Grains de savoir
Grains de savoir est un balado du CÉROM, le Centre de recherche sur les grains. Chaque épisode, l'animatrice Annie DeMelt s'entretient avec des chercheurs et des agronomes pour décoder les enjeux en protection des grandes cultures au Québec. Des maladies fongiques aux ravageurs émergents, en passant par les outils d'aide à la décision et les stratégies de lutte intégrée, découvrez la science derrière les pratiques qui façonnent l'agriculture d'ici. Que vous soyez producteur de grains, conseiller agricole ou simplement curieux de comprendre ce qui se passe dans nos champs, ce balado vous offre un accès direct à la recherche appliquée au Québec.
Grains de savoir
Rouilles du blé : un ennemi qui change de visage
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La rouille du blé arrive au Québec chaque année, portée par les vents du sud. Mais quelles races circulent réellement ici, et nos cultivars sont-ils vraiment protégés ? Pendant cinq ans, une équipe du CÉROM a dépisté plus de 200 champs à travers la province pour le découvrir.
Tanya Copley présente un portrait inédit : 35 races de rouille brune identifiées au Québec, une population bien plus diversifiée que dans l'ouest du Canada. Un cultivar coté résistant dans le guide peut ainsi se révéler sensible à une ou deux races présentes au champ, parce qu'une cote de résistance reflète une moyenne, pas la race qui frappera votre champ cette année-là.
On y parle aussi de la génétique de la résistance (un gène tient environ cinq ans avant d'être contourné), des deux feuilles du haut qui nourrissent le grain, et de ce que les changements climatiques pourraient changer au portrait des rouilles. Élisabeth Vachon apporte le regard du terrain : mieux connaître les races et miser sur la stratégie variétale, c'est aussi une façon d'alléger le recours aux fongicides.
En entrevue :
Tanya Copley, chercheuse en phytopathologie, CÉROM
Élisabeth Vachon, coordonnatrice, Agriculture Raisonnée, Les Moulins de Soulanges
Animation : Annie DeMelt
Grains de savoir est le balado du CÉROM, le Centre de recherche sur les grains.
Bonjour, je m'appelle Annie Demelt et bienvenue au Balado du sérum, le centre de recherche sur les grains. Les rouilles du blé arrivent au Québec chaque année portées par les vents du sud, mais jusqu'à récemment, on ne savait pas vraiment quelle race circulait ici ni si nos cultivars étaient réellement protégés contre elle. Une équipe du sérum a passé cinq ans à dépister plus de 200 champs à travers la province et ce qu'on a trouvé, c'est un portrait très différent du reste du Canada avec des implications concrètes pour le choix des cultivars et le dépistage aux champs. Pour en parler, j'ai avec moi Tania Copley qui est chercheure en phytopathologie au sérum et Élisabeth Vachon, agronome et coordonnatrice chez les Moulins-de-Soulanges et à la Milanese. Bienvenue à vous deux. Donc Tania, pour commencer, c'est quoi la rouille du blé et pourquoi est-ce qu'il y a des races différentes? Alors les rouilles sont des maladies fongiques, des champignons qui infectent les parties vertes de la plante du blé. Alors on en a trois qu'on retrouve au Québec, soit la rouille brune qui est la plus commune, la rouille jaune qui est un peu sporadique, on l'observe de temps en temps, selon l'année, et la rouée noire qui est vraiment le plus rare parmi les trois. Et ces maladies-là n'hivernent pas au Québec. Alors les spas arrivent des vents du sud, alors ça veut dire des États-Unis, ça se promène, puis les spas tranquillement montent en nord puis arrivent ici au Québec. Sauf rarement dans le cas de la rouée jaune, si on a un hiver vraiment doux, un bon recouvrement de la neige, ça peut survivre dans les cultures, le