Grains de savoir
Grains de savoir est un balado du CÉROM, le Centre de recherche sur les grains. Chaque épisode, l'animatrice Annie DeMelt s'entretient avec des chercheurs et des agronomes pour décoder les enjeux en protection des grandes cultures au Québec. Des maladies fongiques aux ravageurs émergents, en passant par les outils d'aide à la décision et les stratégies de lutte intégrée, découvrez la science derrière les pratiques qui façonnent l'agriculture d'ici. Que vous soyez producteur de grains, conseiller agricole ou simplement curieux de comprendre ce qui se passe dans nos champs, ce balado vous offre un accès direct à la recherche appliquée au Québec.
Grains de savoir
Soya : quand un champignon combat un champignon
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La pourriture blanche, ou sclérotiniose, est l'une des maladies les plus coûteuses du soya. Une fois installée dans un champ, elle laisse derrière elle de petites structures de survie, les sclérotes, qui peuvent persister des années dans le sol et relancer l'infection saison après saison. Et une fois la maladie en place, il n'y a pas grand-chose à faire.
D'où l'idée au coeur de cet épisode : et si on combattait ce champignon avec un autre champignon ? Le Contans®, à base de Coniothyrium minitans, repose exactement sur ce principe. Appliqué au sol, ce champignon s'attaque aux sclérotes du sclérotinia et réduit la réserve d'inoculum pour les saisons suivantes.
Tanya Copley (chercheuse au CÉROM) explique comment fonctionne cette lutte biologique et comment l'utiliser efficacement dans les conditions québécoises. Terry Drouin (Ferme Drouin & Maheu Inc.) apporte le regard du producteur : ce que ça change, concrètement, dans un champ de soya.
Animation : Annie DeMelt Invités : Tanya Copley, chercheuse, CÉROM, et Terry Drouin, producteur, Ferme Drouin & Maheu Inc.
Bonjour, Je m'appelle Annie DeMelt. Bienvenue à ce nouvel épisode du balado du CÉROM, Le Centre de recherche sur les grains en agriculture. Les décisions doivent souvent se prendre rapidement à partir de ce qu'on observe aux champs et dans un cadre économique qui est bien réel. Mais certains outils n'agissent pas là où on regarde. Dans cet épisode, on va parler du Contans et comment la recherche permet de mieux comprendre ce qui se passe sous la surface. Nos invités aujourd'hui sont Terry Drouin, le propriétaire de la Ferme Drouin et Maheu, et Tanya Copley, chercheure au CÉROM. Merci à vous deux d'être là. Terry, on va commencer avec toi. Producteur, pas loin d'ici, à Saint-Henri, dans Bellechasse. Je me demandais de quoi ton expérience avec la moisissure blanche, ça a été quoi au cours des dernières années ? Ben on a connu la maladie. Ça a commencé quand on a acheté une terre d'un voisin qui est en grande culture depuis plusieurs années. Pis là, on a semé du soya, là. Puis ça a été la première année où on a été frappé de façon importante par la maladie. Ce champ là, on a eu des bonnes pertes financières. Ca a été là qu'on a eu le premier contact avec. Puis là, de fil en aiguille, malheureusement, la batteuse transporte le problème généralement un petit peu à gauche, à droite. Ok finalement, même si tu en avais pas, tu trouves un avoir un peu plus un peu partout. Fait qu'on a connu des années plus difficiles, des plus, des plus, des plus saines. Fait que ça a été comme ça, qu'on a connu la maladie. C'était super difficile à contrôler. J'imagine. Ça vous a exigé quoi là, comme comme contrôle, là ? Bien là. La première année, on a eu des pertes de qualité du soya. C'est sûr on a eu des coupures au niveau du prix de la récolte, puis ensuite on a cherché des solutions, on a été intégrés tranquillement, pas vite, et les fongicides. Avec les années, on a adopté d'autres pratiques pour réduire l'incidence de la maladie. Et aujourd'hui, on est bien contrôlés dans l'ensemble. Mais c'est toujours... Faut toujours