Qu'est-ce qu'IA ?

L'IA en entreprise : effet de mode ou levier de performance réel ?

Op'Team-IA Season 1 Episode 1

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L'IA fait peur ou fascine, mais comment transforme-t-elle réellement votre entreprise ?

Pour ce lancement, Christophe Fischer (fondateur d'Op'Team-IA) répond aux questions du journaliste Guillaume Dominguez. Loin des discours techniques complexes, ils décryptent l'usage pragmatique de l'IA pour les dirigeants et salariés en 2026.

Ce que vous allez apprendre :

  • Réalité du terrain : pourquoi 50% des entreprises utilisent déjà l'IA, souvent sans le dire.
  • La méthode "Jeu" : pourquoi laisser vos équipes tester l'IA est plus efficace qu'un projet informatique lourd.
  • Le Retour sur Investissement (ROI) à 25€ : comment accéder aux meilleurs experts mondiaux pour le prix d'un abonnement standard.
  • Management : pourquoi l'IA ne remplace pas l'humain, mais booste l'autonomie.

Un échange sans filtre pour passer de la curiosité à l'action.

Podcast produit par Op'Team-IA, pour simplifier l'IA aux chefs d'entreprise.

Introduction (Voix Off) : Bienvenue sur "Qu'est-ce qu'IA ?". "Qu'est-ce qu'IA ?" est un podcast produit par Op'Team-IA qui a pour objectif de simplifier l'intelligence artificielle. Il s'adresse essentiellement aux chefs d'entreprise et à leurs salariés. À chaque épisode, je recevrai un invité qui nous racontera comment il utilise l'intelligence artificielle de façon à la rendre accessible à tous.

Christophe Fischer : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce premier épisode du podcast "Qu'est-ce qu'IA ?". Pour ce premier épisode, j'ai voulu inverser les rôles et j'ai invité Guillaume Dominguez, qui est journaliste.

Guillaume Dominguez : Bonjour Christophe ! Merci à toi de te prêter à ce jeu un peu inversé par rapport à tes habitudes.

Christophe Fischer : Avec plaisir. Du coup, est-ce que tu peux te présenter rapidement, ou présenter MEMOREM ?

Guillaume Dominguez : Ouais, bien sûr. Alors je suis le cofondateur de l'agence de communication MEMOREM et je suis également journaliste. J'ai notamment eu l'occasion d'être journaliste radio ; j'ai travaillé pour RTL, Radio France et Europe 1 surtout. Et aujourd'hui, l'objectif il est vraiment de parler de l'intelligence artificielle et de venir te tester un petit peu toi aussi sur tes connaissances et sur ce qu'est l'intelligence artificielle aujourd'hui, alors qu'on en parle beaucoup dans cette nouvelle période. Alors, on y va ? Tu n'es pas un avatar, tu es bien réel ?

Christophe Fischer : Je suis bien réel, jusqu'à preuve du contraire ! Il faudra quand même qu'on fasse l'essai.

Guillaume Dominguez : Ce que je te propose, mon cher Christophe, avant de rentrer un peu plus dans le vif du sujet, de te présenter, d'expliquer un petit peu ce qu'est Op'Team-IA et quelle est clairement ta mission à toi ?

Christophe Fischer : Alors Op'Team-IA, c'est une société qui est assez récente, qui a maintenant un peu moins de deux ans d'existence, qui a vocation d'accompagner les chefs d'entreprise. On va travailler avec des chefs d'entreprise de type taille moyenne, même de 1 à 10 salariés jusqu'à 120. Et on fait de l'accompagnement, de la sensibilisation des équipes. On regarde où sont les grands cas d'usage et où est-ce que l'IA a du sens par rapport à leurs propres objectifs, leurs propres enjeux aussi. Est-ce que c'est pour faire de la croissance business ? Est-ce que c'est pour faire de la productivité ? Est-ce qu'au contraire on essaie de retrouver un peu plus d'équilibre et de qualité de vie au travail ? L'intelligence artificielle doit servir à accélérer et faciliter cet enjeu, cet objectif-là. Et on s'inscrit dans cette logique d'entreprise et surtout pas comme un outil "hype" du moment. Nous ce que l'on aime faire, c'est accompagner les chefs d'entreprise de façon très pragmatique et mettre en place des outils qui sont simples et qui sont efficaces et qui concourent aux enjeux.

