volé le blueprint de Chauveau. On peut faire ça ici. En espérant que ça va être réalisable. Je ne sais pas exactement où je suis allé. Le planification de tout ça, c'est une grande rénovation. C'est énorme. Avec tous les
SPEAKER_00morceaux bougeants. Il y a beaucoup de paliers de décision. C'est toujours un peu long.
SPEAKER_01C'est tough quand on rénove. Vous autres, vous êtes en construction. Vous savez pourquoi il dit que c'est plus facile de mettre tout à terre.
SPEAKER_00C'est plus facile du neuf que de rénover. J'ai appris quelque chose
SPEAKER_01quand il m'a dit Il dit, bien, on va changer de faire une salle de bain. Ah, mais si, une salle de bain, il faut que ce soit mis aux normes d'aujourd'hui. Fait que tout est trop étroit, pas assez large pour pas avoir... Fait que juste de changer une salle de bain, j'en ai un panoplie de problèmes de filage, de poteau, de
SPEAKER_00mur. Ça crée une lourdeur administrative qui pourrait... C'est ça.
SPEAKER_01Chapeau aux ingénieurs, puis les planificateurs, les architectes qui s'embarquent là-dedans, parce que c'est un niveau de complexité incroyable.
UNKNOWNAh oui?
SPEAKER_00Oui. Vous êtes reçus comment, les anciens médecins militaires, dans un environnement civil? Êtes-vous bien reçus, puis bienvenus, puis on est comme, on a hâte d'entendre ton expérience, ou il y a un petit genre, on verra bien? Est-ce que tu as senti quelque chose entre les deux mondes quand tu as fait ton switch? Je ne sais pas si vous
SPEAKER_01avez aperçu ça avec le monde au travail, mais je pense que c'est très inconnu, ce qu'on fait. On a beaucoup d'impressions que c'est comme un peu les Américains. Quand vous dites, je suis dans l'armée pendant 20
SPEAKER_00ans, 50 ans. Est-ce qu'ils t'ont laissé sortir en
SPEAKER_01fin de semaine? Parfois, je pense que l'impression est exagérée un peu à quel point tu es en action tout le temps. Quand vous dites, je suis médecin militaire, ils ne savent pas en quoi ça consiste. Je pense que ça génère un intérêt. Qu'est-ce que tu faisais? Comme tu dis, souvent, c'est monoton. C'est des choses de médecine normale. Il y avait des expériences vraiment fun qu'on a faites dans les forces que les autres médecins et civils n'ont pas accès. Comme médecine de vol, devenir un flight surgeon. Toutes les choses qui vont avec ça, c'est fascinant. Médecine de plongée. Moi, je n'ai pas fait ça, mais il y a d'autres médecins qui ont fait ça. Les cours en armes chimiques, biologiques, nucléaires. J'ai fait deux cours aux États-Unis, à USAM, le centre où ils forment pour ça. Ça, c'est une qualification intérieure dans les forces. C'est vraiment cool. Ça, c'est une expertise que tu peux amener aux urgences, à la vie civile. C'est difficilement accueillable par un médecin
SPEAKER_00civil. OK. Écoute, un petit peu à l'opposé, y'a-tu quelque chose que, dans ta pratique, présentement, d'urgentologue, tu dis, my God, faudrait qu'on aille faire... Y'aurait fallu qu'on soit comme ça dans l'armée.
SPEAKER_01Y'a-tu... Ouais, hein? Comme quoi, mettons? Ben... Comment vais-je vous dire... Je pense que, comme je dis, vous êtes bons à ce que vous faites. Si vous êtes médecin et vous pratiquez, exemple comme moi, à la base militaire. J'étais à la parade de malades. Puis, vous voyez le monde qui ne sont typiquement pas très malades. Mal de genou, j'ai fait un accident en fin de semaine, j'ai mal à l'épaule. C'est pas cool. C'est pas cool, c'est pas cool, c'est pas cool. Mais parfois, vous avez le monde qui se présente là-bas comme c'est leur première porte d'entrée À l'urgence aussi. Je ne vais jamais oublier un passage que j'avais. Une chance que Rémi Coulombe, un médecin vécu, était là parce que j'étais tout neuf. Je suis sorti de l'école. J'ai vu un monsieur qui avait un mal au bras. Et finalement, c'est une fachite necrosante que si je ne l'avais pas demandé, ça fait mal, mais c'est une fachite necrosante, c'est une diagnostic qui est facile à manquer, puis si c'est manqué, c'est catastrophe, habituellement mortelle. Puis je lui ai demandé à un docteur, il m'a dit, mais viens voir ça, il m'a dit, ouais, pas trop sûr, je pense que... S'il n'avait pas été là, peut-être, je ne sais pas, peut-être que je lui aurais donné des antibiotiques, puis il est revenu nous voir demain, puis ouf, j'aurais été dans le trouble.
SPEAKER_00Fait
SPEAKER_01que la ligne est
SPEAKER_00mince entre quelqu'un qui peut venir qui est si sérieux Un petit détail fait que ça peut aller jusqu'à
SPEAKER_01mortel. Une chance que j'avais une bonne gang de médecins expérimentés autour de moi qui pouvaient m'aider, mais ça prend de ça quand vous débutez votre pratique. Nous, on est chanceux qu'on est dans une grande base. Il y a plein de médecins autour. Si vous commencez comme médecin dans un petit endroit où il y a peut-être un ou deux médecins, peut-être d'être seul, c'est tough. Il y a une certaine divergence entre médecine famille et médecine d'urgence qui est arrivé dans les dernières 10 ans. L'urgence est devenue plus complexe. Il y a une raison pour laquelle quand on est spécialiste 5 ans et une troisième année en médecine d'urgence, médecine familiale, médecine familiale aussi est beaucoup plus difficile qu'elle était dans le temps. Les patients sont plus complexes. Même dans l'armée, il y a des patients qui
SPEAKER_02sont
SPEAKER_01plus âgés avec multiples comorbidités qu'ils doivent gérer. Les médicaments sont plus complexes. Les traitements disponibles sont plus efficaces, mais qui engendrent leurs propres problèmes et les propres suivis Fait que la médecine est devenue plus compliquée. Fait que le médecin qui, dans le temps, accouchait les femmes et faisait de l'urgence et faisait de la médecine de filles, mais après, ça existe encore, mais c'est R6 maintenant. Parce que c'est sûr d'être accompli dans tous ces domaines-là, à l'auteur attendu.
