1 Cancer 2 Coeurs

On vous lit, on vous répond : un épisode pour vous

1 Cancer 2 Coeurs Season 1 Episode 13

Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.

0:00 | 41:34

On pensait faire un format plus léger… et puis on s’est retrouvés à ouvrir vos messages un par un, avec tout ce qu’ils portent: la douleur, la fatigue, la peur, mais aussi l’humour, la tendresse et cette impression étrange d’être “compris” pour la première fois. On lit notamment le témoignage d’une auditrice sur les complications et la souffrance au quotidien, et ça nous amène à parler vrai de ce qui se passe après un cancer du sein quand le corps change et qu’on ne se reconnaît plus. 

On répond ensuite à vos questions les plus directes: comment retrouver confiance en son corps après une mastectomie, un expanseur et une reconstruction mammaire, et à quel moment la douleur s’arrête enfin. On parle aussi des effets secondaires du tamoxifène, de la fatigue qui cloue au lit, des jours sans énergie, et de ce que ça demande au couple en termes d’écoute et de patience. Côté image, on revient sur la perte de cheveux, le rapport à la féminité, et les solutions simples qui aident à se sentir soi, sans jugement. 

On prend surtout le temps de remettre le conjoint et l’aidant au centre: la fatigue émotionnelle, l’impression d’impuissance, la culpabilité de “s’offrir” une pause, et le besoin de soutien qui n’est presque jamais proposé à l’hôpital. On termine avec un conseil clair pour une personne qui vient d’apprendre son diagnostic et une phrase essentielle pour son compagnon: être présent sans s’oublier. Si l’épisode vous parle, abonnez-vous, partagez-le à quelqu’un qui en a besoin, et laissez une note 5 étoiles ou un commentaire pour nous aider à faire grandir le podcast.

Une question ? Une anecdote ? Hésite pas à nous écrire ! On ne mord pas (enfin, pas souvent)

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#1cancer2coeurs #cancer #podcast #couple #cancerdusein #rubanrose #octobrerose #santé

Welcome And Listener Message

SPEAKER_02

Bonjour et bienvenue dans ce 13e épisode de notre podcast Un cancer de cœur. Comme à l'habitude, je suis accompagnée de mon merveilleux conjoint Michel.

SPEAKER_01

Hello tout le monde

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

Et la belle voix que vous venez d'entendre, c'est d'autres... Ah, je me suis raté

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

Ce n'est d'autres que celle d'Isa

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Il m'a oublié

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Enfin, bon, après 13 épisodes, je

SPEAKER_01

te pardonne, mais bon... J'ai oublié ton nom. Qui êtes-vous

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Aujourd'hui, c'est un... On va faire un épisode différent des autres. Toi, tu n'es pas au courant, mais j'ai préparé plein de commentaires qu'on a reçus. D'ailleurs, merci à tout le monde pour les beaux messages que vous nous envoyez. Si jamais on ne vous répond pas, que ce soit soit Isa, soit moi, ne vous inquiétez pas. On va y arriver. On répond à tout le monde. On prend le temps de répondre à tout le monde. Je sais que là, on a eu une petite vague

SPEAKER_02

de messages. On a été malades les deux. On a eu la grippe et ouais.

SPEAKER_01

Ah non, ça, c'était à Longvent. Mais là, la semaine dernière, on a eu plein de messages là. Et du coup, on a pris peut-être un petit peu de retard. Juste pour info, on va vous en lire un qui nous a beaucoup touchés avec

SPEAKER_02

Isa.

SPEAKER_01

Oui. C'est de la part de Sandra. Elle nous a écrit et elle nous dit« Bonjour à vous. Je viens de découvrir votre podcast. C'est incroyable. C'est réellement la réalité.» Eh oui. C'est vrai que... On ne peut pas l'imaginer. On ne l'invente pas. Elle nous dit« Il est vrai que c'est très compliqué d'échanger notre quotidien avec d'autres patientes car chacune vit des choses de façon différente. Mais lorsque je vous écoute, j'ai vraiment l'impression de me reconnaître. C'est incroyable. Je suis âgé de 52 ans. J'ai été opéré au mois de novembre à deux reprises avec des complications de l'infoselle. Ils ont fini par me poser un drain et j'avais très mal au bras depuis le début et avant l'intervention. Et après, les prélèvements, ça s'est vraiment compliqué. avec énormément de douleur et aujourd'hui je suis suivi par le service antidouleur car ils ont enfin compris ma souffrance du quotidien. La radiothérapie a accentué la douleur et mon quotidien a bien changé avec une fatigue intense qui est très difficile à gérer pour moi. Merci à vous pour ce que vous faites,

SPEAKER_02

Sandra.

SPEAKER_01

Merci à toi, ça nous a fait très plaisir. On t'a répondu

SPEAKER_02

bien sûr en privé. Totalement, Sandra, parce que oui, effectivement, moi j'ai été Avant qu'on passe au jingle, j'ai été quand même pendant un an, 12-13 mois avec l'expenseur. Et ce que je remerciais le plus, ma chirurgienne, une fois que j'ai eu ma reconstruction, il y a quatre semaines et demie, c'était que l'intervention chirurgicale a finalement mis fin à la douleur que j'avais, qui était… quotidienne, tous les jours, 24 heures sur 24. J'avais vraiment une douleur intense. Donc, avec le lymphocèle, je sais que ce n'est pas évident et probablement, je ne sais pas, mais que tu dois porter une manche maintenant. Mais, merci vraiment pour ton commentaire. Et maintenant, on va aller au

Living With Surgical Pain

SPEAKER_01

jingle.

UNKNOWN

Allez, au jingle....

