Vieille fille

Chloé, le refus du couple hétéronormatif

Season 1 Episode 7

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0:00 | 59:53

C'est au coeur de la forêt humide, aux milles odeurs, que nous avons conversé et partagé ce moment hors du temps. Chloé, parce qu'elle a eu des relations qui lui ont apporté plus d'embarras que de joie, a décidé de sortir de la norme du couple hétéro, où le patriarcat n'est jamais bien loin... Et son attention, elle préfère la diriger à présent vers tout autre chose, d'autres causes, le féminisme notamment! Car selon elle, nous perdons, nous les femmes, beaucoup trop de temps à penser aux hommes. L'amour, elle y croit, mais elle préfère le consacrer à d'autres sources, la nature notamment, qui lui apporte beaucoup (plus?) de quiétude et de sérénité. 

SPEAKER_01

Bonjour et bienvenue dans Vieilles Filles, le podcast des femmes célibataires et sans-enfants. Alors aujourd'hui, je suis avec Chloé. Bonjour Chloé. Bonjour Anne. Est-ce que tu peux me dire déjà

SPEAKER_00

est-ce qu'on se trouve

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors on est au cœur de la forêt de Swine, juste en bord de partie réserve... enfin Natura 2000 c'est mon jardin pour ainsi

SPEAKER_01

dire est-ce que c'est un endroit tu viens souvent de par ton statut de femme célibataire tu

SPEAKER_00

penses

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ça je ne sais pas trop mais en tout cas j'ai une attirance très claire pour l'environnement et pour cette forêt qui est juste fantastique majestueuse et tu y viens souvent

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

oui j'essaye tous les jours Et des fois, c'est compliqué, surtout les jours je dois aller au bureau. Mais voilà, j'essaie d'y aller certainement le plus possible. Et ça t'apporte quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tant de choses. De l'inquiétude, de l'apaisement, de l'émerveillement. Il y a plein de choses à voir, en fait. On a l'impression qu'ici, il n'y a pas de bruit, mais en fait, ce n'est pas vrai. On entend les oiseaux, on entend les gouttes qui tombent, comme maintenant, parce qu'il a plu. Et puis, là, juste à l'instant, je viens de voir un carabe à reflets dorés. Donc, c'est une sorte de coléoptère magnifique. Donc, voilà. Quand on observe, on peut voir plein de choses. Et c'est ce que je recherche. Alors, le titre du podcast, tu le connais, vieille fille. Est-ce que, toi, tu te considères comme une vieille fille mais non enfin déjà je ne me sens pas vieille je me sens probablement encore une fille même si voilà on me dit de plus en plus madame et ça me convient parfaitement parce que mademoiselle je trouve que c'est plus de notre temps en fait de traiter des femmes adultes de demoiselles je connaissais même pas en fait cette expression quand j'avais la vingtaine j'avais eu une rupture j'étais assez triste et c'est mon père qui me l'a fait découvrir parce qu'il m'a dit alors que je pleurais tu as peur de devenir une vieille fille Et je n'ai pas compris. Sur le moment même, j'étais trop prise par mon émotion. Mais après, je me suis dit, mais qu'est-ce qu'il a dit

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En fait, c'est complètement ridicule. Et je trouve que cette expression est complètement stupide. On ne parle pas de vieux jeunes hommes. Ça n'existe pas. Vieux garçons. Vieux garçons.

SPEAKER_01

Oui, ça, ça

SPEAKER_00

existe. OK. Mais ça n'a pas l'air aussi péjoratif, j'ai l'impression. Ah

SPEAKER_01

oui, tu trouves,

SPEAKER_00

oui. J'en sais rien.

SPEAKER_01

Oui, ça... c'est quand même, en général, c'est marrant parce que je trouve que les hommes, souvent, quand on dit qu'ils sont vieux garçons, on les imagine encore habiter chez leurs parents. Alors que la vieille fille, moi, je pense que j'en parlais dans un précédent podcast, je me suis rendue compte, il n'y a pas longtemps, j'étais en vacances en Italie avec ma mère et ma soeur, et je me suis dit, mon Dieu, mais une autre époque, comme je ne suis pas mariée, j'habiterai encore avec ma

SPEAKER_00

mère. Oui, c'est vrai, parce qu'on ne serait pas autonome, en fait. Oui, et puis, je ne sais pas, pour moi, cette... cette expression elle renvoie à comme si on n'était pas apte à être en couple aussi totalement ou comme si on était trop laide ou trop bête et forcément on doit avoir du poil au menton et être un rebut de la société oui je sais pas moi non je me sens pas une vieille fille je sais pas en tout cas pas comme c'est considéré justement avec tout ce que

SPEAKER_01

tu dis il y a deux choses sur lesquelles j'ai envie de rebondir tu disais tout à l'heure je me considère d'air pas vieille et ça pour la petite anecdote moi je me rappelle que Katia qui était interviewée précédemment m'avait déjà parlé de toi quand je l'avais rencontrée il y a 3 ans mais à l'époque tu étais plus jeune et moi à l'époque mon documentaire je voulais le faire sur les femmes de plus de 45 ans alors elle me disait non mais Chloé elle est géniale elle a plein de choses à dire j'étais oui mais bon comme elle est jeune si ça tombe tu vois à un moment elle va se caser rencontrer quelqu'un avoir des enfants et en fait force est de constater qu'on est 3 ans plus tard et tu n'as

SPEAKER_00

pas changé mais alors non j'ai pas d'enfant, ça c'est sûr j'en aurais pas j'ai été en couple depuis, enfin très régulièrement depuis l'adolescence et ça a changé quand on rentre dans une relation on sort d'une relation, il y a des périodes de célibat maintenant ça fait plus longtemps que je suis pas en couple et donc célibataire c'est un terme que t'aimes pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

oui je sais pas, je trouve qu'il est aussi connoté d'une certaine manière mais encore une fois rien n'est définitif bon moi dans l'état d'esprit je suis, j'ai pas envie d'être en couple. Mais peut-être que d'ici quelques temps, des années, des mois peut-être, j'en sais rien, que des éléments vont faire que je vais changer la vie et je serai ouverte à ça. Mais là, à l'heure actuelle, à ce stade, ça me convient très bien comme ça. Et pour quelles

SPEAKER_01

raisons est-ce que t'as plus envie d'être en

SPEAKER_00

couple

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Mais pour plein de raisons. déjà je pense qu'il y a un enjeu des dernières relations que j'ai eues qui ont été décevantes après coup on réalise qu'il y a eu beaucoup de manipulations de violences des tas de choses qui sont propres je pense à la relation du couple hétéronormatif j'ai pris conscience de plein de choses après ces relations comme la domination comme le patriarcat je crois que depuis l'adolescence je mangeais la recette du couple hétéronormé comme on me la servait et comme on nous la sert à toutes et tous mais surtout aux femmes en particulier avec ce glaçage de romantisme de complicité du couple Souvent aussi, et alors là, c'est ce à quoi j'adhérais moins, mais avec cette notion de fonder une famille, ça, je n'ai jamais vraiment adhéré à cette idée-là. Enfin, pas du tout. Mais clairement, je ne me suis pas posée énormément de questions à travers toutes ces relations-là. J'étais dans la relation et s'il y avait des problèmes dans la relation, par ailleurs, des moments aussi très chouettes, j'essayais de m'attaquer à ces problèmes, mais je ne le voyais pas comme... j'avais pas encore la lucidité de ce contexte systémique dans lequel on est en tant que femme et donc voilà ce qui a changé c'est certes certaines ruptures mais en plus de ça la prise en main de littérature de podcasts féministes et de beaucoup beaucoup de réflexion de mon côté d'introspection et de comprendre ultérieurement ce qui s'était passé et que c'était pas tellement anodin finalement

