Fragîle Porquerolles

#Le poulet Yaya de Maxime – une cuisine d’inspirations

Création: Ingrid Blanchard - Invité: Maxime - Musique: The Success de Keys of Moon

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Maxime est Porquerollais depuis plusieurs générations. Il est aujourd’hui président de SMILO, une ONG qui accompagne les petites îles du monde dans leur développement durable.

La cuisine occupe une place importante dans sa vie. Pour lui, c’est avant tout un vecteur de convivialité et de partage.

Il n’a pas vraiment appris à cuisiner. Sa mère a sans doute joué un rôle : elle préparait une cuisine provençale, qu’il a longtemps observée, presque sans s’en rendre compte.
 Sa base reste cette cuisine-là, mais il aime explorer, s’inspirer, voyager à travers les goûts : cuisine grecque, marocaine, chinoise, italienne… une cuisine nourrie de multiples influences.

Pour cet épisode, Maxime nous présente son fameux “poulet Yaya” — un plat grec… inconnu des Grecs, dont vous découvrirez l’origine du nom en l’écoutant.
 Un plat généreux, où se déploient des saveurs typiquement méditerranéennes : paprika fumé, origan, cannelle, feta, olives noires, tomates concassées, ail… accompagné de pâtes grecques, les orzo.

Avec Maxime, nous avons parlé des fiches cuisine du magazine ELLE, des alouettes sans tête de Chantal Nanni, du Prince Albert de Monaco, d’Alice Waters, de cuisine mijotée… et même de vieux pneu Michelin carbonisé.

Retrouvez les photos et les notes de l’épisode ici.

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SPEAKER_00

Ces prochaines semaines dans Fragile, je vous propose une série spéciale, les meilleures recettes des porquerolets. Une série où l'on s'invite à la table des habitants de l'île pour partager leurs plats, leurs souvenirs et un peu de leur douceur de vivre. J'ai invité des porquerolets et porquerolaises à ouvrir la porte de leur cuisine pour nous partager leurs meilleures recettes. Parfois inspirées des saveurs de l'île, parfois plus personnelles, mais toujours porteuses d'une histoire, d'un souvenir ou d'une émotion. Ensemble, on va découvrir les gestes les parfums et les goûts qui composent la mémoire gourmande de Porquerolles. Un podcast pour entrer dans la cuisine des Porquerollais, écouter leurs histoires, s'inspirer de leurs plats et peut-être même les reproduire chez vous, pas à pas. Alors enfilez votre tablier ou installez-vous juste confortablement pour déguster avec vos oreilles. Bonjour Maxime.

SPEAKER_02

Bonjour Ingrid.

SPEAKER_00

Tu es Porquerollais depuis plusieurs générations, président de Smilo, ONG qui accompagne les petites îles du monde dans leur développement durable. Alors je t'ai reçu plusieurs fois dans Fragile et j'invite d'ailleurs les auditeurs rares qui ne l'ont pas encore fait à écouter ton entretien. On a parlé de beaucoup de sujets dans cet épisode avec toi, mais pas de cuisine. Pourtant ceux qui te connaissent savent que tu as un vrai talent pour ça. Alors Maxime, je ne pouvais pas faire cette série sans t'interroger. Pour commencer, quelle place occupe la cuisine dans ta vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Une place importante, maintenant vrai talent, je ne sais pas, c'est peut-être l'habitude de Le fait de vivre à Porquerolles et notamment en hiver, de devoir cuisiner pour soi-même et d'autres, ça occupe une place importante parce que c'est sûr que la cuisine, c'est un vecteur de convivialité, de partage. Quand on a des réunions avec Smilo et qu'ils viennent à la maison pour ces réunions, ça met les gens en confiance et ça détend. Je trouve qu'on travaille mieux après. Je n'ai pas appris la cuisine. Enfin, si, j'ai appris, mais sans m'en rendre compte. Quand j'étais adolescent, 17-18 Je pense que je ne savais pas faire grand-chose. J'ai un ami ici, Stéphane Masson, qui lui cuisinait. Il avait quelques années de plus que moi. Et il m'a appris quelques trucs. Donc, quand je me retrouvais tout seul en hiver à Noël, j'étais un peu moins perdu du point de vue culinaire, évitant les pâtes coquillettes avec le jambon. Je faisais des choses un tout petit peu plus évaluées. Je pense que ma mère a joué un rôle aussi. Elle faisait surtout de la cuisine provençale. Alors, ça faisait pas mal de choses. mais elle faisait surtout de la cuisine provençale elle m'a jamais vraiment appris je la regardais faire sans forcément m'en rendre compte et c'est sorti après et puis l'autre facteur c'est que quand on est à Porquerolles pour moi surtout en hiver il y a une chose que j'aime bien c'est qu'à 6h quand la nuit tombe t'as aucune mauvaise conscience c'est aller en cuisine laisser ton ordinateur ton téléphone pour aller en cuisine et préparer quelque chose qui va te prendre 2 ou 3h euh C'est lié pour moi à cette période que j'aime, l'hiver, où la nuit tombe assez tôt et là on peut commencer à éplucher des carottes, des oignons, faire mijoter pour un dîner deux ou trois heures

