Podcast Nouvelle Mission

Épisode 14 - Stéphane Boucher

Ian et Philippe Season 1 Episode 14

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Cette semaine, notre invité est Stéphane Boucher.

Fils d'un artilleur et père d’un artilleur, Stéphane a rejoint les FAC en 1987.  Après avoir obtenu son diplôme du CMR de St-Jean en mai 1992, il a été nommé officier au sein de l’ARC et a rejoint le 5e RALC.  Il fut affecté deux fois de plus dans cette unité, commandant de troupe, de batterie et finalement de l'unité.  Directement au service des canons, il a également servi comme instructeur en artillerie pendant quatre ans.

Il a eu la chance d'avoir d'autres occasions de commandement, comme commandant de la Compagnie Interarmées NBCD des Forces canadiennes (aujourd'hui CJIRU) et du Groupe de Soutien de la 2e Division Canadienne.  Au cours de ses diverses missions d'unité, il a été déployé à de nombreuses reprises au pays, pour le contrôle des avalanches et les inondations, ainsi qu'à l'étranger dans les Balkans et en Afghanistan.

Stéphane détient trois maîtrises, a reçu une mention élogieuse du CDS, une mention élogieuse de commandant du COIC et une étoile de bronze américaine.  Il a également été admis comme officier de l'Ordre du Mérite militaire.

Retraité, il passe maintenant son temps entre le soutien de ses fils et leurs partenaires, les voyages avec sa conjointe depuis plus de 33 ans, ses passe-temps (chasse, pêche et yoga), ainsi que le bénévolat avec l'Association royale de l'artillerie canadienne.  Il est président de l’AARC depuis octobre 2024.

UNKNOWN

Musique

SPEAKER_01

Salut Phil. En forme? Oui, super à toi. Ben oui, merveilleux. Cette semaine au podcast, on a le plaisir d'accueillir Stéphane Boucher, colonel à la retraite. Les Grandes Lignes, ben bonjour Stéphane. Bonjour, bonjour. Merci les amis. Les Grandes Lignes, écoute, c'est impressionnant. On parle de 35 ans de service, retraité au grade de colonel. Position, pis je nomme pas tout, c'est quand même assez exhaustif, mais on parle de position de commandement de batterie, commandant du 5e RAC, commandé CG... CGI-RU, commandé le groupe de soutien de la deuxième division, trois maîtrises, récipiendaire de l'Ordre du mérite militaire, mention élogeuse du CDS, étoile de bronze américaine, retraité en 2022 et impliqué dans l'association de l'artillerie royale canadienne. Puis tout ça, à part le fait que t'es père de famille de quatre enfants. J'allais dire qu'il y a une vie aussi civile. C'est assez impressionnant, puis ça c'est un très très très rapide survol, parce qu'il y a des années d'IG, il y a plein d'affaires au travail, puis on est ici pour en parler. Donc, le plancher est à toi, Stéphane. Si tu veux nous résumer ta carrière, puis nous autres, on va rebondir sur des questions. On est super content de t'avoir avec nous

SPEAKER_00

autres. Bien, voir les gars, c'est vraiment exceptionnel. Comme je disais tantôt, on se parlait, puis hier, de participer au changement économique du cinquième REC, notre maison mère, c'était exceptionnel, puis ça donne un petit pincement de cœur, de retourner chez nous.

SPEAKER_01

Ça nous donne un petit coup de vieux aussi. Mon

SPEAKER_00

dos, mon dos, mon dos. Puis je pense que ce qui est intéressant, c'est... Moi, oui, j'ai servi longtemps au 5e et dans les forces, mais ma carrière, en fin de compte, puis je l'avais dit quand j'ai pris le commandement, a commencé quand mon père s'est joint aux forces. Moi, j'avais 3-4 ans dans le temps. Mon père a servi au 5e RLC pendant 3 différentes reprises. Je pense que ça lui a donné à peu près 7 ans. Quand je servais au régiment comme commandant, c'était déjà comme lieutenant, c'était déjà comme chez nous. Je connaissais les petits raccoins et tout. D'avoir le plaisir de commander le régiment, Après ça, il a tourné pour voir que ce soit mon fils qui a servi ou voir des anciens subalternes qui sont maintenant commandants. C'est vraiment quelque chose d'autre. Je vous félicite pour votre aventure avec Seconde Mission. Vous capturez tellement bien l'histoire. Bravo, les amis.

SPEAKER_01

C'est bien

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apprécié. Je vais vous dire que 35 ans, ça passe vite. Comme vos carrières, ça passe dans un flash. Béni que les Forces canadiennes ont bien pris... soin de

SPEAKER_01

moi.

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Le collège unitaire, il paye pour mon bac. La vie est belle. Ça commence bien parce que les années 80, l'école, c'était pas donné. C'est pas donné aujourd'hui, mais c'était encore peut-être moins donné à cette époque-là. J'ai rencontré ma conjointe au collège unitaire. On s'est mariés en graduant. On a servi à Valcartier. Ça, c'était exceptionnel. Mon premier tour, vraiment, c'est que j'ai vraiment bénéficié de gens comme vous, les sous-officiers, qui des mentors. C'est quelque chose qui m'a

SPEAKER_01

vraiment... Premier tour,

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quel tour, ça? Premier séjour au régiment. Je devrais dire séjour. 92 à 97, un séjour au régiment. Pas fait de tour. J'ai manqué l'Haïti parce que pendant que l'annonce d'Haïti était faite quand j'étais en Bosnie. J'ai peut-être manqué une belle expérience, mais j'ai quand même eu une autre expérience. J'ai travaillé dans le quartier général de brigade à Tcharelichi C'était important dans mon développement, je pense, de comprendre comment tout fonctionne un peu plus haut niveau. Je pense que commander une troupe en opération aurait été le summum à ce point-là, mais ce n'est juste pas arrivé. Mais il y a quand même des expériences exceptionnelles. J'ai pu faire, en décembre 1993, faire le contrôle des avalanches bien

SPEAKER_01

rocheuses. Oui, c'est un super

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tasking. Comme lieutenant, tu es responsable d'un détachement tu réponds à un civil qui dit « Ah, les conditions sont bonnes, Steph, il faut aller tirer des flancs de montagne. » On fait descendre les avalanches. Tout est pré-programmé. C'est une tâche que les Canadiens adorent. Ceux qui travaillent souvent parce que c'est sans nous autres, l'autoroute ferme. L'autoroute, c'est la seule façon que tu connectes l'Est et l'Ouest. Quand tu y penses, c'est exceptionnel. C'est quelque chose qui m'a servi plus tard. Il y a Blanc-Samblon-Québec. C'est à la frontière du Québec, Labrador. Il y avait une avalanche qui avait tué deux personnes. mars 95, mars, je ne me trompe pas. Puis, le gouvernement du Québec s'est tourné vers l'armée et a fait quelque chose. L'armée, le default, c'était l'artillerie. Vous faites dans l'ouest, faites-le dans l'est. La batterie a été déployée en Bosnie comme mortier. Je pense que la Q était en compagnie d'infanterie. Moi, je n'avais pas eu la chance de me déployer. L'OFOP vient me voir et dit « T'es qualifié contre les avalanches? » « Qualifié, c'est un mot lousse. J'ai l'expérience, mais je ne suis pas qualifié. » Il dit « Bien, prépare-toi. » Puis là, c'est que je suis parti avec avec Danny Sear, qui était

SPEAKER_01

bombardier dans le temps. Oui,

SPEAKER_00

je pense qu'on avait parlé. Avec un autre légende, avec Toupin. Toupin était le chef d'étachement. On est partis avec 7 ou 8 ingénieurs de combat, un détachement d'artillerie, une centaine de rondes. Dans le temps, c'était un C1, c'était pas les C3. On part avec un C1, une centaine de rondes, des centaines de lits d'explosifs pour les ingénieurs de combat. C'est comme dans les vues. Un Herc arrive à 10h le soir à l'aéroport. On embarque, on arrive à Blanc-Sablon à minuit. Aucune idée qu'on va rester, on a des toboggans avec des tentes, des rations. Les rangers nous accueillent, ils nous mettent dans le centre communautaire. Les rangers, ils disent « Dormez, vous avez bien de l'ouvrage à faire. » J'ai dit « Oui, mais on a tous ces explosifs, munitions-là, il faut mettre des chiffres de garde. » Les rangers disent « Non, on va faire les chiffres de garde. » Pendant quasiment dix jours après, c'était le travail avec les spécialistes en avalanche des chics-chocs qui avaient été déployés pour voir comment on va s'attaquer à la montagne pour rassurer le peuple que c'était safe. C'est vraiment triste. Le village était dans le bas d'un flanc de montagne qui avait été miné. Des marches, la neige avait accumulé. C'est juste une bad luck de pluie verglaçante, quantité de neige, grand vent, ça a tombé. Écraser une maison, tuer un père et son fils. Ça m'a vraiment fait chaud au cœur de faire ça. C'est vraiment ma première mission que les Canadiens... Je travaille à être proche avec les Canadiens. On a aidé les citoyens de la ville à réintégrer leur maison avec un BV22 106 qui étaient venus nous rejoindre. On était vraiment impliqués avec eux autres. Les au revoir qu'on a eu quand on a rembarqué sur le Herc, quand on a quitté à la fin, c'était...

SPEAKER_01

Les opérations domestiques ont une saveur particulièrement agréable pour les militaires. On en a moins souvent que ce qu'on voudrait,

SPEAKER_00

je pense, aussi. Oui, exact. Je pense que c'est la mission qui... Tu le réalises pas pendant que tu remplis les poches de sable ou que tu éteins les feux, mais à la fin de la mission, quand tu vois le soulagement des canadiens qui se disent « Hey, merci. » Ça fait chaud au cœur. Exact. Je pense que c'est qu'on a besoin de ça. Parce que c'est comme ça que les Canadiens nous voient comme êtres humains. Et je pense que c'est comme ça que les Canadiens et Canadiennes peuvent dire, OK, la défense, l'armée a besoin du meilleur soutien possible. Puis ce soutien-là, c'est en équipement, c'est en nombre de personnel, c'est le soutien aux familles. C'est toutes ces choses-là. La transition vers le civil, comme vous avez tous fait. Je pense que c'est important. Blanc-Sablon, c'était... À mon temps de lieutenant-capitaine, c'était bien que 10 jours, mais c'est vraiment un 10 jours exceptionnel dans... d'un... au moins, qui m'a vraiment fait développer comme personne. Ça ne prend pas nécessairement un 2,6 mois, 10 jours. C'est une belle expérience. Le fait de reconnecter après ça avec ces gens-là que j'ai servi avec, notamment Danny Sears. J'ai quitté le régiment après pour aller faire 4 ans à l'école.

SPEAKER_01

Pas facile, l'école. C'est ingrat de travailler à l'école par moment. Moi, j'ai fait de la W. Je n'étais pas instructeur, mais ce n'est pas toujours les récompenses de morale qu'on mériterait. Je

SPEAKER_00

pense sur le coût. Je pense que c'est plus tard que tu le vois malheureusement. C'est un peu comme quand tu étais instructeur au centre d'instruction. C'est plus tard que tu vois le fruit de tes travaux et le monde, comment ils ont profité de ton expérience.

SPEAKER_01

Là, sur une note comme ça, parce qu'on s'est fait mettre au défi de ne pas te challenger, mais juste de souligner ça parce qu'on a un invité qui n'est pas encore sorti. Il paraît qu'il y a eu deux capitaines bouchées à l'école d'artillerie. Il y a eu le pré-2000 et l'après-2000. Le boucher 2.0

SPEAKER_00

C'est vrai qu'il y en avait un plus doux que là. Oui, tu as raison. Quand je suis arrivé comme instructeur, mon cours d'IG, dans le temps, les cours d'IG, on appelait ça des phases. Tu faisais phase 2, 3, 4. Mon cours d'IG, c'était comme une phase 5. Ça a été rough. Une volée. Oui. Fait que tu finis ce cours-là d'un an, puis tu sais, tu finis ça un vendredi, puis lundi, tu commences à enseigner des phases. Fait que t'as une fatigue. Moi, tu sais, comme peut-être certains d'entre vous qui sont un peu vieux, tu sais, on a été élevés avec... L'amour était dur. C'était une autre époque aussi. C'était une autre époque aussi que là, le monde qui rentrait commençait à changer, right? Fait qu'il a fallu que... que je m'adapte pour dire, OK, tu sais, la... la méthode qui existait, tu sais, avec des bons coups de pied, c'est plus bon. Mais c'est pas que c'est plus bon, c'est juste qu'il faut s'adapter. On peut quand même donner des coups de pied, mais il faut que ça soit livré de façon différente. Juste livré de façon différente. Fait que c'est que...