blé d'automne spécifiquement, il commençait à propager dans les champs assez tôt en saison. Ça arrive rarement, mais ça peut arriver. Et ces maladies-là dépriment la plante de photosynthèse, alors les nutriments, ce qui affecte les rendements, évidemment, parce qu'il faut de l'énergie pour avoir des bons rendements et une bonne qualité de blé aussi. Et annuellement, ailleurs au monde, ça peut réduire les rendements de 10 à 50 %. Alors la rouille brune, surtout, est quand même une maladie très importante. La rouille jaune tombe juste en bas parce que ça n'aime pas les températures très chaudes. Il faut que ça soit fraîche, en bas de 20 degrés pour la rouille jaune, mais immédiatement en bas de 15 degrés. Alors, c'est rare qu'on a des cultures de blé qui vont favoriser cette condition-là, mais la rouille brune peut tolerer des conditions un peu plus chaudes. Alors, mondialement, c'est parmi les maladies les plus importantes dans le blé. Le projet a commencé parce qu'au Québec, vous vous êtes rendu compte qu'on manquait pas mal de données. Donc, comment est-ce que vous avez décidé de procéder? Oui, en gros, c'est les chercheurs d'Agritude Canada dans l'ouest du Canada, au Manitoba, qui m'ont rapprochée pour savoir si on voulait participer au sondage qu'ils font depuis les années à peu près 1950. Ils recevaient très peu d'échantillons du Québec. Pas parce que la maladie n'est pas présente, mais parce qu'on ne savait pas que ça existait nécessairement et on n'avait pas les moyens d'aller échantillonner des feuilles au champ et de les rendre à Agritude Canada. Alors, je me suis dit « oui, je je peux voir si je peux avoir du financement pour ça. Puis ça aide aussi les sélectionneurs à savoir quel gène de résistance fonctionne encore dans nos cultivars de blé au Québec. Et puis, Élisabeth, avant le projet, vous disiez que, bon, du côté du producteur, on a différents niveaux de préoccupation ou de connaissances par rapport aux différentes rouilles. Est-ce que les conseillers étaient au courant qu'il existait plusieurs différences de races, puis que ça pourrait même contourner les gènes de résistance? Est-ce que c'est des connaissances qu'on avait?
SPEAKER_01Pas vraiment. Bien, si je me fie à la rouille jaune, même la rouille jaune, il y a très peu de conseillers qui se préoccupent de faire traiter ou même de le dépister. Donc, puis les rouilles brunes, on les voit par contre présentes à la fin de la saison ou durant la saison sur la feuille étendard et ça peut affecter le rendement. Mais on n'a juste pas l'habitude de les différents différenciés, donc de savoir ce qu'il y a de différentes races, encore moins. Donc, je pense que ça va être quelque chose de très intéressant de commencer à fouiller cette question-là, parce que ce qu'on veut, c'est augmenter les rendements dans les céréales, puis on n'est pas toujours au courant, on n'a pas porté beaucoup d'attention sur la rouille brune, mais si on en porte plus d'attention, puis qu'on arrive avec des solutions, soit par des variétés qui sont résistantes ou des méthodes de contrôle, bien, je pense que ça va intéresser les gens, surtout si c'est économiquement rentable. C'est toujours ça qu'on valide, en fait. C'est que si les moyens de combattre une maladie ou un insecte, ça vaut la peine économiquement. Puis comme le blé, c'est toujours un peu le parent pauvre des grandes cultures. Moi, ça fait 20 ans que je travaille dans le blé, puis on me dit toujours que c'est la culture qui n'est pas payante. Donc, on ne va pas nécessairement pousser à mettre des produits. Donc, il y a comme une culture, une façon de faire qui fait en sorte qu'on ne va pas nécessairement traiter pour différentes maladies. On va traiter pour la fusariose, mais Mais la rouille brune, ça peut prendre du temps avant de convaincre des gens de traiter pour la rouille brune. Je pense qu'il y a plus d'avenir avec des variétés résistantes, puis essayer de comprendre plus précisément quels gènes qui vont affecter sa
