Fragîle Porquerolles

#Le petit déjeuner persan de Jalil - le goût de l’enfance

Création: Ingrid Blanchard - Invité: Jalil - Musique: The Success de Keys of Moon

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Jalil est né et a grandi en Iran dans les années 60 et 70. Il vit aujourd’hui à Porquerolles et travaille au restaurant Le Porquerollais.

Pour Jalil, la cuisine est mémoire, lien et amour.

Pour cet épisode, Jalil a choisi de nous emmener du côté de son enfance, à travers un petit-déjeuner persan. Un rituel simple en apparence, mais profondément ancré dans les souvenirs passés chez ses grands-parents — un moment de partage, de présence, presque suspendu.

Sa voix raconte des saveurs d’ailleurs, mais aussi quelque chose de plus intime, de plus fragile. Une émotion qui affleure, celle des souvenirs, de son histoire…

Avec Jalil, nous avons parlé de délicatesse et de courtoisie, de sa grand-mère et de son grand-père, de ces petits-déjeuners à 30, à même le sol, de jus de grenade, de fromage de chèvre frais, d’oiseaux qui chantent… du plaisir de manger avec les mains.

Nous avons parlé du pouvoir de la cuisine — de sa capacité à faire surgir les souvenirs, à relier les êtres, à travers le temps et les distances.

Il a aussi été question de bœuf bourguignon… et d’amour.

Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à écouter le témoignage complet de sa vie, paru il y a quelque temps.

Un récit bouleversant, celui d’une vie traversée par l’exil, portée par l’amour, et habitée par un souffle d’espérance rare.

Retrouvez les photos et les notes de l’épisode ici.

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SPEAKER_01

Ces prochaines semaines dans Fragile, je vous propose une série spéciale, les meilleures recettes des porquerolets. Une série où l'on s'invite à la table des habitants de l'île pour partager leurs plats, leurs souvenirs et un peu de leur douceur de vivre. J'ai invité des porquerolets et porquerolaises à ouvrir la porte de leur cuisine pour nous partager leurs meilleures recettes. Parfois inspirées des saveurs de l'île, parfois plus personnelles, mais toujours porteuses d'une histoire, d'un souvenir ou d'une émotion. Ensemble, on va découvrir les gestes les parfums et les goûts qui composent la mémoire gourmande de Porquerolle. Un podcast pour entrer dans la cuisine des porquerollets, écouter leurs histoires, s'inspirer de leurs plats et peut-être même les reproduire chez vous, pas à pas. Alors enfilez votre tablier ou installez-vous juste confortablement pour déguster avec vos oreilles. Bonjour Jalil, merci de participer à cette série sur les meilleures recettes des porquerollets. Jalil, je rappelle aux auditeurs que tu travailles au restaurant Le Porquerollet et que tu nous as livré dans Fragile le récit de ta vie incroyable, un épisode que j'invite tous les auditeurs à écouter ou à réécouter. Aujourd'hui on va parler cuisine et pour commencer j'aimerais te demander Jalil, quelle place occupe la cuisine dans ta vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

La cuisine pour moi c'est le moment qu'on se trouve entre la famille et des amis c'est le moment de partage et de courtoisie et aujourd'hui en tant que restaurateur à Port Corolle et même les clients ils viennent manger chez nous je l'estime recevoir des amis ils sont pas les clients Donc, on doit la servir comme il vient chez toi. Donc, au niveau de la gentillesse, l'accueil et après, bien sûr, le repas. Et c'est hyper important. Pour moi, c'est très, très important parce que c'est le moment de partage entre les gens qu'on

SPEAKER_01

aime. Est-ce que tu as grandi dans une famille où cuisiner était

SPEAKER_03

important

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Oui. Mais tu sais très bien que je suis Perse et chez moi, Voilà, ce que je viens de dire. C'est des moments où on partage beaucoup de choses avec la famille. Chez nous, on est très nombreux. Quand c'est ma table, on est vraiment très nombreux. Minimum, c'est 15 personnes. Et puis, on partage le repas et puis on discute de la vie et tout ça. Enfin, c'est une tradition quelque part. Et moi, j'adore ça. J'adore partager tous ces moments-là avec des gens que j'aime profond. Et à partir de ce moment-là, je cuisine moi-même beaucoup de choses iraniennes. Mais pour moi, La plus belle souvenir que j'ai par passé d'Iran, eh bien, comme d'hab, chez ma grand-mère.

