Une touche d'INSPIRATION par Guillemette Moreau

Comment changer une HABITUDE ?

Guillemette Moreau

Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.

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Pourquoi est-ce si difficile de changer, même quand on en a envie ?

Et pourquoi est-ce encore plus difficile de changer nos filtres mentaux, ces lunettes invisibles à travers lesquelles nous interprétons le monde ?

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Guillemette Moreau, coach de dirigeants, coach de carrière, formatrice en entreprise, je souhaite partager mes découvertes et outils pour aider à un monde professionnel plus heureux, motivé et efficient !

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Bonjour.

Imaginez :

vous savez que vous devriez déléguer davantage pour gagner du temps, mais chaque fois, vous reprenez le contrôle. Ou encore, votre équipe a décidé d’adopter une nouvelle méthode de travail, mais après quelques semaines, tout le monde revient aux anciennes habitudes… Pourquoi est-ce si difficile de changer, même quand on en a envie ? Et pourquoi est-ce encore plus difficile de changer nos filtres mentaux, ces lunettes invisibles à travers lesquelles nous interprétons le monde ? Aujourd’hui, on va explorer pourquoi notre cerveau résiste au changement, comment nos habitudes de pensée, nos croyances nous influencent, et surtout, quels outils concrets utiliser pour réussir à changer, individuellement et collectivement.

Et je vous préviens :

vous allez peut-être découvrir que votre cerveau est un peu… paresseux. Mais rassurez-vous, c’est normal ! Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie a identifié deux modes de fonctionnement

de notre cerveau :

qu’il a appelé le Système 1 et le Système 2.

Le Système 1 :

c’est le mode rapide, intuitif, émotionnel. Il fonctionne en pilote automatique, comme quand vous conduisez sans y penser ou que vous reconnaissez instantanément la colère sur le visage d’un collègue. C’est lui qui prend 95% de nos décisions, et c’est aussi lui qui nous fait réagir par habitude… ou par biais cognitif.

Le Système 2 :

Lui, c’est le mode lent, réfléchi, logique. Il entre en jeu quand vous faites un calcul complexe ou que vous devez analysez une situation nouvelle ou à fond. Le problème ? Il est énergivore, et notre cerveau préfère économiser ses ressources. Par exemple, vous recevez un email avec un ton un peu sec. Votre Système 1 risque d’interpréter ça comme une attaque personnelle, et hop, vous réagissez sur la défensive.

Votre Système 2, lui, pourrait se dire :

« Attends, peut-être qu’il est juste pressé ? » Mais pour ça, il faut qu’il s’active et prenne le dessus sur le système 1… et ça, c’est tout le défi ! Le Système 1 des habitudes

fonctionne sur les « autoroutes neuronales » :

plus une habitude est ancrée, plus elle est facile et rapide à activer. C’est très efficace et ça libère le cerveau pour d’autres tâches. Passer au Système 2, c’est-à-dire à la réflexion consciente, l’analyse de la situation, des options, le prise de décision… c’est demander à votre cerveau de quitter l’autoroute, arrêter le GPS et le cruise control… Bref cela demande de l’attention et c’est fatigant ! D’autre part notre cerveau n’aime pas pas le changement et le perçoit même comme une menace, même si c’est potentiellement positif. Une situation connue est rassurante, même insatisfaisante, alors que quand je change, je vais vers l’inconnu… Et puis il y a aussi une courbe d’adaptation au changement. Je dois réapprendre à faire les choses différemment. Outre l’impact sur l’ego, je baisse en compétence, enfin temporairement, cela demande de l’attention, de l’effort. Et c’est ainsi que nous repoussons l’obstacle, nous préférons le statut quo, ne rien changer, même si la situation n’est pas idéale.“ Demain, je me mettrai à ce nouveau système de gestion de projet mais aujourd’hui c‘est urgent donc je reviens au bon vieil Excel…”“ Oui je veux être un leader participatif mais dans l’urgence je décide seul(e)...” Pour l’instant nous avons parlé plutôt de changements de comportements. Mais c’est encore plus compliqué avec les changements de points de vue, d’opinions ou de croyances. Et quand je parle de croyance, ce n’est pas forcément au sens religieux bien sûr. Déjà fondamentalement nous avons des filtres de perception inconscients comme si notre cerveau portait des lunettes invisibles. Ces lunettes sont teintées par nos croyances, nos expériences passées, notre éducation et même notre humeur du moment. D’ailleurs on parle des gens qui voient le verre à moitié plein ou à moitié vide. À la suite d’une réunion où un client exprime une critique, une personne pourra ressortir

énervée ou désabusée :

« Ils ne sont jamais satisfaits, c’est toujours la même chose ! »

Et le filtre est alors :

« Les clients sont trop exigeants ». Alors que son collègue

pourra ressortir stimulé :

« Ça fait plaisir un client qui rentre dans le détail et comprend ce que nous faisons, on va pouvoir travailler ensemble et s’améliorer ! »

Le filtre est alors plutôt :

« Les feedbacks nous aident à progresser ». C’est la même situation, mais deux interprétations radicalement différentes. Ces filtres sont particulièrement difficiles à changer car ils sont inconscients. Et rassurants.