SPEAKER_00survie. OK. Super. Donc, Tania, pour bien comprendre la suite, pouvez-vous nous expliquer un petit peu comment ça fonctionne, ces gènes de résistance-là, puis pourquoi un seul gène, ce n'est pas suffisant? Oui. C'est une bonne question, Annie. En fait, les rouilles, ça fonctionne d'un type de résistance qu'on appelle gène par gène. Alors, c'est un peu comme pour ceux qui connaissent la phytophthora soya dans le soya, c'est la même façon. Alors, en gros, une gène de résistance va pouvoir reconnaître une race spécifique de la rouille, que ce soit la rouille brune, noire ou jaune, et ça va fonctionner uniquement contre cette race. Si on n'a pas ce gène de résistance-là, la rouille peut infecter la plante, sauf que chaque isola de rouille va avoir différentes gènes dedans qui peuvent contourner ou non des gènes de résistance spécifiques. Alors, lorsqu'on utilise juste un gène, systématiquement, dans toutes nos cultivars, par exemple, la recherche a démontré que ça dure à peu près cinq ans, puis après ça, les populations de rouille sont capables de contourner ce gène-là. Alors, les sélectionneurs, ce qu'ils font, c'est que généralement, ils sélectionnent plusieurs gènes de résistance et ils vont faire ce qu'on appelle du périmédage. Ils vont mettre plusieurs ensembles afin de maintenir l'efficacité de ces gènes-là. Il y a environ 60 gènes de résistance qui existent, qui sont connus dans le blé. Par contre, on utilise juste quelques-uns afin de ne pas trop affecter les rendements puis la qualité. Alors, c'est très important pour les sélectionneurs de bien choisir les gènes et faire des rotations du sélectionnement des gènes de résistance dans leur cultivar. OK. Puis, dans le programme que vous avez, l'agriculture raisonnée, Elisabeth, avec les moulins de avec le travail que vous faites avec la Milanais. Si je ne me trompe pas, vous accompagnez à peu près 300 producteurs ou plus, peut-être plus que ça. Quand on parle d'ajouter des gènes de résistance dans un cultiveur, est-ce que c'est quelque chose qui peut venir en conflit avec la qualité du grain que le moulin recherche? Est-ce qu'il y a un
SPEAKER_01conflit? Je ne connais pas assez le développement génétique, mais par contre, nous, ce qu'on fait, c'est qu'on travaille beaucoup avec les sélectionneurs, après 7-8 ans, qui développent une variété, puis eux vont regarder au point de vue agronomique comment ça répond. Et nous, on regarde au point de vue boulanger comment ça répond. Puis après ça, on dit « go, no go ». Bien, c'est bon, c'est pas bon. Puis là, après ça, ils vont continuer à développer la variété en soi. Donc, on est capable d'intervenir à un certain moment du développement variétal afin d'éviter d'attendre, tu sais, ça peut prendre 17 20 ans avant de développer une variété qui peut être commercialisée. Donc, on ne va pas nécessairement attendre qu'elle soit sur le marché pour dire « Ah, bien, by the way, elle n'est vraiment pas résistante à la rouille. » Donc, on essaie de le prendre plus tôt. Puis, on veut toujours, évidemment, garder la qualité boulangère. Donc, je ne vois pas d'interférence. C'est juste certaines étapes où on doit tester pour la boulangerie. Bien, nous autres, c'est vraiment la panification. Donc, tu sais, il y a des blés panifiables, mais il y a des blés à consommation humaine, mais il y en a aussi des blés pour la pâtisserie. Donc, nous, c'est vraiment spécifique pour la panification. On va regarder.