SPEAKER_00Mais c'est pas un peu ce qui fait que les urgentologues, vous êtes comme la race à part des médecins. Parce que moi, j'avais entendu un moment donné que l'urgentologue, ben tu sais, sans utiliser le terme rockstar, mais ça prend On est vraiment des gens solides parce que dans un corps de travail, c'est femme enceinte, bébé nourrisson, trauma d'un enfant, problème d'arthrose d'une personne âgée. Vous voyez un spectrum tellement large de trucs.
SPEAKER_01C'est-tu quelque chose... Rockstar, c'est pas le thème approprié, en fait. Je veux pas dire que médecine de recherche, c'est plus difficile que médecine de famille ou médecine de chirurgie. Chaque spécialité vive le déploiement de nouvelles technologies et une patientelles qui sont de plus en plus âgées, de plus en plus complexes. Peu importe ce que vous faites, un peu, mis à part pédiatrie, peut-être. Il y a un peu un élément gériatrique dans toutes nos spécialités de médecine maintenant. Orthopédiste, c'est beaucoup d'anges cassés. Urgentologue, c'est beaucoup de monde qui vient avec un DG, parce qu'on ne sait pas pourquoi ils sont là. Diminution d'état général, on ne sait pas pourquoi ils sont là. Ça, à l'urgence, c'est parmi eux autres plus difficile qu'elle était. Plus complexe. C'est dur de simplement arriver et d'être Bon. Puis, moi, j'ai senti à plusieurs reprises, j'arrivais et je me sens pas à l'auteur de ce que je fais. Une chance que ça a bien été, mais un couple de fois que, je me rappelle, je travaillais à la Malbaie et une radiologue m'avait mis à l'alerte de quelque chose que moi, je n'ai pas pensé que le patient était aussi malade, mais quand la radiologue m'a dit, vous allez appeler le chirurgien, j'ai dit, oui, oui, oui, je l'appelle tout de suite. Un couple de fois, que tu sais où j'ai... But for the grace of God, j'aurais pu faire un erreur. Pour être confortable, il faut le faire régulièrement. Et c'est ça que j'apprécie maintenant, c'est que je travaille souvent dedans, 15-16 gardes par mois. Ça va bien. Mais toutes les choses que je vais dire quand vous prenez trois semaines de vacances et que vous revenez pour votre premier chiffre,
SPEAKER_00vous êtes... Vous vous sentez un peu awkward. Comme n'importe quoi, tu peux être rouillé. Oui. Dans le contexte médecine civile, On parlait tantôt de l'INIAC et les chantiers de déploiement. Est-ce qu'il y a des mises à jour constantes au niveau de la médecine? J'imagine que vous êtes en formation constante et que vous vous gardez current. Tout à
SPEAKER_01fait. On est tous assujettis. Il y a différentes façons de le faire, mais c'est une compétence. Moi, je le fais avec le Collège des Family Physicians of Canada. C'est un nombre de crédits qu'il faut que vous alliez chaque 5 ans différents types de crédits pour assister aux conférences ou participer aux formations de... Ah, t'es resté, mettons, un trauma avancé, que vous faites des cours qui sont bons. À notre hôpital, à Saint-François-de-Sise, l'initiative de notre ancienne chef, en fait, de Dr. Belgin, on a ce qu'on appelle les HALO. High Acuity Low Occurrence. Ça veut dire que ça arrive rarement, mais quand ça arrive, oh! C'est égal, il faut que tu saches quoi faire maintenant. High Acuity
SPEAKER_00Low Occurrence. High Acuity, ça veut dire que L'acuité est haute. Oui. Puis l'occurrence, la fréquence que ça arrive. Ça arrive vraiment mal. Ce n'est
SPEAKER_01pas quelque chose... Personne n'est
SPEAKER_00bon avec. Oui. Parce que
SPEAKER_01personne n'a fait
SPEAKER_0010 pericardiocentases. C'est le Armageddon médical.
SPEAKER_01Mais quand ça arrive, une patiente qui crash, bon, il faut que tu sortes ton kit de pericardiocentase. Puis si tu l'avais pratiqué au moins un couple de fois, tu as fait une visualisation, tu avais... Comme on a fait nos équipes de Halo, c'est les médecins qui s'informent, qui se pratiquent. Puis après ça, ils forment les autres. On a fait ça en rotation. Ça, c'est le genre de choses qu'on fait pour rester current. C'est sûr que tu ne seras pas à l'aise quand ça arrive, mais au moins, tu es à la base. Tu sais où est l'équipement. Les trois choses que tu prépares quand il y a une grosse chose qui arrive, c'est ton personnel, ton kit et ton espace. L'espace, oui. L'espace, préparer la salle, préparer ton monde et préparer ton équipement. Si tu sais où est l'équipement, c'est bon. C'est la moitié de la bataille gagnée. ou
SPEAKER_00l'aiguille. Ça commence mal. L'armée, c'est une grosse équipe. Tout le monde travaille ensemble. Les métiers, comme on parlait tantôt au niveau des équipes de commandement. Est-ce que la collaboration entre les divers corps de métiers dans un hôpital civil, tu retrouves cet esprit d'équipe-là qui te nourrit?
SPEAKER_01C'est un peu différent dans le sens que on se connaît moins socialement, je pense. Nous, en Bosnie, on vivait ensemble. On allait aux douches ensemble. On mangeait ensemble. On avait une intimité, je pense, qui était difficilement reproduisable ailleurs. En plus, on a passé des moments difficiles ensemble. Parfois, avec vos collègues dans l'armée, vous avez tombé sur feu ensemble. Vous avez eu des expériences
SPEAKER_00catastrophiques. D'un point de vue personnel, les liens
SPEAKER_01deviennent serrés. On passe au travers les... des moments difficiles que tu deviens rodé et que tu formes les liens très, très, très fort. Bon, à l'urgence, on a un peu, l'hôpital, je dirais, on a peut-être un peu moins d'aliments sociaux, mais au travail, la collaboration est exceptionnelle. Les infirmiers, les infirmières, les pharmaciens, les pharmaciens, ils se déplacent pour voir nos patients, les spécialistes, je n'ai que des bonnes choses à dire de toutes les spécialités à Saint-François. Si j'ai besoin d'une chirurgie, viens, les résidents, t'es là. Si je suis dans un trouble, l'anesthésiste, il arrive. On On s'entraide, vraiment. Puis, veut, veut pas, c'est sa propre genre de moment difficile qu'on a des patients qui frôlent
SPEAKER_00le mort. Ah, émotivement, ça doit être terrible parce que vous gagnez l'équipe. Vous n'avez pas le choix d'avoir un travail d'équipe, un peu comme dans les forces. Oui. Pour
SPEAKER_01que la roue tourne bien.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_01Effectivement. On connaît le monde avec qui on travaille et on fait confiance. On voit que toutes les spécialités sont nécessaires. Le travail social, le pharmacien, comme je dis, le... le physiothérapeute, tout est nécessaire pour que
SPEAKER_00ça fonctionne bien. Surtout dans une réalité qui se complexifie de plus en plus, comme tu disais avec les patients, j'imagine qu'il y a de plus en plus de spécialistes qui sont... Il y a des cas où ça implique de plus en plus de spécialistes autour d'un cas, j'imagine.
