Golden Forty
Golden Forty, c’est le club des 40+.
Le club aussi redouté que convoité!
Les millennials ont 40 ans et on ne ressemble ni à nos parents, ni aux clichés.
Pendant que les médias idolâtrent la jeunesse, nous, on redéfinit l’âge.
Le temps, le corps, l’ambition, la liberté, ... sans mode d’emploi.
Ce podcast est un territoire sonore pour explorer ce que signifie vraiment entrer dans le club des 40 et plus et y habiter avec conscience, contradictions et nouveaux codes.
Il n’y a pas une seule manière d’avoir 40 ans.
Et c’est précisément ce que nous allons raconter.
Bienvenue dans Golden Forty.
Golden Forty
#2 - La crise de la quarantaine n'existe pas.
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
La crise de la quarantaine. On en a tous entendu parler. On nous la prédit comme une sentence.
Sauf que 15 % des adultes d'âge moyen rapportent un vrai bouleversement psychologique. Quinze pour cent. Pas tout le monde.
Ce que j'ai vu autour de moi — et en moi — c'est des gens qui ont changé d'avis. Sur leur couple, leur carrière, ce qu'ils veulent vraiment. Et comme on n'est pas les pros de la communication quand les émotions débordent... ça a secoué. Fort, parfois.
Mais ce n'était pas une crise. C'était de la réflexion. C'était de la curiosité. C'était de la pensée.
Dans cet épisode, on regarde pourquoi changer d'avis fait si peur, ce que ça coûte vraiment — à soi, aux autres — et pourquoi à 40 ans, c'est peut-être la chose la plus lucide qu'on puisse faire.
Pas de morale. Pas de recette. Juste une question à la fin.
Les crises de la quarantaine n'existent pas. Non. Enfin, pas comme on nous l'a raconté. C'est un peu comme les crises d'ado. Tout ça, c'est... des croyances d'avant. Ce que j'ai vu autour de moi ces dernières années, aussi ce que j'ai vu en moi, c'est des gens qui ont changé d'avis, en fait, sur leur couple, sur leur carrière, sur les projets, sur ce qu'ils veulent vraiment, sur ce qu'ils ont et sur ce qu'ils veulent. Et puis, Comme on n'est pas les pros de la communication, quand les émotions sont hautes, en général l'intelligence est un peu basse, ça secoue fort parfois. Franchement, c'est des histoires de communication tout ça. Mais je refuse qu'on tape le mot crise dessus. Vraiment, c'est pas juste ça. En fait, ce que c'est, c'était de la pensée, c'était de la logique, c'était de la curiosité, c'était... Peut-être pas de la logique, j'exagère. Mais en tout cas, c'était de la réflexion. Et c'est ce qu'on va ici creuser dans ce podcast. Qu'est-ce que c'est que cette crise de la quarantaine
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et c'est quoi le problème avec changer d'avis en fait
UNKNOWN? Donc, c'est parti!
SPEAKER_01Golden Forty, c'est d'abord un milestone. Mais c'est surtout le club aussi redouté que convoité. On parle beaucoup des jeunes, des cortiques, les générations, des jeunes, la Gen Z, Gen Alpha, etc. Mais les quarantenaires d'aujourd'hui, on ne les raconte presque pas. Aujourd'hui, ce sont les millennials qui ont 40 ans. Ça y est, on a passé le cap. Rien n'a changé et en même temps, tout change. On n'est pas les mêmes que nos parents. On est les mêmes que nos parents. On est en train de définir une nouvelle manière de prendre l'âge. Et on n'habite pas tous la quarantaine de la même façon. Golden Forty est net de ce constat.
UNKNOWNBienvenue dans le club!
SPEAKER_01Aujourd'hui, on va parler de changer d'avis. Pas comme une valeur, pas comme un conseil, non. Comme quelque chose de réel, que tout le monde vit en fait, et que presque personne ne nomme correctement. Non. Parce que dans notre culture, changer d'avis, ça a la réputation d'une faiblesse, de fauteur de trouble. Et à 40 ans, cette pression, elle coûte cher, vraiment. On va... Regardez pourquoi et on va voir ce que ça dit vraiment de toi quand tu changes d'avis. Voilà. On ne dit pas assez. À quel point c'est lourd
UNKNOWN?