SPEAKER_01

On se retrouve déjà pour un épisode un peu spécial, comme je l'ai dit. Merci à tous pour vos commentaires. D'ailleurs, si vous voulez faire comme Sandra et puis nous écrire ou nous laisser un commentaire sur Apple Podcasts, Spotify, sur Deezer, nous mettre des notes 5 étoiles, ça nous aide beaucoup pour le référencement. Et puis, ça nous donne beaucoup de courage pour continuer à faire ce qu'on

SPEAKER_02

fait. Oui, et aussi sur Instagram. J'insiste plus sur Instagram parce que c'est comme notre base. Puis, si vous vous allez sur Instagram, vous allez avoir des clips sur nos stories, les reels, tout ça, sur quoi on travaille et sur les sujets qui nous passionnent et qui vont être traités de semaine en semaine. Même pour voir les anciens épisodes, vous allez avoir tous les liens pour y accéder aussi.

SPEAKER_01

On va enchaîner avec quoi

UNKNOWN

?

Trusting Your Body Again

SPEAKER_01

Avec ce que j'ai fait en fait, j'ai pris les commentaires qu'on a reçus et il y a pas mal de questions, aussi bien pour Isaac que pour moi. Donc voilà, on a répondu à ces personnes, mais on s'est dit que tiens, ça serait intéressant parce qu'il y a des commentaires qui sont intéressants avec des questions qui pourraient être chouettes de répondre lors d'un podcast. Donc je t'ai préparé ça. J'en ai sélectionné quelques-unes et donc on va commencer avec la première. La première, c'est Sophie. fille qui nous écrit et elle écrit« Bonjour Isabelle, je t'écoute chaque semaine et je trouve ta voix tellement apaisante même quand tu parles de choses dures.» C'est gentil. Tu sens la petite couche de

SPEAKER_02

pommade. C'est gentil.

SPEAKER_01

« J'ai moi-même vécu un long traitement et je me demande comment fais-tu pour garder confiance en ton corps malgré tout

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Y a-t-il eu un moment où tu as senti que tu redevenais

SPEAKER_02

toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

» Donc voilà.

UNKNOWN

Pouf!

SPEAKER_02

Je vais le dire d'emblée, là. J'ai détesté mon corps, mais pas mon corps, mais en fait, ma poitrine, tout le long du processus. Je pense que seulement peut-être trois mois avant ma chirurgie de reconstruction, là, je voyais quand même que mes cicatrices devenaient belles, que le travail que j'avais fait, les minoucher, les cremer, les masser, ça allait bien. Mais c'est sûr que ça reste qu'il y avait un... Pour moi, ça ne m'appartenait pas. L'expenseur qui était douloureux à l'intérieur de moi, c'était non. Je pense que je ne l'ai pas accepté tout au long des 12 mois avant ma dernière chirurgie de reconstruction. Et le moment où je redevenais moi, ça a pris quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Une semaine, je crois, suite à ma chirurgie de reconstruction, j'avais plus de douleur que j'avais avant, quand j'avais mon expenseur. Donc, juste pour ça, pour moi... je me sentais bien parce que je n'avais plus l'impression qu'il y avait un gros truc à l'intérieur de ma poitrine du côté gauche qui n'était pas à moi parce que c'était tellement rendu... C'était de l'irritation. C'était gros. Je sentais que j'avais juste le goût parfois de... Je vais le faire enlever. Je vais le faire enlever. C'était tellement inconfortable. Puis là, suite à ma reconstruction, puis ça n'a aucun rapport avec l'esthétique. Je te parle juste du moment moment où on m'a enlevé ce ballon-là à l'intérieur de mon sein, que tout de suite, là, je me suis dit, ouf, là, j'ai plus de douleur. Je me ressens comme... Je reviens à la normalité, quoi. Parce que c'est pas normal d'avoir mal. Donc, oui, c'est ça. Donc, depuis ce moment-là, ça va vers le mieux.

SPEAKER_01

Tu redeviens,

SPEAKER_02

toi? Ben, oui, je... Tu sais, vivre avec la douleur au quotidien, c'est pas normal.

SPEAKER_01

C'est pas normal. Et puis, quand même, tu sens que t'as un truc étranger qui t'appartient pas, qui est dans toi. Souvent, tu me le disais. Je l'ai même

SPEAKER_02

fait à ma chirurgienne. Je lui ai dit, enlevez-moi ça. J'ai dit, des fois, je veux prendre un couteau, puis je veux l'enlever moi-même parce que la nuit, je dors pas. Je peux pas avoir les positions de sommeil que j'avais auparavant. Donc, c'était dur, là. C'était... C'était vraiment inconfortable. Vraiment, vraiment. Peut-être qu'il était trop gonflé pour la peau qui me restait. Je ne sais pas, mais

SPEAKER_01

bon. C'est vrai qu'il était très

SPEAKER_02

gonflé. Oui.

SPEAKER_01

Mais bon. Mais quand est-ce que ça va s'arrêter? Il est rendu trop gros. On a Juju88 qui nous écrit. Tiens, je te laisse le dire parce que celle-là est

Caregiver Fatigue Without Guilt

SPEAKER_02

pour moi. Donc, imaginez que j'ai la voix ténébreuse de Juju88. Salut Michel. Ton témoignage m'a beaucoup parlé, surtout quand tu évoques la peur de ne pas assez en faire. J'ai accompagné mon père pendant sa maladie et je me suis souvent sentie impuissante. Comment gères-tu la fatigue émotionnelle? Tu as trouvé des façons concrètes de te ressourcer sans culpabiliser? Puis là, je lis ça, puis je ne l'ai pas lu avant. Il

SPEAKER_01

faut être patient. Je pense que ça, c'est une bonne chose. Et ne pas prendre les choses au premier degré. Le

SPEAKER_02

personnel,

SPEAKER_01

oui. Le personnel, parce que parfois, tu en as marre. La

SPEAKER_02

personne

SPEAKER_01

qui est disponible, c'est toi. C'est toi qui prends parfois pour les autres, mais du coup, il ne faut pas le prendre personnel. Donc, c'était un peu ça. Comment je gérais ça? Je le gérais en me disant, oui, ce n'est pas grave. Et en fait, c'est normal. Quand une personne a mal, elle souffre ou quoi, forcément, tu n'as pas envie de rigoler, d'être gentil. Tu as juste envie d'arracher la tête de tout le monde. Donc, voilà. Parfois, quand toi, tu avais des mots qui étaient durs ou quoi, je ne le prenais pas pour moi. Mais c'est vrai que parfois, ce n'est pas évident. Mais ensuite, je me dis, demain, ça ira peut-être mieux ou je peux faire quelque chose qui va faire que tu te sentes mieux ou quoi.