SPEAKER_01

Et ça se manifestait comment justement, cette domination notamment dont tu parles

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors ça pouvait se manifester dans des rapports de force sur certains sujets. Donc bon, je dois quand même préciser, moi je n'ai pas été vraiment... victime de violences graves même si il y a quand même certains événements qui me restent vraiment à travers la gorge et dont j'ai pas pris conscience au moment même c'est vraiment par la suite à travers notamment de récits d'autres femmes entendues dans des podcasts ou lues dans des livres mais donc un rapport de force une domination par exemple sur des enjeux qui peuvent paraître presque anodins mais Tout un temps, j'étais avec un partenaire qui n'habitait pas à Bruxelles. Et donc, on vivait à moitié à Bruxelles, à moitié à Anvers. Ce n'est pas très loin, Anvers. Mais bon, c'est une logistique sur le long terme, être en relation avec quelqu'un comme ça. On se dit, bon, est-ce qu'on ne s'en serait pas juste ensemble

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Mais alors, il faut choisir où. Et là, catégoriquement, il a directement mis ses pions sur le tableau de jeu. Et c'était d'office, pas Bruxelles. et d'office pas ailleurs qu'Anvers. Et moi, je l'aimais beaucoup et donc il y avait vraiment une volonté d'aller dans sa direction. Mais j'avais mal au ventre, en fait. Je regardais cette carte d'Anvers et je me suis dit, à l'époque, et c'est très marrant de se retrouver aujourd'hui en forêt de soigne et de se dire ça, et j'étais là, mais sont les arbres

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

sont les arbres

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il y a des parcs minuscules à Anvers. Il y a des parcs, mais c'est des parcs et ils sont entre des voies routières bruyante et j'avais vraiment mal au ventre et je me rappelle de la conversation qu'on a eu je lui ai dit mais c'est pas possible pour moi en fait et ça s'est terminé oui notamment il y avait aussi d'autres soucis évidemment tu as préféré les arbres à l'homme ben en fait oui ça je le réalise maintenant mais ça s'est aussi manifesté à travers d'autres choses voilà une autre relation que j'ai eu par la suite j'ai vraiment constaté en année Finalisons qu'il y avait du love bombing au départ. Ça flatte l'ego, évidemment, au début d'une relation, de se sentir la femme de sa vie. Et puis après, il y a de l'indifférence qui s'installe, il y a de la négligence, il y a de la violence verbale. « T'es grave, tu me saoules, on décroche pas le téléphone quand j'appelle. Ce qu'on avait convenu, c'est plus maintenant, ça me convient plus. » Voilà, là, je déblatère tout ça. Ça ne se fait pas en deux temps, trois minutes. Tous ces micro événements, ces micro agressions. C'est insidieux, c'est petit à petit. Exactement. Et ça fait que, voilà, psychologiquement, on est dérouté. Et aujourd'hui, je sais ça. Et aujourd'hui, je vois ces schémas plus dans ma propre vie affective, puisque pour le moment, je tiens tout le monde bien à l'écart. Mais je vois ça chez des amis, chez des collègues, chez des collègues copines de copines je me dis

SPEAKER_01

c'est intéressant moi à chaque fois je trouve ça une thérapie de groupe pratiquement involontaire tous ces amis en relation parce que j'ai un cas comme ça autour de moi je la vois vivre un type de situation, je sais comment je fonctionnais avant si j'avais été à sa place et je sais que moi par exemple j'aurais arrêté parce que j'aurais un peu crié au fait qu'on ne me respecte pas, que je dois me suradapter et que je refuse ça quoi, alors qu'elle a un discours cours non c'est bien je bosse sur moi et tout et c'est intéressant parce que c'est moi qui était trop catégorique trop intolérante qui me protégeait trop et donc ça s'arrêtait tout le temps parce que je ne voulais pas aller jusqu'où elle va c'est à dire de je trouve accepter ce déséquilibre la situation convient plus au mec qu'à elle et donc c'est écrasé comme tu dis donc oui je me retrouve pas mal par rapport à cette observation des autres en relation et donc ça m'intrigue beaucoup et ça m'interpelle beaucoup aussi pour le moment par rapport à moi et à ce que je veux veux et je te rejoins par rapport à cette non-envie en ce moment d'être dans ces relations hétéronormées tu as je trouve un déséquilibre qui est quand même souvent très présent et en faveur du

SPEAKER_00

mec oui et en fait j'ai ressenti à un moment et ça c'était plus sur le sujet mais on y viendra certainement sur le sujet de ne pas avoir d'enfant, le besoin de trouver de la littérature des sources de personnes qui pensent comme moi parce que je me sentais très très seule sur cette thématique-là, d'être une femme en âge de procréer et de ne pas avoir envie de procréer. Mais là, en l'occurrence, la littérature féministe, les podcasts, il y a énormément de sources qui offrent beaucoup de jouissance de par le fait qu'on découvre qu'en fait, des tas d'autres femmes ont vécu les mêmes choses, les mêmes schémas, les mêmes actes. Par exemple, dernièrement, ça a beaucoup médiatisé il y a le divorce alpin je sais pas si tu en as entendu parler c'est donc suite à un événement tragique donc un couple qui part randonner bon alors c'est pas une petite montagne c'était vraiment de la haute montagne il a abandonné elle est morte mais moi j'ai découvert il y a pas si longtemps que ça qu'en fait une situation similaire m'est arrivée et voilà c'était pas dans des conditions j'allais mourir mais voilà une petite prise de tête en rando même chose une situation je marchais pas assez vite j'étais trop faible trop ci trop ça il en a eu marre il a avancé devant moi alors que moi en fait je ne savais pas du tout on allait donc à la prochaine intersection moi je continue tout droit alors qu'en fait il fallait tourner à droite et lui il était plus loin sur le sentier à droite mais effectivement ça aurait pu très mal se terminer j'étais très fâchée mais encore une fois et c'est que par la suite que je l'ai remarqué il y a eu il y a eu en fait abus enfin on peut pas dire ça autrement oui négligence négligence abus de confiance c'est de la lâcheté mais c'est une mise en danger j'avais pas j'avais pas de carte je savais pas on allait lui connaissait très bien l'endroit et donc suite à cet événement tragique donc cette tendance je ne sais pas si on peut appeler ça une tendance mais ce divorce alpin il y a plein de femmes qui témoignent de situations similaires d'abandon de préférence dans des lieux isolés naturels pourtant je suis quand même assez débrouillarde d'échellir une carte et je sais m'orienter mais pas quand on fait confiance à quelqu'un avec qui on est en randonnée ensemble

SPEAKER_01

mais oui surtout dans

SPEAKER_00

un

SPEAKER_01

contexte comme ça voilà mais donc c'était intéressant parce qu'on est passé sur la raison pour laquelle pour laquelle aujourd'hui tu ne voulais plus être en relation. Donc on a évoqué quelques éléments. Est-ce qu'il y en a d'autres qui font que... Est-ce que c'est parce que... Oui. Mais en