garder l'oeil là-dessus. Ça vous guette ? C'est sûr. Est-ce que ça représente pour vous ? Puis j'imagine, pour d'autres agriculteurs une grosse source d'inquiétude. C'est quelque chose qui vous préoccupe à chaque année. Ou à chaque année, quand vient le temps de la floraison du soya, c'est principalement la fenêtre où la maladie est peut faire des gros ravages. On a toujours en tête, on regarde plus la météo. Est-ce que c'est frais, est-ce que ça va être pluvieux ? Est-ce que nos reins sont fermés ? Sont-tu ouverts ? Qu'est-ce qu'on peut faire pour limiter les impacts de la maladie ? Parce que dans les cas extrêmes, on peut se rendre jusqu'à 50 % de perte. Là, en plus de se voir refuser la mission de récolte au centre de grain. Les sclérotes, c'est extrêmement dur à trier dans le grain. Les centres de grains, généralement passé un certain taux, vont refuser de prendre la récolte telle qu'elle a été amenée. Ok, ok. Donc Tanya, en fait on parlait un petit peu les pertes ça peut-être dévastateur, mais est-ce que. Pourquoi c'est quelque chose qui est si difficile à gérer la sclérotinia ? Oui, bien, premièrement, les sclérotes peuvent survivre dans le sol pendant une période, jusqu'à dix ans, indépendamment des conditions climatiques. Alors lorsque ça se trouve dans un champ, on dit que c'est pas mal là pour la vie par la suite, parce que ça infecte aussi plus que 400 espèces de plantes. Alors même si tu sèmes pas du soya pendant quelques années, s'il y a d'autres plantes qui sont dans ton champ, ça peut propager sur ces plantes là. Pire, renouveler l'inoculum au champ. Alors ça, c'est un facteur qui les appâte ici, les petits champignons qui produisent les spores, mais ils peuvent lâcher 1 million de spores par jour pendant à peu près 7 à 10 jours. Alors chaque spore peut en théorie infecter une plante. Alors c’est à cause de la durée de vie des sclérotes, la quantité de spores que ça produit lorsque les conditions sont favorables. Surtout les champignons sont tout petits, sont difficiles à observer dans le champ. Alors dépister un champ pour ces champignons là n'est pas toujours évident. Ça prend énormément de temps, ça se voit pas facilement. Alors la gestion en prévision de la maladie n'est pas toujours facile et c'est facile à manquer. Puis est-ce que les conditions qu'on a au Québec, on parle beaucoup de changements climatiques ? On a des des conditions qui sont peut-être un petit peu plus instables. Au cours des dernières années, en fait. Est-ce que. Est-ce que vous voyez que ça pourrait potentiellement devenir un plus grand problème dans les années à venir ou pas ? Je crois que ça dépend vraiment de la région. En Montérégie-Est, par exemple, on a vu une baisse de cette maladie là. On a des grands canicules, des sécheresses ces dernières années. Mais si jamais ça change par contre, si on a les grandes averses de pluie ou une pluie constante pendant toute l'année comme on a observé en 2022. Mais là, la maladie peut redevenir un problématique dans d'autres régions comme au centre du Québec, en Estrie puis en Chaudière-Appalaches, puis même au nord du fleuve, on a un point de rosée quasiment toute la saison, dépendamment du champ. Puis les pratiques dans le champ, alors là, c'est plus problématique. Pis j'imagine les conditions climatiques vont continuer à favoriser le développement de maladie dans ses régions. Encore et encore un peu d'imprévisibilité finalement là, dépendamment d'où est-ce qu'on est. Donc avec tout ça, qu'est-ce qui vous a amené à vous intéresser au Contans ? Ah bien pour nous, c'était un alternatif. Fongicide chimique. Alors, c'est un des objectifs du ministère, c'est de réduire les quantités de pesticides chimiques dans les champs. Alors, c'est une bonne alternative puisque ça s'attaque directement aux sources d'inoculum, c'est les sclérotes. Alors si on est capable de réduire la quantité de sclérotes dans un