Force au féminin- Des histoires vraies, des forces bien réelles.
Bienvenue à Force au féminin — Des histoires vraies, des forces bien réelles. un balado qui place le pouvoir décisionnel des femmes au cœur des conversations. À travers des échanges avec des expertes, des témoignages inspirants et des conseils concrets, chaque épisode ouvre la porte à plus de confiance, d’autonomie et de possibilités.
Cette série est animée par Nathalie Nadon.
Force au féminin- Des histoires vraies, des forces bien réelles.
La force de dire, la force de montrer
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La force de dire, la force de montrer: dans cet épisode, je m’entretiens avec Quitterie Hervouet, scénariste et réalisatrice établie à Toronto. Ensemble, nous abordons son premier court métrage, Deux moments de vie. Quitterie y partage son processus créatif et explique en quoi représenter la violence conjugale à l’écran, même à travers une approche poétique, peut contribuer à sensibiliser et, ultimement, à freiner cette réalité.
Le Colibri centre des femmes du comté de Simcoe est ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à 16h30.
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Bonjour, je m'appelle Nathalie Nadon et bienvenue à Force aux féminins, des histoires vraies, des forces bien réelles. Le balado qui place le pouvoir décisionnel des femmes au cœur des conversations. Ici, on crée un espace pour réfléchir, apprendre et s'outiller afin de prendre des décisions éclairées, alignées avec nos valeurs et nos réalités personnelles et professionnelles. À travers des échanges avec des expertes, des témoignages inspirants et des conseils concrets, chaque épisode ouvre la porte à plus de confiance, d'autonomie et de possibilités. Force aux féminins est une série balado présentée par le Colibri Centre des femmes du comté de Simcoe, en Ontario. Le Colibri est un organisme sans but lucratif qui offre du soutien aux femmes francophones ayant vécu ou vivant de la violence conjugale ou sexuelle. Sa mission est d'accompagner les femmes dans le respect de leurs choix, afin de les aider à reprendre leur pouvoir et à avancer librement. Aujourd'hui, je reçois Kitri Hervouet, scénariste et réalisatrice basée à Toronto, et on discute ensemble de son premier court-métrage Deux moments de vie. Bonjour,
SPEAKER_01Kitri Hervouet. Comment vas-tu? Bonjour, Nathalie Nadon. Eh bien, écoute, ça va très bien. Merci de m'avoir invitée. Toi, t'es assise sur ton divan, puis moi, je suis par terre
SPEAKER_00sur ton tapis. Exactement. Alors, c'est comme ça. Vous comprendrez que Kitri et moi, on se connaît depuis un bon moment. Puis qu'il n'y a pas de souci. Moi, je m'installe comme si j'étais à la maison. Fait que c'est parfait. T'es arrivée de France autour de 2015. Oui,
SPEAKER_01fin novembre 2015, le 25 novembre 2015.
SPEAKER_00Et à ce moment-là, j'étais les Chiclets à 100%, donc je me souviens, tu étais journaliste, on s'est rencontrés, on a fait des entrevues, comme ça qu'on s'est rencontrés en fait.
SPEAKER_01On s'est rencontrés effectivement parce que je me souviens t'avoir vu plusieurs fois sur scène et t'avoir interviewé. Je t'avais vu à l'Alliance française, je t'avais vu dans un bar également, chanter, dans plusieurs bars, chanter même. Merci Merci de spécifier que je chantais, que
SPEAKER_00je ne faisais pas juste boire. Mais non, mais tu étais
SPEAKER_01sur scène, en fait. C'est vrai que moi, quand je t'avais rencontrée, c'est que je couvrais un événement et tu étais vraiment la personne centrale de cet événement. Donc, tu chantais, tu dansais, tu jouais. C'était magnifique. Mais
SPEAKER_00explique-moi, tu es scénariste, tu es réalisatrice, tu es productrice, tu es en France et là, tu te dis, tiens, tiens, tiens, je vais aller au
SPEAKER_01Canada. Alors, en France, pour tout avouer je travaillais en marketing de la télévision j'avais fait une école de commerce et également un master en production et distribution audiovisuelle donc j'ai toujours été passionnée par tout ce qui est télé, cinéma mais effectivement je savais pas trop en fait c'est pas que je savais pas trop si je voulais devenir scénariste, réalisatrice mais je savais surtout pas trop comment en vivre je pense que c'était ça donc Donc, je m'étais plutôt réfugiée dans un métier de bureau en marketing et je jouais également du théâtre. Ma passion, à la base, c'est de jouer. Mais
SPEAKER_00donc, ma question encore, c'est comment tu décides
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ah oui, comment je décide de venir au Canada
UNKNOWN?