SPEAKER_01Le monde est plus complexe. Oui. Tu sais, l'exemple, c'est dans les années 70, si vous avez une grosse crise cardiaque... Il est mort du cœur. Fait qu'on n'avait pas les problèmes qui arrivent avec quelqu'un vous avez donné un stent, un tuteur qui vit maintenant 30 ans. C'est miraculeux. On peut ouvrir l'artère et installer un tuteur. Peut-être qu'il y a l'élément d'insuffisance cardiaque. Peut-être qu'il y a un peu de problème avec sa fonction ventriculaire qui s'aggrave avec le temps. Peut-être qu'il y a un autre. On a des patients maintenant à 80 ans hautement complexes avec multiples problèmes qui auraient peut-être été mortels il y a 50 ans. Les patients des attentes quand on gère ça. Et la technologie, les ressources existent pour gérer ça. Mais ça place une charge lourde sur le système.
SPEAKER_00À mesure qu'on s'améliore au niveau technologique et des ressources, comme tu parlais de le stand, à mesure qu'on s'améliore et qu'on a des technologies qui nous permettent de vivre plus longtemps, on crée des problématiques médicales qu'on n'était pas au courant et qu'il faut apprendre pendant qu'on les découvre. Beaucoup
SPEAKER_01de maladies, c'est une fonction de vieillesse. En général, le cancer, c'est une maladie de vieillir. Pas tout le temps. On a des exceptions, évidemment. En général, c'est l'accumulation de dommages ADN au travers de votre vie. L'expression radiologie... Radiation, je veux dire. Mauvaise diète. Free radicals. Dommages de votre ADN, ça ne le fera pas. Chaque année que vous vivez vous êtes plus propice de vous diagnostiquer avec un cancer. Si on augmente l'espérance de vie de la population de 5 ans, ce n'est pas nécessairement 5 ans en parfaite santé non plus. On est comme ménoté un peu en étant entre la course et l'arbre. On veut tous vivre plus longtemps, mais ça amène un problème pour la société de gérer les maladies qui viennent avec ça. C'est quoi la bonne réponse? À un moment donné, les ressources ne sont pas infinies non plus. Il faut il faut les accorder à la bonne place. Et ça, honnêtement, je n'ai pas plus brillant qu'un autre qui dit où est-ce qu'on devrait accorder ça pour avoir la meilleure bang for the buck. Et je sais qu'il y a des mots très intelligents qui se pensent sur la question. Ce n'est pas facile. Comme je dis, si c'était facile, toutes les provinces confrontent le même problème. Tous les pays de l'Ouest
SPEAKER_00qui vieillissent confrontent le même problème. Tantôt, on parlait justement que si c'était un problème simple, ce serait réglé. Ce qui était pour... le contexte de médecine militaire. Au niveau de la médecine, ou en tout cas de l'accès aux soins de santé publics au Québec, il y a des défis aussi. Souvent, je pense que c'est l'urgence que les gens disent les attentes, les ci, les ça, sans nécessairement identifier le problème, parce que c'est des situations complexes. C'est où le point de pression selon toi qu'on aurait besoin? Où je veux en venir, c'est, on a-tu besoin de plus d'infirmières, de couper des budgets dans les bureaux? Parce que moi, la joke que j'ai comme je ne connais pas ça, mais c'est comme à chaque fois qu'on a besoin de plus de monde dans la santé québécoise, ils mettent des gestionnaires de plus. Il y a-tu un point de friction identifiable dans le système de santé qui pourrait atténuer un peu les défis? Écoutez, je ne veux
SPEAKER_01pas avancer dans un terrain que je ne suis pas qualifié vraiment par rapport. Je veux dire seulement de ma perspective, de ce que je vois en tant qu'urgentologue, la chose que je trouve très frustrant personnellement, c'est que quand vous venez me voir, je fais un bon soin et vous avez besoin de ce suivi. Avez-vous une médecine famille? Non. Je sais qu'on dit le nombre de personnes qui n'ont pas de médecine famille, pas d'accès facile, première ligne, c'est, je ne sais pas quel pourcentage, 1 sur 6. Honnêtement, je suis confronté avec un pourcentage de plus élevé que ça, je dirais. Je ne pense pas que Zach Jarzair, quand je dis au moins 1 sur 2 patients que je vois à l'urgence, il n'y a pas de façon facile de faire la prise d'hypertension dans une semaine. Ou faire une suivi dans l'imagerie, souvent, vous venez, vous pensez que vous avez un problème abdominal. Je pense que vous avez un colicistite. Bon, je fais un écho. Whatever, je gère le colicistite. Mais, il s'est trouvé un quistre anal. Oh, contrôle en six mois. Avez-vous une médecine? Non, OK. Alors, genre, j'écris, bon, écho dans six mois. Six mois après, je reçois un écho. C'est qui, ce Phil? Écho, non, je rouvre le dossier, je fais le suivi. Ça demande du temps. Après ça, peut-être, peut-être, c'est-à-dire, je suis vivant encore dans un an. Fait que là, Je suis rendu à faire le suivi de mes suivis, de mes suivis parfois. On le fait. On est professionnels. Les médecins, ils vont tous le faire parce que peut-être ça va virer malin. Il faut que vous sachiez. Vous aussi, vous attendez que quelqu'un, quand ça dit une suivi, quelqu'un a une suivi. Il fait une suivi. Mais ce n'est pas idéal. Ce n'est pas idéal. Pourquoi on n'a pas assez d'accès en première ligne? Écoutez, c'est le débat à tous les paliers. Je sais que le gouvernement a des initiatives pour régler ces problèmes-là. Il y a des gestionnaires qui essaient de régler ces problèmes-là. Honnêtement, dans mon expérience, je n'ai pas vu des gestionnaires qui tournent les pouces. Ceux que je connais travaillent fort pour régler un problème. Comme je dis, très intelligents dans le système. Je ne c'est pas exactement... Comme je dis, ah ben, si tu fais ça, tout va te régler. C'est pas que cette solution existe. Ça va être vraiment une question de balancement, de différentes priorités. C'est sûr que c'est une question qui est complexe. Pourquoi les médecins choisis restent dans la médecine familiale? Pourquoi ils restent ou ils restent pas à Québec? Est-ce que les PREM, les permis régionaux d'exercice de médecine, est-ce que ça joue un rôle là-dedans? Est-ce qu'on a besoin des PREM? Est-ce