SPEAKER_00Tania, en revenant sur les données un petit peu, donc, en cinq ans d'études, combien de races est-ce que vous avez identifiées? Puis, qu'est-ce que ça nous dit? Quel portrait s'adresse de la situation au Québec? Oui. Alors, qu'est-ce qu'on a observé avec le sondage? C'est qu'on a identifié 35 races différentes. Ce que ça veut dire, c'est que notre population de roues et brunes, ça, c'est dans c'est très diversifié. Quand on regarde dans l'ouest du Canada, on voit moins de races comparé à ce qu'on a observé ici dans le Québec et même en Ontario. Et ça peut s'expliquer de différentes façons. Alors, un, c'est que les rouilles, les sports arrivent par les vents du sud, ils montent du Mexique, les États-Unis, puis ils arrivent au Canada par la suite, puis les vents prédominantes vont dans l'ouest du Canada. Alors, la majorité des sports qui proviennent des États-Unis vont dans l'ouest du Canada. Et ils ont sélectionné leur variété de blé qui fonctionne dans l'ouest. Tandis que dans l'est, où on a des conditions un peu plus humides comparées dans l'ouest, nos variétés de blé sont très différentes. Puis les vents qui les portent traversent dans l'est des États-Unis, où ils ont aussi des variétés différentes. Alors, la sélection des populations est basée sur les gènes qui sont présentes dans tous nos cultivars. Et vu que les cultivars sont différents, on peut observer différentes races. Et le blé est quand même une culture assez récente. au Québec. Alors, les sélectionneurs, vu que ça arrive du sud et que ça n'hiverne pas ici, les races de rouille, on a sélectionné les variétés de blis qui fonctionnaient, tandis que dans l'ouest, c'était toujours un problème. Alors, les gènes de résistance, ils ont travaillé beaucoup là-dessus, mais dans l'est du Canada, un peu moins. Alors, on connaît moins les gènes qui sont présentes et on pense qu'il y a une plus grande diversification des gènes de résistance dans nos blis, ce qui fait en sorte qu'on peut avoir différentes races comparées à l'ouest ou C'était un problème récurrent pendant des années et des années. Les sélectionneurs ont bien choisi différents gènes et ont fait plus de primes d'âge des gènes de résistance aussi. Tania, vous avez testé 39 cultivars commerciaux contre les races de roébrune du Québec. Est-ce que les résultats correspondaient toujours aux codes de résistance qui étaient publiés dans le guide du RGCQ? Oui, puis non, c'est une bonne question. Alors, le guide RGCQ, c'est vraiment une base de résistance globale au Québec, où on peut observer, on sème les essais dans différentes régions, et les cotes de résistance dépendent vraiment des races qui sont présentes dans l'année en cours des notations. Alors, c'est vraiment une cote de résistance globale, c'est-à-dire que ces résistances sont probablement assez résistantes pour bien survivre dans le champ. Par contre, quand on les a testées contre les 35 races de rouille, parfois on voyait que c'était susceptible peut-être à une ou deux races. Alors, il faut juste être conscient que parfois, les codes de résistance vont varier parce qu'on ne sait pas quelle race va être présente au Québec. Il faut aussi noter que nos codes dans le guide RGCQ changent au fil des années aussi. Alors, vu qu'on dit qu'une gêne de résistance dure à peu près cinq ans dans un même champ avec la même race, ça veut dire que ça peut durer plus longtemps dans nos champs agricoles. Par contre, après un certain temps, ça se peut que le gêne soit contourné. Alors, nous, on prend des codes tant que les variétés sont dans les assailles, puis les codes dans le guide RGCQ seront ajustés en fonction de nos observations. Alors, ça se peut qu'une variété résistante devienne susceptible avec le temps. OK. Puis, Élisabeth, dans justement toutes ces observations-là, dans ce qui a été vu, est-ce qu'il y a quelque chose qui vous surprend ou qui vous a plus intéressé, puis comment est-ce que ça va modifier un petit peu comment vous accompagnez, là, les agriculteurs?