champ, on peut potentiellement aider à réduire le problème aussi à long terme. Peux-tu juste expliquer rapidement qu'est-ce Qu'est-ce que c'est le Contans ? Oui, c'est ça. Alors le Contans c'est ça, c'est un petit champignon. Mais c'est des spores de champignon qui sont isolées du sol. Puis on appelle ça un champignon micro parasite. Alors ça s'attaque à d'autres champignons et plus spécifiquement aux sclérotes. Alors les sclérotes sont des petites structures dures, puis résistantes aux conditions adverses. Ils peuvent survivre dans le sol pendant longtemps, alors ces spores-là, lorsqu'ils s'attachent à un sclérote et les conditions sont favorables à leur germination, alors un sol un peu humide ils vont percer dans les sclérotes et tranquillement manger et détruire les sclérotes. Qu'est-ce qui vous a amené à vous pencher sur le Contans ? Oui. Alors Contans, c'est un produit biologique qui peut être utilisé pour supprimer et régler les problèmes de la sclérotiniose, que ce soit en soya ou dans d'autres cultures. Alors dans le corps du soya, on utilise beaucoup de fongicides foliaires qui ont des incidences sur notre santé humaine et animale l'environnement aussi. Alors dans cette optique là, de voir est-ce qu'on peut avoir un outil qui a moins à risque toute la santé de tout le monde et qui pourrait peut-être réduire le développement des résistances aux fongicides et même outiller les producteurs en régime biologique ? Puis parlez moi un petit peu de l'étude, comment ou à quel endroit est-ce que vous avez étudié ce produit là ? Comment parlez nous ? Un peu de la méthodologie ? Oui. Alors, dans le cadre de ce projet là, on a vraiment voulu savoir c'est quoi, sont quoi les méthodes optimales pour l'utilisation du produit, c'est-à-dire à quel moment de l'année, au printemps, à l'automne, est-ce qu'on essaie juste une application ou deux applications si vraiment obligatoire pour bien réduire l'incidence de la maladie ? Alors on a fait ça en parcelles au CÉROM, on voulait aussi savoir à quelle profondeur est-ce que ça atteint les sclérotes ? Est-ce que c'est juste les le sclérote en surface que ça atteint ou est-ce que ça peut atteindre jusqu'au sclérote en profondeur si on travaille notre sol puis on enfouit les sclérotes à une dizaine de centimètres par exemple. Alors on a regardé les sclérotes mais à différentes profondeurs. Est-ce que ça fonctionne en semis direct ou est-ce qu'il faut absolument l'incorporer dans le sol ? On voulait vraiment répondre aux producteurs qui ont différentes pratiques à la ferme, comment l'utiliser. Et on a aussi fait des études en Chaudière-Appalaches avec Terry et un autre producteur pour voir est-ce qu'on peut aider à régler le problème à la ferme aussi ? Alors on a fait ça dans des essais en bande. Terry justement. Quand on vous a approché, pour essayer le Contans c'était quoi votre vos attentes ? Aviez vous des attentes ? Est-ce que c'était quoi votre espoir un petit peu par rapport à ce produit là ? C'est sûr que quand on nous propose un nouveau produit, c'est toujours je demande toujours l'ouverture à l'essayer, on sait jamais. Si si, ça marche bien, c'est une solution de plus dans le coffre à outils pour combattre le problème qu'on a. Fait que c'est sûr que je dis toujours de l'ouverture aux nouveaux produits. En plus, il est moins chimique. Je ne veux pas travailler du chimique. On le fait par nécessité, mais c'est pas nécessairement une personne qui a une grande passion a mélanger de produits chimiques et en appliquer partout. Fait que avoir une possibilité d'un produit qui moins avec un moins grand emprunt écologique. Mais c'est intéressant, puis de battre le problème en aval au lieu d'être en réaction à des conditions climatiques propices à développement de la maladie Ça offre une nouvelle perspective sur la gestion du problème. Mais avez vous espoir que ça fonctionnerait super bien ou je sais