SPEAKER_00que tu t'expliquerais un petit peu les PREM, c'est quoi pour
SPEAKER_01Comme moi, je ne suis pas fait... C'est une... C'est une... Bon, encore là, je ne suis pas expert, mais je sais que c'est en essayant de régler le nombre de médecins qu'on a dans différentes spécialités au travers de la province. Ce n'est pas certain qu'il n'y ait pas aucun chirurgien en Allemagne. Il va y avoir des prêts à m'accorder en Allemagne. Si vous graduez en chirurgie, peut-être qu'il faut que vous alliez en Allemagne pendant un certain nombre d'années pour pratiquer. Mais ce que je sais, c'est gérer autrement dans d'autres provinces. Et ça devient une système qui est, vous, c'est coercitif pour les médecins qui disent, là, vous avez un permis, mais non, vous ne pouvez pas pratiquer à Montréal. Ma famille est à Montréal, je vais pratiquer. Non, mais il n'y a pas de place. Est-ce que ça génère un certain émertume? Je pense que oui. C'est certain, gradué. Est-ce qu'il y a un meilleur système pour remplacer ça? Encore là, je dépasse mes compétences, mais je vous dis les choses que je vois. Mais si vous faites un ensemble de tout ce problème global, vous arrivez à le problème qu'on n'a pas assez d'accès en première ligne. Ça, c'est probablement la chose que je vois à l'urgence qui, si je pouvais, une chose que je pouvais régler, si j'avais des médecins de famille que du monde voyait régulièrement pour être proactif avec les problèmes avant qu'ils s'arrivent à l'urgence, ça serait bénéfique
SPEAKER_00pour nous. Est-ce qu'il y a un peu des fois, pas une frustration, je pense que quand on travaille dans le monde de la médecine, on traite les gens et on fait autre de ça, mais est-ce que des fois, ce que je veux dire, c'est que tout le monde qui va aux urgences a besoin d'aller aux urgences. Est-ce qu'il n'y aurait pas une façon de... Faire un scream. Désembourber un peu cette espèce de dès que j'ai quelque chose, je vais à l'urgence parce qu'il n'y a pas
SPEAKER_01d'autre... Sérieux, le problème, c'est que parfois, on est dur avec nos patients.
UNKNOWNOn dit, pourquoi vous êtes venus à l'urgence?
SPEAKER_01Vous n'avez pas besoin d'être ici. Et une autre fois, on va dire, pourquoi vous n'êtes pas venus plus tôt? On aurait pu régler ça. Non, tu vas mourir de cancer. C'est pas à vous de savoir ça. Moi, je considère que si vous venez à l'urgence parce que vous êtes inquiet, je suis là pour répondre à votre besoin. Et si je dis, c'est rien, tape dans le dos, rassurance. Parfois, j'écris dans ma note, assessment and plan, rassurance. Je trouve très peu de monde qui exagèrent. Ça arrive.
SPEAKER_00Mais ce n'est pas la majorité... Ça ne crée pas un bouchon aux urgences, le monde qui exagère. Je
SPEAKER_01sais que ça a souvent été abordé comme problème. C'est pour ça que je parle de la question. Il y a certaines juridictions qui ont dit, nous, on va charger 10 piastres. Ça va pas beaucoup, mais au moins, on va essayer de mettre un petit filtre. Tu vas juste quand t'as besoin. L'évidence, c'est que ça coupe effectivement les mauvaises consultations, mais ça
SPEAKER_00coupe les bons aussi. Oui, je pense que oui. Il y a vraiment des gens qui ont des besoins, qui ont des difficultés
SPEAKER_01financières plus
SPEAKER_00importantes qu'on peut penser.
SPEAKER_01Comme je dis, je pense que si vous, vous êtes inquiet, vous venez à l'urgence, it's my job de savoir si vous avez besoin d'être là ou non. Et si on essaie de déléguer ça aux patients... Ça peut paraître comme c'est votre faute, vous, les citoyens, que vous venez trop à
SPEAKER_00l'urgence. Oui, je
SPEAKER_01comprends. Ça, c'est une réponse trop facile,
SPEAKER_00moi, je dirais. Les gens ne sont pas qualifiés pour le savoir aussi, si c'est grave ou pas. En général, je pense.
SPEAKER_01Oui, effectivement.
SPEAKER_00C'est une très bonne... C'est une des réponses les plus intelligentes que j'ai entendues à cette question-là. Merci, d'ailleurs. Non, mais c'est vrai. Non, mais tu sais, toi, tu vas y aller peut-être que tu penses que c'est pas grave, mais tu dis je vais y aller pareil et que finalement c'est grave. L'autre, il dit ah non, je vais paraître de quoi d'aller aux urgences pour quelque chose qui est mineur, mais que finalement il est peut-être majeur. C'est
SPEAKER_01dur de juger par nous-mêmes. Super réponse. Oui, mais chacun de sa force. C'est pour ça que que j'en ai là pour vous
SPEAKER_00dire que c'est grave ou non. Nous
SPEAKER_01autres, notre
SPEAKER_00job, c'est d'accueillir les gens. Tantôt, quand on a parlé de ton intervention en Afghanistan, tu as eu un rush d'adrénaline. Est-ce que ça se retrouve dans un environnement civil? Est-ce que tu as été capable d'aller à quelque chose? Tu étais fier de ton équipe. Ça a passé proche.
SPEAKER_01C'est sûr qu'on a des rayures parfois, des réanimations qui sont... qui sont intenses. Mais c'est un peu comme l'armée. Il y a des moments comme ça qui sont vraiment stimulants. Mais il y a beaucoup de monotonie aussi. Les constations qui sont plus... Je veux dire, plus plate. Oui, oui. La monotonie de la vie de bien des gens. Mais moi, j'adore ça. Quand vous avez l'ambulance qui t'a attendu, il y a le payer qui s'en vient. On se déplace, on se prépare. Qu'est-ce qui se passe? C'est quoi qui va sortir de la boîte? C'est vraiment une surprise. On est comme le ADHD des médecins. On fait plein de choses, puis après ça, next, next, next. Il faut qu'on voit 25, 30 patients dans une garde.
