Grains de savoir
Grains de savoir est un balado du CÉROM, le Centre de recherche sur les grains. Chaque épisode, l'animatrice Annie DeMelt s'entretient avec des chercheurs et des agronomes pour décoder les enjeux en protection des grandes cultures au Québec. Des maladies fongiques aux ravageurs émergents, en passant par les outils d'aide à la décision et les stratégies de lutte intégrée, découvrez la science derrière les pratiques qui façonnent l'agriculture d'ici. Que vous soyez producteur de grains, conseiller agricole ou simplement curieux de comprendre ce qui se passe dans nos champs, ce balado vous offre un accès direct à la recherche appliquée au Québec.
Grains de savoir
Chrysomèle du haricot : les connaissances qui font la différence
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Quand la chrysomèle du haricot a commencé à apparaître en nombre dans les champs de soya du Québec, vers 2018, personne ici ne savait vraiment quoi en faire. Les seuils venaient de l'Ontario et des États-Unis, où l'insecte transmet un virus qui en fait un ravageur redoutable. La question de départ était donc simple : est-ce que ce qui s'applique ailleurs s'applique ici ?
La réponse est non, et c'est une bonne nouvelle. Sur une trentaine de champs échantillonnés dans les foyers connus, le virus n'a jamais été détecté. Sébastien Boquel explique aussi pourquoi le soya encaisse la défoliation beaucoup mieux qu'on pourrait le croire, et pourquoi deux traitements foliaires suivis en conditions réelles n'ont donné aucun gain, ni en rendement ni en qualité. Ce qui compte vraiment, c'est le dommage aux gousses. Le seuil validé pour le Québec se situe autour de 13 à 14 % de gousses endommagées.
Geneviève Roy ramène tout ça au champ et au carnet de commandes. Selon que le grain s'en va à l'alimentation animale, à la consommation humaine ou à la semence, la même tache n'a pas du tout le même prix. Un grain sain germe à près de 100 %. Un grain taché tombe autour de 40 %.
Un épisode sur ce que vaut le fait de bien connaître son ravageur avant de sortir le pulvérisateur.
En entrevue :
Sébastien Boquel, chercheur en entomologie, CÉROM
Geneviève Roy, cheffe d'équipe grandes cultures, Groupe PleineTerre
Animation : Annie DeMelt
Grains de savoir est le balado du CÉROM, le Centre de recherche sur les grains.
Sous-titrage ST' 501
SPEAKER_01Bonjour, je m'appelle Annie Demelt et bienvenue à cet épisode du Balado du sérum, le centre de recherche sur les grains. La crise de mel du haricot grignote les gousses de soya et cause des dommages en Ontario et aux États-Unis depuis déjà plusieurs années. Au Québec, c'était plutôt rare jusqu'à récemment, mais depuis 2018, les changements climatiques lui ouvrent la porte. Les producteurs québécois se retrouvent face à un insecte qu'ils connaissent mal, avec des seuils d'intervention qui viennent d'ailleurs. Alors, quand on voit des dommages dans un champ, le réflexe souvent s'est très mais est-ce que c'est toujours justifié? C'est ce qu'une équipe de recherche québécoise a voulu savoir. J'ai le plaisir d'accueillir deux invités, Geneviève Roy, du groupe Pleine Terre, agronome avec le groupe Pleine Terre, et aussi Sébastien Bockel, qui est chercheur avec le Sérum.
SPEAKER_02Bienvenue à vous deux.