SPEAKER_02

Je crois que tu me connais assez pour voir la différence quand j'ai des bons jours et des mauvais jours, comme

SPEAKER_01

c'était pas le cas avant. Après, moi, je vais faire pas mal de sport.

SPEAKER_02

Ah

SPEAKER_01

oui! Donc ça, c'est bien. Trois séances de

SPEAKER_02

hockey par semaine, deux séances, parfois trois, de crossfit par semaine.

SPEAKER_01

Ça me laisse le temps de me défouler.

SPEAKER_02

Il évacue,

SPEAKER_01

ouais. Mais qu'est-ce qu'elle m'a dit encore? Je vais taper quelqu'un d'autre sur la glace et comme ça, je me défoule. Et on passe à Clarounette. clarounette ouais parfois mais même moi j'ai un nom à la

SPEAKER_02

con sur

SPEAKER_01

ah c'est Geneviève mais

SPEAKER_02

elle

Hair Loss And Feeling Feminine

SPEAKER_01

s'appelle clarounette ok ouais ok ouais bah sur Insta on a des noms un peu un peu bizarres même moi c'est un nom un peu parce que vous mettez c'est comme pour les mots de passe on a des pseudos vous mettez ananas non c'est déjà pris putain d'ananas non c'est déjà pris voilà quoi il manque une lettre il manque un chiffre bref tu t'en sors plus donc on termine avec clarounette Isabelle, ton épisode sur la perte des cheveux m'a bouleversée. On sent à quel point tu restes forte tout en étant vulnérable. Est-ce que le cancer a changé ton rapport à la féminité ou à ton image? Comment en parlez-vous en couple avec Michel?

SPEAKER_02

Ah oui, c'est vrai pour deux. Michel, il ne voit rien de ça. C'est moi qui... À part mes extensions qui traînent un peu partout dans l'appart.

SPEAKER_01

Ah mon Dieu! C'est un condo. J'en ai vu un dans un verre l'autre jour et je me suis dit, t'essayes de le faire pousser. Tu sais, comme les noyaux d'avocat, tu sais. Je me

SPEAKER_02

suis dit... Tellement pas. C'est parce que je ne connais rien. Les hommes, en général, ne connaissent rien aux extensions, à moins que votre conjoint est coiffeur ou maître styliste ou quoi que ce soit. Mais, oui, c'est ça. Donc, avec la radio et le tamoxifène, effectivement, j'ai perdu... Moi, j'ai toujours eu les cheveux longs à la taille ou un petit peu plus haut que la taille. Puis, j'ai perdu énormément. Puis là... Je suis très heureuse de ne pas être passée par la chimio agressive. Mais oui, j'ai perdu des cheveux, quand même beaucoup. Et voilà quoi. Donc, pour retrouver... L'épaisseur de mes cheveux, le volume, je dois faire affaire avec les fameuses extensions capillaires, soit clips, soit adhésives. Quoi que ce soit, quand j'ai une soirée, c'est certain que ça me choque de voir mes cheveux qui sont rendus si minces. Moi qui avais les cheveux épais avec beaucoup, beaucoup de volume. Et maintenant, ce n'est plus le cas. Donc, ils sont à peine à la hauteur de la poitrine. Avant, ils étaient beaucoup plus longs. C'est une chose, ça coûte cher. On en parlait dans l'épisode précédent des coups, mais je ne sais même pas si on a parlé de ça, mais oui.

SPEAKER_01

Si, on a parlé des perruques.

SPEAKER_02

Oui, des perruques, mais moi, ce n'est pas une perruque comme telle, c'est juste des extensions pour me redonner du volume, mais c'est ça. Oui, ça... On trouve des solutions. Puis je pense que c'est l'important, c'est de regarder ce qui peut nous faire encore sentir féminine. Moi, quand j'ai mes extensions dans les cheveux, je me trouve belle. Quand j'ai une soirée, je mets mes extensions, je me coiffe, il n'y a rien qui paraît du tout. On dirait que c'est moi encore il y a deux ans. Mais c'est sûr qu'il y a juste moi qui le sais, puis Michel qui le sait, parce qu'il les retrouve un peu partout des fois quand je les enlève dans le lit. Mais je ne suis pas la seule. Écrivez-moi, envoyez-moi un commentaire là-dessus. et si vous voulez des bonnes adresses, je vais vous en donner. Des fois, il ne faut pas débourser 800$ pour des extensions. On est capable de trouver sur Amazon des choses qui sont très, très bien. Je pourrais vous en parler.

