Un welsh avec
Les Marches, le restaurant du Théâtre du Nord à Lille est l’endroit où se croise le public et les artistes avant ou après les spectacles ! C’est ici que Ronan Ynard, secrétaire général, a donné rendez-vous à quelques artistes de la saison pour partager un welsh, ce plat emblématique du Nord et parler théâtre, culture et vie d’artiste !
Un podcast produit par le Théâtre du Nord – Centre Dramatique National Lille Tourcoing Hauts-de-France.
Un welsh avec
Un welsh avec Ismaël Allem et Forbon N’Zakimuena
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Un samedi par mois, le Théâtre du Nord présente les Contes d’Ismaël et Forbon, un rendez-vous gratuit pour les petits dès 5 ans pour aborder les questions de discrimination et de racisme.
Ronan Ynard, secrétaire général du Théâtre du Nord, a donné rendez-vous à Ismaël Allem et Forbon N’Zakimuena à l’heure du déjeuner pour partager un welsh et parler de leur rapport aux contes pour enfant, de leur rôle de pères, et de la question de la représentation dans les histoires et sur les scènes de théâtre.
Les Contes d’Ismaël et Forbon
Avec Ismaël Allem et Forbon N’Zakimuena
Un samedi par mois entre décembre et mai
Infos et réservation : https://www.theatredunord.fr/les-contes-d-ismael-et-forbon-2526
Un podcast produit par le Théâtre du Nord.
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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue au Marche, le restaurant du Théâtre du Nord. Je suis Ronan Hénard, secrétaire général et aujourd'hui je reçois deux artistes de la saison 2025-2026. L'un est un rappeur et poète, l'autre est un musicien, artiste de la parole, artiste pluridisciplinaire. C'est parti pour un Welsh avec Ismaël Halem et Forbond Zakimwena. Bonjour Ismaël, bonjour Forbont, on vient dans Marche, le restaurant du Théâtre du Nord, où on va déjeuner un Welch, ce merveilleux plat du
SPEAKER_02Nord. J'ai
SPEAKER_03tellement hâte. Déjà, est-ce que vous
SPEAKER_02aimez le Welch
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ah bah oui, moi j'adore. C'est la vie. Le Welch, c'est la vie. C'est le Welch. Ah bah voilà. Mais quel timing, c'est quel timing. Après, c'est une version un peu revue. Oui, c'est un peu une version, c'est le Welch marinier. Merci beaucoup. Le welsh
SPEAKER_03marin. Merci.
SPEAKER_02Merci. Le welsh saumonier. Bah ouais. Welsh au saumon. Welsh
SPEAKER_03inclusif. C'est ça, parce qu'ici, on revisite le welsh. Végé, poisson ou le classique. Vous aussi, vous revisitez les contes. On va en parler. C'est comme ça que vous l'aimez, vous,
SPEAKER_02le welsh
UNKNOWN?
SPEAKER_02Bah écoute, cette version-là, je l'aime beaucoup. Vraiment, je ne la connaissais pas. En fait, pour moi, le welsh, c'est jambon, voilà quoi, tu vois. Enfin... option vg pour les personnes mais j'aime bien j'aime bien quand on se permet des petites refusions on va dire sur certaines choses je trouve que c'est c'est important de pouvoir parfois bouger les choses aussi
SPEAKER_01moi je suis un rôle ou d'habitude sur un traditionnaliste avec la bouche j'aime pas les plats revisité toujours vraiment pas à la base ouais mais de ouf mais comme je mange pas de porc à la base et quand j'ai découvert le web donc moi j'ai pas grandi à lille donc je ne connaissais pas le welch et quand je suis arrivé ici pour pouvoir en goûter donc jambon d'inde et après j'ai arrêté de manger de la viande donc jambon végétal j'ai pas encore testé mais ça y a moyen de tester un truc à mon avis et souvent je suis venu ici j'ai goûté et let's go il est très bon pour l'avoir testé plusieurs
SPEAKER_02fois ça marche vraiment très bien
SPEAKER_03et là c'est parti pour un welsh inclusif bon appétit à fond donc on est ici pour manger un welsh évidemment mais on est aussi là pour parler des contes d'Ismaël et Forbon c'est le nouveau du théâtre du nord un samedi par mois à 15 heures pour les cinq ans et plus et c'est gratuit avant qu'on parle des comptes justement moi j'aimerais qu'on remonte le temps et que vous me disiez vous à 5 ans et plus où vous étiez dans votre vie qu'est ce qui vous faisait rêver qu'est ce qui vous faisait peur qui sont ismaël est fort bon de 5
SPEAKER_02ans alors moi c'est assez particulier puisque moi j'ai commencé la vie sans avoir la capacité de parler des choses A mes zéros, à mes 5 ans, je parlais pas. J'étais mutique. Et du coup, j'ai engagé une thérapie avec un pédopsychiatre entre mes 5 et mes 8 ans où j'ai un peu... Il m'a fait... il m'a donné accès à la langue en fait, il m'a donné accès à la langue et au langage. Donc si tu veux, la seule manière pour moi de m'exprimer, c'était par des cris, c'était par des mouvements, c'était tout sauf la parole, parce que ça passait par des choses que moi-même je ne comprends pas. Donc du coup, de mes 5 ans, à 5 ans, j'étais un enfant qui ne parlait pas en fait, qui n'avait pas accès à ça. Et je crois que là, j'avoue que c'est devenu un peu beaucoup trop loin pour avoir une idée de contes que je pourrais avoir à la maison. Je n'ai pas de souvenirs de contes que mes parents me lisaient. C'était plutôt à l'école, avec des petits classiques. Je ne sais pas si vous vous souvenez, il y a le livre, le renard avec la galette. Il y a celui-là. Ouais, c'est un gros gros.
SPEAKER_01Il faisait rouler sa
SPEAKER_02galette. Oui, il faisait rouler sa galette.
SPEAKER_01C'est une histoire ou il y avait plusieurs histoires dedans
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, c'est une histoire. Ah ouais, non, je n'ai pas
SPEAKER_02ça. C'est juste un renard qui roule sa galette. Ouais, c'est ça quoi. Il y a ça, puis il y a un truc avec un poisson arc-en-ciel, celui-là aussi. Moi, j'ai des souvenirs de ces livres-là qu'on me lisait à l'école.
SPEAKER_03Il y avait des écailles.
