Fragîle Porquerolles
Fragîle, c’est le podcast pour les amoureux des îles, Porquerolles, Port-Cros, l'île du Levant, ou ceux qui souhaitent simplement découvrir ces îles autrement, celles qui se cachent derrière le cliché de carte postale. 1 semaine sur 2, je vous propose d’aller à la rencontre des habitants de ces îles. Ils ont entre 10 et 95 ans, ils nous racontent comment ils sont arrivés ici, les endroits qu’ils préfèrent, les souvenirs qui les ont marqués, comment ils voient ces territoires évoluer… Les écouter raconter ces îles, c’est entrer dans leur intimité, lieux d’histoire, d’inspiration artistique, de diversité biologique, de contrastes et de paradoxes. Retrouvez les notes de l’épisode avec des liens vers les ressources dont nous aurons parlées avec les invités sur fragileporquerolles.com . Un podcast présenté par Ingrid Blanchard.
Fragîle Porquerolles
# Les pique-niques de Julie – quand le paysage s'invite à table
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Julie est enseignante en arts visuels, artiste et praticienne en écorituels.
Elle a grandi sur des terres juralpines, dans un environnement encore très marqué par l’agriculture et les produits du terroir.
La cuisine occupe aujourd’hui une place importante dans sa vie. Une place qui s’est imposée presque malgré elle au moment de devenir mère.
« Ça m’a déboussolée du moment où je suis devenue mère. Je me suis dit : je vais faire la cuisine trois fois par jour ! »
C’est finalement en même temps qu’elle est devenue maman que son identité culinaire s’est construite, au fil des repas, du quotidien, des saisons et des produits disponibles.
« On s’est alimenté avec des produits de nos terres, des produits du terroir. Ça a changé les recettes et ça a apporté de la simplicité, avec des aliments récurrents selon les saisons. »
Pour cet épisode, Julie a choisi de nous parler non pas d’un plat, mais de ses pique-niques insulaires.
Porquerolles l’a rendue, dit-elle, « très mobile, très mouvante ». « Ici, je n’ai pas du tout envie de m’installer à table. »
Au fil des années, elle a développé un véritable art du pique-nique : une manière de cuisiner et de manger qui s’est peu à peu simplifiée, affinée, adaptée à l’île et au mouvement.
« Ce qui est beau avec les pique-niques, ce sont les préliminaires. La préparation. Il y a toute une praticité du pique-nique. »
Et puis il y a l’inattendu.
« Quand tu dis “à table” en pique-nique, tu invites le paysage avec toi. »
Manger dehors change le rapport au repas, au vivant, aux sensations.
« L’île a été une merveilleuse enseignante. En mangeant à l’extérieur, j’ai déjà un autre contact avec la terre, avec le vivant tout entier. Si je suis au milieu des immortelles, elles vont enivrer mon repas. »
Souvent, les pique-niques arrivent après la baignade, avec encore le goût du sel sur les lèvres.
On mange avec les doigts, on partage, on improvise. « C’est un petit banquet… »
Pour Julie, manger dehors appelle naturellement « une forme de créativité, de spontanéité, de joie d’être ensemble ».
Avec Julie, nous avons parlé de maternité, de rapport au vivant, de cuisine des restes, de sandwichs, de repas nomades, de nourriture brute, de simplicité et de liberté.
Nous avons parlé aussi de criste marine, de fenouil sauvage, de maceron, des Copains — le système de maraîchage de l’île — et de l’autonomie alimentaire de ceux qui vivaient ici il y a des centaines d’années.
