Auteurs de violences sexuelles, derrière le masque
Bienvenue sur mon podcast. Je m’appelle Orane BAYART, je suis psychologue clinicienne et psychocriminologue. Je vous invite ici à me suivre dans mes analyses sur des situations de violences sexuelles.
Dans chaque épisode, je vous partage une situation réelle de violence sexuelle qui m'a été décrite par la victime et j'en tire une analyse psychocriminologique sur le profil de l'auteur. Chaque situation me permet de vous communiquer des clefs de compréhension et de prévention sur les violences sexuelles.
Je réponds aussi à vos questions alors n'hésitez pas à me faire vos commentaires et à me partager vos récits par mail (oranebayart@hotmail.com) en suivant les consignes indiquées dans l'épisode d'Introduction.
Recommandations :
🔷 Je vous conseille d'écouter les épisodes dans l'ordre pour une meilleure compréhension car j'aborde dans chacun des notions que je reprends à la suite sans les réexpliquer.
🔷 Le contenu de ces podcasts peut heurter les personnes sensibles. Si le récit vous perturbe, restez à l'écoute de vos ressentis et faites une pause ou quittez le podcast pour vous préserver.
Auteurs de violences sexuelles, derrière le masque
Episode 10 : La captatrice exhibitionniste
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
Analyse d'un cas d'inceste maternel sur la fille (situation réelle anonymisée)
Explications sur une notion de psychocriminologie : les 14 types d'infractions sexuelles non homicides répertoriées dans le Crime Classification Manual (John E. Douglas & al, 2013).
Source musique : Free music Archive, International love (Album No kings), 2025, by Lpkejo (CC BY).
(Visuel généré avec l'assistance de l'IA)
Sous-titrage ST' 501
SPEAKER_01Bonjour et bienvenue sur mon podcast Auteurs de violences sexuelles derrière le masque. Je m'appelle Orane Bayard, je suis psychologue clinicienne et psychocriminologue. Je vous invite ici à me suivre dans mes analyses sur les profils d'auteurs de violences sexuelles. Vous écoutez le dixième épisode, le dernier de cette première saison, intitulé La Captatrice Exhibitionniste. Alors c'est
SPEAKER_00parti, on démarre tout de suite
UNKNOWN!
SPEAKER_01Comme d'habitude, je démarre ce podcast par la lecture d'une situation. C'est un résumé du récit en partie transformé qu'une victime a partagé en ligne. Nous sommes en 1989, quelque part en France. Amélie est la dernière d'une fratrie de trois. Ses deux grands frères étant nettement plus âgés, elle les a peu connus à la maison et grandit comme une fille unique. Le mode de vie familiale plébiscite l'interdiction des tabous et la liberté de tout, faisant de la pudeur d'Amélie un sujet de moquerie. Pour les éviter, comme ses parents, elle se balade nue dans la maison et ne ferme pas les portes, même celle des toilettes. La mère d'Amélie est difficile à satisfaire. Elle se plaint, se dit déçue et fatiguée, sauf dans les moments d'intimité avec sa fille, où elle se montre subitement euphorique et débordante d'une affection pesante. Depuis toujours, Amélie est invitée à regarder sa mère, tout sourire, se laver les parties intimes et en éprouve un très grand malaise dont elle est moquée. De même, Amélie qui dîne seule avec sa mère tous les soirs avant le retour de son père est contrainte de la regarder manger bruyamment la bouche grande ouverte pendant qu'elle lui explique en détail les problèmes sexuels du couple parental. Puis à partir de ses 12 ans et demi, lorsque les premiers changements de la puberté se présentent, la mère d'Amélie se met à lui laver elle-même patiemment les parties génitales et lui applique de la pommade entre les fesses sous prétexte que ses besoins intimes changent en devenant une femme et qu'elle est encore trop jeune et inexpérimentée pour s'occuper d'elle comme il se doit. La mère d'Amélie évoque des risques hygiéniques et de mauvaises odeurs qui préoccupent l'adolescente dans ses interactions sociales. A l'école, elle est une collégienne complexée, renfermée, victime de harcèlement scolaire. En obésité, elle subit en quatrième des attouchements sexuels par deux garçons de sa classe et ses résultats s'effondrent. Elle est orientée en filière technologique. A 15 ans, sa mère lui montre, en la touchant, comment une femme peut se masturber et vient chaque matin dans sa chambre lui a graffé son soutien-gorge, brandissant la menace qu'il se décroche de manière très gênante au collège, alors qu'elle a déjà une poitrine qu'il faudrait mieux cacher. Le père est de plus en plus absent du foyer et Amélie, sans amis, reste en repli chez elle, sans travailler. Puis à ses 25 ans, grâce à son médecin, elle intègre un programme de soins pour son obésité. Malgré les menaces de sa mère, elle y rencontre ses premiers soutiens, dont Tom, un petit ami qui l'aide à réaliser les abus psychologiques qu'elle subit. Lorsqu'elle emménage chez lui après une dispute avec sa mère, cette dernière va porter plainte contre Tom pour abus de faiblesse et tente de faire interner Amélie en évoquant une bipolarité délirante. En vain. La jeune femme coupe les ponts et ne reverra plus sa
SPEAKER_00mère.