SPEAKER_00Ça t'allumes encore, même avec les années que tu fais ça, puis toute ton expérience. Je pense que
SPEAKER_01ça doit s'entendre de ma voix. Oui, tout à fait. C'est sûr que tu ne peux pas faire ça à l'infinité, mais moi, je me sens encore comme... Non, je me sens à un bon endroit dans ma vie maintenant. Je me sens compétent de ma domaine, à l'aise. C'est ça que souvent je sentais difficilement comme médecin dans l'armée. Je ne sais pas si que je suis à l'aise à la hauteur de compétences qu'il me faut. Mais je pense que c'est bon d'avoir ce sentiment. Je pense que oui. Parce que quand vous vous doutez, vous faites quelque chose avec ça. Si vous êtes faussement confiant, ça, c'est encore plus dangereux. Mais non, je pense que je suis dans un bon espace maintenant où j'ai assez encore jeune, j'ai de l'énergie pour faire les nuits. D'ailleurs, 4, 5, 6, je travaille 5 fois de la nuit. Ça va être 8 à 8. Là, on est seul pour un certain pourcent de la nuit. Ça aussi, ça me fait... Bien oui. Un peu du soir, il y a quelque chose qui arrive à 5h le matin, tu as des spécialités qui peuvent nous aider, des
SPEAKER_00résidents et autres, mais en urgence, tu es le seul urgentologue de la nuit. Est-ce que, tu sais, c'est un peu des fois je l'oublie pour certains invités, mais on essaie tout le temps de demander à nos invités de faire des parallèles entre leurs services militaires, ce qu'ils ont appris, puis comment ça peut leur servir dans la poursuite de leur vie professionnelle et tout. Est-ce qu'il y a encore des choses aujourd'hui que tu dis, Crim, j'ai appris ça au colère ou j'apprécie ça sur mes phases, ou j'apprécie ça de tel adjudant, puis j'ai encore de quoi qui me revient, j'utilise encore ça. Est-ce que l'armée, l'empreinte que l'armée a eue sur toi paraît
SPEAKER_01encore aujourd'hui dans ton travail? Oh man, ce serait innombrable. Mais il y a une chose dans l'armée qu'on oublie peut-être, c'est qu'il y a toujours une Tu progresses toujours. Tu commences solide, tu commences soutenant, mais l'expectation est que vous montez en grade. Vous êtes toujours formé, vous êtes toujours sur une cour de carrière, vous êtes toujours en train de démontrer. C'est quoi qu'on attend de vous à la prochaine palier? Ça, c'est beau. c'est bon parce que ça développe en dedans de quelqu'un, je pense, une certaine ambition. Si on veut, OK, je suis ici aujourd'hui, mais l'expectation, les expectations sont fortes. Vous faites pour vos enfants, si vous expectez qu'ils vont devenir bons, ils suivent les expectations. C'est une bonne incitative que vous donnez à quelqu'un d'avoir des expectations qui vont être
SPEAKER_02mieux.
SPEAKER_01Puis, je pense qu'on a tous vécu avec cet environnement puis ça perdure avec nous. OK, je suis ici aujourd'hui, mais demain, comment
SPEAKER_00je vais être
SPEAKER_01mieux? Puis honnêtement, les choses de base qu'on a apprises, les choses de leadership de base, s'occuper de vos soldats avant de vous-même. Puis, quand vous êtes caporal-chef, qu'est-ce que les gars ont besoin? Comment je communique ça au lieutenant? Comment je défends l'intérêt de mes soldats? Comment on réussit les missions? Tous les genres de considérations qu'après dans le business, c'est pas nécessairement inné pour tout le monde. Puis nous, on a le bénéfice d'avoir une structure qui nous a appris le leadership de base. Tu sais, tous les dix principes de leadership, les forces armées canadiennes, achieve professional competence, lead, mener par exemple. Si vous appliquez ça dans votre compagnie ici, c'est sûr que vous en servez. Si vous le dites ou non, la vie voie, c'est les genres de mœurs que vous avez inculquées que vous gardez avec vous. C'est sûr que vous gardez vos employés avec vous. avec le même souci que vous avez pris à traiter...
SPEAKER_00100 %. Oui, tout à fait. Ça se voit aussi. Ça, c'est un parallèle à faire. Est-ce que tu aurais géré ta carrière militaire différente sachant ce que tu sais aujourd'hui. Ce que je veux dire par là, est-ce que tu aurais resté artiller en moins longtemps pour avoir plus de temps de développer médecin? Est-ce que tu aurais été urgentologue dans le civil plus rapidement? Ou tu es comme juste, regarde, je suis heureux et je suis en paix
SPEAKER_01avec... Il y a une excellente expression que je veux dire en anglais. Je vais essayer de traduire. C'est « When the student is ready, the teacher appears ». Quand l'étudiant est prêt, l'enseignant arrive, se manifeste. Je n'étais pas prêt à être médecin à 22 ans. Je n'avais pas la maturité. Aussi, Pourquoi je suis allé dans les fosses? J'aimais ça, l'idée de faire exploser les choses. C'est un coup de tête. C'est le fun aussi. Tirer un C6 sur le champ de... C'est le fun, ça. L'énorme raquette qu'on avait... J'ai capoté sur tout ça. Je l'adorais. Et c'est ça que j'avais besoin, je pense. Si je ne l'avais pas fait, j'aurais arrêté de ne pas avoir fait partie des armes de combat. Quand je l'ai fait à Afghanistan, la première fois, j'ai dit, il y a une autre porte qui est ouverte. Je l'ai pris. Mais... Le porte n'a... Il n'aurait pas été là si je n'avais pas fait le parcours que j'ai fait avant. Honnêtement, j'ai appris le français ici. J'ai appris la culture québécoise ici, de vous, des soldats. J'ai appris à sacrer avant d'autre chose, avec les acteurs, les camarades.
UNKNOWNMais... Tu sais, c'est...
SPEAKER_01Une des choses que je n'ai jamais compris avant, mais là, j'essaie de dire à mes amis et mes collègues par rapport au Canada. Parce que quand vous vous agrandissez à Vancouver, vous apprenez qu'il y a dix provinces.
UNKNOWNUn avec un vote.