J’ai également reçu Julie dans la série Archipels, consacrée aux femmes et à l’insularité — un témoignage fort que je vous invite à découvrir si ce n’est pas déjà fait: https://fragileporquerolles.com/mur-mures-archipelles-julie/
Pour découvrir les photos de ses pique-niques c'est ici: https://fragileporquerolles.com/
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Ces prochaines semaines dans Fragile, je vous propose une série spéciale, les meilleures recettes des porquerolets. Une série où l'on s'invite à la table des habitants de Lille pour partager leurs plats, leurs souvenirs et un peu de leur douceur de vivre. J'ai invité des porquerolets et porquerolaises à ouvrir la porte de leur cuisine pour nous partager leurs meilleures recettes. Parfois inspirées des saveurs de Lille, parfois plus personnelles, mais toujours porteuses d'une histoire, d'un souvenir ou d'une émotion. Ensemble, on va découvrir les gestes les parfums et les goûts qui composent la mémoire gourmande de Porquerolles. Un podcast pour entrer dans la cuisine des Porquerollais, écouter leurs histoires, s'inspirer de leurs plats et peut-être même les reproduire chez vous, pas à pas. Alors enfilez votre tablier ou installez-vous juste confortablement pour déguster avec vos oreilles. Bonjour Julie. Bonjour. Julie, tu es enseignante en art visuel, artiste et praticienne en éco-rituel. J'ai eu la joie de te recevoir dans Fragile dans la série Archipel sur les femmes et l'insularité et j'invite d'ailleurs tous les auditeurs à écouter ton merveilleux témoignage. Alors aujourd'hui Julie, on va parler cuisine. Pour commencer, est-ce que tu pourrais nous dire quelle place occupe la cuisine dans ta vie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors la cuisine, comme beaucoup de femmes et de mères occupent beaucoup de place c'est quelque chose qui m'a déboussolée du moment où je suis devenue mère où je me suis dit je vais faire la cuisine trois fois par jour c'est ça du coup j'avais peu de recettes je crois pas que ça a été vraiment transmis ma mère était plutôt féministe c'est mon père qui a fait la cuisine chez moi donc il y avait quelques recettes comme ça de terroir mais j'avais pas vraiment une identité on va dire culinaire et elle s'est faite au gré de des repas au gré du quotidien j'avoue que parfois j'avais eu aucune idée que j'ai manqué de ressources par rapport à ces recettes et peu à peu peut-être ce qui a changé dans l'alimentation que j'ai fait pour mes enfants c'est qu'on s'est alimenté avec les produits de nos terres, du terroir et ça, ça a changé les recettes ça a induit des types de recettes ça a aussi permis qu'on entre dans peut-être plus de simplicité et j'imagine que je vais y revenir à cette question de simplicité Avec des aliments aussi, par exemple, si je prends l'hiver, qui sont très récurrents. On aura des courges, des patates, des racines, des fois quelques légumes verts, mais voilà. Donc, mon identité culinaire, c'est vraiment faite en même temps que je suis devenue maman. Tu parles des recettes de ton terroir, de tes terres. Est-ce que tu peux nous parler justement de ces terres, qui ne sont pas forcément des terres porquerolles
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors non, ça fait bientôt 15 ans que je viens sur Porquerolles. Ça reste pour moins un sanctuaire et j'y reste étrangère et vacancière. Je suis née sur des terres juralpines, ça veut dire en Suisse, à Genève. Et c'est des terres où il y a encore beaucoup d'agriculteurs, beaucoup de fruits et légumes de saison. Et j'habite dans une petite ville où il y a trois marchés par semaine, ce qui va faciliter le lien au producteur et le lien aux terres. Alors, quelle est la recette, Julie, que tu as choisi de nous présenter aujourd'hui