SPEAKER_01Avant de passer à l'analyse, j'aimerais commencer par une remarque sur l'inceste maternel qui peut être plus difficile à identifier pour différentes raisons. D'abord parce que la figure sacrée de la mère, du refuge maternel inconditionnel, bloque l'application d'une nature lucide sur les comportements incestueux. Et ensuite parce que ces derniers peuvent être particulièrement tendancieux chez les femmes autrices de violences sexuelles. En 2024, l'OMS estimait que 4% des agressions sexuelles étaient commises par des mères, mais j'ai tendance à penser que le chiffre est sous-estimé. Il existe bien sûr un biais de sélection dans ma patientèle, puisque je suis spécialisée dans les violences sexuelles, mais parmi toutes les situations qui me sont rapportées, l'inceste maternel sur une fille ou un garçon n'est pas un cas rare. Bien souvent, la personne vient me voir en se reprochant de ressentir du dégoût pour sa mère, mais ne comprend pas pourquoi. Elle culpabilise, elle s'en veut. Je questionne le vécu, les éléments redondants, et je mets les mots sur ces comportements qui n'avaient pas été identifiés comme de l'inceste. Pour ce que j'en sais, sur ce sujet de l'inceste maternel qui est peu abordé dans la littérature scientifique, la prise de conscience de l'abus se fait le plus souvent par la psychothérapie. Donc imaginez, si les victimes ne réalisent pas elles-mêmes qu'elles ont été victimes d'un inceste maternel, comment les chiffres officiels pourraient-ils rendre compte de la réalité du
SPEAKER_00phénomène
UNKNOWN?
SPEAKER_00Sous-titrage ST' 501
SPEAKER_01Passons maintenant à l'analyse. J'ai choisi cette situation car elle me semble assez typique des cas d'inceste maternel ou de femmes autrices de violences sexuelles. On retrouve souvent cette manière d'être au centre de tout et de rationaliser les comportements abusifs derrière des prétextes de soins maternels et d'éducation. Par ailleurs, l'exhibitionnisme de la mère incestueuse est une composante qui revient assez fréquemment dans les cas qui me sont rapportés. Évidemment, ce n'est pas la totalité des cas. Parfois, l'agression se limite à des confessions de la mère sur la sexualité du couple parental, des objets intimes qui traînent dans la pièce de vie, voire à de la non-dissimulation des ébats du couple parental. Donc nous sommes devant une situation assez typique d'inceste, où l'abus a pour caractéristique des passages à l'acte qui se répètent dans le temps. On pourrait même parler de chronicité des abus, ce qui fait que la présentation n'est pas tout à fait la même que sur certains autres podcasts que j'ai proposés, où j'avais un descriptif plus précis de la situation elle-même de l'abus. Bien souvent, sous l'influence de ou des incesteurs, l'environnement familial se structure de manière à faciliter les actes transgressifs, voire à les normaliser. Ainsi, les dysfonctionnements familiaux et la loi du silence existent généralement depuis toujours ou se mettent en place après un événement qui fait rupture. Une séparation, une hospitalisation, le départ d'un aîné, une maladie, un deuil, un licenciement… Placée dans la confusion des rôles, la victime d'inceste ne peut pas clairement penser ce qui lui arrive lorsque cela lui arrive. À ce titre, l'inceste s'inscrit dans une temporalité. D'abord, nombre de victimes d'inceste sentent que quelque chose cloche, mais elles ne savent pas quoi précisément. Puis, le jour où l'abus est compris, il ne peut toujours pas être dit car plane la culpabilité de faire exploser la famille. Puis, quand l'inceste est dénoncé à quelqu'un de la famille, Rarement les choses bougent dans le système familial, à part les menaces d'exclusion ici ou là adressées à la victime. C'est une logique de clan qui se donne à voir le plus souvent. Soit on valide ce qui s'y passe en gardant le silence, soit on est exclu de la famille. Il n'y a pas d'alternative. Alors enfin, et cela peut prendre des décennies, entre le premier abus et ce moment où la victime finit par s'éloigner, voire par couper les ponts, avec assez souvent la totalité de sa famille, ou presque. C'est le schéma classique de l'inceste qui évolue de l'impensable à l'inadmissible sur une temporalité de quelques décennies. Mais bien sûr, il existe d'autres trajectoires, d'autres rapports à la révélation, mais ils ne font pas la règle. Aussi pour cette situation où l'inceste évolue en gravité dans le temps, je vais organiser mon analyse en suivant les différentes étapes. J'en relève quatre, toutes relatives à l'âge de l'enfant. D'abord, en 1, on a l'installation d'un climat familial incestuel qui pouvait déjà exister avant même la naissance d'Amélie. Cela signifie que le fonctionnement familial répond à une logique qui favorise les passages à l'acte incestueux. Qu'ils se produisent ou pas. Il y règne de la confusion, des aberrations dans le discours, du malaise, de l'intrusion dans les espaces individuels, des non-dits et du non-respect des limites. Puis, on a en deux la phase d'exhibitionnisme, entre les 2-3 ans et les 12 ans d'Amélie. On sait à partir de là que le climat est incestueux, car un exhibitionnisme aussi explicite sur les parties génitales de la mère, c'est de l'inceste. Puis en 3, on a la phase d'attouchement des 12 aux 15 ans de la victime. Ensuite en 4, on a celle du coït des 15 aux 19 ans d'Amélie. Alors techniquement, le terme de coït n'est pas du tout adapté car il évoque la pénétration d'un pénis dans un vagin. Mais je n'ai rien trouvé de plus parlant pour évoquer la recherche d'une union sexuelle puisque la mère en masturbant sa