SPEAKER_01

Oui, absolument. C'est Russell Highstone qu'on

SPEAKER_00

a aussi. Quand il a dit que t'étais un bouquet, il a dit « Hey, vous y direz, le 2.0. » Puis, tu sais, c'est ça. Puis, tu sais, c'est grâce à des gars comme, justement, Russ et autres que j'aurais contribué à former que j'ai pu m'adapter que ce soit à Russ ou Francis Poitras ou comme j'ai enseigné des cours j'ai pas j'ai enseigné un peu à Marie-Christine Harvey puis Marie-Ève Bégin parce que les autres étaient peut-être sur d'autres cours mais c'est vraiment essentiel dans mon développement aussi de voir ça d'être capable de contribuer à la formation des futurs leaders non seulement officiers mais sous-officiers comme j'ai donné le cours d'adjudant à Chad Wagger qui plus tard était mon SMR ouais Ça fait étrange un peu, mais c'est bon parce que là, tu développes une meilleure connaissance de c'est quoi eux devenir ce qu'ils font. Pourquoi aller à l'école, c'est important. Je dois avouer que c'était les meilleurs quatre ans de ma vie familiale, par exemple. À cette époque-là, on parle avant les ordinateurs ou les calendriers électroniques. J'imprimais, je me souviens toujours, c'était l'année 2000. J'arrivais à la maison en janvier, j'ai mis sur le frigo le cours de fou, le cours de commande à batterie, puis la phase 4. Je renais trois cours back-to-back, de janvier jusqu'à la fin août. J'avais jamais eu ça au cinquième avant. D'être capable de dire, ces jours-là, je suis en campagne, ces jours-là, je fais le PT, ce jour-là, je travaille de soir, avec une conjointe militaire. À cette époque-là, on t'a rendu à trois enfants. Avoir cette capacité de prévoir...

SPEAKER_01

C'est une stabilité, en fait. Elle a été force régulière longtemps,

SPEAKER_00

ta conjointe? Elle a elle a fait surtout force régulière. Elle a fait une courte période réserviste, comme quand je suis arrivé comme commandant, mais majoritairement régulière. Elle était régulière à cette époque-là. Puis ça, c'est une autre histoire. Les dames des années 90, c'était quelque chose. Moi, j'ai fait les premières formations avec les femmes dans les officiers. Toi, tu as été juste après les premières femmes comme membre du rang. Ce n'était pas facile, non seulement l'intégration des unités, mais les politiques n'étaient pas... bien faite. Ma conjointe, mon premier enfant, elle a eu six mois de congé maternité. Moi, je n'avais pas le droit. Essayer de trouver une gardienne pour un enfant de six mois, c'était rough. Chapeau à elle. Je n'aurais pas pu faire 35 ans sans la voir. La soutenir, elle, dans ses déploiements, mais elle me soutenir dans toutes les différentes étapes. L'école a été formateur dans mes capacités techniques. Je pense Parce que, tu sais, quand je suis revenu après ça, originellement, aux différentes entreprises, que ce soit comme PCR, avec toi, que ce soit commandant de batterie ou commandant, j'ose dire que j'étais à la fine pointe. Tu sais, j'avais les meilleures capacités que je pouvais pour commander l'unité. Tu sais, c'est sûr que, tu sais, la technologie change tout le temps. Fait que, j'étais-tu capable de programmer une radio avec le... Je ne sais plus comment on appelait la petite boîte. Non. Non, non. Mais c'est pour ça que j'avais des gars comme Yann. C'est pour ça que les barbes sont là. Mais quand ça arrivait le temps de contrôler un plan de feu, ou contrôler une activité régimentaire, ça, j'étais... Je n'avais pas de problème. Les problèmes techniques de balistique, de l'apprentâge, j'étais capable de tout faire ça. Les outils changent avec le temps, puis c'est normal. Puis c'est

SPEAKER_01

correct. Est-ce que tu penses que ça peut être un défi pour la réalité actuelle de l'unité? Tu sais que tout le monde est plus jeune dans toutes les positions. Est-ce qu'on risque de peut-être perdre un peu de cette profondeur-là au niveau des connaissances. Parce que moi, quand je suis arrivé au régiment, les calottes blanches et les calottes vertes, c'était les gars de l'artillerie. C'était comme indiscutable. Puis avec les années, le cours a une énorme valeur. La formation est là, mais l'expérience de chaque membre est peut-être moins importante. Est-ce que c'est un risque qu'on court ou c'est quelque chose qui a été bien absorbé, puis le corps de l'artillerie est au courant de ça, puis ça fonctionne quand même

SPEAKER_00

bien? Il y a un risque, mais je pense que le régiment royal est capable de pallier avec justement... cheminement de carrière qui nous permet de maintenir ces capacités-là. C'est sûr qu'aujourd'hui, je maintiens que les deux... les deux streams, les deux volets qu'on devrait encourager les membres à faire, c'est soit aller vers Insta à l'école d'artillerie, que ce soit officier ou sous-officier, ou aller vers le programme de technique pour les officiers ou sous-officiers. Je pense que ces deux-là doivent se faire parce que Insta à l'artillerie, ça se comprend facilement. Voilà, deviens le king de la technique de l'artillerie, reviens, partage tes connaissances. Ça, c'est facile à expliquer. Mais le cours technique, comme plusieurs officiers ont fait, donc donc le nouveau commandant. Oui, c'est ça que j'allais dire. C'est ça, lui, il a fait TechStaff ou je pense que comme Pat Kripo, je pense qu'il a fait la version des sous-offres. Ces cours-là nous permettent de prendre des gens qui ont une expérience opérationnelle et de les remettre dans le monde des projets. Quand le prochain obusier va arriver dans l'artillerie ou la prochaine carabine au fantassin, si on a développé du monde avec une expérience opérationnelle intéressante, à devenir les GA de projets, on ne devrait plus se plaindre de l'équipement qu'on reçoit parce que les gens qui gèrent les projets, on a une expérience opérationnelle. Éventuellement, ces gens-là reviennent au régiment comme Andrew Holt. Je pense que c'est comme Pat Kripo quand il était à Saint-Mère. Si on fait ça, cette loupe-là, ces deux-là vont nous permettre de garder l'expertise. Je pense que si on ne fait pas ça, quand le monde dit qu'il faut qu'on quitte le régiment MyEx, je pense qu'après ça, la seule autre option, afin de préserver notre capacité, c'est vraiment d'investir dans les écoles. Que ce soit au centre d'instruction... ou qu'on développe les futurs artilleurs, que ce soit à l'école des recrues ou qu'on shape les futurs membres des Forces armées canadiennes, parce que si tu mets du bon monde à Saint-Jean, tu gradues du bon monde, tu sais, du monde qui a une appréciation de ce qu'ils ont, avec quoi les défis des Forces armées canadiennes, ils vont au centre d'instruction, ils vont avoir une meilleure appréciation, c'est quoi les défis d'être artilleurs, ils arrivent au régiment prêts, ils devraient être éponges, là, puis prêts à apprendre de ceux qui ont servi, je pense qu'après ça, la roue se tourne, right? Si on Si jamais on perd la capacité d'instruction à l'école ou on n'investit pas dans la capacité de gestion de projet, c'est qu'on peut être en péril parce que je pense qu'à l'intérieur du régiment lui-même, tu ne pourras pas garder toutes les connaissances et l'évolution. Moi, je suis jaloux des membres du rang qui ont passé autant de temps, les sous-officiers qui ont passé autant de temps au régiment. Moi, j'ai fait 11 ans, ce qui est quand même exceptionnel pour un officier au sein du cinquième. Mais je réalise que pour le bien-être du régiment, il fallait que je quitte. C'était nécessaire. Je pense que maintenir l'implication du monde après qu'ils ont quitté peut-être une dernière fois, après avoir été commandant, de continuer à contribuer comme colonel, colonel régimentaire, je pense que c'est important pour être capable d'assurer la pérennité de l'artillerie du

SPEAKER_01

régiment. Tu as quitté, mais j'ai toujours l'impression

SPEAKER_00

que tu as toujours resté proche quand même du régiment. Même aujourd'hui, tu es encore impliqué beaucoup. Exact. C'est chez nous. Je pense que On est chanceux. La francophonie fait que... on se distingue un peu des autres régiments. Puis le fait qu'on est francophone, on a tendance à toujours revenir. Il y a certains francophones qui sont allés servir des régiments dans le premier searching tour. Ça arrive, puis c'est bon. C'est même essentiel. Mais on a tendance à revenir. Puis parce que tu reviens, c'est comme revenir à la maison. Puis c'est qu'on tisse les liens d'amitié avec ceux qu'on sert. Je pense à un gars comme Marc Cabana. Marc Cabana, moi, j'ai servi avec je ne sais pas combien de fois. On a été voisins. On se côtoie encore maintenant à la retraite. Je pense que c'est ça qui fait qu'on est en famille. C'est pour ça que je reviens comme hier pour le changement de commandement, parce que c'est important. Parce

SPEAKER_01

que

SPEAKER_00

tu es sorti quand? En

SPEAKER_01

22. En 22. Encore aujourd'hui, on dirait que c'est comme si tu étais dans le giron du régiment, comme si tu étais toujours impliqué au courant de tout un

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peu. Oui, parce que je pense que... Les forces armées canadiennes ont été bonnes pour moi. Ils m'ont donné une éducation, ils m'ont bien payé pendant 35 ans, ils m'ont donné des défis de taille, ils m'ont aidé à développer des amitiés un peu partout. Et je me suis donné comme devoir de

SPEAKER_02

redonner. C'est

SPEAKER_00

pour ça que je me suis impliqué avec l'Association d'artillerie royale du Canadien au niveau national, parce que je me suis dit, c'est une organisation qui a tellement de potentiel à venir en aide au régiment royal, au régiment puis aux artilleurs. Parce que notre mission est vraiment de promouvoir l'efficacité de l'artillerie royale canadienne, mais aussi de veiller au bien-être ou au mieux-être des membres. Donc, J'ai maintenant la possibilité, comme président de l'association, de m'adresser au corps de l'armée, au chef de la majorité de défense, au ministre, si je veux. Quelque chose que je ne pouvais pas quand j'étais en uniforme. En uniforme, c'est normal. En uniforme, tu es l'extension de la politique du gouvernement. Puis tu dois le faire. Puis c'est correct, ça. Mais maintenant, je suis capable de partager une opinion s'il y a quelque chose qui est bien ou si quelque chose est croche. Et je suis chanceux. sûr que la chefferie de l'artillerie royale canadienne aujourd'hui, c'est tout du monde qui ont été soit des pères, des subalternes, des étudiants. Je suis capable de leur parler et Stéphane Boucher 2.0, je suis capable de leur parler et de leur dire voici, on vous appuie, vous considérez ceci. On ne dit jamais non parce que je pense que ce qui se fait est basé sur un estimé logique et fait du Mais je pense que des fois, comme on se parlait avant, on a un vécu, nous autres. Peut-être que notre vécu nous permet de voir des choses de façon différente. Avez-vous considéré ceci? Et à date, la rétroaction que j'ai eue du commandant de l'armée quand on l'a invité à participer à notre colloque l'année dernière. Maintenant, Major général Masson, qui est notre artilleur principal en service. Ils sont très réceptifs à nos commentaires et à ce qu'on fait. En fin de compte, je devrais faire une colloque pendant que je suis là. Le 23-24 octobre, messieurs, on fait notre deuxième colloque annuel des feux d'artillerie. La session d'artillerie royale canadienne a commencé il y a quelques années à prendre son assemblée générale annuelle et vraiment le développer en séance de... En bon militaire, on aurait appelé ça du développement professionnel. On travaille de proches avec le directeur de l'artillerie à développer des sujets de discussion et pendant quasiment deux jours pleins, on fait des groupes de travail. Il y a des allocutions de l'artiller principal en service. L'année dernière, c'était le commandant de l'armée. Notre invité cette année est encore en train de le cerner. On a envoyé plusieurs invitations. Après ça, on fait des sujets de travail. C'est des choses qui peuvent être intéressantes. L'année dernière, on a parlé du rôle de l'artillerie dans un contexte divisionnaire avec la transformation qui va arriver. Aujourd'hui, ceux qui gèrent le problème, ils ont jamais vu

SPEAKER_01

ça. Mais

SPEAKER_00

tu sais, nous autres, on l'a fait. Tu as sûrement tiré divisionnaire. Moi, je suis arrivé au régiment durant RV92. Je ne l'ai pas tiré live, mais j'ai tiré dans le contexte divisionnaire à travers tous les différents cours de carrière parce qu'on enseigne encore les divisions à cette époque-là. Je pense que c'est l'avantage de le faire. Si vous êtes dans la région, venez nous rejoindre avec l'association. On a une chance de côtoyer ceux encore en service parce qu'ils viennent tous. Et de voir l'évolution Je pense que c'est

SPEAKER_01

important. Ceux qui s'intéressent à un point de contact?

SPEAKER_00

Ils peuvent me contacter, mais s'ils vont au site web de l'Association de l'artillerie royale canadienne, c'est www.arc.rca.org. Avec Google, tu vas le retrouver. L'annonce du colloque va se faire probablement au mois de juin, mais ça va être le 23-24 octobre à Valcartier.