SPEAKER_00

fait, le couple c'est surcoté. C'est vraiment surcoté. Il faut vraiment se rendre à l'évidence que... on n'y gagne pas grand chose en fait pour avoir vu le couple avec différents partenaires à différents âges de ma vie en étant aux études en étant en début de carrière en avançant dans ma carrière en gagnant confiance en moi en sachant ce que je vaux je me suis dit mais en fait il y a un déséquilibre là-dedans de toute manière même si on prétend être l'égal de l'autre on ne le sera jamais en tant que femme il sait mieux C'est assez fou, mais c'est du mansplaining au quotidien. On connaît ça parce qu'il y a des types farfelus sortis de nulle part qui vont nous expliquer notre métier. Mais dans le couple, c'est constamment comme ça. Pousse-toi de là, je vais le faire comme ça. Attends, mais il faut de la force. Tant dans le couple que même par ailleurs des autres relations qu'on peut avoir avec des hommes. Par exemple, les relations avec les hommes dans notre famille, il y a ces mêmes schémas de domination évidemment mais donc voilà ça fait partie et les femmes y

SPEAKER_01

contribuent aussi moi je suis sidérée de voir autour de moi des femmes qui donnent une amie comme ça qui se sépare et soudainement c'est son frère qui gère toute sa vie je dis mais attends parce qu'il a une paire de couilles tu crois qu'il sait mieux gérer que toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

mais c'est fou

SPEAKER_00

d'où ça sort l'intelligence non apparemment il faut effectivement des testicules pour tenir une foreuse c'est dingue après il

SPEAKER_01

y a des choses effectivement moi je n'ai pas la force d'un mec et ça

SPEAKER_00

m'arrange de payer un mec pour qu'il vienne faire des travaux chez moi force physique c'est une chose mais mais mais on n'a pas pour autant besoin d'être en couple avec quelqu'un pour voilà je sais pas quelles sont les occasions on a besoin de forer un trou dans le mur mais voilà il y a des il y a des personnes qui peuvent nous aider pour faire ça tout à

SPEAKER_01

fait mais c'était prouvé que l'homme avait beaucoup plus à gagner que la femme être en relation et d'ailleurs tu vois le temps consacré aux tâches ménagères je pense que le ratio une femme seule on va dire c'était une heure par jour alors quand elle est en couple c'est trois heures par jour ça triple mais oui

SPEAKER_00

absolument ça aussi ça fait partie des données qui sont effectivement relayées dans la littérature féministe mais en plus de ça il n'y a pas juste les tâches ménagères quand on est en couple avec un homme c'est toutes les tâches qu'on estime être logiques en tant que femme à réaliser donc déjà il faut s'épiler à tutti quanti parce que apparemment c'est dégueulasse d'avoir des poils

SPEAKER_01

non mais c'est clair le

SPEAKER_00

budget il y a un budget et un temps à consacrer pour une esthétique qui correspondrait à celle actuelle en 2026 parce que ça pourra changer d'ici un siècle peut-être que voilà les femmes aux jambes barbues seront unis mais donc de mise en conformité pour le male gaze en fait c'est hallucinant et c'est moi je me dis bon déjà il y a ça mais en plus de ça il y a aussi toute la charge émotionnelle Parce qu'être en couple, encore une fois, bien que ce sont généralement deux adultes, la charge émotionnelle de gérer un homme, avec son égo, avec tout ce que ça comporte... Oui, sa fragilité aussi, qu'il n'y a pas d'être assuré. Alors bon, j'ai certainement, s'il y a des auditeurs masculins qui m'entendent, ils vont se dire, ok, en fait, on a une force née féministe. Non, mais je crois qu'il faut être tout simplement lucide, en fait. Dans la balance, la femme donne beaucoup plus de sa personne que l'homme qui va très vite quand il y a trop d'émotivité. Il va dire, oh là, ça me saoule, je vais me balader, je reviendrai quand tu es calmée.

SPEAKER_01

Oui, et le temps consacré justement à, comme on parlait tout à l'heure, de se suradapter parfois dans une relation. Moi, les relations n'ont jamais été source de bien-être. Donc, il y a tout ce temps que je dois consacrer à me rééquilibrer émotionnellement parce qu'en fait, c'est très confrontant d'être en couple et c'est source souvent de frustration, de détresse. de plein de sentiments qui ne sont pas

SPEAKER_00

agréables oui et puis en fait je crois que c'est encore un sujet tabou et pas tabou mais la peur de perdre l'autre ça serait comme un affront moi j'ai été trompée à la début de la vingtaine je voyais bien tout mon corps, mon intuition tout me renvoyait que ce type était un coureur de jupons et qu'il n'était pas fiable pour un sou moi j'étais très flattée parce que ça c'est un autre sujet mais j'ai toujours aimé être séduite par des très beaux hommes même si je suis vraiment nulle en séduction mais il y a quelque chose dans mon égo qui a toujours bien aimé ça maintenant je voyais très bien que ce n'était pas quelqu'un de fiable et effectivement la peur constante qu'on vit de garder son attention, de continuer à le séduire, de veiller à ce qu'il n'aille pas voir ailleurs, alors qu'en fait, on est tous libres de regarder ailleurs quelqu'un d'autre, des jolis corps. Après, si on est dans une relation, on va dire, monogame, et qu'on n'a pas envie d'ouvrir le spectre, effectivement, c'est source de souffrance. Au final, il m'a trompée, je l'ai larguée, et et aujourd'hui je vois les choses autrement en me disant ouais en fait j'ai gagné en maturité et je me dis c'est juste une prison des fois le couple tout simplement parce qu'on se met tous ces obstacles sur notre propre route

SPEAKER_01

clairement oui et moi ce que je me demande par rapport à ça c'est tu vois comment arriver à avoir quand même des interactions qui soient plus joyeuses avec les hommes tu vois parce que je crois que toi comme moi on n'est pas non plus plus anti-mec. C'est juste qu'on ne veut plus être dans ce couple avec tout ce que ça implique de négatif. Mais tu vois, je me dis... Parce qu'en même temps, je me connais. Quand je suis en relation, j'ai quand même besoin d'être un peu rassurée. Donc, être dans un couple libre, je ne pourrais pas non plus. Tu vois, quelle forme donner aux relations, aux rencontres avec les hommes

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est une question à laquelle je n'ai pas de réponse parce que je ne me préoccupe pas des hommes maintenant. En fait, c'est ce que une amie... m'a une fois dit c'est qui avait aussi lu beaucoup de littérature féministe et elle m'avait dit mais on passe beaucoup trop de temps à se préoccuper des hommes et en fait ça m'avait choqué parce que sur le moment même je sais pas j'avais parlé d'un type voilà une fois dans une amourette je sais même plus et ça m'avait un peu choqué mais en même temps je m'étais dit

SPEAKER_01

mais oui elle a raison en fait quel temps perdu à parler de mecs à essayer d'être