SPEAKER_01Bienvenue. Merci. Alors, juste pour mettre la table un petit peu, Geneviève, quand vous avez vu les chrysomèles du haricot pour la première fois en quantité significative au Québec, ça a été quoi votre réaction et celle des producteurs à
SPEAKER_00l'époque. C'était surprenant d'en voir autant. Avant 2018, on en voyait, mais c'était... sporadique. Une ici et là, on la voyait, on la trouvait jolie. C'est quand même un bel insecte. Puis on passait notre chemin. Mais en 2016-2018, il y en a eu tellement. Les populations se sont mises à grimper, à grimper. Puis, bien là, on a été pris de court parce qu'on ne connaissait pas l'insecte, en fait, les dommages qu'elle pouvait potentiellement faire avec ces populations-là. Moi, je me souviens d'être dans le champ avec mon téléphone intelligent à À chercher, OK, qu'est-ce qui se fait en Ontario? Qu'est-ce qui se fait aux États-Unis? Puis à essayer de me faire une tête. Qu'est-ce qu'on fait ici? On a été obligés d'apprendre à en accélérer, disons. Ça devait être paniqué un petit peu. À quel point c'était inquiétant pour les producteurs? Inquiétant pour l'agronome qui ne sait pas trop c'est quoi, quand est-ce qu'il faut intervenir. Inquiétant pour le producteur aussi parce que ça fait beaucoup d'insectes. Ça fait des trous sur les feuilles. Puis on s'inquiétait pour le rendement. On s'inquiétait. On voulait savoir s'il fallait... C'était l'inconnu. C'était l'inconnu. On voulait savoir s'il fallait agir ou pas. Dans le fond, on ne savait pas trop.
SPEAKER_01Pourquoi ce n'était pas une préoccupation avant? Parce que ça existe aux États-Unis. Là, ce n'était pas nouveau. On savait que c'était problématique ailleurs. Donc, pourquoi
SPEAKER_00pas au Québec? Bien, les changements climatiques, on les vit dans les champs actuellement. Il fait de plus en plus chaud. Les étés secs, chauds. Ça, c'est des conditions idéales pour la reproduction de la chrysomèle. Donc, au début, avant 2018, peut-être qu'elle était là, mais elle n'arrivait pas à se reproduire suffisamment pour pouvoir faire des populations assez importantes pour faire des dommages puis nous inquiéter. Mais là, on s'attend à ce que ça soit une réalité de plus en plus. Le Québec va ressembler peut-être plus au climat de l'Ontario, aux États-Unis, donc il faut être vigilant
SPEAKER_01comme ça. Alors, Sébastien, Geneviève parlait de cette situation-là. C'est inquiétant. Tout le monde, on ne sait pas exactement à quoi on va faire face. On est pris de court un petit peu. Comment est-ce qu'on peut aborder ce projet-là? En fait, vous avez pu aborder ce projet de recherche-là sur un insecte qui n'était pas encore vraiment un problème majeur au Québec. Quand on est confronté à ça, on fait
SPEAKER_02quoi? C'est ça. En fait, je fais aussi partie du réseau d'avertissement phytosanitaire. Puis, on avait commencé à l'avoir. En tout cas, on nous l'a rapporté depuis 2018, comme disait Geneviève. 2019, on a initié les premiers... suivi dans les champs. Puis là, on a vu qu'on avait des populations. Puis quand on compare ça à ce qui se passait en Ontario ou aux États-Unis, on voyait qu'on était proche des seuils qui sont utilisés aux États-Unis ou en Ontario. On s'est dit, on va essayer de faire un projet de recherche puis voir c'est quoi l'état de situation au Québec. Donc là, on a eu deux projets de recherche. Le premier a commencé en 2020. C'était vraiment des méthodes de dépistage. Mais c'est vraiment bien de pouvoir avoir accès à du financement avant que ça devienne un problème parce qu'on peut outiller les producteurs, les agronomes sur comment comment la dépister ou comment la gérer tout simplement, faire une gestion intégrée de ce ravageur. Ça, c'était vraiment plaisant de voir du
SPEAKER_01financement. Pour justement ne pas être trop court. Oui, c'est ça. Alors, on sait que dans certains... On en parle un petit peu dans certaines régions des États-Unis, c'est géré de façon agressive. Donc, parlons de gestion un petit peu dans le contexte américain. Donc, pourquoi l'approche américaine est différente de ce qu'on pourrait recommander pour le Québec?