SPEAKER_02Ouais, il y avait des écailles et tout ça. C'était un peu les premiers livres arty, un peu, tu sais, on voulait mettre carrément grave parce qu'il y avait des paillettes mais voilà j'ai des souvenirs un peu comme ça mais voilà sinon j'étais un peu cet enfant là qui essaie de s'en sortir on va dire avec la parole, le langage et la communication
SPEAKER_03et du coup genre sans cette parole là est-ce que quand même tu formulais d'une manière ou d'une autre des rêves des envies des des peurs aussi c'est quoi ton état d'esprit
SPEAKER_02à ce moment là ouais ouais je J'avais des souvenirs quand même que j'avais des copains ou j'avais une vie sociale. J'avais une amoureuse même, je me rappelle aussi. J'avais une petite amoureuse à 5 ans. Donc, j'arrivais quand même à m'en sortir. Mais je n'avais pas ce langage. Je n'avais pas ce truc. Et je sentais que c'était un problème. Je sentais que c'était un problème que ce soit dans ma famille ou que ce soit à l'école. Je sais que c'est l'école vraiment qui a été proactive auprès de mes parents de leur dire bon ben voilà, on a ce numéro là d'un pédopsychiatre en CMPP pour que votre fils puisse parler parce que c'est compliqué aussi parce que sinon dans la vie ça allait être dur pour lui et donc ça s'est fait et donc ironie du sort c'est devenu mon métier maintenant c'est devenu mon métier d'avoir ce truc là pour les mots et je sens et je sais aussi qu'aujourd'hui c'est un truc pour moi vraiment le fait de pouvoir parler, de pouvoir exprimer des choses parce que c'est ce qui... En fait, je sens que c'est devenu quelque chose d'ultra intime pour moi. Que c'est vraiment quelque chose que je réserve vraiment dans une sphère très protégée, très... où la possibilité du langage est vraiment possible d'être reçu, accepté, échangé. Je sais qu'en dehors de ces instants, que ce soit dans la scène ou quand je suis tout seul, quand j'écris quelque chose, je ne suis pas aussi exigeant dans le langage ou dans la communication parce que je ne sais que trop bien ce que c'est de la difficulté de s'exprimer ou de
SPEAKER_03communiquer tu as une valeur en fait au langage et en même temps tu n'es pas discriminant
SPEAKER_02avec le langage non pas du tout parce que je sais ce que c'est de s'en sentir incompris donc j'ai pas j'ai pas cette exigence là envers les gens de savoir voilà c'est un peu l'enfant que j'ai été à mes 5
SPEAKER_03ans et Toi
SPEAKER_01Ismaël, t'es quel enfant à 5 ans
UNKNOWN?
SPEAKER_01T'es où
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu rêves de quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu fais quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, je suis chez mes parents à Aulnoy-Emery. Donc, un fond du nord de la France. Et je suis un peu le singe savant de la famille parce que je sais lire depuis que j'ai 3 ans. Et contraste aussi fort et pesant quand même sur des petites épaules avec mon grand frère qui a 5 ans plus que moi et qui lui est déficient. Donc, on est en mode tu vois il y a même des je me souviens même d'une maîtresse qui fait la remarque en disant ah mais c'est marrant vachement marrant mais voilà mais je sens quand même qu'il y a ce truc tu vois hilarant de ouf on s'est pas remis d'ailleurs tu vois mon père il m'appelle Einstein et tout de manière mi affectueuse mi taquine tu vois oui à 50 c'est son nom là Einstein monsieur je sais tout c'était ça et et mes rêves et de toute façon aussi mon rapport à la lecture, c'est le foot. Je lis tout ce qui me passe sous la main qui a rapport avec le foot, ça m'aide beaucoup à apprendre à lire aussi, à apprendre à... Je connais je pense toutes les capitales d'Europe et toutes les villes, enfin tu vois, la géographie de la France et tout grâce au foot. Et ouais, j'ai ce petit côté singe savant même à l'école. Je sais qu'à l'école, ils me font répéter les capitales et tout pour montrer aux autres que je sais et tout, enfin tu vois, c'est un tel comme ça quoi. Et donc la lecture, je lis tout seul aussi. Je lis tout seul mais je me souviens quand même d'avoir un rapport avec... avec ma mère sur ça. Ma mère, elle me lisait beaucoup d'histoires. Je dis nous parce qu'à 5 ans, mon frère n'est pas encore arrivé. J'ai un petit frère de 5 ans de moins. Du coup, on était en lit superposé. À ce moment-là, je pense que je dois encore être en lit superposé avec mon grand frère parce qu'après, ce sera avec mon petit frère. J'aurai l'ascension sociale. Je passe sur le vidéo. Ma mère, elle nous lit des histoires quand même tous les soirs. Quand c'est mes tantes qui me gardent, elles nous lisent des histoires aussi. Je me souviens que ce que je préfère, c'est les histoires qu'elles inventent. Et elles me disent à chaque fois alors on lit une histoire ou alors j'invente. Je disais non tu inventes. Donc avec le recul maintenant et puis quand on en parle, je sais que c'était super relou pour elle d'avoir une histoire à inventer tout le temps mais je préférais ça. Et tu participais à ces histoires
SPEAKER_03quand elles inventaient
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, c'est le demi-sommeil d'avant dormir quoi tu vois. Et en plus tu vois c'est flou maintenant, je te dis 5 ans mais en fait c'est entre 5 et 10 tu vois, c'est mes souvenirs d'enfance quoi. Et sinon les contes clés les histoires classiques, tu sais, on avait une médiathèque dans mon quartier et j'y ai passé des heures et des heures et des heures, et des jours même, tu vois. Donc ma mère, elle avait un rapport avec ça, elle nous emmenait beaucoup à la médiathèque. Et puis même, c'était un endroit où les gens squattaient, quoi. Les gens du quartier, on allait squatter. Les jeunes, on allait faire nos devoirs. Tu vois, c'est quartier immigré, donc souvent plus d'une personne par chambre. Donc un endroit pour faire les devoirs et un endroit pour se retrouver. On est aussi une génération où on On vivait beaucoup dehors. Il n'y avait pas les téléphones, il n'y avait pas les réseaux sociaux et tout. Donc, pour voir nos potes, il fallait aller dehors. En tout cas, à l'extérieur de la maison. Et donc, la médiathèque, c'était un rendez-vous. Vraiment. Donc, j'ai grandi avec ces livres-là, avec les livres de la médiathèque et tout. Je les ai amenés à la maison et tout. Mais petite
SPEAKER_02pression quand même, non
UNKNOWN?
SPEAKER_02Dans ta famille, d'avoir
SPEAKER_01ce rôle-là. Oui, bien sûr. Avec le recul, oui. Et encore aujourd'hui, de toute façon, je me mets beaucoup la pression. Je pense qu'il y a de ça. Mais après, ma famille ne me mettait pas la pression. Franchement, il n'y avait pas de « il faut réussir ceci, il faut réussir C'était plutôt on le laisse tranquille. Du coup, ils m'ont fait passer une classe. Ils m'ont fait passer le CP parce que je savais déjà lire. Mais je me souviens qu'il y avait la question d'aller me mettre dans une école spécialisée ou de me faire passer une deuxième classe et que mes parents n'ont pas voulu. Justement, ils ne voulaient pas qu'il y ait ce délire-là.
SPEAKER_03Ils ne voulaient pas l'accentuer. Olivier Roland Mais quand même, les petits surnoms que tu disais, Einstein, je sais tout, ça ne t'a pas découragé à un moment
UNKNOWN?