SPEAKER_01Changer d'avis, ce n'est pas juste intellectuel, non. Et pourtant, quand une conviction est centrale à qui tu es, à comment tu te définis, à ce que ton entourage attend de toi, à comment tu t'es construit pendant les 20 dernières années de ta vie, la remettre en question, c'est menacer l'ensemble de tout ça et tous les gens autour. La psychologie sociale, elle a un nom pour ça. C'est la dissonance cognitive. de Léon Festinger, qui a créé ça en 1957. Quand deux informations entrent en conflit dans ta tête, tu ressens un inconfort réel. Pas métaphorique, physique, oui. C'est bien ça que tu ressens. Du stress, de l'anxiété, même une sensation de danger. Et la réponse naturelle, c'est juste de ne pas changer d'avis dans ce cas-là. De juste rester là où on est et ne plus bouger. C'est un rejet de la nouvelle information. Vraiment, tu vas minimiser sa source. Et c'est là que tu vas te convaincre, ben... qui n'a pas vraiment besoin de choisir quoi que ce soit, en fait. Tout est très bien comme ça. Parce que maintenir la cohérence, ça coûte moins cher que de se recomposer avec les différents éléments qu'on va trouver, emprunter, retrouver, ramasser. Et oui, et ça... c'est avant même de parler des autres gens. C'est déjà tout un délire pour soi-même. Parce que tu n'arrives pas seule à une conviction. Non. Tu l'as exprimée, tu l'as défendue, peut-être performée pendant des années. Et du coup, changer d'avis, c'est annoncer à tout le monde autour de toi que la version d'eux-mêmes qui sont construites en miroir du tien est en train de vaciller. Et c'est pour ça que ça fait des vagues, clairement. Et les émotions, quand elles sont fortes, elles ne rendent pas du tout service à la communication, à ton intelligence. On dit mal ce qu'on pense. Trop ou pas assez, on blesse sans le vouloir, on interprète ce qui n'était pas là. On est super créatif. Une fois qu'il y a un trou dans une histoire, on est tellement créatif pour le remplir. Du coup, le résultat, ce qui était un changement d'avis personnel devient une scène, une rupture et c'est là qu'on appelle ça une crise. Non, ce n'est pas qu'on n'a pas appris à traverser ça proprement en fait. C'est même pas ça. Personne ne nous l'a montré. Personne ne nous montre ce genre de choses. Personne ne nous apprend comment... On change d'avis. Donc, je comprends qu'on hésite. Ça nous arrive à tous. Je comprends qu'on n'ait pas toujours l'énergie aussi. Quand l'occasion se présente, immense flemme de créer du changement. Parfois, on voit le moment. On le voit là, c'est super clair. On voit l'opportunité. On sait maintenant. ce qu'on devrait changer, mais juste immense flemme. Pas d'énergie, on est à plat. Ou alors en pleine tempête, on est en train de faire mille autres trucs. Ou alors on n'a juste pas la capacité de porter ça en plus de tout le reste. Donc ça, j'ai envie de vous dire que c'est ok. Cette phrase, c'est ok, tellement énervant, mais c'est vrai en fait. C'est tout naturel et ça nous arrive à tous, changer d'avis. Ce n'est pas toujours le truc à faire maintenant sur le moment. Ce n'est pas parce qu'on commence à ressentir quelque chose, à penser quelque chose que l'action doit venir instantanément. Parfois, ça prend du temps et pour des bonnes choses. C'est ça aussi qui nous fait peur avec le changement. On a l'impression qu'il va y avoir un avant et un après parce qu'il va y avoir le life-changing moment et que du coup, c'est très déroutant. Personne ne veut... un changement drastique. Personne ne veut ça. Ce temps que tu peux prendre, qui est vraiment disponible pour nous, ce n'est pas de la procrastination, donc ce n'est pas quelque chose qu'il faut visualiser de manière négative. C'est la préparation. La préparation, ce temps pris pour toi, cette sagesse de prendre le temps, elle a vraiment de la valeur. Et salut, c'est Amélie du montage. Je fais une petite intrusion dans ce podcast parce que, par un disclaimer en fait, on est d'accord qu'ici, on ne parle pas de situation extrême, puisque de prendre le temps, tout ça, on n'a pas envie de changement extrême. Ça dépend si on a besoin de prendre la fuite pour une raison ou une autre, parce qu'on est vraiment dans une situation extrême. Voilà, vous vous rendez bien compte que ma petite théorie, parce que oui, tout ce podcast, c'est de nouveau moi et ma petite théorie. à force de lire plein de choses. Donc voilà. Petit disclaimer, on n'est pas dans des situations extrêmes, on est dans des situations du quotidien. Et même si on n'est pas dans des situations extrêmes, ça ne veut pas dire que ces changements ne sont pas impactants. Attention. Mais en tout cas, ici, prendre la fuite n'est pas dans les scénarios. D'accord
UNKNOWN?