SPEAKER_00

après. Et à quel moment dans ta vie tu prends les rênes en cuisine, en tout cas tu commences à cuisiner pour toi ou pour les

SPEAKER_02

autres

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Puis j'aime toutes sortes de cuisines, franchement. Ma base, c'est la cuisine provençale, c'est quand même ce que je préfère. Mais j'adore la cuisine chinoise, via Isabelle. J'adore la cuisine grecque, j'adore la cuisine marocaine, j'aime aussi la cuisine italienne. Voilà, j'ai pas d'exclusives. De même qu'il n'y a pratiquement aucun plat, aucun aliment que je n'aime

SPEAKER_01

pas. Des champignons

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors, les champignons, j'adore les champignons. Le seul problème, c'est qu'ils ne m'aiment pas. C'est-à-dire que ça me rend assez vite malade. Donc, la mort dans l'âme, je suis obligé de laisser tomber les champignons. C'est bizarre à Porquerolles parce qu'on voit, il y a le champignon contest, compétition tous les ans, celui qui ramasse le plus. Moi, j'ai arrêté parce que malheureusement, ça me rend un peu

SPEAKER_00

malade. Bon. Alors, Maxime, pour cette série, quelle est la recette que tu as choisi de nous présenter aujourd'hui Est-ce que c'est une recette locale, tout à fait personnelle

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors, c'est pas personnel, mais c'est pas local. Ça pourrait presque être local. Je vais l'appeler le poulet

SPEAKER_00

yaya. Alors attends, redis-nous bien

SPEAKER_02

poulet yaya.

SPEAKER_00

D'accord, vous avez bien

SPEAKER_02

entendu. En fait, ça ne s'appelle pas comme ça à l'origine. C'est le surnom qu'on a donné à ce plat avec Isabelle. J'explique pourquoi. C'est un chef grec installé en France, je crois qu'il est à Paris, qui a ouvert un restaurant Un restaurant grec à Paris qui a donné une recette qui était celle de sa grand-mère Eleni. Comme la grand-mère se dit Yaya, en grec, Isabelle et moi, on l'appelle le poulet Yaya. En fait, à l'origine, c'est le poulet de la grand-mère

SPEAKER_00

Eleni. Voilà.

SPEAKER_02

Donc, rien à voir avec le poulet Yassa. Rien à voir avec le poulet Yassa qui se fait notamment en Afrique, mais surtout au Sénégal. Je le fais aussi, le poulet Yassa, parce que là, avec Smilo, quand on était à Gorée la première fois, j'adore ça et j'ai demandé aux Goréens la recette du poulet Yassa.

SPEAKER_00

ça, je le fais aussi. Est-ce qu'il y a une histoire associée à

SPEAKER_02

cette... Il y a une petite histoire. Il se trouve que cette recette, comment je l'ai trouvée

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Isabelle lit Elle Magazine. Et comme tu sais peut-être, on sait que les ventes de Elle Magazine, s'il y a un Elle Magazine qui est vendu, en fait, il y a deux lecteurs, c'est Madame et Monsieur. Parce que les hommes m'affectent, moi compris, de regarder ça d'un air un peu distant, parce que c'est pas un journal très sérieux. En fait, les hommes le lisent. Moi, je vais directement au Fiche Cuisine à la fin. Et là, je vois ce chef grec qui donne la recette de sa grand-mère Hélénie. Et je me dis, ça c'est sympathique. Mais alors, la chose étrange, c'est qu'on se regarde avec Isabelle et on s'est dit, on va tous les ans en Grèce, moi d'autre. On n'a jamais vu ce type de recette de poulet en Grèce. Il y a des tas d'autres formes de recettes de poulet en Grèce, comme les souvlakis de poulet qui sont marinés longtemps avec du curcuma, du paprika, etc. Mais celle-là, on ne l'avait jamais vue.