SPEAKER_03Tu ne t'es pas dit, tiens, pour rentrer dans le moule, dans l'autre moule, il faudrait que j'en
SPEAKER_01sache moins. Olivier Roland J'en sache moins, non. Olivier Roland Non. Non, parce qu'on était quand même encouragés à la maison, tu vois, à la lecture, au savoir. Ma mère lit beaucoup, beaucoup. Elle lit de tout, ma mère. Mais tu sais, elle lit des trucs... Elle est ouvrière, ma mère, elle n'a pas fait d'études. Elle a arrêté l'école en quatrième, cinquième, tu vois, quatrième, troisième. Elle est rentrée à l'usine et elle n'en est jamais sortie, tu vois. Mais elle
SPEAKER_03lit. Alors, les contes, justement, que vous vous proposez aujourd'hui. Donc là, pendant deux saisons, on a eu des drag queens qui nous faisaient des contes à paillettes. On abordait beaucoup les questions de genre. de discrimination aussi de manière plus large. D'ailleurs, on a fait une interview Welsh avec elle, qui était un moment haut en couleur. Est-ce que vous pouvez me dire, vous, qu'est-ce qu'on va voir dans les comptes d'Ismaël et Forbon
UNKNOWN?
SPEAKER_03De quoi on va parler
UNKNOWN?
SPEAKER_03Comment ça s'articule
UNKNOWN?
SPEAKER_03Qu'est-ce que vous avez fait
UNKNOWN?
SPEAKER_02Donc, nous, on a... Déjà, on nous a invités très chaleureusement à travailler ensemble. Ça fait longtemps qu'on se connaît avec Ismaël. On a toujours essayé trouvé un prétexte pour se voir un peu plus souvent. On s'est trouvé une petite semaine de résidence en juin dernier. Une semaine vraiment passionnante où, en amont de ça, on a fait une grande sélection, une large sélection de livres. Pas mal d'initiatives d'Ismaël, avec son réseau qui était vraiment hyper généreux dans les propositions de livres.
SPEAKER_01Réseau social réseau tout court par réseau mais tu vois moi je n'ai pas de honte à demander à mon public tu vois est-ce que vous avez des livres truc et tout d'un point proche et en fait les gens ont sorti des dizaines et des dizaines de choses on a beaucoup travaillé avec la librairie ici sont les lions aussi à bruxelles qui est une librairie spécialisée auteurs et autrices afro descendants ou afro afrique en tout court et avec la librairie le big le mois aussi à lui nous a pas mal conseillé et aux
SPEAKER_02enfants ouais bien sûr les enfants vraiment c'est vrai que en parallèle de ça j'ai testé beaucoup les histoires avec ma fille qui a 9 ans et donc ma fille était très était très très aidante sur les histoires comme elle les recevait tout ça donc c'était donc ça a permis de décrémer d'avoir déjà un premier écrémage et donc après voilà on en a je sais pas peut-être Il y a peut-être une trentaine de livres qu'on a lus. À titre de ça, on a un peu saisi le nectar de tout ça pour avoir plusieurs livres qu'on a un peu dispatchés en thématiques. Tous les samedis, c'est une thématique différente avec des livres qui ont un axe particulier dans la question des questions coloniales ou des questions raciales, de discrimination par rapport à tout ça. Mais il n'y a pas que ça aussi. Ce qui est intéressant aussi dans ce moment-là, c'est que ça s'articule aussi avec des moments qui sont plus en lien avec les jeunes, les parents et les enfants. Il y a des quiz, il y a toutes ces choses-là qui permettent aussi de donner un peu plus de matière et de contexte aussi sur tous les les contes qu'on a choisi de transmettre ça nous semblait vraiment intéressant en fait de pouvoir le relier aussi à la question de l'échange et du savoir par rapport au monde dans lequel on vit par rapport à tout ça de se dire que ces contes là pourquoi on les a choisis c'est parce qu'ils viennent de quelque part, ils viennent d'une histoire ils viennent de moments qui font qu'on est aujourd'hui dans un monde où on se pose beaucoup de questions sur ces choses là donc c'est important aussi qu'on le voit aussi comme un moment où on partage aussi avec des jeunes, qui permet d'échanger, de donner du contexte
SPEAKER_01aussi à tout ça. Et venant du rap tous les deux, c'est quand même un endroit artistique où le public est important. Bien sûr. Le public n'est pas muet, assis à écouter. En tout cas, moi, je m'ennuie quand je suis public et que je dois faire ça. Je m'ennuie quand je suis sur scène avec le public et comme ça. Donc, on n'avait pas du tout envie de fabriquer une forme où les gens devaient nous écouter, encore moins des enfants. Oui, bien sûr. Donc, on a posé plein d'interactions, effectivement des quiz. autour de drapeaux, autour de grandes figures aussi. Et on a aussi des chansons. Forcément, on s'est mis à rapper et chanter parce qu'on avait envie de le faire ensemble. Et pareil, on est allé chercher dans le corpus, dans nos corpus à nous en vérité. C'est-à-dire de ce qu'on a écouté, ce qui nous a formés, forgés sur ces questions-là, sur les questions de discrimination, sur les questions décoloniales. Et voilà, de la même manière qu'avec les livres. Et sur les livres, on avait un espèce de critère où il fallait que le livre soit écrit par un auteur ou une autrice racisés, soit qui mettent en scène des personnages principaux racisés, soit qui traitent de la question du racisme, ou les trois. Ou deux, pardon, les
SPEAKER_04trois.
SPEAKER_03Justement, dans les contes, tu viens de parler des personnages racisés, il y a une grande question d'identification. Moi, quand j'étais petit, par exemple, je sais que je m'identifiais à la princesse tout le temps, et j'ai réalisé plus tard que ce n'était pas parce que j'avais envie de porter une robe, c'était parce que j'étais moi aussi
SPEAKER_04amoureux
SPEAKER_03du prince. Et du coup, je me posais la question Vous, quand vous étiez petit, à qui vous vous identifiez dans les contes que vous lisez
UNKNOWN?
SPEAKER_03Est-ce qu'il y avait comme ça des questionnements sur l'identification
UNKNOWN?
SPEAKER_03Est-ce qu'il y avait des histoires un peu trop normées qui vous passaient complètement à côté
UNKNOWN?
SPEAKER_03Comme moi, j'ai pu passer à côté de certaines
SPEAKER_02histoires. Moi, ce n'est pas par les contes que ces questions-là d'identification, de représentation sont passées. C'est plus par les séries. Moi, comme je suis un enfant de la télé, TF1, M6, c'était beaucoup de séries… dès qu'il y avait une série afro-américaine, à ma famille d'abord, ou Prince de Bel-Air, j'étais énormément... Pour moi, ça me parlait beaucoup, parce que c'était des personnes qui me ressemblaient, même si c'est... Je m'identifiais beaucoup à la culture afro-américaine, soit par le rap, soit par les séries, parce que toute la culture française, il y avait des gens qui... Il y avait des Jamel et tout ça, mais... C'était pas... C'était encore autre chose. En fait, ça me tapait pas forcément... C'était pas proche de moi, en fait.
SPEAKER_03Parce qu'aussi, tu cites des séries où quasiment tous les personnages sont noirs, alors qu'en France, il y a un personnage noir qui
SPEAKER_02sert de... Oui, voilà, qui sert de caution, de faire valoir...