SPEAKER_01

Ça va être un autre bel événement, je pense, et important à faire. Oui, tout à fait. Disons que quand on est sur le plancher, les carrières d'officier, on les voit quand c'est au niveau des unités. Ils commandent des troupes, des batteries, des régiments. Mais quand les officiers partent du régiment, on ne sait pas ce qui se passe. C'est vrai. La question, c'est... Je pense qu'on peut dire l'idée des troupes et l'idée de l'institution. C'est un peu ça qui se passe. C'est quoi qui se passe pour une carrière d'officier après le commandement d'unité? Parce que là, on parle CGIRU, chef d'état-major pour la deuxième division hosting à Kaboul, en soutien au G3 de l'ORNA. C'est toutes des affaires que nous autres, on ne voit jamais. On va revenir comme dignitaire à un moment donné, mais ce n'est pas dans notre bague, pas en tout. Comment on résumerait ça, cette portion-là de la carrière qui est plus focussée sur l'institution que sur le leadership des

SPEAKER_00

troupes? Je pense que, premièrement, ça revient à notre discussion sur instructeur versus chaîne technique. Souvent, quand tu commences dans ton jeune temps à faire le système d'instruction ou le système de techniques et de projets, c'est ça que tu vas peut-être suivre dans ton cheminement plus tard. Moi, dans le cas de l'unité NBC, le CJRU, ça, c'était entre mon commandement de batterie et le commandement d'unité. Le général Mike Rouleau était le commandant adjoint à l'époque. Et c'est entre lui et le commandant de l'époque, le général Tremblay, qui m'avait suggéré de mettre ton nom au ballotage. Je ne connais rien à NBC. Je ne peux pas y aller. Et puis, Le général Olu m'avait dit, c'est diamond in the rough. Il y a un potentiel énorme. Pendant que je suis allé, on a amené des forces spéciales. Ça ne répond pas à ta question, mais c'est comme ça que j'ai abouti. Après le commandement, vraiment, tu deviens... C'est comme jouer dans la Ligue nationale. C'est comme votre pool de hockey. C'est vraiment... Dépendant de ton potentiel de cheminement, l'armée te gère de proche. Parce que si tu as commandé, l'armée, tu es déjà vu dans... c'est comme la loterie de la Ligue nationale. Ils te misent déjà sur toi. Moi, dans mon cas, ils m'ont amené au QG de l'armée pour que je puisse voir comment l'armée fonctionne au niveau stratégique. Le poste qu'ils m'ont mis dedans, c'était de gérer le plan d'affaires de

SPEAKER_01

l'armée.

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Il y a eu une grosse coupure de budget. On a géré 10 % de budget. Trouver dans le budget des forces américaines. Parce que là, après, ils m'ont promu et j'ai fait la même job au niveau... Gérer ce coup-là au niveau national avec le général Howard, artilleur. Puis, tu sais, c'était 10 % du budget de la défense à l'époque. C'était 2,6 milliards. Et aujourd'hui, c'est 64 milliards le budget. Mais trouver 10 %, c'est 2,6 milliards. C'est de l'argent, ça. Puis, tu sais, c'est... Parce qu'il y a des choses que tu ne peux pas... Puis, c'est plate parce que quand tu coupes, tu coupes dans les choses qui ont... Tu ne peux pas couper... la nourriture

SPEAKER_01

à la méga. Tu ne peux pas couper... Il faut

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trouver une solution. Il faut que tu coupes. Soit tu coupes des projets de basse valeur. Tu dis, on va étirer les camions un peu plus longtemps. Ou tu coupes les budgets d'entraînement ou les budgets de munitions. Puis là, l'impact, c'est sur vous autres dans les unités. Mais ça m'a donné une bonne appréciation de comment opérait la ville d'Ottawa. Puis l'armée, elle... avec raison, je veux toujours te mettre au défi pour voir si t'es capable de continuer au prochain grade. Puis c'est que l'armée a dit, ben là, tu t'en vas à Kaboul. Moi, j'avais pas eu la chance de faire le camp de Haar ou Kaboul. Quand le régiment est allé à Kaboul la première fois, ma conjointe est enceinte de notre quatrième. Fait que là, j'ai dit au général

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Tremblay, je vais prendre une

SPEAKER_00

pause. Je vais rester à la maison. Mais t'sais, on savait qu'il était pour en avoir plusieurs. Mais là, après ça, t'es pas aussi du régiment. Fait que là, j'ai pas contribué. Quand je te commandais, au début, on m'avait demandé d'aller comme Golf 9, mais j'ai dit, le régiment a besoin de moi en arrière. J'ai été backé par le général Lantier, qui était le commandant de brigade à l'époque. Il a dit, ouais, t'as raison. Fait que j'ai resté. Fait qu'après ça, j'ai quitté le régiment. Fait que là, ils m'ont envoyé à Kaboul pour être justement le mentor du général, un deux étoiles, qui était l'équivalent du chef des opérations de l'armée afghane. Fait que tous les jours, avec un autre Canadien et un traducteur, on s'habillait, on sortait du camp, marchait le deux kilomètres à l'heure QGDN, passer ma journée avec les Afghans. à leur montrer comment une armée moderne gérait les opérations. Parce qu'eux autres, les officiers seniors qu'il y avait, il y en avait quelques-uns qui avaient été formés par les soviétiques. C'est un modèle très top-down. Très centralisé. Très dirigé. Il y avait des plus jeunes qui avaient été formés par les pays de l'OTAN qui étaient là. Il y avait un milieu qui était un pot pourri de choses. Ce qu'on essayait de faire, c'est de coacher le général à ne pas prendre son téléphone cellulaire pour téléphoner le comme un bataillon qu'ils connaissaient parce que c'était une relation familiale ou whatever, puis dire, tu sais, va chercher des aliments dans le village, tu sais, c'est coaché, tu sais, bien là, il faudrait que tu parles à la division, qu'il parle à la brigade, qu'il parle, tu sais, c'est toutes ces choses-là. Puis, il n'y avait encore pas toutes les capacités euh... euh... De combat non plus, en termes d'hélicoptères, de canons et autres. Souvent, l'OTAN, on se palliait sur eux. Comme une fois, on a lancé une opération dans les montagnes, l'ONU a lancé une opération dans les montagnes, mais il n'y avait juste pas la mobilité pour le faire. Avec moi, avec l'aviseur américain de l'architecture majeure, on a travaillé avec l'OTAN pour sécuriser les Blackhawks, pour faire insertion. On a montré aux généraux comment ce genre de planification devrait se faire, comment Ça,

SPEAKER_01

on est

SPEAKER_00

en quelle année, ça? 13-14. J'étais jusqu'au dernier jour avant la fermeture de la mission. Juste avant la fermeture de la mission, ils m'ont envoyé au Canada parce qu'on sortait en petite vague. J'ai fait neuf mois de mai à fin février 2014. Est-ce

SPEAKER_01

que ça semblait, à l'époque, quand tu étais dedans, est-ce que ça semblait une tâche qui était raisonnablement réalisable ou le défi tellement immense au niveau organisationnel? dans l'ANA que c'était comme juste, on fait un peu de damage control, on fait ce qu'on peut. C'était quoi la vibe un peu au niveau des avisaires?

SPEAKER_00

Je pense que c'était réalisable. Je pense qu'autant que, comme vous autres, à Kandahar avec l'omelette, je pense qu'on a réalisé qu'il y avait une capacité et un vouloir d'apprendre et d'améliorer. Mais il y a des choses que je pense que l'OTAN n'avait simplement pas... On n'avait simplement pas eu le temps et la capacité de faire tout ce qui aurait besoin d'être fait. On rebâtit un pays au complet. Des écoles primaires jusqu'à l'université, c'est les écoles militaires d'instruction, c'est le... Et d'accepter que leur culture est différente. Si tu allais chercher un jeune homme ou une jeune femme de Bad Action... Pour nous autres, c'est correct de dire qu'on va le prendre, on va l'envoyer à une école à l'extérieur de Kaboul pour faire sa formation de soldat, puis après ça, on va l'envoyer au combat à Kandahar. Mais eux autres, on l'a réalisé, mais on pensait être capables de les amener, si on veut, les valeurs occidentales. Si tu les renvoyais à Balakshan, ça aurait peut-être marché mieux. Mais là, nous autres, on voulait générer des capacités de combat à Kandahar, à Massengar, puis à l'autre place c'était le plus chaud. Peut-être qu'on a... notre estime n'était peut-être pas la meilleure. Leur

SPEAKER_01

enracinement était peut-être plus solide qu'on

SPEAKER_00

aurait cru. Je pense que ça, c'est le recul. Avec ton cheminement dans le renseignement, tu as certainement vu ça. C'est plus facile des fois d'être révisionniste et dire qu'on aurait pu peut-être faire ça de mieux. Mais je pense que c'était une mission qui était réalisable. Mais je pense que... pour que ça se règle, comme les Balkans, on a quand même été dans les Balkans à 15 ans, ça aurait pris peut-être un autre 15-20 ans, peut-être, de continuer à bâtir la société. Poser la question une fois en général, je dis, comment vous faites de gérer votre pays quand vous ne chargez pas d'impôts? Parce que, si tu veux générer une défense, générer un pays, ça te prend une économie. L'économie, les impôts, on n'aiment peut-être pas ça. C'est ça qui répare les nids de poules, c'est ça qui paye les systèmes médicaux, c'est ça qui paye les écoles. La réponse que j'ai eue, le temps sera toujours pour nous. Le temps ne sera pas toujours

SPEAKER_01

là. Il

SPEAKER_00

s'est trompé seul. C'est ça, mais dans leur mentalité, donner des impôts à une autorité centrale, c'est... les antennes se touchaient, il y avait des flamèches. C'est-tu parce qu'avant, c'était une monarchie et là, ils pensaient que l'argent allait dans les poches du président comme ça allait dans les poches du roi? Je ne le sais pas. Il y a toute une société qui aurait fallu... Le

SPEAKER_01

fossé culturel est énorme. C'est une dimension

SPEAKER_00

infranchissable. Ce n'est pas comme les années des Balkans. On était aux Balkans, mais on était sur le perron de l'Europe. Des jours, c'était... Il savait vers quoi... C'était déjà un pays fonctionnel avant. C'était communiste, mais c'était déjà fonctionnel. Il y avait des parallèles. Exact. Mais là-bas, c'est surtout quand tu penses que tu es voisin avec l'Iran, tu es voisin avec le Pakistan, tu es voisin avec la Chine. C'est tous des éléments qui tirent sur la société en plus. Je pense que... Je pense qu'il y aurait... C'était-tu cause perdue? Non. C'était-tu une belle expérience? Oui. J'espère juste qu'en quelque part, à la fin de chaque retour, on faisait nos leçons retenues. J'espère juste qu'en quelque part, ces leçons retenues sont accessibles pour la prochaine fois qu'on s'embarque dans ce genre de mission-là. Parce qu'il va y en avoir d'autres. On semble être dans une période de guerre froide, accrue, comme les fins des années 80. Mais je pense qu'éventuellement, ça peut être en

SPEAKER_01

Afrique. C'est un bagage qui a été pris. ce qui est arrivé avec les années en Afghanistan,

SPEAKER_00

je pense. Je pense à Haïti. Il y en a que dans... Tu as fait l'Haïti? Non. Et à Haïti, on a... Ça, on ne s'est jamais engagé comme on a fait l'Haïti. Imagine si on aurait mis l'effort en personnel et argent en Haïti comme on aurait fait en Afghanistan. Je pense que ça, ça aurait pu virer de bord. Mais aujourd'hui, si tu ne mets pas une opération comme... comme on a fait en Afghanistan ou même les Balkans. C'est une opération qui a été confiée à l'OTAN à gérer pour les Nations unies, mais par l'OTAN. Tu ne régleras pas le problème en Haïti, parce qu'Haïti, c'est comme l'Afghanistan dans le sens que c'est pour régler tout dans la société. Tu as des écoles, le gouvernement, l'économie. La politique municipale. C'est capoté. C'est pour ça que je pense qu'on va être appelés à se réengager dans ce genre de mission-là. J'espère que les... qu'une colonnelle, les officiers de major et les leaders de ce temps-là vont être capables d'aller dans le dépotoir des leçons retenues et se dire qu'est-ce qu'on a bien fait, qu'est-ce qu'on a mal fait dans les missions antérieures de ce

SPEAKER_01

style-là. Je pense qu'on n'a pas le choix. Est-ce que ça a amené au niveau des états-majors, d'officiers supérieurs, est-ce qu'il y a eu un peu une douche froide avec l'Afghanistan, justement, avec tous les efforts, l'argent qu'on a mis là, de la façon que ça a fini, le retour des talibans quasiment... aussi fort, si ce n'est pas plus qu'avant. Est-ce que ça a comme un peu remis en question l'implication très importante des Forces canadiennes dans cette mission-là? Pour être poli, Phil, ça a-tu