SPEAKER_01

Alors, peut-être juste pour les auditeurs, pour leur rappeler, ceux qui n'ont pas écouté ton témoignage, tu as grandi en partie chez ta grand-mère, c'est

SPEAKER_03

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

C'est ça. Moi, j'ai passé tout mon été, pendant trois mois, chez mon grand-père et ma grand-mère, qui pour moi, c'était des... Ils sont vraiment des symboles de ma vie, quoi. Donc, c'est deux personnes que je garderai toute ma vie dans mon cœur. C'est Et ils m'ont tellement donné d'amour, d'attention et éducation. Et tout ça, je... je sois toujours reconnaissant de ma vie, de mon grand-père et ma grand-mère. Et donc, on parle de la cuisine, je garde le souvenir du petit-déjeuner. Et aujourd'hui, j'essaye de transmettre ça au porc-au-rolet parce que je fais exactement la même chose que ma grand-mère, elle faisait pour nous. Et c'est fabuleux. C'est fabuleux parce que c'est une pensée aussi pour elle, pour mes cousins, pour mes cousines, pour mon pays. Et tous ces moments partagent parce que c'est important de trentaine le petit déjeuner

SPEAKER_01

donc c'est ce que tu as choisi de nous présenter aujourd'hui un petit déjeuner typique iranien que tu as associé donc à des souvenirs de grandes tablées comment ça se passait les petits déjeuners iraniens dans ta famille chez tes

SPEAKER_03

grands-parents alors on était comme je viens de dire on était une trentaine parce qu'il y avait tous mes cousins mes cousines on était tous là et puis mes parents et puis mon grand-père et ma grand-mère et tous ces enfants à lui et donc on faisait un grand, grand tapis dans le jardin et on était tous assis par terre. Évidemment, je n'ai pas le talent de ma grand-mère parce qu'elle, elle fabriquait tout elle-même. Alors ça faisait le pain, le fromage, du chèvre frais, le yaourt.

SPEAKER_01

Il y avait des chèvres chez ta

SPEAKER_03

grand-mère

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Non, non, mais elle les trouvait et elle faisait le le fromage de chèvre elle-même, et yaourt, beurre, et... Évidemment. Évidemment, le plus important, la grenade. Ah. Grenade dans le jardin de mon grand-père. On allait arracher dans l'arbre et puis on faisait le jeu de grenade à table. Enfin, à tapis, sur tapis plutôt. Et puis, on passait le moment comme ça ensemble. Et c'est une tradition. On commençait par la grande. Donc, ça faisait que mon grand-père, il commençait à se servir par grand-père. Et puis, on revenait jusqu'à la dernière petite qui était au bout du tapis. Et puis, voilà, on... Donc, on faisait des fromages de chèvre frais. Enfin, elle faisait des fromages de chèvre frais avec toutes les herbes qu'il avait dans son jardin. C'est quoi les herbes

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

C'est la basilique, ciboulette, menthe, tout. Elle mettait dans l'huile d'olive. Elle faisait elle-même aussi. Donc, tout ça s'est mélangé ensemble avec des yaourts maison, avec des concombres. Encore des plantes, des herbes dans les yaourts. Et évidemment, des vides d'olive. De beurre.

SPEAKER_01

Des confitures

SPEAKER_03

ou

SPEAKER_01

pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Confitures d'orange. Oui.

SPEAKER_03

Orange à mer. Ça, confiture d'orange de grand-mère. Mais je te jure, c'était quelque chose. Tu mangeais la cuillère et puis tu te disais, non, non, non, arrêtez, arrêtez, arrêtez, c'est bon. Mais c'était génial. Donc, elle faisait ça pour nous. Thé à la menthe, bien

SPEAKER_02

sûr.