SPEAKER_03On n'avait pas ces séries...
SPEAKER_02Non, non, non. Oui, voilà, moi, j'ai peut-être des souvenirs de Julie Lescaut, de Mousse Diouf, par exemple, tu vois. Ou... ou aller peut-être un peu plus tard je sais pas moi le morning live avec ma gloire mais bon c'est toujours des personnages noirs très secondaires et qui cherchent un peu la sympathie voilà exactement quoi donc forcément moi ça me parlait pas du tout même déjà plus jeune ça me parlait pas du tout et même avec le recul et en travaillant avec Ismaël là dessus ça s'est beaucoup plus précisé aussi pour moi autant je pouvais apprécier certains contes ou certains poèmes des gens de la fontaine etc mais au final soit c'était des personnes blanches soit c'était des animaux donc c'était jamais rarement des personnes qui me ressemblaient quoi donc ça passait pas ça pouvait pas passer par là quoi c'était tout de suite quelque chose qui était soit hors de moi soit qui était dans le cadre scolaire mais jamais dans quelque chose qui touchait vraiment
SPEAKER_01mon intimité propre. Et toi Ismaël
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors moi déjà c'est facile il n'y avait pas d'arabe du tout. La question, elle ne pouvait pas se poser de ce point de vue-là. Mais évidemment, l'identification, l'identité, ce n'est pas que l'identité raciale ou ethnique. Il y en a plein d'autres. Et du coup, moi, ça passait par d'autres trucs. Mais je sais, j'ai réfléchi pas mal à ça. D'ailleurs, au fait que je ne me suis jamais, jamais identifié aux héros. Jamais. Genre, ils ne m'ont jamais trop intéressé, les héros. J'ai toujours été plus proche des sidekicks. Tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_01Enfin, les sants de Chopin, ça, tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_01Même dans les contes que j'aimais... Moi, j'aimais bien les Disney. Quand on était petit, Blanche-Neige et les Sept-Mains, moi, je kiffais les Sept-Mains. Beaucoup plus que Blanche-Neige ou que Le Prince, qui sert un peu à rien dans l'histoire. Dans Le Roi Lion, j'aime bien Timon et Pomba, ou j'aime bien Timon, mais je pense que c'est parce que j'étais un rigolo aussi. J'aimais bien rigoler, donc j'aimais bien les personnages qui faisaient rigoler. Oui, ils étaient un peu trop sérieux, les héros et les héroïnes. Un peu sérieux, un peu parfait. Et moi, j'étais imparfait. En plus, j'étais petit, même petit physiquement. Donc, le héros super musclé qui bat tout le monde et tout, je savais que ce n'était pas moi. Mufasa, il ne m'intéressait pas beaucoup. Même Simba. Simba, ce n'est pas du tout le plus intéressant dans le Roi Lion. Moi, je suis team Simba au fort. Moi, je suis team Lala. Moi, je suis team Rafiki. Bien sûr. Du coup, moi aussi, Rafiki fort, Lan dans Shrek et tout. J'ai réfléchi à cette phase de Rosé où il dit dans le Roi Lion, c'est le singe qui a l'accent africain et dans je dirais que c'est l'âme qui a l'accentier. Je me demande s'il n'y a pas aussi un truc de cet ordre-là, tu vois, de la question des accents et tout, où l'altérité, l'étrangeté, elle venait toujours des sidekicks.
SPEAKER_02Ouais, c'est
SPEAKER_01vrai. Tu vois, Abu dans Aladdin, enfin, tu vois. Oui, c'est vrai. Abu, il a une chichilla, tu vois. En vrai, moi, quand j'allais au collège avec une chichilla pour faire un original, il y a des gens qui m'appelaient Abu, tu vois. Je me demande s'il y a un délire de ce genre-là ou si je surinterprète, je ne sais pas. Mais en tout cas, je sais que j'étais super proche des sidekicks plutôt que... Le seul héros que je kiffais vraiment, je crois, c'est Batman. Un Batman qui est super imparfait. Oui, bien sûr. Très complexe en plus comme
SPEAKER_03personnage. Justement aujourd'hui, vous êtes papa tous les deux. J'imagine que vous avez une sorte de responsabilité, que vous vous sentez en tout cas responsable de ce que vous transmettez à vos enfants à travers ces imaginaires des contes, à travers toutes les histoires qu'on leur raconte. Comment on fait aujourd'hui pour faire en sorte qu'on élève des enfants qui soient des personnes bien
UNKNOWN?
SPEAKER_03qui véhiculent pas des clichés comment ça se fait ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02je crois que c'est une question que je ne répondrai jamais que j'arriverai jamais à répondre c'est vraiment une question l'éternelle question qui change beaucoup tout le temps qui évolue en fonction de leur âge de nous même aussi comme on évolue dans la vie je crois qu'aujourd'hui je me suis j'ai accepté que tout ne viendra pas de moi que En grandissant, même aujourd'hui, à 9 et 13 ans, mes enfants, je sens qu'en avançant de plus en plus dans la vie, ils ont aussi leur propre centre d'intérêt, leur propre référentiel, l'école aussi qui joue beaucoup là-dessus. Il y a quelque chose où, dans mon rôle de parent, je sens que plus j'avance, je sens que mes enfants ont de moins en moins besoin de moi. Ils ont toujours un peu besoin de moi. de moi mais je sens qu'il y a des choses qu'ils arrivent en fait à très clairement être eux-mêmes leurs propres ressources pour
SPEAKER_04ça
SPEAKER_02et ça je trouve ça trop beau aussi de se dire qu'en fait il y a des choses quand je vois mon fils à fond dans le sport ou ma fille déjà d'une appétence forte sur tout ce qui est art plastique dessin c'est pas des choses que moi voilà je sens que c'est eux c'est vraiment eux leur centre d'intérêt et ça c'est trop chouette donc je suis plus dans un rôle d'accompagner un peu ce qui développe eux les tenir la main un peu là-dessus plutôt que d'imposer des choses j'essaie vraiment d'être d'accepter qu'il y a des choses qui se développent par eux-mêmes pour être plus dans l'échange dans l'accompagnement plutôt que dans un truc d'éducation un peu froid, aride En tout cas, j'essaie d'être dans cette posture-là aujourd'hui. Tu
SPEAKER_00as une vigilance, en
SPEAKER_02fait.
SPEAKER_03Oui, carrément. Jusqu'à quelque chose de descendant.