SPEAKER_00

Qu'est-ce qui attire ton attention dans la recette

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Qu'est-ce qu'elle

SPEAKER_02

a de singulier

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est le mélange poulet, tomate, c'est très grec en même temps, poulet, tomate, huile d'olive, origan, il y a beaucoup d'origan dans la cuisine grecque, la feta et les olives. Les ingrédients sont typiquement grec, sauf qu'on ne l'a jamais trouvé dans aucun restaurant grec, ni chez des amis grecs, etc.

SPEAKER_00

Alors, est-ce que c'est une petite fantaisie du L, ou c'est une vraie recette

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Vous qui êtes retourné ensuite en Grèce. Je

SPEAKER_02

me suis demandé si ce chef grec qui donnait la recette de poulet de sa grand-mère, l'avait pas inventé, en fait, qui s'abritait derrière sa grand-mère, pour pas dire qu'il l'avait inventé. Je ne sais pas. Mais en tout cas, depuis, ça fait plus de dix ans, je la fais. En général, c'est plutôt apprécié.

SPEAKER_00

Bon. Alors, on est avec toi Maxime, on est en cuisine de quels ingrédients

SPEAKER_02

on a besoin pour élaborer cette recette

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Mettons pour 4-5 personnes vous avez besoin d'un poulet ou des découpes de poulet cuisses et blancs de toute façon le poulet entier il faudra le couper vous allez faire légèrement roussir des oignons, il faut prendre un grand fétou ou un grand wok vous allez faire roussir des oignons au fond des oignons rouges de préférence au fond du fétou ensuite vous faites dorer des morceaux de poulet, je dis bien des morceaux, il faut l'avoir découpé et puis vous allez ajouter de la tomate concassée alors la tomate concassée ou la pub de tomate attention c'est ce qu'on trouve en boîte, ça devient de plus en plus acide, petit truc que bien des gens connaissent vous pouvez avant dans une poêle ou une casserole mettre votre tomate concassée, mouiller un petit peu et mettre un peu de sucre pour casser l'acidité, donc vous mettez les tomates concassées, sans trop d'acidité, du paprika, alors paprika, c'est mieux si vous avez du paprika fumé, paprika doux ça va, mais si vous avez du paprika fumé, ça se trouve en général dans les épiceries orientales, de l'origan, alors vous pouvez y aller sur l'origan, parce que c'est typiquement grec, et c'est ça qui renforce le goût, vous pouvez mettre un petit peu de piment d'Espelette, mais alors pas trop, parce que les grecs, contrairement à ce qu'on pense, n'aiment pas la cuisine trop pimentée. Et puis ensuite, vous allez... Alors, il faut jouer avec le couvert-découvert du faitout, c'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait du liquide, mais pas trop, à la fin. Et là, on est parti pour une cuisson lente, il faut que ça mijote pendant à peu près deux heures. Et l'important, c'est d'incorporer aussi, après le paprika et l'origan, de la cannelle. Alors, c'est la même chose que le paprika fumé, si vous avez de la cannelle en tube, c'est mieux. Si vous avez la cannelle en poudre, ça le fera. Mais si vous avez de la cannelle en tube, c'est beaucoup mieux. Il en faut à peu près 4-5 pour un poulet pour 4-5