fille se positionne en lieu et place d'un partenaire sexuel en action. Donc excusez mon recours un peu au cliché mais c'était pour trouver un mot un petit peu représentatif de l'évolution en gravité de la situation. Et enfin, en 5, la phase de rétention, quand Amélie est retenue au foyer, phase qui dure jusqu'à son départ, c'est-à-dire ses 25 ans. Certains auteurs de violences sexuelles peuvent s'en prendre à des enfants ou des personnes vulnérables uniquement dans leur famille. Ce sont les incestueux. Quand d'autres s'en prennent à des enfants seulement en dehors de leur famille. Là, ce sont davantage des pédophiles. C'est-à-dire qu'ils sont attirés par des enfants avant tout. Et puis on a deux autres catégories d'auteurs qui abusent en intrafamilial et aussi en dehors de la famille. Le premier groupe s'inscrit durablement dans cette logique. Ce sont des personnes psychologiquement déstructurées comme certains schizophrènes ou personnes bipolaires à tendance antisociale, des sociopathes ou des personnes perverses en recherche de toute puissance. Tandis que pour la deuxième catégorie des auteurs en intra et en extra-familial, leur passage à l'acte se font en deux temps. D'abord, dès sa préadolescence, l'auteur va s'en prendre à plus jeune que lui dans sa famille, parmi la fratrie, les cousins, les enfants des amis de la famille, parce que ses victimes sont faciles d'accès et lui permettent d'assouvir ses pulsions et sa curiosité sexuelle sans prendre trop de risques. Puis, quand il maîtrise mieux son mode opératoire ou qu'il a d'autres environnements où il peut accéder à des plus jeunes, il va poursuivre les abus pédophiles en dehors de la famille. Dans ce cas, l'inceste est opportuniste, la victime n'est manipulée que pour le passage à l'acte. Le recours à l'emprise mentale, qui doit être entretenu dans le temps, n'est pas systématique et nettement moins investi. Du jour au lendemain, l'auteur pédophile peut abandonner sa victime parce qu'il en a trouvé d'autres. Ce n'est évidemment pas le profil de notre personnage du jour pour qui l'emprise mentale sur sa victime est centrale. Pour en revenir à l'analyse de son profil, commençons par le début. La phase 1, l'installation d'un climat familial incestueux au service de la déviance maternelle. Dès le départ, ce qui saute aux yeux, c'est l'absence du père, qui contraste avec les débordements intrusifs de la mère. Une des caractéristiques de ces situations, quand la mère est seule à incester, c'est justement l'absence symbolique du père, de l'homme comme un tiers séparateur entre la mère et son enfant. Assez souvent, si la mère a des traits de personnalité pervers, comme c'est le cas ici, c'est elle qui organise l'invisibilité ou l'impuissance du père. Pour cela, elle peut choisir un homme soumis pour fonder sa famille et ou faire en sorte de l'exclure physiquement de la maison ou de le disqualifier auprès des enfants pour anéantir son pouvoir d'influence sur eux et contre elle. Dans ce cas, elle peut par exemple faire en sorte de ridiculiser le père chaque fois qu'il interviendrait pour s'opposer, jusqu'à ce que le père se décourage et se taise. D'un point de vue systémique, le père joue quand même un rôle dans cette famille, celui de ne rien empêcher. Par sentiment d'incapacité de l'acheter par intérêt personnel, car en récompense on lui laisse vivre ses histoires de son côté, on ne sait pas. Dans notre situation, je n'ai pas assez d'éléments au sujet du pour me prononcer sur sa personnalité, ni sur les moyens que la mère a pu employer vis-à-vis de lui, mais vous pouvez le constater par vous-même, son absence est criante. Et notez bien que la mère y gagne des opportunités, notamment le repas du soir, qui est culturellement le moment de rassembler la famille. Il est organisé en fusion entre la mère et sa fille, pour devenir un moment d'effraction dans le psychisme d'Amélie, quand lui sont déversées les problématiques sexuelles du couple parental. On est quand même là déjà dans l'exhibitionnisme. Le père d'un côté valide, par exemple la nudité s'impose à tous semble-t-il, et de l'autre il est absent, surtout dans sa fonction symbolique de représentant de la loi et de tiers séparateur. L'ensemble de ces éléments a pu s'organiser de manière plus ou moins consciente pour favoriser l'inceste et l'emprise mentale de la mère sur sa fille. Ça c'est mon idée, non pas en déduction de ce qui est rapporté par la victime, mais par rapport au profil psychopathologique que je relève chez cette femme. Les traits de perversité sont tellement évidents qu'il est quasi impossible que la mère puisse entretenir des relations sans chercher à prendre une forme de pouvoir sur les autres. L'ambiance familiale brandit comme la règle l'interdiction de la censure, le droit à toutes les libertés. Sachant les dysfonctionnements graves qu'on observe dans cette famille, l'idée apparaît étrangement bien pratique. En particulier, elle permet à tous les abus d'être réinterprétés comme des étendards de liberté. Cette règle offre donc un arrangeant renversement du réel. Mais prenons l'hypothèse inverse pour l'attester. Et si la mère était sincèrement convaincue par le bien fondé de ses règles prenant la liberté, pourrait-on toujours considérer qu'elle est volontairement abusive
UNKNOWN?
SPEAKER_01Peut-être agirait-elle à cause de croyances inadaptées qui n'ont pas été remises en question. D'accord, mais alors comment expliquez-vous que les malaises d'Amélie sont systématiquement moqués alors qu'ils offrent chaque fois l'occasion à la mère de se remettre en question
UNKNOWN?