SPEAKER_00

dans des histoires de les comprendre alors qu'il n'y a rien à comprendre et désolé mais il y a quand même beaucoup beaucoup d'individus très médiocres et c'est pas évidemment contre tous les hommes mais moi je pense que j'ai un certain niveau d'exigence j'ai pas envie de mettre trop de concessions dans la balance, j'ai pas envie d'être une maman, j'ai pas envie d'être une infirmière j'ai pas envie de prendre sur moi, j'ai envie de vivre ma vie et ma vie de la remplir, mes journées telles que je veux et de pas devoir me préoccuper d'encore prendre le train pour aller jusqu'à Anvers alors qu'en fait j'étais si bien ici sur cette terrasse au soleil ou qu'en fait je pourrais aller en forêt ou j'ai pas envie ça ne me parle pas et très clairement avec une amie dernièrement on s'est effrité elle me parlait de comment ça se passait mal avec son copain parce qu'elle voyait bien qu'en fait il ne voulait pas les mêmes choses et qu'elle avait beaucoup de peur de le perdre parce que lui c'est quelqu'un de beaucoup plus extraverti qui s'était mis au massage tantrique avec d'autres femmes moi je vois tous les red flags et je suis voilà et j'écoute et je reformule ce qu'elle vient de me dire pour lui renvoyer en fait ses propres paroles pour que des fois je pense ça peut percuter comme ça et je lui dis aussi mais en fait tu peux aussi faire un break prends le temps juste respire t'es pas obligé de rester coincé sur ce sur ce blocage de cette question prends juste fais un break dis lui vous faites un break et elle m'a répondu mais c'était vraiment comme un cri du coeur en sanglots mais être seule c'est triste et je me suis dit mais bon déjà un à qui tu le dis et puis mais non absolument pas pas c'est ce que toi tu en as fait dans ta tête et ce que la société en a fait donc il faut être à deux même si on est totalement malheureux parce qu'on a peur de le perdre parce que le mec fait des massages tantriques parce que probablement il couche à gauche à droite et qu'il lui donne confiance à certains moments certes mais qu'il lui fait perdre confiance à d'autres moments et donc est le gain dans cette histoire moi je le vois pas en tout

SPEAKER_01

cas je partage totalement mais c'est intéressant tu disais elle te disait plutôt être seule c'est triste toi tu trouves que c'est jamais triste d'être

SPEAKER_00

seule non alors je pense que c'est surtout triste que les gens pensent que c'est triste mais moi j'ai grandi une grande partie de mon enfance en tant qu'enfant seule mon frère il est arrivé quand j'avais presque 7 ans donc j'ai été beaucoup seule et c'est vrai que des fois je me disais ça serait chouette d'avoir un petit frère ou une petite de soeur comme alors on parle de frères et soeurs évidemment mais d'avoir quelqu'un avec qui jouer comme les autres enfants que je côtoyais à l'école mais je crois que j'ai un monde enfin une imagination et mon monde à moi qui fait que je me sens jamais seul et c'est ce que c'est ce que je dis souvent à des gens quand quand il quand je dis voilà je vais aller en voyage et mais tout seul mais je réponds toujours avec moi

SPEAKER_01

même oui et puis on rencontre des gens on discute c'est quoi être seule en fait oui mais le toute

SPEAKER_00

seule c'est vraiment c'est oh mon dieu c'est le trou béant alors qu'en fait non je suis avec moi-même moi-même c'est quelqu'un de chouette et peut-être qu'on est à deux dans ma tête j'en sais rien ou plus que ça je pense vraiment pas je crois que tout simplement je suis fondamentalement bien avec moi-même ça va paraître extrêmement arrogant mais je m'aime je m'aime tel que je suis je m'accepte c'est le but de la vie je pense Et c'est chouette du coup, avec

SPEAKER_01

moi-même. Moi, j'adore aussi, parce qu'être avec des gens prend beaucoup d'énergie. Mais par contre, c'est vrai qu'il y a des moments, genre le soir, par exemple, s'amuser. Autant tu peux te sentir bien avec toi-même, mais tu ne vas pas rire toute seule. Tu peux, mais c'est plus rare. Ça peut arriver. Ça fait un peu plus peur. Tu vois, tu ne ressens pas parfois cette envie. Parce que beaucoup de gens disent qu'ils ont envie de partager. Moi, très bizarrement, ce n'est pas nécessairement le besoin de partager. C'est plus le besoin de pouvoir rire ou de savoir qu'on est à deux. s'il m'arrive quelque chose je suis pas seule et à deux j'ai peur de rien que seule je peux avoir plus vite peur

SPEAKER_00

t'as pas ça toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

non pas tellement mais il m'arrive de voir des situations je me dis bon ici ça devient périlleux comme il y a deux ans en montagne j'ai eu quelques petites frayeurs et j'étais bien contente et c'est assez paradoxal je l'admets entièrement moi j'ai été chercher la difficulté sur une falaise indiqué sentier non balisé dangereux et je me suis dit chic super et voilà après je me suis dit merde j'aurais pas et j'ai vu deux randonneurs et je me suis dit des gens et c'était des mecs c'était paradoxal parce que voilà c'est un 15 août en montagne en france il y avait trop de monde partout et donc je me suis dit bon ok je vais prendre le sentier je serai à l'aise mais sauf que non le sentier il était vraiment complexe et et bon ça taque à dos est tombée dans le ravin. Mais grâce à ces deux randonneurs très sympathiques, on l'a retrouvée. Certaines choses ont été perdues dans la transaction. Mais là, effectivement, j'ai eu la frousse. Disons que c'était un mauvais calcul des risques. Mais généralement, c'est contradictoire, évidemment, parce que les gens qui m'entendent doivent se dire que c'est une tête brûlée, cette fille. Mais généralement, j'analyse bien les risques en amont. Et ce n'est pas parce qu'on est avec quelqu'un qu'il n'y a pas de risque. Parce qu'un autre épisode, aussi en montagne, et ça c'est il y a 10 ans, j'étais avec mon partenaire l'Anversois. On était en montagne en Slovénie. On a mal géré le timing. On s'est retrouvés devant un refuge on allait normalement loger et il était fermé. On a rebrousser chemin vers le précédent refuge à plusieurs heures de marche. On n'avait plus rien à boire. Il commençait à faire noir et voilà il y a une glissade et j'ai cassé mon poignet et on était à deux mais ça changeait quoi en fait à la donne bon certes j'étais quand même contente qu'il y ait quelqu'un avec moi mais je pense que je ne me serais pas retrouvée dans cette situation enfin voilà je n'obligeais pas la pierre tu

SPEAKER_01

aurais été plus prudente seule donc tu te serais peut-être arrêtée avant je

SPEAKER_00

crois que peut-être les conditions auraient été différentes on ne le saura jamais et de toute façon

SPEAKER_01

c'est

SPEAKER_00

toujours dans des

SPEAKER_01

conditions Ils sont comme ça que tu voyages seule, en mode rando et des

SPEAKER_00

choses comme ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui. Moi, j'évite généralement les villes, justement, pour être seule. Mais c'est vrai que, et c'est paradoxal, même si on fuit les gens et qu'on veut être seule, on va se retrouver en montagne et on va croiser des gens sur les sentiers. Si on va en refuge, on va croiser plein de gens avec qui on va discuter aussi. Oui, c'est ça qui est chouette. Et donc, le coup se fait quand même et des fois c'est des bons contacts des fois c'est juste cordial des fois c'est ok bon on n'a pas trop à se raconter à part l'amour de la montagne mais c'est vrai que et surtout quand on voyage seul les gens nous voient comme étant seul pas par pitié mais plus par un c'est quelqu'un qui est seul donc je peux lui parler alors que les personnes qui voyagent en couple ou en famille c'est une bulle qu'on ne peut pas percer