SPEAKER_02C'est ça. En fait... aux Etats-Unis, un peu plus au sud des Etats-Unis. Il fait beaucoup plus chaud. On n'a pas une seule ou deux générations, on en a trois des générations de chrysomèles qui succèdent au cours de la saison. Donc c'est sûr qu'elle va apparaître plus tôt en saison, on va commencer à faire des dommages, ça va se multiplier. Donc là, la deuxième génération va arriver plus tard, puis les dommages aux gousses vont être plus importants que ce qu'on peut trouver ici au Québec. Donc ça, ça se gère d'une manière différente. Les producteurs utilisent du traitement de semences pour limiter les populations en début de saison. Il y a des traitements foliaires aussi qui sont faits plus tard en saison. Puis surtout, la différence majeure, c'est qu'ils ont un virus qui est transmis par la chrysomèle. C'est ça qui est vraiment problématique. Donc, il faut vraiment gérer les chrysomèles le plus tôt possible pour éviter d'avoir trop de transmission puis se retrouver avec vraiment des dommages. Tu sais, le virus, si c'est en co-infection avec d'autres virus, par exemple, ça peut aller jusqu'à 90 % de la récolte qui peut déclasser.
SPEAKER_01C'est
SPEAKER_02vraiment important.
SPEAKER_01Et le virus, est-ce qu'on l'a détecté au Québec récemment?
SPEAKER_02Non, mais c'est ça. C'était un des objectifs, en fait, du premier pour projet de recherche dans lequel on échantillonnait une dizaine de champs partout dans les foyers où on sait que la chrysomèle était présente. Donc, 30 champs au total. Puis sur les 30 champs, on n'a jamais trouvé le virus. Donc, ça, c'est vraiment une bonne chose parce qu'on ne va pas gérer la chrysomèle de la même manière qu'on gère la chrysomèle aux États-Unis parce qu'on n'a pas ce
SPEAKER_01virus. OK. Geneviève, vous êtes sur le terrain, vous êtes conseillère sur le terrain, évidemment. Est-ce que c'est difficile de communiquer cette distinction-là en ce qui se passe du côté américain avec ce qui se passe de notre côté?
SPEAKER_00Les producteurs nous font confiance. On est leurs yeux, puis on va chercher l'information. Sachant qu'on a fait des... des essais avec le sérum qui nous ont validé justement qu'il n'y avait pas de virus, on est capable de les rassurer. On est capable de se rassurer aussi. Sachant aussi que c'est un insecte qui, oui, au printemps, on va le voir, mais... il n'y aura pas nécessairement tant d'impact au printemps. Ça va être plutôt les pics de population qu'on va voir un peu plus tard à l'été, au début août, qu'il va falloir surveiller puis être vigilant. Mais sachant qu'il n'y a pas de virus, on concentre nos efforts ailleurs sur est-ce que ça a une incidence sur le rendement, est-ce que ça a une incidence sur la qualité du grain. Tout ça, on l'a appris avec le projet de
SPEAKER_01recherche. Qu'est-ce qu'elle fait à ce grain-là à l'intérieur
UNKNOWN?
SPEAKER_02Donc, pour rebondir sur ce que disait Geneviève, c'est sûr qu'on en a appris beaucoup avec le premier projet de recherche. Nous, on faisait des dépistages trois fois en début de saison, trois fois en fin de saison, voire des fois quatre fois. Puis en fait, on s'est vraiment rendu compte que la chrysomèle est très peu présente en début de saison. C'est vraiment pas une problématique. On est dix fois en dessous des seuils recommandés ailleurs. Donc, c'est vraiment pas problématique en début de saison. Plus tard en saison, on a vu que là, fin juillet, début août, les chrysomèles vont commencer à sortir de terre. La première génération en fait. Puis elles, quand elles sortent, ce qu'elles vont faire, c'est qu'elles vont grignoter le feuillage. Donc là, on va avoir vraiment des petits trous sur le feuillage qui va se développer. Puis les chrysomèles aussi aiment bien manger la surface des gousses. Donc elles vont grignoter vraiment la surface. Elles vont laisser la membrane blanche qu'il y a juste au-dessus du grain. Mais par contre, ça, ça crée des portes d'entrée pour des maladies. Puis ça peut aussi favoriser l'humidité, etc. Et donc, la qualité du grain va diminuer avec ces dommages.