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, il y a quelque chose, quand je suis arrivée sur l'île, qui a beaucoup changé. Déjà, cette île, pour moi, chaque fois que j'arrive, elle me rend très mobile, très mouvante. J'ai besoin de beaucoup marcher. Et ça, depuis 15 ans, ça ne cesse pas. Du coup, il y avait quelque chose où je n'avais pas du tout, ici, envie de m'installer à table. J'avais envie d'être dans quelque chose de nomade. Donc, au fur et à mesure des années, je pense qu'on a acquis... ex futurs compagnons et amis on a acquis une pratique du pique-nique un art du pique-nique qui s'est peu à peu étoffé et simplifié mais quand je dis simplifié c'est que je vais y revenir mais il y a vraiment des choses qu'on a apprécié ici puis qu'on a répété d'année en année donc j'ai pas une recette type mais plutôt plusieurs recettes que je pourrais présenter. Ah génial donc tu vas nous embarquer vers des propositions de pique-nique à Porquerolles. Peut-être juste avant qu'on rentre dans les recettes à proprement parler, tu l'as dit, mais l'île modifie ton lien à la cuisine. C'est-à-dire que quand tu es chez toi, par contre, à Genève, est-ce que tu manges à l'heure régulière ou non, tu es déjà un petit peu nomade aussi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je pense que je ne l'étais pas. Je pense que justement, en devenant mère, je me suis enfermée dans une espèce de... Tu sais, comme si je devais suivre cet exemple des trois repas par jour à table, et Et qu'il y avait une telle, des fois, dissonance dans ma vie que quand j'étais ici, je me sentais si libre et mouvante et fluide. C'est toujours indescriptible de dire comment on se sent dans cette île. Et après, je rentrais sur mes terres et j'étais triste. Et j'étais triste dans cette cuisine. Donc, peu à peu, et merci pour ta question, il y a des choses qui ont bougé et on a beaucoup été pique-niquer sur les terres autour de chez nous. Donc, Porquerolle nous a réouvert ce lien au paysage. Donc tu invites l'île chez toi
UNKNOWN?
SPEAKER_00archipel que tu dis que l'île t'a aidé à devenir mère autrement ça fait peut-être un petit peu partie des fêtes alors c'est clair que ça fait partie puisque peut-être je viens direct sur les piqueniques mais ce qui est beau dans le piquenique comme avec la cuisine mais on va dire c'est les préliminaires c'est à dire qu'on va rêver un autre repas mais ce repas aura la contrainte de devoir être transportable par nous et puis du coup voilà il faut acquérir une espèce de qu'est-ce qui va tenir dans mon sac 5 heures je veux pas prendre une glacière parce que ça va être trop lourd Donc il y a toute une practicité du pique-nique qui est venue petit à petit. Et peut-être la plus belle chose, évidemment, qui est après revenue en Suisse, c'est que quand tu dis à table et t'es en pique-nique, t'invites le paysage avec toi. Et c'est surtout ça où je pense que l'île a été une merveilleuse enseignante. C'est qu'en mangeant à l'extérieur, j'ai déjà un autre contact avec la terre, avec le vivant tout entier. Alors, est-ce qu'on y arrive à ces pique-niques, ces fameux pique-niques
UNKNOWN?
SPEAKER_00à ce pique-nique donc on peut moi ce que j'aime dans le pique-nique c'est qu'il y a toujours un inattendu et même si on a déjà fait depuis 15 ans ce même chemin qui mène au Langoustier notre pique-nique a toujours changé donc soit il va être constitué des restes de la veille souvent les restes sont meilleurs parce qu'on va oser les assaisonner ou alors je sais pas la sauce s'est densifiée donc ça j'aime aussi beaucoup la cuisine des restes qu'on oublie et dont on parle très peu et puis ensuite on a toujours fait des pique-niques simples c'est-à-dire il y a une excellente baguette ici à Porquerolle donc en Suisse on n'a pas de baguette donc là c'est vrai quand on est en France on aime bien les baguettes c'est laquelle que tu prends
UNKNOWN?