SPEAKER_00

valu la peine? Le sentiment que moi j'ai eu, quand j'étais à Ottawa, en service, cette semaine, j'étais à la cérémonie pour la première pelletée de terre pour le monument qu'on mérite tous, comme vétéran de La majorité vont dire que ça valut la peine. Parce qu'on a fait une différence. Je pense que ce qui touche le monde, c'est la force du secteur

SPEAKER_01

canadien, c'est

SPEAKER_00

qu'on est... C'est ceux qui ont travaillé de très proche avec... les afghans, que ce soit ceux avec les omelettes ou ceux qui ont fait les opérations de combat jumelées avec des unités afghanes ou ceux qui ont fait des rôles mentorats comme j'ai fait. Tu deviens proche d'eux autres. Moi, j'avais vu les photos des familles, on connaissait leur nom. Moi, je partageais tout de ma famille. Je ne sais pas combien de tasses de thé on a pris ensemble. On se connaissait bien. Puis quand ça s'est effondré, je pense que c'est la facture humaine. C'est ça qui est vraiment venu toucher le monde Et donc, pour les militaires et les Canadiens, je pense à ceux qu'on a perdus du régiment en Afghanistan, leur famille, comment ils doivent se sentir là-dedans. Je pense que le message à eux, c'est vos fils, vos filles, ont fait une tâche qui était essentielle, l'ont bien faite et l'ont faite de leur... C'est pas de leur faute et ça valait la peine. Parce que pendant ce quasiment... 15 ans de mission, pendant quasiment 15 ans de mission, on a vu le changement. Voir des filles aller à l'école, voir des femmes en service militaire, voir l'armée afghane voler leurs propres hélicoptères et avions, voir une économie des lignes aériennes qui recommençaient, des fermes et tout, ça valait la peine, je pense. Et je pense que c'est quelque chose qu'on a bien fait pour permettre cette évaluation-là. Vous autres à Kandahar, vous l'auriez probablement vu autant que moi, c'est que l'armée canadienne au complet, excusez-le, les forces armées canadiennes au complet se sont commises à mission. Il y avait des marins, l'Air Force était là. Les gars de cloche

SPEAKER_01

ont disparu.

SPEAKER_00

Exact. Même aujourd'hui, tu envoies moins des médailles de l'Afghanistan, mais quand tu fais le survol de ceux qui sont en service aujourd'hui, les trois étoiles, les deux étoiles, les adjoints-chefs seniors, peu importe la couleur de l'uniforme, c'est des vétérans de l'Afghanistan et cette expérience-là commune a fait qu'il n'y a plus de... Il n'y a pas de guerre de clochers. Ce n'est pas comme dans les années des Balkans, mais l'armée, vous avez les Balkans. L'aviation, on n'en a rien. On avait une expérience commune. Ça a fait qu'aujourd'hui, je participe dans une conférence qui s'appelle la Conférence d'Ottawa avec l'Association de défense canadienne. Je vois les trois chefs de service quand ils font des tables rondes. Le respect qu'il y a entre les chefs de service et la collaboration est incroyable. Mais cette collaboration cette amitié-là a été fondée sur les champs de bataille d'Afghanistan et fait que le futur va probablement être plus promettant parce qu'il y a du donné-donné. Là, c'est peut-être le temps de l'armée d'avoir un nouveau char d'assaut. Là, c'est peut-être le temps d'avoir de la marine d'avoir un nouveau cheval. Il y a une meilleure collaboration au niveau stratégique. Je pense qu'il n'y a pas de regrets. La mission valait la peine. Mais tu as raison, Yann. humain. On l'a vu dans le contenu de nos chums du régiment qui ont des séquelles physiques et mentales. Comme on

SPEAKER_01

disait, il n'y a personne qui est revenu nécessairement la même personne de ces missions-là. À différents degrés, ça nous a tous changés.

SPEAKER_00

Moi, je me souviens, je n'ai pas eu la chance de faire à vous autres comme artilleurs, si on veut, mais la première année de commandement, c'était la bâtrière qui était déployée. C'était avec Johnny Duval, la bâtrière. Durant la il y avait eu 9 ou 10 décès. Dans ces 9 ou 10 décès-là, Il y en a eu une couple d'autres après la retour, mais dans ces neuf ou dix décès-là, ça m'a vraiment touché. Ça m'a brûlé. Je me souviens que le premier Noël, parce que c'est le commandement à l'été, donc là, pauvre Johnny et l'équipe, on paye. Le neuf-taxe t'a fait frapper, vous avez perdu le test sur cette retour-là

SPEAKER_01

avec

SPEAKER_00

Johnny. On était à la retour d'avant, nous autres, avec Major Smith. Le neuf-taxe t'a fait frapper, puis c'est eux qui ont perdu le major de génie, Yannick Pépin. Ça, ça avait dégonflé la brigade. En arrière, ceux qui étaient en arrière, on a vraiment senti le mal de cet événement-là. Je me souviens à Noël, d'habitude à Noël, les enfants étaient encore assez jeunes. On essayait d'aller voir les deux familles, mais la famille de Mados, c'était au Nouveau-Brunswick. Mes parents, à cette époque-là, étaient à Ottawa. Mais là, moi, j'ai appelé mes parents et j'ai dit, viens pas à Noël. Je suis tellement brûlé. C'est mignon. mentalement, qu'il fallait que j'investisse dans ma famille. Puis qu'on a fait des sorties dehors, on a fait du temps en famille. J'ai dit, si vous voulez venir, venez, mais moi, je suis brûlé et je ne suis pas capable.

UNKNOWN

Puis,

SPEAKER_00

Après 27 mois de commandement, après ça, je me souviens toujours, la finale qui m'a touché, les deux qu'on a faites, mais en particulier le gendre, Steph le gendre. Parce que Steph, moi, je le connaissais. Je pense que je l'ai promu bombardier. On a vécu dans un bizarre dans le Grand Nord ensemble. Puis ça l'avait vraiment, mais vraiment frappé le gendre.

UNKNOWN

Ça a fait séduire. Ça a fait séduire fort.

SPEAKER_00

Moi aussi. Ça m'a vidé. C'était très

SPEAKER_01

touchant.

SPEAKER_00

J'étais content qu'on avait les aides qu'on avait au niveau du régiment, mais le régiment avait perdu... On avait perdu Dion. Ça, c'était notre retour. On avait perdu Dion. On avait perdu Legendre. Là, tu commences à dire, OK, ça fait. Je pense qu'on avait une bonne équipe au niveau du service de santé mentale épadrée pour nous aider à travers de ça, mais le régiment avait besoin de cohésion. On avait besoin... Revenir ensemble. C'est plus dur que l'on pense, mais je pense qu'on a réussi. Ça a été des

SPEAKER_01

grosses années. C'était émotivement éprouvant pour la brigade au complet. C'était chargé d'émotions. Soit que les gars étaient revenus, soit que les gars étaient partis. Après ça, il y a eu les suicides. On ne les compte plus, malheureusement. C'est ça, l'après-Afghanistan, sans que ce soit juste la perte de gens qu'on a eus ou quoi que ce soit, il y a eu un gros changement aussi. Quand on est revenu de l'Afghanistan, rappelle-toi le nombre de personnes qui ont sorti. Le nombre de personnes qui ont qui

SPEAKER_00

ont avoir besoin d'aide. Ça a été une grosse transition en 2010 et 2020. Énorme. Je remercie le système de santé et d'anciens combattants pour nous avoir aidés à travers ça. On parlait tantôt de Bob Danny et d'autres. Quand on a créé les unités de transition, on a commencé à prendre soin de notre monde. Je dirais que ça a été les discours les plus durs que j'ai eus. J'ai eu des discours... par respect, je donnerai pas leur nom, mais des discours avec des sous-officiers qu'ils voulaient retourner pis que je disais non. Pour leur bien. Pour ton bien, je peux pas.

UNKNOWN

Ouais.

SPEAKER_00

Je me fais une blessure morale si je te permets d'y aller. J'ai besoin que toi, tu sois bien. Malheureusement, de ceux-là, on a perdu. C'est des blessures mentales, morales. C'est une blessure réelle. C'est quelque chose qu'il fallait les appuyer. Je pense que Valcartier était innovateur. Il a supplié dans le temps l'unité intégrée, whatever it was.

SPEAKER_01

Ça

SPEAKER_00

a changé de nom. À cette époque-là, on était la seule base à avoir une unité intégrée de cette façon-là avec anciens combattants, avec les TDO, BPSO, tout ça était là. La relation que les unités ont avec eux autres, d'être capable de dire Phil, viens travailler au régiment quand même si tu veux, mais on va se prendre soin de toi et on va s'occuper de toi en termes de famille régimentaire, mais va pour s'occuper. Occupe-toi de toi. Généralement, ça a été positif. Il y en a qui ne voulaient pas revenir. À cette époque-là, je pense qu'on disait que au début des années 2000, on parlait de ceux qui étaient allergiques au vert, mais il y en a qui ne voulaient pas revenir au régiment. C'est normal, parce qu'il y en a qui ça leur faisait vraiment mal de perdre du monde ou de voir l'unité qui ne va pas se déployer avec, ça leur faisait mal. C'est correct. J'ose espérer qu'on a sauvé plus qu'on a perdu, parce que je pense que si on n'avait pas eu cet outil-là, ceux qui se sont enlevés la vie après,

SPEAKER_01

il y en

SPEAKER_00

aurait peut-être plus.

UNKNOWN

Je pense.

SPEAKER_01

Probablement. Parce que quand on est dans le... On en parlait avec un autre invité, l'Afghanistan a été enivrant. Même si c'était dangereux, qu'on a perdu du monde, c'était une expérience militaire exceptionnelle. Je pense qu'il y a du monde que c'est devenu un peu une adrénaline, le combat. C'est des sensations fortes. Justement, de vouloir y retourner pour aller rechercher cette adrénaline-là, des fois, c'est la fois trop que tu te déploies. Ça me donnait des décisions pas faciles à prendre. Je disais non, ton tour est passé. C'est tout le temps un équilibre difficile à trouver entre les besoins opérationnels et le bien-être des membres. Je pense que le membre en soi, des fois, il ne peut peut-être pas avoir l'heure juste sur sa propre situation.

SPEAKER_00

Exact. Il faut que tu penses aux membres au-delà de la capacité opérationnelle. Il faut que tu penses à sa famille. Il faut que tu penses à son avenir. C'est frustrant sur le coup parce que tu as raison. Tu veux être avec ton régiment ou ta batterie tu veux être parce que c'est tes chums. Tu as un sentiment de culpabilité s'il y en a un que tu perds ou qui est blessé grave. J'aurais être là. Mais la réalité, c'est que le régiment doit continuer. La mission. La mission doit continuer. Ta vie doit continuer. Tu n'aimes pas ça te faire dire qu'il faut que tu ailles faire ton cours de sergent-major de troupes. Je vais l'amener cet instant, mais c'est parce que j'ai besoin de toi comme sergent-major de troupes dans deux retours. Mais c'est des discussions difficiles. Puis que peut-être on était moins habilités à faire au début des opérations parce qu'on était habitués à des missions avec un environnement différent. Que ce soit, tu sais, les... les Balkans, Haïti, c'est des missions avec un contexte différent. Je ne me souviens plus qui vous avez passé entre eux, mais vous parliez de la moche, puis TSG, puis le hockey-ball, puis la politique de bière était différente, etc.

UNKNOWN

Fait que t'avais un...

SPEAKER_00

c'était pas un camp d'été, mais c'était vraiment différent comme approche que d'être à Kandahar. Parce qu'à Kandahar, que tu sois le gars sur un... patrouille ou un poste avancé ou que tu sois au QG de brigade ou QG de JT à Kandahar même. Oui, ceux qui étaient à l'extérieur du wire, eux autres, ils taquinaient ceux qui étaient à l'intérieur, mais ceux à l'intérieur, ils subissaient autant que... C'est sûr qu'ils étaient à CAF, ils payaient autant qu'à l'extérieur. Peut-être pas en danger physique immédiat, mais la blessure morale demeure. Quand tu as les écouteurs sur la tête et tu écoutes ce qui se passe, c'est énorme. Je pense que Au début, on n'était pas nécessairement... On n'était peut-être pas les mieux outillés. On avait des outils, mais on n'était peut-être pas mieux. Mais on apprend avec ça. La dernière fois qu'on a fait ça, c'était la guerre de Corée. Il n'y en a pas de dossier. Le son retenu, pas dans D1, le RID. Il essaie de trouver le son retenu de Corée. Il n'y en a pas. Il faut que tu passes ton travail à ça. Au début de la mission de combat, je faisais mon cours de Joint Command Staff Program à Toronto, le PCVMI, pour éventuellement être premier au Nain-Colonel. Le staff avait mis beaucoup d'efforts à parler de blessures morales, de voir, de façon académique, de voir le coup venir. On avait les premiers, dans mes pairs, on avait les premiers... commandant de compagnie qui avait servi au combat. Dans 20 ans, le système médical a changé. C'était incroyable de voir comment on peut prendre soin de notre monde. Après ça, quand tu fais ta transition vers le civil, j'ai fait une pleine carrière, mais libération médicale à cause d'une blessure au dos. De voir les outils qu'anciens combattants ont pour essayer d'aider nos membres, C'est sûr que moi, une blessure au dos, c'est plus facile à cerner. Une blessure morale ou une blessure mentale, c'est plus difficile. Mais il y a des outils. Je suis fier de voir comment la Défense nationale communique avec anciens combattants. Dans mes derniers jobs, quand je travaillais au commandement de personnes militaires, on travaillait avec anciens combattants. De voir l'échange de dialogues pour être capable de prendre soin de notre monde, c'est vraiment... incroyable et important. On espère juste que la vague de dépenses aujourd'hui ne mènera pas à des coupures trop raides, non seulement pour ceux en service, mais pour ceux qui ont servi. Pour nous tous qui... Tout le monde a le droit de bénéficier des services des anciens combattants, mais d'être capable de savoir que je m'occupe pas des appareils parce que j'ai de la perte de l'ouïe, pas mal normale de l'exerciceur, mais savoir que pour le reste de ma vie,

SPEAKER_01

je suis plus en charge. Oui, oui. c'est un bon sport.