SPEAKER_01Chacun avec un vote. Pour moi, Québec était comme un sur dix du Canada. En termes de population, mais vous comprenez ce que je veux dire. Mais quand vous vivez au Québec, l'approche est différente. C'est deux peuples fondateurs d'un pays égal. Donc, c'est plus 50 % payé. –
SPEAKER_00Idéologiquement,
SPEAKER_01oui. – Vous comprenez, je ne pense pas que du monde va dire, non, 50 % payé, mais il y a deux... il y a deux visions... Les deux sont corrects. Ils sont différents. Puis, une chose que j'adorais du Collège Mitterrand, mon premier colloque, mon premier colloque, Crémant était différent. Lui, il ne parlait pas anglais. Moi, je ne parlais pas français. On riait. On ne s'aimait pas. On... Puis, ça, je l'ai vu, à nos retrouvailles de 25 ans, lui était épaté à quel point je parlais bien le français. Puis, on se retrouvait, il a dit, il y a une certaine force dans les forces de réunir un pays qui est... pas nécessairement facile à garder ensemble. On a quelque chose de spécial avec le Canada. Mais on vient de partout. On vient de l'ouest, l'est, nord. C'est vaste comme pays. Puis on a une histoire, une tradition qui est exceptionnelle. Quand on a gardé ça ensemble pour autant d'années, générer quelque chose d'un pays gelé la moitié de l'année... C'est fort ce que nous avons. Puis, avoir un endroit, les forces canadiennes qui amènent tout ce monde ensemble, les mélanges, qui apprennent à se respecter. C'est les gars de Saskatchewan que j'ai rencontrés, les gars de Terre-Neuve. Les East Coasters. Les francophones, les anglophones, hommes, femmes, autochtones. On a tous les peuples mélangés ensemble. Et ce qui est important, c'est la mission. On va réussir la mission. On va protéger notre peuple. Ça fait que c'est c'est une éducation qui est extrêmement importante, pas juste pour nous. Oui, nous, on retire des bénéfices exceptionnels de cette carrière.
UNKNOWNMais
SPEAKER_01c'est important pour la préservation de notre État, de notre pays aussi, je trouve. De se comprendre. Il y a peu d'organisations, je pense, qui permettent ça, qui encouragent
SPEAKER_00ça. Tu es un anglophone qui a passé sa carrière avec les Français. On en a parlé à un moment donné, le défi que c'est pour des francophones quand on est dans des environnements anglophones. Tu comprends vraiment bien la dynamique. Ça paraît quelqu'un qui connaît les deux mondes très à l'aise dans les deux mondes. Tu as étudié à McMaster en anglais pour la médecine, mais tu as fait ta spécialité à l'Université Laval. Comment tu as trouvé ça étudier en médecine en français? quand tu as eu ta formation en anglais et que tu es à la base... Est-ce que ça a été un défi, la langue, rendue à cette époque-là dans ta vie, parce que tu étais quand même très bon en français?
SPEAKER_01J'avais pratiqué déjà quelques années en médecine, deux mois. Je me rappelle qu'à un moment donné, je ne savais pas comment dire « insuffisance cardiaque » parce qu'en anglais, c'est « heart failure ». Je dis
SPEAKER_00« échec de
SPEAKER_01cœur ». Les traductions directes ne marchent pas toujours. Oui, c'est ça. Je me suis adapté. Honnêtement, une chose qui était... que j'ai trouvée, pas juste en médecine, pas juste un univers salvaire, mais sur la base militaire, à la Ville de Québec, j'ai jamais de ma vie eu l'expérience que quelqu'un dit « Ah, mauvais anglais, maudit anglais, qu'est-ce qu'il fait ici? » Jamais de ma vie que quelqu'un avait donné ce sentiment-là. Fait que j'étais toujours bien accueilli, puis le monde était extrêmement tolérant de m'aider à parfaire le français, de m'intégrer bien dans un domaine qui était difficile avec la langue, surtout en
SPEAKER_00médecine. Tout à fait. Puis est-ce que ça a été un défi de sortir de McMaster anglais, puis arriver à Valcartier en français? Est-ce que là, il y a eu une espèce de « oh boy », parce que c'est de la terminologie, comme tu disais, c'est un exemple, mais le langage, les expressions, la rapidité de sortir les expressions? Peut-être que la
SPEAKER_01médecine est un peu particulière dans ce sens-là, mais tout le monde est bilingue, quasiment. C'est rare que j'ai trouvé quelqu'un avec qui je ne pouvais pas m'exprimer bien. La littérature est en anglais, il y en a tellement de choses. Peut-être encore plus dans les forces. Le bilinguisme était rémi et établi. Peut-être qu'il y a du monde qui m'a parlé, qui dit que le crime, il y a de la misère. Mais moi, je n'ai pas senti que c'était difficile. Peut-être que je suis
SPEAKER_00aveugle. Non, mais
SPEAKER_01comme
SPEAKER_00tu dis, je pense qu'en général, c'est tolérant. C'est drôle que tu dises ça parce que moi, j'ai travaillé à Gage Town avec les Anglais et j'avais croisé un jeune officier qui partait de Gage Town. Il était taské à Petawawa, je pense. Il cherchait une façon de voyager sans arrêter au Québec. Il y avait je ne sais pas, il avait peur d'arrêter au Québec comme un anglais. Il ne parlait pas français. Je lui disais, de quoi tu parles? Arrête où tu veux. Le monde va t'aider. Ils vont faire des signes. On va te comprendre. C'est drôle que tu aies souligné que tu n'as pas vécu ça du tout. Cette espèce d'idée-là qu'au Québec, si tu ne parles pas en français, ou en tout cas, si on perçoit un anglais, un accent, ça devient un
SPEAKER_01défi. Je pense que j'ai essayé aussi. Comme je dis, je ne me suis pas isolé et regardé la télévision en anglais, je plongeais plein là-dedans. Quand tu fais ça six mois après, il n'y a pas de qui est capable de devenir bilingue. C'est vrai que tu faisais des... Tu te mets là-dedans. Il faut que tu... Il