Guillaume Dominguez : Voilà, et donc justement dans ce podcast, on va un petit peu casser les idées reçues sur l'intelligence artificielle. Mais on y reviendra juste avant, comme c'est le premier épisode de "Qu'est-ce qu'IA ?", on va mettre en place un petit rituel. Alors c'est un rituel que tu mettras toi ensuite en place avec tes invités, mais là c'est un peu à moi de porter ce rôle-là aujourd'hui. Je vais te poser quatre questions, quatre questions assez courtes pour connaître un petit peu ton rapport à toi à l'intelligence artificielle. La première question : Quel a été ton tout premier choc positif face à l'intelligence artificielle ? Est-ce que tu te rappelles déjà de quand cétait et avec quel outil ?

Christophe Fischer : Alors, je vais te répondre en deux temps parce que j'aurais envie de te dire "Bah en 2022 quand ChatGPT est arrivé", parce que ça a été tellement énorme en terme d'accessibilité et l'intelligence artificielle a été démocratisée et rendue accessible à tous. Mais finalement, ce n'est pas ça que je vais te répondre. C'est ce qui m'a fait tomber dedans quand j'étais petit. J'avais 11 ans ou 12 ans, mon papa bossait dans un centre de recherche et de mise au point de nouvelles molécules. Bon, peu importe le domaine d'activité. Et puis un jour, il est rentré à la maison avec... c'était un PC traditionnel, et il m'a présenté un nouvel outil. Il m'a dit "Tiens regarde, on m'a donné ça aujourd'hui, c'est un système expert, et ça ça va me faire gagner énormément de temps sur la combinaison possible des différents matériaux entre eux." Et je me suis dit "Wouah, ça c'est génial." Et depuis ce jour-là, je crois que j'ai eu un PC à la maison, après devant mon écran à l'époque télé noir et blanc, et puis j'ai fait mes premières lignes de code. Donc un peu comme Obélix, voilà, je suis tombé dedans mais moi c'était à l'âge de 11 ans.

Guillaume Dominguez : Avec le menhir en moins, j'ai envie de dire ! Plutôt avec le PC portable. Mais justement, c'était un peu une sorte d'intelligence artificielle avant l'heure pour toi ?

Christophe Fischer : Bah c'est les prémices de l'IA, puisque l'IA en fait tout le monde a l'impression que c'est le sujet de 2022... pas du tout en fait, ça a plus de 50 ans. Et puis d'ailleurs il faudrait suivre notre illustre Yann LeCun qui est une sommité en la matière, on pourrait remonter à très très vieux. On en parle aujourd'hui parce qu'il y a eu l'avènement de trois éléments qui sont clés : toutes les données qui étaient disponibles ont été absorbées et travaillées, entraînées avec les LLM ; les réseaux de neurones qui ont été mis au point, entre autres par Yann LeCun, sont aujourd'hui traduits dans des algorithmes ; et la technologie est là. Vous avez vu les outils comme Nvidia, on parle des GPU. Bah c'est l'avènement de ces trois technologies-là qui permettent aujourd'hui de proposer au grand public des solutions comme ChatGPT, comme Gemini, DeepSeek le chinois, Mistral le français.

Guillaume Dominguez : Alors, même si on se rend compte en t'écoutant que l'intelligence artificielle est un peu plus vieille que ce qu'elle n'y paraît, est-ce que toi il y a 5 ans tu imaginais avoir une utilisation comme ça, j'allais dire quotidienne de l'intelligence artificielle ?

Christophe Fischer : Non, d'autant qu'il y a 5 ans je m'occupais essentiellement d'applicatifs métiers chez un leader mondial des ressources humaines. Donc je m'occupais essentiellement d'outils de CRM, d'outils de recrutement entre autres. Et on avait déjà énormément de mal à l'époque pour déployer ces technologies qui sont relativement lourdes, parce qu'il faut les synchroniser pour autant de pays et autant de collaborateurs, c'est extrêmement complexe et c'est très coûteux. Donc tu imagines bien que maintenant, 5 ans après, finalement depuis là 2022 avec l'arrivée de ChatGPT mais pas que — il faut savoir qu'il y a près de 40 000 outils d'intelligence artificielle qui sont disponibles — j'étais très très loin d'imaginer qu'on en serait là. Donc si je devais, 5 ans en arrière, prendre de nouvelles décisions stratégiques aujourd'hui, je ferais des choses beaucoup plus légères, beaucoup plus simples, beaucoup plus véloces et je laisserais s'exprimer cette technologie dans les mains de mes collaborateurs parce que finalement on aurait gagné du temps et beaucoup d'argent.

Guillaume Dominguez : Ce n'est pas encore tout à fait perdu puisque à la vitesse à laquelle progresse l'intelligence artificielle, j'ai envie de te dire que dans 5 ans on n'imagine peut-être sans doute pas où en sera l'intelligence artificielle dans 5 ans. Et mais du coup ça m'amène à la question suivante : Si tu avais une baguette magique toi aujourd'hui, une baguette magique de l'IA j'ai envie de te dire, qu'est-ce que tu lui confierais à l'intelligence artificielle pour faciliter un petit peu ta vie du quotidien ou même dans ton travail ?