SPEAKER_01

oui c'est plus facile parfois effectivement d'avoir des contacts avec des personnes qu'on ne connaît pas quand on est seul. Et justement, on en parlait tout au début, mais toi, par rapport au regard que les gens portent sur toi, du fait que tu sois seule, parce que là, les gens, tu dis, quand c'est dans un contexte de voyage, limite, ça leur donne envie de venir vers toi. Mais dans le quotidien, le fait d'être seule, tu le vis comment dans le regard des autres

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Mais au quotidien, ça ne se remarque pas, en fait. C'est plutôt... Enfin, moi, je le remarque pas... je le remarque plutôt avec des gens que je connais pas bien ou des gens qui sont dans le couple ou la famille hétéronormative et qui de par leur question par exemple appuient sur ma différence donc je vais donner des exemples plus concrets mais voilà très longtemps je suis restée amie avec avec un groupe de copines des humanités et en fait à un moment je nous voyais comme à distance et je me suis dit je suis le clown de la soirée en fait parce qu'elles sont toutes casées comme par hasard avec un type qu'elles ont trouvé juste avant l'unif ou pendant l'unif c'est comme si c'était le parfait gars au bon moment moi j'ai quand même certains doutes par rapport à ça mais bon voilà puis après c'est ce genre de soirée il y a presque un tour de table comme si c'était une réunion et c'est comment c'est chez toi maintenant l'update le mec les enfants donc déjà pour moi je trouvais que c'était ça m'ennuyait quoi et puis quand ça arrivait à mon tour enfin façon de parler on faisait pas un vrai tour de table mais moi je voyais dans leur regard genre allez anime notre soirée maintenant qu'est-ce que tu as encore vécu et avec quel mec donc en fait il y avait une sensation de comme si j'étais un peu le con du dîner de con sans être bête mais voilà l'animal sauvage et en même temps une envie de vivre par procuration c'est ça surtout Et avec, vraiment, ce qui m'a le plus choquée, c'est des personnes avec qui j'étais quand même pas vraiment proche qui me posaient des questions ultra indiscrètes. Moi, j'avais envie de dire, moi, je te demande combien de fois ton mec te baise. On parle beaucoup plus de la sexualité des célibataires que des couples, effectivement. Franchement, ça ne regarde personne. Ou bien, j'ai envie d'en parler et j'en parle. Mais je voyais dans ces regards, en fait, vraiment une posture... qui m'interloquait. Et donc, à un certain moment aussi, j'ai arrêté ces amitiés-là avec cette sensation qu'en fait, j'étais l'autre. Et donc, aujourd'hui, au quotidien, je ne vois plus ça comme... Enfin, je ne sens pas cette différence d'être seule aussi fort.

SPEAKER_01

Non,

SPEAKER_00

non.

SPEAKER_01

Parce que là, justement, je suis passée par chez toi avant d'arriver dans ce bois. Tu as une super jolie petite maison à Boise. fort, mais tu as des voisins aussi, un entourage qui voit. Moi, j'ai quand même souvent l'impression, je me dis, oui, même mon entourage, ils doivent me voir comme, tu sais, pas la vieille fille, parce qu'on n'a pas des looks de vieille fille, ni toi, ni moi, mais comme l'espèce de, tu sais, la sorcière qui habite seule chez elle. Non, toi, tu n'as pas... Qu'est-ce qu'ils se disent, tu

SPEAKER_00

crois, tes voisins

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Moi, je m'en fous, en fait. Enfin, franchement, et je pense qu'on devrait être beaucoup plus m'en foutiste. On est trop préoccupés par ce que les gens pensent de nous. C'est dommage parce que ça nous gâche une partie de notre vie. Je l'ai eu, évidemment. J'ai beaucoup pensé à ce qu'on pouvait penser de moi et certainement très jeune parce que j'ai aussi des cicatrices. J'ai pas un... J'ai un physique atypique, c'est pas le bon mot, mais j'ai des cicatrices. En tant que femme, c'est quelque chose de... C'est

SPEAKER_01

une petite cicatrice ici sur

SPEAKER_00

le visage ça se voit pas trop mais ça se voit quand même à certains moments certaines personnes l'observent bref aujourd'hui c'est mon visage c'est comme ça et par ailleurs sur mon corps il y en a d'autres mais c'est comme ça je sais pas les enlever ça ne s'enlève pas ça fait partie de notre vie et donc je pense qu'il y a aussi à travers des événements qui me sont arrivés et qui m'ont amené à avoir ces cicatrices il y a une acceptation tout simplement c'est comme ça c'est avec ce corps que je vais devoir le faire et en fait je crois que peut-être peut-être j'en sais rien c'est une supposition que ça m'a ouvert la porte à être plus détachée parce que sinon c'est l'enfer et je les ai connus ces moments à être sur la plage et me dire mon dieu qu'est-ce que tout le monde pense de cette cicatrice alors qu'en fait personne ne vous regarde ou personne n'analyse ça mais nous on fait d'un grain de sable sur la plage tout un tout un tout un bazar et voilà ça aussi je l'ai remarqué dans mes relations amoureuses c'est pas un problème donc en fait arrêtons de se préoccuper de ce que l'autre va penser et donc oui le regard de mes voisins ou de gens que je connais pas sur ma vie

SPEAKER_01

ou de la société parce que moi j'ai l'impression quand je t'entends j'aimerais bien être 100% détachée je me rends compte que j'ai quand même encore des phases de doute j'ai quand même même si quand je réfléchis je me dis mais oui le couple j'y crois pas au fond de moi et j'aurais été enfermée là-dedans et pour tout ce qu'on a évoqué aussi et en même temps je me rends compte que si je ne suis pas vigilante je retombe dans ces travers de me dire merde je suis célibate peut-être que je devrais remettre Tinder pour rencontrer quelqu'un alors que je mets ça je vois 300 poux qui défilent et je retire tout de suite l'app et je me dis au secours je peux envie de retourner dans cette jungle. Je trouve que c'est difficile d'arriver à être totalement détachée de cette pression du couple parce qu'on est quand même dans une société c'est la norme.

SPEAKER_00

Oui, alors ça, je te rejoins, c'est la norme.

UNKNOWN

Mais...

SPEAKER_00

Moi, j'ai choisi de ne pas être dans

SPEAKER_01

la norme. Et oui. Et moi, il y a 90% de moi qui a choisi. Et en fait, j'en suis de plus en plus fière, tu vois. Oui. Parce que c'est pas... Peut-être qu'avant, j'avais peur qu'on me voit justement comme la nana. Mais si elle est célibate, c'est qu'elle est chiante, qu'elle est moche, qu'elle est ceci. Alors que maintenant, je me dis, ben non, en fait, je suis très fière. D'ailleurs, je le dis, tu as un magnifique T-shirt femme libre. Mais voilà, on est des femmes libres, autonomes et qui avouent une chouette vie. Mais je me rends compte, c'est

SPEAKER_00

quand même...