SPEAKER_01et qu'au lieu de s'adapter à la sensibilité de sa fille, la mère la disqualifie. On peut en déduire que l'attitude de la mère révèle sa volonté de s'imposer, d'imposer sa logique, celle qui justement régit tout le fonctionnement familial. C'est pas tellement la notion de liberté là. Ici comme ailleurs, la moquerie assoit le pouvoir de celui qui en use et participe au formatage. Elle blesse pour réorienter les comportements vers ce qui est attendu et enferme l'individu ciblé dans le rôle qui lui est attribué. Personnellement, je ne concède aucun crédit à l'intention de cette mère, car il apparaît en même temps de manière indiscutable que tout son fonctionnement maternel est captateur et vise à maintenir Amélie en détention au sein du giron maternel, au point qu'elle y est même dépossédée de s'occuper de son propre corps. Donc, bizarrement, pour m'autoriser un peu d'ironie, la question de la liberté toute puissante n'est brandie que lorsque cela arrange les abus de la mère sur sa fille, et subitement, le sujet disparaît quand il est question de respecter la sensibilité d'Amélie ou favoriser sa prise d'autonomie. C'est en cela qu'est démontrée l'instrumentalisation des idées en faveur des abus. C'est de la rationalisation. Les notions de liberté ne sont que prétextes. Pour conclure sur cette question du climat familiale, on a souvent l'idée que si une mère est incestueuse, c'est qu'elle est prise dans un système familial pervers où tous les membres sont un peu abuseurs les uns sur les autres. On pense à ces familles un peu phénomène de foire où l'inceste, la violence et l'irresponsabilité des adultes, leur éventuelle déficience intellectuelle sont partout. Et puis on a en tête ces couples à alliances perverses où les deux sont partenaires dans l'abus, comme chez les Fournirets. Mais Une femme autrice de violences sexuelles toute seule, et encore pire, une mère incestueuse toute seule, c'est peu dans les consciences et pourtant ça existe, comme ici, où mon hypothèse est que la mère a construit, grâce à l'absence provoquée ou non du père, un climat familial qui laisse le champ libre aux abus sexuels et à l'emprise mentale. Maintenant que le cadre familial est posé, je vous propose de creuser la première étape d'abus plus concret, ceux liés à la dimension exhibitionniste de cette mère. Cette tendance exhibitionniste existe dans l'ambiance du foyer depuis le plus jeune âge de la victime. Elle vient prendre la place de la curiosité maternelle envers son enfant, car pour l'heure, c'est le regard porté sur la mère qui compte. Notamment, la victime explique que sa mère est soit indifférente, soit dans les moments d'intimité elle est affective et euphorique, mais d'une manière qui met l'enfant mal à l'aise. On pourrait appeler cette situation l'érotisation de l'affect. Cette inconstance où Amélie n'existe aux yeux de sa mère qu'en fonction des désirs incestueux de cette dernière risque de créer un vide intérieur chez l'enfant. Amélie n'intéresse pas pour ce qu'elle est. Et si jeune, elle ne peut pas décrypter que ces manifestations affectives pesantes sont en réalité la projection sur elle de l'état d'excitation sexuelle de sa mère. Chez cette femme, la fonction maternelle est simulée pour servir le désir incestueux. Cette femme n'envisage pas d'être mère dans le sens psychologique du terme. Vu le tableau clinique décrit, je pense qu'il faut comprendre qu'elle prend plaisir à se moquer du malaise d'Amélie. C'est un passage en force. Le lien n'est pas maternel, il est sexuellement déviant puisque s'y joue toute la question de la domination. Cette situation engendre une évidente confusion dans le psychisme d'Amélie qui se sent mal avec sa mère et coupable de se sentir mal. Vous allez peut-être penser que j'exagère si je dis que pour moi, la mère est toujours indifférente dans sa fonction maternelle dans cette situation. Mais nombre d'éléments plaident dans ce sens. Je les relèverai au fur et à mesure de l'analyse, mais notez que déjà, dès cette phase d'exhibitionnisme, qui condamnent les besoins d'intimité sont des mensonges qui exploitent la naïveté d'un petit enfant. Il n'y a aucun rapport entre le besoin d'intimité qui est un besoin fondamental chez tout individu et un positionnement politique progressiste. En refusant la pudeur à Amélie, on la prive d'une part de son propre espace psychique et la manipulation autour de la victime démontre que tout le système familial a été conçu pour permettre la pratique au quotidien des déviances maternelles. Cela plaide en faveur d'une attitude machiavélique chez la mère qui anticipe les situations pour favoriser les passages à l'acte qui se pérennisent grâce à la confusion qui est entretenue à dessein. On dit que la parole crée un monde et en effet ici la parole de la mère, doublée de l'absence du père, a créé un monde où l'inceste maternel fait partie du mode de vie. C'est le début de la captation. Vient