SPEAKER_03

Sur l'appareil qu'on appelle ça Samavar. Je ne sais pas si tu

SPEAKER_02

ne connais pas. Oui,

SPEAKER_03

oui. Voilà. Elle préparait ça. Pas

SPEAKER_02

sec.

SPEAKER_03

Et on restait facile deux heures.

UNKNOWN

Ah oui.

SPEAKER_03

facile deux heures parce qu'en fait, c'était une tradition qu'on devait respecter comme on vivait chez ma grand-mère et mon grand-père. Il fallait absolument être à table.

SPEAKER_01

Il n'était pas question de faire la

SPEAKER_03

grâce. On ne peut pas rester dormir. Déjà, dire bonjour à mon grand-père. C'était quelqu'un, mon grand-père. Donc, dire bonjour à lui et après, on se mettait par terre et puis on discutait, on parlait. Mon grand-père, il nous parler, il expliquait certaines choses. Des fois, même pour te dire, tout d'un coup, il arrêtait. Il disait, chut, personne ne parlait. Je me disais, écoutez, en fait, c'était un oiseau qui chantait.

SPEAKER_01

Oui, on en a juste un qui chante pour

SPEAKER_03

nous. Un oiseau qui chantait. Il disait, écoutez, tu vois, c'était des trucs comme ça. Et aujourd'hui, je suis au Port Corollet et je le fais aussi pour les clients sur la commande, le petit déjeuner, ce que je viens de te dire.

SPEAKER_01

Donc, oui, c'est un produit que tu propose le petit déjeuner que tu appelles comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Perse

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Petit déjeuner Perse. Et donc je l'ai fait

SPEAKER_01

pour courir moi-même, je le prépare. Alors qu'est-ce que tu prends ici

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce que j'imagine que tu n'as pas les mêmes produits que pouvait avoir ta grand-mère. Non,

SPEAKER_03

malheureusement

SPEAKER_01

non. Comment tu t'approvisionnes

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce que moi j'imagine qu'il y a des gens qui vont se dire, moi j'ai envie de me faire un petit déjeuner comme Jalil. Où est-ce que tu trouves tes produits

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Qu'est-ce que tu prends pour avoir un bon, peut-être pas du niveau de ta grand-mère, mais en tout cas un bon petit déjeuner persan

SPEAKER_03

mais c'est un très très bonne question c'est évidemment c'est pas c'est pas la même chose que chez moi c'est tout à fait normal mais après ici je cherche des produits vraiment de bonne qualité et qu'ils soient formage de chèvre

SPEAKER_01

que tu trouves ou

SPEAKER_03

ailleurs ailleurs dans un fromagerie je connais c'est là bas après bon évidemment la menthe et ciboulette on peut le trouver tomate cerise on peut le trouver tout ça c'est mélangé ensemble après bon yaourt on en a

SPEAKER_01

un c'est quel genre de

SPEAKER_03

yaourt

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

yaourt nature ok yaourt nature il faut mettre un peu de sel parce que chez moi yaourt ça se mange avec du sel pas avec du sucre

SPEAKER_01

alors c'est vraiment yaourt typique pas de fromage blanc c'est

SPEAKER_03

yaourt yaourt avec du sel et après des herbes de Provence et de concombre bon le matin j'évite de mettre l'ail mais en Iran on met l'ail Ok, important.

SPEAKER_02

Très bon l'ail pour la

SPEAKER_03

santé. En France, petit déjeuner, ça ne passera pas. Donc je ne mets pas l'ail. Et puis après, il y a des fruits secs, comme figues, comme

SPEAKER_01

dattes.

SPEAKER_03

Et il y a des pastèques.

SPEAKER_01

Des noix ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Des noix aussi. Et jus de grenade.