SPEAKER_01

Il reste cette pression et

SPEAKER_00

ce regard de... Mais oui, mais de qui vient-il

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

en fait, ce regard. C'est des personnes qui sont dans la norme, des personnes qui sont dans ces conventions. Et alors, s'ils veulent penser qu'on est des pauvres filles moches, chiantes, connes, mais qu'ils pensent qu'ils veulent, en fait. Franchement, entre... Enfin, c'est qui qui a vu la lumière

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Désolée, mais je l'ai testé, ce système, à maintes reprises. J'ai bien pu voir à quoi ça ressemble. Je... Non, je persévère et je signe. Mais tu penses que l'amour n'existe pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ah si

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Mais l'amour, ce n'est pas que l'amour romantique. Et encore déjà, l'amour romantique, c'est... C'est dans les films. Moi, je ne pense pas que dans la vraie vie, ça existe à ce point-là. Mais il y a hormonalement des tas de choses qui se passent. Quand deux personnes se rencontrent et se plaisent, il y a le désir. Il y a plein d'énergie là-dedans. Mais ça passe. On le sait. Tout le monde qui l'a expérimenté sait qu'après ce moment-là et les premiers moments on a l'impression d'être... la femme la plus puissante de l'univers, ça passe. Et après, c'est retour au quotidien. Et le quotidien a l'air tout d'un coup très terne à cause de ça. Alors qu'en fait, le quotidien ne l'est pas. Mais c'est parce qu'on a connu un high, hyper high. C'est des hormones. C'est tout ça. Mais en fait, je ne pense pas qu'on doit se focaliser là-dessus. Encore une fois, on se focalise sur les hommes, on se focalise sur le couple, on se focalise sur la famille, sur ses des schémas hétéronormatifs. Je suis probablement ce qu'on appelle une hétéro fataliste. J'aime bien. Ça existe vraiment. Pour moi, en fait, c'est une question de ce sur quoi on met notre radar. Et sur quoi tu le mets, toi, alors, si ce n'est pas sur tout ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En fait, sur tout le reste. Parce qu'on dirait que c'est comme si tout ça, c'était tout. Le couple et la famille, les enfants, c'est une infinie, c'est une petite partie seulement de ce qu'on peut vivre de cette vie. Il y a les amitiés, il y a la découverte de la nature. Là, il y a une magnifique éclaircie Il y a plein de choses à faire. Moi, j'ai lu dernièrement le livre de Simonata Greggio sur la vie de... Simona Kozak, qui était une chercheuse biologiste polonaise qui s'est installée dans la forêt de Bialowice. Je ne sais pas si je prononce bien. Mon polonais est très sommaire. Cette femme n'a pas eu d'enfant. Elle était passionnée par son métier, par ce qu'elle faisait. Elle avait un amour illimité pour les animaux, par exemple. On n'en parle pas de ça, l'amour pour les animaux. On ne doit pas être que en amour pour un partenaire ou pour ses parents ou ses enfants, en fait. On On peut ressentir de l'amour pour les arbres, pour la faune, pour la flore, pour nos amis, pour une communauté. Il y a quelques années, Notre-Dame de Paris a brûlé. Il y avait des gens qui étaient en larmes. On peut avoir de l'amour pour des œuvres d'art, pour tellement de choses. Je trouve que c'est tellement dommage qu'on se fixe seulement sur ces relations amoureuses idéalisées par ailleurs. je

SPEAKER_01

trouve ça quand même marrant parce que tu vois au début je t'ai dit est-ce que ce lieu est lié ou pas au fait que tu sois célibataire mais plus t'en parles plus je me dis mais quand même parce que justement tu parles de l'amour de ça de la faune de la fleur donc c'est quand même lié en fait mais peut-être que je suis pas avec un mec pour venir dans la forêt voilà et alors j'ai pas rebondi volontairement tout à l'heure quand tu parlais des enfants j'ai l'impression que très jeune t'as su que tu ne voulais pas d'enfants oui c'est pour une raison particulière ou tu veux en parler ou

SPEAKER_00

pas je sais pas je pense que ça nécessite trait de la psychanalyse pour savoir s'il y a une raison spécifique peut-être qu'il n'y a tout simplement pas de raison en tout cas ce qui est clair c'est que très rapidement j'ai senti que ça c'était pas quelque chose qui m'animait et c'est pour ça que très rapidement j'ai aussi ressenti le besoin de trouver des sources d'informations ou de des communautés de semblables parce que ça en tout cas comme je le disais tout à l'heure ce groupe d'amis de ma jeunesse je me sentais vraiment isolée certainement il y a d'une part les discussions par rapport aux rencontres avec des mecs mais alors vraiment l'isolement est encore plus grand une fois qu'elles ont commencé à avoir des enfants et en plus j'ai ressenti vraiment une hiérarchie dans les contacts parce que tout d'un coup parce qu'elles étaient mères moi j'étais qu'une copine même si j'étais depuis très longtemps

SPEAKER_01

elles se voyaient plus entre mères elles avaient plus à partager

SPEAKER_00

ou quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Elle ne m'excluait pas, mais je ne pouvais pas comprendre. Ça, on me l'a sorti. Tu ne peux pas comprendre, tu n'es pas mère. Mais il y a aussi une hiérarchie, tout simplement, tu n'es plus qu'une copine. Moi, je suis maman maintenant. Mes enfants passent bien au-dessus. J'ai un mari ou un compagnon, ils passent au-dessus. Et ça, je trouve que c'est assez choquant, en fait, quand on voit que c'est un mode opérationnel. enfin finalement validée par la société oui mais maintenant elle a une famille ah oui ok donc en fait les amitiés c'est juste le passe-temps en attendant et ça par exemple le livre d'Alice Rébeau Nos puissantes amitiés magnifique c'est vraiment une bulle d'oxygène ce genre d'ouvrage et pour revenir au sujet des enfants donc clairement moi j'ai effectivement jamais ressenti vouloir avoir d'enfants mais j'ai eu besoin de par ce contraste avec toutes ces filles qui se mettaient à avoir des enfants même celles qui au départ prétendaient non mais moi non plus comme toi j'en veux pas j'ai ressenti beaucoup de lâcheté finalement quand elles passaient quand même de l'autre côté parce que je me suis dit oui mais moi j'étais sincère toi t'es une menteuse bon voilà elles ont changé d'avis peut-être ou peut-être qu'elles ont été manipulées j'en sais rien ou... j'ai ressenti en tout cas le besoin de trouver des contenus je pouvais m'accrocher et donc en l'occurrence et je suis très reconnaissante il y a eu et toujours le compte Instagram de Bettina Zourli je ne veux pas d'enfants et enfin quoi j'ai trouvé une espèce de communauté de nullipares mot très moche pour décrire les femmes qui n'ont pas d'enfants mais en tout Dans mon cas, j'ai jamais ressenti d'envie d'avoir... un bébé à moi, d'être enceinte, tout ça, ça m'a complètement... Voilà, je ne comprends toujours pas d'ailleurs. Quelquefois, on m'a mis des bébés, des nouveaux-nés dans les bras. Je me suis dit, au secours

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Qu'est-ce que je fais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Enlevez-moi ça

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

J'ai peur de le casser ou même d'avoir, je ne sais pas moi, un moment de dépassement de moi. Alors, donc, Non, je suis quelqu'un de très gentille et de très prudente, mais ça ne m'a jamais attirée. Et je peux aussi partager quelque chose, c'est un très vieux souvenir. Je devais être moi-même encore assez petite, je suppose l'âge de 4-5 ans. Je me rappelle que ma tête ne dépassait pas le canapé chez mes parents. Et je me rappelle de retrouver derrière ce canapé, entre la porte vitrée et le canapé, il y avait un petit espace pour, en gros, cacher les trucs moches, quoi