SPEAKER_00faut que tu essaies. Je me souviens quand tu es arrivé comme lieutenant, tu parlais français. Tu faisais vraiment un effort délibéré de parler en français tout le temps. Ça, je m'en souviens. Il faut se laisser du temps. Je veux parler du bord de la Léonel. On est rendu là parce que là, oui, Là, on a parlé des choses faciles, des choses simples. Parlons des vraies affaires. Les affaires qui s'apprennent sur un comptoir le soir, mais là, c'est ça. Vas-y, Yann. Comment un officier des forces qui s'en va en médecine, qui est rendu que là, il a décidé d'acheter le bar chez Lionel. Une institution du boulevard Chauveau, en fait. Que tout le monde connaît de
SPEAKER_01la région. Ça fait plus de 50 ans maintenant, 52 ans qu'elle est là. Écoutez, cette C'était mon bar de quartier. Est-ce que je demeure pas loin? Je suis à peine 500 mètres de là. OK. Puis j'ai passé un couple de fois. Et à un moment donné, écoutez, je voyais que le bar était entouré de nouveaux constructions partout. Puis il y avait un terrain avoisinant. Et je sais pas, je dis, « Crème, ça doit être une opportunité d'investir. » Fait qu'à un moment donné, j'ai cogné sur la porte de la maison à côté. Puis je dis, « Est-ce que vous connaissez, c'est qui le propriétaire? » « Ah, ben, c'est moi. » « C'est Guy Berger. » l'ancien propriétaire qui travaille encore là, par exemple, puis il va avoir 80 ans bientôt. Et ton enfant, c'est une des frères, une fils, c'est le fils de Lionel Bergeon, qui est une des six frères Bergeon, qui sont des hommes forts du Québec, très fameux dans les années, je dirais, 40 à 60, l'outard, puis déchiré un jour dans deux, tourne, fer à cheval, c'est tous les feats of strength incroyables, c'est C'est ça. Moi, je ne savais pas ça quand je l'avais acheté, mais Guy m'avait raconté toute l'histoire. Longue histoire courte, finalement, on s'est entendu. Il y avait des complications avec les terrains voisinants, mais finalement, j'ai formé une compagnie avec mon frère et ma soeur. C'est ça, on l'avait acheté le bord et j'ai dit à Guy une des raisons qu'il me l'avait vendu, parce que moi, je veux continuer ça. Je ne veux pas juste raser tout ce terrain-là et faire d'autres d'autres appartements comme ils ont à côté. Oui, ils ont besoin d'appartements, mais c'était spécial. C'est particulier, le bar Lionel. Je ne peux pas vous dire le nombre de personnes. Les vieux messieurs qui sont venus, larmes aux yeux. « Hey, j'ai rencontré ma blonde ici. Qui m'avait laissé rentrer le premier bière que j'ai pris?
SPEAKER_00» Les bars des quartiers. J'imagine que tu es quand même pas mal impliqué au bar. T'es-tu là
SPEAKER_01pas mal tout le temps? Sérieux, ça consomme énormément de mon temps. Mais honnêtement, on a une équipe vraiment exceptionnelle, une gérante qui est travaillante, ça n'a aucun sens. On a des changements de personnel récemment, mais les nouveaux qu'on avait amenés, ils travaillaient exceptionnellement fort. Mais c'est gérer une compagnie, vous savez c'est quoi, le TPS, le TQ, le salaire, c'est des choses que je n'ai pas
SPEAKER_00expérimentées. Avec nous autres, les anciens militaires, on n'était pas habitués pendant notre carrière
SPEAKER_01de gérer ça. Et de payer un salaire aussi.
SPEAKER_00Rentabiliser quelque chose. Rentabiliser quelque chose. L'armée, on n'a jamais l'aspect de faire de l'argent. Non. Mon frère, à un moment donné, il me parlait de ses employés. Il me dit, moi, quand j'envoie un gars sur la route, j'ai le truck, j'ai le gars, j'ai les outils. Il faut qu'il fasse de l'argent. C'est des business. Nous autres, dans l'armée, c'est comme, on envoie des chauffeurs. C'est des cartes de gaz. On voit des chiffres sur des fichiers Excel de budget. On dit, oh, c'est
SPEAKER_01des gros chiffres. Peut-être, il y avait un courbe d'apprentissage. Je peux dire qu'après, là, on est rendu quasiment... En fait, on est quoi là? 31 mars? 31 mars. C'est demain que ça fait trois ans. Ça fait trois ans. Ça va bien. Il y avait des périodes où j'ai dit comment sortir. On a une clientèle exceptionnellement fidèle. On essaie de bien servir avec des prix raisonnables. Je sais que tout monte partout. C'est fou. On essaie de rester quand même raisonnable avec notre profit et autres. Juste assez pour que ça roule.
UNKNOWNÇa roule.
SPEAKER_00C'est quoi le truc, Russell? Parce que pour vrai, moi, j'écoute ça, je me dis, bon, OK, peut-être que je procrastine trop, que je manque de... Mais tu sais, médecin, t'as quatre enfants, tu te gardes en shape, t'as un bar, t'as un volet entrepreneurial. Comment tu trouves le temps de fermer tes semaines puis de profiter de la vie? Je veux dire, ça... En tout cas, moi, je trouve que c'est beaucoup.
SPEAKER_01T'as une vie, Russell? Tu dors? Tu dors? Euh... Écoutez, je pense que jeune, une chose que je savais de moi, c'est que l'initiative de faire quelque chose n'est pas naturelle. J'ai souvent besoin d'une d'un élément extérieur qui me force à faire quelque chose. À sortir de ta zone de confort. Oui, mais sachant ça, je me suis inscrit à l'armée. Ou mieux, d'avoir quelqu'un qui dit, let's go, il faut que tu fasses ça, il faut que tu fasses ça. Une fois là-dedans, je voyais, ok, je vais un peu aussi appliquer à l'université après la médecine, mais je sais que si je suis dedans, je vais être forcé à travailler. Parce que je peux prendre un samedi matin, regarder la télévision, prendre mon café, Mais si j'ai un projet qui dure samedi soir, je vais le faire. En mettant des... des obligations externes.
SPEAKER_00Des défis.