ensuite la phase d'attouchement quand Amélie a entre 12 et 15 ans. Par les gestes qui sont maintenant directement apposés sur les zones intimes de sa fille, la mère n'envahit plus seulement l'espace psychique d'Amélie. Elle prive sa fille de la découverte spontanée de son corps et de son éveil à la sexualité adolescente comme si elle en prenait elle-même possession. Nous ne sommes pas dans la tête de cette femme pour dire ses motivations, mais la finalité évidente d'un comportement permet de déduire l'intention qui l'a motivée. Et ici, envahir l'espace intime de sa fille entrave nécessairement l'expression et le développement de son altérité. Par ailleurs, on sait que la mère ment sciemment à sa fille pour dissimuler son désir incestueux, en invoquant des préoccupations d'hygiène ou la menace sur son image sociale. L'ensemble qui détourne Amélie de la réalité et d'elle-même constitue les jalons d'une relation d'emprise. C'est la mère qui donne le « là », qui définit comment les choses doivent se passer et être pensées. Elle est dans une démarche de manipulation contrôlée qui exclut l'existence d'un délire de non-différenciation entre elle et sa fille. A l'heure adolescente où Amélie devrait s'individualiser grâce à son incessant travail de sape, la mère se révèle empreneuse. Elle compte bien garder sa fille captive aussi longtemps que possible afin d'assouvir ses propres besoins. Et c'est là qu'arrive la phase de coït. Comme je l'ai dit, je n'ai pas trouvé de terme plus adapté pour nommer ce passage où la mère masturbe elle-même sa fille de 15 ans. Je veux surtout signifier qu'à ce stade, on est au-delà des attouchements. C'est une dynamique intrusive explicitement sexuelle. Ce passage à l'acte plus grave pourrait donner à penser que la mère est finalement plus attirée par le corps des adolescentes que celui des petites filles. Donc elle serait plus ébéphile que pédophile. Mais ce n'est pas mon hypothèse. Pour moi, les abus incestueux existent à tous les âges d'Amélie, tandis que le caractère effractant et transgressif de ces derniers évolue en gravité avec l'âge de cette dernière. Aussi je pense que cette mère est avant tout perverse et invasive dans la sexualité de sa fille, car elle serait avant tout motivée par le maintien d'une emprise sur elle. Et l'inceste est pour cette femme le meilleur moyen d'assouvir à la fois sa sexualité déviante, son exhibitionnisme notamment, et son besoin de toute puissance. Je pense d'ailleurs que ces deux éléments n'en forment qu'un, et plaident pour l'hypothèse où les deux frères aînés auraient eux aussi été victimes de leur mère. Pour en revenir à Amélie... Passé 15 ans, la menace qu'elle échappe à sa mère, qu'elle s'autonomise, devient de plus en plus forte avec l'adolescence. Et pour moi, c'est LA raison pour laquelle les moyens employés par un parent-empreneur, comme ici vis-à-vis de son enfant, vont avoir tendance à s'aggraver avec le temps. se pose aussi très clairement la question d'un certain sadisme, sans que je puisse vraiment l'explorer plus précisément. Quoi qu'il en soit, à ce stade de l'adolescence, la mère a deux options. Soit dépassée en échec, elle se détourne de sa fille et revient à une totale indifférence, voire à du rejet, puisque rappelez-vous, elle ne porte pas en elle la fonction maternelle, soit elle veut garder une emprise sur sa fille et y mettra les moyens nécessaires. La première option est relativement improbable car cette femme ne semble pas susceptible d'envisager une limite à partir de laquelle elle pourrait elle-même renoncer à l'emprise. Et si elle choisit la deuxième option, c'est-à-dire maintenir coûte que coûte son emprise, parce qu'Amélie grandit et perd en naïveté, la mère va devoir nécessairement emprunter des moyens de coercition plus forts ou affaiblir davantage sa capacité à penser. Elle peut aussi agir sur les deux versants. On ne sait pas si ces actes de masturbation sur Amélie se sont répétés, mais une fois suffirait déjà pour créer du trauma. L'activation sexuelle par un parent sur le corps de son enfant ou son adolescent est un acte de destruction à tous les niveaux. La place symbolique dans la relation, dans la famille, dans la dimension genrée de l'adolescent, ici la féminité, dans sa sexualité, dans son droit à n'appartenir qu'à lui-même, dans l'adulte en devenir, etc. La mère confirme ici qu'elle jouit de s'approprier ce qui appartient à sa fille en la privant à tous les stades de développement de ses élans spontanés vers son intériorité, son intimité, sa sexualité. L'attaque envers l'altérité de sa fille a encore gagné en force destructrice. Le prétexte du soin maternel, qui se défend plus difficilement avec une jeune fille de 15 ans, devient quant à lui celui d'une complicité mère-fille autour de pseudo- Féministe. Enfin, on observe une phase de rétention jusqu'aux 25 ans d'Amélie, âge de son départ de la maison, qui confirme la composante