SPEAKER_02Oui, vraiment. Je sens que toutes les fois où j'ai essayé d'être ce père-là, ça ne marchait pas du tout. Je m'épuisais et je sens que la vie est beaucoup plus cool quand on est juste des humains eux et moi avec ce qu'ils sont eux ce que je suis moi et d'être vraiment dans ces échanges là quoi et je trouve ça beaucoup plus riche parce que moi j'apprends d'eux ils apprennent de moi après forcément il y a des choses bon bah qui se passent bon je suis obligé un peu de voilà il faut être un peu parent il faut cadrer des choses et tout ça mais c'est c'est pas la partie la plus kiffante je trouve pour moi en tout cas je sens que c'est pas la partie où je suis le plus proactif je sens que je me sens beaucoup plus investi quand il y a quelque chose qui est dans le lien dans le lien dans l'échange la communication dans ce qu'ils traversent dans leurs doutes dans leurs questionnements voilà je trouve cette partie là elle est elle est riche en tant que parent quand on accède vraiment à ce que eux ils traversent et comment ils le vivent enfin je trouve ça trop beau de toute façon moi j'ai eu deux choses quand j'étais père je me suis dit par rapport à l'enfance que moi j'ai vécu moi il y avait une chose une des choses les plus importantes pour moi c'était que j'avais pas envie que mes enfants aient peur de moi j'avais pas envie que mes enfants aient peur de moi j'avais pas envie d'acquitter entre que toutes les choses qu'ils traversent, qu'ils disent et aussi d'accepter qu'on n'était pas d'accord aussi sur certaines choses. Et je sens que ces choses là elles sont de plus en plus concrètes en fait dans mon lien que j'ai avec eux où je sens qu'il y a des choses où on arrive enfin je sens qu'on est vraiment dans la discussion avec mes enfants et ça moi je suis trop content d'avoir ce lien là avec eux et c'est C'est
SPEAKER_03cool. C'est assez cool à ce niveau-là. Toi, Ismaël, ton fils est plus petit. Il a des baskets qui courent vite et qui font de la lumière. Ça, c'est vachement bien. Il a
SPEAKER_01de la chance. Pour notre taille, c'est un peu dur. Et surtout, je suis son héros. Ça veut dire que papa, c'est le plus grand, c'est le plus beau, c'est le plus fort. Il a toujours raison. Il veut être comme moi, ce qui va disparaître au fur et à mesure. En tout cas, va s'atténuer mais du coup moi sur la question de l'éducation mais ça va avec ça je suis très attaché à une espèce de maxime qu'on a chez les musulmans qui dit un regard vers le maître vers le cher toi donc la personne qui éduque vaut plus que je crois que c'est cent années d'adoration mais parce que c'est pas la question de regarder quelqu'un et de vénérer ou qui serait magique c'est parce que on apprend beaucoup plus en regardant que en écoutant tu vois nous quelles que soient les les relations qu'on a avec nos parents, on se rappelle beaucoup plus de ce qu'ils faisaient et de leurs comportements que de ce qu'ils nous ont dit. Je pense que dans ce qu'ils nous ont dit, on a retenu 4-5 phrases marquantes à un moment où c'était important. Là, ça, je te le dis, et puis on ne sait pas pourquoi ça s'est imprégné. Mais tout le reste qu'on a appris d'eux, c'est les comportements, la manière de se comporter, que soit on fuit, je ne veux plus du tout faire ça, ou au contraire, mes parents faisaient ça, donc je fais ça, ou des trucs qu'on ne réfléchit même pas, rien qu'un truc tout bête, est-ce qu'on se bouche le soir ou le matin
UNKNOWN?
SPEAKER_01En général, c'est la copie de nos parents. Et alors qu'il n'y a pas de mieux ou de moins bien, il y a des arguments pour ou contre. Le lait avant les céréales, tartine au beurre ou tartine à la confiture, c'est des trucs tout bêtes sur lesquels on ne réfléchit pas parce qu'il n'y a pas tellement d'enjeux et qui viennent de nos
SPEAKER_03parents. S'il y a un enjeu, le lait avant
SPEAKER_01les céréales ou pas, il y a un enjeu. On va faire une pause dans le podcast. Alors, on fait un spin-off. C'est-à-dire, il y a le Welsh et puis le spin-off, c'est le lait avant les céréales. et ouais du coup comment j'essaye de fabriquer un enfant qui discrimine pas et qui soit déjà à l'aise avec son identité mais même juste sur la question du racisme un enfant pas raciste un enfant pas sexiste et tout bah déjà je suis hyper conscient de fanon qui dit une société raciste ou ne l'est pas on est dans une société raciste point c'est impossible que mon enfant n'ait aucun préjugé raciste qu'il n'entende jamais c'est impossible c'est arrivé à deux trois ans dans sa classe il voulait pas tenir la main mais parce que personne ne voulait tenir la main à une enfant parce qu'elle avait alors selon leurs mots la peau blanc et en plus elle parle anglais en fait c'est une petite Rome qui parlait pas du tout anglais mais qui parlait pas français quoi et donc dans leur tête voilà on voulait pas lui donner la main donc on discute et tout et ce que j'essaye de faire donc c'est ce qui me voit moi évoluer c'est qu'il est dans son entourage des gens de différentes cultures de différentes formes j'allais dire mais tu vois de différents univers et tout et aussi de lui parler clairement à chaque fois c'est à dire qu'il sait très bien pourquoi on parlait de la question d'algérie c'est très bien qu'il a un grand père qui est venu d'algérie c'est très bien pourquoi dans quel contexte c'est ce que c'est la colonisation quand je vais en manif je me dis pas que c'est pas un endroit pour lui il vient avec moi et je lui explique ce qu'on est en train de faire c'est quoi la manif c'est une manif anticoloniale c'est très bien ce que c'est on a fait manif quand trump a annexé le venezuela il a très bien compris de toute façon les enfants ils ont un univers avec les gentils et les méchants donc c'est assez facile expliquer le monde et après c'est à nous plutôt de déconstruire ce manichéisme là tu vois tout doucement plutôt je pense que l'inversé et après j'ai beaucoup évolué avec dans ma relation avec mon fils sur quand il a des questions je réponds ça paraît ça paraît bête mais je veux dire j'introduis pas de notion nouvelle moi même sur lesquels il n'a pas de question donc pendant longtemps j'ai fait ça j'en reviens
SPEAKER_03par les trois stress et non pour
SPEAKER_01lui ce que je me dis je me dis s'il me demande mais par exemple à deux ans il m'a dit papa c'est quoi la mort je me suis dit bon on est dimanche envoie moi un mail et je te répondrai non mais tu vois bon j'ai répondu avec ces mots mais j'aurais jamais introduit ce sujet avant mais cette semaine je lui ai fait écouter tu vois le morceau de tiers monde où les noirs ont disparu là trop beau en fait il est arrivé en aléatoire et tout et j'ai fait pause et je me suis dit bah en fait c'est moment j'ai dit bon bah là j'aime on va on va penser quoi le racisme aujourd'hui parce que c'est le racisme et tout tu vois et donc je vais expliquer et en fait bon il retient ce qui lui bien sûr bien sûr bien sûr il était mort de rire je me suis dit qu'en fait cette chanson peut être trop la chance et la chanter pendant les comptes
SPEAKER_02ah bah ouais il était mort de rire allez
SPEAKER_01je veux bien je sais c'est l'histoire de très vite c'est l'histoire d'un donc le rappeur est noir tu vois il raconte l'histoire d'un groupe de blancs qui se réveillent un matin et qui a réalisé son rêve c'est à dire que plus de noir sur terre et du coup ils sortent de chez eux et tout mais toutes les routes elles sont défoncées Tu vois le délire
UNKNOWN?