SPEAKER_01Donc, On va en parler dans un moment, mais Geneviève, est-ce que ça semble assez facile peut-être à détecter sur le terrain? Est-ce que c'est le cas pour ce que vous voyez? Qu'est-ce que vous dites aux producteurs?
SPEAKER_00Oui, c'est assez facile à dépister sur le terrain. Au printemps, quand l'insecte émerge, on va compter le nombre de chrysomèles par mètre linéaire. C'est facile, on sort le galon à mesurer, on compte. Mais c'est juste un indice pour savoir si on doit être vigilant pour plus tard dans la saison. Parce que le pic des populations, c'est vraiment après que la chrysomère va s'être reproduite. Les adultes vont sortir du sol, puis celles-là vont être plus importantes, vont causer plus de dommages. Donc là, on sort un filet fauchoir, on se promène 10 km. Comme un filet à papillons, ça a l'air très bucolique dans le champ. Puis on regarde combien d'insectes on va avoir attrapés par coup de filet fauchoir. On regarde ensuite le stade du soya. et les dommages sur les gousses. Avec ces trois informations-là, on est capable de voir où est-ce qu'on se situe dans le seuil, puis est-ce qu'on doit intervenir ou pas, où est-ce qu'on doit traiter
SPEAKER_01ou pas. Oui, puis parlant d'intervention, Sébastien, vous avez testé certains traitements insecticides dans les champs commerciaux. Qu'est-ce que vous avez pu observer par rapport au
SPEAKER_02rendement? Non, c'est une excellente question. En fait, si jamais, pour le moment, on a voulu valider les seuils, on a utilisé des seuils, mais on a utilisé ces seuils pour certains champs avec Geneviève, qui dépassaient les seuils qu'on pensait étaient ceux qu'on devait utiliser. Donc là, on a eu, sur la totalité des trois ans du projet, on a eu deux traitements foliaires qui ont été faits, un en 2023, l'autre en 2022, 2024, en tout cas. On a eu deux sites, puis oui, effectivement, d'intervenir, on va baisser les populations, ça c'est un insecticide pour réguler des populations, ça il y a votre problème. Vu qu'on a moins d'insectes, on va avoir moins de défoliation, moins de dommage aux gousses. Par contre, ce qu'on a vu, c'est qu'on n'avait pas forcément un gain en termes de qualité de grains ou encore de rendement en fin de saison. Donc là, on se pose la question, c'est-tu réellement rentable d'intervenir si on n'a pas un gain potentiel en fin de saison
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ça, c'était une année où on avait vraiment beaucoup, beaucoup de chrysomèles. Il y avait eu des traitements hâtifs, tardifs. On voit que traiter hâtivement, c'est plus efficace que traiter trop tardivement. Donc, si des fois, on est trop loin dans la saison, il vaut mieux ne pas traiter que de traiter parce que ça ne va pas être rentable. Et Et la deuxième année, en fait, c'était un traitement qui avait été fait, mais les populations étaient quand même relativement faibles. On était à la limite des seuils, puis on a vu qu'il n'y avait aucun bénéfice, en fait, à
SPEAKER_01intervenir. OK. Puis souvent, c'est trop tard avant de le savoir. C'est toujours une question de timing. Alors, c'est ça. Comment est-ce qu'on peut expliquer que le plant de soya puisse absorber un niveau de dommage comme vous avez pu voir? C'est assez significatif,
SPEAKER_02c'est ça? Mais le soya, en fait, est très résilient. à la défoliation. Donc, il est capable d'en absorber, d'en absorber. L'important avec la chrysomèle, c'est vraiment les dommages aux gousses qu'on va avoir. On pourra avoir plein, plein, plein de chrysomèles qui vont défolier le soya. Ce n'est pas très grave. L'important, c'est vraiment de suivre les dommages aux gousses. Puis pour faire, comme disait Geneviève, on va dépister au filet fauchoir, on va dépister les dommages aux gousses, puis on va regarder le stade du soya. Parce que quand les gousses de soya commencent à jaunir, la chrysomèle, elle arrête de manger, elle n'aime plus Puis elle va s'en aller. Donc, tu sais, il y a vraiment une fenêtre pour intervenir. Puis c'est
SPEAKER_01ça. OK. Puis est-ce que si le rendement n'est pas affecté nécessairement, est-ce que ça veut dire qu'il n'y a pas de problème?