SPEAKER_01Au Canada plutôt qu'ailleurs
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, j'ai toujours voulu vivre en Amérique du Nord et je voulais vivre dans le côté anglophone parce que je m'étais dit que si je partais de France, je préférais… Avoir le côté un peu anglophone. Et j'avais hésité entre Vancouver et Toronto. Et ma décision a été assez... Je ne sais pas, c'est logique. J'ai fait ça avec mon cerveau cartésien. J'ai regardé les chiffres de l'industrie du cinéma à Toronto et de l'industrie du cinéma à Vancouver. J'ai fait, ils sont meilleurs à Toronto cette année.
SPEAKER_00Voilà, et depuis, c'est plusieurs projets. télé, web, cinéma. On a eu le plaisir de travailler ensemble sur un récent court-métrage qui s'appelle « Deux moments de vie
SPEAKER_01». Oui, effectivement. « Deux moments de vie », c'est un court-métrage que j'ai écrit quand j'étais à Paris en 2011, en novembre 2011, suite à la mort de la fille de mon parent. Et après, il est passé par beaucoup de phases de réécriture. J'ai eu une subvention du Conseil des arts de Londres Donc, j'avais du budget pour réaliser ce court-métrage. D'ailleurs, c'est ma première réalisation de fiction parce que j'ai fait un court-métrage documentaire en tant que réalisatrice avant. Et donc, deux moments de vie, c'est l'histoire de Tristan qui écrit un discours parce que sa fille, Victoire, a gagné un prix au conservatoire de musique et sa fille a arrive et elle décide d'écrire le discours ensemble et de se remémorer les deux moments qui ont
SPEAKER_00marqué leur vie. vie. Oui, t'as créé une famille, en fait, c'est seulement trois personnages, le père, la mère, la jeune fille, mais en fait, c'est cinq acteurs parce que deux moments de vie, on a donc Tristan et Victoire, jeunes et plus âgés. Il n'y a que le père, en fait, qu'on ne
SPEAKER_01voit que dans les années 90. Donc, effectivement, les deux moments où elles se remémorent leur vie, les deux moments charnières, l'un des moments, c'est quand a Victoire a été prise pour un solo de piano dans une gare grande institution new-yorkaise je voulais que ça soit un peu international le solo de piano et l'autre moment charnière de la vie de ces deux femmes c'est le moment intense où le père apprend que sa fille a été prise à un solo de piano à New York et là il arrive malheureusement une scène qui est assez
SPEAKER_00dramatique
UNKNOWN?
SPEAKER_00ton court-métrage traite de violences domestiques et familiales. On ne va pas se le cacher. C'est certain qu'il y a des auditeurs et des auditrices qui n'auront pas encore vu ton court-métrage, parce que là, il est encore en festival, donc il n'est pas sorti officiellement, soit sur des plateformes ou au cinéma grand public. Mais le court-métrage traite de violences domestiques et familiales. Tu en as parlé un petit peu il y a quelques minutes. Qu'est-ce qui t'a amenée à vouloir explorer ce sujet à
SPEAKER_01l'écran
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je l'écris, comme je disais tout à l'heure, suite à la mort de la fille de mon parrain, Delphine. Mon parrain s'appelle Jean-Denis. Malheureusement, il a eu une de ses filles qui est décédée. L'histoire est très, très différente. Je tiens quand même à le dire. L'histoire est très différente de ce qui est arrivé à Delphine. Delphine, malheureusement, est décédée parce qu'elle avait quitté son compagnon qui était violent. Malheureusement, elle a fait, si je ne me trompe pas, une overdose, mais médicamenteuse dans sa chambre d'hôtel quand elle a quitté son compagnon. Moi, j'ai voulu faire quelque chose de très différent. En fait, au niveau créativité, mon processus créatif, pour te l'expliquer rapidement, moi, je pars d'une idée et après, je brode autour de cette idée. Là, je suis partie effectivement de la mort de Delphine qui m'a vraiment beaucoup émue, choquée, bouleversée. Et je me suis dit que j'allais écrire un court-métrage sur les deux moments qui avaient marqué la vie d'une femme.