SPEAKER_01Les terres sont arides parce qu'il n'y a pas eu l'esclavage. Ah oui, ils ont disparu de l'histoire de l'humanité. Ils ont disparu de l'histoire, finalement. Du coup, ils essaient d'allumer la lumière de chez eux pour comprendre ce qui se passe et tout, mais l'interrupteur, il n'y en a pas parce que c'est un noir qui a inventé l'interrupteur. Pareil, ils essaient d'aller chercher les journaux, mais il n'y a pas de journaux parce que la presse a imprimé, c'est un noir qui… Il est génial, ce
SPEAKER_02morceau. Oui, il est très bien, hyper référencé.
SPEAKER_01Mon fils
SPEAKER_02était mort de rire
SPEAKER_01de « ils n'ont même pas de chaussures ». Ils ont cru qu'il s'était pris ce coiffé. J'ai essayé de faire avec ces questions à lui. Je me rends compte que le monde est hostile en vérité et qu'il y a des choses, notamment les VSS, sur lesquelles il faut le mettre en garde avant même que ça lui arrive. Il y a
SPEAKER_02une donnée aussi que j'ai dû accompagner mes enfants, c'est qu'eux-mêmes ont été victimes déjà de racisme dans leur jeune parcours. À l'école, beaucoup à l'école, dans certaines activités périscolaires. J'ai dû accompagner mes enfants sur ces questions-là en tant que victime. Et donc, avec leur mère, on les a accompagnés déjà là-dessus. Donc du coup, ça, ça crée aussi déjà quelque chose d'assez puissant, et même d'un peu à la fois puissant et effrayant, parce que moi, à leur âge, je n'ai pas de souvenirs d'avoir vécu ça, d'avoir eu des expériences fortes qui font que tu découvres que tu es quelqu'un de différent. En tout cas, que tu ne fais pas partie du monde blanc, on va dire. Mais je ne pensais pas que ça allait arriver aussitôt. Je ne savais pas que ça allait aussi nous souder en tant que famille, de se dire qu'en fait, on est déjà victime de ça et qu'on est déjà dans une sorte de solidarité entre nous. Et ça, ça a créé du coup au moins un truc de d'hyper vigilance et de voilà en tout cas d'essayer d'être assez on va dire contenant là dessus
SPEAKER_01quoi tu leur en avais parlé avant la notion du racisme elle était introduite ou pas du tout ou du coup tu t'es servi de ce moment
SPEAKER_02là elle était introduite mais même en étant introduite je pense que tu vois en ayant vécu ça ça allait directement dans leur chair et ça a créé un truc en fait déjà à leur jeune âge ils sont déjà hyper conscients et hyper matures sur ces questionnements là il y a un truc à la fois fort et effrayant là dedans de se dire que déjà à 9-13 ans on leur fait pas la construction par l'injure ouais voilà c'est ça ta définition vient d'une injure ouais c'est assez costaud et Et jusqu'à même, des fois, ça va tellement loin que parfois, quand on marche dans la rue ou des choses comme ça, parfois, des fois, je peux un peu manquer de vigilance parce que, je ne sais pas, même des fois, en tant que parent, tu as des trucs à gérer, tu as des sacs à porter, des trucs comme ça. Tu n'es pas du tout là-dedans quand ton fils ou ta fille te dit « Ah bah tiens, j'ai reçu ce regard. Ah bah tiens, tu as vu comment ils nous regardent
UNKNOWN?
SPEAKER_02» Et du coup, ça crée un truc où des fois, quand je suis avec eux, je me sens un peu… je me sens un peu en bande quoi tu vois je me sens un peu genre un peu les Black Dragons tu vois qui marchent et qui sont déjà hyper conscients du monde dans lequel on évolue et ça ça crée un truc en tout cas dans mon lien avec eux qui est très qui est très fort parce qu'en fait on a on a une expérience commune on a une expérience commune là dessus et donc et ça crée et ça crée pas quelque chose ça crée on a pas de décalage là dedans quoi Donc, on est vraiment ensemble. Du coup, c'est costaud. Mais moi, je sais qu'en tant qu'enfant, je n'ai jamais connu ça, par exemple. Moi, mes parents, ils n'ont jamais été très... Mais parce que c'est de notre génération. C'est la première génération qui arrive. Il faut raser les murs. Il ne faut pas se faire remarquer. Même encore aujourd'hui, ma mère, elle est très fière de moi, mais elle m'a encore fait une vigilance ce week-end par rapport à mon spectacle où je parle très frontalement de ça. C'est bien ce que tu fais, mais ne sois pas trop revendicatif. parce que sinon, tu vas finir comme Dieudonné aussi. C'est un autre rapport. Là, avec mes enfants, je suis clairement dans un truc de qu'est-ce que tu as fait
UNKNOWN?
SPEAKER_02Tu as réagi
UNKNOWN?
SPEAKER_02On est vraiment dans quelque chose où on est hyper conscient de ça. J'ai envie de faire un film de ouf. J'ai envie de me prendre un deuxième.
SPEAKER_01Tu es sérieux
UNKNOWN?
SPEAKER_01J'ai trop faim. Ça, ça doit être pour ton film. Je suis trop chaud. Ça, ça doit être pour ton film. Tu es le premier gars… Franchement, je suis bon. C'est le premier gars qui est là. C'est hyper chaud.
SPEAKER_03Ça, c'est pas bon. Mais tu veux un dessert
UNKNOWN?
SPEAKER_03Non, ça, c'est pas bon. J'adore ce regard parce que je
SPEAKER_04l'ai vu tellement de fois quand on mange avec des gens. Les gens, ils regardent comme ça et tout, mais... Non, parce que sur
SPEAKER_03un plat normal,
SPEAKER_04ils auraient dit « Why not
UNKNOWN? » Ça peut m'arriver.
SPEAKER_03Mais un Welsh... Tu veux un Welsh à fraîche
UNKNOWN?
SPEAKER_03Tu veux un Welsh à fraîche
UNKNOWN?
SPEAKER_03En fait, on fait un Welsh de fourniture tu vas rentrer
SPEAKER_01dans l'histoire de
SPEAKER_02l'émission c'est vrai je suis trop chaud merci
SPEAKER_03incroyable ça tourne ça tourne On le garde. J'ai une dernière question pour vous. Pour ceux qui ne le voient pas et qui écoutent le podcast, on est dans le restaurant du Théâtre du Nord, au Marche. Les théâtres, c'est des endroits qui peuvent être hyper intimidants quand on n'a pas les codes, ne serait-ce que franchir la porte. J'ai l'impression que tous les trois, on partage cette expérience-là. On n'a pas osé rentrer peut-être à un moment dans un lieu de culture et que maintenant, on y est. On y travaille, on y fait des choses. Comment on désacralise ces lieux
UNKNOWN?
SPEAKER_03Et puis, c'est quoi votre rapport généralement à ces
SPEAKER_02lieux de culture
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et moi, j'irais même plus loin que toi. Même quand on a les codes, parfois c'est intimidant de rentrer dans certains lieux. Moi, il y a plein de lieux ou de théâtres ou de lieux de culture où je n'y suis jamais encore allé. Pour donner des noms, par exemple, l'Odéon, j'ai une peur chronique d'aller dans ce genre de lieu. L'Odéon, la comédie française, des trucs comme ça.