SPEAKER_01

Et jus de grenade. Ah, que tu trouves où

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment

SPEAKER_03

tu fais

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Dans une super grande surface, il y en a certains qui le font. C'est pas évident de trouver. Et ici, on en a cherché beaucoup. Et on a trouvé. Et puis voilà. Et puis moi, je vous conseille à des gens qui vont nous écouter, enlevez jus d'orange, buvez jus de grenade le matin. Vous allez voir. Vous allez voir au bout de 15 jours comment vous êtes. Voilà, donc c'est très bien pour la santé, pour la peau, pour la respiration. Donc je disais que quand je le prépare, le petit déjeuner, eh bien j'ai toujours autant d'émotions en fait. C'est ça que j'aime dans la cuisine. Parce que la cuisine, c'est comme un parfum, en fait.

SPEAKER_01

Ça te ramène chez

SPEAKER_03

ta grand-mère. On dit toujours que le parfum, ça te fait rappeler quelque chose.

SPEAKER_01

Bien sûr, ça

SPEAKER_03

ravive les souvenirs. Le mien, c'est pareil. Quand je le fais, ça me ramène chez ma grand-mère. Ça me ramène voir mes cousins, mes cousines, mes parents. Et... tous ces jolies traditions personne quoi donc c'est j'adore ça c'est des fois j'ai beaucoup d'émotion

SPEAKER_02

quand

SPEAKER_03

je le fais des fois j'ai beaucoup d'émotion il y a des gens qui sont venus faire au restaurant qu'ils ont adoré et bon n'oubliez pas hein il faut que vous me dites au moins 48 heures d'avance oui parce que là tu risques d'avoir quelques commandes Je pense que tout à l'heure, on discutait ensemble. Je te disais que ce n'est pas le temps que je crains. C'est tout ce que je porte encore en moi, en fait. Et... et puis j'oublierai pas

SPEAKER_01

c'est à dire quand tu dis ça tu crains d'oublier tout ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

non j'oublierai jamais parce que ce sont des moments inoubliables de ma vie que j'ai grandi avec je pense toujours aujourd'hui encore tous ces moments de partage et tout ça on voit comment c'est déchiré comment c'est parti on était trentaine t'imagines

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

entre cousins et cousines et aujourd'hui ils sont au bout du monde, la banque, tu ne le vois pas. Et pourtant, tu as partagé beaucoup de choses avec eux. Donc tout ça, voilà, tout ça, moi, je n'ai pas oublié. Je n'oublierai jamais. Je vis avec, grâce à eux aussi, pour Corley, parce que, bon, pour Corley, c'est un lieu magique. Il y a un superbe arbre devant, c'est mon ami Antin. L'eucalyptus. L'eucalyptus, que je lui parle. Au moins, lui, il m'écoute. C'est dommage qu'il ne parle pas. mais je sais qu'il m'écoute

SPEAKER_01

je crois qu'il incarne un petit peu il me semble que tu m'avais dit que quand tu le voyais quand tu écoutais les feuilles des arbres qui brissaient avec le vent ça t'évoquait ta grand-mère

SPEAKER_03

c'est exactement ça et puis même aujourd'hui je le fais encore même aujourd'hui encore je le fais et puis c'est magique quoi après la cuisine tu sais moi je suis dans ce métier donc tout le jour je sers des gens tous les jours je sens le parfum de cuisine, l'odeur de cuisine et tout ça et quand je vois les gens qui font la cuisine avec l'amour tu le sens tout de suite tu le sens tout de suite que c'est soigné c'est bichonné, c'est attentionné et ils ont fait avec plaisir et c'est que nous, vraiment chez nous on essaie de le faire et nous aussi le cuisinier il fait sa cuisine après c'est à moi ou à un personnes de servir ces gens-là. Et il faut servir aussi avec

SPEAKER_02

l'amour.

SPEAKER_03

Parce que moi, je pense que la cuisine, c'est l'amour, en fait. Quand tu manges, on dirait que tu fais l'amour, quoi. Tout est parti par là. Mais le repas, le service et tout ça, tout est régalé.

