Les Murmures de l’Histoire

Georgette, la femme qui a tiré sur Papillon.

depooterolivier Season 1 Episode 8

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Je vois ta page d'upload (épisode « Minuit Sur La Seine »). Voici une description d'épisode percutante pour le champ vide, plus des hashtags.

Pour le champ Episode Description :

Mars 1932, prison de Fresnes. Cinq coups de feu claquent au parloir. Au sol, un homme hurle à la femme qui le tenait en joue : « Tu as fait exprès de me manquer ! »Cette femme, c'est Georgette Fourel. L'homme, c'est Henri Charrière — le célèbre Papillon, le futur évadé de Cayenne. Et ce qu'elle s'apprête à révéler va peut-être tout changer : et si Papillon avait été condamné à la place de la véritable meurtrière ?Amour, jalousie, pègre de Montmartre et erreur judiciaire : plongez dans une histoire vraie que l'Histoire a presque oubliée.🎧 Les murmures de l'histoire, un podcast d'Olivier De Pooter.

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L'après-midi Georgette Fourel, épouse d'Henri Charé, quitta la rue Germain Pilon pour se rendre à la prison de Fresnes, on se doutait dans le milieu des mauvais garçons de Montmartre qu'il allait se passer quelque chose. Voilà comment commence l'article qui consacra en son temps le magazine Détectif. Nous sommes en mars 1932. Et vous écoutez les murmures de l'histoire, le podcast d'Olivier Lepotaire. Imaginez le Paris d'avant-guerre, Montmartre, le quartier le plus chaud de la capitale. Sur un trottoir de la rue Germain-Pinon, deux femmes se font face. Elles se parlent à voix basse. L'une, Mado, ne tient pas en place. L'autre, Georgette, garde les yeux fixés sur le pavé comme si elle cherchait déjà ses mots pour plus tard. Mado l'interroge. Georgette répond. « Je vais voir mon homme, papillon. Il doit être transféré le mois prochain à Saint-Martin-des-Rées. » Puis, presque tendrement, elle ajoute « Embrasse-moi, on ne se reverra peut-être plus. » Peu après, dans le taxi qui la conduit vers la prison de Fresnes, Georgette se tient assise, bien droite, sur la banquette arrière. Elle serre contre elle son sac de cuir. Plusieurs fois, elle le palpe pour s'assurer que le compte n'a pas bougé, comme si l'objet risquait de s'évanouir entre ses doigts. Sous le cuir usé, elle sent la crosse du revolver et le froid du canon, une arme qu'elle a empruntée discrètement à un ami de son mari. Le contact de l'arme ne la rassure pas vraiment, mais il lui donne une espèce de courage. Au parloir, Georgette attend. On va lui amener le prisonnier du 1483, Henri Charrière, plus connu dans le milieu sous le nom de « Papillon ». « 2483 au parloir, une jolie femme veut te parler. » Papillon essuie ses mains grasses sur sa salopette. Le geste n'a rien d'élégant, mais en prison, quand on passe ses journées sur des machines, on ne s'embarrasse pas du confort. « Journée nette, » dit Henri à travers le grillage qui les sépare. Georgette ouvre doucement son sac. « Attends, pas maintenant, » murmure-t-il vivement. Le regard d'Henri file vers le gardien qui arpente le parloir de long en large. Depuis quelques jours, une tension sourde s'est installée dans la prison. L'ordre est tombé de redoubler de vigilance. Lorsque le gardien atteint le fond de la pièce et amorce calmement son demi-tour, il entend cinq détonations. Des porte-claques, des surveillants affolés balaient la salle du regard. Georgette est debout, le bras tendu, l'arme au poing, le canon encore fumant. De l'autre côté du grillage, Henri est couché au sol et hurle « Salope, salope, t'as fait exprès de me manquer

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! »

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Mais revenons en arrière, aux prémices de ce drame, comment ces deux-là en sont-ils arrivés

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Des gardiens de la paix en ronde avaient découvert devant le numéro 47 du boulevard de Clichy le corps de M. Roland Legrand, commis chauffeur, deux balles dans le ventre, transporté à l'hôpital. L'homme aurait eu la force de murmurer un nom. « Papillon, Roger Papillon, c'est lui qui me tuait

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! » Roland Legrand ne survécut pas ses blessures.