SPEAKER_00

personnes. Et

SPEAKER_02

que tu ajoutes à quel moment

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Tu ajoutes au début. J'ai essayé une fois. Vous pouvez rajouter un petit peu de vin rouge. Honnêtement, je trouve que ça n'amène pas grand-chose et c'est un peu contradictoire avec le paprika fumé. Le vin rouge annule le goût du paprika fumé. Vous pouvez en mettre un petit peu. Et ensuite, c'est parti pour à peu près deux heures de cuisson. Le truc, pour voir si c'est cuit, alors vous piquez le poulet, c'est une façon de voir, mais aussi quand la peau se détache de l'extrémité du pilon, ça veut dire que c'est bien trop près. Et à la fin, à la toute fin, vous retirez le faitout ou le wok du feu, donc hors feu, et vous mettez de la feta que vous avez préalablement coupée en petits cubes. Bon, pour 4-5 personnes, il faut à peu près deux plaquettes de feta et des olives dont alors les olives noires c'est comme les tomates elles sont souvent trop salées il faut les dessaler avant dans l'eau puis bien les égoutter mais il faut souvent les dessaler parce que ajouter à la feta qui est le même et salée ça peut faire trop de sel donc en général moi je ne sale pas je poivre je ne sale pas voilà et puis ce qui va bien avec alors ce sont des petites pâtes grecques qui s'appellent orzo qu'on trouve dans les épiceries orientales il y en a une à Toulon Ce n'est pas très facile à trouver. Ce sont des petites pâtes qui ressemblent à des grains de riz un peu plus gros et qui cuisent 15 à 20 minutes. Si vous n'avez pas, ce n'est pas grave, ça va très bien avec du riz, ça va avec des petites pâtes coquillettes, etc. Le tout, c'est à la fin, il ne faut pas que ça soit complètement réduit. Il ne faut pas non plus que ça soit trop liquide. Il faut que ça soit entre les deux. Ce qui est bien, c'est qu'en plus de vos tomates concassées, à mi-cuisson, vous rajoutez des tomates fraîches. Si on est en saison tomate, évidemment. Vous rajoutez des tomates fraîches coupées en quartiers qui vont s'amolir un petit peu, mais pas être complètement fondues dans le reste. L'important, c'est aussi que la feta ne soit pas fondue. C'est pour ça qu'on la met hors feu.

SPEAKER_00

C'est ce que j'allais te demander.

SPEAKER_02

Il faut qu'elle soit légèrement prise par la tomate, mais pas fondue dans l'ensemble de la

SPEAKER_00

sauce. Il ne faut pas que ça

SPEAKER_02

fasse un gros pâté à la fin. Il ne faut pas que ça fasse une fondue de feta avec de la tomate et dans laquelle je surmâche le

SPEAKER_00

poulet. Du coup, feta, olive à la toute fin

SPEAKER_02

et

SPEAKER_00

tomates fraîches en milieu de

SPEAKER_02

cuisson le dernier tiers de la

SPEAKER_00

cuisson et tout le reste, tous les autres ingrédients vraiment au début avec la

SPEAKER_02

viande il faut que ça mijote longtemps c'est environ 2 heures mettez pas le feu plein gaz parce qu'à ce moment là vous allez tout brûler au départ de toute façon moi j'aime ce qui est mijoté en général je suis pas très pour les cuissons fortes que ce soit au four ou au grill j'aime les choses mijotées longues

SPEAKER_01

Hum...

SPEAKER_00

Alors tu as parlé du vin rouge que tu n'ajoutes pas forcément au plat parce que ça annule l'effet de l'origan, si j'ai bien suivi. En revanche, est-ce que c'est un plat que tu peux accompagner avec du vin et quel type de

SPEAKER_02

vin

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, ça annule l'effet du paprika pour moi. Ah pardon. Ça va avec tous les vins généralement un peu corsés. Donc ça va avec des vins du Languedoc, ça va avec certains rouges d'ici, ça va évidemment avec des vins grecs. Avec les rouges grecs, c'est souvent le cépage qui s'appelle Xenomavre Mais ça se trouve pas facilement. Mais en gros, ça va avec tous les vins rouges. Un peu moins bien avec les vins de type Bourgogne ou de la

SPEAKER_00

Loire. Est-ce qu'il y a des petites variantes

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que c'est une recette que t'as un petit peu aménagée, ajustée

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, j'ai pas aménagée. Parce que pour moi, c'est bien comme ça. J'ai oublié une chose. Parce que c'est tellement évident que je l'ai oubliée. C'est l'ail. Évidemment, il faut mettre de l'ail. Donc c'est pareil au début. Alors, bon, il vaut mieux râper votre ail, le couper en Sauf si vous avez une râpe à ail, c'est bien. Pour ne pas le mettre en entier, il faut à peu près 4-5 gousses. En attendant que ça se diffuse, il faut répartir l'ail sur l'ensemble de la préparation.