captatrice, ici particulièrement inquiétante au vu des moyens extrêmes qui sont mis en œuvre. Faire appel à l'institution judiciaire sous un chef d'accusation fallacieux qui retourne la situation en son contraire, décidément cette femme est toute en instrumentalisation et rien n'est trop quand il s'agit d'assouvir ses besoins. Ainsi, celui qui aide Amélie, son petit ami Tom, est accusée d'être un abuseur alors que c'est elle, la mère, qui a toujours été dans l'abus et qui ne l'ignore pas. Ce dernier élément relevé, je vous propose un résumé du profil psychocriminel de cette mère incestueuse. La psychologie de cette femme n'est pas compatible avec la fonction maternelle. Les missions de protection, de soins, d'affection et de reconnaissance ne résonnent pas en elle. Le lien avec sa fille n'a jamais été adapté. Il est prétexte, car il s'agit pour moi d'une femme perverse qui phagocyte et aliene son enfant. Nous en avons déjà étudié une, la mère de Léo, dans les de Baba Yaga, mais qui, elle, avait agi dans le cadre d'une alliance parverse. Ici, la mère d'Amélie fait cavalier seule. Par l'exhibitionnisme, les attouchements et la stimulation de l'organe sexuel, il me semble qu'avant tout, elle joue à provoquer le dégoût chez Amélie. Je mettrais vraiment ça en point d'honneur. Pour moi, cette femme veut avant tout provoquer une réaction d'écœurement chez sa fille. Or, les victimes d'inceste qui sont abusées de manière répétitive vont le plus souvent trouver des moyens d'adaptation à l'abus, comme celui d'adopter une apparente indifférence. Il y a chez la victime un effet d'habituation aux abus, à ne pas confondre avec la notion d'acceptation, qui est bien pratique pour l'incesteur. Grâce à lui, il obtient une forme de compliance chez sa victime, qui connaît le script attendu et s'y soumet de manière dissociée, comme un automate, en espérant espérant que ce moment se finisse au plus vite. C'est quelque chose d'assez systématique parce que c'est un fonctionnement normal du cerveau dans des situations qui le dépassent, qui sont traumatisantes. Mais une habituation à ce qui dégoûte fait que le dégoût pour cette chose n'est bientôt plus si perceptible. Il peut disparaître derrière les effets de la dissociation. Et au-delà de l'emprise, c'est aussi ce qui explique l'escalade des comportements abusifs de cette mère. D'abord exhibitionniste, elle éprouve un besoin compulsif, c'est-à-dire un besoin qui n'est jamais définitivement satisfait, de s'exhiber pour choquer sa fille. Car comme toute exhibitionniste, elle cherche à provoquer dans le regard de sa victime une expression de choc qui reçoit comme une sorte de compliment. C'est une réassurance quant à sa puissance sexuelle. Enfin, toutefois, se pose aussi pour moi la question de la coprophilie, aussi couramment appelée scatophilie. Il s'agit d'une déviance par laquelle l'excitation sexuelle d'une personne vient de son attirance pour les excréments. Ici aussi, c'est une attirance pour ce qui communément dégoûte. Notamment, je relève dans ce qui est partagé par la victime l'interdiction de fermer la porte des toilettes et l'exhibition des aliments que la mère mâche en même temps qu'elle évoque la sexualité parentale. Sachant que toutes les personnes possédant des traits de perversité avérés ici ont une ou des déviances sexuelles, l'ensemble exhibitionniste coprophilie apparaît très probable. L'inceste dans ce cas est en plus à mettre en lien avec le besoin d'emprise. Mais j'ai décidé que sur cette question, je ne trancherai pas quant à la motivation dominante entre les déviances sexuelles et le besoin d'emprise, car les deux se mêlent et s'expriment avec force dans ce que subit Amélie. Peut-être qu'au-delà de cette situation, cette femme agit distinctement son besoin d'emprise et ses pulsions sexuelles déviantes sur d'autres victimes, mais n'ayant pas plus d'informations, je m'en tiendrai à la conclusion que ces deux problématiques sont présentes dans les abus sans que l'une détermine particulièrement
SPEAKER_00l'autre.
SPEAKER_01Pour aller un peu plus loin, puisque ça va être mon dernier épisode, je vous propose d'évoquer quelques hypothèses sur ce qui pourrait induire de tels comportements chez la mère. Bien sûr, ce ne sont que des hypothèses qui peuvent être complètement hors sujet sur cette situation, puisqu'on ne sait rien de l'histoire de cette autrice et pas grand chose sur les autres membres de la famille ou sa vie à l'extérieur. Mais balayer quelques hypothèses me permet d'évoquer avec vous les aspects plus symboliques du fonctionnement psychologique. Alors, dans ces hypothèses, la première serait celle du rivalité avec sa fille par rapport au pouvoir féminin. Elle est et doit rester ou elle serait et devrait rester la seule femme, notion qui serait peut-être également associée dans sa psychologie au meilleur moyen de contrôler autrui. Aussi attaquerait-elle sa fille sur sa féminité
UNKNOWN?