SPEAKER_00de la baguette traditionnelle la tradition ou pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00parce que tout le monde ici saura de quoi tu parles la tradition un peu farinée mais parfois aussi je peux prendre le pain aux céréales complètes et noisettes et ça c'est vraiment excellent pour faire des petits sandwiches dans nos sandwiches il y aura évidemment des choses j'ai dit les restes mais il peut y avoir aussi par exemple une petite brebis, une petite chèvre fraîche. Et ce que j'aime le plus, c'est qu'en cours de route, je vais peut-être trouver quelques épices que je vais pouvoir rajouter à mon pique-nique. Il y a quelques algues, la criste marine qu'on peut manger. Ce n'est pas une algue, pardon. Il y a aussi du fauneuil sauvage. J'en ai encore trouvé ce matin. Et puis, du macéron aussi. C'est une petite... des petites graines qu'on peut ajouter sur nos pique nique donc ça on l'a fait quelques fois et ça pour moi ça a déjà un goût de recettes de lille c'est à dire que en balade je vais trouver des choses qui vont augmenter le goût de ma recette de base et ça je trouve très beau c'est comme si c'est une recette de
SPEAKER_01chemin
SPEAKER_00et en plus de ça je te disais tout à l'heure quand on dit à table et ben tout le paysage s'invite donc si je suis au milieu des immortels c'est clair que mon mets de pique-nique va avoir le goût des immortels. Là, c'est la période, je ne sais pas, des salses pareilles, ça sent extrêmement fort, elles vont enivrer mon repas. Et je pense qu'il y a aussi quelque chose qui est merveilleux dans ces recettes de pique-nique, c'est que là où tu l'as mangé, il s'est passé quelque chose. Donc j'ai envie de te dire que tous les pique-niques, j'ai un souvenir très très fort qui est ancré. Tes enfants t'aident dans la confection du pique-nique
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors ils m'aident toujours parce qu'on n'est pas forcément d'accord sur nos goûts, Mais on arrive à faire des pique-niques où un peu tout est permis. C'est aussi ça qui est beau dans ces recettes de pique-nique. C'est que tout d'un coup, on va manger des chips alors qu'on n'en mange pas du tout. Mais elles seront d'autant plus délicieuses parce qu'elles vont en voyager et qu'on va les savourer sur une plage noire ou au chevreau, par exemple. Voilà. Et je trouve que sur l'île, il y a aussi eu cette chance où j'ai vu naître les copains. Donc, tout le système de maraîchage de l'île. Et ça, Pour moi, c'était vraiment, en tant qu'étrangère, il y avait quelque chose qui était magnifique autour de la question de la souveraineté alimentaire. Comment on se nourrissait sur les îles, qu'est-ce qu'il y avait. Donc, je dirais que pendant dix ans, on a pu manger les légumes d'ici. Et ça a vraiment pris sa place dans nos pique-niques. Il y a des produits un peu bruts justement sur l'île que tu apprécies particulièrement. Alors tu as parlé de ceux que tu trouvais dans la nature. Et là j'aurais une autre question parce que tout le monde n'a pas ton talent pour aller dénicher la petite plante sauvage qui va pouvoir agrémenter le petit fromage de chèvre et tout ça. Donc ça c'est quand même une particularité. Donc peut-être qu'il y aurait une question sur quel conseil tu donnes à des personnes qui voudraient justement s'y connaître un petit peu mieux sur les plantes sauvages pour agrémenter leur plat porc-relais. Mais oui... Ma première question, c'était, est-ce que sur l'île, il y a des mets que tu apprécies tout particulièrement de trouver
UNKNOWN?
SPEAKER_00Peut-être même chez des commerçants
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je crois que ça, c'est vraiment lié aux saisons. C'est-à-dire que, ici, j'ai goûté des poissons que je n'aurais jamais goûté ailleurs, par exemple. Je les ai toujours aimés. Et ça, je pense que c'est vraiment, si tu veux, mon esthétique culinaire. Je trouve qu'un poisson avec un peu d'huile d'olive, du gros sel et du citron, c'est amplement suffisant. Et mes piqueniques, ils vont ressembler à ça. Donc, il y a les poissons, il y a eu des courges qui étaient là, qui étaient magnifiques. Je n'ai pas un plat particulier après j'ai eu la chance d'être souvent invité quand je suis ici et je trouve très beau parce qu'il y a une hospitalité ben voilà je me suis toujours sentie accueillie et j'ai pu manger chez des gens qui cuisinaient vraiment très très bien notamment une personne qui peut-être se reconnaîtra qui cuisine sur le feu et je pense que j'avais jamais mangé de paella