pas si vous avez entendu parler un petit peu du produit ou Tanya parlait des agriculteurs avait beaucoup de questions auxquelles on voulait répondre aussi avec cette étude là. Donc est-ce qu'il y avait des questionnements particuliers que vous aviez par avance ? Il y a pas vraiment de questionnements. Je connaissais le produit, j'en avais déjà entendu parler, mais on le voyait pas sur le marché. J'avais un peu dans les nuages, je voulais voir ce que ça pouvait donner, mais j'avais pas d'attentes précises. Ok, puis à ce moment-là donc, qu'est-ce que vous avez pu observer dans le champ que durant ces essais là ? Ben malheureusement, les deux années où on a fait les essais dans mes champs, ça a été des années plutôt sec, donc on a pas vu de réel changement. Il y a pas eu, en fait, il y a pas eu de sclérotino, peu importe où on était dans le champ Le produit, pas pu démontrer sa capacité à contrôler la maladie. Est-ce que vous avez vous des attentes aussi par rapport à ce qu'est-ce qui se passerait dans les champs puis c'est sûr que la météo a joué. Mais vous, c'est quoi vos attentes ? Oui, selon les quelques études qui sont disponibles sur ces produits là, j'avais quand même des attentes assez élevées en sachant que ça s'attaque directement aux sclérotes. Alors, on a. Il y a des bonnes indications qui suggèrent qu'on peut réduire l'inoculum aux champs. Malheureusement, dans les parcelles au CÉROM, on sait, à cause des conditions climatiques, les trois années de l'étude, on n'a pas vu de maladie. Par contre, vu qu'on savait où est-ce qu'on a mis des sclérotes aux champs, on a pu déterrer les sclérotes à chaque mois à différentes profondeurs dans nos parcelles pour évaluer s'il était atteint par le produit. Alors les petits champignon micro parasite qui s'attaque directement aux sclérotes et on a quand même vu des bonnes indications. Et puis ça fonctionne assez rapidement. On voyait des sclérotes atteints après juste un mois au champ, un mois après l'application du produit, surtout en surface, ceux à 10 cm de profondeur été beaucoup moins atteintes par le produit. Ça prenait plus de temps pour que les spores du champignon de Contans atteignent ces sclérotes là. Donc il faut pas être dans une situation où ça fait plusieurs années potentiellement que le champ est affecté. Est-ce que c'est ça que ça veut dire ? On est mieux de garder nos sclérotes à la surface avant d'appliquer le produit. Alors au lieu d'enfouir les sclérotes après la récolte, on est mieux vraiment d'appliquer le produit immédiatement sur les sclérotes pendant qu'ils sont là, à la surface. pour atteindre une plus grande quantité de sclérotes possible, ça va aider à réduire l'inoculum. Ok, donc selon ce que vous avez vu. Si je comprends bien, ça avait quand même eu des effets positifs plus à la surface. Là ça a pas pu est concluant à cause que les conditions météorologiques n'étaient pas propice au développement de la moisissure blanche. Donc est-ce que ça... Est-ce que ça fonctionne ou pas ? Qu'est-ce que la science ou la recherche nous dit ? Vu qu'on a vu que le sclérote était atteinte, oui le produit fonctionne. Je n'ai aucun doute de ça. Quand on dit que ça n'a pas fonctionné, c'est plus qu'on n'avait pas de développement de maladie dans le champ. Alors on n'a pas pu faire une étude de rentabilité, par exemple à la ferme pour dire Ah ok, oui, vous avez sauvé X quantité d'argent avec les applications de Contans, mais alors c'est toujours un petit volet qu'on aime faire pour les producteurs, pour leur démontrer qu'est-ce qu'ils peuvent sauver en niveau d'argent ou est-ce que c'est équivalent ou plus rentable que les fongicides foliaires par exemple ? Alors on n'a pas pu faire cette partie-là, par contre, juste le fait qu'on a vu que les sclérotes étaient atteints jusqu'à 100 % après six mois, c'est quand même bon signe que la produit va fonctionner. C'est juste que ça