SPEAKER_03Et puis, Tu peux la décrire,
SPEAKER_02cette peur
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est quoi, cette peur
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est une peur de faire tâche, tout simplement. C'est une peur de ne pas être... En tout cas, de ne pas passer un bon moment. En tout cas, même aujourd'hui, alors que c'est mon boulot, je oeuvre là-dedans, il y a des lieux où je n'ose pas encore aller. Je n'ose pas encore aller parce que parce que c'est parce qu'en fait c'est là c'est un peu triste mais force est de constater que même ça reste encore pour beaucoup de personnes des endroits de privilégier quoi des endroits de privilégier des endroits de pouvoir des endroits où tu as voilà où on n'est pas forcément facilement invité, où on se sent facilement le bienvenu. Et même encore aujourd'hui, il y a encore certains lieux. Moi, par exemple, le Théâtre du Nord, sur l'ancienne direction, je n'y suis jamais allé. C'est vraiment que depuis la nouvelle direction que j'y mets les pieds, que je vois une programmation qui me ressemble. Avant ça, le Théâtre du Nord, ça a toujours été pour moi le théâtre de centre-ville, avec une programmation de gens où je me dis, ils ne sont pas pour moi, je ne suis pas pour eux, le ciel est bleu, plus les fais deux et c'est fini quoi tu vois et maintenant c'est encore aujourd'hui c'est encore une peur qui peut me traverser encore aujourd'hui et je pense que c'est d'autant plus puissant pour moi parce que maintenant que je travaille dedans que j'ai aussi des enjeux de programmation et tout ça il y a des choses où il y a des endroits où je m'interdis d'aller aussi pour par ce prisme là aussi quoi même en tant qu'artiste où je me dis ben j'aurais pas la légitimité d'aller demander mon dossier s'il y a un tel, un tel, parce que je n'ai pas l'impression que ce que je dis, ce que je représente, peut intéresser une direction, un lieu, un théâtre. Il n'y a pas encore aussi longtemps que ça, j'ai reçu un mail d'un lieu parisien qui m'a dit « c'est super intéressant ton projet, mais je n'ai pas le public pour ça, donc je ne te programmerai pas ». Et moi, je n'ai même pas à lutter. Je me suis dit « oui, évidemment ». Évidemment que tu n'as pas le public pour ça. c'est une peur qui me traverse encore aujourd'hui c'est forcément lié aussi à une question de domination et tout ça où en fait on apprend à certaines populations à se taire à leur dire que d'être en colère c'est l'ennemi de la raison ils ont pas le droit d'être en colère leur colère est pas légitime et ces trucs là un peu à déconstruire à dire que non c'est tout le contraire en fait notre parole compte notre parole a un avis a un poids et donc il faut la donner il faut la dire j'essaye en fait dans ce truc là et encore de plus en plus aujourd'hui avec les projets que je défends de plus en plus d'être dans ce truc de se dire en fait c'est mon histoire, ma voix est importante et elle mérite d'être dit et racontée donc on va plus se taire j'essaye d'être dans ce peu sûr là mais c'est pas évident parce que on nous fait bien sentir que
SPEAKER_04t'as senti le bol s'arriver j'ai senti
SPEAKER_02Oui, merci. Mais j'élimine, après, derrière. Mais voilà, j'essaie d'être dans cette
SPEAKER_03posture-là. Et toi, il se mêle, du coup, de rapport à ces
SPEAKER_01lieux
SPEAKER_03de culture, à ces
SPEAKER_01théâtres
UNKNOWN?
SPEAKER_01Mais moi, je vais te dire jusqu'à quel point ça va. C'est que ça fait une heure que je réfléchis à quand est-ce que je dois manger, comment je mange, ailleurs à la caméra. Il ne faut pas je faisais trop bruit de bouche parce qu'il y a mon micro, etc. Et puis en plus, les gens en public, tu as du nord, va me voir manger. Est-ce que je mange comme il faut
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que je m'en fous
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_01Donc c'est à ce point. Et ça ne changera jamais. Ou plutôt, ça changera toujours. Mais ça évolue, c'est en constante évolution en fonction de, comme tu dis, de nos positions sociales, de la position qu'on prend dans tel ou tel lieu et de comment on nous reçoit. Et pour continuer dans l'exemple, je prends les exemples les plus récents pour montrer que c'est tout le temps. Ce matin, je suis allé donner un atelier d'écriture pour le théâtre de la rose des vents donc il y a une scène nationale donc c'est un théâtre etc dans un lycée qui est en plein milieu d'un quartier central enfin tu vois c'est le genre de quartier où il y a le prix de la drogue sur les murs tu vois qui est écrit bah je suis en même temps en train de jouer ma légitimité quand je donne l'atelier face à la prof je montre que je sais ce que je fais faire alors que je suis rappeur et que je suis pas théâtreux et en même temps je dois ne pas trop jouer la légitimité théâtre parce qu'en face de moi j'ai des élèves pour qui la légitimité elle vient du fait que je suis rappeur et euh Donc, je suis en train d'essayer de trouver cet équilibre. Mais oui, moi, je ne suis toujours pas à l'aise dans les lieux. Il y a plein de lieux où je ne suis à l'aise que sur scène. Oui, pareil. Exactement. C'est-à-dire que, par exemple, toutes les premières fois où je suis allé à l'opéra, mais je pense que les 4-5 premières fois où je suis allé à l'opéra, c'est pour jouer. C'est parce que je me suis retrouvé dans un opéra, dans un projet opéra. Jamais de ma vie, je n'y aurais mis les pieds. Et ensuite, les deux fois suivantes, c'est où je me suis dit, bon, quand même, peut-être que j'y aille un jour, parce qu'en fait, ça a l'air chambé. Et parce qu'une chanteuse avec qui j'avais joué m'a envoyé des détaxes et m'a dit bah tiens et tout et je lui ai demandé en fait ça marche comment c'est quoi cette histoire de détaxe déjà et puis je dois prendre quelle catégorie pour bien voir parce que c'est quand même un peu cher mais en même temps je devais pas trop lui dire parce que c'est une grande grande chanteuse et même si elle elle est cool je voulais pas passer pour le crevard à ses yeux enfin tu vois je comprends toujours pas grand chose à ces milieux là alors que vous étiez déjà allé
SPEAKER_03sur
SPEAKER_01scène sur scène avec elle et quand elle a sorti un bouquin elle m'a invité Moi, à dire sur scène avec elle, je pensais qu'on allait être plein, non, il n'y avait que moi. Elle voulait qu'on fasse un truc à deux. Donc, la légitimité face à elle, je l'ai. Je veux dire, objectivement,
SPEAKER_04concrètement.