aussi bonne de ma vie en plus du cadre c'était vraiment magnifique j'ai reçu des confitures aussi il y a beaucoup de gens qui font des compotes, des confitures C'est des cadeaux, ici, quand on arrive. Donc, je n'ai pas une chose spécifique. Je pense que vraiment, ce goût des pique-niques, c'est d'avoir été nomade et d'être en lien avec le paysage. Et peut-être le goût qui me reste le plus, si je dois dire un goût qui me reste le plus, c'est que souvent, on prend les pique-niques après être allé nager. Donc, il y a ce goût du sel qui est partout, comme une mémoire, tu vois, qui vient habiter vraiment toute notre bouche, quoi. Et puis, cette idée du pique-nique un peu mérité quand même alors mérité je sais pas c'est vraiment en même temps c'est un c'est toute une philosophie je sais pas un art de vivre il faudra trouver le bon endroit au bon moment pour tout le monde on va sortir arranger les choses et je trouve que quand on les sort du sac il y a vraiment c'est déjà délicieux on sait aussi qu'avec le pique-nique on va chacun avoir des goûts différents c'est à dire tu mettra pas le même la même épaisseur de fromage sur ton pain que moi et j'y rajouterai peut-être une olive et toi tu y rajouteras peut-être un capre. Donc il y a quelque chose aussi qui est partagé, qui est assez créatif en fait dans les repas. On mange avec nos doigts, donc moi j'ai jamais eu d'ustensiles, si on doit venir aux choses concrètes. Petit à petit, on s'est acheté des Tupperware qui n'étaient plus des Tupperware, c'est-à-dire plus en plastique, mais en linox qui tiennent mieux la nourriture. On a quelques couverts, mais c'est tout et ça reste dans notre sac tout le temps. Et donc tout est rassemblé, tout est mis en commun et en C'est-à-dire que les sandwiches ne sont pas faits... On ne fait rien à l'avance. En fait, on va choisir nos aliments à l'avance et c'est un petit banquet. Mais ça a pu osciller, comme je t'ai dit, avec du poisson, des excellentes tomates. C'est aussi la joie sur cette île. Il y a eu des périodes que j'ai trouvées abondantes où j'avais les bonnes relations. Si on m'amène un poisson le matin, quelle joie
UNKNOWN!
SPEAKER_00Pour revenir à cette question de savoir reconnaître... les plantes sauvages sur l'île. Quelqu'un qui aimerait justement s'y connaître un peu plus, mais qui va peut-être ramasser n'importe quoi. Comment faire
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je pense que ça, déjà, il faut être très délicat, d'autant plus que les cueillettes ici ne sont pas tout à fait permises. Je t'ai parlé de trois plantes qui sont plutôt... Voilà, on en trouve pas mal. Je ne me suis jamais servie outre mesure. Je ne vais pas me faire une énorme ratatouille de Christomarine. Mais voilà, comment j'ai appris en baladant avec des gens qui savaient en suivant des formations notamment avec Marine Laffont qui a le surnom de l'accueilleuse sauvage et qui a fait toutes des immersions autour des saisons et une très belle autour de l'océan et de la mer voilà, entre autres avec elle après avec des gens aussi qui habitent là et qui m'ont guidée voilà, ça s'apprend au fil du temps Est-ce que ces piquenis qui sont agréables alimenté, de boissons particulières ou pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, on a fait aussi des petits piqueniques apéro. Ah, vas-y. Alors, vas-y, vas-y. Les petits piqueniques apéro, c'est... Je crois qu'à toute saison, on s'est rendu au Chevreau, qui est vraiment pour moi un des plus beaux lieux ici, qui ouvre sur l'infini. Et quelle délice d'aller boire une petite bière en Coriolis, sur ces falaises, au coucher du soleil. Voilà. Je pense qu'on a bu ces bières qui sont des fois brasser avec du sel de mer je la trouve excellente donc c'est des piqueniques qui peuvent être des piqueniques de déjeuner d'ailleurs à mon avis à l'heure qui se présente souvent c'est aussi très nomade au niveau des horaires c'est ça qui est beau et puis c'est tout d'un coup le lieu qui va nous appeler je me rappelle d'une fois où on marchait jusqu'à la vigie c'est un petit point qui est sur la route du langoustier on s'arrête là sous les arbres c'était si calme si beau et là trois petites baleines Il y a aussi ce cadeau d'être avec cette île, avec la mer autour. Je trouve que c'est déjà une merveilleuse recette. Et manger dehors, ça nous appelle à une forme, je te disais tout à l'heure, créativité, spontanéité, joie d'être ensemble aussi. Et cette chose très particulière, c'est que souvent, en pique-nique, on ne se regarde