Christophe Fischer : J'enlèverais les irritants. J'enlèverais les irritants et finalement c'est un peu ce que j'entends tous les jours quand je discute avec mes clients, avec leurs équipes, avec les managers : c'est un outil qui est génial, finalement accessible à tout le monde, mais on ne sait pas trop par quel bout le prendre. Donc une première approche, c'est de se dire : on prend une feuille blanche et puis on se dit "Voilà, qu'est-ce qui dans la semaine est compliqué, répétitif, modélisable ?" Et ça, c'est les premiers cas d'usage qui doivent être des cas d'usage naturels. Donc si j'avais une baguette magique, ce serait de voilà, être capable de dresser cette liste-là et de se dire "Bah finalement, OK, tous ces sujets-là sont adressables par l'IA". Et puis bah voilà on va les prioriser, on va regarder lesquels apportent le plus de valeur, lesquels offrent aussi le meilleur ratio en terme de solution à mettre en œuvre, de temps, d'acceptation par les équipes et puis de retour sur investissement.

Guillaume Dominguez : Est-ce que c'est du coup ce que tu conseillerais aux entrepreneurs qui nous écoutent comme première action pour passer le cap de l'intelligence artificielle ?

Christophe Fischer : Non, comme première action je leur dirais : laissez vos équipes jouer avec l'IA. Laissez-les jouer parce que finalement c'est eux qui détiennent la vérité. C'est eux qui connaissent dans leur quotidien professionnel les endroits où l'IA va pouvoir leur apporter de la valeur. Donc donnez-leur de l'espace, dans un cadre qui est structuré — il faut une charte IA, il faut les sensibiliser en terme de confidentialité, en terme de RGPD. À partir du moment où ce cadre est posé, on peut les laisser jouer. Et puis c'est aussi par ce biais-là qu'ils s'approprient l'outil et qu'ils deviennent ambassadeurs de l'outil.

Guillaume Dominguez : Ce qui est extrêmement paradoxal dans l'époque dans laquelle on est — et là on va rentrer un petit peu plus dans le vif du sujet — c'est que quand on regarde... aujourd'hui on est en 2026, on entend énormément parler dans les discours, que ce soit dans les médias, que ce soit même aujourd'hui la sphère politique qui s'est un petit peu emparée de ce sujet-là, on entend énormément parler de l'IA. Et quand on regarde le tissu économique français, plus précisément les TPE, les PME, même les ETI, on se rend compte qu'il n'y a pas tant d'entreprises qui ont intégré cette nouvelle technologie, enfin ces nouveaux outils dans leurs process. Il y a une étude de BPI France qui indique qu'en 2025, début 2025, il y avait à peine 3 % des entreprises en France qui avaient intégré de manière assez régulière ces nouveaux outils là. Ce constat, il est le même en 2026 ? C'est à peu près la même chose que tu constates toi tous les jours avec les entreprises que tu accompagnes ?

Christophe Fischer : Alors non. Et je trouve que cette approche qui avait été prise dans cette analyse-là est plutôt une approche pessimiste. C'est-à-dire qu'en fait on a regardé dans cette étude comment l'IA était intégrée dans les process, mais il ne faut pas attendre ça. Il faut bien se rendre compte qu'aujourd'hui si on regarde d'autres études, par exemple l'étude qui a été faite par Kantar pour BFM Business au mois de novembre dernier, c'est plus de 50 % des entreprises qui utilisent déjà l'IA. C'est même supérieur au taux d'utilisation des Américains, ils sont à 40 %. On est plutôt même plus curieux qu'eux au sein des entreprises et les salariés ont même tendance à cacher le fait qu'ils utilisent l'IA, mais ils l'utilisent déjà parce que bah ils ont envie d'aller plus vite, parce qu'ils veulent rédiger des mails qui sont voilà formulés différemment, tout simplement corriger aussi des fautes d'orthographe, mais aussi être aidés, être assistés, apprendre, monter en compétence. Ce n'est pas que des sujets qui sont autour de la recherche de productivité d'ailleurs, c'est souvent des sujets de "OK, je ne veux pas être obsolète et j'ai envie d'apprendre." Donc je ne partage pas complètement. Moi ce que l'on vit, c'est un engouement qui est fort de la part des salariés et peut-être que c'est la couche intermédiaire qui manque. C'est-à-dire qu'il y a une volonté des chefs d'entreprise, un usage des collaborateurs, mais entre les deux c'est la couche de management et puis cet accompagnement aussi qui fait défaut.