SPEAKER_01

Le plaisir de la

SPEAKER_03

chair. Oui, c'est exactement. Tu te dis, voilà, c'est bon. Je me suis régalé. Le service était bon, le repas était bon, le parfum était bien. Voilà, c'est Ça,

SPEAKER_01

c'est mon but. Je vais peut-être poser une question qui va raviver trop de souvenirs, Jalil, mais toi qui as vécu des moments très difficiles, qui as connu la faim aussi pendant ton long périple en Iran quand tu tentes de t'échapper. Est-ce que justement ces saveurs, elles ont pu, je ne sais pas, jouer un rôle ou en tout cas, quand tu as eu l'occasion de pouvoir les regoutter, est-ce que ce goût était encore plus exacerbé

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Malheureusement, non. En France, surtout ici, ce n'est pas possible. Parce que je donne un petit exemple. Des fois, chez mon cousin, on faisait une énorme gamelle, tu vois, d'agneaux, des pommes de terre, de tomates, des trucs mijotés,

SPEAKER_01

tu vois. Donc, plat

SPEAKER_03

iranien

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Plat iranien. Avec du riz et tout ça. On mettait au milieu. On était 5-6, tu vois. Mais on mangeait avec la main.

UNKNOWN

Hum hum.

SPEAKER_03

Ça, tu ne peux pas le faire en France. Et

SPEAKER_01

pourtant... Donc ça, ça change aussi le rapport... C'est ça. Tu ne

SPEAKER_03

peux pas le faire parce qu'ils disent« Ah, ils mangent avec les mains

UNKNOWN

!

SPEAKER_03

» Mais pourtant, c'est tellement... Mais je peux te dire que c'est tellement bon quand tu manges avec les mains et tout ça, que tu partages, tu parles et tout ça. Tu manges dans la même gamelle, en fait. Ces moments-là, là, vraiment, tu as partagé. Tu as partagé quelque chose. En France, oui, ça, je ne peux pas le faire en France. C'est en France ou ailleurs, d'ailleurs. En Europe, tu ne peux pas le faire parce que ça ne va pas avec la tradition, la culture et tout ça. Chez moi, voilà. Par exemple, ça, j'adorais J'adorais ces moments-là, et qu'on mangeait avec les mains et tout ça. C'était génial, mais aujourd'hui, tu ne peux pas le

SPEAKER_01

faire. Donc, il y a les saveurs et en même temps la façon de manger aussi qui compte.

SPEAKER_03

Ah oui, oui, bien sûr, bien sûr. Mais après, tu vois, moi j'ai gardé cette tradition-là. Ça ne me dérange pas, ça ne me dérange pas de voir les gens qui mangent avec les mains, parce que j'ai grandi aussi. Mais après, je comprends aussi la façon d'Europe, qu'il y a... hygiène qui est différente. Et je comprends très bien et puis ça me plaît quelque part

SPEAKER_01

aussi. Est-ce qu'il y a des épices ou des saveurs que tu as un petit peu importées dans la cuisine du restaurant Le Porquerollet

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Des petites touches

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

On en a parlé en passé. La plus belle saveur que j'ai apportée, c'est l'amour. On en avait déjà parlé beaucoup. La façon d'accueillir les gens. C'est l'amour, c'est quelque chose que je l'ai en moi et je le garde toujours en moi. Mais maintenant, sans blaguer, je pense que tout ce qui est menthe, basilic, ciboulette, des petites cibettes, sargon, mes frais, Voilà. Tout ça, c'est vraiment des choses que j'adore. J'adore. Même tu fais un bouquet, tu vois, tu mets sur ta table. Rien que le parfum qu'ils vont dégager. Tu sais, au restaurant, où je suis, on fait poisson grillé et on fait brûler poisson grillé avec du thym, du thym sec. Et quand tu brûles le thym sec, ça fait un fumet. Alors là, un parfum. là vraiment je suis je suis chez moi

SPEAKER_02

quoi

SPEAKER_03

cette odeur là cette fumée qui sort et tout ça c'est extraordinaire ce parfum en fait rien que ça comme je disais tout à l'heure il y a un parfum qui ça te fait rappeler quelque chose, quelqu'un, un souvenir voilà c'est exactement pareil

SPEAKER_01

est-ce que Jalil t'as déjà eu un flop culinaire, un plat que tu as complètement raté