SPEAKER_00

C'est une recette que tu prépares à quelle

SPEAKER_02

occasion

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je ne sais pas vraiment de moment préféré. En général, c'est plutôt en hiver. C'est plutôt un plat d'hiver. j'ai une petite anecdote à ce sujet d'ailleurs il y a une dizaine d'années Claire Mignet qui travaille au Parc National et qui est une amie en même temps qui m'appelle un soir et qui me dit écoute je t'appelle un peu au déboté mais on a demain deux grecs de la fondation Thalassa comme le nom l'indique dévouée à la mer, elle travaille au Piret d'ailleurs sur le port d'Athènes qui viennent demain visiter le Parc National de Port-Croz pour voir comment on gère le Parc National de Port-Croz eux-mêmes, avec cette fondation, s'occupant d'une île en Grèce, à l'Onissos, où ils protègent des phoques moines, notamment. Est-ce que ça t'intéresse de la rencontrer

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je dis oui. Et il me dit, bon, on peut se retrouver pour déjeuner. Je dis, ok, on se retrouve pour déjeuner dans le village. Puis là, il y a un petit blanc. Et je

SPEAKER_00

lui dis, quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il y a une demande. Il me dit, mais

SPEAKER_02

on mange pas mal chez toi. Je dis, ah, vous voulez déjeuner à la maison

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Bah, si c'est possible, oui. Alors, il se trouve, j'avais un poulet. Il se trouve, j'avais de la feta. Il se trouve, j'avais des tomates. Enfin, j'avais ce qu'il fallait. Je dis, ok. venait demain. Et là, en fait, j'ai fait un peu exprès parce que je me suis dit, je vais faire un plat grec à des Grecs. Mais en même temps, comme c'est un plat grec qu'on n'avait jamais vu dans aucun restaurant grec ni chez les amis grecs, je me suis dit, peut-être que je vais les surprendre. Et de fait, ils sont arrivés extrêmement sympathiques, tous les deux. Quand j'ai amené le grand faitout, ils ont regardé, ils ont dit, ah, mais on ne connaît pas. Effectivement, ils ne connaissaient pas. Mais en même temps, c'était tellement grec que c'est pas... Je veux dire, le type de plat n'était pas une surprise pour eux. Je crois qu'ils ont assez largement apprécié. Et en Ensuite, elle s'appelle Vera Alexandropoulos, la directrice. Je la croise assez souvent. On a signé une convention avec eux, Smilo et Thalassa d'ailleurs. Je la croise assez souvent dans des réunions, que ce soit en Grèce ou ailleurs. Et elle me reparle à chaque fois du poulet Yaya. Parce que je lui dis, tu vois, c'est un chef grec installé en France. Sa grand-mère s'appelait Hélénie, donc c'est la recette de Hélénie. Et nous, on l'a appelé poulet Yaya. Alors ça la fait beaucoup rire. Et il se trouve qu'à chaque fois que je la vois, elle me présente à des gens en disant, ah c'est Maxime, vous savez, il fait un poulet yaya formidable. Alors tout le monde s'est dit, c'est quoi le poulet yaya

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et l'année dernière, il y a un an et demi exactement, j'étais à Athènes où il y avait un congrès sur les océans, celui de John Kerry qui a lieu tous les ans. Et je vois Vera, alors il y avait 3000 personnes, et elle me dit, on va signer une convention importante avec la fondation Albert II de Monaco, et le prince Albert sera là, viens, si tu veux assister à la signature, donc je viens, je me mets discrètement sur le côté, il signe, c'était un peu mondain. Et à la fin, elle m'appelle et elle me dit, viens, je vais te présenter au prince Albert. Je dis, oh mon Dieu, quel honneur. Et elle me présente, elle dit, prince, vous savez, c'est Maxime, il vit à Porquerolles, pas très loin de Monaco, et il fait le meilleur poulet yaya que je connais. Donc là, je vois le prince qui regarde tous les deux. Ah bon

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est intéressant. Le poulet yaya, il n'avait aucune idée de ce que c'était. Vera, arrête de me présenter comme le spécialiste du poulet yaya, s'il te plaît. Surtout devant sa

SPEAKER_00

majesté. Ah bah, Est-ce que tu as eu une belle surprise, une belle découverte de plats réalisés par un ou une porquerolaise

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui. Quand Chantal Nani et Éric Nani avaient leur restaurant sur le port... Le Pichou, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui. Franchement, les alouettes sans tête de Chantal Nani, c'est un chef-d'oeuvre. Malheureusement, elle ne tient plus ce restaurant depuis de nombreuses années, mais les alouettes sans tête de Chantal, je ne vais pas donner la recette parce que je te laisserai éventuellement la tenir de Chantal elle-même, mais c'était formidable. Alors, je précise, pour ceux qui ne sont pas d'ici, qui ne sont pas provençaux, les alouettes sans tête, ce n'est pas les oiseaux, c'est pas les hortolans en version provençale. C'est simplement des paupiètes de bœuf. Généralement, soit dedans, il y a de la chair à saucisse, soit encore mieux du petit salé. Mais c'est pas des oiseaux. C'est des paupiètes

SPEAKER_00

de bœuf. J'espère que Chantal nous délivrera cette recette. Pour terminer, Maxime, même si tu as beaucoup de talent en cuisine, est-ce que tu as déjà un flop

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Quelque chose où tu te dis vraiment, là, j'ai raté complètement.