Guillaume Dominguez : Mais justement, parce que ça demande un certain encadrement en fait. Parce que même si les salariés, les collaborateurs se sont déjà mis à utiliser (que ce soit en cachette ou que ce soit assumé) les outils classiques de l'intelligence artificielle, les plus connus d'entre eux, ça demande quand même un accompagnement pour pouvoir avoir quelque chose qui soit, j'allais dire, rentable pour l'entreprise. Puisque c'est ce que vont chercher les dirigeants aussi.

Christophe Fischer : Alors c'est intéressant qu'on parle de rentabilité parce qu'il ne faut pas attendre de la rentabilité au sens comme on l'entend quand on met en place un projet informatique avec des investissements qui sont lourds. On n'est pas du tout dans ce schéma-là avec l'intelligence artificielle générative, j'entends bien. Je mets de côté les gros projets d'intelligence artificielle qui nécessitent des investissements qui sont onéreux parce qu'il y a de l'imagerie, de la reconnaissance, du traitement etc. Je parle de 95 % des usages qui sont ceux que l'on rencontre dans les entreprises aujourd'hui. Il faut avoir à l'esprit que — que ce soit ChatGPT, Mistral, DeepSeek etc., chacun prendra l'outil qu'il préfère — mais le premier usage, c'est l'assistance dans mon métier au quotidien, c'est "Aide-moi à". Aide-moi à mieux comprendre ce document, aide-moi à répondre à cet appel d'offre, aide-moi à répondre à ce client dans cette situation qui est un petit peu conflictuelle là, "Comment est-ce que je pourrais tourner...". C'est tout simple, mais ça, il ne faut pas en attendre de ROI spécifique. En tout cas il est tellement évident et tellement immédiat. Il coûte 25 dollars par mois, quoi. 25 dollars par mois, rendez-vous bien compte que pour cet investissement-là, on donne accès à toutes les expertises du monde entier à n'importe qui. C'est comme si je pouvais m'adresser au meilleur expert de n'importe quel domaine quel qu'il soit, qu'il soit juridique, financier, santé, coach de vie etc. C'est ça aujourd'hui qui a été rendu possible par l'avènement de l'IA générative. C'est la capacité à aller échanger, discuter, être coaché, se faire aider par le meilleur des experts à condition de savoir correctement parler à l'intelligence artificielle. Une fois que cette base-là elle est acquise, le collaborateur est autonome, responsable, il est immédiat le retour sur investissement. Et d'ailleurs on n'a pas besoin d'utiliser des outils qui sont à chaque fois des abonnements payants. Testez des outils, et testez des outils qui sont gratuits pour vérifier que ce soit bien le bon outil qui réponde à mon cas d'usage. Et une fois qu'on a cette confirmation, là on peut passer à des licences pour les collaborateurs parce qu'on sait que le collaborateur est convaincu et que effectivement c'est le bon outil par rapport à la problématique à laquelle il doit faire face.

Guillaume Dominguez : Bon pour résumer, si je reprends un peu ce que tu nous dis, il faut se laisser aller, faut tester en fait, faire les choses étape par étape, faire confiance aussi à ses équipes, leur définir un cadre bien sûr pour évoluer mais les laisser un petit peu s'amuser avec cette intelligence artificielle et les choses viendront d'elles-mêmes finalement, il n'y a pas de retour sur investissement calculé à attendre en fait, faut vraiment se laisser faire.

Christophe Fischer : Non, et puis il faut les laisser se tromper aussi. Il faut qu'ils comprennent pourquoi bah la réponse là elle n'est pas terrible. Bah oui mais si la réponse n'est pas terrible, c'est peut-être que la question elle n'était pas terrible. Voilà.

Guillaume Dominguez : Et bah merci beaucoup Christophe en tout cas pour cette analyse claire. J'espère que pour les entrepreneurs qui nous écoutent, la matière "intelligence artificielle" fera un petit peu moins peur. Je te redonne la main pour conclure cet épisode. Merci à toi.

Christophe Fischer : Merci à toi Guillaume, et puis merci à tous de nous avoir suivis sur ce premier podcast. Donc je vous rappelle que "Qu'est-ce qu'IA ?" c'est une chaîne produite par Op'Team-IA qui a pour objectif de simplifier l'accès à l'intelligence artificielle, qui s'adresse essentiellement aux managers et aux chefs d'entreprise. On aura une fréquence je pense trimestrielle, et plus si voilà si vous en faites la demande. Et chaque trimestre on aura l'occasion d'inviter un nouveau professionnel qui viendra témoigner de la mise en place de l'IA au sein de son entreprise. À bientôt !