SPEAKER_01Sauf que, alors, juste, tu sais, des fois, on a envie de dire inconsciemment, mais en fait, ce n'est pas du tout inconscient. La peur qu'on a de ces lieux-là, elle est très consciente, et elle est très documentée, et elle est très raisonnable. Elle n'est pas irraisonnée, parce que dans ce même lycée, la semaine dernière, je me suis fait tutoyer par une surveillante qui pensait que j'étais un élève et qui m'a dit non mais toi tu rentres pas mais elle m'aurait pas dit ça si je ressemblais à autre chose bien sûr tu vois alors oui si j'avais 20 cm de plus des cheveux blancs etc mais on s'entend j'avais la dégaine d'un élève j'avais un sweat capuche et un sac à dos je suis un arabe c'est un lycée où je sais pas 80% des élèves sont arabes bon bah ça y est je me fais tutoie donc jusque là ça existe encore tu vois ça me fait toujours autant mal ça me fait toujours la même chose et les institutions quelles qu'elles soient que ce soit l'école de mon fils, la fac où j'enseigne, le commissariat, le théâtre du Nord, en tout cas ces endroits-là où j'ai eu l'habitude et où mes parents et où leurs parents ont eu l'habitude de subir des violences, que ce soit ce qu'on appelle aujourd'hui micro-agressions, jusqu'à la violence coloniale la plus concrète et physique, en fait, évidemment que je ne me sens pas à l'aise. Évidemment que ce serait inconscient, au contraire, d'y aller la fleur au fusil. Bien sûr. Donc, non, moi, je me mets encore quand je vais au théâtre je me mets au fond parce que je sais aussi que j'ai besoin de sortir mon téléphone à un moment de regarder l'heure de regarder si c'est encore long alors que j'adore mais que j'ai besoin de regarder si j'ai pas eu un sms ou je sais pas quoi et tout et que ça va emmerder tout le monde autour de moi alors que ça m'emmerde personne mais du coup c'est pas grave je me mets au fond comme ça j'embête personne j'ai besoin de me mettre sur le côté parce que s'il faut partir et tout c'est des endroits d'inconfort quand je suis sur scène un peu moins et je dis pas ça pour tu vois je sais pas comment dire c'est pas grave C'est tout, je vis très bien avec ça. C'est comme ça. C'est une charge mentale. C'est une charge mentale, ouais. De fait, si je peux dire, pardon, je saute du coq à l'âne, mais par rapport au conte, parce que c'est le sujet aussi, il n'y a pas très longtemps, il y a un papa à l'école de mon fils qui m'a dit « Eh, mais tu dis des trucs au théâtre, toi, tu fais des trucs au théâtre. » Je dis « Bah ouais, tout. » Il me dit « En fait, j'ai vu une affiche au centre-ville et j'ai vu Ismaël et Forbon, j'ai vu un noir tu dis ah tiens je vais aller voir il dit je suis allé voir sur internet et j'ai vu ta tête j'ai vu ta tête je me suis dit ah je le connais et tout ça a l'air trop bien et tout et il dit j'ai pris le lien et je l'ai envoyé à tous les gens de ma famille ça veut dire que la force du symbole y compris dans le positif elle est là il a vu un nom arabe sur une affiche en centre ville il s'est dit tiens c'est pour moi et il m'a dit exactement je ne suis jamais rentré dans un théâtre je suis jamais rentré dans ces trucs là et plusieurs fois pour les comptes il y a des gens qui m'ont dit peut-être à toi aussi j'étais jamais rentré dans un théâtre donc ça veut dire qu'en vérité c'est possible et que la frontière symbolique elle se casse par des actions symboliques c'est à dire dire des choses qui dire invité la parole des gens et les gens vraiment et ils vont venir quand ils sont invités
SPEAKER_03c'est la réalité que la diversification des publics ne passera pas sans une diversification des récits des artistes sur scène
SPEAKER_02mais c'est d'une logique c'est d'une logique implacable C'est d'une logique implacable. Jusqu'à même dire que si on ne prend pas cette logique, c'est qu'on n'a pas envie. C'est
SPEAKER_01une volonté. On a envie de ne pas la prendre. On a envie de ne pas la
SPEAKER_02prendre, bien sûr. Tout ce que tu dis, pour répondre à ta question aussi de comment on fait, ça pose aussi la question des portes d'entrée. Qu'est-ce qui donne envie à des personnes dont l'héritage Euh... culturels ne passent pas par ces lieux de culture. Comment on donne envie à ces personnes-là de rentrer
UNKNOWN?
SPEAKER_02Donc ça passe par ça, de se dire, tiens, il y a des personnes qui nous donnent envie parce qu'il y a des personnes qui nous ressemblent sur scène. Il y a des personnes aussi qu'on connaît intimement qui nous disent, tiens, viens, je t'emmène voir quelque chose. Voilà, c'est toutes ces choses-là qui nous donnent la possibilité d'être accueillis. Et même les lieux en tant que tels aussi. Comment les lieux sont pensés pour qu'il y ait un accueil possible. Est-ce que par exemple dans le théâtre on peut juste se poser, boire un verre, bosser,
SPEAKER_04manger
SPEAKER_01un welsh, deux welsh
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce qu'il y a des softs intéressants
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que je vais devoir oublier de boire du coca et de l'orangina si je bois pas d'alcool
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu veux dire comme une freinette
UNKNOWN?
SPEAKER_01La boisson au
SPEAKER_02Théâtre du Nord
UNKNOWN?
SPEAKER_02Exactement. Merci pour le
SPEAKER_03placement de produit. En tout cas, une porte d'entrée pour conclure, c'est donc les comptes d'Ismaël elle est fort bonne je pense que là on enlève pas mal de codes justement on est assis par terre avec les enfants dans le hall c'est gratuit on y raconte des histoires qui concernent tout le monde on y joue on peut parler pendant on peut sortir il n'y a pas besoin de rester assis pendant une heure et quart et donc les prochains rendez-vous c'est le 14 février le 7 mars le 4 avril au Théâtre du Nord et le 9 mai on sera à la médiathèque mondiale chez Lille à Tourcoing sûrement il y aura encore plein de dates à venir
SPEAKER_01oui oui on va et je peux dire aussi que c'est celle du 7 mars c'est celle du 7 mars qui est avec jules donc c'est du 7 mars est accessible en lsf jules
SPEAKER_03thurley chanceigneur avec qui on a travaillé sur black label déjà qui sera dans lorraine zappchieux
SPEAKER_01aussi de david et puis je peux dire aussi que du coup toutes les représentations qui se passent au théâtre du nord sont complètes mais on peut venir il y a une liste d'attente qui s'ouvre 15 minutes avant et franchement comme c'est complet mais que c'est gratuit ça arrive souvent que ce soit soit décommandée. Donc, il ne faut pas hésiter parce que c'est complet à venir. Franchement, au pire, vous irez faire un tour en centre-ville.
SPEAKER_03C'est ça. Il faut venir, il faut tenter sa chance. Il y a toujours des places. Merci à tous les deux.
SPEAKER_02Ben oui, merci. Je te laisse terminer ton Welsh. Non, mais il est trop bon. J'avais trop faim.
UNKNOWNMerci beaucoup. A très vite. A très vite. Ciao.