SPEAKER_00

Je pense que c'est

SPEAKER_01

essentiel. On parlait de gestion de carrière tantôt, tu sais, des fois, les décisions difficiles. Au niveau d'un officier supérieur, mettons, à partir du grade de colonel, est-ce que ça change? Est-ce qu'on a plus, c'est-tu plus une discussion sur, mettons, tes objectifs que t'as, comment tu vois les prochaines années? Est-ce que ça se politise un peu plus? Est-ce qu'il y a un changement? Est-ce qu'on t'indique assez clairement, c'est ton dernier grade, j'espère que tu vas l'aimer, ou on a des projets? Comment tu résumerais

SPEAKER_00

ça? C'est un peu En fin de compte, c'est un peu comme... c'est pas mal semblable à quand tu deviens adjudant en main. Vraiment, pour les sous-offres, la grosse transition, c'est de partir d'adjudant à adjudant en main. Parce que c'est que la fameuse pyramide

SPEAKER_01

devient vraiment

SPEAKER_00

étroite. Et normalement, quand tu es adjudant, on vous demande de prendre certaines décisions, de prendre certains sacrifices, c'est voir Gage Town, voir Saint-Jean, peu importe. Ça, ça va te maintenir dans la pyramide pour aller de l'avant. Puis si tu décides de ne pas le faire, ça va peut-être te limiter. tu vas peut-être quand même devenir régional. Mais c'est que ça devient vraiment plus serré parce que là, on gère des petits nombres et donc, tu n'as pas un droit de vote. Tu peux indiquer tes intérêts, mais c'est que l'institution va commencer vraiment à prendre soin de...

SPEAKER_01

C'est un petit nombre

SPEAKER_00

de gens motivés aussi. Exact. Pour les colonels, c'est la même chose parce que là, quand tu tombes colonel, essentiellement, tu tombes, comme on dirait en anglais, « purple », tu deviens un atout du chef d'état-major de la Défense. Quand tu deviens colonel, tu appartiens encore à armé, ça c'est correct. Mais on est tous dans le... Quand t'es promu général après ça, le bassin d'être promu général, c'est pas un bassin armé, un bassin Air Force, un bassin marine, c'est un bassin. C'est sûr qu'il y a un certain nombre de positions qui sont dédiées, comme sur un NORAD, c'est Air Force, puis commandant de l'armée, c'est un gars de l'armée. Mais tu tombes dans un bassin, puis c'est que ça devient beaucoup plus dirigé. Fait que là, comme moi, c'est... Bon, mais Steph, si tu veux être promu, il faut que faire un tour en Afghanistan à cette époque-là. Après Afghanistan, la plupart des gars sont allés faire un tour en Irak. Tu faisais montrer que tu es capable d'opérer à ce grade-là. Après ça, je suis allé à Washington faire mon cours au National War College, qui est essentiellement le même cours qui se fait à Toronto, le National Security Studies Program. L'acronyme, je ne sais pas en français, mais c'est essentiellement le cours qui te permet d'accéder au grade de général. Après ça, l'armée a dit, Steph, tu t'en vas travailler pour le chef d'état-major de la défense. pour un an. Encore une fois, pour t'exposer, pour continuer à développer. C'est ça qui m'a mené après ça à prendre le groupe de soutien. L'armée m'a dit, on va te reprendre. Là, je suis revenu et je suis allé à Montréal pour la deuxième fois. C'est un vrai plaisir parce que là, je pouvais venir avec Artier une couple de fois par semaine pour aller voir les boys

SPEAKER_01

et c'était correct. Au niveau du commandement, ça a été quoi le niveau le plus intéressant

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

d'un point de vue

SPEAKER_00

personnel ou professionnel, c'est quoi le niveau de commandement que tu as le plus aimé avoir? Le commandement d'unité. Le 5e ROLC, en fin de compte, le CGR aussi, mais surtout le 5e ROLC, parce que le 5e, c'était le summum de ma carrière comme

SPEAKER_01

artilleur.

SPEAKER_00

Mais quand tu es l'équipe de commandement, l'SMR et le commandant d'unité, c'est vraiment le premier point dans ta carrière, tu vas être capable de devenir chef de l'institution. Tantôt, je pense que c'est toi qui as utilisé le terme l'institution. C'est la première fois que tu deviens garant des coutumes, des mœurs, des traditions, de l'importance de l'histoire du cinquième, etc. L'importance de la gestion de carrière. Oui, je le faisais comme major, mais comme commandant d'unité, chaque officier, je développais un plan de feu. Je m'assoyais avec et je disais, c'est quoi ton ambition au fil? Tu veux devenir commandant de la batterie? Si tu veux être commandant de la batterie, il faudrait que tu fasses ton cours de fou, ton cours de commandant de la batterie, ton cours d'IGU. On faisait... tout ce cheminement-là. Fait que je te dirais que le poste qui te donne... Le poste de commandement que j'ai aimé le plus, mais qui te redonne aussi le plus, c'est le poste de commandement à l'unité. Puis, si j'arroue, je l'ai fait comme major, mais c'était la même chose. C'était... exceptionnel, différent, parce que j'ai pas un historique long avec cette unité-là comme j'avais avec le 5e RLC, mais c'est vraiment... Pour moi, en anglais, c'est awesome. C'est exceptionnel, là. venir commander la maison mère. Mais tu sais, j'aurais pu être commandant de l'école d'artillerie, j'aurais pu être le commandant de l'école des chiffres des recrues puis ça aurait été pareil. Je pense que c'est vraiment la place que tu peux influencer le plus.

SPEAKER_01

C'est surprenant qu'un commandant limité a quand même beaucoup de pouvoir. Incroyable. Dans une carrière de psy, je pense que c'est une des places que tu as le plus

SPEAKER_00

de pouvoir. La meilleure explication que j'avais eue, c'est d'un chef d'état-major de la défense. J'étais dans une salle quand il expliquait ça au ministre. Si tu vas dans la loi de défense nationale, ils vont peut-être changer aujourd'hui, mais à cette époque-là, les deux, trois points critiques de commandement et des autorités et imputabilité au niveau des forces américaines reposent avec le commandant d'unité, le commandant de base et le chef d'état-major de la défense. C'est ces trois points-là. On a créé des outils administratifs pour faciliter ça, mais les trois point, tu sais, afin de... tu sais... le commandant d'unité va être la première fois dans ta carrière que tu es capable de dire « Bon, mais Phil, je te mets dehors des forces. » C'est la première fois. C'est vraiment que tu as la plus grande autorité sur les carrières. Tu as aussi une très belle autorité financière. Tu as une très belle autorité d'entraînement. C'est vraiment que tout arrive à ce moment-là. Je pense que c'est pour ça que c'est important de sortir du du régiment avant de revenir pour accéder à ces niveaux-là. Parce qu'il faut que tu comprennes la grosse machine qui est les Forces armées canadiennes de différents points de vue, que ce soit du système d'instruction, des projets, l'argent. Il faut que tu vois le tout pour être capable de parler avec une certaine autorité et de bien prendre les

SPEAKER_01

décisions. On en a parlé un peu, l'après-carrière, ton implication dans l'association, mais nous autres, on l'a tout vécu. Quand on sort des Forces, on on perd un peu de qui on est. On ne porte plus d'uniforme, on n'a plus de grade, on perd tout ça. J'imagine que c'est une espèce de deuil encore plus important quand on a été justement commandant d'une unité, commandant d'un groupe soutien. On a du staff, on a des adjoints, on a un chauffeur. Il y a du glamour autour de tout ça. C'est important. Comme moi, dire « tu », ça me roule dans la bouche parce que toute ma carrière, je t'ai vouvoyé. C'est-tu quelque chose dans le monde des officiers supérieurs qui se discute l'espèce de réalité

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Une fois qu'on est sorti, qu'on redevient un peu plus monsieur, madame, tout le monde. Comment c'est vécu ça au niveau des officiers supérieurs, ce départ-là?

SPEAKER_00

Je pense que c'est la personnalité. Il y en a qui ont d'énormes défis. Il y en a qui sont habitués d'avoir un staff et que tout le monde prend soin de toi. Il y en a qui vont trouver ça dur.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_00

j'ose gager qu'il y a certains adjudants-chefs seniors, ceux qui partent d'être décembre, être agent-chef de division, être agent-chef de l'armée. J'imagine, parce que tout le long, t'as un adjoint qui s'occupe de toi, j'imagine que c'est le même genre de problématique. Personnellement, moi, j'ai pas trouvé ça difficile parce que j'ai souvent pataugé dans des staffs entre les deux. J'ai toujours eu des équipes, j'ai toujours été le chef d'équipe, mais je m'occupais de moi-même, puis Je pense que ceux qui ont la plus grande misère, c'est parce qu'au cours de leur cheminement, ils n'ont pas fait autre chose. Moi, dans mon cheminement, j'ai coaché mes enfants au hockey et au soccer. J'ai été longtemps dans un scout. J'ai été chef de scout pour les enfants. Même en uniforme, j'allais aider mes enfants qui étaient cadets. C'était un peu bizarre pour les officiers des cadets, mais j'allais faire officier contrôle des chantiers pour leurs chantiers de billets Ils ont trouvé une façon de balancer le tout. Ils ont maintenu des loisirs, ils ont investi soit dans leur famille, peu importe, puis ils continuent. Le plus dur, je pense, c'est quand tu traverses dans la retraite, c'est de trouver ton... ton purpose.

SPEAKER_01

Ouais, ben c'est ça, c'était la question que j'avais en tête. Est-ce que t'avais une idée, toi, de tu voulais mettre

SPEAKER_00

ton temps?

UNKNOWN

Fait que...

SPEAKER_00

Oui. Oui. Oui, je savais que j'étais rendu... Pour ceux qui ont servi avec moi, ils le savent. La famille est toujours importante. Je savais que la famille était pour être dans mes objectifs. Ma conjointe et moi, on adore travailler. Deux carrières militaires. Elle a fait les Balkans, Haïti, l'Afghanistan. Moi, j'ai fait l'Afghanistan, les Balkans. On a fait d'autres exercices avec elle.