Supportive Words And Hurtful Comments

SPEAKER_01

Et comment on en parle en couple? C'est ça. Quand je me réveille le matin avec des cheveux sur moi, ça vient d'où? C'est un furet! On a Nadia qui nous demande Isabelle, je t'écoute souvent pendant mes promenades et à chaque fois, j'ai l'impression d'être en couple. Une conversation avec

SPEAKER_02

une amie. Oui, c'est vrai, elle date un peu, mais j'ai

SPEAKER_01

trouvé cool. Oui, oui, c'est au début. Quelles paroles ou gestes de ton entourage t'ont le plus soutenu

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ou, et au contraire, qu'est-ce que tu aurais préféré ne pas

SPEAKER_02

entendre

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oh là

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

C'est certain que je vais dire, ma petite soeur qui est passée par là, toutes ses paroles, toute son expérience à travers le cancer, de ce qu'elle a vécu, du cancer du sein, qui était un cancer très agressif pour elle. Elle m'a montré, elle ne m'a jamais dit que ça avait été facile. Ça a été extrêmement difficile. Quatre enfants à la maison, les deux, le conjoint et elle, son mari, qui avaient un travail professionnel et tout ça. Donc, c'était très difficile à conjuguer. les activités des enfants, gymnastique, hockey, parlons-en, cheerleading, tout ça. Ça a été extrêmement difficile. Elle a traversé pendant les années de COVID. Son conjoint ne peut pas être là. Quand elle faisait de la chimio, c'était interdit d'avoir un accompagnateur. C'était très difficile. Ça s'est déroulé il y a six ans qu'elle a eu son diagnostic. Elle est encore là-dedans. heureusement, tout va mieux, mais elle est rendue dans les étapes de la reconstruction, parce que suite à une reconstruction, on n'entre pas dans le détail, mais par implant, c'était trop gros, ça ne fonctionnait pas, on les a retirés, ensuite elle a choisi le DIEP, puis ça a été vraiment hyper

SPEAKER_01

compliqué. C'est quoi le DIEP, si tu peux expliquer un petit peu?

SPEAKER_02

Le DIEP, c'est quand on a une chirurgie avec une greffe autologue de nos tissus, donc ils vont prendre de la peau et du gras. Comme elle avait eu le grand dorsal, ils ont pris du gras dans la domaine pour refaire ses seins, pour reconstruire ses seins. Et derrière les fesses, à l'intérieur des cuisses, pour retrouver le volume qu'elle avait avant. Mais

SPEAKER_01

toi, ils n'ont pas pu faire ça parce

SPEAKER_02

que tu n'as pas de gras. Tu es trop zvelte. Non, pas du tout. J'ai des bonnes foufounes. Des foufounes? En France, c'est les fesses. Les fesses, oui.

UNKNOWN

Donc...

SPEAKER_02

Moi, j'avais juste une option, puis c'était la reconstruction avec un plan. Et c'est ce que j'ai opté. Je n'avais pas le choix et je ne voulais pas rester comme j'étais avant. Donc, c'est ça. Expenseur plus prothèse.

SPEAKER_01

Et au contraire, qu'est-ce que tu aurais préféré ne pas entendre?

SPEAKER_02

Ah, est-ce que tu les veux plus gros qu'avant?

SPEAKER_01

Quoi?

SPEAKER_02

Mais ça.

SPEAKER_01

Tu aurais préféré ne pas entendre ça? C'est qui qui t'a demandé

SPEAKER_02

ça? Ah, il y a plein de monde qui me dit. Ah, plein de monde. Je ne te dis pas plein de monde, mais au moins...

SPEAKER_01

Donne-moi des noms, ça m'intéresse, dis donc. Qui c'est qui s'inquiète de la grosseur de tes seins? Cinq,

SPEAKER_02

six personnes. Ah, tu vas pouvoir en profiter pour avoir des plus gros

SPEAKER_01

seins. Genre, c'est le passage gratos. Oui, gratuit. Ça, c'est méchant. Oui,

SPEAKER_02

j'avoue que… Hé, tes cicatrices, c'est qui qui les a? Ce n'est pas toi, là. Puis moi, mes seins étaient quand même… Tu sais, je ne me suis jamais plein de mes seins. Peut-être que je n'y avais pas pensé avant. Peut-être dans cinq ans, parce que je ne veux pas, avec l'âge… J'avais perdu du volume, grossesse, tout ça. On fait du sport, des impacts. Mais j'étais encore bien avec mon corps, avec mes seins. Je n'avais pas l'intention de les faire faire pour la prochaine année ou les prochains 2-3

SPEAKER_00

ans.

SPEAKER_02

Donc, quand les gens disent« Ah, tu vas avoir des nouveaux seins gratuits», ça, c'est assez ordinal. En québécois, quand tu dis que c'est assez ordinal, ça veut dire que

SPEAKER_01

c'est… C'est déplacé. Bien.

UNKNOWN

Voilà.

SPEAKER_02

Allumez-moi pas là-dessus.

What Illness Changes In Love

SPEAKER_01

Alors, on a Pat qui a écrit. Tiens, si elle l'avait pour moi,

SPEAKER_02

j'aurais préparé. Bonjour Michel, Pat, j'aime ton authenticité. Pas de faux-semblants. Pas de faux-semblants, ça veut dire... Ok, j'ai compris. Tu dis les choses telles qu'elles sont, c'est rare. Qu'est-ce qui t'a le plus surpris depuis le début de la maladie d'Isabelle. Est-ce que ça a changé? Qu'est-ce que ça a changé dans ta vision du

SPEAKER_00

couple?

SPEAKER_01

Alors...

SPEAKER_02

Comme

SPEAKER_01

moi, je les connais. Parfois, je sais un peu quoi répondre. Qu'est-ce qui m'a le plus surpris au début

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comme d'habitude, on se dit tout le temps que ça n'arrive qu'aux autres. Et ça n'arrive pas à nous, tu sais, les malheurs, les trucs comme ça. Et on se dit, oui, on est jeunes, tout ça. Le fait d'être malade, ça n'arrive pas. Et là, ce qui m'avait le plus surpris, c'est le fait, quand on allait à l'hôpital, qu'on allait faire, que ce soit pour... à tes rendez-vous ou quoi, tu te retrouves À être deux personnes qui sont relativement jeunes, parce qu'on est jeunes, entourées de personnes qui sont vieilles, en vrai. Et ce n'est pas évident. Sur le coup, je me suis dit, wow, tu vois, c'est compliqué. Qu'est-ce qui m'attend

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ouais, ou qu'est-ce qu'on fait là