SPEAKER_03

plein plein, il n'y en a pas un seul écoute, j'adorais je reviens en arrière encore on a parlé de mon amie italienne donc elle faisait très bien la cuisine et je voulais apprendre à faire au soubouk

SPEAKER_01

pas simple je

SPEAKER_03

voulais faire ça je suis venu à Paris je suis allé acheter du jarret de veau et tout ça j'ai mis au four je suis sorti, il était tout noir j'avais tout cramé, tout brûlé tout ça voilà j'en ai fait plein plein en fait moi je pense que pour apprendre bien à cuisiner il faut

SPEAKER_02

rater

SPEAKER_03

tu rates plusieurs fois C'est comme l'expérience de la vie, en fait. Et puis après, doucement, doucement, tu apprends mieux gérer le temps, l'assaisonnement. Parce que la cuisine, c'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

La cuisine, c'est l'assaisonnement. Comment tu assaisonnes tes... Oui, j'en ai fait plein, plein, plein, plein, plein. Quand j'avais mes enfants et tout ça...

SPEAKER_01

Elle t'en a pas tenu rigueur, ton amie

SPEAKER_03

italienne. Non, non, non. Quand j'avais mes enfants, rien que des plats simples, quoi. Des poulets, par exemple, des poulets, je les faisais complètement ratés. Parce que je faisais pas attention. Et c'est là que j'ai compris qu'en fait, la cuisine, il faut faire avec beaucoup d'attention, beaucoup de tendresse. Et à partir de ce moment-là, tu vas réussir. Avec plaisir, en fait. Comme tout. Si tu fais des choses comme ça, automatiquement, aucun saveur. Mais si tu fais avec plaisir et vraiment avec l'amour, eh bien, ça passera comme une lettre à la

SPEAKER_01

poste. Pour terminer, Jalil, est-ce qu'il y a un plat français qui te séduit particulièrement

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce qu'il y a un plat de la cuisine française que tu aimes beaucoup

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Que tu as

SPEAKER_03

découvert ici

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Il y en a plein. Il y en a plein, il y en a plein, il y en a plein, plein, plein. Mais ce que j'aime beaucoup, c'est Bourguignon. Bourguignon, vraiment des grands-mères. Borghino qui mijotait, qui n'est pas servi tout de suite, qui est resté pendant au moins 24 heures dehors, qui est resté, qui l'a mijoté encore et tout ça, que tu manges, tu coupes la viande, c'est coton, de pommes de terre.

SPEAKER_01

C'est pas une spécialité d'ici. Non,

SPEAKER_03

non, mais moi, mon plat préféré, vraiment, ça reste Borghino. C'est quelque chose que j'adore. Après, il y en a plein. Il y a plein, plein, plein. La cuisine française, c'est riche. Elle est et puis c'est bon rien que tu vois le fromage rien que le fromage en France c'est fabuleux quoi avec de bonnes bouteilles de rouge il n'y a pas que moi il y a aussi moi donc avec de bonnes bouteilles de rouge je pense que oui c'est et la cuisine française c'est riche très très riche j'adore

SPEAKER_01

j'adore merci beaucoup merci

SPEAKER_03

encore une fois à toi et voilà je ça me fait toujours plaisir de discuter

SPEAKER_01

avec

SPEAKER_03

toi et puis raconter tous ces petits détails ça me fait vraiment merci mille fois

SPEAKER_01

merci à toi Jalil et j'invite vraiment tous les auditeurs à écouter ton long témoignage qui est vraiment une sublime histoire merci

SPEAKER_03

bouleversante

SPEAKER_01

merci à toi Jalil merci à tous les porquerollets d'ici ou de coeur d'avoir ouvert les portes de leur cuisine et de leurs souvenirs culinaires pour retrouver les notes de l'épisode des photos des Enfin, pour celles et ceux qui le peuvent, vous pouvez soutenir mon travail en faisant un don sur la page Tipeee du podcast le lien est dans les notes de l'épisode un grand merci d'avance pour votre soutien on se retrouve dès la semaine prochaine pour un nouvel épisode