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Et il y avait une petite poussette, là, avec un petit bébé dedans. Et que je regarde ces objets en me disant, mais c'est quoi ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et c'est à qui

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, clairement, j'avais déjà joué avec, parce qu'en plus, la poupée, elle était griffonnée avec du bic. Et la poussette avait clairement déjà servi. Mais c'est comme si, et ce moment, il est ancré dans ma tête, comme si je découvrais cet objet dont je me disais, non, merci, quoi. Enfin, vraiment, je n'en veux pas. Et je jouais, voilà, pas aux poupées. cas à partir de ce moment je jouais pas aux poupées je jouais aux petites voitures au lego voilà

SPEAKER_01

mais c'est marrant que tu parles de ça parce que j'ai été confronté une situation un peu similaire il n'y a pas longtemps j'ai vu une petite fille qui devait avoir moins de huit ans je crois avec justement le petit landau et le bébé et ça m'a choqué je me suis dit en fait c'est très jeune qu'on met en tête des femmes que c'est génial d'avoir un bébé et alors en plus c'était choquant parce qu'elle disait c'est mon bébé j'en dire mais comment une petite fille de 8 ans on devrait lui lui expliquer non on n'a pas d'enfant si petit c'est quand on est grand si on veut qu'on en a parce que tu vois on s'offusque de voir qu'en Afghanistan je ne sais pas si tu as vu cette semaine cette horreur que les mariages avec les petites filles de 9 ans pubères sont autorisés et donc tu vas me dire mais ça va c'est incohérent par rapport à ce sentiment d'offuscation qu'on peut ressentir et on est en train de dire à la petite mais oui oui tu pourrais totalement être maman avoir un bébé et le pousser alors je suis sûre que des femmes qui ont des enfants qui ont des poussettes vont dire mais non pas du tout c'est pour jouer ben non je suis Je suis désolée, ce n'est pas neutre. Et on s'offuse de donner des fusils aux petits garçons. Moi, je m'offuse de donner des poussettes à des petites filles,

SPEAKER_00

en réalité. Oui, totalement d'accord. Oui, on dirige leurs pensées. Complètement, oui. On dirige leurs pensées. Bon, apparemment, chez moi, ça n'a pas fonctionné.

SPEAKER_01

Non, c'est sûr, ça a bien foiré. Mais tu parlais justement de ces communautés. Et donc, je pense que quand on est femme, célibataire et sans enfant, d'une certaine manière, on s'entoure de gens qui, à un moment, nous ressemblent un peu plus. sinon on se sent beaucoup trop extraterrestre oui absolument toi t'as l'impression que t'as retrouvé une forme de communauté de gens un peu plus comme toi tu parlais de l'amitié

SPEAKER_00

oui et non disons que j'ai J'ai pas mal, donc à la même époque, pas mal trouvé des personnes qui sont maintenant mes amies les plus proches à travers des nouvelles activités, notamment d'activisme, de militantisme, mais pas que, aussi des cours de danse. Et ça m'a fait du bien, effectivement, de choisir ces amies à l'âge adulte. Pas parce qu'ils sont à côté de nous dans la classe ou parce que j'ai pas fait les scouts, mais... parce qu'on est au scout ensemble ou d'autres activités parascolaires parce que cette personne m'intéresse, m'anime aujourd'hui en tant que femme adulte avec certains centres d'intérêt et ça c'est chouette et je pense que c'est aussi on se dit comme n'importe quoi dans la vie, rien n'est définitif depuis que je suis une femme adulte, j'ai déjà vu des amis passer, partir voilà et encore dernièrement et je suis ok avec ça parce que c'est vraiment c'est comme dans tout dans la vie on fait le deuil en permanence de plein de choses et je fais le parallèle avec la forêt en fait on en parlait en arrivant à cet endroit-ci il y a des arbres qui meurent oui ça fait partie de la forêt la forêt elle n'est pas détruite pour autant on ne peut pas couper tous les arbres évidemment mais il y a quand même une elle persiste elle revit à travers le bois mort qui va aussi rendre à la forêt des nouvelles choses

SPEAKER_01

c'est intéressant parce que la fois moi je valorise beaucoup l'amitié et à la fois je trouve qu'il ya parfois aussi une pression sociale par rapport au fait d'être tout le temps entouré ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure le sentiment de se sentir bien seul tu vois moi je sais que parfois je pourrais me dire hier soir j'ai rien fait je me dis c'est un vendredi soir je suis célibate et je fais rien mais c'est quoi rien oui mais c'est ça ça me faisait du bien en fait de ne rien faire c'est

SPEAKER_00

absolument en En fait, c'est ça. De nouveau, il y a cette pression. Oui, c'est ça. Mais plus de mon foutisme. Moi, vraiment, si je peux transmettre ce conseil, c'est « et

SPEAKER_01

alors

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

» On parlait de ça, de la norme, justement, de la taille de l'habitat, je disais, moi, parfois, je me dis, j'ai l'impression d'avoir un appartement d'ado, parce qu'il n'est pas très grand, et j'en ai déjà parlé, je pense, j'évoquais la possibilité d'avoir une maison, un appart d'adulte plus grand, avec un vrai hall, et pas rentrer directement dans le salon, mais en fait, c'est comme chez toi. Et toi aussi, c'est toi qui me disais, mais oui, à nouveau, c'est par rapport à cette

SPEAKER_00

norme. Oui, et en plus, je pense que pour l'habitat, il y a un enjeu de statut. Mais en fait, aussi, je me suis dit, mais je ne vais quand même pas payer pour des mètres carrés dans un quartier que je n'aime pas, que je n'aime plus, je n'ai plus envie d'être là, je ne peux pas saquer mes voisins, alors que je peux vivre dans un endroit qui me convient parfaitement et qui correspond à la personne que je suis aujourd'hui et à mes besoins. Si dans dix ans, je suis devenue quelqu'un d'autre, je rebouge. Ça, c'est une citation que j'aime bien réutiliser. C'est marrant que je l'utilise ici, mais « If you don't like where you are, move, you are not a tree. » C'est pas un arbre, on peut bouger. C'est vrai que c'est très constant. C'est avec les habitations comme ça, c'est avec les relations comme ça, amitié, couple. La famille, on ne peut pas s'en défaire parce qu'il y a un lien de famille de toute manière. Et encore, ce que je veux dire, c'est qu'on ne peut pas dire... Je suis née ailleurs d'une autre personne. Oui, voilà. Je vis ailleurs. Mais effectivement, on n'est pas obligé de garder une relation... Par exemple, avec ses parents, si ses relations sont toxiques ou malaisantes. Mais il y a beaucoup de gens qui estiment que oui, mais c'est quand même ton père. Oui, mais... Si la relation n'est pas respectueuse, s'il y a de la violence verbale, que ça soit mon père, mon voisin, le facteur, mon copain, ils sont tous logés à la même enseigne. Il n'y a personne qui va, parce qu'il a le carton père ou mari, pouvoir trépasser mes limites. Et ça, je pense que c'est quelque chose dont il faut être ludique. Je crois qu'on donne beaucoup de chance à beaucoup de personnes d'empiéter, c'est ça le mot que je voulais utiliser, d'empiéter sur nos limites. Et pour revenir sur le sujet de la maison, oui, en fait, vivre nous-mêmes, on veut vivre, c'est essentiel pour être épanoui.