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Pourquoi on est là

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, on n'a peut-être pas notre place d'être là, tu vois. Et donc, ça, c'est le truc, ouais, je pense, qui m'a le plus surpris et où je me suis dit, wow, là, c'est... C'est grave quoi

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

Et sinon, qu'est-ce qui a changé dans ta vision du couple

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ça m'a quand même ouvert l'esprit, surtout en se disant que ça m'a permis de relativiser sur la vision du couple. Parfois, on se... Je sors les mouchoirs. Parfois, on se plaint ou alors on se dit, bah tiens, j'engueule ma compagne parce que... mauvaise mayonnaise, je dis n'importe quoi. Vraiment, mais des trucs vraiment stupides et on se rend compte à quel point, en fait,

SPEAKER_02

parfois... C'est

SPEAKER_01

anodin, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ouais, c'est complètement bête par rapport à ce qui pourrait nous arriver. Donc, en gros, ma vision du couple, elle est plus en mode, on est avec quelqu'un et on se rend compte, surtout dans les mauvais moments, comment on peut être soutenu ou alors accompagné. Et je pense que c'est ça un peu. Donc, je m'arrête moins au problème. S'il y a un truc qui me plaît pas, qui est fait entre nous, tant pis, je vais le régler. Plutôt que de me dire, ça serait un deal breaker, il faut que je me sépare. Non, mais tu vois, comme ça pourrait être le cas. Quand on est jeune, on se sépare pour un oui ou pour un non. Et puis, là, tu te dis, ça change tout. Parce qu'on traverse des choses qui sont bien plus intenses. Voilà, voilà. J'ai monopolisé apparemment pendant 5 minutes. On est où là

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Non mais t'es

SPEAKER_02

la sainte, tu m'as fait pleurer.

SPEAKER_01

On a le droit de pleurer aussi.

SPEAKER_02

Oui, ben oui. Puis là, surtout avec le tamoxifène, puis que j'ai plus mon autre médicament parce que mon médecin a oublié de reconduire mon... Fait que j'attends, j'ai des émotions, les hormones dans mes tapis.

Keeping Normal Life As A Couple

SPEAKER_01

On a Élodie. Alors, vous deux, je trouve que votre complicité s'entend à travers le micro. Merci à toi. Comment arrivez-vous à trouver un équilibre entre parler du cancer et continuer à vivre des moments normaux de Ça semble simple quand on vous écoute, mais j'imagine que ce ne l'est pas toujours. Ça, c'est une super question.

SPEAKER_02

Moi, je te dirais, Elodie... C'est très rare qu'on ait des discussions sur le cancer à deux. Si on a des discussions sur le cancer à deux, c'est plus sur, ah, moi, je dis, ah, j'ai mal au sein, ah, j'ai... Faut que je prenne mon médicament, mon

SPEAKER_01

médicament.

SPEAKER_02

T'as pas oublié mon rendez-vous, on y va. Mais sinon, tu sais, je pense que Michel a la délicatesse de, il voit quand je me sens pas bien, il voit quand je suis fatiguée, fait qu'il pousse pas. Tout simplement. Mais moi, c'est ma version à moi. Je trouve qu'il respecte quand même ma bulle que j'ai toujours eue et eu besoin d'avoir. Puis, mes yeux parlent beaucoup. Donc, s'il rentre, par exemple, je suis allongée sur le divan, puis il sait tout de suite, juste avec mes yeux, que ce n'est pas le temps. Donc, mais pour des discussions comme telles sur le cancer, on en a eu surtout avant la reconstruction. Je regardais des vidéos sur la construction et tout ça. Alors, Puis là, on en discutait. Je montrais les trucs à Michel. Il me donnait son opinion. Mais sinon, sur le cancer comme tel, puis dire... qu'est-ce qui s'en vient, on parle peut-être du travail des fois, quand est-ce qu'on retourne au travail mais

SPEAKER_01

sinon... Ouais parce que ça te manque et du coup tu me dis je y retourne bientôt puis il y a eu plein de faux retours parce que j'ai pas

SPEAKER_02

été acceptée

SPEAKER_01

mais bon après ça semble peut-être simple quand on en parle mais en fait c'est parce qu'on est dedans c'est comme quand on va déménager dans une autre ville ou dans un autre pays on se dit tout le temps ça va être compliqué Il va y avoir plein de trucs, mais une fois que tu as pris l'avion et que tu es sur place, tu enchaînes et puis tu es dedans et puis il faut avancer. C'est un jour après l'autre. Même quand tu es en voyage, tu n'avais pas prévu tous tes arrêts. Hop, tu es sur place et puis là, tu fais une étape après l'autre et je pense qu'on est dedans, c'est pour

SPEAKER_02

ça. Tu ne peux pas entrer ou venir me rejoindre dans la douche

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je

SPEAKER_01

ne me sens pas

SPEAKER_02

assez à l'aise encore. Oui, oui. Mais on parle des moments normaux.

SPEAKER_01

Oui, oui, mais c'est ça. Après, d'autres moments normaux, comme le fait de sortir, tout ça, on continue de faire. Le golf,

SPEAKER_02

les activités, le ski. On en a fait une fois cette année. Oui, une seule fois. C'est horrible. Puis moi qui venais tout juste de me

SPEAKER_01

rééquiper. Mais bon. Il faut savoir, comme dit, être patient et puis se dire, ce n'est pas grave, c'est parti, remise. C'est le mien plus tard. Et puis, on continue d'avoir plein de moments normaux de couple. comme on va au cinéma, on va au resto, on part en voyage, on

SPEAKER_02

fait...

SPEAKER_01

On voit des amis, la famille, tout ça. On fait des soirées, on fait la fête, on va voir des concerts, des choses comme ça. Pourquoi? Parce que, d'ailleurs, il y a plein d'événements cet été qui vont commencer avec... Ça n'a pas besoin d'être... Par rapport au cancer, et on y sera.

SPEAKER_02

Oui.