UNKNOWNEt...
SPEAKER_01Je voulais parler également de rêves brisés parce que pour moi, la mort d'une personne jeune, je trouve que c'est toujours triste parce que c'est quelqu'un qui n'aura pas exploré ses rêves ou le fait même de ne pas réaliser ses rêves. Il y a des gens qui n'ont pas forcément envie, qui ont envie d'avoir une vie assez paisible, des enfants ou pas, une carrière ou pas. Et en fait, c'est le Le fait de ne jamais avoir été jusqu'au bout de sa vie
UNKNOWN?
SPEAKER_01et j'ai toujours trouvé que c'était très triste les gens qui mouraient jeunes et je voulais vraiment explorer ça la violence par la violence domestique effectivement et les traumas que cette violence peut avoir que ce soit la violence psychologique et ou la violence physique parce que je pense que même dans des familles où il n'y a pas eu de violence physique il y a des familles où il y a eu de la violence peut-être psychologique, des parents qui ont peut-être été durs avec leur enfant pour peut-être que leur enfant donne le meilleur de soi-même, mais qui ne se sont peut-être pas rendus compte que les remarques cassantes, blessantes pouvaient altérer l'être. Et quand je dis l'être, c'est l'enfant, leur enfant. Donc, c'est ça dont je voulais parler. Tu travailles
SPEAKER_00sur un nouveau court-métrage. Et là, tu m'as dit, hors micro, qu'encore une fois, il y avait encore peut-être un peu de violence.
SPEAKER_01J'ai exploré la violence physique sans tout dire de moments de vie, mais j'ai exploré la violence physique dans deux moments de vie. Donc là, j'ai J'explore plutôt la violence psychologique. C'est sur l'emprise qu'un père et qu'un frère peuvent avoir sur la fille et donc la sœur. En fait, j'aime bien parler de la femme et de la condition féminine. C'est ça que je trouve intéressant parce que même en 2026, je pense que même si le court-métrage se passe en 1850, le nouveau court-métrage, je pense que les femmes d'aujourd'hui peuvent s'y retrouver parce que l'emprise d'un homme ou d'une figure masculine, que ce soit même un père ou autre, ça peut être un grand-père, un oncle ou autre, ou même un ami de la famille, je pense que l'emprise masculine sur une femme est toujours d'actualité. Oui, c'est bien triste que ce soit des sujets qui ont été explorés et qu'on explore encore. D'ailleurs, le fait qu'on les explore encore, ça veut dire que ce n'est pas résolu comme sujet. Le fait qu'une femme peut être maltraitée et également le fait qu'une femme peut aussi... Passer à l'action concernant cette maltraitance. Et même dans deux moments de vie, on voit à un certain moment la mère se défendre. Et on peut être victime de violences et se défendre. Et ça, je trouve que c'est important de le dire. Parce qu'on dit souvent, oui, si elle s'est défendue, c'est que ce n'était pas une victime. Ou si elle a été elle-même violente, Ce n'était pas une victime. L'un peut aller avec l'autre. Ce n'est pas forcément l'un ou l'autre. Quand on se fait frapper, l'instinct de survie peut prendre le dessus. Ou même quand on reçoit une remarque, on n'est pas obligé de rester silencieuse et de se dire « Ok, je reçois une remarque, je vais aller pleurer dans mon coin ». On a le droit de rétorquer. Je pense que c'est important de le dire qu'on a le droit maintenant de s'affirmer, de prendre sa place en tant que femme. Et après, la société va dire « Ah mais tu n'es pas une victime vu que tu as fait ça ». Si, tu peux être une victime, même si tu te défends, en fait.