SPEAKER_01Où là, évidemment, le changement drastique est nécessaire. Voilà. Mon petit disclaimer est fait. Je vous laisse avec la suite du podcast. Alors, Pourquoi est-ce qu'on finit par changer quand même, vu la difficulté que ça représente déjà rien que dans la tête, à imaginer ce changement et comment on dépasse cette flemme
UNKNOWN?
SPEAKER_01Il y a une théorie en fait, en psychologie toujours, une théorie dans la psychologie du changement qui est connue dans le monde organisationnel. C'est un monde que je connais plutôt pas mal, mais qui s'applique énormément. parfaitement à l'individu, je trouve. Donc, c'est pour ça que j'aime bien l'amener dans cette réflexion. Elle dit, on change quand la douleur de rester devient plus grande que la douleur perçue du changement. Et donc, c'est pas quand c'est logique, c'est pas quand cela fait du sens. Non, c'est pas quand ça devient raisonnable. C'est pas quand toutes les informations sont là, quand on se sent prêt. Non, ça n'a rien à voir avec tout ça, vraiment. Quand ça fait plus mal de rester que de partir. Voilà, c'est comme ça qu'on est câblé. Ça a été formalisé dans les années 60 par le consultant David Gleischer, et puis repris par Beckhardt et Dan Miller dans les années 80. Et ils ont créé la formule du changement, qui est composée du taux de satisfaction qui est plutôt négatif de l'état actuel, donc la dissatisfaction, ça c'est le premier élément, la vision de ce que ça pourrait être, et la première étape concrète. Donc les trois... multipliés doivent être plus grands que la résistance. Ça, c'est la formule scientifique. Si l'un des trois est à zéro, la formule tombe à l'eau, en fait. C'est tout qui tombe et plus rien qui fonctionne. Donc, en clair, on ne change pas d'avis parce qu'on nous convainc, parce qu'on nous motive. On change quand garder la même conviction coûte plus cher que de la lâcher.
UNKNOWNVoilà.
SPEAKER_01C'est mécanique. Et ce n'est pas du tout moral. Ce n'est pas du tout une question de volonté. C'est cette croyance-là qu'il faut vraiment changer. C'est le processus. Mais qu'est-ce que ça dit vraiment
UNKNOWN?