pas les yeux dans les yeux. C'est vrai. Tu vois, chacun va faire son petit banquet, va manger avec ses mains on va se parler mais le paysage sera vraiment avec nous donc c'est pour ça que je voulais présenter cette recette voilà un petit peu plus large et puis comme je te disais dans les choses très concrètes on a des récipients métalliques qui s'emboîtent les uns dans les autres on a acheté des thermos donc on a nos petites serviettes donc on est quand même très organisé et puis ça s'est allégé aussi au fur et à mesure des années et voilà parfois on part même avec deux piqueniques en été quand on sait qu'on va rentrer et très tard, on se laisse la possibilité de pouvoir faire une journée totalement pique-nique. Voilà, totalement pique-nique. Et j'aimerais bien d'ailleurs trouver un autre mot que pique-nique. Comment je pourrais dire
UNKNOWN?
SPEAKER_00Repas nomades, des petits repas nomades. Oui, et comment on peut inviter le paysage dans la dénomination. Il y a quelque chose à réfléchir. Tes enfants, du coup, ne veulent que des repas pique-nique ou des fois, ils aiment bien quand même sur l'île s'installer à table. Franchement, je pense qu'on a 90% du temps on a mangé dehors avec C'est aussi pour ça qu'on aime ce lieu-là, quoi. Et puis, ça offre une telle liberté, en fait. Ces repas pique-niques, c'est la possibilité de se dire qu'on est sur l'île tout le temps. Parce qu'en fait, le repas, c'est quand même un moment qui exige à, je dirais, à une période dans la journée, se dire on se rassemble tous autour d'une table et donc à un endroit. Alors que le pique-nique... Voilà, c'est plus ouvert comme relation à la nourriture. Quelque chose de très, très libre. Est-ce qu'il y a des petites touches sucrées dans tes pique-niques ou pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00Des fruits alors c'est vrai qu'ici aussi en connaissant du monde et en ayant cette hospitalité que vraiment chaque fois je suis touchée par ça on a reçu beaucoup de fruits quand on vient là donc ça a été des grenades ça a été des mûres j'ai mangé vraiment beaucoup de mûres ici avec grande hélice comment tu manges les grenades
UNKNOWN?
SPEAKER_00tu les ouvres et tu les épépines vraiment je crois que plus j'avance plus cette nourriture brute, elle va aussi avec ici. Avec quelques petites touches, je te disais tout à l'heure, d'une huile d'olive excellente, du gros sel et c'est suffisant. Mais je suis d'accord avec toi que sur l'île, on n'a pas forcément envie de plats sophistiqués. Je trouve qu'il y a quelque chose de l'ordre du dénouement aussi dans la façon de manger. Bon, pour moi, ça vaut tous les palaces. Je veux quand même dire ça, c'est qu'un pique-nique peut être extrêmement sophistiqué et offrir un bien-être. Absolument. Et la manière, je te disais, dont on se rassemble pour un pique-nique, souvent c'est joyeux, souvent il n'y a pas de tension. Il y a quelque chose de très fluide en fait. Aucune contrainte. C'est vraiment le plus grand luxe. Des fois j'aime même trimballer du champagne, il y a des flûtes à champagne dans mon sac à doigts. Pour des grandes occasions, des occasions même amoureuses. Il y a vraiment tout un historique et un art de vivre du pique-nique. Avec la simplicité qui est la plus belle. Parce que le paysage tient vite, parce qu'on est aussi dans un... un temps plus libre. Quand je pense, tu sais, à la simplicité que peuvent réamener les pique-niques, du fait qu'on va les porter sur le dos, je pense aussi aux gens qui habitaient là il y a 200 ou 300 ans, comment ces gens vivaient sur l'île et ils devaient avoir une autosuffisance ou une autonomie alimentaire avec les oliviers qui sont toujours là pour certains, sans doute quelques brebis pour du fromage et le moulin qui marchait et les arbres fruitiers et les fruitiers sans doute aussi des connaissances sur la pêche mais c'est on touche du coup ici à tout le régime méditerranéen qui est extrêmement sain et qui était relié par nécessité à la terre j'imagine de l'île quoi pour terminer Julie quel a été ton plus grand flop culinaire
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que tu t'es déjà ratée en pique-nique
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pas assez
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ou des enfants aigris parce que t'avais oublié
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, c'est rare que mes enfants soient aigris. D'ailleurs, je les remercie d'être aussi solaires au passage. Et fluides. Le plus grand flop
UNKNOWN?