SPEAKER_01

On

SPEAKER_00

était en grande, ta femme, lieutenant-colonel? Oui, colonel. C'est ça, ce n'est pas n'importe quoi. On a fait des beaux voyages, mais pas tout le temps ensemble et pas toujours des places qu'on voulait retourner. On commençait à se prioriser sur ce qu'on voulait faire. Mais le meilleur conseil que j'avais eu, je le suggère à du monde, mais c'est sûr que la situation financière dépend et la famille. Un de mes mentors m'avait dit, Steph, si tu es capable, prends six mois après ta retraite. ne répond pas au téléphone, ne répond pas au courriel. Essaye de redécouvrir qui tu es. Ça inclut qui tu es comme couple. Nous autres, on a 34 ans de mariage la semaine prochaine. Ça nous a pris... Il fallait s'identifier là-dedans. Qu'est-ce que c'était pour... Qu'est-ce que la retraite ressemblait? Puis... Je me suis dit que la chasse était importante pour moi. Un loisir que je n'ai pas pu faire beaucoup de. Quand j'écoute Danny Sears, ça me fait rire un peu. C'est ça la réalité. Je me suis dit que je voulais me retomber dans mes loisirs. On veut voyager. On a deux belles pensions quand même. La maison est payée. Les enfants sont tous partis de la maison. Je ne me casse pas trop la tête avec l'université. On voulait faire des beaux voyages. Je me suis dit que c'était ce qui me manquait. ce que je réalisais, ce qui me manquait, c'est la famille régimentaire. Comment est-ce que je peux redonner à ceux qui sont en service? Pas juste parce que j'ai trois enfants en uniforme, mais parce que pendant 35 ans, les forces américaines m'ont tellement donné de choses. J'ai vu la carrière de mon père de 30 quelques années. Je me suis dit, OK, qu'est-ce que je peux trouver qui va me permettre de venir appuyer Non seulement mes fils, mais tous les militaires. Ma famille régimentaire s'est toujours votée à l'artillerie. Mais je me suis dit, peut-être au Nouveau National. Peut-être c'est que je vais me diriger pour être capable d'aider, non seulement au Nouveau National à l'artillerie, mais redonner en aide avec le régiment. Ça me permet de continuer à côtoyer ceux qu'on a connus. Parce que moi, je suis jaloux de vous autres. Vous n'êtes pas loin de Valcartier, moi. C'est cinq heures de route pour venir vers le quartier. Je ne peux pas... Même si on se connaissait assez pour que je sois dans le pool de hockey, c'est dur. Je parle du pool de hockey parce qu'il revient souvent dans les podcasts. Mais c'est bon. C'est ça la réalité. À travers cet engagement-là, comme je disais tantôt, je suis capable de rester à l'affût des discussions qui se passent dans la modernisation non seulement de l'artillerie, mais des forces armées canadiennes En parlant avec ceux qui sont encore au service, je sais certains des défis qu'ils ont, puis je suis capable de traduire ça pour être capable d'influencer. Mais je pense que l'affaire que je réalise le plus, c'est que malgré que les militaires, on est très bien payés, puis je pense que quand tu es en service, il y a beaucoup d'outils pour aider le militaire. Il y en a quand même en service qui sont en misère, puis quand tu es nouveau retraité ou même vieux retraité, La vie est dure. Surtout depuis une couple d'années. L'économie est ce qu'est l'économie aujourd'hui. Quand je regarde... C'est le programme d'aide qu'on fait au Nouveau National, le Gunner Peer Support Program. C'est un programme on vient en aide financière immédiatement. Il n'y a pas de paperasse à fournir. Il n'y a pas de délai de deux semaines. Si vous connaissez un artificier en service ou à retraite qui a de la misère, vous nous envoyez un courriel. On a un homme qui gère le projet. Lui, c'est Tom. C'est un ancien adjudant-chef, un ancien capitaine Lui, il a l'autorité. En moins de quelques heures, il est capable de donner un 500 $ rapide. S'il m'appelle et dit « Hey, Steph, il a besoin d'un peu plus. Moi, je peux mettre un autre 500 $. » Si c'est un peu plus, on convoque l'exécutif et on passe au vote si on veut donner plus. Ce qu'on est fier, c'est qu'on a commencé au cours des dernières années à faire des jumelages avec la fondation 5e Rolci, par exemple. Il y a un ancien du 5e qui est dans le trouble. La fondation chip-in, nous autres, on chip-in. Puis là, on est capable d'aider un membre. Les membres qu'on a aidés sont surtout sur la retraite, mais on les aide à passer à travers la crise qu'ils ont. Puis au niveau national, il y en a que la maison passe au feu. Il y en a qui refusent notre aide. Mais avant que les assurances kick-in et tout ça, il faut que tu héberges ta famille à l'hôtel, il faut que tu payes les repas, il faut que tu achètes les soutes de neige ou peu importe. On t'offre de l'aide. Le monde le prenne avec... Puis après ça, on reçoit des grands merci. On a aidé du monde avec des problèmes de santé, hospitalisation, toutes ces choses-là. Fait que je pense que dans ma retraite, c'est que moi, je me suis trouvé. Je suis rendu à un point que je n'ai pas besoin de travailler. Je ne suis pas aussi jeune que vous autres à ma retraite. Mes enfants sont tous partis de la maison. J'ai des chums de mon âge qui ont des enfants de l'âge de vos enfants. Fait qu'eux autres, on continue à travailler. Puis c'est normal parce que tu es allé à la retraite quand tu as un enfant au secondaire. Mais moi, je suis rendu au point que je me suis dit, est-ce que je suis obligé? Puis la réalité, c'est que la blessure que j'ai au dos m'empêche de faire certaines choses. Quand je voyage, on aime voyager avec notre fifth wheel, notre roulette-celette, mais d'habitude, ma douce et moi, on arrête aux deux heures, deux heures et demie. Il faut que je me tire. Je ne suis plus capable de taper des road moves comme on faisait à Gatesham dans le temps. C'est fini, ça. Oui, je monte au Nouveau-Brunswick, mais j'arrête aux deux heures, faire les étirements. C'est juste la réalité. Même quand je suis monté d'Ottawa avant-hier, j'arrête à Berthierville. Ok, étire, marche un peu. Ok, t'es prêt, t'embarques dans l'auto et continue. Si je fais une job... qui est un peu plus manuel. J'ai aidé mon gars avec une clôture la fin de semaine passée. On a fait du manuel toute la journée samedi. Mes gars font le gros du travail, mais moi, je suis penché, j'aide, je visse, etc. Le lendemain, fini. Retourne à moi faire mon yoga, retourne à faire les éticements. Il faut que je le fasse. Je suis en processus avec un ancien combattant. Ils vont se décider si je peux continuer à travailler ou pas. Comme vous avez discuté avec Pat Vachon, le fameux top-up, ce que je vois le garder ou pas, on verra. Mais entre-temps, le bénévolat que je fais avec l'association ou les discussions que j'ai avec les gens du cinquième, des gars comme Marc Tremblay, Alain Richard, Normand Brault, qui font tout ce qu'ils peuvent pour aider le régiment et les anciens du régiment, ça me fait un grand plaisir. C'est ça, c'est excellent.

SPEAKER_01

Est-ce que c'est plus difficile, à cause de la nature de vos carrières, les officiers, vous vous faites promener pas mal plus dans les postings, vous vous croisez dans vos carrières, vous tissez des liens, mais comme nous autres, les membres du rang, on travaille 10, 12, 14 ans ensemble. Tout le monde est installé autour de la base. Le réseautage est peut-être un peu plus facile. C'est-tu un défi dans les officiers d'avoir un contact avec les vieux chums par la nature de vos carrières que vous êtes comme un peu toujours envoyés partout au Canada dans les postings?

SPEAKER_00

Fait que oui. La technologie a facilité ça un peu. Mais oui, je pense que ça donne des défis supplémentaires parce que notre carrière, ce n'est pas juste nous autres, c'est nos conjointes aussi Quand tu déménages souvent, dans le cas de ma conjointe, ses amis étaient aussi dans un uniforme, mais dans d'autres, elle était logistique. Ses amis étaient peut-être dans d'autres choses. Chaque fois que tu pars, toi et ta conjointe, tu rebâties un réseau. Je pense que ce qui est aussi difficile, c'est pour la conjointe que le membre quand tu pars.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_00

En effet, c'est dur. Il y en a que... La fameuse mousse. Tout le monde... Vous avez tous connu mousse. Major Lacombe, right? Fait que mousse, c'est sûr que si je le vois à un certain moment, c'est comme si c'était hier. Mais... Mais c'est dur. C'est dur. On progresse... pas tout le monde progresser au même rythme. Il y en a qui vont rester captains, il y en a qui vont rester majors, puis il y en a qui vont avancer plus généralement. Puis quand tu avances, bien là, comme être membre du rang, éventuellement, il y en a un qui va être agent-chef, l'autre va peut-être être le cantinier, mais à un moment donné, c'est... Non, c'est sûr qu'il y a des défis de plus, puis la réponse à ces défis-là n'est pas être en restriction imposée. Non, j'imagine. C'est la mort. C'est pas la réponse. C'est un bon outil pour... une courte période de temps. Et moi, je l'ai fait deux fois à Montréal à cause de l'éducation des enfants parce que, tu sais, notre système n'a aucune équivalence au niveau national. Fait que là, partir d'un 12 ans en Ontario à la seconde heure 5 au Québec, c'est fou. Fait qu'il faut que tu prennes des décisions,

SPEAKER_01

mais... Je me souviens, quand j'ai switché officier, pendant mes phases, j'étais au cinquième en attendant un peu mon posting. À Noël, tu nous avais reçus chez vous. Ça m'a resté dans la tête. Tu avais expliqué à tes enfants jeunes qu'ils vont être mutés beaucoup et qu'ils vont perdre des amis. Ils sont aussi bien de se tenir solides entre eux autres parce que ça va être leur noyau. J'avais trouvé ça bien touchant comme façon de voir la famille. Oui, c'est exigeant. Les deux parents vont bouger, mais vous autres, vous êtes un team. C'est votre gang. Entendez-vous parce que les amis... vont rentrer et sortir de vos vies.

SPEAKER_00

C'est la gestion en tabarouette. Nous autres, on s'appelle la meute, le wolfpack. C'est les lois de la meute. Je suis fier de mes enfants. Ils se tiennent ensemble, malgré avoir 9 ans de différence entre l'aîné et le bébé. Ils sont au tête. C'est le fun à voir. Je vais dire honnêtement, la carrière militaire, parce qu'on a eu du bon temps avec du bon monde. Ils se souviennent de ça. Justement, ces Noëls-là, jouer au... C'était laser tag ou nerf? Je ne me souviens plus. On avait tellement d'officiers à cette époque-là.

SPEAKER_01

Shoot un

SPEAKER_00

général dans le foin avec son nerf. Mon fils plus vieux avait 15 ans. Mon officier le plus jeune avait... 20 ans. Il n'y a pas grand-chose de différent. Là, on est en train de faire... Tu reçois les officiers et les conjoints de chez vous pour Noël, comme veut la tradition. Là, les lieutenants sont en train de jouer au nerf avec mes enfants. Mais c'est correct. Pour les lieutenants, j'ai vu que la famille est importante. Pour mes enfants, je voulais qu'ils voyaient que ce que papa a fait est important. Je pense que c'est là... Moi, j'ai vu ça à travers la carrière de mon père. J'ai voulu partager ça avec avec nos enfants. Puis là, j'ose espérer que mes enfants vont voir que la valeur familiale contribue à la valeur de la famille régimentaire. C'est essentiel. Ça donnait

SPEAKER_01

aussi pour les jeunes lieutenants une image que c'est possible de mener ces deux aspects de vie-là très importants, la carrière et la famille, les mener de front les deux. Les exemples sont peut-être pas aussi fréquents qu'on le souhaiterait. Les forces, c'est un milieu difficile pour les

SPEAKER_00

familles. Puis je Je pense à début des années 90. Yann, tu es arrivé en 93 ou 94? Oui, en 94. Moi, je suis arrivé en 92. À cette époque-là, les conjointes, il y en avait peu qui travaillaient.

SPEAKER_01

C'était une autre

SPEAKER_00

réalité. C'était une autre réalité complète. Ma conjointe, dans ce temps-là, il y avait le club des conjointes, des dames. Ma conjointe, elle avait un job à temps plein. Je ne sais pas qu'elle ne voulait pas y aller, mais elle avait un job à temps plein. Comment est-ce que tu joues tout ça. Aujourd'hui, toutes les conjointes, surtout dans le contexte économique aujourd'hui, toutes les conjointes doivent travailler. Si toi, tu essaies de dire que le commandant veut nous recevoir ou que tu as l'affaire, elle va peut-être dire que j'ai fait mon 40 heures à la Banque nationale ou à l'hôpital. Je n'ai pas le goût de m'habiller. Je pense que si on commence

SPEAKER_01

tôt,

SPEAKER_00

comme tu dis, d'expliquer que c'est faisable, cette gestion-là. De faire comprendre que la famille est un élément essentiel de la famille régimentaire. Là, tu peux continuer. Il y en a d'autres... Je ne les connais pas tous, mais ça m'avait fait chaud au cœur quand j'étais revenu au régiment comme major, je pense. Je voyais le bombardier dans le temps, Desiel. Parce que moi, j'avais servi à son père. Son père était adjudant. Son père avait servi comme bombardier avec mon père. Je pense que si tu as une image positive, je ne dis pas que tous les enfants vont venir servir au Saint-Germain-Rolsey, mais si ils ont une image positive, ils vont peut-être être attirés à porter l'uniforme et venir au service des Canadiens et des Canadiennes. Ça peut être dans la force de réserve, ça peut être dans la force régulière, ça peut être dans la force policière, mais je pense qu'on a besoin de monde et qu'ils vont venir en aide au Canada. Je pense qu'on peut faire un bon exemple à travers nos carrières et avec nos conjoints.