SPEAKER_01

Mais oui, et c'est marrant que tu parles de statut parce que moi, mis à part que je l'ai acheté parce qu'il donnait, tu vois, tu avais une espèce de grande baie vitrée qui donnait sur des arbres. Et donc, j'adorais... parce que c'était tout vert. Et un jour, je suis rentrée, j'ai entendu « bzzz » et on coupait les arbres. Donc j'ai été me faire un scandale chez les voisins qui avaient coupé. Donc maintenant, je n'ai plus ces arbres. Je ne m'y sens plus aussi bien. Parce qu'avoir un espèce de mur vert ou avoir un mur blanc, ce n'est pas la même chose. Mais je me rappelle, par rapport à un homme que j'avais rencontré très haut placé, avoir ressenti une petite gêne à l'idée de le faire venir chez moi, alors que c'est un appart au châtelain. Ce n'est pas que j'ai une cave dans le fin fond du haineau, mais quand même parce que par rapport au statut, Voilà, je ressentais une forme de gêne d'habiter dans ce que j'appelle un appart d'ado, trois pièces en enfilade, alors que j'aurais une pièce de plus, je ne sais pas ce que j'en

SPEAKER_00

ferais. Mais oui, c'est ça, en fait, encore une fois, pour qui est-ce qu'on vit

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est pour nous-mêmes. Donc voilà, et se pose aussi la question, et ça c'est une émotion que moi je ressens très fréquemment ces temps-ci, c'est en fait, on doit être plus manfoutiste, mais je suis pas certaine d'y arriver parce que je suis très souvent très en colère par rapport à justement ces normes qui nous sont imposées donc quelque part je me dis je m'en fous de ce que pensent mes voisins et je m'en fous de ce que pensent mes collègues et je m'en fous et je m'en fous je m'en fous mais il y a quand même des moments je m'en fous plus et je dis mais putain j'en ai marre désolé pour les termes un petit peu cash et j'en ai marre qu'en fait c'est la norme qui prime sur tout et qui écrase en fait les personnes qui pensent ou qui vivent différemment donc à ce niveau je suis très vocale et il y a de la colère qui s'exprime régulièrement aussi par rapport à ça et je pense que ça c'est très utile et qu'on a tendance à encore une fois nous les femmes garder cette envie d'avoir la petite voix fluette mais bien sûr on va trouver des compromis chérie mais si on va faire comme ça mais non en fait quand on en a marre et qu'on n'a pas envie d'aller habiter à Anvers ou qu'on n'a pas envie qu'on nous traite mal et bien on met un point derrière une histoire on exprime les choses voilà parce que ce que j'observe c'est quand même qu'il ya énormément de femmes qui font beaucoup de concessions qui joue sur leur santé mentale et physique et ça j'en ai des mais des exemples mais à la pelle et au plus on le voit au plus on en voit des autres encore c'est on ne peut plus ne plus le voir Et il y a aussi peut-être une conscience aujourd'hui, et ça j'aimerais pouvoir en parler, c'est une conscience qu'en fait, les droits qu'on a aujourd'hui en tant que femme, d'être indépendante financièrement, de pouvoir habiter on veut, peu importe avec la surface qu'on a, c'est des droits qu'on a acquis avec énormément de difficultés. Moi j'entends encore des femmes aujourd'hui dire, quand il y avait les élections par exemple, une amie m'avait dit « moi je ne sais pas pour qui voter, mais je demande à mon mari ». mais j'avais envie de vomir parce que vraiment je me suis dit mais les suffragettes elles se retournent dans leur tombe c'est l'enfer de dire un truc pareil on a eu notre droit de vote on peut avoir au minimum quand on est une femme éclairée la décence d'essayer de comprendre le système politique et de choisir des politiques qui soutiennent notre épanouissement et voilà il y a une histoire familiale qui me touche énormément c'est qu'il n'y a pas si longtemps juste pour la citer mon arrière-grand-mère a été de force internée par son mari dans un hôpital psychiatrique elle a vécu 15 ans vécu, survécu et elle est décédée

SPEAKER_01

comme dans le livre

SPEAKER_00

exactement d'Adélion mon vrai nom est Elisabeth et ce livre je l'ai lu évidemment je l'ai dévoré et je me suis dit c'est pas anodin c'est pas des petites histoires anecdotiques il y en a plein c'est un

SPEAKER_01

fléau

SPEAKER_00

et ça existe encore en moindre mesure mais par exemple les thérapies de conversion utilisent aussi certaines méthodes en fait moi je ne comprends pas pourquoi on n'est pas plus en colère et donc quand on me demande est-ce que tu n'es pas gêné d'être seul ou est-ce que tu n'a pas envie d'être en couple. Mais non, si je veux mettre encore du temps dans quelque chose, c'est d'être en colère. Alors, bien sûr, plein d'autres choses par ailleurs, mais de défendre ce qu'on a et de défendre celles qui subissent et qui ont subi des trahisons horribles de par leur mari, leur partenaire, etc. Et de la domination d'un système bien ancré.

SPEAKER_01

Je comprends et je crois que c'est une très bonne cause et c'est mieux de la mettre que... dans des histoires d'amour qui ressemblent à rien. Je vois que le temps file, ça fait une heure qu'on discute. Est-ce qu'il y avait autre chose que tu voulais ajouter

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je pense que la raison pour laquelle j'ai voulu faire cette interview, c'est que je pense qu'il y a vraiment un besoin de montrer effectivement que les femmes célibataires peuvent l'être parfaitement par choix et qu'on a le choix. Et c'est peut-être vraiment le message que j'ai aussi envie de passer à plein de femmes et Et ça paraît presque comme si j'ai envie de ramener des gens dans ma religion. Ce n'est pas du tout le cas. Chacun fait ce qu'il veut. Je m'en fous, en fait. J'ai envie de dire, réfléchissez à ce que vous avez entre vos mains, parce que c'est votre seule et unique vie. Et en quoi est-ce que vous l'investissez

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

H24, c'est notre propre temps qu'on a entre nos mains. Dans quoi est-ce qu'on investit notre temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et si on est vraiment convaincu du couple, de la famille, du clan familial hétéronormé

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Fine, je m'en fous, encore une fois. Mais je n'ai pas l'impression que ce sont des choix toujours lucides. Et en tout cas, dans mon cas de figure, chaque choix que je pose, il est assez lucide. Je sais que je suis libre, que je n'ai personne qui me dit ce que je dois faire, que je n'ai pas des postillons de dentifrice sur mon miroir. Ici, il y en a, c'est les miens. Je n'ai pas de violence chez moi, dans mon cocon. je dois me sentir en sécurité parce que ça il faut le rappeler c'est que la majeure partie des violences faites aux femmes c'est au sein du foyer c'est pas un type caché derrière un buisson en forêt parce que ça on me le demande souvent t'as pas peur d'aller toute seule en forêt mais non enfin oui il y a des risques évidemment mais et de rappeler voilà à plein de femmes que on peut vivre une autre vie et ça va

SPEAKER_01

très bien et elle peut être riche épanouissante et plein plein de chouettes rencontres effectivement je te remercie Chloé pour ce chouette échange et n'hésitez pas à aller écouter les autres podcasts sur Vieille Fille merci