SPEAKER_01quand on change d'avis, je vais essayer de te le dire simplement. Ça dit que tu as continué à apprendre, en fait. Ça, c'est ce qu'on voit, c'est de la curiosité. J'ai changé d'avis sur des choses que je croyais profondément. Clairement, ça me donne, moi, le sentiment de plus du tout être la même personne aujourd'hui que je l'étais avant, même si c'est certainement faux. Mais je parle ici de conviction que j'aurais défendu bec et ongle à 30 ans, par exemple. Et qui aujourd'hui n'ont plus cette valeur pour moi. Est-ce que j'avais tort à l'époque
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pas forcément en fait. J'avais les informations que j'avais pour cette époque-là, j'avais l'expérience de vie que j'avais pour cette époque-là. J'étais la personne que j'étais à cette époque-là avec tout ce que ça composait. Mais j'ai continué à regarder, à me poser des questions, à vivre, à apprendre, à rater plein de trucs. à recevoir de l'information qui ne confirmait pas ce que je croyais déjà. À un moment, quand on est toujours confronté avec des oppositions ou des leçons, des provocations, à un moment, on doit faire le choix qui est toujours à disposition et qui est certainement confortable. C'est le déni ou l'autre choix qui est la réflexion, la remise en question. C'est vraiment deux choix très différents, mais qui sont à disposition tous les jours que la vie nous offre. Et donc, à un moment, la conviction d'avant, elle... elle ne tient plus, en fait. Elle devient beaucoup plus faible à la lumière de ces nouveaux éléments, de ces nouveaux apprentissages. Et j'observe ça chez les autres aussi, partout autour de moi, et même pas forcément à 40 ans. J'ai l'impression que d'ailleurs, nous, les millennials, on a fait la plupart de nos crises, elles ont eu lieu plus à 30 qu'à 40 ans. Donc, il y a peut-être un nouveau concept ici. Est-ce qu'il faut vraiment parler de crise
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce qu'on ne parlerait pas de la crise de la trentaine
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que celle-là... l'air d'avoir touché beaucoup plus de gens que la quarantaine ici. Donc, les gens continuent à changer d'avis. 30, 40, 50 ans, 60, j'en ai vu aussi après 60 ans changer d'avis, oui. Mais c'est parce que ils restent curieux. Ils sont prêts, ils sont disposés à être inconfortables face à leur propre certitude. Ils sont capables de ne pas avoir eu raison et de se dire« Ah
UNKNOWN!
SPEAKER_01Peut-être qu'il faut que je revoie cette théorie-là. Peut-être qu'il faut que je revoie cette opinion-là.» C'est une sacrée force de caractère en fait. Et les conversations avec eux, elles vont quelque part. On sait que ce genre de personnes, oui, à un moment... tous les mots, toutes les expériences qu'ils ont autour d'eux, a un impact. J'ai envie de comparer ça à un muscle. Tu l'utilises, il reste souple. Tu t'arrêtes, il se rigidifie et à un moment, tu ne sais plus toucher tes genoux si tu te penches. C'est vraiment ce genre de truc. Pas parce que tu es devenu quelqu'un de mauvais. Pas du tout. Parce que c'est la mécanique. Et c'est comme un lifestyle que tu as choisi d'avoir. Après, je pense qu'il n'est jamais trop tard pour travailler cette souplesse, pour travailler un muscle. D'ailleurs, plein de physiciens, de docteurs vous le diront, il n'est jamais trop tard pour se lancer dans des exercices d'étirement, de souplesse, etc. C'est pareil pour ça. Le cerveau est plastique et donc il n'est jamais trop tard. Et puis le changement, il arrive quoi qu'il se passe, il arrive quand même. Il y a les enfants qui grandissent autour de nous. les parents qui vieillissent. Il y a le secteur dans lequel tu travailles qui se transforme. Et sérieux, dans les millennials, on est quand même la génération numéro un qui a vu ce monde se transformer à une vitesse de dingue, que quand on raconte nos histoires de quand on était enfant, on a l'air d'avoir 100 ans quand on raconte ça à des gens qui sont nés dans les années 2000. Donc, le secteur qui se transforme, la plupart de nous travaillons dans des jobs qui n'existaient pas au début des années 2000. Surtout quand je disais la plupart, à nouveau, moi je suis biaisée, je viens du secteur de la tech. Donc, il y a plein de choses. Même les outils qu'on n'utilisait pas quand on faisait nos études non plus. Donc, il y a aussi notre santé qui évolue. Le monde évolue, les lieux où on est. Tout le changement ne te demande pas La permission. Le changement, il se déroule. Il se déroule. Quoi que tu décides de faire. La seule question, c'est est-ce que tu t'adaptes ou est-ce que tu résistes
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est ça. Et les deux, ce sont des choix. On revient à chaque fois. Et puis bon, comme ça, ça n'a pas l'air d'être des choix compliqués. C'est toujours un choix à gauche ou à droite. Voilà, lequel tu prends
UNKNOWN?