SPEAKER_02

Oui, c'est pas si vieux. Il se trouve sur une certaine plateforme de streaming bien connue, il y a de plus en plus de sujets documentaires sur la cuisine, c'est la mode, le fooding, etc. Donc j'en ai regardé un ou deux, et là je vois une iranienne, iranienne américaine, d'origine iranienne mais installée aux Etats-Unis depuis longtemps, qui d'ailleurs était une élève de Alice Water. Alice Water, c'est un peu l'inventrice de la slow food et des locavores dans les années 70 à Los Angeles, Elle a ouvert un restaurant très influencé par la France qui s'appelle Chez Panis. Panis, c'est les fameuses galettes de maïs provençal. Et là, c'était de la viande, contrairement à ce que fait Alice Watter, qui en général est plutôt portée sur tout ce qui est légumes et du jardin qu'elle cultivait elle-même d'ailleurs. Et là, c'était un bœuf avec des tas de légumes en papillote, mis au four et mijoté aussi très très longuement, cuit à basse température pendant 4 heures donc je me suis dit ça je peux le faire j'ai pas dû prendre le bœuf qu'il fallait parce que les graniennes d'Irano américaines décrivaient ça comme étant fondant dans la bouche extrêmement souple doux etc avec tous les parfums des légumes qui s'imprégnaient dans la viande donc je me suis dit je peux le faire mais j'ai pas dû prendre une viande qui était adaptée en tout cas sûrement pas assez grasse j'aime pas trop les viandes grasses et quand je l'ai sorti du four j'étais avec Isabelle je l'ai posé sur la table j'ai vu Isabelle regarder c'était intéressant

SPEAKER_00

façon

SPEAKER_02

délicate en fait ça ressemblait à un vieux pneu Michelin carbonisé

SPEAKER_00

absolument immangeable d'accord ça en avait le goût aussi Isabelle a

SPEAKER_02

été très indulgente mais franchement c'était mauvais c'était totalement raté j'en ai beaucoup voulu d'ailleurs à la série en question sur la plateforme j'ai dû faire une erreur quelque part

SPEAKER_00

donc t'es assez influencé quand même par les fiches cuisine de Elle les plateformes voilà après il y a des choses que tu testes aussi

SPEAKER_02

oui parce que ça oui les fiches cuisine. En fait, je ne me sers pas tellement de recettes.

SPEAKER_00

De livres de cuisine

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, là, j'ai cité le poulet yaya avec une recette, mais en général, je préfère demander, adapter. Enfin, ça m'arrive quand même. Mais là, il se trouve que cette série sur cette plateforme, ce truc-là, ça m'attirait. Pourtant, on mange vraiment de moins en moins de viande. Ce n'est pas par principe uniquement idéologique, mais c'est vrai que et notamment Boeuf, on On en mange vraiment très peu maintenant. Par rapport au régime carné que j'ai connu à l'époque de mes parents. Maintenant, quand je me retourne et que je regarde de 30 ans en

SPEAKER_00

arrière...

SPEAKER_02

Mais la viande une fois par jour... Ah oui, c'était une fois par jour. Mais c'était effarant. On en mange vraiment

SPEAKER_00

beaucoup, beaucoup

SPEAKER_01

moins.

UNKNOWN

Bon, merci infiniment Maxime pour ton coup d'œil. Je vous en prie. Bon appétit !

SPEAKER_00

Merci à tous les porquerollets d'ici ou de cœur d'avoir ouvert les portes de leur cuisine et de leurs souvenirs culinaires. Pour retrouver les notes de l'épisode, des photos des plats et des préparations présentées, rendez-vous sur le site fragileporquerolletoutattaché.com Si ce n'est pas déjà fait, vous pouvez vous abonner au podcast Fragile sur Apple Podcast, Deezer, Spotify ou toute autre plateforme d'écoute. Cela vous permettra d'être notifié des nouveaux épisodes. Et si cet épisode vous a plu, vous pouvez mettre 5 étoiles sur Spotify ou sur Apple Podcast Un grand merci d'avance pour votre soutien. On se retrouve dès la semaine prochaine pour un nouvel épisode.