prend un peu plus de temps. Puis au niveau de combien de plantes seront infectées, bien c'est ça, on a pas eu ces résultats là. Par contre, on a vu que les sclérotes produisaient aussi moins d'apothécies. Alors les petits champignons qui produisent les spores envoyés lorsqu'ils étaient atteints par le Contans et produisaient moins de champignons, alors non seulement on va avoir moins de sclérotes à long terme, on va aussi voir moins de champignons qui peuvent infecter... ben produit des spores qui vont infecter les plantes. Qu'est-ce qu'on fait avec cette information là à ce moment ? C'est-à-dire qu'on ne peut pas dire oui, ça va être rentable pour vous de l'appliquer parce qu'on a, on le sait pas. Donc, y aurais tu d'autres pistes ou des conseils justement basés là-dessus qu'on peut donner aux producteurs ? Oui, bien, c'est ça. Je crois vraiment, selon la science, que le produit fonctionne. Ça va réduire les sclérotes. Est-ce que ça va réduire l'incidence, la sévérité, la maladie dans la même année, ça sert à savoir. On n'a pas pu faire des études à long terme dans plusieurs champs ayant la maladie dans les années des études. Alors ça, ça reste encore un point d'interrogation. On sait que le Contans semble survivre l'hiver, alors ça c'est bon signe aussi. Ça suggère peut-être qu'une application est suffisante pour quelques années, mais encore ça reste à vérifier, à valider combien d'années est-ce que ça va durer. Mais on sait au moins pendant un an, ça reste aux champs, ça continue à s'attaquer aux sclérotes, alors ça pourrait être rentable plus à long terme pour les producteurs. Mais combien d'application est-ce qu'ils doivent faire ? Ça reste encore un point d'interrogation. Mais en entendant ça, quelque chose qui a quand même de l'information comme de quoi ça pourrait être préventif, que il y a quand même que ça fonctionne. Mais je sais que vous l'avez pas vu vous, durant vos essais et que ça pourrait être plus préventif comme je disais. Est-ce que ça pourrait être intéressant de l'utiliser conjointement avec un fongicide ou est-ce que c'est pas compatible ? Si on y va plus dans le pratico pratique pour les producteurs. Mais à première vue, j'aurais tendance à dire que pour le moment, l'approche qui pourrait être intéressante, ce serait de faire une portion de champ plus grande qu'une parcelle de recherche. Un tiers, un demi chambre. Comparer le résultat à à gauche, à droite, mais de jumeler ça avec d'autres méthodes de lutte pour s'assurer du résultat gagnant. Puis, c'est-tu possible de faire ça, de le jumeler avec d'autres ? Oui, bien, pas en même temps, il faut pas appliquer les fongicides en même temps que Contans, parce que ça va tuer nos spores de Contans. Mais effectivement, avoir des strips dans les champs, plusieurs champs qu'on peut suivre à plus large échelle, ça peut être pratique pour les producteurs, afin de vraiment valider la rentabilité à leur ferme. Ok. Tanya, je me demandais si je pense que tu en as parlé un petit peu là, mais juste on va y aller plus en profondeur là-dessus. Pourquoi est-ce que la survie et pourquoi est-ce que la survie hivernale, c'est un important, un élément clé pour vous dans la recherche? Oui, bien, c'est ça. Il y avait souvent le questionnement de sa capacité à survivre l'hiver et on a des hivers qui sont quand même assez froids au Québec. Puis on savait pas si les spores survivront. Le produit y est quand même assez cher pour les producteurs. Question importante à répondre afin de savoir est-ce qu'une application automnale, ça va réduire, vraiment détruire les sclérotes, ou est-ce qu'il fait trop froid ? Puis est-ce qu'il faut qu'on rapplique au printemps selon nos résultats ? Sa survie l'hiver surtout. On a eu deux hivers doux pendant l'étude, ça y faisait juste retour d'un -4 degrés, alors pas super froid en moyenne. Mais ça nous suggère quand même que ça pourrait survivre chez