SPEAKER_01Le bleu, le rouge, n'importe quoi. Ils n'ont pas les mêmes conséquences en fait. Pas du tout. Et je disais au début, la crise de la quarantaine, elle n'existe pas. Parce qu'en fait, j'en ai marre qu'on nous mette dans des boîtes et qu'on nous fasse des espèces de... de prédictions basées sur des gens qui n'ont pas eu la même vie que nous, qui n'ont pas eu du tout le même monde dans lequel ils ont évolué. Alors, c'est comme une espèce de sentence qui nous arriverait, comme ça, je ne supporte pas ça. En plus, c'est très anxiogène de se dire, on est en train de vieillir, du coup, attention, il y a la crise qui arrive. Non. Qu'est-ce que c'est que cette histoire
UNKNOWN?
SPEAKER_01Soyez positifs. On a dit qu'on voulait rendre le après-40 joyeux. Ce n'est pas en faisant peur avec cette crise.
UNKNOWNDonc,
SPEAKER_01Cette crise de la quarantaine, qui je pense n'existe pas, pas comme on nous l'a raconté, quoi. Vraiment
UNKNOWN!
SPEAKER_01Le terme, il existe depuis les années 30, d'après mes recherches. C'est Carl Jung qui a explosé dans la culture populaire dans les années 70, qui a fait connaître un petit peu ce principe. Et depuis, c'est un verdict. Comme je dis, une espèce de sentence. Tu remets quelque chose en question à 40 ans, c'est la crise. C'est la crise. À nouveau, on joue le jeu avec... C'est exactement ce qui se passe avec les adolescents aussi. Quand il y a un adolescent qui veut exprimer son identité, paf, il est en crise. Tu as 40 ans, tu changes Mon avis sur ta carrière
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est une crise. Tu revois tes convictions profondes parce que peut-être que tu as été un connard pendant des années. C'est une crise. Sauf que les chercheurs ne sont plus six sur deux, là. Dans des cultures non-occidentales, par exemple le Japon, ou même en Inde, il y a vraiment peu de preuves que les gens traversent des crises de la quarantaine. Ils n'en ont pas. Il n'y a pas ce même genre de système. La construction culturelle, c'est c'est pas un phénomène universel. Et ça, on tente, vraiment, on tend à l'oublier et pas noter ce genre de choses. Donc, en Occident, il y a 15% des adultes d'âge moyen qui rapportent un vrai bouleversement psychologique. 15%. Mais on a tous le mot dans la tête. Bon, après 15%, c'est pas négligeable. Mais on a l'impression, quand on nous en parle, que tout le monde doit y passé, en fait. Et que si à 42 ans, on n'a pas encore eu sa crise, on se dit, c'est une espèce d'ombre qui va nous rester dessus jusqu'à 50, jusqu'à 60, en se disant« Ouh, et ma crise
UNKNOWN?
SPEAKER_01» C'est pareil avec les adolescents. À un moment, ils se disent« Bon, j'ai 22 ans, j'ai pas fait de crise d'adolescence, qu'est-ce qui se passe
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que j'ai raté un truc de mon développement
UNKNOWN?