On revient au Système 1 :

notre cerveau aime les raccourcis qui font gagner du temps et de l’énergie et il préfère une réalité prévisible, même si elle n’est pas idéale, à une réalité incertaine. C’est comme si vous portiez les mêmes lunettes depuis 20 ans, les enlever, c’est déstabilisant ! Et puis ces filtres, en créant notre perception des choses, créent notre vérité et renforcent les croyances qui sont en arrière-plan. Si je crois que « dans cette organisation, de toute façon mon avis ne compte pas », je ne proposerai pas d’idées nouvelles et je resterai dans ma routine, aigrie… et persuadée que personne ne m’écoute… Et si en plus c’est une « vérité » partagée avec ma famille, mon groupe social ou mes collègues, difficile de changer d’opinion sans me mettre hors du groupe. Plus personne avec qui râler, ou avec qui faire des plans sur la comète et changer le monde… Bref tout ça pour dire que changer une habitude comportementale ou cognitive, ce n’est pas facile ! Maintenant passons aux outils et aux solutions car si vous regardez cette vidéo, c’est sans doute que vous souhaitez changer une habitude ! Vous avez en gros 3 grandes options

qui peuvent se combiner :

1. Y aller en douceur avec la méthode des petits pas. 2. Changer la perception de la situation en rendant le changement désirable et qui fait du sens pour vous, pour y aller de bon cœur. 3. Changer la perception de la situation ou l’environnement pour rendre le changement nécessaire et vous forcer à changer. Donc ça dépend du changement à faire, de l’environnement et de votre personnalité. Le cas classique c’est arrêter de fumer, au-delà du problème de l’addiction physiologique et comportementale. Certaines personnes vont vouloir réduire progressivement leur consommation. D’autres se motiver par la promesse d’une meilleure santé, d’une meilleure énergie, ou l’image positive qu’ils veulent avoir auprès de leurs enfants. D’autres encore vont s’arranger pour que l’accès à la cigarette soit impossible et partir dans le désert pendant 10 jours ou demander une technique de dégoût à leur hypnothérapeute. Commençons par la stratégie des petits pas. Pour éviter que le changement fasse peur, vous allez décomposer cela étape par étape et changer une micro-habitude à la fois. Par exemple, au lieu de vouloir“mieux gérer mon temps”, je commence par bloquer 15 minutes chaque matin pour planifier ma journée.

2eme stratégie :

rendre le changement motivant. Vous allez vous focaliser sur le bénéfice du changement ou sur un « pourquoi » puissant qui donne une raison profonde pour changer.« Si je délègue cette tâche, je gagnerai 1h pour passer voir ma mère souffrante… Bon parfois associer la nouvelle habitude

à une simple récompense pourra suffire :

« Si je délègue cette tâche, je gagnerai 1h pour aller faire une partie de tennis ou prendre un pot en terrasse avec une amie… Mettre en lumière les bénéfices pour la personne est une technique classique de coaching pour développer la motivation. Les techniques de projection dans le futur et de visualisation des bénéfices seront très efficaces pour les rendre tangibles. Et si en plus vous associez cela à des changements de perspective et de croyances au niveau inconscient, cela fait un beau package. Dans ma pratique de coaching, ça pourrait s’appliquer par exemple à quelqu’un qui n’aime pas parler en public. Dans quels cas cela est utile pour elle, pour son équipe, pour ses projets… bref trouver le levier qui va faire que ça a du sens pour elle. Ensuite nous allons travailler par visualisation sur des prestations où elle se sent bien, elle performe. Si vous êtes curieux alors souvent, on travaille d’abord sur un écran de cinéma et quand tout est beau dans le film, on réassocie la personne avec cette vision idéale, C'est très puissant. Et puis on rajoute un peu de PNL et d’hypnose pour changer les croyances de la personne sur ses capacités à enflammer les foules.

3ème stratégie :

rendre le changement nécessaire, incontournable. Ça peut venir d’une contrainte

liée à l’environnement :

“ je laisse mon téléphone hors de portée ou je le verrouille à partir de 19h pour ne plus travailler ou regarder les réseaux sociaux. “ Malheureusement la contrainte crée la frustration, le manque et j’ai du mal à penser à autre chose… Et plus le stress augmente, plus j’ai envie de revenir comme avant. C’est pourquoi les stratégies psychologiques seront plus intéressantes.

C’est en gros le contraire de la précédente :

Supprimer les bénéfices du comportement à changer et créer même une dissonance cognitive par rapport aux valeurs de la personne. Ou bien mettre en valeur

le pire scénario :

si tu continues comme cela sans changer, tu vas perdre ta santé, tu vas au divorce, te faire virer de ton job, bon j’en passe… Avec une petite couche de visualisation façon fin du monde, ça peut rendre le changement finalement assez motivant ! Sans mettre la personne en dépression bien sûr. Et travailler aussi en profondeur sur les croyances de la personne et l’image qu’elle souhaite avoir d’elle-même. Tout cela fonctionne individuellement mais vous pouvez bien sûr les adapter en collectif. Finalement je voulais juste

vous rassurer avec cette vidéo :

Oui c’est difficile de changer des habitudes, et ce n’est pas vous qui êtes nul, sans volonté... non, nous sommes tous comme cela. Mais changer est possible avec une stratégie, les bons outils, et éventuellement le bon accompagnement Alors, que souhaitez vous changer dans votre vie ? A bientôt.