SPEAKER_01

Et on vous dira,

Support For Partners And Sharing

SPEAKER_02

d'ailleurs. On va participer, effectivement. C'est un projet... C'est tout juste en ébullition. On veut vraiment être là, puis que Les gens viennent nous voir, nous parler. Ça va vraiment être trop... J'ai vraiment hâte à ça, oui. Camille, t'es... Michel, merci pour ton honnêteté. Parfois, on oublie la souffrance de l'accompagnant. As-tu cherché du soutien auprès d'autres conjoints ou des groupes de parole? Si oui, qu'est-ce que ça t'a apporté, des groupes de

SPEAKER_01

soutien? Moi, je n'ai pas de groupe de soutien, mais par contre, j'ai beaucoup d'amis, mais quelques amis. dont leur compagne est aussi malade. Et oui, à chaque fois... Je ne leur en parle pas spécifiquement en disant« Ah, donne-moi des conseils», mais on va parler de situations et lors de soirées ou quoi entre amis. Et c'est vrai que, oui, souvent, on échange là-dessus. Et ce n'était pas vraiment du soutien, mais je cherchais juste à partager. Et donc, les conseils viennent d'eux-mêmes. C'est-à-dire que les conjoints, souvent, ils vont me dire

SPEAKER_02

« Ah, tiens…» du cancer du sein, oui, il y a des moments agréables, il y en a d'autres qui sont moins le fun, mais souvent, on nous propose à nous celles qui sont atteintes du cancer du sein, des psychothérapies ou vraiment aller vers des soins holistiques ou quoi que ce soit pour justement en parler, puis de ne pas avoir peur, de ne pas garder ça pour nous, puis d'évacuer un peu nos pensées et tout ça, mais on ne pense pas aux conjoints justement qui, eux, vivent aussi avec nous et qui ont des fois... C'est pas tout le monde. Il y a des hommes... c'est pas tous les hommes qui sont forts et qui... Puis même les hommes qui sont forts ont besoin, tu sais, d'évacuer, de... Je pense de sortir un peu le méchant qui est à l'intérieur puis l'accumulation du négatif, tu sais, parce que souvent, quand t'es dans un cancer, tu sais, au départ, c'est négatif, puis tu te dis, oh là là, ça va ressembler à quoi? Qu'est-ce qui s'en vient? Ça fait peur, ça fait... Fait que, tu sais, d'en parler... Mais c'est rare qu'on propose, moi, jamais, jamais, jamais à l'hôpital ou, qu'importe, en radiothérapie dans les chirurgies, avec l'oncologue. Jamais que j'ai eu une proposition qui était pour le conjoint pour avoir justement de l'écoute, pour des groupes d'écoute ou quoi que ce soit. C'était toujours dirigé vers la personne qui était atteinte. Donc ça, ça serait quelque chose qui devrait être offert, je crois, d'emblée. Puis peut-être des trucs de couple, d'avoir plusieurs couples qui partagent leur vécu pendant que ça se passe. Je trouve que ça serait vraiment intéressant.

SPEAKER_01

Oui, c'est ça aussi qu'on va essayer de faire avec le podcast, c'est d'interroger d'autres couples qui ont ce genre-là. Mais qu'est-ce que ça m'a apporté

UNKNOWN

?

Tamoxifen Crash And Dark Days

SPEAKER_01

Ça m'a apporté des conseils sur certaines choses et le fait de devoir mettre des choses de côté pendant certains temps, ça m'a appris d'être plus patient. Et puis quand on sait que des gens sont passés par là, qu'ils sont encore présents, qu'ils ont des choses parfois même plus graves qu'un cancer du du sein. Je spoil un peu pour les prochains. Une chose qu'il ne faut pas dire. Oui, non, mais c'est ça, c'est ça. Mais oui, mais parce qu'on... Mais vous allez comprendre dans quelques épisodes quand on va avoir d'autres invités que, ouais, parfois ça peut être, genre, le cancer du sein, c'est un petit plus dans l'énormité de la maladie que tu peux avoir et ça peut te bloquer bien plus.

SPEAKER_02

On est rendu

SPEAKER_01

à... Titoulou, Hélène

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Alors, Isabelle,

SPEAKER_01

j'admire ta douceur, même dans les moments sombres. Quand tu as parlé des jours sans énergie ni morale, j'ai versé une larme. C'est gentil. Comment gères-tu les jours de découragement et qu'est-ce que Michel fait ou évite ces

SPEAKER_02

jours-là? On est là-dedans en ce moment parce que j'ai repris après une pause de deux mois parce que j'avais une chirurgie pour la reconstruction, donc j'ai arrêté selon le les conseils du médecin traitant, le tamoxifène, un mois avant, même un mois et demi avant, je vous dirais dans mon cas, parce que j'avais un voyage en Asie. Et là, je viens tout juste de reprendre, il y a huit jours, le tamoxifène. Et là, là. Moi, je pensais juste,« Bon, j'ai déjà eu les effets secondaires au départ quand j'ai commencé il y a six mois.» Mais non, ça revient et c'est là. Donc, j'ai eu la semaine dernière, il y a à peine cinq jours, je crois que je dormais sans arrêt 16 heures par jour. C'est incroyable, dormir 16 heures par jour. Et Michel... Arriver le midi parce que souvent, il y a un lunch à la maison et j'étais au lit. Puis des fois, je mettais mon alarme parce que j'étais tellement fatiguée. Moi, s'il ne venait pas à la maison le midi, je crois que j'aurais dormi jusqu'à 15 heures. Je me dépêchais au moins à avoir l'air éveillée un peu. Mais je pense qu'ils savaient que je dormais. Mais ce n'est pas de la paresse, c'est vraiment l'effet secondaire. Ça m'a fait la même chose au départ du tamoxifène. J'ai été deux semaines à hiberner, vraiment être dans mon lit, ne faire que dormir. Je ne mangeais même plus. Puis même là, j'ai perdu du poids aussi parce que je mange beaucoup moins. J'ai perdu l'appétit, mais je sais que ça va revenir parce que deux semaines après la prise du tamoxifène au départ, Après ça, j'ai mangé pour deux. C'était incroyable. Je sais, je suis passée par là, donc je ne m'inquiète pas. Je pense que Michel aussi sait que c'est du déjà-vu. Et voilà, toi Michel?