SPEAKER_00J'aurais envie de décortiquer ton court-métrage un peu, sans donner les « punchs », comme on dit, mais dans le film, j'en ai parlé, il y a la famille, il y a les trois personnages, le père, la mère et la fille, mais le quatrième personnage, c'est la musique. Et la trame est super belle parce que t'as vraiment... Bon, c'est pas toi qui as écrit la musique, mais t'as imaginé, t'as envoyé des clips audio à la pianiste et t'as dit « Peux-tu me faire quelque chose avec ça? » Pourquoi? Premièrement, pourquoi t'as voulu prendre la musique comme témoin de cette violence-là? Je ne suis pas une pianiste
SPEAKER_01refoulée. J'ai toujours adoré Chopin. Je pense que c'est important parce que grâce à la musique, on peut exprimer des sentiments, des émotions. C'est un art comme un autre, la musique et je pense que par exemple la jeune fille Victoire va exprimer ses émotions grâce à ses compositions parce que dans le film Victoire la jeune fille a composé un morceau original de piano et quand on compose c'est pareil quand on écrit ou quand on peint ou on dessine on part de son être et après on va broder face à sa vie et c'est pour ça qu'elle elle écrit quelque chose d'assez dramatique une composition de piano qui est assez triste parce que sa vie n'est pas forcément joyeuse vu qu'elle est victime de violences physiques et psychologiques donc c'est ça que je voulais exprimer le fait que grâce à la musique on peut et la musique aussi permet parfois de guérir ou permet d'atténuer la douleur. Et pendant un certain temps, quand on joue, quand on écoute même la musique, parce que la mère va écouter sa fille jouer, elles vont peut-être oublier leurs problèmes. C'est une façon également de se dire « j'ai un échappatoire ». Là, je vais te
SPEAKER_00poser une question vraiment technique, pour le plaisir de la chose. Quand tu fais un casting, donc tu choisis une actrice, un acteur, mais est-ce que les... Dans le film, on le voit très bien, l'actrice joue du piano. Est-ce que tu dois trouver absolument une... Parce qu'en plus, c'est un défi. Ici, tu es à Toronto, donc il te faut une actrice francophone d'un âge spécifique pour faire ta jeune. Il faut qu'elle soit capable de jouer du piano. Ça te fait beaucoup de
SPEAKER_01contrats. Alors déjà, je vais commencer par la composition originale du piano. Elle a été composée le morceau a été composé avant le film parce que sur le plateau on était on voit les mains et autres hum de la personne qui joue du piano. Donc forcément, il fallait qu'on ait le morceau composé avant, ce qui est très rare pour Information, parce que généralement, on compose la musique une fois que le film est tourné. Donc pour la compositrice, moi, ce que j'avais fait, c'est que je lui avais donné des morceaux de Chopin et autres, et je lui avais dit, vas-y, j'aimerais. Sur la même ambiance que Chopin, elle m'avait regardé, genre, c'est difficile. Chopin, c'est difficile. C'est un compositeur quand même très... renommée et autres. Donc, elle m'a dit, c'est un travail quand même assez ambitieux que tu me demandes. Donc, en fait, quand j'ai voulu caster mes acteurs, j'aurais posé la question et j'aurais dit, écoutez, si vous ne savez pas jouer du piano, vous ne savez pas jouer du piano. À un certain moment, c'était pas... Ce n'était pas un turn-off pour moi. Je leur ai dit, si tu ne sais pas jouer du piano, je ne vais pas te caster. C'est en plus si tu sais jouer du piano. Karine, qui joue Victoire plus âgée, elle a un mari qui est musicien. Elle a appris les premières notes du morceau. Maya, plus jeune, elle ne sait pas jouer du piano. Elle a tenté. C'est difficile. Ce que j'ai fait, c'est que j'ai demandé à l'une des deux compétences parce qu'il y a une deuxième compositrice qui est arrivée sur le projet un peu plus tard à venir sur le plateau et en fait on l'a habillée comme l'actrice et on lui a fait faire on lui a fait jouer les notes quoi donc en fait quand on voit Victoire jouer c'est la compositrice et quand on voit également Karine jouer au début c'est Karine et après les notes d'après en fait c'est Andrea, qui était la première assistante. Donc, en fait, on a pris ses mains, on l'a habillée comme Karine. Mais c'est toujours intéressant, parce que les gens, c'est vrai, on ne se rend pas compte, mais au cinéma, c'est un peu... En anglais, on appellerait ça du make-believe. Donc, en fait, on te fait croire qu'il y a quelqu'un qui joue du piano, qui est compositrice, qui est très jeune et autre, qui a de la violence. Et d'ailleurs, j'aimerais être personne n'a été blessé sur le plateau,