nous et que si c’est une application à l'automne après six mois, il n'y avait pas une grande différence qu'une application printanière. Alors ça, c'est bon signe pour les producteurs qui peuvent vraiment appliquer ça après la récolte soya, lorsqu'ils sont en surface. Pis ça, ça devrait faire son job. Est-ce qu'il y a une évolution pour toi de comment est-ce que... Comment est-ce que tu deal avec un problème comme la moisissure blanche ? Si cette option là est existante, on peut considérer l'utiliser. Si y a un impact économique, effectivement, la porte est ouverte. Mais pour là, on s'est concentré sur d'autres méthodes de lutte. On a utilisé plusieurs outils plutôt que de se concentrer sur un outil pour avoir un éventail plus efficace de perspectives de réussite. Puis tu disais aussi que pour ce qui est des outils, l'utilisation de pesticides, de fongicides, est-ce que tu sais, il y a un questionnement de plus en plus là-dessus. Puis justement, on essaie d'avoir différents outils dans notre arsenal. Depuis que j'ai des enfants, j'aime moins ça, d'utiliser, on va dire ça comme ça, parce que c'est sûr que sont des produits qui sont dangereux pour les humains. Il y a des cotes de risque sur ce produit. Quand on les utilise, on utilise ça au plein champ, on met ça sur les récoltes On retrouve partout donc de travailler en aval pour diminuer la pression, diminuer la population en écartant on aurait un joint sur ces facteurs là, des hybrides plus résistants. Mais c'est sûr que c'est des solutions qui sont plus intéressantes que l'application de fongicides. Mais ultimement, pour l'instant, on utilise des fongicides parce que malgré toutes ces idées, ces appliquer, ces utilisations là, on arrive pas à enrayer le problème. Surtout dans un secteur. Les très grosses eaux à l'automne pendant la période de floraison, c'est critique. Faut surtout en début de floraison parce que le soya ça fleurit de haut en bas. Quand le champignon rentre par la fleur du bas, généralement tu perds le plant. Si ça rentre un peu plus tard, le boule en bas est encore bon. Tu vas sauver une partie des récoltes. C'est là souvent qu'on va appliquer un fongicide tout en floraison pour protéger le plus gros du rendement, puis espérer que la suite se passe bien. Pour toi Tanya Comment est-ce que cette recherche là peut aider les producteurs à situer certaines décisions sans les dicter ? Qu'est-ce que ça devrait leur donner comme piste de réflexion, penses-tu ? Bien, je pense que c'est un autre outil qu'ils peuvent mettre dans leur poche pour combattre la sclérotinia. Alors comme Terry a dit, on peut changer nos écartements de rangs. On peut changer de cultivars pour qui sait utiliser une cultivars plus résistante à long terme. Effectivement, les fongicides il y a toujours l'inquietude de développement de la résistance aux fongicides dans le cas du Contans, on ne devrait pas avoir ce problème là vu que ça s'attaque un agent vivant qui va s'attaquer à le sclérote, alors c'est quand même un outil qui devrait être utilisable à long terme pour les producteurs et c'est ça, ça devrait fonctionner sur plusieurs années. Il nous manque encore des études à long terme sur un 5 à 10 ans, j'espère se rendre là peut-être un jour pour les producteurs, pour vraiment répondre à long terme. Mais à court terme, il semblerait que ça fonctionne bien. C'est un outil ici qui s'attaque vraiment à la source de l’inoculum. C'est ça qui est important. Alors même si ça ne fonctionne pas à 100 % après une année, si on est capable de réduire la quantité de sclérote dans nos champs qui sont encore viables mais que déjà là, on réduit à combien le plant pourrait être affecté par la suite. Terry Drouin, merci. Tanya, merci. Puis je vais vous souhaiter un été sec, chaud, pas trop sec. Balancer. Pas trop de pluie. On aime l'équilibre et la constance. C'est parfait ! Merci beaucoup. Merci à vous deux. Merci.