SPEAKER_00Mais bien sûr que j'ai fait des trucs dégueulasses, mais je sais pas, est-ce qu'il me revient
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, des fois, peut-être le plus grand flop, ou là où ça a râlé, c'est qu'il y a des étés où on n'a pas d'inspiration, où il y a aussi des on n'a pas d'inspiration. Par exemple, il y a cinq jours, je fais le même repas. Tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et ça, des fois, c'est resté. Voilà. Mais je n'ai pas de souvenir de flop vraiment infernal comme ça. Il y a eu des trucs trop grillés. Il y a évidemment des pique-niques qui sont tombés dans le sac. Ça, ça arrive quand même toujours. Tu as mal fermé le couvercle. Il y a des anchois au fond de ton sac à dos. Ça, c'est un peu le flop. C'est moins chic, quoi. Mais flop, je ne vois pas trop évidemment que j'en ai eu ou là c'est pas très bon tout le monde se force à manger on dit merci mais bref j'ai surtout une anecdote ici sur l'île il y a une petite épicerie qui a ouvert l'année dernière cette année en fait cette année chez Laura et du coup on y va tout curieux avec un de mes fils et elle nous dit le produit phare de mon épicerie c'est ces pâtes-ci donc c'est les pâtes que mange le pape on prend les pâtes on cuisine ces pâtes qui sont absolument délicieuses on y retourne le lendemain et là on lui dit bah on vient rechercher les pâtes du pape parce qu'elles étaient vraiment excellentes et elle nous dit non mais là le pape est mort et du coup c'est devenu les pâtes du feu pape en un jour entre l'ouverture de sa boutique et le lendemain il s'était passé cette grande nouvelle donc c'est un plat qu'on vient rechercher aussi à chaque fois qu'on est là et qu'elle vend encore et qu'elles sont vraiment délicieuses on recommande aussi alors aux auditeurs en tout cas tu invites les gens ici à venir faire des piqueniques et profiter pleinement d'eau et puis vraiment dans la simplicité c'est aussi une manière d'avoir peu de déchets c'est une manière d'être en lien je trouve avec la terre porquerolaise qui est si belle et si fertile merci beaucoup Julie merci à tous les porquerolais d'ici ou de coeur d'avoir ouvert les portes de leur cuisine et de leurs souvenirs culinaires. Pour retrouver les notes de l'épisode, des photos des plats et des préparations présentées, rendez-vous sur le site fragileporquerolletoutattaché.com Si ce n'est pas déjà fait, vous pouvez vous abonner au podcast Fragile sur Apple Podcast, Deezer, Spotify ou toute autre plateforme d'écoute. Cela vous permettra d'être notifié des nouveaux épisodes. Et si cet épisode vous a plu, vous pouvez mettre 5 étoiles sur Spotify ou sur Apple Podcast avec un petit commentaire, ça me fait toujours super plaisir de vous lire. Enfin, pour celles et ceux qui le peuvent, vous pouvez soutenir mon travail en faisant un don sur la page Tipeee du podcast. Le lien est dans les notes de l'épisode. Un grand merci d'avance pour votre soutien. On se retrouve dès la semaine prochaine pour un nouvel épisode.