SPEAKER_01Le point aveugle sur cette hypothèse, c'est qu'on ne sait pas si ses comportements incestueux concernent exclusivement les filles. Cette femme a-t-elle également été abusive avec ses garçons
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est possible, mais on ne sait pas. Autre hypothèse, cette femme aurait elle-même été abusée par sa mère, plus probablement que par son père. Dans ce cas, avoir une fille la positionnerait en situation de répétition. Car pour certaines victimes, mais c'est le cas d'une minorité d'entre elles, une manière de conjurer l'abus peut être de le répéter. Psychologiquement, c'est une manière de nier sa dimension destructive. Dans le style, si j'ai du plaisir à le faire moi-même sur ma fille, c'est que ce n'était pas un problème de l'avoir subie. Fréquemment, le fait que les enfants d'une personne abusée dans l'enfance atteignent l'âge où cette même personne a subi des violences sexuelles réactive la dimension traumatique. C'est souvent le moment de la levée d'une amnésie, ou celui de la révélation, ou celui d'un effondrement dépressif. Et puis, pour certains, cela peut aussi être le moment de devenir abuseur eux-mêmes, comme cette femme peut-être. Mais ce qui m'ennuie avec cette explication, c'est que la mère est plus qu'incestueuse. Elle est empruneuse. Donc peut-être qu'elle a vécu des choses qu'elle répète, mais cela n'explique pas toute sa psychologie déviante. Encore une autre hypothèse, la mère serait jalouse de la féminité naissante de sa fille à une étape de sa vie où la sienne déclinerait. Par l'inceste, la mère chercherait à s'approprier symboliquement la jeunesse de sa fille en même temps qu'elle s'attaquerait et tuerait dans l'œuf toute possibilité pour Amélie de se sentir femme. Je ne crois pas trop en cette hypothèse car comme je le disais juste avant, il me semble que chez cette mère le besoin d'emprise mentale est trop présent et que sa section déviante en est un des instruments et peut-être pas le contraire mais en vrai on sait pas alors encore une fois beaucoup d'informations sont manquantes donc finalement je peux pas me prononcer A l'évidence toutefois, l'emprise mentale sur Amélie apparaît d'autant plus opérante que sa vie à l'extérieur du foyer est aussi très douloureuse. Elle subit du harcèlement, elle est dans l'obésité, elle vit aussi un épisode d'attouchement au collège, il y a de l'échec scolaire. Mais peut-être aussi qu'Amélie est une proie face à l'extérieur, car justement, elle évolue dans un environnement familial complètement dysfonctionnel. Pour conclure, je vous propose d'évaluer la dangerosité de cette femme. On remarque qu'elle s'appuie sur la relation affective et sa fonction éducative auprès de sa fille pour l'abuser. Je n'ai pas d'informations sur ses attitudes auprès des grands frères ni des personnes extérieures à la famille pour me prononcer sur sa potentielle dangerosité au-delà de l'inceste envers sa fille. Mais on peut penser que cette femme pourrait être abusive auprès de tout enfant ou toute personne vulnérable dont elle a la charge éducative avec qui elle va avoir la possibilité de nouer une relation d'influence. En effet, on relève dans son mode opératoire la perversion du lien, donc une forme de ruse au long cours, qui devient un moyen pour l'abus. Souvenez-vous, une violence sexuelle peut être perpétrée par la violence, la contrainte, la menace ou la surprise. Ici, on relève la contrainte par l'emprise mentale et la menace lorsqu'elle invente de potentielles situations de honte sociale pour inhiber l'option d'un refus chez Amélie. Évidemment, ces menaces ont aussi pour effet de renforcer l'emprise car la jeune fille, mal à l'aise socialement, ne peut développer de relations de soutien à l'extérieur du foyer. La mère ici a pleinement conscience de ce qu'elle impose à sa fille puisqu'elle déploie de la ruse pour obtenir d'elle ce qu'elle désire. Son mode opératoire correspond à une intrusion progressive dans l'intimité de sa victime évoluant en gravité d'atteinte à l'intégrité physique et psychologique selon les stades de développement psychosexuel de l'enfant. Ce n'est pas un profil de personne pédophile. Enfin pour moi, sa dimension exhibitionniste la rend potentiellement dangereuse pour les enfants ou les personnes vulnérables qu'elle pourrait croiser, dans certains lieux plus intimistes comme les douches collectives de la piscine municipale par exemple.
UNKNOWNMusique
SPEAKER_00C'est ça.
SPEAKER_01Passons maintenant à la notion de psychocriminologie pour cet épisode. Aujourd'hui, je vais vous présenter les 14 types de viols ou agressions sexuelles répertoriés dans le manuel de classification criminel américain. Nous en sommes toujours à la troisième édition, publiée en 2013. Comme toutes les classifications, il faut l'aborder avec un petit peu de hauteur. Les auteurs, un comité de psychocriminologues américains experts, s'est appuyé sur les situations réelles qui ont été rapportées ou relevées par la pour établir des catégories qui distinguent entre elles toutes les situations d'infractions sexuelles, donc à la fois les délits et les crimes. Et dans ce manuel, c'est la motivation du passage à l'acte chez l'auteur, donc la peur, la rage, l'influence d'un groupe, etc., qui est définie comme étant le critère qui distingue les catégories entre elles. Autre point de précision, le classement que je vais vous partager juste après cette introduction exclut bien sûr les homicides sexuels, qui eux se déclinent en seulement 6 catégories, mais je ne les évoquerai pas ici car comme je vous l'ai déjà expliqué, ce n'est pas mon sujet, sachant que les auteurs meurtriers ont des caractéristiques plus spécifiques. Cela reste intéressant et on pourrait envisager un podcast également sur ces cas, mais l'aspect préventif me semble moins porteur. Pour finir sur cette introduction, il faut savoir qu'il existe le plus souvent des sous-catégories aux catégories dont je vais vous faire la liste. Mais je ne les citerai pas parce que ce sont souvent les mêmes. Elles distinguent les stades de développement des victimes, enfants, ados, personnes adultes ou âgées, ou des éléments de genre ou d'origine ethnique. Enfin, j'apprécie ce classement parce que je trouve qu'il apporte une vue d'ensemble sur les motivations des infractions