SPEAKER_01» Non. Et mieux encore, certains chercheurs pensent que la popularité du terme pousse des gens à à transformer des angoisses ordinaires en conditions psychologiques. Oui, il y a carrément ce genre d'observation. On nous a donné le mot, on a commencé à voir la crise partout, partout. Même là où il n'y avait que de la pensée en fait, que des réflexions. Même là où il n'y avait que de la curiosité, bam, c'est parti. Même là où il n'y avait que quelqu'un qui a juste changé d'avis en fait. Et ça, sorry, mais ce n'est pas une crise. Ce n'est pas une crise, c'est une mise à jour. Les chercheurs en développement adulte, ils ont une description précise de ce qui se passe. Les tâches de la transition du milieu de vie, comme mettre fin à la première partie de l'âge adulte, réévaluer sa vie dans le présent, réconcilier des contradictions dans la perception de soi, ce n'est pas un effondrement. C'est vraiment une mise à jour, ce genre de réflexion. Et c'est quelque chose, à nouveau, que les scientifiques ont observé et qui font partie de... ce développement normal de l'adulte. Du coup à 40 ans, quand quelque chose bascule dans la façon dont on perçoit le temps, clairement, parce qu'on ne pense plus à combien de temps on a vécu, on commence à penser à combien de temps il reste. Et ça, Ça change tout en fait. Parce que quand tu penses à ce qu'il reste, tu deviens sélective en fait sur ce à quoi tu veux encore consacrer tes convictions, ton temps, ton énergie, tout. Ce que tu appelles changer d'avis, c'est peut-être juste ça. C'est un espèce de recalibrage. Donc, ce n'est pas une trahison. Ce n'est pas une mise à jour du logiciel comme on pourrait se le figurer. Non. Et contrairement à ce que disait la psychologie classique, la personnalité figée comme du plâtre à 30 ans, Des recherches récentes montrent que des changements significatifs de personnalité et de valeur continuent tout au long de l'âge adulte. Donc ça, c'est une bonne nouvelle, tout le monde se détend, on n'est pas figé. On était occupé à prétendre l'être pendant très longtemps, comme ça tout le monde est confortable, mais en fait, ce n'est pas la vérité. Si on continue à expérimenter, si on continue à observer, si on continue à se poser des questions, on continue à se développer et à évoluer. Mais il y a l'autre côté aussi, parce que je vous ai parlé de ce fameux choix qu'on a à nous tous les jours. Tous les jours où on ouvre les yeux, c'est le même choix pour tout le monde. Parce qu'il y a ceux qui ont arrêté, justement, ce développement. C'est ceux qui ont arrêté de se poser des questions. Et je ne dis pas ça pour pointer du doigt. Je le dis parce qu'on les voit. Et qu'on n'ose pas vraiment nommer ce genre de choses. À 20 ans, quelqu'un qui ne change jamais d'avis, c'est peut-être juste quelqu'un de solide. confiant ou alors peut-être original un peu têtu à 40 ans ce n'est plus de l'originalité c'est un choix qui engage la vie sociale au complet vraiment j'ai vu cette différence et je suis sûre que vous l'avez observé autour de vous aussi ça n'est plus la même chose ça se ressent ça se voit les vies évoluent de manière très différente les conversations se rétrécissent on ne parle plus que de certains sujets on évite les zones de friction On tourne autour. Ça devient touchy. Et les désaccords, ils ne disparaissent pas du tout. Ils grandissent, mais en silence. Parce qu'on évite, évidemment. C'est plus confortable. Et c'est aussi important de dire que pour certains, ce n'est pas du refus, en fait. C'est de l'épuisement. Je l'ai dit, flemme, tout ça. I feel you, quoi. Se remettre en question, ça prend de l'énergie. Beaucoup. Et quand il n'en reste plus, on ferme les volets. Vraiment. On est en survie. Tous les jours, les tâches automatiques. Ce n'est pas un jugement à ce moment-là. C'est vraiment juste un constat Mais le monde, il continue à bouger, c'est sûr. Et si toi, tu t'arrêtes, l'écart se creuse avec les autres, avec le monde. Alors ça ne veut pas dire que tu vas finir tout seul, on n'est pas dans un truc dramatique, il y aura toujours des gens autour de toi. Mais comme je disais, le changement, lui, il n'attend pas les gens. Donc ce n'est pas une question de bien ou de mal, parce que ce serait beaucoup trop facile pour ce genre de sujet. C'est une question de direction. Voilà, à nouveau le choix à faire. Puis, changer d'avis sur les choix qu'on fait. Il faut quand même être honnête. Quand on parle de ce sujet, tous les changements, tous les changements d'avis qu'on peut avoir ne se valent pas, vraiment. Il y en a qu'on fait par peur, pour éviter le conflit, pour se conformer à ce qu'on attend, pour arrêter de sentir la pression. Il peut vraiment y en avoir de toutes sortes en fait de ces changements d'avis