SPEAKER_02Non. Pourquoi? Non, effectivement. C'est parce qu'en fait, il y a différents producteurs de soya. Geneviève pourra probablement mieux l'expliquer que moi. Mais on a différents producteurs de soya. Puis en fonction de la destination du grain, bien là, on ne va pas tolérer les mêmes... les mêmes pertes de qualité
SPEAKER_01du grain. OK. Alors, là-dessus, je vais vous relancer, Geneviève. Pourquoi, je veux dire, dans votre travail avec les producteurs, la qualité du grain, c'est quelque chose qu'ils vont surveiller. Ça diffère
SPEAKER_00d'une industrie à l'autre. Ça dépend du marché. Comme l'a dit Sébastien, il y a trois grands types de marché pour le grain du soya. L'alimentation animale, l'alimentation humaine, la semence. Donc, un producteur qui va produire pour l'alimentation animale, les animaux, quand ils mangent le soya, qu'il y ait des taches ou pas, ça va tout être mélangé dans sa moulée. Il ne lèvera pas le nez sur un petit grain taché. Par contre, l'humain est plus sensible à l'aspect esthétique. Donc, pour le marché de l'alimentation humaine, ça peut faire une différence, un taux de grains tachés plus élevé. Puis, si il y a un taux de germination qui est affecté, mais là, ça peut avoir une incidence sur le marché de la semence. parce que le taux de germination est important pour un producteur de semences. Donc, selon le marché, on va peut-être être plus ou moins tolérant aux dommages
SPEAKER_01aux gousses. OK. Sébastien, vous avez étudié aussi le taux de germination, c'est
SPEAKER_02ça? Oui, c'est ça. En fait, comme disait Geneviève, c'est important. Un producteur de semences, par exemple, lui, ce qu'il veut, c'est multiplier la semence, puis il veut avoir des bons taux de germination. La chrysomèle, on a vu qu'elle grignote la surface des gousses. Ça, ça conduit à des grains attachés. Puis nous, ce qu'on a fait, c'est qu'on a mis en culture, en fait, ces grains sains ou des grains tachés. En fait, on avait des grains sains de gousses saines, grains sains de gousses endommagées, puis des grains tachés. Puis on a vu que les grains sains, en fait, avaient quasi 99 ou 100 % de germination. Les grains tachés, par exemple, on tombe à 40 %. C'est là où ça devient important pour un producteur de semences de limiter ces grains tachés pour justement essayer d'avoir un pourcentage plus élevé de germination. L'autre chose aussi qu'on a regardé, c'est sur ces grains sains ou ces grains tachés s'ils étaient porteurs de maladies. Puis en fait, ce qu'on voit, c'est que les grains tachés sont porteurs de plus de maladies que des grains sains de gousses saines ou des grains sains de gousses endommagées. Donc, la chrysomèle, c'est des dommages indirects. Elle, elle grignote, elle grignote. Par contre, c'est les portes d'entrée qui vont faire augmenter le pourcentage de grains tachés puis indirectement faire diminuer la germination. Donc, c'est pas mal ça
SPEAKER_00qu'on a. Tu as raison. Pour la semence, c'est super important aussi d'avoir un un grain qui n'entraîne pas de maladie lors du semis si le producteur sème des grains sains, c'est une plus-value pour la culture.