SPEAKER_01Bien, en fait, on met de l'attention sur un problème qui, probablement, occasionnent des baisses de rendement. Donc, de travailler, on se met à observer davantage la problématique. Donc, je pense que je vais porter plus attention maintenant aux différentes rouilles. Je vais peut-être envoyer plus d'échantillons à Tania pour qu'elle valide. Je vais porter plus attention à cette problématique-là pour voir dans quel cas, puis quelle variété aussi. C'est vraiment de voir les variétés qui sont plus résistantes. Donc, si je vais dans une région, parce que moi, je me je vais à travers le Québec, autant en Abitibi-Témiscamingue, où est-ce que des fois, on a plus de rouille jaune. C'est de là que va partir la rouille jaune. Mais on a aussi des régions comme en zone périphérique, par exemple. Ça, c'est, mettons, Abitibi-Témiscamingue, Lac-Saint-Jean, Bas-Saint-Laurent, où il y a beaucoup de petites céréales, dans le fait, qui sont dans les rotations. On a beaucoup moins de maïs et de soya. Donc là, je pourrais peut-être observer, juste quand on a trois années de suite des graminées, souvent j'observe plus de maladies du feuillage, donc je vais pouvoir distinguer peut-être différents types de rouille. Donc ça permet juste de porter plus attention à une problématique que je ne croyais pas si dommageable, mais peut-être que je vais apprendre beaucoup en connaissant plus les différentes souches de rouille.
SPEAKER_00Puis aux producteurs qui nous écoutent aujourd'hui, est-ce qu'est-ce qu'ils devraient surveiller dans leur champ? Pour ceux qui n'ont pas la chance de vous avoir comme conseillère, qu'est-ce que vous leur dites de surveiller?
SPEAKER_01Bien, moi, j'ai toujours plus axé sur la rouille jaune. Donc, il y a vraiment une différence entre la rouille jaune et la rouille brune. Donc, la rouille jaune, c'est vraiment des strips. Dans le fond, c'est aligné de couleur jaune, puis ça tâche les vêtements quand on marche le champ. Donc, ça, il faut traiter tout de suite. C'est comme, il ne faut pas attendre... vraiment agir immédiatement parce que ça peut envahir un champ. En deux, trois jours, le champ est complètement infesté. Puis ça va se développer plus quand la température est autour de 20 degrés, donc des températures fraîches, contrairement à la fusariose qui se développe quand c'est humide et chaud. Puis après ça, je dirais peut-être d'observer la rouille brune s'il remarque des plants qui sont complètement infestés de m'en faire part, puis peut-être voir au niveau des cultivars s'il y en a qui sont plus sensibles que d'autres.
SPEAKER_00Il y a-t-il autre chose à surveiller, selon vous, Titania, juste pour complémenter? Effectivement, c'est de surveiller les deux feuilles du haut lorsqu'on pense avoir un problème de la rouille ou si on l'observe dans les feuilles du bas, par exemple, on dit surveiller une à deux fois par semaine. C'est vraiment les deux feuilles du haut qu'on veut protéger dans la culture parce que c'est ces deux feuilles-là qui nourrissent le grain. Ça compte à peu près 60 % de l'énergie pour le remplissage du grain. Alors, si ces feuilles-là sont déprimées de nutriments à cause des rouilles, que ce soit la rouille jaune ou la rouille brune. C'est à ce moment-là qu'il faut peut-être décider si on doit intervenir ou non, surtout si on est en début du remplissage ou même avant la floraison. Ça, c'est vraiment important de conserver l'énergie pour remplir les feuilles. Alors, c'est d'aller dépister les champs, aller voir ce qui se passe dans les champs. On se promène dans le champ, 10 stations aléatoires à travers le champ. Si on observe la rouille, commencer à dépister plus fréquemment pour s'assurer que ces deux feuilles-là soient protégées. OK. Puis, vous voulez aller un petit peu plus loin aussi avec le sérum. Vous êtes en train de travailler à établir une capacité de test au sérum. Pourquoi c'est important de faire ça, selon vous, comme on progresse? Oui, effectivement, on a un essai en cours. Ça a commencé en 