SPEAKER_01Des défis imposés. Je m'impose le défi, mais après ça, il faut que tu le fasses. J'aime pas ça de décevoir du monde. Si j'ai mis une date butoir à quelque chose, je vais le faire. Je sais pas si c'est l'approche qui m'a fait avancer, mais c'était pas inné nécessairement de faire toutes ces choses-là, mais je dis, le bar Lionel, c'est cool, je veux que ça reste ouvert. J'ai des Si je l'achète, je vais faire mieux mes compétences. En faisant ça, je n'ai plus de choix maintenant. Il faut que je fasse. Je fais des
SPEAKER_00promesses. Sans savoir ce que tu ne savais pas que tu allais devoir apprendre
SPEAKER_01aussi. C'est pas
SPEAKER_00quelque chose que tu avais prévu d'acheter un bord dans ta vie. Non, jamais. Si je comprends bien, dans le fond, toi, tu avances. il arrive une opportunité, il arrive quelque chose, comme tu dis, t'embarques là-dedans. Fait qu'on sait jamais qu'est-ce qui s'en vient aussi pour la
SPEAKER_01suite. Quand il sort des forces, la vie est quand même
SPEAKER_02longue. Ben oui. Ben oui, il
SPEAKER_00en
SPEAKER_01reste beaucoup. Tu peux avoir quatre différentes carrières, pis... Pourquoi pas? Il n'y a rien qui empêche. Il n'y a pas besoin de faire la même chose toute la journée. Il y en a qui
SPEAKER_00le font. Tu l'as dit, les gens ont peur de prendre l'initiative. Tu sais, d'avoir une idée, de dire, moi, je vais m'y rendre à ce point-là. Prends l'initiative et on verra comment ça va aller. Si ça va mal, vous avez juste appris quelque chose. Exactement. Très souvent, les anciens militaires, ça ne va pas nécessairement mal. Parce qu'on a tout appris un peu du même moule. On a toute une rigueur, on a tout une résilience qui fait que, souvent, ça fonctionne, ce qu'on fait
SPEAKER_01après. – Rigueur. Rappelez-vous, là... Éric Tremblay, lieutenant-colonel Tremblay. Il est devenu général Tremblay. Rappelez-vous les gros pancartes qu'il a mis par-dessus les portes. Je m'en rappelle très bien. Rigard! Rigard, c'est un bon mot pour ça. Veux-vous pas vous développer ça dans l'armée parce que vous avez foi, vous avez faim, vous êtes couvert des piqûres de moustiques, mais let's go, we're gonna get the job done. C'est le genre de... Robuste. D'être robuste à accomplir quelque chose, c'est fort, ça. Puis
SPEAKER_00quand il arrive un défi, on a un mot résilience aussi qu'on dit souvent dans nos podcasts. C'est qu'on est capable de l'affronter puis de trouver des solutions puis de ne pas arrêter au premier obstacle. Trouver toujours une façon d'atteindre
SPEAKER_01la mission. Souvent en mission, il y avait beaucoup d'obstacles. Et comme ils disent, l'ennemi, il y a une vote là-dedans aussi. Quand on avait... On avait du monde. On a des vétérans qui ont vécu des choses. Moi, j'étais très périphérique, mettons, à la combat en 2004. Il n'y avait pas vraiment. Puis en 2011, moi, j'étais médecin, mais je n'ai pas touché. Mais le monde qui était au front... Ça a fessé bien du monde. Ça, c'est quoi? Affronter un obstacle, puis le surmonter. Oui. dans les conditions la plus difficiles. Fait que si tu dis, je t'ai fait ça en Afghanistan, mais toi, t'es équipé pour accomplir n'importe quoi dans ta vie civile par après. Parce que t'as déjà passé au travers les étapes la plus difficiles que tu veux jamais avoir. Le reste, tu vas dire, oui, c'est compliqué ou autre, mais au moins, j'ai une toit sur moi, je suis chaud, j'ai mangé, je
SPEAKER_00passe sous feu. Fait que, oui. C'est quoi que t'aurais... Si t'avais quelque chose à dire à, mettons, un officier qui est... C'est tout le temps dans l'espèce de time frame 6-7-8 ans d'armée qu'on se remet en question. 6-7-8 ans. 6-7-8 ans. Oh my God, mon gars. J'en peux plus. Mon gars me répond des fois. C'est la réponse qu'il me donne. T'as-tu faim? 6-7-8 ans. Anyway. Mettons, on va dire 8-9 années Mais qu'est-ce que tu dirais à un... Ou un membre du reste, la position n'est pas importante, mais tu sais, qu'il ne se sent pas à la bonne place, qu'il veut changer son orientation, mais le changement fait peur, puis des changements, tu en as fait. Qu'est-ce que tu aurais tendance à dire à une personne comme ça, juste pour l'encourager à se faire confiance, à faire le move?
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_01Il faut faire confiance à la vie. Je pense que chacun a peut-être un sentiment que quand le temps est arrivé, c'est sûr que vous allez avoir peur. C'est sûr que le changement, comme vous dites, je ne sais pas comment ça va finir, mais ça veut de quoi. Go for it.
UNKNOWNT'as une vie.
SPEAKER_01Tu peux avoir plein d'expériences dans l'armée et après l'armée. Il y a énormément d'opportunités dans ce pays puis dans le monde. C'est big, le monde. Puis... Pourquoi pas essayer quelque chose de nouveau? Si ça ne fonctionne pas, comme je dis, bien, si ça ne fonctionne pas, vous êtes simplement mieux équipé pour le prochain projet. Le meilleur instructeur, c'est l'échec. C'est vrai. Le meilleur instructeur. Ce n'est pas le fun d'entendre, mais c'est vrai. Oui, on apprend toujours mieux quand on échoue que quand
SPEAKER_00on réussit. C'est qui les plus fins à être le boss de les artilleurs ou les médics? C'est qui les plus gentils à la nage? Je ne sais pas. Non, t'as le droit de... On a le droit de pas répondre. Aucune réponse. Non, mais écoute, regarde, Russell, un heure, on est dans l'heure et demie. On pensait... T'avais des doutes au début, hein? C'est vraiment, écoute, c'est une belle rencontre. C'est un méchant beau parcours. C'est impressionnant ce que t'as réussi à condenser en 25 ans, 26 ans de vie. Écoute, chapeau. Je pense que c'est tout à ton honneur d'avoir réussi à accomplir ça. Puis je pense aussi que ça démontre que pas de sky is the limit. Je n'aime pas nécessairement cette expression-là, mais ça démontre que quand tu brises ta zone de confort et que tu pousses fort et que tu mets les efforts au bon endroit, il n'y a pas beaucoup de choses que quelqu'un ne peut pas réaliser. Je pense que c'est un bel exemple que tu nous as partagé
SPEAKER_01là-dessus aujourd'hui, sincèrement. Merci beaucoup. Félicitations, Russell. Merci pour l'opportunité. En tout cas, j'espère que le monde qui l'écoute, qui est dans l'armée, comme vous dites, qui ne se trouve pas... ne sous-estimez pas les mauvais moments que vous passez, le caractère que ça bâtit et la rigueur que ça forme en dedans de toi. Ça va être hautement recherché quand vous sortez. Vous avez des choses en dedans de vous qu'il n'y a pas beaucoup de monde qui sont formés de cette façon-là. Ne sous-estimez pas à quel point c'est important de se
SPEAKER_00rechercher. Effectivement. Je serais d'accord avec ça. Merci, Vincent. C'était vraiment On se dit à la semaine prochaine pour un autre épisode de notre podcast.
UNKNOWNSalut!