SPEAKER_01Maintenant, Sébastien, juste à la lumière de vos résultats, si on revient un petit peu sur votre recherche qui portait sur les seuils que le Québec a maintenant qu'on n'avait pas avant, justement pour aider peut-être à diriger un petit peu ces producteurs-là qui ont différents seuils de tolérance, mais pour les seuils de chrysomel, qu'est-ce que vous pourriez dire commandé comme intervention au Québec? Et comment c'est différent de ce qui se passe en Ontario, disons, ou aux États-Unis?
SPEAKER_02C'est ça. En fait, quand on a commencé, on s'est dit, bon, il faut vraiment qu'on valide un seuil. On n'a pas recommencé tout à zéro. On est parti sur ce qu'on connaissait soit en Ontario, soit aux États-Unis. L'Ontario, eux, ils partent juste avec un seuil de 10 % de gousses endommagées. Au-delà de ça, il faut intervenir. Bon, ça, c'était un des premiers seuils. Par contre, en fouillant un petit peu dans la littérature, on a vu qu'il y avait des seuils qui étaient un petit peu mieux défini je dirais ou en tout cas un petit peu plus complexe mais beaucoup plus pas réactif mais tu sais ça va dépendre en fait de ton nombre de chrysomèles puis ça va dépendre du pourcentage de gousses endommagées donc là quand on fait le croisement des deux dans un tableau on est capable de savoir non non là j'ai pas de problème je reviens 7 jours plus tard pour suivre comment évoluent les dommages ou au contraire attention ton pourcentage de gousses endommagées commence à être élevé puis t'as beaucoup de chrysomèles dans ton champ peut-être tu devrais intervenir donc c'est nous le seuil là en fait on a voulu le valider parce qu'il était plus pratique, plus agile, je dirais. Et puis, au final, c'est ça qu'on a fait des essais au champ, au sérum, en parcelle expérimentale avec des répétitions. Puis, on s'est rendu compte qu'au final, on était à 13-14 % de goût sans dommager. Donc, on se rapproche vraiment beaucoup du seuil de l'Indiana qui a été développé à l'Université de Purdue dans l'Indiana. Donc, c'est des seuils qu'on recommande maintenant, en tout cas qu'on a validés pour le
SPEAKER_01Québec.
UNKNOWNOK, OK. C'est mon université, je pense.
SPEAKER_01Alors Geneviève, comme agronome, bon, il y a toutes sortes de résultats intéressants. Qu'est-ce que vous en retenez de cette recherche-là? Parce que là, ça semblait pour les seuils aussi, c'est pas du cas par cas, il y a un seuil, mais il y a quand même, selon le niveau de tolérance, donc vous dites quoi aux producteurs, puis qu'est-ce
SPEAKER_00que vous en retenez? Bien, en fait, ce que j'en retiens d'abord, c'est une bonne nouvelle qu'il n'y a pas actuellement de virus. Donc, ça change toute la donne de savoir comment intervenir. On on ne panique pas dès qu'on en voit au printemps. Puis après ça, on se donne la chance de regarder l'évolution durant la saison parce qu'il y a des saisons où on peut en voir au printemps, mais disons que les conditions ne sont pas favorables à la reproduction, ça ne sera pas un problème. Donc, on reste calme. C'est la première chose. Ensuite de ça, au moins, on a des seuils. Au moins, on sait sur quoi s'appuyer. Puis, à partir À partir de ça, on est à mesure d'expliquer aux producteurs, là, actuellement, on a dépassé le seuil. On risque d'avoir des tâches sur les grains. Est-ce que c'est un problème? Est-ce que c'est un enjeu pour toi? Puis on discute selon... On connaît le producteur, on sait quel genre de marché il vise. Puis ça rassure tout le monde, en fait. Mais je dis pas que d'autres essais seraient pas bienvenus. Parce qu'en fait, on... on commence à perdre à la comprendre. Puis si jamais le virus rentre au Québec, si on doit intervenir plus tôt, il faut qu'on soit là à temps, pas juste en