SPEAKER_01

Avec 35 ans de carrière et déjà quelques années de recul sur le service actif, qu'est-ce que tu aurais envie de dire à un jeune officier? Je pose souvent cette question-là. Les officiers, on en a reçu moins. On n'a reçu pas en début de diffusion. Tu as connu plusieurs armées dans ces 35 ans-là. La décennie noire des années 90, les Bosnis après ça toute la transformation de l'Afghanistan puis après ça même dans les années 2020 je veux dire c'est un c'est un spectrum d'années assez impressionnant avec beaucoup de choses qui se sont passées comment t'encouragerais un jeune qui se dit je suis l'officier le comté tu sais y'a-tu quelque chose que t'aimerais lui souligner ou encourager pour dire regarde attends-toi assis attends-toi à ça ou prépare-toi à ça ce serait quoi que t'aimerais partager si j'avais 20 ans puis je voulais être officier puis tu m'encouragerais

SPEAKER_00

à le faire une bonne question très bien Je pense qu'il faut juste accepter. Je suis chanceux d'avoir des garçons qui sont dans leur vingtaine, début trentaine. Je pense qu'aujourd'hui, quand les jeunes rentrent, même avoir 20 ans ou 25 ans de carrière, il n'est pas ce n'est même pas dans leur imagination. Il y a beaucoup de monde que ça va être fait ton 4 ans au collège mutaire, ton 5 ans de service obligatoire pour les officiers et puis tu quittes. Les membres durant, c'est 3 ans, 3 ans, 3 ans, 3 ans, 3 ans, après ça 6 ans. Dans ce contexte-là, sachant qu'ils ne voudront pas s'engager nécessairement à long terme, mais ils veulent vivre une aventure, je pense que le conseil, c'est... Il y a peut-être deux ou trois volets. Le premier, c'est de vraiment... on va s'attendre que tu t'investis dans le métier, mais en fin de compte, tu t'investis en toi-même. Peu importe le cheminement que tu choisis, l'investissement que tu fais n'est pas pour l'institution, mais pour toi-même. Si tu fais le mieux que tu peux, que ce soit à l'école d'équipe de recrues, au centre d'instruction, à l'école à Gage Town, pour devenir le meilleur lieutenant possible, la troupe va le voir. La troupe va avoir confiance en toi et cette confiance en toi va faire de toi un meilleur. Les sous-officiers vont se dire « Il est bon, c'est le lieutenant Bouffé. Je vais le coacher. » Je ne dis pas que j'étais pas loin d'être le meilleur, mais j'ai eu des très bons mentors comme adjudant, des gars comme avant toi, peut-être que tu as connu Joey Dulon, Ron Wynn, Rolly Lambert, Jean Léveillé, Marius Dumont, mon premier sommaire, un vrai mentor Faut que tu t'engages pour en sortir le plus de ton expérience. Que ce soit pour 9 ans, 20 ans, 35 ans, faut que tu t'investisses. Je pense que c'est le premier conseil que je ferais. Le deuxième, c'est... Rien ne va se passer comme tu penses que ça va se passer. Accepte-le. Accepte-le que ça va arriver et que les timings ne sont pas les meilleurs. Pour que ce soit, tu veux te fiancer, tu veux te marier, tu veux avoir une famille, peu importe, tu ne t'en as pas de partir, mais là, tu pars. Quand je suis parti pour la Bosnie la première fois, en exercice fin de... Aujourd'hui, on appelle ça une montée en puissance, mais on était à Kingston, puis là... le général Laroche à l'heure majeure il vient me voir il dit Steph il dit t'es supposé partir dans 6 semaines il dit tu pars dans 5 jours pardon mais c'est parce qu'il y avait quelqu'un là-bas qu'il fallait qu'il sorte du théâtre puis ok fait que moi je suis allé pour travailler dans la deuxième brigade pendant un mois et demi avant que la cinquième brigade arrive ça a juste bien tombé que ma conjointe était en même exercice fait que je suis pas avec ma conjointe mon garçon était avec ma belle-sœur qui était à Kingston fait que on pogne le game pognes ma conjointe, remonte avec Cartier, pognes tout le monde. Fais le petit congé d'embarquement qui n'était pas vraiment un congé d'embarquement parce que là, il me restait comme cinq jours. Fait que là, c'était paquer les petits dollars puis part, right? Fait que je pense qu'il faut que tu t'attendes que la vie n'aura pas le déroulement que tu penses. Fait que peu importe ton plan de feu, ton plan de cheminement idéal, ça se passera pas de même.

UNKNOWN

Fait que tu sais, accepte.

SPEAKER_00

Puis c'est pas par méchanceté, c'est juste qu'on est au service du gouvernement, right? Fait que si tu acceptes qu'il faut que tu sois le meilleur que tu peux, que tu sois flexible à travers de tout ça, tu vas voir, le dernier élément pour le succès, c'est les relations personnelles, les relations humaines. Ça, c'est les chums. Comme j'avais expliqué à mes lieutenant dans le temps, quand j'étais commandant, parce qu'il y avait certains de mes sous-officiers que trouvaient ma relation avec certains sous-officiers un peu différente de ce qu'ils avaient appris. On se souvient tous de Fugère. Moi, Fudge, ça a été Fudge depuis que je suis lieutenant. Pas ça son nom. On parlait Fudge. Mais tu sais, tout le monde, quand j'avais le jugement, il chauffait mon poste de commandant dans la batterie. On arrive ensemble. Dans le PC, on travaillait dedans. Des fois, il y a des surnoms, mais on réalise que le lieutenant, c'est le lieutenant. C'est correct. J'ai toujours eu le respect de tous les sous-officiers. Tout le monde m'appelait par mon grade ou par... par monsieur, puis c'était correct. Mais pour mes officiers qui avaient été appris que tu appelles toujours Bombardier-Méthode, Bombardier-Méthode, pas Yann, c'était un peu... Ils trouvaient ça dur. Fait que là... Puis je n'ai pas eu une couple qui appelait leur... Ils disaient, Yann, pourquoi tu l'appelles Yann? Mais il travaille pour moi. Oui, c'est ça. Oui, non, non, mais ce que tu vois, ce que tu vois, moi, ce que je fais, je fais avec quelques-uns, puis ceux que j'ai travaillés le plus longtemps avec parce que notre relation professionnelle est devenue une amitié, comme Marc Cabana, c'est un autre exemple. Mais moi, je suis capable de trouver la ligne. Toi, tu as comme six mois de fait au régiment. Tu n'as pas encore. Mais le fait que tu aies une belle relation avec Yann, ça, c'est de toute beauté parce que cette relation-là va te servir à tout ton service. Elle va te permettre de passer à travers les moments imprévisibles et elle va te permettre de de te parfaire. Parce que tu as besoin de toute cette équipe-là, de cette famille régimentaire-là pour devenir le meilleur possible. Dans mon expérience, quand tu as une bonne équipe, Tout est possible.

SPEAKER_01

Il n'y a rien d'impossible. Avant qu'on ouvre le micro, on parlait de l'espèce de questionnement, comment tisser des liens entre ceux qui sont ça. Puis un peu aussi donner un souffle de fraîcheur aux associations d'anciens. Il y a-tu quelque chose que... Je me prends comme exemple, on en discutait. Moi, j'ai eu besoin de vouloir rien savoir de rien de ça pendant une couple d'années pour des raisons qui m'appartiennent. Je pense qu'on les a tous, mais Ça revient, ça, ce besoin-là d'aller rechercher le lien, puis le réseau, puis le régiment. Même ma blonde a servi. Ma blonde aussi a une carrière pleine. On rentre sur la base de Valcartier, on se sent chelou. Qu'est-ce que tu pourrais dire pour encourager les anciens qui se demandent un peu comment peut-être s'impliquer ou qu'est-ce qu'ils pourraient faire pour garder le lien avec l'association, ton expérience, puis tout? Y a-tu quelque chose que tu voudrais passer qui encouragerait ce monde-là à dire « Hey, viens nous voir parce que c'est important, puis on veut ci, on veut

SPEAKER_00

ça. »

UNKNOWN

Merci.

SPEAKER_00

Y'a-tu des bons mots? Probablement pas, mais y'a peut-être deux, trois événements qui vont le faire. Le premier événement que je vais dire est un événement triste que tu verras pas, mais ça va être tes funérailles. La tienne, right? Fait que si tu maintiens des liens avec ceux à qui tu as servi, que ce soit un ami proche ou pas, quand le fil va passer... Ce ne sera pas juste Yann qui va aller à ta funéraille. Ça va être les autres anciens qui sont proches. Si je le sais assez d'avance, je vais venir d'Ottawa pour aller à la funéraille. ça va venir toucher, c'est ta conjointe, c'est tes enfants, c'est ta famille. Ils vont dire « Hey, il n'a pas fait ça pour rien. » Il faisait part de quelque chose d'important. Je pense que ça, c'est un événement important. Le deuxième, c'est des événements importants dans les histoire de l'unité comme celle que j'ai participée hier. En 2028, ça va être le 60e du 5e RLC. Je ne sais pas quel événement qu'on va faire. Vous allez vous souvenir au 50e. Au 50e, on avait été au lac de l'Âge. Là, quand tu commences à te retrouver là... Il y a un paquet de monde avec qui tu as perdu contact. Là, tu vas renouer ces liens. Parce que, je ne sais pas, Chum X, il avait pris sa retraite à Montréal ou à Ottawa. Là, il va venir parce que c'est important. Là, tu renoues les liens. Je pense que des événements de même font qu'on renoue les liens. Puis là, ça va devenir quelque chose de positif pour les jeunes à voir comment on se tient ensemble. Je pense que la dernière chose, c'est qu'en s'impliquant dans une organisation comme l'Association du 5 MHz, ça fait le même effet, mais plus grand que... Je reviens encore à votre poule de hockey. Dans la poule de hockey, vous êtes principalement des artilleurs. C'est la même gang qui faisait le poule de hockey quand il était encore en uniforme. C'est un

SPEAKER_01

poule qui existe. Je pense que ça a parti

SPEAKER_00

quasiment vers le 90 dans ce coin-là. Moi, ce que je peux dire, c'est que les officiers ne t'ont

SPEAKER_02

pas invité. Mais c'est

SPEAKER_00

correct. On ne veut pas de votre argent. C'est bon. Je pense que Quand vous faites votre pool de hockey, on parlait de voyage de pêche. Évidemment, on parle de hockey, on parle de social, mais on est ensemble. Tu es capable de... Toi, tu regardes Yann, Yann regarde Phil, il est capable de dire... Tu veux prendre un café? Je pense que quand on fait les regroupements à travers l'association, puis Marc Tremblay fait ça de façon exceptionnelle, il y a des groupes de rencontres, il y a des soupers spaghettis, whatever. Ces choses-là font qu'on se retrouve. Puis là, tu vas... Tu vas voir du monde qui sont plus vieux que toi, qui ont pris leur retraite avant toi, ou peut-être du monde qui sont plus jeunes que toi. Là, on maintient les liens de la famille régimentaire. Je pense que c'est ça qui est important. Notre famille est importante. La maison, la famille biologique, il n'y a rien de plus important que ça. Mais la famille régimentaire, c'est très proche parce que c'est eux autres qui nous ont vus dans les hauts et les bas de nos carrières. Encore plus pour vous autres, parce que les membres du REM, Quand tu as servi, dans ta carrière, tu as fait quasiment la totalité au cinquième.

SPEAKER_01

De mon côté,

SPEAKER_00

oui. Au centre d'instruction. Quand tu as fait, je ne sais pas, sur 25 ans, tu as fait 20 ans au cinquième RLC.

SPEAKER_01

On a créé des liens beaucoup

SPEAKER_00

ensemble. J'encouragerais le monde, dans le cas du cinquième, pour ceux qui sont à l'écoute, de contacter. Ils ne savent pas comment je peux vous donner le contact mais sur Facebook, vous pouvez trouver le groupe des anciens de Saint-Germain-Ralcy. À travers le régiment, vous pouvez trouver l'association avec Marc Tremblay.

SPEAKER_01

Est-ce qu'on parle de Marc Tremblay qui a commandé en

SPEAKER_00

97? Ça a été mon premier commandant. Il est encore imputé avant. Marc, c'est un pilier pour la famille régimentaire. Je pense qu'il mérite toutes les louanges qu'il peut avoir, mais on a besoin de continuer à tisser les liens, non seulement avec lui et les autres qui ont servi. Je suis C'est de toute beauté. Chaque année, ils vont à la Maison Paul-Triquet. Ils vont voir les anciens, bien plus vieux que nous autres. Les gars que vous auriez vus sur des parades régimentaires ou des dîners de la troupe, ils vont encore les visiter. Il y a des gars qui, chaque année, il y en a une couple qui organise le fameux souper spaghetti. On fait une levée de fond de ça pour donner à la fondation. C'est des belles choses que l'association permet. Pour vous autres, pour ceux qui sont dans la grande région de Québec, c'est surtout local. Nous autres, à Ottawa, on essaye de faire un groupement de temps en temps. C'est surtout des officiers, quelques sous-officiers seniors qui ont pris leur retraite dans le coin. C'est pas actif comme ici, mais c'est de toute beauté. Chaque fois que je vois les photos et que je vois le monde ressortir, c'est le fun au bout. Ceux qui sont à l'écoute, qui sont de l'artillerie, venez nous donner un coup de main. Pas juste pour nous donner un coup de main, mais pour vous donner un coup de main. C'est pas dans cinq antennes que tu vas voir l'importance. Je pense que quand tu vas être dans la fin 60, début 70, que tu vois... Je pense que ça va

SPEAKER_01

être là. C'est très bien, je trouve. Parce que, tu sais, ça passe vite. On discutait la même affaire, nous autres, on s'est demandé. On n'est plus capables de rendre raison dans le dernier demi. Avec un recul sur ta carrière, peux-tu nous nommer un bon coup que tu es vraiment fier d'avoir réussi et quelque chose qu'au niveau peut-être de la gestion de ta carrière, tu referais différemment. Y'a-tu quelque chose qui te vient à l'esprit comme ça, tu sais, que tu disais, ça c'était hot, pis ça, ben peut-être que j'aurais

SPEAKER_00

pu... Fait que le bon coup que j'ai fait, qui va peut-être paraître insignifiant, c'est quand j'avais demandé, au niveau très personnel, j'avais demandé au général Tremblay de pas aller à Kaboul avec vous autres. Parce que ma femme était enceinte de mon quatrième, pis ma femme était prête, elle a dit, vas-y, c'est important, t'sais, J'étais supposé être le major, le supérophobe dans le CCFA. Je venais de faire la montée en puissance à Fordrum et Sherbrooke. Elle était 4 mois enceinte. Elle était rendue 7 mois enceinte. 3 autres enfants à la maison. Elle gérait sa carrière. Je pense qu'au niveau personnel, ça serait le mot de... de caution, si on veut, à tous ceux qui servent, que ce soit officiers ou sous-officiers, soyez honnêtes avec la chaîne de commande.