2025. C'est pour regarder l'effet de la multirésistance ou différents gènes de résistance contre différentes maladies sur la qualité du blé, puis le besoin d'appliquer des fongicides ou non. Alors, l'objectif, c'est vraiment de démontrer qu'on peut avoir plusieurs gènes de résistance contre différentes maladies et que ça va protéger la plante, limiter les applications de fongicides, mais garder les rendements et la qualité pour les producteurs aussi. Puis c'était intéressant en 2025, en fait, parce qu'on a eu une éclosion de rouille brune dans nos parcelles. Et ce qu'on a remarqué, c'était que certains cultivars qui avaient la multirésistance comme majeure, en fait, n'essayaient pas d'application de fongicides. Tandis que d'autres cultivars qui étaient considérés susceptibles pour la rouille, on a eu des pertes de rendement de 50 % Alors, c'est quand même important d'aller dépister et d'utiliser un bon cultivar, surtout avec les changements climatiques. Ça va être de garder un oeil ouvert pour les cultivars qui sont résistants à plusieurs maladies, qui gardent leur rendement, n'essayent pas de fongicides et gardent leur qualité aussi pour le blé panifiable. Puis, est-ce que vous pensez qu'avec les changements climatiques aussi, est-ce que le portrait des rouilles au Québec va changer comme pour d'autres maladies? Oui, effectivement. Alors, les rouilles, comme en Syrie, n'hivernent pas au Québec pour le moment. La Rouée jaune, de temps en temps, lorsqu'on a un bon recouvrement de neige tôt en saison, qui ne fond pas, ça tolère des températures jusqu'à moins 5 pour la Rouée jaune, moins 5 à 10 degrés pour la Rouée brune. Alors, avec les changements climatiques, ce qu'on observe, c'est que ces deux maladies-là hivernent de plus en plus au nord des États-Unis. Alors, ça veut dire que les sports risquent d'arriver au Québec et au Canada plus tôt en saison. Admettons que la culture, elle risque plus tôt en saison, comme je vous ai mentionné On veut protéger les feuilles du haut. Alors, si ça arrive trop en saison, ça se peut bien que ça monte plus vite dans le champ ou que une plus grande superficie du champ soit atteinte aussi. Alors, c'est sûr que les changements climatiques vont avoir un impact là-dessus, puis ça va être à surveiller dans les prochaines années. OK. Donc, on se laisse avec l'idée que... Qu'est-ce que vous aimeriez, là, que les... On a parlé de ce que les agriculteurs, les producteurs devraient aller voir dans le champ, tu sais, surveiller, que ça soit sur leur radar, finalement, là. Qu'est-ce que vous aimeriez qu'ils retentissent de cet épisode-là, de cette discussion-là? Je peux commencer avec
SPEAKER_01vous, Elisabeth. Bien, moi, ce que j'aimerais qu'ils retiennent, c'est que c'est vraiment important de protéger la feuille étendarde. La feuille étendarde, comme Tania disait, c'est la dernière feuille qui est perpendiculaire au soleil. Tu sais, le soleil frappe vraiment, puis il peut donner beaucoup plus de rendement au blé, puis on se plaint toujours que le blé donne pas assez de rendement, etc. Donc, peut-être de porter attention que c'est peut-être un problème, justement, de feuilles qui n'est pas saine et de l'observer vraiment, d'aller le dépister puis essayer de voir. Puis j'aimerais juste qu'ils reconnaissent c'est quoi la rouille. Parce qu'on me le demande souvent, c'est quoi ça? Il y a la septoriose, il y a la rouille, il peut y avoir le mildiou aussi, la pourriture blanche. Donc il y a plein de maladies du feuillage qu'on ne distingue pas beaucoup. Les producteurs connaissent beaucoup la fusariose, mais toutes les autres maladies, c'est un peu un mystère. Quand moi je parle de rouille jaune, je ne peux C'est très, très rare. Fait que juste de les connaître, ce serait déjà un bon
SPEAKER_00point. OK. C'est quoi le défi actuellement pour les producteurs avec qui vous travaillez? Est-ce qu'on s'en va trop loin de l'objectif? Mais j'ai trouvé ça, comme personne qui n'est pas dans le milieu, j'ai trouvé ça intéressant.