SPEAKER_00personne n'a été frappé sur le plateau. Comment on se prépare justement pour des scènes qui étaient quand même assez physiques? Là, je me disais, voyons, ils ne vont pas... Effectivement, il n'y a personne qui s'est blessé, mais comment on se prépare justement pour démontrer la violence à l'écran? Alors moi, c'est vraiment une scène
SPEAKER_01qui m'a un peu stressée. C'était la scène où je ne savais pas trop comment la tourner. En fait, je voulais que ça rende naturel à l'écran, qu'on a l'impression qu'il y a... vraiment les femmes se fassent frapper puisque en fait on voit la violence c'est assez frontal donc moi ce que j'ai fait je sais pas si c'est la bonne solution mais en tout cas ça a été ma solution ce que j'ai fait, j'ai été sur Youtube et j'ai regardé plein de scènes de violence donc c'était assez intéressant j'ai regardé aussi plein de scènes de piano pour savoir où ils plaçaient la caméra derrière le piano, du côté du piano Parce qu'en fait, pareil. C'est un exercice cinématographique. Oui, mais c'est ça. Comment tu fais, en fait, pour... tourner un film avec des scènes très différentes il y a une scène à une table ça bon c'est assez bateau comme scène mais c'est vrai la scène de violence j'ai appris que par exemple tu vas mettre la caméra de l'autre côté du coup de poing donc si par exemple elle se fait frapper du côté gauche et bah tu mets la caméra du côté droit parce qu'en fait on va pas voir qu'elle se fait pas vraiment frapper la caméra va juste capter le mouvement et le fait que on a l'impression qu'elle se fait frapper peut-être sur la joue. Mais en fait, le coup de poing n'arrive pas sur la joue. Il arrive avant où il va frôler la joue.
SPEAKER_00Là, c'est le fun que tu nous racontes un peu les dessous, les coulisses.
SPEAKER_01Mais c'est toujours intéressant parce que les gens, c'est vrai, on ne se rend pas compte, mais au cinéma, c'est un peu... En anglais, on appellerait ça du make-believe. Donc, en fait, on te fait croire en fait On te fait croire qu'il y a quelqu'un qui joue du piano, qui est compositrice, qui est très jeune et autre, qui a de la violence. D'ailleurs, j'aimerais dire, personne n'a été blessé sur le plateau, personne n'a été frappé sur le plateau. mais c'est vrai la scène de violence j'ai appris que par exemple tu vas mettre la caméra de l'autre côté du coup de poing donc si par exemple elle se fait frapper du côté gauche et bah tu mets la caméra du côté droit parce qu'en fait on va pas voir qu'elle se fait pas vraiment frapper la caméra va juste capter le mouvement et le fait que on a l'impression qu'elle se fait frapper peut-être sur la joue mais en fait le coup de poing n'a arrive pas en fait sur la joue il arrive avant ou il va frôler la joue mais c'est l'intérêt effectivement de placer la caméra voilà et on avait quand même aussi un coordinateur de cascade donc on avait pas aussi beaucoup de place au niveau de la scène il fallait pas que ça bouge beaucoup on pouvait pas courir dans tous les coins pour se faire taper dessus
SPEAKER_00Justement, de montrer réellement ces choses à l'écran, au cinéma, à la télé, est-ce que ça contribue justement à briser le silence, encourager un dialogue, quand on voit au lieu de dire « Ah, on pense que c'est ça qui est arrivé », tandis que là, comme dans ce film-là, puis je dis pas ça parce que j'y ai participé, mais c'est très... Malgré cette scène-là qui est très dure à voir, le film est très poétique et on sort de là vraiment... Il y a tout de suite une réflexion qui s'installe en nous, qui va s'installer avec les autres autour de nous. Mais moi,
SPEAKER_01c'est ça que je voulais. Parce que moi, quand je fais un film, il faut que ça me touche personnellement. Si je fais un film qui ne me touche pas. Après, si c'est un film de commande qu'on m'engage, pourquoi pas. Mais si c'est un film personnel, il faut que ça me touche. Et moi, en fait, j'avais cette réflexion. Quand j'ai écrit le scénario, je me suis dit, moi, ce que je veux, c'est qu'on parle d'une femme qui a eu des traumas, de deux femmes qui ont eu des traumas, la mère, la fille, de rêves qui ne se sont peut-être pas déroulés comme on voulait à cause du fait de cette violence et de ces traumas. Comment on vit aussi avec ces traumas
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment la mère, la fille peuvent vivre avec ces traumas
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment on s'en sort ou pas
UNKNOWN?