UNKNOWN

Transparente.

SPEAKER_00

Soyez transparentes. Si vos attentes, si la chaîne de commande est claire sur vos attentes, on est capable d'aider. Des fois, on va dire, oui, on sait que tu es à la Saint-Jean, mais on a besoin de toi à Gage Town. Si on est capable d'avoir une discussion en adulte, on est bien. Ça, c'est un bon coup. Il y a beaucoup d'accomplissements militaires duquel je suis très fier. Mais, tu sais, au niveau très personnel, je pense que quand j'avais pas mis le pied à terre, mais tu sais, j'avais demandé poliment, est-ce que je peux? Puis, Ça m'a servi, ça. J'étais le premier major après d'avoir pris un congé parental. J'ai pris un mois. Pour moi, ça m'a permis de mener, par exemple. Ça, je pense que c'est un bon coup. Peut-être pas ce que tu t'attendais à un point de service,

SPEAKER_01

mais c'est ça.

SPEAKER_00

Je pense que une chose que je regrette, Je sais trouver comment l'articuler, mais je regrette d'avoir dit oui aussi souvent. Autant que j'avais dit non cette fois-là, j'ai souvent dit oui. Les oui menaient deux fois à être en récession imposée et autre chose. Au niveau personnel, ça a été très rough. Je ne cache rien. À la maman X, on a même fait une thérapie de couple. Pas parce que on était sur le bord d'aller vers une rupture de couple, mais c'est juste parce qu'il fallait se retrouver en couple. Dans ces années-là, j'ai fait un an à Erie, à Montréal. J'ai fait un an à l'école à Washington. Un an pour le CDS à Ottawa. Ça, c'est comme être à Erie, mais tu es à la maison. J'étais parti tous les fins de semaine. Après ça, j'ai fait deux ans à Erie. En cinq ans, j'étais à la maison un an quand j'étais à Washington. C'est une belle année. On a bien vécu. Mais sur cinq ans, j'étais essentiellement pas à la maison pendant quatre ans. C'est tough. Puis j'aurais dû... Ma femme est dans le service, donc elle ne voulait pas m'empêcher. Moi, je voulais aider l'organisation le plus possible. Je ne disais pas non. J'aurais peut-être être un peu plus transparent dans mes défis, mais ça Peut-être pas la réponse que tu cherchais, mais c'est très personnel. Ça revient à la transparence. Je pense que quand j'écoute tes podcasts, les autres éditions, plusieurs personnes ont reflété que... Exemple, Gay Chambre. Plusieurs ont dit qu'ils ne voulaient pas aller à Gay Chambre. Comme... dans le système voudraient être meilleurs. dans la gestion des attentes. Il faudrait commencer plus tôt. Quand la méthode est rendue chef, tu es prometteur anti-pêché. Éventuellement, il va falloir que tu ailles à Gage

SPEAKER_01

Town. Il y a un autre autre Gage Town qu'on rentre dans les forces. C'est faux. Même toi, moi, aujourd'hui, je me dis, pourquoi je n'ai pas voulu aller à Gage

SPEAKER_02

Town?

SPEAKER_01

C'était correct, Gage Town. C'est parce que quand on est des gonneux, on va passer nos états à Gage Town dans le clou, on fait notre temps, on va en venir plus. Puis là, on voit dans les K-Lines, on voit le building de la W, on disait, c'est un bevet, puis on ne veut jamais retourner là. Tout le monde qui va là, ils ont tous dit qu'ils ont aimé ça. Nouveaux familles, c'est idéal. Tu sais, je veux dire, il y a tout à l'échec de

SPEAKER_00

Bretereux, en fait. Oui, mais je pense que c'est dans la gestion des attentes. Si tu es capable de... Tu sais, parce que toi, tu y as vécu. Tu as fait des défis différents. Mais tu sais, si tu serais revenu au 5e RLC comme... Et tu avais Quelqu'un qui venait te voir dire, « Hey, capitaine, ils veulent m'opposer à la gaie de chambre. » Là, tu es armé à avoir la discussion et dire, « OK, regarde. Oui, ta première année sur Kodak IG ou IG, ce ne sera pas facile. » Mais tu n'es pas sur les bancs d'école. Tu n'es plus sur ta formation. Tu vas avoir quand même une vie de famille. Une fois que tu vas être dedans, c'est de toute beauté. Moi, c'est ce job-là qui m'a permis de vraiment rayonner à travers l'artillerie au niveau national, parce que c'est la seule opportunité que la communauté anglophone, je vais dire, le reste de la théorie peut devoir, parce que sinon, dans un sens, on est

SPEAKER_01

insulaire. Les francophones, un peu

SPEAKER_00

plus. Il faut y aller, mais en tout cas, dans la gestion des attentes. Je pense que c'est ça. J'ai bien fait quand j'ai dit non pour Kaboul. J'aurais dû, peut-être, avec ma douce, avoir une meilleure discussion pour être capable de dire... pas nécessairement à dire non, mais il y a-tu des options qui ne me forcent pas pour aller à Montréal? En expliquant, je ne suis pas capable d'y aller. L'éducation de mes enfants, le système de santé qui n'est pas compatible avec l'Ontario pour mon gars qui a une maladie chronique, comment

SPEAKER_01

est-ce que...

SPEAKER_00

Oui,

SPEAKER_01

l'équilibre de tout ça. Ma question m'est revenue et je l'ai notée, pour ne pas l'oublier. Mais, tu sais, tu as encore le pouce à Réalité des forces. Tu es sorti en 2022, c'est quand même récent. Est-ce que tu es confiant pour le futur des forces? Est-ce que tu sens que ça va dans la bonne direction, que l'énergie est là, les jeunes officiers? Est-ce que tu as un sentiment positif par rapport à la génération qui pousse derrière nous et que tu es confiant que les prochaines années, ça va être intéressant de servir

SPEAKER_00

les forces canadiennes? Oui, mais... Oui, je pense que le gouvernement qu'on a, qui peut faire l'investissement qu'on veut, va permettre aux futurs artilleurs, d'avoir les équipements qui vont leur permettre de faire la job de façon qu'on n'a peut-être jamais vue sauf une courte période de temps. À un moment X, on avait les nouveaux objets, on avait les Radar, les M-Star, les CMR, les whatever. On était bien équipés. Ça n'a pas duré longtemps parce qu'on avait mal géré l'achat de l'équipement, etc. On n'avait pas pour autant. Si on livre bien les projets, les les artilleurs vont être hyper bien équipés pour livrer sur leur mission opérationnelle. Le défi qu'ils vont avoir, c'est dans le personnel, parce que pour faire cela, il va falloir qu'ils recrutent de façon massivement. Les jeunes d'aujourd'hui n'ont pas la même... le même sentiment d'appartenance, les mêmes valeurs que vous aviez dans votre jeune temps que moi, j'avais. Et comment est-ce qu'on va les... Je n'ai pas le bon terme, mais je vais dire comment est-ce qu'on va les endoctriner, les assimiler dans le régiment pour qu'ils voient ça comme... une famille régimentaire et non un 8 à 4. Il faut que le monde accepte que c'est un... C'est une façon de vivre. Tu ne le veux pas. Tu es capable d'avoir une famille à travers ça. Tu es capable de jouer au hockey et avoir tes loisirs. Mais c'est un engagement de vie de le faire comme il faut. Ma crainte, c'est qu'il y en a qui vont le faire. Il y en a qui vont excéder. Mais je ne suis pas certain si tout le monde va avoir ce même système de valeurs-là pour le faire. Il y a des programmes intéressants pour rentrer les jeunes. La Marine fait ça à l'expérience d'un an pour dire, voulez-vous vraiment faire ça ou pas? Il y a des programmes pour essayer de rentrer les résidents permanents. Ça peut être intéressant. Mais encore, je reviens à l'histoire des valeurs. Est-ce qu'on est capable de rentrer ce monde-là pour s'assurer qu'il assimile ce que nous autres, on voit comme important dans la valeur de l'unité?

SPEAKER_01

Oui. On va faire face à une nouvelle génération aussi. On ne veut pas qu'ils pensent autrement que la génération qu'on a vécue.

SPEAKER_00

On le voit dans les médias. Les jeunes, il y a beaucoup de jeunes qui sont centrés sur eux-mêmes. Ce ne sont pas tous les jeunes, mais il y en a beaucoup. C'est me, myself and I, comme on dit en anglais. Ma crainte, les outils vont être là. Je suis confiant que si le cap continue, ils vont être très bien équipés. Les missions sont... intéressante. Le monde a besoin de plus. Les forces armées canadiennes ont besoin de plus d'artillerie. C'est excitant. Mais la clé du succès va être le personnel.

SPEAKER_01

La

SPEAKER_00

rétention du personnel. La rétention. Il y a du monde qui va être promu rapidement. Que ce soit des membres du rang ou sous-officiers et officiers. Il va falloir qu'ils relèvent les défis de terre. C'est... Ça va tout passer par là. Je pense que c'est que, pour revenir à ta question, nous, notre rôle là-dedans, comme vétérans, comme anciens, c'est d'aider ceux en service à comprendre qu'on est une famille et qu'on est pour aider aussi. Je ne sais pas comment articuler ça mieux que ça. C'est bien articulé. Avec Cartier, avec la cinquième, c'est particulier. On n'est pas une grande famille. C'est un village de Gaulois. C'est vrai.

SPEAKER_01

Exactement. On

SPEAKER_00

est différents. Je pense qu'ils ont besoin. Je regardais les jeunes, quand je donnais la main à Frank Pérez hier ou à autres, quand tu vois le monde avec qui tu as servi, ils ne réalisent pas que Frank habite là-bas, moi j'habite à 5h par là, André Richard m'attend. Mais on se retrouve tous et c'est comme si on avait toujours été ensemble. Je pense que c'est ça qu'ils ont besoin. Le cinquième rasier va être carré, mais... Il va y avoir des défis de taille, mais je pense que ceux qui sont à l'écoute peuvent jouer un rôle là-dedans. C'est peut-être dur pour certains d'accepter qu'on a encore un rôle à jouer parce qu'on n'a plus de forme, mais je pense qu'on a encore un rôle à jouer, à venir en aide. Avec ce qu'on

SPEAKER_01

peut

SPEAKER_00

faire. Comme notre podcast. Absolument. Je vous félicite. Votre podcast, moi, j'adore les écouter. Ça me ramène toujours des souvenirs. J'aime la façon que vous capturez les vignettes de service, les émotions du monde. Je vous souhaite le meilleur des succès avec ça. C'est un très beau projet.

SPEAKER_01

Merci beaucoup. Merci aussi de nous avoir encouragés dès le début. Dans les premières émissions, on a reçu des messages d'encouragement. Même moi, j'étais touché. J'étais comme tabarouette. Gros merci. Super carrière. C'est un beau partage aujourd'hui. Ça va être un des bons épisodes qu'on a enregistrés. Félicitations pour ta carrière et ton après-carrière, ton implication. C'est vraiment un bel accomplissement. Je m'en tirerai pas que ça donne le goût de tête de s'impliquer un peu. C'est ça

SPEAKER_00

que je me disais. Il va peut-être falloir se mettre à donner un petit peu plus en famille régimentaire. On a tellement de beaux souvenirs ensemble. Il y a des choses que on garde ça entre nous autres parce qu'il y a des choses que des fois, on a fait des petites naiseries, mais c'est correct. C'est des bons

SPEAKER_01

souvenirs.

SPEAKER_00

Ça, je m'en rappelle plus. On s'en rappelle plus. Ferme le micro. Merci beaucoup. C'était très généreux de ta part. Merci beaucoup. Salut moi. À

SPEAKER_01

la prochaine.