sexuelles non-homicides, bien que le manuel concerne les Etats-Unis en particulier, et parce qu'il fait réfléchir sur ce qui distingue un auteur ou un contexte d'un autre. Et vous allez voir que les choses ne sont pas si simples, raison pour laquelle je vous invite à faire l'exercice vous-même de trouver la catégorie qui correspond à chacune des dix situations que je vous ai partagées. Parfois vous pourrez hésiter entre l'une ou l'autre et cette hésitation peut vous aider à aller creuser les déterminants qui vont plus spécifiquement vous conduire vers une catégorie qu'une autre. Bien, passons maintenant à la liste de ces 14 types d'infractions sexuelles. Pour commencer, on a le viol en entreprise criminelle. En gros, c'est toute la problématique des abus dans les situations de traite des êtres humains. Ensuite, on a le viol associé à un vol. Parfois, la motivation pour le vol domine et parfois, c'est celle pour le viol qui domine. Et dans ce cas, le vol permet à l'auteur de se mentir sur ses intentions ou de saisir une opportunité pécuniaire. On a le crime sexuel lié à la relation. Dans ces cas-là, l'auteur et la victime se connaissent. On a les attaques indirectes, c'est-à-dire les agressions où on n'a pas de contact direct entre l'auteur et sa victime, comme dans le voyeurisme ou l'exhibitionnisme ou le harcèlement. On a l'agression, le crime sexuel domestique. La victime vit sous le même toit ou fait partie de la famille, les membres par alliance y compris. On a le viol opportuniste, par connaissance, par autorité, par recherche de réassurance ou à vue d'exploitation. Donc là, vous voyez, dans cette catégorie-là, on a plein de sous-motivations qui peuvent différer d'un individu à l'autre. On a le viol colérique. le viol sadique, le viol avec enlèvement, le viol lié à l'influence d'un groupe Le viol initiatique pour intégrer un gang lié à une organisation très structurée. Le viol par un gang informel. Là, l'origine et l'organisation du groupe est molle. Les membres se lient ponctuellement pour mener des activités antisociales. On a les traumatismes sexuels chez les militaires. Donc il y a une catégorie vraiment spécifique pour les militaires qui associe la notion de trauma. Donc c'est un petit peu particulier. Là, pour le coup, on peut vraiment sentir le fait que la classification, elle est faite sur des histoires américaines rapportées aux autorités américaines. Donc, ce va être des situations d'agression, de harcèlement ou de viol au sein des groupements militaires. C'est une institution qui a la particularité notamment d'entretenir le silence, voire de déplacer les problèmes sans les régler, un peu comme dans certaines institutions religieuses. Et puis enfin, pour clore cette liste, le quatrième item c'est les crimes sexuels non classables autrement. Alors, pour faire l'exercice sur notre situation du jour, il s'agit d'un crime sexuel domestique, évidemment, mais ensuite beaucoup d'autres éléments sont à identifier, notamment la dimension machiavélique et paraphilique de la mère, structurée sur une modalité relationnelle perverse. Par paraphilie, j'entends l'exhibitionnisme et sans doute la coprophilie, qui déterminent toutes les deux la forme que prend son agir incestueux. Mais parfois, la situation n'est pas si simple. Prenons l'exemple de l'épisode Les loups. Vous vous souvenez, c'est trois lycéens qui s'en prennent à une jeune collégienne de 13 ans, un soir de sortie de boîte. Dans ce cas, faites-vous une différence entre le premier viol dans le champ et celui collectif au retour dans le parc du château
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et si oui, dans quelle catégorie les placez-vous chacun
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et sinon, pourquoi les distinguez-vous
UNKNOWN?
SPEAKER_01Si on reprend les éléments marquants dans cette situation, on pourrait évoquer le viol associé à un vol, le crime sexuel lié à la relation, le viol colérique, sadique, après-enlèvement, celui lié à l'influence d'un groupe, voire celui d'un groupe informel. Cela fait quand même beaucoup de possibilités d'approcher une situation de viol différemment selon ce que les experts vont retenir comme principaux déterminants. Mais dans la pratique d'un psychocriminologue, l'intérêt statistique d'avoir des chiffres sur la fréquence ou la quantité de tel ou tel type d'infraction est nul. Et personnellement, ce qui m'intéresse, c'est comment cette question de la ou des principales motivations d'un auteur va venir nourrir mon analyse, comment je trouve le moyen de mettre en évidence que certains éléments vont être déterminants sur d'autres et me guider vers une conclusion qui va finalement donner un ensemble qui me paraîtra
SPEAKER_00plus cohérent. Sous-titrage MFP.
SPEAKER_01Enfin, je vais éclairer cet épisode par une annonce un peu triste. Je suis contrainte de m'interrompre dans la production et donc dans la diffusion de ce podcast à partir de la fin août jusqu'à une période indéterminée. En fait, j'entame à la rentrée de septembre 2026 le DIU de santé sexuelle proposé sur trois années consécutives par quelques universités de médecine en France. Et il nous informe à l'avance que cette formation est très exigeante et potentiellement assez chronophage. tout le temps que je consacrais jusque-là à mes podcasts. Cet épisode restera donc comme les précédents, accessible jusque fin août, puis sans limite dans le temps sur la plateforme Spotify. Vous n'êtes pas obligés d'être abonnés à Spotify pour pouvoir les écouter. En revanche, vous aurez des publicités. Alors, ce n'est pas de mode fait, parce que moi, je ne suis pas rémunérée dessus. Mais si jamais vous avez envie de réécouter les podcasts, ils seront accessibles de cette manière-là. Alors je vous dis au revoir, c'était un grand plaisir de partager un peu de mon savoir, de participer un peu à mon petit niveau à la prévention contre les violences sexuelles et aussi d'échanger en off avec ceux et celles qui ont eu la gentillesse de me faire
SPEAKER_00part de leur
SPEAKER_01intérêt. Voilà, on arrive donc au terme de ce dixième podcast auteurs de violences sexuelles derrière le masque. Je vous remercie pour votre écoute, votre confiance Et j'espère vous retrouver plus tard avec un nouvel épisode ou sous un autre
SPEAKER_00format.