SPEAKER_01

Qu'est-ce que j'évite de faire

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

J'évite de te sortir du lit alors que je vois que tu es complètement fatigué et que ça ne sert à rien. Ce n'est pas le but. Il y a des moments où tu dois te reposer. Mais après, toi, c'est un peu du tout-au-tout parce que soit tu dors pendant 24 heures d'affilée et puis après, tu es à fond et tu commences à faire le ménage partout et à en faire trop. Là, par contre, je te le dis souvent. Je te dis, hé, là, repose-toi. Je préfère te voir dormir. Que te voir t'exciter deux jours après ton opération en

SPEAKER_02

train de nettoyer la paroi de douche. Oui, mais là, le temps est long parce que, tu sais, avec la chirurgie, je n'ai pas le droit encore pendant… Je vais me tenter avec deux seigneurs de sport. Il y a donc ce très, très beau demain ici. Donc, je vais essayer d'aller faire un petit jog march pour la première fois. Mais je sais qu'il me reste encore quelques jours à attendre. Mais je pense que je me sens bien. Ça ne tire pas trop dans mes seins. Donc, je vais essayer tranquillement. On va voir. Mais oui, être inactif… Je fais de la musculation ici pour les jambes, le fessier, tout ça, les cuisses, les abdominaux, mais je ne peux pas rien faire qui est... le haut du corps. Donc, c'est frustrant un peu. Puis surtout du cardio, tu n'as pas le choix. Il faut que tu cours, que tu fasses du vélo. Donc, oui, c'est long. C'est une période qui n'est pas agréable parce qu'on ne peut pas bouger

Small Gestures That Change Everything

SPEAKER_01

comme on le veut. On a Rome qui nous écrit. Tu veux le lire,

SPEAKER_02

celui-là?« J'écoute votre podcast en couple et on en discute ensuite.

UNKNOWN

»

SPEAKER_02

Vous nous aidez à mieux communiquer, même sans maladie. Est-ce que le cancer a changé votre façon de vous parler? Quels petits gestes ou phrases font une

SPEAKER_01

différence aujourd'hui? Oh! Oh! Celle-là, on n'a pas encore répondu. Ben non, ça me surprend, ça. Je

SPEAKER_02

n'ai pas... Ah non, c'est une toute récente. Ben, je pense... Ben, moi, je suis en mode« quel inours». Vous autres, en France, c'est comment les calinours?

SPEAKER_01

Je ne sais pas. C'est les Care Bears? Oui, les petits oursons de toutes les couleurs. C'est ça avec le cœur là-dessus? Moi, je me

SPEAKER_02

sens comme un petit animal qui a besoin d'être accroché à la jambe. Je me sens très colleuse en ce moment. Il n'y a même pas besoin d'y avoir de mots. Je pense que je fais juste m'accrocher au bras de mon chum ou quand il est sur le divan, me coller. Puis c'est comme ça que tout passe. Je n'ai pas besoin de m'exprimer comme telle. Il sait que j'ai besoin d'affection. Puis c'est comme ça, quoi. On n'a pas vraiment changé la façon de parler. Je pense qu'on se parle autant comme on se parlait avant.

SPEAKER_01

Oui, mais on le répète. On dit, il faut échanger, il faut parler. Et ça, c'est important. Quand il y a un truc qui va, quand il y a un truc qui ne va pas. Il faut aussi bien dire les choses qui sont bien que les choses qui ne sont pas bien. Parce que si on ne fait que dire les choses qui ne sont pas bien, on a l'impression qu'on broie du noir tout le temps. Donc, ce n'est pas... Mais non. On se le dit, on se le répète souvent. Oui, mais ça, c'est ça. On se dit, il faut échanger, il faut discuter.

SPEAKER_02

Dernièrement, tu as discuté avec moi. Tu m'as affronté, bien pas m'affronter, mais tu m'as confronté sur un sujet en particulier. Puis, c'est bien que tu le sortes parce que si tu n'en parles pas... je ne le sais pas. Donc, il ne faut pas garder rien à l'intérieur. Il faut vraiment discuter. Puis la communication, c'est la base de toute relation qui fonctionne bien, je pense.

SPEAKER_01

On en fait une dernière?

SPEAKER_02

Une dernière.

What To Say After Diagnosis

SPEAKER_01

Allez. Alors, tu choisis entre... Prends-en une crunchy, là. Allez. Euh... Allez, on va prendre Mélissa parce que c'est la plus assidue des messages. Elle nous dit« Je vous écoute depuis le premier épisode.» Merci à toi, Mélissa.« Vous m'avez aidé à mieux comprendre ce qu'a traversé ma sœur malade. Isabelle, si tu pouvais dire une chose à une femme qui vient d'apprendre son diagnostic, ce serait quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et Michel, que dirais-tu à son compagnon

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

» Vas-y, je te laisse commencer.

UNKNOWN

Il est gentil, hein?