SPEAKER_01suite à ces violences domestiques
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et je trouvais que c'était intéressant. Et donc moi, si ça peut toucher le public et l'émouvoir ou pas... Et d'ailleurs, c'est ça qui est peut-être intéressant. Ça peut laisser froid certains spectateurs, mais c'est le but aussi d'un film. Ça ne va pas toucher tout le monde. Mais en fait, si ça peut toucher aussi un homme... ou des hommes. Parce que je pense que quand tu parles de la violence faite aux femmes, tu prêches déjà des convaincus. Les femmes, elles sont déjà convaincues que la violence faite aux femmes, c'est pas bien. Mais en fait, ce qui est intéressant, c'est aussi de toucher le public masculin et de se dire... Eux aussi disent que la violence faite aux femmes, c'est pas bien. Les alliés sont là. Dans le film, c'est le père. Après, la violence peut être entre femmes. Mais... ce qui est peut-être un peu plus rare. Mais en fait, ce que je trouve intéressant, c'est de briser aussi le tabou de se dire... Un homme, quand il regarde le film, peut se dire « J'ai pas envie de le faire, moi. À ma femme, ma fille, une de mes amies, n'importe qui.
UNKNOWN»
SPEAKER_01C'est aussi ça qui est important, je pense, de dire. Un homme peut se dire, ah, je l'ai peut-être déjà fait. Mais en fait, ce que j'ai fait, ce n'est pas bien. Parce que malheureusement, je pense qu'il y a des gens qui ne se rendent pas compte que leur violence physique et ou psychologique a des conséquences. Et se dire, je ne le referai peut-être plus. Et je parle même de la violence psychologique. Tu sais, être vraiment ridiculisé, faire des remarques hyper blessantes peut avoir des conséquences sur la vie de quelqu'un, d'un enfant qui va plus tard devenir un adulte, qui va peut-être plus tard avoir un ou des enfants. Peut-être, je ne dis pas que c'est le cas, mais... potentiellement si cet enfant qui est devenu adulte n'a pas travaillé sur lui, potentiellement pourra reproduire le schéma familial, malheureusement en fait c'est peut-être ça aussi qui est difficile c'est casser ce cercle vicieux le changer essayer de se dire que je n'ai pas envie de reproduire ce qui m'est arrivé quand j'étais jeune ou ce qui m'est arrivé en tant que femme dans une précédente relation, je n'ai peut-être Pas envie de me remettre avec quelqu'un, peut-être se dire ma prochaine relation. Je vois déjà les signes d'un homme qui ne me conviendrait pas, d'un homme qui peut être violent psychologiquement et physiquement. Qu'est-ce que tu souhaites aux femmes en 2026
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je leur souhaite d'apprendre et de mieux se connaître et de se battre. et je pense que c'est important que les femmes se battent on parle souvent de femmes féministes il y a beaucoup de gens qui vont critiquer c'est pas bien d'être féministe mais je pense qu'en fait c'est un grand mot être féministe mais en fait pour moi être féministe c'est juste d'être soi-même et de se battre pour ses valeurs et des valeurs qui vont bénéficier pour d'autres femmes Musique
SPEAKER_00Je vous rappelle que le Colibri Centre des femmes du comté de Simcoe est ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30. Les services à distance du Colibri sont accessibles par téléphone ou par courriel et les services en présence sont offerts sur rendez-vous. Si vous avez besoin de soutien en dehors de nos heures d'ouverture, contactez la ligne de soutien Famed, accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en composant le 1-877-336-2433. le 1-877-336-2433. En cas d'urgence, composez le 911.