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Des papillons

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À Montmartre, il y en avait des dizaines. C'était un surnom comme un nôtre dans ce milieu-là. Mais des papillons qui se prénommaient Roger, aucun. Le seul que la police jugeait capable d'un tel geste, capable de tuer froidement, c'était Henri Charrière. un homme qui vivait entre autres des passes de sa maîtresse Georgette. Henri Charrière échappa de justesse à la peine de mort grâce à l'habile plaidoirie de ses avocats, maître Raymond Hubert et maître François de Menton. Il fut condamné aux travaux forcés à perpétuité et promis au bagne de Cayenne, ce bagne dont il s'évadera plus tard et qui fera de lui une légende. À la fin de l'audience, Georgette se lève et lance vers Henri « Chetam

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! »

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Le 22 décembre 1931, malgré la perpétuité qui pesait sur lui, Henri Charrière obtient l'autorisation d'épouser celle qu'il aimait. Le mariage a eu lieu à la mairie de Fresnes. Parmi les témoins figurait M. Dufour, le directeur de la prison, qui, lui, s'interrogeait encore sur les raisons ayant poussé l'administration à accorder une telle faveur à un détenu. « Nous nous aimons très fort », déclarait le jeune marié. « Mais revenons maintenant au parloir et à ces cinq coups de feu.

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»

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Lorsqu'on arrêta Georgette, elle déclara aux policiers « Vous trouverez dans ma chambre une lettre adressée au procureur de la République. Depuis deux ans, je vivais une véritable enfer. Je n'en pouvais plus. » On la fouilla. Dans son sac, on trouva toutes les lettres que lui avait envoyées le condamné. L'une d'elles disait… « Je t'ai dans la tête en permanence, Nénette. Mais je suis jaloux. Des amis m'ont affirmé que tu me trompais. Cette idée me poursuit partout. Pendant mes promenades, aux ateliers, à la chapelle, dans ma cellule. Je n'arrive plus à penser à autre chose. Je souffre. Mais je t'ai interdit de salir notre amour. » La lecture s'interromput. Georgette alors entreprit d'expliquer ce qui s'était passé. Papillon était devenu d'une jalousie maladive. Il s'était mis en tête que je n'étais plus aussi fidèle qu'avant. C'est Le 31 mars, une dispute a éclaté. Pour lui prouver mon innocence, je lui ai proposé de mourir ensemble et il a accepté. Elle marqua un ton pour poursuivre. Comme il me l'avait demandé, Papillon s'est placé à côté de moi. Il avait déjà écrit sa lettre d'adieu. Et puis il m'a dit « Vite, vise ici ». « Je suis resté paralysé, affolé. J'ai tiré cinq coups. » Après un long silence, elle ajouta. « Je ne regrette rien. Je maintiens tout ce que j'ai dit. Et c'est moi aussi qui ai tué Roland Legrand. Il me poursuivait, il me faisait peur. Un jour, il m'a saisi à la gorge. Il m'a menacé. Alors j'ai pris une arme. Pendant ces deux années, les remords d'avoir laissé condamner Henri à ma place ne m'ont jamais quitté. Je croyais réparer cette injustice en mourant avec lui.

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Georgette Fourel fut écrouée. Elle devait d'abord répondre de la tentative de meurtre commise contre son propre mari Henri Charrière. Mais une question désormais demeurait, Henri Charrière, avait-il été condamné à la place de la véritable meurtrière

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L'image du redoutable forçat déjà en route pour Cayenne allait-elle s'effacer derrière cette révélation

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Car celle qui avait été la compagne du célèbre papillon de Montmartre venait en effet de s'accuser du crime pour lequel il purgeait sa peine. Vous venez d'écouter Les Murmures de l'Histoire, un podcast d'Olivier Depoter. N'hésitez pas à liker, commenter, à partager.