SPEAKER_01réaction. En fait, c'est ça, je voulais rajouter cette question-là parce que je vais le reformuler pour que je puisse couper comme je vais rajouter ces questions-là, mais justement, qu'est-ce qu'on fait? Comment est-ce qu'on va savoir quand le virus va nous avoir atteints? Il va être trop tard ou... Je veux dire, en combinaison, on a des seuils maintenant, mais ça, c'est si on enlève un peu tout l'élément virus. Donc, comment on va gérer ça ou est-ce qu'il y a une préparation pour ça, le virus, en fait? Il faut
SPEAKER_02être proactif. Il faut marcher ses champs. Si on voit des symptômes de virus comme des mosaïques ou des choses de même, on prélève, on envoie pour identification. En fait, il y a des tests moléculaires qui sont développés pour ça. C'est juste de faire de la vigie. Tant qu'on ne l'aura pas, la gestion va rester pas mal comme elle l'est maintenant. Puis ça ne va pas être un insecte qui va être très problématique ou en tout cas, peut-être dans certains champs, certaines années. Mais il faut vraiment faire de la détection du virus. C'est faire un suivi tout
SPEAKER_01simplement. Pensez-vous que ça va être la suite de ce qu'on voit aux États-Unis qui va nous atteindre ou pas nécessairement? À cause que c'est plus présent une année aux États-Unis, ça ne veut pas dire que ça va être le cas pour nous chez
SPEAKER_02nous. Non, c'est sûr. Pour le moment, on ne l'a pas. En Ontario, il l'avait détecté en 2001-2002. Depuis, je n'ai pas l'impression qu'il y a eu vraiment une grosse épidémie. C'est sûr, on touche du bois, on ne l'a pas, mais ce n'est pas impossible que ça s'en C'est
SPEAKER_01juste de continuer à faire la vigie. Donc, finalement, si un producteur vous demande directement, je vous pose la question aux deux, est-ce que je dois traiter contre la chrysomèle cette année? Vous lui dites quoi?
SPEAKER_00Peut-être et peut-être pas. Ça, c'est... On ne peut même pas le savoir actuellement. Ah! Il faut vraiment attendre de voir la saison, comment elle va évoluer. En tout cas, on n'a pas de modèle de prédiction actuellement. On aimerait ça, mais il n'y en a pas. Éventuellement. Ça prend des gens sur le terrain. Moi, je fais partie d'un club conseil. Il y en a plusieurs agronomes comme ça qui marchent les chars régulièrement. Puis, on voit ce qu'il y a sur le terrain. On dépiste s'il y a un problème, mais on essaie de suivre. On essaie de ne pas se rendre au traitement, mais si c'est nécessaire, on accompagne le producteur pour le mieux. C'est...
SPEAKER_02Je rajouterais peut-être, c'est l'important, on le sait, la crise humaine, ce n'est pas problématique en début de saison. On le sait aussi que c'est restreint dans certains foyers. Les personnes qui sont dans les foyers, je veux dire, ce n'est pas un problème à la grandeur du Québec, mais déjà, c'est juste de le savoir, ils sont où les foyers
UNKNOWN?
SPEAKER_02On sait que ce n'est pas problématique en début de saison. On sait que la première génération qui va être problématique va émerger à la fin juillet, début août. Ça se passe pas mal dans les deux premières semaines d'août. Je dirais en fait les deux au milieu du mois d'août, mais c'est là où on va savoir si ça va être problématique. ou pas. S'il y a vraiment un endroit, un moment où dépister, c'est à ce moment-là.
SPEAKER_01À suivre, mais au moins, déjà, les producteurs sont mieux outillés. Merci beaucoup, Geneviève Roy, Sébastien Boquel, merci. Merci.