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et il y en a qu'on fait par clarté. Parce qu'on a regardé quelque chose en face. Parce qu'on a une information qu'on n'avait pas jusqu'à maintenant. Parce qu'on a arrêté de fouir une conclusion qu'on connaissait déjà, finalement. Mais... qu'on a décidé de prendre en considération maintenant. Donc oui, la peur, c'est l'évitement. Et la clarté, c'est le courage. La différence, tu es vraiment la seule personne à pouvoir la faire. Personne ne peut te dire, à l'extérieur, c'est quoi cette différence
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce que tu es en train de faire pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Mais à 40 ans, on commence à savoir faire cette différence très clairement. Et ça, c'est la vraie maturité qui vient avec l'âge, l'expérience, tout ça. C'est ça la sagesse. C'est ça la sagesse qui s'annonce. Et ce n'est pas ne plus changer d'avis. Non, c'est savoir pourquoi on le fait. Et ensuite, comprendre comment on peut le faire. En se respectant soi, en respectant les autres, et voilà. Il y a peut-être quelque chose que tu sais déjà. Un avis que tu portes depuis longtemps, mais qui ne te ressemble plus tout à fait en fait, que tu as commencé à mettre un peu de côté et tu le gardes parce que le lâcher, ça coûterait trop cher à ceux autour de toi, à l'image que tu as construite de toi-même. Oui, c'est un sacré prix. Ou peut-être tu n'as juste pas encore eu assez mal de rester dans cette situation. Voilà. Est-ce que ce moment-là approche
UNKNOWN?
SPEAKER_01Probablement un jour. Probablement un jour. Mais ce jour-là, tu peux te dire que non, tu n'es pas en crise. Tu es en réflexion. Tu es en évolution. Et... Et ça déjà, ça fera beaucoup de bien à ton cœur et à ton cerveau de se dire qu'il n'y a rien de grave ici, que ce n'est pas un problème, que tu ne dois pas guérir de ce qui est en train de se passer, que c'est juste une phase encore. Une phase. Voilà. Voilà, voilà. C'est ce que je voulais. C'est encore une théorie que je voulais aborder avec toi. Ça me semblait important parce que je l'entends beaucoup. Quand tu Tu débarques dans la quarantaine comme je l'ai fait il y a quelques années. C'est quelque chose qui débarque, un espèce de conte urbain, de légende urbaine qui tape à chaque histoire complexe. Parce qu'il y a quand même... il y a quand même des histoires après 40 piges ça peut être des histoires très complexes quand même entre les gens il faut quand même l'avouer et non c'est pas forcément une crise c'est une question de changer d'avis alors j'espère que cette manière de voir les choses vous aura si pas surpris vous aura intéressé ça vous aura rendu curieux et que vous aurez envie de cliquer sur play la prochaine fois que vous voyez un épisode arriver. Ici, les rendez-vous pour les interviews sont en train de se prendre, donc elles arrivent très vite et c'est très, très excitant parce qu'il y a des gens vraiment intéressants qui arrivent. Ces conversations vont être vraiment très, très joyeuses et très intéressantes. Il me tarde de vous publier tout ça. En attendant, partagez ce podcast avec des quarantenaires, des millennials ou des plus âgés en fait. Comme je vous l'ai dit, le Golden Forty, c'est le momentum. Mais après, tous les gens au-dessus de 40 sont les bienvenus dans toutes ces réflexions et dans toutes ces aventures de documentation de qu'est-ce que c'est la quarantaine en 2026 and counting. Voilà. Merci pour votre présence. Merci pour votre écoute et à très vite. Probablement la semaine prochaine. pour un nouvel épisode.
UNKNOWNCiao!