SPEAKER_02

Au départ, ça serait de ne pas tirer des conclusions par rapport à ce qu'on voit sur les réseaux sociaux ou si on va poser des questions à ChatGPT ou à Google IA. Ou adoptissime en français. Souvent, on a peur de les déranger. On ne veut pas leur poser trop de questions. On ne veut pas... Mais non, en fait, ils sont... Ils ont l'habitude, ils rencontrent des personnes qui ont le cancer tous les jours, c'est leur quotidien. Donc, les questions que vous avez, posez-les, puis surtout, essayez d'être accompagné quand vous allez à vos rendez-vous médicaux, quand c'est des rendez-vous importants comme justement l'annonce du cancer ou des résultats de tests, etc. le pronostic, le traitement qui sont envisagés, tout ça, soyez accompagnés parce que quand on est dans ces moments-là, on est tellement stressé qu'on oublie tout. C'est comme si on n'est plus à l'intérieur de notre corps, de notre tête. C'est difficile à expliquer, mais ça nous stresse tellement. Moi, c'est le conseil que je pourrais donner, être accompagné et surtout... Si vous êtes à l'aise avec votre médecin, gardez-le. Si vous n'êtes pas à l'aise, demandez de changer pour un autre. Parce que si vous n'êtes pas à l'aise au départ, ça ne fonctionnera pas. Ça, je vous le garantis, ça m'est arrivé. Donc, tu sais, les filles, let's go. On sort notre armure, puis on... devient en mode, maintenant, c'est ma santé qui compte, puis je vais prendre tout ce qui est le meilleur autour de moi, puis ce qui ne fonctionne pas, mettez-le de côté, puis essayez. Je sais que ça demande plus d'énergie, mais vous allez trouver un autre médecin. La RAMQ, ici, va vous en donner un autre d'emblée aussitôt que ça ne fonctionne pas avec un médecin. Donc, verbalisez tout ce que vous ressentez. C'est très, très important. Et posez des questions. Michel, toi?

SPEAKER_00

Qu'est-ce que je dirais à son

SPEAKER_01

compagnon

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je dirais, sois présent, mais ne t'oublie pas pour autant. En plus, ça rime. J'avais lu les questions avant. C'était de la triche. Mais oui, ça serait ça en gros pour juste dire oui d'être là parce que en tant que compagnon, tu as besoin de venir en aide de Mélissa. Et donc ça, c'est important. Et si jamais tu veux trop en faire et être trop présent et Et oublier ce qui, toi, te plaît comme, je ne sais pas, si tu fais du sport, si tu fais des activités, si tu as des soirées ou des choses. Ne les enlève pas parce que ta compagne, elle est malade. Tu peux les adapter, par exemple, à son planning. Tu peux essayer de trouver d'autres choses. Mais par contre, ne va pas te mettre à 100% là-dedans parce que ça va te perdre au final. Et tu vas lui en vouloir au final en disant, il y avait des phrases qui vont sortir quand tu vas être énervé, qui vont être du style« Ah, mais moi, j'ai arrêté ça pour toi» ou ce genre de choses. Ce n'est pas le cas dans notre relation. Ça peut arriver, ça arrive pour beaucoup de monde. Oui, mais après, tu as de la rancune. Et du coup, ça va déséquilibrer un petit peu l'équilibre qu'on a dans une relation. On le dit souvent, c'est un peu une relation, c'est la balance. Ce que la personne t'apporte, ce que toi, tu lui donnes, c'est c'est ce que tu trouves de bon pour toi par rapport à ce que tu trouves qui est un peu désagréable. Ce n'est pas tous les mêmes femmes. Ça va être

SPEAKER_02

compliqué. Les femmes, on n'est pas toutes pareilles. Moi, je sais que j'ai un côté indépendant. Des fois, même si je me disais, Michel, s'il ne rentre pas ce soir, pas dans le sens qu'il ne rentre pas, mais si on n'a pas de discussion ce soir, ça ne me dérange pas parce que j'étais dans ma bulle.

SPEAKER_01

Mais un jour, je ne vais pas rentrer et tu vas voir. Je pense que déjà quand je suis dix minutes en retard après le recul, OK, parce que ça a terminé plus tard et on s'est battus ou quoi. Bing! Comment ça te retarde? T'es où? T'es où? Qu'est-ce qui se passe? Mon téléphone, ça devient un truc de

Thank You, Events And Goodbye

SPEAKER_02

flash. Ah là là! Ben non, ce que je veux dire, c'est que des fois, comme moi, ce que j'ai vécu, c'est que souvent, j'avais plus besoin de ma bulle. Donc, j'avais pas, surtout avec l'atomoxyphène, j'avais pas envie de parler avec personne. Je m'étais vraiment isolée et tout ça. Mais il y a d'autres personnes qui oui, d'autres femmes qui, elles, ont encore besoin de plus de présence de l'autre puis d'accompagnement. Donc, c'est différent pour chacune.

SPEAKER_01

On va clore l'épisode du jour après ce petit commentaire de Mélissa. En tout cas, merci beaucoup pour toutes ces questions. Ceux auxquels on n'a pas encore répondu qui étaient là-dedans parce qu'il y en a certains qui n'ayez pas peur on va vous répondre on répond à tout le monde on prend le temps c'est juste qu'on en a beaucoup donc parfois ça prend un peu de temps je sais que parfois ça prend une à deux semaines avant qu'on puisse répondre à chacun mais on tient à le faire et on le fera ça c'est une promesse qu'on s'est fait quand on a commencé ce podcast et puis vous commencez à être de plus en plus nombreux donc c'est super chouette merci encore à tous et comme dit on vous reviendra avec les événements où on sera présent si vous voulez venir nous rencontrer ou discuter avec nous sur place. Ça sera le cas. Et un jour aussi, tu avais parlé que tu voulais qu'on fasse ça en live. Donc, on fera un live sur YouTube bientôt quand on aura un peu plus de monde sur Insta. Et puis, vous pourrez nous poser des questions comme ça en direct et on pourra partager. Tant que ça aide du monde, nous, ça nous

SPEAKER_02

plaît. Exactement.

SPEAKER_01

Et comme d'habitude, je vais laisser le mot de la fin

SPEAKER_02

à Isa. Eh oui. Donc, un rappel ici, on a un cancer, mais on reste de cœur à le combattre. Donc, prenez soin de vous. Prenez soin

SPEAKER_00

de vous.

UNKNOWN

À plus tard. On va s'en sortir. Bye. Bye.