SPEAKER_01Oui, bien, en fait, ce qu'on veut, c'est intéresser les agriculteurs au blé de consommation humaine. Au Québec, il y a Il nous manque à peu près 70 000 tonnes de blé pour combler les besoins des usines de transformation comme nous, Moulin-Toulange ou La Milanese. Donc, on aimerait être capable de s'approvisionner le plus possible au Québec. On travaille très fort depuis 20 ans déjà. Puis, il commence à y avoir un engouement. Il y a d'autres moulins aussi qui rentrent en fonction. Donc, on manque de blé au Québec, en fait, consommation humaine. Mais pour intéresser les producteurs, il faut que le rendement soit là. Donc, c'est sûr que pour eux, c'est économique. Il faut qu'ils survivent. Il faut que le blé soit plus intéressant ou au moins aussi intéressant que le soya puis le maïs. Et ça passe par une augmentation de rendement parce qu'on ne peut pas augmenter le prix à l'infini qu'on paye aux agriculteurs parce qu'on est dans un marché compétitif, très compétitif. Donc, il faut tout C'est toujours arrivé avec des prix qui ont du bon sens. Puis ce qu'il faut savoir, c'est que nous, on donne déjà des primes aux agriculteurs qui n'utilisent pas de pesticides. Donc, on paye plus cher le blé. Donc, la farine est plus chère aussi, mais est de meilleure qualité aussi. On mise vraiment là-dessus parce qu'on a vraiment un encadrement. Puis ce n'est pas du lavage de cerveau vert, en anglais « greenwashing », dans le sens qu'on fait vraiment des efforts puis on débourse vraiment de… des moyens financiers pour arriver à des fins agro-environnementales. Donc, c'est vraiment de garder ces bonnes intentions-là, mais en gardant le rendement. Donc, pour nous, tout ce qui est solutions avec la régie, compréhension des maladies, pour ne pas arriver juste avec des solutions chimiques, mais des solutions de régie, de travail de sol, des fois, parfois, il y a des maladies qui restent en surface, il faut mieux les enfouir. Il y en a qui sont enfouis, il faut les ramener. En tout cas, c'est vraiment de la régie. Donc, c'est vraiment important. On travaille beaucoup avec le sérum pour tout ce qui est régie, contrôle des maladies, développement variétal. Ça passe par la recherche. C'est vraiment important la recherche de continuer à investir pour arriver à un beau produit comme du blé panifiable puis intéresser les producteurs. Donc, le jour, puis on le voit, en Montérégie, les producteurs font beaucoup de blé d'automne, donc qui sèment à l'automne au lieu de semer au printemps, puis ils arrivent avec des rendements vraiment très intéressants, puis on voit de plus en plus des producteurs remplacer leur maïs par du blé d'automne. Donc, puis ça, bien, c'est parce qu'on a eu de la recherche, on a trouvé des cultivars. Quand moi, j'ai commencé il y a 20 ans, il y avait une variété seulement qui était disponible pour la panification, puis aujourd'hui, on a à peu près 10 variétés, donc ça s'est pas fait toute seule, donc... Dans notre programme, les agriculteurs doivent semer de la semence qui est certifiée. Puis oui, c'est plus cher que si on utilise notre propre semence, mais le coût qu'on paye en surplus, c'est pour payer la recherche qui vient avec. Donc, on n'est pas passé d'une variété à dix variétés nous-mêmes comme utilisateurs. C'est vraiment la recherche qui nous l'a fourni. Ça fait que c'est très important
SPEAKER_00de soutenir la recherche. Merci Elisabeth Vachon, merci beaucoup pour avoir été avec nous aujourd'hui.
UNKNOWNMerci Annie. Merci.